Le devoir, 1 mars 1912, vendredi 1 mars 1912
>r y Y > 1/ ) r f / k, FROISIEME ANNEE—No.51 MONTREAL.VENDREDI 1er MARS.1912 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS .$3.00 UNION POSTALE .$6.00 Edition Hebdomadaire : canada.$1.00 ETATS-UNIS .$1.50 UNION POSTALE .$3.00 U DEVOIR Rédadion et Administration: 71a RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TELEPHONES : ADMINISTRATION’ ,>lain 7461 REDACTION: M, .^ ' r-> Directeur : HENRI BOURAjSSA FAIS CE QUE DOIS ! K- U QUESTION DU KEEWATIN Les faux prétextes.— Les droits de la Compagnie de la Baie d’Hudson et ceux de la minorité i - Nous allons retrouver devant nous—utilisés par les gens qui les ont violemment flétris—tous les prétextes qui ont servi à colorer la reculade de 1905.Voici déjà qu’un prétendu député conservateur-nationaliste, qui a le soin d’ailleurs de ne pas laisser tomber son masque, évoque le spectre de ‘Ta coercition’* envers le Manitoba! Mais qui parle de “coercition” et quel est le fond du débat?Personne n ‘oblige le gouvernement du Manitoba à accepter le vaste territoire et les abondantes subventions que le pouvoir fédéral se dispose à lui octroyer.Personne ne le contraint, le pistolet sur la gorge, de subir cet excédent de richesse.C’est lui, au contraire, qui demande au gouvernement fédéral, mandataire du peuple canadien tout entier, de lui attribuer une large part de ce domaine.Nous lui disons simplement: Ce territoire est grevé d’une servitude morale.Désireux d’éviter le retour de querelles funestes et de fixer les conditions que rencontreraient les futurs colons, le Parlement a décrété que la majorité y ferait les écoles qu’elle voudrait et que, si la minorité n’était pas satisfaite de ces écoles, elle pourrait y créer des écoles séparées.Les hommes d’Etat qui ont établi ce régime entendaient faire oeuvre définitive,—créer un état de choses qui vivrait aussi longtemps du moins, suivant l’expression de M.Miller, que prévaudraient dans ce pays la justice et les institutions britanniques.Vous voulez ajouter à votre province ce territoire?Prenezle tel qu'il est, avec la servitude morale dont il est grevé—comme vous acceptez la clause qui réserve explicitement les droits de la Compagnie de la Baie d’Hudson.Car la clause 7 du projet de loi dit, en toutes lettres: “Rien dans la présente loi ne saurait porter préjudice ni atteinte aux droits ou aux biens de la Compagnie de la Baie d’Hudson tels que définis dans les conditions sous lesquelles cette eompagnie a rétrocédé la terre de Rupert à la Couronne.” Si les droits et les intérêts de la Compagnie méritent d’être protégés par un texte précis, pourquoi n 'en serait-il pas ainsi des droits de la minorité?La liberté scolaire est-elle chose moins précieuse que les deniers d’un certain nombre de grands financiers?* # # Mais on évoque, pour pallier une injustice nouvelle, le souvenir de spoliations anciennes.—En quoi et depuis quand, le crime d’hier justifie-t-il celui de demain?En quoi, et depuis quand, la.faute de Paul justifie-t-elle celle'de Pierre?En quoi l’attitude passée du Manitoba et celle même du gouvernement d’hier justifieraient-elles le gouvernement d’aujourd’hui de ne pas faire honneur à la signature du Parlement, de ne pas racheter la parole de Blake et de McKenzie, de Campbell et de Miller?Si l’on acceptait la théorie de gens qui s’abritent derrière les actes qu'ils ont le plus violemment condamnés pour excuser leur propre défaillance, il faudrait conclure qu’une faute initiale entraînera et justifiera nécessairement une suite indéfinie de fautes nouvelles.Quel est l’homme qui, en dehors de la politique, oserait, soutenir une pareille thèse?Non! M.White, parlant des conditions financières faites au Manitoba.disait: No jouons pas avec les difficultés de texte.Abordons la question avec ampleur.Donnons au Manitoba pleine et franche justice! Nous demandons simplement, qu’on applique à la question scolaire le même principe et la même règle.* * * Et qu’on ne s'y trompe pas! L’importance de la question ue se ^mesure pas au chiffre de la population qui habite actuellement le Kee-watin—pas même à celui des citoyens qui y vivront dans cinquante ou cent ans.Il s’agit de, savoir si la, minorité—qui paie tous les impôts— a dans notre pays les mêmes droits que la majorité'—ou s'il existe chez nous une race taillable et corvéable à merci.On s’inquiète de l’avenir de l'Ouest.On craint que cette population d’origine étrangère ne se désaffectionne du drapeau britannique, si elle est gênée dans ses intérêts.Pense-t-on qu’il soit de bonne politique de froisser à la même heure, et dans leurs plus chers sentiments, les Canadiens de toute origine qui croient encore au respect de la justice et du droit?Les hommes qui ont.fait la loi de 1875 étaient des constructeurs.Nous demandons à leurs successeurs, libéraux, conservateurs ou nationalistes, de n’être pas des destructeurs.Orner HEROUX.LETTRE DE QUEBEC LA MAJORITE DE LA CHAMBRE CONTRE LES REBOUTEURS.— M.GOUIN EST D’OPINION QU’ILS NE DOIVENT PAS ETRE TOLE RES.— LE BILL DES BARRIE RES ET CHEMINS DE PEAGE.— M.SAUVE RESUME LA QUESTION.Québec, 29.—L’effort de M.Lafontaine, de Maskinongé, pour faire revivre son projet de tolérance en faveur des rebouteurs, en d’autres termes donner au juge la discrétion de condamner légèrement ou sévè rement les rebouteurs n'a pas eu de succès.Après avoir entendu une série de discours dont l’un par M.Cardin, sur les services que les rebouteurs rendent au publie, la Chambre a rejeté la proposition par un vote de 32 à 23.C’est M.Goorin qui virtuellement, a tué la motion du député de Maskinongé en plaidant que les rebouteurs n'étant pas reconnus par la loi, il n’y avait pas de raison de les tolérer.M.Tel-lier, lui, ne voudrait pas légaliser leur métier, mais il no voit pas d’objection à ce que le juge punisse légèrement ou sévèrement, suivant qu'il y a lieu, tandis que actuellement il est obligé de toujours punir sévèrement.M.Sylvestre, de Montcalm, a exprimé la même opinion.Ce vote a causé de cruelles déceptions chez certains partisans du ^1 à 11 qui ne craignent pas de lui trouver une portée politique.* • * Ce point réglé, M.Sauvé a repris le débat sur le projet concernant l’abolition des chemins et barrières de péage, dont nous parlions avant-hier.Après avoir répondu aux attaques du Ministre des Travaux Publics et du député de Laval contre le chef de l’Opposition, M.Sauvé fait riiistorique de la question des barrières et des ponts de péage et aborde le mérite de la mesure du gouvernement.Le député des Deux-Montagnes se prononce en faveur du principe du bill.Il a toujours été en faveur de l’abolition des taux de péage, mais à la condition que l’achat et 1 entretien des ponts et des barrières de péage ne soient pas un nouveau fardeau sur les municipalités.Les municipalités rurales sont assez taxées.Le Gouvernement demande à la Législature de lui voter une somme de $500,000 pour abolir les ponts et les barrières de péage dans la Province.A la page 26 de son rapport, le commissaire dit qu’il a constaté l’existence de.42 ponts de péage dans la Province de Québec, et il ajoute que le “capital engagé dans ees ponts par les individus ou corporations.peut être évalué à $750.000.00, le pont Victoria non compris.” Vingt-six ponts évalués à $750,000.00, s’écrie M.Sauvé, et le gouvernement n'aura que la somme de $500,000.00 pour les acheter! Qui paiera la différence .si ce ne sont les municipalités?“Le bill qui nous est soumis autorise le Gouvernement à dépen-“ ser une somme n’excédant pas $500,000.00, pour indemniser ou eon-“ tribuer à indemniser les syndicats, personnes, corporations ou eompa-“ gnics qui sont propriétaires ou qui possèdent ou exploitent de tels “ ponts, chemins ou barrières.” Cela veut dire que le gouvernement s'il le veut, ne fera que contribuer à indemniser les syndicats, etc.Dans ce cas, les municipalités seront-elles forcées de contribuer leur part, non seulement pour l’entretien, mais aussi pour l’achat de ces ponts?Je soumets que le gouvernement imposerait alors un fardeau trop lourd aux municipalités.Au sujet de l’entretien, l’article 2 du bill décrète oc qui suit; “A “ moins qu'il y ait accord préalable entre les parties intéressées à ce “ sujet, la Commission des services d’utilité publique de Québec doit, “ par son ordonnance fixant les indemnités, déterminer par qui et de “ quelle manière seront entretenus les ponts ou chemins expropriés, et.{Suite à la 2ème page) MLLE T DU SOIR LES DROITS DU CHIEN.-•/.le juge Morson, d-c Toronto, a ta passion, la maladie, la rage de la t mdition j udic iaire.L'autre jour, devant son tribunal, l’un de ses administrés réclamait ving dollars de, dommages-intérêts à un monsieur dont le chien, d’un coup de dents, avait fait dans son pardessus un trou {montrant du doigt la tête ahurie de l’huissier) grand comme ça.M.le juge Morson, qui est consciencieux, prit la.cause en délibéré, selon l’expression technique, et fttuilla de vieux textes, ù la recherche de précédents.Un juge qui veut bien s’en donner la peine trouve toujours des précédents, car chaque jugement, empreint d’un caractère d’infaillibilité, fait autorité.M.le juge Morson en trouva, dans les lois anglaises, de délicieux.Autrefois, en Angleterre, c'était un luxe que d’avoir un chien et seul l’Anglais riche et titré en possédait un.Or, cet animal intelligent, fier d’appartenir à l'élite, n’avait que mépris pour le manant et son mépris, pour un oui, pour un non, se manifestait de façon tangible et cuisante sur la personne du rustre.Quand celui-ci pouvait démontrer qu’un chien muait porté atteinte à l’intégralité de son individu, il réclamait une indemnité devant le tribunal.Comme la justice a toujours été rendue par la haute, ces messieurs avaient trouvé un moyen ingénieux de protéger leurs amis, pourvus de chiens, contre la plèbe, qui n’en avait^ pas, en klécrétant qu’un chien a droit à une bouchée.Si ce n’est que le premier' pas qui coûte, la première morsure ne coulait rien alors à l’amateur de chiens qui avait négligé de museler le sien.Donnait-il un second coup la dent dans quelqu’un, le tribunal appréciait les dommages, mais la première bouchée était non avenue.C’était le bon temps, alors.Mais depuis, Varistocratie baissant et la plèbe montant, tontes deux se sont rencontrées au milieu de l’échelle, sociale, et le prolétaire de nos jours entend, bien qu’on respecte son mollet et son pardessus tout autant que ceux, plus gras et plus riches, du financier.Les droits du chien ont été abolis, du moins dans la pratique, mais ils subsistant néanmoins dans les textes explorés par M.le juge Morson, lequel les a revendiqués hautement et a renvoyé le plaignant avec dépens.Si le pauvre homme qui s’est fait arracher une basque de son pardessus avait connu ces prescriptions merveilleuses, il aurait -pu se prévaloir de ses droits en incitant le chien à prendre une seconde bouchée-.Que ne tendait-i’ Vautre.joue ?Léon LORRAIN.- ^ - La grève des mineurs anglais LE ROLE DU PARTI OUVRIER SUR LE TERRAIN ECONOMIQUE.La grève générale des mineurs anglais commence pratiquement aujourd’hui.Le gouvernement a échoué dans sa tentative d’amener une entente entre les mineurs et leurs patrons.Ceux-ci sont prêts à adopter un salaire minimum que demandent les ouvriers, mais à des conditions que ces derniers, ne peuvent accepter.Nous avons déjà laissé, entendre lundi dernier que le mouvement gréviste, lancé par l’élément socialiste et poussé activement par lui, s’était emparé de la masse des ouvriers et qu’il était à craindre que la Fédération Nationale, malgré son désir d’éviter la grève, ne pût jamais surmonter le courant populaire.C’est bien ce qui est arrivé.Les mineurs avaient pour eux l’expérience d’un autre groupe, qui, l’an dernier, avait abandonné à ses officiers le soin de régler le différend.La grève des “dockers” fut vite réglée mais non pas à la, satisfaction, dit-on, des grévistes, qui retournèrent au travail, mécontents du règlement effectué.Les mineurs s'y sont pris autrement, ils ont imposé à leurs officiers et.délégués, un vote referendum écrasant en faveur de, la grève; et la Fédération Nationale ne pouvait guère aller à l’encontre de cette volonté énergiquement manifestée par ses membres, sans s’exposer à voir sa conduite désapprouvée.Elle a suivi la voie que lui avaient tracée ses membres, _ Les mineurs anglais veulent la guerre n tous prix; et les patrons ne semblent pas anxieux de l’éviter.Les uns et les autres veulent régler le différend une fois pour toutes.Dans ces conditions, il est peu probable que les parties en cause en viennent d'elles-mêmes à un règlement quelconque.Personne ne voudra céder.La misère même ne ferait que Le Mexique en révolution LETTRE D’OTTAWA Zapata, l’adversaire de Madero et de l’ordre social JOURNEE CALME.— DEUX BILLS IMPORTANTS PRETS POUR LA DERNIERE ETAPE.— AUTOUR DES POSTES ET DES CABLES — LA CORRESPONDANCE DES DEPUTES.— LA RAISON DU La révolution mexicaine prend des proportions inquiétantes pour le gouvernement, régulier.La prise de Juarez par les rebelles du nord paraît avoir porté une atteinte sérieuse au prestige du président Madero, et l’on se demande déjà ee qu'il adviendra de son gouvernement s'il ne parvient pas à enrayer bientôt par un coup de maître la marche du mouvement révolutionnaire, qui le menace de deux côtés à la fois.Pendant que les rebelles du nord s'emparent des villes de la Chihuahua, ks bandits de Zapata ravagent les états du sud et manifestent leur intention d’établir le gouvernement de leur rêve sur tout le Mexique.Ce serait du propre.Zapata ne semble avoir aucun grief particulier contre Madero lui-même, si ee n'est que le nouveau président n’a pas encore réussi à transformer le Mexique en paradis terrestre.Toute sa haine est tournée contre le vieux Diaz et contre l’état de choses que le dictateur abhorré a laissé derrière lui.Parce que Madero n'a pas consenti à détruire de fond eu comble l’oeuvre de son prédécesseur, Zapata continue la guerre pour son propre compte.Après avoir été le'compagnon d’armes de Madero.qui lui doit une part considérable de sa fortune politique, il est mécontent de ce que le président n'ait pas poussé le principe révolutionnaire jusqu'à ses dernières conséquences en exterminant, tons les amis de Diaz.Madero a jugé impossible la réalisation des réformes demandées par Zapata; le “tigre d’Ayala,” s’est chargé île faire lui-même cette besogne.H y a quinze ans.Zapata était un petit fermier de l'état de Morelos.A cette époque, l’on découvrit que cet état renfermait les terres les plus riches du Mexique au point de vue agricole e,t que la canne à sucre y donnait des rendements merveilleux.Les amis de Diaz jeté rent des regards de convoitise sur cette fertile région et commencèrent à y appliquer les procédés en honneur dans d’autres parties du .Mexique.Les petits propriétaires furent forcés de vendre ou de quitter le pays; des centaines de modestes fermes furent réunies en une seule exploitation destinée à faire la fortune d’un seul individu., Zapata subit le sort de la plupart des cultivateurs de la région ; ruiné par un coup de force, il tomba au rang de simple manoeuvre.Cependant, il n ’avait pas abdiqué scs droits de citoyen, comme tant d’autres stoïquement résignés à l'inévitable.11 ne pouvait être question, pour lui.de faire une opposition ouverte au pouvoir; il se fit, parmi ses voisins et ses proches, agitateur et organisateur de la résistance contre les grands spéculateurs fonciers et le gouvernement qui leur prêtait son appui certain, quoique plus ou moins déclaré.Reconnu dangereux, il fut arrêté, condamné comme ennemi du gouvernement et exilé dans les terres chaudes d’où un prisonnier politique ne revient pas plus souvent que l'on ne revient vivant de Sibérie.Zapata subit sa peine et revint dans son village d’Ayala, affermi par l’épreuve.La souffrance avait affiné son jugement, et il continua av c plus de prudence son agitation.L'on sait maintenant que quand Madero entra en campagne contre Diaz, Zapata avait déjà conçu son plan révolutionnaire et comptait plusieurs centaines de partisans dévoués.IJ, se mit en rapport avec le chef des rebelles du nord et lui demanda des subsides.Madero répondit qu’il manquait de fonds et suggéra à Zapata d’agir pour son propre 'compte.L’on ne sait comment Zapata interpréta le message; mais il est certain qu’il réunit des forces considérables qui ravagèrent le sud du Mexique.Ses bandes armées se composaient des plus sauvages combattants de la révolution, de véritables bandits, malgré la répugnance que leur chef éprouve à les laisser qualifier ainsi.A la chute de Diaz, Zapata avait 4,000 hommes sous ses ordres; il refusa de déposer les armes sur l’invitation de Madero et il continua à rançonner les particuliers pour se dédommager des torts que le gouvernement Diaz avait eus envers lui.Pendant da courte présidence de Francisco de la.Barra comme depuis l'inauguration de celle de Madero, Zapata et ses bandes n’ont cessé de tenir les provinces du sud en alerte, témoignant ainsi que le nouveau régime ne leur est pas plus agréable que l'ancien.Ces révolutionnaires sont en réalité des anarchistes, qui ont adopté les pires doctrines de Karl Marx et en réclament l’application.Dans un document publié par leur chef, ils préconisent l’élection de tous les dignitaires de l'Etat au libre suffrage universel, la.nationalisation des bien fonciers et Igjir répartition égale entre tous les citoyens pauvres, ainsi que toutes les autres réformes prônées par les socialistes-collectivistes.Cette campagne menaçante pour l’ordre social est la plus redoutable que le Mexique ait connue.Pris entre les révolutionnaires du nord et ceux du sud, le président Madero et.son gouvernement ne sont pas précisément sur un lit de roses, on l’admettra sans peine.Uldéric TREMBLAY.compliquer la situation sans peut-être amener les mineurs à capituler.Elle ne servira guère qu’à les aigrir davantage, à provoquer probablement des scènes de violences et à fournir des arguments aux partisans de la grève sans merci.L’intervention pacifique du gouvernement n'a pu aboutir.Il reste son intervention au parlement.On prête au gouvernement l’intention de passer une loi établissant un salaire minimum dans toutes les mines aux conditions des mineurs ou selon les désirs des patrons.Mais cette lokne saurait jamais être favorable qu’à l’une des parties et elles se butera soit, aux influences financières puissantes qui auront bien des moyens de l'éviter ou à un état d’âme d’un million d’hommes, qui ne manqueront pas d’occasion de provoquer un soulèvement contre elle, et le malaise sera plus grand encore parce que la partie qui se croira lésée aura à lutter contre une puissance, dans un cas comme dans l'autre, soutenue par l’Etat.La difficulté par la force des choses est portée sur le terrain politique, et c'est ici que l’on verra enfin le Parti ouvrier à l’oeuvre dans son vrai rôle au parlement.Ce n’est plus une question de pur “trade-unionisme”, c’est une question de politique ouvrière, qui s’est donné nour mission de porter son activité sur le terrain économique.Essentiellement, on peut dire, les unions sont en conflit avec les intérêts des autres classes de la société, le Parti ouvrier, en Angleterre comme ailleurs, a un idéal plus étendu et il doit défendre les intérêts de la classe ouvrière comme partie intégrante de la société tout entière.Il représente l'élément ouvrier dans la société d'un peuple dont toutes les classes doivent s’entendre, s'aider, se soutenir mutuellement.11 sera intéressant de suivre le Parti ouvrier anglais dans la lutte qui se fera en Chambre.Le problème se eomplique du fait que le Parti ouvrier eompte un fort élément socialiste très avancé oui en profitera sans loute pour pousser ses idées extrémistes.Mais il sera peut-être possible de saisir la mentalité du groupe modéré au cours du débat et d'en tirer d’utiles leçons pour chez nous, où l’on semble craindre l’influence d'un Parti ouvrier en Chambre, qui pourrait bien plutôt devenir une force utile, si l'élément modéré et sincère voulait, une bonne fois se mettre à l’oeuvre et s’emparer du mouvement pour en faire une oeuvre sérieuse.J.-C.-O.BERTRAND.-— - ii— i - Sur le Pont d’Avignon.I.a déclaration de Lavergno sur la question du Keewatin n’a surpris personne.Nul n’avait songé à le classer parmi les “douteux”.“ Je n'accepterai pas des bleus ee que je n’ai pas voulu accepter des rouges ”, dit le député de Montmagny.Et le cri aura de l’écho dans la foule.De la Barra dit qu’il faut un homme à poigne pour gouverner le Mexique.C’était aussi l'avis de Diaz, mois on a fini par trouver que la poigne était trop dure.Les députés reçoivent beaucoup de lettres de ee temps-ci.Beaucoup de gens sont à recueillir les programmes et déclarations publiés au cours de la campagne électorale.Heureux ceux qui se sentiront 1 ci cr-gle de rester fidèles à leurs premerses.On annonce que Roosevelt vient de se trouver un “manager”.Tl est probable que malgré tout, c'est oicore lui qui sera le grand “manager” de la campagne.Il n’a pas l’habitude de laisser aux autres les premières places.¦Si l’on protège les droits de la Compagnie de la Baie d’Hudson, pourquoi pas ceux de la minorité ?DEMAIN Le “Devoir” publiera un article de M.Henri Bourassa.PLUS FORT._ “ECLAIRE LA ".Motiva.2J, Tout a été calme, aujourd’hui, aux .Communes, -uats ks députés ont bien travaillé.Ils ont enfin donné le coup de pouce definitif au bill des grains, l'ont préparé pour la dernière étape, puis ils ont lait de même pour le bill de la commission du tarif.Ces deux mesures fort importantes ne prendront plus, désormais, le temps Ue ta ( h ambre.En cinq minutes, à une séance prochaine .elle disposera.f inalement des deux, et ils prendront la route du Sénat.Il est peu probable que la Chambre Haute leur fasse subir des modifiea-lions de quelques conséquences.* • * La gauche, à maintes reprises, a demandé au ministre des fiaaft-
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