Le devoir, 4 mai 1910, mercredi 4 mai 1910
PREMIERE ANNEE—No.99 MONTREAL.MERCREDI, 4 MAI, 1910 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : Canada et Etats-Unis., $3.00 Union Postale.$6.00 Edition Hebdomadaire : Canada .$1.00 Etats-Unis et Union Postale .$1.50 LE Directeur: HENRI BOURASSA.LORD GREY Lord Grey va nous quitter, et les chefs des deux grands partis ont fait appel, pour lui dire la reconnaissance du Canada, à toutes les ressources de leur éloquence.Si habiles, si diserts et si gracieux qu’aient pu être MM.Laurier et Borden, nous sommes sûrs que leurs discours n’ont apporté à Bon Excellence qu’une satisfaction médiocre au prix de celle que lui offrait l’adoption définitive, par la Chambre des Communes et par le Sénat, du projet de loi Laurier-Brodeur.C’est là son triomphe suprême, l’aboutissement de la campagne qu’il a menée depuis des années, avec une ténacité, avec une énergie devant lesquelles nous ne pouvons que nous incliner.Lord Grey est une intelligence supérieure, un esprit lucide, habitué à discerner les courants d’opinion et à, deviner les conséquences d’une politique.Il sait où nous mène, lui, le pas que nous venons de faire et dans quel engrenage nous venons de mettre le pied.Il sait ce que vaudront, au cours d’une tourmente habilement excitée ou entretenue par un homme de sa force et de ses moyens, les réserves de forme inscrites dans la loi ; il sait qu’il n’est pas une guerre un peu sérieuse où la colonie ne suivra le sort de la métropole et ne lui apportera le secours de son or et de son sang; il sait que cette participation presque inéluctable aux guerres impériales entraînera tôt ou tard, à moins que nous ne nous résignions indéfiniment au rôle de paria et de subalterne, notre représentation dans les conseils impériaux ; il sait que le terme logique de la voie où nous nous engageons, c’est la fédération politique, militaire et économique de l’Empire, c’est la réalisation du rêve auquel son maître et son ami, Cecil Rhodes, a donné toute son intelligence et toute sa fortune.* # # Nous croyons que lord Grey et ses amis se trompent lourdement, qu’ils préparent, non point, l’union plus intime de la métropole et de ses colonies, mais la ruine du magnifique chef-d’oeuvre qu’avait lentement édifié le génie politique du peuple anglais, et qu’à vouloir resserrer indûment le lien qui unit l'Angleterre à ses colonies d’outremer, ils risquent de le briser.Nous croyons que le jour particulièrement où le Canada, avec sa population cosmopolite dont les Américains et les Européens d’origine constitueront une si large paid, sentira peser trop lourdement sur lui le fardeau de la défense impériale, le jour où il se verra paralysé dans son expansion naturelle par l’obligation de subvenir à des dépenses qui ne le concernent que très indirectement, et pas du tout souvent, il se développera dans tout le pays un sentiment d’hostilité à l'endroit de la métropole, dont les véritables auteurs auront été les loyalistes d’aujourd ’hui.Lord Grey a fait un autre rêve.Il voit dans la politique de Cecil Rhodes, dans la sienne propre, une promesse de grandeur et de gloire indéfinies pour l’Empire britannique.A la réalisation de cette politique, il apporte toute son énergie, tout son talent, le charme d’une nature conquérante et une affabilité qui ne se dément que très rarement ; il sacrifie ses habitudes, son confort, tous les avantages que lui assureraient en Angleterre sa grande situation de fortune, ses hautes relations de famille, le prestige d'un nom historique.Les plus belles années de sa vie, il est.allé les passer sous un ciel ingrat et dans un pays à demi désert comme la Rhodésie ; etnous n’imaginons pas, quoi qu'en puisse prétendre sa courtoisie de gentilhomme, que son séjour au Canada lui ait apporté fies joies égales à celles qu'il eût trouvées dans son propre pays.Quel que soit l’éclat, la splendeur même des fonctions qu’il a occupées depuis des années, elles Comportent l'acceptation de sacrifices- considérables.Ces sacrifices il les a faits, il les a consentis pour ce qu’il crajt être l'intérêt supérieur de son pays et de sa race, peut-être même l'avantage du Canada.Et nous ne pouvons lui refuser une certaine mesure de respect et d'admiration.Nous considérons qu'il a mené chez nous une campagne néfaste, hostile aux meilleurs intérêts de notre pays ; nous croyons avoir lé droit de juger son oeuvre en toute indépendance, avec la sévérité même qu ’y apporteront les hommes de l'avenir, quand les conséquences de sa politique se seront déroulées tontes entières, quand personne n'aura plus d'intérêt à le flatter ou à mentir; mais nous devons lui rendre justice.Nous ne songerons même pas à lui reprocher très amèrement ses intrusions multipliées dans la vie politique de notre pays.C’est aux ministres qui l’ont laissé faire que doivent remonter tous les reproches.Lord Grey n’a fait que profiter de leur faiblesse, de notre faiblesse à tous, pour servir ce qu’il croit être les intérêts de la métropole.Il nous laisse, à certains égards, un exemple où nous trouverons beaucoup à imiter.Sachons simplement avoir de l’intérêt canadien, du véritable intérêt canadien, une conception ’aussi haute que celle que lui-même s’est formée des intérêts de l’Empire et mettons à le servir un dévouement égal au sien : le pays s’en trouvera infiniment mieux.* * * Ajoutons que, au point de vue des oeuvres sociales, des grandes oeuvres d'intérêt publie, Lord Grey a souvent donné aux dirigeants de notre pays, de fort utiles leçons.Il s’est mêlé,—sa politique y trouvait son compte, mais nous croyons qu'il obéissait à des motifs d’un ordre plus élevé encore — à la plupart des mouvements qui intéressent le bien-être des foules.Il a donné particulièrement à l’oeuvre des coopératives, auxquelles le parlement refusait l’autre jour les avantages qu’il vient d’accorder aux marchands-détailleurs, l’appui le plus constant, le plus dévoué.On l’a vu s’en aller tout simplement, tout modestement à Lévis, dans le petit bureau de M.Alphonse Desjardins, se faire expliquer par le menu le fonctionnement des caisses de crédit, s’inscrire lui-même sur les registres de la caisse de Lévis, tout à côté de petits ouvriers et des humbles cultivateurs.Ce sont là d’inoubliables souvenirs et qui nuanceront toujours d’une certaine bienveillance les critiques que sont contraints de lui adresser les plus vifs adversaires de sa politique.Quel que soit le poste que lui confère demain la confiance du Roi.qu’il soit ambassadeur à Paris ou à Saint-Pétersbourg ou vice-roi des Indes, on peut être assuré que Lord Grey tiendra dans la vie politique anglaise un rôle de tout premier ordre.Et nous aurons la joie de penser qu’il met au service de son pays toute son intelligence et tout son dévouement — sans nuire à ce que nous croyons être les intérêts supérieurs de la patrie canadienne.OMER HEROUX.__— - i tm - Ministre de l’Instruction Publique Polignac sait prendre des attitudes de eomédien nui ne manquent pas de pittoresque.Lui, dont on connaît les sentiments intimes, veut que Pierre Suresne s'adresse à son confesseur pour connaître la valeur morale d’une de ses affirmations.Aile/, donc au vôtre, Polignac et demandez-lui le sens de cette phrase que je trouve dans le “Pays” du 5 mars: “Par les réformes scolaires que nous réclamons, nous voulons pour nos enfants plus d’instruction, des instituteurs plus compétents et mieux rétribués, des maisons d’écoles plus salubres, un programme d’enseignement plus pratique, un service d’inspection plus sérieux, et un contrôle général sur tout ce qui touche à l’é-ducation.’ ’ “In cauda venenum.” Je cite du latin pour vous obliger, cher Polignac.Vous me priez de vous indiquer la page et la colonne du “Pays” où vous avez réclamé l’abolition du Conseil de l’Instruction publique.Vous êtes servi à souhait.Puisque vous réclamez “le contrôle général sur tout ce qui touche à l’éducation,” vous ne voulez donc rien laisser en partage au Conseil de l’Instruction publique; et alors, nous sommes en face d’une abolition “équivalente” de cette institution, puisque vous lui enlevez toutes ses fonctions, par lo fait même, vous la réduisez à néant.Au surplus, vos affirmations grandiloquentes, qui peuvent produire quelque effet, quand on plaide une mauvaise cause, nous laissent bien indifférent Les écoles, dites-vous, seront sous le contrôle d’un ministre de l’instruction publique.Hais quel rôle jouera lo Conseil de 1‘Instruction publique?Vous affirmez qu’il approuvera les livres “pour le côté moral et religieux”.Mais les livres qui, d’après une théorie, ne continuent ni au dogme ni à la morale, par qui devront-ils être approuvé* Par le ministre ou par lo Conseil?Polignac voudra-t-il nous dire frat-chement la seconde moitié de sa pensée?Autrement, je persisterai à croire que la création d’un ministère de l’Instruction publique, c’est l’abolition é quivalente du Conseil de l’Inetructiou publique.PIERRE SURESNE.EN TROISIEME PAGE Lettre de France, par M.Joseph Denais, conseiller municipal de Paris.Attention, Cultivateurs ! L’article suivant nous est malheureusement arrivé trop tard pour que nous puissions lo publier avant l’adoption par le Sénat du projet de loi portant création d’une marine de guerre.Nous le donnons quand même, parce qu’il contient de» informations précieuses : On affirme que Lord Kitchener aurait, nu cours d’une interview donnée ces jours derniers, fait les déclarations suivantes ; “ Quoiqu’on en dise, l’Angleterre n’est pas en décadence.Ses fils sont aussi braves et aussi courageux que dans le passé.Avec l’aide de Dieu, elle est tout-à-fait capable d’atteindre ses destinées et elle ne requiert l’aide de personne, ni de ses colonies ni de l’étranger.Elle peut se défendre elle-même.Elle est encore en pleine jeunesse, veuillez m’en croire et ne décline aucunement.” La réputation de Lord Kitchener comme homme de guerre, son expérience donnent à ses déclarations beaucoup d’autorité et elles ne seront pas gracieusement reçues par notre grand impérialiste, le colonel G.-T.Denison.A une assemblée tenue à Toronto, à [’‘‘Association Hall”, le colonel Denison aurait déclaré ce qui suit: ‘‘Ceux qui affirment que l'Empire n'est pas en danger manquent de loyalisme ou de prévoyance Ces remarques du colonel Denison à l'égard de l’aveuglément ou de la déloyauté de Lord Kitchener pourraient faire l’objet d’un joli discours à l’un des banquets du comte Grey.A la même assemblée om a qualifié de t raître un Canadien-Français distingué qui a osé exprimer franchement ses opinions.La campagne menée par les impérialistes, qui invoquent la faiblesse de la marine anglaise et font appel au patriotisme, n’a pour but que d’imposer aux agriculteurs canadiens des taxes pour l’entretien d’une flotte et il semble que le gouvernement d’Ottawa les seconde.11 est reconnu que les agriculteurs canadiens ont toujours été des moutons tondus par des exploiteurs et des escrocs, mais ces derniers ne peuvent être comparés aux constructeurs de ” dreadnoughts” et fabricants de Canons qui s'efforcent d’exploiter les colonies, après avoir épuisé le royaume-uni.Le Sénat du Canada, s’il vent démontrer son utilité, doit tenir compte des observations de Lord Kitchener et refuser de sanctionner la loi sur la marine de guerre avant que l’agriculteur canadien ait m l'occa sien de se prononcer à cet égard.D’après Lord Kitchener l'Angleterre n'est pas en danger immédiat.Alors pourquoi ne pas fournir au peuple canadien, aux agriculteurs surtout qui supporteront le fardeau de la taxe, le moyen fie décider cette question?Le ” DEVOIR” accomplit d’après moi une bonne oeuvre et, à l'inverse de certains autres journaux, il renseigne ses lecteurs correctement.Puissiez-vous combattre longtemps pour l’autonomie du Canada et contre l’impérialisme ! Bien à vous.JOHN GALBRAITH.Toronto, 29 avril 1910.Une brochure de Laure Conan Mme Laure Conan publiera ces jours-ci, sous le titre : Une immortelle — La vénérable Marguerite Bourgeoys, une jolie plaquette consacrée à mettre dans sa vraie lumière la fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame.Marguerite Bourgeoys est l’une des plus belles figures de notre histoire.Mme Laura Conan a su dessiner avec amour son profil héroïque et tendre.Sa brochure est, en même temps qu’une émouvante page d’histoire, une leçon de courage et de dévouement.Depuis longtemps déjà, Mme Laure Conan s’est donnée à l’étude des premiers temps de la colonie montréalaise.Elle a déjà tiré do cette étude un beau roman, L’Oublié, qui en est à sa quatrième édition et qui a été couronné par l’Académie française.A quoi bon, du reste, faire l'é-loge du talent de Mme Laure Conan.De l’aveu de tous, elle a réalisé une oeuvre littéraire pleine de mérite et qui fait honneur à ses compatriotes.C'est l’un des meilleurs écrivains de la littérature canadienne.Sa nouvele brochure est digne de ses travaux antérieurs.-4- Un truc d’immigrants Un de nos confrères anglais du soir, publiait hier une nouvelle à sensation^ au sujet de 1’enlevement d’une jeune tille du nom de Lewis, femme de chambre à herd du “Dominion,” par un de» passagers.No» renseignements pris à bonne source, nous permettent de dire que l’homme et la femme en question sont mariés depuis quelque trois mois.La femme s’était engagée à bord pour ne pas avoir à payer son passage.Arrivée a Montréal, elle a tout bonnement suivi son mari »ur le quai et voilh où notre confrère a découvert un enlèvement à grand fracas.L’histoire est pourtant bien simple.U: la !» Le Referendum La commission des bills privés du Conseil législatif vient d’adopter, sans débat aucun, le projet de loi autorisant le Montreal Street Railway à construire à Montréal, sous les restrictions déjà indiquées, des tramways souterrains.Le Montreal Street Railway jouit décidément d’une fortune heureuse.Il avait eu la chance déjà de passer à la Chambre d’assemblée, par une après-midi de lundi, alors que les trois-quarts des députés de Montréal, et ceux particulièrement qui se proposaient de le combattre, étaient absents.D’autre part, l’Assemblée législative a refusé, par un vote de quarante contre vingt-et-un, de soumettre à la ratification du peuple les arrangements qui pourront intervenir entre l’Underground et les autorités municipales.Les deux grandes compagnies se trouvent ainsi soustraites à la clause de referendum qui s’applique de par la loi à toutes les concessions de franchise de plus de dix années.Comme il ne saurait être question d’accorder de franchise à un tramway souterrain pour dix années ou moins, cela veut dire que toutes les négociations—car le Suburbain est simplement une annexe du Montreal Street — se feront entre deux groupes de financiers et les autorités municipales, le Conseil ou la Commission exécutive, selon que l’un ou l’autre l’emportera dans le duel qui se poursuit actuellement à Québec.Comme le Montreal Herald, nous regrettons infiniment la suppression de cette clause de referendum, qui devrait frapper les trois compagnie de traction comme elle frappe les compagnies d’électricité.Il ne s’agit pas simplement de dire que les commissaires ou les éche-vins d’aujourd’hui sont d’honnêtes gens.Il faut prévoir qu’eux-mêmes ou leurs successeurs pourraient être trompés.La perspective du referendum, avec les grandes discussions qu’elle comporte, suffit à éloigner de l’hô-tel-de-ville un nombre de “schemers”; elle est une force et une garantie pour les éléments honnêtes.clairvoyants, de l’hôtol-de-ville.Le Conseil législatif a encore le pouvoir de rétablir dans tous les projets de loi la clause du referendum.Qu’il sache donc le faire et rendre à la ville de Montréal un service de premier ordre ! O.H.-I— S — -— Jeux de chiens La juge Saint-Pierre donnait hier une décision qui' fera rager bien des gens.En 1908, rue, S.-Denis, un braque quelconque, pris d’un accès intense de joie canine, se précipita sur une passante et la fit tomber.Dans sa chute, la femme fut blessée.Le propriétaire du chien est tenu responsable de l'accident, et condamné à payer deux cents piastres de dommages-intérêts.I.es bonnes intentions, apparentes ou cachées, n’entrent donc pour rien dans la conduite du meilleur ami de l’homme, si cette conduite amène des résultats fâcheux pour les piétons.Plusieurs contestent la justice du jugement d'hier.I.a grosse majorité, cependant, trouve au contraire l’arrêt indiscutable.Tous les jours, à toute heure et dans toute la ville, des accidents corn me celui de la rue S.-Denis se produisent.On laisse errer les chiens sans so soucier des dangers que cette liberté peut entraîner.Du terr.er nu danois, toute la gent parcourt les rues, jappe, aboie, mord et se permet des incongruités malséantes au détriment dew vêtements et des mollets des promeneurs.Elle a des tendresse» particulières pour les facteurs, les enfants et les femmes.Dans les règlements de police, il est dit que tous les chien» non “ licenciés” doivent être tués; que tous les chiens ‘‘licenciés” errant sans maître'' doivent être conduits à l'enclos; les propriétaires sont avert is et sont tenus de payer une amende de cinquan te cents pour recouvrer possession de leur favori.I.a police doit même débarrasser une localité quelconque des chiens hargneux et tapageurs.Comme l’effectif des agents est trop peu nombreux pour s'occuper de ces détails ennuyeux, les' propriétaires de chiens en profitent et lais se leurs protégés s'ébattre partout.Ils comptent sur la naïveté des gens et sur leur ignorance des règlements municipaux pour l’impunité, et ils vont même très souvent morigéner les imbéciles qui se font mordre ou qui laissent mettre leur habillement en lambeaux par les maîtres à quatre pattes du trottoir et de la chaussée.Dans certaines villes, les chiens errants, “ licenciés ” ou non.comme dit le règlement de police, sont asphyxiés.Les maîtres doivent les promener en laisse ou les tenir attachés dans les cours s'ils ne veulent les garder.C’est un exemple à suivre.Dans le Nord de la Ville surtout, les chiens errants causent des ennuis sérieux.Ceux qui s’en plaignent par lent d’exécuter sommairement crw intéressants vagabonds si l’autorité n’y voit pas bientôt.JULES TREMBLAY.Réda&ion et A^çinitotion: 71A RUE S, *|ÿCQUEa M O N 1 S -'bM' IL - " V*- X ^ TEIÆPHONIl REDACTION: M.v.460.ADMINISTRATION: Main7461 FAIS Le parlement fédéral vient de terminer son travail ; la session est pratiquement close.Cet après-midi, à trois heures, le gouverneur-général viendra proroger les Chambres et le reste des députés déménagera.Hier, on a débarrassé le feuilleton de quelques mesures qui y traînaient.On a parlé un peu de tarif, un peu des bassins de radoub, un peu des primes aux aciéries ; personne n’a paru y porter grand intérêt: l’approche du départ émoussait la combativité, et l’on a expédié cette besogne au plus tôt, pour s’on débarrasser, comme d’un fardeau trop longtemps enduré.I Une heure durant, la Chambre s’est départie de son indifférence; c’était pour discuter le don de $120,000 fait à M.Fielding, la semaine dernière.M.Fielding, aujourd’hui ministre des finances dans le cabinet Laurier, est dans la politique depuis 1882.De ces vingt-huit ans de vie publique, il en a passé quatorze dans la politique néo-écossaise et quatorze, bientôt, dans le cabinet Laurier.Or, pendant tout ce temps, M.Fielding ne s'est pas enrichi.Jamais on ne.l’a accusé de péculat.Au dire de scs amis personnels, il s’est même endetté, et ses moyens pécuniaires étaient fort, modestes, à venir jusqu’à la semaine dernière, où il devint tout à coup riche de $120,000, sans avoir découvert, de mine d’or.Ce qui s’était passé?Des amis politiques du ministre des finances s’étaient émus de son état de fortune très modeste, et pour assurer le bien-être à ses vieux jours, avaient organisé une souscription.L’affaire était en marche depuis deux ans.A un dîner intime, il y a quelques jours.— dîner auquel dix-sept personnes seulement prirent part, — les organisateurs de cette démonstration amicale donnèrent à M.Fielding la somme rondelette de $120,000.Des oppositionnistes prétendirent que ceci n’était pas en accordance avec les anciennes traditions du parti libéral.Ils s’en soucient décidément plus que celui-ci n’a l’air à s’en préoccuper.Et, hier, après-midi, M.Boyce (d’AIgoma) disait carrément: “Nous voulons voir la liste des souscripteurs.Met-tez-la donc sur la table, là, que nous l’examinions un tantinet”.II M.Boyce n’est pas allé aussi carrément que cela.Il y a mis plus de formes, mais, à tout prendre, c’était tout ce qu’il voulait: la liste.Tout d’abord, il expose les faits relatifs au cadeau de $120,000 à M.Fielding.Puis il rappelle que, le .‘U août 1891, Sir Richard Cartwright, alors un des chefs du parti libéral, et aujourd’hui “leader” ministériel du sénat, présentait à la Chambre des Communes une résolution dont voici le texte : “L’acceptation, par des ministres de la Couronne ou des membres de leur famille, de cadeaux ou de dons de quelque nature que ce soit, de la part d’entrepreneurs, de fonctionnaires de l’Etat ou d’autres personnes en cours de relations pécuniaires avec le gouvernement est complètement opposée aux principes essentiels d’une administration saine; elle est de nature à rendre méprisable le gouvernement parlementaire, et cet exemple tend à corrompre et à démoraliser les fonctionnaires qui servent sous des ministres qui ont accepté ou permis l’acceptation de dons ou de radeaux de cette espèce”.MM.Cartwright et Laurier appuyaient de discours énergiques cette proposition que Sir John Thompson, alors premier-ministre, agréa de son côté.“M.Laurier a-t-il oublié cette résolution, lui qui, lors de la présentation des $120,000 à M.Field-in, se déclarait “parfaitement, heureux de voir un tel cadeau offert à M.Fielding?” Ne s’est-il pas souvenu qu’en 1891 il condamnait ce qu’il a approuvé la semaine dernière?Cet argent donné à M.Fielding, d’où vient-il ?Et n-t-on rendu publies les noms des souscripteurs à ce cadeau ?Alors, si le premier-ministre veut être logique avec ses déclarations de 1891, CE QUE DOIS ! il ne fera pas difficulté de livrer à la Chambre les noms des amis ou des particuliers qui ont souscrit cette somme considérable.Nous ne soupçonnons pas que cet argent vienne de gens intéressés dans des entreprises publiques.Mais encore faudrait qu’on en soumit la liste à la Chambre”.De son côté, M.Northrup, un autre député oppositionniste rappelle que lo cadeau de $100,000 fait à Sir John A.Macdonald en 1870, alors qu’il semblait à la veille de mourir, ne tombe pas sous le coup de la résolution de 1891, quoi qu’on en ait prétendu à cette époque.11 voudrait, lui aussi, qu’on donnât à la Chambre la liste des souscripteurs au cadeau de M.Fielding.11 rappelle ces paroles de sir Richard Cartwright, au sujet du cadeau de Sir John A.Macdonald : “Malheureusement, il n'y eut pas de publicité de donnée aux noms des souscripteurs comme on eût dû le faire, et, malheureusement aussi, on ne prît pas de précautions pour empêcher que l’on acceptât à ce fond des souscriptions qui vinssent de source pinson moins honorable.” Il se demande pourquoi, dans ce eas-ei, on évite de publier les noms des donateurs, pourquoi M.Fielding lui-même ne les connaît point, et fait siennes ces paroles Je sir Richard Cartwright: “Un ministre n'a aucun droit de permettre qu’on lui offre un cadeau, à.moins qu’on ne le lasse publiquement et qu’il sache de qui il vient.Et je dis que si un ministre de la Couronne reconnaît qu’il en a accepté un sans savoir et sans vouloir savoir d’où il lui vient, loin de regarder cette admission comme une diminution de sa faute, je dis que cela constitue même une présomption de culpabilité.” Comme on le voit, Sir Richard Cartwright ne ménageait pas ses expressions, non plus (pie M.Laurier qui s’écriait, le même jour: “Si ce ministre n’a pas su les noms de ces souscripteurs, que n’en a-t-il le texte?S’il ne 1 a point vu.c’est donc qu’il a choisi de ne pas savoir les noms qu’il y avait sur la liste, et, s’il a préféré ne pas savoir quels ils étaient, n ’est-ce pas à cause que sa conscience craignait J’y découvrir des noms de souscripteurs à ce cadeau, dont il n’aurait jamais dû agréer les souscriptions, et qui le condamneraient d’accepter une telle offrande?” M.Northrup, toutes ces citations faites, dit: “La publication dos noms des souscripteurs, c’est done, d’après MM.Cartwright et, Laurier.la condition indispensable,” ‘‘sine qua non” de telles démonstrations.“Dans cette affaire-ci, je crois, je suis bien convaincu qu’il n’y a rien de louche.Mais pourquoi ne pas publier cette liste?Toute l’affaire est honorable.D’après le Free Press d’Ottawa un organe ministériel, M.Fielding lui-même ne sait pas les noms des donateurs.Ce sera un acte de justice envers lui comme envers le publie, de pu* blier leurs noms.Autrement, ce serait illogique”.Ill M.Laurier prend froidement toutes ees dénonciations; son collègue, M.Fielding, mis en cause, n’est pas à la Chambre.Aussi le premier-ministre se porte-t-il à sa, défense : “J’admets, dit-il en substance, tout ce que vous Jites, quant à la discussion de 1891.Cette résolution, relisons-Ià”.Il la relit et.continue : “Dans toute notre histoire politique, nous n’avons guère d’exemple de politiciens riches.Sir John A.Macdonald en est un exemple classique.Quand on lui a donné un cadeau de $100,000, personne n’a critiqué.Mais il y eut d’autres cadeaux, faits à d’autres hommes politiques: ainsi celui fait à sir Hector Langevin.J’eus préféré n’en pas parler, on m'y force.C’est à ce propos que la résolution de 1891 fut présentée.La Chambre l’accepta, parce quij$ était alors rumeur que des entrepreneurs de l’Etat prenaient, une large part à ces souscriptions.“Aujourd’hui, les circonstances sont différentes.Il y a des gens qui se prodiguent pour leur pays.M.Fielding en est un.Son honneur est, au-dessus de tout reproche.de tout soupçon.Tl a un sens de l’honenur des plus délicats.Depuis quatorze ans, ministre, jamais on ne l’a accusé de prévarication.C’est le type de l’honneur, au dire même de ses adversaires.Cet homme eût-il pris de l’argent souscrit par des personnes qui ont affaire au gouvernement î Non.Des amis de M.Fielding ont organisé cette souscription: d’abord, il fut entendu que l’on n’accepterait nul argent des entrepreneurs et des fonctionnaires du gouvernement.On ne devait accepter d** l’argent que des gens qui vivent en dehors de la politique et n’ont affaire, ni directement ni indirectement, au gouvernement.Tout cet argent vient d’amis personnels de M.Fielding.(La gauche crie : ” les noms ! les noms!) “Sur mon honneur d’homme et ma responsabilité de premier-ministre du Canada,” s’écrie M.Laurier, je déclare que cet, argent ne vient que d’amis personnels de M.Fielding.Il n’est pas vrai que la Banque Je Montréal ait souscrit un sou pour ce cadeau, non plus que la “Dominion Iron and Steel Co.’ Il n’y a pas un sou dans ces $120,000 qui ne vienne de gens honnêtes, absolument désintéressés de la politique et des travaux de l'Etat.Autrement, M.Fielding n eût pas accepté eet argent, j’en suis convaincu.” M.Laurier se rassied, applaudi par la droite, tandis que la gauche crie toujours: “La liste, la liste!” Il ne la donne point; et l'affaire en reste là, pour le moment.( et incident vidé, on en retourne aux affaires de routine: et, dans la soirée, la plupart des députés s absentent de la Chambre.11 y a, dans la salle do l’opposition, grand concert, un peu tapageur, où violons, harmonicas à bouche et danses fantastiques témoignent Je la gai-té de la gauche, à la veille de la prorogation .Et c’est bien là le sentiment qui règne partout, au Parlement.On est heureux de toucher à la fin.GEORGES PELLETIER.Éducation populaire \ rndmli soil , au souvent Has Dames du Sacié-Creur.rue S.-Alexandre, avail lieu une modeste cérémonie qui couronnait les succès d’une année de labeurs sérieux.On n’en parlera guère pourtant, (’eux surtout, qui dénigrent habituellement toutes nos congrégations enseignantes garderont le silence: ils n'embouchent la trompette que pour se faire ii eux-mêmes une réputation de zélés pour la diffusion de l’enseignement populaire, sans rien faire toutefois pour promouvoir efficacement, les intérêts de la cause.Ils n’osent pas dire ce qui est à la louange de I Eglise.1! est vrai que les religieuses continuent quand même dans l'ombre leur iruvrc d’abnégation et de dévouement.Leur travail, elles l'accomplissent par amour de l'humanité qu’elles aiment dans leur maître crucifié, Elles ne s’attendent pas à ‘voir leurs bienfaits célébrés en public.Il peut être bon pourtant de dire aux esprits chagrins quel usage on fait des prétendus biens de main-morte qui ’’de tout temps, paraît-il, ont été une cause de paralysie sociale”.( Le "Bavs” du 2 avril.C’était tout simplement une distribution de prix.Mais elle rappelait que les cours du soir ont été suivis fidèlement par deux cents élèves environ, qui viennent rie toutes les parties de la ville.Ces élèves ont parfois quarante ans.Elles sont mères de famille ; ou bien, jeunes filles du monde, elles viennent compléter leur éducation, suivre un cours d'enseignement ménager, soit un cours de coupe.D'autres étudient la langue française ou la comptabilité, d'autres enfin apprennent 1B langue anglaise.Mais toutes trouvent ries mères dévouées dans la personne des religieuses qui les reçoivent gratuitement.Il est touchant de constater que souvent ces personnes, mères ou filles, n’ont pas manqué une seule classe ; parfois elles viennent immédiatement après l’accomplissement de la tâche quotidienne, sans avoir eu le temps de prendre au foyer le repas du soir.Oui, c’était une distribution .de prix, et pourtant pas une seule récompense ne bit remise.Tous les noms de relies qui les avaient méritées furent proclamés.A la fin, l’une d’entre elles vint exprimer sa gratitude à Mgr l'archevêque qui avait, bien voulu présider la cérémonie.Elle expliqua que les sommes, d’ordinaire abouties pour les récompenses, avaient été employées pour acheter un superbe calice en or sur lequel sont gravés les noms de toutes pelles qui ont fait le sacrifices de leurs récompenses pour offrir ce cadeau, plein d’actualité pour l'année eucharistique.C’est un acte de générosité qui les honore.Alais les religieuses méritent aussi de l’Eglise et de la Patrie, en se dévouant pour cette belle œuvre sociale.Elles imitent, du reste, notre chef â tous.Pie X.qui simple vicaire à, Tombolo, s'était occupé de cours du soir, montrant ainsi la voie dans laquelle nous devons hardiment entrer et persévéramment continuer.PAUL LECLAIR.EN QUATRIEME PAGE “Rougeaude” conte du pays, par Paul Beaudry.LETTRE D’OTTAWA L’OUVRAGE FINI.— LA PROROGATION AUJOURD’HUI.— LE FARDEAU JETE.— A PROPOS DE M.FIELDING.— LE CADEAU DE $120,000.— UN POLITICIEN HONNETE.— “RARA AVIS”.— “DONNEZ LA LISTE”.— M.BOYOE VEUT LA VOIR.— UN PEU D’HISTOIRE ANCIENNE.— UNE RESOLUTION DU PASSE.— L’A T ON OUBLIEE?— CE QU’A DIT SIR RICHARD CARTWRIGHT.L’AVIS DE M.LAURIER, EN 1891.— SON AVIS, AUJOURD’HUI.LE CAS SERAIT DIFFERENT.— LES SERVICES DE M.FIELDING.—- COMMENT ON A EU CET ARGENT.— LES BAILLEURS DE FONDS.— DES AMIS PERSONNELS.— LA BANQUE DE MONTREAL E LA D.J.S.N'ONT PAS SOUSCRIT.— PAROLE D’HON NEUR.— PAS DE LISTE.— LE CONCERT DE L’OPPOSITION.— CA FINIT GAIEMENT.Ottawa, 4 mai. nui Lfc DISVU1K, mercrpdi, 7 mai 1910.LETTRE DE QUEBEC LES EXPLICATIONS DE M.ALLAED SUE LA NOUVELLE POLITIQUE FOEESTIEBE DU GOUVEBNEMENT, DONNENT LIEU A UN ÏNTE-EESSANT DEBAT AUQUEL PRENNENT PART MM.BOURASSA, GOUIN, LAVEEGNE, KELLY ETPREVOST.KELLY Si! PERMET DE METTRE EN DOUTE LES BONS EFFETS DE LA NOUVELLE LEGISLATION.— LA POPULATION DE MONTREAL NE POURRA.PAR REFERENDUM, SE PRONONCER SUR LE BILL DE L’UNDERGROUND.Québec, !5 mai, IPIO.Le ilébat auquel «lonitb lieu les explications cte ,M.Allard sur la nouvelle ]iolitique forestière du gouvernement a été l’un des plus importants de la session, au dire de AI.Tellier.Le ministre a exposé tant bien que mal le côte technique de la nouvelle législation.M.(Jouin, répondant au député de S.-Hyacinthe, a plausiblement donné stir la prohibition de l’exportation du bois à pulpe la contre-partie de ses discours de 1902 et 1903.Il s’est ensuite appuyé, pour s’excuser d’avoir ainsi !éj;i-i'éré par arrêté ministériel sous le ne/, de la Chambre, sur les précédents, la tradition.Mais, M.Prévost a rappelé à la séance du soir que l’arrêté ministériel de 1900 était l’un des (rriefs dont s'était prévalu M.(iouin pour détrôner Al.Parent.M.Kelly qui prend îles allures de trane-tireur, s’est permis, vers les minuit, de mettre eu doute les bons effets de la nouvelle législation, dont son discours n’a été qu’une critique tissez longue, se terminant par quelques compliments au premier ministre.AI.Goum qui n’était pas présent a la séance du soir n’a malheureusement pu humer let quelques roses dont M.Kelly avait agrémenté son bouquet d’épines.La Chambre a décidé, par un vote de 40 contre 21 que le bill de 1’Underground ne serait pas soumis au référendum.Un moment, la partie parut douteuse.Mais la vieille garde qui occupe à la droite du président, le coin de la chambre contiguë au fumoir, a donné avec ensemble, et Montréal se passera de référendum.! province, qu'elle n’avait pas fait en-j registrer son achat, ni payé sa taxe 'fie transfert.Le ministre savait tout ee!n, le jugement venait d'ôtro rendu, et cependant, la compagnie n’a pas été inquiétée.Lu compagnie qui expédiera son bois fie pulpe au-delà des lignes le sera-t-davantage?L'Ontario ne concède fie limites qu'à la condition que l'acquéreur y construise une pulperie pouvant employer an moins 200 hommes.Voilà un procédé pratique, dans les limites de la juridiction provinciale, mais i’ai déjà soutenu et je soutiens encore que cette juridiction ne peut appliquer qu’une parité du remède et que seule une loi du gouvernement fédéral pourrait donner à l'industrie forestière toute l'ex-tension dont elle est susceptible.Si le premier ministre eût dzpensé pour ' obtenir cette mesure de justice autant d'énergie que pour obtenir le rajustement du subside fédéral ou la nomina-' lion fie trois juges, la province verrait se développer sa principale industrie.LA COLONISATION AU TÉMISCAMINGUE M.GOUIN ( "est d’une voix attendrie que premier-ministre convie le député M.ALLAED Avant que la Chambre se forme en comité des subsides, M.Allard se lève, pour donner ce qu’il appelle quelques mots d’explication sur l’arrêté ministériel émis récemment au sujet de la nouvelle politique forestière du gouvernement .Il expose d’abord les nouveaux règlements et tarifs; ceux-ci accu sent une augmentation, tandis que ceux-là pourvoient à un contrôle plus sévère de l'administrai ion.La nouvelle législation sera en vigueur pour dix ans, période durant laquelle le gouvernement ne pourra hausser les droits de coups ou la rente foncière.Alais il se réserve île modifier, par simple arrêté ministériel, les règlements affectant le mode .enfin, de la création d’un ministère de l'Instruction publique, je n’ai, en aucune circonstance, émis un principe contraire au “Syllabus”, ou condamné par l’Eglise — ie dis l’Eglise, je ne dis pas M.Pierre Suresne.Que ledit Pierre Suresne relise mes res, les électeurs se prononceront.En quel sens il est difficile de le dire?Le nombre des iuscrits est plus considéra ble que jamais, surtout dans les villes, bien que la population n ’augmente pas.Faut-il y voir un gage que le nombre des abstentionnistes sera moins considerable?Toujours est-il que les candidats sont extrêmement nombreux: on en compte 2678 pour 588 circonscriptions de France et d’Algérie; 395 pour les 50 circonscriptions de Paris et Seine seule meut.Et la lutte est devenue très vive depuis quelques jours, violente même sur beaucoup de points, notamment à Paris.Les catholiques et leurs alliés progres sistes et libéraux se sont mis en campagne dans beaucoup de circonscriptions qu’ils avaient d’abord délaissées; Le pays sait tout cela.Il le sait mal, et l’opposition n’a pas accompli son devoir parce qu’elle ne lui a pas révélé toute l'étendue du mal, toute la gravité du péril.Nous n’avons pas pour nous la presse à grand tirage.Mais les peu pies menacés dans leur existence nationale sont comme les individus; ils ont lu prescience du danger et ils cherchent instinctivement à l'écarter.Hier, un membre de l’Académie fran çaise, ancien ministre des affaires étrangères M.Gabriel Hanotaux qui est un radical modéré, écrivait, avec quelque raison à mon sens; “Nous avons mis les bouchées doubles.les retrai tes ouvrières ne sont pas gagées, les budgets sont eu détieit, le rachat de l’Ouest et quelques opérations du mê me genre ont creusé des trous qu'il ils ont posé des candidatures dont le ! ^ x ux -x t succès est nrnhléinat.inn® nsrcc nu-elles i faUt rpmPllr' ToUt ¦'«chérit.La succès est problématique parce qu’elles sont venues trop tard, mais dont l’utilité n’est pas niable, car elles maintiendront nos troupes.I.a situation générale ne nous est pas défavorable, et au ministère de l’intérieur même on esti- articles ; qu’il les lise sans parti-pris, me que nous pouvons gagner une ving-sans me prêter de sentiments que je taine de sièges.taine période elle fut reine et maîtresse dans ce genre nauséabond, mais rémunérateur.La “ Patrie ” vint ensuite, et entra en lice avec elle pour conquérir la clientèle du gros public, friand de nouvelles à sensation.La guerre fut allumée et vous eûtes, ô Trefflé, à soutenir de terribles joû-!tes.Mais si vous suâtes des sueurs d’agonie, le public, s’est parfois bien amusé et il en eut alors pour son argent.Peut-on concevoir quelque chose de plus désopilant que les polémiques entre la “Presse” et, la “Patrie” au sujet du fameux “aigle royal”, capturé au Bout-de-1’Le, de l’énorme tigre qui aurait été vu à 8te-Madeleine?Dernièrement encore la “Patrie” avait à peine commencé la publication hebdomadaire des “Aventures de Sherlock Holmes” par Conan Doyle, que la “Presse” annonçait en gros titres l’interdiction de cet ouvrage en Suisse où il est, disait-elle, tenu pour immoral.Quelques-uns se sont dit alors: Pour damer le.pion à sa rivale, la “Presse” va débiter à ses lecteurs le “Discours sur l’histoire universelle” de Bossuet.Elle ne le pouvait, pas, parce que lo “Courrier de Sorel ” le sert en tranches à ses lecteurs.Mais je ne serais pas surpris, si l’un de ces jours elle se mettait à publier comme feuilleton la “Théologie Morale” du R.P.Gury.ou “ Ainsi parla Zarathroustra” de Nietzsche.La dernière joute au sujet de la comète est le spectacle le plus cocasse que les deux mégères nous aient donné jusqu’ici.On ne peut, ce semble, être ridicule à ce point, et c’est le cas de dire que la bêtise humaine est, insondable.Songez-y! la comète de Halley, n’apparaît que tous les 76 ans.Voilà une ypsiteuse peu ordinaire, et qu1 devait fournir beaucoup de copie et un carré noir et le point est si peu visi lue qu’il a fallu pour bien l’indiquer tracer autour un cercle blanc.La vieille pécore appelle cela une reproduction en “ demi-ton”, et elle ajoute : “ Sur la photographie que nous tenons “ à la disposition de qui voudra la voir, “ on perçoit le rayonnement de la “ queue, mais non la queue elle-même “ qui ne se présente pas dans un an-“ gle propice.” Imaginez un peu l’effet, si la queue s’était présentée dans l’angle propice! Le tout est accompagné d’une communication d’un astronome amateur qui établit, “par raison démonstrative” que la photographie de la “Patrie” n’est que du truquage.Celle-ci ne pouvait se tenir pour battue.Aussi le même jour elle talochait sa rivale en lui opposant des témoignages d’experts.Ceux-ci auraient déclaré parfait le cliché du photographe qu’eue a employé.Tas d’arlequins! Les choses n ’en resteront, pas là.Il est certain que, d’ici au 19 mai, nous allons apprendre sur le compte de cette pauvre comète les histoires les plus abra cadabrant.es.Il est impossible de prévoir lequel des deux journaux sera le plus inepte, car tous deux vont coûte que coûte surenchérir l’un sur l’autre.Et le tout sera agrémenté de démentis, avec démonstrations appuyées do dessins, cartes, photographies, et opinions d’experts.Si la “Presse” annonce qu’on a vu la comète se peigner la chevelure, la “Patrie” affirmera qu’au contraire elle se tordait la queue.11 est fort possible que l’une songe à mettre la comète en bouteille pour en faire du gaz d’éclairage; l’autre en distribuera le noyau à scs lecteurs sous formes-de-primes.; : - Mais c ’est au passage même de l’as-_ - .t ,tre que la lutte sera la plus ardente, combien de photographies, mon Disu.Qn jgnQi.e quels effets seront produits La “Patrie” prit les devants et, le'j,.j par ]eR gaz qui forment sa cheve-ler mai, elle fie photographier à T ]ure.j) eSt.possible que la “Presse” 10, dans la nuit, la comète, V énus, [annonce à ses lecteurs ébahis que le lune et, remarquez-le bien, 1 au ore, p0nt-Euxin vient de se rompre.Alors En vojU - .n’ai pas; mais plutôt qu’il se vête de bonne foi et de loyauté ; et s’il fait cela, je le défie de trouver dans mes écrits, que j’ai jonglé ou même que j’aie essayé de jongler avec le “Syllabus”.•S’il s’est trompé, il est de son devoir d’avouer qu’il n'a pas eu raison d’écrire à mon adresse ce qu’il a écrit.Mais je sais bien qu’il n’en fera rien.Je le connais.Agréez, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments très dévoués.PHILIPPE LEBER.Mais je ne vais pas me hasarder au petit jeu des pronostics, alors que ma lettre vous l'arviondra bien après les résultats.Je crois plus intéressant doi vous communiquer quelques observations sur les caractères que présente la lutte.La note dominante, très réelle, c’est la volonté du pays de réaliser une réforma profonde do notre système électoral.Je vous ai dit, il m’en souvient, combien la suppression du scrutin d’arrondissement était désirable, combien l'institution du scrutin de liste avec représentation proportionnelle serait inté ressante, moralement plus encore que politiquement.11 semble que le pays le comprend, et si les parlementaires les plus marquants—sauf M.Combes, M.Brisson, M.Clémenceau—sont favorables à cette réforme, en laquelle ils voient la préface nécessaire de la ré forme administrative et financière, la grande majorité du corps électoral s’en préoccupe, les candidats sont interrogés à ce sujet, et les réunions publiques si" terminent prssque toutes par l’adoption d’ordres du jour en faveur de la représentation proportionnelle.Il n’est pas contestable non plus que le vieux programme anticlérical a perdu beaucoup de sa popularité.On crie bien moins: “A bas la calotte!” et il y a, notamment dans le Midi, des candidats socialistes qui déclarent dans leur profession de foi; ‘‘Voici assez long temps qu’on nous donne du curé à man Un mot de réponse M.Leber affirme qu’il n’n jamais fait même la plus légère allusion au Syllabus”.Je le crois volontiers.Mais il a enseigné des erreurs condamnées par le Syllabus, de bonne foi,— je le veux bien,— mais des erreurs tout de même.Quand il a.revendiqué le monopole de l’Etat en matière d’enseignement profane, quand il a refusé à l’Eglise le droit d’enseigner les sciences profanes, il rééditait sous toutes ses formes et avec des variantes nombreuses cette proposition XLV qu’il trouvera condamnée dans le Syllabus; ” Toute la direction dos écoles pu bliques dans lesquelles la jeunesse d’un Etat, chrétien est élevée, si Ton en .excepte seulement dans une certaine ger, ça ne nourrit pas son homme.” Les mesure les séminaires épiscopaux, peut candidats catholiques et libéraux, sont et doit, être attribuée à l’autorité ci ] combattus bien moins en raison de leurs vile, et cela do telle Manière qu’il ne opinions religieuses, que sur le terrain soit reconnu à aucune entre autorité politique et social.L’effort de l’adver-lo droit de s’immiscer dans la discipli- saire consiste à suspecter leur loyalisme particulière est grevée de l’existence toujours croissante de l’Etat.Do bon nés lois sont bonnes, mais des finances équilibrées sont nécessaires.Le pays fléchit sous le poids du bonheur dont on l’accable à ses dépens.Il demande à respirer C’est assez bien cela: la France veut respirer.Elle s’inquiète de ce tourbil Ion dans lequel on l’entraine, et elle commence à redouter le.socialisme d’E tat dont elle ne vent pas.Elle se rac croche désespérément il ce qu’il y a de sainement conservateur en elle, et, quand elle réclame la réforme électora le, c’est qu’elle espère y trouver une force de stabilité.Elle a une horreur croissante des perpétuels prometteurs et elle réclame qu’on la laisse travailler en paix.J’ai quelques amis qui espèrent tout arrive — quo les politiciens radicaux no refuseront pas au pays cette satisfaction; plus que lui, et pour cause, ils ont, comme dit M.Hanotaux, le “besoin de digérer.” JOSEPH D EN AIS.Conseiller municipal de Paris.La Banque d’Epargne de la Cité et du District de Montréal SOIXANTE-TROISIEME RAPPORT ANNUEL.Montreal, le 3 mai, 1910.Aux Actionnaires, Messieurs, Vos Directeurs ont le plaisir de vous soumettre le-BSième rapport annuel des affaires de la Banque et le résultat de ses'.opérations pendant l’année expirée le 31 décembre 1909.Les profits nets de l'année ont été de $151,715.16, auxquels il faut ajouter le solde reporté du compte des Profits et Pertes de l’année der-nièer, soit $17,911.60.ce qui forme un ensemble de $169,626.76.Sur cette somme ont été payés deux dividendes à nos actionnaires, laissant un solde au crédit du compte des Profits et Pertes de $69,626.76.Pour l’accommodation de nos déposants, deux nouvelles succursales ont été ouvertes: coin îles rues Saint-Denis et Beaubien et coin des avenues du Parc et Laurier.L’inspection des livres et de l’actif de la Banque a été faite avec soin, et plusieurs fois pendant l’année.Le rapport .A.Boyle D.Decarle, ex-Ald J.A.Brunet B.Asselman Est.J.Brunet A.W.Staveley M.Maloney A.V.Decarte L.D'Onofrlo J.N.Edgar H.H.M.Andrews F.Vezina W.Drysdale T.Decarle Jer, Chenier AV.A.Rlchie G.Nolin X.Leduc W.F.Drysdale S.Sauve T.Decarle W.G.Dryden •l rJi J.Armstrong I>r.W.Sutherland C.D.Taprell J.B.Laplerre H.Hlcquet R.Htgden D.Rowett B.Howden M.Papineau B.T.Sellars J.Chenier P.Harvey J.E.Lynch H.C.Brown J.A.Decarle T.McBrearty W.T.T.Adamson S.W.Hamilton C.Lachapelle W.H.Barnes E.Pltt Mrs.M.Lengland» J.O.Harris J.Mari en S.Forget G.Dumont AV.Ward M.Matou In J.Cookson J.Trottler F.X.McDermott J.A.Little R.Bibeau B.Thomas L.Nadon M.E.A’enables Dr.H.V.D.Gad- bols W.A.Matley A.Barbour A.Low-e C.R.Wright B.F.Wise J.Freeman J.B.Belanger G.Maybank W.Sanders K.Robertson W.R.Adams G.D.Bask A.Adamson E.Morgan F.Thomson J.H.MacDuff J.Morris W.H.Ebbltt C.Hardÿ M.J.Collette A.Forbes D.E.Ferguson V.Malouin T.Lane C.Gougeon A.Zhender AV.Lucas J.Lodge J.Gills M.Johnston N.Letang A.L.Moodle H.M.Catton L.N.Trudeau W.J.McCormick G.A.Smith F.L.GIrdwood J.Breton I.Ebbltt F.J.Cody i C.Armour D.L.Robertson j J Ross I H.Richmond W.Amott L.C.Turcot G.Decarte G.McManus W.Dalpe W.Reynolds F.Beoket J.W.Lavoie J.E.Renaud Mr».G.Decarte A.Samson Dr.W.Garflner D.H.Murphy V.Decarle A.Riva C.F.Thomson J.A.Johnston H.Fergues M.Morgan.T.Salmon J.A.Caron B.Hoytand H.W.Vallanee R.Knuckle O.Dumont Mde.P.Cadleux J.Rodrigue F.X.Frappier F.X.St.Denis L.F.Levesque W.McBride J.Adams A.Boisvert J.A.Barton W.Deslauriers C.K.Ives H.A.C.Jackson W.Grimstead C.A.McDowell J.F.Rlepert G.C.Gottlieb H.B.Woodrow E.G.Cross A.J.Cody E.L.Gnaedinger C.E.Stephens W.Ransom G.E.Burns R.MacLarsn E.W.Barns P.Lemieux R.E.Caron L.Bryant C.E.Getz A.Bush O.E.Dumont E.M.Lanctôt R.D.B.Letendre D.Brlon J.B.M.Pépin G.T.Taylor J.Cela R.Knox J.McQueen F.Robert J.Huet J.Brunet J.Killeen* E.D.Etherton J.West FJ.Phaloner G.Bruce K.A.Stephens W.G.Macdonald P.P.Duval M.F.Breckham E.Cookson P.Danhv H.E.Hinds F.G.Bush G Recompte C.F.Barne» P.Amos E.Cote R.Faucher J.A.Turner G.L.Getz E.Wright E.Dumont Dr.A.8.Burgess K.Tayloi* A.Robert C.T.Chariebols J.B.Reld J.Logan R.Edwards J.Ford J.O'Shea D.KeJly W.H.Bonner H.L, EMacott H.A.Matley G.Horner A.Hook P.F.Browne E.S.Sharpe C.G.Stanley T.Davts W.Matthews J.C.Joahsen W.j.Rath J.N.Bowell J.Irvlne E.M.Cain R.Rj’an T.P.Bourgeois F.Noseworthy M.Gunsom W.Lyall M.Beauchamp , W.Colbeck -f, Rousseau P.Laplerre T.M.Ireland A.Snodgrass A.Gervals F.G.Smith W.Lalonde G H.Price i •k ï W.H.Morgan Mrs.C.Thomson T.W.Lamb H.Langlands J.E.Bancroft H.Cottrell J.A.Webb O.Franche A.Cadleux F.Benott J.C.Lanoie V.Boisvert J.B.Towne W.Cromb F.Wilton R.King J.Prendergast W.Checketta G.R.Mlllen D.McDonnell J.Quigley J.Edwards J.H.Elliott W.E Bullen J.J.Hannan W.Buckley G.W.Rlce T.C.Casgratn W.Cody W.M.Laurie M.J.Stephens H.J.de Jersey J.A.Priest S.Bonnell J.Ralph H.H.Trudeau J.Morton E.McMillan I.Imbleau W.M.Holland G.Boutin Miss A.Bastion E.D.Paul J.Snodgrass Mf H.J.Blnns ./ J Heasley J.J.Nés» * R, L.Werry — - W.T.Fox Z.Bourdeau -£..15 p.m., 6.16 p.m., Cil 1.15 p.m.VALOIS, CEDAR PARK.—z8.55 a.m., 7.12.01 p.mf, 1.1.30 p.m., 4,15 p.m., 5.15 p.m., 6.15 p.m.Cill.15 p.m.POINTE CLAIRE.—z8.55 a.m., 7.12.01 p.m.Cil.20 p.m.L1.30 p.m., 4.15 p.m.nô.15 n.m., 6.15 p.m., Cill.15 p.m.BEACONSFJLED—8.35 a.m.8.45 n.m., 7.8.55 a.m., /12.0I p.m.Cil .20 p.m., 1,1.30 p.m., 4.15 p.m., Ka5.()5 p.m., 05.15 p.m., 6.15 p.m.Cill.15 p.m.STRATHMORE, BE AU B EPA IRE.BAIE D’Il R FF,.— 7,8.55 a.m., , 7,12.01.p.m., 1.1 30 p.m.4.15 p.m., an.15 p.m., 0.15 p.m., will.15 p.m.STK-ANNE—8.35 a.m.8.45 a.m., 7.8.55 a.m., zl2.01 P-m.Cil.20 p.m.L1.30 n.m.4.00 p.m., 4.15 p.m.KA5.0S I>.m.aô.in p.m., 6.15 p.m., xlO.30 p.m., Cill.15 p.m., VAUDRKUIL.— 8.35 a.m., 8.45 a.m., ' 7.8.55 a.m., xlO.10 a.m., 7.12.01 p.m., j Cil.20 p.m.El 30 p.m., 4.00 p.m., 4.15 p.m., K/.5.05 p.m., a.r).15 p.m., 6.15 p.m.x9.50 p.m.xlO.OO p.m., n n r.n an >10.30 p.lll.Cill.15 p.m.annonce, ] j0AI)*IFTTX f.OMn HUDSON, La- VIGNE.1UGAVD.— 8.35 a.m., *8.85 a.m., 7,12.01 p.m.Cil .20 p.m., LU.30 p.m.4.00 p.m., Ka5.05 p.m., a5.15 p.m .«.15 p.in., Cill.15 p.m.HUDSON HEIGHTS.—7.8.55 n.m., p.m.1,1.30 p.m.K&5.05 p.m.p.m.6.15 p.m.Cill.15 p.m.POINTE-FORTUNE.— il .30 p.m p.m.CALiKDONIA X8.55 n.m., 50 p.m.LE TRAIN SPECIAL POUR LE LAC BROME Quittera Montréal A, 1.15 p.m., le same-«li seulement pour S .-Jean, Farnham.Knmvltcm et Sherbrooke.Premier train samedi le rani 1910.CHAR SALON POUR STE-AGATHE Le vendredi seulement il y aura un cliar-salon pour Sainte-Agathe partant, de la gare Viger A 4.00 p.m., du mai au 17 juin inclusivement.Après le 17 juin ce char partira à.4.50 p.m., le vendredi i seulement.A 1er train, 9 mai." 14 mai, “ 25 juin." 20 juin.Tous les jours excepté le dimanche A partir du 9 mai au 25 juin inclusivement et tous les jours, après.Chaussures Elégantes et Légères juste ce qu’il faut pour la saison d’été pour com-pléter admirablement bien la toilette d’été 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intérêts ; car il y a IA négligence évidente de vin part ries personne* ehnrpées de la distribution des voitures aux remises de la M.S.TU .1.T.l*o parterre dion-Pacifique, sérier bientôt un monument d’un genre nouveau.Il s’agit de la première locomotive (pii ait fait du service dans l’Ouest canadien, ’’ The Countess of Pufferin ’.Cette relique d’un passé glorieux pour la compagnie do chemin de fer, est arrivée ees jours-ci de Golden, Colombie britannique et a été confiée aux ateliers pour sa toilette.Kilo sera placée le mois prochain dans le parterre.“ The Countess od Pufferin’’ fut transportée sur des barges il tra vers les méandres de lu rivière Kongo, en H7ü, alors qu’il n'y avait pas de rails à Winnipeg, l a loco I motive devait desservir les rhuntiors «le terrassement du Unnivlien Pacifique jentre Htrint-Bonifnee et Selkirk.Kilo remplaça plus tard vers IS«8.les ! convois de bœufs par le t“nin do tuarchati«lises, et servit à la cens truetion du grand yêsenu occidental Klle a été construite en I'd!, i.a fille du docteur I.H.Stephens, de Hindficld, N.J.) s’est convertie au catholicisme et a été baptisée au monastère d’Hochelaga, lundi après-midi, par le chapelain de l’institution.Son parrain était le lîév.T.A.Fou-her et sa marraine Mme James Griffin, ie Montréal.La néophyte est âgée de 18 ans et a fait ses études au collège des SS.Noms de Jésus et Marie.Son père a envoyé son consentement à l’abjuration.Hier, Mlle Stephens a fait sa premiè re communion et n été confirmée en même temps que les autres communiants.Mgr Bruchési présidait en personne ees deux cérémonies, assisté de son secrétaire et du Kév.J.A.Faucher.A t’issue de la cérémonie, les non veaux i onfirmés présentèrent un bon quet è Monseigneur qui remercia en termes émus.Hurona Middlesboro Avril 21 Montezuma Londres Avril 21 Turcoman Avonmouth Avril 21 Inntshowcn Head Airdrossan avril 22 Salaria Glasgow- Avril 23 Rakhaia Anvers Avril 23 Manchester Mariner Manchester Avril 23 Westfield New-York Avril 23 Cairndorn Middlesboro Avril 24 Corinthian Londres Avril 26 Montcalm Bristol Avril 27 Butte, 18 1-2 à 10 1-2; British, à 6; Boston, 18 à 20; Central, 10 11; Elv, 7 & 9; Davis.1 1-4 A 3-4 Cent., ’7-8 à 15-16; Ely Cons.1-2 à 5-8, National, 2 1-16 à 3-16; Gold.Cons., 7 3-4: il 7-8; Daisy, 6 à 7; Giroux.6 3-4 à 7; Greene, 7 7-8 5 8; Kerr, 8 1-2 il 3-4; Edward.3-16 à 5-16; Rose.I è 1-4; McKinley, 88 à 92; Miami, 20 1-2 à 21; Nipissuifr.9 3-4 li 10; N (-Varie 18 1-2 il 3-4; Ohio, 1 15-16 à 2; Rawhide, 24 X 27; Ray Cent., 2 1-8 3 3-16; Ray Cons 16 5-8 ft.17; En i led, , 1-8 à 1-2; Inspiration, à 6: Yukon.6 13-16 il LA BOURSE DES MINES Les dernières cotations fournies “Devoir ” par Fisher et Des Rosiers, courtiers, 91 rue Saint-François-Xavier: au Lu sur un olbum cette réflexion pas précisément ù la louange ries nssom biées délibérantes ; "Montesquieu a écrit “L’F,sprit des T,ois", msis il ne saurait Venir è l’idée de personne d’écrire "1,’Ësprlt des Lé* gislnteurs’’.Au Club Morin Vendredi soir prochain, grande réu nion nu Club Morin, saTle Girard, lOfil rue -André, pour l’organisation de In grande démonstration du it mai au Monument Naùun&l, Deux hommes tués dans un déraillement Springfield, Ohio, 4.— Deux hom mes se sont fait tuer et neuf personnes ont été sérieusement blessées la nuit dernière dans un déraillement sur la ligne électrique de l’Ohle, prés de Ur 1 hnna.i I.es morts sont: le garde moteur, W H.Ferguson, et un passager nommé M H.Knock.1 Parmi les blessés se trouvent deux femmes.Les méfaits de Tautomobile Milford, Conn., 4.Un homme a été tué et un autre grièvement, blessé ce matin, dans un accident d’automobile.La voiture lancée à fond de train, est venu lutter contre un poteau télé graphique et a été complètement démo fie.On suppose que le mort est un nommé Joseph O’Brien, do Bridgeport.L'homme blessé a refusé de donner son nom ni aucuno information qui puisse établir son identité, il n'a pas voulu, non plus, être conduit A l'itêpl-tal et.s'est fait transporter dan* un hêtel de Bridgeport.Doux autres personnes qui se trouvaient aussi dans l’automobile, sont saines et sauves.Le coroner Mix a ouvert une enquête.L.Champlain M ontfort Zaandyk Bellona Manchester Shipper Lauientic Cassandra Carrigan Head M emnon Bcndu Vola Grampian LES ARRIVAGES.Vaisseaux à Kaiser Wilhelm Il New-York Finland New York United States New York Niagara New-York Oceanic, New-York Bremen New York Liverpool Londres Rotterdam Cadix Manchester Liverpool Glasgow Towey Barbades Tyne Sydney Glasgow Avril 28 Avril 28 Avril 28 Avril 28 Avril 30 Avril 30 Avril 30 Avril 30 Avril 30 Avril 30 Mai Mai de Brèmes Anvers Copenhague Hambourg Gènes Brèmes NOM.Va- I leurs.] Offre.De- mande Alumni $1.00 .Beaver 1.00 3! 32 Black Mines Cou 1 .00 .) i British-Ainerican 1.00 '-’I Chambers-Ferlaud 1.00 25 27 Cobalt Central 1 .00 »! 12 Cobalt I.ake 1.00, 264 26 Cobalt Twins 1.00 17} 20 Coniagas 6.00 City of Cobalt 1.00 •>'.(( 30 Crow Reserve 1.00 2.91 2.95 Dr.Reddick Com 1.00 1 2 Dr.Reddick Pfd 1.00 Kvcrett Lake h ou i 0 Farah 1.00 Floyd 1.00; 4 Foster 1.00 15 19 Gifford .25 ni lot Goodwin !.Mines .25 Gowgauda King 1.00 Green Meehan 1.00 3 i Hyland 1.00 Kerr I.like i 5.00 (i.W 8.65 La Rost 6.(10 4.4.02 Little Nipissing 1.00 22* ! 23 McKin.-Dar.-Sav 1.00 91 Mont.Red.ftmel 1 5.00 Pfd 5.00 Nancy Helen 1.00 5 1 7 Nipissiiig 5.00 9.75 9.Ru Nova Scotia 1 1.00 31 31 Ophir ! 1.00 20 40 Otifloe 1.00 61 H Otisse Currie 1.00 Peterson Lake 1,00 231 24 Rochester 1.00 IHjj UH Ross Ballard 1.00 ml 11 Silver Alliance 1.00 6 12 Silver Bar ! 1 .(Kl 7 8 Silver Leaf 1.00 71 HJ Silver Queen 1.00 «I 11 Tern isk ami ng 1 1.00 60 i Treththeway | 1.00 1.23 ! 1.24 Union Pfc.Cobatl 1.00 3i i Service des signaux Le “Westfield” est passé à Verehè-res à 10 h.10 ce matin.Le “Salaria” est passé à Québec, à 6 h.50 a.tn.Le “Turcoman” est passé è Québec, à 8 h.a.m.Le “Cfteouna” était, à S.-Nicolas, à 11 h.a.m.Le “Montrose” a été signalé K Pointe ru Père à 9 h.40 a.m.Le “ Kronprinz.Olav,” est passé k Cap nu Saumon à 7 h.30 a.m.Le “Cruiser” était en vue de ITlo aux Grues à 9 h.30 a.m.Le “Hurona” est passé à Cap Ma deleine à 10 h.avant midi.EN DEUXIEME PAGE Lettre de Québec, par M.Donat Fortin \ ENTES DF, 1, AVANT-MIDI Green Meehaw.—B00 , 500 , 600 , 500 # à 2.8S; 100 H Crown Res.—100, 60 2.87; 100, 100 ,1 2 90.Temlsk.—600 é «0.Neva Sent in .—1(100 ,1 Sltv.Leaf.—2000 (V 7 (30 Jew- .) r.» • 1000.1000.101)0 A 2 Chauibers.—600, 500 A 26.32.1-2; 2000 A.1-2.Etudiants et Police Le» étudiants ont Vintention de faire arrêter un agent de ptiliee pour voies de faits, à la suite de l’échauffourée du mois dernier.HOrnSF, DE BOSTON COURS DK MIDI Aliénez, 39 fl 40; Celumel A Heole,— A 570; Centennial, 15 A 17; Copper Range 64 1-2 A 65; Royale.13 1-2 fl 14 ; Mohawk, 46 fl 47; North Butte.30 1-i A 81: Old Dominion, 32 1-2 fl 33 1-2 ; Osceola, 130 A 184; Parrot, ta A 1-2 : Shannon.9 1-2 fl 10; Tnmnrerk.48 fl 60; Wolverine, 116 a ii»; Michigan.4 fl 6; D.S.Min.A Smelt.ln».4n fl 41 ; U, S Min.A Smelting pfd., tH fl l-4; t,nc enlle, 11 A 1-2: Quincy, 76 A 77; Ptall Cons.20 A 1-2.HORS t.TSTP Cereal Meraer.—100 x 24.Cereal Merger pfd.—ioo A 87.
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