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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 12 octobre 1912
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1912-10-12, Collections de BAnQ.

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VOLUME in—No.242 ABONNEMENTS: Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS .m * .$3.00 UNION POSTALE .$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA .- w .$1.00 ETATS-UNIS .c .« .• $1.30 ONION POSTALE «««».« $2.00 MONTREAL.SAMEDI 12 OCTOBRE, 1912 LE DEVOIR UN SOU LE NUMERO, _____ v*__________________1 Rédadtio.^ Administration I 7U NT-JACQUE3 MO 'AL.___O___ TELEPHONES : ADMINISTRATION; Mai» 7461 REDACTION ; Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS l FAUX MASQUES A propos d’un article du “ Herald ” Dans l’ordre d’idées que je signalais jeudi—l’alternative qui s’offre au parti libéral de faire retour à scs meilleures traditions ou de vivre humblement des miette?qui tombent de la table des torys—le Herald publiait, lundi, un article qui indique à quel point le parti libéral a goûté au poison et quelle répugnance singulière il éprouve à se désinfecter.Dans la débandade des principes de son parti, le Herald a maintenu, tant vaille que vaille, les vieilles idées libérales et n’a sacrifié que modérément au jingoïsime et à l’impérialisme.Mais depuis quelque temps, ses offrandes au dieu de l'impérialisme, ses complaisances à l’endroit du torysme, se multiplient et s’accentuent.Serait-ce que M.Brierley tient la plume plus souvent que M.Walsh?ou faut-il y voir l’effet naturel des perturbations qui se sont produites dans les régions d’où s’extraient les gros contrats d’impression?Je l’ignore.En tout cas, cet article de lundi, que je n’ai lu qu’hier, est singulier.Sous ia feinte d’une attaque contre le torysme, c'est, en somme, l’amplifica-tion de cette double pensée: Le parti libéral est aussi impérialiste que le parti conservateur.L’alliance de M.Bordeh et des nationalistes enlève aux torys d’Ontario le droit de soupçonner le loyalisme de sir Wilfrid Laurier et son dévoilement à l’Empire.Voici le passage qui nous vise: Et tandis qu’on tenait ce langage dans l’Ontario, quelle histoire racontait-on dans le Québec?Là les alliés de M.Borden étaient les Nationalistes, qui affirmaient aux habitants que la politique impériale de Laurier arracherait les bébés du sein de leur mère pour en faire des cibles pour les balles des ennemis de l’Angleterre.Et lorsque cette campagne à double face eut réussi, ces mêmes nationalistes réclamèrent et reçurent trois places dans le cabinet de M.Borden.L’alliance de M.Borden avec les Nationalistes peut ne pas altérer son dévouement personnel à la cause de la défense impériale, mais elle lui interdit manifestement de jeter la pierre à ceux de ses concitoyens qui peuvent différer d’avec lui sur les détails de la politique par laquelle il s’efforcera de mettre en action le désir du Canada de participer au fardeau de l’Empire.Coilègue d’hommes qui ne veulent pas participer, toutes les règles du jeu lui interdisent d’attaquer ceux qui sont prêts à participer, maiâ par d’autres méthodes que celles qu’il pourra proposer.Sur la prétendue alliance des nationalistes et de M.Borden, sur leurs prétendues demandes et acceptations de portefeuilles, le journal de M.Brierley ne fait que répéter la calomnie que M.Laurier et ses lieutenants ont ressassée cinquante fois depuis un an.J’y reviendrai dans un prochain article.* * * Quant à notre opposition à la Loi navale, nous n’avons nullement à en rougir.Aucun nationaliste sérieux et sincère n’a tenu le langage que nous prête M.Brierley.Ce que nous avons dit, c’est que la Loi navale nous faisait #nlrer dans la voie du “crime” et du “suicide” dénoncés par M.Laurier en 1902; c'est qu’en se plongeant dans le “tourbillon du militarisme européen”, décrit en traits si sombre par le même M.Laurier, le Canada en subirait tôt ou tard les conséquences; que la pire comme la plus logique de ces conséquences serait l’adoption d'une loi de conscription; et qu’un jour viendrait où les enfants, qui reposent aujourd’hui sur le sein maternel, seraient appelés à remplir les cadres de la flotle comme ceux de l’armée, si le recrutement volontaire n’y suffisait pas.De ces paroles, pour ma part, je n’ai rien à rétracter.Et si les politiciens ronges ou bleus, lory ou grils, qui sont allés, depuis dix ans, s’éclairer auprès des autorités impériales, avaient le courage de parler franchement, ils avoueraient que la préoccupation constante des hommes de guerre anglais, c’est précisément d’arriver peu à peu à faire accepter des lois de conscription dans tous les pays autonomes de l’Empire.Quant à la distinction de casuiste covenantaire que M.Brierley cherche à établir entre les patriotes qui veulent “participer” et les na-iionalisles sans coeur qui refusent de “participer”, elle est marquée au coin d’une égale mauvaise foi.Jamais les nationalistes n’ont prétendu que le Canada ne devait rien faire pour la sécurité de l’Empire.Ce que nous avons toujours affirmé, c’est que la manière la plus pratique et la plus efficace d’accomplir ce devoir, et la seule qui soit conforme aux principes du self-government, c’est d’organiser sérieusement la défense du territoire et des côtes du Canada, et non de se lancer à l’aventure dans une organisation navale dont le Canada n'a nul besoin.En pleine chambre et avant même que le ministère Laurier n’y eût songé, j’avais suggéré que le Canada assumât le coût et la responsabilité de la défense des forts d’Esquimau et de Halifax.Nous sommes allés plus loin: pourvu que toute contribution à la défense impériale soit subordonnée au droit de représentation dans les conseils de l’Empire, et que cette double politique soit acceptée, en pleine connaissance de cause, par la majorité du peuple canadien, avons-nous ajouté, nous nous soumettrons à la décision de la majorité,—sans renoncer, bien entendu, à notre droit de chercher à convaincre la majorité des dangers de cette politique.Voilà pour nos principes et nos arguments.Voyons si le Herald est de meilleure foi dans son plaidoyer en faveur des principes et des arguments de son parti.* « * Pour prouver le loyalisme transcendant du chef libéral, M.Brierley rappelle que M.Laurier a le premier fait triompher le principe de la participation du Canada à la défense impériale, en dépit de la répugnance bien connue d’une portion considérable du peuple canadien,— "a large body of our fellow-cilizens,”—e’est-à-dire des Canadiens-français; et ni sir John A.Macdonald ni M.Bordcn n’auraient pu, à son avis, obtenir ce résultat.De plus, ajoute le Herald, “sir Wilfrid, en créant le tarif de faveur Pour les produits britanniques, en liant le Canada à la participation à la défense impériale—(in committing Canada to participation in imperial defence)—a assumé la responsabilité d’actes de haute politique dont la portée, en resserrant les liens qui unissent la mère-patrie et la colonie, n’a été égalée par les actes d’aucun autre premier ministre canadien.” Que le loyalisme de sir Wilfrid Laurier et sa “dévotion à l’Empire” soient plus ardents cl plus efficaces que ceux de sir John A.Macdonald, de sir Charles Tapper ou de M.Bordcn-—que M.Laurier ait, le premier, "lié le Canada à la participation à la défense de l'Empire”—qu’il ait réussi à faire plus que tous les chefs torys pour "resserrer les liens qui unissent la mère-patrie et la colonie”—tout cela c’est possible.Nous laissons au directeur du Herald le soin d’en décider après conférence avec MM.Bernier, Brodeur et Lemieux, anciens ministres, avec MM.Dan-durand, Lcgris et Choquette, sénateurs, et avec tous les survivants de la campagne de 1896, où tout le parli libéral français dénonça l’achat de fusils fait par “le vieux T upper”, vendu à l’Angleterre pour des médailles, afin d’envoyer nos fils se faire tuer pour l'Empire en Afrique ou ailleurs.Voilà qui n’était guère moins “démagogique” que les prédictions des nationalistes en 1910.Des cinq ou six hommes qui organisèrent et dirigèrent cette campagne, deux,—MM.Bernier et Brodeur—devinrent ministres dans le cabinet Laurier et obtinrent ensuite, du même gouvernement, des postes de la plus haute confiance; un autre, M.Dandurand, fut, pendant dix ans au moins, l’organisateur du parti libéral; il devint sénateur, puis président du Sénat; et il est fortement question d’en faire le leader de son parti à la chambre haute.Il est, aux yeux du Herald, comme à ceux du Witness, et d’une foule d’Anglais libéraux, l’un des représentants attitrés des libéraux français, et comme tel accueilli par eux à bras ouvert.Le plus jeune, M.Lemieux, s’excusant de ne pouvoir prendre part à une manifestation nationaliste, écrivait, le 4 août 1903, pour dénoncer comme “un principe absolument faux.l’obligation pour les colonies de participer à la défense de VEmpirc.” • Celui-là aussi fut, plus tard, ministre da^is le cabinet Laurier.Tl se %£oupa les moustaches, se peigna à rebrousse-poils, et devint aux yeux de M.Brierley, un pilier de l’Empire.Mais p!Îs plus tard que l’an dernier, mis en présence de cette déclaration, il prétendit qu’il ne l’avait pas reniée.-> * • » Dans toutes les circonstances où, selon le Herald, sir Wilfrid Laurier a fait pins pour l’impérialisme que tons les chefs torys, les collègues»,, les lieutenants et les scribes français de M.Laurier clamaient sur tous les tons que notre “grand compatriote” était le défenseur de l’autonomie canadienne contre l’impérialisme anglais.En 1899, comme en 1905, comme en 1909.M.Laurier n'avait, disaient-ils, cédé qu’à TinévitaMe.Sans les concessions faites au jingoïsme, il aurait perdu le pouvoir, et les torys auraient alors livré le pays à l’orangisme à l’intérieur et à l’impérialisme à l’extérieur.Le principal organe français du parti libéral a .été jusqu’à imprimer, pour la consommation du bon peuple de Québec, que la loi navale Laurier plaçait le Canada “ni plus ni moins que dans la position d'une nation indépendante, alliée à la Grande-Bretagne.” Durant toute la campagne qui a précédé l’élection de 1911, à quoi se sont appliqués tous les généraux.capitaines, caporaux et vivandières du parti libéral français, si ce n’est à prouver que la loi Laurier ne liait aucunement le Canada aux guerres de l’Empire, et que les nationalistes étaient d’infâmes menteurs, parce qu’ils disaient précisément ce que le Herald affirme aujourd’hui et réclame comme un honneur et un mérite extraordinaire pour M.Laurier, aux yeux du Canada anglais.Il n’y a pas un mois, un ami intime de M.Laurier, M.Hector Gar-neau, nous écrivait pour attester qu’à sa connaissance personnelle le chef du parti libéral avait désavoué in petto les paroles de M.Fielding affirmant précisément ce que le Herald répète aujourd’hui.* * * M.Laurier n’a pas, que je sache, infligé un seul démenti à ses collègues et à ses défenseurs français.11 a tout accepté—depuis la dénonciation des fusils du “vieux Tupper", livrant nos fils à l’Angleterre, jusqu’aux pronostics de l’indépendance du Canada dont sa loi navale constituait l’aurore—sans compter les propos séditieux de son ami le plus intime, l’honorable M.David, sénateur, adjurant les Canadiens-français de rester fidèles au drapeau tricolore parce que, disait-il, “il peut venir un jour où, pour protéger les droits qui nous ont été garantis par des traités, NOUS SERIONS HEUREUX D'ARBORER LE DRAPEAU DE LA FRANCE ET D’INVOQUER SON SECOURS.” (1) Et qui plus est, le Herald, dont la pudeur tardive s’effarouche, aujourd'hui, de l’incivisme des nationalistes, de leurs appels aux mères canadiennes,—le Herald a tout accepté, tout avalé; il a fait sa cour à tous les démagogues libéraux, tant qu’il a cru que leurs appels incendiaires pouvaient garder le pouvoir au parti qui le bourrait d’annonces et de jobs.Maintenant que la distribution du beurre et des confitures est passée en d’autres mains, il se console avec sa virginité retrouvée.Persuadé sans doute que l’attitude du parti conservateur assure la provincev de Québec à M.Laurier, il se tourne du côté du jingoïsme et cherche à racoler des votes en se joignant à la troupe nombreuse de ceux, grits ou torys, qui croient de bonne guerre de bûcher sur le dos des nationalistes, afin de faire oublier leurs méfaits, leurs voltes-faces et leur duplicité.Il a tort.Il a tort, d’abord, parce qu’il n’a pas l’excuse de quelques-uns de ses confrères en gritisme et en faux loyalisme; tels, par exemple, nue M.Dougall, du Witness, chez qui l’obsession du papisme brouille l’entendement et qui se croit tenu de détruire le Devoir et le nationalisme, parce qu’il y voit une “machination cléricale” pour mettre le pays sous la tutelle de Rome; ou encore le révérend Macdonald, du Globe, qui me dit, à moi, que le nationalisme n’est pasautre chose, en réalité, que le libéralisme du Globe, mais qui, pour faire sa cour aux jingos de Toronto, trouve bon de nous traiter, dans son journal cafard, de démagogues et de fauteurs de désordre.M.Brierley, qui nous connaît, et même très bien, n’a ni les excuses de ceux-là ni leurs motifs de flatter les préjugés amoncelés contre nous.# # * Décidément, la race écossaise, qui a prodigué tant d’hommes de génie et de nobles caractères, fournit également quelqu'es-uns des spécimens les plus méprisables de l’humanité.L’un des plus illustres parmi les Ecossais, Walter Scott, a peint en traits ineffaçables à peu près tous les types de sa nation.Le ton avec lequel M.Brierley cherche à persuader les jingos de la pureté de son loyalisme et à feindre le mépris des natiorjalistes, rappelle, à s’y méprendre, les professions de foi du prévôt Crosbie, allié aux Jacobites par sa femme et aux whigs par sa bourse.Un jour qu’il répétait pour la vingtième fois; “Moi, je suis un homme franc,” un vieux ja-cobite lui réposta; “Prévôt, je ne vous ai jamais entendu vous servir de cette expression que quand vous aviez quelque tour à jouer.” Henri BOURASSA.(1)—Voir le “Canada” du 29 septembre 1910. propos de cautionnements La question des cautionnements judiciaires, devant le tribunal du Recorder et les cours de police, attire de ce temps-ci l’attention des avocats de Montréal.Il y a à peine trois jours, M.le juge Trenholme, de la Cour du Banc du Roi, disait, pendant une session de ce tribunal; “Il semble y avoir besoin d’amender la loi relative aux cautionnements; car, à l’heure qu’il est, les inculpés, après avoir été reconnus coypablcs par le recorder ou les magistrats de police, en appellent tout de suite de cette sentence à un tribunal supérieur, font remettre à huitaine,— et ceci, indéfiniment,- — les plaidoiries dans leur affaire, et, après avoir donné des cautionnements de nature douteuse, disparaissent; l’on ne les revoit plus devant le tribunal.quand il s’agit enfin de tirer leur cas au clair.Il devrait y avoir moyen d’arrêter cet abus.” Un habitué du Palais nous rapporte d’autre part que, si des accusés sont traduits devant le recorder, qui décide de les admettre à caution en attendant l’instruction de leur procès, il se trouve assez souvent dans la cour des personnes qui s’offrent spontanément à cautionner pour ces inculpés.Ces personnes charitables, — elles sont de mèche avec celui qui a besoin d’un cautionnement pour recouvrer sa liberté, — donnent un nom et une adresse quelconques, se disent propriétaires solvables, signent la formule requise, et leur complice sort du tribunal avec elles, prometlant de revenir au jour fixé.Ce jour-là, l’accusé ne se présente pas.Le tribunal charge ses huissiers de rechercher les cautions, à l’adresse qu’elles ont donnée.Peine inutile: presque toujours, il n’y a à cette adresse personne du nom enrègis-tré; règle générale on ne l’y connaît même pas.Et la justice reste en panne.Les compères, eux, s’amusent du bon tour joué aux autorités, et recommencent leurs exploits ailleurs.Ce n’est pas plus difficile que cela, pour peu qu’on ait de l’audace.Et Dieu sait que les habitués de la Cour de recorder et des tribunaux de police n’en manquent pas! Ainsi que le dit M.le juge Trenholme, il importe que nos gouvernants fassent cesser ces abus; ils devraient au plus tôt rendre plus difficiles «t plus efficace* les for- malités dont doit s’entourer l’élargissement, moyennant caution, des personnes traduites devant certains tribunaux.Nos cours civiles, dans la province de Québec, sont assez méticuleuses, sur ce point: et si, par exemple, le perdant, dans une cause en Cour Supérieure, en appelle de ce jugement à la Cour de Revision ou à la Cour du Banc du Roi, les protonotaires et les greffiers de ces tribunaux sont prudents; ils n’acceptent, comme cautionnements, qu’un dépôt en argent d’une somme fixée par la loi, une police en garantie, signée par une compagnie d’assurance responsable, ou la garantie formelle de gens bien connus, solvables, et propriélaires d’immeubles exempts de toutes hypothèques ou obligations.Pourquoi ne donnerait-on pas le droit à la Cour du Recorder et à nos tribunaux do police d’être aussi exigeants que nos cours civiles?De la sorte, il n’y aurait pas, chaque mois, dans une grande ville comme Montréal, plusieurs affaires classées sans qm les tribunaux supérieurs aient pu adjuger finalement.Et il n’échapperait pas à la justice un si grand nombre de gens qui méritent d’aller passer quelques mois en prison, ou même au pénitencier.Cette comédie, dont les résultats sont dangereux pour l’ordre public, a assez duré.Il est temps que nos gouvernants interviennent et l’empêchent de se prolonger davantage.Georges PELLETIER.Bel exemple Le passé des candidats fait une drôle de situation dans Richelieu.M.Morgan est le farceur qui fit approuver par quelques électeurs l’abandon des droits de la minorité du Kewatin.Et les libéraux le lui reprochent.Mais leur candidat, M, Cardin était à la dernière session, avec tous les bleus et les rouges qui sacrifiaient ces droits.On a là un bel exemple de la piètre idée que les partisans à outrance sc font du public.L’élection de MacDonald Le scrutin a lieu aujourd’hui à Macdonald, Manitoba.La lutte a été extrêmement vive.ED le s’est faite à peu près exclusivement sur la question de la réciprocité.La majorité du candidat conservateur, M.Staples, aux élections générales était de 101 voix.LA DECLARATION DE GUERRE LES ARMEES EN PRESENCE ROSES FANÉES Toutes les roses sont fanées Dans les jardins et dans les bois; Elles s’effeuillent, profanées Par les baisers des souffles froids.L’Automne les a condamnées Sans merci,—telles sont ses lois.Tontes les roses sont fanées Dans les jardins et dans les bois.Et comme les autres années.Terre avide, tu les reçois.Heureuses les prédestinées Qni moururent entre vos doigts! Toutes les roses sont fanées.ALBERT LOZEAU.BILLET DU SOIR CUISINIER Il faisait grand vent, hier, rue Craig.J’allais à l’exposition pour le Bien-Etre des enfants, lorsque, soudain, d’une automobile verte qui débouchait d’une rue transversale, une feuille de papier, emportée par la rafale, vint tomber sur le pavé, le la raniassai.C’était une lettre où je lus : “Mon cher M.Jean Piffre.” Je fus discret, et criai tout de suite au gros homme des mains duquel le vent avait enlevé ce document; mais ce fut en vain.L’automobile fila.et je mis le papier dans mu poche.Je viens de le lire, et j’en copie le texte pour les lecteurs du Devoir, avant d’adresser l'original o M, Jean Piffre.Voici: “M.Jean Piffre, à la Batterie, Montréal.Cher et honoré monsieur, Je suis Français, et maître-queux au nouvel hôtel Ritz-Carleton, rue Sherbrooke.Et je suis aussi lecteur exclusif de la Batterie.Chaque soir, penché sur mes marmites, où mijotent des mets succulents dont rôdeur seule ferait se dilater d’aise vos narines de fin gourmet, — car je sais que vous l’êtes, monsieur Jean Piffre, de çfiioi je vous félicite, — je me délecte ù savourer les fines tartines que vous servez à vos lecteurs exclusifs.Tartines, dis-je?Ou plutôt, quels excellents pâtés de.foie gras, où vous joignez à cc produit des oies de votre basse-cour impérialiste superbe les truffes de votre génie merveilleusement étoffé et les épices exquises de votre esprit nourri des bouillons les plus délicats de la grande tradition, celle des Vatel et des Brillât Savarin! D une plume trempée dans la sauce inimitable de votre intelligence juteuse, vous écrivites, il y a quelque temps, mon cher M.Jean Piffre, des articles franco-impérialistes d’un goût tel, aux bouches françaises, que les fondants les meilleurs des confiseurs les plus prisés ne valent rien, en comparaison.Et tes entrefilets, — ou plutôt les filets mignons éi la sauce française, que vous servi/es à vos lecteurs exclusifs, dans vos fins banquets quotidiens de la Batterie, pendant un temps, m’ont démontré à T évidence que vous êtes le maître des maîtres-queux, le Vatel du XXe siècle, dans les casseroles dorées duquel les grands politiciens envoient chercher leurs repas recherchés.Tel Ba-guencau, vous êtes aussi pâtissier somptueux;et peut-être, comme lui, mîtes-vous en vers, sur vos tablettes.de chocolat, au retour d’un dîner que vous offrit sir Rodolphe, la recette des tartelettes amandines.A la fumée qui s’exhale de votre prose fleurant bon le persil, le cin-name et la canellc; à votre visage aimablement gras et luisant où j’ai surtout remarqué des lèvres humides encore d'excellenle bisque à la Béarnaise, — car je vous ai entrevu, dans la salle à manger du Rilz-CarleJon, M.Jean Piffre; — an vin pétillant d’esprit qui circule ù travers vos articles, à la senteur chargée d’arômes divers répandue dans le moindre de vos écrits, j'ai deviné, — dirai-je mon cher confrère, ou plutôt, cher Maître?— que votre renom éclipsera dans les siècles à venir ceux de tous les illustres artistes culinaires, — qu'ils soient du temps d’Héliogabale, de Louis XIV, d’Edouard Vil ou du tsar Nicolas de Russie.Aussi, prince des Mattres-queux, viens-je, pris de désespoir, de rendre mon béret blanc et les clefs du vaste garde-manger au gérant du Ritz-Carleton.Et je vous supplie ce soir, M.Jean Piffre, mon maître, de permettre que je sois votre assistant dans ta rôtisserie de la Batterie, où, dans l’odorante vapeur qui vous entoure, vous trônez et prodiguez les richesses de votre art précieux à cinquante mille lecteurs affamés.(Signé) Paul Le Cornuz." En note marginale à cette supplique, j’ai cru lire, êctit au crayon: "Répondre que j'accepte, moyennant qu’il me paie douze dîners fins par Semaine, vins et haimnes compris.Jean Piffre." (Pour copie conforme.) André 4EfiB0J8.Dans les Balkans, ces jours der* nikers, les événements ont marché plus vite que les négociations diplomatiques.Quand les représentants des puissances sont venus, au nom de leurs gouvernements respectifs, admonester ceux des Etats coalisés et les inviter à la patience, le Monténégro avait déjà déclaré la guerre à la Turquie et rappelé son ministre à Constantinople.La Bulgarie, la Serbie et la Grèce ont reçu avec déférence les avis des diplomates russes et autrichiens; cependant, elles entendent opposer aux sommations qui leur sont adressées une fin de non-recevoir qui, pour être polie, n’en soit pas moins ferme.On peut donc s’attendre à ce que bientôt les autres Etats balkaniques, solidaires du Monténégro, ouvrent à leur tour les hostilités, peut-être même sans déclaration de guerre formelle.Ce sera alors la guerre avec ses risques et les horreurs qui l’accompagnent dans ccs pays d’Orient.On est généralement porté à faire peu de cas de ces petites nations des Balkans, dont la légitime impatience menace si souvent de troubler la tranquillité de l’Europe.La Bulgarie, la Serbie, la Grèce et le Monténégro ne sont pourtant pas des quantités négligeables tant au point de vue de la population que sous le rapport des ressources et de l’organisation militaire.Les progrès réalisés par ces Etats,depuis j qu’ils ont conquis leur indépendance, sont presque merveilleux.Longtemps comprimés sous une domination tyrannique, ils ont retrouvé, en même temps que la personalité politique, l’énergie active et les vertus latentes qui ont permis aux populations slaves de résister pendant des siècles à l’absorption musulmane.Le moins important des Etats balkaniques, le Monténégro vient d’ouvrir les hostilités contre la Turquie; il ne peut compter que sur de maigres ressources pécuniaires et sur une armée régulière de 50.000 hommes, qui a conservé le caractère d’une milice.On admettra cependant que cet effectif est encore considérable pour un pays dont la population est à peine dç 240.000 âmes.Ajoutons que les remarquables aptitudes militaires des Monténégrins, guerriers de race, en font des soldats de tout point comparables aux Turcs, malgré le peu de temps consacré à leur instruction.Ils viennent même de prouver leur supériorité dès l’ouvertu- Sur le Pont d’Avignon.Un journal de Berlin raconte, avec autant d’esprit que les Allemands en peuvent avoir, le truc d’un Prussien, nommé Glitch, qui s’est fait pendant longtemps des rentes à exploiter le désir de différents gouvernements européens de connaître les plans de mobilisation d’Allemagne.Muni de quelques manuels militaires, d’horaires et de caries d’état-major, Glitch forgeait d’abord de toutes pièces un projet allemand, puis le vendit à la France à un prix élevé.A d’autres gouvernements, il a livré ce qu’il prétendait être un code chiffré allemand.A l’état-major russe et à celui d’Angleterre, il a vendu d’autres faux plans de mobilisation des armées autrichiennes et allemandes, en cas d’invasion de la France.Rien de tout cela ne valaif un sou; mais ce fut un excelienl placement pour lui___jusqu’au jour où, finalement, l’escroc trop imaginatif se fit pincer.G’cst peut-être lui qui fournit au Star et à la Patrie les données des fameux articles sur le péril allemand pgur l’empire britannique et celles des non moins célèbres articles sur l’invasion des frontières françaises par les troupes allemandes?* ik • M.le colonel Hughes, ministre de la milice canadienne, vient d’arriver au Canada, de retour d’un voyage d’études en Grande-Bretagne.Maintenant que ce nouveau Mars est rentré au logis, peut-être les provinces des Balkans se sentiront-elles plus à l’aise pour passer la Turquie à tabac.* # * Un échevin montréalais, M.Bln-menthaJ, disait la semaine dernière à la Presse: “Le Canada est la nouvelle Terre Promise des Hébreux.” Ce doit être aussi l’avis de Jacob Sklover, journalisie et roman cier israélite bien connu des siens.Car une dépêche de Saskatoon à la Pairie disait hier que M.Sklover s’occupe de recruter dix mille Juifs pour les établir bientôt dans la Saskatchewan.* # 9 Un communiqué de la Presse Associée Canadienne aux journaux du pays dit qu’il est peu probable que le gouvernement anglais lève l’embargo sur le bétail canadien.Mais le gouvernement anglais in-terdira-t-il aussi l’entrée, en Grande-Bretagne, des trente millions que l’on voudrait nous faire verser aux coffres de l’Amirauté, pour des navires de guerre destines à la flotte anglaise?La Grande-Bretagne pense d’abord à elle.Suivons donc son* exemple, pensons d’abord, au Canada 1 re de la campagne en s’emparant! d’une position de premier ordre quit commande la route de Scutari.A côté des Monténégrins se rangeront bientôt les Bulgares, dont l’armée compte près de 300,000 hommes parfaitement armés et ins-1 traits.Les officiers français, anglais et allemands qui ont vu ce*' troupes à l’oeuvre sont unanimes k\ en reconnaître la haute valeur.La-! borieux, tenace et militaire, véritable prussien «FOrient, le paysan bulgare fait un soldat discipliné résistant, habille à utiliser le terrain' dans un pays rendu presque inac-1 cessible par les montagnes qui en défendent les frontières.Les officiers bulgares sont instruits, consciencieux, passionnés pour leur métier.Tous sortent de l’école militaire de Sofia, où ils res-lent deux ou trois ans, suivant l’arme.Le matériel d’artillerie est un des meilleurs de l’Europe: il provient des établissements du Creuset,i en France.A ces deux contingents s’ajoute-1 ront l’armée serbe et l’armée grecque, formant en tout une niasse do 500,000 hommes lancée contre la Turquie et qui s’augmentera dans su marche des nombreux chrétiens de la Macédoine, de l’Albanie, du 1 Novfbazar et de ia Thrace qui as-1 pirent à secouer le joug turc.H ne faut pas croire, cependant, , que les armées balkaniques s’avanceront librement vers Constantino- I pie, sans trouver à qui parler, Stamboul ne se livrera pas tout du go: il esquissera un geste de dé-( fense qui pourrait encore surpreu-i dre ses agresseurs, car l’empire ottoman dispose, à l’heure actuelle, d'une puissante organisation militaire et, de l’avis de tous ceux qui l’ont vu ù l’oeuvre, le Turc, par ses qualités nalives, est peut-être lq' meilleur des soldats européens.La Turquie, du reste, compte sun l’appui des grandes puissances, qui se sont engagées à faire tout en leur pouvoir pour entraver l’action des Etats balkaniques.Il serait donc puéril de s’attendre, pour cette fois encore, à la réalisation du souhait exprimé par le mot de do Moltke : “C’es seulement lorsqu’on aura rejeté le Turc au-delà de VHellespont, c'est seulement alors que ht paix et la Iranqirillilé de l'Orient seront assurées pour de longues années.” Le tarif des chemins de fer L'enquête sur les taux de fret do chemin de fer dans l’Ouest est ajournée au 4 novembre.Les compagnies intéressées ont besoin de ce délai pour examiner les chiffres soumis à la commission.L’oppositno des compagnies ne doit pas nous étonner.Elles feront dire aux chiffres tout ce que l’habileté et l’expérience peuvent leur arracher.Le public s’intéresse peu à ces détails que les experts seuls peuvent comprendre, et encore.Le fait brutal, c’est que le revenu des grandes compagnies de trana port dans l’Ouest augmentent constamment.Toutes les semaines on en donne le chiffre et l’augmentation ralentit rarement.Il leur sera doue bien difficile da convaincre le public qu’une réduction raisonnable les ruinerait, comme elles le prétendent.SOMMAIRE PAGE 2 —Lettre de Belgique, Adolphe Vrul .Anche.—Un ministère des Beaux-Arts, P.-G.Oui met.PAGE 3 —La musique ù Montréal.—Liste d'honneur — les catalogues.—Le monde ouvrier.PAGE 4 PAGE LITTERAIRE.—Ton coeur est fatigué, poésie, Charles Guérin.—L’Action du livre, Robert Valle* ry-Radol.—Chanteur et Maître-chanteur.—La crise du français.PAGE 5 —L'Ecole industrielle de Laval dei Rapides.—Un document politique.—Nouveau tarif des compagnies dé camionnage.—A l’Académie française.PAGE 6 LA VIE SPORTIVE: —L'automobilisme: la barre d'ac* couplemcnt, Jullien Chatel.—Wood gagne une autre partiê pour le Red Sox.PAGE 7 —La Fédération Nationale Saint* Jean-Baptiste, —Chez les Franco-américains.DERNIERE PAGE —La Russie mobilise sa flotte —* Nouvelles des Balkans.—Toutes les dernières nouvelle» locales et étrangères, de ta der* nière heure* ., Uldéric TREMBLAY. 9 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI, 12 OCTORRE 1912 VOL.HT.— No.242.LETTRE DE BELGIQUE La semaine sociale flamard : (pour le Devoir) Du 2(5 au 29 août, s'est tenue à j Louvain, siège de notre université! catholique, la cinquième semaine coeiale Flamande.On connaît assez l’oeuvre des se-, maines sociales, pour que nous puis- ; «ions nous dispenser d’en dire ici j les débuts, les premières années et le succès grandissant.Qu'il suffise à ce sujet de dire ce qu’en pensent ou plutôt ce qu’en redoutent les socialistes en Belgique.C’est avec un dépit mal caché que le “Peuple,” organe du Parti ouvrier socialiste belge constatait, il y a deux ans, le succès de la troisième semaine sociale et montrait en exemple aux socialistes ces assises de la démocratie catholique, dont les rapports, disait l’auteur de l’article, sont des armes puissantes aux mains des pro pagandistes.F.t l’an dernier, alors rpie la semaine sociale entière avait été consacrée à la réfutation du collectivisme, du marxisme, du révisionisme et de tout ce qui est oeuvre ou inspiration du socialisme, les socialistes en grand nombre se sont empressés d’acheter ces rapports réunis pour cette seule année 1911 en un volume de près de trois cents pages in-8o.La semaine de 1912 avait à s’occuper de l’éducation sociale de la jeunesse catholique.Six cent soixante-trois participants s’étaient fait inscrire et ce fut avec une légitime fierté (pie le H.Père Rutten, Dominicain, l’organisateur des semaines sociales flamandes et Fame de toute notre action sociale belge, nous communiqua ce chiffre à la première réunion.C’était environ deux rents de plus qu’en 1911, gage d’un avenir > ne ore plus brillant, preuve de l’esprit sérieux qui préside à l’organisation et aux travaux de la semaine.Il y avait là des prêtres en grand nombre, des religieux de tous ordres; Dominicains, Récollets, Franciscains, Jésuites, Rédemptoristes, Augustins, des avocats, des médecins, des ingénieurs, mais surtout des ouvriers venus de ions les coins du pays flamand, Tous se réuis-saient dans un même esprit: se eons tituer le jury de la classe ouvrière, juger sans appel, comme l’élite de la société et l’écho de l’opinion publique belge les griefs des ouvriers et leurs justes revendications.C'est par le “Notre Père” que la séance est ouverte et le R.P.Rul-ten président, après quelques mots de bienvenue aux personnages éminents, donne la parole au Ministre de l’Agriculture et des Travaux Publies.M.Van de Yyvère.Il remplace M.Verhacgen, Pâme du mou-vemenl social à (land, l'infatigable lutteur qui finira par triompher du socialisme en recul dans sa bonne ville flamande.Le ministre nous apporte le salut et les remerciements de scs collègues, surtout du baron de Broqueville, chef du cabinet (ovation prolongée).Il fait ensuite l’éloge de l’oeuvre des Semaines Sociales et fait ressortir le but et la portée de eetle-ei: préparer des lutteurs pour demain.Une avation salue le ministre qui doit partir et elle dure assez longtemps pour saluer le docteur Van de Perre, médecin d’Anvers récemment devenu membre de la Chambre des représentants.11 doit traiter des maladies professionnelles.Cette étude a son intérêt pour nous Belges, qui depuis plusieurs années possédons une loi sur les accidents de travail.Actuellement, on songe à étendre cette loi, et il importe dès lors de délimiter ce qui doit être considéré comme accident de tra vail, et ce qui ne l’est pas.ACCIDENTS DU T R AVAU, ET MALADIES PROFESSIONNELLES C'est par là que le Dr Van de Perre début.Personne no peut dire ce qu’est un accident de travail.Et il ajoute qu’il est tout aussi difficile de déterminer ce qu’est une maladie professionnelle.De plus la distinction entre accident de travail et maladie profcssionel-le n’est pas scientifique.I.’orateur examine ensuite les causes des maladies professionnelles, et c'est le côté pratique de l'étude.Le médecin parie et les ouvriers écoutent, écoutent encore et nous en voyons beaucoup qui prennent note des conseils précieux du spécialiste.Puis c’est l’ami de l’ouvrier qui ouvre son coeur et avec des accents d’indignation soulignés par des ac- ETAIT AUTREFOIS UN .DYSPEPTIUUE INVETERE Maintenant avec plaisir il jouit de ses repar grave être.Voici un cas qui paraissait aussi g nue le vôtre puisse ]K>ssibletnent 1 Ceci est l'expression de Mr.H.J.Brown, J84, Rue Bathurst.Toronto, en ses propres paroles : , ‘'Messieurs—J’éprouve un grand plaisir à vous faire part du bien que m’ont proc uré vos Tablettes Nadim-Co contre la Dyspepsie, et je puis voient 1ers les recommander.J’avaisune dyspepsie bien déterminée, avec tons ses pitoyables symptômes, et j’essayai à peu près toutes les cures annoncées mais sans aucun succès.Vous avez dans les Tablettes Na-Dru-Co contre la Dyspepsie, le meilleur agent curatif que j’ai pu trou ver.J’éprouve maintenant un tel plaisir S jouir de mes repas, qui conséquemment me nourissent, que je désire les proclamer ici pour le bénéfice des autres.Le fait que de nombreuses prescriptions ou de soit-disant cures, ne vous aient as soulagé, ne signifie pas que vous evez continuer à souffrir.Essayez les Tablettes Na-Dru-Co contre la Dyspepsie et tous verrez avec ouelle rapidité ce remède vous soulagera et donnera del’impulsion à votre estomac et à son fonctionnement normal.Si vous n*ête8 pss soulagé, vous sere; remboursé.50c.la boite chez votn pharmacien.National Rn(, Chemical C*.crf Canada, Lmnted.1*1 r 5' d clamations répétées, blâme l’attitude de certains patrons qui font si peu pour la santé de leurs ouvriers.Chaque conférence, ou plutôt comme on dit là, chaque leçon est suivie d’une discussion.On envoie cette fois-ci la discussion à l’après-midi, car le Dr Van de Perre doit aller présider un congrès à Anvers et le Dr Smets rpii lui succédera à 3 h.répondra dans-la discussion de sa propre leçon aux difficultés qu’on pourrait soulever contre celle de son confrère.Le Dr Smets, médecin de village, mais d’une compétence qui se trahit dans chacune de ses phrases, nous expose des souvenirs d’un voyage en Suède.Là, dit-il, j’ai vu le peuple idéal quant aux corps.A nous de faire comme les Suédois: donner une éducation corporelle sérieuse à nos fils et à nos filles.I.e corps est comme un bâtiment qui a sa charpente: les ossements, ses décors dans les muscles, les tissus graisseux et la peau, ses diverses installations d’aérage, de chauffage, d’approvisionnement, etc., dans les poumons, le sang, et les autres organes.A nous de consolider la charpente, et Je médecin analyse divers mets pour y trouver ce qui peut servir à nourrir l’ossature du corps humain lors de sa formation première, pendant l’enfance et les jeunes années.C’est un tissu de conseils d’hygiène que nous recevons là, et c’est à regret qu’on entend le docteur annoncer qu’il doit raccourcir, faute de temps.Le rapport imprimé renseignera d’ailleurs ceux qui voudront revivre celte belie heure où un homme émi-nent se montra à la hauteur de sa tâche et digne de l’attention inin-terrompue qu'on lui accordait.Le soir, le Docteur Mycns, d’Anvers, indique les principaux remèdes prévenlifs contre les maladies professionnelles: pas d’enfants avant 14 ans; pas de filles avant 16 ans à l’usine — faire cesser le travail aux femmes enceintes, 15 jours avant et un mois après l’accouchement obliger les patrons à établir des salles de bain, une pharmacie, etc.Mais, ajoute l’orateur, comme malgré cela, il y aura toujours des maladies professionnelles, il faut une indemnité.Il faut — et ici la salle est unanime dans ses applaudissements — l’assurance obligatoire avec la liberté pour l’ouvrier de choisir l'association qui a ses préférences.Puis c’est la discussion qui s’ouvre, discussion qui le plus souvent est une révélation de nouveaux griefs et de scandaleux désordres, arrachant à l’assemblée des marques d’hostilité envers ceux qui en sont les auteurs et inspirant au Père Rutten des mouvements oratoires splendides.Oui, il aime ses ouvriers et ils le savent, car, comme j’ai pu le constater là, c’est pour eux qu’il vit et qu'il se sacrifie.— Ue lundi-là j’ai vu des ouvriers qui pleuraient en exposant et écoutant les griefs, et, ma foi, à une âme de démocrate les larmes de ces pauvres gens font du mal! Le ministre d’Etat HeMepntlc, désigné pour prendre la parole à 8 heures du soir, était empêché par un deuil de famille.Le mardi malin, M.ITeyman, un des plus actifs travailleurs de l’action sociale belge, nous montre comment it faut faire du patronage comme un portait du syndicat et préparer là une jeunesse ouvrière qui prenne conseienee de la responsabilité qu’entraîne pour les ouvriers l’enlrée dans un syndicat.Il nous parle des efforts des socialis tes belges qui viennent de dépenser des milliers de francs pour l’éroc tion d’écoles où se formera leur jeunesse à l'action sociale, et il in siste sur la nécessité, où nous sommes de réagir promptement.LES CERCLES OUVRIERS Après lui, c’est un prêtre qui parle, un vicaire (pii depuis 8 ans dans un des faubourgs de Bruxelles dirige un cercle d’études sociales.M.l'abbé Van den Heuvcl nous dit ses débuts dans son oeuvre, ses mécomptes dans la fondation et la direction de son cercle et en tire des leçons pour les auditeurs Qu’on prenne des ouvriers, dit-il, formés, décides, intelligents.Puis c’est une foule de détails qui se suivent: par exemple, ayez des tables pour que l’ouvrier qui viendra le soir au cours, après une journée fatigante, ait quelque chose où il puisse mettre les bras et se reposer.Voilà pourquoi encore, il faudra de la variété.L’orateur, lui, divisait ses cours en trois parties.Dans la première il parlait et faisait parler des événements de la semaine, dans la seconde on traitait do la question ouvrière et dans la troisième, de la question religieuse.Cette question des eereles d’études à cause de son importance devait être traitée plus longuement en mie espèce de congrès particulier succédant immédiatement aux travaux de la “Semaine".Ce congrès n’occupa qu’une séance.Plusieurs rapports rédigés d’avance et imprimés y furent discutés et M.l'abbé Van den Heuvcl parla le dernier pour répondre aux difficultés présentées el tirer les conclusions.Après lui, M.Jean De Smedl, professeur de pédagogie d’une compétence universellement reconnue en Belgique, parla des moyens de développer dans Pâme ouvrière le sentiment du beau déposé par Dieu dans le coeur de tout homme.On peut y parvenir en fasant savoir à •Â’puvrier jju'il y a moyen de culti ver la beauté dans son corps, son attitude, sa maison, les locaux de ses réunions, ses rapports avec ses compagnons de chantier.Cette seconde journée aurait dû être clôturée par une conférence du savant professeur G.Kurth, directeur de l'Institut historique belge à Rome.Mais le congrès de la Haye le retenait ainsi qu.e le dévoué et sympathique M.Bernaërt, ministre d’Etat.A la place de M.Kurth, ce fut un de ses plus brillants élèves, le professeur Fierons, de Bruxelles, qui nous exposa l’éducation de la jeunesse ouvrière au moyen-âge.Tour à tour, il traita du contrat d’apprentissage, de la durée de l’apprentissage, de ses privilèges, de la formation professionnelle avec ses moyens, scs garanties et ses succès.Après avoir exposé également la formation religieuse dans la confrérie et l’éducation intellectuelle, l’orateur montra comment ces institutions pourraient être adaptées à nos situations modernes.Le mercredi, était le jour du Père Rutten et du grand orateur flamand, l’âme de la renaissance en Flandre, le député Franz Van Cam-velaert, d’Anvers.Dire l’enthousiasme de la foule, quand le R.P.Rutten commença sa leçon, c’est impossible, comme il est impossible de rendre la grandiose ovation qui l’interrompit pour acclamer Van Camvelaert qui entrait.Le Père Rutten traitant de la moralité comme fondement de l’organisation ouvrière montra comment il fallait y aller avec prudence, justice, tempérance et force.En somme, ee fut un exposé complet de la doetrine de Saint-Thomas d’Aquin sur ces quatre vertus cardinales avec des applications pratiques.Leçon originale, profonde, sérieuse, mais à la fois simple, agréable, adaptée à l’auditoire.Oui, les ouvriers le comprenaient, et lorsque le P.Rutten parlant de la force, nous dit (pie la force humaine n’est rien, qu’il faut la compléter par la force de Dieu et que celle-là s’obtient par la prière, une immense acclamation s’éleva, et ce fut comme une promesse, la promesse que les ouvriers flamands prieraient Dieu pour qu’il fasse triompher leurs droits! Une ovation succéda à celle qui venait de saluer le P.Rutten.Elle s’adressait à M.Van Camvelaert qui montait à la tribune.Lentement, d’une voix résonnante et forte, il exposa son sujet: la valeur économique du caractère.Le caractère, c’est son sujet.Il en a traité étant jeune professeur de psychologie à l’Université de Fribourg, en Suisse; il en a traité aux réunions des étudiants flamands qu’il électrise, il en parlera toujours jusqu’à ee qu’il ait réalisé son idéal: refaire de son peuple un beau peuple, un peuple noble, le peuple qui produisit les Rubens, les Quentin Metsys, les Van Eyck et tant d’autres gloires dans tous les domaines.L’orateur parla pendant environ deux heures, sans arrêt, sans heurt; dans une langue châtiée, mais simple.Quelles belles heures que celles-là! Lui aussi eût des accents émus, et j’ai vu plus d’un ouvrier emporté par cette éloquence jeune et vraie, baisser la tète.Sans doute, ils pleuraient.Mais peut-être qu’aussi, comme moi, ils réfléchissaient et se disaient : A quand le renouveau de l’âge d’or?Qui nous aidera ?Le jeune orateur nous apporta lui-même la réponse, et jamais je n'oublierai le moment où la main sur la poitrine, il s’écria: “Ouvriers, tous vous avez là une mine d’or; à vous de l’exploiter!” Les applaudissements ne cessèrent plus à la fin de ce beau discours.Pour les arrêter, le R.P.Rutten eut l’heureuse idée de faire entonner le chant flamand “Le lion de Flandre”, et ce fut aux accents énergiques de cet air martial, (pie Van Camvelaert fut reconduit, La Semaine n’était pas finie.Le soir, M.l’abbé Floris Prims parla de la formation des consciences ouvrières, du moyen à prendre par l’ouvrier pour se connaitre soi-même, et pour se juger soi-même.A cette leçon était présent l’un des tenants du marxisme en Belgique, Henri De Man, celui-là même qui naguère fut l'occasion d’un violent débat aux chambres belges où le citoyen Vandervelde se fit censurer.La journée se clôtura, cette fois, par une représentation de cinématographe dont le numéro le plus in téressant était l’exposé de la vie des ouvriers flamands émigrant, chaque année, pour la récolte des moissons en France.Le jeudi était le jour de clôture Après un discours de M.Jean De Smedt qui nous dit très bien comment il fallait enseigner aux jeunes ouvriers tout ce que les orateurs avaient préconisé, on tint le congrès des cercles d’études.R EFI.EX I ON S GENER ALES fin de ee congrès, Son le cardinal archevêque Vers la Eminence de Malines, Mgr Mercier vint dire au R.P.Rutten et à toute rassemblée sa vive gratitude et prodiguer ses encouragements.Son Eminence devait parler plus longuement le soir, à la session de clôture et aussi au banquet où, pur une délicate attention du R.P.Rutten, seuls des ouvriers étaient avec le cardinal à la table d’honneur.Je n’ai pu entendre le discours de clôture, mais je suis parti, emportant dans mon âme une impression salutaire, et la ferme résolution de me dévouer corps et âme à l'action sociale.Ceci est un pâle résumé de ee qui a été dit là et de ee qui y a été fait, Ai-je dit un mot de la réu-ukm antialcoolique, tenue entre deux leçons, de celle du tiers-ordre, de celle où l’on a parié des bourses du travail?Je n'ai pas parle des dizaines de communications qui nous furent faites par des prêtres, des ingénieurs, des avocats.Et puis, ce'que j’ai insinué de l’enthousiasme, qu’est-ce donc quand je me rappelle ces vibrantes acclamations et ces chants où s’affirme la volonté de triompher: Hourrah! Hourrah! Nos pères voulaient le droit Nos pères l'ont conquis.Vraiment on quitte ces journées, le corps appesanti par la fatigue d’une attention soutenue, d’une excitation ininterrompue, mais aussi l’âme réconfortée, car elle sent son idéal partagé par des centaines d’autres; elle chante et rechante les Hourrah entendus dans la salle, et on se dit: ce fut beau, ce fut beau, à l’année prochaine.ADOLPHE VAN ANCHE.Un ministère des Beaux-Arts Le plébiscite entrepris par le “Devoir” sur le mouvement artistique au Canada a remporté un joli succès, pour ne pas dire plus.Il n’est pas complètement terminé puisque d’autres intéressés m’ont promis leur opinion.Avant de répondre ou mieux d’insister sur quelques-unes des suggestions de mes aimables correspondants qu’ils me permettent de leur adresser ici même mon plus cordial merci.Je suis reconnaissant à tous ceux qui m’ont écrit ces lettres pleines de renseignements précieux qui me dirigeront, comme ils dirigeront mes camarades, critiques d’art, clans les autres journaux.Je sais que la plupart d’entre eux ont pris connaissance de cette correspondance ouverte.Ils m’en ont parlé avec éloges et ont dit beaucoup de bonnes choses sur l’initiative prise nar notre journal.Je leur tends volontiers la main.Ils appartiennent à des feuilles dont les idées politiques ne sont pas les nôtres.Mais, grâce à Dieu, les arts sont au-dessus de la politique, et si quelques-uns de mes confrères arborent des couleurs différentes, ils les oublient quand il s’agit d’une question artistique.Oh! je sais, on ne s’accorde pas toujours sur les vrais mérites des artistes; on devrait toujours en arriver à une entente lorsqu’il s’agit de l'art tout simplement.Donnons-nous la main pour combler les lacunes qui nous ont été signalées, pour abattre les obstacles, pour apporter notre part du baume qui cicatrisera les plaies.Elles sont; nombreuses, les plaies, plus nombreuses encore, les lacunes.Quant aux obstacles,certains sont for midnbles.Lors même qu’il ne s’agirait que de lutter contre l’apathie du public entraînant trop souvent la mélancolie et le découragement chez l’artiste, nous aurions fort à faire.Nous aurons plus encore.Il faudra peut-être nous attaquer à nos gouvernants, personnages saturés de la prose des affaires publiques, qui ne songent pas assez à joindre l’agréable à l’utile, le sens esthétique aux entreprises dont ils sont les parrains’ Nous nous attaquerons au trésor des gouvernements qui n’ont pas apporté tout ce qu’ils auraient pu au développement de l’art chez nous.Car, enfin, qu’avons-nous ici au Canada ?Pas une seule institution où l’art soit enseigné sur un grand pied.On parle de cela à nos gouvernants : Bah! répondent-ils, à quoi ça sert.C’est de l’argent jeté par les fenêtres.Eh bien ! je leur dis : essayez! Construisez.à Montréal, par exemple, un véritable temple des arts ou les peintres et les sculpteurs trouveront des salles où faire leurs expositions.Dans le même édifice, placez une vaste salle de concerts afin de permettre aux artistes canadiens de se faire entendre ou encore aux artistes étrangers de venir nous instruire en nous montrant la mesure de leur talent.Mais, au gouvernement fédéral, a-t-on quelqu’un qui s’occupe des arts et des artistes?Non.Et dans les gouvernements provinciaux ?Personne, non plus.Pardon ! .T’oubliais M.Déearie, notre secrétaire provincial, animé des meilleures intentions.mais seul.Tl faut donc quelqu’un qui ait juridiction sur font le Dominion.Nous demandons donc à M.le premier ministre du Canada In rréation d’un ministère des Beaux Arts.Tl arrive de France, où il fut à même de constater ee que re ministère avait accompli là-bas.Qu’il veuille bien étendre sa politique de protection sur l’esthétisme dans notre pays.Tl en faut, si nous voulons le voir grandir en beauté.Ce n'est pas tout de construire des voies de chemin de fer.Il faut tendre aussi à relever le niveau intellectuel des gens.Or.dans cette (-lasse intellectuelle.on compte les artistes.Pleins de bonne volonté, fervents du travail ils ne demandent qu'à être encouragés et protégés.Puisse M.Borden prendre en considération cette modeste requête ! Puisse-t-il ajouter à son ministère un homme qui comprendra les besoins des artistes! 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— ^Psychologie du Chanteur.— Ce qu’on peut, et ce qu’il faut chanter.PROGRAMME Mon habit.P.-D.Béranger Bonhomme.Gustave Nadaud Gai Rossignol sauvage! (Vieux Noël) X Le Bon Gîte.Pau! Déroulède Une Fable de.Florian Une Fable de La.Fontaine, interprétée par un Anglais (inédite) .X Dix minutes d’entr’acte 3000 franc» de rente .Gustave Xadaud Le Couteau.Th.Botrel Le Givre.Pierre Dupont L’Orage (Il pleut Bergère) .X Une Fable de.La Fontaine Noël d’Holmes (Parodie) Paul Marinier Le Piano d’accompagnement est tend par Mademoiselle R.Saint-Arnaud.Le piano est gracieusement fourni par la maison Edmond Archambault.Nous le répétons, il faut que la.salle du Monument National soit archi-tom-ble ce soir.On nous dit qno les billets s’enlèvent rapidement.Avis aux retardataires! EMILIANO RENAUD Tl nous fait plaisir de recommander à tous les amateurs de grande musique le concert que M.Emiliano Renaud donnera à la salle Windsor le mercredi soir, 16 octobre courant.Renaud — tous ceux qui le connaissent le savent, tous ceux qui l’ont en tendu le proclament, — est un des plus forts pianistes qu’on puisse apptaudir.C’est l’artiste au tempérament intense.au goût très affiné, au jeu d’u ne admirable limpidité.Renaud a conquis de» lauriers en Europe et aux Etats-Unis.A ses compatriotes de lui montrer combien ils savent apprécier son merveilleux talent.MME LAPALME Mme Béatrice LaPahne devait donner un récital lundi soir.Pour une raison que nous n ’avons pas à juger, M-Albert Clerk-Jeannotte, directeur de l’Opéra de Montréal dont Mme LaPal-me fait partie, a refusé péremptoire- ment à c.elle-ei le droit de chanter en public avant l’ouverture de la saison.Plusieurs seront désappointés de cette décision; mais les contrats sont les contrats, dura lex, sed lex.M.Jeannotte, eu vertu de l’engage ment de ses artistes, a des droits sur eux.Il en use, voilà tout.Il a engagé Mme La Palme sachant qu'il faisait une bonne acquisition.Il désire qu’elle reste au repos d’ici au 4 novembre.Encore une fois, e’est son affaire.Cela démontre que M.Jeannotte, lorsqu’il a fait mainmise sur un trésor artistique, entend le garder et en user à son gré.Tout ceci est un éloge indirect à l’é gard de Mme LaPalme et loin dd diminuer son prestige il l’augmente, Quelques amis lui avaient suggéré, croit-on, de donner un concert, le public la réclamait.Comme on dit vulgairement, “on se me l’arrachait”.M.Jeannotte fut le plus fort.Le résultat sera de rendre plus vif le désir d’entendre, souvent Mme Ieau b i ou et blanc de la monarchie.Le i i Rhodes Scholarship” et M.Maurice Dupé On nous apprend que la "bourse universitaire Rhodes, autrement dit le "Rhodes Scholarship”, était destinée cette année à notre ami M.Maurice Pupré, avocat, vui vient justement d’arriver d’Oxford.Angleterre, après une absence d’un aa.On sait que ce privilège iqsigne.auquel se rattache une pension abnum-taire annuelle de 81500, comporte un séjour de trois ans à Oxford et une fréquentation régulière et suivie des cours qui se donnent, à cette université.M.Dupré qui vient, précisément de suivre cas cours pendant, un an et qui a hate do se livrer à la pratique de sa profession ne pourra se prévaloir, cependant.de cet avantage exceptionnel.On avait dit les royalistes portugais découragés et prêts à renoncer à la lutte pour la restauration de la Monar chie.M.Homom Christo Filho communique aux journaux un manifeste de riom Manuel qui montre que le roi de.Portugal n'abdique aucun de ses droits et que ses sujets fidèles gardent toutes leurs espérances.Le voici: Ayant appris qu’on répandait parmi vous le bruit qu’après les événements de juillet, je m’étais désintéressé de la cause dont je suis le représentant, abandonnant ceux qui, avec tant do dévouement, de sacrifice et de bravoure, l’ont servie et défendue, et renonçant à une oeuvre politique du triomphe de laquel-'e dépend le propre salut de la patrie.— j'entends ne pas devoir laisser sans le •lémenti le plus formel et le plus eaté-vorique ces faux bruit* qui sont pro-l’ondément offensants pour mon carac-ère comme homme, pour mom patrio-‘isme* comme Portugais, et pour mon concur connue Roi.-le repousse, de la façon la plus caté-:orique et.la plus solennelle, toutes ces iffirmations injustes et absolument déniés de fondement, d'où qu'elles découlent.Je suis et je serai toujours au poste que le devoir m'impose !à la tête demon Peuple, pour servir ses aspirations de liberté de justice, d’ordre, do toléran ce, de paix sociale que la Monarchie lui a.toujours assurées, par des lois et par le respect de ces lois; à la tête de tous ceux, des plus illustres aux plus humbles, qui fidèles au régime légal et au souverain qui le représente ont tout sa crifié à ce noble sentiment de loyauté: leurs situations, leurs fortunes, leur liberté et même leur vie; les uns souffrant les amertumes de l’exil, d’autres les misères et les horreurs des geôles ou les vexations infamantes du régime pé-nitenciaire, d’autres tombant héroïquement, sur le champ d’honneur, à l’ombre du drapeau qu’ils n’ont pas su trahir.Je me sens de plus en plus identifié, dans une intime communion d’idées et de sentiments, avec, mon pays, avec leprin cipe politique dont j’ai l’houneur d’être le représentant, avec tous ceux qui, par tous les moyens, l'ont noblement servi.La cause monarchiste n’est pas morte à Chaves, à Valence, ni à Labeceiras de Basto.Ces faits ne furent pas une liquidation politique, mais seulement l'insuccès d’une attaque audacieuse et acharnée, ou un effort héroïque s’est perdu, mais d’où l’honneur est, sorti intact.Des circonstances imprévues, des contrariétés irréparables ont rendu impossible la réalisation du plan du bravo et noble capitaine Paava Conceiro et d© ses vaillants officiers et soldats, aussi bien que l’action des masses populaires qui ont répondu au cri de révolte.Mais l’extension de oe mouvement, qui a secoué presque tout le pays et qui ne fut dominé que grâce à la surveillance extraordinaire et aux manœuvres des éléments terroristes qui sont la véritable et Tunique force de la République ; la bravoure impétueuse de certains, la tenace résistance d’autres, T abnégation et l’esprit de sacrifice de tous, les milliers d’arrestations (Iffectuécs du nord au sud du Portugal — tout cela prouve, éloquemment son importance, sa force, son étendue, s-a signification politique et morale.Non.la mort est impossible d’une cause qui soulève de pareils enthousiasmes.qui provoque cette indomptable résistance, ces dévouements, ces martyrs, ces holooautes sacrés, cette fermeté d’âme, ce courage inébranlable, toutes ces nobles vertus devant lesquelles je m’incline avec respect et I qui remplissent mon cœur ril’une émue et profonde reconnaissance et.en même temps, d'un fort, sentinnnt d’or-j gueil de me sentir roi d’un tel peuple.D’ut» autre côté, l’expérience de ces deux années d'anarchie révolutiannai-i re, où le désordre, contre lequel les gouvernements républicains sont impuissants, paraît être la loi de notre vie publique i; où toutes les libertés et toutes les garanties furent supprimées; où les croyances religieuses du pays, ses vieilles croyances, si intimement liées aux splendeurs de sa vie historique, sont devenues l’objet d’une persécution odieusement sectaire et liberti-cice ; où, selon le témoignage des propres républicains, une Constituante fut.élue sans T intervention des électeurs ; où toutes les corporations locales sont entre les mains des délégués du gou- vernement (comme il TaVoue publiquement), pour éviter un triomphe électoral des monarchistes, certain et inévitable si la liberté du vote n’était pas actuellement, (n Portugal, une du perie — les résultats des urnes riant le produit de la fraude ou de l’intervention de la force armée.Cette cruelle et douloureuse expérience de deux ans d'anarchie révolutionnaire a servi uniquement pour identifier plus complètement encore le pays avec le principe monarchiste alsili le .5 octobre 11H0, non pas par un acte de la volonté souveraine d- la Nation, mais par une spoliation viohnte, par hasard victorieuse, qui fut l'œuvre exclusive d'une petite fraction, autant de la garnison militaire que de la population civile de Lisbonne.Le mouvement royaliste portugais n'est donc pas la revanche d’un parti politiquement vaincu, ni une lutte stimulée seulement par la satisfaction d'un simple caprice dynastique ; c'est réellement et effectivement l’expression de la volonté nationale, qui voit,dans la restauration de la Monarchie, le dernier moyen de salut de la Patrie.C’est avec celte pensée, qui est celle de tout le Peuple Portugais - à l’exception de la minorité qui domine despotiquement par la violence et l'horreur ; — avec cette pensée qui est la première qui s’impose à mon esprit, dans ep moment solennel, que je m’adresse à vous tous, exilés comme moi.et à ceux qui, en PorOugal, après tat»l de soulfranees, conservent encore ardente la foi dans notre cause, pour vous affirmer que le drapeau de la Monarchie, In drapeau de la liberté, de la justice de Tordre, continue à flotter entre mes mains, afin que.sous ses plis, s’unissent et se poncent rent toutes les énergies, tous les dévouements, toutes les bonnes volontés, qui veulent.travailler dans l’œuvre patriotique qui représente et symiljolis'e le drapeau bleu et blanc.15 septembre 1012.DOM MANUEL, Rex.Nouveaux tarifs des compagnies de camionnage Les compagnies de camionnage, pr n eipalement dans les grarafes villes, durant oes dernières années, ont eu à faire face à une augmentation constante du coût des exploitations.Les salaires ont augmenté, les prix des chevaux, des voitures ont suivi Tas-cension constante des cours, si bien qu’aîin de pouvoir maintenir un service adéquat au besoin du développement du cbmmoreo.et elles ont jugé qu'une compensation additionnelle était nécessaire.Les conditions les ont conduites à faire aux compagnies de chemins de fer une demande d'augmentation des taris, ce qui explique l’augmentation des tarifs de nos compagnies.Les compagnies de chemins de fer x'ont publier un nouveau tarif qui sera en force à partir du mois de novembre 1!M2 changeant les prix comme suit: A Montréal, Toronto et Hamilton .3 ets par 100 livres.Aux autres endroits où il y a des compagnies de camionnage .2c 1-2 par 100 lbs Dans les petites localités .2 vis par 100 Ibs.Les compagnies do camionnage maintenues par les compagnies de chemins de 1er remontent, très loin dans l’histoire.Bien que les consignataires nient toujours le droit de venir chercher dans leur propres voitures les marchandises qu’ils reçoivent par chemin de fer, la chose s’est peu faite depuis que les compagnies de chemins de for ont entrepris de faire elle-même la livraison à domicile et les compagnies de camionnage continueront dans Ta-venir à rendre les services qu’elles ont rendus par le passé.r.La plus vieille chose vivante I.a plus vieille chose vivante du monde en est aussi une des plus charmantes : c’est un énorme rosier.U se trouve dans le cimetière de la petite ville d’Hildosheim, dans le Ha novre.Il a 1.100 ans et aurait été planté vers l’an 800 uar Charlemagne.Au Xle siècle, l’église contre laquelle il était placé, fut détruite par un incendie et la tige principale de la plante mourut.Mais de nouvelles pousses jaillirent bientôt des racines.Elles couvrent maintenant, un mur, haut de douze, mètres et long de quinze.et chaïquo année, cette plante donne à profusion de merveilleuses roses, qui embaument le cimetière d’Hildesheim.Le tarif sur les instruments aratoires Ottawa, 11.— La publication dans le Grain Growers Guide de Winnipeg, il y a dieux mois, d’une lettre des chefs de vente de la compagnie J.T.Case Threshing Machine, de Racine, Wis., a causé toute une sensation dans l’ouest, canadien.Cotte lettre disait que le gouvernement avait établi un règlement qui augmentait le prix de certaines parties des machines agricoles.Les journaux libéraux prétendirent, que le gouvernement augmentait le tarif.Le département des douanes donna des explications.Le 7 octobre dernier, M.F.Lee Norf ton, trésorier de la compagnie, a désavoué les signataires de la lettre et déclarer inexacts leurs dires.Il affirme que le gouvernement n’a aucunement modifié le tarif et explique pourquoi ils dérivent payer plus à, la douane.LE FRANÇAIS EN CHINE Paris, 10.— Une dé pèche de Pékin dit qne le ministre des Affaires Etranpcres de.Chine n décide que désormais le français serait la langue diplomatique officiellement usitée par les Célestes.Dorénavant, toutes les pièces seront rédigées dans les deux langurs, française et chinoise.A L’ACADEMIE FRANÇAISE Paris.11.— M.Dengs Cochin vient d'etre élu chancelier de VAcadémie pour le dernier trimestre de 1012.F,a compagnie a nommé directeur M.Frédéric Masson qui.en cette qualité, présidera la séance publique annuelle des cinq Académies le 25 orfo-brr et prononcera sous lu Coupole le discours d'usage.TAAcadémie entendra, le 24 i octobre, la présentation des titres du général Lgautey.can-I didat unique au fauteuil | d'Henry Houssage, cl de MM.Emile Routroux et Hugues Le.Roux, candidats an fauteuil du général Langlois.C’est M.le marquis de ,SY gur qui recevra sous la Coupole le successeur d’Henry Houssage.On pense que celle réception aura lieu vers la fin du premier trimestre de 1013.Quant à la double élection, cite est fixée, on le sait, an jeudi 31 octobre.Pour la Fête Le dernier numéro du “Passe-Temps” ( 4.58) cont ient sept morceaux do musique dont voici les titres : lo.Pour ta Fête, mélodie inédite in terprétée par C.Duguay ; 2o.Prière, célèbre cantique de Ohs.Gounod ; llo.Plus d’amour, plus de roses, romance ; 4o.Combien j’ai douce souvenance, air populaire auvergnat ; 5o.Quand Toiseau chante, chanson interprétée par Hector Pci Win ; (io.“Lou” Waltz, (aise inédite et entraînante pour le piano : 7o.René-Valse, morceau facile et brillant, pour piano.Tr Pardessus, monologue inédit.Aussi plusieurs portraits d’artistes, nombre d’articles instructifs et amusants et la troisième leçon de notre cours de Solfège qui sera complet en dix-huit.leçons.Un numéro 5 rts, par la malle fi ets.Abonnement, un an, Canada.81.50 ; Etats-Lais, 82.00.Adresse : Le “Passe-Temps”, Ifi Craig-Est, Montréal.Demandez notre catalogue de primes, r.BIBLIOGRAPHIES “L ACTION POPULAIRE” DU 20 SEPT.1912.REVUE TRIMENSU ELLE.L’Action Populaire : La Chanté et lea Ol.livres sociales.J.Delachenal : Les petits Domaine» agricoles.111.M.Delos : La Vie à la Campagne, K.Flornoy : La Femme du Monde 11.Hachel : Petites Injustices.Pages à relire : Propriété et Travail.Notes sociales : La Mutualité en Fihn-ve., Bibliographie.Reims, "Action Populaire ”, 5, ru» des Trois-Haisincts (abonnement : 7 fr.50 Tan ).“ Revue Catholique des Institutions et du Droit — Sommaire de septembre.- J.XXXVle Congrép des Jurisconsultes Catholiques.Les collectivités administratives en face de TEtat, Montpellier les 28, 29 et 110 octobru 1912.— Renseignements et programme, p.193.11.1 jeu Directions sociales do l’Eglise, Lettre de >S.E.le Cardinal' Merry del Val, p.19, R.Cardinal Morf ry del Val.— III.Le Prêt à Intérêt, p.202.Mustave Théry.IV.lat Rôle social de la Charité, p.226, A.Bavière.— V.I.a Monarchie française (suite et fin), p.245.Tn Religieux exilé.— VI.Le Play et sa méthode i siÀte et fin), p.262, Emmanuel Larombe.— VH.I ne Consultation ministérielle, p.270, Henry Momeeourt, avocat à Wv Cour de Lyon.V11T.Chronique judiciaire des intérêts catholiques ( Associations, Congrégations.Cultes, etc.), p.273, Régis Peillon, avocat à la Cour de Lyon.IX.Les événements du mois.p.276.Henry Moinecourt, avo-eat à la Cour de Lyon.— .\.Erratum, p.286, Louis Durand.— XL Bibliographie, p.288.Secrétariat et administration : 2, avenue de TArehevêehé, Lyon.?HENRI BERNECHE, en religion Frère Norbert de Marie.Un vol.in-8, broché, 900 pages, illustré.Prix : 60 cents.- Procure des Frères îles Ecoles Chrétiennes, 41, rue Côté, Montréal.Ce livre raconte la vie et la mort d'un jeune homme, ou plutôt d’un adolescent, mort dans sa dix-huitième année, et qié n laissé chez ses trères en religion un inoubliable souvenir.Mgr l’archevêque de Montréal a écrit à l’auteur do ce livre la lettre suivan-' te : Archevêché de Montréal.le 11 juillet 1912.Mon (’lier Frère, La Vie du cher Frère Norbert de Marie, que vous avez, bien voulu me faim remettre, est fort édifiante.Il est nç-xt pourtant si jeune, et déjà vraiment riche de biens devant Dieu.Dans le beau récit de sa vie et de sa mort, rien, n'appnralt, il me semble, d’extraordinaire : mais combien je suis heureux que votre communauté si méritante et votre Mont de la Salle aient possédé au moins quelque temps un pareil ami de Noire-Soigneur et de sa sainte Mère.Votre saint fondateur a dû le suri-vro du haut dû Ciel avec, une particulière prédilection dès qu’il a été vôtre, et j’imagine volontiers qu'il Ty aura reçu en grande joie.t ous avez, été bien inspiré, je le crois, de publier cette vie du jeune Henri Bcrnèehe, en religion fière Norbert de Marie.Elle sera précieuse aux mains des jeunes novices que la Providence continuera de vous envoyer.L’œuvre de l’éducation et de l’instruction de la jeunesse, dont vous êtes du si habiles et de si dévoués ouvriers, n rendu à la Sainte Eglise, en particulier dans mon diocèse, trop do services signalés, pour que je ne me réjouissn pas, comme d'un bonheur qui m'est propre, de toutes vos joies, Je garderai lo souvenir de votre pur et saint novice avec eeltrii des eliers et lions FrèVes qui ont été les maîtres aimés de ma première jeunesse.Agréez, mon cher Frère, l’expression de mon inaltérable attachement en Notre-Seignnir.PAUL, arch, de Montréal.La fortune de la Suisse Rome, 12.— Le professeur Suisse, Steiger,publie un tableau de la fortune publique en Suisse.D’après les évaluations contenues dans ce tableau, la fortune publique de la Suisse s’élève environ à 14 milliards 528 Bullions da frunes.Lo canton la plus riche est ce-lui de Berne dont la fortun» publique s’élève à 2.444 millions do francs, puis vient le canton de Vaud, avec 1,742 millions do francs, le canton de Zurich, avec 1617, celui de Genève ave* 1466 ;ti celui do Bâleville avec 1.047 mHSioni.Los cantons les plus pauvre»! iont ceux de Zug avec 87 millions et, celui d’Uci, avec 51 millions de franc*.POUR S10.00 SE,50 ET 5 ar VOUS DEVENEZ KIMITliïP Rien autre à payer ! Profitez-en Pendant quelques jours encore et afin de nous faire connaitre, nous sacrifierons 300 LOTS de 25 x SO Pieds, Situés au PLATEAU BOUCHERVILLE » L’Endroit par Excellence des Résidences d’Eté A TTUATTIRAI fl?Afin qu’il n’y ait de doutes pour personne, nous organi-A I 1 HIl 1 lv/IN • • • Sons une Grande EXCURSION pour visiter nos terrains VENEZ nous voir, Ecrivez ou Téléphonez Lasalle 1348.AGENCE Dimanche 13 Octobre à 1 h.p.m.i .* Venez à nos Bureaux vous faire inscrire d’avance.Toutes Dépenses Payées PARIWNNF 1403 RUE NOTRE-DAME EST, A niUUlJUllllJLl (En face de la Traverse de Loncmeuil) - LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI, 12 OCTOBRE 1912 VOL.III.— No.2424 LA VIE SPORTIVE AUTOMOBILISME LA BARRE D’ACCOUPLEMENT Wood gagne une autre partie pour les Red Sox Le sujet de notre causerie du Samedi, que nos lecteurs semblent suivre avec intérêt, nous esl fourni par la discussion de deux vendeurs, hier entendue, sur les mérites de lu barre d'accouplement et la meilleure posi- 1 lion à donner à celle-ci.Nous rappellerons que la barre d’accouplement j est la barre qui maintient les roues avant de nos automobiles dans des1 directions parallèles, ce qui ne veut j pas dire dans des plans parallèles: notons même bien la différence.Or nos vendeurs, tout en fumant la cigarette de l'amitié, soutenaient chacun les mérites de sa propre machine.'‘Ma barre d'accouplement est meilleure, disait Pierre, ear elle est: placée à Pavant de l’essieu''.“La chose n’a aucune importance, répou-! dit Paul, dont, la machine avait laj barre d'accouplement on arrière de l'essieu.Des maisons célèbres pour leur construction extra soignée placent cette barre à l'arrière”.“Pardon, reprenait Pierre.Ma barre 1 racaille en tension, la vôtre en compression (1) Donc la mienne est mieux placée.Elle est plus solide, ou du1 moins pins résistante”.“Voyons, ex-! pliquez-moi cela”.Et notre vendeur Pierre de corn- j meneer une démonstration que nos' lecteurs pourront suivre à l'aide de croquis :— i CXaJÛAvX".3?i jWvtî “Quand je veux aller à droite, je tourne mon volant à droite: mon levier de renvoi recevant la rotule, DMA sur le croquis, sc déplace vers la droite.Donc, le point A se déplace vers la droite, mais comme il est relié au point B par la barre d'accouplement AB.le point B vient à droite aussi et les deux roues avant commandées par les points A et B viennent aussi vers la droite.Or remar-.quez que, dans ce mouvement, le point R, extrémité de la barre AB, a été tiré par le point A.Ce n'est pas le point A qui a été poussé par le point B.Done mon métal a travaillé en tension et non pas en compression, ce qu'il fallait démontrer, C.Q.P' D.Monsieur.” La.fumée bleue de la cigarette monta vers l’azur, semblant jouir, elle aussi de la victoire.Paul se mit à réfléchir.“Tiens, dit-II.votre raisonnement semble juste.Mais voyons avec ma machine, dont la barre est à l’arrière de l’essieu-avant : U X “Supposons que moi, je veuille tourner à gauche: je tourne mon volant à gauche, le point A de la barre' d'aeeonpleanent vient à droite, la bar-1 re d'accouplement toute entière, dont! A est l’extrémité, vient à droite.Del point B vient donc à droite, lire parla barre entière et par le point A.Ko-1 marquez aussi que B n'a nullement Poussé le point A.Donc, dans nia machine comme dans la vôtre, ma, barre d'accouplement a travaillé en] tension et nullement en compression.! Hourra.” T*» vainqueur de tout à l'iieuro1 était tout songeur maintenant : évidemment la barre de la machine rivale travaillait en tension aussi.Le (1) Pour les mots tension cl compression, voir le “Devoir’’, chronique-automobile du 14 septembre.raisonnement de Paul semblait inat-; taquable.Maudit constructeur ! Qu'avait-il été lui apprendre et si mal lui expliquer! Il lui avait fait dire des sottises ou plutôt revendi- j quer pour sa machine des avantages] qui n'en étaient pas.puisque la machine rivale, montée d'après des données contraires, les possédait aussi.Les cigarettes hrfilaient toujours,' mais leur fumée montait sans ar-' rieur: ni Pierre ni Paul n’étaient à l’iiisc.L'un cl l'autre sentaient qu’ils avaient commencé une discussion] dont ils ne pourraient sortir.Survint un troisième vendeur d’une, autre firm, Jacques.“Qui a raison?Mais je ne ,'ais au juste.Recommençons le raisonnement : "La machine de Pierre a la barre (I'aecoiiplement en avant de l'essieu.Supposons que nous voulions aller à gatiehe, je tourne le volant à gauche.Le point A va à gauehe, le point P>, relié à lui par une barre rigide, suit le mouvement.Mais que fait le point A?Il pousse le point B.11 travaille dune en compression, ("est de toute évidence”.Jacques partit.Il résultait donc de tout, cela que les raisonnements de Pierre et de Paul étaient partiellement justes: si la, machine tournait a gauche, la barre travaillait en compression, si a droite, en tension.Cela pour la machine de Pierre.L’inverse se produisait pour la machine de Paul' Mais aucune machine n’avait l'avantage.Que racontaient donc les constructeurs dans leur catalogues?Tas de mauvais plaisants.Cependant, cher lecteur, notre devoir de chroniqueur nous oblige, à vous montrer où était la faute du raisonnement de nos trois vendeurs: le volant de direction d’une automobile ne DOIT servir que quand l'automobile est en marche.Seuls les chauffards s’en servent la machine étant arrêtée: et les chauffards sont les pires ennemis du chaufeur, ce sont eux qui ont donné une mauvaise réputation aux chauffeurs.Or quand une automobile est, en marche, les roues avant ont une tendance constante à s’écarter l'une de l’autre par l’avant, à s'écarter en éventail.Reportons-nous donc aux croquis ci-dessus et reprenons nos raisonnements en tenant compte du nouveau fait mécanique que nos trois vendeurs ignoraient: nous voyons que Pierre tout en ne pouvant expliquer le pourquoi de la chose, avait raison: du moment que les roues ont une tendance constante à s’écarter en éventail, la barre d'accouplement placée en avant do l'essieu travaille toujours en tension, sauf en marche arrière et celle placée à l’arrière do l’essieu travaille toujours en compression, sauf en marche arrière également.Les théoriciens de la barre 'en avant sont donc dans le vrai : comment se fait-il alors que des maisons de tout premier ordre, des maisons que l’on considère a jus.e titre comme les champions de l'industrie automobile eimméenlies, Rocher-Schneider.Mercedes, placent cette barre en arrière?('uniment se fait-il qu'un ehnmnion déclaré de la barre en avant, Pnn-hnrd, place cette barre à l'arrière dans certain de ses modèles 1012 ?rest simplement parce que pratioue-ment la question a bien moins d'importance qu'on ne le dit, .Mais notre avis cependant est que les barres d’accouplement placées en arrière de l’essieu gagneraient à être absolument droites : elle le sont généralement d'ailleurs.Julien CHATEL.LF.LA.NCHl R DES BOSTON NK IXJVNA PAS I N SELL BUT St H BALLES ET RETIRA HUIT HOMMES AL BATON.- IL REÇUT I N EXCELLENT SUPPORT DE SES CO-EQ LI PI K RS.- TESKEAl JOUE AUSSI UNE EXCELLENTE PARTIE.Constant le marin et Cazeaux sont au programme LE CHAMPION BEI.C F KFNCOV TRERA SANTELLI Al (JKN'RK IJ BR F KT RAYMOND ALU.\ \ FM-RR FACE A I.’l EI.ANDAIS CALVIN.Le fougueux Raymond Cazeaux commence à s’ennuyer ; pensez cl ru-, voilà plus de dix jours qu'il ne bille pas ! Il lui p fallu sc dépenser beaucoup à son arrivée au cours te Catherine Est.Ligne de la Cité DEMAIN AL SHAMROCK DECX C LC PS w'ï II nu T n ri i 160 rue.Si’-Jacques, .MONTREAL.Gy-pftoNE- BEUL.main • J.C.GAGNÉ;'- Gérant-Général ¦ .7.* 1 2 37 L’ARMEE ALLEMANDE Berlin.12.— La Post, apprend que depuis le 1er octobre, date de la création des nouvelles formations de troupes, Varmcc allemande comprend un total de 655,914 officiers, sous-officiers et soldats, y compris les troupes bavaroises.L’effectif se répartit de la façon suivante: 27,037 officiers, dont 413 généraux et 695 colonels; 2,367 officiers du corps de santé; 810 offices vétérinaires; 1,154 officiers payeurs; 2 inspecteurs des musiques militaires; 1,193 armuriers, selliers, etc.; 92,-347 sous-officiers;.531,044 soldats.Le nombre des chevaux s’élève à 126,480.Les simples soldats se répartissent, d’après les contingents nationaux, de ta façon suivante: 412,346 Prussiens: 39,834 Saxons; 20,234 IV’ur-tembergeois et 58,580 Bavarois.La joie est au foyer quand BEBE EST PLEIN DE SANTE LA PEPTONINE produit toujours ce résultat, car elle renforcit, lui donne un sommeil paisible et du sang riche.C’eet la nourriture par excellence.
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