Le devoir, 12 janvier 1928, jeudi 12 janvier 1928
Volume XIX.-No 8.Abonnements par la poste: Edition quotidienne canada.is.ee EtatC’Unia «t Empire BriUnniqae .8.00 L’NION POSTALE.10.00 Edition hebdomadaire CANADA.2.00 ETATS-UNIS ET UNION POSTALE 3.00 LE DEVOIR Montréal, jeudi 12 janvierlIKfllt TROIS SOUS LE NUMSSM Rédaction et administration 336-340 NOTRE-DAME EST MON Y UAL Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS! TELEPHONE: Mate WW Service de sait: Rédaction, Mein 8181 Administration, Main 8188 S’ils pouvaient parle) I Leg Trois fauteuils vide* li y a, à l’Assemblée législative de Québec, trois fauteuils vides.S’ils pouvaient parler, s’ils pouvaient raconter leur histoire, s'ils pouvaient surtout en dire la leçon! Car ce n’est pas la Mort qui prive de leurs légitimes occupants ces sièges solennels; et Ton ne déposera point sur les pupitres veufs les fleurs traditionnelles.C’est l’acte des hommes qui a vidé ees frfuteuils; c’est la volonté de M.Taschereau et de ses collègues qui a transporté de l’Assemblée au Conseil le député de Québec-Est et celui des Iles-de-la-Madeleine; c’est un décret judiciaire qui, sanctionnant des aveux formels, a décrété la vacance du siège de Sainte-Marie.Et c’est la volonté de M.Taschereau, tacitement approuvé par ses collègues, qui a décrété que ces trois fauteuils resteront, jusqu’à la session prochaine, vacants et béants.* * * Le grand public, distrait et quasi chloroformé par la presse ministérielle ou ministérialisante, s’arrêtera-t-i'l un moment à .réfléchir sur la portée et les conséquences d’un pareil état de choses?Le discours du Trône énumère les projets de loi que le cabinet se propose de soumettre à l’examen ^des représentants du peuple.Certains, tels le projet relatif aux accidents du travail et ceux qui visent le crédit rural, les écoles catholiques de Montréal, etc., sont d’une importance qui saute aux yeux; et nous savons tous que le discours du Trône oublie parfois certaines des pièces les plus considérables du menu parlementaire.Les députés d’ailleurs, même s’ils n’avaient point à faire de lois nouvelles, auraient — et ce serait déjà une très grosse besogne — à se faire rendre compte de l’administration générale des affaires de la province.Dans tout ce travail de législation et de surveillance, les électeurs des quatre-vingt-deux autres comtés seront représentés par leurs mandataires directs.Ceux-ci s’acquitteront de leur tâche avec plus ou moins de zèle, plus ou moins de compétence; mais enfin ils seront là et leurs électeurs, s’ils ne sont pas satisfaits de leur conduite, pourront leur en demander compte.Sainte-Marie, Québec-Est et les Iles-de-la-Madeleine auront pour représentants le siège capitonné des fauteuils vides et les couvercles de pupitre qu’aucune main ne viendra secouer, même aux heures d’enthousiasme.Pour toute fin pratique, les électeurs de Sainte-Marie, de Québec-Est et des Iles-de-la-Madeleine seront, au cours de la session actuelle, comme s’ils n’existaient point.On discutera de leurs affaires, on adoptera des lois qui les obligeront, on décrétera peut-être des impôts qu’ils seront obligés de payer, sans qu’ils aient plus à dire en tout cela que s’ils habitaient l’Ouganda ou la Terre de Baffin.Effet magnifique, couronnement admirable des siècles d’efforts et de luttes qui ont amené à son degré de progrès actuel le régime représentatif! Uactualité L*hon.Gustave Laçasse H y aura trolt ans à l’éti, les voyageurs du Devoir étaient à Windsor.Un soleil éclatant dorait la petite ville coquette, mettait des reflets d’argent à la gaze légère qui traînait sur la placide rivière Ste-Claire.D’une rive à l’autre c’était le perpétuel va-et-vient des traver-siers, des chalands, des énormes vapeurs plats dans ce goulot des grands lacs où la vie est si intense.Sur la rive nord, la ligne brisée des gratte-ciel de Détroit, la ville Droit, qui est bien le meilleur Juge en l'espèce en saluant sa nomination au Sénat.L’honorable docteur Laçasse y rentre à râge de trente-sept ans.Il sera le plus jeune des sénateurs.Il aura cet insigne honneur d’avoir été nommé a un âge où très peu de gens sont rentrés dans cette digne assemblée.Les Canadiens français peuvent réclamer à la fois le plus vieux et le plus jeune sénateur.Et le gouvernement peut se louer de ses récentes nominations allées à des gens gui ne les sollicitaient point.Ce sont le plus souvent les meilleurs candidats! Souhaitons qu’il persévère dans cette vole qui lut vaut des applaudissements.C’est un libéral, et non LA SESSION DE QUEBEC Le débat sur le discours du trône est ouvert MM.Sauvé et Taschereau parleront aujourd'hui - Début de MM.Anatole Plante et Jos.Power — Des fleurs pour, le gouvernement — La loi de P.Assistance Publique __________________ M.NICOL VEUT UNE PENSION POUR LE PRESIDENT DE LA COMMISSION DES LIQUEURS prodigieuse qui change d’aspect tous les douze mots comme si elle était construite au fond de quelque des moins influents, qui exprimait kaléidoscope qu’agite la main de la' devant moi le souhait que l’on ou- puissance américaine A Windsor on est dans la zone d’une activité quasi surhumaine.Des usines énormes où grouillent des milliers d’ouvriers rythment la vie de la population.C’est un pays très spécial, où s’avère une activité, une fièvre de travail, une prospérité inouïe.Le sol et les usines s’unissent pour faire couler l’or dans ce pays de Cocagne.Cependant les Canadiens qui sont là, un fort groupe dont l’activité s’est révélée depuis bien des années, n’ont rien perdu des qualités aimables apportées de leur province natale (certains y sont établis depuis des générations).L’accueil qu’on nous faisait était charmant, empressé, fraternel.Toute la journée on devait noujs entourer, nous promener dans le pays, nous [aire faire connaissance avec les belles paroisses dont les églises vastes se dressent au bord des routes poudreuses, au milieu des champs fertiles de ce pays, au climat privi- ' tégié qui est a l extrémité méridionale, au sud mime des Etats-Unis (cela ne se retrouve guère qu’à Vancouver et dans les Etats que les vrit enfin à des compétences les portes du Sénat.Le Canada doit jouer un rôle de plus en plus important dans la politique internationale.Peu de gens sont, hélas! préparés par leur culture à la diplomatie.M.Lapointe peut être malade un jour et condamné à la retraite.M.Dandurand peut manquer.Pourquoi ne verrait cm pas siéger à la Chambre haute un homme comme Montpetit, par exemple, qui n’aurait pas le droit de se distraire de ses travaux pour solliciter un mandat de députe, mais qui peut, sans dommage, accepter un fauteuil sénatorial?Le gouvernement l’aurait ensuite sous la main pour les missions diplomatiques et pour un ministère sans portefeuille.Pense-l-on qu’Antonio Perrault ne serait pas un ornement — et tin ornement utile —- pour le Sénat?N’est-il pas temps qu'on utilise cette honorable chambre dans J’intérét national?Voilà la réforme la plus urgente.C’est un musée, dit-on.Que ce soit un musée de nos compétences qui ne sont pas trop nombreuses! Qu’on cesse pour toujours de Américains nous ont pris avec la1’?"11*” comme "^né à * * Personne ne conteste le droit des électeurs de Québec-Est, de Sainte-Marie ou des Iles-de-la-Madeleine.Personne n’osera sérieusement soutenir qu’il n’eût pas été possible de faciliter aux électeurs de Sainte-Marie et de Québec-Est tout au moins l'exercice rapide de ce droit.Les hommes qui, en plein hiver, ont contraint la province entière,—y compris certain^ des comtes les plus étendus et les moins bien pourvus de routes — à faire dans trois semaines le choix de ses représentants, seraient par trop mal venus à prétendre qu’il n’était point possible de tenir dans un bref délai des élections de ville.Non ! le fait brutal, que personne ne peut discuter, le fait qui s’impose avec la brutalité d’une évidence, c’est que les électeurs de Québec-Est et de Sainte-Marie seront défranchisés par le seul vouloir de M.Taschereau et de ses collègues.La loi de notre province proclame leur droit; le gouvernement en supprime l’exercice.Que cela puisse se couvrir d’un texte, c’est possible; mais qui voudra^ sous sa responsabilité et avec quelque sérieux, déclarer que l'esprit de nos institutions représentatives, ce n’est point que tous les électeurs soient, sauf cas de force majeure, représentés au parlement, puissent, par leurs représentants, surveiller l’administration de leurs affaires et participer à la confection des lois?complicité de quelque diplomate britannique en vertu de la protection de L’Angleterre sur laquelle, soit dit en passant, compte tant la pusillanimité des petits politiciens qui veulent garder en laisse le pon-pon canadien).Les Canadiens de Windsor, dès ce moment, aspiraient vigoureusement à jouer un rôle dans ta vie nationale.Us tenaient à ce qu’on les considérât comme une entité distincte du Québec.Ils s’étonnaient que l’on crut à Ottawa avoir rendu justice à tous les Canadiens fran-'¦ çais dès que jdaus telle ou telle commission 6n avait nommé un représentant de la province de Québec.Que faisait-on des vieux avant-postes français de l’Ouest?Il me souvient qu’à ce moment on se scandalisait de ce qu’un candidat IHirticulièrement compétent n’eàt pas été nommé à la commission des chemins de fer, simplement parce que la coutume voulait que te commissaire de langue française fût du Québec.Ce n’était pas tous les jours qu’on recevait du Québec une députation aussi représentative, ayant à sa tête l’un des hommes les plus éminents de la province et du pays, même s’il n’était pas encore rentré au parlement.Aussi avait-on mis à profit cette aubaine pour faire le dévoilement d'une plaque sur le mur de l’hôtel de ville au Casgrain.Ce sénateur, brave homme, médecin, si je ne fais erreur, n’avait des entrepreneurs de presse qui, demain, seront peut-être supplantés, mais qui, en tous les eus, seront bleus si les bleus sont les plus forts et les plus offrants, qui sont et resteront "couleur du temps’’.NEMO Bloc -notes Lne “plainte »» Nous parlions, l’autre jour, en marge des gains vjue M.Lloyd George a (ails en collaborant ftux journaux américains, depuis quatre ans, de la vie ordinaire-des journalistes de carrière, loin de toucher des sommes comme celles que des agences de presse versent à l’ancien premier ministre anglais pour ses articles hebdomadaires.L’Evénement, qui note ce que nous en disons, écrit qu’il comprend ‘ mal la plainte qu’exhale un militant (généralement très philosophe)”, dans les lignes où nous comparions le sort de l’ancien premier ministre avec celui des journalistes de carrière.Nous nous sommes mal exprimé, ou nous n’avons pas été aus si clair qu’il l’aurait fallu; ce que l’Evénement prend pour une "plain-te” n’en est pas une; c’est un simple exposé de faits, sans aigreur, Dieu merci, le journaliste de carrière, — nous estimons en être un, depuis bientôt vingt ans que nous infligeons notre prose à des lec-pas joué un rôle très éminent; mais j leurs de quotidiens, — n’est pas un son nom même devenait un sf/m- plaignard; il est presque toujours bole, un argument, pour les reven-' content de la vie qu’il fait, si dif sénateur Le cas de Sainte-Marie, tout le monde le sait, est particulièrement odieux.L’élection de M.Gôuthier, vainqueur de M.Houde, a été annulée après des témoignages et un aveu, fait au nom de M.Gauthier lui-même, qui ne laissent aucun doute sur le caractère des manoeuvres perpétrées dans cette circonscription.Tl semblerait, dans ces conditions, que le premier ministre, gardien de l’honneur de la province et, en sa qualité de procureur général, gardien particulier de nos lois, dût être le premier, le plus empressé, à fournir aux électeurs de Sainte-Marie le moyen de reprendre l’élection pourrie du printemps dernier; il semblerait qu’il dût être le premier à vouloir réparer les dégâts du scandale constaté par les tribunaux.Allons plus loin: chef du parti qui bénéficie des scandaleuses manoeuvres juridiquement avouées, il eût dû être le premier à vouloir que l’erreur fût effectivement rectifiée; objet direct des attaques du vaincu, de la victime de cette lamentable campagne, il eût fait preuve, nous ne dirons pas de chevalerie, mais de simple esprit sportif, en fournissant à M.Houde, à l’adversaire mis hors de combat par des manoeuvres frauduleuses, la pim prochaine occasion de se reprendre.M.Taschereau n’a ni compris ni senti ces choses.Au lieu d’utiliser son droit pour réparer, il a préféré se servir de son pouvoir pour compléter l’oeuvre des tripatou il leurs d’élections.dientions des groupements canadiens d’Essex.Il avait été au Sénat.Pourquoi n'avait-il pas de successeur, quand le groupe canadien prenait de la vigueur, s’accroissait en nombre et en valeur?Les orateurs se succédèrent.Puis on céda ta parole au futur député de Labelle qui, à grands traits, aux yeux éblouis des Anglais, rappela T emprise française ancienne sur ce beau territoire, évoqua la théorie des explorateurs et des missionnaires, traça dans cette atmosphère saturée de gloire l’une des plus belles pages de notre histoire.Celle cérémonie était sous les auspices du Club Lascdle qui avait alors pour président M.Morand.C’est le même M.Morand qui, à l’automne, était député, moins d’un an plus tard, pendant l'éphémère, cabinet Meighen, ministre sans portefeuille.C’était le commencement tout de même de la reconnaissance des droits particuliers au vigoureux rameau français des comtés d’Essex et Kent.On avait remarqué parmi les orateurs un homme tout jeune, court, râblé, rappelant par son galbe la robustesse ramassée des po-1 nies écossais.Une chevelure touffue, drue et couleur cuivre, èvo • martelait une voix claironnante, hardie et claire.C’était le docteur Gustave Lacas-•e.On s’enquit de fui.J’avais le privilège de renseigner mes voisins* car nous fûmes quelques mois, lui et moi, camarades de collège et toujours excellents amis.Le doe-.leur Laçasse, est un élève des Sul- point antipathiques, avoir, n.?f?/(
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