Le devoir, 1 février 1985, Supplément 1
LE DEVOIR LE SCANDALE DE L'ANALPHABÉTISME CAHIER' Montréal, vendredi 1er février 1985 L'ÉTAT ET L'ALPHABÉTISATION L’alphabétisation est-elle vraiment une priorité gouvernementale?LOUISE MILLER (Membre du comité de coordination du Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec) En mars 1984, le ministère de l’Éducation rendait public son « Énoncé de politique en éducation des adultes » et annonçait ses priorités pour l’année 1984-85 L’alphabétisation devenait « priorité gouvernementale » et des crédits supplémentâmes devaient être alloués aux commissions scolaires et goupes populaires d’alphabétisation afm de développer les ressources nécessaires pour favoriser l’accès à l’alphabétisation pour les 300 000 analphabètes québécois Les mibeux concernés accueillaient favorablement cette reconnaissance politique du problème de l’alphabétisme mais s’interrogaient en même temps devant l’absence d’onentation accordée à la priorité.Contrairement aux attentes, le gouvernement du Québec n’a pas proposer pas une politique en alphabétisation mais a fait du dossier de l’alphabétisation une priorité pour l’année 1984-85.Qu’en est-il de l’appbcation de cette priorité en janvier 1985 ’’ Les crédits supplémentaires ajoutés au dossier ont favorisé le développement de l’alphabétisation dans toutes les régions du Québec D’une part, les 79 commissions scolaires se sont impbquées dans le développement d’activitœ d’alphabétisation ou dans le soutien de groupes bénévoles ou de groupes popu^es qm assument ces activités.Par ailleurs, le ministère de l’Éducation a levé le moratoire imposé aux nouveaux groupes quant à l’accès au programme de soutien des organisations volontaires d’éducation populaire (OVEP).La pnonté à l’alphabétisation a permis à 67 organisations volontaires (23 en 1983- 84) de développer des services d’alphabétisation sur l’ensemble du territoire québécois.Pourtant, malgré ce constat de développement des ressources offertes aux analphabètes, nous ne pouvons cependant pas conclure que la lutte contre l’analphabétisme est vraiment lancée.Plusieurs pièces manquent au jeu pour que la partie commence, la principale étant les «règles du J eu» C'^estceque les intervenants en alphabétisation réclament depuis plusieurs mois' une po-htique claire en alphabétisation, une direction, une orientation, une stratégie d’intervention à court, moyen et long terme afin de s’assurer que les analphabètes auront un accès réel aux activités d’alphabétisation mais aussi afin que l’ensemble de la population se sente concernée par ce problème social L’éparpillement de la direction générale de l’éducation aux adultes du ministère de l’Elducation, l’absence de direction réelle sur le dossier, l’absence de soutien à la formation des nouveaux intervenants ne peuvent que soulever des doutes quant à la volonté réelle du gouvernement d’éhmmer l’analphabétisme au Québec Tous doivent se sentir concernés par ce problème Qui n’a pas un parent, un voism ou un ami qui n’a « jamais ses lunettes » au moment où on lui demande de lire un papier, de remplir un formulaire, de signer une carte de souhaits ’ Il importe avant tout de « réveiller » cette conscience du problème afin de rejoindre vraiment les analphabètes, afin que ces dermers cessent de se cacher, par honte ou par gêne, afm de leur donner envie de reprendre leur formation de base, de sortir de leur isolement.La lutte contre l’alphabétisme exige donc une action concertée, prise en charge collectivement et suscitée par une politique gouvernementale claire.Il est donc tout à fait normal de s’attendre à ce que le ministère de l’Éducation assume le « leadership » dans ce dossier et stimule la prise en charge collective du problème en identifiant et orientant les pricipaux intéressés : les Voir page VIII: Miller LA JOURNÉE D'UN ANALPHABÈTE Un véritable champ de mines CAROLE BEAULIEU (L’auteure est journaliste au DEVOIR où elle est chargée des affaires sociales) Guy n’a jamais lu de bandes dessinées À 18 ans, il a rempli sa pre-imère demande d’emploi, installé sur un banc devant l’école où il avait fait ses études primaires.Il a recopié minutieusement, en plein hlVêf, par un froid de canard, les lettres alignées sur le frontispice de l’édifice.C’était en 1980 Dernier d'une famille de six enfants, gradué de la « shop de balai » où ü avait commencé à travailler à 9 ans et d’un « professionnel court », Guy ne savait pas écrire.« Avec tout le trouble que je m’étais donné, je pensais bien avoir l’emploi.Mais non je l’ai pas eu », raconte aujourd’hui ce-Im qui dit avoir passé plus de temps chez le directeur qu’en classe.Il a, avoue-t-il, vraiment distingué un A d’un B lorsqu’une pédagogue s’est occupée de lui personnellement au professionnel court.« Si ce n’avait pas été d’elle, j’aurais commencé à zéro à 20 ans, » lance Guy Desfossés, entre deux commentaires sur les pohtiques gouvernementales et l’état de notre système d’éducation « J’étais le premier de ma classe en première année Ils m’ont fait redoublé ma 2e et ça s’est mis à mal aller Mais j’ai toujours été intéressé par toutes sortes de choses J’apprends beaucoup par la radio » Aujourd’hui ammateur bénévole dans un grou^ populaire d’alphabétisation, il travaille en outre comme monteur de cuir dans une manufacture du quartier.Guy déchiffre lentement, à haute voix, les pages du journal quotidien.« Même avant d’avoir la petite, ma femme et moi avions décidé qu’on en a’^ait assez des emplois mal payés, de toujours demander à ma belle-mère de faire nos chèques On a décidé tous les deux d’apprendre à lire et à écrire.» Retrouver une certame digraté, avoir accès à des emplois mieux payés, pouvom enfin bre ses recettes, s’assurer que la caissière de l’épicerie leur remet bien leur monnaie, telles sont quelques unes des raisons qui ont poussé Serge, Noella, Evelyne, Guy, Claude à se joindre à des cours d’alphabétisation offerts par des groupes populaires ou des commissions scolaires Un champ de mines quotidien « Ca coûte cher de pas savoir écrire.On a presque pas d’argent et on gaspille de l’essence pour retourner chez nous remplir nos formulaires d’emploi parce qu’on est pas capable de les remplir tout seul, » raconte l’un d’eux.Véritable champ de mines que le quotidien des analphabètes Par crainte du « stigma d’ignorance » encore aujourd’hui attaché à l’analphabétisme, la plupart deviennent, pour dissumuler leur handicap, des spécialistes en stratagèmes.Outre le syndrome bien connu du « j’ai oublié mes lunettes » ou du « je suis fatigué », certains font appel à des amis « qui leur ressemblent physiquement » pour passer des tests écrits, ou prétendent qu’ils doivent attendre « leur comptable » pour signer quoi que ce soit.D’autres, plus rares, annoncent clairement leurs couleurs et demandent de l’aide.Aiqfii, pour obtenir son permis de conduire, Claude a franchement dit à l’examinateur qu’il ne savait pas écrire et a obtenu de passer l’examen oralement.Mais à 28 ans, il n’a pas pu résister à sa fillette de trois ans qui lui demandait : «Papa veux-tu me lire une histoire?».Il a repris le chemin de l’école dont il avait quitté les bancs à 15 ans pour en devenir concierge « Je n’ai pas l’intention de faire mon secondaire Je veux simplement pouvoir lire et écrire» Formulaires d’emploi, factures du téléphone, dépliants publicitaires, bail, contrats .autant de pièges pour les analphabètes qui doivent constamment compter sur des parents ou des proches pour leur expliquer les dépliants ou brochures qui pourraient les renseigner sur leur santé ou la sécurité de leur emploi, sur leurs droits ou les ressources qui s’offrent à eux pour les sortir de leur isolement « Une compagnie m’a refusé un emploi de peintre à $8 de l’heure parce que je ne savais pas écrire, dénonce Guy Defossés L’entrepreneur qui a obtenu le contrat m’a engagé à $4 de l’heure» L’analphabète, c’est aussi bien un travailleur qui gagne plus ou moins bien sa vie, qu’une m^e de famille, qu’un retraité, qu’un assisté social Si bon nombre sont âgés, héritiers d’un système d’éducation qui en a laissé plusieurs pour compte, un nombre croissant ont moins de 25 ans, et sont passés par l’école Même s’ils ne blâment pas les professeurs — « c’est autant de ma faute, que de la leur ou de celle de mes parents, un mauvais concours de circonstance, » — certains, surtout les plus jeunes s’mterrogent « Ils m’ont monté d’année, raconte Guy Desfossés Tout le monde s’est relancé le problème sans vouloir le résoudre » Inévitable héritage L’analphabétisme en effet est, pourrait-on dire, presque héréditaire Le beau-père de Serge, col bleu pour la ville de Montré! peut difficilement écrire son nom Le père Voir page VIII: Beaulieu INCAPABLES DE LIRE OU D'ÉCRIRE 90,000 adultes québécois sont analphabètes complets proR allés’" Robert Maheux (L’auteur est chef du service de la démographie à la Direction des études économiques et démographiques du ministère de l’Éducation.) A" Au total, 1 8 % de la population québécoise de 15 ans et plus se révèle analphabète Malgré des progrès importants de la scolarisation, le Québec compte encore 250,000 personnes qui disent avoir de la difficulté à üre ou à écrire Parmi ces personnes, 90,000, soit 18 % des personnes âgées de 15 ans et plus, sont incapables de bre ou d’écnre La majeure partie du phénomène ne s’explique pas par des problèmes de vision ou d’autres problèmes de santé, mais par l’oubh ou l’absence d’apprentissage L’analphabétisme est un phénomène mal connu et rarement mesuré Le recensement de 1931 fut le dermer à comporter des questions sur le sujet On avait alors dénombré, au Québec, 115,000 analphabètes complets ou partiels (pouvant bre seulement), soit 6,2 % de la population âgée de 15 ans et plus L’Unesco, un orgamsme international en éducation, recommande trois façons de mesurer l’a-nalphabétisme(l).¦ Poser une ou des questions dans le cadre d’un recensement ou d’une enquête par sondage ¦ Utibser un test standarcbsé de lecture dans le cadre d’une enquête spéciale ¦ Quand aucune des deux premières méthodes n’est possible, faire des estimations en se basant sur • — les recensements ou les enquêtes par sondage sur la fréquentation scolaire ; — la mise en relation des statistiques scolaires avec d’autres données démographiques, — l’utilisation des données sur la scolarité at-temte par la population.Le ministère de l’Éducation a utilisé la première méthode recommandée par l’Unesco en commanditant quelques questions dans le cadre de l’enquête Ommbus de l’automne 1983 du Centre de sondage de l’Université de Montréal(2).Plus de 2,000 adultes ont participé au sondage L’analphabétisme est un sujet débeat, pas facile à avouer Aussi convenait-il de commencer prudemment, par des questions sur les habitudes de lecture et d’écriture.C’est seulement à la troisième question qu’était abordée la difficulté de lire ou d’écrire.L’incapacité de lire ou d’écrire faisait l’objet de la septième question qui était ainsi formulée « Parmi les personnes de 17 ans et plus qui habitent régulièrement avec vous, combien de personnes ne savent pas lire ou écrire, en vous comptant si c’est le cas » La question concernant l’ensemble des membres du ménage, dans 60 % des cas ce n’est pas l’analphabète lui-même qui répondait, mais un adulte faisant partie de son ménage Lorsque le répondant était lui-même analphabète, il n’avait pas à l’avouer mais simplement à dire, par exemple, qu’il y avait une ou deux personnes ne sachant pas bre ou écrire dans son ménage, sans avoir à s’identifier personneUement Les résultats obtenus par le sondage sont cités au début de cet article II y aurait donc 1,8 % d’analphabètes complets chez les adultes québécois.Comment cela se compare-t-il avec les autres pays ?Selon les chiffres diffusés par les organisations spécialisées des nations-Umes (3), le taux d’analphabétisme serait de 1,0 % aux États-Unis, en Allemagne et au Royaume-Um , il serait de 1,2% en France et de 1,5% en URSS Le résultat obtenu au Québec est compatible avec ceux observés dans les autres pays développé.Le résultat légèrement plus élevé pour le Québec s’expbquerait soit parce que l’analphabétisme serait effectivement un peu plus élevé chez nous, soit par les marges d’erreur inhérentes à tout sondage, soit par la prudence particu-bère dont a fait preuve le ministère dans la formulation de la question sur l’analphabétisme complet Certaines Mrsonnes utilisent la dermère des méthodes d’évalutation de l’analphabétisme préconisée par runesco, c’est-à-dire l’utibsation de statistiques sur la scolarité atteinte.Selon ces Voir page VIII: MahMix V Conception Vorgo, 1 4 OMOCléo, mlnlstèro do rÉckicallon La position officielle du ministère de VÉducation LA PREMIÈRE priorité concerne l'alphabétisation de ceux et de celles qui ont une maîtrise insuffisante de la lecture, de l’écriture, du calcul et de l’expression en langue maternelle.Les premiers intéressés se trouveront sans doute parmi ces 100,000 Québécois qui éprouvent des difficultés à lire et à écrire et qui seraient intéressés à des activités d'apprentissage pour surmonter ces difficultés Ils se trouveront parmi toutes les personnes analphabètes particulièrement démunies, qui ont souvent peur de la visibilité et dont l’image de soi est pour le moins dévalorisante Au plus grand nombre possible, il faut offrir en priorité des ressources éducatives proches et adaptées Le programme d’alphabétisation devra mettre à contribution les ressources éducatives des deux secteurs, public et autonome, d’éducation populaire Le réseau scolaire poursuivra son activité d’alphabétisation, selon ses pratiques propres, et il accordera son soutien aux activités du secteur autonome, en respectant ses pratiques originales Les uns et les autres seront appuyés par les organismes de formation à distance, dont ce sera aussi l’une des préoccupations, et par Radio-Québec, qui contribuera à sensibiliser ies populations dans les régions (Un projet d’éducation permanente.Énoncé d'orientation et plan d'action en éducation des adultes.Gouvernement du Québec, mars 1984 p 73) AU SOMMAIRE II Jean-François Lacerte Pour les jeunes immigrants sous-scolarisés le rattrapage intensif, une formule qui peut faire boule de neige III Jean-Claude Lavoie Travail quand on confond de l’acide avec du savon.: IV Carole Lamarche Vaudreuil-Soulanges.« On a décidé de sortir l’école de ses murs » V Marcel Lavallée et Hélène Blais L’UQUAM expérimente le micro-ordinateur en alphabétisation André Strouvens Aux Habitations Jeanne-Mance, des locataires retournent à l'école.« à la maison » VI Michel Arseneault La campagne d’alphabétisation: l’ABC de la révolution du Nicaragua Rock à Ti-Pit VII Ann Gauvin Les Anglo-Québécois sont des adeptes de la méthode Laubach VIII La commission Jean Une mission en formation de base plutôt qu’une campagne d’alphabétisation Conception: Jean-Pierre Proulx Mise en page: Sylvain Blanchard et Mireille Simard Publicité: Francine Gingras 1 Le Devoir, vendredi 1er février 1985 Le scandale de l’analphabétisme Pour les jeunes immigrants sous^scolarisés Le rattrapage intensif : une formule qui peut faire boule de neige -f ^-~] sive des Vietnamiens et des Li JEAN-FRANÇOIS LACERTE tiens, dans les années 1970, a entra (L’auteur est étudiant en x le même problème et aurait justi JEAN-FRANÇOIS LACERTE (L’auteur est étudiant en Communications) Les écoles de Montréal accueillent présentement 75 jeunes adolescents immigrants qui accusent de graves retards scolaires.Ces jeunes proviennent de pays en voie de développement et sont généralement issus de familles réfugiées au Canada.Ces nouveaux Québécois sont, pour la plupart, d’âge à fréquenter les écoles secondmres, les cégeps et les universités.Ils éprouvent cependant de graves problèmes de scolarisation, même dans leur langue maternelle, ce qui les placent pour la majorité au niveau du primaire dans notre système d’éducation.La plupart des étudiants inscrits dans ces programmes d’accueil spéciaux connaissent l’alphabet mais guère plus.Toutefois, tout adulte dont le niveau de scolarisation est équivalent à notre primaire est virtuellement considéré comme une personne « analphabète », ce qui est le cas de ces jeunes adultes.Ces classes ont été conçues principalement pour régler ce problème ainsi que celui de l’intégration de ces adolescents à nos écoles et à notre culture.Depuis deux ans, la Commission des écoles protestantes du grand Montréal (CÉPGM) a organisé des classes spéciales pour cette clientèle bien particulière.La Commission des écoles catholiques de Montréal (CÉCM) a fait de même en septembre 1984, des classes identiques.La CEPGM a confié à M.Félix Melloul la tâche de mettre sur pied ces classes d’accueil.Ce dernier a été remplacé cette année par M.Charles Lévy, directeur-adjoint au service de l’enseignement du secteur français.Ce sont les services aux étudiants de la commission scolaire qui supervisent le projet et jgèrent le budget.Les cours sont dispensés dans une école primaire française du quartier Maisonneuve, dans l’est de la viUe.Le programme de la CÉPGM ne distingue pas entre classe faible et de classe avancée.Ici, les élèves plus forts servent de locomotive aux plus faibles.Ils sont 45 à être inscrits cette année.Il y a peu d’étudiants illettrés, et ceux qui se trouvent dans cette situation (les analphabètes techniques) reçoivent une attention toute particulière des professeurs et ’¥ Photo ,lacquM ârantar Plusieurs jeunes immigrés, notamment en provenance d’Haïti, arrivent au Québec sous-scolarisés.Ils n'ont pas l’âge de la maternelle ni du primaire mais ne peuvent entreprendre pour autant leurs études secondaires.La Commission des écoles catholiques de Montréal et la Commission des écoles protestantes du Grand Montréal (notre photo) ont toutes deux mis sur pied des classes spéciales à leur intention.du groupe.« Cette classe spéciale d’accueil a été créée à la demande de la communauté chrétienne haïtienne de Montréal », explique Mme Viviane Nicolas, animatrice-conseillère au socio-culturel, qui est à l’origine de ce projet.« La CÉPGM fut la première à mettre sur pied un tel programme parce qu’elle a toujours accueilli les jeunes immigrants dans une proportion beaucoup plus grande que la commission scolaire catholique », précise par ailleurs l’équipe chargée de ce projet.« Dans la classe, le climat est excellent », affirment pour leur part les professeurs.« Les étudiants apprennent vite car ils veulent apprendre.Ils sont conscients qu’ils ont besoin de parfaire leurs connaissances pour mieux s’intégrer dans leur nouvelle société d’adoption.Règle générale, le séjour de ces étudiants n’est que d’un an dans ce proCTamme.Ensuite, ils rejoignent le réseau français régulier de la CÉPGM.» « Je suis Québécoise, et le fait d’être de race blanche ne me nuit pas », affirme par ailleurs Mlle Angèle Fradette, professeur et spécialiste des écoles alternatives.Les deux professeurs, Mme Bernadette Mangille, la directrice du projet, et M.Pierre Rousseau, sont d’origine haïtienne.Ils connaissent bien la clientèle que constituent ces jeunes, ainsi que la culture et la société québécoise.Ces deux personnes-ressources travaillent surtout à faire le pont entre la vie de ces jeunes en Haïti et au Québec.Le Bureau de la communauté chrétienne haïtienne espère que' cette expérience aboutira à l’élaboration de matériel pédagogique véritablement adapté à cette clientèle spécifique.Actuellement, le matériel utilisé est celui fourni par la commission scolaire et n’est nullement adapté aux spécificités de la clientèle haïtienne.L’enjeu est de taille, mais la viabilité de ce projet pourrait être assurée s’il se poursuit pour éventuellement s’étendre aux classes similaires de la CÉCM.La loi 3, Loi sur l’enseignement primaire et secondaire, qui remplace le régime de commissions scolaires confessioninelles par des commissions scolaires linguistiques plutôt que confessionnelles, fuirait d’ailleurs constituer un premier nas dans cette direction.À la CÉCM, Mme Ghislaine God-bout, conseillère pédagogique aux communautés culturelles et à l’accueil, et M.Gilles Goulet ont été les instigateurs d’un projet similaire.Le projet est financé par le service de l’accueil et de l’admission, dirigé par M.Robert Attar.Les cours sont donnés par trois professeurs dans un pe- tit centre de l’est de la ville, Mmes Yannike Rouzier et Suzie Boisrond, qui sont d’origine hatienne, ainsi que M.Jean Lasalle.« Nous nous sommes fixés trois objectifs principaux avec ce projet, confient M.Attar et les professeurs.Nous visons la récupération scolaire accélérée, un ratio professeur-étudiant décent (lire un professeur pour 12 étudiants au maximum alors qu’il est d’un étudiant pour 15 à la CÉPGM), et enfin, nous tentons de revaloriser les ethnies et l’appartenance des jeunes à leurs origmes sociales et culturelles.À la CÉCM, le projet existe à titre expérimental pour une période de deux ans.Actuellement, ce programme est limité à 30 jeunes haïtiens.Est-il possible que le besoin se limite à la population haïtienne ?Tous répondent non.L’immigration mas- sive des Vietnamiens et des Laotiens, dans les années 1970, a entraîné le même problème et aurait justifié le même service dans les classes d’accueil.Cela n’a pas été fait.Dans le programme crée par M.Goulet et Mme Godbout, si les ethnies ne sont pas mélangées, « c’est pour pouvoir atteindre notre objectif de valorisation des ethnies respectives », déclare M.Attar.Et le faible ratio professeur-étudiant est une méthode pédagogique indispensable pour atteindre cet objectif.« Si le projet est maintenu après un essai de deux ans, il pourrait bien être élargi à d’autres ethnies », pour-suit-iL En tout cas, affirment les professeurs de la CÉCM, il « serait nuisible de mélanger les ethnies car leurs situations respectives sont toutes très différentes».C’est au Centre Saint-Marc, dans le quartier Rosemont, que la CÉCM a logé ses étudiants.L’enthousiasme chez les professeurs y est aussi grand qu’a la CÉPGM.Dans cette école, la volonté d’apprendre des jeunes est comparable a celle manifestée à la CÉPGM.Dans les deux cas, les professeurs acceptent volontiers de déborder des cadres de l’enseignement traditionnel.« Nous devons être disponibles.Ces jeunes ont besoin de sentir qu’on les aime et qu’il peuvent compter sur nous le cas échéant », explique M.Lasalle.« Il n’est pas rare que nous finissions plus tard que six heures le soir.Mais il en va de la réussite du projet», ajoutent-ils.Avant la mise sur pied de cette expérience, les jeunes haïtiens échouaient aux tests d’intelligence.Ils étaient alors refoulés dans des classes de déficients et on ne savait pas trop où les classer.Les cas de violence, d’abandon scolaire, voire de suicide commençaient à se manifester.« Il fallait faire quelque chose, et vite», déclare Mme Nicolas.Cette prise de conscience a permis à la communauté haïtienne de faire des démarches pour créer ces classes.L’expérience, affirment tous les intervenants, est TOSitive et fort concluante.Elle mérite d’être élargie aux autres groupes ethniques dont les jeunes sont confrontés au même problème.Mme Nicolas déclare d’ailleurs que l’organisme qu’elle représente est prêt à aider les autres groupes ethniques qui leur feront part de leur volonté de travailler dans le même sens qu’eux.L’invitation est donc lancée ! guerin l’éditeur des écoles 4501, rue Drolet, Montréal (Québec) H2T 2G2.Tél.(514) 842-3481 DES LIVRES A SUCCÈS QUI ONT CONTRIBUÉ À RÉDUIRE LE NOMBRE DES ANALPHABÈTES AU CANADA ET DANS LE MONDE.J’ai du plaisir à lire Y.Robert-Cournoyer Cette publication a été conçue pour remédier aux grandes difficultés qu’éprouvent plusieurs élèves lors de l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe.0wyîe0(»mt ’le# De l’écoute à la lecture et jusqu’à l’écriture Clémence Laroche Armand Trépanier r"** C’est également un instrument simple et un guide indispensable aux éducateurs et aux parents qui ont à coeur d’aider les enfants dans leur formation.J’ai du plaisir à lire Ces cahiers sont pour les niveaux 1 re, 2e, 3e année, récupération enfance inadaptée, sec.Cahier 1 - ISBN-2-7601 -0553-9 - 64 p.2,00 $ Cahier 2 - ISBN-2-7601 -0554-7 - 64 p.2,00 $ Cahier 3 - ISBN-2-7601 -0555-5 - 80 p.2,50 $ Cahier 4 - ISBN-2-7601 -0556-3 - 80 p.2,50 $ Cahier 5 - ISBN-2-7601 -0557-1 - 80 p.2,50 $ Cahier 6 - ISBN-2-7601 -0558-X - 80 p.2,50 $ Cahier 7 - ISBN-2-7601 -0559-8 - 80 p.2,50 $ Cahier 8 - ISBN-2-7601 -0560-1 -128 p.3,75 $ Guide pédagogique - ISBN-2-7601 -0562-8 - 39 p 6,00 $ Tablette de tests - ISBN-2-7601 -0561 -X - 16 p.1,25 $ Je lis.j’écris.Collection “J’écoute.je parle.je lis.j’écris.’’ Denyse Bernier Collection dirigée par Émile Guy La série «J’écoute.je parle.je lis.j’écris.» se propose d’aider les élèves qui débutent dans I apprentissage de la lecture.La pronres«'on des leçons a comme principe d’aller du simple au complexe.Chaque ilu '’lon que l’enseignant décrit comporte un son vedette qu’il présente avec le geste de M^ame Borel-Mai-sonny.Il loportant que l’élève entende le son à l’étude plusieurs fols avant de l’identifier.AI aide de la méthode gestuelle, on invite les élèves à identifier le son vedette, à le situer dans des mots, puis à recorinaitre la ou les lettres représentant le son; on leur montrera à associer le geste de Madame Borel-Maisonny au son, puis à la ettre.L enwignant fera tracer la ou les lettres étudiées afin de mieux établir la correspondance graphème-phorième.L élève est maintenant en mesure de lire des mots entiers ainsi que de courtes phrases; l’enseignant vérifiera si l’élève comprend le mot ou la phrase en lui posant des questions appropriées et en l’encourageant à illustrer ses lectures.Je Ils.l'écrit.3 (2e année) ¦ élève - ISBN-2-7601-0952-6 -127 p.(cartonné) ¦ cahier - ISBN-2-7601-1573-9 - 80 p.(broché) ¦ cartes-éclair (série de 200 cartes) Je Ils.l'écris.1 (Ire année) ¦ élève - ISBN-2-7601-0787-6 - 88 p.(cartonné) ¦ cahier - ISBN-2-7601-0813-9 - 72 p.(broché) ¦ mots clés - (20) ¦ cartes éclair - (65) ¦ cartes avec geste (20) Je Ils.l'écris.2 (Ire année) ¦ élève - ISBN-2-7601-0900-3 -111 p.(cartonné) ¦ cahier - ISBN-2-7601-0913-5 - 96 p.(broché) ¦ cartes-éclair (série de 192 cartes) ¦ pancartes (série de 28 pancartes) 5,95$ 2,50$ 20,00$ 30,00$ 20,00$ ¦ pancartes (série de 26 pancartes) Je Ils.l'écris.4 (2e année) ¦ élève - ISBN-2-7601-1012-5 - 123 p.(cartonné) ¦ cahier - ISBN-2-7601-1076-1 ¦ cartes-éclair (série de 144 cartes) ¦ pancartes (série de 24 pancartes) Je Ils.l'écrit.5 (3e année) ¦ élève - ISBN-2-7601-1160-1 -240 p.(cartonné) Ces cahiers s’adressent en premier lieu aux adultes de tous les âges et en second lieu aux étudiants des cours réguliers, classes de récupération, qui sont aux prises avec les difficultés d'apprentissage.L'outil que nous présentons se veut un instrument qui contrôle l’écoute exacte, assure la richesse et la précision du vocabulaire, corrige et poursuit l’initiation grammaticale.De l'écoute à la lecture et jusqu'à l’écriture (s’adapte à différents niveaux) Cahier 1, élève - ISBN-2-7601-0426-5 - 46 p.1,50$ Cahier 2, élève - ISBN-2-7601 -0427-3 - 62 p.2,00 $ Cahier 3, élève - ISBN-2-7601 -0428-1 -117 p 3,50 $ Cahier 4, élève - ISBN-2-7601 -0429-X -119p.3,75 $ Cahier 5, élève - ISBN-2-7601 -0430-3 -148 p.4,50 $ Guide méthodologique ISBN-2-7601 -0781 -7 -110 p.10,00 $ GUÉRIN LE PLUS IMPORTANT ÉDITEUR CANADIEN AU CANADA En vente ctans les librairies; 4560 rue.Saint-Denis Montréal, Québec Tél,: (514)849-1112 Station Métro-Longueuil Lohgueuit, Québec Tél.; (514) 677-6525 168 est, Sainte-Catherine Montréal, Québec Tél.; (514) 861-5647 4440 rue Saint-Denis Montréal, Québec Tél,: (514) 843-6241 Le Devoir, vendredi 1er février 1985 Le scandale de l’analphabétisme Travail: quand on confond de l’acide avec du savon.JEAN-CLAUDE LAVOIE (L’auteur est animateur au collectif d'alphabétisation des travailleurs à Magog dans la région de l'Estrie) Une recherche sur l’analphabétisme en milieu de travail menée auprès de 12 industries employant près de 2000 personnes révèle que 10% des travailleurs manuels sont analphabètes complets alors que l’analphabétisme fonctionnel atteint dans cer- .i€JÛy /: Photo ÉdHaur otfIcM du OuétMC Une récente étude révèle que 10% des travailleurs manuels en industrie sont des analphabètes complets.Ce phénomène entraîne des conséquences que l’on ne soupçonne pas tant pour le travailleur analphabète lui-même que pour son environnement, notamment au plan de la sécurité au travail.Shàleà ame/de^ doCÙ ’85 au .sgs ^EanrcUSxél7£.uf le JEUDI, 7 FÉVRIER de 13h00 à 21h00 Entrée et stationnement: 5625 Decelles, Montréal Téléphone: (514) 342-1320 BIENVENUE AUX PARENTS ET AUX ÉLÈVES DE SECONDAIRE V Collège Marie de France Lycée français de Montréal iJe la maternelle au collégial, nous vous offrons: • Une scolarité de qualité avec les programmes officiel» Iran-çals conduisant aux baccalauréats A, B, C, D.• La possibilité d’obtenir des bourses des gouvernements trançals ou québécois alnati^ffmà^rses Internes; • Un ensetgnêmdé ihèderne arumt par ordinateur; • Une prépamUon efflcam à /’«mM» màmrsltés de Fraru» et éPÀatêrltiue du ttOédfl • Des seiVkfés imkf^e: Labo^miim ^ im^^: Centm 0e (UiCumrHamiiWIufl^ation pédagb^tÊe: I Bibiioth^gke, amUothè^ttf • Circuit fermé 0p fétéri^on (Mm^ur; Gymnase, pàlêSÊre, m^4ê G0tkiitionnement physique; Cafétéria: Clubs de badmington, ballet classique, ballet jazz, basket, soccer, hand ball, judo, gymnastique artistique, chorale, piano, violon.Club d'informatique Inscrivez-vous ou venez nous voir au 4635, Chemin Reine-Marie à Montréal H3W1W3 Tél.: 737-1177 et 737-1178 tains cas jusqu’à 40%.Une étude de cas portant ensuite sur 20 employés analphabètes oue-vrant dans ces usines dévoile le fonctionnement précaire des travailleurs les moins instruits dans un miUeu industrialisé où l’écrit régit l’ensemble des activités.La recherche, réalisée par le Collectif d’alphabétisation des travailleurs (Estrie), indique d’abord que la majorité des répondants ont un père analphabète alors que dans près du tiers des familles, la mère vit la même condition.Ces 20 travailleurs déclarent une scolarité moyenne de 3.4 années réussies et presque tous sont au marché du travail depuis l’âge de 15 ans.Plusieurs occupent un emploi dans les secteurs du textile, de la couture et de la fabrication de chaussures; d’autres encore dans des fonderies, des usines de produits alimentaires et des charcuteries.La presque totaüté de ces 20 personnes travaillent à plein temps alors que les autres pratiquent des métiers saisonniers entrecoupés de longues périodes de chômage.La plupart exercent les fonctions les moins bien rémunérées de leur usine et une personne sur trois touche un bonus à la quantité ou à la qualité de la production.Au plan de la stabilité, 60% détiennent le même emploi depuis plus de 10 ans.Le concept du seuil de sécurité influe grandement sur la notion de la stabilité car pour une personne ne sachant ni lire ni écrire, chercher un travail représente un défi considérable à plusieurs niveaux ; aussi lorsqu’une personne détient un emploi, elle essaie par tous les moyens de le conserver plutôt que d’avoir à subir de nouveau les difficultés, les embûches et le stress que lui pose la condition d’analphabète.Problèmes reliés à l’écrit Presque tous les travailleurs interrogés affirment devoir lire et écrire régulièrement au travail.L’incapacité à comprendre l’écrit de tous les jours crée des ennuis à plus d’un: pensons aux directives écrites circulant à tous les niveaux du fonctionnement industriel, aux affiches, formulaires et rapports de toutes sortes qui gèrent les actions quotidiennes des travaillants.L’incompréhension causée par des interprétations différentes des ordres écrits crée des conflits entre les travailleurs et entre les travailleurs et le personnel de direction.L’impossibilité à décoder les instructions et les modes d’emploi de produits dangereux provoque des situations difficiles, souvent périlleuses.Dans plusieurs cas, l’analphabétisme apparaît responsable de problèmes majeurs, notamment au niveau des pertes de temps et de salaires, des gaspillages de produits et de matériaux, des refus d’avancement et des changements d’affectation, puis, dans plusieurs cas d’accidents du travail Ainsi, dans une usine on fait appel aux plus instruits qui remplissent pour leurs compagnons analphabètes les fiches de temps et les rapports d’activités.Dans une industrie de textile, un travailleur analphabète ne remarque pas le remplacement du colorant qu’il utilise régulièrement.L’utilisation de ce produit concentré beaucoup plus fort entraîne le gaspillage de la production d’une journée et la perte d’un contrat.Les refus de promotion et changements d’affectation constituent un des champs d’activité où l’analphabétisme apt le plus durement.En effet, la moitié des répondants affirment avoir déjà refusé une promotion ou un changement d’affectation perçu comme tel.Tous invoquent l’incapacité à fonctionner avec l’écrit pour justifier ces refus.Près du tiers des accidents du travail subis par 70% des participants à l’étude sont attribuables à l’analphabétisme: à l’exemple de ce journalier hospitalisé durant plusieurs jours après s’être lavé les mains avec un produit fortement acidifié croyant utilisé un savon.Parfois, l’erreur commise par celui qui ne sait ni lire ni écrire touche ses compagnons de travail: tel cet ouvrier d’entretien qui une nuit a appliqué du silicone sur les planchers de terazzo pensant utilisé une cire.Au matin, une dactylographe a chuté s’infligeant une fracture au poignet.Un accident stupide responsable de la perte de plusieurs journées pour la travailleuse et autant de complications pour l’employeur.Un fonctionnement minimal Le travail quotidien oblige les individus à développer des moyens pour déjouer l’analphabétisme.Quarante pour cent utilisent un truc pour repérer facilement leur carte de pointage: ils inscrivent dessus des marques distinctives, des XXX par exemple, ils replient un coin ou encore la place dans une case isolée.Quelques-uns notent le numéro sur un bout de papier qu’ils vérifient au besoin.Même si certains croient avoir bien dissimulé leur incapacité à lire ou écrire, la plupart souhaitent cacher cette incapacité évitant ainsi d’être sujet à la raiL’erie et à l’humiliation de ceux qui leur racontent des histoires ou tentent de les abaisser devant les contremaîtres et leurs compagnons.L’analphabétisme se révèle donc responsable d’un fort sentiment de dépendance qu’ils entretiennent envers les plus instruits et s’avère une des causes importantes de la dégradation des conditions de travail à plusieurs points de vue : pour de nombreux travailleurs la compréhension de l’environnement de travail se limite au département où ils besognent depuis plusieurs années.Quelques individus seulement peuvent préciser leur fonction par rapport à l’ensemble de l’activité industrielle du milieu.Plus de la moitié connaissent à peine l’ordre hiéarchique qui détermine les responsabilités dans l’usine et 85% de ces travailleurs ne participent à aucune activité sociale, culturelle ou syndicale organisées dans l’entreprise.Pour la majorité des situations à éviter car elles constituent des risques d’avoir à refuser des charges ou responsabilités exigeant la maîtrise de la lecture et de récriture, donc des occasions où la r‘rsonne s’expose à l’humiUation et la honte d’être identifié à l’analphabétisme.Plusieurs travailleurs préfèrent ainsi besogner dans de grandes usines où ils peuvent plus facilement passer inaperçu.Même si en vertu du développement technologique des programmes de modernisation de l’équipement productif sont en cours dans 92% des entreprises le travailleur analphabète ne se sent pas menacé par la robotisation.À peine quelques individus croient qu’une machine pourrait remplir leur fonction et presque tous souhaitent occuper leur emploi jusqu’à l’âge de la retraite, à tout le moins tant qu’il faudra subvenir aux besoins de la famille.Au plan de la formation la recherche indique que 58% des usines où travaillent les analphabètes partici- pants à l’étude ne tiennent pas de programme de formation et qu’à peine 30% des industries offrant ces services les étendent aux travailleurs manuels.À cet égard les objectifs de modernisation industrielle combinés à l’absence de programmes de formation et de recyclage des travailleurs dénotent la précarité des emplois sous l’impact du rajeunissement technologique.La non polyvalence du travailleur contribue de façon significative à une employabilité restreinte.Le travailleur analphabète se retrouve ainsi en première ligne à la merci des variations économiques et du progrès technologique.nnalement au niveau des recommandations l’étude conclut à la nécessité d’instituer des congés-éducation rémunérés faisant appel à tous les partenaires sociaux: aux gouvernements dans la mesure où le droit à l’éducation exige d’assurer l’accès aux activités éducatives à toutes les couches de la population et de façon prioritairé pour les travailleurs analphabètes qui dans une large part au moyen de leurs impôts ont financé le Ministère de l’Éducation du Québec.À l’entreprise privé qui en élargissant les programmes de formation aux travailleurs analphabètes contribuera à l’instauration d’un climat favorable et à des relations de travail harmonieuses pour tous les employés de l’entreprise.Aux syndicats en faisant du droit à la formation une revendication incluse dans les conventions collectives.Au travailleur en participant aux actions éducatives qui lui permettront de développer une plus grande polyvalence en milieu de travail et une meilleure connaissance de son environnement.Des recommandations pleinement réalistes qui éventuellement favoriseront une éducation égalitaire pour tous les travailleurs.flWh Montréal • 198S COABE COLLOQUE SUR LA FORMATION DE BASE VOIR PAGE B CERTIFICAT EN ALPHABÉTISATION L'UQAM offre depuis un an un certificat en alphabétisation.Il s'agit du seul programme d'études du 1er cycle universitaire de ce genre au Québec.Ce programme vise à améliorer la formation des intervenants en alphabétisation des réseaux communautaires et publics.On y aborde entre autres les thèmes suivants: • les cultures populaires et la marginalité • la psychopédagogie des adultes en situation d'apprentissage • les politiques et les pratiques en alphabétisation • les méthodologies convenant à des apprenants adultes Des recherches-action, des laboratoires et un stage complètent cette formation.Pour en savoir davantage, adressez-vous au: Module de Linguistique, téléphone: 282-3647 Université du Québec à Montréal Pour faire une demande d'admission, adressez-vous au: Service de l'admission, Bureau du registraire 400, Ste-Catherine est (coin St-Denis) Local A-R750, téléphone; 282-3121 Case postale 8888, succursale "A" Montréal (Québec) H3C 3P8 UNE CARRIÈRE, ÇA SE PRÉPARE! NOS DIPLÔMÉS LE SAVENT! Secrétartat NOTRE-DAME ^ “MOIHER HOUSE” 2330, rue Sherbrooke Ouest Montréal (Québec) H3H 1G8 Tél.:(514) 935-2531 Université du Québec à Montréal Apprentissage et Socialisation POUR SAVOIR CE QUE D’AUTRES PROFESSIONNELS COMME VOUS FONT POUR COMBATTRE L’ANALPHABÉTISME Revue a caractère scientifique Abonnement: 17$ (4 numéros par année) Pour renseignements: (514) 842-5485 Nom: Adresse Ville: Code postal: Téléphone: Paiement: Chèque ?visa ?Master Card ?Numéro de la carte Date d'expiration Retournez à: Conseil du Québec de l’Enfance Exceptionnelle 3700, rue Berri, bureau 478 Montréal (Qc) I .ûù, ¦ *00’ I I UNE DES EXCUSES LES PLUS FREQUEMMENT UTILISEES PAR LES ANALPHABÈTES Aidez-les, ils sont des milliers; dites-leur qu’il y a des cours organisés pour eux par les organismes populaires ou les services d’éducation des adultes des commissions scolaires.I Gouvernement du Québec Ministère I de l'Éducation Québec Le Devoir, vendredi 1er février 1985 Le scandale de l’analphabétisme Vaudreuil-Soulanges : « On a décidé de sortir l’école de ses murs » CAROLE LAMARCHE (Mme Lamarche est responsable du dossier en alphabétisation à la commission scolaire régionale Vaudreuil-Soulanges) Région suburbaine et rurale, Vaudreuil-Soulanges compte 32 municipalités.il s’y trouve, estime-t-on, environ 5 000 analphabètes.En septembre 1982, naissait une expérience-pilote à la Commission scolaire Vaudreuil-Soulanges.Sachant combien il peut être difficile parfois à un analphabète adulte de s’intégrer au système scolaire régulier, on a décidé de sortir l’école de ses murs.Dans un premier temps, l’organisatrice communautaire de l’éducation des adultes s’est vu confié le dossier de l’alphabétisation.Elle a présenté un plan d’action étalé sur trois ans.Il proposait notamment de regrouper, la première année, quatre ou cinq « apprenants » et autant de bénévoles.On a d’abord commencé à donner de la formation aux bénévoles, formation axée sur la relation d’aide.Dans le soutien pédagogique, on a encouragé l’imagination créatrice des individus en valorisant leur capacité d’adapter les apprentissages aux apprenants.Lès premiers jumelages s’effectuaient.Voici comment les choses se sont passées.Régulièrement donc, une fois ou deux par semaine, des apprenants se rendent chez leur bénévole ou des bénévoles chez leur apprenant.Les apprenants sont motivés et progressent chacun à leur rythme, les bénévoles sont enchantés par l’expérience.Cette première étape est concluante.On continue donc le recrutement et on structure des rencontres d’échange et de formation pour les bénévoles.En septembre 1983, un jeune apprenant adulte vient s’inscrire et se dit prêt à venir avec huit ou neuf de ses copains.Voilà donc l’élément déclencheur du premier groupe-classe, qui s’installe au sous-sol de l’Hôtel de Ville de l’île-Perrot.L’éducation des adultes engage un formateur spécifiquement pour eux, et dès lors, ils profitent de deux demi-journées d’apprentissage par semaine.Aux apprenants qui cheminent déjà à domicile, on leur offre de se joindre au groupe-classe.L’idée sourit à un bon nombre, et dans le but de faciliter leur intégration, les bénévoles les accompagnent en classe.C’est le début d’une collaboration formateurs/bénévoles qui permet à chaque apprenant de fonctionner à son rythme, qui permet de faire des entrées continues dans la classe afin de répondre rapidement aux demandes (quand un adulte décide d’apprendre à lire et à écrire, il est pressé, il ne peut plus attendre).En septembre 1983, le groupe débute avec 11 apprenants et en mai 1984, il y a 25 inscrits et 5 bénévoles travaillent en collaboration avec les formatrices.Parallèlement, de nouveaux bénévoles et de nouveaux apprenants sont jumelés à domicile, pour des raisons géographiques ou des besoins j^rsonnels.En cette même année, 1983-84, des projets de création d’emploi « Chantier Québec » et « Canada au travail » font du travail de sensibilisation dans la population auprès des organismes et des individus.Leur travail porte fruit, on recrute de nouveaux bénévoles et de nouveaux apprenants.En septembre 1984, on compte 80 apprenants (en classe et à domicile) et 60 bénévoles.Au printemps 1984, des bénévoles.toujours appuyés par la Commission scolaire régionale Vaudreuil-Soulanges conçoivent le projet d’un regroupement populaire, en alphabétisation.Ils présentent une demande de subvention à titre d’organisation volontaire en éducation populaire (OVEP) laquelle est reçue favorablement.Désormais, l’éducation des adultes n’est plus seule dans le dossier, mais elle a un précieux collaborateur dans le milieu.Naissance d’un regroupement populaire C’est à l’occasion d’une demande de subvention pour un projet OVEP, en mai 1984, que l’idée d’un regroupement populaire permanent, en alphabétisation, s’est concrétisée.Prévue, au départ, pour la fin de l’année 1985, sa réalisation s’est produite un an plus tôt, et c’est le 28 novembre 1984 qu’officiellement s’est formé le premier regroupement poputoe, en alphabétisation, dans la région de Vaudreuil-Soulanges, et qui porte le nom de Comquat inc.Ce nom, résume les quatres phases, en alphabétisation: écouter, parler, lire et écrire.La composition du conseil d’administration de Comquat est le reflet de l’alphabétisation, telle qu’elle se vit dans notre région, puisque apprenants, bénévoles et éducation des adultes en font partie.Au cours de sa première année, le conseil d’administration s’est donné, entre autres objectifs, poursuivre les actions déjà entreprises: la sensibilisation de la population, le recrutement de bénévoles et d’apprenants et, de plus, de sensibiliser les organismes du milieu.La création d’un regroupement populaire en alphabétisation est, pour nous, une manifestation de responsabilité collective et d’action sociale de prise en charge par le milieu.Un témoignage « Je me cherchais du travail.Au Centre d’emploi du Canada, on m’a demandé quelle sorte de travail, je cherchais.J’ai été obligé de dire que je ne savais pas lire.Je cherchais du travail d’entretien.Il n’y en avait pas.On m’a demand si j’aimerais retourner à l’école.J’ai dit oui à condition que ça ne me coûte pas trop cher ».« On m’a donné le nom et le numéro de téléphone d’une personne à la commission scolaire.J’ai téléphoné et Carole est venue chez moi.Elle m’a présenté une bénévole et, ensemble, toutes les trois, on s’èst rencontrées autour d’un café.La bénévole m’a demandé ce que je voulais apprendre.J’ai dit que je voulais faire ma liste d’épicerie parce que je la faisais toute avec des dessins.J’ai commencé à apprendre les mots ‘salade’, ‘oeuf’ et J’ai fait de moins en moins de petits dessins.Ça été mon début.Mon autre besoin, a été d’être capable de trouver ce qui est meilleur marché et après j’ai voulu apprendre à écrire mes chiffres».« Quand j’ai été dans un groupe, celaa m’énervait parce que je ne savais pas qu’il y en avait d’autres comme moi.La première fois, je me suis rendue avec ma bénévole.J’ai rempli les premiers papiers toute seule.Ensuite, les premiers arrivés dans le groupen aidaient les nouveaux parce qu’on savait ce que c’était quand on arrive une première fois.» « Avant j’étais renfermée, je manquais de confiance en moi.Depuis que j’ai commencé à apprendre, j’ai senti une grande porte ouverte, j’ai commencé à faire des choses, organiser des party pour le groupe, parler en pubüc».Dawson vous propose sa façon d’apprendre une langue Une attention individuelle et des classes peu nombreuses font des cours de langue du collège Dawson une façon rapide et efficace d’acquérir une connaissance de la langue anglaise ou française.Méthode d’expression orale Les lundis et mercredis soirs de 19 heures à 21 heures du 18 février au 29 avril ou le samedi de 9 heures à 13 heures du 16 février au 20 avril Frais de scolarité: 125,00$ Pour de plus amples renseignements, veuillez composer 866-7953 COLLÈGE DAWSON Centre de l’éducation des adultes « Je m’aperçois que je suis capable et je me sens bien, je me sens autonome, je-peux faire tellement de choses, lire des recettes, manger des choses nouveUes, lire moi-même sur les boites de médicaments, pour moi et mes enfants, lire moi-même les lettres adressées à mon nom.Même je lis fort pour que tout le monde m’entende.» Aujourd’hui, Nancy se sent libre « comme un petit oiseau », elle est heureuse « en dedans ».Elle s’implique à son tour à la phase de sensibilisation en alphabétisation en donnant des exposés dans différents organismes.Témoignage cTune bénévole « C’est une de mes clients qui m’a parlé du projet d’alphabétisation, raconte pour sa part Lucille, une bénévole.Tout de suite, j’ai été intéressée.En faisant des rapports d’impôt pour les autres, il m’arrivait de me rendre compte que certains d’entre eux ne savaient pas lire et essayaient de ne pas le faire parsutre.« Je me suis donc rendue à des journées de formation, j’ai aimé les gens que j’y ai rencontrés et j’ai tellement apprécié le dynamisme de l’animatrice responsable pour qui tout espoir est permis.Mes contacts avec les apprenants sont pour moi chaque fois des occasions de partager mon expérience et mes connaissances mais, aussi, ça correspond à mon besoin de donner de moi-même.Photo Coratant Monlpellioi Les cours d’alphabétisation sont souvent couronnés d’une « attestation de participation ».C’était le cas le 29 mai dernier pour ces adultes de la région de Vaudreuil-Soulanges.Ils venaient de compléter, avec succès, 30 heures d’apprentissage dans le cadre du programme organisé par la commission scolaire régionale Vaudreuil-Soulanges.« C’est extraordinaire d’être le témoin de la libération des gens.Cela m’apporte beaucoup de joie, de satisfaction de voir surgir une ouverture à toute sorte de connaissance chez les apprenants.Ce sont des activités qui sont fondées sur des relations humaines chaleureuses et qui nous invitent à tenir compte des besoins et aussi des capacités de chacun.J’ai trouvé chez les autres bénévoles et les apprenants, tant à la maison qu’en groupe, un milieu de partage extraordinaire où les enthousiasmes sont communicatifs.On est plein HORLOGERIE BIJOUTERIE COURS PAR CORRESPONDANCE Dépliants gratuits Permis no 749659 INSTITUT D'HORLOGERIE DU CANADA LTÉE 1012 est, Mont-Royal, Montréal, H2J 1X6 Tél.: 523-7623 Seul moyen de noter intégralement la parole la plus rapide LA STÉNOTYPIE s'adapte à toutes les formes du secrétariat; elle assure aussi la prise des conférences, colloques, réunions et congrès; elle garantit le compte rendu intégral des procès, la prise des débats .On la trouve dans les entreprises, organises nationaux et Internationaux.Inscriptions ouvertes Institut France Quitard de Sténotypie I.Q.S.Permis 749666 du ministère de TÉducation 1290, rue Saint-Denis, Suite 89, Montréal (Métro Berri, sortie Saint-Denis) 288-2241 iW c.rO'®' Université McGill 69e session: 29 juin au 10 août 1985 MAITRISE (avec ou sans thèse) Programme: • langue • littérature • civilisations française et québécoise.Admission B.A., B.Péd., Bac.Spéc.ou l’équivalent.Renseignements et brochure explicative: 392-4678 G.Pascal Directrice École française d’été Petersen Hall, 242 3460 rue McTavIsh Montréal, QC H3A 1X9 'VA ofeS .ac®" *e cegep (enseignement régulier, le jour) LE 1er MARS 1985 est la date limite pour présenter une demande d’admission pour la SESSION “AUTOMNE 1985” dans l’un des cégeps suivants: Ahuntsic Saint-Hyacinthe Andrè-Laurendeau Saint-Jean-sur-Richelieu de Bois-de-Boulogne Saint-Jérôme Prummondville Edouard-Montpetit Granby John Abbott Joliette Lionel-Groulx Maisonneuve Montmorency Rosemont Saint-Laurent Shawinigan Sherbrooke Sorel-Tracy Trois-Rivières Valieyfleld Vieux Montréal Institut de technologie agricole et alimentaire Pour obtenir les formulaires, veuillez vous adresser à votre école, à l’un de ces cégeps ou au: service régional d’admission du montréal métropolitain CP.70, Succursale Bourassa, Montréal, Québec, H2C 3E7 Études sur la langue parlée des enfants québécois 1969-1980 Q.Gagné, M.Pagé et cofl.532 p.25,75$ Stratégie d'enseignement des nombres entiers naturels J.-C.Hétu 152 p 15,95$ Gestion et décroissance en éducation Le cas d'une commission scolaire québécoise M, Crespo, J.B.Haché 140 p.15$ La Technologie de l’éducation Concept, bases et applications M.Schoier 200 p.25,50$ La Rythmique à l’élémentaire p, Côté-Laurence 136 p.8,50$ ie livre LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DE MONTREAL C.P.6128, Suce.«A» j Montréal (Québec), Canada H3C 3J7 Tél.: (514) 343-6321-25 universHaire Us fmm a mrnm » MiNUéd MM b ésulMsn ;CM8ii M M Itnpt 4m Meqpi M Iwpe ItMfiiM 49 CnSt 4i MdMdus 9Mr h Le [Devoir, vendredi 1er février 1985 Le scandale de ranalphabétisme L’UQAM expérimente le micro-ordinateur en alphabétisation MARCEL LAVALLÉE et HÉLÈNE BLAIS (M.Lavallée dirige à i'UQAM le Groupe de recherche en évaluation des curriculum *(GREC).Depuis deux ans, il mène un projet de recherche sur rapport du micro-ordinateur dans l'apprentissage fondamental de la langue avec des analphabètes adultes.Mme Blais est étudiante au doctorat en sémiologie de I'UQAM.Elle enseigne auprès d'analphabètes adultes depuis cinq ans).L’utilisation du micro-ordinateur dans l’apprentissage est un phénomène récent.Il i^ut, comme on sait, servir de tuteur individuel, ou de démonstrateur.Il peut devenir un « gérant » dans les apprentissages en servant à l’évaluation des étudidants.Il peut enseigner et même apprendre.En tant qu’outil pédagogique, il peut être aussi utile ou inutile qu’un rétroprojecteur, un magnétoscope ou un tableau noir.Présentement, il n’existe pas de recherche sur Tutilisation des microordinateurs avec des adultes analphabètes.Par contre, les recherches sur l’enseignement assisté par ordinateurs ont démontré l’effet positif de cet outil sur le rendement scolaire au niveau secondaire.Elles ont aussi prouvé que l’enseignement supplémentaire reçu par l’entremise de l’ordinateur permet d’obtenir des ré^ sultats scolaires supérieurs, en moins de temps, à la fois dans les apprentissages langagiers et dans l’apprentissage des mathématiques.Un rapport de recherche publie en 1983 qui fait l’analyse de 32 études sur le sujet indique que l’enseignement assisté par ordinateur diminue le temps nécessaire à l’apprentissage, en améliore la qualité et développe de nouvelles habiletés cognitives.Qu’est-ce qui motive les étudiants ?Qu’est-ce qui fait qu’ils semblent apprendre mieux et plus rapidement ?Quelle est la portée éducative des didacticiels eux-mêmes ?Quelles sont, en somme, les conditions spécifiques qui favorisent des apprentissages réels ?Si on le savait, l’éducateur, l’auteur de didacticiels, le conseiller pédagogique, l’élabora-teur de programmes pourraient en Une équipe de l’Université du Québec à Montréal, que dirige le professeur Marcel Lavallée, dinateur dans l’apprentissage fondamental de la langue avec des analphabètes adultes.Photo Jacquf Ofoéf mène un projet de recherche sur l'apport du micro-or- tenir compte, chacun selon son rôle pédagogique.Le traitement de texte.Le micro-ordinateur permet le traitement de texte.Il possède un certain nombre de qualités fort motivantes pour le rédacteur.Sa principale qualité réside dans la révision facile qu’il permet.Dans notre recherche auprès d’analphabètes, nous avons mis beaucoup d’importance depuis le début de l’expérimentation sur l’expression écrite des adultes comme renforcement à l’apprentissage de la lecture.Or, nos étudiants, en écrivant font des erreurs d’ordre orthographique et morpho-syntaxique.Ces mêmes étudiants acceptent de très bonne grâce de les corriger puisqu’il est facile de le faire par l’entremise du traitement de texte.Cette année, nous voudrions approfondir la révision des textes des adultes et les encourager à en améliorer non seulement la forme mais aussi le contenu.L’utilisation du traitement de texte exigera à ce moment-là des procédures moins sim-l’addition ou l’annulation de pies que l’add lettres à la fi fin ou dans le corps des mots.Nous voulons aussi explorer et démystifier, auprès des adultes, l’utilisation des micro-ordinateurs et essayer de déceler comment celle-ci permet des apprentissages signifi- catifs de la lecture et de l’écriture.Nous voulons décrire, de ce fait, les conditions de réalisation de ces apprentissages.Des adultes analphabètes, avons-nous constaté, peuvent s’adapter assez rapidement à une nouvelle technologie et l’utiliser, à condition qu’ils aient à la fois le temps de pratiquer et un minimum d’encadrement.De fait, nous pouvons confirmer ce que la documentation relative aux ordinateurs nous avait appris, sauf que nous réalisons l’expérimentation avec des analphabètes.Notre classe est composée de neuf personnes.Or, certaines d’entre-elles, sans être réfractaires à la nouvelle technologie, ont une façon d’apprendre qui semble moins compatible avec l’utilisation des micro-ordinateurs, (deux de ces étudiants n’ont pas encore démontré qu’ils pouvaient apprendre mieux et plus rapidement par l’entremise des micro-ordinateurs).Nous ne sommes pas prêts à affirmer qu’ils n’apprendront pas mieux.II faut laisser au temps le soin de faire son oeuvre.Un chercheur, M.Richard Collier ( 1 ), a établi que des écrivains inexpérimentés révisent leurs textes en modifiant surtout l’ortho^aphe des mots et les éléments-outils comme les propositions, les conjonctions.Mais ils ne modifieraient que très peu la syntaxe de leurs phrases, l’a- gencement des paragraphes et des idées.Notre intention est donc d’utiliser les textes de nos étudiants en analysant ces mêmes textes une fois révisés en fonction du modèle proposé par Collier.Notre analyse consistera a compiler, lors de la révision-correction collective des textes, les modifications opérées, soit par addition, annulation, substitution ou réarrangement par rapport aux six catégories proposées par Collier : 1-ponc-tuation, 2-mot, 3-mot/liaison, 4-phra-ses, 5-^oupe de phrases, 6-paragra- Ehes (idées).La collecte des variâtes mentionnées ci-haut se fait par observation directe (par exemple, en classe, nous aimotons le type de correction que les étudiants font) des étudiants et des textes.Les textes produits par les adultes n’ont pas tous la même « qualité » en vue d^une analyse.Les textes personnels ont plus de valeur que les textes copiés, valeur au sens où les textes pensés, conçus, manuscrits, transcrits sur traitement de texte de micro-ordinateur par les adultes eux-mêmes, sont des objets d’études et d’apprentissage plus riches quant aux informations qu’ils nous procurent sur les niveaux de connaissances, d’intégration, de débrouillardise, d’expression, de cohésion avec les apprentissages supposément « acquis » des apprenants.Par l’inter- Aux Habitations Jeanne-Mance Des locataires retournent à l’école.« à la maison »! André Strouvens (L’auteur est conseiller en relations publiques à la CÉCM) Des locataires des Habitations Jeanne-Mance viennent de réaliser un vidéo racontant leur expérience de retour à l’école « à la maison ».Ils l’ont intitulé : « Ils vont rire de nous autres ».Ils participent depuis plus d’un an à une démarche d’alphabétisation communautaire entreprise par le Service de l’éducation des adultes de la CÉCM.Un tel titre en dit long sur ce que ressentent ces adultes analphabètes.Ils ont décidé il y a plus d’an an de s’inscrire à des activités de rattrapage sur place organisé par le Service d’éducation des adultes de la CÉCM.Ils veulent ap- prendre à lire, à écrire et à compter.Pour ces gens démunis financièrement et socialement, frustrés par leurs expériences scolaires antérieures, trop gênées et mal à l’aise pour s’inscrire dans un centre de formation pour adultes, l’expérience qu’ils ont vécue, en participant à cette activité d’apprentissage en petit groupe et dans leur milieu de vie, aura été une véritable révélation et le déclenchement d’une valorisation d’eux-mêmes.Cette démarche d’alphabétisation communautaire aux Habitations Jeanne-Mance situées au coeur du quartier Centre-sud de Montréal a débuté en octobre 1983.Dans ce milieu, où habitent quelques 800 familles et des personnes seules, sévit un chômage endémique.Les prestations de bien-être social secourent une bonne partie de la population, les familles mono-parentales sont nombreuses et le taux d’analphabètes est élevé.Un petit noyau de trois ou quatre locataires, avec l’aide d’une animatrice communautaire, ont élaboré une stratégie en vue d’organiser et de publiciser une rencontre avec Claude Poirier, journaliste bien connu, et deux ex-analphabètes.Ceux-ci sont venus témoigner de l’importance de lire et d’écrire dans notre société actuelle et de la nécessité de se recycler.De là est né le projet d’organiser, pour un groupe de locataires, un cours de rattrapage qui sera donné sur place dans un appartement.Il aura fallu beaucoup d’efforts et de patience pour convaincre d’autres résidents de participer à cette activité mais, finalement un soir de mars 1984 quelques résidents se sont retrouvés ensemble dans le salon d’un des leurs avec la ferme intention de participer à une activité de recyclage.« Depuis que je participe aux activités de rat-trappage, ça va mieux.J’ai appris à compter et maintenant quand je fais mon magasinage, je comprends mes factures, je sais où je m’en vais et je peux économiser», affirme Mme Lise Lizotte, une participante des tout début.Mère de deux garçons, elle demeure avec son mari dans les Habitations Jeanne-Mance depuis 19 ans.Pour elle, qui aime rencontrer du monde et se rendre utile, cette activité l’a libérée de la gêne qu’elle avait de ne pouvoir lire, écrire et compter.Pour Jean-Jacques Béland, célibataire dans la trentaine, demeurant avec sa mère dans les Habitations Jeanne-Mance depuis quatre ans et à la recherche d’un emploi, les cours de rattrapage, en plus de l’aider à écrire sans faute, lui ont donné l’occasion de rencontrer d’autres personnes de son milieu.« Cela me donne aussi le goût d’al- tionne-t-il car, ayant été à l’école jusqu’à la huitième année, il aimerait bien reprendre ses études.Voir page 7: Locataires flmfh Monttéil .IMS COABE COLLOQUE SUR LA FORMATION DE BASE VOIR PAGE e S^adhnie^Ste^^ûsc’ - "““H, PENSIONNAT DEMI'PENSIONNAT EXTERNAT COURS PRIMAIRE, ET SECONDAIRE Ouverture en septembre ’85 d’une classe de maternelle à Journée complète.Examens d’admission pour pensionnaires seulement, les 2 février et 2 mars é 13h00.^ Reconnu» par^le^nistéft dt l'Education du Québec ^ Pour Infomwtlons; 434-1130 425 est Blainville, Ste-Thérèse J7E 1N7 s.«y* .jJHÉÂTRE^ Improvisation - interprétation - dictron - pose de voix rythmique - mise en scene - respiration - écriture dramatique - exercices pratiques sur scène - décors - costumes - maquillage - animation - coordination - conditionnement physique et verbal et masques.(Exercices publics sous la direction de Joel da Silva).Le* exercices visent à taire prendre conscience de VOTRI voix et VOTRE cotps; à libérer les tensions et le souffle.Mise au point progressive des instruments du comédien (corps/voix) afin d'arriver a la tore de créer sans contrainte, de libérer l'im.agi-naire.ATELIERS; A) debutan^ts b) intermediaires c) avances ADULTES: JOUR OU SOIR (cours pour jeune** de 9 «i l *1 ;ins Idî.samedis) Fondateur-directeur du CAFÉ-THÉÂTRE QUARTIER LATIN.Président du STUOlO-THÉÂTRE OA SILVA (!>ans but lucratif) J.M da Silva vous invite tiavail-ter I expression verbale et corporelle 4301, rue Saint-Denis %.843-4384 (Metro Monf-Royol' ^ %4TRi INSTITUT DE TOURISME ET D’HÔTELLERIE ________DU QUÉBEC________________________________ ANNÉE SCOLAIRE 1985-1986 Inscription avant le 1* mars 1985 L'ITHQ offre six (6) programmes de formation professionnelle, sanctionnés par des diplômes du ministère de l'Éducation du Québec (scolarité gratuite).Enséfgnement collégial (durée: 3 ans) • 414.00 Tourisme ¦ 430.01 Techniques de gestion hôtelière ¦ 430.02 Techniques de gestion des services alimentaires Enseignement secondaire - proféMlonnel long (durée.2 ans) ¦ Cuisine professionnelle • Pâtisserie-boulangerie • Service de restaurant L'institut sanctionne également le programme suivant: Cours de cuisina québécoise (durée; 1 an) Conditions d’sdmission généfsles • Résider au Canada • S'inscrire avant le 1*^ mars 1985 ¦ Se qualifier auprès du Comité de sélection Conditions d’admission spédfiquos; Enseignement collégial- Avoir réussi la S* année du secondaire avec le cours de mathématiques 522 (plus chimie 442 ou 462 pour le programme 430.01) Enseignement secondaire - professionnel long: Avoir réussi la 4‘ année du secondaire général ou professionnel long avec le cours de mathématique 412.Cuisine québécoise: Avoir réussi la S* année du secondaire avec la mention "Cuisine professionnelle 1» (avant 1979: mention "Cuisine professionnelle 2»), OU Avoir réussi tous les cours de cuisine des programmes de l'enseignement collégial 430.01 ou 430.02.Renseignements et demande d'admission Bureau du registraire Service des admissions Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec 401, rue Rigaud Montréal, H2L 4P3 Téléphone.(614) 873-4163 Vous pouvez aussi vous adresser au responsable de l'Information scolaire de votre institution Québec médiaire de la lecture collective de ces textes « personnels » peut s’installer un dialogue plus facile et fécond entre les pairs, entre les auteurs et l’alphabétiseure.Les textes dits « copiés » par contre, même s’ils sont moins riches d’informations quant à l’authenticité la feuille blanche.Ce sont pour quelques-uns des pré-textes.Cependant, nous encourageons vivement les adultes à délaisser ces béquilles pour pouvoir marcher le plus efficacement et librement possible sur la route d’une eiqjression écrite qui leur soit propre, inaliénée.Aussi avons-nous catégorisé les textes produits par les adultes de la façon suivante : 1.les textes personnels ; 2.les textes copiés de mémoire, à partir de connaissances orales : paroles de chansons et recettes culinaires.3.les textes copiés à partir de textes écrits par d’autres auteurs comme les textes utilitaires (recettes, conseils pratiques, récits de voyage, informations diverses), les paroles de chansons,les recettes culinaires.4.les textes corrigés qui peuvent avoir été écrits selon les modalités (ci-haut) 1,2 ou 3, corrigés en classe, puis recopiés au moyen du traite- ment de texte.Les « copieors » de textes Lorsque les étudiants commencent à écrire par l’entremise du micro-ordinateur à l’aide du traitement de texte, certains, avons-nous constaté, préfèrent « copier » directement un texte qui les intéresse à partir de textes imprimés ou à partir de la transcription manuscrite qu’ils en ont faite.Cela est une autre façon d’apprivoiser la machine (le microordinateur) et les différentes procédures du traitement de texte.Les « copieurs» progressent moins rapidement que tes autres Mutuants à plusieurs points de vue : orthographe, apprivoisement des codes morpho-linguistico-syntaxiques, débrouillardise dans le repérage des mots des textes, etc.N’en n’étant pas les véritables auteurs, ils ne se retrouvent pas facilement dans ces textes.C’est pour cela que nous insistons dans le groupe-cours pour que les étudiants écrivent des textes qui leur soient personnels.Il s’avère que ceux qui composent de tels textes font moins de fautes d’orthographes et s’auto-corrigent plus facilemenL En somme, les étudiants qui participent réguüèrement et activement aux cours font des progrès, pouvons-nous conclure de façon préuminaire.Ceci est tangible soit par la quantité de textes proposés, soit par l’autocorrection de leurs erreurs orthographiques.Par contre, les étudiants qui composent des texte personnels s’améliorent davantage que les autres, peu importe leur assiduité.Cette amelioration est vérifiée par leur capacité d’auto-correction quand les textes sont distribués à tous les étudiants du groupe-classe, pour qu’une lecture-correction collective en soit faite.Nous escomptons, d’ailleurs, pouvoir utiliser les ressources de ces mêmes étudiants, un peu plus avancés dans leurs apprentissages, pour la préparation technique de la mise en marche des micro-ordinateurs, lors de l’installation du groupe-cours au laboratoire informaUque.(1) Collier, Richard M., « The Influence of Computer-Based Text Edition on the Revision Strategies of Inexperienced Writers», Annual Meeting of the Pacific Northwest Conference on English in the Two-Year College, Calgary, oct.1981.As"tu jpMnsé Q u oorrièr» irmsssonte i Institut 6e marine (du cegep de Rimouski_____________________ E nseiqnenien! 'eguiic wt pduE .iiion ¦ Architecture navale ¦ Genie mécanique (techni(iue) ¦ Navigation ¦ Rartiocommunication S3, rue Saint Germain Ouest Rimouski (Quebec) G5L 4B4 Tel (418) 724 2822 Diplômés du cegep professionnel Technologues et techniciens sur le marché du travail baccalaurèà’ts EN TECHNOLOGIE ¦ Baccalauréat en technologie de la construction civile ¦ Baccalauréat en technologie de l'électricité* ¦ Baccalauréat en technologie de la mécanique* ¦ Baccalauréat en technologie de la production automatisée Ces quatre programmes sont offerts à temps complet et à temps partiel à Montréal.*La première année de ces deux programmes est offerte à Québec.CERTIFICATS DE PREMIER CYCLE UNIVERSITAIRE ¦ Certificat en gestion de la construction ¦ Certificat en méthodes et pratiques de la construction ¦ Certificat en assurance de la qualité ¦ Certificat en technologie du soudage ¦ Certificat en micro-informatique appliquée ¦ Certificat en télécommunications Ces programmes sont offerts à temps partiel CONDITIONS GÉNÉRALES D’ADMISSION Détenir un diplôme d’études collégiales professionnelles (DEC) en techniques physiques ou un diplôme jugé équivalent.OU Posséder des connaissances appropriées, une expérience jugée pertinente et être âgé d'au moins-vingt-deux ans.Certains de ces programmes exigent une formation en mathématiques équivalente à celle des cours de niveau collégial MAT.102, MAT.103, MAT.203.Pour plus de détails sur les conditions d'admission ou pour soumettre une demande, prière de s'adresser au: Bureau du registraire École de technologie supérieure 180 est, rue Sainte-Catherine Montréal, Québec H2X 1K9 Téléphone; (514) 397-3599 Date limite pour soumettre une demande d'admission; Session automne 1985 à temps complet: 1er mars 1985 à temps partiel: 1er juin 1985 Session hiver 1986 à temps complet et à temps partiel: 1er novembre 1985 Université du Québec École de technologie supérieure 6 Le Devoir, vendredi 1er février 1985 Le scandale de l’analphabétisme La campagne d’alphabétisation : l’ABC de la révolution du Nicaragua MICHEL ARSENEAULT (Journaliste au DEVOIR, l'auteur a séjourné au Nicaragua à de nombreuses reprises) L’écrivain argentin Julio Cortazar aimait comparer les polémiques soulevées par le Nicaragua aux discussions qu’il avait eues, adolescent, au sujet des pieds de Greta Garbo.Le jeune Cortazar et ses copains admettaient le charme et la noblesse de l’actrice américaine d’origine suédoise.Toutefois, il s’en trouvait toujours un pour ajouter ; « Mais il paraît qu’eûe a de grands pieds.» Cortazar estimait que la révolution nicaraguayenne connaissait le même sort ; on oubliait la grandeur de l’ensemble pour mettre l’accent sur les imperfections.La campagne d’alphabétisation mise en branle au Nicaragua après le renversement de l’ex-dictateur .\nastasio Somoza n’a pas fait exception à la règle : les progrès accomplis dans ce domaine ont souvent fait les frais des débats politiques suscités par la révolution sandiniste.Récapitulons.Au lendemain de l’arrivée au pouvoir du Front sandi-mste de libération nationale (FSLN), en juillet 1979, Managua lance une « croisade nationale » contre la « plaie sociale » qu’est l’analphabétisme.L’an II de la révolution —1980 — est même désigné « année de lutte contre l’analphabétisme».Les écoles secondaires et universités ferment leurs portes.Écoliers et étudiants se constituent en « brigades » pour alphabétiser ceux qui n’ont jamais eu la chance d’apprendre à lire et à écrire.Âgés de 12 à 25 ans, ces quelque 70,000 jeunes enseigneront à lire et à écrire à un demi-million de Nicaraguayens.En août 1980, quand les « brigades » d’alphabétiseurs rentrent à Managua, et convergent, de gigantesques crayons à la mam, vers la place de la Révolution, l’analphabétisme est un ennemi défait : la proportion de Nicaraguayens (âgés de 10 ans ou plus) qui ne savent ni lire ni écrire est tombée de 50.3 % à 12.9 % de la population.La plupart des paysans nicaraguayens peuvent enfin écrire leur nom, lire le mode d’emploi d’un engrais, comprendre un avertissement concernant un insectide.Mais la campagne d’alphabétisation, sous la gouverne du jésuite Fernando Cardenal, aujourd’hui ministre de l’Éducation — et exclu de la Compagnie de Jésus —, est une vaste campagne d’éducation populaire.Managua met l’accent sur la santé, l’umté nationale et la politisation de la population.¦ Côté santé, les alphabétiseurs reçoivent une formation de base dans le domaine de la prévention médicale.On explique, par exemple, qu’il faut donner beaucoup de liquides aux bébés qui ont la diarrhée (pour éviter la déshydratation!.L’application de tels conseils contribueront notamment à faire tomber le taux de mortalité infantile de 120 à 60 pour mille.C’est le plus bas taux de mortalité infantile d’Amérique centrale.« C’était pas des médecins aux Sieds nus comme en Chine », sou-gne René Soler, un enseignant à l’é- Rock à Ti-Pit I disent Ah y a pas d’job y a pas d’job I cherchent pas C’est vrai qu’y en a pas gros Mais si tu t’adonnes a en chercher 'Tu vas en trouver Monter à Montréal Tu fais cinquante places par jour Ça sera pas long qu’au bout’ d’là semaine 'Tu vas n’avoir trouvé une job Dans n’importe qut» Qu’est-ce qu’i vont m’offrir M’as la faire la N’importe quoi Dans les restaurants n’hnporte quoi Chus certain m’as m’dâbrôuiller avec ça Dans les clmppes n’importe quoi Tu fais des souliers s’occuper des talons C’est toutes des machines ça va ben L’boss i t’montre comment ça marc!» Et tu t’en vas avec ça Y fait chaud mais T’as ton salaire au bout’ d’là semaine (.) C’t’hiver M’as essayer d’faire d’là musique J’dis j’vas arrêter d’houe M’as arrêter absolument M’as preiKle ça mollo M’as arrêter d’faire des gaffes Jusse prende un coup Ou ben jasse fumer T’sais chus pas si pire Prende ça mollo Prende un break Faut que j’seye chez nous d’henné heure M’as venir d’bonne heure à l’école le jour Pis Tsoir j’resse tranquille Fumer une tite poffe Pis prende ça moOo J’vas à l’Arbralettre* pis j’resse là J’ai rien appris au primaire Pis là j’commence a apprende de quoi L’été prochain Ça va aller ben si j’viens tout l’temps Si j’veux hostie là J’en dorme un go Ça va aller mieux Faut s’aider un peu Faut que tu changes ton bord de bord Faut pas que tu t’arrêtes à ce qui s’passe Tu t’arrêtes pas à tes troubes Tu tripes Tu prends la vie comme qu-eUe est *OrganLsme communautaire d’a^^bétisation à Sherbrooim (Extrait de Anonymus Autoportrait, de Jean-Paul Hautecœur, Montréal, Editiems Saint-Martin, 1984.L’auteur écrit en paologue;* L’intérêt surtout intellectuel du début ipour un sujet aussi apparement spécialisé que l’analphabétisme ou son tandem éducatif, l’alphabétisation, s’est transformé en attirance complice et (.) un projet de bouquin plus ou moins académique est devenu un ouvrage artisanal d’éoiture totalement absorbé et fasciné par les étapes de transformation de la langue première ( la Materia Prima, qui est tout autre chose qu’une langue morte ou encore une matière linguistique à conduire au raffinage) en écriture active, sonore, éveillante, ih’o-vocatrice».cole d’alphabétisation du BCCHM (Bureau de la communauté chrétienne des Haïtiens de Montréal), qui s’est rendu au Nicaragua à l’occasion de la campagne d’alpMbétisation.Il s’agissait d'une question de base comme on apprend à faire bouillir de l’eau.¦ Côté unité nationale, Managua lorgne la côte atlantique, « un géant qui s’éveiUe », proclame, au lendemain de la révolution, des panneaux dans la capitale.Même si le Nicaragua est un pays d’à peine 130,000 kilomètres carrés, sa population — environ 3 millions d’naoitants — est extrêmement diversifiée.La côte atlantique est peuplée d’indiens miskitos, sumos et ramas, de même que de Noirs anglophones.Traditionnellement ignorée par Managua, le nouveau pouvoir central souhaite que cette région profite elle aussi de la « grande épopée culturelle ».Managua ira même jusqu’à recruter des alphabétiseurs anglophones à l’etranger.C’est ainsi que près de 13,000 Indiens et Noirs apprendront à lire et à écrire leur propre langue.¦ C^té politique, les sandinistes mettent l’accent sur la « conscientisation » de la population.Le premier mot qu’on enseigne est « la Révolu-don », qui a le mérite de comprendre toutes les voyelles de l’alphabet, et d’expliquer ce qui a rendu possible la campagne d’alphabétisation.De nombreux exercices sont « orientés » : gouvernement, armée, « Viva el FSLN » sont autant de mots à apprendre et copier.Pour expliquer le mot « noebe » (nuit), par exemple, on affirme que « le "somo-cismoT était une longue nuit ».Il s’agit de thèmes « politiques », bien sûr.Mais il s’agit également de thèmes qui collent au vécu, tout aussi « politique », d’un peuple.< Le fusil a été notre réponse à l’oppre-sion » correspond à quelque chose.« La pipe de papa fume » ne correspond à rien.Une motivation politique est d’autre part importante pour s’assurer la collaboration d’un grand nombre d’alphabétiseurs, relève M.Soler.À toutes fins pratiques, les gouvernements de pays du tiers monde ne peuvent avoir recours qu’à des bénévoles.Même ainsi, une campagne d’alphabétisation comme ceUe du Nicaragua a coûté plus de |20 millions US.« S’il n’y a pas de motivation idéologique tres forte des a4)habétiseurs (.) c’est l’echec, note M.Soler.Ça peut être une motivation politique ou religieuse.Au Nicaragua, il y a eu les deux.» Après la campagne d’alphabétisation, le gouvernement nicaraguayen lance par ailleurs un vaste programme de « post-alphabétisation ».En 83-84, plus de 200,000 adolescents et adultes sont inscrits à des cours de formation de base adopté à leur milieu.Des paysans, par exemple, peuvent, dans leur coopérative agricole, apprendre des techniques simples pour assécher des marais.On met aussi l’accent sur les connaissances générales.Et on commence par le commencement : la Terre est ronde ; elle tourne autour du soleil « Au second niveau, c’est beaucoup moins “politique politicienne” », signale Louise Miller, qui est membre du comité de coordination du Regroupement des groupes en alphabétisation.« C’est beaucoup plus “développons nos communautés de base’’.» À ceux qui estiment que la campagne nicaraguayenne d’alphabétisation a été « &op politique », les pro-sandinistes, faisant écho à Paulo Freire, répondent que, au Nicaragua comme ailleurs, l’éducation n’est jamais « neutre ».Avant la révolution, les manuels d’histoire du Nicaragua ne louangeaient-ils pas la famille Somoza ?La polémique n’est pas uniquement académique.Car, en Amérique centrale, qui dit « politique » dit « violence politique ».Et là encore, la campagne d’alphabétisation n’a pas fait exception a la règle qui veut que tout ce qui soit sandiniste soit la cible des contras.Les contre-révolutionnaires ont donné la mort à plus d’un alphabéti-seur.Le Musée national de l’alphabétisation, à Managua, porte d’ailleurs le nom : « Héros et martyrs de la croisade».Pour sa « croisade contre l’igno rance », le Nicaragua a reçu, en 1980, le prix Nadezda-K.-Krupskaïa de l’U-NÈSeO.Ceux qui reprochent à la campagne d’alphabétisation d’avoir été une campagne « politique » sont de ceux qui estiment que cette organisation internationale est elle aussi « trop politisée ».Une opinion « poütique », s’il en est.i.lIBERAOgr Le Nicaragua a vécu en 1980 sa célèbre campagne nationale d'alphabétisation.Le ministère du Québec et la Centrale de l’enseignement du Québec y ont d’ailleurs participé, notamment en fournissant du matériel scolaire de base.En y regardant de près, le lecteur reconnaîtra le sigle de la CEQ au bas du cahier que tient l’enfant./ .-.1.— 'pour OBTENIR DES' CANDIDAT(E)S DE QUALITÉ UTILISEZ LES CARRIÈRES ET PROFESSIONS DU DEVOIR I.844-3361 Ma première oeuvre en 2e année Marielle 7 ans à STANISLAS ÉLÉMENTAIRE-SECONDAIRE-COLLÉGIAL OUTREMONT 273-9521 Collèg Etablissement privé de niveau cégep préparant à Tunlversité (514)381-4293 1 ndré-Gr Bureau de l'admission Collège André-Grasset 1001, boul.Crémazie est Montréal H2M 1M3 Université du Québec à Trois-Rivières Sessions été et automne 1985 Programmes de 2e et 3e cycles certificat de 2e cycle Sciences comptables* maîtrises Biophysique Chimie m Économie et gestion des systèmes de petite et moyenne dimensions* Éducation Électronique de puissance Études littéraires Études québécoises Gestion de projet* (2) Philosophie* Physique Psychologie* Sciences de l'activité physique Sciences de l'environnement Sciences du loisir* Sciences des pâtes et papiers Sécurité et hygiène industrielles* Théologie (M A et M Th ) doctorats Biophysique Philosophie* Psychologie* dioi * Admission à l’automne seulement ainMlaureW bp Compton (Cstrie) C.P.180 JOB 1 LO donnent aux bénévoles l’occasion d’échanger des idées, mais aussi elles les incitent à redoubler de zèle.Toute notre façon d’aborder le problème de l’analphabétisme chez les anglophones de la province est axée sur le bénévolat, mais il faudra repenser cette façon de s’y prendre dans un avenir prochain, car dans tous les services sociaux de notre société, les bénévoles deviennent de moins en moins nombreux.Retournant au travail, de plus en plus de femmes ont très peu de tem^ libre, les retraités cherchent plutôt un petit emploi pour suppléer à leur maigre pension.Et beaucoup de jeunes ne sont pas accoutumés à l’idée du «simple» bénévolat.Les étudiants Nos étudiants ne sont pas différents de leur confrères francophones : ce sont des gens (]ui ont « décroché » de l’école, qui viennent d’un milieu défavorisé, qui ont une mau- vaise santé, qui ne se sont jamais intéressés à la lecture, (tui sont un peu paresseux, et ainsi (le suite.Mais chez les anglophones, il est d’autant plus difficile (l’atteindre les personnes visées par le programme (jue la population est restreinte et dispersée.Les étudiants (tui habitent dans les régions rurales éloignées des villes constituent le plus grand problème.Ni les bénévoles ni les étudiants ne tiennent à faire un long trajet pour donner ou prendre une leçon.À cause de ces facteurs, la réussite de notre programme reste toujours un peu aléatoire: il faut dépenser beaucoup d’énergies pour atteindre relativement peu d’étudiants.Par contre, dans les grandes villes comme Montréal, il ne faut que peu de publicité pour se faire connaître.Il est même nécessaire de donner des cours en groupe, en plus des le- çons particulières, pour satisfaire à la demande.Quokiue certains de nos étudiants soient (les immigrants, la plupart des gens qui recherchent notre aide de jeunes adultes qui ont « réussi » leurs études tant bien que mal, mais qui n’arrivent toujours pas à écrire une simple phrase et qui comprennent à peme ce qu’ils lisent.Des gens ayant des « difficultés d’apprentissage » viennent s’inscrire au programme.L’avenir Nous savons que le soutien des commissions scolaires diminuera à la longue et que nos conseils d’alphabétisation devront trouver d’autres sources de financement et d’autres organismes prêts à collaborer avec eux.Tout de même, nous avons des atouts : une bonne organisation, une méthode d’enseignement des plus efficaces, du bon matériel pedagogique constamment amélioré et des bénévoles dévoués qui s’engagent à enseigner pour au moins un art.D’année en année, grâce à la publicité faite par le gouvernement et les groupes (lui travaillent dans le domaine de l’alphabétisation, les gens deviennent de plus en plus conscients de la nécessité de résoudre le problème de l’analphabétisme.Nous sommes convaincus qu’avec le temps nous serons en mesure d’aider tous ceux qui ont besoin de notre assistance.Il faut toujours se rappeler que ni l’organisation de nos programmes ni renseignement aux analphabètes n’est une entreprise facile, vite réalisée.C’est une entreprise de longue haleine dont on ne peut juger la valeur que d’après les résultats à long terme.Nous ne devons jamais oublier que notre raison d’être est d’apprendre à lire et à écrire aux analphabètes, car savoir lire et écrire, c’est un droit de l’homme.témoignages recueillis, que cette démarche e^ducative entreprise aux Habitations Jeanne-Mance, même si elle ne rejoint qu’un petit nombre d’adultes analphabètes, porte déjà ses fruits et, dans la mesure où elle continuera à être soutenue, déclenchera d’autres activités de formation.Le défi à relever demeure celui d’atteindre un plus grand nombre.« Ce n’est pas facile de convaincre d’autres gens parce que la plupart se sentent trop gênés ou trop vieux.C’est pourquoi nous leur présentons le vidéo dans lequel ils nous reconnaissent, ils voient que c’est possible.C’est important que ce soient des personnes comme nous qui parlent à d’autres analphabètes », explique Mme Lizotte.Et M.Béland ajoute : « il faut leur dire de laisser la gêne de côté et qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre.Il est important aussi qu’ils comprennent que ce ne sont pas des cours comme à l’école, mais qu’on échange ensemble, qu’on devient un peu comme des amis et qu’on finit par se sentir moins isolé, moins rejeté .».Cette démarche d’alphabétisation | communautaire constitue un mode! d’intervention parmi d’autres utilisés par le Service de l’éducation des adultes de la CÉCM pour rejoindre les analphabètes.Elle a le mérite d’être particulièrement bien adaptée aux besoins réels de cette clientèle.AUONYMUS AUTOPORTRAITS Jean Paul Hautecoeur L^i 200 pages 12,9» SSEKTIONS S&SMNTéWmN Ce recueil de récits I autobiographiques ' d'analphabètes fait entrer le lecteur dans le monde de ceux et celles qui n'ont jamais la parole.^EDITIONS V» SAINT-MARTIN ' AVIS AUX PARENTS ET AUX PROFESSEURS Les Éditions Flammarion Itée organisént un grand jeu collectif du Castor Poche sur le thème «Respecter et défendre les différences» INSCRIPTIONS JUSQU’AU 28 FÉVRIER 1985 Un jeu de création graphique et littéraire pour les classes de 5e et 6e année des écoles primaires et les classes de secondaire I des écoles secondaires.Dépliants disponibles dans les écoles ou en téléphonant à Paulette Villeneuve au (514) 849-6178.Castor Poche des livres qui laissent de grands souvenirs ^-;.- — père castor m flammarion y VIII Le Devoir, vendredi 1 er février 1985 Le scandale de l’analphabétisme 4 Miller analphabètes, leur famille, le patronat, les syndicats et groupes populaires, les médias ainsi que les intervenants en éducation.Il faut faire en sorte qu’à court terme, les analphabètes puissent s’inscrire aux activités d’alphabétisation dans le même esprit que les travailleurs s’inscrivent à un recyclage professionnel.Ceci implique donc une campagne de sensibilisation large et une publicisation des ressources offertes aux analphabètes.Il faut démystifier le problème et associer tous les intéressés à la lutte contre l’analphabétisme.Sur le marché du travail, cela pourrait se concrétiser, entre autres, par une ouverture plus grande au congé-éducation rémunéré recommandé par la CEFA et revendiqué depuis longtemps par le milieu syndical, du moins pour la formation professionnelle.Le simple réalisme nous démontre qu’il est à peu près impossible pour un adulte de reprendre l’ensemble de sa formation à temps partiel Cela lui prendrait plusieurs années d’une part, mais on constate aussi que les milieux de travail des analphabètes sont très souvent des milieux où le travail est très difficile et que ces derniers sont trop épuisés à la fin de leur journée pour suivre une formation, même une seule soirée par semaine.Quant au milieu scolaire et aux groupes populaires d’alphabétisation, une concertation s’impose.Bien qu’il nous semble essentiel de respecter la spécificité de ces deux groupes d’intervenants ainsi que la diversité de leurs pratiques, il demeure évident que ces derniers, étant les principaux intéressés, et impliqués dans la formation, devront être associés à l’élaboration de la politique d’alphabétisation ou à la stratégie d’intervention qui serait mise de l’avant par le ministère de l’Éducation.À l’heure actuelle, nul ne peut prétendre détenir la formule pédagogique miracle en alphabétisation.La recherche, l’expérimentation et l’échange entre les deux réseaux sont donc essentiels avant de se lancer dans une action d’envergure.Toute action précipitée serait vouée à l’échec et cet échec aurait des conséquences tragiques pour les analphabètes.Un autre élément doit aussi être pris en considération par le ministère de l’Éducation et par le réseau scolaire.Nous parlons ici du pro- blème des jeunes analphabètes.Un effort a déjà été fait pour les jeunes sous-scolarisés - ce que Ton appelle actuellement le programme pour les jeunes décrocheurs.Malheureusement, ce programme de « réinsertion scolaire » ne s’adresse qu’aux jeunes qui ont quitté l’école sans avoir complété leur secondaire mais qui ont toutefois acquis la formation de base leur permettant de s’inscrire au niveau secondaire.Les groupes populaires d’alphabétisation reçoivent de plus en plus de jeunes qui, malgré une présence scolaire de neuf ou dix ann^s n’ont pas acquis la formation de base équivalent au niveau primaire et n’on donc pas accès au « programme pour les jeunes décrocheurs ».Cette situation n’est pas acceptable.Il n’est pas acceptable que ces jeunes ne puissent avoir accès à ces ' programmes spéciaux.Mais, il est encore moins acceptable de constater que des jeunes puissent aujourd’hui sortir de l’école analphabètes.Devrions-nous penser à une nouvelle réforme de l’éducation ?Devrions-nous repenser les critères d’évaluation pour la progression académique ?Devrions-nous développer de nouveaux programmes spéciaux pour les enfants qui présentent des difficultés d’apprentissage ?Chose certaine, nous ne pouvons envisager une action d’envergure en alphabétisation si nous ne tenons pas compte de cette réalité et si nous ne la corrigeons pas.En dernier lieu, nous devrons tenter d’impliquer les « proches » des analphabètes.Ces derniers pourraient être associés à la démarche d’alphabétisation.Comme soutien technique en lien direct avec la démarche d’apprentissage.Les enseignants en alphabétisation devraient déjà envisager une démarche de formation minimale afin que la famille et les amis puissent soutenir le travail des analphabètes à l’extérieur des cours et stimuler leur intérêt.La priorité à l’alphabétisation doit donc être maintenue pour l’année 1985-86, et même pour 1986-87.Cependant, si nous ne voulons pas qu’elle soit reconduite jusqu’à l’an 2000, si nous voulons envisager une solution à moyen terme au problème, nous devons nous doter d’une politique claire et d’une stratégie d’intervention élaborée avec les principaux partenaires intéressés.La première étape, celle de la reconnaissance du problème, est franchie, il est temps de passer à la suivante.^ Beaulieu de Claude ne sait pas lire.Le fils de Mariette ne sais pas écrire non plus.Être analphabète c’est aussi souvent vivre en marge.Ne pas faire de rapport d’impôt.Éviter les signatures qui engagent Pour avoir signé un document, sans en connaître le contenu, Mariette s’est retrouvé responsable des $30,000 de dettes de son ami de Tépoaue et travaille encore à les rembourser.« Pour les femmes c’est encore pire, » raconte celle qui pourtant a décidé de s’en sortir seule et refuse l’équation écriture égale intelligence que la société, dit-elle, cherche à lui imposer.« C’est pas parce que j’ai de la difficulté à écrire que je ne suis pas intelligente.» Mariette parle deux langues, en baragouine deux autres, a déjà voyagé sur trois continents, géré son propre casse-croûte et fait une dizaine de métiers L’éducation remise en question L’analphabétisme, selon Mariette, n’est pas que la dépendance et l’isolement.C’est aussi la débrouillardise, la création d’un autre système de référence.Ainsi, à défaut de pouvoir lire le nom des stations de mé- tro, Claude peut décrire en détail leur architecture.Serge, lui, dessine des symboles sur ses albums pour s’y retrouver dans les chansons qu’il aime et dont il ne peut lire les titres.Noëlla, pour sa part, connaît ses recettes par coeur et Mariette, lorsqu’elle était serveuse, avait développé « son code à elle » pour s’y retrouver dans les clubs sandwichs et les hamburgers de ses clients.« Evidemment, c’est un handicap.Mais j’en ai marre de ceux qui dramatisent et nous regardent comme des ignorants», proteste Mariette à qui les religieuses de l’orphelinat où elle avait été placée toute jeune n’ont jamais appris à lire.Entre sa photographie et ses efforts pour se faire connaure comme décoratrice d’intérieure, Mariette dit avoir aujourd’hui, à 40 ans, bien peu de temps pour « retourner à l’école ».Mais elle rage encore qu’on lui ait refusé un emploi de manoeuvre sur un voilier parce qu’elle ne savait pas écrire.Une société insensible Pour Mariette, comme Guy et les autres, notre société est bien insensible aux réa- La Commission Jean: une mission en formation de base plutôt qu’une campagne d’alphabétisation En février 1^2, il y a donc deux ans, la Commission d'étude sur la formation des adules, mieux connu parle nom de sa présidente, Mme Michèle Jean, déposait son rapport.Une importante section était consacré au problème de l’analphabétisme.Le Québec n’a jamais connu une mobilisation générale en matière d’alphabétisation.Le problème de la formation de base est, nous l’avons vu, trop complexe et multiforme pour que l’on puisse croire qu’une campagne axée sur les apprentissages de base, fut-elle bien orchestrée et soutenue, puisse en venir à bout.D’où notre choix d’une « mission » dans le domaine de la formation de base plutôt qu’une campagne.Nous pensons que des efforts patients, concertés et conjugés, et ce sur tous les plans (entreprise, école.syndicats, associations volontaires, biblioth^ues, etc.), sont davantage susceptibles de donner des résultats probants à long terme.Cela n’exclut pas une campagne d’alphabétisation, celle-ci n’étant pas la panacée.Dans le cadre d’une telle mission, il est important de distinguer la formation de base de la problématique de l’alphabétisation.(.) Car on n’alphabétise pas de la même façon des immigrants, des adultes de minorités ehtniques, des assistés sociaux.S’il apparaît relativement facile de cerner, de façon précise, le phénomène de l’analphabétisme, il n’en va pas de même pour l’analphabétisme fonctionnel En effet, l’analphabétisme complet peut être vécu comme une différence et une carence qui affecte l’image de soi et l’ensemble des inte- ractions avec le milieu environnant.Quant à l’analphabétisme fonctionnel, il apparaît, à maints égards, comme une mesure définie « d’en haut » qui ne permet pas de rendre compte de toute la diversité qui se profüe derrière ces adultes qui ont à peine une « neuvième année forte ».En effet, l’expérience de vie et de travail, l’autodidaxie, la culture populaire sont autant de caractéristiques qui ne sont pas prises en considération par la notion d’analphabétisme fonctionnel De plus, cette notion laisse entendre que Ton ne peut établir à coup sûr une continuité entre l’analphabétisme complet et Ta-nalphabétisme fonctionnel.A la notion d’alphabétisation fonctionnelle, la Commission préfère celle de formation de base dans la mesure où celle-ci place au vécu, à la culture, à l’expérience des adultes et qu’elle se concenfre sur l’objectif de les outiller de façon critique face aux changements qui interviennent dans les diverses situations de vie et de travail.Vue ainsi, la formation de base se traduit à partir des besoins exprimés par les adultes, médiatisés tantôt par les services d’accueil et de référence ou les services à la collectivité, tantôt par les regroupements volontaires d’adultes.Une vaste mission portant sur la formation de base au Québec se devra donc de singulariser le problème de l’analphabétisme complet.Pour ce faire, l’alphabétisation devra bé-; néficier d’une légitimité particulière au sein de cette mission, c’est en ce* sens que Ton peut parler d’une campagne d’alphabétisation.^ Maheux personnes, il y aurait 1,300,(KM) analphabètes (parfois appelés « analphabètes fonctionnels ») au Québec, soit 30 % des personnes âgées de 15 ans et plus au recensement de 1981.(Le chiffre de 1,500,000, soit 36 %, circule également ; il provient du recensement de 19761.Mais il s’agit là d’une définition très particulière de « Ta-nalphabète » qui est alors une personne ayant moins de 9 années de scolarité, n s’agit d’un critère dont le moins qu’on puisse dire est qu’il est discutable.Nous connaissons tous, surtout chez les personnes âgées, bien des gens qui n’ont pas atteint une neuvième année de scolarité, ce qui ne les empêche pas de lire couramment.Si le but visé par ces personnes est de déterminer la formation de base qui puisse être présentée comme un minimum vital dans le Québec des années 1980, c’est probablement du diplôme d’études secondaires qu’il faut parler.Plus de 2 millions de Québécois âgés de 15 ans et plus ne fréquentant pas l’école n’ont pas obtenu le diplôme d’études secondaires.Mais il faut bien se garder de confondre la faible scolarisation de ces personnes avec de l’analphabétisme.Il est donc important de savoir que ceux qui véhiculent une conception « large » de l’analphabétisme in- cluent dans leurs données beaucoup de personnes qui lisent et écrivent couramment.Énfin, soutenir qu’il y a 30 % ou 36 % d’analphabètes au Québec, c’est, dans le fond, nous comparer des pays comme la Chine ou la Turquie où on observe des taux, de 31% et 35% (3).Tout en convenant que les données du ministère ne sont pas tout à fait complètes, notamment parce que les personnes ne parlant ni le français ni l’anglais n’étaient pas incluses dans l’échantillon du sondage, il me semble que ces données sont raisonnables parce qu’elles présentent le point de vue des Québécois sur eux- mêmes et parce qu’elles sont comparables à celles des autes pays développés.Références : (1) Audrey, M.Thomas, Adult Illiteracy in Canada, Canadian Commission for Unesco, Ottawa, 1983, page 19.(2) Maheu, Robert et St-Germain, Claude, L’analphabétisme au Québec, Résultats d’un sondage.Direct tion des études économiques et démographiques, ministère de TÉdu-: cation, janvier 1984.(3) L’état du monde 1983, édition La découverte/Maspéro, Paris, 1983.lités des analphabètes ; « Les ministres qui font $60,000 par année ils savent pas ce que ca veut dire de ne pas savoir lire et écrire, soutient Guy Desfossés.Les groupes d’alphabétisation ont pas la moitié des budgets dont ils ont besoin.Moi avec $11,000 par année j’en aiderais du monde dans le quartier! » « Aider », le mot revient souvient dans les préocuppations des analphabètes.Peut-être diront certains parce qu’ils font chaque jour la dure expérience de Tin-sensibilité de leurs proches.Pendant que Mariette l’analphabète à qui « rien n’est impossible » rêve d’apprendre à utiliser l’informatique, une affiche dessinée à la hâte rappelle aux visiteurs du groupe d’alphabétisation du quartier Hochelaga-Maisonneuve que le chômage c’est aussi de ne pas pouvoir lire les petites cartes du centre de main-d’oeuvre sur lesquelles se trouve peut-être l’emploi tant convoité.IN5TITUT DOf^DINIQUE du QUÉbEC Collège Lionel Oroul» L’INSTITUT D’ORDINIQUE DU QUÉBEC CENTRE DE HAUTE TECHNOLOGIE EN CAO/FAO, MICRO-SYSTEMES, AUTOMATISATION, ROBOTIQUE RECHERCHE DES PROFESSEURS L'INSTITUT est un centre spécialisé en technologie de systèmes or-dinés.Situé à Sainte-Thérèse, il occupe une bâtisse neuve de 50 000 pi‘ et dispose d’équipement modernes évalués à près de 6 millions $.Il s’adresse aux étudiants jeunes et adultes, offrant des programmes réguliers, du perfectionnement et de la formation sur mesure.L’INSTITUT poursuit ses activités 12 mois par an, y compris les fins de semaine.ENGAGEMENTS Au moins 15 professeurs seront engagés, entre mars 1985 et janvier 1986, pour dispenser de l’enseignement à TINSTITUT • à temps complet, à temps partiel ou à la leçon; • le jour, le soir ou la fin de semaine.QUALIFICATIONS REQUISES Diplôme universitaire terminal de 1er cycle et expérience pertinente dans un ou plusieurs des domaines d’application suivants: • micro-systèmes et micro-informatique; • dessin et conception assistés par ordinateur (DAO/CAO) • fabriction assistée par ordinateur (FAO) • automatisation industrielle: micro-contrôleur, automate programmable, électromécanique, pneumatique, hydraulique; • télécommunication par ordinateur; • robotique: contrôle des procédés industriels par robot ou machine-outil numérique.Prière de faire parvenir son curriculum vitae, en précisant sa disponibilité pour rengagement et son champ de spécialisation, au Collège Llonel-Groulx Services au personnel 100, rue Duquel Sainte-Thérèse (Québec) J7E 3G6 (514) 430-3120 COLLÈGE FRANÇAIS 185 ouest, rue Fairmount, Montréal (métro Laurier ou Place-des-Arts) » Reconnu d'intérêt public (sec.collégial) < Examen* du ministère H yk iiierr»- PAVILLON CENTRAL PAVILLON DE L’INFORMATIQUE PENSIONNAT : Primaire 270 places.Secondaire 150 places.r- SECONDAIRE I Prendre rendez-vous ou se présenter tous les jours avec l'enfant et les bulletins de 9 h 00 à 18 h 00 au secrétariat du collège 185 ouest avenue Fairmount.Entfevue in
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.