Le devoir, 9 janvier 1912, mardi 9 janvier 1912
TROISIEME ANNEE—No.6 MONTREAL.MARDI 9 JANVIER, 1912 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS: Edition Quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS .ÜNION POSTAEE .93.00 96.00 Edition Hebdomadaire : canada 91.00 ETATS UNIS .91 50 UNION POSTALE .92.00 LE DEVOIR Rédadlion et Administration î 7la RUE S'VT-JACQUES MON AL.TELEPHONE^ \ ADMINISTRAI " REDACTION: ^ Main 7461 ’460 Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS l M.LAURIER AU MONUMENT NATIONAL BILLET DU SOIR AMOUR DU METIER ! T.i.Laurier pariait hier au Monument National.Il y a reçu un accueil qui a dû lui faire plus de plaisir que les manifestations théâtrales avec lesquelles on s'efforcait, aux dernières heures du régime, de masquer les présages de ruine.L’hommage était de proportion beaucoup moins vaste, mais plus spontané et plus désintéressé.Ce n’est-pas nous qui songerons à nous en affliger: nous avons trop souvent dénoncé la religion du succès pour ne pas voir avec quelque sympathie les fidélités se grouper autour d’un vaincu, quel qu’il soit, il est es-eelîeut aussi qu’une opposition ne se laisse pas-trop complètement abattre.Le pire danger qui puisse menacer un gouvernement — et M.Laurier l’a éprouvé à son grand détriment — c’est le sentiment d’une 1 ou te-pu is,sauce que rien ne pent entraver.Mais ceux qui se rendaient au Monument avec, l'espoir d’entendre un discours qui jetterait quelque jour sur les débats qui s’ouvriront demain à Ottawa, ceux qui croyaient entendre exposer un programme d'avenir doivent être singulièrement déçus.M.Laurier, tout en invoquant le souvenir de Caton, tout en affectant une grande sérénité d’âme et en établissant une assez curieuse comparaison entre son apparence physique et celle de M.Monk, n’a su que présenter une défense fort quelconque de son administration et réchauffer l’attaque contre le gouvernement qui fit la matière de son premier discours sur l’adresse.C’était son droit, mais, par le fait même, son discours tombe dans la catégorie de ceux que l’oubli a tôt fait de réclamer.* # * ^ Il y avait sur l’estrade du Monument des hommes qui ont joué, qui peuvent espérer jouer encore un rôle considérable: le premier ministre d’hier, chef d’un grand parti ; l’ancien ministre des Chemins de fer, héritier désigné du sceptre ; M.MacKenzie King, en qui certains voient l’espoir de la jeune génération libérale.En face se pressaient une foule qui attendait un mot d’ordre, des jeunes gens qui croyaient qu ’on allait leur tracer une route.Qu’on lise les comptes rendus de tous les journaux et qu’on nous dise ce que les uns et les autres ont pu emporter de là comme pensée, comme lumière, comme matière à réflexion.A ce point de vue la séance fut d’un vide complet.Par contre, M.Laurier s’est beaucoup occupé des nationalistes.Nous ne nous en plaindrons pas: c’est un bel, c’est un significatif hommage au mouvement créé par nos amis.Pour que l’ex-premietr ministre ne puisse ouvrir la bouche, sans attaquer ees malheureux nationalistes, il faut qu'il sente dûmnent leur puissance.Avouons tout de même qu’il aurait pu faire mieux: il s'est à peine élevé au ton habituel de ses organes de presse.Ce n’est pas très haut, c’est même un peu bas pour un homme de sa situation politique.•Ce n’est pas ce discours encore qui enrayera le progrès de l’idée nationaliste; ce n’est pas davantage lui qui nous fera modifier notre attitude à l’endroit des deux partis.« * * Au soir du 21 septembre, le directeur du Devoir déclarait, aux acclamations de la foule, que ses amis et lui resteraient ce qu’ils étaient - aussi indépendants du pouvoir nouveau que de celui que le peuple, dans sa colère, venait de broyer.— Le peuple constatera que ce n’était pas une parole vaine.M.Laurier — l'opportuniste par excellence — parlait hier de la fixité des principes; il affirmait qu’il vaut mieux tomber en faisant son devoir (ô souvenir de 1905!) que de triompher par le sacrifice de ses idées; nous avons prouvé, nous prouverons que nous savons pratiquer ce qui, chez lui — l’évènement l'a durement démontré — est pur verbalisme et simple formule oratoire.Nous avons combattu la politique navale de l’ancien cabinet, parce qu’elle était absurde, inutilement coûteuse et que, par un détour hypocrite, elle nous jetait dans le “tourbillon du militarisme européen”, que l’ex-premier ministre dénonçait jadis avec une si vertueuse indignation; nous l’avons combattue parce qu’elle réalisait le crime et le suicide dont il l’avait d'avance marqués en un jour mémorable; nous avons réussi à obtenir l’abandon des contrats qui, par le fait de M.Laurier et de ses amis, allaient nous charger d’un fardeau de quelque vingt-cinq millions: on peut être sûr que nous n'accepterons de personne une politique qui contrarierait les intérêts du Canada et nos meilleures traditions politiques.M.Laurier a porté jusqu’à l'art le goût de la variation et des volte-face: les vrais nationalistes sont d’une autre école.Tl a pu entendre hier le propre président, de l’Association de la jeunesse libérale avouer que la jeunesse s'était “temporairement séparée” de son parti: ce n’est pas par une aussi maigre harangue qu'il saura la reconquérir.Orner HEROUX.Un argument stupide Le Canada suit du mieux qu’il peut l’exemple do M.Laurier.’Et.c’est peut-être pour cela qu'il dissimule derrière des phrases à effet dos arguments qui touchent à l’ar-gutie, quand il discute des choses politiques.Son article de ce matin : “Ce que perdent les Canadiens-français sous le régime Borden,” est mio preuve additionnelle de sa fourberie et de son souci perpétuel de soulever les préjugés à propos de lien.“Voyons ce qui s'est passé depuis que HJ.Bordai est an pou-roir,” dit: le Canada.“Nous avons perdu: h premier ministre; le ministère de la marine; le solliciteur-yén-éral; le président de la commission du transcontinental ; Vo-r al air de la Chambre des Communes; des sous-ministres et des hauts fonctionnaires dans plusieurs eléparlements ; le secrétaire de la commission des Eaux Limitrophes, etc.” Si nous voulions argumenter comme le fait le Canada, nous écririons: “Xous avons gagné: le, ministère, des Travaux Publics; le ministère du Revenu de l'Intérieur; le président du Menât; le président suppléant des Communes; le président de la Commission des Eaux Limitrophes ; le géogra-phe-en-chef du ministère rie l'Intérieur, etc,” Mais cette façon d’argumenter est ridicule et nous ne l’emploierons pas, Nous laissons aux feuilles ministérielles la tâche de défendre le cabinet Borden.Et peut-être pourront-elles répondre nu Canada qu'il est à côté de la vérité (piand il affirme que nous avons perdu des sous-ministres, depuis l'avènement de M.Borden.; en fait, les sous-ministres sont tous les mêmes que jadis.Et si nous avons perdu de ces postes, c'est bien au temps de M.Laurier, quand “ce grand patriote”, — style Canada, — sous prétexte qu’il était premier-ministre, remplaçait des fonctionnaires eana-diens-français par des Anglais et des Ecossais.Si les gens du Canada veulent faire l’examen de conscience de leur chef, ils trouveront que nous n ’avons guère gagné de postes importants, pendant son administration.Nous regrettons tout autant, — et même plus sincèrement que le Canùda, que le ministère Borden n’ait pas cru devoir remplacer le secrétaire de la commission des Eaux Limitrophes par un Canadien-français.Mais nous savons bien que s'il l'eût fait, et qu’un des nôtres eût succédé à M.Thomas Côté, le Canada sc serait empressé d'injurier le nouveau titulaire et de le représenter comme un “créehard”.Et cette feuille l’eût fait, non pas par principe, mais plutôt par jalousie et par envie.Car elle n’est pas encore revenue de l'émoi que lui a causé la chute du ministère Laurier, non plus que de l’inquiétude que lui vaut cette disparition, au point de vue de ses intérêtü personnels.Que le Canada fasse la guerre au ministère Borden, c’est son droit; et personne n’y trouvera à redire, s’il le fait honnêtement, et s’il emploie pour lutter contre lui des arguments justes et plausibles.Mais s’il continue de se servir d’arguties nomme celles dont il use ce matin.— et qui se peuvent, retourner efficacement contre ses maîtres, — les gens sensés auront tôt fait de constater que c’est le dépit et l’animosité qui sont le mobile de 8c,s actes et non pas l’intérêt bien entendu que chaque citoyen doit porter à la sage administration de la chose publique.forties PELLETIER.Je vous ai parlé, l’autre jour, du reporter, et j’ai pu, par mes paradoxes vous faire, croire que cet être créé et mis au monde pour faire la joie des dilettanti de la sensation, n’aimait pas son métier.C’est le contraire qui est la vérité, et je puis affirmer que plus d’un voudrait être reporter s’il ne l'était déjà.Il se complaît dans son rôle d,’Argus doublé d’un Sherlock Holmes.Rien ne l'arrête dans son marathon aux nouvelles; le /dus petit dos faits divers lui coûte parfois mille et une difficultés, mais il se console en sachant que; le soir, des milliers de, lecteurs avides se m’arracheront sa prose.Une anecdote racontée par Mur ger, je crois, montre combien il sc dévoue et dépense de patience pour obtenir le “scoop” qui fera enrager ses confrères.H y avait à la Patrie, de Caris, raconte l'auteur de la “Vie de Bohème,” vu rédacteur (Vaccidents qui donnait chaque jour une primeur en pâture aux abonnes de son journal.Un jour, un de ses amis h rencontre planté devant une maison en construction.Il tenait ét la main un calepin, grand ouvert d avait l’oeil fixé vers des échafaudages plutôt périlleux.L’ami lui lance un bonjour, va à ses affaires, puis revient, au bout d’une demi-heure, au même endroit et voit encore le reporter de la fcwillc parish mie éi son poste.— Encore ici?demanda-t-il étonné.Que diable y fais-tu.depuis si longtemps” Le reporter montra les échafaudages et répondit tout simplement : — J’attends qu’ils tombent.Ce reporter trouva d'ailleurs son maître dans cet autre reporter d’un journal américain qui, lassé de la vie, attendit à la dernière minute de la ¦publication de, son, journal pour se suicider.Il permit ainsi à son “city editor” d’être le premier à annoncer sa mort.X'est-ce, pas un amour incennpa-rable de son métier?NAP.TELLIER.En français, M.Gouin Un de nos lecteurs de Saint-Ours, nous écrit: “Vous trouverez dans cette lettre deux circulaires que j’ai reçues pour mes étrennes.L’une vient d’Ottawa.L’autre vient de Québec, et elle est rédigée en anglais seulement.Est-ce insolent?” Suit un nom cana-dien-français bien connu dans la région de Saint-Ours.Nous avons examiné les deux circulaires.La première, — celle d’Ottawa, — vient de la division des Mines, directeur, M.Eugène Haanel.C’est un rapport confidentiel sur les produits d’argile et de glaise fabriqués en 19.11, D’un côté, elle est en français, et, au revers, elle est en anglais.Et c’est toute juste.La seconde circulaire vient de Québec, ministère de la colonisation, des mines et des pêcheries, M.Devlin ministre.C'est une circulaire analogue à celle d’Ottawa.Mais elle est.en anglais seulement, quoi qu’elle soit, adressée à un C a n a d i e n - £ r anç a i s.Allons, M.Devlin, et vous, M.Gouin, ne pourriez-vous pas envoyer au moins des circulaires bilingues à vos électeurs?Le gouvernement de “Fanatiques” que nous avons à Ottawa le fait bien ; est-ce que vous avez peur de vous compromettre en suivant cet exemple?ERREUR l'n électeur de Hull écrit au Temps d’Ottawa qu’il a souvenance “d’avoir lu dans le Devoir nue accusation de plagiat portée contre le jeune Leclerc lorsque ce dernier faisait du journalisme,” Le brave homme fait erreur.Lorsque le Devoir a accusé le Temps do le plagier, M.Charles Leclerc n’était plus rédacteur à cette feuille.Il était sorti du journalisme avant même la fondation du Devoir.Notre journal n’a donc pu porter de telle accusation contre M.Leclerc.La “Presse” reproduit avec une gravité romique un article fantaisiste de (’“Observer” de Londres qui dit que “M.Bournssa est un impérialiste des plus avoués qui réclame la représentation du Canada duns les conseils do l’Empire, comme préliminaire il lu création d'une murine canadienne contrôlée directement de Whitehall ou, autrement dit, le cabinet anglais” (sic).M.Bourn ssii impérialiste?C’est à s'en tenir le* côtés.La situation en Chine Une réponse de LETTRE DE QUEBEC M.Gautherot - UNE TACTIQUE NOUVELLE Impériaux et républicaine n’ont pu s’entendre pour prolonger l’armistice pendant une quinzaine.Depuis quelques semaines déjà, les négociations se poursuivaient, sans grand espoir d’une solution pacifique.La trêve, cependant, n'aura pas été tout à fait sans fruit.Les partis en présence ont eu tout le temps nécessaire pour épuiser en pourparlers les ressources de la diplomatie chinoise, et à l’heure où les hostilités viennent de reprendre, elles s'exercent entre deux gouvernements dont l’existence a été virtuellement reconnue, chacun par une partie importante de la nation.Le gouvernement provisoire de la république s’efforce en ce moment de donner des garanties aux puissances étrangères, et c’est dans ce but qu’il vient de publier un manifeste contenant les déclarations les plus rassurantes.De son côté, le premier ministre impérial.Youau-Chi-Kaï, escompte les divisions qui, espère-t-il, ne tarderont pas à se manifester dans e camp républicain.Le temps et l’argent aidant, il croit que les éléments de réaction ramèneront l'une 11 près l'autre à la cause impériale les provinces gagnées à la révolution.Ce calcul n'est peut-être pas aussi dénué de fondement qu’il le paraît de prime abord.Certains indices font même soupçonner l'existence d’un travail organisé qui aurait pour but de dégoûter les masses des réformes démocratiques.en poussant à l’absurde certains desiderata ultra-modernes des révolutionnaires.C’est ainsi que dans les provinces où les idées européenne» n’ont pas encore pénétré, l'on a fait courir le bruit que le président de la nouvelle république, avdt l'intention de substituer l'usage de l’anglais à celui de l'idiome national.Cette nouvelle est tellement absurde qu'elle ne saurait acquérir aucun crédit, même dans les milieux les moins cultivés.Encore peut-elle valoir comme satire des tendances des chefs du gouvernement de Shanghaï.Elle semble faire partie d'un plan de campagne machiné pour rendre odieuse l'application des méthodes européennes dans les domaines politique, social et économique.Bien, en effet, ne pourrait être plus fatal à la république que l’impression que cette forme de gouvernement sera encore moins chinoise que la dynastie mandchoue.Le principal grief contre la monarchie régnante, c’est précisément qu'elle est mandchoue, et non proprement chinoise; c’est une étrangère, une intruse, indifférente ou hostile aux aspirations, à l'idéal, aux coutumes de la grande masse du peuple.Et cependant, elle est asiatique, plus proche, conséquemment, de la mentalité chinoise, plus en sympathie avec le sentiment chinois que ne le serait aucun pouvoir européen.En répandant l'impression que les républicains cherchent à, substituer les tendances européennes aux tendances mandchoues, Youan-Chi-Kaï semble avoir choisi un terrain d'action fort propice à une propagande contre-révolutionnaire.« * * Mais déjà, le démembrement prévu, et redouté des Chinois, dès le début de la révolution, est commencé par la main-mise de la Russie sur la Mongolie occidentale.Cette vaste province, qui n'avait plus que des relations fort lointaines avec le gouvernement de Pékin, passe dès maintenant sous la dépendance directe du gouvernement russe, qui se charge de l'organisation interne et de la défense du territoire.Ou peut dire que la Chine est aujourd'hui divisée en trois Etats indépendante les uns des autres: la Chine impériale, réduite des quatre-cinquièmes; la Chine républicaine, comprenant dix-huit des vieilles provinces; la Mongolie, soumise au protectorat russe, en attendant l’annexion définitive.Un nouveau morcellement ne tardera pas à se produire — il est même annoncé pour bientôt — qui attribuera le Thibet à l’Angleterre m, la Mandchourie nu Japon, à moins que cette dernière province ne devienne l’apanage de la dynastie déchue, expulsée de Pékin et des provinces du Petehili par la révolution triomphante.Ce jour-là, le démembrement du vieil empire chinois sera consommé, Uldéric TREMBLAY.Paii».1i> Avenue de Vidais—VII 23 décembre, 1911.A M.h- Directeur du Courrier Européen, 280, Boulevard Rax-pail, Paris.M.le Directeur.Je prends connaissance de l'article "La République Française à Montréal " paru dans le Courtier Européen du 10 décembre, 1911.Bon auteur, M.Lucien Damors, y prétend que je suis allé au Canada pour "injurier la France” et il reproduit la résolution suivante de certain groupement appelé la France républicaine: "Le Conseil de direction de la France républicaine proteste de toutes ses forces contre les assertions de M.Gustave Gautherot, professeur d’histoire à l'Institut Catholique de Paris, qui n'a pas craint, pour servir sa haine et ses passions politiques, de fausser l’histoire vraie en ce qui concerne les événements de 1789.de mépriser et de calomnier son pays.dans une série de conférences faites à Montréal et dans la province de Québec, et ce à l’instigation des ennemis déclarés de notre pays.” Permettez-moi, Monsieur le Directeur, de rétablir en quelques IL gnes la vérité.Appelé au Canada par C Institut Canadien de Québec, — où j’ai parlé devant B.H.le Lieutenant-Gouverneur.S.E.le premier ministre de la Province, 8.H.le maire de Québee et une foule de hautes notabilités canadiennes, — j’aurais été bien mal venu d’“injurier la France!” On aime là-bas notre pays d'un ardent amour, et je prétends qu’il ne se trouve pas, des deux côtés de l'Atlantique, un meilleur patriote que moi.Je n’appartiens à aucun parti politique et ne suis qu’un homme de seienee.En cette qualité, j’ai cherché à détruire, au Canada comme en France, certaines légendes révolutionnaires qui, elles, n’ont été inspirées, depuis un siècle, que par la "passion politique” et doivent enfin faire place à la.pim: vérité.Pour établir eelle-ei.j’ai apporté des arguments et des faits qui me paraissent indiscutables: j’attends qu’on me démontre le contraire avant de permettre qu’on me traite de “calomniateur.” En agissant comme je l’ai fait, non seulement je n’ai point, là-bas, desservi la France, mais encore j'ai contribué à la faire aimer davantage: les Canadiens, vous le savez, sont en immense majorité catholiques “pratiquants”; ils n’aiment pas qu’on fasse pour eux de l’anticléricalisme un article d’exportation, lorsqu’un conférencier leur démontre que les vraies traditions françaises sont toujours conciliables avec colles qu’ils ont apportées jadis de la mère-pa trie, ils lui en sont infiniment re connaissante: la preuve en est dans l’aeeueil merveilleux que mes vingt sept conférences ont partout rencontré à Québec, à Montréal (où deux mille personnes m’ont applaudi au Monument National) et dans toute la province.Me trouvant donc outragé gratuitement par l'article de votre collaborateur, j’espère, Monsieur le Directeur, que vous voudrez, selon mon droit, insérer cette loyale réponse.Dans ce ferme espoir, veuillez agréer l’expression de mes sentiments les plus distingués.GUSTAVE GAUTHEROT.Sur le Pont AVANT LE DISCOURS DU TRONE.— LE NOUVEAU PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE — LES DERNIERS CONSEILLERS LEGISLATIFS —COUP D'OEIL SUR LE PASSE.— LES CRISES POLITIQUES A QUEBEC DEPUIS 1867.- LA DERNIERE ET LA PLUS DEGOU-TANTE d’Avignon.Peudaut les dernières élections, M, Laurier parlait surtout de ses cheveux blancs.Ce fut son grand argument, dans Québec.Hier soir, aux jeunes libéraux, il parlait longuement do son air serein.Puissance du raisonnement, de cet homme! Québee, 8.— Kn dehors du Palais Législatif rien n'aimouee la veille d'une rentrée des Chambres.Aux hôtels, tout est tranquille, il y a bien peu de visiteurs et de députés ou n’en rencontre nulle part.Peut-être le convoi du Canadien-Pacifique, en retard de cinq heures, en emmène-t-il quelques-uns.Ceux-là verront Québee dans sa pleine physionomie d'hiver; le nord-est qui commence à souffler, présage une de ees tempêtes que ne détestent pas les qnébeequois habitués au grand air.A la l'immbre, loin est prêt pour la ceremonie officielle, sauf qui! manque un président à la chambre d’assemblée.\ ous savez qu après • avoir pendant trois longues années scruté tous recoins de la province de Québee pour trmnVr un homme compétent à représenter la province de Québee à Londres, M.Gouin s'est urrêté^piïn sur le Dr.Pelletier, député de Sherbrooke.Tant il est vrai que Ton ignore toujours les trésors que l’on possède.Kt sans président à qui parler, la Couronna refuse d ouvrir la bouche.Il faudra done commencer demain par choisir un successeur au Dr.Pelletier.Choisir est une formule.Le choix est fait par le premier ministre el celui de M.Gouin est M.Cyrille Délâge, député du comté de Québee.M.Delâge est vice-président depuis trois ans et il est à souhaiter que le noviciat l’ait mieux familiarisé que son prédécesseur avec les règlements de la Chambre dont i! sera l’arbitre suprême.Au Conseil, point de ees changements.M.Tnrgeon semble avoir trouvé dans la présidence de la Chambre haute une compensation relative à ses nombreuses déceptions et attendre en paix, au milieu des discours somptueux que la province lui fournit, une réaction qui lui sera plus pro piee.Deux des collègues qu’on vient de lui donner continueront «le lui faire la vie aussi douce que possible.L’un, M.Amyot, est probablement inconnu à la division qu'il reprénc.nic.LaDurantnyo comprend une partie des comtés de 1’Islet et de Lévis et les deux comtés de Montmagny et Belle-chasse.Au début «le la Confédération elle fournissait ses hommes au Conseil Législatif, M.J.O.Beaubien, M.J.X.Bossé, mais il y a longtemps que les gouvernements lui en imposent do l'extérieur.La Beauce est mieux partagée, quatre fois sur huit elle a donné—avec M.Duchesnay, Al.l)e-Lery, Al.Biaise Letellier et Al.Roberge, le titulaire actuel,—un représentant à la division Lnuzoïi.Il ne reste au Conseil qu'un siège, vacant, celui (pie M.Lafontaine de Berliner croit bien digne du une catholique faisait un mariage valide.11 contractait en France dans las mêmes circonstances il faisait un mariage invalide.La valeur d'un inn- inauguration Je défie qui que ce soi! de lire atten-dècret et d'y voir autre chose : premièrement : que le soin mis par lo Saint-Siège à affirmer quo ce décret ne regarde que les catholiques ; deuxièmement, qu’il n y est jamais fait ment ion de la loi civile ; comment en effet un décret qui a pour but d’atteindre les catholiques du monde entier pourrait-il tenir compte d’une législation qui varie presque avec chaque pays.troisièmement enfin, que ce même décret n'a en réalité qu’un but : ce lui de protéger l'institution du mariage contre 1rs dangers d’invalidité, qui la menacent.S’il en est ainsi, que cherche-t-on ?Il s'agit bien de triompher momentanément de l’Eglise de Rome, et de l’humiller.Mais après.j .le suppose que l’on obtienne re que j l’on réelara® et violemment, ù avoir.I que l’on fasse ^éclarev pnr les tribu-I.,, _ _ , _ , naux que la clandestinité est un empê-j*0* ^ S.-François-Xavier nous four- chôment.que comme telle elle relèv, du pouvoir fédéral, que l'on fa-se êdif L’inauguration do la nouvelle ligne eu enviable de l’arbitre et des gérants du Théâtre, on décida d’accorder un armistice pour que la lutte se continue.Lus deux adversaires se reposent quelques minutes et la lutte reprend.Spartos sc lance sur Lamothe et essaie une prise do cou.Celui-i*.pour su dégager frappe le grec au nez.Alors Spartos qui avait été blessé au nez nu cours de la bagarre, dit que Lamothe le faisait exprès et quitte la scène pour ne plus revenir.Tète des spectateurs riui se dispersent en maugréant contre les promoteurs de la rencontre.Aux membres du Saint-Jacques Les membres du club de raquetteurs riaint-darque*, sont priés de sc rendre demain soir, aux salle» du club rue Sainte-Catherine Est, pour sa grande ortvo avec (lames, ù travers la montagne.Le depart sc lova à S heures p.m.Brillant début I.équipé de hockey de 1 Association de La l asqurtte a brillamment débutée vendredi soir dernier en battant le club Laval par le score de I à O.L’équipe se compose des joueurs smi-vants : Rousseau - But Guyot — Point Lamothe - Couvert Recel les - Rover l.ebel Centre Bélanger — Aile gauche Nichol — Aile droite.Le club ' ' f.a Casque.t te * jouera probablement une partie avoc ' le Saint-Stanislas, dimanche prochain le 13 courant.Pour informations, s’adresser nu capitaine A.D.Lamothe, au local de 1 Association, sus avenue Papineau, ou par Tel.St-Louis 5169.Grand Trunk Canada Ornent Allen Buts M aeRcrmott Lahuc Points W.A.Smith Doran Couverts J.Denman Walsh Avants Lindsay Toole '• O’Keefe McChirg " Tobin Duncan et Brodeur “ Gill Score — 1.Grand Trunk — Brodeur .16.00 Punitions — Grand Trunk : Doran 2.Walsh 3.Toole, 2, McClurg, 6.Canada Cement ; J, Denman, 1 : Lindsay 2.O’Keefe 3.Gill 5.Redmond Co Lid R.A O.Cloran Buts Lnwlor A.Hughes Pointu W.J.Hughes E.Hughes Couverts Canvin Davis Avants Blanchette Butteris “ Quinn Eberwien " Curran MeCloy ” Ouellette Score — 1.Redmond — Davis.10.17 2.Redmond — MeCloy.6.044 3.Redmond — Eberwien .16.00 Punitions — Redmond : Davis 1, MeCloy 2.Richelieu Ai Ontario : W.J.Hughes 1, Quinn 2.Nous sommes les seuls, à Montréal, qui vendons la Voiture de Course, $850.Voiture de Tourisme, $1000.La popularité de la Hupmobile e& dûe à ses qualités recommandables : elle eét plus rapide et coûte moins cher d’entretien que n’importe quelle autre voiture.The Motor Import Company of Canada, Limited Entrepot : EDIFICE DU FORUM, mes Sainte-Catherine et Atwater.¦ Aux Avocats La G.N.W.Telegraph Co.M.PITBLADO PROUVE Djj „ A NT LA COMMISSION DES CHEMINS DE PER QUE CETTE COMPAGNIE N’EST QUE LA SUCCURSALE DE LA WESTERN UNION, DES ETATS UNIS.Ottawa, 9.— Hier après-midi, devant la Ccvmnrssiou dus Chemin» de fer.AI.Isaac Pifblado, l'avocat da Winnipeg qui représente les intérêts du peuple dans l’enquête sur les compagnies de télégraphe, s’est efforcé de prouver que la.Great Northwestern Telegraph Co.n ’a.pas d’exist ence propre mais qu ’elle n’est réellement que la créature de la Western Union Telegraph Comipany, la grande vompagnte américaine.La preuve faite par At.Pitblado, au cours du contre-interrogatoire de AI Geo.L.Perry, gérant-général de la.Great Northwestern à Toronto, semble indiquer que les recettes de la compagnie sont employées à gonfler les profits de la Western Union.On s.aussi uvs à jour ce qu’U y a du faux dans les surplus affichés par la compagnie.La preuve que la compagnie accorde des taux différentiels a été faite également par M.Pitblado.Demander, no» PRIX avant d’aller ailleurs RAPPELEZ - VOUS QUE NOUS SOMMES BIEN OUTILLES POUR FAIRE VOS FACTUMS ET AU-TRES TRAVAUX D’IMPRESSIONS.:: :: :: :: t~,n— * LE “ DEVOIR ” DEPARTEMENT DES IMPRESSIONS iSr—¥-^_7
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