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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
mercredi 15 mars 1911
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1911-03-15, Collections de BAnQ.

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DEUXIEME ANNEE—No.61 MONTREAL.MERCREDI 15 MARS.1911 UN SOU L NUMERO ABONNEMENTS s Edition Quotidienne : CANADA BS HT AI S-UNIS.93.00 ONION POSTALE .93,00 Edition Hebdomadaire : ¦***»*.91.00 SXAS0-UNX8 .91.50 ¦M10NP0STALB.*,»**.93.00 Directeur : HENRI BOURASSA DEVOIR Rédaction et Adminrtv^i I 7U RUE S/iINT.JACQUl\ MONTRBAU TELEPHONES : REDACTION : Mus 7460 ADMINISTRATION! Mus 7461 FAIS CE QUE DOIS l SUPPRESSION DU REFERENDUM U VILLE DE MONTREAL TOLERERA-T-ELLE CE COUP DE JARNAC ?La commission des chemins de fer de la Chambre doit, au moment où nous écrivons, poursuivre l’étude du projet de loi sur les tramways.Peut-être en modifie-t-elle encore quelques parties et cela nous met dans l’impossibilité de tirer au clair la situation définitive où elle entend placer la ville de Montréal.Mais ü est un point qu’elle a d’ores et déjà réglé et sur lequel il importe d’appeler l’attention de tous les citoyens, contre lequel il importe de protester avec la dernière énergie—et é ’est la brutale suppression de tout appel au peuple.La compagnie des tramways—ou plutôt les quelques financiers qui ont réussi à en obtenir momentanément la maîtrise—désirent obtenir de la ville un nouveau contrat.M.Perron a même déclaré qu’il n’acceptait le dernier amendement Lapointe qu’avec la certitude morale, basée sur les déclarations des principaux représentants de Montréal, qu’un nouveau contrat interviendrait dans les soixante jours.Ce nouveau contrat comportera certainement—si la Compagnie et plusieurs des administrateurs municipaux peuvent faire triompher leurs idées—une franchise à long terme.Or, l’article 5917 des Statuts refondus de la province de Québec, préparé, croyons-nous, par M.Gouin lui-même et pour lequel, en tout cas, on lui a fait grand crédit, disait en toutes lettres: “5917.—Nonobstant toute disposition contraire ou incompatible dans une loi générale ou spéciale, lorsqu’une municipalité, dans l’exercice d’un pouvoir qui lui est conféré PAR SA CHARTE OU PAR UNE LOI GENERALE, fait quelqu’un des actes suivants, savoir: “a.Accorde à une personne, à une société, à une corporation ou à un .syndicat le privilège, le droit ou la franchise, pour plus de dix années, de poser et de maintenir ses rails dans la municipalité et d’y faire circuler des voitures, ou d’y faire circuler telles voitures sur des j termina rails déjà posés pour les mêmes fins.“Le règlement ou la résolution s’y rapportant doit, avant d’avoir force et effet, être approuvé par la majorité en nombre des électeurs municipaux qui votent sur ce règlement ou cette résolution.’’ L’article 5918 ajoute que, si le règlement n’est pas soumis à l’approbation des électeurs dans les trois mois qui suivent son adoption par le conseil, il est frappé de nullité.'C’était donc, dans des conditions ordinaires, la garantie absolue qu'aucune franchise engageant la ville pour plus de dix ans, n’aurait force et effet sans l’approbation de la majorité des électeurs.Mais la, compagnie—elle l’a nettement déclaré par la bouche de M.Perron—n’entend pas que le projet soit soumis aux électeurs.L’amendement I/apointe—dont la rédaction a été établie d’une façon singulièrement habile—aurait, semble-t-il, écarté et sans presque y toucher, l’obligation d’un appel au peuple.Car il faisait insérer dans un bill privé—notez bien cela—et non pas dans la charte ou dans une loi générale, un texte qui dit: “Adve-nant l’acquisition de l’entreprise et des biens de la Montreal Street de la nature.C’est la partie la plus difficile de toute œuvre hagiographique et c’est à celle-là que s’est appliqué surtout le Père ¦fouve.A travers huit chapitres, l’auteur passe en revue les manifestations surnaturelles que l’on attribue au Frère Didace.C’est une longue nomenclature de faits divers, de guérisons accomplies, de faveurs obtenues.Le tout échappe à notre critique, car pour juger de la valeur de cette partie du travail il faudrait une documentation que nous n’avons pas, nous préférons nous en remettre en toute confiance à la véracité de l’auteur.D’ailleurs, nombre d’éléments de psychologie et d’influences physiologiques rendent ce problème de l’action supranaturelle trop complexe pour que nous tentions la moindre appréciation critique au point de vue de l’histoire.L’Eglise elle-même ne se prononce qu’après des siècles sur le mérite intrinsèque et la valeur exacte de ces faits et nous no prétendons pas devancer son jugement infaillible.Le frère Didace Pelletier naquit en 1657 à Ste-Anne de Beaupré.À l’âge de 18 ans, il entrait chez les Récollets après des années d’enfance pleines de piété et de vertus cachées.Simple frère convers, il mena une existence de religieux ouvner tout entier à son travail de menuisier, sanctifié par la prière et la pratique des vertus chrétiennes.Il passa quelque temps à Montréal où il contribua à la construction du couvent des récollets qui so trouvait situé dans la rue du même nom, près de l’église Notre-Dame.Il ses jours à Trois-Rivières en 1699.Déjà, durant sa vie, le frère Didace était entouré de la vénération et du respect des foules ; après sa mort il se propagea par tout le pays un véritable culte pour l’humble religieux et de nombreuses faveurs furent obtenues par son intercession.Le frère Didace fut enterré sous l’ancienne église des Récollets aux Trois-Rivières qui est aujourd’hui un temple anglican.De sérieuses démarches ont été faites pour qu’il soit permis aux franciscains d’exhumer ces restes précieux ; mais toujours sans succès.C’est un bon livre qu’a écrit le Père Jouve ; et au point de vue de l’histoire générale c’est une œuvre sérieuse.L’écrivain a essayé de faire revivre et BILLET DU SOIR PROPOS ARTISTIQUES Dans un mois, les bourgeons commenceront à pointer.Ils seront encore tout petits, mais la feuille dormira dedans comme une sûre espérance.Le printemps reviendra, pareil à celui des ans passés, et les hommes en éprouveront des joie nouvelles.Ces heureuses pensées dans la tête, je suis allé voir mon ami.Ms-sis à la fenêtre, il rimait.J’ai lu ses vers, et reconnu la chaussée où Imsent des flaques d’eau sale; les toits déjà secs dont le gravais se chauffe au soleil; les arbres bas entourés de boîtes vertes, et le clocher qui dresse sa croix d’or sur l’horizon gris.Il ne parlait pas du ciel clair; j’en sentais pourtant la lumière entre les rimes, car son poème était vrai.Je le félicitai, lui disant mon plaisir de le voir revenu à de.meilleures dispositions.—Pais-en compliments à la nature, répondit-il modestement.-—Certes.Mais les mois, c’est loi qui les as arrangés de façon qu’ils soient autant de miroirs réfléchissant les choses; et l’harmonie, c’est toi qui l’as obtenue par l’agencement des sons et le rythme savant des phrases.La nature inspire, et l’artiste réalise dans l’effort ce qu’il conçoit si aisément.'—H faut croire que mon effort n a pas été fatigant; puisque j’en suis comme reposé.Quand j’ai regardé dehors, j’ai éprouve le besoin, devenu vite impérieux, d’écrire en vers; j’avais quelque chose sur le coeur, comme on dit, il fallait que cela sortît.C’est très simple, et tu peux bâtir là-dessus de grandes théories; Sganarelle te les résumera en deux.mots-.Et voilà pourquoi, monsieur, votre ami est poète! Je me garde des théories qui embrouillent plutôt qu’elles n’expliquent.Il est certain qu’un poète écrit de beaux vers sans savoir comment, parce qu’il a le don.Il n’a pas conscience du travail accompli par son cerveau; les règles s’appliquent d’elles-mêmes, comme des LES DELEBUES DE MONTREALETM.GOUIN L'entrevue d'hier.—Un incident dramatique.Premier Ministre est hué au comité des Bills Privés Le M.A IN JE Y ET M.SEGUIN ECHANGENT DES PROPOS AIGRES - HOUX Railway, etc., tel que pourvu par la présente loi, la Compagnie des 1 de mettre en lumière une belle figure, ., .Tramways en1,dê0ide/a’ 11 approuve certaines parties de la réso-s étonne cependant que Ion refuse au- lution adopt/>0 pnr J„ Conseil de Ville des rues qui lui appartiennent.L’EX-ECHEVIN VALLIERES ™rhUi,rUjHe"Pfv l0vroit A.C™is olle n’est pas complète, noncer sur cette franchise qui Je tient i -4 • i 1 si pour si longtemps quand il y a deux ^lt y-nJ0Utpr ’m ProVl8° a 1 ans le gouvernement faisait insérer dans la charte de la cité qu’aucune franchise de quelque importance ne pourrait être octroyée qu’à la condition d’être soumise à la ratification populaire.Il comprend d’autant moins 11 fau-ffet de laisser les contribuables de Montréal juges en dernier ressort.Alors seulement l’autonomie de Montréal se trouverait respectée.M.PROÜLX représentant les ouvriers menuisiers,dc- 1 attitude de la législature que chaque mande à son tour la municipalisation.ouvriers.(Quelques applaudissements).Il est évident que le vole donné ce matin par M.Séguin lui pèse sur la conscience.Jf.Ainey répond qu’il est ici comme délégué de la Cité, et obligé par son mandat de parler dans le sens de la majorité du Conseil bien que ne partageant pas toutes ses vues.Il est d’ailleurs connu qu’au Conseil hier il a protesté contre ce projet de clause, (applaudissements); que si JT.Séguin croit pouvoir racheter son vote avec l’argument, il se trompait grandement puisque sur la motion pour référer la question au peuple, proposée ce matin, il (JT.Séguin) avait voté contre.( Applaudissements prolongés.) Le maire Guérin répond qu’il ne pouvait pas amener la délégation plus tôt.M.Séguin tente de riposter qu’il agit d’après les représentations des délégués de la ville.l’iusieurs voix: tut! tut! oh! oh! et la réunion prend fin.La question du Referendum C’est en pleine connaissance de cause que la Commission des Chemins de Fer refuse l’appel au peuple et nos représentants ne disent mot Québec, 14.— C’est en pleine connaissance de cause que la commission des chemins de fer a exempté la future Cie des tramways de Montréal, de l’obli-I gation d’en passer par le jugement des contribuables sur la question de la franchise et c’est aussi en pleine connaissance de cause que le.s délégués de la Cité se sont laissé dépouiller de Alors, dit M.Bourassa qu’il n’y ait pas de malentendu, la cité prétend qu’elle veut en passer par le referendum et la Compagnie rétorque qu’elle ne veut pas de referendum et qu’elle repousse la proposition Lavergne pour éviter ce referendum.Le rejet de la proposition Lavergne cette condition qui constitue souvent signifie donc que l’extension do charte En cour de Circuit, hier, le juge Le bœuf a fait une sortie contre les com-d'usage, elle se buttera * pagnies de ^messageries qui faisaient contre une masse de documents qui , payf ï d.eU3î foistle transport des colis - d».»«if.____?onflé* à., leur cWe, et qui négligent la surveillance du service au point de livrer les colis à do mauvaises adres- font rempart autour des faits apportés en preuve de la thèse générale.L’auteur étudie son sujet dans toutes se* „ ., , les phases de sa vie.Du pays de sa T^mbL-^Jr'^T9 de Me ?rtl?.ço1i8 , i , Iremblay, M.Laçasse poursuivait la naissance au heu do son tombeau, il compagnie Canadian Express qui avait retrace presque jour par jour l’existen- livré à St-Isidore un paquet do tabac co de l’enfant, du Jeune homme, du re- expédié' à Ste-Philomène.Le tabac, ligieux au monastère et en mission.!lne *°'s ^trouvé n’avait plus de va-L’historiographe pénètre encore plus loin.L’aetion des héros humains s’arrête à la mort, celle des saints se fait sentir bien au-delà.Cette action des saints après lour mort est d’un caractère tout spécial, qui, bien que très réel ee prête mal à l’analyse, parce que les ciroonstances qui l’entourent leur.Un grand Canadien disparu New-York, 15.— La police de la métropole recherche en ce moment Georges Lanz, un “p’tit Oannyen” mesu- - — .rant 7 pieds .4 pouces ; ü est die* échappent aouvent am laie ordiuine | paru depuis le tac févetah Les pétitions truquées Plusieurs de nos amis nous avertissent qu’on a essayé de leur faire signer des pétitions favorables à la Montreal Street Railway — du type de celles que l’on a présentées ce matin à la Commission des Chemins de fer —en leur affirmant faussement qu’elles ve naient du Comité des Citoyens.Nous mettons de nouveau le public en garde contre ces procédés canaillleii et nous signalons le fait aux députés de Québec, pour qu’ils jugent les pétitions à leur vraie valeur.l’argument le plus puissant pour résister avec succès aux exigences des compagnies déraisonnables.Lorsque la motion de M.Lavergne demandant que la durée de la franchise no date que du contrat, au lieu de l’adoption de la loi, eût été repoussée par le gouvernement Gouin, M.La-vergno proposa au moins d’ajouter à la nouvelle clause 14 un paragraphe à l’effet de soumettre la franchise aux contribuables.Et comme personne ne paraissait vouloir parler sur le sujet, M.Bourassa amena M.Perron à dire que la compagnie no voulait pas do la référence au peuple.k 42 ans ne sera pas soumise au peu pie, parce qu’une municipalité ne peut soumettre une affaire comme celle-là au peuple que si elle découle de l’exercice de son pouvoir municipal où d’une loi générale.Or la franchise en question ne découlant pas du pouvoir municipal ni d’une loi générale, la prescription de la loi générale obligeant au referendum disparait.Pas un délégué de la Cité ne dit mot, seule la force du vote de parti répond au député de St-Hyacinthe.Co dernier voie semble achever do dévoiler la comédie qui se joue présentement.Une statue à Edouard VII ON ERIGERA SUR LA PLACE LAURIER A OTTAWA UN MONU MENT EQUESTRE AU ROI DEFUNT.Ottawa, lô mars.— Une magnifique statue équestre du roi Edouard YII sera érigée au centre de la future place Laurier à Ottawa.Tel est le désir do la majorité ciu Cabinet fédéral.Il avait d’abord été question de infiltré à cet endroit le monument à la mémoire dfi Thomas D’Arcy McGee.Mais, durant le mouvement qui s’est produit dans d’autres villes pour commémorer le souvenir de notre souverain, le gouvernement a décidé que la capitale ne devait pas rester en arrière dans cette oeuvre de respect et do reconnaissance.IMPARTIALITÉ Les pétitions favorables à la Mont* real Street Railway luas ee matin, à la Commission des chemins de fer, il a fallu que M.Bourassa livre presque une bataille pour faire lire lea pétitions défavorables.fi’M» ait bal eananl Fonctionnaire frappé de paralysie M.J.B.D.Aquin, commis dans Je bureau des encaisse* ments, à l’Hôtel de Ville, tombe subitement malade.On a dû le faire transporter chez lui où il a pris un peu de mieux M.J.-B.-D.Aquin, commis dans le bureau de l’encaissement des taxes, à l’Hôtel de Ville, a été subitement frappé de paralysie, vers 11 heures ce matin.co qui a causé un grand émoi parmi les fonctionnaires municipaux, qui sont tous ses amis.Le Dr Lavigne.du Service des maladies contagieuses, qui ee trouvait par là, a fait appeler immédiatement une voiture d’embulaneo de l’hôpital Notre-Dame, après avoir constaté la para- A l’arrivée du médecin de l’hôpital, le malade a recouvré la parole et exprimé le désir dVire transporté chez lui, 1112 rue Saint-Antoine.M.Aquin, qui est affligé d’une obésité extraordinaire, il pèse, dlt-on.443 livres, a été envoyé ches lui dans le fourgon do l’hôpital, 11 s’était surmené depuis quelque temps, mais rien ne faisait prévoir une telle attaque.A la dernière heure, les nouvelles qu’on nous donne de lui sont mesurantes.Le comte de Lesseps vainqueur New-York_ 15 mars.— L’Aéro Club d’Amérique ’ a décerné aujourd’hui le prix pour le bouclage de ia Liberté, au Comte de Lesseps, Les héritiers do Moissant n’nnt pa touche i je montant, parce que ie malheureux aviateur aurait négligé certaines conditions techniques.Un autre concurrent, Graham White, fut aussi déqualifié pour avoir coupé l’aéroplane d’Apy, en revenant au champ d’aviation.Le$ brochures de M.Bourassa Les deux brochures de M.Bourassa sur la Convention Douanière, l’anglaise et la française, sont actuellement en vente au prix de dix sous pour celle-ci et de quinze s>us pour l’autre, les frais de po:t.La publication de la troisième brochure sur lu clergé et la politique a été forcément retardée par i ’absence de notre directeur et les travaux de la ¦étalon.Noue signalons le fait à tous ceux qui noua ont déjà adressé des commandes et qui pourraient être surpris de notre retard & le» remplie. 2 LE DEVOIR, Mercredi.15 Mars, 1911.LETTRE D’OTTAWA UN AGONISANT QUI NB VEUT PAS MOUBIR.— DES PECHEURS CA-NADIENS-FRANOAIS D’ESSEX.— UNE PIETRE CONSOLATION.— BILLY MACLEAN ET LE PARTAGE DES MELONS.— LE MAJOR BEATTIE A BOULETS ROUGES SUR SON AMI BILLY.— AU COMITE D’ENQUETE BLONDIN-LANCTOT.— UNE VOLTE-FACE DU COMITE.— CA COUTE BON MARCHE, LA PEINTURE.— UN CHEQUE EN RETARD.— LES PEINTRES DE SOREL.—LES ABUS AUX CHANTIERS.— UN TRAIT DE MOEURS PIQUANT.Ottawa, 14.—.Le débat sur l’entente Taft-Fielding s'est poursuivi, ce soir, dans une salle à peu près déserte.Tout le monde, à la Chambre, semble eu avoir à satiété.Depuis trois semaines, il agonise.Les discours dé MM.Sifton et Laurier lui ont donné un regain de vie, pour un temps, mais il est.aujourd’hui bien bas—il ne se décide pas toutefois à mourir, puisque les deux partis entendent l'alimenter pendant une couple de semaines encore.L’intérêt, aujourd’hui, a surtout porté, à la Chambre, sur deux sujets, l’un relatif aux pêcheries de la rivière Détroit, l’autre, à la sur-capitalisation de certains chemins de fer canadiens.(Je n est qu’après épuisement de ces matières que les députés en sont revenus à 1 entente Taft-Fielding, I Il y a d'abord uni cinquantaine de députés, à l’ouverture de la séance.A cinq heures, à peine sont-ije trente.Et, dans la soirée, les discoureurs pérorent devant un auditoire réduit à sa plus simple expression.Dès le début de la séance, M.Wilcox, député oppositionniste de la division d’Essex, se plaint des règlements de pêcheries adoptés par le Canada et les Etats-Unis quant à la rivière Détroit.Voici la situation, intéressante surtout eu ceci que ceux dont 1 on méconnaît les intérêts sont des Canadiens-français, nombreux sur les bords de la rivière Detroit.Les eaux de cette rivière sont assez poissonneuses, du côté canadien.Par contre, du côté américain, vu les manufactures qui contaminent les eaux, la pêche est pratiquement nulle.Une autre circonstance l’y rend absolument impossible, le coût prohibitif des terrains voisins de la grande ville de Détroit.Du côté canadien, jusqu’ici, deux cents familles de Canadiens-français ont fait la pêche au filet et placé une trentaine de mille piastres dans cette industrie.Or voici que les nouveaux règlements adoptés par la commission des eaux internationales défendent pour quatre nus la pèche au filet dans toute cette région.Résultat: seuls les Canadiens en souffrent, car ils pêchaient dans la rivière Détroit; les Américains n’en sont nullement affectés, puisque, auparavant, ils n'y pêchaient pas du tout.C'est le gouvernement américain qui, sous prétexte d’empêcher la destruction du poisson dans ces eaux, a demandé qu’on en interdît la pêche pour quatre ans.M.Wilcox dénonce cet état de choses et .s'en prend à l’administration du ministère des pêcheries, dont les concessions en cette affaire sont à son gré nuisibles au capital engagé par les deux cents pêcheurs Canadiens-français du comté d Essex.M.Brodeur lui répond que si ces règlements semblent vexatoircs, au premier abord, ils ne le sont pas: dans quatre ans.le poisson sera plus nombreux dans les eaux de la rivière Détroit et les pêcheurs feront alors plus d'argent qu’ils n’en ont fait jusqu’ici.C’est une piètre consolation pour ces pauvres gens.II Les rares députés présents à la séance écoutent d'une oreille distraite l’exposé des griefs de ses électeurs que fait.M.Wilcox.Et quand Billey Maclean se lève pour parler, comme c'est son habitude, du “partage de melons” (melon cutting) par les actionnaires du Pacifique Canadien, une dizaine gagnent les tambours de sortie.Us vont fumer une pipe ou griller une cigarette dans la chambre seize, ou jouer une, partie de “bluff” à la chambre vingt.Billy Maclean ne se décourage pas.Tenace, il revient aujourd'hui sur un sujet dont il nous parle trois ou quatre fois à chaque session.Aujourd'hui, il veuf accroître les attributions de la commission fédérale des chemins de fer.Cette institution, d’après les pouvoirs que lui a donnés le parlement, peut établir et réviser les taux de transport des compagnies fédérales de chemins de fer.Mais elle n’a pas* le droit d’établir ce que peut être le capital de telle ou telle compagnie.Par exemple, si le Pacifique Canadien veut accroître le chiffre de son capital, c’est le parlement et non la commission qui lui donnera pouvoir de le faire.Billy Maclean voudrait que la Commission eût juridiction à ce propos.De la sorte, affirme-t-il, elle empêcherait ces compagnies de majorer indéfiniment leur capital en le mouillant.Avec le système présent, les compagnies agissent à leur gré, et emploient une grande partie de leurs bénéfices à payer des dividendes sur des titres mouilles: ceci fait qu'il leur faut sans cesse augmenter leurs bénéfices; elles n'y arrivent que grâce à.des taux de transport assez élevés, et au détriment du publie, qui paie un voiturage excessif.Billey Maclean estime que cette question est pins grave que colle de l’entente Taft-Fielding.“C’est un scandale, dit-il, de voir comme le Pacifique Canadien empoche l’argent du peuple et lui extorque tics sommes d’argent considérables ! ' ’ A quoi M.Graham, le ministre des chemins de fer, répond qu'il peut y avoir du vrai dans les.dires de Billey Maclean; “mais, dit-il, le gouvernement étudie le sujet, et M.Maclean ne devrait, pas insister pour avoir une décision de la Chambre aujourd'hui.’’ Billey s’entête, le docteur Sproule est de son avis, et un député de Toronto aussi, M, Bussell.Seulement pour obtenir le vote il faut être cinq et ils ne sont que trois.La motion de Billey reste en panne, Ce petit débat nous vaut de très bien savoir la façon de penser du major Beattie sur son collègue, Billey Maclean.“Si ce député-là eût acheté des actions du Pacifique au début de l’entreprise, vous ne l’entendriez pas crier aujourd'hui sur les toits contre cette compagnie, dit-il, Et si le Pacifique voulait acheter M.Maclean, et y mettait le prix, le propriétaire du World aurait tôt fait de se taire!” Le président de la Chambre intervient et, rappelle M.Beattie à l'ordre.’Tort bien, dit l'irascible major, mais j'ai dit ce que je pense!” Retirez cotte expression,” dit le président.Le major s’exécute, mais s'il garde ses pensées pour lui.elles n’en sont pas des plus flatteuses pour Billey.Le reste du temps, M.Mackenzie parle en faveur de l'entente Taft-Fielding, sans dire quoi que ce soit de fort nouveau.Ce débat se continuera demain.11 ne nous a rien valu d’intéressant à signaler, aujourd’hui.III Aussi bien l'attention des députés s'est-elle, de toute la journée, concentrée surtout sur l’affaire Blondin-Lanctôt ; la salle du comité des privilèges et élections n'a pas désempli et à travers la fumée des pipes et des cigares, l’on distinguait le visage de députés qui d’habitude s'nbs tiennent d’assister à des réunions de ce genre.à moins qu’il ne s’agisse d 'un vote à donner sur une affaire où leur chef de file s'intéresse spécialement.Alors, il les réunit au moment psychologique, et ils tranchent la question comme s’ils avaient suivi tout Ve débat.Aujourd’hui, par contre, tous sont au poste “Ça va chauffer.'’ dit l’un d-Vntre eux.Au train où vont les choses, l’enquête se prolongera pendant au moins une couple do semaines.Aujourd'hui, deux seuls témoins ont comparu: cl encore Fun d'eux.—M.Lanctôt lui-même.—n'a-t-il pas conclu son témoignage.Juste au moment précis où M.McDougall, l’avocat de M.Blondin.commençait de l’interroger sur la.nature des travaux qu'il aurait, fait faire à sa maison en 1908 et en 1909.par des employés des chantiers, la majorité dos membres «lu comité, de crainte de le voir pris sous verre, décide d’ajourner à une date ultérieure, la suite de son interrogatoire.Le procédé est fort, habile pour lui éviter des explications embarrassantes, mais n'est, guère conforme aux usages des tribunaux ordinaires où l’on n'interrompt pas ainsi, d’habitude la déposition d’un témoin quelconque.Notons aussi la volte-face du comité désinvolte qui, le matin, décide d’entendre la déposition de M.Lanctôt, et, trois heures plus tard, au moment où l’interrogatoire de M.McDougall va se faire dangereux pour l’inculpé, se déjuge et, grâce à un vote de parti, l’escamote et le met à l’abri pour un temps indéfini.Soulignons entre autres faits prouvés nu cours de la journée, ceux-ci: M.Lanctôt, d’après l’état de compte que lui envoyait le gouvernement, les travaux finis chez lui, a payé $1175 pour toute cette entreprise.Ceci comprend tous les travaux de peinturage ($292) et les matériaux ($83) dont les ouvrière se sont servis.Le seul état de compte du travail fourni par le ministère indique que l’entreprise a requis 213 jours d’ouvrage.Ajoutez-y le prix des matériaux et vous verrez que M.Lanctôt, a fait un marché d’or en confiant son entreprise à Champagne, Pagé et aux peintres des chantiers de Sorel.Le moindre entrepreneur établira que cette entreprise, faite par un peintre ordinaire, lui eût coûté au moins la double de cette somme.* L 4 ’'•nvorauer que M.Lanctôt dit avoir adressé son chèque au mi- nistère de la marine, eu paiement des travaux, dès le 22 novembre,—le chèque porte cette date.Et néanmoins la banque ne le paie que le 11 janvier.Pourquoi ne l’a-t-on pas présenté pour paiement auparavant ?M.Lanctôt dit dans sa déposition d’aujourd’hui, et dans sa déclaration à la Chambre lundi dernier, avoir eu recours aux peintres des chantiers parce qu'il n’y en avait pas d’autres à Sorel.Or le témoin ( artier jure lui avoir offert ses services au cours de l’automne 1909, et nomme d autres peintres sorelois, indépendants du ministère et compétents à faire un ouvrage connue celui dont il est question; il cite MM.Payette.Proulx, Bérubé, Lavoie, et lui-méme.M.Lanctôt ne s’est adressé à personne de ceux-là, quoi qu'ils fussent alors sans ouvrage, pour la plupart.Serait-ce qu’il craignait leur payer davantage qu’aux peintres du gouvernement dont il a, tout d’abord, trouvé les prix un peu forts, si bien qu’il s’est fait consentir un rabais par Champagne ou Pagé ?Que le gouvernement, au reste, par suite de manque de surveillance ou autrement, peymît à ses ouvriers de faire concurrence aux peintres indépendants de Sorel, cela ressort de la déposition de Cartier; “le gouvernement, dit-il, faisait concurrence aux autres peintres dans toute la ville.” Et lui-même jure que s’il n’avait pu faire de profits sur telle entreprise spéciale, c’est que Pagé, un contremaître des chantiers, avait dit à celui qui faisait faire ces travaux: “Si l’on vous demande plus que $150, dites-le moi, je me charge de Arous faire cet ouvrage à ce prix-là!” Signalons aussi l’intervention de -Al.Magnan, l’associé de M.Lanctôt.qui dit au témoin Cartier, il y a quelques jours, à propos de l’évaluation des travaux à la maison du député de Richelieu: “Vous savez, mettez ça au plus bas, M.Lanctôt est mal pris avec cette histoire-là !” Somme toute, la séance d’aujourd’hui démontre un fait évident: l’existence, d’abus considérables à Sorel; le cas de M.Lanctôt, malgré toute son important, est un exemple entre mille des faits qui se passent dans cette région.Il est grand temps de faire une enquête complète sur toute l’administration des chantiers de cette ville; le gouvernement y doit perdre des milliers de piastres, chaque année.Un trait de moeurs, pour finir: il révèle la mentalité de certains membres du comité.Al.Devlin arrive dans la pièce au moment où des collègues du député de Richelieu proposent qu’on interrompe sa déposition,—M.Devlin veut se rendre compte de leur demande et dit au président: “Avant de voter, M.le Président, Je voudrais avoir quelques explications à.ce propos.—“Qu’est-ce que tu as besoin de ea pour voter!” maugrée un bon ministériel.Si cela n’est pas savoureux,.! GEORGES PELLETIER.LES CHINOIS ET LEURS FEMMES Le Sénat prend en considération des amendements à la loi d’immigration des Fils du Céleste Empire Sénat, le il mars HUI.Le sénateur Kîrchoffer, président du comité des divorces an Sénat a présenté des rapports recommandant que les demandés de divorce de Mary J.Beattie do Montréal et Robert William I.ogan, de Montréal, soient accordées.Sir Richard Cartwright informe le sénateur Campbell que la Commission de conservation n été créée en septembre 1900.Jusqu'à date le coût total de cette commission pour appointements des employés, location des bureaux, oto., s’est élevé à $49,179.En comité sur le bill amendant la loi de l’immigration chinoise, le séna-reur Power a dit que la taxe d’admission de, $500 paraît trop considérable.A son avis é'-’OO suffiraient amplement.Sir Richard Cartwright répond que ce côté de la question a été très discuté, et que ce n’est qu’après mûre considération que la ligne de conduite suivie à ce sujet a été adoptée.Parlant de la clause qui permet à un chinois né au Canada d'y amener une épouse chinoise sans payer de taxe, pour elle le sénateur Longhead dit que le bill devrait être plus élastique sur ce point, attendu que les Chinois aimant la vie de famille, on hevrait permettre à tous d’amener une épouse au Canada sans avoir à payer sa taxe d’admission en ce pays.Une telle mesure serait surtout morale.Sir Richard Cartwright répond que personnellement il est enclin à être plus généreux dans ce sens.Aussi fo-ra-t-il la suggestion du sénateur Longhead à ses collègues du gouvernement et ilira-t-il ce qu’ils en pensent à la troisième lecture du bill.Le sénateur MacDonald est aussi d’avis que la proposition Longhead est excellente.Car dit-il.il est prouvé que les Chinois tics doux sexes sont honnêtes et industrieux et que leurs enfants font do bons élèves intelligents dans les écoles publiques.Certes, dit-il, il faut restreindre jusqu'à un certain point l’immigration chinoise mais c’est dommage.En Colombie Anglaise.les Chinois sont très utiles.Là, ils défrichent, font des ouvrages domestiques et se livrent à mille, autres travaux.Aussi étant donné le développement des unions, l'augmentation considérable de la main d'œuvre, il croit que maintes familles de Victoria mesure à cause des difficultés quelle présente sur le chapitre de l’audition des livres des compagnies de chemins de fer.D’autre part, c’est une utopie de croire qu'il est possible d’établir un mode uniforme pour tout le Canada de la paye dos ouvriers tous les quinze jours à date fixe.Le sénateur Casgrain ne voit pas les mêmes objections que son confrère.Il cite la compagnie du Téléphone Bell dont les employés sont échelonnés dans toutes les parties du pays et dont la paye est hebdomadaire.Il ne voit pas pourquoi les compagnies de, chemins de fer ne changeraient pas leur système, puisque la chose serait agréable aux ouvriers ainsi qu’à leurs fournisseurs.T.e sénateur Béïque est en faveur du principe du bill, mais il croit qu’il devra être amendé pour être praticable.Le sénateur MacSweeney dit qu’au-trofois les employés de I Intercolonial étaient payés tous les quinze jours et cela ne causerait aucune difficulté aux administrateurs.Le sénateur Boyer désire savoir si les employés de chemins de fer ont demandé cotte réforme, et le sénateur Casgrain répond dans l’affirmative, ajoutant que cette demande est faite depuis quatre ans.Le sénateur Davis se prononce contre le projet ainsi que les sénateurs Joncs.sir MacKenzie Bowell et le sénateur Lougheed.Ce dernier voit une atteinte à l’autonomie des provinces, à cause des chartes provinciales de certaines compagnies de chemins de fer.Le sénateur Dandurand ne voit pas on quoi l’autonomie provinciale est affectée.La motion pour deuxième leeture est' rejetée par un vote de LA contre lü, et le Sénat s’ajourne à mercredi après-midi.-+- Un attrait nouveau On doit donner des démonstrations do marconigraplno lors de l’exposition d'automobiles de la salle d’Exercice, rue Craig, du LH au 25 mars.-F- La Pépinière Questions d’actualité L’UN N’EMPECHE-PAS L’AUTRE On peut dire des soins hygiénique^ ce que dit l'Evangile sur les préceptes et les conseils,— “oportet liaec facere et ilia non omitterc.— Ce qui veut dire qu’en surveillant un abus il ne faut pas fermer les yeux sur les autres.—Il y a une foule de causes de maladies ;— les germes en sont déposés sur presque tous les objets qui sont à notre usage.Voilà pourquoi dans les hôpi-pitaux, les médecins prennent tant de soin de tout désinfecter.J’avoue, avec AI.le Docteur Sainte-Marie que dans notre ville de Montréal, il y aurait beaucoup de cloaques et de foyers d ’infection à faire disparaître.On passe dans certaines rues où l’on ne respire pas précisément l'eau de rose, et je suis bien aise qu’il attire l’attention des autorités sur ce sujet presque aussi important que celui des Tramways.Si tout le inonde veut y mettre un peu de bonne volonté les médecins et les journaux, nous en arriverons à l’éloigner bien des dangers pour la santé des enfants et des adultes.Mais j’en reviens toujours à mon premier sujet : la bonne alimentation.Pendant que les fermier» et les agrie.ul-teurs sont à la recherche des meilleurs fourrages pour l’entretien, en bonnes conditions, de leurs troupeaux, sans négliger la ventilation do leurs étables, resterons-nous indifférents à la bonne alimentation de nos familles ?Monsieur le Docteur se souvient, sans doute du grand scandale, découvert à Chicago dans la fabrication des conserves, où l’on mettait en canistre (boîte de fer blanc) des détritus de fruits gâtés et de viandes corrompues.Or ces boîtes étaient expédiées de tous côtés et nous en recevions notre part.Le contenu de ces boîtes était du vrai poison.J’ai été très malade moi-même, pour avoir mangé de la viande de poulet tirée d’une de ces boîtes vendues pour viande de première qualité.Pourquoi dans la ville surveille-t-on si attentivement, la qualité du lait ?C’est afin de s’assurer que la partie nutritive du lait ne soit pas noyée dans l’eau et aussi pour constater que le lait est pur et propre, et qu’il ne contient aucun germe de maladie.,On sait qu'il se rencontre des laitiers qui ne se font pas scrupule de mêler au bon lait le lait, d 'une vache malade.Je dirai la même chose du beurre.Aujourd’hui où L'on veut faire le plus de beurre possible avec le moins de lait possible il devient très difficile de se procurer du bon beurre.Jadis, quand nos grand’mères faisaient leur beurre à petite quantité et qu’elles Je pétrissaient à la main pour en extraire l’eau, on mangeait du beurre qui goûtait l’amende.C’était, un mets délicieux*.Allez donc maintenant vous délecter le palais avec le beurre fabriqué par certains industriels d’aujourd’hui.Trop souvent il a une odeur détestable et une saveur de graisse rancie, et n’est pas même propre à l’apprêt des viandes.Je soutiens que de tels mets ne sont pas nutritifs et détériorent les organes de la digestion.Au physique comme au moral tout ce qui est falsifié est nuisible au principe.Je félicite M.le Docteur d’attirer l’attention des autorités sur la nécessité de veiller à la propreté des habitations, des cours, des rues et des places publiques.Aroilà un vaste champ’ à cultiver.Cette propreté jointe à une saine alimentation contribuera puissamment à fortifier les constitutions et à préparer la résistance aux fièvres qui passent dans l’air.PAUL LANDRY, P-S.— Je prie le contradicteur de Paul Landry de remarquer que dans le cours de cette semaine, (comme le dit le “Devoir”), 95 veaux trop jeunes ont été confisqués à l’abattoir.Cette viande malsaine était destiuée aux maisons de “pension” et aux communautés religieuses, si on eût réussi à la passer en.contrebande.Paul Landry n’a rien dit de trop en demandant une inspection sévère des viandes sonnes à table d’hôte.On aura beau la préparer à toutes sortes de sauces, elle n’en reste pas moins une viande malsaine, dommageable aux estomacs.Si ee n ’est pas du poison, c’est au moins une viande sans vertu nutritive et qui laisse s’appauvrir le sang de ceux qui s’en nour-: rissent.L’inspecteur municipal dos lai-! tories doit aussi faire l’analyse bactériologique du lait, et ne pas se borner |à l’analyse chimique impropre à découvrir la présence du bacille.P.L.-?'- Nouvel ingénieur pour Westmount ne pourraient plus se passer des services des Chinois.11 semble monstrueux à notre époque, poursuit le sénateur MacDonald, que l’on ait à imposer une taxe par tête sur les sujets d’un peuple paisible, qui charge nos navires de soirios et de thé, cpii envoie chez nous ses enfants pour y faire nos travaux, et à qui les portes de tous les pays d’Europe sont ouvertes.1 croit que dans l’intérêt, de la morale on devrait accepter la proposition du sénateur Longhead.Ee sénateur Thompson demande s'il y a beaucoup de mariages entre Chinois et femmes blanches.I.« sénateur 'Macdonald lui répond qu’il y en n beaucoup et aussi entre fommes blanches et Japonais.1.0 sénateur Clorau pense que les Chinois viennent nu Canada pour y gagner assez «l’argent pour pouvoir retourner dans leur pays et y faire vivre une épouse.C’est pourquoi les Chinois travaillenl si fort ici pendant six ou sept ans.Et comme durant ce temps ils sont privés de compagnes on les accuse d’immoralité, 11 croit donc qu’il serait humain et sage de permet tro aux Chinois d’amener leurs épouses au Canada.Le sénateur Dotnville : Combien d'épouses ?Ee sénateur Cloran : Une par individu.Le sénateur Doipvilte : Il est entendu que chaque chinois a plusieurs épouses, la mesure projetée serait donc cruelle vis-à-vis des chinoises qui auraient à rester en Chine.l.e sénateur Cloran : Elles no pa-i missent pas s’y trouver plus mal «lue maintenant.I.n sénateur Bostock dit que la loi des Chinois est contre l'immigration j des Chinoises.Personnellement il voudrait que la loi ne permette à aucun chinois do débarquer au Canada, à moins d’être accompagné do sa femme.Ce qui serait plus moral que l’état de choses actuel et restreindrait l’immigration chinoise.Le bill revient du comité sans amendement.On donne la deuxième lecture de plusieurs bills concernant l’ouest canadien.entre autres pour amender la loi d’inspection et de vente “quant au poids d’un boisseau LZ DEVOIR.Mercredi, IS Mars, 1911, LETTRE DE FRANCE SN PLEINE CRISE POLITIQUE, — LES CAUSES DE LA CHUTE DE M.BRIAND.— LA THEORIE JACOBINE.— LE CABINET MON».— LA FRANC-MAÇONNERIE AU POUVOIR.— UN SINGULIER SOUS-SECRETARIAT.— LA PROCHAINE OPPOSITION.— LES MANIFESTATIONS CONTRE LA PIECE DE BERNSTEIN.Paris, 3 mars.— -Vous voici de nouveau en pleine crise politique.I,a crise s'est ouverte précisément à ! heure ou je vous adressais ma dernière lettre; elle a pris immédiatement un caractère d'acuité extraordinaire, et ,je u ose affirmer qu’elle soit proche de son terme.Elle a éclaté de manière brutale, mans non pas absolument :oipirévue pour quiconque était attentif aux procédés de lutte quotidiennement employés' contre le ministère Uriand, et aux tergiversations, aux maladresses commises dans sa défense par le président du conseil.La faute de M.Briand a été de ne point agir avec une netteté suffisante: il avait indiqué, dans ses discours de Périgucux et de Baint-Cbamond, puis dans sa déclaration ministérielle, une politique dont ’apaisement”,-c’est-à-dire l’absence de persécution envers quiconque, était la bise: sa faute—et morale et politique-est de n’avoir pas eu l’énergie de s’eu tenir formellement à cette ligne de conduite.Les cris d'allégresse de M.Combes ne doivent pas en effet vous faire d’illusion et vous faire croire !n France désireuse de voir reprendre sur le mode aigu la guerre religieuse, ’l'eut au contraire, le pnys veut autie chose, et même parmi lis radicaux et les socialistes, on commence à l'avouer.Beat: coup plus exactement, on pourrait lire1,le ce qui a tué Je ministère Briand, le n’est pas une excessive modération, mais une insuffisante énergie contre les combistos.AI.Briand avait commis lors du re-inri.riement ministériel de novembre, la lourde faute d’admettre au nombre do ses collaborateurs.MM.I.afferre et Maurice Faure dont je vous ai dit comment ils étaient des sectaires dangereux, des francs-maçons militants et animés contre le catholicisme d’une véritable iiaine.De ce jour le président du conseil se liait les mains.Lorsque, au début de la séance de vendredi dernier, s’est posée la question religieuse sous ta forme d’une interpellation d'un jeune député, radical-socialiste M.Malvj-, M.Briand s’est trouve tout de suite embarrasé.Lorsqu’il dut répondre, il se défendit sans adresse et sans honneur renonçant à proclamer une fois de plus la nécessité de la paix religieuse et cherchant au contraire, par une détestable énumération des mesuras prises par son gouvernement, , outre les congrégations religieuses, à se faire pardonner par ses ennemis do n’avoir pas toujours montré autant la brutalité qu’il aurait pu.Cette attitude lui a aliéné un certain nombre de suffrages catholiques.Tilde est même lu cause déterminante île sa chute.Malgré que tous les républicains modérés et beaucoup de catholiques aient, encore une fois voté pour .M.Briand — par crainte du pire —, le président du Conseil n a pas voulu demeurer au pouvoir avec l'hostilité systématique de J-JO députés de 1a gaucho et.de l’cxtréme-gauche, demeurés inflexibles eu dépit des capitulations, des concessions, des humiliations mémo que venait di gouvernement Celui-ci le reconnaît, dans la lettre publique par laquelle il a précisé les motifs de sa démission : la situation était devenue pour lui inextricable, ot c’est très exact ; l’acharnement avec lequel les deux-cinquièmes de l'assemblée repoussaient ou paralysaient sournoi- , soment toute initiative gouvernementa- j le, entravaient le vote du budget, n-1 jotirnnient indéfiniment l’examen des | projets de lois soumis aux commissions "grève perlée" — ainsi que disent nos anarchistes — avait eu pour effet de mettre le ministère dans le plus cruel embarras.Comme l’a écrit M.Briand il est permis de prévoir que la discussion des projets de lois déposés par le gouvernement, dont le vote lui apparaît comme une condition essentielle du progrès dans I ordre et la sécurité, sera indéfiniment ajournée ou entravée.Même votés, ces projets qui auront été combattus par les hommes dont la col-aboration est indispensable pour rendre véritablement efficace et pacificatrice toute • oeuvre de défense sociale, perdront devant l’opinion leur caractère véritable, et, par suite, leur application rencontrera les difficultés les plus graves.Vous le voyez, M.Briand ne peut pas admettre l'hostilité des gauches ; c’est avec les gauches qu'il aurait voulu poursuivre sa politique, et plutôt que de In faire beaucoup plus franchement avec la droite et le centre —comme il le pourrait — il a préféré s'en aller.Peut-être telle ou telle dépêche d a-gonce vous a-t-elle apporté l'écho de la prétention des gauches que M.Bvi.and devait s’eu aller, parce qu'il n a-vnit plus la majorité des voix républicaines.Ce trait vous marque à quel dfcgrc de sectarisme et de sottise en sont arrivés certains de.nos politiciens : ils prétendent créer, entre les députés tous issus d’un suffrage égal, des catégories diverses, suivant l'authenticité plus ou moins grande de leur républicanisme.Tout républicain libéral ou progressiste est suspect, et rangé dans une seconde classe : mais les Combistcs et les amis de M.Briand ne sont plus d'accord quand 11 s’agit des socialistes unifiés, que les premiers acceptent dans “la grande famille républicaine” et que les seconds en repoussent.Les singulières discussions et les îonséquences parlementaires — aussi contraires au bon sens qu'à la constitution.— que l'on prétend en tirer ne Lont pas purement théoriques.La preuve en est que le ministère nouveau, tint nous sommes officiellement dotés depuis ce matin, ne peut justifier sa etimpiisKKin qti'en s'appwrMt tntr «et- te doctrine nouvelle: “Entre les parlementaires, il en est 150 dont l’opinion ne compte pas, et pourvu que nous ayons la moitié plus un des 400 autres, nous sommes qualifiées pour diriger la République.” Vous connaissez là notre Jacobin, et not re histoire de France, au temps de la Révolution, nous le montre en effet accablant de son despotisme, encore qu’il soit minorité, la majorité des Conventionnels, qui siègent au Centre —communément appelé alors “la Plaine” ou “le Marais”.I.e .1 acobin—c’est chez nous, le combiste à présent—-n’a nul souci du droit ; ou plutôt il crée un droit qui lui est propre, et qui est essentiellement, basé sur l’audace, sur la violence, sur le mépris le plus éhonté de l’adversaire.Dans le cas présent, ils ont été ‘J’2I.qui ont manifesté sur un ordre du jour précis leur volonté de poursuivre la guerre religieuse avec un redoublement d’activité.Cette prétention a été condamnée par “96 députés.Mais sons prétexte que parmi ces 'J96 députés, il y a 150 députés monarchistes ou républicains libéraux, les '221 déclarent, sans rire qu'ils constituent !a véritable majorité "républicaine” et qu’ils ont seuls le pouvoir et le droit de former le nouveau ministère.M.Fallières a écouté cette suggestion: il a appelé M.Monis, sénateur de la Gironde, ancien modéré devenu radical, pour lui conférer la mission de constituer le nouveau ministère.Et M.Monis, appuyé par toutes les forces maçonniques, a réussi en quarante-huit heures, n mettre sur pied une liste qui soulève justement les critiques, les inquiétudes mêmes, mais “qui est”, ot qui par conséquent, forme dès maintenant le gouvernement de la France.Cette liste comporte, à côté de quatre noms connus, beaucoup de “jeunes”, c’est-à-dire de gens qui ont entre quarante et soixante-dix ans, ma'is qui n’ont pas encore été ministres.Les personnalités connues sont MM.Bct-teaux, Cruppi, Cailloux ot Delcassê.M.Berteaiix, nrchi-millionnairc et radical-socialiste.démagogue notoire, a le portefeuille do la guerre comme il l’eut sous le ministère Combes, après 'le départ forcé du général André ; M.Cruppi qui fut.ministre.du commerce, prend le portefeuille dos affaires étrangères parce que personne n’a voulu, dans un tel ministère, assumer la direction de la politique extérieure: MM.Ribot, Poincare, Doschanel, tous trois membres de l’Académie française, M.de Selves, préfet de la Seine et membre de T’Académie des Beaux-Arts, ont refusé l'offre qu’il four était faite, il y a, actuellement, en France, l'impression que la situation internationale n’est pas pleinement satisfaisante: M.donnait, gouverneur général vie l'Algérie, a.dans un document public — sa lettre do démission — parlé meme des “préoccupations angoissantes de notre diplomatie”.Ce n'est pas M.Cruppi, ignorant, de cet ordre de questions, impulsif et violent, qui pourrait améliorer les choses.Mais peut-être sera-t-il inspiré par M.L’affaire Blondin - Lanctôt Le comité cPenquête, dès le début de la séance d’hier après-midi, révoque deux de ses décisions du matin.— M.Lanctôt sera appelé à donner ses explications plus tard TEMOIGNAGE I>E M.GEORGES CARTIER Ottawa, 15.— L’arrivée de Mtre V.K.-Laflammc devant le comité des privilèges et élections a causé une certaine surprise.La rumeur voulait que ce fflt Me Aimé Geoffrion qui ait été chargé des intérêts de M.LanctôtÇ mais il paraît qu’i! ne pouvait s’absenter pour le moment et qu’il s’est entendu avec Mire Laffammc.Quoi qu’il en soit cette intervention de Mtre La-flamme fait prévoir un ajournement si l’enquête ne se termine pas cette semaine, ce qui est fwt peu probable si ie système d’obstruction commencé i par hier, se continue.1909 L’ajournement serait nécessité par le départ de Me Laflamme, qui doit être à Montréal, lundi prochain, pour le procès A.-d.Lemieux, aux Assises.Hier après-midi, le comité a commencé, dès l’ouverture de la séance, par révoquer deux de ses decisions du matin.Après line longue discussion on avait résolu d’interroger M.Lanctôt, après ^ ^ ^ ^ une non moins longue discussion on dé- , Sommes eide sur la motion de M.Geoffrion, de ; lnon(, cesser oet interrogatoire.Après un débat assez, vif on avait admis que les questions seraient posées dans la langue du témoin ; plus tard, sur la suggestion du président, sans nul débat, on décide de faire poser les questions, par les avocats, en anglais d’abord, puis de les faire traduire, en français par l’avocat ensuite.Cette méthode diminue le travail du traducteur et augmente la satisfaction des députés anglais pour qui la langue de Bossuet est un “myrthe”.La question de discontinuer l’interrogatoire du député de Richelieu a fourni l'occasion aux membres du comité de prouver une fois de plus qu ils sont au Parlement n uirlei:.Me Laflamme avait posé en principe qu’il était dangereux d’obliger un député à se disculper.“C’est le mettre, dit l’avocat, dans une position pire que s’il était un aeousé de droit commun.” “Oui, .roprÿid M.Geoffrion, la première canaille venue, peut mettre un affidavit entre les mains d’un député.Celui-ci réclamera une enquête et le député accusé sera obligé de venir se disculper.Ceci est contraire au bon sens.Le premier que l’on doit interroger c’est l’accusateur lui-même, et je propose que M.Lanctôt quitte la boite des témoins.” M.Roy est de l'avis du député de ChambIy-Verchères.Il se demande si l’on va enquêter sur toute la vie de M.Lanctôt et conclut: “S’il fallait que chaque membre exposât sa vie, nous aurions tous honte!” MM.Barker et Monk sont opinion que l’interrogatoire doit être continué."11 y a des précédents, dit M.Monk.Lorsque nous avons enquêté dans l’affaire de la “Emergency Food”, le ministre impliqué fut le premier à venir déposer.” M.Devlin, arrivé cil retard, demande des explications et un député lui souffle méchamment : “T’as pas be- soin de ça pour voter.” Me McDougall explique les raisons qui l’ont amené à mettre M.Lanctôt, le premier, sur la sellette — C est ie principal intéressé dans cette affaire et ii doit eu connaître les détails mieux que quiconque.S’il admet les faits allégués ce sera encore la meilleure preuve possible”.Enfin on prend le vote ot la motion Geoffrion est, remportée.M.Barker propose aussitôt que rapport de cette décision soit fait à la Chambre.MM.Douaire, Brault, Page et Détendre, tous des ouvriers du gouvernement.—Vous êtes vous plaint, à ce sujet?—Oui.d’ai fait une plainte au gouvernement, non seulement pour le cas de M.Lanctôt mais parce que les ouvriers de la Marine travaillaient un peu partout dans la ville.Me Laflamme commence ensuite toute une série de questions pour faire donner l'emploi du temps du témoin.M.Cartier explique qu’il a travaillé différents intervalles, d’octobre l juin 1910, à la maison'de M.Barry.Elle était un peu plus grande que celle de M.Lanctôt ; il a chargé Sji250 en tout.—Combien d’argent avez-vous perdu dans cette transaction, demande l’avocat de M.Lanctôt.—Rien, répond le témoin, mais M.Page m’a fait perdre $10.Si je n’avais pas pris le contrat pour $250.Pagé aurait fait le travail, avec les du gouvernement.pour ce Vous n’aimez, pas Page ?—Je ne le déteste pas.Le témoin dit ensuite qu’il a travaillé pendant huit jours chez M.Tremblay.11 eut un petit différend avec ce dernier au sujet de la qualité de la peinture.Après ce contrat M.Cartier a travaillé au couvent, puis du 5 ou 6 juillet au 15.il est demeuré sans ouvrage.“ J’ai dû, ajoute-t-il, travailler au charbon.” Me Laflamme revient sur le prix fixé par le témoin.—Sur $950 combien auriez-vous payé aux ouvriers.—De $500 à $550.—Combien d’hommes v avait-il chez M.Lanctôt ?—J'en ai vu jusqu’à dix.—Pendant combien de jours ?—Je l’ignore.—Savez-vous quelle quantité de pein turc a été dépensée et quelle était ~ qualité ?—Je ne sais pas.—Alors.votre évaluation Delcassê, qui dirigea, comme vous savez leur consentir le chef du j pendant sept ans.notre politique ex-I téricure, et qui résigna ses fonctions à cause de l’hostilité non dissinuilén que lui témoignait l'Allemagne, et qui prend aujourd’hui le portefeuille de la marine parce que, dans l’état de nervosité où se trouve l’Europe, sa présence nux affaires étrangères semblerait comminatoire.M.Delcassê, seul dans le cabinet, est untieombiste.Par contre, M.Caillaux, qui reprend le portefeuille des finances, est tout acquis aux vues les plus sectaires: ancien élève des Jésuites, il a la mentalité d’un renégat.Sur le terrain financier, il professa d’ailleurs les conceptions les plus néfastes à la propriété privée ; tous les groupements commerciaux ou industriels et le inonde des affaires lui sont nettement hostiles.Quant aux inconnus, iis se distinguent tous par l'importance des services qu'ils ont rendus à la franc-maçonnerie.C'est le F.: Steeg, fils d'un pasteur protestant prussien, qui a l'Instruction Publique: c'est le F.: Charles Dumont qui s'intitule "radical social!-s uct" et qui reçoit le portefeuille des Travaux publics; c’est le F.: Massé, membre du Conseil de l'Ordre Maçonnique qui est ministre du Commerce ; le F.: Vams a l'Agriculture, le F.: Messimy les colonies.Bref, c'est un ministère maçonnique dont le seul programme est la guerre aux catholiques.Et ce qui souligne cette intention, c’est la création, plutôt surprenante dans un pays où a été effectuée la séparation des Eglises et do l’Etat, d'un sous-secrétariat “des cultes", attribué à un jeune députT, le E.: Malvy, qui fut précisément l'interpellaient' le plus acharné contre les catholiques, le partisan le plus net de mesures de coercition à l'égard des congrégations et du clergé.Que ce ministère ait devant lui do très longs jours, on en peut douter, car il rencontre, dès l'abord, devant lui do très vives oppositions.Ces oppositions ne viennent pas seulement de nos amis, mais d’un certain nombre do radicaux, même anticléricaux, qui s'inquiètent de l'adhésion chaleureuse à l'excès, apportée à M.Monis.par M.Jaurès ot les .socialistes unifiés : “ Si vraiment, lit-on dans un journal briandlste, si vraiment le cabinet Monis-Dclcassé-C’rnppi devait si bien servir le Radicalisme et la France.comment expliquer les couronnes de fleurs et les feux d’artifices d’éloquence que multiplie autour des nouveaux ministres l’organe officiel du parti socialiste révolutionnaire ?” Sans doute, il faut compter avec la lâcheté des “modérés” et avec l’indulgence dont jouissent habituellement les ministères nouveaux.Cehti-oi n’en démit pas moins.parce qu’il a été eonsthne twifw toute» ie» rIKfe* pae- M.M.GEORGES CARTIER l.anctôl.sans dissimuler sa sa- n'est basée sur aucune connaissance —J’ai fait mes calculs et je me suis basé sur mon expérience.—Qui vous a demandé de faire l’évaluation V — M.Georges Magnan et M.A.Thi-baudeau.—Parlons de M.Thibaudeau.Quand \ ous a-t-il demandé de faire l’évaluation ?—Le 25 ou le 27 décembre.—Avez-vous visité la maison de M.Lanctôt ce jour-là pour faire votre évaluation ?—A’on, mais j’y étais allé auparavant.—Saviez-vous pour qui M.Thibaudeau demandait cette evaluation ?—Je savais indirectement que l’on devait faire une enquête.Me McDougall interroge de nouveau.—Vous avez pai'lé de M.Magnan, qui est-il?—C’est un avocat de Sorel ; il est l’associé de M., Lanctôt.—Qu’a-t-il dit au sujet d’une évaluation?— Il m'a dit de faire de mon mieux pour fixer un prix aussi bas que possible car, ajouta-t-il, M.Lanctôt est mal pris.Ici on recommence les objections pour empêcher que la conversation de M.Magnan soit rapportée au comité et le président maintient l’objection.Me McDougall prend la facture sur laquelle est chargé 21,3 jours de travail et demande à M.Cartier s’il persiste à dire que son évaluation de $950 est juste, pour 213 jours d’ouvrage., —j’avais calculé $950 pour 216 jours de travail, y rompris les matériaux.Le témoignage se termine sur cette réponse puis le président lève la séance.V la demande de Me McDougall un grand nombre de peintres employés aux chantiers de la Marine, à Sorel, seront assignés ces jours-ci.Parmi les députés qui ne font pas partie du comité, mais qui tiennent à suivre ses séances, on remarque parti-de $950 culièrement MM.Arthur Ecrément et .Médéric Martin.En Garde, Canada ! CONVOCATION DE CITOYENS POUR PROTESTER CONTRE LA RECIPROCITE Salle Windsor, LUNDI, le 20 Mars, 8 p.m.Au nombre des orateur» se trouveront l’Hon.CLIFFORD SIFTON, Z.A.LASH, T.CHASE CASGRAIN Prof.LEACOCK e tautres chefs libéraux et conservateurs.Bas Elastiques REDUCTION DE 50 p c.DURANT CETTE SEMAINE Magnifiques bas importés, Elastiques de 1ère qualité, Tissage perfectionné : : Valant de $3*00 à ^8.00 Vendus de $1.00 à $5.00 Cette semaine SEULEMENT.Tous les jours de 9 a.m.à midi et de 2 à 4 p.m.Aussi mercredi et vendredi de 7 à 8 le soir.A.CLAVER1E, spécialiste, 970 St-Denis la TRIBUNE LIBRE Quartier Lafontaine .Monsieur le Rédacteur.“Le Devoir”, dan» son édition du 14 courant, annonce que M.L.-A.Lavallée a consenti à se présenter de nouveau dans lo Quartier Lafontaine “qui n'a plus de représentant depuis la déqualification de J échevin Dubeau .“ A tout seigneur, tout honneur : i'homme déqualifié n’est pas M.Dubeau mais bien M.Lavallée lui-même, qui.par jugement de la Cour de Révision rendu le 17 avril 1909.confirmé liar la Cour Suprême le 24 décembre .1909, a été bien et dûment déclaré! déqualifié et privé de l'exercice de ses droits de citoyen.Pareille déconfitifrc n’est jamais échue à M.Dubeau et il convient «l’en laisser tout le mérite à M.Lavallée.Quant à M.Duucàu.le jugement de la.cour Supérieure annulle l’élection du mois de février i910, pour des raisons de droits que M.Lavallée connaît bien, puisque les procédures ont été faites et jalousement surveillées par lui dans son propre bureau et.au Palais.Toutefois ces raisons n’attaquent pas l’intégrité du candidat de l’Association des Citoyens et d’ailleurs M.Condoléances Contre la Réciprocité BRANTFORD ET- MERRICKVILLE SONT FORTEMENT OPPOSEES AU NOUVEL ARRANGEMENT DOUANIER., .-v, r, Dubeau est actuellement qualifie a tous tisfaction, cede sa place a M.Georges:, ., , .4 .r 1 -les point* de vue.n’en déplaise a M.Lavallee.le grand apot.ro de la quali- A l’assemblée régulière des agents do la Sun Life, hier matin, le gérant M.J.C.Stanton, a parlé on termes très émus du décès de M.J.G.Giasson survenu la veille.Tl fit un très bel éloge du défunt qui s’était acquis, pendant les quelques années qu’il avait été agent pour cette compagnie, l'estime et l’affection générale de ses confrères, de même que la haute confiance de ses supérieurs.Après ce discours du gérant, l’assemblée formula les résolutions suivantes : .“Que les agents du district de Montréal et le personnel du Bureau, pour rendre un juste tribut à la mémoire du défunt, désirent exprimer tous leurs regrets de son décès, et la douleur qu’ils ressentent de la perte d’un ami et compagnon digne de leur respect et de leur estime.“Qu'ils offrent à la famille leurs plus sincères condoléances dans la perte douloureuse qu'elle vient do faire.“Que pour lui témoigner davantage leurs sentiments de profond respect, des tributs floraux soient déposés à la chambre mortuaire et que les agents assistent en corps aux funérailles.“Que ces témoignages de cordiale sympathie et de deuil soient transmis à la famille ainsi qu’aux journaux, et que copie des présentes résolutions soit enregistrée dans les archives du Brantford, Ont., 15.— Par un vote de 53 contre 49, le Board of Trade de ectte ville a voté une résolution anti-réciprociste après avoir étudié la question au point de vue des intérêts généraux du commerce canadien.La résolution est basée sur le fait que la situation économique du pays est actuellement satisfaisante, et que Rs relations commerciales entre les provinces et l’empire sont prospères et que par conséquent l’on devrait s’abstenir de tout projet de réciprocité avec les Etats-Unis.Merrickville, Ont., 15.— A une assemblée enthousiaste où plusieurs députés fédéraux adressèrent la parole, il fut résolu que l’on protesterait énergiquement contre le projet de réciprocité canado-amérieain et l’on a demandé au député le docteur J.-D.Reid de s’opposer en Chambre à sa ratification.M.Reid a démontré comment les cultivateurs eux-mêmes devrait supporter la compétition des fermiers étrangers.M.W.-B.Northrup, député de East Hastings a tourné en ridicule l’assertion do Sir Wilfrid Laurier disant que depuis 40 ans les deux parties avaient favorisé la réciprocité avec les Etats-Unis.Il rappelle que le premier ministre avait accepté eu 1S91 lé programme an-nexioniste après que Edward Blake eut.dédaigné de le mettre à exécution.Cartier, t "est un entrepreneur en peinture établi n Sorel depuis douze nus A la demande de Me McDougall il donne les explications suivantes : il a offert ses services à M.Lanctôt en novembre 1909 pour faire le peinturage de sa maison.Celui-ci lui a répondu qu’il reverrait le témoin à ce sujet mais il n’en fit rien.Les travaux de peinture ont été terminés en juillet 1910 et le témoin aurait pu exécuter lo Contrat à cette époque.11 évalue lo coût de ces travaux à $950.fication foncière 1 B’il avait été possible d’épuiser toutes les juridictions d'appel du royaume, comme le fait actuellement M.Lavallée, il n 'y a pas de doute que M.Dubeau serait encore échevin du Quartier LaFontaine; cependant, comme les électeurs de cette division n ’ont aucune raison de retirer leur allégeance politique à celui qui reste le porte-étendard de ceux qui combattent les tenants et aboutissants de l'ancienne administra- • t* v# IJvrUl'InOclIlt-'o "4“ IdlIVlüllUv, rt < 1 III 1U I fil 1 1aroifs® Xotœ-Damo de Crânant lo transfert à la communauté de : 'y' ce Dull, est fort désappointe de la la propriété Champagne, qui a été tournure qu a pris le vote au sujet du achetée par la ville au prix de 816.600.d- Décarie- Hackenschmidt C’est ce soir au Parc Sohmer l’engagement Décarie-Hackenschmidt, aux poids et haltères.- Le Chalet de la M.A.A.A.La M.A.A.A.a décidé hier de construire un nouveau châlot sur ses terrains athlétiques de Westmount.-4- Les Echecs San Sebastian, Esp., lo.—La quatorzième roprise du tournoi a été commencée hier et a donné les résultats suivants: Duras a défait Burns : Nicm-xowitseh a annulé avec Marshall ; Ma-roezy a annulé avec Vidmar, Spielman a annulé avec Rubinstein.Les parties Leonhardt, Tarrasch et Sehlechtér, Bernstein ont été ajournées.G.P.Casablanca .9 4 Rubinstein .9 5 Vidmar S 1-2 4 1-2 .S 5 Sohlechter 7 5 Niemzowitsch .é (j Tarrasch (i 1 -2 4 1-2 Spielmann b 1-2 (’> 1-2 Maroczy U 7 Teichmann 6 i Bernstein .5 t 7 1-2 Janowski 1 1-2 Burns 4 1-2 S 1-2 Duras 4 9 Leonhardt 3 1-2 8 1-2 A Jacksonville Jacksonville, lie, L">.L n public, nombreux assistait au programme de la matinée.Sommaire: Première course, à réclamer 4 fur-, lon-cal du plaignant.I lay ley a dû doubler son cautionnement.4 FEUILLETON PU “ DEVOIR ” La Robe de Laine par HENRY BORDEAUX.34 ( Suita) —H ne vous a pas touchée ?«Icmau-dai-je précipitamment.—Oh! fit-elle en étendant les mains.Cette seule supposition la froissait.Ainsi je no trouvais rien de ce qu'il eût, fallu pour lui rendre la foi en clic, pour la libérer do toute cette amertume qu’un autre avait versée dans son cœur.Et je voulus prendre un ton léger pour l’admonester paternellement sur l’importance qu’elle attachait à un événement si minime : —Mais, oui, petite, ee n’est pas si gravi-.Quel crime a donc commis ce maladroit de Dupai ?• le me contentai «le le qualifier «le “maîitdroit !" Comme elle se taisait, j’insistai.Elle sc laissa arracher les réponses.—Il n.il osé.,, me le dire.—Quoi donc ?Oui, je devine, mais comment vous l’a-t-il dit ?—Je ne sais pas.Il parlait en général.Je ne voyais pas où il voulait en venir.Il disait qu’on est si rarement heureux, qu’on ne peut pas l’être si l’on n’est pas aimé.Il l’éclairait sur elle-même, le misérable, avant «le lui offrir des consolations.Et peut-être souffrait-elle autant du secret de sa vie découvert que de l’insulte imméritée.Plus tard, du moins, je l’ai pensé.Mais j’avais décidé d’éviter les éclats et d’amoindrir une aventure que j’estimais si peu compromettante : —Allons, allons, repris-je avec désinvolture, ce n’est pas la peine de nous fâcher.Pierre Durai a joué son rôle d'homme, et bien mal puisqu'il vous a mise dans cet état.Vous l'avez rudoyé-et •chassé i n’est-re pas exagéré, mon amie ?Ee suffisait-il pas qu il connût sa .sottise ?11 est intelligent, il n’aurait pas recommencé, il nous tenait compagnie fort agréablement, et l'on ne s’ennuyait pas quand il était là.Paris n’est pas la Vierge-au-Bois.Il vous arrive de 1 oublier.Qn y est très civilisé, et j ai «Iciil remarque que vous prêtez à notre vie, do société lo sens quo vous accordiez àJ la solitude.(’c n’ost pas cola du tout.Ft tenez, uno jeune femme a mille moyens de se protéger, sans se gendarmer ni pousser «le hauts cris.Très peu s’en servent, mais toutes les connaissent.On n’a pas l'air d écouter, on plaisante, on sourit, ou même l’on rit franchement ; on remet nu pas l’indiscret avec un mot d’esprit un coup d’éventail sur les doigts.1^>S hommes n'insistent «ruêre ; ils n’entreprennent pas des sièges inutiles,surtout aujourd'hui où Ton est si prati-i que et si pressé.Mais, quo diable ! j on ne jette pas à la porte des gens «pii, après tout, ne vous veulent pas de mal.' Qui recevrait-on, si l’on adoptait un pareil système Je vous assure qu’il faut vous former.Je n’étais pas très fier de ce petit discours improvisé.Adressé à l’Vine de ens honnêtes femmes d’aujourd’hui,qui ne craignent pas de jouer avec le feu, qui sy sont exercées à T escrime amou-s" même avec la ferme intention de ne jamais aller sur le terrain où Ton va-,toujours un peu malgré soi, il eût, été approprié.On.du moins, il n'eût pas détonné.Ou s'en serait amu sé en famille, comme de l’un do ces jouets qui simulent les armes de guerre et sont inoffonsifs.Ma*s il impliquait une incompréhension absolue du cœur de Raymonde.Chaque mot sur clic devait faire blessure, chaque parole lui devait paraître ignominieuse et déloyale.Pendant qu.- je parlais, clin me regardait, elle me regardait.Ses yeux grands ouverts brûlaient d'une telle ardeur «juc je sentais sur moi leur regard.J'aurais désiré qu’ollo les fermât, tout au moins qu'elle les baissât, ne fût-re qu’un instant, ear lour éclat1 m’incommodait.Tout le sang de ses; joues s’était retiré peu à peu.Mortel-1 lement blanche quand j'eus fini, elle-m’inquiéta.Comme elle gardait le si- '¦ lencc, je repris, un peu ennuyé : —Vous ne dites rien.Co Ducal ex- j pliquera notre brouille a sa façon.Pourquoi ne répondez-vous pas ?Elio se redressa péniblement et mur-l mura : —Je suis fatiguée.Permottez-moi de me retirer dans ma chambre.—Ne voulez-vous pas cjuo jo vous ac-d’une vryix à p." —Si j'ai ou tort de chasser votre compagne ?—Jo préfère être seule.Elle glissa e6mme une ombre.Sur le seuil, elle se retourna pour ajouter] ami.pardonnez-moi.—Mais non, mais non, m'écriai-je, cè n’est pas cela.Elle disparut.Allait-el|e sc donner en victime ?J'eu* un ge»te d'agace- ment.pour le désagrément cpic j’éprouvais.Je me sentais en quelque sorte diminué, comme autrefois quand j’avais proposé ù la pure jeune fille de la Vierge, de partir avec moi, et qu elle n'avait même pas saisi le sens de mon offre.N'avais-je pas commis 1a lâcheté d’injurier à nouveau un petit être qui sc confiait à moi, qui réclamait mou appui ?Et comme autrefois je me souvins de cet oiseau que j’avais recueilli dans mes mains et dont je sentais la vie chaude, la vie chaude qui s'en allait : ne T avais-je pas serré trop fort au lieu de le oarosser ?J'aurais dû la suivre, no pas la laisser s’isoler.Et je restai là, énervé, mécontent de moi-même.Au dîner, elle occupa sa place sans un mot d’explication.De nouvelles paroles tombèrent sur cet incident, comme des pelletées do terre sur un mort.II n’en fut plus (|ucstion entre nous.Elle sc retira de bonne heure dans la soirée, et son départ me soulagea.Le cigare que jo fumai mo parut exquis.Au ilehors, la nuit déjà tiède annonçait lo printemps.Ce même soir fut pour elle, je l'ai su, une agonie.Comment son amour n’y sombra-t-il pas ?N’avais-je pas achevé de le détruire en elle ?L’amour ne dépend pas de son objet, mais du cœur qu’il habite.U on reçoit lo sang et la force de vie.Celui «le Raymonde était né immortel.Peu de jours après.je rencontrai Pierre Ducal, Je le savais trèi combi- né, parfaitement maître de ses mouvements.Il s'avança vers moi, la main tendue.Feus la tentation de la refuser : pourquoi n’y eédai-jc pas ?J'acceptai cette main offerte.La trahison commencée était par là consommée.Supposa-t-il que j'ignorais sa démarche ?Il s'arrangea pour déposer des cartes, puis simuler uno absence.I! évitait ainsi mie rupture officielle de nos relations, ou m'en laissait l’initin-| live.Les échos rie sa rancune que je [redoutais ne parvinrent pus .jusqu'à moi, Je m'attendais pus qu’il se Van-tût d’un échec, mais tant de voies : sont ouvertes à un homme aussi répandu et qui veut nuire.Or, il ne I parlait do nous qu’avec sympathie.Et ! Ton discutait avec étonnement sur le j Changement qui s’opérait en lui et l'inclinait tout à coup vers la solitude.Comment ce mondain autoritaire, vindicatif, cynique mémo et dépourvu do tonte délicatesse, s’était-il ainsi transformé ?Il faut que j'en convienne ici.Ma femme lui avait inspiré un culte inconnu qui, rendu nu respect, dura dans le silence.Il n’avait sans doute I pas rencontré de créature d’une telle idéalité.Son attitude, sa retraite prolongée, ses façons nouvelles, me le donnent à penser clairement.l’éprouve une honte suprême à songer qu’il me devança peut-être dans l'amende honorable que jo devais rendre un jour à Raymonde.* * * Lo printemps n’était guère avancé quand elle me demanda de la laisser partir pour lu Yierge-nu-Bois.Je lui objectai le froid, le manque de confort.Taris me retenait pur mille liens.Mais Taris ni* convenait pus à sa santt' et.-son umuigrissoincnf.continu devenait alarmant.Comme je me reconnaissais vaguement s des torts envers elle, je consentis à ce sacrifice : c'en était un pour moi «lo m'enfouir au “désert’’ do Mme Mairioux avant la fin de ia saison.I.es années précédentes, nous y résiliions 1«« moins possible.J'emmeimis ma femme on voyage parce que je mo plaisais à do perpétuels changements, tandis qu’elle sc fût contentée des monies lieux.Et je la séparais de sa fille que nous abandonnions à mes beaux-parents.—Jo vous accompagnerai, déclarai-je héroïquement après bien des hésitations, comme clic offrait do sc mettre en route sans moi.Tout le long du chemin je soulignai cet héroïsme.Lorsque nous arrivâmes, il pleuvait à torrents.—C'est la campagne, murmurai-je entre mes «lents d’un ton amer.(A suivre) 332771 6 LB DEVOIR, Mereredi, 15 Mara, 1911.COURROIES EN CUIR Faites de matériaux de première qualité à joints courts.D.X.MCLAREN, Limitée 309-311 EUE CEAIO OUEST.Main 4904-4905.CALENDRIER JEUDI.LE 16 MARS Férié.Saint Abraham.I^ever du soleil : b h.13; coucher du toleil: 6 h.00.Lever de la lune; 8 h.02 (s.); coucher do la lune; 7 h.10 i(m.).Pleine lune.TEMPERATURE Bulletin d’après le ttermomètre de Hearn & Harrison, 10-12 rue Notre-Dame Est.E.de MESLE.Gérant.Aujourd'hui maximum.36 Mémo date l’an dernier.^ Aujourd’hui minimum.•”' Môme dote l'an dernier.BAROMETRE: 8 h.matin: 29.79.11 h.matin: 29.70.Midi: 29.08.LE TEMPS QU'IL FERA Nuageux avec pluie ; température plus ?levée.L’Affaire Blondin-Lanetot La séance de ce matin est exclusivement employée à entendre le témoignage de M.Henri Proulx, peintre de Sorel, un de ceux qui ont fait une déclaration solennelle contre M.Lanctôt CE SOIR SEANCES ET REUNIONS: — —Cercle Pie X A.C.J.C.Réunion des membres, coin Rachel et Bordeaux.Conférence de M.Arthur Saint-Pierre sur la "Question Ouvrière.".—"Euchre do J’A.C.J.C.dans la ealle de l’Ecole Meilleure, tue Eu Hum, il S heures.La fièvre typhoïde Ottawa, 15.\ Fliôtel de villa, à l’hdure qu’il est, on a enregistré SH5 cas de fièvre typhoïde.On estime que le nombre de malades qui ne sont pan rapportés, est d’environ un millier, ce qui porterait le nombre de cas à environ deux mille.- .-4- Aux membres de TA.C.J.C.Tous les membres 'do ]’A.C.J.C.sont cordialement invités à une réunion du Cercle Plessis qui mira lieu ce soir à 8 heures au lieu ordinaire des séances du Cercle, coin des rues Rachel et Bordeaux.M.St Pierre, vice-président île l’A.C.J.C.traitera des “Unions Ouvrières ’ et la soirée se terminera par une amusante comédie.Bienvenue à tous et à chacun.Personne! M.rt Madame J.K rausinann sont partis pour un voyage d’un mois, on Floride, via New-York.Ils séjourneront principalement à Jacksonville et l’alm Leaf.Goyer plaide coupable Louis Goyer, tenancier d’une maison de jeux, arrêté il y a une couple de semaines, a hier plaidé coupable devant le juge Loot.II a été condamné à $25 nu deux mois.Les funérailles de M.Bergevin Les niqucüeurs de Montréal assisteront on eorps, demain, aux funérailles de M.Alexandre Bergevin, premier président de l’bnion des Raquetteurs, On a décidé (pie les délégués et le président de chaque chu, .iccMcront le corbillard avec leur insigne.Les autres raquetteurs suivront le ehnr funèbre à la suite des membres de la famille.Les raquetteurs porteront la tenue de civil.Le départ est fixé à 7,30 du matin, du No 335 rue Saint.-Christophe.Les porteurs du coin du poêle seront M.W.N.Fetch, du Hollv ; M.A.DeCelles, du Champêtre ; M.F.de Grosbois, du St-.larques ; M.A.L'Abbé, du St-.l arques : M.J.E.Poitras, du Forestier, M.T.Dumont, du St-J arques Indépendant.Vingt clubs étaient représentés à la réunion d’hier soir.DECES R ERE EVIN.- A Montréa l, In 13 mars 1911, à PAgo do 22 ans 3 mois, pst.décédé Alexandre Bergevin.marchand de nouveautés.Les funérailles auront lieu jeudi le j
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