Le devoir, 22 janvier 1910, samedi 22 janvier 1910
PREMIERE ANNEE-No.12 MONTREAL, SAMEDI, 22 JANVIER 1910 ABONNEMENTS ; Edition Quotidienne : Canada et Etats-Unis « ««««¦«««* « $3.00 Union Postale .$6.00 Edition Hebdomadaire : Canada ., ., .$1.00 Etats-Unis et Union Postale .¦ $1.50 TIWftlD 1/Ju V Ullv UN SOU LE NUMERO Rédaction et Administration : 71A RUE SAIN'*’' CQUES, MONT TELEPHONA y- REDACTION : M.\ \ \ ADMINISTRATION % *,1¥>\ Directeur : HENRI BOURASSA.FAIS CE QUE DOIS ! “Crime” et “Suicide” Le Canada n’ose pas discuter au mérite le discours prononcé jeudi soir par M.Bourassa.Il se contente de rééditer les vieux clichés qui ont servi dans dix campagnes, qui serviront peut-être encore, mais qui ne signifient et ne prouvent rien; Bourassa est un extrémiste, Bourassa est un mécontent — et Laurier est un grand homme! Seulement le zèle l’emporte un peu loin et il risque de faire hausser les épaules à tous ceux qui, de temps à autre seulement, jettent un coup d’oeil sur les feuilles indépendantes.C’est ainsi qu’il dit ce matin : ‘“Les .nationalistes ferment les yeux devant les garanties évidentes que nous offre le bill pour le contrôle de la marine”, alors que M.Bourassa a précisément démontré par les faits et les textes, par le rapport de la dernière conférence de Londres aussi bien que par le discours de M.Laurier à Ottawa le 12 janvier, que ces garanties sont illusoires et vaines, simplement destinées a jeter de la poudre aux yeux des badauds.On relira cette démonstration dans le texte dont nous commençons aujourd’hui la publication et qui, espérons-nous, sera répandu à travers tout le pays.Et notre confrère ministériel ferait mieux de répondre à cette démonstration que de la supprimer d’un trait de plume.*¦ * # Le gros argument du Canada, c’est que “calme et sérieux, pondéré et pratique”, M.Laurier est un grand homme d’état, tandis que M.Bourassa est un extrémiste, etc.Il serait facile de démontrer que sur tous les grands problèmes qui se sont posés depuis dix ans et sur lesquels M.Bourassa a dû combattre M.Laurier, c’est toujours pour avoir été fidèle au Laurier des premiers jours que l’ex-député de La-belle s’est trouvé en butte aux attaques furieuses des valets du Laurier de la deuxième heure.En 1905 M.Bourassa ne faisait que défendre contre M.Laurier le texte du premier article 16, présenté et appuyé par M.Laurier dans l’un de ses plus beaux discours.A l’heure actuelle encore il est fidèle au Laurier d’autrefois — nous ne disons pas au Laurier de 1870 ou de 1875, au bénéfice duquel ses thuriféraires d’aujourd’hui pourraient invoquer l’entraînement et les passions de la jeunesse, mais au Laurier de 1902, premier-ministre et chevalier des grands ordres britanniques, “ calme et sérieux, pondéré et pratique”, adoré et quasi déifié par toute la presse ministérielle de Québec.Le 15 avril 1902, ce M.Laurier disait en pleine Chambre des Communes : “Nous avons été invités à discuter la question des relations commerciales, politiques et militaires.Nous avons répondu au cabinet de Londres que nous étions prêts & discuter la question des relations commerciales.Nous avons ajouté que nous ETIONS SATISFAITS DE NOS RELATIONS POLITIQUES ET MILITAIRES”.M.Bourassa dit-il autre chose1 présentement ?% Mais M.Laurier allait plus loin encore, ee même jour.Il précisait sa pensée dans un texte particulièrement suggestif et qui prend dans la bouche de cet homme “calme et sérieux, pondéré et pratique”, une extraordinaire portée.Il disait (voir les Débats des Communes, séance du 15 avril 1902) : CE SERAIT UN VERITABLE SUICIDE pour le paps que de so lancer dans le gouffre des dépenses où les nations européennes, Y COMPRIS L’ANGLETERRE, ont été entraînées per les besoins d’armements formidables.Quelle est la situation respective de la Grande-Bretagne et du Canada?La Grande-Bretagne est l'une des premières nations do l’univers, la première peut-être sous plusieurs rapports, le centre du plus puissant empire de nos jours, du plus grand empire depuis la ebute de l’empire romain.Par lé même, elle est obligée de maintenir une nombreuse armée permanente.La Chambre sait combien la nécessité d’entretenir une armée permanente a toujours répugné au peuple anglais, comment celui-ci s'est toujours révolté i.cette idée, mais 11 a dû se plier aux exigences de la situation et entretenir constamment une armée sur pied.La plus grande partie du budget de l'Angleterre est dévorée par les dépenses navales et militaires et l’honorable député voudrait nous mettre dans une pareille position et nous faire partager ces dépenses! Toute autre est la situation du Canada.C'est un immense pays ayant une population dé cinq millions et un tiers d’habitants disséminés sur une étendue ds 3,000 milles de l’Est à l'Ouest.Quels sont les plus lourds articles de son budget?Les travaux publics, la colonisation, la construction de voies ferrées et le creusement des ports et les voies de transport.VOILA LE CHAMP OU DOIT S’EXERCER NOTRE ACTIVITE, ET CE SERAIT UN CRIME DE DETOURNER UNE PARTIE DES DENIERS NECESSAIRES A L’AC-OOMPLISSMENT DE CES TRAVAUX POUR ACHETER DES CANONS, DES FUSILS ET DES MUNITIONS DE GUERRE.Les journaux du temps déclarent que ces déclarations furent saluées d’applaudissements prolongés, et M.Bourassa ne s’est point exprimé d’une façon plus violente, au Monument National jeudi soir.Devant un projet qui comporte non seulement les dépenses que flétrissait M.Laurier, mais qui porte dans ses flancs le principe d’une immense révolution politique et sociale, il n ’a usé, pour qualifier la conduite de M.Laurier, que des termes mêmes dont usait le Laurier de 1902.Au lieu de battre les buissons et de répéter indéfiniment les vieilles antiennes, le Canada devrait bien de nous expliquai’ pourquoi ce que M.Laurier qualifiait de crime et de suicide en 1902 serait aujourd’hui l’acte d’un grand patriote.* # # Les journaux ministériels feraient bien de se dire, dès le début de la campagne, qu’ils ne pourront plus jouer le jeu de 1899 et de 1905.Il existe maintenant une presse indépendante, qui atteint le grand public et qui ne leur permettra plus d’escamoter les faits et les textes.Il faudra discuter en pleine lumière et qui voudra sacrifier à de fausses conceptions politiques ou à de vulgaires intérêts de clan, la paix et la sécurité du Canada, ne pourra échapper à la flétrissure ou au châtiment.Dussions-nous, pour le marquer assez profondément, aller chercher dans les propres discours de M.Laurier, les mots qui brûlent, les mots de crime et de suicide.OMER HEROUX.Notre-Dame des Victoires, la plus| vieille église de Québec, et la seconde église du Canada, pour n’en citer qu’un seul.Pourquoi, se demande-t-on, pourquoi ce plan ridiculeusement coûteux et coûteusement ridicule ?C ’est qu ’actuellement tout ce quartier ou à peu près est sous option aux mains de spéculateurs amis du gouvernement ou disposant d’autres influences.Le côté esthétique est argument aussi de minime importance, du moins il l’était à Ottawa il y a trois ans.“Il faut que la beauté, disait Sir Wilfrid, s’efface devant le progrès.” Et c’est ainsi que la terrasse, cette merveille connue du monde entier, le Château-Frontenac, qui par ses touristes constitue un tiers de la richesse québécoise, seront quotidiennement enfumés par les locomotives de M.Parent.Et j’attire sur ce point l’attention de la compagnie du Pacifique canadien, qui peut, auprès des gouvernants, élever une voix plus puissante que “les électeurs de Saint-Roch”.C ’est là, je le dis aussi haut que possible, un crime national qu’on est en train de commettre, que rien ne justifie, que rien n ’excuse, mais qu’au contraire tout condamne fortement.Ce sera une grave question durant les prochaines élections municipales: elle intéresse Québec, elle! intéresse aussi tous les environs, puisque si ce plan se réalise, il privera toute la population agricole de son marché national.Le candidat à, la mairie de Québec, qui s’engagera, sur l’honneur, à combattre cette infamie aurait droit aux votes et à la confiance des citoyens honnêtes et patriotes de notre ville.Il est temps que les aspirants se prononcent, qu ’ils parlent net et franc! ARMAND LAVERGNE.LE REGIME LAP01NTE- LAVALLÉE-MARTIN TROIS HOMMES A BATTRE La prétention des échevins Lavallée et Lapointe, c’est qu’ils n’ont pas été éclaboussés dans l'enquête sur l’administration municipale.Nous ne savons qui est visé par le passage du rapport où il est dit que durant les dix dernières années un quart du budget a été gaspillé: si ce n’est pas eux, c’est peut-être le Grand-Tronc.Nous ne savons boc à quatre ou cinq semaines d'avis sont parfaitement légales: elles n’en sont pas moins do malpropres opérations.I,o commissaire enquêteur a voulu lui-même, dans les deux paragraphes suivants, établir la distinction entre la stricte légalité de l’acte et son hon-bêteté 1 pas non plus ce qu’il serait advenu si MM.Lapointe et Lavallée n ’avaient ; „ , , .suivi l’enquête de jour en jour et de i 2o.-La Ville n’avait pas besoins de séance en séance, le nez sous l’épaule |0nds des sortir boîte de Pandore.N*us en savons as LES PERPLEXITÉS DU MÉTIER Ah! le journalisme est un métier bien difficile! doit parfois se i dire M.Tarte en essayant de fair.' cadrer son opinion d’aujourd’hui 1 avec son opinion d’hier.Ainsi, par exemple, devons-nous “commencer en neuf” ou ne • pas “commencer en neuf”, à l’Hôtel-de-Ville?M.Tarte est d’avis qu’il faut “commencer en neuf ”, mais à une condition, c’est qu’on réélise les Vieux de la Vieille comme l’échevin Lavallée.C’est toujours le très antique et très vénérable problème de changer de conduite tout en continuant à.faire la même chose.On va voir comment il se pose à l’esprit d’un journaliste vraiment indépendant: Commençons “en neuf” Une lutte inutile De la “Patrie” du 8 janvier: Après avoir, le 20 septembre dernier, au moment, de 1 emprunt, et par 1 renversé notre système de gouverne sez cependant pour nous étonner que ces messieurs prennent devant M.„ „ .i hommes capables et intègres.— _____________ ,_________ .So.—La publicité de 1 emprunt n a jje referendum du 2Ô septembre a Proulx, ou M.Major, ou M.Giroux, des - Ças dans Iss conditions usitées i révolutionné l'ancien état de choses, airs de vertu scandalisée.On lit en effet "a5is la ville, pour les emprunts effoc- ; créé une forme nouvelle de gouverne-à la page 58 du rapport Cannon: |tuées d«PuiB plusieurs années passées, et ment municipal et modifié profodément les conditions dans lesttuelles cette pu-1 je mode et la signifieation des élee- EMPRUNT DE Sl-2,000,000.00 Jules Heïbronner.journaliste de Montréal, a déposé une plainte de- bllcité a été faite étalent de nature à I tions limiter le nombre des soumissionnaires, Montréal est fatigué des clans, de leurs luttes, de leur exploitation; il est à créer des difficultés et à ouyrir la por- depuis longtemps fatigué d’être la proie du parti le plus habile ou le plus rusé.A une situation nouvelle, il faut des hommes vaut cette commission relativement, te à Pr°^s irréguliers à l’emprunt de 82,000.000.00 effectué ; Après ce jugement, il importe peu de Par Montréal le 20 novem- j savo;r que des soumissions “admises”, bre 1908, (\ol.2.p.10).Cet emprunt .^ TI a été sanctionné par le règlement No ce 6 ”e fItulfi0n Fr&res "tai* la hommes nouveaux; il faut qn’après 387, adopté par le Conseil le 17 décem- P,ua favorable à la ville: l'emprunt, avoir détruit un système ruineux bre 1908, (Exhibit Ko 23).de deux millions reste une affaire lou- ! Montréal rompe avec les hommes qui A la demande de monsieur Helbron- pour dire le moins.i "n 1 mainteu, développé et, exploité ce ner, monsieur Georges Gonthier, comp- J/, ~ ., .système.table, de la Cité do Montréal, a été Cette affaire, elle a été baclee par les, Leg hommes qui siègent actuellement nommé expert pour examiner tous les échevins Lapointe, Lavallée et Jean- au Conseil doivent disparaître de l’arène o£i emprunt et Baptiste Martin et.par leurs collègues ; municipale.Tous sont solidaires de ce .~ i mil rvaacA riartnia rianv ano* an»* ( De In “ Patrie”, du 19 janvier.___—__________, „„„„ - .-,,.e________ La '.'Gazette” annonce que le comitéi avocats, comme si leur nom eut pu; 8\11™ 8U0 aurait pu réaliser un benefleo ment municipal et modifié profondément : des Citoyens approuve la candidature ir d’un moment ù l’autre de cette Sran“ en faisant rémission au fur s’ils veulent, achever leur victoire, con- I du Dr Eudore Uubeau.dans le quartier et à mesure de la demande du marché per ]e nouveau gouvernement à des l.afontaipe et elle s’en montre surpri-financier.| hnmmfîs nnnnhlAH fit int?>arrp« i se.Nous avouons que nous sommes étonnés, nous aussi, do voir que la comité des citoyens ait jugé à propos d’appuyer une candidature en opposition à celte do l’échevin Lavallée, parce que nous savons pertinemment que plusieurs membres influents de ce corps ont songé il offrir la candidature à la mairie au représentant du quartier Lafontaine.Si l’échevin Lavallée était digne d’être candidat à la mairie, il est assurément digne de briguer les suffrages en qualité d’échevin.Son bulletin de présentation port» même la signature do membres influents du comité exécutif de l’Association des Citoyens! Les électeurs du quartier LaPontai-ne n'ont pus été consultés sur I» choix du Dr Dubeau.Sa candidature n’est ni plus ni moins qu’une violence faite A.l’électorat.be Dr Dubeau est un homme fort estimable et un travailleur.Il pourrait faire un bon échevin, mais il choisit mal son heure.Le quartier Lafontaine est habité documents relatifs à qui s’est passé depuis deux ans; sur ., nombre d’entre eux pèse la responsabl- Après examen de la preuve et du rap- MM' Lapointe et Martin sont candi- uté des méfaits commis pendant la der- port, je dois dire que j’approuve les dilts au Comité exécutif; M.Lavallée nière décade.faire rapport.Ce rapport a été pro- (1e la Commission des Finances, dmt comme exhibit No 490.conclusions de l’expert, monsieur Gonthier, qui sont dans les termes suivants: lo Les formalités requises par la est de nouveau candidat à l’échevinage.I Ou saurait faire de distinction; Devant le terrible soupçon qui pèse ! étéeincomplèteCO,UmiSSiOU &yant .4ir réglé la procédure “dei Avnr.io Aicnlri ___ __________ ^ sur eux’ 11 a™”r ,a procedure '•uei Avec la disparition d’une administra ________ _____________ charte pour”î’émission de’ï’emprunt de i manière a limiter le nombre des soumis-, tien condamnée, les administrateurs par une population éclairée; il est corn 82,000,000.00 ont été remplies.sionnaires” et A, favoriser Hanson Frô- doivent disparaître^ _ __ posé de gens capables de penser par UN CRIME NATIONAL On annonce une fois de plus que la gare du Transcontinental à Québec sera construite au pied de la Terrasse Frontenac.Cette question n’est pas nouvelle; je l’ai déjà discutée à Ottawa devant les Communes, et je me souviens même que cette discussion h’eut pas l’heur de plaire au premier-ministre.Ceci est un accident de la politique et je ne m’y arrêterai pas davantage.Mais, comment des hommes sensés ont pu concevoir l’entreprise que l’on essaie actuellement de mener à terme, voilà un de ces problèmes de la politique que peuvent seuls résoudre ceux qui voient le dessous de la table, en même temps que le dessus.Personne n’ignore que les chemins de fer ont, à Québec, deux entrées naturelles: ceux qui viendront du Sud, sur le pont, par la vallée de la rivière Cap-Rouge, et ceux du nord par la vallée de la rivière Saint-Charles.Ces deux rivières entourent le promontoire où Québec est perché, et forment des chemins tout faits pour conduire les voies ferrées jusqu’au fleuve Saint-Laurent, sans rampes accentuées.On arrive ainsi au coeur de Saint-Sauveur, et de Saint-Roch, la partie industrielle de la ville, jusqu’à l’endroit où la rivière Saint-Charles se jette dans le Saint-Laurent.C’est l’endroit tout indiqué pour une gare terminus: d’ailleurs le Pacifique, le Grand-Nord, le lac Saint-Jean, le Montmorency-Charlevoix y ont déjà les leurs, et c’est l’endroit où les transatlantiques ont leurs quais à eau profonde.Bref! que dirais-je de plus ?C 'est là que se trouvent les lots de M.Turgeon ! On ne dira pas que j’y mets de la partialité.La commission du Transconti- nental qui coûte déjà cher au pays, au lieu de profiter de ces entrées naturelles, et qui auraient demandé peu d’argent, préfère, par un système de viaducs, de quais, et au moyen d’une dépense folle, suivre les bords du fleuve, et descendre des hauteurs au pied du cap Diamant, afin d’aboutir au pied de la terrasse.C’est là que l’on construira la gare centrale ou terminus, peu importe.Quand on songe que la falaise est très escarpée, la grève excessivement étroite, et l’eau profonde, on se demande quel vent de folie a pu inspirer une pareille idée.Du pont à la ville il y a environ six ou sept milles, et tout le long l’eau varie entre cinquante à soixante pieds de profondeur.11 faudra pour y passer sept ou huit voies de chemin de fer construire d’immenses quais, car on ne peut songer à leur tailler une corniche dans le roc du cap.On demande combien de millions il faudra payer pour cette fantaisie de la commission du transcontinental.Mais ce n ’est pas tout : ces voies ferrées devront nécessairement, après avoir laissé leurs gares terminus (?) aboutir aux quais de l’embouchure de la rivière Saint-Charles.11 faudra donc exproprier toute la basse-ville.Combien de millions cela eoûtera-t-il encore?C’est le quartier, où se trouvent les magasins de gros, les entrepôts, les banques, les bureaux d’affaires.Mais comme le fleuve est étroit et que déjà la basse-ville est bâtie sur quais, il faudra bien que ce quartier disparaisse pour faire place aux rails, disques, etc.Je passe sous silence, ces arguments ne touchent guère en Amérique, les vieux souvenirs, qui seront en même temps expropriés, telle Comment se répand le DEVOIR Après deux semaines d’existence, le “Devoir’* a déjà accompli de grandes choses.Il n’en aura pas accompli de plus grande que de faire baisser !e prix de la “Presse” à $1.00 par année pour toute une classe importante de la population.Voici en effet la lettre que nous transmet de la campagne un brave hôtelier de nos amis ( “un de nos amis”: IJ 1 rie, voilez-vous la face!) et que la “Presse” a évidemment adressée à tous les hôteliers Canadiens-français du pays: Montréal, 13 janvier, 1910.Monsieur, Comme le plus grand nombre des voyageurs sont des lecteurs réguliers do la “Presse,” nous croyons qu’il est.indispensable afin d’être agréable à votre clientèle, d’avoir à l'année dans votre salle de lecture une copie de notre journal.Ainsi donc, pour vous faciliter la réception de ce journal, nous vous offrons la “Presse” édition quotidienne pour $1.00 par année, strictement payable à l'avance.Si vous êtes déjà abonné à la “Presse” et que vous devez de l’arrérage, vous voudrez bien nous payer au taux de $2.00 par année à venir au 1er décembre 1909, date à laquelle le nouveau tarif prend force.Si vous acceptez l’offre que nous avons l’honneur de vous faire, veuillez avoir l’obligeance de nous répondre au plus tôt, en adressant votre lettre avec le montant d’une piastre, au “Département des Abonnements.” Vos tout dévoués, LA CIE DE PUB.DE LA PRESSE LTEE.La “ Presse’’ a de dix à trente-deux pages.En papier et en frais de poste seulement, elle coûte $1.50 par année.C’est dire qu’elle est obligée de payer ; les gens pour se faire non pas lire, ! mais recevoir.Au “Devoir’’, journal de quatre pages laneé le 10 janvier dernier, nous avons refusé toute réduction sur le prix d’abonnement, qui est de trois piastres.Et ce samedi 22 janvier, sans avoir mis à l’oeuvre un seul agent d’abonnement (1) nous comptons douze mille abonnements, commandés par écrit et en bonne partie payés.Et cela, il va sans dire, en dehors de notre venteau numéro, qui constitue le gros de notre clientèle.Si le “Devoir’’ a besoin de payer des gens pour se faire lire, on va le voir par un incident que nous allons relater.Ces jours derniers, six bons lurons de commis-voyageurs, réunis par le hasard dans un hôtel canadien-français de S.-Hyacinthe, constatèrent qu’on n’y recevait pas le “Devoir”.Comme iis trouvaient aussi de mauvais goût que la carte ne fût qu’en anglais, ils tinrent conseil et redigèrent, à i’adresse du maître de céans, une requête se lisant ainsi : Monsieur.Connsiesanl votre désir de tout faire pour le satisfaction de votre clientèle, nous croyons devoir vous suggérer qu’il serait très agréable pour vos visiteurs d’avoir un menu en français de même qu’en anglais, et si notre proposition ne va pas trop loin, nous croyons qu’un abonnement au iournal le ’’Devoir” serait très apprécié par vos amis les voyageurs.Humblement soumis.Et ils signèrent bravement: ROSARIO BERNIER, a.-e.cLormER, .T.-S.NAUD, A.CHABOT, FERNANDO HAMELIN, J.-A.CHARRON.2o La Ville n’avait pas besoin de fonds nu moment de l’emprunt, et par suite elle aurait pu réaliser un bénéfice plus grand, en faisant l'émission au fur et à mesure de la demande du marché financier.3o La publicité de l'emprunt n'a pas été faite dans les conditions usitées dans la Ville, pour les emprunts effectués depuis plusieurs années passées, sionnaires res dans l’emprunt do deux millions, les citoyens de Montréal devraient suivre le conseil que la “Patrie” leur donnait dans son énergique article du 9 janvier: Montréal est fatigué des clans, de leurs luttes, do leur exploitation; il est depuis logtemps fatigué d’être la proie et les conditions dans lesquelles cet^ rartl le plus habile ou le plus rusé publicité a été faite étaient de nature à limiter le nombre des soumissionnaires, à créer des difficultés et à ouvrir la porte à des procédés irréguliers.4o Des soumissions “admises” par la commission des finances, celle de MM.Hanson Bros, offrait les conditions les plus favorables à la Ville.5o En emprunt de $2,000,000.00 placé au pair à Montréal, rapporte plus à la Ville qu'un.eiaprunt semblable placé a Londres, h ClOO.S.l par £100.dans les mêmes conditions de domiciliation et de remboursement que celui effectué en novembre 1908.Arrêtons-nous un instant sur les conclusions.Strictement parlant, les formalités requises par la Charte ot été remplies, et c’est ce que MM.Lapointe et Lavallée invoquent pour se justifier.Mais il faut bien savoir quelles sont les exigences de la Charte eu matière d’emprunts.Toutes les concessions forestiè-resfaitesparlegouvernemontdeQué- A une situation nouvelle, il faut des hommes nouveaux ; il f aut qu ' après avoir détruit unsystèmeruineuxMontréal rompe avec les hommes qui ont maintenu, développé et exploité ce système.Les hommes qui siègent actuellement au Conseil doivent disparaîtra de 1 ’ arène municipale.Tous sont solidairee de ce qui s’est passé depuis deux ans; sur nombre d’entre eux pèse la responsabilité des méfaits commis pendant la dernière décade.On ne saurait fairo de distinction: l’oeuvre de la Commission Royale ayant été incomplète.Avec la disparition d’une administra- , tion condamnée, les administrateurs ! colnmenǰn^ doivent disparaître.- Il faut faire table rase; il faut, coin- i rae dit le peuple, “commencer en neuf ”! Panama; Barrés en parle dons “Leurs il faut envoyer au Conseil de Ville, des .figures”.Oui, Barrés, parfaitement.hommes nouveaux.j (Sul.C08 mots, il «’échangea un re- La “ Patrie’ a fait volte-face de gard de surprise entre MM.Langlois, Il faut faire table rase; il faut com- eux-mêmes, et de faire le choix de ses mencer en neuf”, U faut envoyer au représentants à l’Hôtel de Ville Et ce Conseil de Ville des hommes nouveaux.„'est pas le Comité .les Citoyens qui C’est la première et la plus importan- ]ui (era abdiquer des droits, te résolution qu’ait à prendre dès main- L’échevin Lavallée a fait plus que tenant l’électorat.Le choix et l’élec- q„i ,|U0 c„ HO;t pour l’agrandissement tion des candidats sont d’importance Je la ville de Montréal.Son œuvra est secondaire., , ,, presque terminée.Il n’est, que juste 0 PAYS.ON A AJOUTE LES MOTS "POUR .: 11 : ., i 1 i .VI LA DEFENSE DU PAYS" POUR TtTRN TW.J'ai pris la peine d'examiner les anciennes lois de milice des différentes provinces qui forment maintenant la confédération du Canada, et dans toutes je retrouve cette même reatrlctiou.Cela a toujours existé.C’EST millions, et tout le monde admet qu’il coûtera plus de -JOll millions.Du rente, la loi projetée, crée déjà d’autres sources de dépenses.L’article 8 pourvoit à l’établissement d’un conseil de la Marine qu’l) faudra rétribuer.LA DEFENSE DU PAYS” POUR BIEN IN-DIQUER QUE LA MILICE NE PEUT ETRE ENVOYEE EN DEHORS DU CANADA QUE POUR LA DEFENSE DU CANADA." (S) Au cours du même débat, le même ministre déclarait que lors de la guerre d’Afrique, le gouvernement avait L’nrtioio 10 et les suivants décrètent 1 cn ^hors de la loi,, au-delà de la l’établissement d’une école navale, qu’il, faudra construire, meubler et remplir do professeurs et d’élèves.(/article îîb pourvoit déjà à la fondation de pensions pour nos marins.Lt enfin, en dehors do la loi, dès l’été dernier, à la conférence de Londres, il a été entendu entre l’amirauté anglaise et nos représentants qu’il faudrait, construire, dans nos ports, des bassins de radoub — non-seulement pour les navires de la flotte canadienne, mais pour les plus gros vaisseaux de guerre britanniques.Voici, sur ce point, le texte du Rapport de la conférence.Dans toute étude de la question de créer i.i t i .de nouvelles installations de radoub, l’ami- nnaua, saui pour la defense du terri- rauté suggéra qu’il faudrait concevoir les t-oire canadien, voici le texte que le bassins de dimension suffisante pour accom- gouvernement a introduit dans le pro-raodor les plus gros bhtiments.soit de guer- , jet de loi navale' ro ou do commerce, vu qu’outre les avant»- | ses mercantiles, dos croiseurs cuirassés et "Art.17.—Le Gouverneur en Cousell peut des bâtiments de guerre pourraient en cas mettre la force navale, ou toute partie de la d’une circonstance critique se servir de ces force, en service actif en quelque temps que bassins.Il pourrait être placé des bassins ce soit où 11 parait à propos de le faire à loi, —- on avait failli me lapider qua tre ans auparavant, parce que je disais la même chose, - et il ajoutait qu’en ,1899 comme en 1901, sous l’empire de la loi do la milice, — comme à toutes les époques, dans tous les pays autonomes de l’Empire britannique, — jamais une loi sur la milice n’avait pourvu à l’envoi de troupes coloniales en dehors de la colonie, sauf pour la défense du territoire Colonial.LOI NAVALE A l’encontre de l’article 69 de la loi sur la milice, qui décrète que le gouvernement ne peut envoyer la milice canadienne au-delà des frontières du de ce genre sur le Pacifique, l’Atlantique et le fleuve Saint-Laurent.Tous ceux qui ont consacré à cette question une étude même superficielle savent que le projet actuel n’est que le commencement, l’embryon de notre organisation navale.Il suffit d’étudier l’histoire et le budget des nations qui possèdent des flottes de guerre pour comprendre combien il est insensé de raison de circonstances critiques."Art.IB.—EN TEMPS CRITIQUE le Gouverneur en Cousell peut mettre la marine, ou en mettre toute partie que ce soit à la disposition de Sa Majesté pour service général dans la Marine Royale, ainsi que tous vaisseaux ou navires de la Marine, et tous marins servant sur ces vaisseaux ou navires ou tous officiers ou marins appartenant à la Marine.” Et l’article d’interprétation (2-a) com- croirc que nous en resterons à cette nous explique que, pour la flotte dépense initiale de onze ou quinze mil- I mc P°.ur l'armée, " temps critique” ]jons veut dire “guerre, invasion, émeute ou LE RENOUVELLEMENT DES |lü8Ur,lieUon' l'éelles °'1 appréhendées.” LEGENDE DU ‘‘CANADA’’ Par hasard, j'ai lu le ‘ Canada” ce matin, — depuis que j’ai commis le pé- VAISSEAUX.Personne, sauf M.Monk, n’a encore parlé du renouvellement de ces vais- , .; seaux.Les flottes pussent, et passent ( l’”‘’ te fonder un journal, il faut, bien vite, même en temps de paix.Et elles '!uo i0 lise les aut,es- cIe temps en coûtent de plus en plus cher.temps —et je constate que l’organe du Le chef do l’opposition, M.Borden, i ,“ini1stè,rf ve’,t- “toute foree^ entrete-toujours désireux dans les *circonstan- i ** 1 ^ pu il a creee: à savoir, ces difficiles de venir au secours du ; (lu.e ,tt f,otte Qu’on allait construire se-gouvornemont, s’est empressé de dépas- ,u*^ une f^ttf canadienne, sous le con-ser M.Laurier dans la course à l’im-'trôle plus ni et celle de M.Borden.Mais il existe j ,1?oins fl»« dans la position d’une na-dans la vieille Angleterre quelques ! l,*on indépendante, alliée A la Grandc-liommes qui, sur les questions de ma- l^rftugne.qui s’engagerait par traité .rine.sont presque aussi compétents 1 11 joindre ses forces navales aux forces que nos politiciens canadiens.Voici Fo- anùdaises cn cas de guerre, pinion d’un homme qui s'y connaît: *.,,u re8te» v°ici I® langage du “Cana- je veux parler de sir William White, ^a longtemps directeur des constructions ; "Voili qui garantit bien que notre milice navales du gouvernement britannique.|',ayaI® "• Pourra Jamais être appelée en aer-Quo dit-il, sur ee Doint‘> v*cc ac*B sans le consentement du peuple ca* 1 nadien."Il n’y a pas d’arrêt définitif dans lai "Nous sommes ainsi placés ni plus ni conception de nouveaux modèles de vaisseaux ( moins que dans la position d’une nation in-de guerre, et comme le modèle des dread dépendante alliée i la Grande-Bretagne, qui noughts n’a pas reçu l’approbation d’un s’engagerait par traité à Joindre ses forces grand nombre d’experts, on peut être aseu- navales aux flottes anglaises, en cas de ré qne ce genre de vaisseaux ne restera pas guerre." toujours en faveur et ne sera paa en usage aussi longtemps que ses partisans le prétendent”.(ï) Cette opinion de sir William White n’est, du reste, que le résumé de This genre d’arguments que le ministère inspire à ses organes, à ceux qu’il charge d’aveugler la province de Québec.Evidemment, le premier-ministre croit que dans sa “chère vieille province’ on peut impunément se moquer de l’histoire, de la loi et même du simple bon sens, et que ses "chers compatriotes” sont EM PLISSA BLES à merci.( Pardon du mot ! ).L’OPINION DE SIR WILFRID LAURIER Mais écartons les commérages des domestiques et tendons l’oreille aux propos du maître.Lorsque le premier-ministre eut présenté à la Chambre des Communes le texte que je viens de vous lire, il y ajouta ce commentaire: "Sir Wilfrid Laurier :.en cas de guer re, les farces navales peuvent être mises à la disposition de Sa Majesté.M.Foster: "A ce propos, l’honorable mi-nietre voudrait-il nous donner lecture de l’article qui définit les “cas d’urgence"?“Sir Wilfrid Laurier: C’est la reproduction de l’article de la Loi sur la Milice."Circonstances critiques,” "évènement soudain”, et "temps critiques”, signifient gusrre, invasion, émeuts ou insurrection, réelles ou appréhendées.” "Et, ainsi que je l’ai déclaré, ajoute le premier ministre, le Gouverneur en Conseil peut, en cas d’urgence, exercer le pouvoir de mobiliser les forces navales et les mettre ^ la disposition de Sa Majesté, avec cette seule restriction que le parlement doit être convoqué sans délai.“M.Sproule (le même qui attaquait le gouvernement en 1901 sur le même terrain, posant les mêmes objections à l’article de 1a loi sur la milice que je Usais tantôt).Le mot “guerre" signifie-t-il Ici une guerre affectant toute partie de l’Empire, ou le Canada seulement?"Sir Wilfrid Laurier.LA GUERRE PARTOUT.QUAND LA GRANDE-BRETAGNE EST EN GUERRE, LE CANADA EST EN GUERRE.Il n’y a pas de différence.SI la Grande-Bretagne, â laquelle nous som.nes soumis, est en guerre avec une nation quelconque, le Canada est exposé à l’invasion; doue le Canada est en guerre.” • (¦ertes, Messieurs, je reconnais en sir Wilfrid Laurier un homme politique de haute valeur, le tacticien parlementaire le plus habile, peut-être, que notre pays ait connu : mais, ni à lui, ni à plus grand que lui, je no reconnais le droit, de.rayer d’un trait de plume toute rhistoire de l’Empire britannique.LES GUERRES DE L’ANGLETERRE Depuis un siècle, l’Anqleterre a fait ou subi vingt-trois guerres ou expéditions militaires importantes.En voici la nomenclature: 1812 Guerre contre les Etats-Unis.1821-26 Première guerre contre la Birmanie.1827-29 Intervention dans la guerre d’indépendance de la Grèce.Première guerre contre la Chine pour l’Introduction de l’opium.Première guerre contre l’Afghanistan.1848-49 Guerre contre les Sikhs.Conquête du Punjaub.1852 2me guerre contre la Birmanie.1853-66 Guerre de Crimée.1860-60 2me guerre de Chine (avec la France.) 1866 Guerre contre la Perse.1857-58 Révolte des Cipayes.1867-68 Expédition de l’Abyssinie.1877-81 Première guerre contre le Trans vaal.Guerre des Zoulous.2me guerre du Transvaal; Majuba-11111.1878 80 2me guerre contre l’Afghanistan.1882 Expédition d’Egypte; bombardement d’Alexandrie.1884.85 Guerre du Soudan.Révolte des Maniptiris (Indes.) Guerre contre les Métabélés, Guerre contre les Ashantis; expédition de Koumassie.Attaque do Jamieson contre le Transvaal.Guerre Sud-Africaine.Expédition au Thibet.1839 1841-42 1891 1893 1896 1899-01 1902 S’imaginc-t-on le gouvernement belge soumettant au parlement de Bruxel-les un texte de loi qui l’autorise, en ; cas de guerre, d’invasion ou d’insurfoire des flottes de guerre depuis qu’el- : T*''0* don9 toutes les possessions les existent, et surtout depuiique l'ap- ' ,ran?
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