Le devoir, 11 mars 1948, jeudi 11 mars 1948
"Le Canada tit une nation souveraine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis ou de qui que ce soit d'autre, l’attitude qu’il lut faut prendre envers le monde." Lord TWEEDSMUIR VOLUME XXXIX — No 58 Directeur : Gérant FILION FAIS CE QUE DOIS Rédacteur en chei; Orner HEROUX MONTREAL.JEUDI, 11 MARS 1948 S.Euloge, martyr.BEAU ET TRES FROID Maximum aujourd’hui .H Mime date Lan dernier .40 Minimum aujourd’hui ______ K Même dale Lan dernier .35 Baromètre : 30.00, 30.05 30.10 Cinq cents le numéro L’O.N.U.refuse d’enquêter sur le coup Gottwald M.Raymond et la double allégeance de nos “très honorables” ministres .« Double nationalité, double serment d'office - MM.King, St-Laurent, llsley, Howe et Gardiner démissionneraient comme conseillers privés de Grande-Bretagne s'ils étaient vraiment canadiens M.Maxime Raymond-, député de Reauhar-divisibilité de la couronne est une ingénieuse nois-Laprairie, a mis le doigt la semaine dernière sur l’une des plus intolérables manifestations du colonialisme impérialiste qui sévit dans nos cercles politiques et qui limite singulièrement la souveraineté du Canada.Dans un grand discours où il avait vigoureusement résumé la politique fédérale des dernières années pour démontrer qu’elle avait été conçue en fonction des intérêts de la Grande-Bretagne et non des intérêts du Canada, il a souligné le fait que cinq des ministres qui occupent des postes-clefs dans le cabinet sont en même temps membres du Conseil privé du Canada et membres du Conseil privé de Grande-Bretagne — à savoir le premier ministre, M.Mackenzie King, le ministre des affaires extérieures, M.Louis Saint-Laurent, le ministre de la justice, M.J.-L.llsley, le ministre du commerce, M.C.-D.Howe, et le ministre de l’agriculture, M.J.-G.Gardiner.Il a révélé que dans les deux cas le ministre canadien prête un serment d’office qui n’est pas le même et il a donné lecture des deux textes.“Que penser de cette situation anormale, de conclure M.Raymond, qui consiste à avoir dans un cabinet des hommes qui sont liés par une double allégeance, qui ont prêté serment de servir en même temps un autre pays, avec la conséquence que, pour nous, Canadiens, nos intérêts sont toujours sacrifiés au bénéfice du Royaume-Uni?C’est pour le moins une anomalie, pour ne pas dire davantage, qui n’est pas concevable dans un Etat sou^îgrain.J’estime que la fonction de membre du Conseil privé du Canada et celle de membre du Conseil privé de la Grande-Bretagne sont incompatibles, parce que l’on ne peut servir deux maîtres à la fois, l’un en Amérique, l’autre en Europe.” construction constitutionnelle qui permet de concilier superficiellement une souveraineté apparente et une vassalité réelle.C’est cette allégeance à la couronne, que l’on considère comme divisible ou unique selon les besoins, qui fait que nous sommes à la fois citoyens canadiens et sujets britanniques, que nos ministres sont à la fois conseillers du roi du Canada et conseillers du roi de Grande-Bretagne qui ne font qu’une seule et même personne.C’est une sorte de mystère constitutionnel, qui répand la confusion dans les esprits et favorise merveilleusement la solidarité impériale.On est en droit de se demander s’il ne faut pas résolument rejeter la théorie de la divisibilité de la couronne et si l’on peut vraiment atteindre à l’indépendance sans proclamer la république.La demande venait du délégué de Prague, Jan Papanek % Celui-ci dénonce la fourberie de Staline-Il prétend demeurer le représentant des Tchèques auprès des Nations Unies -Jan Masaryk aura des funérailles d'Etat-Gottwald obtient un vote unanime de confiance MARSHALL DENONCE LE "REGIME DE TERREUR" DE PRAGUE Nous avons au Canada la double citoyenneté.On ne peut être citoyen canadien sans être à la fois sujet britannique.La loi de citoyenneté votée en 1946 a consacré cette anomalie.Nous avons aussi la double allégeance politique pour les ministres.Nos premiers ministres et ministres fédéraux ne voient rien d’anormal à accepter de faire partie du Conseil privé de Grande-Bretagne et plusieurs d’entre eux y ont effectivement siégé à l’occasion d’un voyage à Londres.Cette anomalie est devenue plus éclatante que jamais à la suite de la dernière guerre qui nous a valu toute une fournée de “très honorables” — MM.Saint-Laurent, llsley, Howe, Gardiner, sans parler de M.lan Mackenzie récemment passé au Sénat.Pour le citoyen, il est plus important d’être sujet britannique que citoyen canadien.C’est en sa qualité de sujet britannique qu’il exerce son droit de franchise et non en sa qualité de citoyen canadien.La nouvelle loi électorale qui sera soumise au cours de la présente session statue expressément qu’il n’est pas nécessaire d’être citoyen canadien pour voter à une élection fédérale.Pour le représentant canadien, il est plus important d’être membre du Conseil privé de Grande-Bretagne que membre du Conseil privé du Canada.La seconde fonction ne comporte que le titre d’“honorable” tandis que la première comporte le titre de “très honorable”.Et il faut voir comment nos parlementaires révèrent ce titre de "très honorable” qu’ils emploient religieusement à la Chambre.Ce sont là des manifestations de colonialisme et de vassalité que l’on peut très facilement rattacher à l’allégeance du Canada à la couronne britannique.La théorie de la Même pour ceux qui conservent la foi en la divisibilité de la couronne, la double allégeance des ministres qui dirigent la politique canadienne est insoutenable.Si le roi du Canada est vraiment une autre personne morale que le roi de Grande-Bretagne, s’il gouverne un autre pays que le Royaume-Uni dont les intérêts sont différents et souvent même opposés, il ne saurait s’entourer des mêmes conseillers dans l’un et l’autre cas.M.King a aboli les titres nobiliaires au Canada parce qu’il les jugeait contraires à l’esprit démocratique qu’il voulait faire régner au Canada.Il a même tenu à les abolir une seconde fois après que M.Bennett les eut rétablis.Ces titres de baronnets et de “sirs” n’avaient pourtant qu’une valeur honorifique, s’ils permettaient à la Grande-Bretagne de s’assurer du dévouement de certains de nos hommes en vue en flattant leur ranité.M.King n’a pas jugé à propos d’interdire aux Canadiens d’accepter le titre de “très honorable” qui porte atteinte à la souveraineté du Canada.Il craint les vestiges de la féodalité beaucoup plus que les réalités de la vassalité.Comme feu lord Bennett qui avait lancé le célèbre cri “Canada first”, M.Mackenzie King, le champion de l’autonomie canadienne, s’est empressé d’accepter à la première occasion le titre de “très honorable”.C’est une lamentable manifestation de la faiblesse de notre sentiment national que les hommes politiques canadiens ambitionnent comme suprême récompense de leurs services publics d’être appelés à faire partie du conseil d’un autre pays.C’est une lamentable manifestation de colonialisme et de complexe d’infériorité qu’un homme d’Etat puisse attacher plus d’importance à un titre décerné par un autre pays que celui qu’ils doivent à la confiance de leurs compatriotes.S’ils étaient vraiment canadiens avant tout, MM.King, Saint-Laurent, llsley, Howe et Gardiner n’auraient jamais accepté de faire partie du Conseil privé de Grande-Bretagne.Quand se résoudront-ils à renoncer au titre de “très honorable” pour donner un exemple de civisme et de patriotisme à leurs compatriotes canadiens?Espérons que d’ici quelques années, quand nous aurons atteint à la maturité politique, les ministres canadiens ne souffriront plus que l’un de leurs collègues cherche à leur imposer en s’affublant d’un titre de “très honorable” obtenu d’un gouvernement étranger, que les citoyens canadiens ne toléreront plus que leurs mandataires acceptent un poste qui les engage vis-à-vis d’un autre pouvoir que le Canada.Lake Success, It (A.P.) — Après consultation avec ses principaux adjoints, le secrétaire général de l’O.N.U., Trygve Lie, a mis provisoirement au rancart la demande faite hier par le délégué tchèque Jan Papanek à cet organisme de tenir une enquête sur les événements politiques de Tchécoslovaquie.Le communiqué remis par M.Lie aux journaux explique seulement que la demande sera traitée comme une requête non officielle.Elle ne pourrait donc revenir devant les Nations Unies qu’à condition qu’un gouvernement régulier accepte de la présenter lui-même.Un ne peut en effet la considérer comme une communication du gouvernement tchèque puisqu’elle contient une critique adressée à ce gouvernement.Quant au cas de M.Papanek lui-même, un ftnetionnaire de l’O.N.U.prédit qu’il sera bientôt rappelé par Prague, ce qui éclaircira sa position.Le dé qui élé- gué de Tchécoslovaquie soutient en effet qu’il continue de représenter son pays mais non plus le nouveau régime de celui-ci.t Ÿ * * Prague, 11 (A.P.) — Le nouveau cabinet Gottwald vient d’obtenir son premier vote de confiance au second jour de la session parlementaire à Prague.Ce vote, à main levée, fut unanime chez les 233 députés présents sur un total possible de 300.I>e parlement de Tchécoslovaquie devra maintenant se mettre à la besogne de légaliser l’oeuvre des comités d’action politique établis par le premier ministre communiste Klement Gottwald au cours de la crise politique qui lui a donné le pouvoir pratiquement absolu en son pays.Ce sont ces comités qui ont pris contrôle de l'administration du pays jusqu’à la fin de la crise et qui ont commencé d’imprimer une direction prosoviétique' à toute la vie tchèque.Washington, 11 (A.P.) — Au dire du secrétaire d’Etat George Marshall, la Tchécoslovaquie vit maintenant sous un régime de terreur.11 dit en voir une preuve frappante dans la mort du ministre tchèque des affaires étrangères Jan Masaryk.Au cours d’une entrevue générale de presse, il n’a pas caché son inquiétude devant l’expansion russe en Europe et les passions qui s’agitent aux Etats-Unis même pour une prompte guerre préventive contre les Soviets.M.Marshall nie que le gouvernement américain songe à mettre cependant en vigueur quelque plan secret de mobilisation.* * ÿ Prague, 11 (A.P.) — Le gouvernement tchèque fera samedi des funérailles d’Etat à son ministre des affaires étrangères, Jan Masaryk, qui s’est suicidé hier matin pour des raisons demeurées plus ou moins mystérieuses.Le premier ministre communiste de Tchécoslovaquie, Klement Gottwald,* prendra la parole à l’occasion du service funèbre, à Prague même.Le corps de l’homme d’Etat défunt sera ensuite conduit au cimetière de sa famille, à Lany.Il reposera auprès de celui de son père, Thomas Garrigue Masaryk, le fondateur et premier président de la république tchèque.A cet endroit, l’adjoint communiste de Jan Masaryk, le sous-ministre Vlado Klementis, prononcera l’oraison funèbre.¥ V * Prague, 11 (A.P.) — La conversation entre le président Bé-nès et le ministre des Affaires étrangères Jan Masaryk, avant-hier, pourrait bien être la clef du mystère entourant la mort de ce dernier, ont déclaré, aujourd’hui, des personnes qui le connaissaient bien.Masaryk était demeuré à l’arrière pour parler au président après une.visite d’Etat par l’ambassadeur polonais.C’était leur première conversation depuis la crise gouvernementale au cour* de laquelle Bénès a dû, contre sa volonté, céder au premier ministre Gottwald.* * * Paris, 11 (Canado-Mondial) — L’annonce de la mort de Jan Masaryk a provoqué, à Paris, une vive émotion.M.Vincent Auriol, président de la République française, a fait parvenir à son collègue tchèque, M.Bénès, un télégramme de "condoléances attristées” au nom du gouvernement et du peuple français.D’autre part, le Conseil des Ml-nistes, qui s’est réuni hier matin, a tenu à rendre hommage à la mémoire du ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie.^ ^ ^ Mexico, 11 (A.P.) — I«e Mexique vient de rappeler son ambassadeur en Tchécoslovaquie.On n’a pas donné de ce rappel d’autre motif que le désir d’entendre l’ambassadeur faire rapport sur les derniers événements politiques survenus à Prague.Lettre de Québec M.Theriault tente d’expliquer son attitude sur les trésors polonais Il a soulevé "une question de privilège" au Conseil législatif, hier après-midi — "N'ai-je pas le droit, comme avocat, de représenter des communistes ?" ii-m-48 Pierre VIGEANT BLOCS-NOTES Un exemple touchant’ Nous recevons, sans autre indication d’origine que la signature: Un lecteur assidu, la note suivante: En lisant ce que vous disiez dam le Devoir du 4 mars des groupes canadiens-français de la Colombie, l’idée m’est venue que je pourrais peut-être donner un léger coup de maiq à mes frères du Pacifique, en vous faisant parvenir ce modeste billet de $5.00, que vous pourrez offrir comme cadeau au gagnant du deuxième concours de français qu’ils sont à organiser.Ou bien, ai-je aussi pensé, pourrez-vous disposer de cette petite somme au bénéfice de Canadiens français d’une autre province sur laquelle vous possédez des renseignements particuliers, où vous estimeriez qu'elle serait mieux placée.Faites en toul cas ce qui vous plaira.Il va de soi que nous transmettrons l’offrande à nos amis de la Colombie, qui sont au début de leur organisation, qui ont un besoin particulier d’encouragement et qui seront sûrement touches du souvenir que leur accorde ce lointain compatriote (la lettre est de Montréal).Notre correspondant ajoute: Celle petite somme est prise sur les économies que je prélève chaque semaine sur mon salaire pour venir en aide à ceux qui peuvent en avoir besoin.N’est-ce point infiniment beau?Et de quelles ressources, susceptibles de provoquer de fécondes initiatives, pourraient, disposer nos frères des'autres provinces, si beaucoup de gens, chez nous, sentaient et agissaient comme ce généreux inconnu?Nous ignorons absolument, nous le répétons, de qui il s’agit.Nous nous contentons donc de remercier notre correspondant, .de l’avertir que son offrande a été reçue et sera transmise à qui de droit, de le citer en exemple.C’est vraiment un homme le coeur — et un sage.“Barbara Ann’* La formule est familière, mais c’est ainsi qu’à force de la retrouver tous les jours, depuis des mois, dans les journaux, on finit instinctivement par désigner Mlle Scott, la championne mondiale du patinage de fantaisie.Barbara Ann a reçu, à Ottawa, un accueil que Ton peut facilement qualifier de royal.En fait on peut même se demander si les bonnes gens d-’Ottawa auraient fait, pour un souverain quelconque, une plus éclatante, ou même une aussi éclatante ma nifestation.La patineuse-prodige tient évidemment de très près au coeur de tous les gens de sa ville.En dépit de la vive sympathie qu’elle inspire, certains pourraient trouver ces hommages légèrement excessifs.Il y a, dans le discours qu'adressait l’autre jour à la jeune patineuse le premier ministre du Canada, qui paraît être un ami de sa famille, des paroles qui expliquent nour une part la vague d’admiration qui déferle sur Ottawa, — Par vos succès, par votre détermination et votre courage, a dit M.King à la jeune fille qu’acclamaient des milliers et des mil- (Par Pierre Laporte) Québec, 11 .— Un incident a été soulevé hier après-midi au Conseil législatif par M.Elysée Thériault, qui s’est levé sur une question de privilège, au sujet des trésors polonais.M.Thériault, pour appuyer sa question de privilège, a cité un article paru dans L’Action Catholique, vendredi, le 5 mars dernier, dans lequel on parle du Dr Bielski, qui aurait donné un ultimatum de quatre jours aux autorités de THôtel-Dieu pour remettre les trésors.L’article, dit M.Thériadlt, disait encore que le Dr Bielski avait ordonné à la supérieure de THôtel-Dieu de dire à son représentant, M.Elysée Thériault, à Québec, “avant quatre heures de l’après-midi, le 25 février, quand et où il pourrait prendre personnellement “possession du trésor volé.” Il n’est pas dans mes habitudes, dit-il, de me plaindre des rapports des journaux.Il me semble que je n’ai pas tenu une conduite disgracieuse, dans cette affaire des Arésors polonais, contre les Religieuses de THôtel-Dieu de Québec.“Depuis au delà de 300 ans, dit M.Thériault, ces religieuses se dépensent sans compter pour soigner nos malades et nos infirmes.Elles se sont dévouées, non seulement pour les Cana diens français, mais aussi pour les Anglais.Elles ont ainsi un titre de plus à ajouter à leur trésor de vertus.Les religieuses de THôtel-Dieu ont toujours choisi des personnes très distinguées pour faire partie de leur communauté.Nous devons les admirer.Leur zèle est magnifique.L’Hôtel-Dieu de Québec, c’est le seul hôpital où il y a quatre’salles pour l’hospitalisation des gens qui n’ont pas le sou.Je n’ai commis aucune indélicatesse à leur endroit.“J’ai eu l’honneur de rencontrer le Dr Bielski, qui est d’une politesse exquise.M.Bielski représente un pays de vingt-cinq millions d’habitants.” M.Asselin: “Je ne crois nas que l’on puisse engager un débat sur cette question des trésors polonais.Que M.Thériault s’en tienne à sa question de privilège”.M.Thériault: “Le journal mentionné plus haut aurait du attendre que la lettre du Dr Bicl-ski soit publiée avant de faire des commentaires.On me dit que je représente un gouverne-meni communiste.’ Est-ce qu’un avocat de la province de Québec n’a pas le droit de défendre un communiste devant nos tribunaux ?J’affirme eue la Pologne n’est pas un pays communiste”.M.Asselin: “Je regrette d’être dans l’obligation d’intervenir de nouveau.Le Conseiller est en train de donner discussion à un débat.Il ne s’agit pas d’une estion de privilège.M.Thériault: “On m’accuse d’être l’avocat des communistes.Je dis de nouveau que la Pologne n’est pas un pays communiste.La Pologne est uij pays catholique.Je n’attaque personne.” M.Asselin: “Je veux faire respecter les règlements de cette.Chambre.Que le conseiller s’en tienne à sa question de privilège’.’ M.Thériault: “J’ai fini avec mes remarqKies.Elles -ne sont pas violentes.Elles n’attaquent personne en particulier.Mais je regrette que Ton ait attaqué la Pologne comme on Ta fait.” Sur ce.l’incident a été clos et le Conseil a voté ensuite les bills suivants en troisième lecture : Loi modifiant le code de procédure civile; Loi modifiant le code civil; Loi modifiant la loi de la curatelle publique.La Chambre haute s’est ajournée à ce mal^n 10 h.30.Autres motions L’assemblée a rejeté hier une motion du député de Québec-centre, M.Wcllle Morin, demandant au gouvernement provincial d’établir un système d’allocations familiales spéciales pour les tuberculeux, durant leur traitement.Elle a adopté plutôt Ta-mendement proposé à ce sujet par le député d’Abitibi ouest, M.Emile Lesage, déclarant que “l’Assemblée législative apprécie beaucoup la politique du gouvernement d’assurer le traitement Terre-Neuve pourra choisir Tunion avec le Canada ST-JEAN, Terre-Neuve, 11.(CP.) — Malgré les craintes entretenues à ce sujet par divers milieux politiques de Terre-Neuve, I administration de ce pays o décidé d'inclure l'offre de Tunion de cette colonie britannique avec le Canada dans I alternative qui sera présentée aux Terreneuviens lors d'un plébiscite sur leur nouveau mode de gouvernement.Les habitants de cette île auront donc le cho.x de trois solutions possibles: 1—le maintien du gouvernement actuel par une commission de tutelle; 2—le retour ou gouvernement responsable et au statut de dominion, comme avant 1929; 3—1 union avec le Canada, à titre de dixième province.liers de gens, vous avez révélé Souvenirs mélancoliques une nature que chacun de nous 1 aimerait posséder.Par votre bonté, /votre habileté et votre empressement à vous imposer une discipline personnelle, vous nous avez montré à tous le chemin du succès.Le« acclamations se sont éteintes.Elles seront peut-être assez tôt oubliées, Le nom de Barbara Ann ne sera plus, dans quelques années, qu’un souvenir; mais la leçon de courage, d’énergie, d’extraordinaire ténacité qu’elle n donnée devrait rester dans toutes les mémoires et porter des fruits.Car, quels que soient les dons naturels de la jeune triomphatrice, elle n’a pu obtenir les succès auxquels on applaudit aujourd’hui que par des années et des années d’un travail ardu et tenace et.Ton pourrait presque ajouter, de privations.Car, pour une adolescente, ce devait être vraiment une privation, une dure privation, que de s’imposer un pareil régime de vie.Ajoutons qu’un des éléments de 1 extraordinaire popularité de Barbara Ann tient à des qualités de caractère, qui ne se sont point démenties au milieu du triomphe.Elle n’est pas simplement devenue une extraordinaire athlète, elle parait être restée une excellente jeune fille, dont le succès n’a point tourné la tête.Ainsi que le premier ministre Ta lui-même indiqué, elle a été à l’étranger une excellente ambassadrice de son pays.Barbara Ann parle le français.Elle Ta fait à Montréal, en s’excusant gentiment de n’étre pas davantage maîtresse de la langue, mais en affirmant qu’elle entendait bien, bans ce domaine, poursuivre ses études.Les journaux annoncent que le budget fédéral s’élèvera à tout près de deux milliards.Hélas! nous nous rappelons le temps, c’était à la veille des élections fédérales de 1890, où sir Richard Cartwright, le futur ministre des Finances de M.Laurier, la moustache hérissée, la voix rauque, frappant du poing la table et du pied l’estrade de l’hôtel de ville des Trois-Rivières.s’écriait avec indignation: "Ces gens-là (ces gens-là, c’était naturellement les conservateurs qui occupaient alors le pouvoir à Ottawa), songez-u bien, ont dépensé, Lan dernier, trente-sept millions de dollars".Il répétait, d’une voix de plus en plus coléreuse, le geste de plus en plus violent: "Trente-sept millions de.dollars".Aujourd’hui, c’est à peine si Ton oserait qualifier de peanuts des chiffres de cet ordre.Hong-Kong On parle toujours, et Ton parlera longtemps encore sûrement, de l’affaire de Hong-Kong, Certains n’auront peut-être pas oublié le sourire d’incrédulité que provoquait, vers les 1910, M.Bourassa.quand il avertissait ses auditeurs que, si nous n’en rayions pas la montée de l’impérialisme, ils verraient leurs enfants.pour la plus grande gloire de l’Empire, jetés sur toutes les plages du monde, et jusque sur les mers de Chine.Sauf erreur, c’est du côté des mers de Chine que se trouve Hong-Kong, et que les troupes canadiennes, sous le commandement suprême d’un officier britannique, ont dû se rendre aux Japonais.O.H.Michel ne songe pas à un gouvernement en New-York, 11.(A.P.) roi Michel 1er de Roumanie, n a aucune intention d’établir un gouvernement roumain en exil, ainsi qu’il Ta déclaré à son arri- de turberculose et lui recommande de continuer à faire tout ce qui sera raisonnablement possible pour leur venir en aide”.Le vote fut de .50 contre 25, pour Ta-mendement et contre la motion.Bibliothèques* La motion de M.Guy Roberge, député de Lotbinière, recommandant au gouvernement d’adopter une politique générale qui faciliterait l’établissement et le progrès de bibliothèques publiques, particulièrement dans les i>x.vée à New-York, en compagnie de sa mère, la rein».-douairière Hélène.Le Jeune souverain déchu espère bien recouvrer le pouvoir en son pays; mais il avoue n’avoir encore aucune idée des moyens qu’il pourrait prendre dans ce but.A son dire, seule Torcasion d’une guerre pourra permettre de supprimer le régime communiste installe à Bucarest.gratuit des personnes atteintes régions rurales, a été adoptée.Un journaliste new-yorkais avait demandé à Michel si, après avoir exigé son abdication, les dirigeants communistes roumains voulaient aussi que le jeune monarque de 2fi ans quitte le pays.Ce dernier a répliqué, après une hésitation et un sourire, qu’on n’avait pas réclamé «on départ mais qu’on lui en avait quand même laissé comprendre l’opportunité.A COUP D’ENCENSOIR QUEBEC, le 11 — Le scénario se répète, fidèle à lui-même, d'un mercredi à un autre mercredi.Mais aussi, le mercredi n’est-il pas un jour prédestiné?Un député oppositionniste a défendu sa motion, parfois suivi d'un collègue de la gauche.Alors se lève un député ministériel, armé d’un petit laïus cuisiné par l'Union Nationale, et propose un amendement.L’amendement est de même farine que le laïus, on y manque un peu d'imagination.Commencé par une expression de reconnaissance éperdue à l’égard du glorieux gouvernement et de son chef combien plus glorieux encore, ça continue par le mariage, dans la gloire, du tances, chef avec son gouvernement ; et Von invite enfin chef et gouvernement à continuer de servir la province avec si possible encore plus de sollicitude et de désintéressement.Qu’il se brûle d'encens à Québec! La fumée monte à gros flocons aux narines du chef.Ça vous étoufferait un homme ordinaire.Jusqu'ici M.Duplessis a résisté, mais nous ne répondons pas de l’avenir.Hier il y eut trois séries d'encencement progressif, à l’occasion de trois motions; une sur le prix du lait, deux relatives aux tuberculeux.Et je vous assure que les gaillards y allaient rudement, à ne pas rater leur homme.Au nom de la morale et de l’hygiène, je m’objecte! Malheureux premier ministre, on Vétoufferait à force d’amour! Se rendent-ils compte qu’ils mettent sa vie en danger, pour ne point parler de sa modestie?Je sais bien que le régime exige l’éloge du chef (prononcez cheuf).Je sais bieii que M.Duplessis, gros travailleur, esprit délié et homme à poigne, mérite tous les éloges.Mais la platitude dans l’accroupissement est-elle absolument de rigueur f faut-il des génuflexions à chaque mention du lait, du loge- ment, des commissions scolaires, de l’autonomie et de VUngava?un peu de mesure, que diable, nous ne sommes pas entre valets ici.Les reporters, hommes d’esprit, taillent dans l’étoffe trop abondante; ils ne répètent que le quart du cinquième de ce concert assourdissant.Peut-être le premier ministre les a-t-il prévenus d’avoir à ménager son humilité?car en Chambre, c’est un système.Pas de discours sans éloges.Pas d’éloges sans mention du chef glorieux.Pas de “glorieux cheuf” sans dithyrambe.Pas de dithyrambe sans hyperbode.Pas d’hyperbole sans pompe.Et de la pompe à toutes les circons- Nous sommes de bon compte.Nous sommes de bonne volonté.Nous sommes avertis et un homme averti en vaut deux.Nous avons pris la décision d’en avaler.Et Dieu sait que nous en avalons.Mais vraiment il y a excès.On abuse de nous et de lui, on va le mettre en fuite à coup d’encensoir.Ce n’est plus social.Ce n’est plus humain.Ce n’est plus chrétien.L’encens vous enveloppe, s’installe à perte de vue.Il doit se trouver quelque part aux Indes des bouddhas devant lesquels on en a moins brûlé.Les nuages vous entourent, vous attaquent, vous recouvrent, vous imprègnent et vous annihilent.Le nez vous picote, la gorge s’irrite, la.fumée monte à la tête, bientôt vous n’y verrez plus.Vite, sortons de là: c’est congé ce soir.Allons vers la terrasse, où circule un vent vif.Humons l’air pur et quasi immatériel: c’est frais, et ça se renouvelle.Du nord-est, par la coulée du fleuve, arrive un large souffle, annonciateur du printemps.^ André LAURENDEAU a député de Montréal-Laurisr. PAGE 2 LE DEVOIR, MONTREAL, JEUDI 11 MARS 1948 .EVALUATION DES PROPRIETES AU CAP DE LA MADELEINE Les Trois-Rivières, 11 (D.N.C.) —L’évaluation total^ des propriétés de la cité du Cap de la Madeleine, suivant le rôle préparé pour l’imposition de la taxe 1918, est de 115,439,113.00, soit une augmentation de . v 'eu à ses auxiliaires de ne L'Edition canadienne Not lecteurs ont suivi evec intérêt le débet parfois assez vif qui a mis auz prisez éditeurs, critiques, écrivains canadiens et français.Le débet ne ecmbia pas terminé et nous publieront dent notre page littéraire de samedi, une déclaration officielle de le Société des Editeurs canadiens du livre français et un article paru dans le "Time Magazine” du 1er man 1948.pas négliger leurs rapports quotidiens.La belle température continue de favoriser le travail de toutes les sections.Principales souscriptions reçues Molson's Brewery, Limited, 36,000; Dupuis Frères, Ltée, 33,-000; John De Kuyper & Son, 31,000; Le Petit Journal, 31,000; F.\V.Woolworth Co., Ltd., 31.-000; Henry Morgan & Co., Ltd.(les employés), 3725; Orner De-Scrres, $600.8500: Bruck Silk Mills, Ltd., General Steel Wares, Ltd., M.Alphonse Raymond.3450: Café Martin, Limitée.8400: Compagnie d’Assurancc du Canada, Ford Motor Co.of Canada, Ford & Monarch, Mercury A Lincoln Div.; Meagher Rrothers Co., Ltd., Steel of Canada, Ltd.3300: Canadian Cottons, Ltd., J.-Roméo Gauvreau, C.-E.Gravel, Pepsi-Cola to.of Canada.$250: M.l’abbé Rosaire Caron, David à Frères, Limitée, Commercial Alcohols, Ltd., Hector Lamontagne, Inc.3200: Lucien Reauregard, J.-Albert Blondeau, Eugène Doncet, Ltée, M.et Mme Raymond I)u-I nuis, La Prévoyance.Mme Beau-| dry Leman, Metcalfe Robinson Printing Service, Ltd., Miner I Yamaska Garments.Ltd Huitième journée sur le budget Le conseil municipal eomnven cera cet après-midi sa 8e Journée de discussion budgétaire.Las débats portent sur des matières de détail et n’appovtent pas de grandes nouveautés.Jusqu’ici, nous n’avons pu re tenir aucune critique de fond sur l'ensemble du budget de 867 millions, ou contre la politique générale de l’administration.Toutefois, l’opposition n’a plu* que 4 jours à sa disposition pour faire valoir ses griefs: les éche-vins ne peuve'nt siéger le samedi.Le débat s’éteindra automati quement lundi soir: minuit constituera l’heure limite où toutes les interventions au sujet du budget devront prendre fin.Saisie de deux alambks S.E.Mgr Georges Cabana, archevêque coadjuteur de Saint-Boniface, est l'évêque consécrateur Son Exc.Mgr Laurent Tétrault.Père Blanc, vicaire apostolique élu de Rukoba, Afrique orientale anglaise, a été sacré évêque, ce matin, en la cathédrale de St-Roniface, par Son Exc.Mgr Georges Cabana, archevêque coadjuteur du diocèse de St-Bo-niface.Les deux évêques cocon-sécrateurs étaient LL.EE.NN.SS.Martin Lajeunesse, O.M.I., vicaire apostolique du Keewatin, et Rosaire Brodeur, évêque d’Alexandria, Ontario.Le sermon a été prononcé en français par Son Exc- Mgr La-coursière, des Pères Blancs, vicaire apostolique du Rwenzori, et en anglais, par Son Exc.Mgr Murray, archevêque de Winnipeg.L« vicariat dm Bukoba Le vicariat de Bukoba est situé au centre de l’Afrique, près du lac Victoria, dans le pays du Tanganyika, en mandat anglais.Il est borné au nord par l’Uganda, vicariat dirigé par Mgr Joseph Cabana, frère de Mgr l’archevêque coadjuteur de St-Boni-face; à l’est par le lac Victoria; au sud par le vicariat de Kigoma, et à l’ouest par le Territoire belge: Ruanda et Urundi.Le vicariat de Bukoba compte 105,(3)0 catholiques sur une population total* d’à peu près 500,-000 habitants.Mgr Tétrault est le 4e évêque, appelé par le Saint-Siège à diriger les destinées de ce pay*.Seul le premier de ses prédécesseurs, Mgr Hirth, est décédé.Le 2e, Mgr Swecns, est âgé de 90 ans, et le prédécesseur immédiat, Mgr Hu-wiler est arrivé à l’âge de 80 ans.Ceci est certainement d’un bon augure, et très encourageant pour le jeune évêque.ArcHevéqtttt et évAqu** pré«eaN Un nombre*** clergé était présent au sacre de ce matin.Parmi Nos entrevues M.Raoul Follereau EXTRA les archevêques et évêques présents, mentionnons: LL.EE.NN.SS.Beliveau, de St-BonHace; Murray, de Winnipeg; McDonald, d’Edmonton; Vachon, d’Ottawa; Cabana, coadjuteur de St-Boniface; Duke, de Vancouver, sera représenté nar le R.P.Kennedy; Limoges, de Mont-Laurier; Ladyka, de Winnipeg (évêque des Ukrainiens catholiques); Lajeunesse, du Keewatin; Lacour-sière, de Rwenzori (Afrique); Carroll, de Calgary; Lemieux, de Gravelbourg; Johnson, de Nelson; Duprat, de Prince-Albert; Brodeur, d’Alexandria; Savaryn de Winnipeg (évêque des Ukrainiens catholiques); Pockock, de Saskatoon; Schenk, de Crook-ston (Minnesotaj: Routhier, de Grouard; Dworschak, de Fargo (Nord Dakota).Le T.R.abbé raitré Severin Gertken de Muenster, (Saskatchewan).Parmi les religieux, il y avait des RR.PP.Jésuites, Oblats, Cisterciens, Rédempto-ristes, Clercs St-Viateur, Missionnaires de la Salette, Frères Mineur* Capucin».Frères Mineurs Franciscains, chanoines régulier* de ITmmaeulée-Conception, les Missionnaires d’Afrique (Père* Blanc*).15 congrégation» religieuses avaient aussi leurs représentantes.0**t remarquait, par ailleur*, le* personnalité* suivante*: le lieutenant-gouverneur du Manitoba et Mme McWilliams, M.S.* Mareoux et Mme Sauveur Mar-coux, ministre provincial, M.Fernand Viau, député au fédéral et Mme Viau, M.E.Préfontaine, député an provincial et Mme Préfontaine, M.George MacLean, maire de Saint-Boniface et Mme MacLean, Dr et Mme A.W.Trueman, de rUniversité dti Manitoba (Fort Garry), le juge Joseph Bermer, 1« chevalier J.-A.Ma-riof, M.Lpprohon, da poete de radio CKSB et autres.Auteur dramatique devenu conférencier — De Mermox au P.de Foucaud — Charité — Les fondations — "Adzopé" et le soin des lépreux — Vers les îles Hawaï Les Arabes proclament la loi martiale Un« explosion fait 100 blessée aux bureaux 4e l'Agence juive, à Jérusalem Q’uelqeM part »u nord de la Palestine, 11 (A.P.) — De *a propre autorité, le commandaot en chef de l’armée volontaire arabe de Palestine, Fawzi Bey El KaukH.vient de décréter la loi martiaie dans toute la partie nord de ce pay*.R a prévenu les autorité* civile* de cette région de la Terre-Sainte (fu’à l’avenir elles devront prendre lewr» ordre* de kti seulement.Le Bey a même déjè fait établir une prison dans le village de montagne oô se trouve son quartier général et les cattule* n’ont pa* tardé à se remplir.Un des premiers détenu* est une Juive qui aurait tenté de se faire prendre pour une journaliste britannique et d’obtenir nne entrevue avec le chef arabe.Le haut commandement arabe est pourvu du personnel nécessaire powr administrer ses prisons et juger les prévenus.Plusieurs avocats arabe* accompagnaient l’état-major du Bey quand tl est venu, la semaine dernière, s'installer dans un village montagneux du nord de la Palestine dont les dépêche* n’in-diquent pa* le nom.Par ainewrs.on sait seulement que Faw» Bey entend demeurer «ne semaine de plu* à cet endroit pour compléter la pré- paration de son offensive.H doit en particulier prévoir les moyen» de protéger le* résidants arabes du nord de la Terre-Sainte qui seront eaposés aux vengeances juives, une fok la campagne déclenchée.* * * Jérusalem, 11 (A.P.) — Une explosion qui a fait cinq morts et une centaine de blessés a démoli les bureaux de l’agence juive de Palestine à Jérusalem.Elle n’a cependant frappé aucun des chefs de cet organisme consulta tif établi en 1923 par la Grande Bretaene et reconnu formelie ment par elle en 1930 comme représentante de la population juive de Terre Sainte.On croit que la bombe qui a fait sauter rédifice y avait été placée par des individus entrés quelques instants plus tôt dans la cour principale à la conduite d’une automobile portant le pa villon américain.Les inconnus en question, après avoir aban donné leur voiture à cet endroit sont montés dans un taxi qui les attendait à quelque distance et disparu* aussitôt.L’automobile en cause serait l’une de celles dont le consulat des Etats-Unis à Jérusalem avait rapporté la disparition au cour* des deux dernières semaines.(Par Gérard PELLETIER) M.Guy Boulizon, professeur au collège Stanislas, réunissait chez lui les journalistes, hier après-midi, pour leur permettre de rencontrer M.Raoul Follereau, conférencier français de passage à Montréal.En manière de présentation, nous serions tenté de dire que notre visiteur n’est pas un monsieur décoré et qu’il connaît admirablement la géographie.Mais cela ne suffirait pas à le décrire.Cela ne laisserait même pas soupçonner, par exemple, l’incroyable cravate lavallière, le vaste chapeau noir et la canne, tous objets auxquels M.Follereau se montre fidèle.— Oui, vout regardez nia cravate?N'est-ce pas qu'elle est remarquable?J'y suis resté fidèle, envers et contre tous.Dans ma jeunesse, elle était portée au Quartier latin par des gens que j’admirais beaucoup: Edmond llostand, de Fiers, Mermoz.Mais aujourd'hui, je ne l'ai plus en commun qu’avec les chansonniers de Montmartre! Auteur et touriste Nous comprenons mieux cette cravate quand nous apprenons plus tard que M.Follereau fut d’abord un auteur dramatique (joué à 23 an* par la Comédie française) et nous nous expliquons sa connaissance de la géo graphie quand il nous raconte ses voyages.En 1929, il accom pagnait le fameux Mermoz en Amérique du Sud et traversait avec lui la Cordillière des Andes.Plu» tard, il «’engageait dans un long voyage en Afrique, avec.Madam* Follereau, et nous le trou vons aujourd'hui en route pour le* lie* Hawaï.Mais pour comprendre le travail qu'il accomplit, il faut revenir s*r ce voyage au Sahara, au début des années ’30.— J'g étais allé d'abord corn nu touriste, nous raconte M.Follereau, mais nous fûmes si forte ment impressionnés, ma femme et moi, par la survie du Père Charles de Foucaud dans foutes ces régions que nous décidâmes d'y retourner, celle fois pour un pèlerinage.L'année suivante, nous partions à la trace du grand missionnaire, suivant partout la route qui avait été la sienne.Six mille kilomètres à travers le désert.Nous avons rencontré partout toutes ces personnes qui l'avaient connu.Puis, de retour en France, nous fîmes une tournée de conférences qui devait rassembler les fonds nécessaires à l’érection d'une église sur la tombe du Père de Foucaud.Celle église fut érigée quelques années plus tard et bénie le V.) mars 1936.Tel est le souvenir du Père dans le Sahara que des Musulmans, dont on connaît bien le fanatisme religieux, insistèrent pour “donner” leur travail à la construction de cette église.Me Pacifique Plante quitterait son poste Nous apprenons de source officieuse que Me Pacifique Plante, directeur de l'escouade de la moralité de la police municipale quitterait bientôt son poste.Certaines rumeurs veulent que Me Plante ait été suspendu par le directeur Langlois tandis que d'autres affirment que c'est lui-même qui a offert sa démission.Cet avant-midi, le directeur Langlois a conféré longuement avec le président de l'Exécutif, M.Asselin.Au sortir du bureau il n'a voulu faire aucune déclaration.Me Plante a aussi rendu visite à M.Asselin au cours de la matinée.A l'hôte! de ville Le cas de seize cents employés temporaires Une disposition ambiguë de la sentence arbitrale — Ceux qui ne sont plus à l'emploi de la ville se trouvent privés de leurs arrérages de salaires — L'administration fera tout son possible pour leur donner du travail d'ici le 1er mai Par suite d’une disposition ambiguë de la sentence arbitrale rendue l’automne dernier par Je tribunal Cadotte relativement au paiement «les augmentations rétroactives de salaires aux employés manuels auxiliaires ou temporaires de la ville de Montréal, ces derniers se trouvent dans une situation embarrassante et les autorités municipales égale* ment.La rétroactivité des augmentations de salaires à ces manoeuvres remontait au 1er décembre 1946.Or les employés temporaires qui ont accepté un emploi permanent ailleurs qu’au service de la ville se trouvent privés de sommes d’argent assez considérables auxquelles ils ont moralement droit Près de 1600 employés temporaires sont affectés et la somme totale des arrérages d’augmentation ainsi laissés en suspens se chiffre par quelques 330,000.Plusieurs conseillers municipaux qui s’intéressent nu sort de ces manoeuvres ont soulevé la question à ma.ntes reprises devant le conseil.Hier après-midi, M.J.-O.Asselin a fait une une déclaration à ce propos, à la demande du maire Houde, afin d» clarifier l’affaire.M.Asselin dit que la ville esl prête à acquitter les arriérés mais entend rester dans la légalité.En vertu d’u’ne modification de la sentence arbitrale apportée par la suite par le tribunal Cadotte, les employés concernés ont jusqu’au 1er mai 194f pour avoir «iroit aux rétroactivités en travaillant pour la cité.M.Asselin dit que l’administration est bien disposée à payei tout le monde.En conséquence les intéressé* pourront se présenter chez les directeurs d» services et l’on fera tout ce qu! est nécessaire pour que ces personnes soient affectées à des tra vaux utiles, à la condition cepen dant que les ouvriers permanent* ne soient pas privés de leurs salaires et qu’il ne se produise au cun passe-droit.Une bonne moitié de ces em ployés manuels temporaires on trouvé du travail permanent sm d’autres chantiers que ceux dt Concordia.Les Trois-Rivières, 11 (D.N.C.) La police provinciale des liqueurs a saisi deux alamblo* dans une sucrerie de la paroisse de St-Edouard-des-Lanrentides, comté de Maskinongé.La saisie a été opérée dans la sucrerie de M.Arthur Leblanc, dans le rang du Ruisseau-Plat, par une escouade spéciale de fa Régie des alcools commandé* par le sous-inspecteur A.Long-)ré et comprenant les agents P.’errault et X.I.egris, pilotés par l’agent de circulation Albert Label.Cette expédition fut l’une de* plus difficiles accomplie* ce* derniers temps.Les agents durent voyager sur une longue distance dans un snowmobfle puis fouiller la forêt h pied avant d’atteindre la cabane à sncre.A l'hôtel de ville Pour Pile Ste-Hélène Les fondations De ce voyage au Sahara, M.Follereau rapportait aussi l’idée des Fondations Charles de Foucaud, dont le but est “d’aider toutes les oeuvres dédiées aux soins de l’humanité souffrante ci spécialement les missionnaires”.Le mouvement rassemble plus de cent cinquante mille membres dont chacun s’engage à travailler une heure par an pour les pauvres et à verser le salaire «le rette heure de travail à l’une ou | l’autre des oeuvres soutenues par les Fondations.On a recueilli dix millions de francs, de cette manière en 1947.! Fin prochaine de la grève à Drummondville Les négociations entre la "Butterfly Hosiery Co.' et le syndicat commenceront cet après-midi Sherbrooke, Il (D.N.C.) -—Les guerre, qu’il ne faut pas lâcher négociations doivent commencer cet après-midi à la Butterfly Hosiery Co., de Drummond ville, pour le règlement de la grève qui y dure depuis le 16 février.M.M.Russell Weaver, gérant Vous avez tenu et vos chefs p«‘u vent aujourd’hui commencer «le négociations dont l’aboutisse nient sera satisfaisant pou tous”.,e président de la CTCC di de la compagnie, Roméo Vallée que, même s’ils ne sont pas bail et Rodolphe Rellerin, représentants des ouvriers, ont fait sa-1 voir la nouvelle dans le courant : de l’après-midi d’hier.La première séance devait sc j tenir à deux heures cet après-1 midi, à l’un des bureaux de la manufacture, La grève a mis en chômage en-1 viron 450 personnes.Hier soir, les ouvriers ont été j invités à une réunion au cours ; de laquelle il y eut discours par , M.Gérard Picard, président de i la Confédération des Travail-1 leurs Catholiques du Canada.M.l’abbé Willie Coll, vicaire de In paroisse Saint-Joseph et aumônier des Syndicats locaux, et A la Noël de l’an dernier, plus Hruno Beaudoin, agent d’affaires de trente mille petits pauvres.ont reçu des jouets, grâce à l’initiative du “troisième soulier” que les petits enfants eux-i lêmes placent dans la cheminée.du Conseil Central des Syndicats de Drummondville.leurs de fonds aux caisses élec (orales, les ouvriers ont de droits qui doivent être respec tés.La machine doit servir e non asservir, conclut-il.M.l’abbé Willie Coll assur aux ouvriers que depuis le pre mier jour «le la grève, il est mon té à l’autel chaque matin pou demander le succès de la cans des ouvriers et que la solutioi de leurs problèmes semble main tenant en vue.M.Honoré Damours a rappel la grève du textile, l’automn dernien, et comment elle s’étni réglée pour le plus grand bie: des ouvriers.M.Roméo Vallée, présiden provincial de la fédération de employés du bas façonné, doi M.Assato* accuefHe avec plaisir la promesse 4e cooperation de M.Duplessis — Le présent budget municipal prévo+t l'aménagement de terrains de jeux et de piscines, cette année Rubber Co., Ltd., ««porta* P*-trolemn Corp., Ltd, $165: Belding-CorticeBI, Ltd.$150; Association de* Taverniers de l’He de Montréal, Canadian Arena Co., Maple Leaf Milling Co., Ltd., Me René Paré, The James Robertson Co., Ltd.8125: J.-A.Gagnon, St-Arnaud A Bergevi-n, Ltée, C.-X.Lamontagne A Cie.$120; Frisncfs Finrienx, John I.abatt, Ltd., Perrault A Perrault, Thomas Robertson A Co., Ltd.8100: 0*car et Philippe Baril “Stork Club”, Bathurst Power A Paper Co., Ltd., J.-F.Clément Inc., Commereval Aeeeptanre Corp., Ltd., J.-A.Demers "Cadillac”, F.astern Steel Products, Ltd., Franke.Leva**e»r A Co., Ltd., Great Atlantic A Pacific Tea Co., F.H.Hopkins A Co., Ltd.Kik Co.of Canada.M.l’abbé Edouard Lafortune.Mme Gabriel laird.Roland Maillet.J.-Hector Mallette, J.-A.Pelletier (Rouyn-Québec), Richardson A Bureau.Ltée, Absalon Thouin, L« premier ministre Duplessis a déclaré à une délégation de la jeune Chambre de commerce montréalaise que si les autorités de la ville de Montréal sont prêtes à faire leur part pour le parachèvement des travaux à l’île Sainte-Hélène, le gouverne- j confjit/Wis'se compl tent, ajou- tion de terrains de jeux et de pique-nique de même que d’un jardin zoologique.Le gouvernement et la ville devront toutefois coordonner leurs plans afin que les deux programmes ne viennent pas en ment provincial est disposé ifr ‘ te M.Asselin.Ainsi, la province apporter sa large contribution.¦ d(m.ait parachever les travaux Cette déclaration e*t accueillie qu’elle a commencés durant les avec infiniment de plaisir par M.J.-O.Asselin.Nous sommes heureux, a-t-il dit ce matin, d’obtenir la coopération de la province en ce domaine.M.Asselin compte bien que M.Duplessis réservera um somme appréciable dans le budget provincial pour fins de travaux sur l’ile.Mais ces travaux qui feront de Tile un grand centre de loisirs bénéficieront aussi «mx municipalités environnantes, 3e coût années 1936-1939.La conscription) en France Paris, 11.(Reuter) — L’Assemblée nationale de France vient d’autoriser le gouvernement Schuman à conscrire dé* Sevrait d’ôncVn êtrëpartagé~par j Ç
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