Le devoir, 18 août 1931, mardi 18 août 1931
Vol.XXII —No 190 Abonnements par la poste: Edition quotidienne CANADA.$ 6.00 E.-UNIS et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE.10.00 Edition hebdomadaire CANADA.2.00 E.-UNIS et UNION POSTALE .3.00 LE DEVOIR Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS! ’ Montréal, mardi 18 août 193! TROIS SOUS LE NUMERO Rédaction et administration ' 430 EST NOTRE-DAME .MONTREAL ‘ TELEPHONE-.HArbour71241* SERVICE DE NUIT : «v Administrations xrv HArbour 1243 Rédaction : ^ .HArbour 3679 Gérant HArbour 4897 Pendant et après la tourmente Quelques réflexions de simple bon sens sur une question d’urgente et constante actualité La campagne électorale prend le ton qu’il était assez facile de prévoir: c’est la plus violente qui se soit vue depuis longtemps.La facilité des communications qu’assure l’automobile, les vastes auditoires que fournit la radio, la brièveté même des délais où elle se trouve confinée, conspirent à hausser sa température.Il n’est pas facile de jeter dans la tourmente une parole de froide et calme discussion.Essayons-le tout de même pour empêcher qu’on ne fausse trop profondément les esprits sur un sujet qui, au lendemain de l’élection, gardera son grand et pressant intérêt.Il s’agit de l’école rurale et du complément qu’elle doit forcément recevoir quant aux matières agricoles.On a dit à ce propos beaucoup de sottises, inspirées par l’ignorance et le désir d’atteindre un homme.Ecartons-les pour ne nous occuper que des gens qui paraissent sérieusement s’intéresser au problème.Entre ceux-là, il s’agit, croyons-nous, beaucoup plus d’une question de méthode que d’objectif.On dit d’abord: Il faut donner à l’école primaire de la campagne une atmosphère fortement agricole.Là-dessus, il n’y a ou il ne devrait y avoir aucune divergence d’opinion.Ce n'est pas d’hier du reste qu’on s’en est avisé.Et l’on peut faire beaucoup dans ce domaine.Toutes lés matières de classe presque: lectures, exercices de composition, exemples de grammaire, problèmes d’arithmétique, etc., peuvent être employées à développer chez les enfants une juste idée de la noblesse de la profession agricole, de l’importance des problèmes de la campagne, à leur inculquer des notions générales d’agriculture, etc.Mais, en y réfléchissant, tous les observateurs seront, croyons-nous, d’avis que la valeur proprement agricole de cet enseignement est limitée par deux facteurs: l’âge des enfants d’abord, qui ne permet point de leur donner un véritable cours d’agriculture; la nécessité aussi de ne pas trop resserrer, de ne pas trop rapetisser par cet enseignement particulier l’enseignement général qui doit être donné aux élèves et qui reste d’ailleurs la base nécessaire de toute formation professionnelle.Où les opinions diffèrent, c’est sur la suite qui doit être donnée à cet enseignement de la petite école.Les uns paraissent croire qu’il faut transporter l’enfant dans une sorte d’école centrale: école de comté ou autre.Les autres disent: L’objection fondamentale à ce régime, o’est qu’il ne peut être celui de tout le monde.Nous voulons une école qui soit accessible à tous, qui n’impose à personne, ni aux pouvoirs publics, sous forme de frais de déplacement ou d’habillement, de privation de travail à la maison, de frais excessifs.Ce type d’école, nous croyons l’avoir trouvé, dans l’école de paroisse qui, pendant les mois les moins occupés de l’année, recevrait les fils de cultivateur de quatorze à dix-huit ans, par exemple, parferait leur éducation générale en même temps qu’elle leur donnerait une formation professionnelle.Cette dernière pourrait être poussée beaucoup plus loin qu’à l'école primaire pour deux raisons évidentes: la première, c’est qu’on y pourrait donner plus de temps, la deuxième, c’est qu’à raison de leur âge plus avancé, les enfants pourraient y porter une attention beaucoup plus considérable, beaucoup plus éveillée.Il suffirait, généralement, d’une école de ce type par paroisse parce que les enfants de quatorze à dix-huit ans de famille rurale ne sont tout de même pas si nombreux dans chaque paroisse et parce qu’ils peuvent s’associer pour se rendre à l’école, se transporter par groupe.Elle ne dérangerait point les parents, car, les enfants, partis après le train du matin, pourraient revenir pour celui du soir.Elle garderait ces mêmes enfants en contact intime avec leur propre milieu.Les partisans de ce type d’école nouveau ajoutent: Notre projet n’exclut aucun autre progrès.Nous voulons mettre à la disposition de tous un minimum; cela n’empêchera point qu’on fasse davantage où c’est possible et que ceux qui le peuvent en profitent.Nous soutenons que les enfants qui auront bénéficié de cet enseignement mi-général, mi-professionnel, qui auront ainsi exercé leurs facultés de réflexion et d’observation, seront particulièrement aptes à s’intéresser aux autres formes d’enseignement agricole: conférences, cours abrégés, écoles supérieures, etc.Nous ne l’avons pas caché: le plaidoyer nous parait très fort, à peu près irréfutable.En tout cas.une lacune existe, que personne ne saurait con-lester: pôur les enfants de quatorze à dix-huit ans, à la campagne, qui veulent, tout en continuant leur formation générale, acquérir des notions d’agriculture un peu poussées, aucune école, facilement accessible à tous, n’existe encore.Cette lacune, il importe de la combler, et le plus rapidement possible.Il faudra s’y mettre, dès le lendemain de la tourmente, et quel que soit le parti qui l’emporte.Omcr HEROUX L’actualité Sachons prévoir Le maire, qui doit connaître quelque chose de la situation à Montréal, prévoit des troubles pour cet hiver, si on réussit à faire croire aux chômeurs qu’on ne fait rien pour leur apporter du soulagement.Le président du C.P.R.vient de déclarer à Fredericton que, l’hiver prochain, le dernier de la crise qui aura duré trois ans (le dernier, qu'il dit) sera aussi le plus dur.C'est le paroxysme.Et il conseille l’économie.Bien renseigné d’ordinaire, M.Réatty prévoit que les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux doivent s'entendre pour voter des travaux an total de cent ou de deux cents millions.Comment cette somme énorme — énorme et insuffisante — sera-t-elle dépensée?On dit que ventre affamé n'a pas d’oreilles ou encore que la misère est mauvaise conseillère.Ce qui revient au même, puisque, quand la misère parle, elle parle si haut que l’on ferme l’oreille aux autres conseillers.Et cela nous fait souvenir d'une page de Hugo.Le poète fut, toute sa vie.une girouette, mats il n'y a rien de tel que les girouettes pour indiquer la direction du vent et la suivre.C’est à propos d’une fête coloniale sons Louis-Philippe qu’il écrivait ce qui suit, que je trouve cité dans Figaro: “11 semblerait pourtftnt que cette féerie n’eût rien d’impoliti-'que c* ne pouvait rien avoir d'impopulaire; au contraire, M.de Montpensier en dépensant deux cent mille francs a fait dépenser un million.Voilà dans ce» instant de misère douze cent mille francs en circulation au profit du peuple; il devrait être content.Kh bien.non.Le luxe est un besoin des Brands Etats et des grandes civilisations; cependant il y a des heures où il ne faut pas que le peuple le voie.Le peuple ne se dit pas que ce luxe le fait Vivre.que ce luxe lui est utile, que ce luxe lui est nécessaire; il se dit qu’il souffre, et que voilà des gens qui jouissent; il se demande pourquoi tout cela n’est pas à lui; il examine toutes ces choses, non avec sa pauvreté, qui a besoin de travail et par conséquent besoin des riches, mais avec son envie.Ne croyez nas qu’il conclura de là: “F.h bienl cela va me donner des semaines de solaires et de bonnes journées".Non, il veut, lui aussi, non le travail, non le salaire, mais du loisir, du plaisir, des voitures, des chevaux, des laquais, des duchesses.Ce n'est pas du pain qu’il veut, c’est du luxe.Il étend la main en frémissant vers toutes ces réalités resplendissantes, qui ne seraient plus que des ombres s’il y tou- chait.Le jour où la misère de tous saisit la richesse de quelques-uns, la nuit se fait, il n’y a plus rien, plus rien pour personne.C’était à la veille de la révolution de 1848! Les symboles du luxe ont quelque peu changé-.Aujourd’hui, le peuplé songe aux danses nu jazz et aux aiir tomobiles.Mais, au vrai, le grand (nombre n’est pas si exigeant, Eclairés par les campagnes faites partout en faveur de l'hygiène, devenant plus avides de soleil et d’air à mesure que les constructions de la grande, ville interceptent davantage l’un et l’autre, les prolétaires souhaitent pour eux et pour leurs enfants des logements plus salubres et à meilleur compte.I^a crise passera et l’ordre social actuel y survivra.Mais n’cst-il pas à craindre que si l’on n’a pas profité de la crise et des travaux extraordinaires qu'elle aura provoquées pour faire la guerre au taudis, pour donner le minimum de bien-être aux classes laborieuses que l’hygiène commande, la prochaine vague sera plus rapprochée et plus destructrice.Les gouvernements s’apprêtent à dépenser des millions pour des bouts de route et des bouts de ponts.Bouts de route et bouts de pontç n'arrêteront pas la marche de l'anarchie; ils la favoriseront plutôt.Mais si on introduit dans le logement du travailleur l’ordre, la gaieté, le soleil et l’air, on n’aura pas seulement chassé les germes de la phtisie, on mira aussi détruit les miasmes de la fièvre révolutionnaire.Pau! ANCER LA CAMPAGNE ELECTORALE PANS SAINT-JACQUES M.Houde au marché St'Jacques M.Vautrin à Il croit' bon de faire approuver par les électeurs de Saint-Jacques sa conduite et celle de M.Vautrin — Son attitude sur la “Montreal Water’’ — Ce qu’il a fait pour les chômeurs — M.Asselin—Donnons pendant qu’il en est temps encore — Un ouvrier dans la Commission des accidents du travail—La vente du vin par les épiciers Bloc'notes Assemblées A la suite de la mise en nomination de deux cents candidats, hier après-midi, ii y a eu_cà et là des assemblées contradictoires où des électeurs se sont battus.On signale même, à Saint-Pascal, dans le comté de Kamouraska, une bagarre sérieuse au cours de laquelle un policier de la voirie a tiré des coups de revolver, blessant trois personnes, dont une très gravement.Cela fait voir l’imprudence de laisser des gens armés, — que ce soit des policiers ou autres.— assister à des réunions publiques, et aussi le danger qu’il y a de laisser se continuer le régime des réunions contradictoires.Les électeurs paisibles, — et c’est le plus grand nombre, — ont droit d’entendre les discours sans être dérangés par des fiers-à-bras ou des hurleurs qui ne cherchent que le désordre et le tumulte.Puisque les assemblées où se rencontrent des adversaires dégénèrent presque toujours en bagarres dangereuses, il est mieux de les abolir.Deux provinces seulement ont gardé ce régime de réunions: l’Ile-du-Prince-Edouard et le Québec.Malgré la coutume établie chez nous depuis plusieurs décades, — dès 1867, dans le comté de Kamouraska, il y eut des assemblées extraordinairement tumultueuses et de telles émeutes que l’officier rapporteur ne put proclamer le résultat de l’élection.— l’assemblée contradictoire n’est pdus guère de mise; et le mieux que les gouvernants puissent faire, dès la prochaine session, ce sera d’en décréter l’illégalité.De la sorte, il se passera moins d’incidents désagréables comme ceux qui ont eu liçu hier dans quatre ou cinq comtés, notamment dans celui de Kamouraska.Au fait, qu’est-re qu’un policier de la voirie pouvait bien faire là avec son revolver?Et qui l’avait chargé de rétablir l’ordre, même à coups de pistolet?A-t-il agi de sa seule initiative?Manoeuvres?On signale de différentes parties de la ville et de plusieurs comtés avoisinant Montréal une sorte de recensement entrepris par des agents d’éïections.Ils se présentent un peu partout, prennent le signalement de l’électeur chez lequel ils ont frappé, lui demandent même ses sentiments politiques et comment il a voté à la dernière élection.Plusieurs des électeurs se méfient de ces agents, dont, si les uns sont polis, certains sont simplement indiscrets.A ce que l’on sait, plusieurs de ces recenseurs font un travail préparatoire à celui des télégraphes, Un religieux ainsi visité, pour obtenir de lui le signalement de ses collègues et des notes sur leurs opinions politiques, nous demande si, cette année, il n’y aura pas des télégraphes affublés de soutanes.Sait-on jamais?Lé meilleur moyen pour les électeurs de se protéger contre les télégraphes, c’est d’aller voter sitùt les salles de votation ouvertes.Le télégraphes arriveront alors trop tard et courront risque d’aller au poste de police.Un pionnier Il vient de mourir à Montréal un des pionniers de l’industrie de la pulpe et du papier de bois en Amérique du Nord: Charles Riordon.né eu Irlande il y a quelque quatre-vingt-cinq ans, immigré au Canada en 1850 et qu^ dès l'ôge de quinze ans, commença son apprentissage de papetier, puis Introduisit au Canada l'industrie de la pâte de bois, en 1869.On sait quels développements elle a pris, notamment depuis 1885, alors que Riordon importa au Canada deux machines allemandes à faire de la pâte chimique qu'il fabriqua pour la première M.Camillien Houde, chef de l’opposition provinciale et candidat dans Sainte-Marie et Saint-Jacques, a ouvert sa campagne électorale dans la division Saint-Jacques, par une grande assemblée à la salle du marché Saint-Jacques, angle Amherst et Ontario.La vaste salle du marché était remplie à déborder et des milliers de personnes qui n’ont pu entrer ont écouté du dehors tes discours amplifiés par les haut-parleurs.Comme à l’habitude lors que les discours sont irradiés, M.Houde s’est entretenu longuement à la radio avec le premier ministre de la province sur les diverses questions politiques.M.Houde s’est aussi adressé à M.Asselin qu’il a convié à répéter sur la personne du maire un exploit du temps jadis.L’assemblée était présidée par MM.Dr P.Gauthier, Dr J.-A.-E.Beaudoin, Mousseau Drapeau, J.Harris, N.Lavoie.Dr J.-A.Boivin, E.Roussin et T.Saint-Jean.Les orateurs ont été MM.les Drs Boivin et Gauthier.Tancrède Fortin, Aldéric Blain, C.Houde et Alfred Duranleau, ministre de la marine, Henry Auger, échevin du quartier, Raymond Dupuis, M.Drapeau et A.Fortin.Au début de son discours, M.Houde salue les candidats conservateurs qui se sont inscrits hier à la nomination, dans les 90 comtés de la province.M.HOUDE “J’arrive tout droit de Québec.J’ai parlé hier soir dans cette ville historique devant une foule comme jamais je n’en avais vu et débordante d’enthousiasme comme ici.Et cette réception m’était d’autant plus précieuse qu’elle venait d’une ville qui est le foyer de nos traditions, le pilier de nos libertés populaires.Mais c’est aussi là que mes parents dorment leur dernier sommeil.Comme vous le voyez, je vous dois d’indiquer le détail de mes sorties à l’extérieur, puisque je suis votre candidat, dit M.Houde en riant.M.Houde rappelle qu’il a parlé successivement à Marieville, Granby, Magog, Sherbrooke, Saint-Casimir.Lévis, Saint-Anselme, Québec, où il a parlé devant 30 mille personnes.M.Houde lit ensuite un télégramme d’un M.Bourque, de Boston, qui lui dit que nombre de Canadiens sont aux -écoutes.Je salue ces frères qui sont partis pour la terre étrangère.Qu’ils viennent me dire s’ils sont satisfaits de leur sort, sinon j’essaierai de les ramener chez nous pour leur offrir des conditions de vie plus avantageuses.Maintenant je tiens à vous dire pourquoi Je me présente dans Saint-Jacques.C’est que j’ai une tendre prédilection pour M.Vautrin, qui, depuis trois ans.me porte une attention toute particulière.J’ai cru bon de venir iri, faire approuver ma conduite.et la sienne.— Il va le regretter le 24.crie un électeur.—Que voulez-vous, il aura été lui-même l’architecte de son malheur.Il y a deux ans nous avions une élection complémentaire dans Compton.M.MacMaster, trésorier provincial, y a été élu.J’avais participé à la lutte de façon assez active et parcouru tout le comté.Plein de condescendance pour moi.M.Vautrin avait organisé une assemblée contradictoire à deux • endroits, à la même heure, et à 12 I milles de distance.Et M.Vautrin | proclamait partout que je n’oserais I pas aller le rencontrer.Les traditions politiques veulent que le chef d’un parti ne fasse et n’accepte lu contradiction qu’avec le premier ministre ou l’un de se collègues.Actuellement on tenait simultanément à 12 milles de distance entre les deux endroits des assemblées contradictoires, à la même heure, soit à Chartierville et La Patrie.J’ai accepté tout de même, puisqu’il fallait passer pour lâche ou accepter le défi.A Chartierville, je devais parler le premier, puis filer tout de suite à La Patrie pour répondre.Ainsi à Chartierville, dès mon départ, M.Cléo-phas Bastien pouvait m'attaquer vaillamment, aussitôt après mon départ, puisque je devais aller à La Patrie.A ce dernier endroit, l’adversaire, M.Vautrin, pouvait m'attaquer tout à l’aise, pendant mon absence à Chartierville.Autrement dit, M.Vautrin était prêt à se battre pourvu que je fusse à 12 milles de distance.La “Montreal Water” Aussi à La Patrie, devant une population qui ismorait tout de l’affaire (la Montreal Water and Power), M.Vautrin fulgurant, les cheveux en broussaille, avec des gestes dénonciateurs, m’accusait d’avoir escamoté la confiance du public avec cette affaire, puis une fois élu, d’avoir renié mon mandat en votant pour l’affaire de la Montreal Water.Or chacun sait que s’il est une lutte que j'ai soutenue â tous les instants, c’est bien celle-là.Et quand M.Vautrin a dit que j'avais favorisé cette transaction, il mentait.Je ne dirai pas le mot, car j’ai deshabitué la foule à des adjectifs que ces gens-là méritent.On peut discuter des opinions, interpréter différemment la signification de certains faits, mais au moins on doit respecter la vérité des faits.M.Vautrin, vous jugiez bon de mentir nu public pendant que j’étais à 12 milles, pour vous attirer quelques votes que vous n’avez pas eus.Nous voici dans St-Jacques.chez vous, pour livrer en même temps deux combats, mais ensemble.Venez cliez moi, j’irai chez vous, mais je vous rejoindrai partout.Ce n’est pas tout.Alors que notre candidat prétendait pour le besoin de sa cause qu’il valait mieux choisir un homme du comté, M.Vautrin est venu affirmer ce qui suit, en parlant de moi: Voici un homme qpi renrésente un comté de ville et qui est né à Lotbinière.Voici M.Gucrtin, représentant de Hull, et qui est né en Ontario.Et savez-vous qu’avec tout cela il prenait des airs d’un homme qui dit la vérité 1 C’était cependant un double mensonge.M.Guertin est né à Aylmer, dans la province de Québec, et quant à moi, je suis né rue St-Martin, quartier St-Joseph, à Montréal, le 13 août 1889, d’après les renseignements qui m’ont été fournis.H est vrai qu’avec M.Vautrin, il aurait fallu que j’appose mon paraphe sur l’extrait baptismal pour y ajouter foi.Je suis à l’aise pour venir ici.Gomme maire, je vous représente.Et vraiment vous n’avez pas été si mal représentés.Le marché St-Jac-ques est reconstruit et tout neuf.La rue de Berri sera ouverte, l’école Montcalm servira de gare terminale pour les autobus; Je Conservatoire National de Musique sera construit dans St-Jacques.J’abandonne pour ce soir la personne de M.Vautrin, car sa personne n’est pas assez intéressante pour que je vous en entretienne plus longuement.Toutefois, la partisannerie est allée si loin chez lui.qu’il aurait (Suite a la 2eme page) Salaberry A la première assemblée de M.Vautrin, les orateurs libéraux tombent à bras raccourcis sur M.Houde — Blâmes, reproches et accusations —• Le député sortant déclare qu’à La Patrie, ce n’est pas lui qui fut le menteur, mais son adversaire actuel — M, Fernand Rin-fret compare rassemblée du marché Saint-Jacques hier soir à un cirque fois au pays dans ses usines à Mcrritton et ^.Cornwall, Ontario.De 1877 à 1927, M.Riordon fut propriétaire du Mail de Toronto, fu-j sionné vers 1885 avec l’Empire, autre feuille conservatrice de la même ville, et ancêtre du présent Mail & Empire, devenu il y a quelque quatre ans propriété d’un autre homme d’affaires montréalais, M.Killam.Après la soie.Pendant la guerre, la laine fut en si grande demande, pour vêtir les millions d'hommes qui se battaient, que les civils durent s’en passer dans la mesure du possible.Elle devint presque hors de prix et un complet pour homme, qui se vendait 4*35 avant la guerre, se vendit jusqu'à 8125, en 1920; et la soie artificielle, nouvellement découverte, envahit le» marchés, devint à la mode et remplaça à la fois laines et rotons dans presque tous les tissus destinés nu vêlement féminin.La guerre finie, la laine ne trouva presque plus de marchés, sauf pour les vêtement* d’hommes, les femmes ayant renoncé tout à fait à l’employer.Ce fut le beau temps des soies de tout genre, — naturelles ou chimiques, —- si répandues que même les gens de la plus humble les cotonnades et les lainages.Cette année, le coton a repris quelque peu de vogue, In mode ayant remis à l’honneur les indiennes et autres étoffes du même genre.Maintenant, c’est le tour de la laine.Une revue de commerce américaine note que malgré le chômage dans la plupart des industries textiles, les fabriques de lainages travaillent à force, aux Etats-Unis, la consommation étant de la pour cent au delà de la moyenne de la dernière décade.Des manufacturiers sont débordés et ne peuvent promettre aucune nouvelle livraison avant octobre ou novembre prochains.Paris et New-York ont nécrélé qu’il est chic pour ces dames de porter des tissus de laine douce et légère; quant aux hommes, ils continueront de se vêtir-d’étoffes de laine.— certes pesantes aux mois d’été et qu’ils gagneraient alors de remplacer par de la toile ou des tissus analogues.mais si confortables huit ou dix mois par année, Ainsi la mode, qui a des exigences tyranniques, surtout chez ces dames, fait | renaître et revivre une industrie en train de péricliter aux Etats-Unis, où l’un des plus grands fahrirants, ' VAmerican Woolen Co„ fit l’nn dernier un déficit de près de 5 millions.Otte année, le déficit va se muer en profits.C.P.L’assemblée libérale tenue hier soir dans la division Saint-Jacques, à l’école Salaberry où mardi dernier le premier ministre Taschereau parlait, a eu lieu sur le dos de M.Camillien Houde, chef de l’opposition, qui faisait au même moment sa première "incursion’’ dans cette division.Les blâmes, les reproches, les accusations ont plu sur le premier magistral de Montréal, “qui se cherche un cinquième mandat en voulant se faire élire député de Saint-Jacques en même temps que député de Sainte-Marie”.Les orateurs du ban et de l'arrière-ban du parti libéral ont défilé.Depuis M.P.Saint-Aubin, représentant la Jeunesse libérale, en passant par M.Clovis Bernier, démissionnaire le matin même de la présidence des Syndicats catholiques et nationaux, par M.L.-A.DeSève, orateur ouvrier qui a multiplié les “gaîtés électorales", jusqu’à M.Irénéc Vautrin lui-même, can; ddiat libéral dans ce comté, qui a donné sa version des incidents survenus entre lui et (M.Houde au cours de la campagne de Compton, et MM.Fernand Rinfret.Léonce Plante, Bernard Bissonnette et Hector Perrier, ces trois derniers, avocats, tous sont tombés à bras raccourcis sur M.Camillien Houde.iM.Vautrin n prononcé un discours cousu d’accusations contre son adversaire dans la présente campagne et il a déclaré qu'à La Patrie, dans Compton, ce n'est pas lui qui fut le menteur, mais M.Camillien Houde.M.Rinfret SM.Rinfret se demande si jamais un homme public a fait une insulte phis flagrante à des électeurs que de venir leur dire: Je me présente dans votre comté, mais je n en veux pas, de votre comté, j’ai tellement peu de considération pour vous qu’au lendemain de l’élection du 24 août, je démissionnerai en faveur d’un autre.Il a tellement peu conscience de ses responsabilités, il a tellement perdu le contrôle de ses facultés qu’il vient vous dire carrément qu’il vient essayer de prendre le comté pour le donner à M.Gustave Monette ou à M.Pate-naude.Que ne viennent-ils eux-mêmes briguer les suffrages?Eh bien, M.Houde, dit-il, si vous ne voulez pas du comté de Saint-Jacques, vous ne l’aurez pas.M.Rinfret, qui est le député fédéral do ce comté, reproche ensuite à (M.Houde de ne jamais parler de politique pure dans ses discours, et immédiatement après il annonce qu’il va lui-même parler de politique.U répasse alors brièvement les questions dos surplus dits fictifs, des crédits votés par le fédéral pour le chômage, et revient à M.Houde qui a fait allusion nu cours de scs discours aux décorations françaises de M.David et dit : “S’il y a du déshonneur à être décoré par la France, je demande ma part dans ce déshonneur.J’aime mieux cela que mériter les éloges d’un comédien et d’un pitre comme Camillien Houde.’’ Après s’être assis, il revient vers la foule et fait l’éloge de M.Irénée Vautrin.La salle de l’école Salaberry était prseque complètement remplie.Les vides s’expliquaient sans doute par in préférence qu'avaient les gens à prendre le frais tout en se tenant sous les guéules des haut-parleurs disposés autour de l’école.MM.Aimé Domontigny et Z.S.Aubut présidaient l’assemblée.M.Clovis Bernier Plus le parti libéral se rapprochera du peuple comme il le fait, plus il sera grand, plus il commandera l’admiration, dit-il en débutant.Si nous ouvrons le code de la législation ouvrière, nous y Irou-voiis deux lois essentiellement sociales: la loi des accidents du travail et la loi du salaire minimum des femmes.Il explique un pou ces lois et ajoute que la Commission des assurances sociales préparera aussi J des lois importantes.M.Edouard f Montpetlt, “qui est non seulement i libéral, ce qui est déjà une bonne qualité", mais aussi un grand économiste.est le président de cette commission.Il en énumère les autres membres et conclut qu'ils valent mieux qu’un Houde, qu'un Rray4qu’un Rriznrd et qu’un Vnil-lancmirt.La foule hurle contre ces gens.M.Bernier poursuit et dit “qu’on ne vote pas pour qui il nous plait, mais pour qui peut le inieux nous représenter là-bns".Enfrc MM.Vautrin et Houde, dit-il, il q'v a pas de comparaison et 11 ne peut v avoir d'hésitation à voter pour M.Vautrin.M.L.-A.DeSève» Cet orateur s'attaque immédiatement au "gros gars du Vigcr qui avait hâte de croiser le fer avec M.Vautrin".Quand un homme a trois têtes et qu'il en veut cinq, il est temps de le décapiter.M.de Sèves, qui a toujours l’air surprit de son succès oratoire, n fort amusé les journalistes par les perles nombreuse* de sou discours.En voici quelques-unes: M.Houde.s*ous avez insulté le sang qui codle dans sms veines et ce que noua avons de plus cher au coeur: la France et la Légion d’honneur.Et encore au sujet des décorations de M.David: M.Houde a insulté les Canadiens qui ont gagné le cordou de la Légion d’Honneur.Il déclare ensuite qu’il a reçu un télégramme de Cyrano de Bergerac disant: les ouvriers vont détruire Houde.M.de Sèves reçut à un moment donné, comme réponse à cette question: Qu'avez-vous fait, M.Houde, l’hiver dernier de nos pères de familles?— De l’eau de Riga! Il reproche ensuite à M.Houde de n’avoir rien fait pour faire disparaître “la hausse horrible qui nous sévit par l’électricité”.Comme il prenait souffle pour se lancer dans une période vibrante, on lui crie de la salle: — Envoyé avec de l’eau de Riga, ça va y aller.Le meme orateur accuse ensuite M.Gustave Monette d’avoir caché dans ses poches un télégramme défavorable de M.Anderson, premier ministre de la Saskatchewan, lors de l’assemblée de jeudi soir dernier.Il accuse ensuite “Atholstan de vouloir s’emparer de la bonne province de Québec pour la décapiter”.M.Irénée Vautrin Le candidat libéral de-Saint-Jac-ques fait une véritable confession de sa conduite comme député depuis quatre ans.Il n’a manqué durant les quatre dernières sessions qu’une séance de la Chambre.Même grippé il était présent.Son indemnité parlementaire de 82,500 a passé en partie à payer ses frais de séjour à Québec et en partie à soutenir des oeuvres charitables, comme la Saint-Vincent de Paul.Il cite le cas d’un citoyen de Saint-Jacques qui obtint une position de M.Houde et de M.Auger, échevin, et qui passa près ensuite de.mourir de faim.Il prend l’engagement oue si MM.Houde et Auger ne font rien pour lui d’ici le 24, lui, a’il est élu.le soutiendra de ses deniers à l'hôpital où il l’a fait entrer.La femme de ce malheureux est présente et elle se lève à la demande de M.Vautrin.M.Vautrin dit qu’il ne craint pas les déclarations de M.Houde.et qu’après l’assemblée il aura un rapport de ce que son adversaire lui a dit et qu’il se rendra à son tour en plein marché Saint-Jacques répondre à M.Houde.Jusqu’à il y a deux ans, dit-il, M.Houde m’appelait “Irénée” tout court.Au cours de l’élection de Compton, on m’a envoyé soutenir la discussion avec lui dans une assemblée.11 avait la réplique.Ce fut — à mon honneur — la première et la dernière assemblée de M.Houde.Sur la galerie de la maison de M.Sam Gobeil, député conservateur fédéral aujourd’hui, M.Houde a dit que M.Perron avait volé 85,000,000, que M.Taschereau était devenu millionnaire, que M.Gali-peault avait volé le palais de justice, et que moi le “gros noir", comme il m’appelait, j’étais aussi un voleur.— Dites-donc ce que j’ai volé?lui dis-je.— Non, pas lui, répcndit-il, mais les autres.Il avait dit aussi dans l'élection de Sainte-Marie que s’il était élu, il irait à Québec faire mettre des ministres en prison.A la fin d’une session passée en face de M.Gali* penult, celui-ci dit à M.Houde: “Levez-vous donc et portez des accusations".Le lion griffé de Sainte-Marie avait perdu ses griffes et s’était, même changé en agneau souriant.A Compton, reprend M.Vautrin, j’avais dit que M.Houde n’était pas né dans Stc-Marie et qu’il ne pouvait reprocher à M.McMaster de n'êlre pas né dans Compton.Dans sa réplique, U a osé affirmer que j’étais un menteur public et qu’il était né en plein coeur de Ste-Mnrie.J’ai son baptistère avec moi ici ce soir et ce baptistère je l’avais en main à la session qui a suivi ces incidents.Je veux déclarer qu'à La Patrie, dans Compton, ce n’est pas moi qui fus le menteur, mais M.Houde.A la session suivante, M.Houde a déclaré de son siège: “Je n'ai jamais fait cette déclaration”.Absent de la Chambre Voilà depuis ces Incidents deux sessions que nous passons en face l’un de l'autre.C'est pour pouvoir satisfaire sa haine et exécuter sa vengeance qu'il vient se présenter dans St-Jacques contre mol.S’il garde sa tête et son coeur pour Ste-Marie et qu'il nous envole ses pieds, nous n'en avons pas besoin.Il reproche de nouveau à M.Houde d’avoir été absent de la Chambre tellement souvent qu’il a dû se punir lui-même en laissant 8200 et 1300 de son Indemnité en 1930 et en 1931.Il fut absent à 20 votes à la dernière session.M.Houde parle, dlt-lL des pension* de vieillesse.Le 22 mars 1929.lorsque cette question est venue sur le tapis Houde était absent.Jamais lr (Suita « la p*xa crue is.M.“Y* tâ&imgifc-ite&ë .LE DEVOIR: MONTREAL, MARDI 18 AOUT 1931 VOLUME XXII — Ne 190 nerie politique quand ça fait son affaire, puis quand il sent la partie chaude s’écrie: “Cessons nos luttes fratricides, unissons-nous’’, etc.M.Houde résume son programme: Le programme de Houde Allocations familiales et aide aux familles nombreuses; Fret agricole à 2%; Frimes sur le beurre et le fro- mage; Modification à la loi des Pensions de vieillesse; Pensions aux veuves et aux or-' phelins.Avertissement ! J’affirme ce soir qu’il faudra de toute nécessité faire quelque chose.|M.Houde ' au marché St-Jacques (Suite de la 1ère pane) Ifait supprimer des octrois à la [Goutte de lait de Saint-Jacques, [juste parce que le Dr Beaudoin [était député à sa place.Que les peints enfants meurent, peu importe! [Ils ne sont pas encore électeurs.[Mais quand on en est rendu à pousser la partisannerie jusqu’à enttà- I deata^dlTtriivaS jraaf lui' "’enlever ver la lutte pour la conservation son raraCfére d’eugénisme hostile à de nos petits, te dis qu il est temps i'ouvrjer père de famille; [de se debarrasser de ces gens-la.Le chômage M.Houde parle ensuite de la [question du chômage et du télégramme de M.Taschereau à M.King, annonçant qu’il n’y avait pas de* chômage dans Québec.Tins tard, M.Taschereau déclare à St-! Raymond, qu’il n’a pas besoin de IM.Bennett pour régler la crise du chômage.Pendant ce temps le chef de l’opposition, aidé de M.Maurice Dupré, est allé à Ottawa obtenir de M.Bennett de l’argent pour les travaux de chômage.Oui, nous en avons besoin de l'aide du fédéral pour lutter contre le chômage.Nous voulons exécuter de grands travaux pour donner de l’ouvrage aux chômeurs, afin de leur donner des salaires et non des secours directs que refuse leur noble fierté.Mon adversaire de Sainte-Marie me reproche un affidavit signé par un ouvrier, à l’effet que j’aurais mal reçu un ouvrier.Cela se peut, car je ne suis pas toujours de bonne humeur, avec les nombreuses affaires que j’ai à voir.Si j’ai blessé cet ouvrier je m'en excuse volontiers.Mais il est un fait, c’est que l’administration municipale et moi avons travaillé le jour, nous avons travaillé tard dans la nuit, le dimanche et la semaine, pour preparer les travaux nécessaires afin que la population ne chôme pas, qu’elle ait du travail et du pain.Et c’est pourquoi nous avons transformé Montréal en un an.M Taschereau, vous, vous laissiez saboter les vieilles murailles des fortifications de Québec.Je voudrais être poète pour les chanter, ces vieilles pierres, et les ramasser des griffes de ceux qui cherchent l'argent.M.Houde parle de la politique de bouts de chemin du gouvernement pour régler le chômage.Il y en a trop dans le chemin, dit-il.ils se nuisent, et se blessent on travaillant, en se donnant des coups de pelle les uns les autres.A 2% M.Houde parle du prêt agricole à 2 p.c.M.Honoré Mercier, qui trouve la chose impossible, dit que M.Houde devrait consentir de pareils prêts aux ouvriers.C'est de la pure démagogie pour exciter les convoitises et les appétits.Si ie veux établir le prêt agricole a * p.c.c’est pour conserver à la terre les fils de cultivateurs qui autrement viennent encombrer les villes.^ M, Houde accuse M.laschereau de faire de la démagogie avec ce prêt agricole à 2 p.c., et d'en avoir fait faire par son journal le Cana-ikt.1/iidministration municipale, dit-il, sc battait pour lutter contre la crise du chômage et travaillait sans relâche .afin de rendre la crise moins dure aux chômeurs.Pendant ce temps le Canada attisait les pires passions, il criait que 1 administration ne faisait rien, nue le monde avait faim, dans le jmt de soulever la révolte chez les malheureux, au heu d aider les autorités à résoudre le problème.M.Houde parle alors du directeur du Canada, auquel il dit: “Je vous ai ménagé jusqu ici,.; mais ce soir, devant la population qui écoute, je vous crache j mon plus profond mépris.Vous ôtes un être dangereux qui vous grisez de votre plume comme un enfant joue avec un rasoir.Lorsque a fait enfer M.Vautrin à l’école Salaberry (Suite de la lere pagei présenté une motion à ce sujet, de même pour les allocations familiales.Il s’attaque ensuite à l’ancien garde-du-corps du maire Lucien Vaillancourt, et à son ancien acci-1 chauffeur Bacicot.L’Institut Bruchési M.Vautrin avait été nommé l’un des trois architectes de l’Institut Bruchési.Il déclare que les travaux du nouvel Institut Bruchési sont paralysés parce que lui, Vau- Aucune élection N’attendons pas que les éléments \ Bray ne veulent pas lui permettre radicaux dominent, que les idées j de gagner sa vie en exécutant ce pernicieuses s’enfiltrent et gâtent I contrat.Pendant ce temps-là il notre population, que celle-ci ne j meurt 2,000 tuberculeux par an-soit pas soulevée par les ferments ! née.Parce qu’il a de la haine dans mauvais de la révolte.Donnons pen-1 le coeur, M.Houde empêche un dant qu’il en est temps encore.Don- adversaire de gagner sa vie.Il venons pour éviter qu’on ne prenne, proche ensuite à M.Houde de Je donne un avertissement solen- s’etre déclaré contre le double nel au commerce, à l'industrie, au mandat, lui qui en recherche cinq capital.Le flot gronde, il vient | aujourd’hui.I! déclare qu’il ne plus menaçant chaque jour de la s’est pas mele h la lutte municipale part d'un groupe etranger.Pre- ^ q»e si M.Henry Auger, échevin nous garde, c’est sur les riches les dti quartier St-Jacques, se mele à au moins deux candidats — Le total des candidats est de 201 pour les 90 sièges — A Sainte-Rose, rouges et bleus en viennent aux poings — Six libéraux indépendants, sept conservateurs indépendants, deux ouvriers indépendants, un ouvrier libéral et quatre indépendants ont présenté leur bulletin hier La mise en nomination a eu lieu trin, libéral, est l’un des trois ar- hjer ,jans ies 9() comtes de la pro chitectes et que MM.Houde et [l'agent du ministère de la voirie j ! Lizotte fi4 jeté par terre et battu.; i En se relevant, il voulut se défendre | ! en tirant du revolver.»*t»ar _j-j- 1 -iinjfij-in Les arais de Lévesque expli-pOi dCCIdiTlaUUn j quent les choses autrement.Ils pré- j -| tendent et assurent que ces offi-i Tous les districts électoraux ont | ciers de circulation cherchaient à j empêcher de parler l’adversaire de M.Gagnon et c’est la raison pour laquelle les amis de M.Lévesque se sont jetés sur eux.La bagarre terminée, M.Lévesque a poursuivi son discours et M.Gagnon lui a donné la réplique.premiers qu’il tirera les premiers coups de fusil.M.Houde promet de nommer un ouvrier et un industriel dans la Commission des accidents du travail dont le nombre des membres se trouverait ainsi porté à cinq.Il veut aussi confier l’hygiène à une commission indépendante de la politique.M.Houde annonce aussi que son parti donnera à l’épicier la vente des vins.L’épicier joue un rôle bienfaisant par le crédit qu’il fait aux ouvriers sans ressources, et il faut lui aider.M.Alfred Duranleau Le ministre de la marine, qui a parlé un peu avant minuit, après le départ de M.Houde, a d’abord fait remarquer que les conservateurs fédéraux tiennent M.Houde en haute estime, Pn triomphe conservateur est à prévoir, a-t-il continué.Qu’on examine la liste des candidats conservateurs et on se rendra compte que M.Houde a rallié un groupe des meilleurs hommes que la province puisse charger de l'administration de ses affaires.Si M.Houde bénéficie de l’appui des chefs conservateurs et de celui d’amis répartis dans toute la province, a dit M.Duranleau, c’est qu’il est animé, lui aussi, du nouvel esprit qui a entrepris, dans le domaine fédéral, une oeuvre de restauration nationale.11 n’est pas seulement le chef d’un parti, mais le promoteur d’un mouvement de coopération qui attire tous les hommes sincères.Statistiques à l’appui.M.Duranleau s’est employé à renverser les assertions des libéraux sur l’excellence de la présente administration.M.Duranleau a reproché à M.Taschereau de comparer la situation de 1897 à celle d’aujourd’hui.Ola, a-t-il affirmé, est une insulte à l’intelligence du pubic.M.Duranleau a déclaré que M.Houde entend éclaircir complètement l’aiffaire de Beauharnois, dès qu’il sera premier ministre du Québec.Parlant du gouvernement Bcn-nclt, le ministre de la marine a rappelé la devise électorale de M.Bennett, “le Canada d’abord”, et il a dit que M.Bennett n’a pas simplement fait des promesses, mais qu'il a contracté des obligations qu'il a commencé ù remplir dès qu’il a été au pouvoir._ Sa inf-,-Hyacinthe et Bagot Saint-Hyacinthe, 18 (P.N.C.).Lu mise en, nomination des candi- M.Taschereau vous ., mer pour l’aventure que l’ftn sait, plats aux prochaines élections pro-il aurait dù vous garder un peu vinciales, a eu lieu ic, hier, pour le _i„.i-n„.„mn* comte de Saint-Hyacinthe.l/cs Vous êtes, avec votre plume à la candidats en lice restent les niè-main, comme l’enfant avec un ra-1 mt s : M.Télesphore-piuiiien Bonsoir.Vous pouvez, vous couper la gorge, mais au moins._ cbard, du côté libéral, et le notaire Valiez pus ! Horace Saint-Germain, du côté con- ta lutte provinciale, il lui en tiendra compte.M.Vautrin termine en disant qu’il y a des limites à l’audace et que l’autocratie de M.Houde viendra se briser contre le roc de St-Jacques.M.Léonce Plante II arrive du comté de Berthier et prédit 1,000 voix de majorité à son ami Cléophas Bastien.M.Houde est un acteur, selon lui.MM.Arthur Sauvé et Tellier, aujourd’hui juge, étaient des hommes sincères et distingués, des conservateurs inspirant la confiance, mais pas r.amillien Houde, Si Houde devient premier ministre, Bray deviendra président de la Commission des liqueurs, et alors ce ne sera plus un simple yacht qu’il s’achètera, mais ce sera YEmpress of Britain.Cela fait rire la foule et il continue en bon acteur lui-même à l'amuser.M.Fernand Rinfret Si M.Houde s’imagine, dit-il, en se présentant dans St-Jacques qu’il jette la consternation dans Tame des libéraux, il se trompe grandement.J’en ai la preuve ce soir par la belle assistance qu’il y a ici.l'arrive de Maisonneuve, qui reprendra sa place dans la colonne libérale.Nonobstant le grand cirque qui se tient nu marché St-Jacques, la foule des électeurs sérieux est ici.Peu nous importe que des camions soient allés racoler des auditeurs dans les bas-fonds de la ville.M.Plante, dit-il, vous a exposé sur un ton gai des arguments sérieux.Cette gaieté s'explique par l’approche de la victoire.Que vient faire M.Houde dans St-Jacques?raconte M.Rinfret.—Il vient sc faire battre lance un auditeur.C'est à ce moment que M.Rin-frel dit que M.Houde ne peut insulter davantage les électeurs de St-Jacques en se présentant comme candidat pour démissionner le lendemain de l’élection, s’il est élu, et confier le comté à un au tre.Après avoir comparé l’assemblée du marché St-Jacques à un cirque, M.Rinfret compare celle de l’école Meilleur à une chapelle ar dente où pleuvent des télégrammes de sympathie.11 y aurait même eu des prières, dit-il, si on ne savait depuis longtemps que les élections ne se font pns avec des prières.H parle ensuite des couplets mé lodramatiques de M.Houde sur les misères des jeunes veuves et l'a bandon des vieillards.Lorsque j'ai entendu ces couplets à l’assemblée de Sherbrooke, samedi soir, dit-il, j’étais dans mon salon, et j’ai de mandé qu’on tournât le bouton, me disant que ce ne pouvait être le discours de M, Houde, mais bien un programme de vaudeville.Soudain on entendit un voix qui cria dans la foule à M.Houde: Parlez-nous donc de politique.Parlez- vince et la première constatation qui s’impose c’est que pour la première fois depuis la Confédération il n’y a pas une seule élection par acclamation.Les conservateurs, qui laissaient passer douze ministériels par acclamation en 1927, ont placé cette année des candidats dans les 90 comtés de la province.Il s’est produit quelques surprises à la dernière minute et plusieurs nouveaux candidats indépendants ont présenté leur bulletin à l’officier-rapporteur.En tenant compte des indépendants de toutes nuances, on obtient un total de 201 candidats qui se disputeront les 90 sièges de la province.On parle de bagarres dans la ré- il semble LETTRES AU DEVOIR lignées, ou des ecmmunlcations ao corapaanées d’une lettre signée, avec adresse authentique.Nous n* prenons pas la responsabilité de et qui uarait sou* cette rubrique.La question du beurre Montréal, le 12 août 1931 Le Devoir.Montréal.On parle souvent, dans les discours politiques, des bas prix du beurre.On parle des marchés qu'il faudrait améliorer, mais on ne dit mot de la qualité qui devrait être améliorée.Cependant, nous avons lu, dans les journaux, un discours de M.Weir,.ministre fédéral de l'agriculture, dans lequel il disait que le beurre canadien ne pouvait être étiqueté, parce qu’il n’est pas de qualité uniforme.De semblables plaintes nous viennent d’Angleterre.Nous avons même vu dans les journaux, le printemps dernier, beurre pour gion de Québec, mais que la journée se soit passée assez ! qu’on avait pris du paisiblement dans le district de j/aire snuon.Montréal.Les seuls incidents reo-ire très obligé.Alphonse GRENIER, 7399, rue des Ecores, Montréal.dé de s'envoler aujourd'hui de Pe- : ,*°.n municipale de Montréal d’n- tropavlosk.Kamtchatka, pour ville japonaise do Nemuro.la Avis de décès LIMOGES — En cette ville, dimanche, | le 16 août., à 3d ans et 11 mou, eat.de-eMé M Armand Limoge», tpoux de Juliette David.Les funftralüea auront lieu mercredi, le 1# courant, à 9 heure» a.m ' Le convoi funèbre partira de la demeure du défunt, 16M, nie Lajoie, Outremont, i a S heure» 30.pour »e rendre à l'église < nalnt-vtatetir d'Outremont.et de IA au cimetière de la CAte de» Neige», lieu de la \ sépulture.Parent* et «ml» sont prié» | d awlater «an» autre Invitation.Le congrès des Chevaliers de Colomb voir causé des retards dans l’cxc-j eu lion des travaux du Canadien National, des travaux du port et des tunnels.Les crédits pour ces travaux furent votés par le gouvernement King et la majorité de cos travaux ne sont pns en marche, il L âffâire de Sâint-Pascal Pendant le discours du candidat conservateur, Lévesque, quelques auditeurs ayant fait du chahut, un ami de ce dernier donne une raclée à un officier de circulation —- Celui-ci tire cinq coups de revolver et blesse plusieurs personnes dont deux sont actuellement à l’hôpital de la Rivièrc-du-Loup — Autre version déclare qu'en 1931, il Québec.18.(D.N.C.) L’appel y aurait | nominal à Saint-Pascal de Kiunou- Frcneh-Llek.Indiana.18 (S.P.1 ., .~ unvaU5S PU nmr- ! raska a pris une tournure drama* U l’ne messe pontificale en .'J ‘’O de session tique et deux victimes sont aciucl- >lcin air a inauguré rr matin le ^ ’ llWraux nvail’nl L’ment à l’hôpital de la Riv ère-du- .__i ._________________________I L»U%, J I «Anrxatiiflnrtf «siirt A m quarante-neuvième congrès annuel (les Chevaliers de Colomb.Des délégués du Canada, des Ktats-l’nis ei du Mexique étaient présents.IH ,, , .iLoup.cepinibint que plusieurs :,r \ y‘"«rin.il ! souffrent de blessures plus ou Protèges votre bouche et votre bourse en voyant 10 DR j.D.PAQUIn CHIRURCICN-OINTISTI *m d'cxpérlcnc* «f d« boni servie** au public.Le REEL SANS DOULEUR 1297.SAINT-DENIS Stc-Catharlne.LAn.8161 Cote La Société Coopérative DE Frais Funéraires RUE SAINTE-CATHERINE.302 EST, PLateau 7-9'11 |oa.Jaannotta.présidant.L.-Eugéna Courtois, gérant général.declare qu’aucun député libéral n n ; attaqué M.Houde avant autant de i véhémence et de vigueur que lui Parlèrent ensuite MM.Bernard Bisson nette et Jicctor Perrier.Ses prénoms Un communiqué de Ravcnsrrag, résidence provisoire du gouverneur général, annonce que le fils né à I lady Besslmrough, jeudi, portera les j prénoms de George, en l’honneur du roi, son pnrram, de Saim Lawrence, pour commémorer le grand ! fleuve raiiuriirn, et de Ncuflize, nom .de famille de la comtesse de Bcss-borough.Tél.mibank T1»-71I0 ' Rièft» Social: talfl NOTRE-DAME OUEST La Compagnie é'Assnrantt t unéralr» LIRGE1 LOURCIE.LIMITEE incorporé# par Lettre# Patent»* da la Province d# guébec au capital d* |130.000 0C ASSURANCE PUNERAtHE ET DIRECTEURS DE 11 VER MLLES r» Tau* r*y an conformité arec la loi de» assurance», sanctionné* pnr la Parlement (ta guèbac, le 312 dérernhoe 1913 t da 825.000.00 au Oouvereement - iSaloiw mortuaires à la dtapiatUva du publie.SERVICE JOUR "tT NUIT La Colombie et l’Equateur Quito, Colombie, 18.(S,P.AH — La Colombie et l’Equateur ont rétabli leurs relations diplomatiques, iqut étaient rompues depuis novembre 1925.moins graves, à la suite d'une bagarre qui s’est produite durant le discours du candidat conservateur, Si.Louis Lévesque.Quelques midi- .leurs s’étant mis à faire du tapage, ' un partisan voulut rétablir l'ordre et atteignit un officier de circulation pour lui donner une forte râ-cléc.Celui-ci s’étant relevé tira cinq coups de revolver, blessant | plusieurs personnes dont MM.Tho-, mas Michaud et Joseph Lafrnncc, actuellement à l'hôpital.L’assemblée avait débuté paisiblement.MM.Pierre Gagnon et Louis Lévesque avaient décidé de parler chacun leur tour.M.Gagnon, député sortant, a commencé.Il a dù subir plusieurs interruptions.mais plutôt amusantes.Quand M.Lévesque voulut lui répondre, le chahut a commencé et la bagarre s'est produite.M.Litotte, officier de circulation, explique qu’il était en fonction avec M.Gérard Kirouac, quand sc produisit du tapage.Ils voulu- i rent s'avancer dans la fouie pour rétablir l'ordre et quelques-uns di-.rent: “Les voici i" C’est alors qu
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