Le devoir, 26 février 1910, samedi 26 février 1910
PREMIERE ANNEE-No.42 MONTREAL, SAMEDI, 26 FEVRIER 1910 V, UN SOU LE NUMt.ABONNEMENTS ; Edition Quotidienne : Canada et Etats Unis .* , ; , .jjiU.OO Union Postal*.ÿU.OO Edition Hebdomadaire : Cail*da.Etats-Unis et Union Postale.$1.50 Directeur : HENRI BOURASSA.Rédatflion et Administration 71A RUE SAINT-JACQUET MONTREAL - TELEPHONE REDACTION: Main ADMINISTRATION: b?FAIS CE QUE DOIS ! \%S autre point de vue1|# je Maire00 m LE iun plébiscite Les chefs de l’Association des l\l h il u facturiers viennent à leur tour de condamner le projet de barrage du Saint-Laurent dont nous parlions hier.Mais ils ne ce placent qu’au point de vue des intérêts généraux de la navigation et du commerce; ils semblent écarter l’idée même de l’utilisation du Long Sault comme source d’énergie électrique.Les ingénieurs seuls pourront dire si les besoins de la navigation commandent réellement un tel sacrifice.(Nous nous plaçons pour le moment dans l’hypothèse contraire.nous supposons, avec un certain nombre d’intéressés, qu’il est possible,, sans nuire au commerce fluvial, d’utiliser la magnifique source d’énergie que constituent les rapides.Là encore des raisons nombreuses et graves militent contre la cession à une compagnie privée, à me compagnie particulièrement dont les intérêts immédiats paraissent à l’étranger, d’une pareille ri-c-hesse.D’après les ingénieurs compétents, on peut tirer de travaux faits dans la région un rendement de 600,000 ou 700,000 ehevaux-va-peür.La situation du Long Sault et les progrès réalisés dans la transmission de l’énergie électrique permettront de distribuer avantageusement cette force énorme dans tout l’Etat de New-York, dans une grande partie de l’Ontario et du Québec, y compris Montréal.Cela veut dire qu’un nombre très considérable d’industries pourront y trouver leur force motrice.leur lumière, etc.Mais les citoyens de l’Ontario disent : Les projets apparents de la compagnie comportent l’utilisation immédiate ou prochaine, en territoire américain, des cinq-sixièmes de l’énergie à produire.Lorsque de grandes industries auront été iondées sur cette base, il sera inutile, quoi que nous fassions, d’essayer de forcer la compagnie à ramener chez nous cette énergie.L’OPINION D’UNJMODÉRÉ Notre directeur a consacré quatre ou cinq articles à l’interprétation du fameux article 18, en réponse aux journaux ministériels.S il n avait parlé que pour ces journaux, je trouverais qu’il a bien de la patience.On a beau chercher, en effet, on ne voit pas trop comment il pourrait espérer se faire jamais comprendre de M.Rinfret ou de M.d’ITcllencourt, ces deux messieurs étant payés précisément pour ne pas comprendre.Heureusement, il se trouve que e’est au public, et au public seule-aient, que s’adressait M.Bourassa.Et, ce que ni le directeur du Canada ni celui du Holcil ne savent encore, le public, lui, le sait maintenant de façon très certaine.C’est que l’article 18 nous oblige à céder notre flotte à l’Angleterre dès le moment où la guerre est déclarée.Devant les textes cités par le Dr-voir, cela s’impose, cela saute aux yeux.* # # Mais je veux être généreux, — oh follement généreux! Je veux être prodigue de concessions ! — Les concessions, a dit sir Wilfrid Laurier, c’est la vie d’un peuple.J’admettrai donc pour un moment, avec M.Fernand Rinfret, que l’article 18 nous permet, adve-nant un conflit entre l’Angleterre et un autre pays, de garder notre flotte chez nous.J'admettrai qu’en théorie nous avons cette liberté.Mais dans la pratique?M.Rinfret nous dira-t-il ce qui arriverait, dans la pratique?Dans quatre ou cinq ans, le Canada possédera des navires de guerre, — comme l’Australie, comme la Nouvelle-Zélande.Survienne alors un conflit entre la Grande-Bretagne et quelque autre pays, le Canada, qui prend aujourd’hui pour acquis, suivant 1 expression de M.Laurier, que lorsque l'Angleterre est en guerre notre pays est en guerre, le Canada pourra cependant, s'il le veut, garder sa flotte et refuser secours à la métropole.Seulement, alors il devra dire pourquoi.Et s'il s’abstient, s'il reste neutre, — il ne pourra le faire qu’à la condition de déclarer injuste la guerre à laquelle il refuse de participer.Il sera obligé, en d'autres termes, de désavouer l’Angleterre.Supposons que nous ayons notre flotte et qu'aujourd'hui pour demain l’Angleterre ouvre les hostilités contre l’Allemagne ou la Russie.contre la Chine ou le Japon, pourrions-nous, dans la pratique, nous désintéresser de ce conflit ?Que l'Angleterre ait à réprimer la vaste révolte qui s'annonce de plus en plus certaine dans l'Hin-floustan comme conséquence des abominations impérialistes.ou qu’elle renouvelle tout simplement.sur un autre territoire, sa guerre inique de 1899 au Sud-afri-cain, M.Fernand Rinfret pense.t- Et l’une des plus grandes richesses de notre pays sera utilisée au bénéfice presque exclusif des Américains, alors que la moitié au moins devrait, logiquement, nous bénéficier.("est un point de vue.11 en est un autre beaucoup plus général, et qui nous intéresse davantage encore.Pourquoi le pouvoir politique, gardien de nos intérêts généraux, cèderait-il à une compagnie privée quelconque, canadienne ou américaine — et l’on sait avec quelle rapidité se modifie la composition des grandes compagnies — la disposition d’une source de richesses qui peut affecter à.ce point le progrès de toute une partie du pays, et dont, l’utilisation imprudente risquerait en outre de compromettre de très considérables intérêts publics?L’énergie hydraulique apparaît de plus en plus comme la plus grande richesse de nos pays.Elle ne s’épuise point et tous les jours ou lui découvre des applications nouvelles.Elle sera demain la grande force de traction des voies ferrées et l’on ne sait plus à quel usage on ne pourra l’employer dans les plus humbles foyers.Dans ces conditions, nous avons depuis longtemps réclamé que l’on fît une classification de nos forces hydrauliques et que l’on réservât au gouvernement la, propriété exclusive de celles à qui leur situation et leur volume donnent une importance plus grande.Ce serait pour lui un moyen de protéger la foule contre les exactions possibles des particuliers, de lui assurer, à des eonditions convenables, un bien qui devient aussi indispensable que l’air, la lumière et l’eau courante.Même au simple point de vue de la production et de la distribution de l’énergie électrique, on ne doit pas permettre que le Long Sault passe sous l’autorité d’une compagnie privée.OMSK HEROUX.il un instant que nous pourrions lui refuser notre aide?Prétendrait-il que nous oserions, devant l’attentat même le plus atroce, dire à l’Angleterre qu’elle a tort?Se figure-t-il que nous voudrions, dans la guerre même la plus évidemment injuste et inhumaine, blâmer la mère-patrie (comme il le dit) en lui refusant notre aide?Ignore-t-il qu’un tel désaveu, de la part, de sa première colonie, serait pour l’Angleterre, aux yeux de l’univers, un coup mortel à son prestige ?Ce coup, voudrions-nous jamais prendre sur nous de le porter ?.Voilà certainement ce que ne s’est jamais demandé M.Rinfret, — qui du reste se f.de tout cela comme de sa première chemise.# * # Mais, si le directeur du Canada ne se l’est pas demandé, les hommes d’Etat anglais, eux, y ont pensé.Croyez-vous que ces gens-là, s’ils n’étaient pas assurés de notre appui quoi qu’il arrive, tiendraient tant à nous voir construire une flotte ?S’ils pouvaient penser qu’ils courront jamais une chance sur mille de nous voir renier la métropole dans une guerre quelconque, vous imaginez-vous qu'ils ne préféreraient pas nous laisser tranquilles et nous dire:—Restons-eu où nous en sommes: comme cela vous ne nous aiderez pas, mais au moins nous n’aurons pas à craindre, dans votre désaveu toujours possible, la fin peut-être de notre prestige mondial.Non, cent fois non.si l’Angleterre n'était pas assurée que nous approuverons toutes ses guerres, elle serait la première à exiger le “statu quo".# # * Voilà ce que même le dernier des ministériels comprendra parfaitement, pourvu qu’il ne soit pas entièrement, gâteux.M.Fernand Rinfret, cependant, fera semblant de ne pas comprendre.Mais n 'allons point l'en blâmer : quand on vous le dit, que c'est sou métier, de ne pas comprendre.JULES FOURNIER N.B.— 1.argument qui fait le tond de cet article se trouve déjà dans l’étude que M.Asselin publie actuellement dans le "Canadian Century”, sous le titre: "A Quebec view of Canadian Nationalism”, il n’était que juste de vous le dire.Et c’est pourquoi c«t article est intitulé : ” L’opinion d’un modéré”.On pourra lire, si l’on préfère: “ L'opinion de deux modérés”.J.F.Excellente mesure adoptée en France Paris, 2fl.— La ( liambre des dépu-tés n voté hier une loi prohibant la publication dans les journaux des photographies et des détails sensationnels dan» les affaires criminelles.El MM.LES CONSEILLERS M.J.-A.Mireault, notaire et secrétaire-trésorier du conseil municipal de Saint-Gabriel de Brandon, nous adresse, en nous priant tic “vouloir bien le reproduire Cans notre journal”, le texte d’une résolution adoptée par le conseil du village de Saint-Gabriel.Nous nous rendons très volontiers au désir de M.Mireault et l’on trouvera, à l’intérieur du journal, le texte même de la susdite résolution.j Elle n’est banale ni par le fond ; ni par la forme.M.le maire et MM.les conseil-! lers municipaux du village de Saint-Gabriel de Brandon se déclarent à l’unanimité en faveur du projet de création d’une marine de guerre, et ils donnent de leur décision des motifs tout à fait savoureux.“Parce que, disent-ils, la construe-! tion de cette marine est sollicitée par notre mère-patrie, Ja Grande Bretagne, et que nous avons besoin de maintenir la bonne entente qui existe entre elle et notre pays, afin de pouvoir continuer à jouir du crédit qu’elle nous donne pour nous permettre d'emprunter les sommes nécessaires, à un taux d’intérêt restreint, pour l’exécution des grands travaux publics que notre pays a en cours ou qu’il projette de faire.” On dirait presque du Dansercau.Mais où donc M.le maire et MM.les conseillers municipaux de Saint-Gabriel de Brandon ont-ils vu que nous tenions de l'Angleterre le crédit qui nous permet d’emprunter à un taux convenable, et que ledit crédit sera déplorable-ment affecté par notre refus de gaspiller vingt, trente ou quarante millions dans une entreprise qui ne saurait jamais rapporter un sou de bénéfice direct?M.le maire et MM.les conseillers municipaux ne croient-ils pas, au contraire, que, plus nous chargerons notre budget de dépenses improductives, et moins les prêteurs seront pressés de nous confier leur argent ?* # * M.le maire et MM.les conseillers municipaux de Saint-Gabriel pourraient-ils nous dire en quoi “une marine légère serait le meilleur moyen pour établir et protéger les agences commerciales daps d’autres pays que l’Angleterre”?Veulent-ils par là signifier que nul vaisseau ne pourra plus rapidement transporter sur les côtes de l’Asie ou de l’Afrique nos futurs agents commerciaux, ou que nos boadicées et nos bristols se rendront à Singapore, à Yokohama ou à Kiel, pour protéger contre nos concurrents furieux les dits agents?M.le maire et MM.les conseillers municipaux nous affirment “qu'il est opportun de démontrer d’une manière tangible la loyauté du peuple canadien au roi d’Angleterre”.Nous croyions naïvement que cette preuve était depuis longtemps faite, qu’un siècle et demi de fidélité calme et raisonnée et les sacrifices consentis sur les champs de bataille avaient suffisamment édifié Sa Majesté sur “la loyauté” du peuple canadien.Nous avons même quelque vague souvenir que le roi et son fils se sont plu parfois à louer tout haut cette loyauté.Seraient-ils moins bien informés que M.le maire et MM.les conseillers de Saint-Gabriel de Brandon ?# # # Mais la littérature un peu insolite de M.le maire et de MM.les conseillers de Saint-Gabriel trouve, au numéro 4 de leur résolution, sa complète et très lumineuse explication.“Parce que ce conseil, disent-ils, reconnaissant le patriotisme, la loyauté et la haute science économique de Sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada, a confiance que sa décision de construire une marine canadienne est le meilleur moyen de prouver notre loyauté, tout en protégeant les intérêts de notre pays”.Nous sommes en présence d'un acte de loi ! Nous nous inclinons, sans même songer que ce serait peut-être l'oc-! casion de répéter l’axiome fameux : Credo quia absurdum.M.le secrétaire-trésorier nous “certifie que ce qui précède est un extrait véritable du livre des délibérations du conseil municipal du village de Saint-Gabriel de Brandon”.Nous en sommes fortmar ri pour le conseil municipal de j Saint-Gabriel et le susdit livre des ; délibérations.Et nous doutons que M.le maire ; et MM.les conseillers soient eux- j I mêmes très fiers de leur littérature j —s'ils se relisent à tête reposée.| loin du fracas des batailles.OMER HEEOUX.UN GRAND*HOTEL A MONTREAL La National Trust Co„ a demandé j j une option pour l’achat de l'édifice du j High School, rue Pcel.Les Commissaires des écoles protos j ; tantes ont accueilli favorablement le ' ! demande et si les conditions qu’ils met | | teut à la vente sont acceptées la bâtisse I changera de mains avant longtemps.Ce serait un syndicat américain qui se porterait acquéreur de l’iramouble pour y construire un hfitel si on en vient à une entente.L'école couvre une superficie de près d* 90,000 pieds.FANTOME ?Allez donc dpus mettre en quatre pour défendre un ami! ("est ce que, en faveur de M.Louis-Joseph Tarte, jelfais depuis dix jours dans mou entourage.A bout d'arguments pour sauver la position in-tenable qu’il a prise, je lui ni crié: au secours ! L’uuriez-vous cru?il me tombe dessus.Eh bieit, j’en ai assez.Puisque je lui sui)s à charge, je le lâehe.N’est-ce pjis logique?—Assu riment.—Nenni! c'est un* Le Farm and Dairy, un journal qui s'occupe presque exclusivement de choses agricoles et dont la clientèle se recrute pour la presque totalité parmi les Anglo-Canadiens, a voulu lui aussi, comme la Press, et la Patrie, faire son plébiscite.Il s'est adressé à ses lecteur: d'un bout à l’autre du pays, et il a constaté que la grande majorité d'entre eux sont opposés à la créa tion d'une marine de guerre.Ili n'a trouvé que deux eorespondant ¦ pur s’opposer au plébiscite.Respectueusement dédié à la ! >reposition *a Dut rie, qui prétendent j Patrie la fi110 huit provinces sont passionné- 1 Un article abimé si peu évidente que la .met à l’index, qu’elle s’en scanda-1“™* .favorables a 1 impérialisme lise, qu’elle en a été épouvantée au militaire.point d’écrire un article macabre - « intitulé: FASWUF ET PF ALITE, avec, un sôus-titro (oh! c’est; effrayant!) \ Si, F Angleterre nous trouve à chnrgf, qu’elle nous lâche”.Après avoir écrit fantôme, j qUe nous avons publié hier, amorcé par cet hypnotiseur, M.;iieude-Tarte, ou son scribe, s’est autosug i „JVl’ véfU à otUwa asMZ long.gestionne, puis a vu des choses, des ¦ * vempi,.J’ai été journaliste.,T'ni pu ‘voir de mes veux.etc.” Dans l’article de M.Fournier au choses ! à faire dresser les cheveux sur la tête et qui sont tout autres que la “réalité”.Il a vu dans cette courte phrase malheureuse une “demande” d’émancipation de l’Angleterre et du reste du Canada pour la province de Québec; puis une autre “demande” d’indépendance pour la Puissance entière.11 v a vu un “DECHAINEMENT DE PASSION”, “UN APPEL A LA RE-VOLTE”, une invitation à nous jeter dans les bras de la France ou des Etats-Unis; il a vu des fantômes.Que n’ai-je une cravache pour le tirer de son sommeil hypnotique! Allons, réveillez-vous, l’ami, et relisez avec moi: “SI l’Angleterre nous trouve à charge, qu’elle nous lâche”.Il n’y a là ni “demande d’é-maneipation”>ni “appel à la révolte”.ni “frénésie”, ni trahison.C’est une simple phrase conditionnelle énonçant une vérité de la Palisse.Bieu plus, c’est une phrase conditionnelle dont je venais de présenter la condition comme invé-rifiée et invérifiable, en démontrant que le Canada, loin d’être à charge à, l’Angleterre, constituait pour elle, au contraire, un vaste champ d’explohation et de richesses.Et cela, dirai-je avec M.Bourassa, sans qu’il en coûte un vaisseau ou un sou de plus pour la flotte de la métropole.Que vous avez donc eu raison d’intituler votre grand article : “P^antome et réalité”, puisque, pris de cauchemar, vous avez fait du mien un spectre effrayant.Tous vos autres articles sur l’impérialisme auraient dû porter le même titre.Car les uns comme les autres sont obsédés de fantômes : P’antôme le droit que vous attribuez à l’Angleterre de nous imposer un tribut de marins ou d’argent.l^antôme le don de toutes les libertés que l'Angleterre, d’après vous, nous aurait fait.Fantôme la marine nationale que vous voulez faire gober sous cette étiquette, quand vous savez qu’elle est archi-impérialc et quo du reste nous n’en avons aucun besoin.P’antôme l'unanimité des provinces anglaises que vous inventez à plaisir.P'antômcs “la clameur incendiaire d'agitateurs irresponsables” ainsi que les cris d,j race il faut lire : “J’ai vécu à Ottawa assez long-“ temps.J’ai été journaliste par-“ lenientaire.J’ai pu voir." Dans ce passage : “Depuis dix ans, il n’a pas eu d'an-“tic objet que de le désintéresser des “questions publiques, do l’amener à no “plus penser.“sa nature de raffiné, tendre eonstam-“ment à ce but, do pousser il la taba-“gie les ministériels de la Province de “Québec.” le typographe a sauté une ligne.L’auteur avait écrit: “Depuis dix ans, il u’a pas eu d'au-“tre objet que de le désintéresser des “questions publiques, de l'amener à “no plus penser.“Depuis dix ans, on l'a vu, avec sa “nature do raffiné, tendre constam-“ment à ce but, de pousser à la taba “gie les ministériels do la Province “de Québec.” CRIME jT SUICIDE L’Opinion de sir Wilfrid Laurier “Ce serait un véritable SUICIDE pour le pays que de s* lancer dans le gouffre des dépenses où les nations européennes, y compris l'Angleterre, ont été entraînées par les besoins d'armements formidables.“Quelle est la situation respective de la Qrande-Bratagne et du Canada?“La Grande-Bretagne eat l’une des premières nations de P univers, la première peut-être sous plusieurs rapports, le centre du plus puissant empira de nos Jours, du plus grand empire depuis la chute de l'empira romain.Far H même, elle sst obligée de maintenir une nombreuse armé* permanente.La Chambre sait combien la nécessité d’entretenir une armée permanent* a toujours répugné au peuple anglais, comment celui-ci s'est toujours révolté à cette idée, mais il a dû se plier ans exigences do la situation et entretenir constamment une armée sur pied.La plus grand* partie du budget de l’Angleterre est dévorée par les dépensas navales et militaires, et l’honorable député voudrait nous mettre dans uns psrelll* position et nous faire partager ces dépenses! “Toute autre est la situation du Canada.C'est un Immense paya ayant une population de cinq millions et un tiers d’habitants dlssimlnés sur uns étendue de 3,000 milles de l'Est k l’Ouest.Quels sont les plus lourds articles de son budget?Les travaux publics, la colonisation, la construction do voles ferrées et le creusement des ports et les voies de transport.Voilé le champ où doit s’exercer notre activité.“Et ce serait un CRIME de détourner une partie des deniers nécessaires k l'accomplissement de ces travaux pour acheter des CANONS, des fusils et des MUNITIONS do GUERRE.’’ (Débats do la Chambre des Communes pour 1902, séance du 15 avril, volume 11.) LE SUCCES DU “DEVOIR” Il dépasse nos espérances.— Un appel à nos amis.— Déjouez les fausses manoeuvres.**- Envoyez-nous de nouvelles listes d’abonnés.M.Verville et la marine de guerre Ottawa, Ont., 29.(Dépêche spéciale).— Nous venons d’interviewer M.Verville.député ouvrier de Maisonneuve.“Est-ce vrai.M.Verville, que vous allez voter contre le bill Brodeur, quant à l’établissement d’une marine canadienne”?“Certainement, je suis contre tout projet de ce genre, tout au plus serais-je pour un plébiscite, et je voterai en faveur de i ’amendement de M.Monk”, “Parlerez-vous à.ce propos”?“Oui.j’en ai long à dire”.M.Monk aura, avec lui, MM.Paquet, Nantel, Forget, Blondin.Lortie, Verville et quelques opposi-tionnistes anglais, mais sûrement l’un d’eux.Gros incendie rue Saint-Paul l u incendie s ext déclaré vers minuit hier soir dans les étages supérieurs de la Dominion Shoe Supply l'o.et de la Montreal (.'bina Glass Decorating Co.6Ü et 55 r.B.-Paul.Les dommages s’élèvent dans 1rs 87,00(1 à #10.000.Ce fut un chien qui le premier donna l'éveil: ses jappements attirèrent l’attention de son maître, il se leva et -., i constata que la bâtisse d’en face de qu*.vous nous prêtez gratuite- j„j était en flammes.Vivement i! ment, quand vous savez très bien s’habilla et alla donner l’alarme.Pen-que MM.Monk, Bourassa et tous j dent ce temps un agent de service r.leurs admirateurs ont toujours Aotre-Hame avait Vil le reflet des flum- traité la question au simple ÿnt| “^de^poS^d^la r” de vue constitutionnel et canadien.; et de là avertit les quartiers-généraux Relisez I*1 discours du chef nationaliste que vous publiiez, quand vous étiez encore à califourchon sur la clôture.Fantôme le prétendu péril que1 courraient nos institutions, si les des pompiers.Toute la division centrale sous les ordres du sous-elief S.-J’ierre.répondit à l’appel et après un travail qui dura plus d’une heure, les pompiers se rendirent maîtres de la situation.lusqu’i'i les causes du sinistre n’ont Canadiens-Français comme les au- , pu être déterminées ; on sait seulement sentiment que le feu prit naissance sous un escalier au troisième plancher, atteignit le quatrième étage où il y avait quantité de produits chimiques et enfin traversa la couverture.I n puisard gelé empêcha l'écoulement de l’eau qui s’échappait des boyaux et fut cause que la cave de \f A.Laurendeau: picier, r.K.-Paul soit, inondée.La Aille devra probablement payer les dommages.très exprimaient leur dans un plébiscite.Fantôme la déloyauté (pie vous identifiez avec notre abstention (des guerres de l'Empire.Fantômes enfin toutes les insinuations de votre insolent questionnaire par lesquelles vous avez i voulu suborner les plus ignorants jet les plus naïfs de vos lecteurs.L’attitude tie votre journal est si étrange qu’on la prendrait elle ne savait que derrière se trouvent j aussi pour un fantôme, s'il ne l'ai MM.Louis-Joseph-Tarte et Oie, en Üait se rendre à l'évidence du pa- chair et en os.pier noirci que l 'on palpe et si l ’on i jean beauchemin.AUX ETATS-UNIS ON EST ANXIEUX DE TRAITER AVEC LE CANADA WASHINGTON, 26.— Les Etats-Unis viennent de renouveler leur de mande de la semaine dernière, à l’ambassade d'Angleterre, aux fins de savoir si les négociations au sujet du tarif concernant le Canada doivent être traitées par la voie de Londres ou directement avec le gouvernement fédéral.Le secrétaire d'ambassade, a répondu, en l’absence de M.Bryce, qu’il ne s’expliquait pas que la demande envoyée à Ottawa ne fut pas arrivée encore à destination.Le département d Etat tient, toutes prêtes les pièces nécessaires à la conclusion du traité, dès que les communications seront établies entre Wash-) ington et Ottawa.H est à noter que c'est le premier mars que la loi sera en force.Le député Boutell, de l'Illinois, disait hier qu’il n'y avait pas plus d* danger qu'une guerre de tarifs éclate entre les Etats Unis et le Canada, qu'entre deux des Etats de l’Union.Le Président Taft, le comité du tarif et chacun de nous, est anxieux de voir régler cette qu**tien et d'éviter tout trouble avec nos voisins du nord.Et au Canada, qu’m pense-t-on?Constatant que les réductions les plus ébouriffantes, les primes les plus attrayantes et les plus magnifiques concoure ne suffisaient pas à maintenir leur popularité, certains des grands quotidiens cana diens-français viennent de lancer à travers la province une nuée d’agents dont la mission spéciale est d’empêcher d’abord lo désabonne ment qui menace de prendre des proportions effrayantes, puis d’af firmer que le Devoir ne vivra pas longtemps,—en assaisonnant le tout de cancans, tous plus fantaisistes les uns que les autres.Nous prions simplement uos amis de répondre à cette compagne avec la plus grande énergie.Premièrement, en prévenant de cette manoeuvre ceux qui pourraient s’y laisser prendre, et, en mettant sous leur vrai jour l’attitude de ces journaux et la nôtre; Deuxièmement, eu nous faisant parvenir immédiatement le plus grand nobre possible de nouveaux abonnés.Mais qu’ils aient bien soiu de faire signer à ces abonnés une demande individuelle ou collective, à moins que ceux-ci n’aient immédiatement soldé le coût de leur abonnement.Ceci est absolument né-cessaire.Comme bien Fou pense, nous ne jouissons d’aucune faveur spéciale dans les milieux officiel», et il nous est impossible d’adresser le journal à.qui (pie ce soit, à moins qu’il n'ait soldé immédiatement son abonnement, ou qu’il n’en ait fait la demande par écrit.Noue sommes obligés de prouver qv Ions et chacun des noms inscrits sur nos listes d’abonnement correspondent à une demande précise et formelle, et il nous faut pour cela un document écrit.# * w En dépit des adversaires passionnés, «le tous ceux qui redoutent l’existence d’une voix libre, aussi indépendante des coteries financière que des partis politiques, nous sommes en voie de faire, avec le concours de nos amis, leur dévouement inlassable *4 leur débordante activité, un journal dont le succès dépasse déjà toutes nos espérances.Ce journal, la nécessité s’en impose plus que jamais et les événements de ces dernières semaines l’ont prouvé jusqu'à l’évidence.Dans toute la presse française quotidienne de Montréal, il n’est pas à 1 heu rc actuelle une feuille qui ose se faire l'interprète des sentiments vrais •le la ’ on: des ouvriers, des cultivateurs et des hommes d’affaires, qui ne voient pas pourquoi notre pays abandonnerait lout à coup la politique préconisée par ses plus grands hommes d’Etat.Cette situation peut se reproduire demain dans les questions municipales, dans les questions politiques, provinciales ou fédérales.Le Devoir appartient à une autre catégorie.Il a été fondé pour la propagande et la défense de certaines idées; et toutes les précautions humainement possibles ont été prises pour empêcher que jamais une coterie politique ou financière ne puisse y exercer une influence quelconque.Le public sait qui le dirige; scs rédacteurs se battent visière levée, et tous, journalistes ou actionnaires, seraient parfaitement décidés à tuer leur journal plutôt que de b> sauver par uu compromis.# # # Mais l’accueil enthousiaste que lui ont fait, depuis des semaines, des milliers et des milliers de lecteurs, écarte les idées funestes qui pouvaient hanter certains cerveaux.La démonstration est faite maintenant qu ’on peut créer et maintenir.dans notre province, et particulièrement dans ectt e • ille de Montréal, un journal libre qui n’entend se courber devant personne.Le succès futur de ce journal, son progrès, ses développements éventuels, tout cela dépend du public et de ses amis.Nous ne comptons ni sur la caisse noire des partis, ni sur les fonds dos grandes sociétés financières.Pour être logique, nous écartons du 1 journal toute une catégorie d’annonces qui constituent le plus clair j revenu de certains «le nos confrères.Nous éloignons tous les concours .intéressés et nous voulons ne faire appel qu’à ceux qui croient notre (existence utile an bien de la patrie commune.* # # (.'eiix-là sont assez nombreux pour assurer le succès de n'importe i quel journal.Et ils ont maintes façons de nous aider.Ils peuvent mener autour d’eux une active campagne de propa-! garnie, et chacun de nos amis devrait être, dans son milieu, un propagandiste bénévole.C’est par ces milliers d'efforts combinés que non.* accentuons notre progrès.Nos amis peuvent encore nous envoyer des nouvelles, des indica-! lions utile».Ils peuvent nous donner leurs annonces et inciter leun j amis à nous apporter les leurs.On veut bien nous dire que nous avons fait jusqu'ici de bonne ! besogne, mais nous avons l’intention de faire beaucoup mieux.Nous voudrions perfectionner et augmenter nos divers services, i Nous le ferons aussitôt que possible et notre progrès sera d'autant plu» i rapide que la sympathie de nos amis sera plus active et plus efficace.Notre journal n'est pas l’oeuvre de tel ou tel individu.Il est le porte-parole de tou - ce ux qui en ont assez de la presse le parti quand même, et des grands journaux dont l'idéal se résume dans les concours de sacs de sel ou le n*-z de Timothée.A tous ceux-là nous disons : Le Devoir est votre oeuvre et il dépend de vous de le voir grandir et prospérer, de lui donruT.pour les combats futurs, une vigueur toujours plus grande.0477 " LE DEVOIR, 26 ftrrîer 1^10.^3= Deux extraits de Chantecler LE CHIEN PATOU CnANTECLER, reculant.CV»t.toi, Patou, bonnf tête hagarde Qui sors de l’ombre ovee des pailles dans les yeux ?PATOU Oui! pour voir dans les tiens des poutrrrrres! CHANTECLER Furieux'’ PATOU Jîrrrrr.CHANTECLER Quand il roule l’R il est très en colère! PATOU CVst pas par amour pour toi que je le roule YBrrr.tlardien de la maison, du jardin et du chump, Ce que je dois surtout protéger, c'est ton chaut ! Et je grogne au danger.C’est mon humeur.CHANTECLER ¦ De dogue.PATOU \ Tu fais des mots'.1 Ça.va très mal.Le psychologue Que je suis sent le mal s'accroître.Et j’ai le flair Duu ratier! CHANTECLER Tu n’es pas un ratier! PATOU, hochant la trie.Chantecler, Qu ’en savons-nous ?CHANTECLER C’est vrai que ta race est étrange.Au fait, qu’est-il î PATOU Je suis un horrible mélange! Je suis le cliien total, fils de tous les passants! J’entends japper en moi la voix de tous les sangs: Griffon, astiff, briquet d’Artois ou de Saiutonge, Mon âme est une meute assise en rond, qui songe.Coq, je suis tous les chiens, je les ai tous été.CHANTECLER Ça doit faire une somme énorme de bonté ! PATOU Vois-tu, nous sommes faits pour nous entendre, frère! CHANTECLER Tu chantes le soleil et, tu grattes la terre : Moi.quand je veux m’offrir un instant, sans pareil.Tu te couches par terre et.tu dors au soleil.A ce, moment, surfit went le Paon et le Merle, fous deux détestés dr Patou.Hi le bon chien explique les raisons qu’il a de les hoir.PATOU Us m’ont fait que je sais qu’ils te.feront des choses.Us m’ont fait que chez nous .bons et purs animaux, Le Paon fait de l'esbroufe et le Merle des mots! Que l’un, avec les goûts grotesques et postiches, Qu'il prit en paradant sur des perrons trop riches, L'autre .avec le jargon nonchalamment voyou Qu’il dut prendre en allant traîner je ne sais où, L’un, commis voyageur du rire qui corrode, 1 Ut l’autre, ambassadeur stupide de la mode, Chargés d’éteindre ici 1 amour et le travail, L’un à coups de sifflet, l’autre à coups d’éventail, lis nous ont apporté dans la, lumière blonde Ces deux fléaux, qui sont, les plus tristes du monde; Le mot qui veut toujours être le mot d’esprit, Le cri qui veut toujours être le dernier cri ! LE LEVER DU SOLEIL CHANTECLER .Regarde-moi, Faisane, et, s'il se peut, Tâche de découvrir toi-même, peu à peu.Cette vocation dont ma forme est le signe.Reconnais tout d’abord mon destin à ma ligue, Et que, cambré comme une trompe, m’incurvant Et que, comme une espèce de cor de chasse vivant.Je suis fait pour qu'en moi le son tourne et se creuse Autant que pour nager est faite la macreuse! Attends!.Constate encor qu'impatient et fier Et grattant, le gazon de mes griffes, j’ai l’air De chercher dans le sol.tout le temps, quelque chose.LA FAISANE Eh bien, mais vous cherchez des graines, je suppose ?CHANTECLER Non, ce n’est pas cela que jamais j’ai cherché.J’en trouve, quelquefois, par dessus le marché, Mais, dédaigneusement, je les donne à mes poules ! LA FAISANE Alors, griffant toujours la terre que tu foules, Que cherches-tu ?CHANTECLER L’endroit où je vais me planter.Car toujours je me plante au moment de chanter.Übserve-le ! LA FAISANE C'est juste.Et.puis tu t’ébouriffes., CHANTECLER Je ne chante jamais que lorsque mes huit griffes Ont trouvé, sarclant l’herbe et.chassant les cailloux.La place ou je parviens jusqu’au tuf noir et doux ' Alors, mis en contact avec la bonne terre, -le chante.et c’est déjà la moitié du mystère.Faisane, la moitié du secret de mon chant.Qui n’est pas de ces chants qu'on chante en les cherehanl, Mais qu’on reçoit du sol natal, comme une sève! Et l’heure où cette sève, en moi, surtout s’élève, L'heure où j’ai du génie, enfin, où j’en suis sûr.C’est l’heure où l’aube hésite au bord du ciel obscur.Mors, plein d’un frisson de feuilles et de tiges.Qui se prolonge jusqu'au bout de mes rémiges.Je me sens nécessaire, et j'accentue encor Ma cambrure de trompe et ma courbe de cor.La terre parle en moi comme dans une conque.Et je deviens, cessant d’être un oiseau quelconque.Le porte-voix en quelque sorte officiel Par quoi le eri du sol s’échappe vers le ciel! LA FAISANE Chantecler ! CHANTECLER Et ce cri qui monte de la terre.Ce cri.c’est un tel eri d'amour pour la lumière.C'est un si furieux et grondant cri d’amour Pour cette chose d’or qui s’appelle le joui' bit que tout veut, revoir ; le pin sur ses écorces.Les sentiers soulevés par des racines torses Sur leurs mousses, l'avoine en ses brins, délicats Et les moindres cailloux dans leurs moindres micas ; (' est tellement le cri de tout ce qui regrette Sa couleur, son reflet, sa flamme, son aigrette Ou sa perle; le eri suppliant par lequel Le pré mouillé demande un petit arc-en-ciel A chaque pointe verte, et la forêt mendie Au bout de chaque allée obscure un incendie; Ce eri qui vers l’azur monte en me traversant.C’est tellement le cri de tout ce qui se sent Comme mis en disgrâce au fond d’un vague abime Et puni de soleil sans savoir pour quel crime; Le eri de froid, le eri de peur, le cri d'ennui De tout ce que désarme ou désoeuvré la Nuit : De la rose tremblant dans le noir, toute seule; Du foin qui veut sécher pour aller dans la meule; Des outils oubliés dehors par les faucheurs Et qui vont se rouiller dans l’herbe; des blancheurs Qui sent lasses de ne pas être éblouissantes; C'est tellement le eri des bêtes innocentes Qui n'ont pas à cacher les choses qu'elles font.Et du ruisseau qui veut être vu jusqu'au fond; Et même — car ton oeuvre, ô Nuit! te désavoue — De la flaque qui veut miroiter, de ia boue Qui ¦'•eut redevenir de la terre en séehaut ; ( •’est tellement le eri magnifique du champ Qui veut sentir pousser son orge ou ses épeautres; De Farbre ayant des fleurs qui veut en avoir d autres; Du raisin vert qui veut avoir un côté brun: Du pont tremblant qui veut sentir passer quelqu'un Et.remuer encore doucement sur ses planches Les ombres des oiseaux dans les ombres des branches ; De tout ce qui voudrait chanter, quitter le deuil.Revivre, resservir, être une berge.Uu seuil.Un banc tiède, une pierre heureuse d'être chaude Pour lu main qui s'appuie ou la fourrai qui rôde; Enlin, c’est tellement le cri vers la clarté De toute la beauté, de toute 1» santé, Et de tout co qui veut, au soleil, dans la joie, l’aire son oeuvre en la voyant, pour qu’on la voie; Ef, lorsque monte en moi ce vaste appel au jour, J’agrandis tellement, toute mou âme pour Qu'étant plus spacieuse elle soit plus sonor» Et que le large cri s'y élargisse encore; Avant de le jeter, c’est si pieusement Que je retiens ce cri dans mon âme un moment; Puis, quand pour l’en chasser enfin je la contracte, •le suis si convaincu que j’accomplis un acte, J’ai tellement la foi que mon cocorico Fera crouler la nuit comme une Jéricho.LA FAISANE, épouvantée ( hanteder ! PUANTEULER Et sonnant d’avance sa victoire, Mon diant jaillit si net, si fier, si péremptoire.Que l'horizon, saisi d’un rose tremblement, M’obéit! LA FAISANE Chantecler! CHANTECLER Je chante! Vainement La nuit, pour transiger, m'offre le crépuscule, •!(• Humle ! Et tout à coup.LA FAISANE Chantecler! CHANTECLER i i-miom de me voir moi-même tout vermeil, lit d’avoir, moi, le Coq, fait lever le soleil! Lectrices et lecteurs du “DEVOIR” Usez les annonces qui paraissent dans notre journal et encouragez les annonceurs que nous choisissons parce que nous pouvons les recommander et desquels vous obtiendrez toujours les meilleures marchandises aux prix les plus modiques et vous aiderez en même temps à soutenir une cause qui doit vous être chère.Vous ferez ainsi une bonne action tout en faisant une bonne affaire.Je recula Un nouveau service de transport Propriétés à Vendre PIGEON REALTY CO.1457, BOULEVARD S.-LAURENT, TEL.S.-LOUIS 1420.Près Avenue Mont-Royal.entre le Canada et l’Australasie ^Ji1! 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TrtvwU-nc '¦>£ Trift I appartements.Le tout moderne.Bon revenu.La delegation des marchands de Lonuie., Lne depeene annon ; Avec cour pouvant bâtir remise et écurie.Montréal, partie hier matin, pour CK-! ce que les Allemands ont commence a Tout le comptant possible.tawa avec lours confrères des autres | envoyer des tommes et du matériel | - provinces, cet revenue hier soir.pour construire un chemin do fer dans C4 9nfl K’le Huntl«5- “aieoa 2 étsses.3 l — .fi0 l i l .1 VKtt , .0» rl ro VT it I xvi'i, Tari ont* le r» A4 n ri,» St 1* I lance facile.C4 4AAA Rue S.-Bonis, près Roy.Mai-(9 1 I UUU 6on à 3 étages, 3 logements, 7 appartements.En brique et pierre solide.Fournaise au bas.Cour remise et éeurie.Bou revenu.Tout le comptant possible.C4 4AAA Rue Esplanade, près S.-Via-^11 UVV leur.0 maisons, 3 étages, 6 logements.6 à 7 appartements.Extension.Façade en brique pressée.Le tout très moderne.Echangerait avec deux terrains.Ba lance comptant.Grande cour pouvant construire remise et écurie.L*s délégués ont été introduits par j la Baie de Muleyulad, sur la côte du M.BiricordiUn, fit reçus par MM.Wilfrid Laurier, Ayleaworth, Fisher, Graham et King-.„ Les orateurs principaux ont été M.,1 .-A.Beaudry, et M.F.-U.Trouvern, respectivement trésorier et secrétaire de l’Association des marchands détail-leurs.Ils développèrent les arguments déjà cités contre1 le projet de loi des coopératives.Ils considèrent que les coopératives ne doivent pas recevoir de taveurs spéciales par voies d’incorporation les j privilèges qui leur seraient accordés ?e- j documents qu’ils disent posséder.M.Bropby, pour le Board of ’trade, i de Montréal, M.Larivière, pour la ; Chambre de Commerce, M.Vaudry.de j Québec et M.Herbert , de Sherbrooke, i présentèrent aussi des protestations; signées contre le projet de loi.Le projet de M.Lloyd Harris, sui , ( ye n0^re Correspondant spécial) la meme question, a ete aussi Critique .0UaWA> 0nt _ pell de neuf à que celui de M.Monk.la Chambre.On y a voté hier soir M.Laurier, répondant aux orateur», des sommes pour travaux publics dans a dit qu il pense que |e piojet de .QU)'.|)ec.i goj(, uu niontant total de $4300 Rue Gilford près d’u.n coin.Maison à 3 étages, 3 logements, 4 et 6 appnrtements.Cour, remise et écurie.Gave cimentée.Revenu $432.Prendrait un terrain.Balance comptant.Maroc, l'ou renés, vers le champ des operations ; construire remiee et écurie, menées dernièrement par les troupes 1 espagnoles du général Marina.Les ouvriers préparent, dit-on, leur campement et fortifient la position.Les Espagnols protestent et les Allemands prétendent que le territoire leur a été cédé en ISSU par le sultan Mulry-Hassan.comme l’établissent des docunientsqu’ils disent posséder.Les rapports ajoutent qu'une troupe nombreuse a été débarquée par l’escadre allemande, pour arborer le pavillon impérial.logements.Le bes avec four- l’ouest du cap des Trois Bon Echangerait avec terrain.‘ .Kn I au ba rnmntj*nt (rrnnrif* mur nmirnn s $5200 Rue Cadieux, près Mont-Royal.3 maisons, 2 étage*, 6 logements.Revenu $522.Comptant $1,000.Balance facile.Bello cour pouvant construire remise et écurie.$5200 Le Vote de crédits pour le Québec Rue Waverly.Maison 3 étages 4 logements.Bon revenu.Comptant $500.Balance facile.Belle cour, pouvant construire remise Ct écurie.$5400 Monk est plutôt, un prêt qu'une mesure coopérative comme celui de M.Harris d'ailleurs.Tous les.deux sont maintenant devant un comité spécial, pour étude, si le Parlement ne les a pas adoptés encore, c’est, sans aucun doute, dû à Fopposition des marchands détailieurs.11 loue surtout le.coin des épiciers, les amis des niasses et les ai’ise do continuer à surveiller la législation.Il termine en assurant que le gouvernement donnera à la mesure, toute sou attention.Rue Beaubien, près S.-Laurent, 2 maisons, 2 étages, 3 loge-.nents, un magasin.Extension, Revenu $540.00.Echangerait avec terrain, une partie comptant.Belle cour pouvant construire remise et écurie.£4 AAAA Ave du Parc, près Boulr.S.-^ ¦ ftMWl# Joseph.En brique et pierre solide.7 à 8 appartements.Fournaises.Magnifique cave.Echangerait avec terrain ou petite propriété et peu de comptant.Grande cour pouvant construire remise et écurie.£4 AC A A Hue Fairmont, coin.Maison ^ ¦ fcîlUV à 3 étages, 6 logements, 6 et 9 appartements.Fournaise au bas.Bon revenu.Comptant $3,000.Aussi un terrain à côté avec grande remise, au prix de $2,500.CIO A AA Ave.Mont-Royal près Mance.^ Maison 3 étages, 3 logements Extension.Façade pierre avec Bay Window, 8 appartements chaque.Fournaises.Bon revenu.L’hypothèque à 5 p.c.Comptant $4.000 Balance facile.C4j^iAAA Rue Hutchison, 2 maisons, 3 ^ V étages, 6 logements.Exten- sion.Avec fournaise an bas, 6 appartements chaque.^ Comptant $2,000.Balance $500, par année.On échangerait avec terrain dans un bon centre.Grande cour pour construire remise et écurie.$6000 Rue S.-Urbain, près Fairmont.Maison 3 étages, 3 logements.Extension.Bon revenu.Echangerait avec terrain.Balance comptant.Grande cour pouvant construire remise et écurie.C4AAAA Rue Sanguine!, près Roy.5 ¦ “WW maisons, 2 étages, 10 logements.Extension.Avec eavo.Revenu $1.-524.00 Tout le comptant possible.Assez de terrain pour construire une éeurie.CAAAAA Rue Hutchison, un coin.Mai-son 3 étages, 2 magasins, 6 logements.Le tout très bien loué.Comptant $12.000.Balance à conditions faciles.Grande cour pouvant y construire remise et écurie.$6500 Eue Boyer, près Rachel.Maison 3 étapes, 3 logements.Extension.I,e tout moderne.Canaux payés.Comptant $3,000.Balance facile.Grande cour pouvant construire remise et écurie.g*^|*AA Eue Mitchesou, près Rachel.Mai-w I 3UI# son 3 étages, 3 logements.Bri- ON RETROUVE DU BOIS DE EVALUE A $100,000 CHENE S375.Û00 pour quais, travaux de dra-guage, réparations à.diberses jetées, etc.Il y a entre autres $50 000 |x>ur Trois-Rivières, $4*2.000 pour Sorel.Ou passe ensuite aux crédits pour Mani-j tobb et ia Saskatchewan.T.a Chambre adopte en troisième lec- î.urc le bill de la “Montreal Central , et pierre golidt8.Comptant'Sl.OOO.Ba-i 1 erminai Railway ( o .amende de toi j lance facile.Grande cour pouvant construire i sorte que ce chemin de fer ne puisse ; remise et écurie.pénétrer dans la cité de Montréal et ; ________ j poser ses rails dans les rues sons i lavoir l’autorisation des autorités mu-! nicipales.Dans la lettre parlementaire d’hier, ! vous me faites dire que M.Doherty j Trois magnifiques terrains faisant coin rne y_________________________________ ' “- Prix $400.00 chacun., , .1 , i ~ • î T au t.I a rnmrttar t.r>OKK savoir.J avais Veuillez rectifier.$25000 Eue Clark, près Bonlv.S.-Joseph, 4 maisons, S étages, 12 logements.7 appartement» chaque, avec extension.Cave S pieds.Bon revenu.$4,000 comptant ou échangerait arec terrain et une partie comptant.$35000 Ru'! Sherbrooke, 3 maisons, 4 étages, 6 logements.Brique et pierre solides, 9 et 10 appartements.Fournaises.Bon revenu.Echangerait contre petite propriété ou terrains et peu de comptant.Après trente cinq ans Atk CAlAUf* flanc Loan est convaincu de l’importance de son | Oufferin et Hughes.Prix oe séjour «ans ieau savoir ,ravais écris \i0 son devoir.‘ T°ut la comptant p
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