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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1983-11-05, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR cahier spécial salon du livre de montréal Montréal, samedi 5 novembre 1983 UN QUART DE SIÈCLE D’ÉCRITURE wmÊB E Le combat de Liberté LIBERTÉ 150 fois publiée.Événement que salue LE DEVOIR, heureux de souligner qu’entre le premier numéro et la page frontispice du 150e, il y eut des espoirs qui n'ont jamais flanché.Ce quart de siècle dont nous inventorions les courants d’écriture (féministe, engagé, formaliste, nationaliste, alternatif etc.) dans ce cahier spécial coïncidant avec la tenue du 6e Salon du livre de Montréal (du 8 au 13 novembre), le voici en survol.Rien d’exhaustif.Suffisamment de repères nous sont offerts pour souhaiter le succès des campagnes visant à accroître la clientèle des bibliothèques et des librairies, à multiplier les adeptes de la lecture .qu’ils soient des mordus de la BD comme ce jeune lecteur ou des gens de tous milieux apprenant à « communiquer » avec les auteurs de tous genres.LIBERTÉ no 150 contient notamment deux poèmes inédits de Gaston Miron, un récit autobiographique inédit de Gabrielle Roy, une lettre morfequ’Hubert Aquin destinait à Miron (1963), quelques essais et nouvelles, en plus des chroniques de Jacques Brault, René Lapierre, Fernand Ouellette et Pierre Vadeboncoeur.— CLÉMENT TRUDEL SOMMAIRE 3 •.JT 2 Jacques Pelletier Liberté, un apport avant tout littéraire 3 Jacques Folch-Rlbas Jean-Guy Pilon, poète et directeur (discret) 4 François Ricard Fidélité au questionnement et lieu de rencontre 5 Michèle Lalonde Aquin, mort ou vif: il aidait à articuler une pensée globale 7 Wilfrid Lemoine Un mètre 25 de Liberté: la revue qu'il fallait 8 André Belleau La porte est ouverte: quelque chose de festif coïncide avec le bonheur des mots 9 Lise Gauvin L'art de garder son dynamisme malgré le slalom des subventions 10 Normand de Bellefeuille Poésie québécoise et intelligence de la forme Jean-Rémi Brault 25 ans d’édition au Québec, des mutations qui étayent la qualité Claude Robitaille Littérature et contre-culture, un rapport de jeu qui facilite les courants alternatifs 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 Suzanne Lamy Littérature québécoise et féminisme: des parcours irréversibles Émile Ollivier Du bon usage de l’exil et de la schizophrénie Max Dorsinville Nationalisme et littérature: cahiers d’un retour au pays québécois?Jacques Allard Littérature et politique: de la solidarité des rêves à la politique littéraire Claude Hurtubise C'était en 1962, on saluait l’âge adulte de l’édition Lise Gauvin Les stades du nationalisme en littérature Clément Trudel Dix éditeurs de langue anglaise à Montréal Clément Trudel À quand une politique de la lecture au Québec?Robert Lévesque Le Salon des six jours: tous les jours en librairie?Jules Richard Profession, écrivain: une série de 13 téléfilms à Radio-Québec par LAURENT MAILHOT En 1959, si l’on exclut quelques pâles organes universitaires ou religieux, il n’existe aucune revue littéraire et culturelle « qui tienne compte d’étape en étape de l’évolution de la pensée, de la création sous toutes ses formes, de la vie artistique à travers toutes ses manifestations ».Liberté, qui se présente sous ces traits (n° 1), jouera en grande partie ce rôle.À l’exception du théâtre, la nouvelle revue suivra de près — et d’assez haut pour la discerner — révolution culturelle du Québec (dans le monde) contemporain.Elle y participera sans complaisance, avec un bon mélange de sympathie et d’esprit critique.Liberté, c’est d’abord un animateur remarquable, Jean-Guy Pilon', et un petit groupe de communicateurs ou de spécialistes des médias (à Radio-Canada, à l’ONF.) qui est à la prose ce que fut l'Hexagone (son premier éditeur) à la poésie.Trois des membres fondateurs — André Belleau, Jacques Godbout, Fernand Ouellette — se trouvent encore aujourd’hui au comité de rédaction, À la fin des années soixante-dix, de jeunes professeurs qui sont aussi écrivains — François Hébert, François Ricard, Yvon Rivard, puis Robert Mé-lançon, René Lapierre, Jean Larose — se joignent à l’équipe et prennent peu à peu la direction de la revue.La greffe est réussie et l’organisme plus vivant que jamais.« La liberté n’est pas donnée une fois pour toutes.Elle est continuellement battue en brèche.À tous les niveaux, elle se traduit par une résistance à l’arbitraire », déclarent les fondateurs de Liberté à propos de la grève des réalisateurs de la Télévision, qui fut un des enclencheurs de la Révolution tranquille.Depuis vingt-cinq ans, cette revue lutte sur le front culturel et politique pour la réalisation de son titre-programme.Elle attribua un Prix de la Liberté qui devint le Prix LIBERTÉL Mais c’est par sa présence régulière, ses perspectives, ses thèmes, se?textes que la revue mène son combat.Peu tentés par la vie publique et l’action directe — contrairement à leurs confrères de Cité Libreei de Parti Pris—, les rédacteurs de Liberté font confiance à la littérature et à l’écriture pour marquer l’histoire ou s’en démarquer.LIBEgTEfvï ntfkot'-; éUBERTE LÎBERTÉOBilxÈUdï'i- 'J.'“^SLlBERTElmprté ""®”®LIBERmiBERTt I.IDLIVI À l’heure des sciences humaines et du militantisme.Liberté se mit à lire et à écrire sans arrière-pensées pastorales, sans ligne théorique ou partisane arrêtée.La revue eut des préférences et des tabous, des idées et des goûts, mais ils n’étaient pas décidés a priori et fixés une fois pour toutes.On lui reprocha cette ouverture, ce pragmatisme, cette esthétique qui était plutôt une éthique qu’un esthétisme.Liberté ne fut pas plus l’organe d’une école ou d’un clan idéologique que le porte-parole de n’importe qui et de n’importe quoi.Ni fermée à l’air du temps ni ouverte à tous vents, la revue eut rapidement un esprit, un ton qui la caractérisent sans la contraindre.En mars-avril 1963, Liberté confie une section spéciale — « Jeune littérature .jeune révolution • — à six jeunes poètes, dont Brochu, Chamberland et Major qui allaient fonder .Parti Pris.Au début de 1970, c’est d’« Ecriture et littératude » qu’il est question avec de brillants étudiants de l’UQAM.« Il ne s’agit pas pour l’écrivain de changer le monde mais, tout au plus, de changer la littérature », écrit Gaétan Saint-Pierre.En 1980, on invite !’« Inconnu pluriel » d’une nouvelle génération à se manifester dans liberté.Entre l’engagement des poètes ou philosophes de Parti Pris et la scientificité des théoriciens du Texte, liberté ne choisit pas; elle prend tout ce qui lui plaît, le digère ou le rejette.Progressiste sans dogmatisme, indépendantiste sans nationalisme, la revue est d'autre part moderne sans terrorisme, sérieuse sans jargon, critique sans oeillères.Revue intello-mondaine?Bulletin de liaison amicale?Magazine sans photos mais avec caricatures?Liberté n'est pas chaire, un laboratoire ou un dépôt d’archives.S’il est difficile de trouver la meilleure épithète pour Liberté.» les sub.stantifs revue et lieu lui conviennent parfaitement, ce qui est plus rare qu’on ne croit.« .Autant il faut être conscient du présent, autant il ne faut pas s’empêtrer dans Y immédiat, » note Fernand Ouellette dans « Situation de Liberté (95-%).Capable d’étudier • le bonheur tel qu’on le vil » ( 18) aussi bien que les rapports de commissions d’enquêtes.Liberté ne lit pas que des livres, mais la ville, la langue, la culture, la pubhcité, la société.Pour préparer le numéro sur la Manicouagan, l’équipe fait une « joyeuse expédition » de trois jours sur le chantier.Après Israël, on se préparait à aller au Chili en 1973.De toute façon, Liberté voyage beaucoup, dans et hors de la littérature, du Québec, de la francophonie: de l’érotisme au sacré, de la pratique d’écriture (« Le pont ») à la « contre-révolution » tranquille, de la télévision à l’histoire vécue, de Césaire à McLuhan, de Kundera à Cortazar et Castaneda, les « hommages » de Liberté sont des références, des événements, des fêtes: à Char, Jouve, Varèse, Bor-duas, Grandbois, Saint-Denys-Gameau.Michaux, Gabrielle Roy, Lasnier, Vadeboncoeur ., Dès mars 196‘2, la revue fait un bon numéro sur le .séparatisme où Aquin se réjouit des divergences, car il redoute les « fausses unanimités dans lesquelles on a toujours voulu englober l’opinion canadienne-française et qui, en fait, n’ont jamais été que des masques de la mésentente (.) le Canada français n’est ni une race, ni une famille, mais un peuple divisé, sans doute parce qu’il devient adulte ».Aquin craignait également qu’il n’y ait pas de rapport entre les conversions massives au séparatisme (on se trouve pour ainsi dire « débarrassé » du problème) et la réalisation de l’indépendance.L’approche, on le voit, demeure d’actualité.C’est le cas également des articles de Liberté avant et après cet « antiévénement », cette « gigantesque abstention’ », ce RIEN béant que fut le Ré férendum.« C’est le temps de réfléchir au caractère absolument paradoxal de l’utopie: iiidismnsable à la vie, elle ne la modifie pas.Ou pour dire les choses autrement: la littérature est précisément ce qui n’arrive jamaisj,.] Nous ne pouvons plus, nous ne devons plus continuer à mettre l’accent sur les aspects collectifs de notre culture.Comme elle n’a pas de corrélât politique suffisant, çlle risque, ainsi vécue et « communiquée », Suit* â la pag* XXIII LroERTÉ CHOISIT LA PASSION, LA CULTURE par JACQUES GODBOUT En 1958, j’avais vingt-cinq ans tout juste et si je relis ma contribution au premier numéro de Liberté, elle me surprend: une chronique de théâtre (pour dire du bien des pièces de Jacques Languirand), la critique d’un livre (pour dire du mal de Gabriel Marcel, le philosophe).Aucun texte de création, aucun essai.Je crois que j’étais à l’époque plus intéressé à Vidée de revue, qu’à publier des textes.Liberté, c’était pour moi d’abord un lieu d’amitié.J’avais grand besoin, dans le désert culturel du Canada français, d’un véritable milieu intellectuel, de réunions régulières, de discuter avec d’autres écrivains d'événements littéraires, artistiques ou politiques.Sans revue nous étions isolés, incapables de mettre en marche des mouvements d’idées ou tout simplement d’en être instruits.Liberté était à ses collaborateurs ce que les tavernes étaient aux ouvriers: une rencontre, patates chips et bière comprises.Au moment où la première équipe s’est réunie, rue Nortncliffe, dans le salon de Jean-guy Pilon, les poètes étaient en majorité.Les uns se connaissaient depuis le collège classique, les autres depuis le Quartier latin, journal des étudiants de l’Université de Montréal.Certains n’avaient pas trente ans, d’autres à peine plus.Nous émergions d’une piscine, avec un besoin d’air féroce.Maurice Duplessis régnait en maître et avec ^liberté 59 AMDll «ILIIAU ?LE NOUVEAU STATUT DE LA RADIODIFFUSION AU CANADA MICHIl, VAN ICMIM9IL ^ LANGAGE POÉSIE ET ENGAGEMENT ?IN COILAIOKATION DÉBUT D’INVENTAIRE fAUL MAKII lAFOINTI ARBRES ipo*m*|.CLAKI MARTIN TOUTE LA VIE iCOnl*i JlAN FILIATIAULT UNE VIERGE FOLLE 'cont#i lui la peur de dire.En réalité la société canadienne-française était si homogène, si compacte, si cléricale et tellement unanime qu’il valait mieux travailler dans des organismes fédéraux (Radio-Canada, l’Office national du film) si l’on voulait penser et s’exprimer librement.Imaginez: Gaston Miron et Fernand Ouellette étaient des employés de Fides où l’on ne trouvait pas certains livres ! C’était l’année où le père Joseph-Marie d’Anjou, de la Compagnie de Jésus, poui suivit tant Lili Saint-Cyr de ses feux qu’il la rendit célèbre.Les étudiants se précipitaient au Gayety dévorer la strip-teaseuse des yeux puis s’engouffraient dans les confessionnaux.Les choses étaient simples.Les nationalistes étaient tous de droite et prétendaient créer une République lauren-tienne.La liberté passait par Ottawa.En 1958 il y avait une coïncidence d’intérêts entre les intellectuels progressistes canadiens-français et le pouvoir anglo-canadien.C’est pourquoi la longue grève des réalisateurs de la télévision de Radio-Canada, cette année-là, qui voulaient fonder, suivant un modèle français, un syndicat de cadres, nous toucha tous profondément: Ottawa perdit, à cause de cette grève, l’adhésion spontanée des intellectuelspréoccupés des droits de l’homme qui découvraient soudain « l’étroite interdépendance de la liberté et de la vie culturelle ».C’est dans cet éclairage qu’il faut voir le premier numéro de la revue, paru en janvier 1959.préparé pendant Fautomne 1958.On aurait pu croire que dans l’atmosphère raréfiée, catholique et paroissiale de cette époque, ce premier numéro chercherait à faire scandale, comme dix ans plus tôt le Refus global.Or, au contraire, avec un article sérieux sur le nouveau statut de la radio-diffusion, un autre sur l’engagement du poète, une pétition en faveur des réalisateurs en grève, des poèmes, des contes et des chroniques, il ne brisait rien du tout! Et c’est peut-être cette lancée ferme, mais tranquille (qui annonçait la révolution du meme nom) qui permit à Liberté de se rendre jusqu’à aujourd’hui, collant à la réalité culturelle, ouverte à la création, disponible aux autres.l é premier numéro avait une couver- ture verte et mate, le sigle des Éditions de l’Hexagone en bas de page, et rappelait dans sa préface son urgente n^es-sité: « A l’heure présente (écrivions-nous), si l’ont exclut les revues universitaires et celles qui sont dirigées par les ordres religieux, il n’existe pas ici de revue littéraire et de culture .• Liberté annonçait qu’elle serait une revue « nationâle » à laquelle collaboreraient, en traduction, des intellectuels canadiens: ce dernier objectif tourna court, comme on peut le deviner, à l’aube des années soixante.Mais cela n’empêcha jamais le Conseil des Arts du Canada de nous appuyer.Nous n’aurions pas pu l’appeler, cette revue dont nous rêvions, « Mélanges », ou « I,a barre du jour » ou « Textes », ou ¦ « Estuaire » ou « Les herbes rouges » ou de quelsqu’autres nom.Il n’y avait, à l’évidence, comme un cri, que le (beau) nom de Liberté qui convenait.(Mais nous avons tout de même hésité: des aînés ne publiaient-ils pas Cité libre?Aurions-nous l’air d’une succursale?Or ces aînés n’étaient pas des littéraires.Ils habitaient la jxiUtique.Nous voulions parler du,coeur, ne pas nier l’intelligence, certes, mais ne pas refuser les sentiments.) Pourtant dès les premières semaines il y eut, à Liberté, un affrontement majeur qui assura, probablement, la survie de la revue.Je me souviens d’une réunion explosive qui se tint chez moi, rue Lacombe D’un côté les culturels, de l’autre les « politiques », si je puis dire.Mais aussi deux modèles s’affrontaient: le secrétaire à la rédaction, Michel Van Schendel, Se référait à des notions eu- Sulte A la pag* XXIII On ouvrage de J'ean-Cdaude Marsan ?MONTKÉAL ?unct-squisscJufuiui Jcan-Claudc Marsan une esquisse du futur ¦ Fiihlié par l'Insrirtir cjuébetois rie recherche sur la culrure Le Devoir, samedi 5 novembre 1983 un quart de siècle d’écriture Liberté: un apport avant tout littéraire .à mi-chemin entre Cité Libre et Parti Pris par Jacques Pelletier LtHKHTft fête ses vingt-cinq ans.Dans le contexte culturel et littéraire québécois, c'est beaucoup: un record de longévité sans doute, tout au moins, pour la période contemporaine.Cette durée exceptionnelle, à quoi la revue la doit-elle'.' Ou, pour po.ser la question autrement, quelle/s con-tnbutiori'S a-l-elle apportée/s au milieu culturel et littéraire québécois, pour que d'une certaine manière il se soit reconnu au fil des ans dans celte revue'.' Au moment où /aberfëparaît en janvier 1959, Cité Libre est la revue dominante dans le champ politique et culturel québécois; ses rédacteurs, critiques féroces du régime duplessiste, préconisent une [Kililique de modernisation s'appuyant sur les éléments suivants: démocratisation des institutions politiques, transformation de l'appareil scolaire pour tenir compte des réalités contemporaines, intervention plus grande de l'Ètat dans l'économie, etc.A Liberté on est d'accord avec ce programme socio-politique mais on met résolument l'ac-cenl sur les problèmes cul-lurels et littéraires, se dé-maniuant ainsi de Cité Libre.Kn juin 1960, suite à la victoire des libéraux de .lean Lesage, Cité tJbre se retrouve d'une certaine façon au pouvoir.Son rôle histo-ri(|ue terminé, son déclin irréversible s'amorce jusqu'à son agonie et à sa mort en 196S.Pendant ce temps.Liberté qui, à l'oCigine, s'était définie comme revue pan-canadienne, connaît une évolution rapide, devenant néo-na-tionali.ste dès le début des années 1960 s'inscrivant ainsi, à sa manière, dans le mouvement de fond oui traverse la société québécoise depuis lors.Cependant ce n'est pas elle, notons-le qui « invente » le néo-nationalisme; celui-ci apparaît dans de petits groupes de réflexion politique à la fin des années 19.50 et trouve sa première expression organisée consistante dans le RfN en 1960: Liberté prend le train en marche, Kn 1962 elle accueille dans ses pages Chamberland et Major qui exposent les principales articulations de ce qui deviendra quelques mois plus tard le programme de Parti Pris: indéjxmdance, socialisme, laïcisme.C'est cette revue qui met au point la « théorie » du socialisme LIBERTE fîberty freiheit libeHud libefclode ^Jjihc'dti décolonisateur, problématique centrale de la période dans le champ culturel, et qui s’impose comme la publication dominante durant les années 1960, celle dans laquelle on se reconnaît dans les milieux culturels ou dont, négativement, on se démarque.À Liberté, on est séduit, fasciné par Parti Pris; Acj^uin, Godbout y publieront meme quelques textes, devenant des collaborateurs occasionnels de la revue mais ne la ralliant pas.D’une certaine façon, ses rédacteurs développent, sans en être pleinement conscients, une position intermédiaire, à mi-chemin des « programmes » de Cité Libre — dont on partage les projets de réforme de la société québécoise — et de Parti Pris — dont on épouse le néo-nationalisme, en refusant toutefois la révolution.Pour faire vite, on pourrait caractériser la revue comme réformiste et nationaliste.Durant les années 1960, tout en continuant à publier régulièrement des textes de création et des chroniques littéraires.Liberté connaîtra donc une période d’engagement socio-politique: pour l’indépendance du Québec, pour le laïcisme — certains de ses membres comptant parmi les principaux animateurs du Mouvement laïque de langue française (le MLP’).Cependant, sur ce plan.Il faut bien dire qu'elle ne se retrouve pas vraiment à l’avant-garde, le terrain élant déjà occupé par Parti Pris Une UJ U ¦UJ P in Q 3 ï Z t n P t- > U- « ?Ul Z Z £ ='u Z N n J £ 33 ü Q O Î2 > J 955 qu on attend vraiment R.Martel (La Presse) tu Z » UJ « 'UJ E U O PASSER NOUS VOIR STAND 144 au salon du livre de Montréal dérives OdOvUkM brMtimH» Société Canadienne du Cancer Fernand Ouellette, l'un des pionniers de Liberté qui contribua à y entretenir la préoccupation littéraire.(Photo prise en 1978) On connaît la suite.En 1968, Parti Pris subit le même sort que Cité Libre dix ans plus tôt: au moment où ses idées triomphent, s’imposent largement dans le champ culturel et littéraire — aussi bien dans le cinéma, au théâtre, dans la chanson que dans la fiction romanesque — la revue s’éteint de sa belle mort en pleine gloire l’année même où le PQ est fondé.Liberté, pour sa part, sans faire de profession de foi explicite, se reconnaît dans le programme souverainiste et social-démocrate du PQ.Le néo-nationalisme désormais pris en charge par cette formation politique.Liberté intervient moins sur le plan politique et redevient ce qu’elle était à l’origine : une revue d’abord et avant tout culturelle et littéraire.Durant les années 1970, au moment de l’émergence puis de la montée des groupes marxiste-léninistes et de la mise sur pied de revues se situant dans leur sillage.Chroniques ei Stratégie notamment qui s’imposera comme la publication dominante de la période, celle qui en donnera le ton.Liberté ne se départira pas vraiment de son apolitisme; alors que durant les années 1960 elle se sentait concernée par les analyses de Parti Pris, elle demeurera indifférente aux interpellations, aux nouveaux questionnements véhiculés par les intellectuels de gauche des années 1970, se cantonnant délibérément dans la publication de textes de creation et d’analyse littéraire.En somme, bien qu’elle n’ait été à aucun moment en position dominante dans le champ socio culturel, Liberté existe toujours alors que les revues concurrentes durant les années 1960-1980, Cité Libre, Parti Pris et Stratégie ont, tour à tour disparu.Comment expliquer cette « victoire », cette longévité peu commune dans la tradition culturelle québécoise?Bien entendu on pourra évoquer, et non sans raison, le dynanisme de ses animateurs, du jeune Godbout du début des années 1960 au fringant François Ricard d’aujourd’hui.Mais la véritable cause de son succès, selon moi, ne réside pas là.Si Liberté a survécu et même élargi son audience au fil des années, c’est contrairement à ses concurrentes, elle ne s’est jamais vraiment située de façon conséquente — du- rant une longue période — sur le terrain socio-politique.Cité Libre meurt, je le rappelle, quand son « programme » est réalisé par la « Révolution tranquille », Parti Pris s’éteint quand le néo-natiônalisme trouve dans le PQ un véhicule efficace, Stratégie se saborde en 1977 au plus fort de la percée des groupes maxistes-léninis-tes: à chaque fois le changement de conjoncture signe l’arrêt de mort de la revue qui a le mieux exprimé la période, et partant, qui lui a — consciemment ou non — lié son sort.Or Liberté n’a lié son sort — bien qu’on ait pu parfois s’y tromper — ni à la Révolution tranquille, ni au néonationalisme et encore moins à l’avènement de la société socialiste.Ses préoccupations, des origines à aujourd’hui — sauf durant de courts moments — ont été essentiellement culturelles et littéraires.C’est ce qui ex-plique sa contribution somme toute modeste aux débats socio-politiques de ces vingt-cinq derrières années et ce qui pourrait apparaître, à première vue, comme paradoxal: sa pérennité.C’est la littérature, au fond, ou plutôt le fait qu’elle se soit tou-; jours d’abord située sur ce terrain-là, qui a « sauvé » cette revue; c’est, de manière encore plus précise, le fait qu’elle s’y soit tenue d’une façon ouverte, non-dogmatique, dans le cadre d’une orientation assez classique qui lui a permis de garder et d’élargir son public.N’ayant lié son avenir à aucun mouvement politique et littéraire, Liberté a donc pu survivre et croître alors que les revues concurrentes disparaissaient une à une au fil de la conjoncture.L’un dans l’autre, il reste que si cette revue a peu drainé d’eau au moulin dans les débats idéologiques qui ont traversé le Québec ces-deux dernières décennies, elle a néanmoins contribué à maintenir et suscité l’intérêt pour les questions culturelles et littéraires.C’est selon le point de vue que l’on privilégie — d’abord socio-politique ou d’abord culturo-lit-téraire — ses limites et son apport.EN COLLABORATION AVEC LA PRESSE, DANS LE CADRE DE SON CENTENAIRE LE SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL DU 8 AU 13 NOVEMBRE 1983 / PLACE BON AVENTURE MARDI 8 MERCREDI 9 JEUDI 10 VENDREDI 11 SAMEDI 12 DIMANCHE 13 de 17h.à 22h.de 12h.à 22h.de 12h.à 22h.de 12h.à 22h.de lOh.à 22h, de lOh.à 18h.CÉS'TËmA! Une soirée d'ouverture pleine de surprises vous attend le mardi 8 novembre, dès 17 heures.Entre autres, une chasse aux trésors, des spectacles, des expositions, des ateliers.Les jeunes aussi feront des découvertes EXTRAORDINAIRES.Des artistes du maquillage les transformeront en personnages de livres pour enfants.Dès le lendemain, et jusqu'au dimanche 13 novembre, vous pourrez assister ou participer à une foule d'autres activités captivantes: rencontres d'auteurs animées par Lise Payette, enregistrements d'émissions de télévision, encans, joute oratoire, etc. Le Devoir, samedi 5 novembre 1983 III un quart de siècle écriture Jean-Guy Pilon Poète et directeur (discret) de LIBER TÉ par Jacques Foich- Ribas J KAN-GUY PILON se cache derrière lui-même.Il a une pudeur que l’on ne trouve plus guère et qui vous empêche de vous sentir la conscience tranquille lorsque vous parlez de lui : vous allez le gêner.C’est ce qui m’arrive.Soyons tristes, très tristes, de devoir écrire sur un ami.Mais on me l’a demandé.Belle excuse.Alors, je vais essayer de la peindre en Directeur, comme je j’ai vu durant tant d’années.Déjà, depuis les débuts de Liberté, on pourra chercher aux sommaires de la revue la signature de Jean-Guy Pilon, et l’on verra que si elle y figure souvent, c'est en réalité sous des articles courts.Aucun abus de la position éditoriale, il est comme en retrait : quelques échos, des notes de lecture, parfois un poème.Frappant: c’est le Directeur qui écrit le moins.Mieux que frappant, édifiant.Vous fréquentiez cet homme-là durant des années, un quart de siècle, et jamais, pas une fois, pas une, vous ne le prendrez en « délit de lui-meme », attaché à pousser ses idées de l’avant, disant qu’il a écrit ceci ou cela, attirant l’attention sur une oeuvre qu’il aurait faite (au point que vous doutez qu’il en ait fait une).Dans la jungle des lettres « professionnelles » (comme on dit d’une fille de joie) c’est tellement étonnant qu’on soupçonne une malfaçon du portrait, quelque chose qui ne va pas, un « sfumato» un peu trop épais.Jean-Guy Pilon existe-t-il, vit-il à Montréal?Est-il écrivain?On le dit poète?.Il est le fondateur et le directeur de Liberté, voyons! Ah, bien.Il est vrai que lorsqu’on sait, ou qu’on soupçonne, ce que fut au cours des années LIBERTE fîbcrty freiheit llbeilad libefcicide l’équipe de Liberté (pas la revue, l’équipe) on peut commencer à s’inquiéter des qualités nécessaires à son directeur .Une équipe, et même plusieurs, de doux caractériels; la bande à Bonnot; des affreux; des tendres, des zombis, des secrets et des dissimulés ; il y en a qui louchent, d’autres qui tranchent, des tristes et des gais.Quelle engeance.Et parfois ils partent, et parfois ils reviennent.Une chapelle, dit-on.— Non, c’est une cathédrale, répondons-nous.On voit le genre.Alors: directeur de cela! Heureusement que le directeur a trouvé une méthode: faire parler les autres (aussi bien, nous de demandons pas mieux).L’a-t-il trouvée ou bien la portait-il en lui comme un héritage?J’opterais pour cette seconde hypothèse.Il écoute, il commente, il vous jette une remarque à laquelle vous n’aviez pas voulu penser et qui vous trouble, il éclate de rire (il a le rire communicatif), il assiste et U vous assiste.Et c’est ainsi qu’il recueille vos précieuses et géniales élucubrations qui prendront place dans la revue Liberté et rempliront de respect les générations futures.Bien.Mais lui?Il publiait, donc, de très courts textes.C’était souvent des remarques, des échos, des commentaires ou bien des présentations du numéro qui allait suivre : quelques lignes qui se voulaient anodines comme une carte de visite accompagnent le bouquet qu’on offre.Ou encore un hommage à un poète, à un ami: tout a coup on découvrait là une sensibilité grande, tendue, qui se retenait pourtant d’éclater trop fort.Et puis, naturellement, aux moments graves, un article important et souvent terriblement courageux.Mais il reste que Jean-Guy Pilon, vêtu en directeur, aura été le présentateur, l’offrant, le serviteur.Attendrissant service! (Le service bien fait m’a toujours attendri.) S’il est un trait de Jean-Guy Pilon qui est appuyé, c’est bien celui-là : il aime servir, suivre à la trace ce qui se passe et qu’U écoute et soupèse, et ajouter un verre par-ci, pour adoucir, une assiette par-là, pour conforter, et un cigare encore pour la béatitude des fins de partie.Alors, qu’on l’imagine en directeur! Recevant l’équipe de la revue (les équipes) ainsi que leurs invités, c’est-à-dire accueillant une bande d’olibrius dépenaillés qui veulent en découdre — quelques-uns — un quarteron de fendantissimes qui ont des choses définitives à dire, une paire ou deux de doux poètes emberlificotés, des politiciens, des renfrognés et des verbo-moteurs.Car ce fut cela.Liberté, et ce ne fut pas triste.Grâce à qui, sinon le service.« La ç'andeur de ma maison, disait Talleyrand, tient parfois à mes gens.» Tant pis pour cette touche du portrait qui peut paraître un peu crue, et si le Directeur passe pour avoir servi.Il aura servi, et bien servi.?Mais le malentendu se situe justement ici, lorsqu’on célèbre tout au long des années le directeur pour son excellente animation et son excellent service, et parfois avec des mots méprisants.Ce peut être méchant, et certains dont je suis ont été choqués à maintes reprises, par cette réduction: elle oublie qu’on peut être chef d’équipe ou chef d’orchestre que si l’on connaît la musique, le jeu de tous les instruments, l’orchestration et les lois d’harmonie.Bref, que si l’on est un artiste, et probablement le plus grand artiste de l’orchestre.En l’occurrence, Jean-Guy Pilon a été directeur durant plus de dix-sept ans, pour cent-un numéros.Il en a été le « fond d’idée », comme on dit d’un fond-de-sauce; pour s’en convaincre il suffit de lire les quelques excellents articles de pensée signés de lui, et surtout chacun des numéros spéciaux qu’il a mis en branle, orchestrés et dirigés.La liste serait logue et plusieurs textes de Jean-Guy Pilon sont déjà des pages d’anthologie.Je citerai seulement l’un d’eux, parce qu’il est daté d’octobre 1970, une époque durant laquelle il ne faisait pas bon parler de liberté.Après un article d’une vigueur extrême et d’un grand courage clairvoyant, il termine ainsi: « C’est sans doute la seule possibilité qui s’offre à nous: travailler avec amour à n’importe quoi de concret, dans l’espoir que nos gestes finiront par produire un miracle inespéré».C’est tout Jean-Guy Pilon, cette phrase, et c’est le programme courageux qu’il a suivi impeccablement.?Parfois, la revue n’avançait pas.C’est-à-dire qu’elle piétinait, pour des raisons diverses qu’il faudrait sans doute un livre pour expliquer.Nous la sortions quand même, et souvent dans ces Vient de paraître le roman tant attendu f K.' .K.-.''- V » üi » 3» des sa jjeuf'S .pst \e Québec - ^Vion et 'a .’ Le soel au5S> ?"rco:Seaoe1>esa.o.o.11 nrenb ^”,'1 y Éiditions Rerre Tisseyre en vente dans toutes les librairies y A f \ IM Photo Jacques Grenier époques querelleuses elle réussissait à donner le change, à faire croire que rien, même pas le drame d’une équipe ou pire, son désespoir, ne pouvaient l’entamer.Nous?Non, le directeur, qui soudain faisait pre-que tout.C’est arrivé souvent.Alors nous nous sommes pris à penser que Jean-Guy Pilon était le seul parmi nous à détester la dérision, c’est-à-dire le mépris qui fait partie de nous et même souvent nous cimente.Qu’il riait et se moquait avec nous, de nous-mêmes comme nous le faisions, mais qu’après, envolés les fumets envivrants des pirouettes, il reprenait la barre, et tout continuait.Je sais bien que c’est le propre du capitaine, mais enfin, quel capitaine! Un loup de mer, oui.Un caractère de cochon, une grande gueule, la rogne et la grogne, le bougon du til-lac, tous les cliche^s des romans de corsaires, on peut bien les lui appliquer, il les mérite j’en témoigne mais les faits sont là: avec tout cela le navire avançait.Parfois il faut se plaire aux faits.Jean-Guy Pilon est donc un animateur, un vrai, et il le fut d’instinct depuis le début.à une époque où le mot, je crois bien, n’existait même pas.C’est-à-dire quelqu’un qui veille quand les autres sommeillent, qui prépare la journée du lendemain et l’année qui suivra en n’oubliant pas le moindre détail, ces pe- tits détails qui soudent l'équipe, la font rire ou la distraient au besoin, et permettent à la machine de glisser roue sur roue avec un joli sifflement huilé, pendant un bonne vingtaine d’années.J’ai dit que je le peindrais en directeur.J’essaie, j'ai essayé.Avec tout cela, vous allez voir qu'on va encore l’oublier en poète.C’est embêtant.Avez-vous entendu Juliette Gréco récitant les poèmes de Jean-Guy Pilon?Je sais, c’est une aut re histoire.Ci-)oint ?chèque ?mandat postal Les Éditions Naaman C.P.697 Sherbrooke, Qué.J1H 5K5 L’IMPASSE de Lucille Roy La rencontre d’un Québécois et d’un Canadien français.Une quête d'identité passionnante qui .se poursuit à travers l’amitié et l’amour.Lhi roman qui bouleverse et fascine dés la première page.m VKNTK DANS LFS I.IBKAIKiKS SIHVANTFS; t'hampigiiv (iucrin UkIcs Flammarion t'aron f.d Paulines Cegep Ahuntsie Ccgep Dawson BON DE COMMANDE- Nom.Adresse.Code postal.Nombre d’exemplaires.Somme incluse.Prix: 6,00 $ L’IMPASSE BOREAL EXPRESS Kenneth McRoberts et Dale Posgate DEVELOPEMENTET MODERNISATION DU QUÉBEC 352 pages, 14,95$ Publie originellement en anglais, ce livre est considéré, à juste titre, comme une oeuvre magistrale, à coup sùr comme l’une des analyses les plus remarquables a paraître sur le Quebec contemporain depuis au moins dix ans Anthony Wilden SYSTÈME ET STRUCTURE Essais sur la communication et l'échange Traduit de l'anglais par Georges Khal LVII 685 pages, 27,50$ Une prodigieuse synthèse critique de la psychanalyse, de l'anthropologie, de la philosophie, de la linguistique, de la biologie, de la théorie de l'intor-mation et de la communication, de la cybernétique, des études marxiennes, de la littérature, de la pensée féministe Un outil fondamental dans le « pan de survivre au 20e siècle » Françoise Van Roey-Roux LA LITTÉRATURE INTIME DU QUÉBEC 256 pages, 12,95$ La première étude systématique des écrits à travers lesquels les Québécois.depuis deux siècles et demi, parlent d'abord d’eux-mémes Françoise Van Roey-Roux nous fait découvrir une étonnante production d'au-deia quatre cents oeuvres Qour-naux intimes, mémoires, souvenirs, autobiographies, correspondances) qui revelent les multiples facettes de la personnalité d'un peuple Jean-Paul Bernard LES RÉBELLIONS DE 1837-1838 352 pages, 17,50$ Un bilan remarquable des grandes 'theses qui ont divisé les historiens sur les événements qui ont probablement marque le plus pronfondément la mémoire collective des Québécois Liste des 2100 Patriotes — chronologie détaillée des événements Jean Hamelln al Jean Provencher BRÈVE HISTOIRE DU QUÉBEC 160 pages.7,50$ Une synthèse de l'histoire du Québec.depuis la Nouvelle-France )usqu a nos jours Un texte écrit dans une langue claire et accessible, agrémenté de nombreuses illustrations Jules Bélanger, Marc Desjardins et Yves Frenette HISTOIRE OE LA GASPÉSIE 808 pages, illuslré, édition brochée, 29,95$ édition reliée, 45,00$ L'histoire de la Gaspésie de la préhistoire jusqu'à nos jours Magnifique volume, abondamment illustre, réalisé en collaboration avec la Société historique de la Gaspesie et l’Institut québécois de recherche sur la culture Sous la direction de Jacques Dufresne et Jocelyn Jacques CRISE ET LEADERSHIP 336 pages, 14,95$ Des propositions parfois audacieuses mais concrètes, qui pourraient constituer un veritable programme de redressement dans la crise que traverse la société québécoise Paul-André Linteau, René Durocher et Jean-Claude Robert HISTQIRE DU QUÉBEC CONTEMPORAIN De la Confédération à la crise 664 pages.Illustré, 19,95$ Une grande synthèse de l'histoire contemporaine du Québec Le mouvement ouvrier, la situation des femmes.l’agriculture, les institutions religieuses, les conditions de vie et la production culturelle s'intégrent dans une vision d'ensemble de révolution de la société québécoise Jean Provencher La vie rurale traditionnelle dans la vallée du Saint-Laurent C'Etait le printemps avec la collaboration de Johanne Blanche! 240 pages.Illustré, 17,50$ C’ÉTAIT L’ÉTÉ 254 pages.Illustré, 17,50$ • Jean Provencher prend tous les moyens, les bons, pour rendre l'histoire attrayante » (Régis Tremblay, Le Soleil) •Ce qui aurait pu paraître un document compassé et ennuyeux devient une histoire vivante et rafraîchissante que l'on dévore comme un roman • (Corinne Cété-Lévesque.L Actualité) Antliaiy Widen sisiain IimI* eu» (ommunlc«tl«i* «t lEAN-rAUL »J(NAR1) l ES RÉBELLIONSl î 1.1837-1838 Kenneth HcRoherts Dnie iH»Sfale Dêvrioppcmcnl rl modrrnisatioii du Québec Lu litifmiuif inlimc till Qiu’Im Ne manquez pas de viniter notre «tand au SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL nos 244 • 245 • 246 du 8 au 13 novembre Le Devoir, samedi 5 novembre 1983 un quart de siècle d’écriture LIBERTE au présent Fidélité au questionnement et lieu de rencontre par François Ricard LK I’ASSÈ de l.iberté est précieux Mais contrairement à d'autres traditions, qui pèsent lourdement sur le présent, celle de l.itHnlé, [wur ceux d’entre nous qui y sont venus plus récemment, est essentiellement une tradition « légère », une tradition qui, à proprement parler, n’enseigne rien, n’impo,se aucun contenu défini, n’oblige à la répétition d’aucun message ni à la défense d’aucune vérité préétablie Au contraire, la tradition de l.iberté.s’il en est une, serait plutôt celle, justement, de la non-répélition, du refus des contenus déjà élaborés comme de toute vérité pesante Aussi la fidélité que commande une telle tradition est-elle une fidélité singulièrement exigeante, car elle ne s’accompagne pas de cet avantage ordinaire de la fi-débté, qui est de vous fourmr des réponses toutes prêtes pour les que,stion,s nouvelles, ou du moins certains modèles oour la compréhension du present Dans le cas de Li-iHTlé, c’est d’un type tout différent de fidélité qu’il s’agit, fidélité aux questions plutôt qu’aux réponses, ou mieux: au questionnement même, à r« attitude questionnante », dirais je, et à cette forme d’incroyance radicale qui consiste, en toutes matières, à ,se méfier des affirmations, surtout celles qui se donnent pour les plus simples ou les plus définitives Si l’on me demandait, par conséquent, de définir les « positions » de Liberté au jourd’hui, je commencerais par me défiler, rien n’étant plus contraire à notre travail que les définitions péremptoires Mais SI l’on insistait, je finirais par mettre au tout premier plan, avant quelque ' idée ou contenu que ce soit.LIBERTE liberty freiheit lilHilad libcKlode OJiU cette exigence critique, que l’un de nous, un soir, exprimait à peu près ainsi: « 11 faut se méfier de ce qui est simple, et tenter plutôt de compliquer, d’aggraver les choses, de les voir sous leur côté le plus problématique, » À quoi j’ajouterais: et tabler à fond sur l’intelligence comme faculté de doute, d’i-ronie, de lucidité, sur l’intelligence comme distante et, justement, comme liberté Mais pour être vraiment complet, je devrais aussi dire: sur l’intelligence littéraire, l’intelligence telle que la permet et la module la lit- Ftancois liiatid est membre (tu comité (le réduction de Liberté depuis 1975 et directeur depuis 1990 /lu comité de réduction uppurhennent uussi André lielleuu.Jacques Foich liibus.Jacques Codbout, François Hébert, llené Lapierre.Hobeit Mélunçon.Fernand Ouellette et Yvon Itivard (.secrétaire de rédaction) térature.C’est par la littérature, en effet, par !’« écriture de la pensée », que s’exerce cette critique, et c’est donc toujours en écrivains, d’abord et avant tout, que nous tenons à aborder nos objets, ceux-ci pouvant dès lors être d’une diversité quasi illimitée, puisque rien en principe n’est étranger à cet effort d’élucidation critique dont je parle.Nous croyons en effet que SI la littérature ne peut pas tout, elle permet du moins de tout tenter, et que l’intelligence qui y est à l’oeuvre, intelligence qui est avant tout une conscience des discours, de leur présence, de leur fonctionnement et de leurs diverses dissimulations, que cette intelligence, donc, a voix au chapitre, même là où on l’aurait crue sans voix.C’est ce qui fait, par exemple, qu’en plus de consacrer certains numéros à faire une sorte de retour ironique sur cette littérature elle-même que nous pratiquons (n° 134 sur l’institution littéraire québécoise, n° 145 sur les pa,stiches d’écrivains québécois), nous préparons aussi des numéros sur des thèmes apparemment éloignés de la pure littérature, comme la télévision commerciale (n° 141), l’historiographie (n° 147) ou ce qu’on pourrait appeler les mythes et courants de la culture (n° 138 Haïr la France, n° 142: Castaneda).Là où circulent du discours et du langage, là s’étend notre territoire.C’est-à-dire à peu près partout.Mais voilà que je me suis beaucoup avancé en écrivant ce que je viens d’écrire, et qui risque de passer pour une déclaration de principes ou pour un quelconque credo, ce qui serait tout à fait contraire non seulement à l’esprit de la revue, mais à sa réalité même.On lira donc tout ce qui précède avec un grain de sel.Car en fait, je ne saurais plus que personne parler au nom des autres, ni ramener à mon seul point de vue le travail d’une équipe essentiellement plurielle, où chacun poursuit librement sa propre réflexion, tout en con-.sentant cependant — et c’est par là seulement que la revue devient possible — à ce que sa réflexion rencontre celle des autres, sans s’y aligner, sans s’y fondre d’aucune manière, qu’elle la rencontre seulement, et qu’elle se laisse accompagner, inquiéter, au besoin contester ou contredire par l’autre.Fin fin de compte, il n’y a pas, ou guère, de position communes a Liberté, mais il y a, par contre, ce que j’appellerais une communauté d’échanges, de recherche, un dialogue et, très certainement, une amitié.Cette diversité, cette sorte de « tolérance » est encore accentuée par le fait que Liberté n’émane pas seulement de son comité de rédaction.S’y rencontrent aussi bien d’autres voix: celles des chroniqueurs réguhers (à qui nous tenons comme à la prunelle de nos yeux ), celles des auteurs (jeunes et moins jeunes) qui nous envoient de leurs textes, et celles aussi des autres pays.Liberté s’é-tant toujours voulue une fenêtre ouverte, du monde vers le Québec, du Québec vers le monde D’où nos numéros récents sur les écrivains étrangers (n° 121: Milan Kundera, n° 128: Julio Cortazar, sur VAllemagne (n° 143), sur la Tchécoslovaquie (n° 149).Mais ce qui rend surtout très difficile la tâche de décrire le présent de Liberté, c’est que ce présent bouge constamment.Une revue comme Liberté, à vrai dire, n’existe pas en dehors de chacun de ses numéros particuliers, qui est à chaque fois une aventure nouvelle, unique, modifiant tout ce qui s’est fait jusque-là à la revue et instaurant un état de choses que modifiera aussitôt le numéro à venir.On pourrait dire, en ce sens, qu’il n’y a pas de « théorie » de Liberté, qu’il n’y a qu’une « pratique », et que c’est dans cette pra-tique seulement, avec ses permanences et ses ruptures.que se compose et se refait sans cesse une théorie, aussitôt périmée que formulée.F’aire une revue, c’est travailler continuellement dans le provisoire, c’est jouer le jeu de la périodicité et de ce qu’on pourrait appeler la suite inlassable du discon- tinu.Travail tantôt exaltant, tantôt désespérant, mais le plus proche, au fond, du mouvement naturel de l’esprit, qui est de s’approfondir dans la diversité.Ainsi, une revue ne se maintient que dans le mouvement.C’est par excellence le lieu de Vessai, dans tous les sens du terme : un heu où la pensée, Técnture, le style, la théorie, ta critique, la création, « se mettent à l’essai », acceptent de se donner comme inachevés, partiels, encore en voie de formation, et donc sujets à d’éventuelles révisions et contradictions.Écrire dans une revue, de même que lire une revue, c’est consentir à cette mouvance, à ce déploiement de l’esprit dans le temps, parmi les aléas des circonstances et« du changement: work in progress.NATMJE PETROWSKI « Lorsqu'on me demande ce que je fais dans la vie, j'hésite avant de répondre journaliste.Journaliste, d'accord! Mais à ma façon.Journaliste en autant que je peux décrire la réalité telle qu'elle se présente à moi, sans faux-fuyants, sans faire semblant, sans autocensure, sans ménager les mots ou chercher à protéger l'image, l'étiquette ou la marque de commerce de qui que ce soit.» En vente en librairie (12,95$) Venez rencontrer Nathalie Petrowski au kiosque 117, les II et 12 novembre à 19 h EDITIONS SAINT-MARTIN 5089 Garnier, Montréal, H2J 3T1 — Tél.: 525-4346 Éditions du Préambule I69, rue Labontç, Longueuil (Québec) J4H 2P6 Tél.: (514) 651-3646 Philosophie Distributeur exclusif pour le Canada: Agence du Livre Inc., 1246, rue St-Denis, Montréal (Québec) H2X 3:16 Tél.: (514) 843-3361 NOUVEAUTES Science-fiction —r/ Fantastique C latklc' (îagntm iùiquélcs au PnK’hc-üccident Le recommencement du monde par Paul Chamberland 216 pages 13,75$ ISBN: 2-89133-0.39-0 1 e célébré auteur québécois nous présenté ICI une l.irge Iresque mystérieuse de sa redécouverte du monde Dominance, essai de sociologie sur l'inégalité et la tromperie par Claude i.agadec 220 pages 14,75$ ISBN.2-89I33-031-.5 À PARAI 1 Rh PROCHAINEMLN I Ibi des tout premier livres de sociobiologie écrit en langue Iranyaise.Une vaste synthèse des principaux courants accompagne d’une analyse critique Enquêtes au Proche-Orient par Claude Gagnon 264 pages 14,75$ ISBN: 2-89133-032-3 Cet essai philosophique pose un regard neul et original sur le monde qui est le nôtre et sur notre culture À quoi bon la philosophie?par Gilles Lane 120 pages 9,95$ ISBN.2-89133-027-7 ' Retlexion solide et oiiginale sur le dessin de la philosophie et sur sa méthode de connaissance du reel Claude f.agudec Aurores boréales I anthologie québécoise de science-fiction sous la direction de Norbert Spehner 236 pages 10,95$ ISBN: 2-89133-040-4 Cette anthologie est un recueil de 10 récits écrits par des auteurs québécois.Panorama remarquable de la science-fiction d’ici.Quand vient la nuit par Daniel Sernine 270 pages 9,95$ ISBN: 2-89133-041-2 Ce premier volume de la collection de fantastique «Chroniques de l’au-delà» est un ensemble de longs récits écrits par un des jeunes auteurs québécois les plus talentueux.Les Méandres du temps par Daniel Sernine 360 pages 13,95$ ISBN : 2-89133-033-1 La perlection de l’écriture jointe à l’originalité du sujet font de ce long roman une œuvre de tout premier plan dans le monde de la science-fiction.Poésie iTançots Réverbérations Roman Où j’ai ir.ihi t.'int vie légenvlos Réverbérations par François D’Apollonia 100 pages 8,95$ ISBN.2-89133-0.30-7 1 otite la maîtrise linguistique et stylistique d'un remarquable auteur en quête d’ecriture et de mystère.OÙ j'ai trahi tant de légendes pur Gilbert Moore 96 pages 8,95$ ISBN: 2-89133-0.36-6 1 ’auteur de l’Lxodc ardent revient ,'i sa première source d'inspiration où il est surtout question d’amour et de recherche du sans.Par monts et par mots par Bernard Noel 120 pages 8,95$ ISBN: 2-89133-037-4 La dimension lantaisiste des ob)ets au service d’un univers poétique et d’un récit cadencé «su- vL t iq” Bella, ou l'odalisque à l'esclave par Jean-Claude Lalanne-Cassou 150 pages 7,50$ ISBN: 2-89133-Ü.34-X A la lois intrigue et enquête, cet excellent roman comblera les amateurs du genre pat son style limpide, ses connotations sensuelles et son univers mvstéricux. Le Devoir, samedi 5 novembre 1983 un quart de siècle d’écriture Hubert Aquin, mort ou vif .il aidait à articuler une pensée globale par Michèle Lalonde PARTOUT où je m’adonne à passer, m’a-voua-l-il un jour sur le ton mi-déconcerté, mi-laco-nique de qui aperçoit son destin, j’ai le don, semble-t-il, de provoquer des tensions ».De ce talent singulier, il fit son esthétique de l’existence et une sorte de vocation.Mort ou vif, il dérangera toujours.Agitateur philosophique, troubleur de bonne conscience, perturbateur profond.À vrai dire, il se décrivait mal ou trop succinctement; il avait avant tout le don de provoquer la passion, la tendresse exaltée des femmes, l’amitié masculine intense, peut-être bien traversée là aussi de fascination amoureuse.Il laissa, au bout de sa vie, la réputation d’un neurasthénique secoué de séismes, hors de contrôle et hors de combat mais la difficulté de la société québécoise à contenir ses individus d’exception y fut peut-être pour quelque chose.Il mit la critique littéraire en extase et, comme trop occupée à fêter son avènement, elle fut d’autant impuissante à le sécuriser.Sa propre capacité de pondération, sa rigueur d’ana- LIBERTE liberty llbrnuil iibefclocle 7., lyse, l’exactitude de son savoir, étaient un bonheur pour l’esprit et si l’effet de tout cela laissait indifférent, son humour extravagant, qui prenait appui sur un sens de l’absurde et une façon bien à lui de passer de la métaphore à la construction allégorique délirante, achevait de séduire.Jamais on n’oubliait l’éclat de son rire ni le quart d’heure de retentissante gaiété passé en sa compagnie.Il n’était aucunement le MARIE IGUAÏ lA VIE lA POESIE entretiens avec Jean Royer « Une rencontre où la poésie a le courage de la vie.» Fcmc i.lc.s cmroiicns réalises pv>ur le film de Jean-Claude L.ibreeque, produit par TOnice national du film.Avec une photographie de Stephan Kovacs.Maintenant disponible en édition courante au prix de 1 1.95 $ Encore quelques exemplaires disponibles sur papier fait main, signes et numerotes.au prix de 38S.(Chèques et mandats acceptés).En vente chez l'éditeur.560 Champagneur, Outremont.H2V 3P5 Aussi disponible dans les librairies Elammarion (rue Université), Hermès, Trillium, etc.EDITIONS SILENCE (DeUs/e^ vous, eres Qaéeécoi^ ?seul dans l’équipe à briller de plusieurs feux.Au plus sérieux de la discussion politique ou métaphysique, comme dans l’art de la digression désopilante, il trouva à Liberté, je pense, ses interlocuteurs naturels, agiles à donner la réplique.J’étais l’unique représentante féminine au comité de direction et la benjamine.Aussi bienvenue, entourée et libre d’expression qu’on peut l’imaginer et, en meme temps, comme intrinsèquement hors du coup et secrètement à l’écart.Essentiellement, ce lieu d’échanges intellectuels tonifiant et toujours agréable était une confrérie et je mis longtemps à comprendre, même avec le recul et l’éloignement, que l’éthique et la mystique de l’amitié qui unissait le groupe comme un pacte du sang, tenait, de loin, à cette consanguinité culturelle exclusive, complètement étrangère aux filles même convenablement équipées de diplômes: le curriculum d’humanités classiques masculin.La composition quasi-unisexe de Liberté remonte au tournant des années soixante et peut s’expliquer comme il plaît.Je la signale simplement parce qu’elle n’est pas sans rapport avec l’approche littéraire et socio-culturelle propre à la revue et le type de distanciation critique qu’on voulait pratiquer.Les maisons d’enseignement réservées aux garçons dispensaient tout compte fait, je pouvais admirer cela, une formation privilégiée, laissaient une méthode de travail, une syntaxe nette, des disciplines, et, nonobstant les petiteses reprochées aux maîtres à penser, une réelle aisance à articuler des concepts et soutenir un argument.Elles imprimaient aussi, apparemment, des circuits oedipiens particulièrement douloureux, des souvenirs précis et encore indignés d’opression cléricale et, par effet de saturation, une sainte horreur de toute espèce de dirigisme de conscience et de pensée totalitaire.En même temps, une sorte de répulsion à l’idée de se croire, sous prétexte d’appartenir à quelque nouvelle fournée d’éUte dirigeante, investi de mission sociale ou politique sacrée.Ce dernier trait est particulier à Liberté et décrit sans doute mieux que n’importe quelle juxtaposition de portraits individuels le groupe d’hommes qui fit durer la revue.Essen- B£d III FtXJ^QOol '^OCTAVE'''' U EUH,.DELtX AiSüMG COUP sue.coup, c'Esrbeaucoup oeTteüs/AtL ÿ OU\ DU TRAVAIL.'A BCANCHE euh.Tour D£\/ieNQREZ.-VOüS AUSii cÉLÈêeE cpu'A&Téeiy., LMCkv ùOkE, ._ E>0UL£ et ê.l^j SC^P-OÜtAPPS^Wç^ £NS>EtA6,L£.TtNTiN,,, Y CHACUN ^éPAPÉtAEUr BuaEG^uoi AJEZ-^ous um nez P 'C'ESTLA Fauve.A DUStQA^l fbuPQUOÎ fAPLEZ^VOUS corns ÇA y) ÇA c'ssr CA Faute À BROCHU ! Vous AVEZ PAüTPES atUE^n'ONS P VENEZ Nous., va H Au EALoN PU AtVRE 0£ MauTREAL Les 11 ET 12 NO/£P\8RE.Au SÎANP DU (^QOUPC DlMEPk BRochü er Pü6RafA Ne manquez pas de visiter notre stand au SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL nos 244 - 245 - 246 du 8 au 13 novembre La société est remise en question par des formes nouvelles d'intervention et d'organisation.C'est à la description ét à l'analyse de,ces pratiques sociales qu'est consacrée la revue internationale d’action communautaire 10/ Mouvements alternatifs et crise de l’État Transformation des mouvements sociaux, luttes pour l'autonomie, crise de l'État, où sont les alternatives?revue internationale d’action communautaire 91 Éducations permanentes en mouvement?Vie quotidienne, chômage, formation continue, l'éducation permanente eh mutation?revue internationale d’action communautaire 8/Jeunes et chômage Chômage des jeunes, enjeux actuels de l’emploi, crise du travail , l'école pour éviter le pire?revue internationale d’action communautaire 71 Travailler le social Institutions bloquées, pratiques sociales parallèles, CISC, Psychiatrie alternative, où s'en va le social?revue internationale d’action communautaire 61 Médias corn* munautaiies ou médias libres?51 La recherche action : enjeux et pratiques 41 Logement et luttes urbaines 31 Formation et éducation populaire Chaque numéro : de 15 à 25 articles québécois et Internationaux.Plus de 200 pages.Le numéro : 10 $.Abonnement (2 no) : 16 S Institutions : 24 $ ÉDITIONS SAINT- UARTIN Chèque à l'ordre de Rev.Int d'action communautaire Éditions Saint-Martin.5089 Garnier.Montréal H2J 3T1, tél.525^4346 revue internationale d’action communautaire Le Devoir, samedi 5 novembre 1983 le salon du livre de montréal COURRIER LE DEVOIR a sollicité d’une trentaine d'abonnés de la revue Liberté, certains étant des inconditionnels depuis les premiers numéros, quelques commentaires Les quatre brèves lettres qui nous sont parvenues sont éloquentes Jacques Blais, professeur à l’Université Laval, y trouve satisfaction en raison d’une conjonction création-humour-émotion.Penny Benarrosh, professeure à McGill, apprécie dans Liberté l’absence de nombrilisme et signale un paradoxe voulant que seuls des Québécois de « vieille souche » forment le noyau de collaborateurs, André Bachand, professeur à l’Université de Montréal, se félicite que cette revue soit rarement terne et souhaite que paraisse une anthologie des meilleurs textes de Liberté.Quant à Estelle Nepveu-Bilodeau, en plus de vouloir que des femmes accèdent plus fréquemment à ce cénacle, elle signale que le théâtre, la radio, la télévision et le cinéma pourraient plus fréquemmentt attirer l'attention du comité de rédaction de Liberté.Bien sûr, l’échantillonnage aurait pu se taire plus « scientifique ».Il s’agissait de sonder si, parmi le bassin de fidèles d’une telle revue se retrouveraient des lecteurs critiques pouvant suggérer à une équipe, non dogmatique par principe, des créneaux neufs, des modulations nouvelles sur ce cri de « liberté ».L’une des personnes contactées au téléphone s’est rappelé que l’Uruguay possédait sa prison « Libertad ».mais qu’ici les conditions semblaient rassemblées pour que ne soit pas subverti l’appétit de liberté et pour que ne triomphe pas la « langue de bois »! — C.T.B Un instrument de connaissance CK QU K je pense de Liberté.Pour moi, l.iherté.c’est un document de haute tenue littéraire, un instrument très important de connaissance, de réflexion, en même temps qu’une nourriture pour l’esprit.l’airne y retrouver des textes d’écrivains: poèmes, contes, récits, nouvelles, fragments de romans, etc., mais aussi des comptes rendus, des analyses, des chroniques, des essais consacrés à l’oeuvre globale d’un écrivain, qu’il (ou qu’elle) .soit du Québec ou de l’étranger.Liberté m’a d’ailleurs fait découvrir — ou mieux connaître — des écrivains comme Kundera, René Char, Milosz, Castaneda, etc.l’attends avec impatience une étude de l’oeuvre de William Ciolding dont j’ignorais l’existence avant la récente attribution du prix Notx*l.Parmi les numéros que j’ai le jilus ajipréciés, j’ai noté « 1,’hi.stoire vécue » (no 147) Nos écrivains par eux-mêmes (no 14.5) et le no !.‘f4 consacré â « i-’Institution littéraire québécoise».J’ai bt'au-couj) moins pri.sé le verbiage (isychanalytique du no 1.16; « Le .sacré, la littérature et le jirofane ».•le souhaite qu’on apporte une attention accrue au cinéma, au théâtre, à la radio et à la télévision dont la base même de la substance est l’écrit Il faudrait en outre pous ser encore plus loin la réflexion sur révolution socio-cul-turelle et socio-politique du Québec à l’heure du virage technologique.Kt finalement SI Liberté donnait plus la parole aux femmes, celles-ci C’était en 1959 l.’IN'l'KN'riON des dix premiers membres de la rédac-tion de Liberté était d’en faire une revue pancana-dienne, non bilingue toutefois.Voici un extrait de la Présentation du Vol.1, No 1 daté de janvier-février 19,59, où les rédacteurs avouent s’adresser davantage aux universitaires et aux écrivains: •k « Liberté 59 est un centre de di-scu.ssion des problèmes culturels qui compte accueillir toutes les pensées valables et favoriser le t\jalogue.Klle n'est pas l’organe d’un groupe fermé mais, au contraire, se veut ouverte à tous ceux qui ont quelque chose à dire, ( ela imp’orte d’autant plus que les problèmes si nombreux, graves et urgents du Canada français provoquent des prises de position et révèlent des attitudes où l’objectivité, trop souvent, ne trouve pas son compte.« Aux articles de fond sur les questions culturelles — le champ en est très vaste — s’ajouteront des documents nécessaires pour bien saisir toutes les nuances de cet inventaire de notre milieu que nous serons appelés à dresser peu à peu avec la collaboration des écrivains et des universitaires.« l.iberté 59esl une revue nationale et à cette fin, elle désire s’assurer la collaboration des intellectuels canadiens, qu’ils soient de Montréal, de Winnipeg ou de Vancouver.11 faut préciser, cependant, que ce n’est pas une revue bilingue mais d’une revue de langue française à laquelle pourront collaborer nos confrères de langue anglaise par des articles traduit.s.« Cette énumération des buts de la revue, ce court ré-’ sumé de la politique qu’elle entend suivre expliquent déjà le choix du titre.Ajoutons seulement que nous avons retenu le mot Liberté parce qu’il s’e.st impo.sé avec une telle force et une telle urgence que toutes les autres suggestions paraissaient futiles.« I,’équipe de la revue, on s’en rendra compte en lisant le bloc de l’éditorial, se compose de jeunes écrivains qui n’ont pas ou ont à peine dé-pa.s.sé la trentaine.Ils veulent con.sacrer tous leurs efforts à faire de cette revue une publication de qualité.».( Dès l’origine, I.ibertéen-tendait ouvrir ses amis et lecteurs aux arts plastiques, offrant sérigraphie, eau-forte ou gravure à ceux qui s’abonnaient à la revue).pourraient contribuer à inculquer un second souffle à la revuequi entreprend une nouvelle étape après 25 ans d’existence.— ESTELLE NEPVEU-BILODEAU B Esprits libres, non homogènes A 1,’HKURK où certain parti communiste prétend nous persuader qu’il se refuse à commettre des crimes pour promouvoir ses intérêts, où des catholiques légitiment l’assassinat politique, où des syndicalistes disent solidarité pour esclavage tandis que des pacifistes jouent le jeu des bellicistes, où la dévaluation de la vérité se poursuit de concert avec l’inflation de la force, où des scientifiques de la culture attribuent à l’ordinateur l’âme qu’ils ou elles retirent à l’être humain, il n’est certes pas mutile qu’un groupe surtout pas homogène d’esprits libres persistent, au Québec, à publier une revue comme la revue Liberté, qui adopte à l’égard des comportements socio culturels une attitude critique ouverte, la plus dégagée qu’il soit possible des modes et des consignes issues des idéologies aussi bien que des imagologies, favorable à l’activité créatrice qui atteste des valeurs de l’ici et du maintenant, médiatrice de ces écrivains d’autres pays qu’anime le même généreux désir de défier les appareils de pouvoir, tout cela avec la belle complicité d’une écriture vivante, directe, offrant comme de surcroît de réels bonheurs d’expression, fai.sant bon accueil a l’émotion comme à l’humour.Aucune revue ne porte mieux .son nom.— JACQUES BLAIS professeur de littérature à l’Université Laval B Ni hermétisme ni nombrilisme SÉ DU LSANTK par sa diversité et aussi captivante par les questionnements multiples.La revue Liberté ouvre .ses pages à la critique littéraire, au récit impressionniste, à la découverte d’autres cultures, et ce, sans jamais céder à la vogue déroutante qui place le savoir dans l’hermétisme linguistique.Par sa facture comme par les sujets traités, la revue me paraît intimement liée à un « renouveau » intellectuel au Québec fondé (peut-être) sur un paradoxe: à la fois (pardonnez-moi l’expression) le dépassement d’un nombrilisme qui sévissait encore il y a une dizaine d’années et la recherche inquiète d’une redéfinition, ouverte cette fois, de modes de pensée jamais dépourvus de marques de sensibilité.N’y aurait-il pas là volonté de cerner, sans la figer, l’« âme québécoise »?Serait-ce la raison pour laquelle apparemment seuls les intellectuels québécois de vieille souche sont admis parmi les rangs des rédacteurs?Unique réserve: l’ambiguïté qui tient à la combinaison du monolithisme du groupe d’écrivains et de l’universalité, voire du caractère multidimensionnel, des champs de réflexion.Mais ceci ne gâte en rien la qualité de l.iberté qui contribue certainement à stimuler les esprits et à faire reculer les frontières de la connaissance.— PENNY BENNARROSH B Le temps qui dure SON NOM, Liberté, devrait lui attirer de nombreux lecteurs.Abonné depuis vingt ans, j’y ai trouvé une variété de textes et de genres, à l’occasion passionnants, souvent stimulants, parfois irritants, rarement ternes, les écrivains et les penseurs doivent l’estimer puisque depuis vingt ans, rares sont nos maîtres à penser, petits ou grands auteurs qui n’y aient signé un texte.L’humour n’en est pas absent, notamment dans le numéro « Nos écrivains par nous-mêmes ».Pour résumer.Liberté, c’est à la fois le « temps qui passe et le temps qui dure ».A quand une anthologie des meilleurs textes de Liberté ?— ANDRÉ BACHAND Dans le cadre du Salon du livre de Montréal VENEZ FAIRE UNE RENCONTRE ENRICHISSANTE AVEC DES AUTEURS DE QUÉBEC SCIENCE ÉDITEUR FOISFIiENDRE LE TEMPS DftrBEMIEOX DES ANIMAUX MALADES DELHOMME?C’est un rendez-vous avec Jean-Claude Jay-Rayon.auteur de POUR PRENDRE LE TEMPS D’ÊTRE MIEUX le 11 novembre de H heures à 16 heures 30 , et de 19 heures à 22 heures.avec Claude Villeneuve, auteur de DES ANIMAUX MALADES DE L’HOMME?le 12 novembre de 14 heures à 16 heures 30 et de 19 heures à 22 heures.avec Prançoi.( Picard et Danielle Shatv.auteurs de L’ORDINATEUR APPRIVOISÉ le 13 novembre de 13 heures 30 à 18 heures.Numéros de kiosques: 247-248 3 FLEURUS NOUVEAUTÉS ! ‘t9 \ ABONNEMENT LES NATIONS AUTOCHTONES LES OUESTIONS CONSTITUTIDNNELLES L£S OERS POUR IE6USE 1 an (10 nos): à l’étranger: 12,50$ 20,00$ Nom.Adresse.DESUVRES^FCMMES .Code postal.8100 St-Laurent Montréal H2P 2L9 (514) 387-2541 En vente dans les librairies et dans les meilleurs kiosques 20 nVMN , YlVEm LE BONHOMME DE NEIGE Granger DISTRIBUTEUR exclusif COLl.SFRÏBIS « Renard fait bande à part » Texte et dessins de J-L.Pesch 2t X 29/ broché/48 pages couleurs - ' 5,50$ a ( OI L.BOHEMOND DE SAINT-GILLES .No 4.L'C>r des Croisés Texte de Pierre Marin et Affdré Jiiillard Dessins d’André Juillard 23.5 X 29/ cartonné/ 48 pages couleurs 6,95$ NOUVELLES BOUGIES série lOI no 179 ' 15 X 18/broché/ 96 pages , .8.95$ FILER lA LAINE, lA TEINDRE.L’UTILISER Série lOI no 180 15 X 18 / broché/ 96 pages 8.95$ FLEURS NATURALISÉES, Fleurs en volume et en couleurs Savoir Créer no 45 17.5 X 19/ broché/ 144 pages 12,15$ SYLVAIN ET SYLVETTETI EURETTE no 19 Bon 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Cremazie Ouest Montreal.Québec H2P 2S4 Tel (6141 339-3561 lililAlil* tWTI0ri5 HflflnflN C P 697 SHERBROOKE(Québec.Canadi) J1H 6KS Tél.(819) 563-1117 OBJECTIFS f^ÿbmwmaitv Créées en 1973, et continuant Cosmos qui remonte à 1969, les Éditions Naaman de Sherbrooke œuvrent sut les plans régional, provincial, national, continental et universel.Dirigées pat le profe.sscur Antoine Naaman secondé par une pléiade de spécialistes, elles se proposent, entre autres, de promouvoir l’écriture française et de favoriser le dialogue entre les différentes cultures et civilisations.Elles croient au pluralisn\e et à l’équivalence des valeurs.'D’AUTRÉS ACTIVITÉS Les Éditions Naaman gèrent Naaman Dilif, Les Alf (association créée en 1977), la | revue Écriture française dans le monde et Le Cédalf de Sherbrooke.| Donnez un cad«au UNICEF à un ami •t aidez un enfant.UNICEF ne fait pas uniquement des cartes pour les fêtes UNICEF offre également tout un choix de cartes toutes occasions, reproductions d oeuvres d artistes du monde entier et une très jolie gamme d articles de papeterie Faites-vous plaisir, faites plaisir à un ami et aidez un enfant Achetez un cadeau UNICEF au-jourd hui Pour obtenir notre cetalogue oretuitement.composez sans frais 1-800-268-6362 Demandez ie téléphoniste 508 unHeaf DOCUMENTATION SUR DEMANDE Le catalogue Auteurs de langue française (80p.) et les Listes de titres groupés (32p.) .sont gracieusement envoyés, sur demande.Les domaines couverts sont: l’Afrique noire, les .Amériques, les Antilles, le Monde arabe méditerranéen (le Maghreb et le Machreq), l'Asie et [’Oceanic, le Canada, le Québec, l’Europe, la I-'rance, les classes d’immersion (français langue étrangère), des titres de langue anglaise et d’auteurs néo-canadiens, etc.nouveautés JANVIER-DÉCEMBRE 1983 41 titres; 1 Naaman Dilif; 3 rééditions Collection AMORCES • N” 27.Martin (iirou\ (Sherbrooke/Mnnl real) l't ro de rien, freindraprose.Dessins par r-'uteur, 104p.ISBN 2 - 89040 - 254 - 1 $6,00 > N° 28 Titus Nguiagain (Québec,/ï’joun-dé) A la recherche d'un viatique, to,saire poctico-philosophique.poésie et prose, l’réfacc de Adanuni Ndam Njoya, e.\-mimstre camerounais de l'Education' nationale, 8Ûp.ISBN 2 - 89040- 265 • 7 $5,00 > N" 29.Aline Marcoux-lnbrie (Thetford Mines).Pays et Bastringue, poèmes et chansons.Prélude par Henri Guillemin, 56p.ISBN 2 - 89040- 272-X $4,00 ' N" 30.Monellc Parcnt-BeUilc (Rimouski).l es Ailes de la tendresse, poèmes, 104p.ISBN 2 - 89040 - 273 - 8 $6,00 N" 31.André Leduc (Ottawa).La Rose noire, poèmes.Présentation par Robert Vigneault.8üp.ISBN 2 - 89040-274-6 $5,00 ' N” 32.I abienne Domingue (Plcssisville).Valse derrière la pluie, poèmes, 56p.ISBN 2 - 89040-275 - 4 $4,00 Collection ANTHOLOGIES • N® 3.Anthologie de nouvelles biélorusses.Dix-huit auteurs.Introduction par Ivan Navüumenka.Notes biobibliographiques, 220p.Collection Unesco d’oeuvres représentatives.ISBN 2-89040-261 - 4 $15,00 Collection CRÉATION • N® 118.Claudine Deleu/.c (Baudou.x, Chi- coutimi), La chair Le verbe, roman, 132p.ISBN 2 - 89040 - 237 - 1 $6,00 •N® 119.Jean-Paul Mauranges (Québec/ Tassin).Visages et Harmoniques, poésie, 96p.ISBN 2-89040-239 - 8 $5.00 • N® 120, Salïa Ketou (Zohra Rabhi, Alger).La Planète mauve et autres nouvelles, 144p.ISBN 2- 89040 - 240 - 1 $7,00 • N* 8 (réédition).Tahar Djaout (Alger) Solstice barbelé, poésie.64p.ISBN 2 - 89040 - 060 - 3 $4,00 • N® 44 (réédition).Salïa Ketou (Zohra Rabhi.Alger).Amie Cithare, poèmes, 80p.ISBN 2 - 89040-001 - 8 $5,00 •N* 121.Ghislain Landry (Sherbrooke).Les Inutiles, poèmes illustrés, 128p.ISBN 2 -89040-244-4 $6,00 •N® 122.Danièle Simpson (Montréal).Je cours plus vite que la lycose, poèmes illustrés.Dessins par Jacques Tremblay, 64 p.ISBN 2-89040- 245 - 2 $4,00 • N® 123.Lise Vekeman (Québec), Comme marge entamée, poèmes illustrés.Dessins par Christine Roy-Vekeman, 64p.ISBN 2 -89040 - 247 - 7 $4,00 •N® 124.Contes et nouvelles de langue française.Concours 5.Sept auteurs: d’Afrique (2).de Belgique (3) et du Québec (2), 144p, ISBN 2 -89040 - 241 - X $7,00 Date limite pour l’envoi de manuscrits pour le concours6: novembre 1984.• N® 125.Pierre Léon (Toronto).Les Mots d’Arlequin, petits poèmes pour rire et pour chanter.Dessins par l’auteur, 80p.ISBN 2 - 89040- 252-5 $5.00 • N® 126.Raymond Godard (Amos).Pays de vair, poésie et prose, 80p.ISBN 2 - 89040 - 253 - 3 $5,00 •N® 127.Ada Ugah (Gradignan/Calabar).Rêves interdits, poèmes suivis de La Révolte des griots et de Rêves retrouvés.Préface de Jack Corzani, 72p.ISBN 2 -89040 - 255 - X $5,00 • N® 128.Jean-Marie Bouchain (Lutry).Heil Schweiz (Vive la Suisse), dix-sept nouvelles, 80p.ISBN 2 -89040- 256-8 $5,00 • N® 129.Guy Bessette (Saint-Jean-sur- Richelicu).Le Voyage qui luit, poésie et prose.Photographies par l’auteur, 80p.ISBN 2-89040-262-2 $5,00 • N® 130.Alain de Kernoa (J.A.Guillou, West Indies/Kernoa).Inutile Poursuite, récit-temoignage sur la Deuxième Guerre mondiale et la chasse à un crirriinel en Amérique centrale et en Amérique du Sud, 176p.ISBN 2 - 89040 - 266 - 5 $15,00 •N® 131.Robert Matteau (Sherbrooke).Au nord des temps, poèmes.Dessin de la couverture par Pauline Bressan.80p.ISBN 2 - 89040- 267 - 3 $5,00 • N® 132.Pierre-Georges Tamini (Reinach, Suisse).Aphorismes au jour le jour, 56p.ISBN 2 - 89040 - 268 - 1 $4,00 • N® 133, Jacqueline Beaugé-Rosier (Ottawa, d’Haiti).Les Cahiers de la mouette, poèmes suivis de deux nouvelles: Tranché pour toi et Leila ou la déracinée.Postface par Claude Pierre, 80p.ISBN 2 - 89040 - 269 - X $5,00 • N® 134.Roger Levac (Cornwall, Ontario).L'Hiver dans les os, roman, 120p.ISBN 2- 89040- 270-3 $6,00 • N® 135.Christine Dumitriu van Saanen (Calgary).Le Poème des objets.Préface par l’auteur, 72p.ISBN 2 - 89040 - 276 - 2 $5,00 Collectif (93 collaborateurs), sous la direction de Ambroise Kom (Sherbrooke/ Rabat) et avec le concours de l’ACCT, de l’AUPELL, du CÉLEF et du CÉDALF de Sherbrooke, 672p.ISBN 2 - 89040 - 242 - 8 $40,00 Collection ENGLISH SERIES: FICTION •N® 1.Michel M.J.Shore (Ottawa).O Canada, Canada, Short Stories, 80p.ISBN 2 - 89040 - 247 - 9 $5,00 Collection ENGLISH SERIES: ESSAYS ' N® 6.Hanan Ahmad Awwad(Beit Lahm), Arab Causis in the Fiction of Ghâdah Al-Sammân (1961-1975).Loreward by Issa J.Boullata, 136p.ISBN 2 - 89040 - 264 - 9 $18,00 Collection ÉTUDES ' N® 39.Pierre Hébert (Sherbrooke/Toronto).Le Temps et la Forme: essai de modèle de lecture de trois récits québécois: «L’Appel de la race», «Poussière sur la ville» et «Quelqu’un pour m’écouter», 112p.ISBN 2-89040 - 250- 9 $12,00 Collection JEUNESSE • N® 6.Le Voyage des Mots.Sous la direction de Susy Lebrun et de Suzanne Brû-lotte (Rock Forest).Textes et dessins en couleurs d'élèves de onze ans, 80p.L.xpé-rience pilote de créativité.Bains de poésie.80p.ISBN 2-89040- 243 -6 $6,00 •N® 7.Lady Mendora (Le Roeul.x, Belgique).Madame Tomate dans sa planète Jardin.Dessins (4 couleurs) par Yvon le Roy, 32p.Premier tome des «Grands Voyages de madame Tomate», ISBN 2 -89040- 249 - 5 $5,00 • N® 8.Thérèse Chanii (Montréal).Aline et son chien.Illustrations (noir sur blanc) par l'auteur, 40p.ISBN 2 • 89040 - 257 - 6 $4,00 • N® 9.Ghislaine Beaudoin (Montréal).La l amille des notes.Illustrations (4 couleurs) par l’auteur, 32p.ISBN 2 - 89040 • 259 - 2 $4,00 Ce livre fait suite au Solfège en s'amusant.N® 2, $3,00 • N® 10.Roseline Grand-Maison (Rimouski).Le Père Noël a N® 1.Dictionnaire des œuvres littéraires négro-africaines de langue française.ÉCRITURE FRANÇAISE DANS LE MONDE Vol.4, n»' 9 et 10 (numéro double), 1982, 80p.Vol.5, n » 11 et 12 (numéro cjouble), 1983, 80p.Vol.5, n»< 13 et 14 (numéro double spécial), 1983, 140p.Contient les textes choisis de Contes et nouvelles de langue française.Concours S (U 2p.) et le bulletin de vote.Nous exposons au Salon du livre de Montréal au stands 140 et 141 Le Devoir, samedi 5 novembre 1983 ¦ VII un quart de siècle d’écriture Un mètre 25 de Liberté .la revue quHlfallait^ au bon moment par Wilfrid Lemoine NKUF mois après la naissance de Liberté, tout juste le temps d’une gestation, la mort de 'Duplessis donne le signal d’une vie nouvelle et subitement, nous respirons.Il faut avoir eu vingt ans pendant les années quarante-cin-quante pour comprendre l’irrépressible mouvement de joie qui s’est emparé de nous au moment où le commandeur devint statue.Il venait donc de franchir le seuil du néant et nous étions là, avec nos projets de liberté, notre désir de dire, d’inventer, de penser librement.Depuis vingt-cinq ans, le rayon Liberté ûe ma bibliothèque s’allonge, comme la liberté qui a grandi en nous, avec ses heurts, ses erreurs, ses passions et une étonnante affirmation de l’écriture, clef de la connaissance de soi.Le mètre vingt-cinq qu’occupe aujourd’hui Liberté représente la vraie prise de pouvoir, celle de la parole qui cherche, qui trouve, qui remet en question, qui s’invente.Cette écriture en liberté fonde tous les autres pouvoirs.Il y avait bien ceux de Cité Libre qui luttaient pour une libéralisation de la société québécoise.Comment ne pas être d’accord?Mais ils étaient plus sociologues que poètes ou créateurs.Je les regardais du coin de l’oeil fourbir leurs armes de politiciens en herbe, mais je lisais Rimbaud, Nietzsche, Gide, Spinoza, Eluard, Sartre, Kafka .À vingt ans, je ne pouvais pas plus accepter que maintenant la réduction du réel au seul politique.Je me sentais plus près des jeunes poètes de l’Hexagone, d’Erta et autres qui renouvelaient notre littérature, notre peinture, notre musique.La revue Liberté arriva sur cette vague; la revue qu’il fallait, au moment voulu.LIBERTE fîberty freiheit liberlud ilbcfclode I I r r \ i.; F II * æédilion/ dbcodk Nos livres sont/list'ihues .iu Quebec p.ii DIFFUSION PROLOGUE 2975.rue Sartelon Sarni Laurent QC H4Ft IE6.Tel (5141332 5860 A VEMR NOUVEAUTÉS vente I*ART»HT I.F MOI STiyilAIRK ROMAN JEANNINE LANDRY THERIAl LT SANS JAMAIS PARLER DL VENT FRANCE DAIGLE POESIE GESTION EEUCACE DI PERSONNEL JEAN LADOl'i El R COI.L l'NIVERSITAIRE MOI.LA nu E Dl K)R(;ER0N SARA ((IKOl'ARD RECITS POETIUEES A i-iif/ nous \oir au Salon du livre de Monlréal kiosque tt LA2 Nouveautés Dupuis Ainsi, plus de vingt ans avant que Catien Lapointe ne dessine son étonnant arbre-radar, l’avenir clignotait quelque part.La liberté étant une perpétuelle conquête, sur soi d’abord, je me suis battu avec Liberté comme avec moi-même pour ne pas m’enliser dans une nouvelle dogmatique.Je n’ai jamais cru aux réponses définitives.Après avoir lutté dès mon adolescence contre un absolu délirant (d’abord avec mon grand-oncle, jésuite ultramontain, intégriste, sorte de caricature d’alors), j’ai toujours eu conscience du traquenard qui attend celui qui, sortant de prison, subitement étourdi par un surplus d’oxygène, cherche un appui, un nouveau maître aux réponses définitives.Je Tai évité tant bien que mal en me méfiant toujours de la partisa-nerie, ce qui ne me fut pas toujours facile; un certain mouvement de ressac insiste, insiste.J’ai donc compris en les déplorant certains réflexes de Liberté qui se cabrait dans la lutte, au risque de devenir la réplique inversée de ce qu’elle dénonçait.Par exemple : je trouve noble l’option nationale québécoise de Liberté, mais je crains parfois qu’elle ne s’y enferme, ce qui serait sa propre négation.Une revue d’une telle capacité de réflexion et de créativité doit avoir le courage de ne jamais se satisfaire de ses propres assurances.A-t-elle la tentation de se refermer sur son idéologie, me voilà qui entend bouger la statue du commandeur et je lève ma garde.Heureusement, ces incidents de parcours n’ont pas dégénéré en langue de bois, car cet utile gyroscope de l’intelligence qui s’appelle humour veille sans cesse quelque part, à Liberté.Et l’ironie aussi, qui n’a jamais brisé le miroir dans lequel on se tire la langue! Mais la qualité première de la revue, la cause de sa continuelle vitalité, est son ouverture sur la création littéraire et la réflexion critique qu’elle génère.C’est là, à mes yeux, qu’elle est le plus richement fidèle à son projet, faisant des horizons les plus divers son propre domaine d’exploration.C’est là, dans cette libre circulation à l’intérieur et autour des perspectives les plus diverses, que surgissent les lieux de la liberté créatrice.Autre indice de sa vitalité: Liberté s’ouvre maintenant à la philosophie.Je lui souhaite, quant à moi, d’étendre encore son champ d’exploration jusqu’à cette deuxième culture, la scientifique, qu’il faudra bien intégrer un jour, afin de dégager plus loin l’horizon et trouver les jalons d’une créativité renouvelée.N’est-il pas révélateur que la création littéraire et artistique ait évolué, depuis le début du siècle, parallèlement à certaines recherches fondamentales de la science?Ainsi, dans la foulée d’un Heisenberg, d’un Einstein, d’un Freud, l’art, récriture, la musique ont éclaté comme l’atome, ont exploré les cavernes de la conscience, ont chevauché la flèche du temps dans un univers extensible.Toutes pers- 19591984 ?liberté liberté I 1 hl Jlj i Jiberté Lim;U I.libejrtéLIBERTE T TDïrDTtriiberfé LIBERTÉliberte'^" '‘"¦'LIBERTE'""'* ABONNEZ-VOUS si vous le pouvez.UN ABONNEMENT ANNUEL DONNE DROIT: 1.à six numéros paraissant tous les deux mois 2.à un total d’environ 850 pages de textes divers: récits, chroniques, essais, poèmes, dossiers spéciaux, par des écrivains connus ou à connaître 3.au sentiment (extrêmement gratifiant) de participer à l’actualité culturelle et intellectuelle la plus brûlante MAIS Ne s’abonne pas qui vèwt! 11 faut, pour s’abonner à LIBERTÉ: L le sens de Thumour ?oui O non 2.un minimum d’intérêt pour la littérature (du Québec et d’ailleurs) ?oui ?non 3.un nom lisible: ' 4.une adresse relativement stable: 5.et la ridicule somme de 15$ O ci-jointe ?à facturer si vous remplissez ces conditions, il vous suffît de retourner ce coupon à: LIBERTÉ CP.399, Suce.Outremont Montréal, Québec H2V 4N3 liberté I.ILLIUI !¦- - ijb]’iL:ri': ^ LIBERTE pectives neuves, surgies comme ce chaud diamant bleu qu’est notre petite-grandiose planète, telle que l’homme l’aperçoit pour la première fois d’un ailleurs jusque-là onirique.Le rêve, basculant ainsi dans la réalité, renouvelle toute créativité.Encore faut-il se rendre compte du phénomène.Pendant que notre Hubert Reeves, de plus en plus homme des deux cultures, nous construit une cosmologie aux dimensions de notre nouveau regard, presque aveuglé encore par tant de lumière dans tant de nuit, j’imagine René Char, Nietzsche, Stockhausen, Riopelle, et Rimbaud, et Schopenhauer, et Wagner, Vermeer explorant les anneaux de Saturne.Je ne trace pas ici un programme à Liberté.Je lui parle plutôt comme à moi-même.J’entends quelque part grésiller un nouvel arbre-radar, celui d’aujourd’hui.Liberté n’est pas loin.Elle a su m’émouvoir, me faire réfléchir, me faire rager, me faire écrire aussi.Comme moi, elle a vaincu ses moments difficiles, comme moi elle s’est fait des illusions, et elle a réussi ce que je ne pourrai jamais: elle s’est rajeunie.Mais j’ai confiance.Je lui ai réservé un autre mètre vingt-cinq sur les rayons de ma bibliothèque, pour les prochaines vingt-cinq années.Car si je ne peux revenir à mes vingt ans, je n’en conserve pas moins la passion.Et Liberté en est bien capable, elle aussi.A ?UEi#3MBgoii»0)utrDni- It9 ¦WU-jr S SiBipNE U CHAPEAU MAGIQUe LES MÆmiMES tX SPIROU CT FAmASM LA BOITE NOÎRE Granger DISTRIBUTEUR exclusif LIVRES POUR ENFANTS nos 7 89 10 11 12Pnmli -r-3,40$ ch BANDES DESSINÉES no Aichi Cash — « Le C'ciqoulard aux veux rouqes 4.40$ no b.Carte Blanche - Le f’ays de (iuelem avei (iéo & Tdfta ' 4.40$ no 4, (lermain et Nous.» C'est la Vie 4,40$ no 9.Jerry Spring • 1 firt Redstone ¦ 6.95$ no H.dess Long’ - • 1.Intimidation KO Pour rF.ternitA* 4.40$ no (¦).Papyrus — « Les Quatre Doigt*; du Dieu Lune 6.95$ no 9.Sibylline — « Sibylline et le Chapeau Magique ; 6.95$ nodl, Spirou et Fantasio " La B MARIA CHAPDELAINE lis Caron La ;orne Le Devoir, samedi 5 novembre 1983 un quart de 'écriture h LIBERTE Liberté: la porte est ouverte Quelque chose de festif coïncide avec le bonheur des mots par André Belleau J* APPARTIENS à U-'^berfédepuis le début, depuis 1958, et quand je pense aujourd'hui à la revue et aux années écoulées, ce qui me vient tout de suite à l'esprit, c'est l’image d'un lieu, on devrait dire: un milieu Image quasi physique, .l'entends les colères de ,Iean-('iuy Pilon, le rire de Michèle l.alonde, les blagues de Roger Fournier, les mots as-sa.ssins de René Lapierre, les silences parfois assourdissants de Fernand Ouellette, les paradoxes aigus de Jacques Ciodbout.Je vois la pipe philosophique de François Hébert, l'ironie toujours aux aguets de François Ricard, l'humour dans le visage qui .se veut imperturbable d'Hubert Aquin .Je me rends compte que j’ai deux appartenances principales: les rues de Montréal où j’ai grandi, lAbertéoii je me suis épanoui.Qu’il y ait eu une ^ LE NOROÎT m souffle où il veut NOUVEAUTÉS l’OKMKS I \i ( I UI \i\i; I !\ IM s|l ( I l l'RlSl'.NCl'.S Pierre Chatillon POÈMES Le en du soleil (1956-1971) L oiseau-cœur (1972-1982) avec des dessins de Nicole Vigneault 347 P $15 Claude Beausoleil UNE CERTAINE FIN DE SIÈCLE avec des collages de Celyne Fortin 346 P $15 Jean Chapdelaine Gagnon ESSAIME avec cinq dessins de Denis Demers 112 P $10 Philip Surrey PRESENCES DU RÉEL avec un texte liminaire de Claude Beausoleil 124 P .$25 (Édition de tête avec eau-forte originale $125) collection rinstant d’après MAIII.ER ET AUTRES MATIÈRES r .,:/L t IIISI-KAIK» DFSIKASr |pan-v\et IhrbrrK' n 11.-/ LA MISE EN CHAIR LÈS \ESSES-:u-UH P Richard Phaneuf ILLE avec quatre dessins de l'auteur 67 P , $5 Pierre Nepveu MAHLER ET AUTRES MATIÈRES avec une eau-forte de Francine Labelle 74 P $5 Marie Belisie NOCES SUIVI de L ITINÉRAIRE DÉSIRANT avec SIX dessins de I auteure 59 P $5 Jean-Yves Theberge LA MISE EN CHAIR SUIVI de LES VESSES-DE-LOUP avec quatre gravures de Vincent Theberge 76 P $5 l DISTRIBUTION EN LIBRAIRIE Prologue 2975 rue Sartelon, Ville Saint-Laurent Que H4R 1E6 Tel 332-5860 Eut 1-800-361-5751 EDITIONS DU NOROIT Case postale 244 Saint-Lambert (Quebec) J4P 3N8 connivence réelle entre le mouvement des rues de Montréal et le « mobilisme » de l.iberté, cela pour moi n’a jamais fait de doute.Donc, je me suis trouvé à Liberté comme dans mon lieu, mon milieu, tel un poisson dans ses profondes eaux.Bien entendu, cela suggère un endroit où l’air est vif, où Ton ne se sent pas gêné aux entournures de l'intelligence.Je continue de prétendre que les fondateurs de Liberté et ceux qui se sont joints à eux par la suite avaient et ont toujours un goût passionné pour {'ouvert.Mais attention! Ce dont il s’agit ici, ce n’est pas un commode éclectisme, c’est l'ouverture pour elle-même, un certain espace jugé plus capital que ce sur quoi il ouvre.Ne pas confondre.Nous .sommes vraiment dans FUtopie.C’est sans doute la raison pour laquelle Liberté n'a pas connu les « tout ou rien » idéologiques qui ont détruit tant de revues d’ici, attribuables selon moi à la fétichisation du dit (ou du texte), au narcissisme des pères nobles du théâtre des idées.Impossible à quiconque à Liberté àe se draper dans l’indignation vertueuse, dans la noblesse de ton.Ces littéraires ont toujours estimé que la diction comptait autant que le dit et qu’on pouvait avoir tort d'avoir raison et inversement.Cela s’appelle en langage actuel post-structuraliste: savoir à quoi s’en tenir sur la nature et la signification des discours.Liberté.c’est avant tout une position, un vecteur de langage.Situation d’équilibre parfois instable: souci Uttéraire du style sans fétichisme tel-quellïen du texte et sans nar-cissime « modernitaire » de récriture; souci culturel du sens sans hypersémantisa-tion idéologique.Liberté s’est frayé un chemin parfois hésitant entre les deux modes, refusant d’instinct de se mettre à la remorque autant du logocentrisme que de Tidé-logisme.Klle se trouve aidée en cela par le fait qu’une revue littéraire, contrairement à une revue politique, ne dépend pas de l’événement.Elle le crée.Elle est l’événement.Qui osera affirmer que sur la longue durée, un événement httéraire a moins de portée qu’un événement politique?.-{rbres de Paul-Marie Lapointe, Le Québec et la lutte des langues de Fernand Ouellette, La vie agonique de Gaston Miron, Recours au pays de Jean-Guy Pilon, Le murmure marchand de Jacques Godbout, La fatigue culturelle du Canada français d’Hubert Aquin, tant d’autres titres des cadets comme des aînés, ne sont pas seulement des écrits publiés par Liberté', ce sont des événements (au même titre que certains numéros entiers, comme le 134 sur l’institution littéraire québécoise, ou le 145 et ses pastiches d’écrivains).À Liberté, on ne m’a jamais demandé de rendre des comptes, de me justifier, de m’expliquer, de faire mon autocritique, de ne pas me contredire, d’être cohérent, d’aller dans le sens de l’histoire, d’être présentable, de faire un peu jilus attention au caractère sacré de la Personne Humaine, d’écrire des articles ou de n’en pas écrire.Non.Seulement, je n’ai pas tardé à m’apercevoir que vous risquiez de vous faire plutôt cruellement rembarrer si vous vous mettiez à vous répéter, à insister, à être lourd, affecté, unilatéral, ennuyeux, bref, à tomber dans l’esprit de sérieux.C’est une fameuse école! Mais voilà aussi qu'après un certain temps, j’ai commencé après les réunions à me sentir comme allégé, desserré, avec le goût d’écrire.Quelque chose de festif aux réunions de Liberté coïncide tout à fait avec le bonheur des mots dans l’écriture.On ne peut le nier, Tutopie non formulée dans l’entreprise de Liberté n’est pas sans ressemblance avec celle des copains du roman de Jules Romains ou celle de la pantagruéline navigation.Mais l’expression « les gars » pour désigner les membres du comité de rédaction de Liberté ne dénote pas une exclusion, et le terme n’a aucunement pour fonction d’inclure, entre autres sèmes, celui de la différence sexuelle.Il faudrait le rapprocher de l'usage que font de guy les jeunes Américains et les jeunes Américaines.Guy veut dire any person, s’applique indifféremment aux hommes et aux femmes.Il cherche à indiquer non le sexe mais un certain type de relations humâmes.Liberté doit assumer son histoire puisqu’elle en a une.Or imaginons, un moment, que Liberté est une taverne qui a été ouverte à La lutte au temps des Demi-civilisés D.ANS son livre L’.Xmérique du Nord et la culture (llur-lubise HMH) paru l’an dernier.Michel Morin étudie l.es Demi-civilisés de Jean-Charles Harvey — livre réé-.dité par Actuelle en 1970.Avec la permission de l’éditeur.nous reproduisons quelques lignes traitant des atteintes à la liberté (p.213).à une époque où Harvey pourfendait l’élroitesse de vue de son entourage: « Pourrir vivant, c’est le devoir de tous les miens.Tu protestes, tu aimes la Liberté, je suppo.se?Eh bien, ta Liberté, va voir ce que mes enfants ont fait d’elle sur la colline voisine.» Sur la colline.une femme très belle était pbndue, vouée à toutes les exactions de la foule.« Je reconnus cette femme.C’était la Liberté qu’on avait pendue! » Se frayant un chemin à travers la foule, le héros coupe la corde ; elle vivait encore.Le chemin du désir n'est désir de réalité qu’en étant indissociablement désir de la femme et désir de la liberté : le vieillard n’est qu’un fantôme que le règne de la Liberté rend inoffensif.Montréal en 1958.Tout ce que je viens de relater et qui vise à faire sentir un certain contexte de travail et de discours permettra peut-être d’entrevoir la raison du genre tout à fait particulier d’hostilité ou de critique dont Liberté a été l’objet.Ce fut problablement le malheur de Liberté d’avoir toujours été attaquée sur des questions adventices, des circonstances purement extérieures, jamais sur le fond.Victor-Lévy Beaulieu reprochait à Jean-Guy Pilon de prendre l’avion ou de boire du champagne.L’excellent Jean-Marc Piotte faisait grief à la revue (dans les défuntes Chroniques) de tenir la Rencontre des écrivains dans un bon hôtel des Lau-rentides; il aurait préféré qu’elle ait lieu dans le shed.Je pourrais fournir des dizaines d’exemples semblables.Outre qu'ils signalent la mentalité de village pour laquelle il n’y a jamais place que pour un seul mastroquet, inca-_pable qu’elle est d’imaginer que les entreprises puissent se compléter au lieu de rivaliser, ces exemples traduisent en même temps la position spéciale de Liberté, qui souvent disait quelque chose plus par son attitude envers les langages que par les langages eux-mêmes, et qui ainsi offrait peu de contenu à se mettre sous la dent.Comment se définir envers une entreprise qui refuse d’obéir à toute sommation d’avoir à se définir?Agacement.Déception.Hostilité.Cela se comprend.Mais le rôle discursif joué par Liberlé demeure à mon avis essentiel dans une société où les intellectuels ont souvent plus tendance à réagir à des signaux qu’à interpréter des signes, où les générations se succèdent à tous les cinq ans, où le sens de la continuité apparaît à peu près inexistant, chaque groupe nouveau recommençant tout pour son propre compte.Heureusement, la porte demeure ouverte.0.LES ECRITS UfcS FORGES INC (.) La réalité n’est plus que répétition vide de rites, sinistres processions, de « faces inexpressives comme des masques de plâtre » mais rigoureusement régie par une « loi ancienne et respectable ».dont le vieillard ancestral garantit la vérité et l’éternité.Ceux qui peuplent cette réalité paraissent possédés par cette loi, victimes d’une espèce de charme qui les empêche de voir la décrépitude de TAn-cêlre, et les voue à l’éternelle répétition des mêmes gestes.Aussi s’acharnent-ils avec un aveuglement total contre la liberté (le désir etTa pensée) et la vie tels « ces forcenés (qui) lui criblaient la poitrine de coups de fouet ».Ces forcenés sont des possédés que seule la violence semble pouvoir rendre à la réalité: « Pris d’une rage surnaturelle et sentant sourdre, au fond de moi-même, des forces surhumaines, je fonçai sur les assassins, me frayai un passage parmi eux, à coups de poing et coupai la corde qui lacérait l’éternelle martyre ».Cette violence qui arrache le dormeur à un mauvais rêve ou libère le possédé de tous ses démons.Salon du livre de Montréal, stand 154 automne 1983 •SARZÈNES de Godin, Gérald $8.00 « Seule la vie est souveraine » • CHANT PERDU.de Lasnier, Rina $8.00 « Que le poète se perde et paie seul le prix de la poésie, la joie brusque du chant perdu » • ALÉATOIRE INSTANTANÉ suivi de • MIDSUMMÉR 82 de Chamberland, Paul $8.00 « Tout-ce-qui-arrive-rjie traverse et j’en deviens sans fin les facettes tournantes » • PROFIL DE L’OMBRE de Lapierre, René $5.00 • La réalité tout à coup n'est plus qu'une émotion » • SÈVES de St-Pierre, Madeleine $5.00 « Volée de bruissements d'éternité » • RIRE FAUVE de Doyon, Paule $5.00 •1 J'ouvre la barrière des phrases.Les mots s'évadent » • RUDIMENTS D’US de Hébert, Robert $5.00 « Le mot chavire à chaque mille ans » • TOPOGRAPHIES II de Oéry, Pierre-Justin $5.00 « Sur le vert bouclier, pays blason intime, où encore surgir, réseau, sans règle que des arbres?» Rappel — Printemps 83 • LE PREMIER PAYSAGE de Lapointe, Gatien Lemire, Christiane $400.00 • CORPS DE L’INSTANT de Lapointe, Gatien $15.00 Anthologie sonore 1956-1982 disponible sous forme de disque ou cassette • LES ÉCRITS DÉS FORGES: UNE POÉSIE EN DEVENIRS de Gaudet, Gérald $10.00 LES ECRITS DES FORGES INC 2095, Sylvain, Trois-Rivières, Québec G8Y 2H6 Dernières parutions de jeunesse ep aux Éditions Paulines K.n lente chez sotre libraire habituel SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL: Stand 413 Les petites buîtes 1 (t /.inm.'tr I.KS Ph'.TlTÈ.S BOÎTES I-l'oiseau-moiiche et l'araignée LES PET ITES BOÎTES 2-la boule de neige T exte de .Aude Illustré par Michèle Bergeron Petites notes de Diane Turcotte ¦Âge: 5 ans et plus È'ormat: 21,5 x 26 cm 24 pages en couleurs .T.SOS 1 CS illustrations de Michèle Bergeron — .stylisation discrète des formes, douceur de Taquarelle.organisation originale et bien maîtrisée de l'e.s-pace rendent bien l'atmosphère poétique et \ ivante des récits.Les fietites 2* boîtes 2 Im botile de neçy Intrc matin et soir, entre réveil et sommeil, une petite tille bâtit son univers en tirant, d'une minu.seule et mystérieu.se boîte, fleurs et arbres, oiseaux et araignée.La petite fille qui .s'invente un monde où le colibri et l’araignée .sont d'heureux compagnons fait la connais.sance d'un voisin, lui aussi voyageur dans le pays du grand vide.Par Cjeoft|oy.Marie-fcve apprend son propre nom et fait l'expérience de l'hiver.LE VOLEUR DE RÊVES IcMc de Biirbara Tavlor Illusirê par .ludie Shore •\jic 7 dns cl plus * Formai: 17,5 x 24.5 cm 4S pages en couleurs et en noir et blanc * 6.25$ Dans la ville endormie, les gens font des rêves merveilleux.Une nuit cependant.Sara et Tony constatent le.s premiers la mystérieuse dispari-iK'n de leurs rêves.C'est un petit homme, juché au M'nimei d'une tour, qui s'empare des rêves des gens Plus tard, ceux-ci se voient proposer l'aehat de leurs propres rêves au supermarché du malhonnête homme Riches de poésie, d’images et de couleurs, texte et illustrations plongent les leunes lecteurs dans leur monde onirique REGARDS SUR LE CANADA par Harold Bherer Age: 8 ans et plus * Format: 2! x 28.5 cm 92 pages en couleurs * 4.95$ l'auteur privilégie la réalité jundico-politique du Canada et bro.se un portrait de chacune des provinces et aussi du Grand Nord: tcmtoirc.re.ssources naturelles et humaine.s.forces et faiblesses.Il consacre le dernier chapitre à ce qu'il appelle la « nervure » et l'êpine dorsale du cor^is SLKtal et phy.sique canadien: les systèmes de transport et de communication.Bien documenté.Regards sur te Canada, est.avec scs nombreuses illustrations, une invitation au voyage, à la découverte dos différences et aussi à la compréhension de l'autre Le Devoir, samedi 5 novembre 1983 IX le salon du livre de montréal Possibles L *art de garder son dynamisme malgré le slalom des subventions L / .A iPar Lise Gauvin ¦'i Membre du comité de /'rédaction de la revue « Possible » I VOUS aviez rencontré aujourd’hui, au détour d’une rue, l’un de vos '¦ bons amis.Il vous avait de-' mandé de vos nouvelles, par politesse sans doute, mais ‘ avec ce ton de réelle curio-' sité qui est la marque la plus sûre de l’affection.Il disait souhaiter vous revoir.Vous n’aviez pas d’objection.Vous alliez devoir le quitter assez • brusquement toutefois, ayant •• une réunion prévue au Jardin ï d’Orient pour l’organisation •"de votre prochain numéro, “t Une revue?Il eut l’air sur-î pris.Vous paraissez réguliè-î rement?Et cela depuis sept î ans?Vous lui auriez raconté l’histoire d’un atterrissage * d’Ovni sur la pelouse des moines d’Oka qu’il n’aurait pas manifesté plus bruyamment son étonnement.Vous recommenciez à lui décliner, comme à plusieur autres, le curriculum vitae complet du périodique auquel vous vous étiez attachée: origine, objectifs, équipe de rédaction, numéros thématiques, etc.Mais à mesure que vous parliez ainsi, vous sentiez qu’il perdait pied peu à peu et qu’un indéfinissable malaise s’élevait entre vous.Comment avait-il pu en effet ignorer à ce point votre existence?Il se rattrapera, promettrait-il.Vous n’osiez lui soumettre, sur le champ, un bulletin d’abonnement.D’ailleurs il s’excusait en disant qu’en dehors du Times,, de TExpress, du Nouvel Observateur et de L’Actualité, il ne s’était abonné récemment à .aucune revue, préférant lire I en bibliothèque les numéros * qui l’intéressaient.Ne figurait-il pas pourtant sur la liste de vos collaborateurs éventuels, de ceux auprès de qui vous songiez à solliciter prochainement un article?Et ne faisait-il pas partie depuis toujours de ce que les spécialistes du marketing vous avaient appris à identifier comme votre public-ci- ble?A la fois soucieuse de le déculpabiliser et désireuse de faire connaître votre produit, vous finissiez par lui offrir de lui envoyer gratuitement votre dernier numéro sur l’amour.N’aviez-vous pas vous-même, jusqu’à tout récemment, fait jouer les leviers de l’amitié pour obtenir des cadeaux de livres et de revues qui, à cause précisément de ce système de dons généreux, restaient ensuite accrochés, comme des potiches, sur les étalages des libraires?Vous étiez arrivée un peu en retard à votre réunion du Jardin d’Orient: c’est là que vous discutiez, entre une crevette de Matane et un plat de légumes chinois, du sort du monde en général et du Québec en particulier, de la pertinence du Parti nationaliste, de l’impasse — vraie ou fausse, institutionnelle ou intrinsèque — de la création au Québec et du statut des écrivains africains après l’indépendance.Vous vous définissiez, n’en déplaise aux faiseurs de catégorie, comme une revue régionaliste et politique, littéraire, artistique et politique, une revue d’essais et de fiction, d’analyse et de poésie.Ce que certains organismes subventionnaires ou plutôt non-subventionnaires, dans votre cas avaient jadis traduit par revue « ni-ni », c’est-à-dire ni littéraire, ni politique, ni ceci, ni cela.Vous aviez décidé toutefois de faire du Québec provisoirement et pour des raisons tactiques qui vous semblaient évidentes le centre du monde, c’est à cette condition seulement, croyiez-vous avec Jacques Perron, que vous risquiez d’échapper à l’insignifiance.Ce qui ne vous empêchait pas de vous passionner pour la Wallonie, le Brésil, le Sénégal ou même Winnipeg.Vous aviez de plus appris à l’usage que la question de la spécificité québécoise était un excellent sujet pour l’apprentissage de l’interdisciplinarité et vous aviez encore, dans vos tiroirs, quelques exercices en réserve à distribuer aux lecteurs en cas de panne sèche.Mais ce soir, au Jardin d’Orient, vous regardiez avec inquiétude l’équipe restreinte éh Photo Kèro qui, depuis quelque temps, sentait la nécessité de se serrer les coudes.Une épidémie récente avait décimé le comité de rédaction.Le virus s’était propagé, comme dans Les Belles-Soeurs, au cours d’une séance de collages de timbres.Vous y aviez perdu des camarades avec qui, depuis plusieurs années, vous aviez pris l’habitude de rêver et de travailler.Trois autres revues avaient subi récemment des crises analogues à la vôtre.Sans compter l’épuisement qui, ailleurs, faisait se renouveler un comité de direction en moyenne à tous les deux ans! Combien de temps tiendrez-vous encore?Vous aviez réussi, jusqu’à maintenant, à échapper aux foudres des jurys du MAC et aux calculs menaçants des fonctionnaires, obligés d’opérer dans le cadre de budgets que les « clientèles », de plus en plus nombreuses, trouvaient trop modestes.Vous étiez donc l’un des 34 périodiques subventionnés par le dit ministère et l’un des 33 membres de l’Association des périodiques culturels du Québec.Vous ne faisiez pas partie des 30 périodiques français subventionnés par le Conseil des Arts du Canada Côté abonnement, votre moyenne était bonne, c’est-à-dire basse: vous vous situiez entre la centaine d’abonnés de l’excellente revue Dérives et les environ 700 de Liberté, la doyenne.C’est pourtant d’eux seuls, vos trois cents abonnés, que vous tiriez votre appui véritable, la justification de vos subventions et vos profits.Car votre vente au numéro, aussi importante fût-elle, ne vous rapportait que très peu d’argent.Demain votre numéro sur l’indépendance (Hé oui, vous aviez osé attaquer ce sujet rétro) arrivera chez le distributeur.Vous aviez dû chan- ger récemment de maison et opter, afin d’éviter vous-même la faillite, pour le réseau qui vous promettait des paiements mensuels réguliers.Vous aviez établi ensemble le calendrier des prochaines réunions: pour l’adressage, pour la rencontre avec le distributeur, pour la préparation des numéros à venir, pour le lancement-débat.N’en fallait-il pas une également avec les graphistes pour améliorer la maquette, la présentation visuelle?Ne fallait-il pas encore profiter du répit que vous laissait en ce moment la production matérielle pour songer à organiser une vente des anciens exemplaires?Une mini-campagne de publicité?Et cette liste de vos collaborateurs que vous n’aviez jamais réussi à mettre à jour, au grand scandale d’une amie journaliste et écrivain?Mais ne serait-il pas plus sage de songer à terminer cette recherche sérieuse ^?) que vous aviez mise de cote depuis deux ans et dont on vous réclamait instamment le résultat?Pourtant vous continuiez.Il vous arrivait parfois de rire de votre folie avec vos amis de Dérives, lancés à corps perdu dans la réalisation de leur quinzaine brésilienne, de Spirale, qui y consacraient leurs dimanches, de la Barre du Jour, qui se voyaient en fin de semaine, de Jeu, à l'organisation impeccable, d’Estuaire, qui vous déléguaient certains de leurs poètes, des Herbes rouges, qui ressortaient tout vi-goureux de leur récente épreuve et de Liberté, bien installée dans son second souffle.Il vous arrivait aussi, collectivement, d’envier les subventions fastueuses de quelques revues d’art, qui leur permettaient d’avoir pignon sur rue, papier de luxe et personnel administratif.BORÉAL EXPRESS Femmes et société Louise Carrière FEMMES ET CINÉMA QUEBECOIS 288 pages, 14,95$ Couvrant au-delà de quarante ans d'histoire, ce livre analyse, dans un premier temps, les images de femmes dans le cinéma masculin et.dans un deuxième temps, la production des femmes cinéastes qui.depuis quelques années, proposent par leurs réalisations, un nouveau type de cinéma.¦¦Femmes et cinéma québécois témoigne d'un amour exigeant du cinéma mais aussi de la déception de femmes qui attendaient autre chose, pour elles, de la Révolution tranquille.De femmes qui espèrent d'un cinéma aujourd'hui en difficulté économique et un peu en panne d'inspiration, qu'une meilleure part leur soit reconnue à l'écran et sur les plateaux.Ce livre n'est pas vandale (tout est mauvaisjou pessimiste (rien à l'horizon).Il interpelle plus qu'il ne juge.» (Extrait de la préface de Françoise Aude) Textes de: Louise Beaudet, Sophie Bissonnette, Danielle Blais, Josée Boileau, Monique Caverni, Nicole Hubert, Pascale Laverrière.Marquise Lepage, Jacqueline Levitin, Marillü Mallet, Albanie Morin, Diane Poitras, Christiane Tremblay-Daviault.Carolle Simard L’ADMINISTBATION CONTBE LES FEMMES La reproduction des dillèrences sexuelles dans la tonction publique canadienne 168 pages, 12,95$ Régies par des règles supposément impartiales, les administrations publiques ne sont pas pour autant à l'abri des discriminations qui sévissent dans les entreprises privées.Les lois soi-disant neutres et non discriminatoires ont longtemps constitué un cadre sexiste qui tantôt excluait les femmes de certains postes, tantôt les cantonnait dans un nombre restreint de fonctions subalternes.S'ils ont corrigé les injustices les plus visibles, les récents programmes d'égalité des chances révèlent vite leurs limites.Comme le montre éloquemment Carolle Simard, dans la fonction publique comme ailleurs n'existent encore que ¦¦les femmes commis et les femmes alibis».TE88E BES FEMMES 448 pigei, 14,95$ La première encyclopédie de poche sur la situation des femmes dans le monde.Desstalistiques sur 165 pays.107 articles écrits par 90 femmes de 40 pays différenfs, 11 cartes.87 biographies, plus de mille adresses.Nadia Fahmy-Eid et Micheline Bumont MAÎTRESSES DE MAISON, MAÎTRESSES D'ÉCOLE Femmes, famille et éducation dans l’histoire du Québec 416 pages, 17,50$ Complétant celui de Marie Lavigne et Yolande Pinard, ce livfe étudie les deux institutions les plus importantes pour l’histoire des femmes: l’écoleet la famille.Couvrant l’histoire du Québec depuis la Nouvelle-France jusqu’à nos jours, les auteures analysent l’évolution des rapports de ces deux institutions avec l’ensemble de l’organisation sociale.Textes de: Francine Barry, Bettina Bradbury, Marta Danylevi/ycz, Micheline Dumont, Nadia Fahmy-Eid, Michèle Jean, Nicole Laurin-Frenette, Marie Lavigne.Denise Lemieux, Marie-Paule Malouin, Marîse Thivierge, Nicole Thivierge.Marie LHlgne et Yolanda Pinard TRAVAILLEUSES ET FÉMINISTES Les femmes dans la société québécoise 432 pages, 17,50$ Un nouveau bilan des recherches sur le travail salarié et le mouvement des femmes.Un regard neuf sur l'évolution de la société québécoise depuis le milieu du siècle dernier.Textes de: D.Suzanne Corss, Johanne Daigle, Marta Danylewycz, Ghislaine Desjardins, Micheline Dumont, Francine Fournier, Mona-Josée Gagnon, Nicole Laurin-Frenette, Marie Lavigne, Yolande Pinard, Jennifer Stoddart, Susan Mann Trofimenkoff.( artHk* Simard 'n a l's.u Tra\:ailJeuscs cl féministes dii f.bi ’M.t.'ic r^ucbci I nsc LOUVB GAIIMÉI nMMn KTCMB ÔÜBMfCOM L'administration contre les femmes , TERRE DES FEMMES .Maîtresses de maison maitrcsses d '’école Kdi'jivi.Éanrük.biv r iLsOMc duQu-iw.Ne manquez pas de visiter notre stand au SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL no» 244 - 245 - 246 du 8 au 13 novembre NOUVELLES EDITIONS DE L’ARC |t 1 1" 16 P cov ,\o»' II»* Vous saviez cependant que vous étiez privilégiés, recevant de l’État une aide suffisante pour que vous puissiez planifier votre production annuelle, alors que vos amis Ué-geois devaient pour leur pari, négocier leurs subventions à la pièce.Vous continuiez donc, par défi et par une sorte de besoin injustifiable de parole en liberté.Peut-être un jour essayeriez-vous d’expliquer cela dans les pages de votre revue et d’élaborer davantage sur votre inutilité nécessaire.Bref, vous croyiez, contre tout argument logico-éco-nomique, que la vitalité des périodiques, au Québec, était l’un des indices les plus sûrs de la vitalité de la culture dans son ensemble.Mais à peine aviez-vous songé au mot vitaUté que celui-ci amenait, en corollaire immédiat, celui de visibilité.Vous pensiez alors à ce texte qu’on vous avait demandé sur votre expérience de la revue.Vous aviez eu du mal à croire que, cette fois, on s’intéressait à ce que vous faisiez.Il était si rarement question des périodiques ailleurs que .dans les périodiques.Vous hésitiez à parler de vous.Vous aviez même rappelé votre interlocutrice pour lui demander quelque précision supplémentaire.« Subjectif?Vous avez bien dit un article subjectif?».Oui, c’était cela.Et ce n’est pas sans un certain trac que vous vous apprêtiez à quitter, l’espace de quelques paragraphes, les avenues clandestines de la contrebande subventionnée.Post-scriptum : Cette analyse ne rend pas compte de la situation des revues universitaires ni des revues d’information culturelle ou littéraire de type magazine.\V"- , \V.h Mb'*'* AV* Gilles Vigneault sera au Salon du Livre.samedi 12 novembre, au stand 115 L'Enjeu Ken préface de Lise Payette L'ex-Mifiistrc Madatiic Li.se Payctle signe la préface du livre; eur du monde des images fvour qu’il puisse en parler de l'intérieur et un homme passionné pur l’image au point de lui rendre ce colossal hommage.) Dr (îérard HIam hard.dtKieur en sémiologie, directeur du Département de Communication.Lcolc des Beaux-Arts de Besain,on: «Nous nous plaignons souvent de n'avoir pas les outils pédagogiques nécessaires.Kn voici un et se de l’image a, ces dernières années, suscité de lu part d'universitaires, de nombreuses réflexions.Voici sans doute, la plus importante.» Professeur Félix Beltran, graphiste-professeur à l’École des cadres du Parti Communiste Cubain: «Tu Mbro représenta una monumental contribuciûn esencial para los estudiosos de la imagen.Su puhiicaciôn séria fundamental en espahui si consideramos la necesidad que existe de taies materiales.» (Votre livre constitue un apport fondamental.Indispensable à ceux qui étudient l'image.Si on considère la nécessité d’outils comme celui-là.sa publication en espagnol serait primordiale.) Dr Arthur Asa Berf>er.PhD.professeur en sociologie de la communication.San Francisco State Universilv: ^‘Nothing human (or even animal, vegetable or mineral) and related to the image is alien to Cossette.And for all this we must be grateful." •it is a lowering achievement.Fantastic, bravo!" (Rien de ce qui est humain - ou même animai, végétal ou minéral -et qui ail rapport à l’image n’est ignoré par Cossette.El pour tout cela, nous lui devons reconnaissance.C’est une réalisation monumentale.Merveilleux! Bravo!) Professeur Jueques Pa/uiuho.professeur en Communication graphique au College Ahuntsic.Montréal; «Les Images démaquillées est un excellent outil de travail, et comme chaque outil, il attend que l'on s’en serve.Je ne saurais donc trop recommander ce manuel aux professeurs de graphisme et aux étudiants en graphisme ainsi qu’à tous ceux qui gravitent dans les sphères de la communication.» Dn livre de consultation (trand format, 6'/2 par 9'/4 pouces, couverture pleine couleur Plus de 640 pages, 10 Vmcenî Nadeau, Book Club essai Préfaça da laurant Mâilhot « Une monographie importante.» Lucie Robert, revue Jeu « Un très bon, et trop rare, exemple de rigueur descriptive.» Gilbert David « On ne peut que téliciter' Sigouin d’avoir tenté de relever le dèti.» Louise Vigeant.revue Nos livres Vlb éditeur « Un ouvrage très documenté.» Reginald Martel.La Presse 306 pages — 19,95 $ Auteur; Jean Monbourquette Un livre qui se veut une présence réconfortante aux heures pénibles U.OJ Dessins, photos, poesies et conseils psychologiques, tout concourt à transformer une perte affective en gain C’est un rituel qui permet aux personnes dans le deuil et la separation d'accéder a la )oie d’une plus grande autonomie et maturité EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou CHEZ L’ÉDITEUR Les Édifions du Richelieu Ltee C P 216 Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec) J3B 6Z4 Auteures : Colette Paradis c n o Cécile Derome c n o 64 pages illustrées en couleurs, format 17,5 X 21 cm, pour les jeunes du cours primaire MARGUERITE BOURGEOYS UNE FLEUR DE CHEZ NOUS ( 14 .' îf'Ü/yrE c f f ^ 1 i pillai 1 /\ lèt Ediiièni V du RKheiwu Lié* Le texte plein de fantaisie, invite l’enfant a reproduire, par le mime, la saynete, les marionnettes et même par l’expression corporelle, quelques étapes marquantes de la vie de I heroine, Marguerite Bourgeoys, toute nouvelle sainte de chez nous Venez nous voir au stand 451.Salon du livre de Montréal lecteurs eux-mêmes (dont je fus), fidèles à un siècle d’habitudes (depuis les prescriptions d’Henri-Raymond Gas-grain et les sermons de Mgr Camille Roy) .En fait, en dehors des essais, la littérature contemporaine n’offre pas de vision articulée du rapidement la traduction politique, d’abord libérale puis unioniste et récemment péquiste.Le réformisme pragmatique rogna peu à peu les ambitions laîcistes et socialistes pour ne développer finalement que l’idée indépendantiste mais dans un corridor associationniste (canadien) et même « étapiste ».Est-ce un hasard si, dans ce contexte, la critique littéraire privilégia la lecture du pays dans un ensemble textuel pourtant polysémique?L’accueil fait, par exemple, à Prochain épisode, paru Tannée où Pierre Elliott Trudeau devient député libéral à Ottawa (1965), est typiquement conforme à l’attente de l’époque.Pourtant, la proposition politique (révolutionnaire, terroriste) y est textuellement défaite, vaincue par la visée essentiellement esthétique de l’entreprise.Comme on a commencé à le mieux voir dans la décennie qui suivit, la réussite de cette machine narrative tient à l’échec du narrateur dans sa tentative de narration compensatoire, « révolutionna-riste ».Dans tous les autres romans soi-disant « politiques » qu’on a vu naître à cette époque, la figure dominante du terroriste est celle d’un être terrorisé, la plupart du temps entraîné par des comparses venus d’ailleurs (des pays d’Europe ou même du Canada anglais!), et souvent gagné par le slogan à la mode : « faites l’amour, pas la guerre».Pendant ce quart de siècle, T« engagement » propre aux fictions et aux poésies est resté beaucoup plus lyrique et projectif qu’effectivement réalisé.Plus encore: il y a, dans l’ensemble textuel, la trace large, continue de Té-chec politique, doublée d’un recours ironique ou désespéré aux images compensatoires de Tamour et de Ter-rance.C’est pourquoi, à distance, la lecture première paraît avoir été orientée par les intérêts et souhaits des pays projeté, rêvé, surtout lel’Et pas de l’État souhaité.Surtout pas dand une veine réa-liste-réalisante.La perspective n’a cessé de s’affirmer de plus en plus déréalisante au fur et à mesure que nous avons maîtrisé les formes modernes et post-modernes (de Tindécidable et du flou, dudéconstruit) Et même au théâtre, les formes de contenu laissent voir et entendre derrière le décor du divertissement obligé, ironique, pa- Savez-vous ce qui s’écrit chez nous?LA DÊLÉGA'nON WALLONIE-BRUXELLES AU QUÉBEC PRÉSENTE rodique ou carnavalesque, la plamte lancinante de Tec' DANS LE CADRE DE LA FOIRE DU UVRE DE MONTRÉAL échec.Dans ces conditions, le retour à la figuration du pays témoignerait davantage d’une certaine nostalgie plutôt que d’une nouvelle exploration.Voir, par exemple, le dernier grand récit de la représentation nationale: Il n’y a pas de pays sans grand-père de Roch Carrier, paru en 1977, ne peut que reprendre les motifs connus et tenter d’en faire la synthèse.du 8 au 13 NOVEMBRE 1983 t Les dernières publications des écrivains et des éditeurs francophones de Belgique au La réception critique au-;eté rait donc été une réfraction idéologique qui en aurait provoqué une autre chez les non lecteurs (hommes politiques, en particulier)?L’hypothèse vaudrait la peine d’etre vérifiée.Il faudrait aussi tenir compte d’un autre facteur peut-être aussi décisif sur la lecture et la réception: Tau-tonomisation de notre discours littéraire puisqu’il s’est généralement affranchi du modèle traditionnel, étant moins porté à Limitation et piéférant la transgression.On pourrait alors imaginer que ce discours de l'autonomie littéraire puisse alimenter tout naturellement le politique, après Tavoir attiré avec certains prétextes idéologiques quand il ne s’agissait pas de purs gadgets humoristiques (voir D’amour P Q.de Jacques Godbout).Quoiqu’il en soit, le discours littéraire contemporain qui se tient au Québec est loin d’être partisan.Et si Ton tient absolument à lui trouver un alignement, il faudrait aller du coté du parti Rhinocéros.Ou encore de l’écriture des femmes qui depuis 1976 tient son manifeste avec L’Euguélionne: c’est là un domaine encore peu étudié.Et TUnion des écrivains?Son engagement le plus visible se trouve du côté des droits d’auteurs.À ces quelques éléments de réponse à la question initiale, il faudrait en ajouter d’autres, nombreux, si Ton veut encore essayer de comprendre la réception politique du discours littéraire.Parler de cetaines manifestations publiques des écrivains les plus importants, mais Ton relèverait beaucoup plus d’interventions in dividuelles que collectives.Avant le « regroupement pour le OUI », suscité par Gaston Miron au printemps 1980 (quelque cent-cinquante écrivains), il n’existe pas de véritable engagement collectif d’importance.Au lendemain de la victoire péquiste de 1976, Réginal Martel le regrettait, disant que « dans d’autres pays, les écrivains se donnent la mission parfois stand collectif de l’association des éditeurs belges de langue française et de la délégation Wallonie-Bruxelles (stands 256 à 267) Suite à la page XXIII Annales d'histoire de l'art canadien Etudes en art.architecture et arts décoratifs canadiens Articles / Sources et Documents / Notes et commentaires / Comptes rendus / Notes de lectures / Avis VIII 1983 Rustin Steele Lerenson Materials and Techniques of Painters in Québec City, 1760-1850 .L’Abbé Jean-Antoine Aide-Créquy (1749-1780) et l’essor de la peinture religieuse après la Conquête.John R.Porter La contribution du peintre américain James Bowman (1793-1842) au premier décor intérieur de l'église Notre-Dame de Montréal .Yves Laçasse VI2 1982 Thoughts of Peace and Joy: A Study of the Iconography of the Croscup Room .Gilbert L.Gignac and Jeanne L.L'Espérance L’ancien baldaquin de la chapelle du premier palais épiscopal de Québec, à Neuville .John R.Porter Thomas Seaton Scott: The Architect versus the Administrator .Janet Wright Mémoires et thèses en Thistoire de Tart au Canada.Loren Singer Housing in Québec Before Confederation Christina Cameron VII 1982 The Vocabulary of Freedom in 1948: The Politics of the Montréal Avant-Garde.Judith Ince Approche sémiologique d’une oeuvre de Borduas; 3-I-3-I-4 .Fernande Saint-Martin Le tableau de l’ancien maître-autel de Sainte-Anne de Beaupré.Nicole Cloutier The Drawings of Alfred Pellan: Further Thoughts by the Author.Reesa Greenberg Élèves canadiens dans les archives de TÉcole des Beaux-Arts et de TÉcole des Arts Décoratifs de Pans .Sylvain Allaire Bureau de la rédaction: Université Concordia.VA 432.1395 ouest, boul.Dorchester.Montréal, Québec H3G 2M5 Ibrif d’abonnement: annuel $14 00, $8.00 le numéro La COLLECTION DES DEUX SOLITUDES vous présente Les tentations de Gros-Ours de Rudy Wiebe traduit de l’anglais par Michelle Robinson Ce roman historique réhabilite les Amérindiens de l’Ouest du Canada, montre comment ils furent spoliés, et fait revivre les principaux participants de ce drame.Parmi eux, Gros-Ours, un de leurs grands chefs, personnage extraordinaire, à la voix prodigieuse, qui est le seul à deviner que les traités offerts par les Blancs n’apporteront à son peuple que misère et frustration.Le prix du Gouverneur général a reconnu, en 1973, l’importance de ce livre qui compte parmi les oeuvres majeures de la littérature canadienne de ce siècle.Prix: 14,95$ Rudy Wiebe îrsÙMll d» par ,Mà1)«îk" R(»«rn Les tentations de Gros-Ours ' «dfaei»»n dè$ d««x sofiiudes 0 en vente dans toutes les librairies h .Éditions Rerre Tisseyre Le Devoir, samedi 5 novembre 1983 ¦ XVII le salon du livre de montréal LE 7 AVRIL I962, comme le rapp)elle le conservateur en chef de la Bibliothèque nationale du Québec.M.Jean-Rémi Brault (en page 11 de ce cahier sp>écial), le président de l'Association des éditeurs canadiens, M.Claude Hurtubise, faisait un bilan optimiste de l'édition au Canada d'expression française.Il y eut en 1972 parution d'un dossier chez Leméac: La Bataille du livre au Québec, oui à la culture française, non au colonialisme culturel et, plus récemment, l'adoption à Québec de la loi 51.Le débat sur la livre et sur le rôle de l'État dans le domaine culturel a toujours cours, témoin ce document de travail circulant présentement à l'initiative du ministère des Affaires culturelles et intitulé: Pour que lisent les Québécois — la consultation à ce sujet devrait mener en 1984 à une politique québécoise du livre tenant compte de tous les intervenants.LE DEVOIR croit intéressant, à 21 ans d'intervalle, de reproduire de larges extraits du rapport Hurtubise sur l'édition, ne serait-ce que pour souligner que les axes principaux de la question du livre demeurent et que jamais les artisans du livre n'ont cédé à l'optimisme exagéré.C’était en 1962 Claude Hurtubise saluait Vâge adulte de Védition par Claude Hurtubise J K CROIS que le phénomène caractéristique de l'année 1961, dans notre profession, a été la reconnaissance, par le public, de l'édition canadienne.Le public admet enfin, et de la seule façon possible -c’est-à-dire en les achetant -que les livres canadiens existent et qu’ils méritent d’être lus.Le lancement d’un ouvrage.nouveau n’est plus seulement un événement mondain qui attire l’attention d’un petit groupe d’intellectuels et d’une presse bienveillante, mais il est devenu un événement considérable qui touche le grand public.Un lent processus de maturation, tant du côté du public que du côté des auteurs et des éditeurs, a enfin abouti à un état de confiance réciproque.Un auteur n’hésite plus à soumettre à son éditeur un projet d’envergure, un ouvrage de lecture difficile, et un éditeur ne craint plus de les demander à ses auteurs, parce que tous savent qu’il existe un large public dis^sé à les lire.Et, en contrepartie, l’audace des auteurs et des éditeurs, le sérieux avec lequel ils abordent leur métier, encouragent le public à leur faire confiance et à exiger le meilleur d’eux-mêmes.Cette réaction en chaîne permet les plus larges es- Un « accueil plus que chaleureux » chez le sous-ministre Guy Frégauit, aux Affaires cuitureiies (1962).poirs.Les Canadiens français ayant compris qu’ils sont les seuls à pouvoir résoudre leurs propres problèmes, admettent aujourd’hui que leurs écrivains sont seuls en mesure de cerner ces problèmes, de les définir et d’exprimer les éléments de solution.Et le public découvre que les écrivains sont en train de réaliser cette tâche.ISRAËL PEUPLE DU LIVRE Pour la première fois au Salon du Livre de Montréal Stand # 412 Nous faisons enfin suffisamment confiance à nos romanciers, à nos poètes, à nos dramaturges, à nos essayistes, pour attendre d’eux les oeuvres qui définiront notre personnaüié.Préparée par le courage et les efforts de chacun des éditeurs au cours des dernières années, et avec l’aide des critiques, des journaux, et grâce au travail accompli par notre Association durant la période difficile d’après-guerre, cette trouée dans le mur de l’indifférence du public, commencée en 1960, s’est élargie en 1961 au point que nous pouvons affirmer aujourd’hui que la partie est gagnée.On doit signaler que cette réussite est largement due à la création de ce que j’apo-pellerai les éditions populaires.Si nous devons nous réjouir de cette réussite, il faut surtout ne pas relâcher notre effort pour maintenir cet élan.Nos problèmes sont, hélas, loin d’être résolus, et il nous serait impossible de maintenir ce rythme accéléré de publication sans l’aide de divers Conseils des Arts.Par le nombre et la qualité des personnes que nous avons pu intéresser à ce Grand Jury (des Lettres), le Conseil a convaincu de contribuer à l’organisation de ce Vient de paraître aux Éditions rcoJ ^ l?roc|uct< ma TOM THOMSON, précurseur du Groupe des Sept Pour la première fois en Français, un magnifique album sur run des grands maîtres de la peinture canadienne.Tcxie; Harold Town et David P.Sllcox Traduit par Jacques de Roussan Prix; 49,95$ 18e titre de la Collection Signatures La maîtrise du pastel de VINCELETTE est un enchantement pour les yeux.Texte: Ernest Pallascio-IVIorin Préface: Mario Verdon Prix: 29,95$ TOM THOMSON LL CAL ML LT l.A TLMPfTL Salon du livre de Montréal stands 156-157 VOTRE LIBRAIRE AIME NOS LIVRES, RENDEZ-LUI VISITE Éditions ma real ^ l^roq uat C.P.310 — La Prairie Qué J5R 3Y3 (514) 659-4819 Diffusion: France Amérique Grand Jury: gouvernement du Québec, Conseil des Arts de Montréal, le maire de Montréal: par la publicité que nous avons obtenue dans tous les journaux, à la radio, à la T.V., nous pouvons mesurer le progrès accompli par l’édition canadienne pour s’imposer auprès du public et se faire admettre comme une industrie adulte.Voilà, je crois, le terme qui définit l’état de notre métier en 1961 : l’édition cana-dienne-française est devenue adulte.Enfin admise au Canada, l’édition canadienne commence à être admise à l’étranger.Deux événements de première importance ont permis à notre association de manifester son existence et son entité hors du Canada: la fondation à Paris de l’Union des éditeurs de langue française et la Foire Internationale du Livre de Francfort.Il est bon de signaler que c’est par la participation du Canada français que le Canada était présent pour la première fois à Francfort.Ajoutons également que les 200 ouvrages canadiens, soigneusement choisis par un jury de critiques désignés par le Conseil, ont été exposés à la Foire du livre de Berlin, quinze jours après la fermeture de la Foire du livre de Francfort____et que, de Berlin, les livres ont été ramenés à la Maison du Québec à Paris.Au cours de l'année 1961, votre Conseil a présenté au ministère des Affaires culturelles du Québec, par l’entremise du sous-ministre M.Guy Frégauit, un mémoire sur l'industrie du livre et sur les moyens que le gouvernement pourrait employer pour aider l’édition.Ce mémoire, rédigé par M.Tisseyre et reçu par votre Conseil, a reçu un accueil plus que sympathique de la part de M* Frégauit.A la suite des démarches de votre Conseil auprès de M.Eugène Bussière, et en particulier des lettres de M.Boulizon, notre délégué auprès du Conseil des Arts du Canada, nous avons obtenu que l’examen des manuscrits soumis .soit nettement accéléré et que le montant des subventions soit augmenté.En terminant ce résumé des principales activités de notre Association au cours de l'année 1961.il faut remercier tous les membres du Conseil et tous les membres des commissions permanentes pour le travail considérable qu’ils ont fourni.Sans leur dévouement, sans leur assiduité aux réunions très nombreuses.sans le travail de tous ceux qui ont rédigé mémoires, statuts, communiqués à la presse, lettres aux divers Conseils des Arts, aux divers ministères, de ceux qui ont organisé des rencontres avec des personnalités importantes ., de ceux qui ont préparé le catalogue collectif, de ceux qui ont préparé le Salon du Livre de Montréal 1962, qui ont réuni et expédié les livres à Francfort, nous serions tous privés des avantages que ces diverses activités apportent à l’ensemble de notre profession.Vient de Paraître Aspects de la civilisation canadienne-française Textes réunis par Pierre Savard ISBN 2-7603-4102-X Translation in Canadian Literature Textes d’un symposium tenu à l’Université d’Ottawa en 1982, réunis par Camille La Bossière collection Reappraisals: Canadian Writers 7,95$ ISBN 0-7766-4389-4 À paraître vision outaouaises / ottawax Poèmes d’André Duhaime Oi«$ü O collection L'Astrolabe ISBN 2-7603-4057-0 Les débuts de la Mission dans le Nord-Ouest canadien par Claude Champagne ISBN 2-7603-0105-2 La Traduction: l'universitaire et le praticien Textes du Congrès de traduction tenu à l’UQAM en 1980, réunis par Arlette Thomas et Jacques Flamand collection Cahiers de traductologie ISBN 2-7603-4655-2 Éditions de l’Université d’Ottawa 65 avenue Hastey Ottawa, Ontario K1N 6N5 tél: 231 (Chamberland), de dénoncer l’aphasie du bilinguisme quo-ticîien considéré comme « pauvreté fondamentale », le sentiment d’étrangeté dans la ville, la fatigue culturelle du Canada français.Bref, l’inutilité des guerres d’escarmouches.Montrer l’état de désintégration d’une langue était, pour eux, un acte politique et un engagement temporaire visant à promouvoir la nécessité d’un changement.Car ils craignaient qu’on puisse un jour leur attribuer ce commentaire de Brecht: « J’ai toujours entendu dire que les gens d’ici étaient très taciturnes.Ce trait passe pour un caractère national.Comme c’est une population mêlée et bilingue, on pourrait dire: ce peuple se tait dans les deux langues » (Dialogues d’exilés).Le nationalisme de Parti Pris refusait l’idéologie passéiste de la simple survivance.Il s’a^ssait d’un nationalisme militant et revendicateur, qui considérait l’indépendance comme une étape à franchir, étape d’ailleurs nécessairement associée à d’importants changements sociaux.Ce nationalisme prévoyait également sa propre éradication.S’il est incontestable que les écrivains prennent, pendant un certain temps, la relève du discours politique et assument ce que l’on pourrait appeler une fonction de suppléance par rapport aux autres corps institués, on ne saurait parler, dans les oeuvres des auteurs déjà cités, d’embrigadement ou de conscription du littéraire à quelque thèse habilement programmée.On ne saurait non plus réduire à des thèmes ou schémas simplificateurs ces textes de l’indignation et du quotidien, qui instaurent un dialogue jamais terminé entre le je et le nous, le singulier et le collectif.Leur principal apport aura été de mettre en place une écriture critique (voire carnavalesque), de problématiser le statut de l’écrivain, son rapport à la forme, au lecteur, et somme toute, à une société particulière, celle du Québec des années 60.Dans les essais de Vade-boncoeur, de Bouthülette, les romans de Perron, Godbout, le théâtre de Tremblay, les poèmes des éditions de l’Hexagone et, en somme, dans une grande partie de cette littérature en ébullition —, celle de la décennie 1960-1970 ' — qui se désigne désormais comme québécoise, le réfèrent commun minimal est celui d’une interrogation inquiète sur l’identité.Les censures ont été levées.Il ne s’agit plus de projeter, comme à l’époque du conservatisme, une image idéale de soir et une survalorisation compensatoire de sa fragilité.Chaque évrivain s’approprie, avec le langage qui lui est propre, le territoire symbolique de ses appartenance et de ses doutes.Puis peu à peu le concept de littérature nationaliste (celle du 19e siècle) et même celui de littérature/nationa-lime (Parti Pris) le cède à celui de littérature nationale.Une littérature devient nationale lorsque précisément elle cesse de se poser le problème de son existence, c’est- à-dire lorsqu’elle a acquis une pluralité et une polyvalence telles qu’elle se développe en dehors des consensus et peut se passer d’un rapport frileux, emphatique ou malheureux avec le nationalisme.Littérature nationale, c’est-à-dire ouverte au multiple et au ludique.Qui affiche une langue décomplexée et les langages des traris-gressions les plus, diverses.Qui ose maintenant dire je et l’écrire, qui n’a pas peur de décliner le quotidien, sachant qu’il n’y a de banal que l’informe.Qui permet la coexistence de la Barre du Jour, des Herbes Rouges et de Liberté, Dérives ou Possibles.Alors que chez les uns, le délit d’écrire n'est plus d’ordre moral mais langagier et les révolutions d’abord textuelles, on retrouve chez les autres une conscience plus aiguë du référent idéologique inhérent à toute oeuvre, toute création.Ce qui n’empêche pas un poète des Herbes Rouges, François Charron, de traiter en un brillant essai le rapport entre littérature et nationalisme, et de redéfinir le politique : « L’engagement du créateur se fait ainsi politique dans tous les sens, par toutes les directions que prennent les rapports humains et l’humain à l’inté- rieur de ces rapports.» Mais les femmes ne nous avaient-elles pas appris déjà que « le privé est ^litique»?La littérature québécoise est, désormais, une littérature polyvalente, débarrassée des attitudes crispées ou monolithiques de certaines générations antérieures.Littérature qui accueille et célèbre aussi bien Louis Caron que Nicole Brossard, Yves Beauchemin que Yolande.Villemaire ou Madeleine Ga- i gnon.Littéraire qui se dit et : se cite dans une intertextualité davantage signifiante, en termes de vitalité, que tout discours sententieux ou programmatique.Et il n’est pas rare de lire des allusions à Ferron, Aquin ou Ducharme dans l’oeuvre des plus jeunes écrivains.Sans compter la référence obligée au manifeste de Borduas, Refus global, point de ralliement de tous les créateurs québécois contemporains.Il ne s’agit pas d’un fonctionnement en circuit fermé mais d’une information réciproque et d’une circulation libre de l’écrit.Un certain espace littéraire est ainsi créé, qu’on peut appeler distinct.Littérature nationale encore parce que fortement Suite à la page XXIII :î REGARDS DU BRÉSIL SUR NOTRE LITTÉRATURE Sous la direction de Maximilien Laroche, la revue Études littérai-re.sçde l’Université Laval, pré.senle dans .son dernier numéro des « Regards du Brésil sur la littérature du Québec ».11 est intéressant de noter que la revue Dérives, dans un numéro triple, vient tout juste de publier une anthologie de nouvelles brésiliennes.Éludes littéraires a en .somme bénéficié d’échanges qui .se poursuivent depuis 1978 entre universitaires de Sao Paulo et de l.aval.Là-bas, Anne Hébert a déjà fait l’objet d’une thèse, et certains professeurs semblent coiinaitre à fond et apprécier des poètes comme Saint-De-nys Garneau, Miron et Nep-veu (article de Flavio Aguiar) et Eunice Galery a étudié en profondeur Les Têtes à Papineau, de Jacques Godbout tandis que Italo Ca-roni dissèque le sens d’Une .saison dans la vie d'Emmanuel qui valut en son temps le prix Médicis à Marie-Claire Blais.Dans le même numéro, Jean Moris.set parle des « relations diffractées » Québec-Brésil et Maximilien Laroche situe la littérature qué-bécoi.se face à la littérature latino-américaine (texte MOIS DU LIVRE JUIF MAiTRF ANDRÉ CHOURAQLII cuiit'érencier invité « I radiiire sans trahir les racines » mariii 8 imvembrc à 20 h !’a\.Sciences sDciales.U.D.M.Amph.1)0.105 présenté par le Centre Hillel Tél: 738-2655 « Multiples visages de la bible » nieicrecii 9 novembre à 20 h à la Bibliothèque juive 5151 chemin de la Côte Sie-Catherine présenté par la Bibliothèque juive, le Centre communaulaire |uit'el le centre Mille lel: 735-6535 d’une communication faite à l’université de Sâo Paulo en juin 1982), en insistant sur « l’appropriation de l’espace » et sur la thématique des « nègres blancs » et en s’aidant du discours anticolonialiste de « Speak White », poème-affiche de Michèle Lalonde que publiera bientôt une maison californienne.Ce numéro fait ressortir les traits d’« américanité » présents dans les écrits de francophones, de lusophones, d’hispanophones et d’anglophones.On y souligne aussi que le français a déjà été, [)our une partie de l’élite brésilienne (jusqu’en 1939), un masque de notre liberté (intellectuelle).Les comptes rendus insérés dans Études littéraires iouchenl le no 145 de Liberté {« nos écrivains par nous-memes »), le livre de Daniel Gay (« les élites québécoises et l’Amérique la-tine »), un ouvrage collectif sur les Pratiques de conscientisation au Québec, une élude de Robert Harvey sur deux titres de Anne Hébert et offre un parallèle entre les « universités ouvertes » de Londres et du Québec —_il s’agit d’une thèse de Joâo Baptista Bastos défendue à l’université fédérale de Rio de Janeiro.Sur le « rejet du bilinguisme au Canada français » signalé par la Brésilienne Ir-leinar Chiampi, voici la réponse que donnait alors Maximilien Laroche: «.Le refus du bilin guisme.au Québec n’a pas [Kiur premier objectif de res-laurer le français dans sa pureté mais d’éviter la dévora- tion totale du français par l’anglais.Face à la puissance d'expansion de la langue anglaise dans le contexte géopolitique, économique et culturel de l’Amérique du Nord, le Québécois francophone ne se sent même pas dans la bouche mais presque déjà dans le ventre du mangeur.Cette sensation a sûrement conditionné la pensée des théoriciens de l’identité québécoise.Pierre Vallières et Michèle Lalonde paraissent davantage portés à définir cette identité québécoise selon le paramètre tiers-mondiste.En cela ils s’alignent sur leurs confrères latino-américains.D’autres théoriciens, et cela du siècle dernier à aujourd’hui, c’est-à-dire de Crémazie et Garneau à Vadeboncoeur et Bou-thillette, utilisent d’autres paramètres.f «Une chronologie comparée de cette réflexion sur l’identité nationale au Québec et au Brésil fait constater un parallélisme mais aussi une progression et un rythme différents dans l’évolution de cette réflexion.« Ainsi c’est l’évolution même des littératures respectives des deux pays qu’on est amené à considérer.Si la critique brésilienne, à la suite d’Antonio Candido, fait remonter la date de la Formation de la littérature brésilienne à José de Alencar et donc au début du XIXe siècle, la critique québécoise, elle, fait commencer la Formation de la littérature québécoise avec Émile Nelligan donc au début du XXe siècle.Il y aurait donc une différence de développement des traditions littéraires.« Il y a en définitive des points des divergence indéniables et des points de rapprochement tout aussi incontestables entre les écrivains québécois et les écrivains latino-américains.« Si le caractère latino-américain d’une production littéraire américaine, comme l’a démontré ma collègue Irlemar Chiampi, semble dépendre d’un critère bien plus idéologique que pwétique, il appartiendra à la .critique de decider de l’applicabilité de ce critère à la production üttéraire québécoise.L’on peut néanmoins penser que la communauté latino-américaine attendra de percevoir un signe d’intérêt de la part du Québec.La valse-hésitation du Canada devant l’O.E.A.en effet, porte à douter de la volonté des Américains du Nord de se ranger du côté du Sud dans le fameux dialogue dont on parle tant.» — C.T.Québec français IMISSIÉK : le fninciiis m secteur comniereMi n° 51 Un dossier critique sur le cinéma québécois Enseigner le français au secteur commercial Nouveautés — Prix — Essais — Littérature jeunesse À venir n° 52 • Rèjean Ducharme • Un dialogue pédagogique sur micro-ordinateur • Faire écrire au secteur professionnel FICHE D’ABONNEMENT 4 numéros par an.Abonnement: 12 Nom.Adresse.Ville.Québec français C.P.9185 Code postal.Québec 14 $ à partir du 1 er janvier 1984.GlV 4B1 Goiivoniernent .lu Ministère des Communications Ouobei Une voie d’accès rapide à l’information gouvernementale • Un outil de référence pratique • Facile à consulter • De style vivant et direct avec mises en situation • De nombreuses illustrations • Plus de 600 pages Le Guide 83-84 EOQ 19821-8 4,95 $ Salon du livre de Montréal En vente aux stands du Ministère des Communications du Québec Numéros: 500-501-502-503-504 Également en vente à la librairie de l’Editeur officiel du Québec Montréal Complexe Desiardins Tél 873-6101 ébe Un livre de portée apocalyptique une oeuvre d’une envergure et d’une portée inégalée.EMMANUEL ACHHAR SI LOGOSYNTHÈSE UNIVERSELLE atomologie ÉDITIONS LCXjOS «LOGOSYNTHÈSE UNIVERSELLE» D’EMMANUEL ACHBAR VOLUME I: « ATOMOLOGIE » Un plaidoyer scientifique en faveur de l’exploitation Judicieuse et révolutionnaire d’une nouvelle forme d’énergie nucléaire dite noble, c’est-à-dire excluant toute forme de radioactivité, destinée à remplacer l’énergie nucléaire classique de fission et de fusion de même que le pétrole en moins de dix ans.Aussi un plaidoyer pour une révolution sociale universelle sans précédent devant aboutir à l’instauration d’un Ordre social décisif et d’un gouvernement unitaire mondial et universel, à implanter à Montréal, dont les structures socio-politiques sont présentées dans le cadre d’un manifeste universel en 70 articles intitulé « Marana-tha ».PARAÎTRA LE 8 NOVEN^BRE 1983 AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL, AU STAND 523.Le livre (304 pages) est en vente aux Éditions Logos (27,00 $) à l’adresse ci-dessous.Seuls les mandats et chèques visés sont acceptés.ÉDITIONS LOGOS 5875, chemin Chambly Case postale 88 Saint-Hubert (Québec) J3Y 3R0 I ! Le Devoir, samedi 5 novembre 1983 le salon du livre de montréal Dix éditeurs de langue anglaise à Montréal Les frontières s*atténuent, la visibilité s^accroît par Clément Trudel Depuis le début de 1983, à la faveur de dé-jeuners-causenes mensuels, dix éditeurs anglophones de Montréal se remettent à jour, sur un mode détendu Ils devisent avec leurs invités sur les grands courants touchant leur profession, ce qui peut aller des plus récentes vogues httérai-res aux méandres des organismes subventionnaires De tous les sigles dont nous sommes bombardés dans les salles de rédaction, en VOICI donc un autre à noter MELP (Montreal English Language Pubhshers) Il s’agit d’une fédération assez lâche, entre éditeurs aux traits fort diversifiés Comme le notait cette semaine Andy Wheatley, des éditions Quadrant, certains résultats obtenus au nom du groupe auraient été impensables dans l’isolement, comme cette présence au Salon du Livre de Montréal où il est important de prouver que nous sommes lancés dans des entreprises « culturellement viables» La plus imposante de ces maisons est sans aucun doute Reader’s Digest mais personne n’y semblait autorisé à donner une entrevue hormis le président qui rentre le 15 novembre' Les huit autres Eloi de Grandmont traduit par Daniel Sioate maisons constituant le MELP sont Harvest House, en activité depuis 1960 et dirigée par Maynard Gertler; Itjs livres Toundra/Tundra Books qu’anime toujours May Cutler depuis sa fondation en 1967, Black Rose Books, Optimum Pubhshing; Eden Press qui, en sept jours, avait épuisé le premier tii-age (15,000 exemplaires) dé son Anglo Guide to Survival in Québec, de Josh Freed et Jon Kalma, McGiU-(^een’s University Press; Véhicule Press et Guernica Editions ;Qui n’a pas souvenir de cptte revue (Our Generation) pacifiste, écologiste avant la lettre, dont Dimi-trios Roussopoulos était rame?On retrouve Rousso-pbulos aux Black Rose Elpoks, avec ce créneau qui entend démasquer la propagande {Between the Lines dont 4,000 exemplaires se sont vendus en 18 mois) ou Iqs stratégies « tnlatérales ».Njoam Chomsky figure parmi lés auteurs d’une maison qui a Tendu accessibles aux anglophones beaucoup de titres québécois (Dans l’hiver de nos os, d’Evelyne Dumas ou le manifeste du Deuxième Front de la eSN — Québec Labour, ou encore les essais de Jacques Dofny et Nicole Arnaud sur la question nationale, ceux de Pierre Fournier sur le patronat et le capitalisme.Le catalogue de Black Rose contient plusieurs titres sur le fémmisme et sur le courant anarchiste.Une entrepnse qui, malgré la possibilité d’obtemr des subventions d’organismes québécois, s’abstient de faire cette démarche, préférant utiliser à fond les mécanismes existants à Ottawa.laissant aux maisons francophones la clé aux subventions du Québec — c’est du moins ce que Roussopoulos confiait à sa collaboratrice Lucia Kovalik.À Optimum, Michael Ba-xendaie s’abstient, lui aussi, de solliciter des subventions à Québec, jugeant le mode de fonctionnement de Québec trop tatillon.Optimum se refuserait par exemple à dévoiler les cachets ou royautés touchés par un auteur Ba-xendale souhaiterait qu’Ot-taw et Québec harmonisent leurs politiques pour les rendre complémentaires, non conflictuelles (comme lorsque la diminution québécoise diminue parce que Ottawa a aussi joué sa part dans le dossier).Optimum: catalogue de 137 titres, dont quelques livres de recettes fort en demande Le pdg de cette maison se rengorge des succès des albums de Fred Brummer (dont le livre sur les « Enfants du Nord » (1982) a déjà été jugé le meilleur b-vre pour enfants à la foire de Bologne).Ce qui est vraiment significatif,c’est® notre manière de renverser le courant ».Comment?En atteignant un succès mdémable grâce à un auteur américain (né à Montréal), le Dr William Sears — Creative Parenting.Ce pédiatre est le « Dr Spock des années 80 » dit Baxendale et même si son livre coûte presque $20 US, l’é-dition rehee s’est enlevée rapidement (25,000 exemplaires) et les droits ont été acquis pour l’Australie, les Etats-Unis, l’Inde, l’Amérique latine; le livre sortira en français au début de l’an prochain Leçon de l’his toire?Autrefois, un auteur améncain pubhé à l’étranger perdait ses droits si plus de 1 000 exemplaires s’étaient vendus aux Etats-Ums.Maintenant l’absence de barrières est bénéfique pour notre in-dustne.Chez May Cutler (Tundra Books) le succès va de pair avec le non-nationahsme La reconnaissance lui vient — pour son éventail de livres pour enfants présentés comme des « oeuvres d’art » — de Norvège où un club du hvre a vendu 140,000 hvres de Wilham Kurelek (dont le musée McCord présentait récemment une rétrospective), de New York, de Suisse, où Soleil Diffusion a commandé une traduction française de Chester’s Barn ( La Grange de Chester, un hommage aux animaux de la ferme réalisé par L.Climo, vivant à l’île-du-Prince-Édouard.Ce succès s’accompagne de découvertes car seulement deux des 75 auteurs édités par Toundra avaient publié avant d’être retenus par May Cutler.Nombre des titres de Toundra sont présentés en deux langues, tels « Tableaux pour les amoureux », de John Lim.C’est là qu’ont paru les dessins de Norman McLaren, le « Québec je t’aime » de Miyuki Tanobe.Cet automne paraît un tirage réduit (1,000 exemplaires) de la légende outaouaise Regarde, il y a des géants partout, de Joan Finmgan Un coin du livre où il fait bon s’attarder lorsqu’on en a le loisir.May Cutler a ses idées arrêtées sur les relations avec les organismes étatiques ou para-étatiques du Québec : pas de contact.La rupture remonte aux premiers mois du régime péquiste, Denis Vau-geois, alors chargé des Affaires culturelles, ayant lancé l’idée d’une accréditation pour les éditeurs L’idée « saugrenue » avait germé chez des éditeurs francophones.May Cutler ne veut pas de subventions de ce gouvernement (québécois).car je ne veux pas de droits qui ne seraient pas accordés à d’autres.LE DEVOIR fut de ceux qui se sont élevés contre l’accréditation appréhendée des éditeurs, il y eut par la suite r« agrément » Eden Press, née comme maison spécialisée dans des titres de médecine, entend se cantonner à trois secteurs d’édition- médecine, livres savants (scholarly) et livres populaires (dont la vente rapide est assurée, tel cet Anglo Guide.).Assez curieusement, cette maison anglophone qui édite nombre d’auteurs américains a profité de la Foire de Francfort pour nouer contact avec quelques éditeurs francophones du Québec (comme Boréal Express) « Nous sommes à la recherche d’auteurs québécois », dit Pamela Chichins-kas, espérant ainsi créer un courant quasi mexistant chez nous — nous verrons alors si les démarches pour obtenir des subventions du Québec peuvent être entamées.Nous sommes, à Eden Press, fiers de nous présenter avec nos succès au Salon du Livre .Avec Antonio d’Alfonso (anglophone de souche italienne, qui dirige Guernica PJditions et prend part à la rédaction d’une revue «transculturelle».Vice versa, l’objectif visé est de « rassembler des voix éparses ».Chez lui se retrouvent des éditions bilingues de Claude Beausoleil et d’Éloi de Grandmont II y aura aussi bientôt une série de titres bilingues, avec la maison française Castor Astral.Guernica publiera en traduction anglaise et originaux français des auteurs de là-bas et vice-versa « C’est grâce au Québec que je peux publier cette année Ottawa a été très méchant avec moi » Guemica a vécu un incident du type « Herbes Rouges » face à Ottawa qui reçut de multiples lettres de protestation lorsque les fonds furent coupés, Ottawa mettant en doute la « qualité • de la production de Guemica Pourtant, la volonté de d’Alfonso n’est pas modifiée Après Leroy Gorman, Marco Fraticelli, Fui vio Caccia, il publiera d’au très poètes Bientôt sortira une traduction de Jacques Renaud {Le Cassé) et se poursuivra l’émission de dis quelles pour ordinateurs Dans le vent, cet éditeur ’’ Oui, parfois même dans la tourmente Harvest Hou.se, je connais mieux, Maynard Gertler m’honorant de son amitié déjà depuis quelques années Je dirais que son ambition est cosmopolite, avec accent philosophique et regard intéressé, jamais captif s’agissant de la réalité québécoise et du grand tout canadien Récemment, Harvest devenait la première maison à pu-bber en traduction tout l’oeuvre de Nelligan On y trouve de quoi bâtir un cours cohé rent sur les oeuvres littéraires québécoises, sur les es- Sulte à la page XXIII___ .H'’' .LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ LAVAL Des livres à découvrir H.Robert COHEN avec la collaboration de Sybia l’f.cuyer-Lacroix el Jacques leveillee— Preface de Barrs S Brinik Les gravures musicales dans VIllustration (1843-1899) publié sous les auspices du repertoire internationdl d’iconographie musicale (RldlM) 3 360 gravures extraites de \'Illustration.l’hebdomadaire illustre le plus important en l rance au XlXe siècle mises en scene, decors et costumes d’operas et de ballets, maisons d'operas cl salles ^ de concerts, portraits ***'L-^ de compositeurs, d’cxecuiants, de chets d’orchestre, msliumenls el Licteurs d'instrumenls, soirees de galas, conceits de salons et en plein air , avec un index exhauslit et un réseau de renvois analytiques a multiples niveaux Un immense corpus iconographique, un remarquable ouiil de relerence cl une veritable histoire visuelle de la vie musicale parisienne de l’epoque I 5 .¦.•è'i L’équipe et les auteurs de QUEBEC/AMERIQUE seront ravis de vous rencontrer au Salon du livre de Montréal.Stands 206-207-208 Séances de signature pan Yves Beauchemin Dominique Blondeau Lysîane Gagnon Jeanne-d’Arc Jutras Gilbert La Rocque Serge Mongeau Monique Proulx Adrien Thério Le Devoir, samedi 5 novembre 1983 le salon du li montréal Idllainiirln Photo Jacques Grenier Dans un document de consultation du ministère des Affaires culturelles, « Pour que lisent les Québécois », on rappelle que 40 des 163 villes de 5,000 habitants et plus, au Québec, n’offrent pas les services de bibliothèques publiques à leurs citoyens.Selon le projet proposé, il en coûterait plus de $2 millions pour rendre plus accessible et plus attrayant le livre.La tranche d’âge visée par la publicité serait les jeunes de 17 ans et moins, prioritairement.À quand une politique de la lectiire au Québec?par Clément Trudel ACJUAND une « politique de la lecture » au Québec?Un comité de sept membr es dont le respon.sable est M.Roland Sas.seville, des Affaires culturelles, poursuit .sa consultation auprès de divers organismes, dont six autres ministère.s, les bibliothèques publiques, la Fédération des clubs de l'Age d'Or, etc.et devrait remettre ses conclusions avant Noël.Ce qui peut signifier qu’au cours de 1984 le ministère des Affaires culturelles rende publique, officiellement, sa politique de lecture visant à combler des lacunes signalées entre autres dans un sondage CROP, en 1978,donnant une proportion de 44 % de Québécois (18 ans et plus) qui« ne lisent jamais, ou rarement » des livres.Intitulé « Pour que lisent les Québécois », le document de consultation n'est jamais parvenu au niveau ministériel, expliquait cette semaine un fonctionnaire qui a refusé de faciliter au DKVOIR l'ob-tention de ce texte d'une cinquantaine de pages.11 s’agit d’un sujet « en con.stante évo-lution», précisait-il pour étayer son refus de trans-meifre un texte que nous avons obtenu d’autre source.« Pour que lisent les Québécois » comporte un plan d’ac-lion triennal qui poun-ail exiger des crédits de plus de $2 millions et insiste pour inté- grer le livre à l’environnement et modifier la perception (élitiste?) qu’on a du livre en certains milieux.Une campagne de .sensibilisation pourrait être entreprise et les efforts porteraient prioritairement, si l’on en croit la version consultée, sur le groupe d’âge des ans et moins.Livre doit davantage se rapprocher de loisir, de détente, de plaisir dans l’esprit du jeune — finie l’approche « scolaire » ! Malgré tout, ce document expose des aspects encourageants de la situation: l’imprimé prend de l’ampleur, le nombre de lecteurs croit (plus d’un million de Québécois franchissent les portes de bibliothèques publiques chaque année).D’autres faits suscitent toutefois un sentiment d’urgence puisque, des 163 villes ayant 5,000 habitants ou plus, 4Ô n’offrent pas de services de bibliothèques publiques à leurs citoyens! Le comité pour l’élaboration d’une politique de la lecture a déjà, au cours de 1982, produit un autre document sur la lecture au Québec.Comme dans le document de 1983, on y souhaite que la lecture provoque une sorte d’ « appétit biologique » — l’expression est de Robert Ks-carpit.Le document de 1982, quelque peu remodelé, est versé en annexe au document servant de base à la présente consultation.C’est ainsi que l’on a cerné les lacunes principales: la lecture n’est pas intégrée aux activités de loisir; la lecture et le livre sont peu présents dans les médias, ne reçoivent pas un appui d’animation suffisant et « la lecture n’est pas une préoccupation dans les programmes gouvernementaux ».Imaginons par hypothèse qu’existe une telle préoccupation (du gouvernement); l’on verrait alors les prisons, les centres d’accueil et d’autres lieux sous la responsabiüté des ministères rendre plus accessibles les livres (« que le livre aille au monde et non l’inverse »).La lecture serait perçue comme passe-temps exceptionnel, pourvu que l’autre niveau d’action suggéré (l’animation) soit mis en branle.Dans « Pour que lisent les Québécois », huit ministères font l’objet d’attention, en plus de celui des Affaires culturelles: on y suggère cinq « mesures pertinentes » au ministère de l’Éducation, comme des programmes d’activités para-scolaires et la mise en vigueur de programmes d’aide à l’alphabétisation pour les 18-30 ans.Sont également inclus dans le champ de préoccupation de cette (future) politique de la lecture: les Communications, le Secrétariat à la condition féminine, les Affaires sociales, la .lustice et trois autres ministères (Communautés culturelles et Immigration, Loisir, Chasse et Pêche et Main-d’Oeuvre et Sécurité du revenu).Dans les premières pages du document, l’on rappelle la « problématique » d’une politique de la lecture.Y sont énumérés quelques progrès l'analyste Au Salon du livre Venez rencontrer les artisans et les auteurs de l'Analyste au kiosque 51 SB réalisés au Québec : instauration d’un système d’agrément d’un système d’agrément des éditeurs, des distributeurs et des libraires; réglementation sur la propriété québécoise ; développement des salons du livre; création et développement du réseau des Bibliothèques centrales de prêt (BCP); création d’un service gouvernemental de la propriété intellectuelle et augmentation de la population desservie par les bibliothèques publiques (80 % de la population, en 1982).Logiquement, rappelle le document, il a fallu développer une infrastructure et le ministère « n’a donc pu se préoccuper, comme il l’aurait souhaité, de promouvoir intensément la lecture auprès de la population».L’heure est venue de « maximiser l’impact » de gestes posés antérieurement.Les mots-clés, en l’occurence, deviennent: participation, diffusion et consommation.La lecture doit se retrouver dans l’environnement quotidien, de la garderie au milieu de travail, du milieu familial au milieu scolaire.Pour le loisir.Pour les institutions spécialisées, pour les milieux défavorisés, pour certains groupes d’âge identifiés dans le relevé de 1982.Une campagne de sensibilisation (graduée) se profile et finalement, avant les annexes en détaillant les divers volets, se dessine un « plan d’action » dont voici l’ossature (il s’agit d’un document susceptible de subir des modifications une fois terminée la tournée de consultation): — le volet 1 a comme priorité de créer des habitudes de lecture à partir d’une perception nouvelle du livre (on vise le plus grand nombre possible de non lecteurs); — les volets 2 et 3 doivent maintenir et développer les habitudes de lecture, consolider l’infrastructure du livre; l'on parle alors d’inégration du üvre dans les médias électroniques et de campagne de sensibilisation, de programmes à frais partagés offerts aux organismes professionnels du livre (ce qui veut dire achat de publicité directe par le ministère?).Viendront ensuite des mesures visant à pallier les lacunes les plus importantes.Viennent ensuite un échéancier, les implications financières, des tableaux indiquant les étapes prévues.Sont énumérés egalement les organismes consultés (un rapport synthèse de 80 mémoires présentés lors de la consultation du ministre Clément Richard, en 1982, a été communiqué au comité ad hoc formé de M.Sasseville et de MM.Guy Boivin (du mi-ni.stère des Affaires culturelles), Réal Bosa (Bibliothèque nationale), .lean-Guy Vennes, Yvon Brochu et Gilbert Gagnon, et de Mme Hélène Va-chon.M.Jean Ouellet, de la direction de la planification du MAC, a fait partie de ce comité jusqu’en septembre 1982.Le document porte en annexe des statistiques sur la lecture au Québec, au Canada et en France.Terre-Neuve et le Québec, au Canada, accusent le plus faible taux de lecture et la Colombie britannique emporterait la palme quant au nombre d’heures de lecture par citoyen (d’après une étude du Secrétariat d’État publiée en 1980).Les Conseils régionaux de la culture ont pris connaissance de « Pour que lisent les Québécois », de même que la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec et la P'édération québécoise du loisir littéraire.Le texte en discussion porte en exergue une citation du livre blanc (1978) sur La politique québécoise du développement culturel: « Le développement de la lecture publique et, sur un plan plus général, la mise au point et l’élargissement d’une politique de la lecture constituent une des priorités pour les prochaines années.» Parmi les legs à la BNQ PARMI les legs testamentaires faits à la Bibliothèque nationale du Québec, il faut signaler ceux du journaliste Harry Bernard, de Saint-Hyacinthe, et du baron Km-manuel Nolde qui était à sa mort (octobre 1982) secrétaire général de la Ligue urbaine et rurale de France.M.Bernard a légué sa bibliothèque personnelle, ses archives personnelles et les manuscrits de ses ouvrages.Quand au baron Nolde, né à Saint-Pétersbourg (Russie) en 1909, il avait émigré en France avec sa famille en 1919.Nolde servit dans divers territoires et colonies tout en se passionnant pour l’art et l’histoire.Le don de ce non-Québécois à la BNQ est constitué de plus de 2,000 titres reflétant sa culture et son humanisme.l,e conservateur en chef de la BNQ, M.Jean-Rémi Brault, dans un récent bulletin de la Bibliothèque nationale, souhaite que ces exemples se multiplient et rappelle qu’ils sont une « source d’enrichissement exception- Nos écrivains traduits (en langue anglaise) Au Salon du livre de Montréal, stands 517-518 Rappel du numéro trois.septembre 83 Les signatures d’A.Raynauld, M.Pinard, M.-J.Drouin, J.Henripin, G.Dion, M.Cusson, J,-P.Desbiens, J.Freund, J.Baechler etc.Des textes sur démocraties et déficit, le capitalisme, le pacifisme, le syndicalisme, le référendum, les valeurs, le sous-développement, Maria Chap-delaine etc.Au sommaire du numéro quatre, Décembre 83 Thomas Molnar: le Mai 68 des évêques américains Julien Freund: l’avenir du socialisme Gérard Bélanger: l’ajustement régional Éditorial: L’État obèse Georges Barthel: le laboratoire allemand Louis Vaicke: L’égalitarisme Des études sur les loteries, les lois 32 et 40 (éducation) La commission MacDonald, Péchiney, le dernier Revel, etc.Des chroniques sur le cinéma, la littérature, l'opéra Un essai sur le féminisme etc.Le journal de Jean-Paul Desbiens — Un Dictionnaire etc.UNE REVUE QUI VAUT SON PRIX EI.OI Di: GRANDMONT ELOI DE GRANDMONT FIRST SECRETS AND OTHER POEMS Traduit par Daniel Sloate ( I.AIDI BliAl SOl.i;! (îiKTnici KJitHms CLAUDE BEAUSOLEIL .CONCRETE CITY-3 (Selected Poems 19/2-1982) Traduit par.Ray Chamberlain |l'A\’(.AR( IA Ciucrnka Kdttkms Abonnement 4 numéro*: Individuel: 35$ — De soutien: 50$ — A l’étranger: 45$ Liballer votre chèque ou mendat à l'ordre de NOM:.l'Analyste Inc.Faire parvenir à l'adresse mentionnée ADRESSE:.Renseignements: (514)674-1967 Case poslale 504 Succursale postale Bourassa CODE:.TEL.:.Montréal, Québec H2C 3Q8 jj.j.,,, _ JUAN GARCIA THE ALCHEMY OF THE BODY AND OTHER POEMS .Traduit par Marc Plourde CiucrnKii hdiiKim LES EDITIONS GUERNICA C.P.633, Succ.NDG Montréal.Québec H4A 3R1 SANS DEJA! æNOUVELLES, 86 ARTICLES, PLUS DE 70 AUTEURS, PLUS DE 30 DESSINATEURS! .science-fiction littératures de rimaginaire il ne nninque ])lus que vous }K)ur aller plus loin: ABONNEZ-VOUS! Abonnement (fictions et études) Abonnement (fictions seulement) 1 an (6 numéros): 15 $ 1 an (4 numéros): 10 $ 2 ans (12 numéros): 30 $ 2 ans (8 numéros): 20 $ Institutions: Ajouter S $ (I an) ou 10 $ (2 ans) aux tarifs ordinaires.Chèques et mandats à l’ordred’/magme.4923, av.Dornal, Montréal, H3W 1W1 Dernière parution: Guy Dufresne Littérature québécoise K».üi — - - - - - découpez et postez - Veuillez m'abonner à Voix et Images: ?1 an (3 numéros) 22,25$ Ces prix incluent ?2 ans (6 numéros) 42,00$ les frais de port et de ?3 ans (9 numéros) 62,00$ manutention .Code postal.Les chèques ou mandats postaux doivent être faits à l'ordre de: Service des publications Université du Québec à Montréal Case postale 8888, succursale A Montréal (Québec) H3C 3P8 La seule revue d’études en littérature québécoise Norm Chomsky Murray Bookchin Pierre Vallières André Gorz Eloi de Grandr Juan Garcia Claude Beau Norm Chomsky Murray Bookchj Pierre Vallière André Gorz Eloi de Qrând Juan Garcia Claude Norm Chom Murray Pierre Valli André Gor; Eloi de Juan Gan Claude Gaston Jacque Josh Jon K Marg Earle, Davi< Lucij Loi 10 LIVRES GRATUITS Chaque jour pendant 6 jours 10 livres seront offerts aux gagnants du tirage spécial READEaS DIGEST BOOKS Miyuki Tanobe William Kurelek Jon Lim Jacques de Rousan Guy Bailey ündee Climo Carlo Italiano Dayai Kaur Khaisa R Richar Philip Stra Felix Vincent Fred Bruemmer William Sears Margo Oliver Fred Cogsnell y «9 au mis iuios Clift lard arsan oung fessette Forror Gagnon Hametin Hébert n Côilard Marsan Young d Bessette ues Forror Gagnon Hametin Anne Hébert A.MàcDoug Émile Nelligan Yves Thériauit Freçl Cogsnell ’ Yves Brunelle X Antoine Savard ry David Thoreau Albert Lirfserge Yves Brunelle Felix Antoine Savard Henry David Thoreau Albert Laberge .' "g le salon du livre de montréal Les Six Jours: en librairie tous les jours?Roch Carrier, écrivain, président du sixième Salon du livre de Montréal par Robert Lévesque A SIX jours des Six jours du Livre, mercredi dernier, Thomas Déri, dans son presbytère de la rue Alexandre-de-Sève ( où loge l’organisation du Salon du Livre de Montréal), avait l’allure calme d’un curé avant les offices de Pâques.C’était le calme avant la tempête.Plutôt fatigué que nerveux, il résumait sa tâche de directeur-général ainsi: prévoir l’imprévisible à tout instant.Thomas Déri, dont la barbe est balzacienne, était confiant.Pas de grève des transports en vue ces temps-ci (un tel conflit a déjà chipé 30,000 visiteurs au Salon), pas d’hiver précoce, tout semblait prêt pour le blitz d’installation qui démarre à minuit une dimanche soir.Au coup de sonnette, une équipie investit le grand hall d’exposition de la Place Bonaven-ture pour bâtir, en étoile, les 308 emplacements où s’installeront en 36 heures les 450 éditeurs inscrits.A 17 heures le 8 novembre, on écluse les bouteilles du lancement.« Un Salon du Livre, affirme le directeur Déri, c’est l’activité éphémère.On la prépare durant un an, elle dure six jours, est soumise à tous les pépins, l’an dernier nous avons eu un léger tremblement de terre qui a déglingué des canali.sations, un voleur est parti avec la caisse d’un libraire, mais le plus important au-delà de cet ébhémere, c’est l’impact du Salon en dehors du Salon.Son elfet doit durer toute l’année phr un désir accru du public à; fréquenter les librairies.» ; Le Salon du Livre de Montréal, dans sa formule actuelle, a six ans.« Il a percé sés dents de sagesse et il va grandir encore l’an prochain ppur son âge de raison», laisse tomber, impavide.Thomas Déri.Selon lui, le Salon de Montréal (le plus important des huit Salons au Québec) est arrivé au moment où il doit prendre une nette expansion.Dès l’an prochain, « nous sommes obligés d’agrandir », dit-il.Depuis le premier septembre, le Salon de cette année affiche complet.Plusieurs exposants éventuels ont dû être refusés, ce qui se produit pour la première fois.L’an prochain (du 20 au 25 novembre au même endroit), le Salon comptera au moins cinquante stands de plus.La formule du Salon, Thomas Déri la résume ainsi : plus de livres en contact avec le plus de monde possible, dans une ambiance agréable.Tout est fait en fonction du public, qui doit amadouer le monde du livre en discutant avec les éditeurs, les libraires, les auteurs.Comme l’ont lancé certains libraires déjà, Tun des slogans pourrait être : Au Salon six jours, en librairie tous les jours.Le but d’un tel type de Salon est de provoquer auprès du plus grand public ¦”ilegoUt(‘ possible le goOt (de s’acheter des livres, commerce oblige) de lire de plus en plus.L’an dernier, 66,000 visiteurs ont franchi les tourniquets du Salon oû il en coûte deux dollars par adulte, un dollar cinquante par étudiant et soixante-quinze sous pour les enfants et les détenteurs de cartes de l’Âge d’or.Cette année, Thomas Déri espère accueillir plus de 70,000 personnes.« Il faudrait augmenter la fréquentation de 10% par année, affirme-t-il, jusqu’à la taille adulte du Salon qui devrait être, compte tenu du bassin de population de Montréal, d’environ un peu plus de 100,000 personnes ».« Ce qu’on veut conserver, au Salon, et faire progresser, c’est le style populaire de fête, oû le public est sollicité pour participer à différents événements, comme les émissions de radio ou de télé, les encans, les débats.Ce Salon sera toujours plus une fête qu’un marche, il sera toujours un lieu oÛ l’éditeur se rapproche du lecteur, oÛ il discute avec lui et reçoit ses suggestions.Dans un Salon les thèmes sont importants, mais c’est l’ambiance qui compte avant tout ».Thomas Déri visite plusieurs Salons par année.Ce-lui de Montréal, qu’il dirige depuis près de 4 ans,il le compare à ceux de Bruxelles et de Paris.Bruxelles atteint 200,000 visiteurs (mais le Salon s’étend sur deux weekend) et Paris 120,000.Il s’agit de Salons oÛ l’animation culturelle prime.Mais alors que dans ces deux capitales européennes l’animation est assumée par les exposants, à Montréal la grande part de l’atmosphère des lieux est créée par les initiatives de la direction générale.« Nous sommes un peu comme des imprésarii qui produisent des spectacles et des réjouissances», affirme M.Déri.Le Salon de Montréal ac-ceuille des éditeurs d’Israël pour la première fois cette année.Des Algériens aussi.Trois libraires américains qui s’intéressent au marché du livre francophone aux USA viendront sentir le vent.Les Suisses, qui alternent entre Québec et Montréal, s’abstiennent cette fois-ci.Les Belges sont les plus assidus à Montréal.Les Français aussi, évidemment.Au total, la participation étrangère atteint presque le 50%.Mais le fait le plus rentarcjua-ble cette année, c’est la treve des « deux solitudes » alors que vingt maisons d’édition canadiennes-anglaises auront des stands à Montréal pour la première fois.En particulier l’on pourra rencontrer onze éditeurs anglophones de Montréal qui, auparavant, n’étaient représentés que timidement par le biais du Canadian Book Center de Toronto.Dans son calme, Thomas Déri est très optimiste pour l’avenir du Salon du Livre de Montréal.« Malgré les conditions économiques difficiles, le Salon progresse continuellement, comme les sept autres Salons québécois d’ailleurs.On se rapproche lentement mais sûrement de nos objectifs.Malgré que le seul subventionneur, le ministère des Affaires culturelles, ait diminué sa mise de $15,000 ,n’octroyant qu’une somme de $85,000, la situation n’est pas dangeureuse, affirme M.Déri.Lors d’une conférence de presse il y a quelques jours, le président d’honneur du Salon de cette année, l’écrivain Roch Carrier, allait jusqu’à déclarer qu’il n’était plus interdit de songer à l’autonomie complète du Salon de Montréal.Actuellement, le Salon n’enregistre qu’un mince déficit de $2,000.Une poussière.Uderzo sera au Salon du Livre, Lise Payette aussi (pour animer quatre débats), mais on attend de la bien plus grosse visite, nuis autres que Sun- Yat-Sen, Machiavel, Aristote et madame George Sand.Ils se chicaneront devant les caméras.des Grands Esprits.Rien n’est trop beau pour un Salon dont le thème est: C’est Extra!.te co^ÇSo*” .«I* \ tôt'*'*’ vlb éditeur LA PETITE MAISON DE LA GRANDE LITTÉRATURE LES GRANDS ROMANS DE LA RENTREE! FRANHNE NOEL MARYSE “Plus qu’une chronique de la vie quotidienne et des événements, encore chauds, de la dernière décennie, Maryse raconte, avec beaucoup d’humour et d’ironie, l’histoire d’une génération qui voulant porter l’imctgi-nation au pouvoir, s’est permis tous les espoirs.Maryse nous fait découvrir une grande écrivaine et procurera de belles heures de lecture! 426 pages —16.95$ JEAN BASILE lE PIANO-TIIOMPETIi Comment peut-on être tout en même temps Russe d’origine.Français de culture, et Québécois de nationalité?C’est la question que se pose M.Barnabé, le personnage central.Roman d’atmosphère ou conte philosophique, c’est avant tout une interrogation bien d’actualité sur la vie où chacun a son piano-trompette, l’instrument du bonheur.inaccessible.404 pages —18,95$ lAURENT DUBÉ DAMNÉE AIMÉE Un roman volontairement naïf et populaire.Autour de l’église, de la boutique de forge et du terrain de baseball, se vit une véritable épopée dont Aimée Bossé ne peut être que l’héroïne.L’auteur nous fait découvrir un coin de pays fort pittoresque, en plein coeur du Bas du Fleuve, entre les Trois-Pistoles et Saint-Jean-de-Dieu.226 pages —14,95$ WTORIÉVY BEAUUEU DISCOURS DE SAMM La vraie tin du cycle des « Voyageries », inauguré avec Blanche forcée et qui a nécessité dix ans d’écriture.Discours de Samm est avant tout un grand rêve d’amour, celui que le narrateur privilégié de Monsieur Melville a toujours eu pour Samm, cette femme montagnaise qui hante tout l’espace de récriture quand celle-ci n'est plus que comédie, c’est-à-dire cet art d’être vrai dans 256 pages-14,95$ Jean-François Bonin Tlb éditeur JEAN-FRANCOIS BONIN LAVIEETL’OEUWED’OEDIPEROY Un roman baroque, insolite et humoristique, avec, en toile de fond, notre petit univers politique — famille, religion, patrie — ou anges et démons continuent leur combat séculaire: le paradis ou l’enfer à la fin de vos jours?Autant interroger le sphinx tout de go, car n’est pas OE-dipe qui veut.La célèbre légende grecque à la manière québécoise! 214 pages —12,95$ LES ESSAIS DE LA RENTRÉE! Ôeorges Vincanthier des idées AU Québec Ses temblos de 1837 mi réTérendon de vlb éditeur GEORGES VINCENTHIER HISTOIRE DES IDÉES AU QUÉBEC Des textes fondamentaux qui illustrent, à la manière d’un sismographe, les principales réactions de l’élite intellectuelle québécoise face aux événements et changements importants survenus entre les troubles de 1837 et le référendum de 1980.Des essais qui, en même temps, ont agi sur ces mêmes événements et qui démontrent la persistance d’une pensée et d’une réflexion courageuses! 480 pages —19,95$ Donald Quay vlb édi’teur HISIDIRES VIMES DE IA CHASSE AU QUÉBEC Une recension chronologique des principales espèces de gibier qui ont été abattues ou.aperçues au Québec de 1603 à 1900! Des histoires parfois « incroyables » qui ne manqueront pas d’intéresser et d’étonner les chasseurs de même que les historiens et les sociologues.Cet ouvrage important et amusant permet une meilleure compréhension de notre habitat et de cette activité ambivalente qu’est la chasse.272 pages —14,95$ LA POÉSIE DE LA RENTRÉE! MADELEINE 6ABN0N PENSÉE DU POÈME Des moments de l'acte de création où la matière pense: dans les Inscriptions de la pierre ou les signes du poème.De courts poèmes qui disent l'essentiel et la fragilité de tout être ce questionnement toujours présent dans l'acte d'ècriture et Inscrit depuis les origines dans le palpable et l'Im-palpabls du temps.HUGUES CORRIVEAU REVOIR LE ROUGE Une suite de courts textes où s'allument les passions.où s’agitent les désirs avec un sans gène propre à l'auteur Tout sa dit entre l'homme et la femme, ça s'emmêla avec audace et franchise, ça prend racine dans les gestes du quotidien comme un équilibre précaire où rian n'est assuré.rien n’est acquis, dans la |Ols comme dans le désarroi L£ THÉÂTRE DE LA RENTREE! JEAN-CIAUDE GERMAIN A CANADIAN PLAY / UNE PLAIE CANADIENNE Une grande pièce tragi-comique réunissant toutes les bêtes noires de notre histoire, depuis les francs-maçons jusqu'à l'auguste Pierre Elliott Trudeau, en passant par le Grand Croquemitaine de l’Assimilation, le Sire orateur et le Mononcque de Corripton! Un exercice régénérateur pour exorciser toute'" nos peurs, surtout celle de cet Autre encombrantl 226 pages — 9,95$ MARIE LABERGE JOCELYNE TRUDELlf TROUVÉE MORTE DANS SES LARMES Un drame musical où l’acharnement de cha cun à sauver sa peau manque peut-être d’élégance mais certainement pas d’éloquence.Une tragédie, bien sûr, mais comme à vingt ans il en arrive souvent.Parce qu'à vingt ans, il y a ce terrible besoin d'absolu que l'on étouffe si mal.Une pièce entre la vie et la mort, qui a fait l’objet d’une lecture pu blique à l’École nationale de théâtre.128 pages — 9,95$ BON DE COMMANDE Je désire recevoir le ou les ouvrages suivants ci-joint mon chèque ?mon mandat postal ?au montant de:.$ Nom:.Adresse:.Ville:.Code postal:.Retourner à VLB ÉDITEUR 918, rue Sherbrooke Est Montréal, Qc H2L 1L2 493598 Le Devoir, samedi 5 novembre 1983 le salon du livre de montréal PROFESSION Treize téléfilms à Radio-Québec ÉCRIVAIN par Jules Richard ETRK écrivain, c’est bien sûr une vocation, mais aussi un métier, une profession.C’est aussi un des aspects que le réalisateur Claude Godbout et la productrice Marcia Couelle ont voulu privilégier dans la série Profession Êcnvnin que Radio-Québec diffusera à compter de janvier 1984.Au Québec, rares sont les écrivains qui réussis.sent à vivre exclusivement de leur oeuvre, à part ceux qui reçoivent les grands prix littéraires comme le Concourt et le « Kémina >• ou qui touchent des droits d’adaptation cinématographique.Le mythe de l’écrivain à l’abri des soucis quotidiens et qui a tout le loisir de se consacrer à sa création ne correspond pas toujours tout à fait à la réalité.l’ar exemple, Yves Thé-riault a dû exercer trente-six métiers avant de vivre de sa plume; à ses débuts, il gagnait sa vie en écrivant des • petits romans à dix cents », au rythme de 11 pages à l’heure.Cabrielle Roy a été journaliste avant de connaître le succès et la reconnaissance avec Bonheur (l’Occasion qui lui vaudra le prix Fé-mina en 1947.Gérard Bessette a pratiquement toujours vécu à l’extérieur du Québec, non pas par simple choix, mais par nécessité, pour enseigner.Antonine Maillet devra attendre le succès de La Sagouine en 1974 pour quitter l’enseignement et s’installer à Montréal où elle se consacrera entièrement à son oeuvre.Une des rares exceptions demeure Anne Hébert qui s’est toujours consacrée uniquement à l’écriture, bien que l’ultime consécration ne soit venue que l’an dernier avec le prix Fémina pour son merveilleux roman l,es Fousde Hassan.La série « Profession Écrivain » dresse un portrait de 13 écrivains québécois (Gérard Bessette, Marie-Claire Blais, Réjean Ducharme, Marcel Dubé, Jacques Fer-ron, Gratien Gélinas, Jacques Godbout, Anne Hébert, Antonine Maillet, Gaston Miron, Gabrielle Roy, Yves Thériault et Michel Trem- Anne Hébert *?IJ Gérard Bessette blay).Comme on voulait faire de cette série des documents durables, les concepteurs ont choisi treize écrivains qui ont plus ou moins accompli un cycle important de leur oeuvre.Ils n’excluent pas cependant l’idée d’ajouter d’autres auteurs au catalogue de la série au cours des prochaines années.Pour englober la car- rière et l’oeuvre d’un écrivain en 26 minutes, il a bien sûr fallu faire des choix.« On a voulu mettre le focus sur l’oeuvre de l’écrivain en insistant sur le contexte social dans lequel elle a été écrite tout en faisant ressortir les éléments biographiques qui servent de colonne vertébrale à chaque film.On a voulu éviter de verser dans l’analyse littéraire en essayant de montrer ce que c’est qu’être écrivain au Québec, sans toutefois avoir la prétention d’être entièrement exhaustif », explique le réalisateur Claude Godbout.Chacun de ces treize portraits d’écrivains s’attarde à la fois à leur vie, la nature de leur oeuvre et au contexte social dans lequel il évolue.La télévision et le cinéma n’ont pas tellement l’habitude de présenter des documentaires et des portraits d’écrivains québécois.Les écrivains se retrouvent habituellement à la télévision dans des conditions circonstancielles, parution d’un livre, attribution d’un prix littéraire et on a plutôt tendance à privilégier l’événementiel que la vision globale de l’oeuvre de l’écrivain.Les modèles documentaires consacrés à des écrivains sont plutôt rares, à part quelques films produits dans les années soixante sur des écrivains comme Nelligan et Saint-Denis Garneau et qui étaient réservés presque exclusivement à des fins pédagogiques.Cette série a privilégié une approche qui se veut à la fois éducative et accessible au grand public.Le traitement de chacune des émissions varie en fonction de l’écrivain et du type d’écriture.Le support visuel sera différent s’il s’agit d’un romancier, d’un écrivain de théâtre ou d’un poète.Parler d’une oeuvre écrite en utilisant l’audio-vi-suel peut apparaître comme une sorte de paradoxe.On a choisi, d’accompagner la narration d’images fixes, souvent des documents empruntés à 1 auteur, ou de films d’archives qui illustrent un contexte, un milieu, une époque.Dans les émissions sur Michel Tremblay et Antonine Maillet, que j’ai eu l’occasion de voir, j’aurais aimé qu’on utilise davantage des extraits de pièce de théâtre (particulièrement La Sa-gouine) plutôt que des images fixes qui ici donnent un effet un peu statique, surtout pour la télévision.De façon générale, les concepteurs ont choisi de faire parler les écrivains par leur oeuvre au lieu d’utiliser des entrevues.La recherche qui a nécessité plus de deux années de préparation est particulièrement bien documentée et évite le piège du survol trop rapide, surtout avec des tranches de 26 minutes.La série « Profession Écrivain » a été conçue en fonction d’utilisations spécifiques et vise trois marchés bien précis, la télévision (Radio-Québec assure une partie de la production), le ministère de l’Éducation qui l’utiliserait comme outil pédagogique dans les écoles secondaires et au niveau collégial et enfin dans les Maisons du Québec à l’étranger où elle servira éventuellement de document de promotion culturelle.L’approche, qui pourrait paraître un peu simpliste pour des spécialistes en littérature québécoise, vise à la fois le grand public québécois ainsi que les étrangers qui ne connaissent pas nécessairement la littérature québécoise (la série a d’ailleurs été traduite en anglais).« C’est pourquoi, explique la productrice, il était extrêmement important que chacun des films contiennent des éléments susceptibles de faciliter la compréhension pour un étranger.Par exemple, un Américain peut difficilement comprendre l’oeuvre de Michel Tremblay et le phénomène du jouai s’il ne possède pas de données sur son milieu social ».La série « Profession Écrivain » fait partie de la collection cinématographique « Le Pouvoir des Mots », une sorte de bibliothèque audio-vi-suelle, qui comprendrait une série sur la littérature enfantine québécoise, les grands thèmes de la littérature québécoise et l’écriture journalistique.Énfin, voici le calendrier de diffusion que propose Radio-Québec à compter du dimanche 8 janvier 1984 à 19 h 30 pour la série « Profession Écrivain » : 8 janvier: Antonine Maillet : Les gages de la survie 15 janvier: Yves Thériault: VTvre pour écrire 22 janvier: Gratien Gélinas: Le gagnant 29 janvier: Marcel Dubé: L’identité des siens 5 février; Michel Tremblay: Les cris de ma rue 12 février: Gérard Bessette: L’observateur 19 février; Jacques Fer-ron: Le polygraphe 26 février; Anne Hébert: Dompter les démons 4 mars: Marie-Claire Blais : Le feu sous la cendre 11 mars: Jacques Godbout: Le présent singulier 18 mars: Réjean Ducharme: L’illusionniste 25 mars: Gabrielle Roy: Une âme sans frontières 1 avril: Gaston Miron: Le haut parleur Un lieu unique de dâbete pour le critique eudecieuee Magazine tabloïd mensuel, prix au numéro: 1,50$ Abonnements 9 numéros (1 an): 12$ Institutions : 15 $ Chèque ou mandai postal à l’ordre de SPIRALE C.P 627, Succ Outremont, Outremont, (Québec) Canada H2V 4N6 ARTS ¦ LETTRES ¦ SPECTACLES Au salon du livre de Montréal stand 143 LES ÉDITIONS DU CNRS (Centre national de la recherche scientifique) DONAT ET LA TRADITION DE L’ENSEIGNEMENT GRAMMATICAL Ordinateurs et travail d’écrivain L* ORDINATÉUR serait-il en train de devenir la nouvelle muse des écrivains du futur en manque d’inspiration Peut-être pas systématiquement, mais n'empêche que les recherches sur l’intelligence artificielle, notamment au Massachusetts Institute of Technology (MIT), sont à un stade déjà très avancé.Cette question fera l’objet d’une table-ronde diffusée à'Radio-Québec, dans le cadre de l’émission « Samedi-Soir » à 21 h 35, ce soir.Cette table-ronde, organisée à l’occasion du Salon du livre de Montréal, réunit six invités, écrivains et scientifiques qui sont directement concernés par l’ordinateur dans leur travail quotidien.Lome Bouchard et Simon Curry, deux spécialistes de l’informatique, ont mis sur pied le système LOGO qui permet maintenant à l’ordinateur, à partir d’une banque de données restreinte, de faire .ses propres déductions logiques.Ils ont aussi parti- cipé à des recherches sur l’intelligence artificielle en collaboration avec Seymour I’a|)ert, te grand chercheur du MIT considéré comme le père de l’intelligence artificielle aux États-Uni.s.Deux auteurs de science-fiction, Agnès CiUitard (Les corps communiquants) et ,lean-Pierre April (La machine à explorer la fiction) (jui utili.sent le plus conventionnel des moyens d’écriture, le bon vieux crayon plomb, ont cependant situé l'action de leur roman dans un univers tout à fait futuriste où la robotique tient un rôle de premier plan.Les deux auteurs collaborent régulièrement à la revue québécoise de science-fiction « Imagine».,Jean Yves Soucy, qui vient tout juste de publier Parc Lafontaine che/.Libre Kx-pression utilise l’ordinateur à la fois comme outil de travail, une machine à écrire plus perfectionnée, mais aussi comme source d’inspiration.Quant à Pierre Tur- geon, directeur des Éditions Primeur, il travaille présentement à un projet d’ecriture pour le moins inusité.En collaboration avec l’écrivain californien Bob Levine, il écrit un roman par ordinateur.Chacun de leur côté, ils écrivent, l’un en anglais, l’autre en français et communiquent à l’aide de l’ordinateur qui, en plus, traduit les textes.Il s’agirait d’un «thriller», mais on n’en sait pas plus pour l’instant.J’avoue que ça a piqué ma curiosité et que j’ai bien hâte d’en apprendre plus long sur le sujet.Françoise Faucher ani- mera ce débat qui pose la question fondamentale du rôle de l’ordinateur dans le secteur de la création.La création littéraire dévra-t-elle inéluctablement passer par la révolution informatique et l’intelligence des ordinateurs ?Quand les surréalistes ont inventé l’écriture automatique dans les années 20, on a parlé d’une véritable révolution.Que penseraient-ils maintenant de l’écriture informatique ?Le débat que propose Radio-Québec ce soir risque d’être fort passionnant dans la mesure où il pourrait nous donner un aperçu de ce que pourrait être une certaine littérature de l’an 2000.Enfin, pour ceux qui s’intéressent particulièrement à la science-fiction, le Salon du livre de Montréal accueille cette année « Boréal 83 », le congrès québécois de la science-fiction et du fantastique, le jeudi 10 novembre.Tables rondes, rencontres avec les écrivains, conférences et animation sont prévues pour l’occasion.— JULES RICHARD Prix Georges-Pompidou 1983 (série: linguistique) Stand 411 Diffusion; Livrimport/Prologue Les Écrits des Forges continuent DEUX NOUVEAUTÉS DE JACQUES FLAMAND ÉCRIRE ET TRADUIRE SUR LA VOIE DE LA CREA TION Préface de Jean Darbelnet Collection "Langue et communication", n 1, 150 pages, ISBN 0-919925-01- 4,12 $ Un ouvrage dense, où l’analyse et la réflexion ouvrent sur la découverte.Indispensable au traducteur, au rédacteur, à l’écrivain.NASSE ET FEU POÈMES Illustrés de dix dessins de Maurice Vittoz Collection "Paroie vivante", n 1, 128 pages, ISBN 0-919925-00-6, 6 $ Poème du cri et de l’espace.Nasse et feu appelle la tendresse qui seule peut faire barrage au néant de la mort.Les Éditions du VERMILLON 203, avenue Clemow Ottawa (Ontario) K1S 2B3 (613) 230-4032______ MALGRÉ l’épreuve que constitue le décè.s récent du poète Gatien Lapointe pour la mai.son d’édition « f.es Ecrits des Forges », de lYois-Rivières, les activités se poursuivront avec Bernard f’ozier et Louise Blouin qui dirigent les collections consacrées à la poésie: « Radar » et « Rouges gorges ».G’esl ce que nous apprend dans son numéro de novembre Le Livre d'ici.On y signale que cette maison a publié une moyenne de quatre titres par année depuis sa fondation, le dernier des ouvrages parus étant Sarirènes, de Gérald Godin.Selon la même source, il est question de mettre sur pied une fondation et de décerner annuellement un prix de poésie Gatien-Lapointe.Les Écrits des Forges poursuivent leur trajectoire suivant le principe de la collégialité; Gatien Lapointe en avait été l’instigateur en 1971.patntapacrtont LES EDITIONS BERGERON vous invitent à venir rencontrer Micheline D’Allaire, auteure de Vingt ans de crise chez les religieuses du Québec 1960 — 1980 à leur kiosque n° 334 le samedi, 12 novembre 1983 de14h à18h Mkhelirv D’Allaliv VINGF ANS Dh CHEZ LES RFiJGlEUSF:S du Québrc, 1960-1980 Aux Éditions La Presse Un document historique de première valeur HISTOIEE DE par Cyrille Felteau TOME 1 Le livre du peuple De la naissance de LA PRESSE à la mort de celui qui en fit « le plus grand quotidien français d’Amérique».Lancement à l’ouverture du Salon du livre de Montréal le mardi 8 novembre les éditions la.presse 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9 Mrriibrè dr I AKMR den ediieu iimdienn Le Devoir, samedi 5 novembre 1983 ¦ XXIII le salon du livre de montréal Combat Suite de la page I de se dégrader en folklore*.» À intervalles réguliers, Liberté interroge les écrivains sur l’état de la littérature et de la nation Cela donne divers procès et instructions', des « problèmes du capitaine » (Marcotte), des fragments de « Portrait du prof lillératurologue » (Belleau).S’il fut.vers 1965, « guerrier » ou « militant », et s’il eut en ce temps-là le sentiment de jouer un rôle crucial dans la vie collective, l’écrivain, aujourd’hui, se sent beaucoup plus isolé, beaucoup plus durement confronté à lui-même, ramené pour ainsi dire à son intimité et à sa table de travail », éçnt collectivement Liberté eo 1977 (n° 111).François Ricard parle d’une « production abondante, pléthorique, mais en même temps comme ine-xfelante ».« Il vient un temps où d’être strictement nationale, une littérature ne peut plus que dépérir », dit-il.Elle dépérit lorsqu’elle devient, comme dans le livre blanc sijr la culture, un discours officiel, une « pensée de pouvoir », sans énonciation personnelle, sans signature.•Alors que tant de périodiques québécois s’en encombrent, Libertén'a (presque) jamais publié de devoirs, de dissertations, d’exercices appliqués.Elle a parfois des apparences frivoles, elle (S’)instruit en (s’)amusant. sont sujets d’emprunt.De même l’usage d’image tellu riques témoignant de l’espace à reposseder, la revendication de la parole, le rôle de l’écrivain commeporte-parole et témoin du vécu colonial, et, finalement, la conception de l’engagement littéraire dans un dessein de libération politique sont autant d’éléments retenus de la lecture de Césaire et qui soutiennent l’entreprise du «pays» dans l’oeuvre de Gaston Miron, Yves Préfon-taine et Jean-Guy Pilon entre autres.L’évolution, donc de l’idéologie nationaliste dans l’a-pres-guerre est reflétée dans une première étape dans l’oeuvre de Gabrielle Roy empreinte des valeurs nouvelles qui s’agitent à la faveur de l’urbanisation et de l’industrialisation.Il y a conscience de la nécessité de procéder à une sélection dans l’éventail des possibilités disponibles au Québec sollicite, d’une part, par le voisinage américain et, d’autres part, parles affinités idéologiques du nationahsme tiers-mondiste La constatation ne débouche pas sur une résolution existentielle dans la mesure où l’oeuvre de Gabrielle Roy ne dépasse pas une interrogation d’ordre spirituel.Dans une seconde étape, cette irrésolution, qui est celle de la société québécoise des années cinquante à la croisée des chemins entre un passé révolu et un avenir à inventer, se mue durant les années soixante en un engagement précis: la poursuite de la souveraineté nationale.S’appuyant résolument sur le mouvement de la décolomsation, les projets ht-téraires et sociaux se fertilisent au contact des expériences tiers-mondistes de libération.Les écrivains québécois, à la suite de Gaston Miron, reçoivent et sont influencés entre autres par l’oeuvre d’Aimé Césaire dans une conjoncture historique où il s’avère qü’elle correspond à des attentes.Politique Suite de la page XVI courageuse d’être la conscience de la nation » (La Presse du 22 novembre 1976).On connaît par ailleurs de nombreux éclats individuels dirigés contre le pouvoir fédéral et ses représentants: voir le refus assez fréquent des prix du gouverneur général et l’utilisation des sommes octroyées contre des politiques fédérales Historiquement, le meilleur lieu de regroupement reste peut-être la revue ou le journal qui ne sont qu’exceptionnel-lement partisans - oui pour Québec-Presse mais non pour Liberté, Parti Pris, Mainmise, La Barre du jour, ou Possibles qui ont pu attaquer tout pouvoir qui leur paraissait menacer la vie intellectuelle ou culturelle.Resterait enfin à faire le point sur un ensemble tort varié d’essayistes dont l’orientation indépendantiste ne fait pas de doute mais dont l’engagement partisan est loin d’être évident.Nommons pour mémoire; Aquin, Bouthillette, Chamberland, Dumont, F'er-ron, Godbout, Lalonde, Maheu, Rioux, Vadeboncoeur et Vallières.Peut-on dire qu’ils constituent l’establishment péquiste?Pour les dresseurs de liste noire, en cas d’insurrection «appréhendée»?t)n mesure aisément les limites du jugement politique qui s’est exercé sur notre performance littéraire et contestataire.On pourrait même y voir l’effet a rebours d’une certaine littéransation du politique, telle qu’elle a aussi été reconnue par le ministre Camille Laurin quand il déclamait au « regroupe- ment des écrivains pour le OUI » • « Nous (hommes politiques) nous sommes mis à l’oeuvre pour rendre réel le pays imaginaire nommé par les écrivains» (LE DEVOIR du 17 mai 1980).Aurions-nous eu finalement une politique « httéraire » plutôt qu’une littérature politique’’ Stades Critères d’excellence et subventions Suite de la page XVIII institutionalisée.Elle a ses maisons d’édition qui produisent environ 300 titres par année, ses écrivains boursiers, ses subventions, ses revues, ses poètes-professeurs et ses romanciers-cinéastes, son Union, ses prix, ses critiques et ses pages littéraires dans les quotidiens, ses colloques nationaux et internationaux Elle est enseignée dans les classes et même parfois à l’étranger Des centres d’études québécoise existent à quelques endroits d’Europe et d’Amérique, grâce au bénévolat, à l’amitié de cer tains collègues et à l’aide du gouvernement du Québec Bref, à la fois comme corpus abondant, comme espace lit-téraire symbolique et comme institution, la littérature québécoise a acquis, croyons-nous, droit de cité.EUe ne peut que revendiquer la liberté de fonctionner comme telle et d’établir, sinon d’autogérer, les conditions de sa visibilité.Mais alors que l’on s’entend pour dire que cette littérature atteint un statut enviable de relative autonomie, elle se trouve de nouveau gommée, occultée, voire menacée par les appareils gouvernementaux des institutions fédérales qui, dans un rapport récent, le rapport Applebaum-Hébert, ont tout simplement oublié d’en mentionner l’existence.Lisez attentivement ce rapport.Vous verrez que l’éphithète québécois n’existe pas Quanta la httérature québécoise, elle est, comme pas hasard, noyée dans un grand tout canadien et on cite, savamment couplés, les plus constestatai-res de nos écrivains.ce qui donne « Margaret Lawrence, Anne Hébert, Robertson Davies, Yves Thériault, Irving Layton, Antonine Maillet, Margaret Atwood, Marie-Claire Blais, Farley Mowat, André Langevin, W.O.Mitchell, Gaston M’'-on, Mor-decai Richler, Jacques Godbout, Mavis Gallant, Réjean Ducharme et Léonard Cohen » Tout ce rapport tend à étabhr, d ans une perspective centralisatrice et uniformisante, la fiction d'une littérature et d’une culture canadienne.Serait-ce un autre rapport Durham, sous le couvert cette fois de la générosité et du libérahsme’’ (.) Une question fondamentale se présente avec une acuité renouvelée; celle de la relation entre l’art et le pouvoir Et Ton est maintenant plus que jamais justifié de .se demander jusqu’à quel point le principe même de « souveraineté culturelle » ou « littéraire » n’est pas un leurre, s’il n’est soutenu par une affirmation politique équivalente.Éditeurs Suite de la page XIX sayistes les plus en vue chez les francophones également.Une plaquette sur les mouvements pacifistes offre un lexique des principaux mouvements contre la guerre et contre les armements nucléaires (Ilow effective are Peace Movements, de Bob Overy) mais le livre philosophique le plus récent de Harvest a pour auteur Hugh Mac Dougall et traite de mythes raciaux dans Thistoire des Anglais (Racial Myth in Knghsh History, en coédition avec les presses universitaires de Nouvelle-Angleterre) AU (’OURS des trois der mers exercices finan ciers, le secrétariat d’Etat du Canada a versé près de $18 millions à des maisons d’édition canadiennes, sous forme d’aide à la commercialisation et d’aide à la publication de manuels scolaires (ou textbooks) Si l’on usole les montants versés à des maisons francophones du Québec, cela donne, pour 1980-81, 1981 82 et 1982-83, en-\iron $8,4 millions — dont $952,000 pour une seule de ces maisons Sogides (’es chiffres « confidentiels» au sujet du Programme d'aide au développement de Tédition canadienne, LE DEVOIR les a obtenus La classification anglophones/francophones est elle même faite par les .services du secrétariat d’Etat qui disposaient d’environ $6 millions par an pour ce pro gramme (’e qui frappe, si l’on s’en tient aux bénéficiaires fran cophones du Québec, c’est la concentration des sommes réservées aux entreprises d’envergure En 1980 81, sept maisons francophones tou client plus de la moitié du montant total soit $1,3 des $2,2 millions accordés L’an- Aiileiirci présentes: Charlotte Boisjoli Nicole Hoiidc Geneviève Letarte Hélène Ouvrard Désirée S'^ucsany Yolande Villeiiiaire Salon du Livre de Montréal STAND 121 les éditions de la pleine lune née suivante, le même phénomène .se répète 10 des 'lé néficiaires.sur les 37 mai sons subventionnées au titre de ces deux programmes, reçoivent $1,8 des $2,8 millions versés Tour 1982 83 toute fois, les 10 maisons franco phones les plus généreuse ment subventionnées (sur 41 ) touchent $1,6 des $3,4 mil lions alloués Dans l’étude des chiffres disponibles, il n’a été tenu compte que des maisons qui recevaient autour de $100,000 (ou plus) jiar an Cela sigmfie-t-il que ceux qui, parmi les éditeurs et gros libraires, ont déjà un chiffre d’affaires imposant, ont davantage accès à ces sommes destinées à favoriser les manuels scolaires « canadiens » et une corn rnercialisation plus dynami que'' 11 serait [irématuré, d’a près ce simple dossier, de conclure à Tinégalité des chances La commission Ap plebaum IlélK'rl suggérait de confier au Conseil des Arts la répartition de ces millions de dollars ()u’on se leporte en effet à la recommandation no 50 de ce rappoit sur la • politique culturelle fédérale» Dans Timmédiat, y e.st il dit, le mi- ni.stère des Communications doit revoir les critères relatifs aux titres admi.ssibles du Programme d’aide au développement de Tédition canadienne pour (c’est nous qui soulignons) les aligner sur les catégories d'ouvrages à caractère culturel qu'aide le ( 'onseil des /trt.s du < 'anada l’our mémoire, qu’il suffise d’énumérer les dix mai-.sons (francophones) du Qué bec qui en 1982 83 ont bénéficié, selon les deux volets du programme mentionné ci-haut, de subventions atteignant ou dépassant les $100,000 Fuies, llurtubise-IIMH, Editions internationales Alain Stanké, Québec-Amérique, Renouveau Pé dagogique.Guérin Éditeur, Librairie Beauchemm, Li dec.Editions Héritage et Sogides Les plus petites maisons piaulent souvent qu’il ne s’a git pas pour elles de pi oiluire uniquement pour générer d’autres ventes, ce ijui risquerait de provoquer Tappa-rition de titres hétéroclites ou dont le caractère « prati que » ou « jHipulaire » fait jxm ou prou i)our assurer Texcel lence de l’éilition au pays — CLÉMENT TRUDEL Comment un Gallois, évêque par surcroît, en vient à polariser l’attention et comment Tidée vient d’appeler « anglo-saxons » les peuples ayant pris souche dans les îles britanniques L’éditeur Simon Dardick, de Véhicule Press, se défunt comme un éditeui « régie nal » avec des vues nationa les.Né II y a 10 ans.Véhicule fut d’abord une galerie On y offre beaucoup de poésie Lucien Fra’ncoeur en anthologie ( Neons m the Night),un choix de poètes contemporains anglophones du (Québec (Cross/cut, un choix de Peter Van Toorn et de Ken Noms) et Susan Glickman (Compli City) et Louis üudek Snu-laiiiis Yelin y publie ses mémoires romancés (Childhood in Montreal) Véhicule pro- met pour 1984 une traduction des poésies de Marie-Claire Blais ( Pays voilés ^existences.S’y poursuivra un dossier Québec avec Malcolm Reid (sur les Métallos) Les poésies de Michel Garneau et des aperçus sur les nouvel li.stes (.story tellers) de Mont réal y soni disjKinibles Andy Wheatley et Gary (îeddes gèrent les éditions (Juadrant (dont le siège de-jiuis un an environ e.st à Saint-Bruno) et enseignent tous deux la littérature à Concordia ()uoi de plus gratifiant alors (lue de posséder la maison littéraire a l’expansion la plus rapide au Canada’’ Wheatley souligne que rares sont les livres de poésie qui se vendent à 4,500 exemplaires.c’est pourtant le cas (le McAlmon's Chinese Opi'ra dont on écoule présentement une troisième impression, ces poèmes de Stephen Sco bie ont mérité le prix du gou verneur général Au début, (Quadrant vendait ses livres par .sou.scription (sept titres furent écoulés ainsi la pre mière année) mais « nous avons l’intention de nous faire plus visibles dans les librairies » Itn projet très cher à (Quadrant Editions aboutira en janvier (en coé ditioii avec la Grande-Bretagne et les Etats Unis) et consiste en une fiction documentaire de Mark Furtkin sur Marconi (McGill-Queen’s University Pre.ss n’a malheureusement pas pu être contactée avant l’heure de tombée de ce cahier spécial) LOGIDISQUE * % L’ORDINATEUR PARLE FRANÇAIS grAc,au MANUEL DU BASIC FRANÇAIS ?par YVES LECLERC [BASIC [Tx./Vlv!C/BlS Il K I t I l l YVÜS LÜCLIEHC IMITIATION à LA MtOONAHMATfOH IN êHANCAIS I H LOGIDISQUE Plus de mystère' Vous aussi, vous pouvez programmer, en irançais.un micro-ordinateur' Le manuel du BASIC FRANÇAIS vous donne les instructions ies plus courantes de la programmatioii dans un langage simple et larnilier Conçu de maniéré originale, écrit par Yves Leclerc, lournaliste de renom et intorrnaticien-chevronné le manuel du BASIC FRANÇAIS vous tera connaître, elape par etape, ce que l'ordinateur attend de vous et ce que vous pouvez attendre de lui Grâce au manuel du BASIC FRANÇAIS.'la micrountorrnatique est entin a la portée de ¦ tous' 19,95$ En vente chez votre depositaire h.ahituel ou chez LOGIDISQUE c P 4B
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