Le devoir, 18 janvier 1911, mercredi 18 janvier 1911
DEUXIEME ANNEE—No.13 MONTREAL, MERCREDI 18 JANVIER, 1911 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : CANADA BT ETATS-UNIS.$3.00 UNION POSTALE.$6.00 Edition Hebdomadaire : canada.$1.00 ETATS-UNIS.$1.50 UNION POSTALE.# .$2.00 LE DEVOIR Rédaction et Adr ’nitration : 7U RUE SAIN \0UES, MCVNTRt, ’'V* * ' -V TELEPHONES : •.REDACTION : Main 7s \ ADMINISTRATION: Mun 746! Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LA MARCHE DES IDÉES Hier matin, à Québec, M.Clifford Sifton, ancien ministre de l'Intérieur, en qui la presse ministérielle s’est toujours accordée à saluer un homme essentiellement pratique, déclarait qu’à son avis les forces hydrauliques ne devraient être louées que pour vingt ans—le délai minimum qui puisse justifier les capitalistes de placer leur argent dans de pareilles entreprises.Personne ne s’avise de crier au rêve, à la démagogie ni aux théo- ries moyenâgeuses.11 y a sept ans, cependant, lorsque, dans son discours de la salle du manège militaire, à Québec, M.Bourassa déclara que le mode de concession des forces hydrauliques pratiqué par notre gouvernement était criminel et qu’on devrait substituer à la vente directe le régime des baux à long terme, il y eut dans toute la presse ministérielle un véritable toile.Le leader du mouvement nationaliste venait de prouver une fois de plus sa radicale incompétence, son défaut de sens pratique, son irrépressible propension à vaguer dans les nuages.M.Gouin, qui était alors le défenseur juré de M.Parent et de sa politique, vint à Montréal déclarer que ces théories constitueraient un véritable retour à la féodalité et ne pouvaient sortir que d’une cervelle saturée de la pensée moyenâgeuse.Nous étions au marché Saint-Jean-Baptiste et je vois encore la tête amusante de l’un des politiciens du quartier: on eût dit qu’il sentait déjà peser sur sa souple échine le gantelet de fer des hauts barons d’autrefois.L’idée cependant était tellement juste, sa fécondité était tellement manifeste que, quelques années plus tard, M.Gouin lui-même était obligé de lui rendre un hypocrite hommage.Il n’osait l’appliquer dans sa vérité féconde, mais il couvrait de sa caricature étriquée ses dernières concessions hydrauliques.11 adoptait le système de location et si, par de savantes manoeuvres, il supprimait pratiquement la concurrence, il la mettait cependant à 1 affiche tant l’opinion s’affirmait déjà en ce sens.C’était une première victoire.D'autres suivront et les prochains gouvernements appliqueront loyalement—ou ils le paieront de.leui tête—une politique dont personne aujourd hui ne conteste le sérieux.[] pu sera de même de toutes les théories nationalistes, jusques et y compris la.séparation du domaine forestier du domaine colonisable.Ceux-là même qui le* auront le plus violemment dénoncées seront les premiers à les adopter le jour ou elles auront suffisamment pénétré dans la foule.Ils ne manqueront pas du reste de continuer à traiter do rêveurs, d’illuminés et de démagogues ceux dont ils démarqueront la pensée.* * * Les idées justes portent en elles-mêmes une force qui brise tous les obstacles, qui triomphe même de l’inertie et du mauvais vouloir des prétendus hommes pratiques, dont tout l’horizon se borne aux petites querelles du jour.C’est la somme d’idées justes qu’il s’est assimilées, c est la claire vue des réalités, qui font dans fine large mesure la puissance du mouvement nationaliste., , Et cette puissance s’exerce bien, au-dela des limites apparentes du groupe qui s’est, fait du nationalisme un drapeau; elle ja jusque dans le cerveau de ceux qui le combattent commander les réformes né- cessaires.OMER HEROUX.provincial du Manitoba, Dr Robertson, M.Dawson, M.Jones, chancelier de l’Université du Nouveau Brunswick, le Dr Béland, M.P.M.McKay, M.Mc-Cal!, le Dr Furnow, de l’Université de Toronto, le Dr Rutherford de la -Saskatchewan, le Dr Lorry do l’Alberta- On a discuté surtout le projet de loi soumis au Parlement fédéral.M.F.D.Monk, M.P., le député de Jacques-Cartier explique que son projet a pour but d’obtenir la référence à la commission do conservation dos ressources naturelles pour toute demande do concession de force hydraulique d’une certaine importance.En tout cas, la durée de toute concession ne devait pas dépasser cinquante ans.Le sénateur Edwards croit qu’il faut procéder avec prudence parce qu’il est presque impossible de légiférer uniformément pour toutes les parties du pays et que la développement des pouvoirs d’eau n’est pas chose aussi payante qu'on se l’imagine.Le premier ministre Sifton de l’Alberta va encore plus loin que M.Monu quant à la durée de la location: vingt ans lui paraissent une période suffisante.M.Allard, ministre ^ des Terres à Québec reconnaît que le projet Monk n’affectera que les forces hydrauliques appartenant au gouvernement fédéral.Seulement toute lèp-islation fédérale sur un sujet pareil influera nécessairement sur la législation provinciale.-Quant à lui il préfère la location par encan ou soumission à la vente des pouvoirs d’eau.Le président croit qu’on arrivera plus sûrement au but désiré par une résolution exprimant au gouvernement l’opinion de la commission.Un comité est choisi pour préparer cette résolution.M.Bourassa a suivi cc.tte discussion avec beaucoup d’intérêt.* & & L’hon.M.Grimmer, ministre des Terres du Nouveau-Brunswick se plaint de l’intervention du fédéral dans la location des rivières poissonneuses de quelqu’importance et souhaite que la commission trouve un moyen quelconque de remédier à cet état de choses.M.E.T.D.Chambers, secrétaire de l’Association de chasse et de pêche, de l’Amérique du Nord, déplore les abus de certains chasseurs étrangers dans les territoires affermés de cette pro- LETTRE DE QUEBEC COURTE SEANCE.- CE QUE COUTERA LA PRISON DE MONTREAL.— LES RAPPORTS DE M .LANCTOT AVEC LE TRESOR PROVINCIAL.— LA COMMISSION DE CONSERVATION.Québec, 17.— Trente minutes de séance dont rien n’est venu couper la monotonie.En fait, je pourrais me contenter de vous donner la routine et vous auriez une idée parfaite de ce qui s’est passé.* * * Essayons de donner quelque couleur aux rêp'onses aux interpellations; elles contiennent quelque chose d’un certain intérêt pour le gros public.Ainsi nous apprenons do M.Devlin que l’expédition de Chibougamou a coûté $18,675.1-1; de M.Jérémie Décarie, toujours très renseigné quand les officiers travaillent pour lui, que l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales est fréquentée par 62 élèves dont 3 seulement paient leurs cours, les autres jouissant de bourses, et que le directeur de l’Ecole, M.DcBray, reçoit $3,500 par année, tandis que MM.les professeurs Souryès, Lecbien et Mont-petit, sont payés $1,800 chacun, que le révérend P.Bellavance, S.J.M.l’abbé Desrosiers et MM.A.Duval, Laurendeau et Atherton reçoivent $3 par heure do cours, et que MM.J.Contant, C.Martin et J.Quintal se partagent un budget do $1,200 proportion-jmllement è- la.durée de leurs cours.C’est encore M.Décarie qui apprend fl M.Langlois que l’Ecole technique il ’a pas demandé une augmentation de crédit, et quo si elle le demande, sa requête sera considérée.Le secrétaire provincial annonce encore è M.Langlois que M.Magnan reçoit $2,300 ft titre d’inspecteur général e't que rien n’empêche ce dernier de continuer ft rédiger “l’Enseigne-mont Primaire.” Le gouvernement no veut pas, pour Je moment du moins, fixer de minimum pour lo traitement des instituteurs ; «’est encore M.Déearie qui le dit et toujours en réponse au-député de St.Louis.Voici maintenant “la grosse cloche” qui va parler autrement dit le premier ministre.A M.Cousineau il déclare que M.D.A.Lafortune et M.Walih, les substituts du procureur général, ou plutôt, du roi comme s’intitule D.A.reçoivent chacun $3,000.00 par année et pas autre chose.A M.Cousineau encore, il déclare que les recherches pour trouver le coupable de la mort de Cécile Michaud se continuent.A ift.Tellier il dit que la commission du Code municipal dont les membres, M.le juge Mathieu, M.le juge MeCorkill et M.L.J.Gauthier, reçoivent.$2,000 par année, doivent compléter leur travail dans le plus court délai possible.C est en réponse au chef de l’oppo-silion aussi qu’il nous met nu courant des rapports de M.Chs.Lanctôt avec le Trésor de la province; ces rapports sont dos plus considérables et des plus payants.En qualité de commissaire pour la refonte des statuts, M.Lanctôt reçoit $2,000 par année.Mais M.Lanctôt a beaucoup d’autres qualités.Il collabore avec M.Gouin à l’administration le la justice, laquelle collaboration lui rapporte $3,000 par année, quelques centaines de piastres de plus que les autres sous-ministres, parce qu’il est censé épargner beaucoup de dépenses en plaidant pour la province.Seulement quand 11 plaide pour la province, on dirait qu’il considère cela comme un travail extraordinaire, car on retrouve tous les ans son nom dans les comptes publics en manière de justification d’un mille piastres additionnel qui porto sou actif officiel annuel à six mille piastres.Ou se demande si M.Lanctôt, pourra résister longtemps à ce surmenage.Il est tout de même consolant do voir certains fonctionnaires publics si âpres au travail quand tant d’autres se morfondent ft ne rien faire.# ,s # Une autre voix peut-être pas plus agréable mais moins grave, succède à celle du premier ministre.C’est M.Taschereau qui informe M.Tellier qu’-il est encore impossible do savoir comment la prison do Montréal, terrain, meubles et immeubles coûtera.Jusqu’à date, elle coûte un million cinq cent quatre-vingt-six mille trois cent, quatre-vingt-dix-huit piastres.Ce qui prouve qu’elle coûtera beaucoup plus que cela, c’est le chiffre des contrats obtenus par M.J.D.Bauzé et Cie, qui représentent, une somme totale de $1 -600,000.00.Les terrains ont coûté $27,416.60 partagés entre MM.J.Ivray et Harry McLanrcn.* # # v ous ‘ intéressez-vous aux frères Houle de Beauharnois?Us auront un troisième procès, M.Gouin l’affirme.Et si cela vous dit quelque chose apprenez aussi que Mlle Gagnon, directrice des cours de coupe nu Monument National, ne plaît pas à tout le monde, puisque Mme O.Paquet et autres ont porté plainte contre elle dans le courant de ’année.Oh! j’oubliais M.Mackenzie, le trésorier qui nous a donné le chiffre du revenu dos licences dans la ville de Montréal: joli chiffre, $526,450.A la convention de la commission de conservation que préside M.Sifton, de fanatique mémoire, les sujets sont un peu plus importants.Cette après-midi siégeait la commission des forces hydrauliques.Les membres présents étaient : L bon.f .Sifton.president, sénateur Edwards.M.Monk M.P., l’hon A.L.Sifton.premier ministre de l’Alberta, Thon.J .Allard, l’hon.M.Grimmer, ar-twmtour génernt du Nouveau-Brunswick.I hon, M.Bowden, secrétairo vmee.* a # Ce soir, séance publique de la commission dans la grande salle du Conseil législatif en présence de deux dames et de cent cinquante hommes, au nombre desquels, l’hon.M.Fisher,mi-nistre de l’Agriculture à Ottawa.M.C.C.James, sous-ministre’ de l’Agriculture d’Ontario, parle de ce que l’on fait dans sa province pour l’amélioration de l’Agricultute.L’on a fini par s’apercevoir que le collège d’agriculture, isolé, est de peu d’utilité pratique.Ce qu’il faut c’est amener l’enseignement à la portée de l’agriculteur par l’enseignement à l’école rurale.Le meilleur moyen d’arriver à un résultat pratique et le conférencier insiste, sur ce point, c’est d’aider l’agriculteûr à faire chez lui quelque chose qui lui rapportera profit.Pourquoi ne fait-on pas plus dans ce sens?Simplement parce que tout en admettant que cela devrait être fait, personne ne semble vouloir prendre l’initiative.* * s- Le Dr Hoddgetts, aviseur médical de la commission, traite de l’hygiène dans l’habitation et par des vues dont il illustre sa conférence, il est évident que même au grand air de l’Ouest, l’habitation n’est pas Toujours confortable.Ap rès la séance, le comité chargé d’étudier le projet de loi Monk vote la résolution suivante: “Tout en approuvant le principe du bill No 49 soumis à la Chambre des Communes pour réglementer la concession des pouvoirs hydrauliques sous la juridiction du gouvernement de la Puissance, cette commission n’est pas en état d’exprimer maintenant une opinion définitive sur tous ses détails.“Résolu dè plus que le Parlement devrait passer un acte décrétant, premièrement que toute concession ou aliénation devrait être pour une période de temps limitée ; deuxièmement que les concessions ne devraient être faites que sur rapport détaillé complet de la force hydraulique à disposer, sa valeur, son volume et autres caractéristiques importantes ; troisièmement, qu’une valeur commerciale devrait être déterminée au moment de l’aliénation et que cette rente devrait être sujette à révision à périodes fixes ; quatrièmement, que les taux chargés au public devraient être, dans tous les cas, approuvés d’abord et subséquemment sujets à révision par la Commission des chemins de fer du Canada ; cinquièmement, que dans le cas de toute demande de charte par une compagnie dont l’intention est d’exploiter une force hydraulique antérieurement aliénée par la couronne qui autoriserait la vente (l’énergie au public, une disposition semblable devrait être insérée dans cette charte décrétant que les taux ù charger nu public devront être sujets à approbation et revision par la Commission des Chemins de fer.’’ Tout ce travail en vue do ,1a conservation do nos ressources naturelles est présidé par l’honorable Clifford Sifton.J'avoue que cela m’amuse de voir un homme dont les amis , ma]g les écoles chrétiennes ?Et Cour de Paris est le premier sur la puis n’est-ee pas un bel exemple d’anar-mat ière, et il consacre, en les aggrs , chic que de reconnaître aux instituteurs vaut, toutes les erreurs, tous les so- uno ,ÿorte c]e droit sur l’école d'Etat et phismes sur lesquels a été fondée la.i sur renseignement qui y est départi ?Merlin, Ifi janvier.— A l’occasion du dtlièmc centenaire de l’Empire, les journaux alleiripnde glorifient patrioü-•luement les progrès de la nation.La " North German Gazette”, organe officieux, convie le peuple à ne pas s’endormir sur ses lauriers et de eoutinuer à travailler au développe ment du pays.Le Fcld-maréchal Von , docombre, le collège Saint-Michel éta- être relevé à grief par la Cour de Pa-1 .y ' ., ., -, f • blissoment d enseignement secondaire ns s erigoant en juge des docti mes en- 1 dans fa ville do Saint-Etienne., recevait Par décision de justice, il do- .fermer dans les huit jours, cela trois salles t évoques par quelque tract,on que «• j Sftn8 auctlnc SI)1.te dp ,,lisoll valab|)>.installe sa soit de 1 opinion publ.que, H est cons- (.|u)R(, |(lus graV(1 , csiion tant on effet, comme ont cent les eve-j d
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