Le devoir, 31 octobre 1912, jeudi 31 octobre 1912
VOLUME Hl-No.258 MONTREAL, JEUDI 31 OCTOBRE, 1912 UN bOl) LE NUMERO ABONNEMENTS: TT Rédadlion et Administration: Edition-Sienne: fl fl.» |Bl.1flIflflflH fl '-^SAINT-JACQUES^ CANADA ET ETATS-UNIS .$3.00 HB H flfl jjfi (P| BB Bl |ü jBr MONTREAL.UNION POSTALE.$0.00 |H l^^fl BR Edition Hebdomadaire : ^9 « a H 115 a mkE K|B TELEPHONES : eÎa^is : : v; ;;; ; ; : J3 J ¦ J M M mm M m Jli HJ administration: m«» 746t union postale .«.$2.oo gffjliaB&l hHhhB Ifffiimrtm REDACTION : Main 7460 Diredleur : HENRI BOURASSA FA/S C£ Ql/£ /)0/S / /v LE STAR vs GREY ET BERESFORD vsLE STAR K * -1*.< I.'organe du jingoïsme incandescent a\peine à miaintenh' son équilibre.On a vu de quelle façon, qui voulait être cavalière, il a jeté au panier la protestation du Manchester Guardian contre le discours de lord Roberts, et les paroles de M.Runciman qualifiant ce discours de “déplorable et de pernicieux.” I.e Manchester Guardian?Un journal “pro-ftoer' ! M.Runciman'?Un "radical”! Foin de tout ce monde-là! Mais voici que sir Edward Grey, impérialiste éprouvé, traite la fugue du Field Marshall “d’irréfléchie et de provocatrice”.Le Star commence par n'en souffler mot.Le Herald publiait, dès lundi soir, la déclaration du ministre des Affaires étrangères.La première édition du Star paraît à la même heure que le Herald', rien.La deuxième édition sort à six heures: rien encore.Et pourtant, le Star a la juste prétention d’etre un journal bien renseigné." Hier *»oir, le journaL-jaune s’efforce d’atténuer l’effet de la douche .froide du ministre et de rallumer la mèche amorcée par le vieil homme de guerre.Naturellement, le Star procède selon sa mentalité.Il y a quelques jours, pour détruire l’effet du plaidoyer de M.Cahan et les preuves formidables que l'éminent avocat avait tirées des déclarations des membres 1rs plus responsables du gouvernement impérial, le journal ultra-loyaliste s’appliquait à peindre ces hommes d’Etat comme un tas de farceurs et de menteurs.Il use du même procédé à l’égard de sir Edward Grey.11 s'efforce même de prouver que le ministre des Affaires étrangères a atteint ce degré de perfection dans le mensonge, que préconisait Machiavel ou Talleyrand: mentir sans dire le contraire de la vérité.C’est ce que le Star appelle un langage “correct.” Du reste, le journal jingo laisse percer son espoir que le discours de lord Roberts n'en produira pas moins son effet, en Allemagne comme en Angleterre.II est de plus en plus manifeste que le Slar, comme ses congénères d’Allemagne et d’Angleterre, ne sera satisfait que le jour où la guerre sera déclarée entre res deux grandes nations.Ces gens appartiennent à la race des êtres de proie qui vivent des oeuvres de mort.La guerre, avec ses massacres, ses horreurs, les ruines qu’elle amoncelle, c’est pain bénit pour eux.Le Star me faisait dire, samedi, dans une note de î>a façon qui servait de préface à mon interview, que le “péril allemand est l’invention des fabricants de panique,”.“que ce danger n’existe nullement, sauf dans l’imagination de gens intéressés.” St le Star voulait prétendre par là que j’ai nié la possibilité d’une guerre anglo-allemande, il est de mauvaise foi, comme d’habitude, à mon endroit: car, dès le 31 août, à propos d’un discourts de sir Wilfrid Laurier à Ottawa, j'écrivais ceci: “Le danger d’une guerre anglo-allemande nous semble indéniable.Sa principale source.c’est la campagne systématique entreprise par les journaux jaunes, comme le Mail, de Londres, et le Star, de Montréal.Je n’ai pas changé d’avis.* * * Revenons aux procédés du Star.Le seul appui sérieux que lord Roberte ait trouvé jusqu’ici, c’est celui de lord Charles Bercsford.Le Star se faisait télégraphier, samedi, JJJi résumé d’un discours que l’ancien amiral avait prononcé la veille, à Portsmouth.Naturellement, il couvrait la dépêche d’un titre énorme.Pour beaucoup de ses lecteurs, cela suffit.Mais pour ceux qui n’ont pas encore perdu la iête, il est intéressant de lire ce que le vieux marin a dil, d’aprè*.; le propre correspondant du Star: Meme si le gouvernement se mettait an travail pour réparer les effets de sa négligence passée, il serait, à beaucoup d’égards, trop tard.Lord Beresford localise la période de danger pour la Grande-Bretagne en dedans des trente mois à venir, et il affirme qu’il est impossible de construire à temps ies navires nécessaires.Voilà qui fail peut-être l’affaire de “Bobs”, mais qui endommage singulièrement les arguments du Star en faveur d’une contribution ‘‘d’urgence”.Dans l’article qu’il me consacrait avant-hier, le journal jingo, qui semble en bonne voie de dicter scs volontés au gouvernement Borden et de faire la plateforme de M.Coderre dans Hoohelaga, me répondait triomphalement que les trente-cinq millions que le parlement va voter ne seront point versés dans le trésor impérial: “We do not propose a cash gift.We propose to build Canadian battleships and lend them to the British government.We propose to take this course because it promises the most and swiftest efficiency.We want to do the most we can at the eaiTiest possible moment in a supremely effective manner.That is our policy”.“Nous ne proposons pas un don en argent, Nous proposons de construire des vaisseaux canadiens et, de les prêter au gouvernement britannique.Nous proposons cette politique parce qu’elle offre la plus grande efficacité et la plus rapide.Nous voulons faire le plus possible, le plus rapidement possi- ble et par un mode SUPREMEMENT efficace.Telle est notre politique.” En vérité, on croirait entendre le premier ministre en personne! Le malheur, c’est que l’un des deux derniers témoins invoqués paille Star, lord Charles Beresford, déclare que ce “mode suprêmement efficace” est absolument inutile, qu’aucun vaisseau ne peut être 'Construit à temps pour parer au danger.L’autre témoin du Star, lord Roberts, déclare que la conscription seule peut sauver le Royaume et l’Empire.Le Star admet lui-même l’absurdité de faire un cadeau en argent à l’Angleterre.Et alors?Il est permis au Star de faire toutes les contorsions imaginables, de hurler comme dix possédés à la fois, de brandir les discours de “Bobs” et de “Charlie”—mais, tout cela ne prouve nullement l’efficacité d’une contribution de trente-cinq millions de piastres par le Canada.„ , # • * Le n est pas tout.Le Star dit que ces trente-cinq millions serviront à construire des 'ml ties hips canadiens.Or, le Star a déjà expliqué que ses experts n’ac-ceptent comme battleships que les dreadnoughts ou les super-dread-noughts.Lord Beresford déclare que l’Angleterre ne peut construire ce genre de vaisseaux en moins de trente mois.I.e Star prétendra-t-il que U.Borden, M.Hazen, et même M.Coderre, pourront les faire construire Mus tôt?Et alors que devient son secours “suprêmement efficace”, “le plus rapide possible”, pour parer à un “péril imminent” qui doit éclater d’un noment à l’autre?Ce n’est pas tout.I ne fois les vaisseaux construits, il faudra les équiper: mille hommes par vaisseau.Que fait le Slar de la déclaration de M.Churchill à la Chambre des Communes, le 24 juillet dernier?Le premier lord de l’amirauté affirmait alors que si on lui imposait un plus grand nombre de vaisseaux, il ne saurait où trouver les officiers et les équipages pour les manoeuvrer.Le Star prétend-il que le Canada pourrait fournir, en quelques semaines, les trois mille marins expérimentés—depuis les officiers supérieurs et les ingénieurs jusqu’aux simples matelots—nécessaires pour remplir les cadres de ces vaisseaux canadiens?Mate, pas plus tard qu il y a deux mois, M.Hazen était obligé d’envoyer son sous-ministre en Angleterre afin d’y recruter les quelques douzaines d’hom-mes nécessaires pour maintenir à flot le minuscule Rainbow! _ , * • • Ce n est pas tout encore.Les experts du Star ne veulent pas entendre parler d’autre chose que des Dreadnoughts.Pourquoi accepterions-nous leur opinion de préférence à celle de leur meilleur témoin, lord Charles Bercsford, qui, lui, attaque l’amirauté anglaise et l’accuse de “trahison”, précisément parce qu’elle a accepté la "politique illusoire des dreadnoughts”—“the delusion of the dreadnought policy?” Le Star cite volontiers celles des paroles de lord Bercsford qui favorisent sa campagne de démagogie.Pourquoi n’a-t-il jamais fait connai-Ire à ses lecteurs le terrible réquisitoire, pourtant adouci, du vieil amiral contre le gouvernement et l’amirauté britanniques?Nous mettons le Star au défi de reproduire intégralement les chapitres IV et V du “Betrayal” de lord Beresford.Il ne le fera |)as, parce que ses lecteurs y trouveraient la preuve écrasante que sa politique y est condamnée par son “témoin” comme une "trahison”.Ils y liraient que In politique des dreadnoughts a été lancée en Angleterre par un •‘système organisé de reclames de journaux” (page 60);—que "les réclames vulgaires et excessives prodiguées en faveur de ce type expéri- mental de navire n’étaient nullement justifiées” (page 63).Pas de danger que le Star laisse connaître à ses lecteurs qu’il poursuit au Canada ce “système organisé” de réclames “vulgaires et excessives” en faveur d’un type de vaisseau dont sir William White, ancien directeur des constructions navales du gouvernement britannique, disait de son côté qu’il ne serait pas “utilisé aussi longtemps que ses protagonistes le pensent”, qu’il “n’est pas approuvé par maintes autorités compétentes”; que “beaucoup d’officiers de marine considèrent que les King Edwards sont supérieurs au Dreadnought pour l’attaque et pour la défense.” (1) Pas de danger non plus que le Star cite en entier le chapitre X du même ouvrage de lord Beresford; car ses lecteurs y liraient l’accusation formidable de concussion portée par l’amiral contre certains officiers de l’amirauté, soupçonnés d’avoir fait modifier le programme naval et adopter ta politique du Star afin de favoriser certaines fabriques de pièces d’armature.Pas de danger non plus que le Star révèle jamais à ses lecteurs qu’au témoignage de sir William White, les usines Krupp détiennent te monopole de certaines pièces d’armature nécessaires à la construction des dreadnoughts; que les profits de ce monopole sont partagés par Armstrong and Whitworth.Vickers, et autres grandes usines anglaises.Pas de danger non plus que le Star fasse connaître à scs lecteurs les déclarations de M.Arnold Hills, directeur de la Thames Iron Works.Car cf témoignage, qui corrobore celui de sir William White, établit que l’amirauté a ressé de donner des commandes aux usines qui ne construisent pas de dreadnoughts et ne font pas profiter les brevets de Krupp.Pas de danger non plus que le Star reproduise, pour l’éducation de ses lecteurs, les révélations deT/noes/or’s Review, de Londres, l’une des autorités de la finance anglaise.Ce journal a affirmé que les grandes usines anglaises qui construisent les Dreadnoughts et font valoir les brevets de Krupp comptent parmi leurs actionnaires anglais, “3 ducs, 2 marquis, 20 comtes et barons, 32 baronets, 30 chevaliers, 13 députés, 19 juges de paix, 43 officiers de l’armée et de la flotte, 4 grands financiers et 17 journalistes ou propriétaires de journaux.” Le Star, qui est au mieux avec le Daily Mail, c’est-à-dire avec lord Northcliffe et le clan Harmsworth, doit connaître quelques-uns de ces illustres commanditaires du trust anglo-allemand.Que ne communique-t-il au public canadien cette liste intéressante?Tous ces témoignages portent sur la question navale, la contribution “d’urgence” et la valeur des dreadnoughts beaucoup plus directement que les appels de “Bobs” en faveur de la conscription militaire.Pourquoi le Star les a-t-il tous supprimés?Cette suppression ne nous autorise-t-elle pas à voir dans le Star et ses appels frénétiques en faveur de la construction de dreadnoughts la preuve que le souri de l’Empire le tourmente moins que les intérêts du trust anglo-allemand, père de la politique justement qualifiée de “trahison ’ par le propre témoin du Star, Lord Charles Beresford.Henri BOURASSA.“The Naval Situation”.(1) “Nineteenth Century”, avril 1906, BILLET DU SOIR Interview sur le Mexique Vous intéressez-vous à la poli ligue mexicaine?Etes-vous au courant de la dernière rébellion?Vous me répondez oui, en me disant que vous avez lu les dépêches publiées par tous les journaux, depuis une semaine.Eh bien! si c'est là votre seule source d’information, permettez-moi de vous dire que vous ne savez rien.Pour cire renseigné à fond sur ies questions mexicaine.et autres, il faut lire la Presse; aucune agence de nouvelles, serait-ce Reuter ou Havas, ne pourrait jamais égaler le service d’interview de la Commère.Ainsi, si vous consultez l’épaisse feuille d’hier soir, vous apprendrez qu’un des lieutenants de Diaz, de passage à Montréal, lui a communiqué ses impressions.Nul n’était mieux renseigné que ce lieutenant, un nommé Garno Gar, car en effet, c’est la Presse, qui le dit, il est “un des plus révolutionnaires les plus connus au Mexique” et comme il arrive d'Europe, il était tout désigné pour dire ce qui se passe au Mexique.Le représentant de la Presse avait deviné ça tout de suite, et c’est pourquoi il est allé le relancer dès son arrivée à Montreal.La première question qu’il lui a posée était toute d'actualité: “Que pensez-vous de la guerre entre le Monténégro et les pays alliés contre la Turquie?” Le plus révolutionnaire n'a pu exprimer son opinion.II ignorait, avec tout le monde, qu’il n’y a pas de guerre entre le Monténégro et les pays alliés contre la Turquie; mais c’est un détail.M.Gar a cru sans doute, que le représentant de la Presse voulait rire.Il n’en laissa rien paraître et ta conversation continua: — Et au Mexique?demanda l’envoyé de la Presse.C’était là le.point principal de l'interview.Le lieutenant de Diaz fut bref : “M.Gar, sr mit à sourire et répondit (sic): “Auriez-vous une cigarette?” Maintenant si quelqu'un vous parle du Mexique, vous saurez à quoi vous en tenir.N’oubliez pas de dire que vous vous êtes renseigné dans la Presse.Sans cela, on ne vous croirait pas.Max SOREL Pour une piastre Pour une piastre vous recevrez le “Devoir” tous les jours, du commencement de la session provinciale à la fin de la session fédérale.Vous serez tenus au courant, par un journal indépendant des clans et des partis, de tout ce qui se passera sur a scène et dans.les coulisses des deux parlements.?Profitez de cette occasion et * faites-en profiter vos amis.Significatives attitudes Le Witness disait hier, en tète de ses colonnes de rédaction: “Il devient de phis en pUts clair, surtout depuis ta retraite de M.Monk, que la politique de M.Borden (qu’on esl à la veille de révéler) sera une con-tribirtion d’urgence d’un chiffre énorme, — on indique le chiffre de trente millions — comme subvention à la Marine Royale.Comme il n’y a point d’urgence, il n’y a pas de raison de donner une subvention d’urgence.(As there is no emergency, there is no excuse for an emergency subvention.) La seule urgence qui exisle esl dans notre propre politique.” Le Witness déclare ensuite que la contribution d’urgence est purement une manoeuvre destinée à sortir M.Borden d’une situation embarrassante.Mais ce n’est pas à ce point de vue particulièrement que nous voulons souligner l’article du Witness.II révèle — Si on veut bien lo rapprocher surtout de quelques autres articles des journaux anglais — un état de chose*; sur lequel les ministériels quand même essaient déjà de tromper l’opinion publique.Le Witness, l’un des deux grands organes du libéralisme anglais dans notre province, déclare expressément qu"i! n’existe aucune excuse qui justifie la contribution d’urgence.Le Star, de Toronto, l’un des journaux libéraux ontariens, déclarait, il y a à peine quelques jointe, que la contribution d’urgence — en argent ou en bateaux — serait absurde, parce que les chantiers maritimes anglais ne peuvent construire plus de bateaux, et que les finances de John Bull sont en si bon état qu’il a réduit, Fan dernier, sa dette d’une somme presque égale au cadeau qu’on voudrait nous faire faire.Presque à la même heure, le Globe soulignait, dans les termes les plus favorables, les derniers articles de M.Caban, et, à Halifax, le Chronicle, le principal journal libéral des Provinces Ma-ritimes, publiait, contre la contribution d’urgence, l’énergique appel que nous avons reproduit mardi.Qu’est-ce que tout cela signifie, sinon qu’il existe, dans les milieux anglais, une opposition profonde et très étendue au projet de contribution d’urgence?Pour qu’en face de la campagne de jingoïsme et d’exploitation des sentiments de race déjà menée par le Montreal Star et ses alliés — et qu’ils savent devoir s’accentuer de jour en jour — les principaux organes du libéralisme anglais dans l’Est s’attaquent aussi carrément à la contribution d’urgence, il faut qu’ils se sentent appuyés par un courant très fort.Du reste, l’attitude même de la Gazelle, la passion avec laquelle elle essaie de faire porter sur la question du tarif toute l’élection d’Hochela-ga et d’escamoter la politique de contribution, montre clairement que, dans les milieux conservateurs anglais même, on est loin de croire qu’il y ait là un fort atout pour le gouvernement.Et l’on pourra rappeler ces quelques faits à ceux qui prétendent, de bonne foi ou pour couvrir la manoeuvre du gouvernement, que toute l’opinion anglaise est pas-sionaèment favorable à la eontri-^Jmtion d’urgence.Orner HEROUX.Sur le Pont d’Avignon.Les dépêches de ce matin concernant la guerre sont un peu plus mystérieuses.Une guerre avec les Turcs qui ne prêterait pas quelque peu au mystère manquerait d’intérêt.* V * I>* Athènes on an nonce officielle-ment une recrudescence de cruauté et de barbarie dans les villages chrétiens de la Turquie.Il n’est pas probable que ces excès ralentissent le courage des armées alliées.* ç * Roosevelt est de nouveau sur pied et très vivant.Le plomb qu’il porte au côté ne paraît avoir d’autre effet que de lui donner plus d’aplomb.Au Madison, hier soir, il s’esl terni debout ferme, pendant quarante minutes, attendant que l’enthousiasme de ses amis fût apaisé et il a parlé ensuite pendant une heure.On peut penser bien différemment au sujet de sa politique, mais il n’y a qu’une opinion sur son organisation physique et intellectuelle.C’est un homme supérieur.* * * Le maire Gaynor, de New-York, déclare qu’il faut mettre fin au règne du péculat dans la métropole américaine.Le péculat ne durerait pas longtemps, si les honnêtes gens se remuaient davantage.* * # La Gazette revient do nouveau ce matin sur l’élection d'Hochclaga et place la réciprocité au premier plan des questions à discuter.Ne croit-elle pas que quoi qu’il arrive dans Hochelaga, la réciprocité n’a aucune chance de succès avant un nouvel appel au peuple?* * * La session provinciale s’ouvre mardi.Propriétaires, héritiers, possesseurs de quoi que ce soit, soyez sur vos gardes! * «i * M.Cochrane, ministre des chemins de fer, est allé à Halifax annoncer un programme d’améliorations à ce port qui atteindra 30 millions de piastres.Juste le chiffre que l’on veut faire donner à l’Angleterre sans consulter le peuple! s£« 5SJ * Le Canada esl difficile à gouverner, dit-on.Est-ce aiihsi vrai que cela peut paraître?Si les hommes publies étaient désintéressés et aussi francs au pouvoir que dans l’opposition, le gouvernement ne serait-il pas chose plutôt facile?Le Veilleur.LA FETE DE TOUS LES SAINTS SON ORIGINE Notre page littéraire Notre page littéraire de samedi contiendra un article sur les morts de Reichshofen, écrit spécialement pour le Devoir par l’un de no,s collaborateurs français qui habite sur le champ de bataille même.Nous donnerons en même temps un large extrait des Morts de Oré-mazie.L’origine de la Fête do tous les Saints, dans l’Eglise Romaine, date de lu dédicace du Panthéon d’Agrippa, que fit, en l’année 609, le Pape Boniface IV.L’ancien temple païen prit, dès lors, le nom de Notre-Dame des Martyrs.Lorsque Rome eut achevé la conquête du monde, elle avait dédié le plus durable monument de sa puissance à tous les dieux.Le Panthéon devait attester à jamais la reconnaissance de la cité reine.Mais, conquise elle-même au Christ, Rome détourna son hommage des vaines idoles, pour l’adresser aux martyrs, qui, priant pour elle en mourant de sa main, l’avaient seuls faite éternelle.Trois siècles durant, les catacombes étaient restées le rendez-vous des athlètes du Seigneur, au sortir de l’arène.Rome devait à ces vaillants, morts aussi pour elle, un triomphe mieux mérité que celui dont elle avait gratifié ses grands hommes d’autrefois.En 312, pourtant, Home désarmée n’était pas encore assez changée dans son coeur pour saluer de ses applaudissements les vainqueurs des dieux du Capitole.Tandis que la croix forçait ses remparts, la blanche légion demeurait cantonnée dans les retranchements des cimetières souterrains.Trois autres siècles étaient laissés à l’ancienne ville des Césars, pour satisfaire à la justice de Dieu et prendre conscience du salut que lui ménageait sa miséricorde.En 6U9, le patient travail de la grâce était accompli.Des lèvres du Pontife Suprême, descendait sur les cryptes sacrées le signal attendu.Heure solennelle! C’est dans la majesté apostolique, c’est entouré d’un peuple immense, que le successeur de Pierre, l’héritier du crucifié de Néron, se présente aux portes des catacombes.Vingt-huit chars, ornés avec magnificence, l’accompagnent, et il convie les martyrs à y monter.L’antique voie triomphale s’ouvre (levant les Saints; les fils des Quirites chantent à leur honneur! Après six siècles de persécutions et de ruines, le dernier mot restait donc aux martyrs.Réhabilitée par Faeeueil qu'elle leur faisait, Borne | n'était plus seulement Rome, mais la nouvelle Sion, privilégiée du Seigneur.L'encens qu’elle brûlait sous les pas des témoins du Christ rappelait celui dont ils avaient refusé l’hommage à ses dieux de mensonge; l’autel, au pied duquel leur sang avait coulé, était celui-là même où elle les invitait à prendre place.El Rome chrétienne pouvait appliquer aux hôtes nouveaux du Panthéon la parole du psaume'! “J’ai dit: c’est vous les dieux!” L’anniversaire de cette dédicace, en rappelant collectivement la mémoire des martyrs, donnait satisfaction à l’Eglise, qui, désireuse d’ho-norer annuellement tous ses bienheureux, se vit, de bonne heure, réduite, par leur nombre, à l’impuissance de célébrer chacun d’eux au jour de son trépas.Cependant, comme an culte des marlyis s’élait joint pour elle celui des justes, (pii, durant la paix, loin de l’arène sanglante désormais fermée, se sanctifiaient chaque jour dans tous les héroïsmes offerts par ailleurs au courage chrétien, la pensée de les associer aux premiers, dans une solennité commune, naquit, naturellement de l’initiative prise par Boni 1 are 1\.Vers l'an 732, le Pape Grégoire lit dédiait, à Saint Pierre du Vatican, un oratoire en l’honneur du Sauveur et de tons les Saints.A partir de cette époque on commence à rencontrer la Fête de la Toussaint dans diverses églises, comme en témoignent, pour l'Angleterre, le Martyrologe de Saint Béde le Vénérable el le Pontifical d’Eghert d’York.En F rance, ce fut en 83:> que Louis le Débonnaire, à la demande de Grégoire IV, fil dé la célébration de celte fête line "toi d’empire: loi sainte que 1 Egitee entière, dit Adon, adopta comme sienne aver révérence et amour.11 convient d’ajouter que.dans l’Eglise grecque, une fête en l’honneur de tous les Saints se célébrait déjà, depuis le IVèmc siècle.Mais, iandis que l’Occident fixe aux derniers jours de l’année une solennité qui représente à ses yeux la rentrée des fruits dans tes celliers du père de famille, l’Orient la célèbre an dimanche qui suit la Pentecôte.Et pour eux, c’est le printemps de l’Eglise, où sous les eaux jaillissantes de i l’Esprit, la sainteté fit partout germer ses fleurs.(D’après Dnm Guérangcr).Une lettre du Capt.Reid Nous donnerons samedi, la traduction d’une lettre du Capt.Reid parue dans le 'Witness.Elle est très intéressante.La préface de M.Lamy L’abondance des matières nous contraint de remettre à samedi la publication des extraits de la préface mise par M.Lamy au nouveau livre de M.Ixiuis Arnould.J.-M.M.Lettre de Belgique Nous publierons samedi une lettre de notre correspondant de Belgique.SOMMAIRE PAGE 2 NOUVELLES MUNICIPALES : —Les terrains de jeux.—La revision de la charte.—Les tramways à Outremont.—Maisonneuve proteste.* * * —Le colonel Roosevelt à Madison Square.—Le sénateur Roll est décédé à Montréal, hier.—Courtes dépêches.—Le monde ouvrier, PAGE 3 —James Schoolgraft Sherman—Le vice-président des Etats-Unis est mort, hier.—La Chambre de Commerce.—Les Polonais dressent la tête.—Par un ordre du Tzar Alexandre.—Faits-Montréal.PA CF.4 LA VIF, SPORTIVE: —Cazeaux n'csl pas de (aille à vaincre Constant le Marin.PAGE 3 PAGE FEMININE.—Lettre de Fadetlc, —Les feuilles d'automne, poésie, Victor Hugo, —La femme contemporaine à Paris.—La Bombe.Défauts des enfants.—Nos recettes.DERNIERE PAGE —Toutes 1rs dernières nouvelles locales et étrangères, de la dernière heure.M.L.P.PELLETIER ET LA LETTRE DE M.LAVERGNE Une lettre du ministre des Postes L’hon.M.L.P.Pelletier nous adresse la dépêche (night letter) suivante: Ottawa, Ont., 30.—La conversation que vous publiez hier n’est pas exacte.Je ne vous ai pas dit que j’avais reçu une lettre de M.Lavergnc, il y a quelques semaines, ni qu’il me fallait quelques semaines pour y répondre.J'ai dit que j’avais reçu la semaine dernière une lettre de M.Lavergnc, que j’avais accusé réception en disant que j’y répondrais, n’ayant pas eu le temps d’y répondre avant ce matin.J’étais à faire ce travail quand vous m’avez téléphoné.Je n’avais pas alors reçu la lettre que vous publiez aujourd’hui et qui est dans votre journal dès avant qu'elle me soit parvenue.J’ai aussi suggéré que la nouvelle lettre de M.Lavergnc pouvait attendre ma réponse à la première.Je supposais que ma qualité d’actionnaire du Devoir pouvait me permettre cette suggestion.La manière dont elle a été accueillie nie fait constater le genre do lutte qui va m’être fait, et j’en prends mon parti.L.P.PELLETIER.# * # On remarquera que le ministre des Postes ne conteste l’exactitude de la version du Devoir que sur un point: le temps qui te’est écoulé entre la réception de la première lettre de M.Lavergnc et sa réponse à lui, M.Pelletier.La version du Devoir fait dire à M.Pelletier: “M.Lavergnc m’a écrit il y a quelques semaines, et je Jui ai répondu que le surcroît de travail m’obligeait à retarder de quelques semaines la réponse;” tandis que M.Pelletier prétend avoir dit qu’il n’a reçu la première lettre de M.Lavergne que la semaine dernière.Il admet cependant avoir répondu à M.Lavergne qu’il n’avait pas le temps de lui répondre à ce moment-là.M.Pelletier prétend aussi qu’il n’nvait pas la deuxième lettre de M.Lavergne au moment où elle nous est parvenue, c*cst possible.Ce qui est certain, c’est que les journaux de Toronto, le News, entre autres, annonçaient dès mardi que M.Laverghe tiendrait une assemblée à Lurette le 1er novembre.Quant à sa suggestion que la publication de la deuxième Jettrc de M.Lavergne pouvait attendre la réponse à la première.M.Pelletier n’avait même pas besoin d’être actionnaire du Devoir pour avoir le droit de nous la faire, mais il admettra lui-même que sa qualité d’actionnaire du Devoir ne nous obligeait nullement de l’accepter.Le Devoir compte près de six cents actionnaires.M, Pelletier peut-il raisonnablement prétendre que nous devrions retarder la publication d’un document d’intérêt public sur le désir de l’un quelconque de ses six cents actionnaires?Du reste, nous avons voulu mettre les deux parties sur le même pied; et le reproche du ministre des Postes est tout à fait puéril.Notre démarche indique, en effet, le genre de lutte que fait le Devoir.Nous aurions très bien pu faire comme d’autres journaux, publier le document qui nous était adressé par l’auteur lui-même, sans avertir M.Pelletier.Nous avons au contraire pris la peine de téléphoner à M.Pelletier pour avoir sa réponse à M.Lavergne.Tout le personnel du Devoir est témoin que l’un de nos rédacteurs a demandé au ministre de nous communiquer sa réponse pour publication en regard de la lettre du député de Montmagny.M.Pelletier a refusé, sous prétexte que cette lettre qui lui rappelle des engagements publics au sujet d’une question du plus haut intérêt public paraissait être une communication privée.C’est sans doute son affaire d’interpréter ainsi la lettre de M.Lavergne; mais si sa réponse n’a pas paru à côté de la lettre du député de Mont-magny, cela est uniquement de sa faute.Quant à ia façon dont nous jugerons M.Pelletier dans 4’ovenir, ella dépendra cxif&isivenient de sa conduite, \ 2 LE DEVOIR, MONTREAL, JEUDI, 31 OCTOBRE 1912 VOL.III.— No.2ôS NOUVELLES MUNICIPALES Les terrains de jeux L'ASSOCIATION DES PARCS ET TEH RAIN S DE JEUX PRESENTE AUX COMMISSAIRES UN RAPPORT QUI DEMONTRE COMMENT LES AUTRES VELUES COMPREN NENT LEUR DEVOIR.I^s commissaires om reçu hier une délégation île l’Association lies l’are» et des Terrains «le .leux, au sujet 'l’un projet 'le récréations pour les entants île notre ville.Cette délégation était composée do .Sir Alexandre Lacoste, Mme Moyso, Mlle Helen, Dr England, Mi,e Watt et Mlle Sehoenfelil, secrétaire, de l’Association qui a soumis son rapport.Ce rapport renferme Je tableau su: vant : La révision de la charte Le colonel Roosevelt à Madison Square LE COMITE TECHNIQUE DEMANDE UNE PLUS GRANDE AUTONO MIE POUR LES EXPROPRIATIONS QUE LA VILLE DECIDE DE FAIRE.Le comité technique nommé 'par ie .'imsi'il de ville pour préparer la refonte de la charte s'est réuni hier soir, pour a première fois.Etaient présents, MM.es recorders Weir et Geoffrion, Laurendeau.L.O.David, le» échevins L.A.Lapointe, Emard, Larivière, Boyd, et Prud ’homme.Le maire qui fait également partie du comité a été nommé président.Le comité a adopté un amendement j proposé par M.David à l’effet de doo-i uer une autonomie genéfale à la cité.Nombre UNE FOULE ENORME ACCLAME LE LEADER DU PARTI PROGRES SISTE.—ROOSEVELT S’ATTACHE SURTOUT A DEFINIR LE PRO GRAMME DU PARTI PROGRES SISTE.Le sénateur Bell est décédé à Montréal, hier DANS LE Monde Ouvrier LE DEFUNT QUI AVAIT ETE NOM ME SENATEUR L'AN DERNIER, ETAIT L'UN DES VETERANS DU PARTI CONSERVATEUR DANS LA NOUVELLE ECOSSE.— SA CARRIERE.>I2 PETITES ANNONCES SITUATIONS VACANTES FILLE une fille On demande une fille générale aa chant faire la cuisine.S’adresser à 49^4 rue Sherbrooke Ouest, Westmount.V i l ] «s Montréal.Toronto .Winnipeg.Saint-Louis.• Cleveland.Détroit.Los Angeles.San Francisco .Pittsburg.Buffalo.Sur le plan prés cri té par la déléga lion, on indique par différents signes les théâtres, les cinémas, les saïïes de billard et de pool, les patinoire et enfin les terrains de jeux.Ou remarque que le centre de la ville est congestinimî par les théâtres et les salles de rionl, mais on n y voit, pour ai nsi dire audio emplacement où 'es enfants peuven;, tout en s’amusant, respirer le bon air.L’Association a renouvelé sa deman de de subvention pour l’année 1913 et l’usage des terrain suivants: Ferme Fletcher, partie est.du parc Lafontaine, Square Papineau, C marché à, foin, et le parc Gallery.Les commissaires n ont encore rien décidé.Irrrains Population Dépense 4 550,000 $ 3.051.43 13 376,240 16,694.00 13 135,430 12,000.00 12 687,029 18,358.66 39 560,000 23,245.24 24 465,766 19,214.55 15 319,198 49,528.79 18 416,912 75,500.00 rê*> 503,905 96,797.55 12 423.715 92,545.30 Les tramways à Outremont LE CONSEIL ACCEPTE L’OFFRE QUE LUT FAIT LA COMPAGNIE DE POSER UNE VOIE SIMPLE DANS CERTAINES RUES, POUR L’HIVER.— LES GRIEFS DE M.DRYSDALE.lies difficultés survenues entre la Vil le d’Outremont et.la Compagnie, des Tramways sont réglées.A la séance tenue par le conseil hier soir, le maire Beaubien a informé le conseil qu'après une dernière entrevue avec M.Hutehi-gon.gérant général de la compagnie dos tramways, et l’échevin lîessotte, ils étaient arrivés à une entente.La corn pagnie s’engage à construire innnédia-teonent une.voie simple dans les rues Bernard- et Outremout jusqu'à Vau Horne.Ces voits seront, complétées en double an .printemps prochain.Dans la rue Vau Home, jusqu’aux limites de la Ville l-e» voies doubles se rent construites au printemps: dès quo ce.» diverses voies seront livrées à la rireulntion un service de trots minu tes serra définitivement, établi, pour le bien-être des résidents d’Outremont.L’éebevrn Bessette a déclaré qu'il vaudrait mieux accepter l’offre de la romvpa-gnie que d’engager un procès qui tlnmrait longtemps.Iios habitants des rues l'an Horne et Huteliison se plaignent de ne pas voir asser souvent’ la police.M.Drymlaic, de l’avenue Maplewood, < apporté à la séance un morceau do roche posant vingt-cinq -livres prove nant des travaux de mine qu'on fait à une centaine de pieds de sa maison potu creuser une tranchée d’égoût.Tl eu n reqn une autre de même provenante, si grosse, qu’il faudrait une voiture pour In transporter; cette pierre se trouve maintenant à l’entrée de sa maison.Dans son jardin il en a -des cent aines pesant, de cinq à .dixr livres.Sa famille n’ose pins sortir de peur des accidents.Le conseil a -décidé de faire arrêter le contremaître en charge dea travaux et (^’arrêter ceux-ci.A l’avenir la ville nommera un inspecteur des mines -dont les entrepreneurs paireont le salaire.L’échevin KmaAl a fait remarquer que le code municipal donnait plus de pouvoirs aux municipalités que n’en donne la législature à Montréal.l/os échevins présents déclarèrent qu’ils seraient prêts' dès demain à.accepter i#< ternies du Code Municipal.Lu principale discussion avait trait au pouvoir d’exproprier et au système de procédure à employer en eas d’«n propriation.Actuellement !’estimation est faite par un recorder, deux évaluateurs municipaux et deux autres nommés par la Cour à la demande des propriétaires in téres-sé-s.M.David a proposé que l’estimation soit faite par un juge de la Cour Supérieure, mais ie recorder Weir et M.Laurendeau dirent que cela entraînerait prohabieinent un procès dans chaque cas et [es frais seraient considérables.Le recorder Weir expliqua qu’un seul juge ne pourrait pas suffire, alors on aurait différentes compétances et différentes juridictions; il ajoute que si la ville obtient des pouvoirs généraux d'expropriations, la procédure actuelle est bien suffisante.Une clause importante que l’on devrait changer, d’après le recorder Weir, est, celle qui dit que les commissaires d’expropriation doivent prendre la valeur moyenne de Ja propriété durant les quatre dernières années et y ajouter ÜO pour cent.Le recorder fit remarquer que ceci est ridicule maintenant où la valeur immobilière changeait, non pas tous les quatre ou cinq ans, mais fous les mois et même en moins de temps.On devrait estimer à la valeur réelle.il a donc été décidé par le comA^é de demander à la législature une plus grande autonomie, le pouvoir général il’exproprier en conservant la procédure actuelle ,en estimant ee,s propriétés i leur valeur réelle et.en tenant comp te de la compensation, pour bénéfices.La Bibliothèque Municipale Maisonneuve proteste ÛE MAIRE'DEMANDE QUE LE CANADIEN NORD NE RETARDE PLUS LA CONSTRUCTION DES GARES QUE LA COMMISSION DES CHEMINS DE FER L’OBLIGE A ERIGER.Le maire Michaud, de M ni mou neu vr, a protesté, fl la séance ternie par le conseil hier contre la façon dont le Canadien Nord traite la ville.Depuis bientôt Irois ans, MaisOnneu vo attend que la compagnie construise les deux gares de passagers et de mur-chandisieK, que la Commission des Cho mius de Fer l’a mise en demeure d é rigor.Le maire Michaud reproche A la corn mifisin d écouter trop les doléances de cette compagnie, qui a pour intérêt de différer les engagements pris antérieurement et cela au détriment, de toute une population qui, depuis quinze ans, ittend une gare de passagers et une ga re de marchandises.L’avocat conseil dit que le président rtc la commission avait donné l'ordre »u Canadien Nord de produire les plans des deux gares dans un délai de trois semaines.M.R.Wilson, au nom d’une compagnie.demande au conseil une exemption de taxes; cette compagnie qui manufacturera des chaussures, construira une bâtisse dé 225 x 45 à trois étages avec koub-soI et donnera de l'ouvrage A 251) personnes.Le conseil n décidé d’accorder une exemption do taxes pur 10 ans, à condition que cette coin pagnie remplisse les engagements énoncés dans sa lettre et pourvu qu’elle soit eu opération le ill décembre 1913.L'exemption de taxes, comptera à partir du premier novembre prochain.A la suite de la proposition du maire Michaud, de -dresser des requêtes pour demander au gouvernement d’Ottawa son e.oncours pour obtenir que les chantiers maritimes projetés soient établis à Maisonneuve à même les $30,000,01)0 promis il l'amirauté, on a envoyé à Ot fawa.une requête couverte -de 5,000 signatures.t'n ancien éehevin de Maisonneuve, M.L.N.Charbon nenu est décédé ; le ronsuil a résolu d'asaiater aux obsèques.La bibliothèque municipale va-t-elle s’enrichir de nouveaux volumes?Les commissaires ont décidé d’en acheter pour $4,200.Les volumes de la ‘ ‘ Revue des Deux Mondes” compléteront la collection que possède la ville.On acquiert aussi 693 volumes tie M.Peterson, principal de .l’Université McGill; 372 ouvrages techniques de M.Hacheras, directeur de l’Ecole technique.M.Glackmeycr, offre de vendre à la ville, pour $9,150, sa collection, composée do romans et de livres techniques.Lee commissaires n'ont pas encore décidé de l’acheter.New York.31.- Le colonel Theodore Roosevelt a.parlé pendant une heure et vingt miiin-les à une assemblée pro-gressiste ce soir, et l’eothousiaeme fut tel que durant quarante deux minutes, l’ancien président ne put prononcer une seule parole.Le gouverneur Johnson et Oscar Strauss accompagnaient l'ex président.La.salle était magnifiquement, décorée pour la première apparition en public de Roosevelt, depuis l'attaque de Milwaukee.Le sénateur Dixom présidait et M.Strauss a été le premier orateur.“Notre pays a été particulièrement béni, dit-il, car A chaque phase de son ikéveloppiement, un chef s'est levé pour la conduire vers la prospérité et la ri-c h esse.“Washington, Jefferson et Lincoln ont été Tes piremiers leaders des deux premières périodes, Nous sommes maintenant à la troisième phase de notre développement et le leader de notre rie politique est Théodore Roosevelt.Pendant son administration, il s’est dévoué complètement au bien de son peuple.’’ .Des acclamations enthousiastes saluèrent l’apparition du ea.ndnd'at à la présidence.D’un large sourire et de la main, il salua la foule.La démonstra tion a duré quarante-deux minutes.Le colonel, après avoir demandé à la, foule de garder l'ordre, a commencé son dis cours.Tl n’a montré aucune faiblesse et a parlé pendant une heure et vingt minutes.Quarante minutes après son entrée dans Madison Square Garden il monta A une tribune élevée et fut incapable d’abord de s-e faire entendre au milieu des cris et des aec la mations.Il essayait de calmer l’auditoire par des gestes, mais on chantait: “We want Teddy, Wo Want Teddy.” Une foie on essaya die l'acclamer, mais aiussitôt il réprima les applaudissements d’un signe de tête et la foule comprit qu'il voulait parler sans être intarrompu.Le colonel s’en tint au texte du discours qu’il avait préparé.Sa voix était forte et puissante et pénétrait dans tous les coins de l’amphithéâtre .il gesticulait de la main gauche, lais saut sa, droite immobile à cause de sa blessure.La.police a été très sévère pour maintenir l’ordre et a arrêté six hommes pour refus d’obéir.Des fanfares éclataient de toutes parts dans les rues brillamment éclairées.1,9 colonel a été entouré d’une forte garde et personne n'eut la permission de l’approcher.New-York, 30.— Pour avoir le temps do se reposer avant l’assemblée, le colonel Roosevelt, a laissé Oyster Bay cet après-midi - t est, arrivé à New-York à 5.40 p.m.Il s’est rendu immédiate ment avec Mme Roos-evernit chez le docteur Lambert et y a soupé.Le voyage d’Oyster Bay à New-York s'est fait en char privé, sous la protection de trois détectives.Son arrivée à New-York est passée presque inaperçue.Le colonel s’est rendu au Madison Square Garden en auto.Il était accompagné de G.Roosevelt, son cousin, du Dr Lambert et du détee tive W.Burns.L'autonomie municipale Le ministre des chemins de fer M.COCHRANE A ETE BANQUETE A HALIFAX HIER SOIR.M.Adam Carr Bell, de Rictou, sénateur, est décédé presque soudainement, hier soir, à l’hôpital Royal Victoria où il avait été transporté il y a quelques jours.Le docteur John Bell, de New Glasgow, son fils, était le seul membre de sa famille à son chevet.Ije sénateur Adam Carr Bell naquit Ri cl ou, N.K., le il novembre lv17, du mariage de Basil Hall Bell, originaire il’1-,cosse, principal de l’académie de Rictou, avec .Mary Carr, fille de Adam C’arr, pionnier de l’industrie minière à Albion Mines; Y.J-.1 fit ses études dans les écoles de New Glasgow, à l’académie Saokville, au collège et à l'université de Glasgow.Il conduisit un commerce de pharmacie jusqu’en 1904.Il fut aus-fermier et s’occupa de l’élevage de chevaux.Lu 4 septembre 1873, il épousa Annie.fille de John Henderson.d’Albion Mines.Elle lui survit ainsi que quatre garçons et une fille.Rn 1876, le sénateur Bell fut élu maire de Glasgow et réélu en 1884.De 1878 à 1887 il siégea à l’assemblée législative.En 1887, il fut candidat malheureux au fédéral dans Rictou.En 189(i il fut élu député de cette division.Tl fut défait en 1904 par E.M.Mac-Donald.11 le fut de nouveau en 1911.Un peu plus tard il fut nommé séna leur.Il fut secrétaire provincial dans l’administration Thompson, à la Nouvelle-Roosse, mais démissionna en juillet 1882.Il fut chf$ de l’opposition jusqu'en 1887.Le sénateur Bull était âgé de 65 ans.Mme Bell, une fille, Mme F.Kopf de New-York, et quatre fils : MM.B.H.Bell, fermier à Whitewater, Man., John Bell, médecin à Nicw Glasgow ; I.11.Bell, avocat, Winnipeg et A.C.Bell, New Glasgow, lui survivent.Le corps de M.Bell sera transporté aujourd’hui à New Glasgow où auront lieu les funérailles.Ottawa, 31.— M.Borden, premier ministre, a appris avec peine la mort du sénateur Bell.Tl dit que c’est une perte non seulement pour sa province mais pour le pays tout entier.11 a envoyé un télégramme de sympathie à la famille du défunt.Belle fête ouvrière.Une magnifique soirée a couronné Échos télégraphiques de France RARETE DE L’OR Depuis quelques jours la monnaie d ’or est devenue excessivement rare .Dans les milieux financiers on attribue Ta pénurie (Tu précieux métal aux précautions prises par les grands établissements financiers aussi bien que par le public pour conserver l’or qu’ils reçoivent.La Banque de France refuse de faire des prêts sur titres, même lorsqu’on lui offre de la rente française.LE SALON AERONAUTIQUE Paris, 31.— De nombreux officiers étrangers visitent le Salon aéronautique au Grand Palais.LE CROISSANT ROUGE TURC Paris, 31.— Il s’est constitué un comité de médecins français dans Te tout de faciliter le recrutement de chirurgiens pour le Croissant rouge turc.Ija mission anglaise de la Croix rouge a quitté Paris pour se rendre à Marseille d’où elle partira en Orient.GAZIERS EN GREVE Dunkerque, 31.— Les gaziers se sont mis en grève et ont été remplacés par des soldats.CENT VINGT-CINQ BLESSES DU MAROC.M.Borden recevra demain, à Ottawa, une délégation des municipalités du Canada, afin de mettre A l’étude une législation concernant le contrôle
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