Le devoir, 4 décembre 1930, jeudi 4 décembre 1930
Volume XXI— No 281 Abonnements par la poste: Edition quotidienne CANADA.5 6.00 E.-Unis et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE.10.00 Edition hebdomadaire CANADA.2.00 E.-UNIS ET UNION POSTALE .3.00 ï ïroî JjIj JJljVUlli Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! Montreal, jeudi 4 décembre 1930 TROIS S oTTs LÏ NUMERO Rédaction et administration 430 EST NOTRE-DAME MONTREAL TELEPHONE: .HArbour 1241» SERVICE DE NUIT : Administration : .HArbour 1243 Rédaction : .HArbour 3679 Gérant :.HArbour 4897 Encore le marché Bonsecours On trouvera, aujourd’hui, sous la rubrique des Lettres au "Devoir", une longue communication de l’exécutif de TUnion catholique des Cultivateurs en réponse à notre article du 1er courant sur le marché Bonsecours.L’exécutif nous sert une philippique, verte et aigre comme de la rhubarbe, parce que nous avons écrit qu’il a modifié son attitude au sujet de l’emplacement du marché central uniquement patr complaisance pour l’administration municipale, laquelle, depuis l’époque où l’U.C.C.réclamait l’agrandissement du marché Bonsecours, avait changé de couleur et de sentiment.Avions-nous raison d’écrire ce que nous avons écrit?Il n’est que de lire la communication de l’U.C.C.pour se rendre compte que celle-ci a grand tort de se fâcher contre nous, puisqu’elle confesse jugement.Elle appuyait le mouvement en faveur de l’agrandissement du marché Bonsecours sous M.Brodeur et sous M.Desroches parce que ces messieurs soutenaient que c’était la seule solution possible.L’administration municipale est renversée.On ne connaît pas le sentiment de la nouvelle au sujet du marché Bonsecours, sauf que l’un des membres de l’exécutif a obtenu son élection en s’engageant à faire l’agrandissement.Le 4 septembre, elle reçoit une délégation dont fait partie l’U.G.C.Le président de celle-ci est muni de requêtes recueillies par l’entremise des quarante curés de quarante paroisses des environs de Montréal pour préconiser l’agrandissement du marché Bonsecours.M.Lalonde présente cette requête et réclame de nouveau au nom de l’U.C.C.l’agrandissement du marché central actuel.M.l’échevin Deguire expose pour la première fois officiellement le scheme d’un marché central, rue Frontenac, qui ne serait pas central par son emplacement mais seulement à quelques minutes de distance du marché de Maisonneuve.M.Lalonde se rallie, séance tenante, à ce projet et déclare aujourd’hui que les requêtes qu’il présentait lui-même avaient été obtenues parce que les signataires étaient sous l’impression qu’il ne pouvait y avoir d’autre projet que celui de l’agrandissement du marché Bonsecours.Est-ce que l’attitude même de PUnion des cultivateurs n’avait pas contribué à mettre les signataires sous cette impression?D’ailleurs, comment peut-on expliquer que ce corps ait appuyé le mouvement en 1929, en 1928 et avant s’il considère aujourd’hui impraticable l’agrandissement du marché Bonsecours du point de vue de Pintérêt de la classe rurale?Celle-ci n’est pas appelée à payer pour l’emplacement de la rue Frontenac; elle ne Pétait pas non plus pour l’emplacement sis entre les rues de Berri, Notre-Dame, Saint-Paul et la place Jacques-Cartier.Ce ne peut donc être la question de coût qui a décidé de l’attitude de l’Union.L’U.C.C.insiste beaucoup sur cette question de coût, sans en rien connaître.(On vient tout juste de nous dire que l’Association des hommes d’affaires de Ville-Marie a des promesses de vente en mains pour la presque totalité du quadrilatère à acquérir et que ces promesses de vente n’atteignent pas, loin de là, les deux millions prévus par la loi.) C’est parce qu’elle ne connaît pas plus que personne le chiffre réel du coût de l’expropriation et qu’elle parle de dix ou douze millions que nous Pavons invitée, non p-as comme elle dit brutalement, à se mêler de ses affaires, mais à exercer plus de discrétion.Il serait illogique de notre part, puisque nous avons déjà fait écho à scs réclamations au sujet du marché Bonsecours, de contester à PU.C.C.tout titre à s’occuper de la question des marchés.Mais la plupart des contribuables se disent qu’après tout, l’organisation du marché central doit se faire à Montréal, pour le bénéfice des gens de Montréal et aux frais des gens de Montréal.L’U.C.C., qui ne parait pas autrement émue de Penlaidis-smeent graduel et rapide des campagnes où les vieilles maisons sont remplacées par des boîtes souve.nt.jnunies d’escaliers extérieurs, s’inquiète de l’aspect esthétique des environs de l’hôtel de ville au point d’en faire Pun des principaux arguments en faveur du déménégament du marché.Il faut à tout prix embellir la place Jacques-Cartier, même si la ville est obligée d’exproprier des héritiers de ceux qui ont donné cette place à la ville pour qu’elle soit convertie en marché.Etrange! Que devient la question d’économie?Revenons à la question esthétique.' Nous confessons que nous ne savions pas que le pittoresque du marché Bonsecours fût si laid.Cependant nous ne sommes pas compétents en la matière, mais il nous sera bien permis de préférer sur ce point prendre avis de la Commission d’urbanisme, çréée récemment ou à la veille d'être créée et chargée particulièrement de s’occuper de ces problèmes.Sur la question de l’emplacement du marché, PU.C.C.souffrira aussi que nous préférions à une décision prise en coup de vent au cours d’une délégation, la décision qui sera rendue, nous en avons l’espoir, par la Commission technique instituée spécialement pour étudier des problèmes de cette nature.L’U.C.C.souffrira également que nous fassions peser d’un poids égal dans la balance l’intérêt des cultivateurs qui se plaignent de l’encombrement du marché et Pintérêt des propriétaires du quartier où devait se faire l’expropriation autorisée par Québec et qui n’ont pu garantir à leurs locataires des baux de plus d’un an, qui ont souffert de l’embouteillage de la circulation au point d’être contraints, en certains cas, de fermer des établissements de commerce.Aucun contribuable montréalais n’aurait d’objection à ce que PU.C.C.entreprit le règlement du problème îles marchés si elle voulait assumer une partie des frais.No taxation without representation.La plupart des Montréalais en tiennent encore pour le viei axiome.Que penserait l’Union des Cultivateurs si la Chambre de Commerce de Montréal dédorait que la station agronomique de l’Assomption, par exemple, est mal située et qu’il faut la déménager à Saint-Jacques?On trouverait peut-être la suggestion très opportune, mais on ne manquerait pas de penser qu’elle est faite par un corps qui n’a aucune qualité pour justifier son intervention.Pour que PU.C.C.appuie sans crainte «l’indiscrétion le projet du marché Frontenac, il faudrait que le conseil se fût prononcé comme il s’était prononcé en faveur du marché Bonsecours on acceptant l’amendement à la charte, ce qui n’est pas fait.De fait, n’était Ja dualité des fonctions exercées par le maire, et qui parfois le tiraillent en sens opposés, il y a longtemps que le comité exécutif eût donné à entendre que le marché sera construit où les représentants des contribuables le jugeront bon et que les cultivateurs qui n’y voudront pas venir n’y viendront pasu Nous tenons compte des excellents sentiments de l’U.C.C., elle veut bien rappeler la collaboration que nous lui avons accordée.Rien de plus vrai.L’un des cas où nous avons le plus étroitement et le plus assidûment collaboré avec elle, c’a été dons cette affaire de l’agrandissement du marché Bonsecours.Nous avions été convaincu dans le temps par les arguments que faisait valoir l’organe de PU.C.C.Celle-ci souffrira que nous restions de la même opinion, même si le gouvernement munici- Nos enquêtes Un besoin qui s’impose L’établissement d’un refuge de jour pour les sans-abri qui sont vieux, malades ou infirmes est devenu un chose absolument nécessaire - Une institution religieuse devrait s’en occuper En visitant le refuge Meurling, par un soir pluvieux du mois dernier, pavais trouvé bien triste te défilé de tant de misères.J’en ai mal-heure u sein eait vu d’autres à mesure que j’ai continué mon enquête.Rue des Commissaires, à proximité du marché Bonsecours, en plein jour, j’ai vu des femmes et des enfants fouiller dans des poubelles pour y trouver de quoi assouvir leur faim.J’ai vu deux vieillards, en haillons, avant de se mettre dans la file des affamés de la bonne Soeur Bonneau, se bousculer pour un fruit pourri jeté dans le crottin de la rue.Ces ^ens-Là ont faim pour vrai puisqu’ils mangent ces ordures.Je les ai vus faire.Mais le spectacle le plus navrant et le plus émouvant de la misère urbaine., je l’ai vu avant-hier soir.Il faisait froid, avant-hier, mardi : le mercure du thermomètre était tombé de plusieurs degrés sous zéro.A cause du froid sans doute, le refuge Meurling a ouvert ses portes, ce soir-là, une heure plus tôt que d’habitude, à 5 h.30, au lieu de G h.30.A peine le refuge avait-il ouvert ses portes que de toutes les encoignures, de toutes les portes cochè-res du voisinage — il y en a en quantité dans cette partie du vieux Montréal — surgirent des gens, une armée de vieillards, d’infirmes, d’éclopés.Ce fut une ruée vers le refuge.L’un boitait, l’autre boitillait, un troisième se soutenait péniblement sur ides béquilles en s’efforçant d’aller aussi vite que possible pour ne pas perdre la chance d’être de la première fournée de la mi-séricordieu'se machine municipale.En un rien de temps, cette première fournée de 177 réfugiés fut absorbée.Ixw autres, groupés en essaim autour de la porte, dur ont attendre.11 y avait déjà assez de monde pour emplir la maison et, ce soir-là, Meurling a dû re-fusçr des clients.Ix*s derniers admis avaient été obligés de rester au froid, dans la file, pendant une ‘ heure et même plus.Les autres ont été sans doute dirigés vers des postes de police.On peut juger de la grande détresse des sans-abri, surtout de ceux qui sont vieux, malades, infirmes ou éclopés, ipar ce seul fait qu’une heure avant le temps, ils étaient assez nombreux dans le voisinage du refuge Meurling pour remplir la maison, chacun guettant sa chance d’être admis.Les soirs de grand froid, il y a toujours «ffluence à Meurling.Ces hommes vieillis, malades, impotents.infirmes, étaient prêts à attendre une heure et même plus, en grelottant, pour avoir un gîte pour la nuit.Ce qui ne peut se décrire, c’est leur ruée en masse sur le refuge dés que la porte en fût ouverte.L’honnête con.stn.ble qui est quotidiennement de service à cet endroit s'est trouvé débordé.Il lui était impossible d’en défendre l’entrée.La première fournée a dit dépasser le chiffre officiellement prévu, 177.le constable de faction, battant lui-même de la semelle, n’avait pas le courage d’intervenir.Il laissait défiler la misère.Où ces miséreux, ces souffreteux avaient-ils passé ta journée?A courir les soupes gratuites, chez Soeur Bonmeau.chez les Soeurs de la Providence de la rue Saint-Hubert, chez les Soeurs de ]’Hôtel-Dieu.à la porte des antres couvents des Soeurs Grises et des Soeurs de la Providence, à la porte de l’Assistance Publique ou encore à la porte de la maison des oeuvres de l’évêque Farthing, rue de l'Université.A chacun de ces endroits, il leur avait fallu se mettre à la file, attendre leur tour, ce cpii signifie quelque chose, par un jour de grand froid, pour quelqu’un qui est insuffisamment vêtu et qui, par surcroît, souffre d’une, maladie ou d'une infirmité.Les institutions de charité ne peuvent d’ailleurs faire mieux.Elles son» débordées, tout comme le constable qui maintient l’ordre à la porte de Meurling.Il leur est impossible de répondre aussi vite qu’elles le voudraient aux demandes de secours tant celles-ci sont nombreuses.Ce qui étonne, c'est le grand nombre des vieillards, des infirmes, des éclopés dans cette foute de miséreux, l'ne commission d’enquête siège gravement à l’hôtei de ville pour trouver une solution au problème du chômage.Avec son projet de recensement préalable des chômeurs, il n’est guère probable qu'elle trouve promptement un moyen de secourir la misère.C'est pourtant ce qui ^porte.G’esi bien beau de compiler une statistique qui nous apprendra aussi exactement que possible combien il y a de chômeurs et d'indigents dans notre ville.Il serait plus pratique d’offrir d’abord du secours.Quand des gens crèvent de faim et de froid, ça n’est plus le temps de convoquer un comité.C’est le temps d’agir.La commission en question ne s’occupe que du chômage.Ca n’est là qu’un aspect du problème de la misère à Montréal.L’âge, l’infirmité, la maladie empêcheront un grand nombre de sans-abri de travailler, même si on leur offre de l’ouvrage.II est encore étonnant qu’une journée aussi froide que celle de mardi dernier n’ait pas occasionné la mort d'un grand nombre de ceux qui courent les soupes gratuites.Les hôpitaux se sont tout de même ressentis de la rigueur de cette journée-là.Quelqu’un qui est à même de se rendre compte de la situation dans les hôpitaux me dit que les cas d’hospitalisation des indigents ont considérablement augmenté au cours de cette semaine.Nous n’avons pourtant eu jusqu’ici qu’une seule journée de grand froid.Qu’est-ce que cçla deviendra quand nous aurons l’hiver pour de bon?Trouvons de l’ouvrage pour les chômeurs, aidons-tes de toute manière, mais ne délaissons pas les sans-abri qui sont vieux, infirmes ou malades.C’est pour eux que l’établissement d’un refuge de jour s’impose sans tarder.Pour cela, il ne faut vraiment pas compter sur l’administration municipale.Ses décisions sont trop lentes.Un échevin ou plutôt deux échevins, MM.Charbonneau et Seigler, se sont occupés de la question mais ils n’ont encore rien obtenu de leurs collègues.Comme le temps presse, il semble que ce sont des institutions religieuses qui agiront avec le plus de diligence.L’établissement d’un refuge de jour où les sans-abri invalides trouveraient le gîte et le couvert ne coûterait pas beauc o,*ft d’argent.Le gîte, ça peut èft*e n’importe quelle salle à condition qu’elle soit chauffée et éclairée.Il y a tellement d’édifices vacants à Montréal que l’on peut facilement trouver à bon compte un local convenable dans le bas de la ville.Le couvert, c’est pour chaque indigent un bol de gibelotte, de stem, — avec un peu de viande, s.v.p., — quelques tranches de pain et une tasse de thé.Albert Chevalier, directeur de 1 Assistance municipale, me disait que la distribution du pain et du café au refuge Meurling ne compte pour ainsi dire pas dans le budget de l’institution.Pourtant le refuge Meurling distribue du pain et du café, deux fois par jour, à plus de 700 homines.Informations prises auprès de quelqu’un qui s’y entend en ce genre de cuisine, le repas d’un sans-abri hospitalisé — stem, pain, thé—coûterait moins de cinq cents.Pour mille hospitalisés, ce qui est beaucoup plus que la population quotidienne de Meurling, les frais de table ne s'élèveraient même pas à $50.par jour.Le lover et le chauffage d’une salle coûteraient encore moins cher.Sans compter qu’une institution religieuse qui entreprendrait une telle oeuvre apostolique pourrait compter sur l’aide pécuniaire du public catholique.Je tiens à bien faire remarquer cependant que le refuge de jour dont presse rétablissement serait destiné aux sans-abri qui sont vieux, malades, infirmes ou éclopés.Emile BENOIST gé la moyenne de la vie.La pasteurisation du lait et de certains aliments, leurs meilleures méthodes de conservation, les sérums de tout genre contre vingt maladies différentes, tout cela a contribué à hausser les chances de survie des hommes de moins de trente ans, et surtout des enfants de moins de cinq ans.Men de plus.Far ailleurs, /’automobile fait en un an plus de victimes, en Amérique, que tontes les guerres du Moyen Age pendant la même période.Il est des catégories de gens parmi lesquels la proportion des morts est moins élevée qu’il y a cinquante ou soixante ans, et chez lesquels la moyenne de vie est de dix ans plus longue qu'alors.Ce sont des privilégiés de la vie, si l’on peut dire.Le mal, c'est que ces catégories sont surtout des groupes d’assurés qui subissent périodiquement un examen médical volontaire.Ce ne sont ni tes plus riches ni les plus vigoureux des hommes, mais ce sont des gens prudents.La prudence n’est pas l'exagération, la manie.U est telle chose que l’excès de prudence.Vous ne voulez jamais boire que des eaux minérales ou de l'eau filtrée et bouillie?Un jour, forcément, vous devrez vous abreuver d’une eau que n’importe qui à peu près pourrait boire sans s’exposer à ta maladie; pour avoir été trop prudent, vous risquez fort d'attraper ta typhoïde, ayant outré tes précautions ordinaires.Vous tenez absolument à prendre tous vos repas à l’heure fixe, au chronomètre?Vienne un léger retard contre lequel il ne vous sert à rien de protester, puisqu’il est inévitable; mal disposé, mais affamé, vous vous attablez de fort mauvaise humeur, vous mangez trop vite, peut-être outre mesure; vous serez mal, vous aurez une indigestion, vous vous effraierez, noms absorberez vingt différentes sortes de potions, au hasard, et si vous ne mourez victime de votre excès de prudence, cela ne sera pas de votre faute.Le' nombre de ceux qui meurent de vieillesse est restreint.La maladie tue plus d'hommes que le vieil âge.“Un grand nombre creusent leur tombe avec leurs dents”, dit un vieux proverbe, — et c’est la sagesse même.L’on y pourrait ajouter en cette période-ci.“ou avec leurs rondes".Ils les ont trop souvent levés.L’on veut vivre âgé; mais quel soin prend-on de sa santé?N'est-ce pas pourtant l’un des trésors irremplaçables, qui, une fois gaspillés ne se peuttent récupérer?“Avec la santé, tout est source de plaisir; sans la santé, rien n’est plaisir.La plus grande folie est de sacrifier sa santé à toute nuire sorte de bonheur, quel qu’il soit; ni la volupté, ni le gain, ni les honneurs, ni la science, ni la célébrité ne valent la perte I de la santé”, a dit un philosophe.C’était un sage, — en théorie; car il est lui-même mort à l'âge rm)r et miné par la débauche.S'il eût vécu ce qu’il prêchait.JEAN LAÎIRYE.Chronique Vivre âgé C’est l’ambition d’un grand nombre d’hommes et de femmes.Et pourtant, chaque jour, autour de nous, des individus vigoureux et robustes tombent, à cinquante, à quarante ans, plus jeunes même.Ils avaient toutes les chances d’atteindre à un grand âge.La pneumonie, une typhoïde, une grippe infectieuse les a jetés à bas, comme la tempête fait du chêne aliter.A l'heure présente, l’homme atteint tin âge moyen de 58 ans.C’est, d'après des statisticiens, la durée probable de la vie de tout nouveau né.Mats des milliers de ceux-ci ne voient pas l'année.Et l'homme de cinquante ans a, selon les tables d'actuaires, 1a perspective de vivre une vingtaine d'années de plus.Depuis cent ans environ, il n'y a pas en de changement dans ce chiffre; cinquantenaire de 1830 avait font autant de chance de vivre jusqu’A sotrantc-dir ans que nos contemporains qui passent de la quarantaine an demi-siècle.Nos inventions n’ont guère chan- pal a changé, même si certains membres de l'exécutif ont fait mime d’écarter l’agrandissement du marché Bonsecours, non pas à cause de la dépense - - la dépense n’effraie pas l'administration, on l’a vu dans l’cngagemcmt de M.Lancaster.— mais parce que, selon une rumeur, l’uti des intéressés, dont la propriété devait être acquise ou expropriée, était un puissant adversaire du groupe houdistc dans le domaine municipal et provincial.ô Louis DUPIRE La session de Québec La Chambre paraît se hâter lentement Discours de MM.Thisdel et Oliver — Le bill du chômage et l'opposition LA DROITE ÏNTRIGuiE PAR LE SILENCE DE M.HOU DE Bloc-notes Cette nomination Un Australien vient d’étre nommé gouverneur-général de l’Australie.Ce n’est pas, comme l’on sait, la première fois qu’un citoyen de l’un dos Dominions accède à cette magistrature.Les doux seuls gouverneurs-généraux de l’Etat Libre d’Irlande ont été des Irlandais: M.Timothy Healy et M.James MaeNeill.Mais il semble que leur choix n’ait pas fait le même bruit ni soulevé le même émoi que la nomination du magistrat australien.11 peut y avoir à eela plusieurs raisons.D’abord, même si dans la littérature politique on l’assimile aux Dominions, l’Etat libre n’est pas exnetciîient dans la situation de l'Australie.Ce n’est pas comme celle-ci une création anglaise.L'Etat libre est né d’un traité qui a suivi plusieurs années de conflit sanglant.8a naissance entraînait la disparition d’un gouvernement républicain qui avait résisté par tes armes à l'autorité anglaise.Ses auteurs faisaient figure de modérés, â’esprits conciliants, quant aux relations anglo-irlandaises, par contraste avec les républicains du type de Valera.En acceptant particulièrement que l’Etat libre ne comprit que vingt-six comtés de l’Irlande et laissât subsister sur ses frontières l’Irlande du Nord, ils avaient suscité chez heauroup de leurs compagnons d'armes de la veille d'amers ressentiments.Le fait est qu’en dépit de la lassitude naturelle après de si durs événements et des menaces de guerre possible, le truité d’où naquit l’Etat libre ne fut ratifié dans.le Dail Eircann que par une assez petite majorité.Aussi bien l’Angleterre avait-elle le même intérêt que Griffith et Collins â mettre en relief tout ce qui pouvait exprimer le caractère autonome et proprement irlandais du régime institué par le traité.Le choix d’un gouverneur-général irlandais était naturellement un fait de cet ordre, tandis que le choix d’un Anglais, dans un pays où le sang fumait encore, eût risqué d'apparaître comme ta réaffirmation de la souveraineté anglaise et d’une excessive subordination ir-landaibe.On peut en bonne logique soutenir que, dans les circonstances, il était politiquement impossible de nommer tout autre qu’un Irlandais.Mais la première nominution constituait un précédent.Sur le pas fait par la nomination de M.Healy, il était impossible de revenir.Un autre Irlandais fut nommé, et l'on n'imagi- (Pur Alexis GAGNON) Québec, 4.— Chambre a commencé hier ses travaux sessionnels.Sans calembour, ces travaux sont une façon de parler, car d’ici huit jours les labeurs de la session se résumeront à éjaculer des discours plus ou moins ennuyeux et à frapper avec conviction sur les couvercles des pupitres.Car, en Chambre, jamais on n’an-plauidit, nnwis d’une dextre noblement allongée, les députés frappent avec vigueur sur les couvercles de leurs ipuipitres, en orianl à l’occasion: "Hear, heurt” La séance d’hier après-midi a été parfaitement correcte, bienséante, mais ennuyeuse et terne.MM.Tills del et Oliver se sont employés en périodes françaises et anglaises dûment cadencées et rythmées, ù un bénissage obligato du gouvernement, de ses ponupes c* de ses oeuvres.L’on songeait malgré soi, au discours de M.Adélard Godbout, à l’ouverture- de la session.Tan dernier, alors que le nouveau député de L’Islet lançait avec courage les légitimes revendications de la classe agricole, et s’avérait un technicien (te premier ordre.MM.ThisdeJ et Oliver' parlent d’ailleurs avec élégance.Le bill du chômage A T ouverture de la séance, M.J-N.Fra«coeur, ministre des travaux publics, a présenté la loi du chômage.pour ipremicre lecture.M.Ca-m ill ton Houde, chef de l’opposition, et M.Maurice Duplessis, député des Trois-Rivières, ont, fait observer au gouvernement que le projet de loi n'a pas été distribué et qu'il est contraire, aux usages parlementaires de faire voter un bill avant de le distribuer aux députés.M.L.-A.Taschereau, premier ministre, explique que le bill n’««t pas encore prêt, mais qu'il le sera aujourd’hui et distribué aussitôt.MM.Houde et Duplessis font observer que les derniers travaux entrepris em vertu de la loi fédérale de Taide aux chômeurs devront être terminés au 1er juillet prochain et que le gouvernement n est mas excusable de présenter sa législation aussi tard.Non seulement la session de chômage a été convoquée trop tard miais même A Theure présente, rien n’est encore prêt, et on est obligé de prier les députés de voter en première lecture un projet de loi non encore distribué.M.Taschereau répond qu’il n’y aura pratiquement aucun retard.lycs discours ont ensuite eu lieu et les députés ont consacré les trois quarts d’heure de la séance à digérer paisiblement, dans la douce ch a leur de la Gh ambre, pendant que quelques centaines de sans-travail juchés dons les galeries supérieures imitaient leurs députés.La Chambre s'est ensuite ajournée à 4 heures, cet après-midi sur proposition de M.Gault, député de Saint-Georges.I/Os députés libéraux ont paru fortement intrigues de la chose, car d’habitude, c'est le chef de l’opposition qui ajourne le débat pour répondre aux parrains de l’adresse en réponse au discours du trône.M.THISDEL M.L.-J.Thisdel déclare qu'il est plus habitué à remuer la terre qu’à faire des discours, il est cependant fier qu’on lui ait fait à lui-même et aux électeurs de son comté l’honneur de le choisir pour proposer l’adresse en réponse au discours du Trône.11 a un souvenir ému pour cet honnête homme qui s'appelait Wellie Gagnon: il ne demande qu’une chose, c’est de pouvoir marcher sur ses traces et de pouvoir se rendre utile à ses concitoyens.Il se fait aussi un devoir de rendre hommage à la mémoire de MM.Tur-geon et Perron; s’il n’a pas connu M.Turgeon, il sait quel rôle ü a joué dans l’histoire de la province; comme cultivateur, il a été à même d’apprécier le grand programme a-gricolc de M.Perron.M, Thisdel félicite le premier ministre d’avoir choisi pour succéder à M.Perron un homme qui a la confiance de tous les électeurs et de tous les cultivateurs de cette province.Non seulement le gouvernement de cette province veut avoir les services et la compétence d’un expert en agriculture, mais il vient de faire passer à Ja Chambre haute, un autre bon agriculteur, M.Ouel-let.Qu’M lui soit permis de remercier ic premier ministre qui est venu lui prêter main-forte au cours de la lutte en prononçant à Louiseville un discours où il s’est fait connai-tre sous son vrai jour et où il a su gagner tous les coeurs.Qu’il lui soit aussi permis de remercier le ministre de la colonisation qui fut pour lui un véritable père: il convient qu’il remercie publiquement Tartisan de cette victoire.On ne se fait pas d’idée de ce que fut la lutte dans Maskinongé.I] a fallu lutter contre l’influence fédérale et même contre l’influence municipale de Montréal dont un grand nombre de partisans sont venus pour combattre le gouvernement par tous les moyens à leur disposition.Le peuple a parlé et s’est rendu compte des bienfaits du gouvernement à son égard.L’agriculture, la voirie, la loi des accidents du travail et la colonisation ont été les principaux chevaux de bataille de l’opposition au cours de cette lutte.Nous avons dit partout, continue M.Thisdel, et nous prétendons encore que dans les divers domaines de l’administration le gouvernement de cette province n’a aucunement manqué à son devoir.Grâce à MM.Caron et Perron, l’agriculture a marché A pas de géants pendant ces dernières années.Les écoles d’agriculture ont été largement subventionnées, le gouvernement a placé des agronomes dans tous les coins de la province.Nous avons eu dans cette province en un espace de temps assez court le plus beau système de voirie qui puisse exister et sans qu’ii en coûte trop cher à nos municipalités.fl ne faudrait pas oublier ce que le gouvernement o fait pour la colonisation et le rapatriement, pour l'instruction publique, l^es ouvriers n’ont pas été négligés et je constate avec plaisir par le discours du Trône, ajoute M.This-del, que c’est l’intention du gouvernement d'améliorer davantage leur sort et je m’en réjouis, parce que j’ai Thonnetir de représenter un comté surtout agricole, mais qui est composé en même temps d’un certain nombre d’ouvriers qui gagnent honorablement leur vie à Louise-ville, le chef-lieu de mon comté.J’ai donc été heureux d’apprendre en écoutant le Discours du Trône, que le gouvernement veut améliorer le sort de cette classe Importante de nos travailleurs, comme il se propose de donner une attention spéciale à l’agriculture, et d'avance je seconde les efforts du gouvernement dans ce sens.Le Discours du Trône mentionne bien d’autres articles sur lesquels je n’ai pas Tintention de m’étendre à cause de mon incompétence à trai-(Sutte ù la page 21 ne point qu'il en puisse être autrement à l’avenir.En Australie L’Australie n'est pas l'Irlande, encore qu’il y ait là-bas beaucoup d’Irlandais et qu’il faille tenir compte de ce fait lorsqu'on étudie lu politique du pays.Mais, A la lumière des délibérations de la dernière Conférence impériale, il apparaît clairement que le choix d'un Australien était chose tout a fait probable et que, si un Canadien ne siège pas demain A Rideau Hall, ce sera de par la volonté du gouvernement canadien.I La Conférence de 1930 en effet, examinant les conditions nouvelles créées par in Conf^ence de 1926, a déclaré qu’il suit de là que les seuls parties intéressées au choix du gouverneur - général d’un Dominion sont le Roi, dont il est le représentant, et le Dominion intéressé; que le Roi doit, en ce cas, comme dans les circonstances habituelles, demander l’avis de ministres responsables; que les ministres qualifiés pour donner leur avis en pareille occurrence sont les ministres du Dominion intéressé.Ceci laisse entière la question d’opportunité: M.Hertzog, par exemple, estime, affirme-t-on, qu’étant donné les querelles de race en Afrique-Sud, il vaut mieux quei* Eoiiverneur-général vienne du da* ors.Mais il pourrait parfaitement nommer un Sud-Africain, de même que M.Bennett pourra, s’il lui plait, faire nommer un Canadien.Les Australiens ont tenu, du reste, à souligner que l'action venait de chez eux.L’annonce officielle porte que le choix de M.Isaacs a été fait sur recommandation de M.Srullin.leur premier ministre, et elle a été faite, non point des bureaux du gouvernement anglais, mais de ceux du gouvernement australien à Londres.Les enfants grandissent.Let écoles ontariennes La question nés Ecoles ontariennes est Tune de celles qui ont le plus vivement ému depuis quelques années l’opinion publique canadienne.Elle a couvert, dans sa phase aigue, une quinzaine d'années de luttes ardentes où furent employées les armes les plus diverses et qui a suscité des actes de dévouement admirable.Elle plonge naturellement dans une assez lointaine histoire.M.l’abbé Groulx ne pouvait, dans sa série d’études sur l'école catholique et française au Canada, s'empêcher de traiter longuement de cette grande lutte.Il lui consacrera ce soir et jeudi de la semaine prochaine deux leçons de son cours public d'histoire du Canada.La leçon de ce soir portera sur les origines et le début du conflit.Ce devrait êlre une bien inté^es* santé page d’histoiro.O.H» 2 LI DIVOIR, MONTREAL.)EUDI 4 DECEMBRE 1930 VOLUME XXI No 281‘ LETTRES_AU DEVOIR Nous nr publions que des lettres signées, ou des communications ao compagnées d’une lettre signée, avec adresse authentique.Nous ne prenons pas la responsabilité de ce qui naralt sous cette rubrique.En marge d’un article récent Nous avons laissé passer sans y répondre un article Premier-Montréal en date du 5 novembre, dans lequel M.Dupire prend à partie l'Union des Cultivateurs à propos de son attitude présente à l’égard de la question du marché.Ce serait par pur opportunisme, parce que l’administration municipale actuelle serait opposée à l’agrandissement du marché Bonsecours que “nous avons changé notre fusil d’épaule’’ et que nous préconisons un autre site pour y construire le grand marché central.M.Dupire est revenu à la charge le 1er décembre accentuant ses insinuations: l'Union des Cultivateurs et les autres corps intéressés auraient modifié leur attitude “uniquement par complaisance envers les autorités municipales” narre que celles-ci “ont changé de couleur et de sentiment”.Il nous répugne d’entreprendre une controverse contre le rédacteur d’un journal à qui l’Union des Cultivateurs doit et garde une profonde reconnaissance pour les services incomparables que celui-ci lui a rendus depuis sa fondation.Mais nous craignons que les lecteurs du Devoir ne finissent par accepter comme fondes les avancés de M.Dupire si nous laissions passer ses charges réitérées sans protester.M.Dupire croit donc que c’est par opportunisme que l’Association des épiciers, celle des bouchées, celle des marchands détaillants, la Ligue, des propriétaires, l’Association des maraîchers et de l’U.C.C.ont abandonné l'idée d’agrandir le marché Bonsecours pour se rallier à un autre projet.M.Dupire n’a évidemment pas une très haute idée des membres qui composent ces diverses associations et plusieurs de ces membres seront fort étonnés d’apprendre que s’ils ont opté pour un nouveau marché, c’est ''uniquement par complaisance pour les autorités municipales" et parce que celles-ci “ont changé de couleur et de sentiment!” Cette unanimité de tant de corps divers à se laisser guider par un motif aussi peu honorable que celui que leur prête M.Dupire, constituerait un phénomène psychologique auquel personne n'ajoutera foi- La réalité est toute autre.U y a longtemps que maraîchers et cultivateurs ont songé à transporter le marché sur d’autres sites qu’ils jugeaient plus favorables pour eux et pour les consommateurs.Plusieurs démarches, en ce sens, ont été faites publiquement et en particulier auprès des autorités.En 1S2(), une délégation de cultivateurs et de maraîchers demandait aux autorités de vouloir bien convertir le parc Crémazie en marché central .4 toutes les demandes, les administrations précédentes ont opposé une réponse nette et catégorique: “Il n’y a qu’une seule solution: l'agrandissement du marché Bonsecours.Inutile de demander Avis de décès CINQ-MARS — A Montréal, le 2 décembre 1930 à 81 an», e*t décédé Alfred Cinq-Mar».comptable.Le» funérailles auront Heu vendredTTle S courant.Le convoi funèbre partira de la demeure du défunt.No 3718 rue Laval, & 8 h 4S pour ee rendre à l'église St-Louls de France, où le eervlce sera célébré à neuf heure», et de là au cimetière de la Côte-des-Nelge», lieu de la sépulture.Parents et ami* sont prié» d’y assister sans autre invitation.OSTIGUl — A Montréal, le 2 décembre 1930, décédi A 57 ans, J.-D.Obtiguy.époux de Corinne Bérlau Funérailles le vendredi, 5 courant.Le convoi funèbre partira du No 6345, rue Chambord à 7 h.45 du matin, pour se rendre à l’église 8t-Ar»ène où le service sera célébré A 8 heures.Et de là au cimetière de la Côte-des-Nelges.Heu de sépulture.Parent» et amis sont priés d’y assister sans autre Invitation.Nécrologie BEAULIEU — A Montréal, le 2, à 48 ans.M.Ernest Beaulieu.BRIEN — A Montréal, le 1er.à 80 ans, Denise Vézlna, épouse de feu PhUlas Brien.BRUNEC — En Californie, le 2.A 63 ans, Oscar Brunet, fondateur de la Eagle Shoe Co.Ltd.de Montréal CARPENTIER — A Montréal, le 1er, A 62 ans.Angéllna Duchaîne, épouse d Ar- A 81 mand Carpentier, confiseur.CINQ-MARS — A Montréal, le 2 ans Alfred Cinq-Mars, comptable CORKIOAN — A Montreal, le 1er, A 70 ans, Paul Matthew Corrigan, époux de Céline Tessier.COUSINEAU — A Ville St-Laurent.le 1er, A 30 ans, Mlle Gllberte Cousineau, fille de Thon.Juge et de Mme Phüéman Cousineau.CURRY — A Montréal, (Sault-au-Récol-let>.le 2.A 68 ans, Mlle Albina Curry DESJAtlDINS — A Montréal, le 2, A 75 ans.Sergius Deajardlns, époux de feu Olivine Bélisle LABELLE — A l’hôptta.1 du Sacré-Cœur, Centerville, A 25 ans, Germaine Labelle.LEDUC — A Montréal, le 1er, A l’Hôtel-Dieu, A 60 ans, Marie Leduc.LEMAY — A Montréal, le 2, à 71 ans, O.Israel, époux de Dométhtlde Cardinal.LIMOGES — A Montréal, le 1er, A 70 ans, Arthur Limoges, époux d’Allda Marsan OSTIGUY - A Montréal, le 2, A 57 ans.J.-D Ostlguy.époux de Corinne Bérlau PROVOST — A Montréal, le 2, A 21 ans, Aimance Provoat, fille de M et Mme Emery 'Provost, Fiorina Rteudeau Quintal — A Montréal, le 2, Mlle Eveline Quintal.ROBERT — A 8t-Reml de Naptervllle, le 2, à 64 ana, Joaeph-Ulrlc Robert, cultivateur.8ABOURIN — A 8te-Justine de Newton, A 27 ans, Germaine Sabourtn, mie de Fabien Babmtrln.ST-HILAIRE — A Montréal, le 2, A 55 ane.Wilfrid St-Hilalre, époux da Philippine Blsson.* TREPANIER — A Montréal, le 2.A 81 an*.Adèle Trépanler, eoeur de M.l'abbé TYepsnler TURMBL — A Montréal, le 3, a 85 ans.Charles Tunnel.VACHON — A Montréal, le 2, A 49 ans.Emile Varhon.époux de Céline Black.La Société Coopérative DE FRAIS FUNERAIRES entrepreneur* de Pompe* Funèbre* et AMuranoM Funéretrm H Arhour 5555 Ut.RUB SAlNTR-CATnERtNE »XT autre chose; vous perdez votre temps”.Devant cette attitude décidée et qui paraissait inébranlable, que pouvait faire l'Union des Cultivateurs sinon de demander l’agrandissement comme un pts-aller'! Or, il se présente aujourd’hui un projet moins coûteux, plus satisfaisant pour tous les intéressés, plus en harmonie avec le développement futur de Montréal et surtout immédiatement réalisable.L’administration de la ville se dit prête à l’exécuter si tous les intéressés sont d’accord.Si c’est de l’opportunisme que de se rallier an plan nouveau, nous avouons volontiers que nous sommes opportunistes et nous croyons qu’aucun chasseur intelligent n’hésiterait à changer son fusil d'épaule si par cette opération il lui était donné d’abal-tre un gros gibier au lieu d’un simple lièvre qu’il rate.depuis trente ans! Une étude attentive du projet d’agrandissement a oonvaincu le comité que le plan est pratiquement Irréalisable.Voilà déjà plus de trente ans que le marché Bonsecours est reconnu comme trop étroit.Les administrateurs précédentes en ont toujours favorisé avec ardeur l’agrandissement comme la seule solution possible; ils avaient obtenu l’autorisation d’emprunter deux millions sans referendum.Pourquoi le projet n’a-t-il pas été exécuté?Pour les mêmes raisons que les autorités nous opposent aujourd'hui: /’entreprise serait trop coûteuse: la ville n’a pas d'argent; elle est rendue à la limite de son pouvoir d’emprunt; eile a h exécuter d’autres travaux dispendieux qui ne peuvent absolument pas être différés.Voilà trente ans que les cultivateurs attendent en vain.L’on aurait tort de nous reprocher de tourner nos efforts sur un plan qui a chance d’obtenir autre chose que des promesses.Les partisans du marché Bonsecours font grand état du tort que ferait subir au quartier des affaires la disparition des cultivateurs.A les entendre tout va crouler avec ce départ.“Ce serait la mort d'un /m* portant quartier d’affaires", écrit M.Dupire.“Si le marché disparait, tout le quartier deviendra un vrai désert", affirmait l’ichevin Fortin, au milieu de l'hilarité de ses collègues.Nous n’aurions jamais soupçonné que la présence pendant quelques mois de quelques centaines de voitures de cultivateurs sur la place Bonsecours était une question de vif.ou de mort pour les nombreux hommes d’affaires qui ont signé la dernière requête.Sans doute un pareil changement ne saurait se faire sans que personne ait à en souffrir.Mais n'y a-t-il pas dans toutes ces déclarations une forte dose d’exagération?Le départ des cultivateurs n’en-Irainera pas la disparition de l’hôtel de ville ni celle des deux palais de justice, ni des banques, ni des institutions financières, ni des maisons de gros; elle ne déterminera pas la fermeture du port ni celle des entrepôts, etc.Bref, le quartier des affaires fonctionnera en été sans les cultivateurs, comme il a toujours fonctionné sans eux pendant l'hiver.Quelques commerçants, quelques tavernes en souffriront; les propriétaires qui attendent l’expropriation seront déçus.Mais pour éviter certains inconvénients à un petit groupe de propriétaires d’un quartier, est-ce que tes citoyens des trente-quatre autres quartiers doivent être forcés de financer un projet excessivement coûteux qui n’amènerait pratiquement aucune amélioration el qui compliquerait à l’excès le problème de la circulation?Le projet de gare terminale du C.N.B.a fait un tort incalculable à plusieurs quartiers de l'Ouest.Cela n’a pas empêché M.Dupire et une grande partie des hommes d’affaires qui ont signé la dernière requête contre le changement du marché, d’approuver le projet du C.N.B.et d'en presser l'exécution au nom du bien public.Aujourd'hui l'on voudrait faire céder l'intérêt général à l'intérêt particulier.Le projet nouveau en effet serait plus avantageux aux bouchers, aux épiciers et aux consommateurs; tl décongestionnerait la circulation; il ne coû-Irerait rien aux contribuables; Ü permettrait d’embellir les alentours de nos édifices publics qui sont au-jourd hui déparés par le voisinage d'un marché.Voilà un bien général et permanent qui mérite d’être pris en considération dans la décision à prendre.Mais toutes ces considérations, parait-il, sont hors de saison.Le marché doit rester là où il est.Un acte de donation lie la ville.Si cei-te-ci retire le marché dr la place Jacques-Cartier, le terrain doit être rétrocédé d la succession des dnna-donc les projets >1 embellissement des alentours de t hôtel de ville! De par la volonté de quelques propriétaires d’immeubles qui pour vendre plus facilement leurs terrains en ont fait don d’une partie à la ville U y a un demi-siècle, la métropole du Canada sera damnée à voir les abords de ses édifices publics enlaidis jusqu’à la fin du monde! A!?si lf ,rrotcn1 ec la nouvelle que M.Franz Krucken-berg, directeur de la station expérimentale de Hanovre, faisant partie des chemins de fer de l’Etat, a réussi à construire un train omnibus activé par un moteur à gazoli-ne et muni d’une hélice semblable à celle des avions, qui, dans des expériences récentes, a atteint la vitesse de 114 milles à l’heure, sans faire éprouver la moindre secousse aux voyageurs.* * * NOUVEAUX RAYONS Les rayons X ont fait grand tapage lors de leur découverte, et re-prési^ntent encore aux yeux de plusieurs l'inconnu dont la puissance est décuplée par le mystère.Depuis, on a décelé les rayons ultraviolets, et que d’autres! Les dépêches commencent à parler maintenant de nouveaux rayons ultra-magnétiques qui agiraient à une grande distance.Le gouvernement saxon aurait procédé à des expériences ces jours derniers.A un moment donné, toutes les automobiles qui circulaient sur une route des environs de Riesa furent soudainement (arrêtées: panne d’électricité.Tous | les efforts pour remettre les autos en marche furent vains jusqu au moment où l’expérience fut terminée.Les chauffeurs se grattaient la j tête et s’arrachaient les cheveux, ! mais aucun ne pouvait faire bou-i ger le courant électrique des raa- ! gnétos.Si l’expérience avait été poursuivie au moment où les premiers ministres coloniaux s’émerveillaient devant les prouesses de chars d’assaut anglais lors des manoeuvres auxquelles ils pnt récemment assisté, ils auraient vu comme peut être paralysée une puissance que l’on s’était appliquée à faire presque irrésistible.Et si cette panne d’électricité peut atelndre, à la volonté de ceux qui manoeuvrent les nouveaux courants ultra-magnétiques, jusqu’aux moteurs d'aéroplanes, que va-t-il advenir des esradrilles qui se jouent dans l’espace?Nous n’avons pas fini d’approfondir les mystères de la science; et il y a encore des surprises qui nous attendent.* * * MYSTIFICATION ELECTORALE M.Louis Barthou racontait, l’autre jour, que la mystification électorale la plus piquante eut lieu sous l’Empire, un candidat ayant demandé au préfet l’autorisation de faire un discours au cimetière.—Je ne sais pas bien l’opportunité de votre demande, dit le préfet.—Puisqfue vous faites toujours voter les morts contre moi, répartit le candidat, il est juste que j’aille leur exposer mon programme!.* * * SHAYV ET LE MARIAGE Bernard Shaw, sollicité de donner son opinion sur le mariage, a répondu ; —Il n’y a pas un homme qui ose écrire la vérité sur le mariage, tant que sa femme est vivante, à moins qu'il ne la haïsse comme Strindberg.Or ce n’est pas mon cas.Bernard Shaw, humoriste jusqu’au bout, a tenu à (aire écrire ces quelques lignes par sa fem est accrue dans le RADIO BOSCH LES NOUVEAUX VERRES “T a it-favrea u” Correcteurs «t protecteurs de le vue Lu examen de vos veux par un de nos SPECIALISTES et une explication précise de ces merveilleux verres vous permettront de juger de leur qualité et exactitude.Ces verres sont faits exclusivement dans nos laboratoires TAIT-FAVREAU, Ltée SPECIALISTES Optométristes Opticiens Licenciés 265, Sts-Catherine Est Tél.LAn.6703 Cloches d’églises Carillons, cloches neuves et d'occasion, de differents poids et prix.Ecrire ou voir Z.-O.TOURANGEAU ISM, Bout St-Joeeph (Est) Appt S - TSL FR.6Z72 - Montréal C.-EMILE MOH1SSETTE, LIMITEE 232-21*.rue LatoureUe, Québec Léon-A.HURTUBISE C.P.A.Comptable public licencié 60, St-Jacques ouest Montréal Téléphone: HArbonr 5065 Donnez vos commandes à J.-A.DESY Limitée 1459, Avenue Delorimier H* Importent directement leur CAFE et leur THE Ha manufacturent eux-mêmes leurs CONFITURES -— Prix Modérés — Servi me.et il a signé “pour copie conforme, afin d’éviter une scène dans son ménage, Bernard Shaw”.» * 4$ FOU Oü VOLEUR On rapporta à deux hommes bien placés dans l’administration que M.Passy avait dit, en parlant d’eux: “L’un est un fou, l’autre est un voleur”.— Cela ne se passera pas ainsil s’écria M.— Et comment, voulez-vous donc que cela se passe — J’obtiendrai raison de M.Passy, je me battrai avec lui.— Il refusera de se battre avec son subordonné.— Eh bien! je vais donner ma démission.— Vous êtes fou! — Comment dites-vous?— Allez-vous me chercher querelle aussi à moi?— Non, je veux savoir ce que vous m’avez dit.— Je vous ai dit: “Vous êtes fou”.— Alors, vous vous laissez insulter.— Que voulez-vous dire?— M.Passy a dit de nous deux: “L’un est fou, Tautre est un voleur".Vous dites que c’est moi le fou; donc c’est vous qui êtes.l’autre; c’est à vous à vous fâcher!” * * * SOUVENIR Un professeur de musique don* ! ne des leçons au fils d’un navigateur, revenu d’Amérique après for-I tune faite.— Voyons, fait le professeur, re-I prenons.Combien vaut une blan-I che?— Deux noires.— Et une noire?, L’enfant reste embarrassé.Le na-, vigateur, qui assiste à la leçon, em-: porté par ses souvenirs: — Une noire?.Vingt-cinq francs.* * * DISTINGUO .On parlait à l’évèque du Rodez ; d’un séminariste qui disait à tout ‘ propos, ditlinguo.— Monsieur l’abbé, lui dit l’évè* i I que qui c'était fait fort de l’embar-, rasser, peut-on baptiser avec du [ bouillon?— Ditlinguo.Monseigneur, répondit l'abbé, si c'est avec le vôtre, II non; si c’est avec celui du séminai-! re, oui.parce que ¥ ¥ INDICATION ¥ PRECISE Modèle 5»A Avec lampes $229 le radio Bosch est le fruit des trente années d expérience d'ingénieurs électriciens spécialisés dans la precision, et parce que le cabinet Bosch ne tend pas seulement à plaire à l’oeil, mais est construit de bois choisis avec soin excellemment isolé et que le dessin en est tracé avec cette minutie qui caractérise la fabrication des vieux violons célèbres.La meilleure démonstration des qualités de sonorité du nouveau Bosch, c’est que du do aigu au la grave, soit l'échelle complète de votre piano, chaque note des programmes est émise avec la même douceur sans que se perçoive aucun effort.m-T 500, rue Sainte^Cacherine Est, angle Bttrf M Arquette 6201* or.»* i ttest Nouvelle adresse: 1003 Ste-Catherine Est Vis-à-vis le théâtre Amherst 1 escalier.UKULELE Comme illustration.^2.25 TENOR BANJO Comme illustration.»12*° VIOLONS Bien montés, belle sonorité, de *3 * *400 Leçons par professeurs compétents si désiré.CORNETS - TROMPETTES Tous les finis, toutes les marques $12.00, $16.00, $25.00 Imqv** $130.00 Un instrument de musique acheté de nous peut être échangé pour sa pleine valeur pour un meilleur Instrument, dans 90 Jours.Demandez les catalogues qui vous Intéressent.MUSIQUE Pour tou» les las trament» Dan» toute» le» Ungue* De tous le» pays.POUR LA FABRICATION DE VOS —CONSULTEZ LA Photogravure NationaleLtée 59, Ste-Catherine ouest Tél.MArquatta 4549 Les lettres de Napoléon Bourassa ON DIRAIT QU’ELLES ONT ETE ECRITES PAR UN FRANÇAIS DU GRAND SIECLE Lors de la première d'un compositeur parisien qui eut lieu à Hruxellev les spectateurs de la [ Monnaie lui enuvoyèrent des cou* ronnes de lauriers en si grand nombre que, ne pouvant les transporter, il les fit envoyer à Paris, par petite vitesse.Quand la caisse arriva, le imisi-: rien vérifia le récépissé du chemin de fer et constats qu'il portait | cette mention: “Plantes médicinales usagées.” ¥ ¥ ¥ EVIDEMMENT Devant un vtwx peintre, dont la «sleté est proverbiale, quelqu'un prédissit que l’hiver serait terrible.— Il ne sera pas plus froid que celui de J879, répondit le paysagiste aux maint noires.Je me rap* : pelle qu’è cette époque l’eeu gela I dans mon pot à eau et le fendit.Chaque Jour, Je fais fondre, pour I me laver, un peu du morceau de glace que j’avais conservé .Je ! m’en wD tervl tout l'hiver.SIVEL “Je n'aime pas les recueils de “lettres”.Leur lecture m’a toujours paru fastidieuse à l’égal de la visite d'un musée, où l’on voit des tas de choses plus ou moins belles, disposées pêle-mêle le long des mura.Eh bien! j’avoue que les lettres de Napoléon Bourassa seraient de nature 4 me réconcilier avec ce genre de littérature.Il y a là tant de finesse dans l’observation, tant de délicatesse dans le sentiment et dans son expression, qu'on se laisse prendre su charme.Ces lettres, qui s’échelonnent de 1R56 à 1912 sont exquises, toutes, quoique à des titres et degrés divers.Ou dirait qu'elles ont été écrites par un Français du grand siècle; oui, un Français de la vieille France, égaré aux XlXe et XXa siècles.” B.C (Annales du Mont Saint-Michel 1.Ca volume as» ta vantw au prix de .75a au comptoir «t .85* par la poste au Service de Librairie du “DEVOIR” 430, Netva-Dama la», Montréal.Banquets, Réceptions et Noces \Æ ADAME, pourquoi prendre ta peine de pré-parer un déjeuner de noces, une réception, un banquet, un souper?Nous vous servirons, soit à notre restaurant, soit à votre domicile, les plats les plus fins présentés avec élégance.La plus grande organisation canadienne-française de Montréal.Tousignant Frères, Limitée Beurre — Oeufs Fromage — Thés Cafés — Epiceries Pstes alimentaires Gros et détail A NOTER: Ce que nous pouvons faire avec avantage pour des clients qui demeurent & des milles et des milles d’ici, nous pouvons le faire également à toute personne qui peut venir elîe-même acheter ce dont elle a besoin à notre magasin principal ou à nos autres magasins, g-MAGASINS-9 Le plus bas prix Bureau et Magasin Principal: 6312 St-Hubert SI67 rue Clarke 2929 rue Masson 1584 Ste-Catherine Est 2034 Mont-Royal Est 1148 Mont-Royal Est 1587 rue Ontario Est 2309 rue Ontario Est 3539 rue Ontario Est Maison MONTESANO Doreur, «mrenteur.nlekeleur Spécialité: Ornementa d'église.1079, Amherst CH.9325 BONBONS Lécnie 386, rue Sherbrooke (est) 3Hü.y-s,, SvCHARBON^ Et cela la journée même Quelle que soit votre commande — de 500 livres et plus — nous faisons la livraison, la journée même de sa réception.CHARBON Donnez-nous votre commande de charbon aujourd'hui.Vont poinvz commander par téléphone, *i txHu le préférez.J.JUTEAU Bureau: Ediflre St-Denis, angle Ste-Cathsrlae et St-Dmis Ch.95 - Tél.HA.3323 Entrepôt: 6009 rus Fullum Tél.CAL 7387 1284, St-Denis MONTREAL Tél.: HA.7104 VOLUME Xfti — No 281 LE DEVOIR, MONTREAL, |EUDI 4 DECEMBRE 1930 3 PK)€ tmmt Conte ne bientôt un faible sourire sur ses Les étrennes d’Aliéné lèvres."En voilà une qui n'a pas , je pense! Elle a ifll un peu depuis [ souvent les bleus, I certainement viei une couple d’années mais au fond, elle est bien toujours la même : si ______ j gaie et si accueillante! Ses bam- Parmi la foule det travailleurs re- \ sont un peu tapageurs mais pognant leur foyer, Aliette hâte le pas afin d’être au logis pour le retour de son mari.Elle vient de passer l’après-midi chez son amie ieanne et s’est tellement amusée qu'elle avait perdu la notion du temps."On est si bien chez Jeanne", songe-t-elle en ouvrant sa porte.Elle entend encore résonner dans ses oreilles le doux gazouillis de Jacquot, le dernier-né, et le rire si frais de Claire et de Lucette; par contraste, ce soir, sa maison vide lui semble triste.A peine a-t-elle enlevé son manteau que la sonnerie du téléphone te fait entendre.—"C’est toi, Aliette?Ne m’attends pas pour souper: il y a une partie intéressante au Forum; pour n'être pas en retard, je souperai au restaurant.Bonsoir, chérie, repose-toi bien!" Aliette raccroche le récepteur et vient s’asseoir, toute transie, dans une berceuse près du foyer de son coquet boudoir.Au dehors, le vent souffle lugubrement et fait gémir les vitres: c’est bien l’hiver qui frappe à la porte avec son cortège habituel de giboulées et de froidure.La jeune femme frissonne, mais ce n'est pas la pénétrante humidité de l’extérieur qui la glace: il fait bien chaud dans sa demeure; Aliette tremble, ce soir, parce qu’elle a froid au coeur."Encore une fois!" soupire-t-elle; et pensive, elle repasse dans sa mémoire, les derniers mois écoulés.A peu près toutes les semaines, son mari a trouvé un prétexte pour passer plusieurs veillées au dehors, la laissant seule au logis."Si cela continue, j’en viendrai à croire que Louis ne m’aime plus comme autrefois.” Et de plus en plus triste, Aliette refait le chemin parcouru depuis sept ans.Aux premières heures de leur mariage, comme c’était bon de se sentir indispensables l’un à l’autre et de ne pouvoir goûter aucune joie à moins de la partager également! Aucun souci n’était venu troubler leur bonheur.Quand Jeanne, mariée en même temps qu’elle, avait eu son premier bébé.Aliette, l’enfant unique, trop choyée par ses parents, s'était réjouie parce que les souffrances et les tracas de la maternité lui a-vaient été épargnés.Ensuite, quand elle vit son amie retenue captive au foyer par ses nouveaux devoirs tandis qu’elle même continuait sa vie de plaisirs, Aliette follement è-goiste se disait: "Mon Dieu, pourvu que cela dure!" Et cela avait duré quatre ans, cinq ans peut-être; elle ne se rappelle plus bien U jour où les premiers nuages vinrent assombrir la sérénité de son ciel; mais en scrutant le passé, elle se rend compte que petit à petit, son mari s’est dérobé à l’emprise de leur amour et que la scission se fait chaque jour pins profonde."Et pourtanf, se dit-elle en jetant un regard dans la glace qui surmonte la cheminée, "je n’ai pas changé! Mon teint est toujours aussi frais, ma tenue très soignée; personne qui ne dise en me voyant: Chanceusel vous ne vieillissez pas, vous! Et puis, j'ai toujours la même tendresse pour mon bien-aiïné; pourquoi change-t-il.lui?" Aliette sent monter en son coeur une telle vague d’amertume que, pour secouer la tristesse qui l’envahit, elle veut donner un autre cours à ses pensées.La voici maintenant qui repasse les événements de la journée; sa visite à Jeanne ramè- Dispensaire pour les infirmes I.m Révérendes Soeurs de In Providence ouvrent un dispensaire à 1471 rue Fullum pour les Infirmes pauvres, enfants ou adultes, de la ville de Montréal.Ce service est sous la direction du docteur J.-Kd.Samson, ehirurfden-orthopédiste, ci-devant de Québec.Les intéressés voudront bien se rendre à l’endroit plus haut nommé le lundi, à 9 heures a.m., à partir du 24 novembre courant.19-12-30 Claire jase déjà comme une petite femme; je l'entends encore me dire quand je suis partie: "Madame, quand tu reviendras, faudra-z-y amener tei petits enfants, j'y prêterai mes poupées!" Etait-elle assez mignonne?" Aliette se rappelle soudain la réponse de Jeanne à sa question: "Sors-tu souvent, le soir?" — "Ah! ma foi, non!" lui a répondu celle-ci."Vois-tu, quand mon mari a soupe, il s’amuse avec les enfants jusqu'à ce que sonne l'heure de les coucher; ensuite nous sommes assez fatigués de notre journée tous les deux pour ne pas désirer sortir: nous préférons finir la veillée ici bien tranquillement." Comma un éclair, une pensée a traversé l’esprit d’AUette; un sanglot lui monte à la gorge; elle sent qu’elle glisse à genoux et pendant que les larmes ruissellent sur ses mains jointes, elle implore : "Pardon, mon Dieu! J’ai voulu jouir de ma jeunesse et garder pour moi seule l’affection de mon époux, pauvre folle que j’étais; et vous avez exaucé mon souhait égoïste et lâche.Comme j’en suis punie, maintenant.S’il était retenu au foyer par les caresses de ses enfants, Louis ne chercherait pas à desserrer les liens qui nous unissent : leurs petits bras seraient plus forts que tous les manèges de ma coquetterie et de ma sollicitude inquiète.Mon Dieu, pardonnez-moi d’avoir gaspillé ma jeunesse; aidez-moi à refaire ma vie!" Pendant longtemps, elle reste ainsi, suppliante, réfléchissant sur son bonheur perdu.L’horloge du boudoir, égrenant ses douze coups, la fait sursauter; elle ne sait plus si elle a rêvé mais une grande lumière s’est faite en son esprit.Minuit! son mari va rentrer; elle ne veut pas qu’il voie ses yeux rougis; vite, elle se déshabille et se met au lit: demain, elle commencera une vie nouvelle.* * * Si Louis aiiait eu le temps d’examiner Aliette avant de partir pour son bureau, le lendemain, il aurait remarqué une telle flamme dans ses yeux qu’il se sérail inquiété de la cause de cette exaltation.Mais pressé par l’heure, il n'a guère regardé sa pauvre petite femme; et maintenant qu’elle est seule, toute la journée, Aliette va mûrir le projet qu'elle a conçu hier.— Qu’il lui tarde d’être à ce soir pour le confier à son maril D’avance, elle imagine toutes les objections qu’il va* poser et leur trouve une solution: c’est elle qui fera les sacrifices nécessaires pour subvenir aux dépenses qu'apportera dans leur budget la réalisation de son beau rive.Enfin, après tant de regards impatients vers la pendule, les aiguilles marquent six heures et elle entend résonner dans l'escalier le pas de son mari.Pour le mieux disposer, elle a mis la robe rose qui lui sied si bien et soigné tout particulièrement son menu.Louis entre, l'air très joyeur, et sans lui laisser le temps de parler, il l’embrasse et lui souffle à l’oreille: "J'ai une surprise pour toil” — "Une surprise?dis vite’'.—"En effet, à quoi bon te faire languir?Je suis promu au poste d’assistant-directeur de ma compagnie avec une augmentation de salaire de cinq cents piastres par année.Hein! tu n’aurais jamais pensé que ton petit mari arriverait si haut?" Et cette bonne nouvelle m'arrive précisément à l’époque des étrennes; chanceuse, cherche bien vile ce que tu veux que je t'offre, cette année; une nouvelle fourrure?un collier de perles?un chapeau à faire pâlir d’cnvtc tes bonnes amies?Non?rien de tout cela?Tu me fais peur; il ne faudrait pa\ l’exagérer l’importance de mon augmentation.Dis vite ce que tu veux, mon cher tyran.Mais, quoi! tu ne réponds pus et.c’est pourtant vrai.tu pleures?Devis mon excitation, je n'avais rien remarqué; qu'as-tu donc?Ne suis-je plus ton meilleur and que tu ne nie dis pas foui de suite ce gros chagrin?" El l'attirant près de lut, Louis la force d s'asseoir.Alors, blottie à scs côtés, Aliette laisse enfin déborder le trop-plein de son coeur; oui, elle veut des étrennes exfraor-dtnaires, celte année, et if ne faut pas gue Louis croie à un simple caprice passager, c’est son âme tout entière qnt désire, qui supplie que pour Noél ils aillent ensem- ÿ* OCCUPONS NOS LOISIRS -v;: ‘•iiiADr-f FAT* O N VENN AT ; "s." .No 6305—Très riche modèle pour grande nappe à dîner.Patron à tracer coin et côté, 35c; centre, 25c; perforé, coin et côté, 65c; centre, 35c.Au fer chaud, complète avec centre, $1.25; tout étampé sur coton fini toile première qualité, 2x2% verges, $4.75; 2x3 verges, $6.25.Sur pure toile d’Irlande, 2x2% verges suivant qualité, $7.00 ou $8.50; 2x3 verges, 88.00 ou $10.00.Médaillons de dentelle .Venise, très belle qualité, tels qu”»iustrés, coins, $1.50 chacun, milieu des côtés, 75c, petits motifs des côtés et du centre, 25c chacun.Dentelle du tour en Cluny, 5 pouces de largeur, 65c la verge.Sur demande, prix pour autres appliqués moins dispendieux.Papier carbone bleu, 7c et 15c; rouge, 7c; blanc ou jaune, 15c.Revue Mensuelle de Broderie et Musique, 25c l’abonnement par an.(Coupon de patrons VENNAT) 4 décembre 1930 Le Devoir, Montréal.Ci-inclus .pour patrons Nos.Nom .Adresse .ble.à la Crèche des Soeurs Grises.chercher une mignonne petite fille abandonnée; Aliette sera pour toujours sa petite maman.Mais, sur son front, voici qu’elle sent couler une larme; c’est Louis qui pleure maintenant et qui murmure, tout doucement: "Pauvre chérie, comme je t’ai méconnue! Je te croyais égoïste et frivole et tu souffrais comme moi, plus peut-être, de l’épreuve Qui était réservée à notre mariage.Sèche tes larmes; ton désir sera exaucé; et même, veux-tu me permettre à mon tour de te demander des étrennes pour l’an prochain?Vois-tu, notre petite fille s’ennuierait peut-être, toute seule ici; alors, si ta santé le permet, pour fêter l’anniversaire de ce beau tour, nous irons d la même adresse lui chercher.un petit frère!" Pour toute réponse, Aliette regarde son mari; il y a tant de joie dans ses yeux qu’il la contemple, ébloui; et ils restent ainsi sans parler, savourait par anticipation le suave bonheur que l’enfant apporte au foyer.CELINE Funérailles de Mme H.Lachapelle Saint-Pie de Bagot.— Le 16 no-vembue dernier, à l’âge de 60 ans, s’éteignait, après une longue maladie, Mme Hormi&das Lachaipelle, née Elise Rodier.Les funérailles eurent lieu, le 19, «.u milieu d’un
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