Le devoir, 30 juillet 1912, mardi 30 juillet 1912
TROISIEME ANNEE-No.179 MONTREAL.MARDI 30 JUILLET.1912 UN SOULE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS .$3.00 UNION POSTALE $6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA .$1.00 ETATS-UNIS .$1.50 UNION POSTALE .$3.00 LE DEVOIR Rédaction et Administration: 7la RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TELEPHONES : ADMINISTRATION: Main 7461 REDACTION : Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! AVONS-NOUS DES OBLIGATIONS POLITIQUES ENVERS LA FRANCE ?Dans ]Jordre politique c.international, la France n’est pas plus notre mère-patrie que l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne.Il y a bien, de ci de là, quelques doux rêveurs, comme le sénateur David, par exemple, qui a tenté un jour de justifier l’usage du drapeau tricolore en Canada, comme gage du secours que les Canadiens-français pourraient attendre de la France au cas où l’Angleterre méconnaîtrait ses engagements.Mais ce sont là, heureusement, des cas isolés et peu dangereux.L’honnête sénateur -lui-même, acculé aux conséquences logiques de sa thèse, s’est empressé de protester qu’il ne songeait nullement à s’enrôler dans l’armée française pour combattre l’Angleterre.La quasi-totalité des Canadiens-français .savent à merveille que la France, état politique et puissance militaire, déjà surchargée de responsabilités, ne pourrait et ne voudrait intervenir en quoi que ce soit pour protéger leurs destinées comme race, leur situation particulière, leurs intérêts propres.Ils savent également que la France et l’Angleterre, aujourd’hui amies, ont été, depuis la dispute des fiefs de Normandie, de Guienne et de Poitou jusqu’à l’occupation de l’Egypte et du Soudan, inclusivement, les rivales et les ennemies séculaires, et qu’elles peuvent le redevenir demain.Ils savent encore que leur sort et leur sang m’ont jamais compté Pour un fétu sur la bascule oscillante des rapports anglo-français.11 n’était pas plus question d’eux à Agadir qu’à Fashod-a ou à Algésiras.* * # ’ P/es 'notions, ils les possèdent depuis longtemps.Dès quinze ans après la conquête, alors que Lafayette faisait appel à leurs instincts de revanche contre les vainqueurs de 1760, ils ont gardé leur sang-froid.Ce n’était pas mépris pour la France à cause du triomphe final, si longuement reculé, si héroïquement disputé, des armes et de la puissance anglaises.Mais ils ne pouvaient oublier que dans la capitulation de Montréal et de Québec et dans le traité de Paris, les représentants du gouvernement français s’étaient beaucoup ' plus occupés du sort des fonctionnaires français et de leurs trésors, la plupart mal acquis, que de.la situation quasi-désespérée des colons.Us avaient encore toute fraîche la plaie cuisante que leur avaient causée -les ministres de Sa Majesté Très Chrétienne en faisant banqueroute aux quarante millions de dettes contractées par leurs intendants prévaricateurs -envers les Canadiens qui, pendant sept longues années, avaient pu à peine ensemencer leurs champs parce qu’ils se battaient pour la France, un contre dix, contre vingt, depuis Oswego jusqu’aux plaines d’Abraham.Dès ce moment, se marqua, dans l’esprit du peuple canadien-fran-çais, la conviction que tout lien politique était rompu pour toujours -entre la France et lui.Il accepta courageusement les conséquences de la conquête et .se mit à l’oeuvre de reconstruction en comptant principalement sur -la protection divine et sur les ressources de sa patiente ingéniosité -qui lui avait déjà servi à traverser tant de périls.Son patrio-lisme se rétrécit, si Ton veut, mais il s’affermit, ,se concentra -sur le sol même de la colonie, et devint exclusivement canadien.* # S?Comme fond, ç-e patriotisme n’a pas changé.Il est, du reste, en cela, identique à celui de l’Anglais, du Français, du Russe ou de TAlle-mamd.C’est le patriotisme de tout peuple traditionnel qui n’a qu’une patrie et qui n’oscille pas, comme les colons anglo-saxons, entre deux sentiments quasi-contradictoires: l’amour de la patrie d’origine et celui de la patrie d’adoption.Quelles qu’aient -été, depuis la conquête, les rapports d’hostilité, d’alliance ou d’indifférence entre TAngl-eterre et la France, le peuple camadien-français n’a pas modifié son attitude.Sans doute, il se réjouit de voir la bonne entente régner entre le pays de ses ancêtres -et ÿelui de ses compatriotes ^anglo-canadiens.Il a accueilli avec bonheur je rapprochement entre l’Angleterre de Victoria et la France de Louis-Philippe et de Napoléon TII.C’est même lors de la seconde de ces alliances qu il a pris l’habitude, à l’instigation de fonctionnaires et d’officiers britanniques, de marier les couleurs de France et d’Angleterre dans scs manifestations patriotiques—ce qui lui vaut aujourd’hui, de la part d’une foule d’ignorants et d’imbéciles, l’accusation de “déloyauté.” Il -a salué avec allégresse le succès -des démarches d’Edouard VII, le grand roi de la paix, -et les développements de l’entente cordi-aile.2ue entente se prolonge et s’affeirmisse en une ülliic^noe intime et îomplète, il n’en sera que plus heureux.Mais tout cela ne lui fait perdre ni la mémoire ni la raison;___pas plus que la bascule renversée ne lui a fait perdre l’équilibre et ne Ta détourné un instant de la détermination qu’il a prise après la conquête.Sa fi délité à la Couronne d’Angleterre n’a pas plus bronché devant les menaces de Fashoda qu’aux jours où les armes françaises et américaines réunies attaquaient la puissance anglaise.Elle est restée aussi ferme lor.s de l’affaire Pritchard qu’à l'époque homérique où Napoléon poursuivait T Angleterre, Tennemie traditionnelle, sur le corps de toutes les nations -de l’Europe et succombait finalement dams la lutte.Le peuple canadien-fnamçais a même laissé chanter des Te Deum dans scs églises pour célébrer les défaites de la France à Trafalgar et Waterloo! * # * U n’irait peut-être pas jusque là aujourd’hui—surtout si Ton persiste à lui pistonner à haute pression un patriotisme nouveau et à lui demander pour l'Angleterre, au nom de la France, des sacrifices dont tous les hommes d’Etat canadiens, anglais comme français, avaient jusqu’à ces dernières -années, contesté la nécessité morale et constitutionnelle.Toutefois, si on le laisse tranquille, on peut encore compter sur son dévouement et son courage pour défendre le Canada et le “lien britannique” contre tous les ennemis de TAngkterre—même contre la France.x Mais c’est une profonde illusion de croire qu'on lui ferait consen-J"ï!r volontiers à aller se battre en Europe ou ailleurs, contre la France ou môme contre la Russie, le Japon on T Allemagne, ou à payer une partie des frais de ees guerres, aussi longtemps surtout que la direction des causes lointaines de ces conflits et leur règlement ultérieur, ainsi que le commandement des forces qui y prendront part, restent entièrement entre les mai-ns des autorités et du peuple d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande.C’flpt une illusion non moins complète de penser qu’il est assez stupide ou assez naît pour tomber dans le piège grossier -qu’on cherche à lui tendre par les mains malhabiles des écrivains de la Patrie; en d’autres termes, qu’il accepte une politique de contribution à la flotte anglaise sous prétexte que cetle aide profitera à la France, contre qui elle tournera peut être demain.• • * Du reste—et c’est là le point essentiel—les Canadiens-français ne sont .pas plus prèls a se saigner pour la France que pour toute autre nation étrangère Qu’on leur démontre que des sacrifices nouveaux, accomplis au profit de F Angleterre, métropole de l’empire dont ils font partie, augmenteront réellement la sécurité du Canada, très bien! Ou encore, si le Canada était admis à participer au gouvernement de l’Empire, qu’on leur demandât de favoriser Tallianec anglo-française et de concourir dans toutes les mesures de défense propres à fortifier cetle alliance, parfait.Mais entreprendre de leur faire consentir, eux, colons sans responsabilité internationale et sans autorité souveraine, des contributions militaires pour la France, leur deuxième—ou leur première_____“mère-pa- trie,” c’est peine perdue.Et si les inventeurs de cette gigantesque fumisterie veulent s’en convaincre, qu’ils se servent des mémos colonnes où ils font valoir les mérites de leur gold brick pour organiser une consultation populaire dans le genre de relie que le même journal avait essayée afin de connaître (1 opinion du peuple de Québec sur le projet de marine Laurier.Qu’ils posent celle simple question: Les Canadiens-français sont-ils désireux de contribuer au soutien de la marine impériale, parce nue la France en bénéficiera?Ou, ce qui serait une meilleure pierre de touche, qu’ils demandent à sir Lomer Gouin, premier ministre de la province, et à M.Tellier, leader de l’opposition, de formuler à l’Assemblée législative- un voeu dans le même sens et de soumettre ce voeu au vote du peuple de Québec.Dieu merci, nous n’en sommes pas, à Tégard de la France, à ce retour vers un colonialisme moral, qui earactérise si singulièrement l’attitude d’un certain nombre de Canadiens-anglais, lesquels, comme le légendaire colosse de Rhodes, s’efforcent de se tenir en équilibre, sans se fendre, en gardant un pied en Angleterre et l’autre au Canada.Du reste, il n’est que juste d’ajouter que cet instinct colonial est beaucoup plus naturel chez les Anglo-Canadiens, surtout chez les -nouveaux arrivés, qu’un sentiment analogue envers la France ne le serait chez les Canadiens-français Chez nous, les plus anciens Canadiens, séparés de la France depuis un siècle et demi, ce serait un symptôme de seconde enfance.Chez les Anglo-Canadiens, encore pendus aux puissantes mamelles de leur patrie d’origine, ce n’est qu’un reste des habitudes de la première enfance.J x Henri BOURASSA.{La suite a demain) BILLET DU SOIE Ce sera tout à refaire.Lord Haldane, ancien minisire de la guerre, non seulement ne croit pas au péril allemand, mais il ne fait pas mine de gober cette histoire de croguemitaine même quand la Grande-Bretagne a l’honneur de.recevoir, sous les espèces d’un premier ministre canadien, un sauveur.Il a fait l'autre jour un éloge de l'Empereur d’Allemagne que ne saurait amplifier le publiseiste le plus attaché au trône, teuton.En voici du reste, la partie la plus importante: “L'empereur alUynand est quelque chose de plus qu’un empereur, c’est un homme, et c’est un grand homme; il a reçu des dieux le plus beau cadeau qu’ils puissent faire {j’emploierai un mot allemand pour le désigner) : il a reçu le don de.l’inspiration (geist); il a été un conducteur loyal de son peuple, aussi bien en esprit qu’en action; il Ta guide pendant près d’un quart de siècle, et il a maintenu une paix ininterrompue.Il a donné à son pays cette flotte splendide que nous admirons, nous qui nous y connaissons en flotte.Il a conserve les traditions de la plus grande armée que le monde ait jamais vue, et il a été.grand dans les arts de la paix.“C’est une oeuvre véritablement grande qu’il a accomplie.Nous nous réjouissons que l’homme gui s’en est acquitté soit à moitié Anglais.J’ai l’impression très forte que, durant les dernières années, l’Angleterre, et l’Allemagne sont arrivées ci se ressembler beaucoup plus qu’antérieurement.“L’Allemagne, comme nous, est devenue une grande nation commerciale.Elle se distingue non seulement dans le domaine de la pensée, de la science et de l'art, mais aussi dans le domaine de l’action; elle a déployé celte activité pratique qui distingue la race.Du fait que nous en sommes venus à nous ressembler ont résulté des problèmes, des froissements.Entre nous une certaine rivalité a été l'effet de notre ressemblance.Il faut que cette rivalité soit sans amertume, afin que nous puissions entreprendre une tâche commune.L’empereur allemand, je le sais, partage, profondément cette conviction.” Cetle lâche que Lord Haldane rêve d’entreprendre en commun avec son “demi-frère” l’empereur d’Allemagne, c’est, on le devine, de mettre l’harmonie dans le “concert européen", et de faire la paix universelle définitive.Tout homme civilisé ne peut qu’y applaudir: Les milliards qu’on affecte de nos jours aux armements suffiraient A donner à l'humanité le maximum dn bonhenY matériel.Seulement, seulement, un obstacle inattendu surgit.Quand les efforts réunis de T Angleterre et de l’Allemagne auront réussi à mener à bien la bonne entente mondiale, les trois millions de Canadiens-fran çais à qui la Patrie a promis de venger la France, s’en prendront n M.Louis-Joseph Tarte, gui n’anra pas tenu parole, et la paix, universelle sera à refaire.Léon LORRAIN.M.Monk et le problème du transport On -lira ailleurs les impressions que M.Monk, ministre des Travaux publics, rapporte de son voyage d’inspection des voies de coin muni cations intérieures par eau.M.Monk a voulu juger par lui-même des besoins de notre pays et il a visité à peu près tous les ports des grands lacs pair où doit passer une partie du grain de l’Ouest.A peu près partout, il a reçu des délégations composées, nous dit-il, non de politiciens, mais d’hommes d’affaires et de représentants municipaux réclamant des améliorations de tous genre.Dans la majorité des cas, ajoute le ministre des Travaux publies, ces travaux s'imposent, non pour favoriser telle localité en particulier, mais pour faciliter le transport des produits canadiens autant que possible par les voies canadiennes.A Toronto, précise-t-il, presque tous les édifices oublies sont trop restreints pour les besoins du service.Le port réclame aussi des améliorations considérables.A la Baie du Tonnerre, les avantages offerts par les Américains sont supérieurs aux nôtres.Sur la rivière Détroit, notre service de communication est lamentablement insuffisant.Au Sault 1-e quaiage ne répond pas aux nécessités de l’industrie.Et M.Monk n’a visité qu’une province.A Québec où il va voir s’il est possible de commencer immédiatement d’importants travaux que Ton attend depuis longtemps, il constatera des besoins non moins pressants.En Colombie Anglaise, et dans les provinces maritimes, ce sera la même chose.En fait, M.Borden a déjà promis beaucoup pour le port de Halifax.Bref, M.Monk montre d’un mot toute l’importance des besoins intérieurs du Canada, quand il dit que les 40 millions de crédits votés pour l’exécution de travaux publics, cette année, paraissent insuffisants pour les améliorations les plus pressantes.M.Monk n’est pas le seul ministre à faire des observation-s semblables.Son collègue aux chemins de fer, M.Cochrane, qui est à l’autre extrémité du pays, reviendra probablement avec, les mêmes impressions.Et cela est naturel.La eo-lonisa-tian de l'Ouest qui se fait sur un territoire immense -appelle partout la coopération des pouvoirs publies, à l’endroit de production, pour la stimuler, aux ports d’expédition, pour assurer aux produits leur pleine valeur.Plus de cent millions seront dépensés pour la construction du Grand-Tronc-Pacifique; le chemin de fer de la Baie d’Hudson absorbera encore vingt-cinq à trente millions probablement; et si tons ces débouchés nouveaux produisent les résultats -promis, loin de soulager le budget, ils le grèveront davantage pendant plusieurs années à venir.Nous sommes en pleine période de développement, et il faut en subir les conséquences financières sous peine de paralyser Tinitiati-ve individuelle et d’arrêter le progrès, général.Ce qui veut dire que nous avons besoin de tout l’argent dont nous pouvons disposer pour le Canada, pour cetle partie de l’empire que nous avons mission de faire fructifier.Serions-nous justifiables de négliger ce côté du problème?Un jour, à Londres, sir Charles Tup-per, indigné des remarques de certains personnages sur ce qu’il appelait l’indifférence des colonies concernant la défense de l’Empire, répondait par un exposé des grands travaux accomplis par le Canada et dont Texécution bénéficiait autant à l’Empire qu’au Canada.Si l’argument valait alors, ne vaut-il pas également aujourd’hui?Les responsabilités de l’Angleterre ont peut-être augmenté depuis, mais la contribution du Canada en oeuvres a augmenté aussi.Nous avons accepté de prendre à notre charge les stations navales d’Esquimalt et de Halifax, nous avons essaye de perfectioner notre système de défense sur terre, nous multiplions les voies de communications continentales, augmentant par conséquent les facilités de relations entre les extrémités de TEm-pire, et nous doublons dans l’Ouest la production du blé dont l’Angleterre a tant besoin, même en temps de paix.Et au -seul point de vue de Tcfficacité de la défense impériale ne vaut-il pas mleiix travailler à assurer le transport de ce blé par les voies canadiennes, que de risquer son transport par les voles étrangères en temps de guerre?Jean DUMONT.L’Action Française SON PROCHAIN CONGRES Paris, JO.— L’Action Française, le corps royaliste d’avant-garde, tiendra son congrès annuel à Paris, dans les premiers jours de décembre.Ce congrès durera quatre ou cinq jours.Il réunira les principaux chefs du mouvement.L’Action Française paraît actuellement jouir de la pleine confiance du duc d’Orléans et être son corps d’éliu.AU JAPON AUBE DE REGNE La disparition de Mutsuhito, Tempereur du Japon, fera songer les plus distraits.De ce qu’il fut connue individu, de ce qu’il représenta comme force et activité personnelle, de la part directe qu’il prit à révolution japonaise, on sait peu de chose, mais son nom reste lié à Tune des .plus étonnantes transformations politiques et so-oia-les que connaisse Thi-stoire.Sous le règne du souverain qui vient de mourir, le Japon est passé de l’état de pays presque inconnu à celui de puissance politique de premier ordre.Avec une invraisemblable rapidité, il a fait siennes toutes les formes de la civilisation matérielle de TOccident.Ses soldais et ses marins ont démontré qu’ils n’ont de supérieurs nulle part, tandis que ses ingénieurs et ses savants se taillaient dans le monde une large place.Mutsuhito a -pu, en mourant, jeter sur l’avenir d’ambitieux regards.L’effort auquel son nom est associé se continue avec une admirable énergie.Le Japon apparaît aux peuples de race jaune comme le chef, l'initiateur naturel de la revanche des nations d’O-rient.Mais le souverain mourant a rlü songer avec quelque inquiétude aussi à Théritage qu’il lègue à son fils.Si le Japon -a emprunté à TOccident certaines formes de civilisation, il en a pareillement reçu des problèmes nouveaux et qui inquiètent ses hommes -d’Etat.Avec le développement de la grande industrie sont venus les conflits d’ordre économique qui dominent aujourd’hui la vie politique -de l’Europe et dont Timportan-ce s’est déjà affirmée au Japon.L'augmentation constante des budgets militaires pèse lourdement aussi sur ce peuple et complique toute la vie nationale.Avec la littérature philosophique de TOccident sont venues les négations qui ont désagrégé les vieillies croyances sans donner aux déracinés une règle de vie sûre et féconde.Le Jiypon a vu l’anarchie — d’autant plus violente dans ses manifestations qu’elle éclatait au milieu d’un peuple qui a porté au suprême degré le mépris de, la mort; ses hommes d’Etat -et ses éducateurs cherchent une formule religieuse qui les protège conlrc le scepticisme né de la critique destructive de TOccident.Le règne du nouveau souverain pourrait bien être marqué par des crises d’ordre économique et social fort graves.Par contre, il est bien sûr que le Japon continuera de jouer, dans la politique internationale^ un rôle de premier ordre.11 dispose d’une force très considérable; sa population est trop nombreuse pour son vieux domaine et cherche au loin un terrain d’action; sa jeunesse, bien qu'elle se soit largement assimilé les méthodes occidentales, est profondément nationaliste, très Hère de J’oeuvre de ses pères et décidée à la continuer.A moins que les pronostics ne soient extrêmement trompeurs, nous sommes à Taubc d’un règne qui marquera dans l’histoire.?mer HEROUX.Il faut commencer Nous disions récemment que les accidents maritimes sur le Saint-Laurent «’étaient pas fréquents depuis quelques années, mais qu’ils pouvaient s’e-n -produire au moment où Ton s’y attend le moins.La collision de ‘TEmpress of Britain” avec lé “Helvetia” vient malheureusement nous justifier.Un vaisseau est au fond de Teau et l’autre a besoin de réparations considérables.Or, la cale-sèche actuelle de Québec ne lui est d’aucune utilité, et celle de Halifax est probablement encore occupée par le Niobc.H faudra donc le réparer temporairement et Tcnvoyer on Angleterre pour lui faire subir des réparations permanentes.Même si la cale-sèche de Halifax est libre, il faudra toujours deux réparations, l’une temporaire et l’autre permanente.Donc, pertes pour les ouvriers do Québec, pertes pour les assurances, pertes pour la compagnie propriétaire dont le navire sera immobilisé deux fois plus longtemps.M.Monk a raison de dire qu’on a beaucoup trop tardé pour construire la cale-sèche projetée à Québec.Mais il ne faudrait pas imiter Texèmple du cabinet Laurier ef prolonger davantage rc retard.Le gouvernement a reçu une soumission pour la construction de celle cale-sèche et Ton nous assure que le syndicat soumissionnaire s’engage à terminer son travail dnris deux ans et demi.L’intérêt public ne commnndc-t-11 pas au gouvernement d’ordonner les travaux immédiatement?J.D.«c.M.LAMY ET LE CAN/VA L’éminent académicien donne au Temps de Paris ses impressions de voyage Le Temps, de Taris, nous apporte ce récit des impressions de voyage au Canada, de M.Etienne Lamy, l'éminent orateur qui représentait au Congrès de Québec l’Académie Française: “Canada, la vieille France t’aime toujours, t’admire et te salue!” C’est par ees mots où l’orateur mit toute sa flamme, que M.Etienne Lamy termina le magistral discours, prononcé par lui le 25 juin à Québec, devant les congressistes du “parler français”, au nom de T Académie française.Ces mots n’é-tai-ent point un simple compliment de circonstance: cri du coeur échappé des lèvres de celui qui personnifiait un passé, des origines, une culture dont les Canadiens-français, ses auditeurs, sont fiers; ils résument bien, en leur éloquente brièveté, les observations générales que M.Etienne Lamy rapporte (le son voyage aux “arpents de neige” si légèrement méprisés par nos pères.Sans doute, M.Etienne Lamy n’avait pas attendu d’aller au Canada pour aimer et admirer le Canada, il en connaissait le prodigieux développement, il savait que là-bas des arrière-petits-fils de Français, devenus de loyaux collaborateurs de la domination britannique, maintenaient avec un fidèle entêtement les droits de leur race, de leur intelleetualité, de leur langue françaises.Mais autre chose est voir et savoir seulement.Il a vu (le près ees homines ardents et disciplinés et ce pays aussi vaste que l'Europe; il en revient impressionné, enthousiaste, et prêt peut-être a accorder quelque confiance a la prédiction de sir Wilfrid Laurier, Tancien premier ministre du Dominion: “Le dix-neuvième siècle a été le siècle des Etats-Unis, le vingtième sera celui du Canada.” — C'est un grand peuple et (pii a pour lui l’avenir, nous dit M.Etienne Lamy, de cette voix calme, précise et claire, qui éveilla dans le parti républicain tant d’espoirs, il y a plus de trente années - les anciens de nos assemblées dèlibé-ramtes s’en souviennent — et que les viciissitudes de la vie politique ont depuis réduite au silence.Un peuple grand par se.s moeurs, sa fécondité, la constance de sa foi; ayant conservé l'ensemble des vertus nécessaires à une société: respectueux du gouvernement non pas par une sorte d’idolâtrie, mais parce que le gouvernement incarne à ses yeux un certain ordre qui lui paraît indispensable; fier, jaloux de son autonomie, plein d’une vigueur de volonté et d’espérance (pie nous avons perdue.Nous, pour la moindre chose, nous tournons vers TEtat tout-puissant et appelons à l’aide.Le Canadien aperçoit (levant lui une immensité à conquérir; il ne pense même pas à TEtat, il regarde ses bras et devant l’effort qui s’offre, il dit bravement: “A nous deux!” “Quel plus admirable exemple de cette énergie que Thisioire même des Canadiens-Français dans leurs luîtes pour vivre et se maintenir intacts! Lis étaient à peine 60,000 quand ils furent vaincus et conquis par l’Anglais.Vaincus, soil, mais pas annihilés, pas absorbés, et ees paysan s catholiques de Normandie, de Picardie, de l'Anjou et autres provinces françaises, «’eurent pas de cesse qu’ils n’aient obtenu (leux choses essentielles: l'égalité de leur langue en face de la langue du conquérant et la liberté religieuse.On leur fit droit, et par une sorte de compromis entre le droit de souveraineté et le droit de majorité le français devient, à Tegal de l'anglais, le langage du parlement, de la loi, de la justice.“J’ai dit, droit de majorité.Les Canadiens-Français constituaient, eu effet, la majorité.Ils ne le sont plus.L’équilibre est momentanément rompu en faveur de la langue anglaise.Dès qu’on quite la province de Québec, la proportion des “parlant anglais”, Canadiens d’origine anglaise, ou américaine ou irlandaise, dépasse celle des “parlant français.” Ceux-ci ont pour eux la supériorité de leur fécondité et l’aptitude spéciale qu’ils ont à coloniser les terres encore inexplorées ou non défrichées de leur immense empire; ils ont contre eux l'immigration américaine et irlandaise.— Le Canadien-Français et le Canadien d’origine irlandaise ont te catholicisme comme point do contact?— Oui, mais par un phénomène curieux et difficilement explicable, l’Irlandais est au Canada avec l’Anglais et plus peut-être que TAnglais contre la langue française.M.Lamy n’ajoute pas mais il pourrait dire, car il le sait assurément, que l'élément irlandais exerce une pression constante au scia de l’Eglise catholique canadienne, pour diminuer Tinfluence des Canadiens-Français et Tusagc de la langue française.Cet effort a déjà produit des résultats, mais Mgr Bourne, archevêque de Westminster, s’en exagérait sans doute T importance quand au congrès eucharistique de Montréal, en septembre 1010, il crut le moment venu de prononcer un plaidoyer qui parut inopportun en faveur de la langue anglaise.On assista alors à ce spectacle inoubliable: dans ce congrès où trônaient un légat du pape, des cardinaux, des archevêques, des évêques, un simple laïque, M.Henri Bourassu, eut Taudace de relever les paroles de Mgr Bourne et de protester contre elles au nom des droits des catholiques Canadiens-Français; et Je succès triomphal ne fut pas pour le prélat.Les droits des Canadiens-Français ont reçu en 1S1M1 une première atteinte.En dépit de la constitution, un Etat du Dominion, Je Manitoba, a déclaré seule officielle la langue anglaise.On touchait à la charte! nous dit M.Lamy.Allait-elle être détruite?Les Canadiens-Français ne sont pas d’humeur à y consentir.Dans l'espèce ils ne font pas de politique; ils sont les plus loyalistes des sujets britanniques, mais c’est leur intelleetualité qu'ils entendent maintenir.Ils ont Ja fierté de leur race; ils ne veulent pas que le génie français don! ils sont une des expressions les plus originales soit détruit en ce pays où ils peuvent revendiquer un droit dVincsse; ils ont conscience de posséder certaines supériorités qu’ils perdraient en se laissant défigurer.Et c’est ce sentiment très vivace qui les a conduits à organiser ce congrès du parler franrçaiff *îïfi \TiTi repTéseùté l’Académie.“L’idée, a été accueillie avec enthousiasme non-seulement à Québec, où les Canadiens-Français sont en majorité, non seulement dans les Etats où ils sont à égalité avec les “parlant anglais”, niais même dans ceux de l’ouest où ils ne sont qu’une minorité.Des délégués sont venus qui ont dû faire cinq jours et cinq nuits de voyage.Le succès a été complet.Les minions auxquelles j’ai assisté ont été très vivantes; ce public est sensible comme un publie français L’organisation pour la défense de la langue française, qui était l’objet du congrès, doit être maintenant réalisée en principe; elle est destinée à établir un lien permanent entre tous les groupes français épars sur les milliers de kilomètres du Canada.Notre coeur ne peut pas rester insensible à une entreprise si flatteuse pour nous.” La présence à Québec de M.Etienne Lamy a prouvé aux Canadiens-Français, selon le terme même dont il s'est servi, que la France reconnaît en eux les traits de la parenté et qu'elle est aussi Hère d’eux qu’ils sont fiers d’elle.Ils ont accueilli M.Lamy comme un grand frère qui apporte au cadet la pensée maternelle, et malgré la séparation de l’espace, du temps et de la politique, ce fut “la fête d’une grande famille”, à laquelle les hommes les plus éminents du Canada ont participé — car les luttes d’influence n’ont pas là-bas l’acuité de nos querelles intérieures— en entourant d’hommages le représentant de l’Académie française.Et il convient de dire, dût-on froisser sa modestie, que si celui-ci revient enthousiaste de la nation à laquelle il porta la parole française, les Canadiens, en l’écoutant, ont senli s’affermir en leur âme leur admiration pour le génie français et leur volonté (Ten rester, au Nouveau Monde, l'expression vivante cl agissante.Et voilà qui vaut, pour M.Lamy, plus que n’importo quel éloge.Sur le Pont d’Avignon.La grève des ouvriers du vêtement a fini comme finissent presque toutes les grèves, au moment où Ton disait qu’elle no se réglerait pas.Quand on a épuisé tous les moyens de ne pas s’entendre, Ton recommence et la paix se fait.>!< >* IK Aujourd’hui, c’est la France qu’on nous demande de sauver avec 1 Angleterre.Demain, nous dc-mandera-t-on la même chose pour le Japon?Car le Japon a aussi son alliance avec l'Angleterre.«O «l A fout moment, le télégraphe nous apprend que les garanties constitutionnelles de certains états du Mexique sont suspendues.En somme le régime Madero ressemble déjà passablement à celui de Diaz.* * * L’éehevin Martin annonce que dans deux ans il sera candidat à la mairie avec l’abolition du Bureau des Commissaires comme principal article de son programme.M se peut que d’ici là, le contribuable de Montréal en arrive à la conclusion de commencer d’abord par l'abolition de Téchevin Martin.* * i» L’Italie vient de s’emparer d’un nouveau fort en Arabie.Elle finira peut-efre par s’emparer complètement de la Tripoililaine aussi, mais ce n est pas encore fait.Tète de Turc, dit-on, pour désigner Topi-matreté de quelqu’un, et Ton n’a pas tort.* # # Treize écho vins accusés de péeu-lat ont été arrêtés à Détroit, E.-U.Et il ne semble lias que Ton ait eu besoin de commission royale.mperf*ir du .lapon, est mort à 12.45 oe matin.^ oshihito Jlaru No Mivor lui succède.MoutBou-hito était le l‘25e empennar du .Japon.Ilaruiko est maintenant im|s-ra1rîoe douairière et cède !** pas à la princesse Sadalto, la jeune ini|)érairice, ipii est mère de trois fils, dont l'ainé est Mi-rohito.Harulto a gagné la aympathi*; pour scs veilles continuelles darts la chambre du malade pendant, dix jours.Ijc peuple attendait l'événement avec angoisse, car la mort de l'empereur va ouvrir une ère nouvelle, i.e peuple japonais est très attaché à la tradition et l’empereur délun.semblait en manquer totalement.BIOGRAPHIE Moutso hito, empereur du Japon, na quit en 1862.Fils de l'empereur Komei, il lui succéda en 1h67 et épousa l’année suivante, la princesse Ilarouko, fille du noble Tadaka, de la eourde Kioto.Après avoir inauguré la révolution de 186S.ce prince énergique abolit le shogounal, restaura le gouvernement impérial, ou vrit aux puissances étrangères les ports de son empire, transporta sa capitale de Kieto à Yedo, auquel il donna !o nom de Tokio.et supprima le régime féodal.Des savanls, des militaires, des juristes d'Europe et des Etats-Unis fu rent chargés de réorganiser les services publics, l’armée, les finances, le systè me monétaire, etc.L’empereur, rompant avec les traditions, donna au peuple, en 1889, une constitution qui introduisait la loi saüque au .Ta pon.Les principaux événements du règne de Moutsou-hito sont la guerre sino-japonaise qui se termina en 1895, par le traité de Simonoséki, l’intervention militaire en Chine lors des troubles de Pékin et de Ticn-Tsin (1900), enfin la conclusion de l’accord anglo-japonais, en 190s;.Le Japon est aujourd'hui complète ment européanisé, mais il n’en continue pas moins toujours ses réformes.Les résultats matériels et moraux qu’il a obtenus dans un si court laps do, temps l’ont admis définitivement dans la gran de famille des nations civilisées.LES PRECEPTES D’UN MONAR-Ql I On demandait dernièrement à un professeur éminent japonais, M.Masuji Miyakawa, quelle était la cause principale de la rapide expansion du Japon et dp son progrès merveilleux.“ Remontez”, dit-il, “il l’ascension sur 'e trône du Mikado actuel.Lorsque Moutsou-hito succéda il son père, son pre mier acte officiel fut d'émettre la déclaration suivante, qui n’était autre que le programme qu’il entendait suivre pendant toute la durée de sou règne; 1.—Les assemblées délibératives se rent établies sur des bases larges de manière que les mesures gouvernementales puissent être adoptées en parfait accord avec l'opinion publique.2.—La bonne entente de toutes les classes de la société devra dans tous les dangers courus pur l’Etat être le premier secours du gouvernement.3.—On devra trouver les moyens le satisfaire les désirs légaux de tous les individus sans préjudice pour personne, 4.—Toute coutume sans but étant mise de côté, la justice et la droiture devront guider toutes les actions.5.—On devra chercher l'instruction et la science dans le monde entier le fa(;on que le niveau de l’empire du Japon devienne de plus en plus élevé.Moutso-hito était le 126ième empereur du Japon et le descendant direct du premier empereur Jimmn.C’était un homme d’une haute valeur intellectuelle et le plus illustre de tous les empereurs, ses prédécesseurs.Reconnu pour sa conduite exemplaire, on le citait comme exemple.Il travaillait beaucoup, se levait tôt et sou vent se couchait après minuit.En général sa santé fut bonne, excepté dans ces derniers temps.Tl ne rendit jamais une décision sans avoir approfondi minutieusement une question.Il était ex eellent cavalier et aimait beaucoup l'équitation.Tl avait bon coeur et son peuple l’aimait.Aussi sa mort ne sera pas sans causer un deuil profond dans tout l’empire japonais.LE CEREMONIAL JAPONAIS Aux portes , du palais 20,000 sujets offrirent leurs derniers hommages au souverain.Ce fut une seen- merveilleuse quand les messagers vinrent silencieusement au milieu de la foule et affichèrent la nouvelle do la mort de l’empereur.Une émotion énorme se- coua I» foule, mais aucune cxcitatii n ne se fit jour.Le seul bruit que l'on entendit fut un long et imim use »au-glot.A l'intérieur du palais, 1» nouvelle do la mort de l’empereur fut communiquée aux princes et aux princesses et aussitôt les cérémonies requises commencèrent dans le sanctuaire imperial, à I heure.l/c sanctuaire éhait dé'aoré selon les rites Shinto, l e prince Swakuro chef rit-ualisle, officiait, déposant les offrandes sur l’autel sacré.11 était assisté par un subordonné qui sonnait la cloche quand on présentait les offrandes.I,i serment fut lu devant les ministres d’Etat, les conseillers et les dignitaires.l a cérémonie du sanetua re se répétera pendant deux jours.LE NOUVEL EMPEREUR Une scène plus impressionnante eut lieu dans la salle du tronc quand le nouvel Empereur Voshifaito reçut le trésor sacré.Sa majesté entra dans la salle précédée des ministres, des officiers du palais et du chef des cérémonies, du Seigneur de Ta Chambre, des aides militaire et les princes Impériaux.11 était suivi par le Prince Ya-mayata, président du Conseil Privé,du marquis Matsiukata, membre du Conseil Privé, marquis Snonye, conseiller d’Etat et des autres de même rang, le premier ministre, marquis Salonji, les ministres d’Etat, les généraux, les amiraux.Le nouvel Empereur monta les marches du trône devant lequel étalent placées de simples tables de bois.Sur eos tables étaient déposés le collier et l’épée sacrés, deux des trois trésors sacrés.Le troisième trésor sacré est le miroir qui se trouve au sanctuaire de I fie et que le monarque recevra plus tard.Los sceaux impériaux et nationaux furent pris par Sa Majesté, qui aussitôt après sc leva et reçut les témoignages de l’assemblée entière.La cérémonie prit, alors fin.et l'Empereur se retira suivi par les ministres, les aides militaires, portant les trésors sacrés et le Seigneur de la chambre qui portait les sceaux.Le couronnement de Yoshihito, d’après les lois de l'empire, doit avoir : lieu à Kyoto.1,1 aura probablement | lieu dans un an d’ici.Une nouvelle ère s’ouvre dont le nom sera annoncé demain.Il est possible que l’on convoque une Session spéciale du Parlomtm.pour régler certains détails d’administration.L'avènement, d’un nouvel empereur ne changera probablement rien à la politique du -lapon.\ oshihito est très respecté de ses sujets.Il jouit dès maintenant de l’inviolabilité impériale.LE SUCCESSEUR Le prince impérial naquit, en 1879 et se maria il y a onze ans.Il a trois enfants.C'est tin polyglotte distingué, parlant couramment le français, l’anglais et l’allemand.Il a beaucoup voyagé tant en Europe que dans toutes les parties de l'empire du Japon.Il est très populaire et sera le digne remplaçant, de Moutsou-hito.LA NOUVELLE A LONDRES Londres, 29.— Les journaux du matin oî'rent leur vive sympathie au peuple japonais, comme étant un peuple allié pour la mort de l’empereur Moutsou-hito, Bien qu'admettant la difficulté d’apprécier en «nielle mesure l’empereur influa sur la formation du •Jupon modern ¦.nu si l’esprit traditionnel «les «Japonais a subi un eh; ni -1 radical «pre les dévelop-pemerus de la génération actuelle peuvent le faire croire, ils n’esenmptont I pas un ehangonient notable dans la politique du nouvel empereur.J,o ’’Daily Telegraph” dit que la mort de lemon-ou* «-si an évi’u mu'nt d’intérêt mondiah mais que eela ne modifiera en rien l’idli-auee an'jlo-japonaise.LES .101 RVM \ DK TOKIO Tokio, 30,— Les journaux de Tokio publient de longs articles à la gloire du défunt empereur «¦( do son successeur.On s’attend à un decret d’amnistie.les prétendus conspirateurs coréens en profiteront probablement.La nouvel empereur posera, ce matin, son premier acte officiel e>n signant des édits delà plus grande importance.La proclamation du nouveau souverain fera de bonne heure et sera d’abord lue au sanctuaire des Ancêtres impériaux.On m1 croit pas «pu» le deuil of-fieiid dure plus d«' cimptantc jours.Arrestation du lieutenant Chs Becker Sur la dénonciation des ’‘gamblers" déjà arrêtés pour complicité dans l’assassinat de Rosenthal, le policier est accusé de meurtre au premier degré.New-York, 30.— Le lieutenant de police Charles Becker, qu’IIerman Rosenthal avait accusé d’être son associé dans la maison de jeu, a été arrêté hier soir, sur l’accusation de complicité dans l’assassinat du “gambler” israélite.Il a protesté de son innocence et a été envoyé aux Tombs.Cette arrestation a suivi une conférence entre le procureur de district Whitman, Harry Vallon (Herman Vallensky, Bridgie Webber et Jack Rose (Jacob Rosrnzweig), tous trois accusés de complicité dans le meurtre.Becker a é, arrêté d’abord sur l'accusation d’escroquerie.Amené devant le grand jury convoqué d'urgence par le juge Mulgrecn, il dût faire face à une accusation do meurtre nu premier degré.Les “gamblers” dont les révélations ont amené l'arrestation de Becker ont demandé de n’être pas ramenés aux Tombs.Us ont peur d’être assassinés par la police.On leur a permis de coucher dans l’édifice de la Cour Criminelle sous la garde de huit détectives.Il y aura probablement d’autres arrestations dans la police, ear M.Whitman croit qu’il faut remonter beaucoup plus haut qu’un simple lieutenant.Rose a déclaré que Becker lui a dit : “Rosenthal a vécu trop longtemps; il faut qu’il disparaisse”.Les assassins ont été engagés A l’instigation de Becker qui, le coup fait, a dit à Rose et à Webber que la police les protégerait.Les.assas- Une femme meurt de faim avec $2,000 sur elle ELLE ETAIT SANS FOYER ET AGEE E 74 ANS—ON N’EN SAIT PAS PLUS LONG SUR SON COMPTE.(Service particulier) New York, 30.“Je meurs «le faim, je n’ai pas mangé depuis trois jours”.Une vieille femme qui venait do dire ees paroles il un agent de poliee A l'angle de la 42ième et la sixième avenue, s'affaissa sur le sol et il fut impossible de la ranimer.Elle mourut an instant après et fut transportée il la morgue où l'on trouva sur elle deux mille dollars en billets de banque.Une note épinglée il un billet de banque disant ; “Je suis Rosa Connolly, 71 ans.sans foyer”.L'autopsie a démontré que sa mort avait été enusée par le jeûne et la fui-blesso du eoeur.-f- Feu Mme A.P.Giroux (Service particulier) Coteau du Lac, 30.Nous apprenons la ni-ot-i de Mme A.I’.G-iroux, mere de M.I*,.L.(iîremx, phologrn |>ho bien connu, de Momrêal.Mme .1.772 1901 .• • .• * ¦ • ¦ • 36.976 1902 • • • • • • • • ¦ , .15,159 1903 • • • • • a • • a .3,336 1904 • • • * t k * P • .2,522 1905 • ¦ U • • ¦ t ¦ • ., 3,447 1906 • • • • • • • • • .4,417 1907 190S • ¦ • • • • • • • , .5,223 1909 • • é • • .• • .19,395 1910 • • • • • • • • .7,522 1911 • * • • • • • • —4- • ’., 20,000 (Service particulier) Québec.30 Les premiers exemplaires du deuxième volume des "Souvenirs politiques” de M.Charles Lange-lier sont parus hier.Ils portent en sous-titre : ‘'Récits, études, et portraits, — Mercier, son renvoi d’office, son procès, sa mort.” En préface, M.Langelier dit qu’il accomplit une promesse solennelle faite à Mercier dans les derniers jours ne sa vie”.Le récit commence avec la session de 1$Û0, et finit avec l'année au pouvoir de Sir IV.Laurier.Dès les premières lignes apparaît M.Ernest Daeauo à qui 1 auteur désire rendre le témoignage que ses efforts ont fait beaucoup pour consolider le parti libéral.Le sommaire do ce premier chapitre est très chargé.11 y est question d’un accident de chemin de fer à St-Joseph de Lévis, d’un banquet à M.Chs.Langelier etc.Tic deuxième chapitre s’ouvre par la mort de Mgr Labelle et se termine sur ce que l’auteur appelle la campagne de calomnie entreprise contre Mercier.Le troisième prétend donner l’histoire de la Cio du chemin de fer de la Baie dès Chaleurs et de ce qu il appelle l’enquête bâtarde faite au sénat sur le scandale résultant du paiement d’une subvention à cette compagnie.Du pot de vin de .8100,000 qu’Arm-stromg paya à M.Pacaud à même cette subvention, M.Langelier dit : "M.Armstrong, à.même l’argent qu’il reçut, donna une somme de 8100,000 à M.Ernest Pacaud et une autre somme considérable à MM.Riopel et Rofoitaille.(’’était son argent, il pouvait en disposer comme il l’entendait &ans que la prorince eût le droit de s’en plaindre.De l’enquête faite par le sénat à ce sujet, M.Langelier dit: ‘'C’était une immixtion tellement odieuse dans le domaine provincial, qu’un peurfle libre et éclairé aurait été .ustifiable de recourir qux armes, — si la chose avait été possible,— [>our la repousser et défendre sa liberté.Ce qui parut la plus extraordinaire encore, ce fut- l’attitude du “Globe”, l’ancien champion de l’autonomie des provinces, qui prit fait et cause pour nos adversaires, au lieu de sonner le clairon d'alarme.11 imita la consulte de son fondateur, George Brown, qui ne s’est jamai-gêné de lâcher ses alliés politiques quand ses intérêts le portaient du côté des tories.” M.Langelier dit que l’intervention de M.Angers “faisait partie du complot ourdi pour dérober le pouvoir à Mercier.” Il l’accuse de partialité et affirme c.ue le jugement de la cour Suprême rejetant la réclamation de la couronno sur les 8100.000 payées à Pacaud est la condamnation éclatante de l’acte arbitraire do l’ex-lieutenant-gou-vemeur.On remarque que M.Langelier ne cite pas ou presque pas les témoignage; entendus par la commission royale qui fit enquête sur le paiement des cent mille piastres à M.Pacaud.Tous les faits que l’auteur prétend résumer datent déjà de vingt ans ci sont par conséquent un peu obscurs dans leur détail.Pour juger l’ouvrage de M.Langelier.il faudrait en faire une revue complète dans les documents | officiels, et il faut du temps pour une tâche aussi considérable.Elle sera probablement faite par ‘ quelqu’un irès au courant qui guette ciepuis longtemps l’apparition de ce volume.A première vue M.Langelier paraît avoir éloigné de ce volume les concours électoraux et les histoires d’élections qui ont complètement déprécié son pie-mier volume.L’emprunt de Québec Il a été fait le 21 juin dernier et depuis le marché est devenu moins propice à une émission.— Une explication de l’échevin L.-A.La-pointe.La question de l’emprunt est toujours le sujet des conversations à l’Hôtel de Ville.La banque de Montréal a écrit au maire que l’emprunt temporaire de la Ville de Québec, dont on a parlé hier, au conseil, avait été fait le 21 juin dernier, à l’eseompte de 3 7-8 pour cent, plus 1-8 pour cent de commission et 1-20 pour cent de timbres.Elle ajoute que les changements survenus dans le marché depuis ont justifié l’augmentation du taux de l’escompte demandé à la Ville de Montréal.M.Arnold!, trésorier municipal,fait remarquer que la différence des deux taux est de 1-2 pour cent à peu près.L’échevin L.-A.Lapointe explique pourquoi il ne veut pas d’agent financier.“La banque de Montréal, dit-il, quand elle veut nous donner les prix du marché, ne s’adresse qu’à ses fournisseurs d’argent.Je voudrais que le trésorier fût libre de s’adresser à trois ou quatre banques pour avoir des cotes.Il est probable qu’il y aurait concurrence là comme ailleurs.Ce dont je ne veux pas c’est d’un canal unique pour nos renseignements”.M.Arnoldi ajoute qu’à l’époque où Québec fit son emprunt temporaire, la Ville de Montréal ne pariait pas encore de son emprunt de £750,000, n’en ayant pas alors besoin.Les déclarations de M.Monk Sur les besoins matériels du pays.— Ce qu’on en pense à Ottawa.(Service particulier) Ottawa, 30.— Dans les cercles politiques d’Ottawa on attache une importance très significative à la déclaration faite par l’hon.M.Monk à la suite de son récent voyage d’inspection.C’est ainsi que l’on a interprété la déclaration comme un Une délégation canadienne en Europe Au nombre des grandes questions que la Chambre de Commerce du district de Montréal mettra à l’étude, à la reprise de ses séances en septembre prochain, est celle d’organiser une délégation d’hommes d'affaires canadiens en Europe on juillet 1913.M.Arthur Lemont, secrétaire-adjoint de la Chambre des Commerce, ayant fait part do ce projet à M.Gabriel Ha-notaux, président du comité France-Amérique, vient de recevoir de M.Gabriel Louis -laray, secrétaire-général du comité, une intéressante lettre dont nous citons le passage suivant qui fera connaître quel sentiment a provoqué en France ce grand projet.Paris, le 19 juillet 1912.Monsieur, “Notre président, (M.Gabriel Ha-“notaux) a bien reçu votre lettre du “26 juin.C’est avec le plus grand “ plaisir qu’il a appris, nfinsi que no-" tre conseil do direction, les projets “ que vous formiez.Vous pouvez être “ assuré que de telles initiatives ren-“ contreront de notre part le meil-" leur accuj.l et que nous nous em-“ ploierons à les faire réusrir.Le Co-“ mité France-Amérique pourrait, le “ cas éehénnt, von» aider à l’organisa-“ lion de votre voyage en France.” Cotte idée d'une délégation canadienne en Europe est venue au président, M.Armand Chaput, et à quelque* membres de la Chambre de Commerce, en vue de mieux faire connaître le Canada.T.a Chambre de Commoree nuriAt la direction du voyage, et la délégation se composerait do représentants de tous les grands corps commerciaux, industriels et financiers du pays.T.e projet est très populaire et la Chambre compte le mener à bonne fin pour l’avantage du Canada tout entier.Une école publique détruite par le feu (Service particulier) Cleveland, Ohio, 30.— Le feu a détruit, ce matin, l’école publique de Warren, un bâtiment à trois étages, construit il y a vingt ans.On y faisait, pendant les vacances, de grandes réparations.C’est un passant qui a donné, l'alarme, mais, déjà à ce moment, les *;lam-mes faisaient rage dans tout l’édifice.0.1 se perd en conjectures sur l’origine de l’incendie.Les portes sont évaluées à 8100,000.Expériences d’aviation militaire Mourmelon, 30.— L’aviateur Gau-bert, avec le lieutenant Scott comme passager, a volé ici hier et a fait des expériences de lancement de projectiles.Les résultats ont été satisfaisants.Le Tour de France cycliste ance -'inc es eu lieu l’arrivée du Tour de Ifcan cycliste.Une foule immense assistait à l’arrivée.Les trois premiers sont Défrayé, Christophe et Garrigou.LA BOURSE L’assainissement T.e Dr TTood, chef du bureau municipal de l’inspection des aliments, a intenté des poursuites à ,trente-deux épiciers.qui persistent à exposer de» comestibles sur le trottoir, malgré les avis qu'il» ont reçus.-^- Les obligations du C.N.R.Prince Albert, Sask., 20.— L’hon.Frank Cochrane, ministre des chemin» do fer ot canaux, a annoncé aujourd’hui que le gouvernement fédéral gn-rnrtissait toutes les obligation» du Canadien Nord »ur la ligne de Prince Albert pour aller joindre celle du chemin de fer de la Baie d’Hudson, près de PUt Lake (Service particulier) New-York, 30 — Aujourd’hui encore les valeurs principales sont A la baisse.à l’exception du Steel.L’Union Pacifie, le Northern Pacific et l’Or du Great Northern ont baissé d’une fraction.Londres, 30 — Les valeurs américaine» sont stables.Elles ont monté rfh Lb à 3-4 de points sur la fermetUBe d'hier./ Paris, 30 — Les prix ont varié irrégulièrement à la bourse aujourd’hui.Berlin, 30 — La Bourse est très solide aujourd’hui.Notes Maritimes Sont arrivé» : A Montréal, le “Ralrit Hearih” ; la ''Montréal'', le “Cascapedia”, le “City of Sydney”.Sont signalés : A Cap au Saumon, le “Hurona”; ]« Hero ; A Cap de la Madeleine, 1( "Manchester Importer” ; à la ‘Point* de la Renommée, le “Royal Edward”; k M’est Point , le "Renvoyle”.coureur de l’attitude à venir de SI.Monk sur la question de la marine.De fait, le ministre des Travaux Publics déclare qu'il y a un besoin pressant de travaux publics de tous genres dans tout le pays.On se demande donc si, dans le cas où M.Monk n’approuverait pas une dépense de trente millions de dollars pour donner trois dreadnoughts à l’Angleterre, il ne donnerait pas pour raison que cet argent serait mieux employé à l’exécution de grands travaux publics.On ajoute que M.Monk aurait là une raison plausible de ne pas appuyer la politique navale de M.Bor-' den.En d’autres termes, M.Monk se préparerait, une sortie honorable du cabinet Borden.Voilà l’impression que les cercles politiques dégagent du rapport du voyage d’inspection de M.Monk.«¦ X t\ ï
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