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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1985-02-02, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR CAHIER Montréal, samedi 2 février 1985 LES REVUES S’AFFICHENT ! Deux ou trois choses que je sais d’elles LISE QAUVIN Les revues.Ou, si vous préférez, les périodiques culturels québécois.C'est un peu long comme identification, je le concède.Et puis, cela fait vaguement abstrait.On s'attend à des explications.Qu'est-ce qu'un périodique ?Qu'est-ce que la culture?Que signifie être Québécois .?Il me faudrait au moins cent pages ! Ce n'est pas tout à fait l'endroit.Alors je choisis de vous dire, en toute confidence, deux ou trois choses que je sais d'elles, ces revues qui de plus en plus persistent et durent, malgré tout.D'abord qu'elles sont belles.Vous devriez voir l'air ad-miratif de nos interlocuteurs quand nous étalons devant eux un exemplaire de chacune des 35 publications regroupées par l'AÉPCQ.C'est tout juste s'ils ne nous en vo- lent pas quelques-unes.Les animateurs des revues ont compris que, pour prendre place dans le marché de l'édition, il fallait — ô mot magique et irréfutable — se professionnaliser.C'est-à-dire améliorer la présentation visuelle, recourir aux services d'experts et ne pas déroger — du moins dans la mesure du possible — à la discipline exigeante de la périodicité.Quant à l'autre volet de la professionnalisation, à savoir la rémunération de ceux qui fabriquent les revues en question, le moins que l'on puisse dire est qu'il est loin d'être acquis.Cela semble une idée communément admise et très fortement reçue — chez les subventionneurs, notamment, que nous aimons beaucoup mais que nous pourrions chérir bien davantage — que l'entreprise hautement ludique et satisfaisante qu'est le travail d'éditeur de revue peut se faire le dimanche, si on a un emploi ailleurs, ou en semaine, si on a du temps mais pas d'emploi.Qn attend toutefois de ces mêmes animateurs qu'ils fassent des campagnes de promotion, du marketing, de la représentation, et tout le reste, de façon à s'attirer de nouveaux lecteurs et de nouveaux abonnés.Vous avez compris que la troublante beauté des revues et leur professionnalisme repose sur une triade bien connue nommée bénévolat, ferveur, opiniâtreté.L'autre chose que je sais est qu'elles sont extrêmement importantes.Peut-on imaginer la culture québécoise sans ces lieux exemplaires qu'ont été en leur temps Le Nigog, La Relève, Cité Libre et Parti Pris, pour ne parler que des défunts.Comment en effet nommer les revues contemporaines sans les désigner toutes, aussi nécessaires les unes que les autres, se répondant l'une l'autre dans la pertinence et l'impertinence de leurs questions ?N'y a-t-il pas dans cette ébullition même et dans cette profusion un indice sûr de spécificité ?Microcosme culturel de premier ordre, les revues renvoient, par leur diversité, à un pluralisme qui s'installe de plus en plus, de fait, dans la société québécoise et dans sa culture.Lieux exemplaires, ceux-ci sont aussi des lieux communs, au sens fort et plein de l'expression.Lieux des amitiés, parfois tumultueuses ou déchirantes, des regroupements complices, des cohésions minimales indispensables à toute expression, toute idée qui ose sortir des sentiers battus.Lieux d’accueil, qui créent l'attente de l'inédit.Espaces par excellence de la recherche, de l'exploration, de la réflexion critique.Lieux VINGT ANS DE PÉRIODIQUES PQur la suite des pareles et des écritures PAUL CAUCHON Responsattle de la chronique des revues au DEVOIR Face au retard social et culturel de la société québécoise, les revues culturelles d’il y a vingt ans témoignaient d'une urgence.Les années 60 sont les années de quelques grandes revues au tirage réduit mais à l’influence conîiidérable, comme Cité Libre ou Liberté.La prise de conscience de l’identité « canadienne-française » se doublait d’une réflexion moderne sur les manifestations artistiques.C’est évidemment Parti-Pris qui a le mieux incarné cette urgence.Contestant radicalement les idées et les systèmes de son époque, Parti-Pris tentait d’articuler la relation entre le littéraire et le politique en proposant, de façon à la fois concrme et idéaliste, la réalisation de trois objectifs précis : indépendance, socialisme et laïcisme.On peut toujours déplorer aujourd’hui l’absence de ces grandes revues qui servaient de lieu de rassemblement et de contestation.Mais on ne peut demander aux éditeurs de créer un consensus immédiat dans une société dont le caractère pluriel et multiple semble irrévocable.D’autant plus que les conditions ont changé : les années 70 ont vu une véritable explosion des lieux d’édition.Les interventions se sont déplacées, les fragiles concensus idéologiques ont éclaté : ce sont des années fécondes en utopies de toutes sortes.En remettant en questionTîîfP portance traditionnelle du politique Mainmise a créé un choc : à l’écoute de la contre-culture américaine, vaguement anarchiste, elle souligne l’importance de nouvelles valeurs individuelles tout en rassemblant un autre génération autour de nouveaux comportements : libération sexuelle, importance du rock et de la drogue, recherche spirituelle (surtout vers l’Orientl, contestation de toute autorité, etc.Hobo-Québec intégrera d’ailleurs certaines de ces id&s dans la création littéraire.À l’opposé, la réflexion strictement politique évolue vers un radicalisme marqué : au milieu des années 70 Strategie analyse les pratiques culturelles en terme de domination selon la théorie marxiste de l’idéologie alors que Chroniques, qui veut théoriquement rejoindre un large public, propose une analyse globale de la société à la lumière de la lutte des classes, en s’attaquant particulièrement au « nationalisme réactionnaire » et à cette nouvelle culture véhiculée par Mainmise.La recherche de consensus politiques se perd dans les luttes intestines des groupuscules, et l’analyse nationaliste est de plus en plus délaissée par les revues avec la montée du PQ : la politique prend en charge la lutte nationale, pour le meilleur et pour le pire ! Dans ce contexte l’arrivée des Herbes Rouges et la transformation de La Barre du Jour fondée en 65 en nb] démontrent les préoccupations des nouveaux écrivains qui N0.3 y kVaSIs'.m ¦'it rejettent le rôle d’animateur social : on veut traduire le fonctionnement même de l’écriture à partir de ses pulsions, le travail formel occupe toute la place en jouant sur le fragment et l’incertain, la modernité se met à jour.L’ironie et la distance tiennent souvent lieu d’attitude, pour atteindre des sommets insoupçonnés avec la revue Cul-Q.Le Temps fou, à la fin des années 70, fait le lien avec les courants précédents : la désillusion politique y est présente (mais avec quelques griffes ! ) et la réflexion sociale a maintenant intégré les nouvelles valeurs individuelles.On met de l’avant une réflexion écologique, autogestionnaire et communautaire, tendances véhiculées aussi par Possibles et par plusieurs revues éphémères.Le défi du Temps fou c’est aussi de rassembler une « large gauche » autour d’un magazine d’information vraiment professionnel.Mais l’accord entre les idéaux auto-gestionnaires et le jeu commercial de l’édition est plutôt ardu à réaliser, et plusieurs rêvent encore aujourd’hui d’un grand magazine « alternatif », suite à la disparition de cette publication.Les années 70 voient aussi l’importance relative de chaque revue diminuer, tout simplement parce qu’elles sont en plus ^and nombre.La culture se spécialise : si la multiplication des revues littéraires correspond à la multiplication des paroles qui veulent se faire entren-dre, on assiste aussi à l’émergence de revues spécialisées dans d’autres secteurs : cinéma, musique, danse, arts visuels (dans ce dernier cas pas moins de six revues s’ajoutent à la tenace Vie des Arts).Le meilleur exemple ce sont les Cahiers de théâtre Jeu, qui réalisent la tâche difficile de donner à un secteur en pleine ébullition un lieu de réflexion critique ouvert et stimulant.Contrairement aux années 60, les années 80 témoignent d’un certain désarroi théorique et idéologique : avant de proposer des projets globaux de société la prudence est de mise, et l’époque des mots d’ordre est révolue.Les années actuelles sont marquées par le pragmatisme, le professionnalisme, l’ouverture vers l’extérieur, la recherche de nouveaux territoires critiques et la constitution des revues en Institution.Ce dernier point retient l’attention : plusieurs des revues actuelles existent depuis dix ans sinon plus, et les comités de rédaction se renouvellent (ce qui était impensable il y a quinze ans : lorsque les fondateurs d’une revue s’essou-flaient celle-ci disparaissait, à l’exception de quelques « monuments » comme Écrits du Canada français, Liberté, Séquences ou Vies des Arts).La production des revues est assurée par des individus plus âgés.certain « capital symoolique » leur permettant d’y renforcer leur pouvoir intellectuel.Le nombre élevé libres, qu’on apprend à identifier peu à peu, au fil des numéros, quand on accepte de jouer ce jeu de la confiance qui s'appelle l’abonnement.Lieux symboliques cependant, le plus souvent sans toit ni toile pour abriter leurs inventaires.Ai-je besoin d'ajouter, puisque nous en sommes aux confidences, que ce sont ces lieux tout à fait remarquables que j'ai l'insigne honneur de représenter ?Mais ne vous y trompez pas ; ce n'est pas parce que je les représente qu’ils m'intéressent mais parce qu'ils m'intéressent au plus haut point que j'ai accepté de les représenter.En organisant cette semaine d'activités spéciales, l'Association des éditeurs de périodiques culturels québécois vous convie à une lecture différente des revues et vous Invite à venir constater par vous-même leur vitalité.Ce cahier est publié sous la direction de Jean Royer assisté de Paul Cauchon avec la collaboration de l'Association des éditeurs de périodiques culturels du Québec dont la présidente est Mme Lise Gauvin et la permanence assumée par mesdames Francine Bergeron et Johanne Jarry.Textes de Carole Beaulieu Louise Blouin Lorraine Camerlain Paul Cauchon François Colbert Dominique Demers Gérald Gaudet Lise Gauvin André Gervais Robert Giroux Michel Lord Stéphane Lépine Jean Royer Carole Vallières Photos Jacques Grenier Mise en pages Mireille Simard Publicité Jacqueline Avril de revues entraîne aussi un plafonnement des subventions, et ouisque tous les secteurs d’activité sont maintenant couverts la création d’une nouvelle revue exige aujourd’hui la recherche d’un nouveau « créneau ».Ce mot bizarre, emprunté aux techniques de marketing, n’est pas innocent ; les revues culturelles se voient aujourd’hui comme de véritables produits, qui ont à comprendre les mécanismes de la consommation.Les éditeurs sont donc préoccupés par la promotion, la recherche de publicité, par la rationalisation de la gestion : on y perd en romantisme, mais on y jgagne en efficacité ! Écrire devient une question de métier, et il existe même une revue.Livre d’ici qui analyse l’édition du point de vue so-cio-Monomique, dans un esprit très journalistique.D’ailleurs les deux revues qui ont connu la plus forte progiession récemment, toutes deux nées au début des années 80, jouent cette carte à fond : Nuit blanche, revue d’information littéraire, se présente avant tout comme un bel objet, avec des pages couvertures très soignées et une mise en page aérée et vivante.La Vie en rose se présente comme un magazine grand tirage de qualité, avec une promotion « agressive » (ce qui ne nuit en rien à la qualité et la lucidité de ces articles, soulignons-le, puisque La vie en rose regroupe autour d’elle l’essentiel des preoccu-ations féministes présentes ici et à à travers les autres revues).L’Association des éditeurs de périodiques culturels québécois, fondée il y a cinq ans, a contribué à cette nouvelle image.Si toutes les tentatives de l’AEPCQ pour adopter une certaine vision idéologique commune ont échoué, son travail pratique d’animation (recherche d’abonnements, présence dans les Salons du livre, cours de marketing, etc.) a sensibilisé plusieurs revues à la notion de professionnalisme.Autre constante depuis 1980 : de nombreuses publications sortent du cadre étroit du Québec.Dérives bien sûr, mais aussi Parachute, Jeu, la revue de science-fiction Imagine, Le Magazine Ovo : elles ont tous multiplié les contacts à l’étranger.Parachute ayant même établi un véritable réseau international de points de vente.De façon générale les revues cherchent toujours à se démarquer, surtout de la génération précédente que l’on tente de déloger pour mieux établir ses positions.Or la multiplication des revues a un autre ef mt : plutôt que de contester une génération vue comme dépas- 4 * sée (ce que faisait Parti Pris) les batailles intellectuelles actuelles se font surtout d’une revue à l’autre appartenant aux mêmes blocs de « l’avant-garde ».Par exemple, les discussions très animées depuis quelque temps entre Spirale, Les Herbes Rouges et la NB J à propos du sens et du rôle de la modernité se font entre individus qui viennent souvent des mêmes lieux et qui avancent des propositions sur un fond complexe de relations interpersonnelles entrecroisées.En fait aucune revue n’a plus le monopole de la création.La question de la modernité n’empêche en rien le succès et la continuité d’Es-tuaire, par exemple, lieu de l’oralité et du partage qm se préoccupe peu d’être ou non a l’avant-garde.Quelques publications tentent malgré tout de redéfinir les rapports entre les pratiques culturelles et leur inscription dans la société.Possibles, tout en recentrant (avec plus ou moins de bonheur) la pro-Dlématique de l’indépendance du Québec s^ouvre de plus en plus aux pratiques créatices et imaginatives, et se préoccupe des problèmes de la jeunesse.Spirale, sans CTille d’analyse stricte mais à l’aide de quelques consensus implicites (apport des sciences humaines, importance des nouvelles écritures, préoccupation envers la théorie féministe, etc) traite les productions d’ici sur le même pied que les production étrangères, dans un style engagé qui appelle la lucidité critique.C’est le rôle créateur de la critique que Spirale revendique ainsi, affirmant que la création n’est jamais innocente.Dérives continue son travail de sape de toute structure institutionnelle, en refusant les pré-requis faciles et en explorant les apports des autres cultures, surtout celles qui viennent du Tiers-Monde.Une recherche qui a peut-être permis la récente naissance de Vtve-Versa, qui donne la parole à tous les néo- québécois - et particulièrement à la culture « italo-québécoise » qui commence à s’infiltrer.Et Inter analyse les productions artistiques dans leur diffusion et leur réception ; tournant le dos aux pratiques trop métropolitaines Inter est aussi une « revue-performance » qui intègre sa propre critique.Et plusieurs revues (que ce soit Lettres Québécoises, Québec-Français ou Sonances se présentent avant tout comme des magazines d’information spécialisés, qui font leur travail avec compétence.Quant à la création littéraire proprement dite on la retrouve partout, multiple et protéiforme, de Arcade à Moebius en passant par toutes les revues déjà nommées et toutes celles qui vont disparaître après trois numéros, faute d’avoir su mieux s’imposer.Jamais il n’y a eu autant d’endroits pour publier des premiers textes ! Et la critique, la chronique et le compte-rendu s’a l’accumulent à un rythme affolant pour former un bloc compact de commentaires souvent redondants où on cherche la rare parole signifiante et significative qui jettera un éclairage radicalement nouveau.Les revues culturelles devront-elles faire preuve de plus de rigueur intellectuelle ?Il ne faut pas oublier qu’elles servent en premier lieu de terrain d’expérience ; c’est là leur intérêt et leur force, c’est quelquefois leur faiblesse.Terminons donc par une proposition : les revues actuelles sont plus des témoins que dei guides, plus des lieux d’écloaon que les lieux de luttes et de combats. Le Devoir, samedi 2 février 1985 LES REVUES S’AFFICHENT Un programme varié pour la semaine des périodiques PAUL CAUCHON Chroniqueur des revues au DEVOIR La semaine des revues culturelles qui commence le 4 février est une première dans l’édition québécoise et sûrement la plus im-[rârtante activité organisée par l’Association des éditeurs de périodiques culturels québécois.L’AEPCQ regroupe 35 éditeurs de périodiques parmi les plus connus : cette semaine permet ainsi d’affirmer très concrètement la spécificité de leur travail d’animation.Autour d’une revue culturelle se regroupent en effet plusieurs individus dynamiques qui font rayonner autour d’eux le travail réalisé par leur publication.Et plusieurs revues ont su, par le passé, organiser des événements publics d’importance.Mais c’est la première fois qu’elles se regroupent en aussi grand nombre pour présenter leurs réalisations sur la place publique.C’est là le fruit d’une exceptionnelle collaboration.Du 4 au 8 février.Les revues s’affichent.Et, comme on le verra, il y en a pour tous les goûts.La semaine des périodiques culturels sera inaugurée lundi de 4 février par un cocktail en présence du ministre des Affaires culturelles du Québec, M.Clément Richard.À cette occasion pas moins de dix-sept revues procéderont au lancement de leur plus récent numéro.À l’UQAM, local J-240, à compter de 17 heures (sur invitation seulement).Mardi le 5 février à 20 heures cinq revues de création littéraire s’associent pour présenter un spectacle de littérature à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal, 465 Mont-Royal est.Les revues Arcade, Estuaire, Les Herbes Rouges et Moebius présenteront les auteurs suivants : Louky Bersianik, Claudine Bertrand, Louise Blouin, Josée La- voie-Bonneville, Patricia Lamontagne, Claude Beausoleil, Denise Desautels, Jean Boyer, Elise 'Turcotte, François Charron, Guy Moineau, André Roy, Fulvio Caccia, Danielle Fournier, Jacques Renaud et autres.Cette soirée littéraire se veut moins traditionnelle que d’habitude : La Nouvelle Barre du Jour créera en effet une performance visuelle pour chaque participant.Le mercredi 6 février à 17 heures à la Galerie UQAM (PavUlon Judith-Jasmin), La Vie en rose et Possibles présentent la table-ronde « Femme et artiste ».Une demi-douzine d’au-teures, de comédiennes, d’artistes et de cinéastes en profiteront pour faire le point sur les conditions actuelles de la création chez la femme, en dégageant des perspectives d’avenir.Le débat est animé par Rose-Marie Arbour et Francine Couture.Le même jour à 20 heures à la Maison de la Culture du Plateau-Mont-Royal les revues de musique Aria et Sonances nous convient à un récital donné par Bruno Laplante, baryton, et Brigitte Toulon, soprano, accompagnés par le pianiste Marc Durand.Seront proposées des oeuvres de Fauré, Gounod, Poulenc, Saint-Saëns, Chausson, Duparc et Hahn.Le jeudi 7 février, place au cinéma.À la Cinémathèque québécoise (335 boul, de Maisonneuve est) la revue Copie Zéro présente à 18 h 35 le film québécois de Gilles Groulx Au pays de Zom, alors que la reuve Séquences présente à 20 h 30 Perceval le Gallois û’ÈTic Rohmer.Selon les deux revues il s’agit là de deux films importants qui n’ont pas assez retenu l’attention du public ou de la critique.Et le vendredi 8 février à compter de 19 heures aura lieu au chic cabaret de la rue Sainte-Catherine Les foufounes électriques un événement inusité afin de terminer la semaine en beauté : une soirée d’improvisa- Photo Jacquot Qronlor Le comité organisateur de la Semaine des périodiques culturels.De gauche à droite: Colette Tougas (Parachute), Claudine Bertrand (Arcade), Lise Gauvin (Possibles), présidente de l’AÉPCQ et Gaétan Lévesque (Lettres Québécoises).tion visuelle et théâtrale.Les Cahiers de théà tre Jeu proposeront un « super-quizz » humoristique animé par Paul Lefèvre, Marie-Louise Paquette et Michel Vais afin de mesurer nos connaissances en matière de périodiques culturels ! La revue Parachute organise le concours Polaroid : il s’agira de couronner les meilleures improvisations photographiques réalisées ce soir-la.Les appareils sont fournis, nous dit-on.Et la revue /n(er tiendra une actio.i sonore collective avec sa machine à mots, « le plus grand livre de poésie au monde écrit par tout le monde ».Il y aura des prix, et des surprises garanties.MentionnoriS enfin que tout au long de la semaine se tiendra au local J-240 de l’UQAM (Pavillon Judith-Jasmin tout près de l’entrée du métro) une foire des revues de 10 à 18 heures.Le public pourra y consulter (et acheter) les périodiques culturels.Le magazine OVO exposera les oeuvres photographiques qui composent son Agenda 1985 et l’AEPCQ présentera une maquette inédite ex- pUquant toutes les étapes de production d’une revue, du manuscrit au produit final.Des éditeurs seront sur place à chaque heure du jour pour répondre aux questions.Toutes ces activités sont gratuites et ouvertes au public.Pour Tes spectacles à la Maison de la culture il faut cependant se procurer des laissez-passer au même endroit.La semaine des périodiques est rendue possible grâce à la collaboration de tous les membres de l’AEPCQ : Arcade, Aria, Cahiers, Copie-Zéro, Dérives, 10-5155-20, Ecritures françaises dans le monde.Estuaire, Etudes françaises.Etudes littéraires, Les Herbes Rouges, Hom-info.Idées et pratiques alternatives.Imagine, Inter, Jeu cahier de théâtre, Lettres Québécoises, Lurelu, Le Magazine OVO, Moebius, La nouvelle barre du jour.Nuit blanche.Parachute, Protee, Possibles, Recherches amérindiennes au Québec, Ré-Flex magazine de la danse.Résistances, Séquences, Solaris, Sonances, Spirale, Vie des Arts, La vie en rose et Voix et images.Lèvres Urbaines : ouverture sur les écritures actuelles JEAN ROYER La dernière née des revues littéraires, Lèvres Urbaines, a choisi Tavant-garde.Avec ses neuf livraisons en dix-huit mois, la revue coordonnée par Claude Beausoleil et Michaël Delisle prend déjà une place enviable dans le kaléidoscope des revues de création.Des textes d’une soixantaine d’auteur(e)s, des plaquettes de cinq poètes dont le plus récent et non le moindre est Maurice Roche : voilà un bilan qu’on ne saurait ignorer.Lèvres Urbaines ioue certes un rôle à part dans la publication des écritures actuelles.Sans même recevoir de subvention, ses animateurs ont réussi à produire en moins de deux ans une collection qui ne manque ni de qualité ni d’intérêt et qui s’inscrit à l’enseigne de la modernité : celle qui se fait et qui se lit.On retrouve dans Lèvres Urbainesles directions que prennent les écritures des poètes d’aujourd’hui.Dans son introduction au premier numéro de la revue, Claude Beausoleil écrit : « Moderne, ouverte à la recherche, à l’exploration de divers possibles, sensible à l’inscription et la réflexion, la poésie québécoise est maintenant une écriture à part entière de tout ce qui remue nos existences en cette fin de siècle.Au Québec les années soixante affichèrent une quête d'identité nationale, les années soixante-dix posèrent la question des formes et du langage, les années quatre-vingt lancent comme pistes des corps de femmes et d’hommes disant en leur nom les multiples versions des réels.» Voilà donc défini le projet de Lèvres Urbaines.En neuf numéros, il s’élabore dans la diversité des signatures et des thématiques.Trois de ces numéros se sont composés à l’enseigne des corps et des mots, du goût de l’abstraction et de « fictions d’ambiance ».Cinq autres livraisons nous proposent des petits livres d’auteurs : Le livre du voyage de Claude Beausoleil, L’ExpUcation de Michaël Delisle, Black Diva de Jean-Paul Daoust, Droite et de profil d’Anne-Marie Alonzo ainsi que Jeunes femmes rouges toujours plus belles de Yolande Villemaire.Un dernier numéro, qui vient de paraître, s’est composé autour de Maurice Roche, l’écrivain de l’avant-garde française, l’auteur de Compact et de Circus, entre autres.Depuis un quart-de-siècle, Maurice Roche est resté à Tavant-garde.On se souviendra peut-être qu’il a été un compositeur de musique de films apprécié et qu’il a écrit à la fin des années 1940 la musique de scène des Epiphanies d’Henri Pichette, un texte joué par Gérard Philippe.Puis Maurice Roche est entré en littérature en la remettant en question et en la renouvelant.Dans ce numéro de Lèvres Urbaines, on trouve un texte inédit et passionnant de Maurice Roche, Ecorché vif, et des commentaires de quelques écrivains d’ici qui s’en inspirent ou lui rendent hommage en quelques paraphrases ou commentaires amicaux : Michel Gay, Normand de Bel- lefeuille, Jean-Paul Daoust, Brigitte Purkhardt et les coordonnateurs de la revue.Gaston Miron complète cet hommage par un témoignage de sa rencontre avec Maurice Roche à Paris en 1960.Sur l’écriture de son ami Roche, Miron écrit : « Il y a à mes yeux dans son oeuvre un corps à corps avec la mort.Radical et sans recours, car pour affronter il ne fait pas appel à l’arsenal médiatique.Non, à la seule écriture qui ne se conte pas contes.Seule l’identité (du signe, des signes) traverse la mort.» Pour revenir à Lèvres Urbaines, disons que sa présence, par son ouverture aux écritures diverses, en fait une revue de plus en plus néces- saire, au fur et à mesure que disparaissent ou se ferment les lieux dits de Tavant-garde.Les revues Hobo-Québecet Cui-Q n’existent plus, aux Herbes Rouges on ne nous propose pas de nouvelles signatures et la NBJ semble vouloir s’adresser à ses seuls abonnés ou aux « happy fews » par ses éditions confidentielles.Dans ces conditions, une revue ouverte comme Lèvres Urbaines devient un sismographe nécessaire, aussi artisanal et modeste soit-il.Lèvres Urbaines existe sans subvention.Souhaitons que ses animateurs vont tenir le coup longtemps.Pour affii'mer la liberté d’écriture en marge de l’institution littéraire.S'ABONNER à des revues, TOUT UN MONDE dans sa boîte aux lettres! Écrivez à PERIODICA ^stmiro L’ÉTAT DE LA POÉSIE QUÉBÉCOISE t: 24$ l f> sofiôtr en.qix»stion prjr 3 O ¦D JJ O wes det d^ , Dérives: une revue à l'écoute des voix de la modernité Veuillez m’expédier ?Le(s) numéro(s) suivant(s).?Un abonnement d’un an à partir du no.?Une cxillection complète: nos 1 à 50 ?Ci-joint chèque ou mandat à l’ordre de Dérives au montant de.$ ?Facturez-moi, je m’engage à payer sur réception Nom:.Date.Signature.DÉRIVES: C.P.398 SUCC.M, MONTREAL, QUÉBEC H1V 3M5 LE MAGAZINE OVO AGENDA1985 PHOTOGRAPHIES EXPOSITION SEMAINE DU PERIODIQUE UQAM PÉRIODIQUES DES PRES UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL ÉTUDES FRANÇAISES Relire Saint-Denys Garneau Vol.20, n® 3.hiver 1984 Sous la direction de Benoît Lacroix et Robert Melançon 120 p.r$ ABONNEMENT ANNUEL 1985 Individus : Canada 13$ Pays étrangers 16$ Institutions Tous les pays 26$ Le numéro 7$ CRIMtNOlOGIE Histoire du coirtrôie sociai Voi.17, n» 3 Sous la direction de Pierre Landreville et Jean Trépanier 140 p.7,50$ ABONNEMENT ANNUEL 1985 Individus : Canada 12 Pays étrangers 14 Institutiona Tous les pays 24 Le numéro 7,50 SÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET QUATERNAIRE ABONNEMENT ANNUEL 1985 Individus ; Canada 20$ Pays étrangers 25$ institutiona 60$ Le numéro 10$ le livre universitaire LES PRESSES C.P 6128.Suce «A» Montrtul (QuébaeJ.L'UNIVESSrrt Canada H3C3J7 SEALTél.(514) 343-6321-25 SOCIOLOGIE ET SOCIÉTÉS Sociétés et vieiiiissement Vol.16, n® 2 Sous la direction de Jacqueline C.Massé et Marie-Marthe T.*Brauit 150 p.9,50$ ABONNEMENT ANNUEL 1985 Individus : Canada Pays étrangers Institutions Le numéro META JOURNAL DES TRADUCTEURS TRANSLATORS’ JOURNAL Cerveau, langage et traduction Sous la direction de Jean-Luc Nespoulous Vol.29, 1 112 p.5$ ABONNEMENT ANNUEL 1985 Individus : Canada 16 Pays étrangers 22 Institutions Tous pays 36 Le numéro S Le Devoir, samedi 2 février 1985 LES REVUES S’AFFICHENT Les dilemmes économiques d’un périodique culturel FRANÇOIS COLBERT Professeur à l’École des Hautes Études Commerciales de Montréal Le secteur du périodique, incluant les revues culturelles, fait partie d'une industrie plus vaste, celle des loisirs.Certains consommateurs privilégient le loisir sportif, d’autres le loisir culturel alors qu’un bon nombre s’intéressent aux deux aspects : d’un point de vue mise en marché et concurrence, on ne peut donc analyser le domaine culturel sans le considérer dans un ensemble plus vaste, le loisir.L’industrie du loisir a connu une expansion très forte, pour ne pas dire phénoménale, à partir de la fin des années 1960 et pendant la décennie 1970.Plusieurs facteurs ont contribué à cet essor.C’est à partir de cette époque que les enfants du boom des naissances de l’après-guerre ont atteint l’âge de 18 ans à un rythme accéléré, faisant ainsi croître de façon rapide le nombre de consommateurs potentiels de loisirs.Parrallèlement, le revenu par famille a aussi connu une augmentation appréciable.On se retrouve donc avec une clientèle en plus grand nombre mais qui possède aussi les moyens de consommer.Or, cette nouvelle clientèle que constituent les enfants de l’après-guerre devenus adultes jouit en plus d’une scolarisation plus poussée qui l’amène à préférer un type d’activité de loisirs qui se différencie nettement de celui privilégié par les générations précédentes.En effet, tous les sondages montrent que le consommateur scolarisé développe des préférences pour le loisir culturel, que ce soit le théâtre, la musique ou la contemplation d’une oeuvre d’art.Au Québec ce changement dans les goûts de la clientèle s’est manifesté par une prolifération d’organismes culturels : une douzaine de troupes professionnelles de théâtre en 1965, presque 200 en 1980 ; pendant la même période on passe d’une troupe de danse à six, d’une poignée de périodiques culturels a plus de 40.Cependant, l’offre de produits de loisir a augmenté plus vite que l’expansion du marché.Ce phénomène a donc provoqué une fragmentation du marché.C’est ainsi que pour survivre l’offreur d’un nouveau service doit identifier un créneau dont les besoins pourraient être mieux satisfaits par un produit de loisir fait sur mesure.Cette segmentation du marché effectuée par les nouveaux arrivants force les compagnies existantes à employer la même stratégie.Dès lors, on assiste à une fragmentation de plus en plus poussée du marché du loisir et du même coup on se retrouve souvent avec un public-cible réduit en terme de monbre d’acheteurs potentiels.Car si on cerne mieux les besoins spécifiques d’un type précis de consommateurs, on doit nécessairement exclure tous ceux dont les attentes diffèrent.Un observateur averti constatera que sur le marché du loisir les produits offerts sont de plus en plus spécialisés et on trouve de tout pour tous les goûts.Or, c’est une situation qui peut convenir si l’industrie connaît une expansion rapide en terme de croissance de la demande comme cela est arrivé pendant la décennie 1970.Cependant, si cette croissance se stabilise et que, par ailleurs, le nombre de nouveaux concurrents sur le marché con-tinue à augmenter comme c’est le cas actuellement, on assiste alors à une lutte difficile entre les offreurs et malheureusement ce sont les plus forts qui survivent.D’après les chiffres de Statistiques Canada, la demande en loisirs se stabilise ; cette situation peut s’expliquer du fait que la population cesse de croître au rythme des années 1950 (1 % vs 2,6%) et que le revenu des particuliers plafonne dans un contexte économique difficile.Le secteur du périodique culturel doit composer avec ces phénomènes.Il a été victime de la fragmentation du marché et il s’adresse souvent à un public-cible restreint.En fait, une revue culturelle doit faire face, à la fois, à la fragmentation du loisir culturel et, à la fois, à celle plus spécifique du marché du périodique.Sur une base plus large, la revue culturelle subit la concurrence des autres formes de produits culturels et de produits de loisirs car c’est souvent la même personne qui consomme du sport, du voyage et de l’art.Les sondages CROP (3) de 1979 et 1983 confirment cet énoncé à tout le moins pour ce qui est des revues et magazines.En effet, on y découvre que 71 % des gens situés dans la catégorie la plus scolarise (16 ans et -t- ) lisent régulièrement ce type de publications conte 36 % dans la catégorie la moins scolarisée (8 à 11 ans).On y constate aussi que ce sont chez les gens les plus scolarisés où l’on trouve la plus forte proportion de lecteurs dans huit catégories de revues sur 10.Les deux domaines où la catégorie la moins scolarisée domine sont « intimité, personne, famille » et « religion ».L’industrie du magazine en général a connu une forte expansion et on a vu apparaître depuis une dizaine d’années un nombre assez considérable de revues spécialisées mais il semble que la fragmentation du marché ne soit pas terminée si l’on en croit M.Jean Paré, directeur général de la revue Actualité {A)\ selon lui, la tendance dans le secteur du magazine commercial (par opposition à culturel, si opposition il y a) va vers une spécialisation des produits et des publics; c’est donc dire que le périodique culturel fait partie d’un secteur où la concurrence continuera à s’in- magadiic 60 ANS |DE m ‘K W Steadman LE DIVIN PuiG ET L'EXIL .Lasai: DESALBUl Hntbetibn.CLA|»DEC^ Le magazine littéraire disponible dès maintenant chez votre libraire tensifier.D’un autre cOté, les périodiques culturels se sont donnte des missions qui impliquent des publics-cibles fort restreints.On pourrait presque parler d’ultra-spécialisation dans ce cas où un nombre fort peu nombreux de consommateurs sont finalement susceptibles de s’intéresser a des produits aussi spécifiques.Le même sondage CROP indique qu’en 19^ seulement 7 % des répondants déclaraient lire assez et très souvent des revues de la catégorie « culture, société » et 1 % de celle intitulée « artisanat, art et littérature».Remarquons toutefois que pour la première catégorie, il s’agit d’une augmentation appréciable par rapport à 1979 où seulement 2 % de la population lisaient ce ty^ dë périodiques.Cette logique amène inévitablement le périodique culturel vers des difficultés financières que connaissent d’ailleurs tous ces organismes.En fait, la publication des quelque 40 revues culturelles du Québec tient de l’héroïsme pur dans bien des cas. cause d’un tirage limité, elles ne peuvent compter sur des revenus de ventes suffisants pour se payer une équipe de rédacteurs et débourser tous les autres frais incidents à l’impression d’un périodique; ce faible tirage ne leur permet pas non plus de compter sur la vente de publicité; d’ailleurs la politique de l’organisation empêche bien souvent d’avoir recours à ce mode de financement; une seule autre source de fonds reste donc disponible ; celle des subventions gouvernementales.Or, ces dernières n’arrivent pas en quantité suffisante.Le financement doit alors provenir des tâches que les équipes éditoriales acceptent départager contre une rémunération symbolique ou contre rien du tout parfois; à ce titre, dans le numéro 31 de la revue Jeu, Lorraine Camerlin évalue à sept semaines complètes de bénévolat que chacun des neuf membres de l’équipe consacre à la revue, sans compter que les auteurs des articles doivent se contenter d’une rémunération plus que symbolique.Quant aux subsides gouvernementaux, chaque périodique subven-tionné a reçu en moyenne en 1983-84 des octrois de $ 10,467 du ministère des Affaires culturelles du Québec et de $17,957 du Conseil des arts du Canada; c’est peu lorsque le tirage de la revue n’atteint que 2.000 exemplaires comme c’est le cas pour la majorité d’entre elles.En tait, ce tirage varie de 800 pour le plus faible à 20,000 pour le plus élevé.À titre de comparaison, mentionnons que les magazines commerciaux tirent tous à 35,000 exemplaires et plus; voici d’ailleurs quelques exemples : (5) Coup de peigne: entre 35.000 et 55,000 Sel et poivre: 65,000 Décoration Chez Soi: 80000 L’Actuaiité: 265,000 Compte tenu des subventions gouvernementales, il faudrait qu’une revue culturelle publie à environ 40,000 exemplaires pour faire ses frais si on se fie aux chiffres d’un périodique comme Le Temps Fou (6) (sans l’apport de revenus publicitaires importants).Or, si les magazines commerciaux arrivent à générer un profit de la vente de leur produit, sans subvention gouvernementale bien sur et en rémunérant leurs employés, c’est parce qu’ils tirent environ 70 % de leurs revenus en publicité.Les recettes des ventes aux lecteurs ne s’élèvent donc qu’à environ 30 % du budget total.C’est un peu la même situation ^ur les périodiques culturels car si on additionne les subventions reçues des pouvoirs publics aux coûts non déboursés pour les travailleurs et pigistes, on arrive probablement à environ 70 % du budget total; ce qu’une revue ne va pas chercher en publicité, elle l’obtient alors en subventions directes des gouvernements et en subventions indirectes de son personnel.Le hic de l’affaire, c’est que compte tenu de son tirage limité elle ne dispose pas d’un budget suffisant pour la promotion et la structure administrative.Les éditeurs de magazines commerciaux peuvent dépenser jusqu’à un million de dollars simplement pour le lancement d’une nouvelle revue.La situation n’est donc pas rose dans le secteur du périodique culturel et il convient de s’interroger sur les moyens disponibles pour améliorer cette situation.La première solution qui vienne à l’esprit consistera peut-être à exiger une plus grande implication des gouvernements dans le subven-tionnement de ce secteur.Or, compte tenu des difficultés financières actuelles autant au niveau fédéral que provincial (entendre déficits monstres) et du vent d’inquiétude qui souffle sur les contribuables (lire vent qui fait élire un gouvernement conservateur à Ottawa), il est peu probable qu’une telle solution soit réaliste à tout le moins à court terme.L’autre solution, car il n’y en a pas des dizaines, repose sur la possibilité d'augmenter le tirage de chacune des revues.Un loustic pourrait déclarer qu’il est facile d’augmenter le tirage d’une revue, qu’il suffit d’en accroître le nombre de lecteurs.Cela n’est malheureusement pas si simple.Cet accroissement peut se réaliser de deux façons soit par une promotion plus efficace si on croit que le bassin potentiel de lecteurs n’a pas été complètement épuisé, soit par l’élargissement de ce bassin si on croit que tous ceux qui peuvent actuellement être rejoints l’ont été.Le problème de cette dernière solution c’est que pour toucher de nouveaux lecteurs, donc des individus ne faisant pas partie du marché-cible tel que défini par le contenu éditorial actuel, il faut modifier ce contenu éditorial en conséquence, adapter donc la revue pour toucher une clientèle plus importante.Si on a épuisé le bassin de clientèle potentielle ou s’il est im^ssible d’élargir ce bassin par un changement de la politique éditoriale ou encore si la direction refuse d’effectuer ce changement, alors il ne reste peut-être plus d’autres solutions pour les périodiques culturels que de continuer ainsi à se battre pour l’art jusqu’à épuisement complet des équipes rédactionnelles, car comme je l’ai souligné précédemment la fragmentation du marché dans le domaine des revues en général n’est pas terminée et la concurrence ne pourra que s’accroître encore, ce qui ne facilitera pas les choses dans l’avenir.1) Colbert, François, « Le prochain défi de la commercialisation des produits culturels ».Questions ae culture, volume 7, 4e trimestre 1984.2) Les dépenses moyennes d'une famille canadienne pour les loisirs et la lecture sont passées entre 1972 et 1982 de $457.30 à $ 1,419.30.Exprimée en dollars constants, cette hausse n’atteint que $ 1,022.60.Or entre 1978 et 1982, la croissance en doUars constants est à toute fin pratique nulle puisque la dépense était de $ 1,015.90 en 1978.(Source : Les dépenses des familles).3) CROP, Le comportement des Québécois en matière d'activités culturelles de loisir au temps 2, ministère des Affaires culturelles du Québec, juillet 1983.4) Paré, Jean, « Le Québec est sous-médiatisé », Les Affaires, cahier spécial, 15 décembre 1984, page S-25.5) Piché, Lucie, « Au Québec l'avenir est aux magazines spécialisés .à la condition de bien choisir son créneau », Les Affaires, cahier spécial, 15 décembre 1984, page S-24.6) Dassas, Véronique, « Plus que 35,000 », Le Temps Fou, no 31, septembre 1983.COMMUNOTIQN VOL.7 Abonnements:,3 no par an Ind.1 8$ Étu.1 2$ Inst.22$ ' Revue québécoise des recherches et des protiq'ues en comnnunico4ion et information SAINT WARTIN Beviies LbS KEVl bS S'AFFICHENT 4, it! SOIKFF Ml SICALF Vous vous intéressez oux arts visuels, au cinéma, 6 la littérature, à la musique, au théâtre .Vous portez un regard critique sur les différentes productions culturelles québécoises Les revues culturelles vous proposent une semaine d'activités inédite L'Association des éditeurs de périodiques culturels québécois (AEPCQ), regroupement indépendant de 35 éditeurs et éditrices impliqués dans diverses disciplines artistiques et/ou socio-culturelles, vous suggère une lecture différente des revues : Arcade • Aria • Cohiers • Copie Zéro * Dérives • W 5155 20 • Ecriture française dons le monde • Estuaire • Etudes françaises • Etudes littéraires • les Herbes rouges • Hom-Info • Idées et pratiques* alternatives • Imagine.* Inter • Jeu, cahiers de théâtre • Lettres québécoises • Lurelu • Magazine OVO • Moebius • la Nouvelle Barre du jour (nbj) • Nuit blanche • Parachute • Possibles • Protee • Recherches omer/ndfennes au Québec • Ré-Flex, magazine de la danse • Résistances • Séquences • Solaris • Sonances • Spirale • Vie des arts • la Vie en rose • Voix et Images Du 5 ou 8 février 1985 LA FOIRE DES REVEES ! À l'UQAM, locol J-240, Pavillon Judith-Jasmin {niveau métro), de 10 h à 18 h Vous désirez rencontrer les éditeurs et éditrices de revues culturelles?Le processus de fabrication d'une revue vous intrigue?Nous vous attendons.Une maquette illustrant toutes les étapes de production d'une revue exerce votre oeil aux maints petits détails ciui entourent le « A a Z »> de l'édition de périodiques Comment voyez-vous la nouvelle année?Le Magazine OVO expose les oeuvres photographiques (qui composent son Agenda 1985 ^ La foire des revues, c'est aussi une occasion unique de profiter de l'imogination des éditeurs et éditrices, qui vous offrent, avec tout pbonne ment, un cadeau surprise.Mardi, le 5 février 1985 SOIRÉE IJTTÉRAIRE A la Maison de la Culture du Plateau-Mont-Royal 465, avenue Mont-Royal est (face au métro Monf Royal) Présentée par les revues : Arcade, Estuaire, les Herbes rouges, Moebius et la nbj.Sur scène ; Lovky Bersianik, Claudine Bertrand, Louise Blouin, Josée Lavoie-Bonneville, Patricia Lamontagne Claude Beausoleil, Denise Desautels, Jean Royer François Charron, Guy Ailomeou, André Roy Fulvio Caccia, Danielle Fournier, Jacques Renaud La revue nbj participe à la mise en scene en créont une performance visuelle continue Une ouverture au milieu littéraire reflétant la diversité et la vivacité de notre culture La poésie qui se fait, la poésie qui se lit.la poésie qui se dit Heure 20 h Entrée libre (des loissez-passer sont disponibles o la Moison de la Culture du Plateau Mont Royol, (514) 872-2266) M*rcr«di, !• 6 février 1985 DÉBAT : FEMME ET AR11STE A la Galerie UQAM, locol J R120, Povillon Jwdith-Jasmin La Vie ep rose et 'Possibles vous invitent à une table ronde a laquelle portiçiperont écnvoines, comédiennes, cinéastes et artistes en orts visuels Les modèles ont ils changé 2 Qu'en est il de lo critique 2 • ^ PoftH ,pf.ront O f ettf îfibl»' '< l'd' Madeleine Gagnon, Francine Pelletier, Pol Pelletier, Léo Pool et Hélène Roy Heure 17 h Entrée libre La semoine des revues culturelles québécoises Les-revues s'affichent o eie rendue possible grô'¦ (Le Quotidien de Paris) « parfoitemeni rompue a ! art de lo scène Bravo ' » (Le Figaro) Au progromme des mélodies d'Ernest Chausson, Henri Duporc, Gabriel Foure, Charles Gpunod, dfe jpcéiyn*! Feu.qt:es Paqtttr:.Ger»!»; G^udél Cdrrii'VvXu, Uoh m’/i.¥vé* iloiivé-rt, Anne-Matrie Aitmza.Me.L*ouv0rfur0 êur t'mff0rv0Ê€0n€0 eutfvrë/h en MayHde C.P.1714, Trois-RIvièm, Qc.G9A 519 est une revue multidisciplinaire dans le domaine des arts et des lettres.Chaque numéro contient un dossier thématique, une section d’articles divers et des comptes rendus.Le dossier du dernier numéro réunit des articles de linguistes, de sémioticiens, théoriciens de la communication et de théorj de l’art sur les aspects énonciatifs du disc< textes et des images.Parmi les thème^ chains numéros mentionnons: Philosophie du langage Langage et savoir Son et narration au clném.L’art critique et parmi des numéros ai Points de fugue; Tani Études sémiotiques Langage et société, La revue paraît trois fois peut s’y abonner, au coût de 12 $ par ^^'(ÉS^iour les étudiants), en écrivant à l’adress^i-'ciÀiire Jeu 33, numéro spécial Au tour de l’acteur, au tour de l'actrice 16 témoignages d'acteurs et d'actrices Que sont-ils devenus?Petite «généalogie» des maîtres Une profession au-dessus ou au-dessous de ses affaires?Trois histoires de cas; Portrait de Dora, le Rail, Ella Entretien avec des maîtres actuels Dossier Eugenio Barba Les écoles de théâtre: mûres pour une réforme?300 pages, ill.14$ Plus de 800 pages, amplement illustrées, sur le théâtre d'ici et d'ailleurs.Des dossiers sur le théâtre latino-américain, le théâtre anglophone à Montréal, le théâtre belge, le jeune théâtre au Québec (1980-1985), «Albertine en cinq temps» de Michel Tremblay, le Carrousel, la Marmaille.Individu 1 an (1985) Jeu 34 à 37 incl.26$ 2 ans (1985-1986) Jeu 34 à 41 incl.48 S Étudiant* 1 an (1985) Jeu 34 à 37 incl.22$ 2 ans (1985-1986) Jeu 34 à 41 incl.40 $ "Photocopie de la carte d'étudiant requise.Institution 1 an (1985) Jeu 34 à 37 incl.32$ 2 ans (1985-1986) Jeu 34 à 41 incl.63 $ Autre série 1984 (Jeu 30 à 33 incl.) 31$ Pour renseignements (514) 288-2808 ou faire parvenir nom, adresse, téléphone et un chèque ou mandat aux Cahiers de théâtre Jeu Case postale 1600, succursale E Montréal H2T3B1 CUËBECSCIEI1CE VOUS PROPOSE EN FÉVRIER Les idoles des jeunes (Oaude ForandJ Les organes de rechange (Ginette Beaulieu) Solaire: la voie des photopiles (François Goulet) Bhopal; la pointe de l'iceberg?(Jean-Pærre Rogei) La télé venue du ciel (Pierre-Paul Brassard) La ventriloquie et ses secrets (Andrée Pouhnj En vente à 2,95$ dans tous les kiosques Economisez en vous abonnant 1 an 12 numéros 25$ 2 ans 24 numéros 44 S une économie de.10.“°$ (près de 30'’.) une économie de 26,*’'’$ (près di' 40 ) sur le prix en kiosque Pour irjjfomnations du Québec, 667 3551 , poste 2854 de l'extérieur, appelez sans frais le numéro 1 800.463 4799 Le Devoir, samedi 2 février 1985 LES REVUES S’AFFICHENT Une rédactrice prise au piège LORRAINE CAMERLAIN Membre de la rédaction de la revue Jeu Les revues culturelles n’ont jamais assez d’argent pour payer ceux et celles qui les font : qui les pensent, qui les écrivent.Elles sont subventionnées, oui, mais le travail rédactionnel (concevoir les sommaires, trouver des collaborateurs; discuter en équipe des textes reçus, des orientations de la revue, des thèmes à aborder, des événements à couvrir; écrire, corriger et parfois récrire des textes; lire et penser; tout faire, quoi, pour que la revue soit ce qu’elle est), ce travail imposant n’est pas reconnu par les sub-ventionneurs.Et inutile de croire que les périodiques culturels ne pourraient, au Québec, s’autofinancer.Le public lecteur est, en effet, réduit, et le caractère « spécialisé » de la plupart des revues culturelles autant que leur tirage Umité restreignent la part possible de publicité « payante ».Dans le budget des revues culturelles, les subventions et les quelques revenus générés par la vente du produit suffisent tout juste (ou, un beau jour, ne suffisent plus) à produire matériellement la revue et à la vendre.Pourtant, une revue, c’est un produit culturel, et dans la mesure où une société peut songer à vanter son « industrie culturelle », elle devrait, en priorité, rémunérer le travail des producteurs.Quelle industrie subsisterait, en effet, si les travailleurs devaient renoncer à un salaire qui leur est dû, alors même que l’on reconnaît avec de plus en plus d’éclat la qualité de ce qu’ils produisent ?Or, des gens qui croient dur comme fer que les périodiques culturels doivent exister (parce qu’ils croient à la culture québécoise ! ) acceptent (à l’heure où « la job steady » est devenue mythique et où le temps, partout ailleurs que dans le domaine culturel, c’est de l’argent) de produire bénévolement ces revues, de les soutenir et de les alimenter de leurs énergies et de leur pensée.Et tous ces gens-là font ça sans en attendre le moindre salaire (comme si ça allait de soi, comme si toute réclamation était inutile.) Oh, il leur arrive bien, parfois, de pouvoir s’accorder un petit symbole, une « récompense », par une belle année de vaches grasses, mais, règle générale, le « renoncement » est plus grand que la récompense.Notre paradis culturel en sera-t-il plus beau ?Car je parlerais plus, quant à moi, de « paradis » que d’« industrie » (où l’on travaillerait à gagner sos salaire plutôt que son ciel ! ).Notre « belle culture », nous la faisons actuellement « à la sueur de nos fronts », « à la grandeur de notre passion ».C’est pour ça que c’est beau ! ! ! Ber voyons ! ! Rappelons-nous notre « belle province ».Et la beauté s’admire et s’applaudit.Elle s’apprécie, mais pas en argent, oh ouach ! La culture aurait-elle besoin, comme autrefois la religion, de ses missionnaires, pour survivre et se répandre ?Serions-nous passés, en un demi-siècle au Québec, de l’agricul-turisme au « culturisme » ?Notre société, nos gouvernements, entretiennent-ils, à peu de frais, somme toute, l’expression culturelle comme une « essence nationale » (spécifique), pour alimenter le moulin de la politique sans repenser la culture à la lumière du pohtique ?Je ne fais que poser la question, car il m’arrive d’y songer, à m’interroger sur le « hasard » qui fait que je fais ce que je fais ( ! ), mais je n’ai pas de réponse.Je sais, par contre, qu’être réacteur ou rédactrice dans une revue culturelle, ça paie pas, ça exige une bonne dose de folie, une bonne santé et un petit côté missionnaire horripilant ! Alors, pourquoi y rester ?Pourquoi ne pas renoncer (ou défroquer) ?: that is the question ! To be or not to be, culturellement parlant : that is the answer ! II faut être convaincu de l’importance de ce discours culturel parallèle ou extérieur aux universités : c’est là où il faut avoir la foi.Plus, il faut le croire essentiel.Mais pas à la politique, AU politique : c’est là où il faut « protester », refuser de croire à « la belle pureté », refuser de renoncer à nos salaires pour que d’aucuns y puisent des bénéfices poUtiques électoraux ! Il faut y croire assez pour tenir un certain rôle (missionnaire s’il le faut ! ), pour y risquer gros, y investir beaucoup et y renoncer tout autant.J’ai idée que, pour se battre, il faut chez les libraires participants suivants: AGEMCE Dü LIVRE FRANÇAIS 1246, St-Denis DIVERMAGS 5193, Côte des Neiges LIBRAIRIE CLASSIC Place Longueuil LIBRAIRIE D’düTREMONT' .1284, Bernard Ouest LIBRAIRIE Dü SCORPION Centre Laval LIBRAIRIE FLAMMARION 4380, St-Denis LIBRAIRIE HERMÈS 1 120, Laurier Ouest LIBRAIRIE L’ENCRIER 1499, Laurier Est LIBRAIRIE LETTRE SON 1005, Laurier Ouest LIBRAIRIE RENAÜD-BRAY 5219, Côte des Neiges MAISON DE LA PRESSE INTERNATIONALE 550, Ste-Catherine Est MÜLTIMAGS 1 570, de Maisonneuve Ouest MÜLTIMAGS 2197, Ste-Catherine Ouest P.VÉZINA TABACONISTE 4215, St-Denis TABAGIE PERRAÜLT 4485, St-Denis VARIMAG 920, Mont-Royal Est (514) 525-2513 normand cltaurene ^ers de thi»,.rene daniel dubois hommage a denise morelle I écriture des lemmes pn&e 1 un festival en mémoire sttaittons sociotM si|ms dossier costume de quoi i me méie le costume de theatre un beau bâtard le degre rero du costume la nudité des spectacles qui nous viennent du corps la danse theatre a j quebec la danse moderne au quebec autour d un témoignage de leanne renaud cet enfant mcestueui table ronde sur^danse theatre pratiquas chaurette et dubois écrivent repense informulée a quelques questions informelles la chinoise le déploiement d un cri sur deux oeuvres de rene daniel dubois la passion selon rene kaliski (1 un clown' un comedten' un personnage' entretien avec rodngue "chocolat tremblay portrait Ired barry chrofliquts: traces, lectures, sketches et saynètes, bloc-notes, parutions récentes, courrier ISSN 0382 0335 10S imprimé au canada 70FF rodrigue «chocolat* tremblay La revue Jeu célébrera bientôt ses dix années d’existence.être dans les rangs.A la bataille.C’est pourquoi j’y suis et j’y reste.Pour que l’on trouve un sens à cette culture, qu’on détermine collectivement certaines valeurs culturelles et qu’on ose socialement y investir (et en argent ! qu’on se risque à ce nouvel alliage, à cette chimie nouvelle ! ), autant que dans d’autres valeurs reconnues.Je suis à Jeu parce que je veux qu’on parle du théâtre, qu’on pense le théâtre.Et j’accepte, pour cela, un certain missionnariat (mais je maugrée tant que je peux et je ne vais pas m’en empêcher), convaincue par ailleurs que le missionnariat est passé de mode.Je nage en pleine contradiction, oui, et la situation actuelle me force bien à l’assumer.(De toute façon, je n’en suis pas à une contradiction près : j’ai toujours espéré gagner ma vie et.pourtant, j’ai fait des études en lettres ! ) Le milieu des revues culturelles est assez jeune et les gens qui font les revues, vivants.À Jeu, j’aime l’équipe, j’aime l’échange que le travail me permet, tant avec les autres rédacteurs qu’avec certains des collaborateurs.La pensée a besoin de stimulation (la mienne en tout cas ! ) et sans choc des idées, aucune stimulation n’est possible.Actuellement, les périodiques culturels sont dynamiques et j’y puise; à Jeu comme rédactrice, aux autres, comme lectrice.Mais la situation actuelle des périodiques culturels est piégée, j’en suis bien consciente.A cause du rythme de production des revues, à cause de leur périodicité, justement, et parce qu’il faut gagner notre vie par ailleurs, étant donné que notre travail de rédacteur n’est pas rémunéré, nous ne trouvons le plus souvent que le temps de penser « au compte-goutte », piégés par la production à laquelle nous tenons tant.Les revues culturelles devraient être un lieu privilégié de nouvelles pensées et de nouveaux regards sur notre réalité québécoise.Elles devraient être le lieu où puissent s’a- morcer quelques analyses globales.'Trop souvent, et cela tient beaucoup au rythme de la production et à l’essoufflement des producteurs, les regards sont brefs, la vision de la réalité est morcelée.Il faudrait « penser plus large », analyser.Mais il faudrait avoir l’argent d’y penser ! Pour enfin sortir d’un cercle culturel par trop vicieux ! bftoraentfaHis éconoiiiiqiies critère AUTOMNE 1984 • NUMERO 3: La guerre au jour le jour DE LAI La guerre, pourquoi?La guerre, comment?La guerre imaginée Un dossier d’actualité de 317 pages comprenant 21 études.Ce numéro est disponible chez votre libraire (distributeur; Diffusion Dimedia) et au secrétariat de la revue Critère.Renseignements syzs [’exemplaire revue # m entere 9155, rue Saint-Hubert, Montréal, Québec H2M 1Y8 Tél.: mardi, mercredi, 389-9068 206 LE PLEIN emploi: EMPLOIS ET CHANGEMENTS “ .••••ü ABONNEMENTS: I on, 3 no.rég: 20$, soutien: 30$, Inst: 30$ Une revue d’économie: ouverte, accessible, d'actualité.La seule revue d’économie québécoise qui cherche des alternatives t «SEDITIONS 5x5 SAINTHWVRTIN VOIT MK 9 MMKRO 2 HIVKR 1985 Ont collaboré: Raymonde April Rose-Marie Arbour Marcelle Brisson Anita Caron Yolande Cohen Francine Déry Célyne Fortin Madeleine Gagnon Lise Gauvin Nicole Odette Lafrenière Francine Lalonde Francine Larivée Claire Lejeune Marlène Longpré Marquita Riel Micheline de Sève Nell Tenhaaf André Thibault Yergeau .ÇT LES fEMMES Le lancement de la revue Possibles (hiver 85) intitulée «.et les femmes» aura lieu à la galerie UQAM (angle Ste-Catherine et Berri) le mercredi soir 6 février à 17:00 hres.À cette occasion une table ronde organisée conjointement par les revues Possibles et La Vie en Rose réunira sur le thème de la femme-artiste Madeleine Gagnon, écrivaine Pol Pelletier, comédienne Francine Pelletier, critique Léa Pool, cinéaste Hélène Roy, peintre.Rose-Marie Arbour et Francine Couture animeront la discussion Abonnez-vous à POSSIBLES Bulletin de commande Nom.Adresse.Ville.Code postal.Province.Occupation.Revue Possibles, B.P.114, Succursale Côte-des-Neiges, Montréal, Québec, H3S 2S4 Ci-joint.mandat-poste au montant de 15,00$ pour un abonnement à quatre numéros à compter du numéro.Abonnement institutionnel: 25,00$ Abonnement de soutien: 25,00$ Le no: 4,95$ Le Devoir, samedi 2 février 1985 LES REVUES S’AFFICHENT Les revues artistiques: une avant-garde trop sage?STÉPHANE LÉPINE Chroniqueur aux pages littéraires du DEVOIR Lieux d’affirmation et de rupture, lieux de recherche et de questionnement, les revues artistiques ont été traditionnellement et sont encore aujourd’hui les témoins privilégiés de l’évolution culturelle.« Lire les revues culturelles, nous dit d’ailleurs l’Association des éditeurs de périodiques culturels, c’est suivre de près l’évolution des milieux artistiques et littéraires, c’est participer aux grands débats qui traversent notre société ».Toutefois, en examinant d’un peu plus près les différentes revues sur la marché, nous pouvons aisément constater à quel point l’esprit de contestation parfois radicale qui y régnait auparavant semble avoir cédé la place à un laxisme pour le moins excessif.En se diversifiant, en voulant s’ouvrir à des tendances différentes, à des pratiques et des opinions divergentes, nos revues culturelles se sont attiédies.La pluridisciplinarité a engendré l’éclectisme, la tolérance stratégique, la raréfaction progressive des réflexions idéologiques.Il est vrai que le paysage culturel québécois se transforme à une vitesse inouïe.Aussi, pour rendre compte de tous les courants et de toutes les pratiques, les revues ont dû se spécialiser, focaliser leur attention sur des secteurs d’activités bien précis.C’est ainsi que, dans le seul domaine musical, trois revues ont été fondées ces dernières années.La plus vieille.Aria, aborde exclusivement le champ de l’art lyrique.On y retrouve des entrevues, des articles compte-rendus critiques.Les deux autres revues musicales québécoises sont Tic-Toc-Choc, consacrée à la musique baroque, et Sonan-ces, publiée à Québec, qui, si elle se montre apparemment la moins spécialisée, est celle qui va le plus en profondeur en présentant de dossiers sur la théorie musicale ou l’histoire de la musique, des portraits qui dépassent le niveau anecdotique et des reportages où l’information laisse place à la réflexion et à la critique.Cette démarche de questionnement, d’interrogation est malheureusement absente de la majorité des revues artistiques québécoises.Occupées à critiquer, souvent très naïvement, ou à informer, les revues ne cherchent pas à affirmer une idéologie spécifique, une prise de position originale, à situer l’objet de leur activité critique dans l’ensemble des pratiques culturelles signifiantes.'Alors qu’au cours des années soixante, la revue était le lieu de regroupement de praticiens et de théoriciens engagés dans une même recherche, un lieu d’intervention et d’élaboration de nouvelles pensées critiques ou de nouvelles pratiques, elle est devenue un simple organe d’information.En 1965, André Major déclarait : « Nous sommes la contestation de notre époque, la radicale contestation des idées et des systèmes qui meuvent notre histoire ».t'ingt ans plus tard, les politiques édi-• font figure d’exception, la 110 Lion de débat semble être périmée et les véritables enjeux que portent en elles les productions culturelles sont oubliés.Est-il donc vrai que l’avant-garde se situe dans les revues ?C’est une avant-garde bien sage et pour qui la « déconstruction des formes déterminées et exploitées par l’idéologie dominante » (objectif défini dans Champs d’application en 1974) importe peu.Certams domaines artistiques sont plus touché que d’autres.Le cinéma l’est gravement.Avec Séquences et 24 Images, les cinéphiles n’ont d’autre solution que de se rabattre sur les publications étrangères.Les cahiers du cinéma demeurant sans doute la meilleure d’expression française actuellement.Monsieur Léo Bonneville eL d’autre part, les rédacteurs/trices de 24 Images tentent bien, chacun à leur façon, d’aborder dans leurs pages éditoriales et leurs quelques rares dossiers des questions cruciales relatives aux politiques ou encore aux courants esthétiques.Mais, pour le reste, qu’y trouve-t-on ?Des critiques impressionnistes du style « L’argent, c’est un bon investissement pour tout cinéphile qui accepte de prendre le temps de méditer sur la condition humaine à la manière de Bresson et de son mystère ».Quoique se présentant prétentieusement comme « la première revue indépendante (je souligne) consacrée au cinéma d’ici et d’ailleurs », Séquences n’use le plus souvent de cette liberté acquise au fil des jours que pour émettre des préceptes moraux et négliger le cinéma indépendant et le nouveau cinéma.Heureusement, Copie Zéro, la publication officielle de la Cinémathèque québécoise, relève le niveau de qualité des revues de cinéma d’ici.Consacrée uniquement à notre cinéma, elle constitue une sorte de mémoire vivante ; chaque année, deux numéros portent sur des thèmes précis (le premier étant celui des acteurs) ou des cinéastes, les deux autres étant des répertoires complets des films, courts et long métrages, produits au Québec au cours de l’année.La danse, parent pauvre et négligé, a toujours eu du mal à s’imposer et à occuper la place qui lui revenait.Mais elle a maintenant son magazine.Publié sous l’égide de la Fédération des loisirs-danse du Québec et la responsabilité rédactionnelle de Hélène Milot, Bé-Iiex s’annonce comme étant un magazine.Toutefois, après seulement quatre années d’existence, il prend une importante grandissante et pourrait, à cause de son contenu, revendiquer à juste titre le nom de revue.Alliant critiques et entrevues, dossiers et réflexions, elle offre une analyse ponctuelle de la production courante et ne cesse de s’ouvrir aux voies nouvelles, libérées du conservatisme et du traditionalisme.Les différents discours critiques qui s’y entrecroisent permettent de dépasser le simple niveau descriptif et les impressions confuses des chroniques de danse habituelles.Les déterminations esthétiques de l’art du mouvement y sont parfois envisagées et la teneur générale des articles favorise des changements de perception véritablement dignes de mention.Une infrastructure administrative plus solide et une meilleure distribution sont à souhai'.er, afin que Ré-flex poursuivra son travail de ré-flexion.Tous les secteurs culturels n’ont Cahiers 24 pas le même rayonnement.Les arts visuels, pour leur part, bénéficient d’un traitement de faveur dans les revues québécoses.Artistes et théoriciens de l’art ne partagent peut-être pas cette opinion mais le lecteur non-spécialisé et le simple amateur peuvent trouver à Montréal un nombre important de publications où la pluriformité et la diversification des orientations et des pratiques sont mises en valeur.De plus, c’est dans les Une soirée littéraire Dans le cadre de Les revues s'affichent, les revues de création littéraire Arcade, Estuaire, Les herbes rouges, Moebius, et la nbj se présentent sur la même scène mardi le 5 février, à 20 heures, à la Maison de la Culture du Plateau Mont-Royal, située au 465 de l’avenue Mont-Royal est.L’entrée est libre (vous devez vous procurer des laissez-passer avant le spectacle.ceux-ci sont disponibles à la Maison de la Culture).Les revues de création littéraire sont des lieux qui favorisent l’effervescence d’un imaginaire qui se renouvelle constamment.Gens de plumes et public se trouvent réunis dans l’actualité du texte qui s’écrit, qui se lit.À l’occasion de l’événement Les revues s’affichent, les éditeurs et La soirée d’improvisation visuelle et théâtrale La semaine Les revues s’affichent sera clôturée avec les revues Inter, Jeu, cahiers de théâtre et Parachute, vendredi le 8 février, à compter de 19 heures, au chic cabaret Les foufou-nes électriques, situé au 97 de la rue Sainte-Catherine est.L’entrée est libre.Comme cet événement met fin à notre semaine d’activités, la revue Jeu vous invite à participer à son * Super Quizz » afin de mesurer vos connaissances acquises en matière de pé- riodiques culturels.Les gagnants et les garantes se verront attribuer des prix dignes de leur érudition.Le*Super Quizz » sera animé par Paul Lefèvre, Marie-Louise Paquette et Michel Vais Croyez-vous que Ton puisse être artiste avec un * Polaroid » entre les mains ?La revue Parachute vous offre l’occasion de faire vos preuves en participant au concours « Polaroid ».Un jury décernera des prix qui immortaliseront votre talent ! les éditrices ont choisi de présenter : Louky Berisianik, Claudine Bertrand, Louise Blouin, Josée Lavoie-Bonneville, Patricia Lamontagne, Claude Beausoleil, Denise Desautels, Jean Royer, Élise Turcotte, François Charron, Guy Moineau, André Roy, Fulvio Caccia, Danielle Fournier, Jacques Renaud.La nbj participe à la mise en scène en créant une performance visuelle continue.Les revues de création littéraire vous convient à une lecture différente du texte.VOUS VISITEZ UNE LIBRAIRIE À TOUS LES MOIS?Il faut vous abonner à livre did , Abonnement d’un an; 10 $ I .4(15, Saint-François-Xavier Montréal H2Y 2T1 relations JANVIER-FÉVRIER • Vers le sous-développement du Québec?• L’Éthiopie au delà des images • Un miroir; les familles monoparentales • La fin du catholicisme?• Québec 1985; virage, viraillage?avec la participation de Bonnie Campbell, Fernand Dumont, Julien Harvey, Thierry Hentsch revues consacrées aux arts visuels que les nouvelles pensées critiques sont wpliquées avec le plus d’habileté.En effet, quoique ne s’adressant pas uniquement à un cercle restreint de spt^listes, les revues d’art évitent d'opérer un nivellement par le bas : elles réussissent le plus souvent à conjuguer critique actuelle et lisibilité, nne pointe de la recherche contemporaine et accessibilité.Si les revues artistiques québécoises semblent le plus souvent préférer l’information brute et objective à la production idéologique, celles qui couvrent le secteur des arts visuels, particulièrement dynamiques, font à cet égard figure dcxception.Démontrant de façon exemplaire qu’il est possible d’aUier les fonctions informatives et éditoriales, une revue comme Parachute, pour ne nommer qu’elle, interroge la production, dénonce les courants de mode et les idéologies dominantes, laisse place dans ses pages à des savoirs différents, parfois même divergents, qui s’y reü’ouvent, s’y confrontent, s’enrichissent mutuellement.Mais elle n’est pas la seule.Outre Parachute, la « revue d’art contemporain », notons les Cahiers des arts visuels au Québec, dont l’objectif est de « faire connaître au public la viabilité des différentes démarches de création par des écrits d’artistes et de développer une réflexion critique sur la place de l’oeuvre d’art dans la société », Le Magazine OVO, qui oeuvre à promouvoir la photographie comme moyen de communication et de changement social.Vie des Arts, la plus vieille et la plus diversifiée.Inter (autrefois Intervention), qui propose un décloisonnement des champs d’activité culturelle et vise à interroger l’ensemble des phénomènes artistiques, et enfin, la dernière née des revues ^cialisées en arts visuels, 10-5155-20, qui allie le contenu et la forme et se présente comme « un porte-folio d’artistes ».Actuellement, dans ces revues, la modernité cesse d’être un concept flou ; dotées d’une conscience cri- tique ancrée dans le présent et l’histoire, elles rendent compte de la multiplicité des concepts et sont attentives aux productions artistiques contemporaine^ à leur sens historique, à leurs incidences et à la diversité (te points de vue possibles quant à leur i^yse.Les Cahiers de théâtre Jeu, qui célèbrent cette année leurs dix ans d’existence, portent à eux seuls la responsabilité de témoigner de la pratique théâtrale québécoise.Conséquemment, Jeu se présente comme une revue « polyphonique » où aucune ligne de conduite stricte n’est respectée.Tous te discours s’y rencontrent ; l’essai théorique et l’analyse de type universitaire, la cri-Uque impressionniste ou alors résolument sémiotique.Grâce à ses numéros spéciaux, à ses dossiers fouillés, à ses entretiens et ses diverses chroniques.Jeu constitue une bible de référence pour les amateurs de théâtre.Toutefois, cette position d’unique représentant du monde du théâtre et le désir que la rédaction réaffirme sans cesse « de confronter à l’intérieur de (ces) cahiers, le plus grand nombre de pratiques et de théories » font que la revue ne peut s’appuyer sur une réflexion idéologique précise.Elle fait un excellent travail, ouvert, perméable à toutes les esthétiques mais, comme la majorité des revues artistiques québécoises, observe de près les mutations rapides en art actuel avec la neutralité d’un documentaliste.Le nombre des revues artistiques, leur qualité, le sérieux du travail critique qu’on y effectue le plus souvent permet de croire en la santé de notre production culturelle qui leur assure une matière intéressante et variée.Mais ces revues semblent manquer singulièrement de perspective.Si l’on y trouve un certain niveau de réflexion, rarement a-t-on droit à des prises (le position.Si la fonction critique y est assez bien assurée, la fonction idéologitiue y est presque toujours mise à l’écart.________ • Retour (Je la peine de mort?• La reprise américaine et l'Évangile • Mao est mort, vive Deng! • Le congrès du PQ relations 8100^ boul.St-Laurent Montréal H2P 2L9 (514) 387-2541 Abonnement (10 numéros): 12,SOS Le numéro: 1,50$ MOEBIUS ÉCRITURES/LITTÉRATURE Les éditions Triptyque CP.670, suce.N Montréal (Québec) H2X 3N4 OEBIU AUTOUR DE LA THÉORIE.DES FEMMES numéro événement ANNE-MARIE ALONZO .OUI8E COITEUX ÉLISE TURCOTTE Abonnement individuel 15 $ (2 ans 28 $) Abonnement institutionnel 20 $ (2 ans 38 $) Étranger (2 ans 40 $) Moebius est membre de l’A.E.P.C.Q.Moebius est distribué par Diffusion parallèle Moebius est subventionné par le MAC et le CAC Tél.; 1-514-524-5900 1-819-837-2004 la seule Revue littéraire au féminin.Aussi un fieu d’atelier d’écriture.ARCADE Offrez-vous notre prochain numéro: RÊVES ET FANTASMES 26 écrivaines, des entrevues avec Léa Pool et Philippe Soupault ainsi que des commentaires de livres de femmes par des femmes d’ici.(En vente dans toutes les librairies) (Directrice: Claudine Bertrand) 4903 Coolbrook, Montréal, H3X 2K8 REVUE MUSICALE QUÉBÉCOISE SONANCES est une revue trimestrielle, qui parait en octobre, janvier, avril et juillet, et dont le premier numéro est paru en octobre 1981.SONANCES touche tous les aspects de l'activité musicale d'ici et d'ailleurs.On y trouve des articles de fond, des commentaires sur l'actualité musicale, des informations ponctuelles, des recensions de partitions, de disques, de livres sur la musique.SONANCES est réalisée par une équipe formée de musicologues, d'interprètes, de compositeurs et de mélomanes.On peut s'abonner à SONANCES au prix de 12$ par année pour l'Amérique du Nord et de 17$ pour l'Europe.«.SONANCES mérite un accueil enthousiaste de la part des mélomanes québécois et des musiciens en général.» (Gilles Potvin, Le Devoir, samedi 16 janvier 1982).COUPON D’ABONNEMENT- Je désire m'abonner à SONANCES.Ci-joint le prix de mon abonnement.Code postaL 80NANCES, 857, ave.du Chanoine-Martin, Sainte-Foy, OUÉBEC G1V 3P6 LA DOYENNE DES REVUES POUR LES JEUNES Vidéo-Presse est la doyenne des revues pour les jeunes - - • " " ’ puis mai 1971.la doyenne des revues po I (^ébec; elle parait drôu ploit et c’est une premien de 9 à 16 ans au C’est tout un exploit et c’est une première au Québec dans l’histoire de la presse écrite pour la jeunesse.Des années de dur travail ont fait de Vidéo-Presse «une des meilleures revues pour les jeunes, sinon la meilleure», et elle a su se tailler une place de choix dans notre culture.À chaque mois elle présente 68 pages pleines d’articles très variés sur les sciences, la faune, la flore, l’histoire, la géographie, la littérature, le sport, en plus des bandes dessinMs, liu bricolage.une véritable mine de renseignements, une documentation riche et substantielle dans un langage accessible aux jeunes.Même après la lecture d’un seul numéro de Vidéo-Presse on a vite fait de constater jusqu’à quel point la rédaction de la revue garde le souci de donner aux jeunes ce qu’il y a de plus beau et de plus utile et combien elle se préoccupe de la qualité de l’information et de l’écriture.Vidéo-Presse n’est pas un manuel scolaire, mais il est un outil privilégié de connaissance et de documentation; son sous-titre le dit bien; «Le magazine des jeunes qui vaut une encyclopédie».Et comme une encyclopédie toujours à date, Vidéo-Presse on ne le jette pas après l’avoir lu, mais on le garde dans la bibliothèque disponible pour toute la famille.Grâce à nndex analytique que la rédaction de la revue prépare à la fin de chaque année, tous les sujets traités peuvent être repérés aisément.La mai sur face'et 33,fO$ par avion).Pour s’abonner, U sulTit d’tavavtt i PrMM, 3965 H«nrl-Boura«M Mt, Montréal, Qc H1H1L1.Un exemplaire est expédié gratuitement, et sans aucun engagement, à ceux et celles qui en font la demande.C’est l’occasion de connaître une revue merveilleuse que tous les jeunes désirent recevoir en cadeau pour leurs loisirs et leurs recherches scolaires.____________________J.P.322-7341. Le Devoir, samedi 2 février 1985 LES REVUES S’AFFICHENT Pour une littérature du fantastique et de la science-fiction ^ mm mmm m mm m m O t_ /tAMf 4 1 Tl A î TlH Àr\AT1 H O 11/lA aKaWaKa A««Al*mMaa>A AMAla*4iAsie et Je manutention compris Extérieur du Canada et Jl's f.t.ns-Unis.ajiiutez 7.(X)$ pour l'abtinnement Prière de faire chèque cous rant tous les frais à l'ordre de Les Productions Réseau Inc.CP.500, Suce.«N» Montréal Centre*Siid (Québec) H2X 3M6 Faites-vous un cadeau! Offre super-spéciale d’abonnement à Nuit Blanche, l’Actualitédu livre Si vous ne connaissez pas encore Nuit Blanche, voici une occasion exceptionnelle de découvrir la principale revue québécoise d’information entièrement consacrée au monde du livre francophone.Nuit Blanche offre à tout nouvel abonné un des 4 livres suivants: s”-*’'.StimmiMl d'Ui.M [ 1 ! uns i;./ dm'^ ifi (LS .n! d® ^'Amant, — Se'J Sommeil d’hiver, de Marie-Claire Blais, Editions de la Pleine Lune.De quoi t’ennuies-tu Evelyne, de Gabrielle Roy, Boréal Express.(Ces 4 succès de l’année 1984 ont une valeur de 9.95$ et plus chacun en librairie) Profitez-en pour abonner vos amis.Cette offre n’est valide que jusqu’au 30 avril 1985.I SüüSi N" 10 N° 12 N° 13 N° 14 N“ 15 'fii N° 16 GRATUIT! 2 anciens numéros pour tout nouvel abonnement.Je profite de l’offre spéciale d'abonnement â Nuit Blanche et je m'abonne pour six numéros â partir du numéro _ Inscrire le titre du livre-cadeau choisi: _________________________________________ Entourez d'un cercle les deux anciens numéros gratuits que vous désirez recevoir-9 10 11 12 13 14 15 16 Remplir soigneusement le coupon d'abonnement et joignez-y un chèque ou mandat-poste au montant de 12 50 $ (10 00 $ pour l'abonnement -1- 2.50 $ pour couvrir les frais de port et de manutention) Nom Prénom App N.: Code postal NUITUJUICHE lactualltà du Ùirta N'oubliez pas votre chèque â l'ordre de Nuit Blanche, 20 rue St-Jean local 122, Québec, Canada GIR 1N6 Tel.: (418) 525-9166 Anciens numéros disponibles: 2 00 $ l'exemplaire Abonnements A l’étranger: 20 00 $ Le Devoir, samedi 2 février 1985 LES REVUES S’AFFICHENT CLAUDE-HENRI GRIGNON, UN PAMPHLÉTAIRE VULNÉRABLE LOUISE BLOUIN Le samedi matin, les intellectuels et les créateurs lisent les pages culturelles, à l’affût d’un passage ou d’un article qui parlerait d’eux.Cepedant ils ne tremblent guère, car, si les critiques quelquefois écorchent, ils ont plutôt tendance à analyser les oeuvres avec une certaine « objectivité », dans un langage savant et distant qui masque bien autant les sympathies que les inimitiés.On ose rarement témoigner de ses passions ou participer à de longs débats stimulants et corsés.On vit plutôt dans la pluralité, le relativisme, sachant que tous ont à la fois tort et raison, ce qui nous porte à l’indifférence et à la défection.L’exiguïté du milieu littéraire laisse finalement peu de liberté à ceux qui sont au premier plan de l’information, ceux-ci étant bien souvent à 'la fois juge et parti.Durant les années 30, le climat se révèle tout autre : tout est à bâtir et a instaurer au Québec, il faut d’abord naître, et Ton défend ses idées avec fougue, que ce soit en politique ou en littérature.Olivar As-selin et Louis Francoeur ont eu, par exemple, de belles joutes joumi^-tiques.Et durant les élection, des voisins « bleus » et « rouges » ne se parlaient pas, mais chacun d’eux criait pour se faire entendre.Lutter pour exister ! Dans un tel contexte, il n’est guère surprenant que Claude-Henri Grignon ait trouvé une voie intéressante à développer, qui correspondait à son tempérament vigoureux : il s’agit du pamphlet, genre littéraire aujourd'hui à peu pres disparu.Très cultivé, féru de littérature française, membre de l’École Littéraire de Montréal, Claude-Henri Grignon (1894-1976) collabore à plusieurs journaux et revues, y signant chroniques et articles polémiques ; il publie deux romans Le secret de Lindbergh (1928) et Un homme et son péché (1933), puis un recueil de nouvelles intitulé Le déserteur (1934).Ce dernier ouvrage fera l’objet d’une adaptation radiophonique écrite avec sa cousine Germaine Guèvremont.De 1938 à 1962, Une homme et son péché envahit l’oreille des québécois et connaît un succès sans précédent.La version télévisuelle s’attirera également la faveur du public entre 1956 et 1970.De 1949 à 1954, Grignon présente à CK AC des commentaires sur l’actualité.Pour pratiquer à fond l’expression de ses opinions, il fonde sous pseudonyme une revue intitulée Les pamphlets de Valdombre.Cette revue est éditée de décembre 1936 à juin 1943 et elle est entièrement écrite et réalisée par Claude-Henri Grignon, ce qui représente bien sûr un travail considérable.Les parutions, presque régulièrement mensuelles, contiennent de 40 à 80 pages, selon que le numéro est simple, double ou triple.Chaque exemplaire coûte 25 ou 35 sous et l’abonnement, $ 2.00.Aucune annonce, aucun commanditaire ne subventionnent ce périodique, car Grignon entend demeurer libre et refuse d’avoir parti lié avec qui que ce soit.Seuls les abonnés et les souscripteurs/amis peuvent, par des dons, permettre à l’auteur de poursuive son labeur (1).Le journal Le Devoir sera une des cibles privilégiées parce que, entre autres, il s^afflcne comme « bon catholique » et annonce « de la boisson » ! Pour la couverture des pamphlets, les cartons et les couleurs varient à chaque numéro cependant que la maquette, toujours semblable, présente le sommaire et la signature manuscrite de Valdombre qui contraste avec les caractères d’imprimerie.Cela donne de la vie à l’ensemble et suggère l’individualité qui s’exprimera dans les pages.A l’intérieur, le papier emprunte diverses textures ; la mise en page aérée et sans coquilles joue avec plusieurs grosseurs de caractères, avec des italiques, avec des encadrés etc : tout pour une présentation soignée, une production de haute quaUté et une fréquentation agréable de ces brochu- res (16cm X 24 ^ cm) au contenu pimenté.Les différentes rubriques pro- Eosent au lecteur des critiques de vres, des commentaires sur la politique et sur la littérature, des contes, des radio-théâtres : tout cela toujours de la plume de Grignon car celui-ci ne réserve toujours que le dos de la couverture pour citer un extrait d’une oeuvre qui lui est chère.Il faut noter qu’à cette époque Grignon écrivait aussi chaque semaine ses cinq épisodes de quinze minutes chacun.Dans le premier numéro des pamphlets, en décembre 1936, l’auteur expose en introduction son double objectif : être le défenseur ardent de la religion catholique et de la paysannerie canadienne-française.Ces deux idées fondent ses prises de positions et l’obligent à se prononcer sur divers sujets : en politique, il fustigera les riches, les profiteurs, ceux qui méprisent la terre et les féministe qui veulent voter (!) ; en littérature, il attaquera « les Sorbonnards, salonnards et académiciens », il défendra une littérature canadienne-française qui utilise la syntaxe française, tout en l’alimentant du langage propre à notre culture.Pour Grignon, le pamphlet est par définition d’une écriture virulente : « ne pas se priver des violences de langage et des beaux vocables de l’invective qui allument les étoiles ».Mais le pamphlet, n’en déplaise à ses détracteurs qui n’y voient que haine, n’est pas que cela,» le pamphlet peut être parfois tout amour » dit Grignon « même s’il garde comme objet principal de supplicier les lâches » (décembre 1936).Clément Marchand nous décrit bien ce deuxième a^ct de l’écriture pamphlétaire de Grignon en le qualifiant de « grand humaniste » et de « noble de coeur », car il y a là de l’absolutisme, de la naïveté, de la ferveur, du don quichot-tisme.En fait on veut défendre le faible et l’opprimé, la veuve et Tor-phelin, justice et vérité, tout cela avec une langue colorée, géné- reuse, débordante, excessive autant dans la critique que dans la louange, dans la lignée des Léon Bloy et Léon Daudet ! Même s’il y a des coups d’épées, il n’y a pas de mesquineries, on se bat en pleine lumière, à découvert, et Ton a plaisir à la faire, à se laisser emporter par les mots, comme les nombreux lecteurs prennent plaisir à voir de qui et de quoi il est question et de quelle façon Ton purfend, à moins que Ton encense.Valdombre règle ses comptes avec joie, (pas celle de la vengeace mais celle de l’écriture) et il ne s’en cache pas, ni dans les panmhlets ni dans certaines lettres à Guy Mau-fette (3) où il annonce avec humour que telle ou telle personne aura maille à partir avec lui, le lion du nord.Tours mal léché (surnoms qu’il s’est choisi).Pour bien cerner cette figure légendaire des lettres québftoises, ce personnage de « grmcheux » qui en faisait trembler plus d’un (surtout de temps des Pamphlets de Valdombre), je pourrais citer l’exemple de cette fois où j’étais allée le rencontrer pour recueillir ses archives radiophoniques : il faisait mine de ne pas accepter qu’on s’intéresse à lui et de refuser de collaborer aux recherches quand, au fond, 11 était heureux de voir son travail reconnu et apprécié.Et s’il avait bougonné au depart, il se cachait derrière la fenêtre pour me regarder partir, avec ses textes.Sous des dehors véhéments, c’était un être de pudeur et de tendresse ! Références (1) Grignon adresse souvent des messages à ses lecteurs, les remerciant, leur demandant de l’argent ou s’excusant d’un numéro en retard.(2) Je me remercie Clément Marchand de l’enthousiasme avec lequel il m’a parlé de Claude-Henri Grignon.(3) Je remercie Guy Mauffette de m'avoir rendu accessibles certains documents.Louise Blouln.Dérives Bulle da la page XI tique : dans la même année passer de la littérature brésilienne au cinéma égyptien, du récit de voyage à la musique contemporaine au Québec nécessite une ouverture d’esprit inhabituelle.« Nos lecteurs s’abonnent peu, explique Jean Jonassaint, préférant acheter la revue à l’unité.Il est dommage que le lecteur ait tant de difficulté à passer d’un champ à l’autre.La plupart des revues sont très spécialisées : ce qui nous intéresse â Dérives c’est d’explorer de nouvelles voies, d’être étonné à chaque parution».Jean Jonassaint continue en expliquant qu’il a une formation plutôt encyclopédique et humaniste : « Diderot pourrait être mon modèle ! Je trouve dangereux que cet idéal de « l’honnête homme » disparaisse : la spécialisation finit par abrutir, il faut avoir une vision du monde globale pour con-tinuer â penser le monde.Dérives c'est un projet encyclopédique, qui peut continuer durant des années si nos avons l’énergie et l’argent pour le faire ».Et Dérives intervient de plus en plus dans le milieu culturel en organisant régulièrement autour d’un numéro des spectacles, projections de films, conférences, promotions particulières.Revue intellectuelle, artistique et littéraire.Dérives tente toujours de suivre des pistes hors des sentiers battus.Et le nom même de la revue prend tout son sens dans ce commentaire de Jean Jonassaint : « La plus grande mutation du XXème siècle ce n’est pas l’informatique ou quoi que ce soit d’autre à la mode, c’est la migration des populations.Je crois qu’environ deux personnes sur trois ont vécu une situation de migration, directement ou par le biais de parents.Cette réalité a profondément modifié tous les rapports entre les hommes.Exemple banal : je reviens de vacances de Cozumel au Mexique.J’y al rencontré des Allemands, des Français, des Suédois, etc.Tout l’artisanat qui m’intéressait était guatémaltèque.Et les romans qu’on trouvait dans les librairies étaient tous mais in USA».C’est cette derive, ce téléscopage continuel de toutes les cultures, que la revue veut mettre à jour.Sa présence singulière et essentielle dans le champ culturel québécois y donne un sens.bj/nbj Cüm, oomnu, L'aii, Associatsion Pulmonaire du Québec RûiRACHUTE revue d'art contemporain POUR ETRE DANS LE COUP.USEZ-NOUS! Il y a dix ans, nous vous parlions déjà de Philip Gloss, Steve Reich et puis Laurie Anderson .arts visuels photographie cinéma vidéo ^danse , performance abonnement: 1 on, 4 numéros: 20$ NOM ______________________ NO DE TELEPHONE Retourner avec votre chèque ou mandat à PARACHUTE 4060.boul.Saint-Laurent Suite 501 Montréal, Québec H2W 1Y9
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