Le devoir, 23 novembre 1984, Page(s) complémentaire(s)
10 ¦ Le Devoir, vendredi 23 novembre 1984 SUITES DE LA PREMIERE PAGE ^ Cinq ministres tre mis en minorité, au moins techniquement, à l’Assemblée.Dès hier soir, le chef du gouvernement a colmaté les brèches les plus béantes, nommant le président du conseil du Trésor, M.Michel Clair, aux Finances, et le ministre des Affaires municipales, M.Alain Marcoux, aux Transports.Touis deux cumulent les postes, inais de façon brièvement intérimaire.M.Lévesque devra procéder dès le début de la semaine, à moins que les événements empirent et ne provoquent la chute du gouvernement ou sa propre démission, à un remaniement ministériel majeur.La nomination la plus névralgique sera certes celles du successeur de M.Parizeau.Les noms les plus souvent mentionnés et plausibles sont ceux de MM.Jean Garon (Agriculture), qui a ses entrées dans les deux clans ministériels, Bernard Landry (Relations internationales et Commerce extérieur), qui a pris fait et cause pour les 12 des Laurentides tout en tentant de jouer un rôle de conciliateur, et Yves Bérubé (Education), qui s’est rangé dans le camp des révisionnistes.Le premier était absent hier, en raison de la mort de son père; les deux autres étaient en voyage, le premier en Afrique du nord, le second en France.Quant au premier ministre, qui s’attendait à quelques départs, il a bien tenté de retenir son ministre des Finances, mais en vain.Quoique désarçonné et ébranlé un moment, il semble déterminé à tenir ferme et à faire face à la musique, fort de l’appui solide de 15 à 18 ministres actuels et de la grande majorité de la députation.Aujourd’hui même, il fait campagne dans Saint-Jacques, où des élections partielles ont lieu lundi.Durant tout le week-end, il poursuivra les consultatioons et les conciliabules pour limiter les dégâts à leur état actuel et remodeler un cabinet fort décimé, qu’il a remanié il y a moins de neuf mois.Même dans le groupe des Laurentides, il y a des tractations pour ne pas aller plus loin, quitte à fourbir les armes en vue du congrès extraordinaire du 19 janvier.Chez les modérés, on ne sent nulle panique et l’on tente également de convaincre les députés rebelles de ne pas gonfler les rangs des indépendants, déjà au nombre de 4.Dans la lettre qu’il a rendue publique en après-midi, M.Parizeau écrit à M.Lévesque que son texte de lundi dernier « remet en cause un objectif qui me paraît toujours nécessaire, et dont huit ans de travail ministériel n’ont fait que confirmer le caractère essentiel ».Il est convaincu, contrairement au président du PQ, que la voie de la « dernière chance » avec Ottawa est stérile et humiliante.Il fait état des progrès accomplis par le Québec, qui a utilisé ses compétences à la limite.« On pouvait, à partir de là, chercher à aller plus loin dans la voie de notre prise en main collective, ou bien, en reconnaissant les contraintes du régime fédéral, chercher à s’entendre avec lui.Je continue de préférer la première voie.Vous avez depuis lundi opté pour la seconde.Nos vies, donc, se séparent.Je le regrette, mais je dois en accepter les conséquences.» M.Parizeau fait état de trois dossiers fort importants: le livre blanc sur la fiscalité, qui est prêt et doit être pubhé avant Noël; les scénarios budgétaires pour l’année 1985-86.la réorganisation du cadre législatif des institutions financières.Pour qu’il n’y ait pas de vacance dans la signature du ministre des Finances (chèques, emprunts, etc.) le ministre était disposé à rester en poste jusqu’à ce soir.M.Lévesque l’a remplacé dès hier soir, sans faire tenir à la presse sa réponse, s’il en est, à la lettre de M.Parizeau, qui s’est attardé au Café du Parlement mais n’a pas daigné rencontrer la presse.Dans son entourage, l’on prévoit que M.Parizeau quittera aussi son siège de député de l’Assomption, ne voulant pas être perçu comme le chef officieux de l’aileron des irréductibles à l’Assemblée et voulant garder toute sa marge de manoeuvre pour l’avenir.Ce serait de sa part un recul pour mieux sauter, adve-nant par exemple une course au leadership.Les quatre autres démissionnaires font état du même motif fondamental.« Je pense toujours que la souveraineté est le moyen privilégié d’atteindre nos objectifs socio-économiques en même temps qu’une fa- çon d’être pour les Québécois et les Québécoises, écrit par exemple M.Jacques Léonard, titulaire des Tran^rts.A cet égard, votre déclaration du lundi 19 novembre dernier m’est inacceptable.Je vous remets donc ma démission comme membre du conseil exécutif.» Le député de Labelle, dans les Laurentides (où le groupe des 12 s’est réuni en octobre), estime que M.Lévesque n’était plus ouvert a quelque compromis viable que ce soit sur la nécessaire perspective de la souveraineté comme thème majeur du PQ et du gouvernement.Lui non plus n’est pas d’accord avec une per^iec-tive conjoncturelle basée sur l’arrivée d’un nouveau gouvernement conservateur.M.Léonard écrit que l’avortement de son projet de loi sur le financement des municipalités a été « l’un des éléments annonciateurs d’une absence de volonté poütique de votre part de faire assumer par le gouvernement ses pouvoirs et son mandat, trop replié que vous étiez déjà sur l’analyse des événements du moment présent ».L’ancien ministre reste militant péquiste.Quant à savoir s’il restera député du PQ ou siégera comme indépendant, il veut d’abord consulter ses militants au cours du week-end.Rencontrant la presse, il dit vouloir continuer de l’intérieur à oeuvrer pour l’objectif de la souveraineté.Calme et apparemment serein, M.Léonard se sent à la fois soulagé et déchiré d’avoir enfin pris une décision qui correspond à ses convictions profondes.Il reconnaît qu’il y aurait une contradiction avec son geste d’hier si, pour retrouver sa marge de manoeuvre, il reste néanmoins député du PQ.Il estime que la déclaration des 12 ministres était un compromis valable pour éviter le güssement du PQ et Im garder un contenu essentiel.Il dit avoir pris sa décision seul, même s’il y a eu plusieurs réunions des rebelles, et il ne l’inscrit pas dans une démarche visant à faire tomber le gouvernement à brève échéance.Quant à M.Paquette, il a publié une brève déclaration confirmant qu’il a remis sa démission comme ministre.« Les raisons de cette démission seront rendues publiques lorsque celle-ci sera devenue effective et donc acceptée par le premier ministre.» Il n’a pas l’intention de dé-missionner comme député, ni comme membre du PQ.M.Laurin et Mme LeBlanc-Ban-tey n’ont pas publié leur lettre à M.Lévesque, tout en la confirmant verbalement à la presse au cours du chassé-croisé et de la cohue d’une journée fébrile et trépidante au Parlement.En outre de la défection de M.Proulx, un autre député a tenu à enregistrer sa dissidence envers la prise de position de M.Lévesque.Il s’agit de M.David Payne ( Vachon), qui veut toutefois demeurer membre du caucus et du PQ pour défendre ses propres points de vue.D’autre part, le ministre délégué au Tourisme, qui fait partie des 12 des Laurentides, a pressé M.Lévesque de tenir d’urgence une réunion du conseil des ministres, pour trouver un compromis acceptable à tous.M.Marcel Léger estime cela possible, tous les députés péquistes étant en faveur de la souveraineté, tout en reconnaissant que la prochaine élection ne saurait ^rter principalement sur la souveraineté, comme le stipule le programme adopté en juin dernier et contesté par M.Lévesque et les révisionnistes ou modérés.M.Léger, qui ne semble pas vouloir suivre les cinq irréductibles, estime que SI tout le monde est d’accord sur l’objectif fondamental, il y a moyen de s’entendre sur les modalités et la tactique électorale.On a appris par ailleurs qu’au caucus d’urgence, M.Lévesque a dit à ses députés que sa position avait été mal interprétée et ne signifiait pas l’abandon de l’objectif essentiel du PQ.Le premier ministre n’a nulle m-tention d’empêcher quiconque de parler de souverameté, y compris en campagne électorale.« On est quand même pas des Trappistes », a-t-il lancé, ébranlant quelques députés, qui ont par la suite ajourné leur intention de traverser le parquet de l’Assemblée.Le conseil exécutif du PQ a été convoqué pour une réunion conjointe avec le caucus et le conseil des ministres, mercredi prochain.M.Lévesque, croit-on, veut expliciter sa position, sinon l’adoucir, pour éviter la débandade.C’est ce qui a fait dire à certains que les départs sont prématurés, meme si, à l’heure actuelle, ils sont logiques.Parmi les défections appréhendées la semaine prochaine, il y a celles des députés Jules Boucher (Ri-vière-du-Loup), Hubert Desbiens (Dubuc), Denis Vaugeois (TYois-Ri-vières), Jacques Baril (Arthabaska) , Michel Gauthier (Roberval), Jean-Paul Bordeleau (Abitibi-est), Denis Perron (Duplessis).Mais on pense AUJOURD’HUI I '.is.socialion Spirale in\iU‘ tous le.s ueiis .seuls, séparés ou divorcés à une danse ipii aura lieu à l'hôtel llolida>-lnn-liielielieii.ïO.â, rue Sherbrooke est.angle Hein !i;!lî-4iins ¦ Conlérence du proles.seur llans-Leorg ('.adaiiier, intilulée «lléraclile et la dia-leelKiue», à l.") h, au B-2:)05 du pavillon .¦1200, 1 lie .lean-BrillanI ¦ \ 1H h.salle Nonna-Rosina, 93.ï:i, bout Sl-Michel.la corporalion des Maisons de l'ancre, lover d'hébergement pour lem-iiH's en dilliculté.organise son soupeiybé-nélice annuel :tS!)-4S42.¦ t'olloipie international sur la situation delà lemme contributions de la philo-•sophie et des sciences humaines, à l'U de \I, .'l'ino, rue .lean-BnlIant :t4.t-6478 ¦ Hespiration et as.souplis.sement avec le «vogaérobique».un programme complet pour .se mettre en lorme et relaxer Pour I mis les âge.s.Cours disponibles chaque jour \u cenire ville- angle Ste-Catherme el Bleurv 87tl-lôl() ¦ Dans le cadre du .sym|)Osium «Plein-Air '2000.un .salon d'informalion plein-air se que la plupart, smon tous, resteront à l’intérieur pour faire valoir leurs idées et prérârer l’épique bataille du congrès spwial de la mi-jan\ier.Les autres membres du groupe des 12 restent ministres pour l’instant, probablement pour la même raison: faire échec à M.Lévesque, mais de l’intérieur plutôt qwue de provoquer un démembrement suicidaire dans l’état actuel des choses, le pire qu’ait connu le PQ en seize ans.Parmi les futurs ministres, pour combler les vides, l’on cite les noms de MM.Jacques Brassard (Lac-Saint-Jean), Michel Leduc (F’abre), Raymond Brouillet (Chauveau), Jean-Guy Rodrigue (Vimont).4 Désarmement table rase et partiront sur des bases nouvelles ».La formulation du texte commun et les explications de M.Lomeyko ne permettent toutefois pas de penser, a jugé un spécialiste occidental, que l’URSS a abandonné son exigence d’un retrait des euromissiles de l’OTAN dont elle fait jusqu’à présent une condition pour la reprise des entretiens.Au début du déploiement des euromissiles, fin 1983, l’URSS s’était unilatéralement retirée des deux négociations de Genève, INF sur les armements nucléaires de portées intermédiaires et START sur les vecteurs stratégiques.Elle a depuis fait du retrait des missiles de croisière et des Pershing-II une condition à la reprise du dialogue.« Qu’il n’en soit pas question dans le communiqué américano-soviétique ne signifie pas nécessairement qu’Andrei Gromyko ne soulèvera pas ce point ultérieurement », a estimé un spécialiste occidental.Il en va de même, dans cette analyse, pour le moratoire sur les essais et la mise en place d’armes antisatel-lite dont le Kremlin a fait une précondition à l’ouverture de négociations sur la non-militarisation de l’espace : ce point pourrait également etre soulevé à un stade ultérieur par M.Gromyko.Dans un premier temps, l’accord sur la rencontre de Genève semble ainsi indiquer que chacune des deux superpuissances entend manifester sa bonne volonté, estiment les analystes, Les deux ministres tenteront de se mettre d’accord sur une procédure pour de futures négociations de désarmement sur les sujets qui sont prioritaires pour chacun d’eux, l’espace pour l’URSS et l’armement nucléaire pour les États-Unis.4 Librairie au plus tard.Quelques centaines d’exemplaires dans sa cave ou pilonnées pour recyclage de papier.Certes, le Salon du livre reste une grande librairie agréable.Les espaces sont mieux aménagés que par le passé.Les éditeurs, plus nombreux.Les quelques libraires présents, affables.Les 800 auteur(e)s de passage dans les 342 stands durant cinq jours, aimables.Dans ce Salon, tout le monde est poli et heureux Les professionnels du livre se sentent en fête.Les lecteurs sortis de l’anonymat fréquentent les yeux ronds leur « drogue » préférée Mais quel éditeur apporte au Salon son fonds hltéraire’’ Ils sont plutôt rares à le faire.Il faut aller au plus urgent: vendre les derniers titres parus.Il faut concurrencer les voisins.Ou-bher le passé, penser à demain.Pour tenir le coup.Même un éditeur comme La Presse dont le nom est associé en quelque sorte à la publicité du Salon du livre, n’étale au premier plan que ses livres de recettes et son Guide de l'auto.En amère, les écrivains! Nous sommes loin du temps où Roger Lemelin, qui a fini par avoir du succès, voulait faire des Éditions La Presse un Gallimard québécois avec Hubert Aquin.D’ailleurs, au Salon du livre, on ne fait rien de plus qu'en librairie pour intéresser les mordus et fidèles lecteurs.Ce ne sont pas les lecteurs déjà convaincus qu’on veut conquérir.C’est le succès « populaire » qu’on vise.Le grand public a qui on lance le slogan « Plus on est de fous plus on lit! » Y aura-t-il 75,000 visiteurs d’ici dimanche soir dans la plus grande h-brairie en viUe?Le temps que dure cette fête culturelle « populaire », les petits libraires de la rue Saint-Denis ont le temps de s’inquiéter de leur avenir.Si la FNAC, cette grande surface d’escompte du üvre, fimt par s’installer au Palais du Commerce tel que le voudrait la rumeur, les petits libraires de Montréal deviendront-ils aussi anachroniques que Henri Tranquille’.’ En attendant, dans la grande librairie de Place Bonaventure, aujourd’hui vendredi, le clown Grelot initie les enfants à la lecture, les Éditions Vague-à-l’âme de Grenoble invite les jeunes à soumettre des poèmes à la revue du même nom (stand 513b), Lise Payette anime à 15 heures un débat public sur la scène centrale: « Quand la littérature devient thérapie » ; Denise Bombardier enregistre à 19h00 son magazine littéraire Entre les lignes pour Radio-Ca- nada.Fit des dizaines d'auteur(e)s et d’écrivain(e)s voudront rencontrer leur public lecteur.Michel Tremblay.Suzanne Paradis, Louis Gau Huer, Colette Tougas, Germaine Versailles, Henriette Major.Placide Ga-boury.Gilles Vigneault.Élaine Bé-dard et Leila Chellabi, sans oublier Claude Jasmin et Marcelyne Clau-dais l4i librairie est ouverte' 4 Lévesque M.Lévesque espère s’en tirer aussi bien que M.Jean Lesage s’est sorti, il y a plus de 20 ans, des débats internes concernant la nationalisation de l'électricité.Son homonyme lui rappelant que le problème actuel n’est pas de même nature, le premier ministre reconnaît que les déchirements viennent de la démocratie profonde qui règne au PQ et de la conviction de gens qui se posent des questions presque politiquement existentielles.» Je sais que ceux qui restent, ce sera par conviction.Ceux qui partiraient, éventuellement, ce serait également par conviction.» Par la suite, le ministre de la Science et de la Technologie, M.Gilbert Paquette, a refusé de confirmer sa lettre de démission, mvitant plutôt l’opposition à l’interroger sur ses dossiers.Un député lui rappelant ses propos à la presse, M.Paquette finit par répondre : « En Chambre, j’ai à répondre à des questions concernant mon ministère et à l’extérieur, je m’occupe beaucoup du débat qui concerne l’avenir de notre option et l’avenir de notre parti.Je ne pense pas que je doive répondre à des questions sur ce sujet en Chambre,, maintenant.» Réflétant bien le chmat chaotique de l’Hôtel du Parlement, la séance de l’Assemblée a commencé avec plusieurs minutes de retard, dans l’attente de la conclusion du caucus mi-mstériel.Le seul à faire part officiellement de sa démission à l’Assemblée fut M.Jérôme Proulx, député de Saint-Jean, qui siège désormais comme indépendant tout en restant membre du Parti, comme M.Pierre de BellefeuiUe l’a fait mardi.Dans une brève déclaration, sur un ton ému, M.Proulx a expliqué qu’il était en désaccord avec la position fondamentale énoncée par le premier ministre au début de la semaine.Il rappelle ensuite qu’en 1969, il avait quitté le caucus de l’U N (dont Il était membre depuis trois ans) pour se joindre à l’opposition circonstancielle au fameux bill 63, alors formée également de MM.René Lévesque, Yves Michaud, Antonio Flamand et Gaston Tremblay.« Il faut quelquefois relire son histoire.C’est avec une profonde tristesse que je quitte mes collègues du caucus», conclut le députe péquiste depuis huit ans.D’abord whip en chef de son parti, M.Proulx était depuis cinq ans adjoint parlementaire aux Affaires culturelles.Il quitte aussi ce poste, perdant du coup des émoluments d’environ $10,000.A l’heure du déjeuner, il conférait au Café avec l’avocat Guy Bertrand, un indépendantiste farouche qui aspire au leadership péquiste.Les galeries étaient bondées plus qu’en tout autre moment depuis l’ar-nvée des caméras à l’.Assemblét*, il y a cmq ans.Durant toute la matinée, à la suite des réunions et conciliabules de la soirée et de la nuit précédente, des rumeurs persistantes couraient quant à la démission en masse de mi- ' nistres et de députés.A tour de rôle, pourchassés par les reporters, les ministres démissionnaires se sont rendus faire part de leur décision au premier ministre qui, de toute évidence, n’avait pas prévu l’ampleur de cette dissidence et de cette hé morragie.Fin fin de journée, les rumeurs continuaient de plus belle.Au début de l’après-midi, un caucus extraordinaire du PQ était con voqué à la hâte.La plupart des démissionnaires réels ou présumés étaient présents.Mais il y avait une absence notoire: celle de M.Jacques Parizeau qui, à la même heure, fai sait son entrée au Café du parle ment, avec sa femme, Alice.Un silence pesant se fit pour quelques secondes, le temps que Madame et Monsieur soient attablés et se commandent un apéritif.M.Parizeau n’est pas allé en Chambre.A leur sortie du caucus, députés et ministres cachaient mal leur émotion, même devant les flashes des caméras.Quelques-uns s’essuyaienl les yeux, d’autres marchaient la tête basse, la plupart se dirigeant vers l’Assemblée comme en une procession funèbre, l’air sombre et lugubre.Même en fin de journée, députés et ministres restaient désarçonnés et ne pouvaient donner des informations précises sur l’ampleur de la di sidence et des défections.« Vous êtes dans la brume ’?Nous aussi », répond un ministre important à un reporter.Un autre confie qu’il ne sait pourquoi il y a tant de départs, tous ayant fmalement le même objectif.leur.Charles-Emile Hamel, rédacteur en chef du Jour de Jean-Charles Harvey a maille à partir avec Henri Tranquille, qui écrit toutes ces péripéties à son ami Jean-Jules Richard, disparu quelque part du côté de Toronto.Le roman, annoncé longtemps d'avance par L’Institut Littéraire de Québec de Paul Michaud, qui l’offre en souscription, finit par paraître.Henri Tranquille veille de près à la publicité et se dit surpris que le journal La Presse publie un communiqué publicitaire en y ajoutant les mots « selon l’éditeur », pour bien démarquer la publicité de l’information.Plus Richard devient un personnage littéraire important, plus il est absent de la scène et plus son ami Tranquille, qui ne l’est pas toujours!, s’occupe de ses affaires.Un beau jour, dans la revue La Nouvelle Relève.paraîtra une critique de Berthe-lot sur le roman de Richard et un commentaire de Richard sur le dernier livre de Berthelot.On se renvoie l’ascenseur à qui mieux mieux.Les « amitiés httéraires » se font et se défont au gi'é des événements.Pendant ce temps, Henri Tranquille a vendu à sa librairie 270 des 300 exemplaitres du manifeste Refus global ainsi que vingt dessins et deux peintures de Gabriel Filion, Fin même temps, Roger Lemelin, qui vient de publier Les Plouffe el fait des scéances de signature dans les librairies, déclare, dépité de son peu de succès:» Les meilleurs signeurs d’autographes sont un attrait médiocre pour le public».C’était en 1948.Nous voici en 1984.Au Salon du livre de Montréal, Henri Tranquille m’a remis son ouvrage publié de façon artisanale (et peut-être à compte d’auteur) chez un petit éditeur, Bergeron.Henri Tranquille est un libraire légendaire.Il animait la vie littéraire de son époque.Il conseillait ses lecteurs avec ferveur.Il voulait sans doute devenir éditeur.Il dévorait les livres et sa passion des idées brûlait les murs de sa petite librairie.Henri Tranquille vivait la hl-téralure en famille.Il a fait faillite.Henri Tranquille est anachronique.Ses souvenirs Des lettres sur nos lettres seront vite noyés sous la pile des best-sellers.Il aura beau se présenter dans un stand au Salon du hvre, il restera légendaire.Il aura beau offrir son ouvrage en dépôt chez le libraire d’aujourd’hui, son livre disparaîtra dans un mois ou deux ou trois LUTTEZ CONTRE MALADIES REIN.Donnez à la Fondation Canadienne des Maladies du Rein.APPELEZ 1-800-268-7742 SANS FRAIS OPR.#77 24 novembre par la PC et l’AP ticiidiM à compter de 19 h.à l'hôtel Sheraton l,a\al.2440, autoroute des l.auren-tides ¦ De.s acitv ités variées, dont le ski de tond, la randonnée pédestre, le tennis in-lérieur, le racket-bull el les quilles, sont oMertes aux personnes ,seules par ra,sso-ciation \llo-Mondial ‘287-9719 ¦ • Intégration à la culture dominante ou ticceptation des identités culturelles dif-lérentes'’», tel est le thème d'une discussion qui aura lieu au Centre interculturel Monchanin, 4917, rue St-Urbain, à 20 h llnirée libre '288-72'29 ¦ \lelier d'échanges sur le thème «.Le .sens de la vie», avec des lecteurs de l'oeu-V re Dan.s la lumière de la \ érilé.message du Ciiaal d'.tbd ru-shin.à 19 h 30 au salon * du liv re.place Bonaventure, salle 7 de la me//;inine llntrée libre 663-702.Ï a Colleclede ,sangde la Croix-Rouge à Sl-llulHn t, Ciarnnson St-llubert, chemin de la Sav ane, de 10 h à 13 h 30, à Brossard, mail Champlain, 2130, boul Bapinière, de 14 h 30 à 20 h 30, el à roinle-Claire, Hôpital général du l.akeshore, 130, chemin Slillvievv, de 9 h 30 à '20h 30 Povjr recevoir LE DEVOIR à domicile composez sans frais l’un des numéros suivants: A Montréal: À Québec: 332-3891 687-2022 Extérieur: Code régional: (574); 1-800-361-6059 (879); 1-800-361-5699 (418): 1-800-463-4748 ^ (673); 1-800-361-5699 ONONDAGA CAMP (fonde en 1918) Filles et garçons, de 6 à 16 ans, venez passer l'été avec nous en Ontario.• Transport aller-retour au camp • Toutes activités incluses • Classes d'anglais flenconfre d'information dimanche, le 25 novembre de 2h00 a 4h00 à Montreal — Amenez vos enfanta Ç Montreal Amateur Athletic Association Club V Salle: Centenaire 2070, rue Peel — Montréal CARTES D’AFFAIRES ROBIC, ROBIC & \SS()( Il s \SSO( |.\II s Fondée en 1892 Conseils en propriété Agents de brevets d'invention intellectuelle et de marques de commerce 1514, Docteur Penfield Montréal, Canada.H3G 1X5 Tel (514)934-0272, Télex 05-268656, Cable MARION 1983.pour le cinquième lois en I esp.ice de quaire an.s, l'Assemblée générale de l'OM' réclame l'évacuation de.s trou|)e.s soviéti (|uesd' Mghanistan 1982 malgré les objections de.s pavs occidentaux, la commi.s.sion polilKpie de 1'Xssemblée générale lie l'OM se prononce |)Our un gel (les armements nucléaires 1972 l étal de siège e.sl proclamé en Bolivie où le gouvernement de droite dénonce un complot contre le légime 1971 la Chine devient membre permanent du Conseil de .sécurilé de l'OM' 1891 le itremier président du Brésil.Deodoroda Fonseca, est ren versé par une révolte de la manne 1.131 la paix de Kapiiel met un terme à la deuxième guerre civile en Suisse Ils sont nés un 23 novembre: l'hus-Inrieii anglais Thomas Birch (170.1).le com|M)sirt‘ur e.spagnol Manuel De Falla ( 1876)
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