Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
jeudi 5 décembre 1912
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le devoir, 1912-12-05, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
MOISTKtAL.JEUDI 5 DECEMBRE.1912 UN SCU LE NDMêko VOLUME III—No.287 ABONNEMENTS: Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.$3.00 UNION POSTAiE.$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS.$1.30 UNION POSTALE .* * * .$2.00 LE DEVOIR Rédadion et ’nilration î 7U RUE SAINT'UE3 TELEPHONES : ADMINISTRATION : Mais 7461 REDACTION : Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! •APRES LE DEBAT BILLET PP SOIR POUR ÊTRE ROI QUESTIONS MUSICALES iLETTRE DE QUEBEC Le débat sur l’instruction obligatoire est clos pour celle année.Ne ronviendrait-il point d’examiner d’un peu plus près la proposition que M.Tellier avait faite dans son discours-programme et qu’il a renouvelée dans la dernière discussion?Le député de Joliette, esprit essentiellement réaliste, opposé par nature à toute contrainte que n’exige point rigoureusement, à son avis, l’intérêt social, répugne à la contrainte légale, en matière scolaire, mais il est favorable à tout ce qui peut améliorer la fréquentation des écoles.Au système de primes destinées à assurer le relèvement des salaires et à hausser la valeur professionnelle du corps enseignant, il propose d’ajouter des “primes d’assiduité.” Le projet nous semble excellent.Il aurait le double effet de créer chez les enfants un courant d’émulation et de mieux faire comprendre aux parents l’importance d’envoyer régulièrement leurs enfants à l’école et de les y tepir le plus longtemps possible.Pourquoi le gouvernement ne prendrait-il point à son compte cette proposition?Lui seul peut en assurer l’adoption par la Chambre.Une autre campagne qu’il importe de poursuivre, c’est celle dont t’inspecteur-général des écoles et le surintendant ont pris l’initiative et qui a déjà produit d’excellents résultats: l’appel aux commissaires d’écoles et aux parents, réunis en congrès.C’est une vérité banale, mais qu’il ne faut point se lasser de répéter: Tant que les parents et les commissaire*?ne seront pas absolument convaincus de la nécessité de certaines réformes, celles-ci ne se feront point.Réunissons donc, sur tous les points de la province, les parente et les commissaires.Que les spécialistes leu- indiquent les réformes immédiatement praticables.Ce sera le plus sûr moyen d’obtenir des résultats sérieux et l’amélioration graduelle du système.Quelle est la région qui, demain, s’inscrira sur la lisle d'honneur?Orner HEROUX.Les préliminaires de !a paix Un armistice vient enfin d’être signé entre la confédération des Etats balkaniques et la Turquie.Les négociations ont été laborieuses et paraissent n’avoir abouti qu’à de maigres résultats.Il est impossible de savoir encore les conditions consenties de part et d’autre et qui devront servi/- de base aux pourparlers de paix qui s’ouvriront bientôt; on observe à leur sujet le plus grand secret.Toutefois, si les indications précises font défaut, des indices nombreux et certains témoignent de l’esprit d’entente que1 les vainqueurs ont apporté à assurer cette trêve qui permettra de plus calmes délibérations.Pour le moment du moins, les Bulgares ont adouci les stipulations par lesquelles ils avaient répondu aux premières avances de la Porte.Ils ont dû renoncer à la remise des lignes de Tchatalja aux forces bulgares; à l’évacuation d’Andrinople, Scutari et Janina ; à l’internationalisation de Constantinople, et aux autres considérations accessoires qu’il faudra débattre avant le désarmement définitif.On paraît seulement s’être accordé sur le maintien des positions actuelles et l’acquisition par les alliés des territoires réellement conquis.L’effort qui restait à faire pour prendre les lignes de Tchatalja, sans qu’on aperçût d’ailleurs les avantages positifs que lui eût rapportés une nouvelle et coûteuse victoire, a sans doute engagé le roi Ferdinand à ne pas rendre inacceptable pour la Turquie la paix* que celle-ci parait d’aîlleurs résignée à accueillir comme une délivrance.Mais les concessions faites aux vaincus n’ont pas eu l’heur de plaire à toutes les nations coalisées.La Grèce est restée à l’écart et s’est abstenue de signer l'armistice, tant par défiance à l’égard de la Bulgarie, dont elle redoute les prétentions sur Salonique, que par désir d’étendre davantage ses conquêtes dans la mer Egée, du cû-lé des Dardanelles et en Epire.Celle abstention de la Grèce ira-t-elle jusqu’à une rupture avec la coalition balkanique • et à la continuation de l’état de guerre entre cette nation et la Turquie?On ne saurait le dire encore; les nouvelles sur ce yoint sont vagues et incertaines; elles ne donnent même pas l’assurance de la réalité du désaccord.Quoi qu’il en soit,l’entente qui devait exister entre les alliés se trouve évidemmen t gênée par la situation particulière de lu Bulgarie, qui, n’ayant pas encore pris An-drinoplc, n’a pas accompli son programme dans la même mesure que la Serbie et la Grèce.Ce fait suffit à faire comprendre combien la situationt est délicate entre les alliés.üidérlc TREMBLAY.Les “ Fleurs de Givre ” M.William Chapman vient de publier à Paris, sous le titre les l'Irurs de Givre, un nouveau vurH*-me de poésies canadiennes, Nous en publierons prochainement une appréciation détaillée.Les Ruelles I/échevin Poissant a demandé au conseil municipal de déclarer que toutes les ruelles sont propriété publique.On s’en servirait, dit-il, pour y ériger les poteaux, pour y poser les tuyaux à eau, les égouts; la Ville serait obligée de pourvoir à l’entretien et au nettoyage des ruelles et l’on n’entendrait plus, au printemps en particulier, les plaintes toujours si nombreuses sur leur malpropreté repoussante.Le représentant de Lafontaine a eu une excellenie idée et nous souhaitons que le Conseil,Municipal se rende le plus tôt possible à son désir.Le travail entrepris par la Commission des Service's Electriques durera plusieurs ruinées, el il ne faut pas espérer de voir bientôt disparaître poteaux et fils.Or, pour ne pas parler de la laideur de nos rues, le danger que présentent les fils électriques est depuis longtemps prouvé et reconnu.IL n’y a pas un mois qu’une femme s’est grièvement brûlée en touchant avec son parapluie à un fil chargé qui pendait au-dessus du trottoir.En attendant que les fils soient mis sous terre, on pourrait les déménager dnns les ruelles et on ne les verrait plus au-dessus de la rue qu’aux intersections des ruelles avec les rues.Si les fils électriques disparaî-troni un jour, il n’en va pas de même des canalisations de toute espèce.Nous admettons qu’il est presque.impossible de tout changer à la fois, mais quand on construit un nouvel égout, on pourrait le faire dans les ruelles, si elles devenaient propriété municipale.On pourrait faire la même chose des tuyaux à eau quand on les remplace.Nos pavages né seraient plus ainsi défoncés à chaque in*lant par-dessus et par-dessous, chaque fois qu’un tuyau se brise.Cet avantage est si évident, que nous nous étonnons qu’on n’y ait pas pense plus tôt.L'échevin Poissant vcul pousser à l’exécution de son projet.Nous I‘y aiderons.Fred.PELLETIER.La taxe sur les successions L’on nous demande de nouveau si la taxe sur les successions entre frère et soeur est de cinq pour cent, Nous avons déjà donné tous ces détails.Répétons-les.Lorsque l’héritier est frère, soeur ou descendant de l’un ou de l’autre, la taxe à payer est de û pour cent jusqu’à $10,000, et de 5 1-2 pour cent.Mais il va de soi que cinq pour cent veut dire cinq piastres par cent piastres et non cinq rente par cent piastres.J.D.M.Adjutor Rivard M.Adjutor Rivtud virni d'èlre élu président de la Société du Purler français, dont il étail depuis dix ans le secrétaire.Rarement l’homme et la fonction se seront si parfaitement convenu.M.Lemieux fait en Chambre un discours impérialiste, en souhaitant qu’il retentisse “à travers lout l'empire”.Et.ce matin, te Canada dit: “Autonomie, tel est te principe libéral.” Tas de fareetivRl Aimeriez-vous devenir roi?Même en dépit des risques de ce dangereux métier?Eh bien! alors, allez au café! Oui, au café, c’est-à-dire dans ces endroits qu’en français on appelle élégamment rathskerler, el vous aurez des chances; il y a d’ailleurs un illustre précédent.Oyez l’histoire ou peut-être la légende: Stambouloff, — vous connaissez Slambouloff?C’élail un chef bulgare.Stambouloff, dis-je, cherchait un prince pour son pays.Il avait envoyé des émissaires un peu partout.Or, un jour, ses agents étaient ii Vienne, en train de.prendre un apéritif, dans un café lorsqu’un ami, connaissant le but de leur voyage, leur montra un joli et jeune officier attablé à deux pas d’eux: — Vous cherchez un chef d’état, voici l’arliclc.L'article était nul autre que Ferdinand de Saxe-Cobonrg-Golha.L’ami énuméra ses litres: —Ce jeune homme est le petit-fils de Louis-Philippe, qui fut roi de France; il a une jolie mine, une fortune idem et ne manque pas d’intelligence.Sur l’heure les envoyés de Slambouloff avertirent leur maître et, quelques mois plus tard, le convive du café de Vienne occupait le palais de la capitale bulgare et ne tardait pas à devenir roi, puis (sar.Les dernières nouvelles indiquent qu’il pourrait bien être, avant longtemps, empereur d’Orient.Et voilà! C'est pas plus mai’.in que ça.Maintenant que vous avez la recette, vous savez ce qui vous reste à faire.Allez au café, et tâchez aillant que possible d’être prince et petit-fils de roi.Le reste ira tout seul.Max SOREL.——¦' ¦ - - - Sur le Pont d’Avignon.Graindorge réédite pour la cent .ième fois ce matin les funérailles du nationalisme.Ce qu’il est vidé, le pôvre! “Un sénateur trouvé coupable de concussion”, lisons-nous dans les journaux.Mais, rassurez-vous, la dépêche vient de Columbus, (Ohio).•i» Pour la première fois depuis cinquante ans, on augmentera en Angleterre le salaire dus marins.Allons, colonists, un bon mouvement! Aidons l’Angleterre, noire belle-mère qui se jette le corps à la dépense, comme dirait D.-A.* * * Les naïfs ou les habiles qui croient qu’un scrutin parlementaire suffit à disposer d’une question feront bien de méditer le commentaire que la Gazette, conservatrice, fait de l’amendement Mondou.“Les problèmes visés par cette déclaration méritent plus d’étude qu’ils n'en ont reçu dans le bref débat de mardi, et l’on en entendra sans doute encore parler.L’amendement était inopportun, mais il n’était pas petit.” * * * Nous croyons connaître le programme du débat qui aura lieu cet après-midi aux Communes.Un politicien averti nous en signale les grandes lignes: M.Borden proposera qu’on sauve l’Empire, moyennant $50,000,-000.Et il fera ressortir qu’au prix où est le beurre, c’est pour rien.En réponse: M.Laurier démontrera que le beurre ne serait pas si cher si on ne l’avait pas battu, lui, avec sa réciprocité.M.Lemieux continuera de traduire et de commenter les articles du Devoir, et les fera suivre de ceux qu’il écrivit jadis dans le Soir.M.Rainville répétera les choses qu’il n’a pas dites en 1!)10 et 1011.M.Coderre parlera de la corruption libérale dans Hochelaga.M.Jos.Deniers rechantera le libera du nationalisme; cependant que Me D.A.Lafortune, ancien député indépendant, narrera dans le style dont il a le secret, comment il a trouvé, tel suint Paul, son chemin de Damas.Et M.Forget proposera l’ajournement.On conçoit (pie ça sera plein d’intérètS.Le Veilleur.SOMMAIRE PAGE 2 —Les victoires de la Grèce (Nouvelles des Balkans).—.4 la Chambre de Commerce.PAGE :t —LETTRE D’OTTAWA, Georges Pelletier.—L’enquête sur Tècliouement du Royal George.—Le traité de Lausanne a été adopté hier.Le Musique à Montréal.PAGE 4 LA VIE SPORTIVE:— —Cazeaux n’a pu réussir à vaincre Constant Le Marin, * * • —Dans le monde ouvrier.PAGE 5 1 —La législation crtncernanl les Ci es de fidéi-eommis.—Les houillères devraient appartenir an gouvernement.—Les disciples de Loyola en Aile magne.DERNIERE PAGE —Toutes les nouvelles de la dernière heure.“ Luuise ” de Charpentier.— Par Arthur Laurendeau UN DEBUT MOUVEMENTE.—QU ESTIONS D'ORDRE, DE PRIVILEGE, ETC.— LES DOCUMENTS PUBLICS ET LES DEPUTES MI- NISTERIELS.— LA COMMUTATION DES TAXES SCOLAIRES.— LA REMUNERATION DES CONSEILLERS MUNICIPAUX.Québec, 3.—La séance de cet après-midi a été la plus mouvementée de la session, mate d’un mouvement gai qui n’a laissé aucun souvenir désagréable.A propos d’un tout.petit débat sur les concasseurs au cours duquel trois ou quatre députés s’étaient interpellés un peu plus que ne le permettent les règles de la Chambre, dont on se moque assez souvent ici, M.le Président invita la Chambre à se montrer plus sage.On le prit au mot, et quand M.Stein, député de Kamouraska, un débutant, à la voix bien timbrée, mais un peu prétentieuse, demanda la production d’un document se rapportant à l’hospice Sainte-Anne de la Pocatière, M.Prévost, le procédurier retors et M.Lavergne se mirent à le guetter comme le chat guette la souris.Et M.Stein n’avait pas dit dix mots qu’il était déjà rappelé à l’ordre.Il avait fait allusion à un débat antérieur.En effet, l’autre jour, vous vous rappelez, M.Bérubé, de Témiscouata, émettait des doutes sur l’existence de l’hospice de Sainte-Anne de la Pocatière.Or, il est défenlu de faire allusion à un débat antérieur de la même session.Donc, rappel à l’ordre par M.Prévost, soutenu par M.Lavergne el combattu par MM.Taschereau et Caron, de l’Islet—non des Iles de la Madeleine.Le Président recommande au jeune député d’éviter lt*s allusions aux débats antérieurs.M.Stein croit tourner la difficulté en lisant uns lettre adressée au ministre de l’Agriculture.Question de privilège cette fois.M.Prévost dénonce le système pratiqué par certains ministres de communiquer à coi lains députés des documents dont la Chambre seule a le droit d’ordonner la production.M.Caron soutient que ce n’est pas un document public.M.Lavergne rétorque que ce.ne peut être autre chose qu’un document public puisque le député de .Kamouraska en demande la production.On n’insiste pas trop sur ce point et M.Stein veut continuer.Question d’ordre encore par M.Prévost qui cite Bouri-not pour démontrer qu’un document public ne peut être lu s’il n’est déposé devant la Chambre.M, Taschereau répond par d’autres citations de Bourinot et le Président décide que pour savoir si c’est un document public ou privé, il faut qu’il en entende la lecture.M.Stein en reprend la lecture en omettant la première partie qui fait allusion au débat antérieur.Question d’ordre: il faut commencer par le commencement.M.Stein recommence.Mais le commencement, c’est une allusion au débat antérieur.Double question d’ordre cette fois: celle de l’allusion nu débat antérieur et celle autre qu’il est irrégulier de citer un doeurpent dont on demande la production.Le Président s’en tire en décidant qu’on n’a pas le droit de faire allusion à un débat antérieur.L’opposition applaudit bruyamment, et M.Stein abandonne la partie.L’incident a duré plus d’une demi-heure.• « « L’on passe ensuite au projet’de M.Perron qui retranche des statuts refondus ks articles permettant aux commissaires scolaires de commuer les taxes des corporations industrielles.M.Tellier demande quelles bonnes raisons l’on peut donner à l’appui de ce changement.M.Perron dit (pie le statut actuel permet aux compagnies de faire des demandes auxquelles les corporations municipales n’osent pais résister et qu’ainsi la cause de l’instruction publique perd des sommes considérables.M.Cousineau demande que l’on cite des cas.M.Gouin répond qu’à Valleyfield la commission a perdu $90,000 par ces commutations.Le député de Jacques-Cartier ne paraît pas très convaincu de la nécessité de celle loi.Si l’exemption de taxes est avantageuse pour une municipalité, elle doit l’être autant pour une commission scolaire.Il soupçonne qu’on veuille se servir de celle loi comme instrument pour régler certaines difficultés privées.Le projet est finalement volé el MM.Gouin et J.Décarie échangent des regards qui semblent justifier les prévisions de M.Cousineau.Craignant probablement un vote, M.Langlois, de Montréal, a pris la porte.* # * Le projet de M.Walker permettant aux municipalités de villes et de villages, de payer leurs maires et échevins passe aussi.Sans y avoir des objections invincibles M.Tellier aime à connaître, l’opinion du premier ministre.Quant à lui, il trouve que c’est en somme décréter que tout esprit public a disparu dans cette province, el que tout service rendu à la communauté devra être payé à l’avenir.Le premier ministre ne voit pas d’objection puisqu’on laisse les municipalités maîtresses de faire ce qu’elles voudront.Un projet de M.Daigneault pour accorder certains privilèges aux compagnies d’assurances mutuelles quant aux frais judiciaires esl moins heureux: on l’étouffe en comité général de la Chambre.* SP 35 M.Lavergne a demandé à M.Dcvlin s’il a réellement opté pour Tc-miscamingue ou s’il garde Nicolet et Témiscamingue comme les journaux le prétendent.Le ministre a répondu qu’il avait déclaré à la Chambre qu’il optait pour Témiscamingue et qu’il n’avait pas changé d’opinion.Jean DUMONT.WALSH ET L’IMPERIALISME L’ex rédacteur en chef du “Herald” déclare qu’il est temps de reprendre la lutte de La Fontaine et de Baldwin pour le “ Self government /L MONTRE LES DESSOUS DE L’ORGANISATION IMPERIALISTE.- UN ARTICLE A LIRE Les lignes qui suivent sont la substance d’un article déjà paru dans l’Action.Aux remarques que je fis alors sur Louise, j’ajoute quelques notes et éclaircissements, et c’est à l’occasion, mais non pas au sujet de la reprise d’hier.Mon cher ami, M.Ouimet, a l’obligeance de me céder sa place; je ne ferai que confirmer par des raisons nouvelles, et par d’autres qui sont les siennes, le jugement très sûr, très équitable qu’il a porté, ici même, sur l’oeuvre de M.Charpentier.Je désire qu’on ne soupçonne pas ce jugement d’être inspiré par je ne sais quel parti-pris de dénigrement, qui tout autant que l'excès d’indulgence, s’oppose à une saine et bonne critique.Dans la mesure de mes faibles forces, je veux essayer de découvrir quelle est l’exacte valeur de cet opéra qui a fait couler laid d’encre depuis quelque temps, quel rang il me semble qu’il occupe dans Thistoire de la musique dramatique, Ecrivant pour les honnêtes gens, j’emploierai le moins possible le “jargon” d’orchestre, et n’essaierai pas d’en imposer par la spécialité de mon vocabulaire.Compris de tous, je me tiendrai pour trop heureux si, par surcroît, je puis ne pas déplaire aux délicats.Le roman musical de M.Gustave Charpentier se donne pour une déclaration de guerre àu “Père Préjugé” et à la “Mère Routine.” Le mot esl de l’un des protagonistes de Louise, et au commentaire qui le souligne el l’éclaire.Ton sent bien que l’auteur, l’action suspendue un moment, parle ici pour son propre compte.Les amis et les admirateurs du jeune maître, c’est ainsi que déjà aux environs de 1900, on appela l’auteur de Louise, se sont d’ailleurs chargés d’expliquer sa pensée, et ( ’est par eux que nous savons au juste à quel “Préjugé” et à quelle “Routine”, il est venu mettre fin et par quoi il entendait remplacer ce vénérable couple.“Avec Louise, écrivait, il y a quelques années, dans la Revue de Paris, un des plus zélés partisans de l’esthétique nouvelle, M.Emmanuel, (qui du reste, se montre justement sévère à l’endroit de certaine théorie morale dont celte oeuvre est la mise en action), c’est la première fois que la “vie réelle” fait son apparition sur le théâtre lyrique.Ce qui régnait jusqu’ici, sur “la scène où Ton chante”, c’est “Tart noble”, lequel représente des gens affublés d’une certaine défroque, brillante et traditionnelle, avec le droit d’être ridicules en restant “nobles” —“dieux et demi-dieux, héros casqués, militaires chamarrés, orientaux dorés sur tranches” — Cet art noble, M.Charpentier en a violé le temple avec éclat et avant d’examiner s’il est le premier profanateur, j’accorde volontiers que pour le choix des personnages et Tart du costume, Louise est aux antipodes de Siegfried, de La Reine de Saba et du Crépuscule des Dieux, par exemple.- Ici se pose la question : pour exprimer “logiquement la vie vraie”, l’oeuvre musicale destinée, à la scène, est-elle soumise à des conditions de milieu el d’époque et “Topera en blouse” est-il la forme la plus parfaite, sinon Tunique forme du drame lyrique?Louise n’autorise pas à répondre par l’affirmative.Quelle réalité la musique — je parle de musique dramatique,—est-elle susceptible de traduire?La nature, d'abord, surtout, Tâme, la plus vivante de toutes les réalités, puisque seule elle ne contient pas en soi un germe de mort.Or, je vous le demande, où trouver un sentiment do la nature plus pénétrant, une peinture de l’âme plus profonde que dans Siegfried et dans Tristan et Yscult?deux oeuvres écrites selon la formule conlre laquelle on prononçait tantôt de si sévères condamnations.Sans doute, les héros sont ici des êtres de légende, des demi-dieux, si Ton veut, mais le génie de Wagner a su faire pénétrer en eux des traite d’une si profonde humanité, que chacun de nous peut s’y reconnaître.Allons I no transportons pas dans le domaine musical, Terreur de Zola et de tous ces réalistes dont M.Beaumier nous racontait récemment les iribula-lions dans la Revue des Deux-Mondes, et si la formule suivant laquelle esl conçue Phèdre, n’est pas inférieure à celle qui a inspiré le Contrôleur des Wagons-lits, n’allons pas dire qu’en vertu des lois de l'esthétique, Parsifal ne vaut pas La Réunion du dix août ou le Voyage en Chine.A y regarder d’un peu près, il se trouve que c’est le peintre de Montmartre qui s’écarte le plus de la réalité, non pas sans doute, dans le choix des personnages, mais dans Tart de les présenter à nos yeux.Quels fantoches, quels personnage de mascarades, que ces gueux, ces noctambules, ces pelites ouvrières de Tntelier de couture! chez la plupart, quel manque de sinccrilé dans l'attitude; comme cela fait mal à voir et à entendre! El il y a encore là-dedans le monde des pelits artistes, des ratés, Tnf-freux monde de la bohème.La bohème! Ouelle chimère! De quelque poésie que notre jeunesse Tait voilée, quelqu’enchantemcnt qu’elle exerce sur les âmes naïves, de quel-qw-nnteque qu’on ait couvert sa pauvreté morale, elle n'en reste pas moins dans la réalité la forme la plus niaise, la plus prosaïque du nihilisme impuissant et verbeux.La bohème, c’est la contrefaçon de Tex-istence, le carton pierre de la vie; c’esl pour parodier le livret, de la paresse et de la bêtise en chansons; c'est la course ignoble à la pièce de cent sous, la saoûlerie abêtissante, les haillons et la faim.La bohème de Charpentier est la pire.Son Julien n’est qu’un odieux pet de loup, phraseur et poseur sans vergogne, marchand d’orviétans, cabotinant à perte d’haleine, d’une petitesse d’âme à faire pleurer ,et professeur de morale, par surcroît.11 exalte l'union libre en un style pompeux et pompier, en des sophismes bruyants et pédants qui n’ont même pas Tat-trait de la nouveauté.C’est ainsi qu’on y retrouve la tirade sur la “souveraineté de l’amour”, sur le “droit au bonheur”; des anathèmes contre cette vieille bête de tradition qui continuent les divagations du 18e siècle; sur le “développement de toutes nos virtualités.” On le voit, à l’analyse, il semble bien que l’esthétique nouvelle n’ait pas donné tout ce qu’on nous promettait.Mais il y a plus et ces doctrines elles-mêmes n’ont pas l’avantage non plus d’être neuves.Trente ans avant M.Charpentier, Mous-sorgski faisait représenter son Boris Godounow, qui, sous uno étiquette historique, a pour véritable protagoniste le peuple, la grande foule anonyme, et il n’était pas permis de l’ignorer après les articles retentissants par lesquels Debussy tâchait de faire connaître en France le grand musicien, après les études que lui avaienl consacrées des musicographes comme Pierre d’Alheim et Albert Soubies.Il n’était pas permis d’ignorer que M.Bruneau avait tenté les mêmes essais dans l'Attaque du Moulin et Messidor.Je sais bien qu’il n'est pas le premier auteur à qui pareille mésaventure soit arrivée.Taine ne se crut-il pas l’inventeur de la théorie de l’abstraction, laquelle dans sa forme achevée, appartient en propre à saint Thomas d’Aquin?Mais Taine avait une excuse.Avant de quitter le livret et d’aborder la musique, disons un mot du style.La forme, au moins, rachète-t-elle un peu les faiblesses et la vulgarité du fond?Hélas! hélas! Depuis que le Florentin Lulli a introduit l’opéra en France, il s’est fait de la bien belle musique — de Tautre aussi — sur de bien mauvais livrets.Après la littérature de cantiques, je crois que celle-là est la pire.Déjà, de son temps, Despréaux raillait Quinault.Que dirait-il de Louise?Au fait, il n’en parlerait pas, ce libretto n’appartient pas à la littérature.Dégustez ce dialogue des midinettes (avant la lettre) puisqu’il faut citer: — P’tite imbécile! tu n’vois pas qu’ça craq’?— T’en as un caractère! — Tu n’t’es pas r’gardée! — Ya donc! eh! bouffi—” — Après la querelle, la confidence sentimentale: — “D’où vient ce sentiment qui m’attire cons tamment vers les hommes?— Moi quand j’suis dans la rue, tout mon être prend comm’ feu.” Ecoutez les déclarations extatiques des deux protagonistes: — La Ville m’a donné la Fille.— L’amour de la Fille te donnera la Ville! — Quant à ce que chantent les gueux et les gamins, j’aime encore mieux le “Boum à la ka boum” braillé par les carabins de Laval.Mais j’ai eu tort de citer.On va croire que j’ai choisi.Ouvrez la partition au hasard.et si, dès la première page que rencontreront vos yeux, votre goût n’est pas offencé, c’est qu’il n’est plus sensible aux outrages que peut subir la langue française.N’était la morale, je conseillerais ce livret, dépouillé de sa musique à la direction du Nationoseope.Je vous prie de efoire qu’il n'éclipserait ni Félix Poulrc ni la Porteuse de pain.Mais ne le dépouillons pas de sa musique; c’est par elle, par elle seule qu’il mérite de fixer notre attention.Henri Heine, le mallre-chanteur qui a dit des choses si justes et si profondes sur la musique, la définissait un jour: Une “médiatrice crépusculaire” entre la “pensée” et le ‘'phénomène”.Crépusculaire ou non, la musique de A Charpentier pour simplement exister, devra être une médiatrice fallacieuse.Le “phénomène”, qu’est-il en effet?Ce sont les marionnettes que nous avons vues s’agiter tantôt, c’est le roman tel que nous Ta-vons analysé.Pour être évocatrice de vie et de pensée, la musique ici, devra donc traduire autre chose que le texte, elle/devra le dépasser.Lorsqu’elle y parvient, ce “paradoxe pathétique” cause une émotion d’une espèce rare; mais il était impossible du’avec tout son talent, l’auteur de Louise y réussit toujours.La grande erreur de M.Charpentier fut d’avoir associé sa musique à son roman.Avec cc plomb dans l’aile s’il a pu s’élever parfois et planer, incapable de soutenir longtemps son vol, trop (Suilc à la 2c page) Tous ceux qui sont un lieu au courant des dessous politiques, prévoyaient que le départ dû Herald de son brillant rédacteur en chef, M.J.C.Walsh, serait suivi d’une campagne de presse qui ne manquerait pas d’attirer l’attention de tous les hommes réfléchis.Quelles que fussent ses intentions, au moment de son départ, notre confrère avait trop l’habitude du journalisme, il avait aussi trop de choses à dire pour rester indéfiniment silencieux.La brève note qu’il nous avait donnée au moment de l’élection d’Hochelaga indiquait la tendance de son esprit.Il publie aujourd'hui dans le Colliers un article qui devrait être lu de tous les Canadiens qui s’intéressent aux questions publiques.4re there limits to Canadian self-Governincnt?sc demande notre confrère, et il en conclut que l’heure est arrivée—tant la pression des impérialistes a été heureuse et forte — de reprendre la bitte de La Fontaine et de Baldwin.Il donne en même temps, sur les dessous de l’organisation impérialiste, les détails les plus curieux.Il est impossible de résumer cet article, et nous ne pouvons en donner aujourd’hui que des extraits.Cette appréciation, d’abord de la Marine Laurier cl des liens qui la rattachaient aux autorités impériales : LA MARINE LAURIER I.a loi navale du gouvernement Laurier prévoyait, à la vérité, une marine canadienne; mais les autorités anglaises n’en abandonnaient pas la maîtrise (control) comme elles avaient fait dans d’autres cas.Elles se réservaient la maîtrise réelle.Un navire doit se mou- voir en mer; et partout où il se mouvait èn mer, un navire canadien tombait sous la direction anglaise.Ses déplacements devaient être dirigés de Londres d’où les fonctionnaires aviseraient le gouvernement canadien de ce qui aurait été fait.Pour les temps de crise on avait pourvu à d’autres ficelles, toutes se rattachant à un bureau de Londres.Nul doute que les autonomistes du parti libéral avaient l’espoir que tout, avec le temps, irait bien et qu’on admettrait la maîtrise réelle du Canada.Mais la nécessité réellement existante d’agir autrement qu’on aurait dû agir, c’est-à-dire, en conformité avec, tout le développement de l’autonomie canadienne, comportait un mouvement vers l’annulation du principe autonomiste.Si Sir Wilfrid Laurier avait dit à celte époque que nous aurions une marine vraiment canadienne, avec une maîtrise canadienne absolue, grand nombre de Canadiens se seraient ralliés à lui, assez, peut-être, pour lui aider à l’obtenir.Evidemment il douta de la valeur de cet appui.Puis, à la suite d’une longue discussion des divers modes de représentation dans les conseils impériaux, ce tableau d'ensemble: LES DEUX TENDANCES Sous la surface de tout mouvement qui a existé au Canada il y a toujours eu et ü y a encore un conflit entre, d’un côté les partisans d’un gouvernement autonome, dont le principe est bon en lui-même et susceptible d’une assez grande élasticité pour faire face à tous les {Suite à la 2c page) LE DEVOIR, MONTREAL, JEUDI, 5 DECEMBRE 1912 vUL.III.— NO.2KL LES VICTOIRES DE U GRECE Le cabinet d’Athènes n’attendrait plus que la chute de Chios et de Janina pour signer l’armistice.— On considère comme exagérées les rumeurs à l’effet que l’Autriche songerait à manifester son mécontentement par une déclaration de guerre LES RELATIONS ENTRE BULGARES ET GRECS SONT DES PLUS CORDIALES Questions musicales M.Walsh et l’impérialisme il ne ! Londres, — On ignore encore si la Grèce a signé l’armistice.Les gouvernements alliés s’attendent à ce qu’elle le fasse, vu que le protocole contient une clause qui ne permet pas aux garnisons de s’approvisionner, ce à quoi la Grèce était fortement opposée.Le seul fait que la Turquie a accepté cette clause prouve que ses forteresses sont peu en danger de se rendre immédiatement.il est possible que deux conférences siègent concurremment à Londres, la semaine prochaine.Le ministère des Affaires Etrangères rie l’Autriche a appris hier la proposition ri’une réunion des ambassadeurs.Le cabinet autrichien approuve, dit-on, cette idée.Mais ie comte von Berchthold ne donnera sa réponse que plus tard, car il désire consulter les membres de la Triple Alliance auparavant, et comme l’Allemagne est en faveur de la conférence, on espère que l’Autriche approuvera le projet, il est donc probable que les ambassadeurs se réuniront en même temps (pie les délégués.En ce qui concerne le différend entre les alliés, on dit que le gouvernement grec a adressé, samedi dernier, un appel digne et louchant aux gouvernements alliés, les suppliant de ne rien faire qui puisse affaiblir la ligue ou la mettre en danger.En même temps la Grèce offrait toutes ses ressources navales et militaires pour le cas où la Turquie refuserait d'accepter des conditions moins défavorables à ce que la Grèce regarde comme les plus grands intérêts des alliés.Il esl admis que cel appel constitue un document historique important et qui montre que la Grèce loin d’avoir l’intention de rompre avec la ligue, a fait les plus grands efforts pour la maintenir telle qu’elle avait été constituée tout d’abord.La rivalité entre les alliés Vienne, 5.— L’Autriche regarde la ligue balkanique comme virtuellement dissoute, étant donnée la rivalité qui existe entre la Grèce et la Bulgarie pour la possession de Salonika.LA THEVE Constantinople, 5.—L ue note officielle rapporte qu’un armistice a été conclu avec la Bulgarie, la Serbie et le Monténégro.L’état de guerre avec la Grèce conlinue.Quoique les termes du protocole ne soient pas rendus publics, l’on sait que la question du ravitaillement des villes assiégées, a été abandonnée, le gouvernement ayant constaté que les villes avaient assez de munitions pour attendre la conclusion de la paix.La seule chose communiquée of-ficiellemenl à la presse est (pie les troupes demeureront aux postes qu’elles occupent présentement.Il est sous-enlendu que l’armistice n’esl pas limitée.On rapporte que les délégués turcs et bulgares tiendront une assemblée demain à Baglitche dans le but de fixer les préliminaires de la conférence de la paix.Grecs et Bulgares LA PRESSE GRECQUE COMMEX TE LES CONDITIONS DE L’ARMISTICE Athènes, 5.— Une déclaration semi-officielle nie le rapport disant que les Grecs et les Bulgares se seraient battus à Serres.Les relations les plus cordiales exislenl entre les deux armées.Cette declaration ajoute qu'il > a des raisons de croire (tue les pourparlers qui ont actuellement lieu entre les Etats balkaniques au sujet de la paix auront pour résultat d'atteindre le but visé, c’est-à-dire la libération des populations chrétiennes.Athènes, 5.— La presse grecque commente la signature de l’armis-)ice et elle est unanime pour exprimer l’espoir que le gouvernement continuera, si c’est possible, la guerre sans ses alliés.D’après les rapports reçus de Su-lonique, les Grecs éprouvent beaucoup de difficultés en Epire.1/armèe turque qui s’est retirée de Monastir ne s’est pas rendue, mais des détachements peu considérables se soumettent.Une communication officieuse lu ministère de la marine raconte tes opérations de la Hotte turque depuis ie commencement de la guerre.Cette Hotte a transporté treize mille Bulgares et trois mille inimaux.Ge_s navires, partis de Salonique, le 27 novembre, se sont rendus à Pedeaghatch le jour suivant ils y furent reçus par une escadre de la îlotte grecque de la mer Egée.Toutes ces troupes furent débarquées.Londres, 5.— Une dépêche de Constantinople annonce que les forces grecques et bulgares ont atteint le golfe de Saros sur quarante transports.Les navires grecs ont >ombardé les forts de Bélair et la Ulle de Gallipoli.L’autonomie de l’Albanie L’ENTENTE EST DEJA FAITE SUR CE POINT ENTRE LES PUISSANCES Rome, f>.— Le Giornale d'Ilalia, parlant des négociations de paix, Ail que les puissances confieront à leurs ambassadeurs respectifs à Londres la tâche de régler, con- Iofntcment avec sir Edward Grey, es questions soulevées à la suite île la guerre des Balkans.Au sujet de l'autonomie de l'AI- i»anic, ce journal dit qu’une enten-e a été fuite entre les puissances, >' compris la Russie; on espère qu'on en viendra à une solution pacifique et qu’un port sera donné a }ü Serbie sur l’Adriatique , En Bulgarie ON ATTEND AVEC ANXIETE, A SOFIA, LA PUBLICATION DE LA LISTE DES VICTIMES DE LA GUEfiHE.Sofia, a.— Les noms des délégués bulgares à la conférence de Londres, n’ont pas encore de transmis à la presse.On croit que le Dr Deneff, président de la Chambre des députés, fera partie de la délégation.On espère qu’il visitera Bucharest avant de partir pour Londres.La satisfaction de l’opinion publique serait plus grande si ce n’était l’attitude de la Grèce, qui non seulement cause des ennuis, mais fait appréhender des difficultés entre celle puissance et les alliés.Les journaux de Sofia n’ont pas commenté la signature de l’armistice.Le peuple a reçu cette nouvelle froidement.Les listes des victimes de la guerre ne sont pas encore parues el des centimes de familles ne reçoivent pas de nouvelles de leurs parents.Le Mir annonce que la garnison d’Anririnople a commencé le bombardement du camp ennemi à huit heures mardi soir.Mégalomanie ’EST AINSI QU’EN CERTAINS QUARTIERS L’ON CARACTERISE [.’ATTITUDE DE LA GREGE.Constantinople, â.— Il se fait beaucoup de conjectures sur les motifs réels qui ont engagé la Grèce à s’abstenir de signer l’armistice.On croit généralement que le rejet des demandes spéciales de la Grèce ne justifie pas suffisamment l’attitude indépendante du gou-vernement d’Athènes.Ces demandes concernaient la reddition de Janina et des garnisons des îles de Chios et de Myüléne.En certains quartiers on qualifie l’attitude de la Grèce de mégalomanie résultant de l’exaltafion des idées.Suivant une autre opinion, la Turquie aurait réussi à jeter le désaccord entre la Grèce et les Etats slaves en exploitant adroitement le froissement qui s’est produit entre Grecs et Bulgares à propos de la prise de Salonique.Chios et Janina ON DIT QUE LA CAPITULATION DES DEUX GARNISONS EST IMMINENTE L’opinion de la presse française LA SITUATION EUROPEENNE EST GRAVE MAIS UNE GUERRE N’EST PAS PROBABLE Londres, 5.—Le correspondant du Post à Constantinople, dit: “D’après ce qu’on m’a déclaré hier soir à la Porte, je conclus que la chute de Chios et de Janina est imminente et que la Grèce signera l’armistice immédiatement après.Le correspondant du Duitij Telegraph à Belgrade assure que l’Autriche presse encore le gouvernement serbe de répondre immédiatement à ses demandes.“La situation, ajoute le correspondant, est critique, même dangereuse.On rapporte que l’Autriche a maintenant ,'100,0(10 hommes à proximité de la frontière serbe et un grand nombre de vaisseaux sont prêts à transporter les troupes sur le Danube et la Save.” D'après une dépêche de Sofia au Daily Mail, chaque Etat nommera trois délégués, dont un militaire, à la eonterence de la paix.Les Bulgares nommeront probablement M.Guechoff, premier ministre; le Dr Deneff, président de la Chambre, et le général Savoir ou le général Eitcheff.Le général Savoir a été nommé administrateur du territoire conquis en Phrase, avec quartier-général à Kirkilissé.Les délégués turcs, dit une dépêche de Constantinople au Daily Mail, ne seront pas nommés tant que la Bulgarie n'aura pas nommé ses plénipotentiaires.Des délégués turcs d’un rang égal seront alors choisis.Rumeurs alarmistes ON AURAIT EXAGERE LES IN TENTIONS BELLIQUEUSES DE L’AUTRICHE Londres, 5.— Le Times publie la dépêche suivante de son correspondant à Vienne: “Les rumeurs alarmistes d’une action immédiate de l’Autriche peuvent être rejetées comme des exagérations.L’attitude de l’Autriche sur lu question d’un port serbe sur l’Adriatique n’est pas encore absolument définie, el avant (pie les propositions autrichiennes ne soient communiquées à la Serbie, elles seront probablement soumises aux puissances.” Une dépêche de Belgrade au même journal dit: “Se rendant aux désirs des puissances européennes, la Serbie est tout à fait disposée à entamer des négociations amicales.” D’après une dépêche d’Athènes, un communiqué officiel dit que l’attitude de la Grèce a été admise par les autres nations alliées.Une notification à la Porte Constantinople, 5.tsmaïl Ramai Bey, chef des Albanais, a notifié à la porte la proclamation de l’indépendance de l’Albanie.Il demande l’appui de la Turquie.Ismuïl Kemal dit que les Albanais sont attachés à l’empire ottoman el au Califat et que la proclamai ion d’indépendance esl destinée à sauvegarder les intérêts de l’Albanie en un temps où le pays esl occupé en grande partie par les cnucnùs.(Service particulier) Paris, 5.— L’impression grandit ici que beaucoup des vues pessimistes, au sujet des effets de la guerre des Balkans sur les puissances européennes et d’une conflagration générale, sont dues aux exagérations gratuites de la presse sensationnelle.Le TEMPS Le Temps, dans un article de fond, ce soil', s’occupe de l’erreur faite par le chancelier de l’empire d’Allemagne, Dr von Bethman-Hollweg, dans son discours d’hier.Il attire l’attention sur les paroles normales et paciques de sir Edward Grey, de MM.Asquith, Poincaré, Sasonoff, Kokowtzoff et du comle Berchlold.Depuis le début de la guerre, tous ces hommes d’Etat ont plaidé en faveur de la délimitation du théâtre de la guerre, aussi bien que pour la nécessité de considérer, d’un esprit juste et sans prévention, ce qui se rapporte au réglement paisible des prétentions des alliés des Balkans sur les terri-toires qu'ils ont conquis aux Tu res.Le Temps a, sans aucun doute, raison lorsqu’il dil que le chancelier a saisi ceci comme une occasion de donner une satisfaction publique à l’Autriche au moment où une partie de la presse autrichienne commençait à parler assez hautement et assez froidement de l’alliance avec l’Allemagne.Un journal parisien du soir publie une note apparemment inspirée, mettant le public en garde contre les nouvelles de la presse à sensation relatives au conllit européen.Cette note dit que les grandes puissances se préparent à toute éventualité et s’arment, afin de ne pas être prises au dépourvu.Qu’y a-t-il d’extraordinaire à-ee la?demande le journal en question.Cela ne veut pas dire que la guerre est inévitable.La situation est grave, il n’y a pas à se le radier, mais pousser le pessimisme à un point exagéré, alarmer l’opinion publique et l'exciter à des sentiments belliqueux esl assurément une grave erreur.En réalité, la situation n’a pas changé d’un iota.LE JOURNAL DES DEBATS Le Journal des Débals, parlant du discours du chancelier allemand, dit qu’on ne peut y voir aucun encouragement au gouvernement austro-hongrois à prendre l’initiative contre la Serbie, mais, au contraire, les paroles du chancelier allemand découragent l'empire dualiste de toute initiative.En France, le sentiment est que la presse à sensation est responsable pour tout le pessimisme qui règne et augmente ici, et les journaux qui se sont engagés dans cotte voie assument ainsi une très grave responsabilité.-—- En faveur de FOeisvre de la Crèche Réunion des Dames Patronnesses à la Miséricorde.eu lieu au con-gé- Hier, à 3 h.p.m., a vent, de la Miséricorde, la réunion nerale des Daines Patronnesses d< t rerhe, sous la présidence de Madame 0.L.Hérault.1 n grand nombre de dames avaient répondu à l’appel.M.l'abbé Dupuis, aumônier de l'Oeuvre, prononça un éloquent plaidoyer en faveur des pauvres petits abandonnes qu il faut recueillir, nourrir, ins-iruire, élever, réhabiliter.Et ce n’est là qu un côte du dévouement des religieuses dont la bonté s'étend jusqu’aux malheureuses coupables, qu'elles ten tent —- par mille moyens — de moral! ser et de convertir.M.l’abbé Dupuis remercie les gêné Jeux donateurs, l e petit bas de Noël, la conférence de l't Diversité, le euchn annuel et la fetG de charité \ictoria .ont rapporté le joli denier de trois i mille dollars.Après la lecture du compte-rendu, eut lieu une audition musicale au cours de laquelle madame Christin Lamothe fut chaleureusement applaudie.Durant le salut du Saint Sacrement, la collecte fut.faite par Madame P.B.Lanctôt ci Madame René de Cotret.Notre sympathique chanteuse.Madame ( .A, Desmarais, et Madame Chris tin I.atnothe se firent aussi entendre.Parmi les dames présentes, nom avons remarqué Mesdames Joseph 1.amoureux, .1.!.Archambault, .1 O Lemire, J.N.Dupuis, J.|>.Rottot, Gcrin-l.ajoie, W.,1.Heroine, .1.U Emurd, V.L.Hémvult, J, Masson S Lachapelle, V.Larose.A.I.assallc,’etc -4- Mort du colonel Gracie survivant du “Titanic” .New-York, 5.- Le colonel Archibald Gracie, un des survivants du ‘'Titanic” échappé par miracle à la mort, est décédé hier, dans son appartement.On croit (pie le colonel est mort des suites du naufrage du “Titanic”, bien que les médecins prétendent qu'il souffrait d’une complication de diverses maladies.Pendant sa maladie le colonel ne faisait que parler du naufrage, et, de plus on croit que le livre qu'il vient de terminer, "La vérité sur le “Tita-nicj’, l’avait beaucoup fatigué.Il s'était tenu en rapport continuel avec les survivants et n’avait corrigé les dernières épreuves que la semaine (4^ **n < Vl (Suite de la 1ère paget souvent il rase le sol qu-and s’y traîne pas misérablement.An reste qu’on le sache bien, Louise n’apporie aucune eontribu-fion nouvelle à Part musical.Ce n’est pas l’oeuvre d'un chef d'école.Avant de dire ce qui manque à cette musique, reconnaissons-en les mérites.Elle a rie la poésie: elle a su peindre harmonieusement le décor où s’agitent Us personnages de Louise.Le soir dans un logis d’ouvrier, un matin d’avril, un coin de paysage, un peu rie ciel, elle a su parfois évoquer cela d’une façon pénétrante el douce.Parfois aussi, cette inushfue, est débordante de vie amusante, par exemple dans le tableau du Paris qui s’éveille.Une fois débarrassé des entraves du texte, elle a été expressive, toujours et même une fois avec lui, et ce fut pour chanter la berçeuse du dernier acte.Et puis, quand j’aurai dit que son orchestration, d’un coloris trop voyant, pour ne pas dire violent, dcci delà, témoigne d’une réelle habileté dans l’art de grouper les sonorités diverses, leb timbres, je ne sais plus ce que je devrai dire encore pour rendre justice à M.Charpentier.Et maintenant voyons les insuffisances de celte musique étudiée non plus en fonction du texte, mais seule et séparée de lui.11 semble, que mise en face de deux écoles, le wagnérisme et le réalisme — ce dernier commençant en 1900 à se transformer pour devenir l’impres-sionisme de Debussy,—M.Charpentier a été tenté par les deux, sans opter franchement pour l’une ou pour l’antre.11 y a dans Louise une façon d’accuser les détails, de noter la pensée en des phrases brèves, presque des points, une volonté évidente aussi de rejeter les variations et les développements qui rappellent beaucoup Part des impres-sionistes.Ce qui n’a pas empêché M.Charpentier de faire de larges emprunts au génie wagnérien, caractérisés surtout par un usage véritablement abusif du leit motiv.Deux idées musicales se partagent tout l’opéra et en composent toute la matière: le motif d’amour en arpège et celui de Voilà le Plaisir, Mesdames.On ne trouve dans toute la partition que la métamorphose de ces deux thèmes.Ils emplissent de leurs retours obstinés et lancinants, les pages tour à tour Iristes ou gaies, tes heures grises ou ensoleillées, les coeurs amoureux et méchants.Ils fleurissent sur les lèvres de la bien-aimée, ils éclosent sous les doigts du poète, ils bourdonnent dans l’atelier, ils s’estompent dans la mélancolie du soir, s’étranglent dans la gorge du père malheureux et se perdent au loin dans la fuite éperdue de Louise vers le plaisir.Plus encore que par l'incertitude de la forme, l’oeuvre est caduque par la façon dont y est traité le récitatif.La déclamation des personnages est sans justesse et sans vérité.Aussi bien, quel accent, quel rythme, quelle métrique, un Rameau lui-même aurait-il pu donner à ces propos: “J’peux pas arriver à finir c’corsage! sur l’mannequin, c’est bien, mais sur la femme! Faut lui melt’ du crin sous les bras?” Si je ne craignais d’abuser de l’hospitalité du Devoir, je montrerais comment le mauvais goût de M.Charpentier l’a encore desservi, même en des endroits généralement admirés, et pour lesquels je l’ai loué tout à l’heure; par exemple, le tableau du Paris qui s’éveille.Nous sommes ici condamnés à entendre tous les cris des marchands de la rue.On ne nous fait grâce d’aucun, sauf du “chaud d’tonneaux” et encore je n’en suis pas bien sûr.Et certes! je ne nie pas que cela soit amusant pour un parisien.Mais pour bien situer le décor, quelques notes, deux ou trois cris auraient suffi à un musicien de goût.J’aimerais encore, et ce serait peut-être la meilleure manière de le bien faire connaître, comparer l’art de M.Charpentier avec celui d’autres réalistes, un Moussorgski, un Bizet surtout avec qui il n’est pas sans affinité, mais ce travail nous entraînerait évidemment trop loin.Je ne puis terminer sans ajouter un mot sur l’excellente besogne qu’accomplit au milieu de nous, M.Hasselmans.Je suis particulièrement heureux de le voir prendre la place qu’il mérite.Mieux que personne, par son éclectisme si parfait, il est à la hauteur de la tâche ardue de faire l’éducation de notre public; mais combien doit-il se sentir mal à l’aise de suivre cette mode nouvelle qui nous force à applaudir le chef non plus à sa place, au milieu de son orchestre, mais sur la scène.Oh! je sais qu’il n’est pas le premier coupable et qu’il a résisté longtemps à ce mauvais exemple.Qu’il sache donc revenir au bon goût français et qu’il laisse à d’autres le soin de cultiver Part du bluff et de la réclame.A RTHUR LAUREN DEA U, Maître de chapelle au Gesù.Au Canadian Club de Londres Londres, Ang., 5.— Le banquet du Canadian Club a été remarquable pour ce que les orateurs n’ont, pas dit.On n’a pas fait la moindre allusion directe à la question navale, bien que certainement ee sujet occupât intérieurement.lollies les pensées, j M.McLean Brown présidait : il avait A ses côtés M.Walt or l.nnvj, Sir H.j Pirks, lo docteur Pym\ Thon.M.McKenzie, M.\.|„ Hilton, le comte St an I hope, sir T.Hit taker et Homar Green wood.M, McLean Brown a proposé le toast j du Dominion auquel a répondu sir •! a-mes Withney.Ce dernier a fait l’éloge du due de Connaught et a exprimé I l'espoir qu'on induirait.Son Altesse I urolointer son séjour parmi nous.(Suite de lu 1ère page) besoins et pour s’appliquer à toutes les circonstances et, d'un autre côté, ceux dont le point de mire est en dehors du Canada et qui sont prêts à faire dévier ou à abandonner le principe de l'autonomie chaque fois (pie son application peut avoir des inconvénients.En résumé la cause pour laquelle Mackenzie et Papineau combattirent sans succès, au milieu des insultes, la cause pour laquelle Baldwin et Lafontaine combattirent avec succès contre l'arrogance de leurs adversaires est la même, qui dernièrement a été battue par ta persistante et insidieuse a-gressivité de ses ennemis, au point qu’aujourd’hui, devant l’aveu de l’intention de recommander le payement d’un tribut, devant la question recouverte, sous cette forme dernière, du plus léger des voiles, aucun candidat ne s’est présenté pour prendre en main la cause de l’autonomie dans une élection qui a lieu dans la ville qui fut la cité de Papineau et de Lafontaine.La balance a penché brusquement d'un seul côté, mais le temps vient où l’on peut espérer que bientôt elle oscillera dans l’autre direction.Le plus loin on s’éloigne du naturel le plus vite on revient vers lui.Enfin, cet exposé des méthodes impérialistes, des tendances des financiers de Toronto, de leur action sur les deux partis et cet appel aux partisans de l’autonomie: LES “ROUND TABLES” Vers le même temps le Canada fut visité par quelques messieurs qui avaient justement joué une intéressante et tout probablement une importante partie dans le travail de fondation d’un grand mou-vemejit fédéral dans le Sud-Africain.Ils pensaient qu’ils faisaient aussi bien de s’engager dans le nouveau travail de fédération de l’Empire Britannique.Ils entreprirent l’organisation qui, rayonnant de la présence vice-royale du dernier gouverneur général, avait étendu ses ramifications aux extrémités du Dominion.Ils lui donnèrent de la cohésion.Ils publièrent, de Londres, tous les trimestres, un “Round Table” dont la collaboration est aussi intelligente que tendancieuse.Ils organisèrent des “Round Tables” dans les villes canadiennes, dont les membres sont si minutieusement triés sur le volet qu’un jeune Canadien, dont les confrères de collège faisaient partie de la fameuse société, apprit qu’il en avait été exclu parce que sa femme était Américaine.Le système d’index est si parfait qu’aux hommes considérés de quelque importance on donne des numéros, afin qu’on puisse mieux les trouver au besoin.Une littérature propagandiste est distribuée.Les “ Round Tables” sont en contact direct avec les esprits dirigeants de l’Angleterre.Est-il invraisemblable qu'il existe un mécanisme susceptible de provoquer en Angleterre des (iis-cours el autres incidents, quand il en esl besoin pour maintenir l’intérêt?L’ACTION DES FINANCIERS Penser autrement serait refuser aux hommes qui font de ce travail leur vie l’admiration qui leur est due.Et pourtant, à tous les points où les deux tendances se rencontrent l’influence de cette organisation est subversive du principe du gouvernement responsable et conduit à l’adoption de cette alternative: que le rôle de la direction est réservé à l’état souverain, la fonction d’aide étant assignée à la colonie.L esl une théorie logique et défendable si l’on est tory de Técole du “family compact”, mais qui ne peut s’accorder avec aucune large conception des doctrines dont les agressifs avocats ont détruit le “Family Compact.” Mais ee n’est pas tant les jeunes gens des “Round’Tables” qui ont troublé les eaux que d’autres hommes plus âgés dans les bureaux de direction.Ils ont calculé que le Canada a besoin d’emprunter ••$200,-000,000 par année; ils ont laissé entendre, eux qui ont tant à faire avec l’emprunt, qu’il sera plus facile d’obtenir cet argent en Angleterre, où l’on doit se le procurer, si le Canada n’insiste pas trop pour êlre maître de sa propre âme.Si nous voulons en tant qu’-individus, ou compagnies emprunter l’argent anglais, nous devrons agir en tant que nation, de la façon qui flattera le mieux les susceplibilités de ceux qui ont de l’argent à prêter et donl la plupart appartiennent probablement, du moins, on peut le croire, à celte école qui favorise l’idée de l’aide venant de la colonie et de la direction venant d’un département britannique.C’est ce à quoi tendent les discours faits par les chefs du groupe financier de ’Toronto.Et telle esl la raison de la pression qu’ils exercent, avec tous ceux qu'ils peuvent influencer, pour que les deux partis politiquescroient qu’il esl de leur intérêt d’étouffer toute suggestion que le Canada persévère dans la voie du gouvernement responsable, et, pour cela, limitent l'énonciation de leurs différends au minimum de ce qui esl nécessaire pour donner l’apparence de la vérité à la fiction des divergences requises et empêcher les rangs du parti de se rompre.Ils prétendent que, puisqu’ils sont obligés de trouver l’argent donl nous avons besoin, la communauté doit consentir à s’en ie-nir aux termes du marché.Quelques uns d’entre eux ont même un intérêt personnel si considérable à ce que réussissent un si grand nombre de transactions qu'ils sont disposés à faire beaucoup pour nous forcer d’obéir à leurs désirs.Jusqu’ici ils ont réussi.Mais on lient croire qu’avant longtemps la force de leurs prémisses sera mise en question et qu’on doutera de leurs aptitudes à diriger les destinées du Dominion.L’APPEL AUX AUTONOMISTES Les Anglais eux-mêmes n’ont jamais accepté volontiers l’idée qu’une obligation financière doit être payé en servilité politique.Ils peuvent l’accepter des autres; ils ne s’y soumettront pas eux-mêmes.La France, sous le Grand Roi, a essaye cela.Charles 11 et sa cour auraient pu obtenir tout l’argent dont l’Angleterré paraissait avoir besoin, en retour d'une assurance d’amitié.Les vaisseaux hollandais étaient alors dans la Tamise.Mais le peuple anglais était de meilleur “ ang que la cour vénale qui le gouvernait, el quelques années plus tard, le protégé du monarque français était expédié en France et le prince de Hollande montait sur le trône à sa place, Peu après le tory Bolingbroke était puni pour une ( prédilection analogue, et le principe du gouvernement autonome triomphait pour toujours, au sentiment des Anglais.Des hommes parlent de notre héritage, oubliant, que ceci en esl le noyau, et du même coup ils s'eu montrent et ils nous demandent d'en être indignes.Assurément, ils comptent sans leur hôte.Assurément aussi, les préteurs anglais ne trouveront pas que leurs placements soûl moins en sûreté quand ils sont faits à des gens dignes de suivre la tradition qui, après tout, fait ta gloire dis-linetive du peuple des petites îles étroitement unies.Jusqu’ici, dans Tun el l’autre de nos grands partis politiques, ceux qui croyaient que le gouvernement autonome était un principe effi-a-ce et une politique d'expansion suffisante se sont tenus sur la défensive, et sont restés passifs, règle générale.En politique les chances de succès sont pour les agresseurs.Mais il n’y a qifua temps pour la résistance passive.Et l’homme public qui dira le mot qui la changera en campagne active pour les principes qui ont été, pendant cinquante ans, incontestés au Canada, trouvera que lay graine de cette espèce, semée dans' le second quart du Itliéme siècle, -n'est pas encore stérile.Il y a de nombreux signes que le Canada de huit millions d'habitants peut regarder l’avenir avec un oeil aussi ferme que le faisait le Canada qui a trouvé son chemin vers une existence indépendante, il y a soixante ans.Ne nous trompons pas.Le principe d’autonomie esl tenu eu grand honneur par tout le peuple canadien, quel que soit le succès éphémère des efforts à la fois persistants el intelligents et d’après la conception de leurs auteurs, assez patriotiques, pour renverser la décision d’Elgin, de Bagot et pour faire revivre l’esprit de Sydenham et de Metcalfe.PETITES ANNONCES SITUATIONS VACANTES C.-—- DEMOISELLE On demande une demoiselle de vingt-cinq anei.au moins, comme caissière dans un magasin de détail, pouvant justifier de connaissances suffisantes en comptabilité et en anglais et français.Références très sérieuses exigées.Salaire de début : $8.00 par semaine et nourriture, avec promesse d’augmentation jusqu’à $12.00, si satisfaction est obtenue.S'adresser par lettre aux*initiales X.Y.Z., “Le Devoir”, 71 rue Saint-Jacques, .Montréal.JEUNE HOMME On demande un jeune homme connaissant la sténographie anglaise et française, la clavigraphie, et ayant quelque connaissance dans l’ouvrage ide bureau.Ecrire à Casier 12, “Le .Devoir”.I- CHAMBRE A LOUER Chambre meublée, tous les conforts, jeau chaude, électricité, téléphone, etc., 18.00 par mois.479a Saint-Denis.TERRAINS A VENDRE 2.30'terrains à la Longue-Pointe et 12 surjle Boulevard Gadbois.Pour informations, s’adresser à R.Desma-yrais, Saint-Aimé, Co.Richelieu.A la Chambre de Commerce ON SE PLAINT QUE L’INSPECTION DU LAIT LAISSE FORT A DESIRER.Hier après-midi avait lieu l’assemblée régulière des Conseillers de la Chambre de Commerce.Après avoir expédié quelques affaires de routine, la Chambre considéra une demande de M.Adélard Fortier à l’effet d’envoyer au gouvernement provincial une requête le priant d’amender le règlement d’inspection du lait dans la province.L’inspection du lait, dit M.Forfier, esl bien négligée dans notre province et spécialement à Montréal et aux environs.M.Fortier insiste afin que les inspecteurs soient des fonctionnaires du gouvernement el qu’ils soient compétents.M.Fortier prétend que si les règlements actuels ne sont pas changés, il y aura une hausse 'considérable dans Je lait, le beurre et le fromage.L’affaire sera étudiée par l’un des comités de la Chambre.Sur motion de M.C.H .Catetli, on a résolu d’envoyer au bureau des Commissaires du Havre une lettre de félicitation au sujet de l’entrée, sans incident aucun, de la nouvelle cale-sèche.Tout s’est accompli Je mieux du monde.Le secrétaire donne lecture d’une lettre du premier ministre, M.R.L.Borden, déclarant que le gouvernement fédéral accorderait toute son attention à la mise en vigueur uniforme de la loi des banques, etc.Le tarif anglais sur le blé étranger Lord Lansdowne rectifie les déclarations qui lui ont été attribuées à ce sujet.Londres, 4.— Dans un discours devant l’association unioniste de Middlesex, hier soir, Lord Lansdowne s’est plaint que le premier ministre et Sir J.Simon, avocat général avaient mal rapporté son discours à Albert Hall.“J’ai parlé l’autre jour, de la possibilité d’établir en même temps que la réciprocité avec les colonies un droit modéré sur le blé étranger.Je voulais parler du droit de deux “shillings” si souvent discute.Maintenant l’avocat générai m’accuse d’avoir lié le parti unioniste à l’imposition des taxes sur les produits alimentaires, qu’ils viennent de pays étrangers ou de l’Empire britannique.Je n’ai rien dit dans ce sens et je proteste contre ce genre d’attaque.” “M.Asquith, sans se tromper, comme l’avocat général, a déclaré que l’imposition d’un tel droit retomberait tout entier sur le consommateur.” Ford Lansdowne a beaucoup de respect pour la science économique du premier ministre; mais il ne croit pas que les économistes de renommée partageraient l’opinion du premier ministre.L’impôt de deux “shillings” sur le blé étranger équivaudrait à un demi farthing par pain de quatre livres.SERVANTE DEMANDEE Servante généraJe demandée pour petite famille.Pas de lavage, gages.Références exigées J024 rue Cadieux.Bons S’adresser A LOUER A VENDRE DIVERS L’Asile de la Providence Les Sœurs de l’Asile de la Providence ont l’honneur d’informer les dames de charité de leur maison, que les lundis de la couture sont recommencés, et comme ü a été dit au commencement de l’année, uns les deuxièmes lundis de chaqut *jois, il y aura une conférence ou causerie littéraire faite par des conférenciers distinguêsf Lundi prochain, 9 décembre, monsieur l’abbé Dupuis voudra bien venir inaugurer ces conférences.Nous ne doutons pas que toutes les dames apprendront avec plaisir cette bonne nouvelle et viendront en foule écouter M.l’abbé Dupuis, le causeur si distingué et si aimé de tous.Les pauvres de la paroisse s’en réjouiront aussi puisque dans ces séances de couture se fabriquent des vêtements habitants j___si____ ______ ______________c; Palme chanteront les rôles-titres.M.Jean Riddcz interprétera celui de Mercutio.M.Albert Huberty, sera entendu dans le Frère Laurent.M.James Goddard, jouera le rôle de Capulet ; M.C.Stroesco, celui de Tybalt ; M.Emiles Carmes, celui de des îles, en cas d’évacuation.Si Gregorio ; Mlle Frances Ingram, ce- lui de Stephano.On s’attend à, une salle comble ce soir au Majesty’s.L’oeuvre de Gounod est bette et avec un tel ensemble de voix, nul doute qu’elle remportera un succès retentissant.Le Grand Opéra en anglais ON DIT QU’IL SERA BIENTOT UNE REALITE A NEW-YORK Au Conseil Dul.Sup.! fchawinig.j -2.R., 25 à 263 3-8, 50 à 265 1 25 à 265, 5 à 265 1-2, 25 a 264 1-2, à 264 3-8, 25 à 264 1-2.N.Scotia, 50 à 87 1-2.C.Cas, 5 à 30.Toronto, 5 à 141.Cement, 25 à 28 1-8.Cement préféré, 30 à 93.I).Soul, 25 à 59 1-2.50 à 221.Laurentides, 75 à 221, 50 à 221, Détroit, 50 à 74 1-2.Ottawa Power, 5 à 170.Steel of Canada préféré, 5 à 90.DECES LEDUC.— A Montréal, le 3 déc< bre 1912, à l’âge de 15 ans 7 m est décédé Eugène Leduc, fils bi aimé d’Alfred Leduc, ex-président l’Association des Bouchers.Les funérailles auront lieu vend di le 6 courant.Le convoi funè partira dê la demeure de son pi No 831 rue Atwater, à 7 heures pour se rendre à l’église Saint-Li de Westmount où le service sera léhré, et de là au cimetière de la Cê des-Neiges, lieu de la sépulture.Parents et amis sont priés d’y asi ter sans autre invitation.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.