Le devoir, 9 décembre 1911, samedi 9 décembre 1911
J)EUXIEMfci ANNEE-No.287 MONTREAL.SAMEDI 9 DECEMBRE, 1911 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS: V IT’V V?V Rédadion et Administration 1 Edition Quotidienne : B B - ^ B B B ¦" B ¦ B B B B B 71.RUE SAINT-JACQUES %z B BJ fl B BJ BIBBB U cA»AD*ition Hebdomadaireg; 00 B il1! B B H1! Bf I B B Bfl.telephones/^ 81:50 M AM A MJ MJ m w JLJLv Diredleur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! 5 LES LOGEMENTS OUVRIERS Une oeuvre a poursuivre BILLET DU SOIR LES FIDÈLES Ee simple échange de vues qui a suivi, l'autre soir, le compte rendu fait par M.le maire Guerin de sa visite à la cité ouvrière de II a mpstead, suffit à indiquer la complexité du programme qui se ipcst dès qu’on parle de logements ouvriers.Tout de suite on a vu que aux dil’fi ultés habituelles de réalisation, dans le domaine des affaires, se superposeraient des questions d'ordre plus général: concours des munk'ipa ités et des gouvernements, législation, etc.L entreprise, il serait malhabile de se le dissimuler, est difficile.Elle d emande à la fois beaucoup de science, d’expérience et de dévoue-ment.-Mais le succès est possible; les résultats obtenus dans la plupart des grands pays d’Europe le démontrent amplement, A certains égaids.le succès chez nous devrait être plus facile puisque nous pourrons profiter de l’expérience des autres.Tous les points d’interrogation qui se posaient l'autre soir dans la salle du Conseil municipal, ont déjà trouvé une réponse soit en Fi ance, soit en Angleterre, soit en Belgique.L’expérience a confirmé certaines théories; elle en a ruiné d’autres.Pour ne parler que de la France, voici plus de vingt-cinq ans déjà que des spécialistes de tout genre se consacrent à cette oeuvre.Il est évident, que l’examen de ce qui a été fait à l’étranger, la comparaison des méthodes, leur adaptation aux besoins du pays, demanderont quelque temps et beaucoup d’étude.Ce travail de déblaiement doit naturellement précéder toute action un peu -étendue, et l'on comprend facilement que la réunion de l’autre soir n’ait pu aboutir qu'à la constitution d’un comité d’études Ce comité se compose d’hommes très distingués, mais extrêmement occupés.Nous doutons que plusieurs d’entre eux aient le temps de donner beaucoup d’attention à ce problème.Aussi faut-il souhaiter eue ceux des membres du comité qui pourront s’intéresser à l’oeuvre s’adjoignent, comme ils en ont le droit, d'autres hommes de bonne volonté.Nous souhaitons pareillement voir figurer dans ce comité un peu plus de noms canadiens-franeais.Du reste, la question est assez grave pour commander l’étude de plus de gens qu’il n’eu entrera jamais dans le comité constitué l’autre soir, et nous voudrions fixer sur elle l’attention de tous ceux de nos compatriotes qui se préoccupent de l’avenir des «las-es ouvrières.Il y a là une oeuvre qu'il faut mener à bonne fin et, pour notre part, nous nous efforcerons de mettre nos lecteurs au courant de ce qui s’est fait à l’étranger dans ce domaine.Nous serons très heureux aussi de publier les communications qui pourraient jeter quelque lumière sur le sujet.Ainsi qu’on l'a fait très justement remarquer, la construction de logements ouvriers sains, d’aspect agréable et de prix accessible aux petites bourses, comporte une double conséquence: un service inappréciable à ceux qui en bénéficient directement, un effet de propagande dans les milieux voisins.Rien n'est puissant comme l'exemple.Nous convions donc nos lecteurs à étudier cette question.Que quelques hommes de lionne volonté la creusent à fond et que, en ayant examiné les tenants et aboutissants, ils entreprennent de réaliser ici ce qui s'est fait ailleurs, ils y réussiront.Et, l’expérience le prouve, ils rendront à leur pays le plus magnifique des services.Orner HEROUX.LE “CITY SURVEYOR” Il y a.à l'Hotel de Ville, une situation anormale qui menace d'illégalité les actes du service des tra-vaux publies et qu’on devra corriger au plus tôt.Au mois de décembre dernier, le conseil nomma un ingénieur en chef et réunit sous sa direction les services de la voirie, de T aqueduc, des égouts et de la construction.Or ce fonctionnaire n’a par la charte et les règlements aucune autorité.Ses rapports doivent être légalisés par la signature de son subalterne, le surintendant de la voirie, qu’on appelé inspecteur de la Cité, traduction baroque de l’appellation “City Surveyor”.Le surintendant de la voirie peut s’il lui plaît, agir en dehors de son chef, il y e T même obligé dans les circcnstanees où son devoir est trade par la charte 011 les règlements.A la dernière séance de la commission de législation, M.Janin, ingénieur en chef de la Ville, a de-nnuidé qu’on légalise sa situation.Que’qu'un a proposé que, pour simplifier toute cho-e, on donne à l'ingénieur en chef ! City Surveyor peuvent ecu’cir dire inspecteur municipal, mais dans le sens où ils furent pour ht première fois appliqués à la pcsilion.ils signifiaient arpenteur nutriicipnl.Au eorrrmeirce-mont du XINe siècle, ils .désignaient un fonctionnaire chargé de donner les alignements des nouvelles rues, de redresser les lignes des anciennes, de voir à ce que les canaux à fleur de terre qui servaient alors d'égouts fussent construits d’une façon bien étanche, par les propriétaires.Il est vrai qu’on les traduisit immédiatement err français par Inspecteur de la Ville, mais quand on voit, dans les procès-verbaux de la “Cour des Sessions Spéciales de Quartier” (sic), de quel français on se servait alors, on a lie droit de mettre eu doute l'exactitude de la, traduction.Le premier Inspecteur de la Cité fut un nommé Chanlaml et il ne paraît, pas qu'il ait jamais été ingénieur.Par la force des choses, d'un simple arpenteur on arriva à prendre un ingénieur pour diriger le service de la voirie.Mais le titre est resté; il n’est, même resté qu'à Montréal, car partout ailleurs on ne trouve que des Ingénieurs en chef ou des “City Engineers.” Avec la nouvelle organisation que le conseil a donnée à tous les travaux publies, le “City Surveyor” n'est plus que le surintendant de la voirie et les chefs des autres sections du service des travaux publies s’appellent le surin-tendanf de l’aqueduc, le surintendant du service des égouts, le directeur de la construction.M.Barlow est le subalterne de M.Janin, mais s’il lui plaisait de se rebeller contre son chef, il n’aurait qu’à le faire selon l’une des vingi-deux clauses de la charte qui spécifient les pouvoirs et tous les tribunaux seraient pour lui.Telle est la situation.Pourquoi ne l'a-t-on pas corrigée dès le commencement de l’année?Est-ce paresse, insouciance, je-an'en-i'outis-me, mauvaise volonté?Nous n'en savons rien, mais l’illégalité a subsisté, le subalterne est resté le supérieur et la charte, monument chaotique, eut devenue un peu plus embrouillée qu’auparavant.Ne pourrait-on pas profiter de la prochaine session législative pour passer le crayon bleu sur tous les “City Surveyors”?FRED.PELLETIER, Les religieux et le droit de vote Le jugement que vient de rendre l'honcraible juge Charbonneau, dans la cause des Clercs de St-Viatour de Rigaud soulève dans toute la province un grand étonnement.Voilà donc des milliers de bous citoyens occupant dans la hiérarchie sociale une place honorable — puisque la plupart sont des éducateurs de la jeunesse — qui, par ce jugement, sont, privés de leurs droits politiques I C’est là.il faut bien l’avouer, malgré tout, le respect que je professe envers la magistrature, une jurisprudence qui surprendra ceux qui se croient en terre de liberté.Un homme, riche ou pauvre, ombrasse les austères devoirs de la pauvreté et, comme conséquence, n'a plus le droit de mettre son vote dans l’urne électorale.Il n'est plus citoyen.Tl est confiné dans les limites d'une caste.Au jour solennel où la nation est.appelée à exprimer son Opinion sur les grandes questions (pii agitent les esprits et dont la décision peut amener le bonheur ou le malheur du pays, lui, l’éducateur de la jeunesse, devra se caserner dans le plus antipatriotique désintércs- Lc domaine politique offre au psychuloyut, que U esprit de parti n’aveugle pas, matière à d'inté ns-sanies études.Quand la périod électorale surexcite les esprits au point de les débarrasser parfois de certaines précautions oratoires et de donner libre cours à des ’‘cris du coeur,” lorsqu’elle met en action toutes les énergies des politiciens, l’observateur discerne des cas où son dilettantisme peut se délecter.Le remaniement universel qui suit l’intronisation d’un nouveau régime — comme cela se voit oc-tnullement — présente -une foute de petits faits amusants à noter.Il y a d’abord la théorie toujours plaisante des gens à cheval sur la clôture qui sautent, avec une agilité plus ou moins consommée, du bon côté; voici le député malin qui fut toujours du gouvernement, quel qu’il ait été, et qui ne va chan ger à son âge; voilà le ministre superbe que les hasards de la politique et de la popularité font rentrer dans l’ombre d’où il espérait s’être tiré définitivement ; il y a ceux dont on enlève h pain de la planche et qui geignent et injurient, et encore ceux qui avaunt promis un boeuf et ne sont meme pas capables de donner un oeuf.Bref, on offre à qui sait voir un spectacle divertissant.Vous voyez des fonctionnaires, soucieux de leurs devoirs et comprenant qu’ils ne servent ni un parti ni l’autre, mais leur pays.Ceux-là ne se préoccupent guère des hommes délégués par le peuple à la direction des affaires nationales.La composition des ministères se modifie, les ministres*se remplacent, les gouvernements se succèdent — ils n’en ont cure.Permanents, immuables, inamovibles, ils voient d’un oeil indifférent l’avènement et la chute de leurs patrons temporaires.ly’un d’eux, attaché au service des lettres mortes, mais pour qui les classiques ne sont pas lettre morte, disait finement du regrette M.Bélamd, qui fut durant un mois ministre des Fastest “Je n’ai fait que passer, il n’était déjà plus.Mais il est d’autres fonctionnaires, fidèles à un parti, ceux-là, et qui, pour rien au monde, n’en serviraient un autre.Leur parti vient-il à culbuter, ils donnent dignement leur démission: ‘‘Non ser viemi!” Les mauvaises langues prétendent peut-être que ce n’est pus tout à fait cela; que ces messieurs sont les victimes d’un zèle intempestif et indiscret qui se retourne contre eux.Mais il ne faut jamais écouter les mauvaises langues.Léon LORRAIN.BRUME LETTRE D’OTTAWA sement pendant que toute la.théorie de ses employés de troisième ordre défilera devant les urnes! J’avais toujours compris que l’Etat moderne ne s’occupait pas du for intérieur et qu’il ignorait les voeux monastiques.Dans les pays, comme en France, où l’anticléricalisme est un instrument de règne, on n’a jamais fabriqué des lois restrictives du suffrage des religieux.Ceux-ci sont soumis au droit commun.Il est manifestement absurde et injuste de priver toute une eatégorie de citoyens du droit de suffrage par le fait de l’émission du voeu de, pauvreté.D’ailleurs, d’après la.teneur de la définition, le voeu de pauvreté ne prive pas le religieux du droit ¦de propriété.Par la profession du voeu simple, il conserve absolument, la.nue propriété de ses biens, ses dépôts de banque, etc., réservant seulement à un curateur de son choix l’administration, l’usufruit et l’usage.Il s’en suit donc que le religieux après sa profession, reste propriétaire dans tonte la force civile du terme et que l’honorable juge fait erreur quand il déclare que “le religieux a renoncé à toute propriété temporelle.” Bien plus, il y a.une sanglante ironie dans le considérant qui dit que: “la Corporation de Rigaud a ihninué la valeur morale de l’acte de ces instituteurs, etc.” Les professionnels de la sainte pauvreté donnent sans compter la quintessence de leur dévouement, de leur coeur et de leur intelligence aux nombreuses phalanges do jeunes gens qui se confient à eux; mais, tout en pratiquant, une oeuvre religieuse et patriotique, ils ne veulent pas se désister du droit ¦d'être des citoyens intègres et ardents s'intéressant à la prospérité de leur pairie.Si la loi électorale prive les religieux du droit de suffrage, qu’on l’amende au plus tôt.Ce sera faire preuve de justice.F.LANDRY EN TROISIEME PAGE : “Lions et Moutons” par Jean Beauchemin.Ennui, crainte, détresse.On m sait quoi dans l'an De ce jour ténébreux s'appesantit sur l’âme.O le bonheur léger du soleil largi et clair.Lumière qui, pareille à l’amour, se proclame! Angoisse puérile et.peine sans raison.Toute ma force fuit et s’épand dans la brume ; Parce que je regarde un trop proche horizon, de sens,mon faible coeur enserré d’amertume! J’aspira à la clarté, je souffre d’infini! Maigre ma petitesse, en mai s’ouvrent des ailes Qui battent vainement au bord de quelque nid, Avec le grand désir des voûtes éternelles! ¦h ne vois rien de bleu, run de cash là-haut; Au mur gris du brouillard se heurte ma pensée Qui s'élance, retombe, ainsi qu’un doux oiseau, Pi vaincue, à la fin, gît pleurante et blessée.Albert L02EAU.La Chambre est en vacances.Encore britannique ” le parti anti- LA COLONISATION Qu’on nous donne une enquête ! Le vertueux champenois, celui à la voix gallique, me demande dans le Soleil du 2 décembre, de fournir la preuve de mes assertions au sujet de la colonisation.1.—Au sujet des 22 familles do colons qui ont dû quitter la province de Sayabec et notre province, parce que par ses lois injustes, le gouvernement Gouin les 'avait réduites à cette dure extrémité; 2.—Comme quoi les terres con-0édites pour fin de colonisation ne sont presque toujours vendues, que quand elles ont été complètement déboisées et mises à nu par les marchands de bois.M.d Tlellencorïrf, eés choses et bien d'autres, encore, nous sommes en mesure de vous les prouver quand bon vous semblera.Dans mon article paru sur le Devoir, en date du 28 novembre dernier, je mentionnais seulement les 22 familles parties de Sayabee pour le Nouveau-Brunswick, cependant il y en a encore un certain nombre d’autres de parties pour les Etats-Unis, sans compter les gens partis pour l’Ouest.Je ne disais pas non plus, qua des douzaines de familles ont du quitter Cedar Hall, St-,Moïse, Am-qui, St-Léon, Lac au Saumon, Causa pscal et Beaurivage, afin de ne pas crever de faim, et cela, toujours à cause des lois du gouverne ment Gouin à l’égard des colons.Voilà, Messieurs du Soleil des choses, je vous le répète, que je vous prouverai quand bon vous semblera.Seulement, je vous demande de nous faire donner une enquête générale sur la Colonisation; une enquête juste et impartiale, où l’on pourra assigner des témoins et mettre le tout sous son vrai jour.Si cette enquête nous est, accordée, non seulement nous prouverons que de nombreuses familles canadiennes ont été obligées de dé serter le sol de notre province, forcées qu’elles l’étaient par des lois anti-patriotiques, mais que le gouvernement forçait les colons à payer d'exorbitants droits de coupe pour les quelques arbres qu’ils coupaient sur leurs lots, afin de gagner la subsistance de leur famille, tandis que dans le même temps, par sa coupable négligence — pour ne pas dire pins — il laissait des étrangers venir nous voler des millions et, des millions de pieds de bois.Nous prouverons que pendant des années et des années, on a toléré et accepté pour le mesurage du bois que des étrangers faisaient couper dans notre province, des mesureurs qui n’avaient obtenu au cun brevet de notre gouvernement, et par le fait même n’avaient aucun compte à lui rendre de leur mesurage, tandis qu’ils avaient tout intérêt à protéger la bourse de ceux qui les payaient, que de ce fait notre province a certainement perdu des milliers et des milliers de piastres, cependant que l’on exigeait pour le mesurage du bois des colons, des mesureurs ayant un, brevet de notre gouvernement, conséquemment obligés de rendre un compte judicieux de leur travail fait pour ces colons; exigeant par là même à payer la totalité des droits, quand les étrangers, qui n’étaient que des pilleurs de bois, n’étaient pas tenus de Le faire.Nous prouverons encore, que d'une manière générale, d'ans la vallée Matapédia, et en particulier dans la paroisse de Sayabec, lorsqu un lot a été déboisé par un marchand de bois, il n’y reste pas encore^ 1000 cordes de bois de pulpe, comme le dit effrontément le Soleil, mais qu’au contraire, il n’y reste même plus la cinquième par tie du montant précité.Nous prouverons également qu’en payant les droits de coupe que le gouvernement charge aux cotons, ces derniers au lieu d’avoir un bénéfice de 50 sous la corde pour leur bois debout, comme le dit cyniquement le farceur du Soleil, ont en réalité un déficit sur chaque corde de, bois qu’ils coupent.Que de choses encore ne ponr-rions-nous pas prouver, si seulement on voulait nous accorder une enquête impartiale?J.E.LAFORCE, Sur le Pont d’Avignon.M.Devlin ne nous donne toujours pas de nouvelles des fameux treize cents colons du nord de Montréal.Des ad-il fait chercher?Les a-t-il trouvés?De nouvelles complications surgissent «utour des deux sièges vacants au Conseil législatif.Des aspirants-sénateurs dont le changement de régime à Ottawa a brisé les espérances, tournent maintenant leurs regards vers Québec.On dit que M.Devlin pense à abandonner Nieolet j>our Pontiac aux'pro chaînes élections.Les orangistes serrent les rangs autour de M.Foy.Après tout la résidence du gouverneur général coûte moins cher que la prison de M.tlouin! Pour améliorer le service des tramway» il faut s’entendre avvc ,1a ville, dit M.Robert.Gare! Ce petit avis pourrait bien être le dé but d’une nouvelle comédie.sans enquête.Pas de destitution crie l’opposition.Kt elle n raison.1-0011110 elle avait tort, quand, au pouvoir, elle destituait sans enquête.D’ne seule fois j'ai destitué sans enquête, dit M.Rodolphe Lemieux ,et c’é tait pour faire plaisir à M.Siftou.Ce qu.i prouve que la parole d’un député ne doit pas toujours être prise comme mot d’Evangile.A quand les poursuites du Procureur-Général contre M.Leduc qu’un juge ac dise de parjure?La Chambre des Communes siège depuis trois seme in es, et M.Bureau u’a pas encore cité M.La vergue à la barre de la Chambre! Pourquoi ?A propos de l’affaire Touriguy, i|uc devient-elle.Est-ce qu’on va laisser peser sur un juge l’accusation de chantage?Qe doivent penser les justiciables de Trois-Rivières?Le “ Franc Parler ” Le nouveau journal nationaliste tic Québec, dont le premier numéro paraît aujourd’hui même, s’appelle le Franc-Parler et non pas le Ralliement, comme on l'avait tout, d'abord annoncé.Voir) les noms des princiipaux collaborateurs du Franc-Parler¦.MM.Armand La-vergne, avocat et député de Mont’ niagny: Alleyn Taschereau et Roméo Langlois, avocate; Alphonse Huard et Gyrius Jacques, notaires.Le premier numéro du journal convoque ceux qu intéresse la création du Club Nationaliste de Québec.Nous souhaitons au confrère Ion gue vie et bouue encre.Ottawa, 7.—Trente-deux députés sont en vacances depuis six heures ce soir.“Et le reste?” direz-vous.Le reste?Ils sont tous en vacances depuis hier soir.A peine y avait-il, aujourd'hui au poste, quand le président de la Chambre, solennel, a déclaré les séances closes jusqu'au dix janvier prochain, une trentaine de représentants du peuple,—la plu-par de l’Ouest et des Provinces Maritimes;—et, demain matin, il n'eu restera pas cinq dans la capitale.Ce sont les vacances de Noël; tout le monde s’en va chez soi.Seuls, les ministres, affairés, travailleront sans repos, d'iei à la rentrée.Il leur faut préparer toute la législation à soumettre en janvier à la Chambre, désireuse, en apparence, de l’étudier au plus tôt, mais qui irouvera bien le tour de prolonger la session jusque vers Pâques.• # * l ue assez vive attaque de M.Sinclair, un député libéral de üuys-boro, Nouvelle-Ecosse, contre les nationalistes, qu’il appelle "un parti anti-britannique,” et une risposte brève, mais au point, de M.L.P.Pelletier à cette accusation déjà vingt fois lancée contre le groupe nationaliste.depuis le coinmeneement de la session, ont seules mis un peu d'intérêt, à la séance de cet après-midi.A six heures moins un quart, les sonneries annonçaient la suspension des travaux de la Chambre, jusqu'au dix janvier: le président de la Chambre, par distraction, disait “le dix février”, mais la Chambre.—à son tour,—l’a rappelé à l’ordre.C'est bien assez que M.Macdonald, et quelques autres députés des Provimees Maritimes aient tenté de faire ajourner les travaux parle mentaires jusqu’au dix-sept janvier, sons prétexte que certains représentants du peuple peuvent difficilement revenir ici avant cette date.MM.Borden et Laurier avaient convenu du dix: mais, devant la déni,amie de M.Macdonald, M.Borden a quelque peu hésité, disant - Incorrections “Journalière” a deux sexes.Vous dites: “ma tâche journalière” quand vous voulez parler de la tâche que vous accomplissez chaque jour; et vous dites: “une femme journalière” quand vous voulez parler d'une femme capricieuse, sujette à changer d’un jour à l'autre.“Salissante”.De même “salissante”.Vous pouvez dire: “cette teinture est salissante”, indiquant ainsi qu’elle salit; vous pouvez dire aussi: “le blanc est une couleur salissante”, indiquant que le blanc se salit facilement.“Salissable” n’existe pas.“Passagère”.Une mode est “passagère”, elle ne fait que passer.Une rue n’est ni “passagère” ni “passante”; cela ne voudrait rien dire: elle est “fréquentée”.“Rentrer”.Combien de fois “rentrer” est employé pour “entrer!” C’est ft grincer des dents.On ne peut rentrer que lorsqu 'on est sorti.S.e Cécile.Patron du club, I’honorable M.F.I).Monk; president d’honneur, M.J.M.Tel lier, député; vice-président# d'honneur, MM.J.G.11.Bergeron, ancien dié.pubé et Arthur Plante, député.On a adopté un voie de reniercio-ments à M.J.B.Sévigny, le président sortant.M.Dumais au Monument National Notre commerce d’exportation LES DERNIERS RAPPORTS INDI-QUENT UNE AUGMENTATION DE $1,002,735.Dimanche soir, M.Joseph Dumais, donnera, dan» la grande salle du Monument National, une conférence avec, projections sur le découvreur du Canada: l’immortel Jacques-Cartier.Le publie est gracieusement invité à cette soirée instructive et nous eipérong que tous ceux qui s’intéressent aux choses de notre histoire ne feront un devoir d’y assister.Cette eonférenee est donnée sous ’e patronage du “Houvenir Patriotique", société do conférences historiques ot d’études post scolaires fondée pnr M.Dumais et de l’Association Saint-Jean-Baptiste.Prière de se rendre pour 8 heures précises.Ottawa, 9.— Le rapport annuel Un département de la Marine vient d’être déposé à la Chambre des Communes.Le nombre des vaisseaux enregistrés à la fin de l’année écoulée est Je 7,904 et le tonnage total do 750,929.La valeur d’ensemble des cargaisons fut de $22,527,870, soit une augmentation de $1,002,735 sur l’année précédente.Le nombre d’hommes employés dans le service des transports se chiffre à 40,070.Les rentrées du département s’élèvent à $6,190,723 et les dépenses, à $4,708,988.Plusieurs améliorntions ont été apportées dans les services, entre autres l'adoption de phares modernes à lentilles dloptiques dans les principales stations de In côte.Au 3.1 décembre 1910 il avait été dépensé pour le chenal entre Montréal et Québec, un total de $8,358,322 on frnis do dragage ut $3.756.710 en malAriel.Hier, suivant une coutume établie depuis plusieurs années, les gouverneurs et, les professeurs de toutes les facultés de l’Université Lftval ont as sisté à la messe pontificale célébrée à la cathédrale.Sa Grandeur l'archevpquc de Montréal officiait.Le maître-autel était admirablement décoré.C’est M.l’abbé Lefebvre, du diocèse de Sherbrooke, qui a prononcé le sermon de circonstance.Après la messe, gouverneurs et professeurs se rendirent à )’archevêché où eut lieu le dîner.Les convives étaient au nombre do 125.L’honorable L.O.Taillon, dans une courte nlloeutlon remercia Sa Grandeur Mgr Bruchési, de sa cordiale hos pitalité.Sa Grandeur dit aussi quelques mots, puis chacun monta griller un cigare à la salle des récréations de l'archevêché.Cadeaux de $5 et $10 GRATIS SUR DEMANDE Quiconque achètera un lot du PLATEAU BON-AIB d'loi au 1er janvier recevra en cadeau un service de toilette valant $5.Un achat de deux lots ou plus donnera droit à un service do table d'une valeur do $10.Le quartier Saint-Denis a fourni à lui seul 93 des 672 transactions immobilières qui ont eu lieu durant le mois d’octobre dans les 27 quartiers de Montréal et dans Wostmount (voir à ce sujet le “Devoir” du 30 novembre).Depuis dos années, ce quartier est celui où il se fait le plus de construction.Le PLATEAU BON-AIR, propriété il Crédit Métropolitain (limitée), rue St* Jacques, 74, est situé sur les confins de la partie peuplée du quartier Saint* Denis; c’est ce qui en fait un des place* ments immobiliers les plus sûrs qu’il y ait à Montrés! à l'heure actuelle.r.\ 6 LE DEVOIR, samedi, 9 Décembre 1911 LA VIE SPORTIVE La Tuque Rouge de Sherbrooke COMMUNICATION AU SUJET DE LA “ GUIGNOLÉE ” Monsieur ie Rédacteur des sport?au “Devoir”, Monsieur, I n monsieur qui s intitule u la lois “donateur à la (luignolée ' membre de la .Saint-Vincent de Paul’ et ei-ioy:.t’.no à une.leurs hélices s’arrêtèrent; et Its marins des flottes en presence eu-uit bientôt sou» les yeux le pins 'terrifUnt spectacle.l/un après l'autre, les «ubmei'Sibb'S russes, anglais, et allemands, soulevés par une puissance irrésistible, surgissaient des vagues, la pointe on avant, et retombaient A.la, mer, épaves inertes et mortes, Les sous-marius français, délivrés et vainqueurs, se précipitaient vers les cuirassés adverses.Trois grands navires anglais s'inclinèrent, et, blessés à mort, prêts à sombrer, quittèrent la ligne de bataille, t'n croiseur allemand piqua do l’éperon et s’engouffra dans l'océan.La ranonnn.de s’arrêta une minute.Les ponts étaient couverts de morts et Je blessés.Les tourelles ùomantelées niiwelaient.ne saug.—Vaincre ou mourir! signala le vais seau amiral anglo-allemand.Et le combat allait reprendre, quand une caUstrophe, plus étrange encore au milieu de cotte étrange bataille, stupéfia à nouveau les escadres.La “Germania” d’où commandait l’état-major ennemi, venait de s'immobiliser sur les flots, comme tout à l ’heure les sous-marins dans les profondeurs.EUe ne gouvernait plus.Tous ses appareils électriques affolés refusaient le service.Le bâtiment lui-même, prêt, à enfoncer, parut alourdi ou point que les vagues, par-dessus la.ligne de flottaison.par dessus la ceinture cuirassée, i léchaient les bastigages.Lo puissant cuirassé était hors de combat; et le reste de la flotte vaincue, terrifiée, sans ordre, battit en retraite tout à coup, poursuivie par nos croiseurs les plus rapides.La “Germania” alors, saisie, attirée par un fluide étrange qui semblait l'envelopper.se remit ô marcher invinciblement vers nos vaisseaux, sans tirer un seul coup.Elle fut bientôt entourée, ac-icowt*.le "Courbet”, et lorsque son équipage ahuri s bataille.L nouvelle mit le comble à l'cnthou-jsiasme de nos marins, en rade de Brest ; j et les navires des trois escadres sain' [ rent, lo nom énigmatique de leur ex 1 traordinairo auxiliaire d'une salve de vingt et un coups de canon.V PIMBREZ tJomiuiquc Aglarès avait en vain exploré le ciel.lia nuit, avait gardé son secret.Le “Vengeur” n'avait pu rejoindre le “Juliot” désemparé.Le gros tenips était devenu trop défavorable.Le général avait ilti regagner à lu hôte le parc des Coteaux.Là, le ministre de lu guerre avait décidé qu’il transmettrait à un autre of fieier expérimenté le commandement du “Vengeur”.Une seule unité était définitivement impuissante contre les forces yont paires.Le dirigeable se contenterait de sc rendre sur l« ligne de bataille et de continuer le service d'informations qu'il assurait en temps de paix, en évitent toute rencontre.Le général Ajrlarès hâterait, pon- dant ce temps, l'exécution do ses aéroplanes à l’usine Servez et Cio.Ces appareils nous assuraient du moins d’une éclatante revanche.Le long des côtes de Bretagne, deux jours après la bataille do Brest, do nouveau l’ouragan faisait rage.Lo vont soufflait do terre, l’océan était démonté.Sous la tourmente, cependant, en pleine mer, en face du Pou-liguen, un homme désespérément s’accrochait à une épave.Les lames, l’une après l'autre, le recouvraient ou le soulevaient, l'assom triaient sou» leur poids ou le lançait d'un seul coup dans l’espace.Transi par le froid, les yeux et, les oreilles pleins d’eau, à jeun, depuis la veille, lo malheureux sc sentait faiblir de minute en minute.Pourtant, il ne voulait pas mourir! Comme les agonisant» ramassent leurs couvertures, il ramenait sons lui, d’un geste inconscient et répété, la lanto de bois qui le soutenait.Depuis tout un jou'r il luttait ainsi, aveuglé, flagellé, par les paquets do mer! Et la nuit revenait et avec elle ht mort inévitable dans le noir, dans l'horreur de l'océan shhii fond! Il n'avait mémo plus la force de songer à l’épouvantable situation qui était In sienne, il ne pensait plus.L’instinct He la conservation luttait seul encore en.lui.nv*e une obstination machinale et désespérée.Jusqu’à ee qu’un bouillonnement étrange et rapide — un éclair coupant les flots le soulevât plus haut et plus violemment que jamais, l’arrachât à son appui.Le naufragé ferma les yeux et coula, la bouche emplie d'eau, refoulant son dernier appel., .Lorsqu'il revint à lui, il était dans une cellule étroite, éclairée d’en haut par un globe électrique.Les murs brillaient de l’éclat de l’aeior, que des lignes de boulons quadrillaient de dessins réguliers.Le blessé, étendu sur une couchette, ne sentait aucun roulis.11 ouvrit les yeux.f n liumme était penché sur lui, dont les lèvres imberbes curent un sourire, lorsque le naufragé lança d'une voix éteinte le classique: Où suis-je?Chez des amis, des Français.A bord du “ liégina”!.Comment vous sentez-vous, commandant?Le malheureux, recueilli en pleine mer, avait perdu, en effet, toute ar.ne et toute coiffure.Sou uniforme en lambeaux ne portait plus d'insigue.Mais la eouletir de l’habit, des débris de galons semblaient ceux d'un commandant de marine.(A suive*)' 12 LE DEVOIR.Samedi.9 Décembre 1911./ 8 Courroies “ BALATA ’ Toutes grandeurs en Magasin ].I McUREH, Limitée, 351 RUE ST-JACQUES CALENDRIER DIMANCHE;, L.K 10 DECKMBKK 1911 Ilèoie Dimanche ile l'Avant.1 ^ver du soled: 7 heure* 29; coucher | iu soleil: 1 h.14.Lever de la lune: 9| b.33 (s.); coucher de la lune: 0 h.Ou (s).J'ieiue lune.LUNDI, LE 11 DKCEMBBE 1911 St.Damase, l'ais* et Uonf.Lever du roleil: 7 h.30; coucher diu iolcd: 4 b.1.7.Lever de ;a lune: 10 b.M.HENRI BOURASSA A SAINT-HYACINTHE Réception enthousiaste sous les auspices du nouveau Club Nationaliste.Une assemblée de plus de cinq mille personnes au manège militaire LE DISCOURS DE M.BOURASSA (Service spécial au “ 50 ( («•)• l'j: .); eoueber d?la luue: (l h.51 I tembre, que j'ai l’occasion de rencon-1 voyoucratie a ses jours de victoire, »ls ! trer un aussi grand nombre d’électeurs| sont courts et peu nombreux (appl).du comté de .Saint-Hyacinthe, J ’eu pro- i Vous avez aujourd 'hui réparé au confite pour remercier de tout coeur ceux! tuple les injures subies le 20, septem-qui m’ont aidé dans la dernière lutte.|>re.Je vous en remercie non f>our moi Je ne sais pas quel rôle je serai appe- mais pour le bon renom de votre ville, là à jouer dans la prochaine lutte féde- [[ rj'e^t pas bon qu’une ville qui a taible triomphe que les électeurs de St-Hyacinthc avaient ménagé à M.Bou-rassa pour sa première visite après la date restée jusque-là ignominieuse du Z wSîlïiüTs-Shii'iSiH s:*«s11 ««»«»*•>» LE “ NATIONALISTE ” Voir tli iiiain, (loiis le \utMHU-î»v, notre en'ni été : Si j’itais tmi-r: En ihoi'ü' (1rs programmes, pw Jil.Léon Lorrain , liillrt du diman-ch(, l’IIfjfiii ni ch t rum wan, M-mon Rréval : la lanrfue français^ salis Lauri< r, sans Burden, par M.L Tv Laforee ; A travers 1r ban-sms, par Marcel; Choses d’aujourd'hui — Lu paire tapie, ( i’lu.strc) jiar M.,Jos.Verriers; Comment réglementer L corn merci de, la ce valine, par M.('ésaire Henoit; I Ln srifinement du jriin.çais dans l On-tario, par t in y K mie ; A propos de caiiau r, par M.I .Tremblay ; VAssistance Bublii/ue, par M.Fred Pelletier; les Iribunaur rommiqvcs — Le- Prrreyejnel de: Corinne, P.-.M.B.; Piehenctti, par M.Nap.Tel-]ior, courrier de
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