Le devoir, 15 février 1911, mercredi 15 février 1911
DEUXIEME ANNEE—No.37 MONTREAL, MERCREDI 15 FEVRIER, 1911 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS: ¦¦¦ Rékdtion et g Administration s „ I Ij1 ilii1 l/l 11 u "¦^ postale.H B| H V Rfl 1 Edition Hebdomadaire : ¦ _¦*.H Hf ¦ 1 .¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ 'A TELEPHONES : \ sî-ss BJBJ m W M  WÊ m B fl fl U redaction : : ?oo mrioN postale.$3>00 ÉHkflB mÊmr mÊMêÊÊË WÊÊ ÉHfl iflk ADMINISTRATION : M«in 7461 Directeur ; HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS 1 LE TERROIR Les Pages de Combat de ,M.l’abbé Emile Chartier sont toutes d’une lecture fort intéressante, mais celles qui retiendront davantage, je crois, l’attention du lecteur sont consacrées aux choses de notre pays.Cela est naturel; lorsqu’il parle de Taine ou de Barrés, l’auteur évoque des figures familières sans doute à nombre de ses lecteurs, mais qui n’éveillent pas chez eux les fibres profondes.11 pose sa critique à côté de celle que dix, vingt ou trente écrivains français ont consacrée aux mêmes sujets.Lorsqu ’il parle des hommes et des^ choses de chez nous, il atteint tout de suite notre pensée intime, en même temps qu’il défriche des champs à peu près inexplorés.Du reste, il semble bien décidé a orienter vers les choses du pays son persévérant effort, et c’est de quoi nous voudrions cordialement le féliciter—en simple profane d’ailleurs, qui n’entend que fort peu de chose aux jeux de la littérature et de l’art.Mais nous voudrions que les artistes et les écrivains nous fassent davantage aimer notre pays, qu’ils nous aident à mieux sentir sa beauté, à mieux connaître son histoire.Il n’est pas un Canadien un peu cultivé en qui les simples mots de Bretagne ou de Normandie ne fassent lever une légion d’images et de ouvenirs.Toute une littérature ardemment régionaliste, qui s’est alimentée aux vieilles sources locales, a fortifié chez nous l’instinct du sang et créé à ces vieilles provinces françaises une figure de légende.Aujourd’hui même, Barrés nous fait aimer sa Lorraine, Bordeaux nous attendrit sur la Savoie, Mistral nous prodigue le soleil de sa Provence, Bazin nous enchante par révocation des paysages de la Vendee ou du Nivernais.Pourquoi, à l’heure où les maîtres les plus illustres se tournent avec une émotion attendrie vers leur pays d’origine pour en exalter la grace et le charme, nos écrivains ne dessineraient-ils pas avec une piete plus grande la douce figure de la patrie canadienne?Qu’ils ne disent pas qu’elle leur offre de moindres motifs à beaux développements littéraires: elle a récompensé par la plus durable popularité ceux qui lui ont apporté leurs hommages et Barres a maintes fois avoué qu’après avoir recherché la beauté aux ruines des villes fameuses, il en avait trouvé la plus haute expression sur l’humble visage de sa terre natale.Il y a trouvé en tout cas la source de ses meilleures inspirations, de celles qui donnent à son oeuvre les plus grandes chances de durée.C’est en parlant de leur pays—de son histoire, de ses légendes, de ses paysages et de ses moeurs—que nos écrivains auront aussi le plus de chances de vivre.Il n'est pas un critique français qui ne nous dise dans 1 intimité Pourquoi votre littérature n’est-elle pas plus essentellement cana dienne?Vous avez des jeunes gens de talent, qui ont du métier; vous avez un pays admirable, une histoire épique, votre race grandit au milieu d’une atmosphère où doivent journellement se poser les plus intéressants problèmes.Pourquoi vos jeunes gens ne demandent-ils pas ace trésor presque ignoré, mais que nous devinons si grand, la matière principale de leurs écrits?S’ils doivent prendre place dans la haute littérature française, ce sera en interprétant la pensée profonde, les as pirations essentielles de leur race et de leur pays.Etranges artistes qui ont sous la main une matière nouvelle et qui n’osent la toucher! ( Vrtaius l'ont touché, cependant, et ils ont touché du même coup le - coeur et l’intelligence de leurs compatriotes.La vérité est banale, mais il importe de la répéter: c est dans le ter-voir c’est dans le patrimoine matériel et moral de leur race, qu ils trouveront le motif des chants les plus beaux et des pages les plus vraies.Ils v trouveront le succès aussi, le succès dépouille de tout bas caractère, parce qu ’il dira la reconnaissance des petits et des humbles, qui dans ces livres écouteront battre leur coeur.OMER HEROUX.Télégraphie sans fil La Chambre des Communes écoutait en première lecture, lundi, un projet de loi du ministre do la navigation, tou- ALLONS, M.GviUIN Comment on écrit l’histoire 1911 MOINS 1837 EGALE 74 ET 74 PLUS 7 EGALE 72.Il y a quelques mois nous déman- chant l’emploi de la télégraphie sans (lions au Procureur-Général, d’aceor-fil sur tous les bateaux qui portent plus (]er employés des Bureaux d’En- fle cinquante personnes à bord et flont régistrement, de Montréal,* une augmentation substantielle do traitement.Avec la bonne foi qui le caractérise le trajet entre deux ports est de plus de deux cents milles.Cette mesure est bonne, mais elle n’est pas complète.Tous les vapeurs des lacs et toutes les cales à fret des deux océans qui baignent le littoral canadien se trouvent dispensés des obligations d’une loi qui devrait être généralisée.Il ne s’agit pas simplement, dans un naufrage, de sauver la vie des passagers et des matelots, mais aussi de protéger la cargaison et le paquebot, qui représentent des sommes considérables.Certains transatlantiques, affectés exclusivement au transport du frêt, ont un fort tonnage niais un bien faible équipage.La main d’oeuvre à bord est remplacée par les machines.Ils peuvent porter dans leurs cales, quand il s’agit de faire plaisir aux nationalistes, Pir Lomer accorda une augmentation mensuelle de $ô.00.Ce n ’était pas le Pactole, pensèrent ces dames, mais enfin.Sachant bien que ce n’était pas suffisant et que nous nous attendions à mieux de sa générosité reconnue même par les institutrices de cette province, Sir Lomer vient de porter — il y a quelques semaines, — le salaire des employées du Bureau d’Enregistrement de l’Est à $35.00, c’est-à-dire, $5.00 de plus que ne sont encore payées celles dès autres bureaux.Nous sommes portés à croire qu’il n’y a qu’un malentendu et qu’il nous Grâce à ces deux petites opérations, la grosse feuille de la rue Sainte-Catherine (par opposition à la petite feuille de la rue Saint-Jacques), établit péremptoirement que M.Adolphe Trudeau est un témoin 4’oculaire” de la rébellion.” M.Adolphe Trudeau, dit "La Patrie”, le fils cadet du prisonnier, qui n’avait à cette époque que sept ans et qui en a aujourd’hui 72, est un employé du Palais, en qualité d’ingénieur-mécanicien”.Félicitons vit.M.Adolphe Trudeau qui, né en 1830 (puisqu’il avait ans en 1837), trouve moyen, 81 ans après, de u’être âgé que de 72 ans.Mais tout s’explique car le journal ajoute dans le paragraphe suivant Nous n’avons pas cherché à avoir d’interview avec lui et c’est spontanément qu’il nous a fait le récit qui précède.’’ O, spontanéité voilà bien de tes coups ! Mais au fait ce doit être là uno simple erreur du reporter qui parlait l’autre jour des immenses voûtes qui étaient des cachots dans lesquels un homme ne pouvait se retourner quand il était couché.Il aurait mieux valu que les dates fussent vérifiées par le caissier; car l’arithmétique, c’est un peu comme la grammaire : c’est bien difficile.N’empêche que, tel quel, ce début d’interview confère aux déclarations qui suivent une grande autorité, ou plutôt, comme ou dirait à "La Patrie” une grande péremptoiriété.Voilà le digne couronnement d’une série qui aura du moins servi à boucher ses colonnes, en attendant la réouverture de la Cour d’Assises, qui aura lieu le 1er mars, dans treize jours, cher confrère !,.* * * Nos modestes articles sur les victimes de la rébellion nous ont valu l’honneur d’être présenté à Mme Marion, née Marguerite Cardinal, veuve du docteur J.-J.Marion.Mme Marion était la fille aînée du Patriote de Châteauguay.Elle avait six ans quand son père fut exécuté.La tragique soirée du jeudi 20 décembre est restée gravée dans sa mémoire.” Ce soir-là, raconte-t-elle avec une grande simplicité, ma mère, Mme Duquette.Mme Gamelin, la fondatrice de l’Ordre des Religieuses de la Providence, et moi nous sommes rendues vers 9 heures à la prison, au pied du courant.On nous introduisit dans une manière de parloir.Mon père et ma mère pleuraient silencieusement, A côté d’eux, Mme Duquette baisait eu sanglotant les mains de son fils.Nous restâmes dans cette chambre pendant à peu près une heure.Il y avait là deux de mes oncles, Français-Maurice Lepail-leur et François Camiré.Celui-ci fut plus tard libéré et l’autre , envoyé en exil.La prison était remplie de Patriotes et un grand nombre d’entre eux vinrent faire leurs adieux aux deux camarades qu’on allait pendre le lendemain." Ils défilaient sans se parler, serraient longuement les mains de mon père et de M.Duquette, puis se retiraient.‘VAprès 1 exécution, dit encore Mme Marion, on défendit ,à mes compagnes d’école de me parler de mon père et, comme j’étais l’aînée, je compris et je fis comprendre à ma soeur cadette que nous ne devions pas non plus en parler devant ma mère.Nous pleurions bien souvent ensemble, mais jamais le nom du père n’était prononcé”.LEON LORRAIN.rette LeCelle et non LeSable eommele donne Mgr Tanguay.Marie Lorette LeCelle était fille d’un Canadien traiteur de fourrures, à Détroit, poste voisin de Michillimakina.Voilà tout ce que la tradition d’un siècle nous fournit.J’ai connu intimement l’honorable Salomon Hamelin, et souvent j’ai conversé avec lui sur les premiers traiteurs et chasseurs de la Rivière Rouge.Il y a de cela 45 ans.D’après ces notes il est facile de constater que les familles Hamelin de Manitoba descendent de Louis Hamelin, seigneur de Saint-Charles des Roches aux Grondincs, Province de Québec, Première génération: Louis Hamelin marié à Antoinette Aubert, aux Grondines, le 7 août 1679.Seconde génération: Jacques Hamelin, marié à Antoinette Richard le 10 août 1706 ,aux Grondines.Troisième génération: Charles Hamelin, marié à Michillimakinae, à Anastasie Sauteuse, vers 1738.Quatrième génération: Louis Charles Hamelin, marié à Lorette LeCelle vers 1772.Cinquième génération: Jacques Ha-melini né vers 1775, marié à une métisse de la Rivière Rouge.Sixième génération: Honorable Salomon Hamel in, sénateur.J’ai conu à Manitoba deux garçons de l’honorable Salomon Hamelin, leurs familles doivent habiter, soit à Saint-Boniface soit au Nord-Ouest.Deux de se* filles se sont mariées à Sain# Bri_ niface; l’une à Benjamin vault, cousin de Louis Riel ,et l’antre à Jean-Baptiste Gervais de Saint-Vital.(Notes de l’Abbé G.DUGAS, ancien missionnaire).La désinfection des tramways Le Dr Louis Laberge, directeur du Bureau d’hygiène, disait ce matin qu’il était impossible de savoir dans quel tramways le jeune homme atteint de la variole s'est rendu à l’hôpital des contagieux.On sait qu’il a pris des tramways des rues Notre-Dame.Amherst et Ontario, mais il ne saurait en donner les numéros.Le Dr Laberge a alors demandé à M.Duncan McDonald do faire désinfecter les tramways.Celui-ci s'est rendu avec plaisir h cette demande.D'ailleurs, assure-t-il, les voitures sont très fréquemment lavées et désinfectées, et l’on apportera un soin tout particulier à désinfecter les tramways des lignes où le contagieux est passé.De New-York Montréal The Macdonough Club, de Plattsburg, N.-Y., écrit au maire Guerin pour lui faire part du projet de la création d’une grande route intornatioa ilo entre New-York et Mont"' 1 i •; bill est actuellement devant le Congrès américain, comportant l’affectation d’une somme de $1,200,000 à la oustrwtion de la partie de la route qui ie tient e-•a dans l’état de New-York, I t le gouverneur Dix, a, paraît-il, promis T°1>riêtés '1CS ^ ! il doit regnoner Min bord.Jarqatanes.A'oilà qui raehèto bien dos cassés.Ottawa, 15.L Bglise t’ongiéga-tionnelte ilo la' rue Elgin a été vendue pour $35.000 ot l’on construivn une maison de rapport sur l'emplacement.Une épreuve sur le vif '"'“t celle que vient do faire subir il Le pain à Toronto Une mort mystérieuse EErEEE Newport, R.T., 15.¦ommandnnt Frank'Marble, de La mort du I Toronto.mie américaine est entourée stances si curieuses que la j hier rcndi 15.— La t'our d'appel a "vement dans la cause du de dé Bataille en Albanie R ouïe, 15.—- Le général Hiccntli Garibtildi, lo dernier fils du libérateur italien, déclarait hier qu’il emit title iroupe pour aller rumhnttrc en Albanie.Il assurait que la Turquie usait soigneusement caché les faits sur une bataille de quatre jours qui coûta la vie à uu grand nombre de personnes en Albanie.Les chefs révolutionnaires s.' sont réfugiés au Monténégro où les of-i'iriers leur ont.donné lo dixième d -leurs appointemènts pour soutenir la cause.amis un riche Anglais désireux de! ordonné «no enquête sévère.Il s’est|
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