Le devoir, 3 février 1913, lundi 3 février 1913
MONTREAL, LUNDI 3 FEVRIER, Î913 UN SC U LE NUMERO VOLUME IV-No.27 ABONNEMENTS: Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.jjfô.QO UNION POSTALE.$(j!o0 Edition Hebdomadaire : CANADA .$1.00 ETATS-UNIS ., .ÿi.SQ UNION POSTALE ,**.*.$2.00 Rédaction et Admini^ratiouj 7la RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TELEPHONES : ADMINISTRATION: Mata 7461 REDACTION: Main 7460 Diredeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LE PUBLIC ET LA .LOI DES BANQUES Ld projet de loi des banques que le gouvernement soumet aux chambres est à peu près le même que celui que M.Fielding avait préparé pour la session de 1910-1911.II suffit de lire ce bill pour s’apercevoir qu’il a clé rédigé sous l'inspiration de l'association des banquiers et, naturellement, au bénéfice presque exclusif des banques en existence, sans tenir compte des be-foins du public, des responsabilités des déposants.On ne cherche pas plus que par le passé à diminuer ou à empêcher les perles désastreuses que la liquidation d’une banque en faillite occasionne aux déposants, au commerce et aux actionnaires, Du reste, les membres de l’association ne se gênent pas de déclarer que la loi ne sera pas amendée; qu’ils ont rencontré le ministre des finances et que le bill sera passé tel que préparé ou accepté par eux.J’aime à croire que ceci est exagéré et que, sachant que cette loi affecte deux millions de déposants et au-delà de mille millions de l’épargne populaire, la députation fera son devoir et se donnera la peine d'étudier sérieusement la loi et de l’amender dans la bonne direction.Dans des articles publiés par le Devoir, les 10,11 et 12 février 1910, j'ai indiqué ouelques-uns des points faibles de la loi, que les faillites de banques avaient déjà mis en lumière.J’ai également exposé les moyens que des gérants de banque en détresse ont pris pour reconstituer, sous le couvert de la loi, un capital disparu.J’ai particulièrement essayé de démontrer les défauts de la loi, en ce qui concern-' les rapports, mensuels et annuels, que les banques font au gouvernement et aux actionnaires.J’ai rappelé dans ces articles que la Banque Ville-Marie avait fait circuler pour $523,000 de ses billets, quand le gouvernement avait fixé cette circulation à $350,000, lout en permetlant à la banque d’afficher dans ses rapports mensuels un capital de $479,620,-ce que le gouvernement savait être faux;—comment la Banque du Peuple s’y était prise pour cacher au-delà de $400,000 de ses obligations au public, en défalquant du chiffre global des dépôts, celui des comptes soutirés, ne laissant ainsi paraître que la différence dans ses rapports au gouvernement;—-comment la Banque “Sovereign” et la Banque de Saint-Jean s’étaient fabriqué un capital, la première en comptant comme actif un million de piastres de dépenses qu’elle avait faites pour l’ouverture de scs succursales, et la seconde en tenant dans ses coffres des centaines de mille piastres de billets promissoircs s/gnés par des personnes incapables de faire face à leurs engagements.J’ai fait remarquer que notre loi des banques, cl surtout la formule des rapports au gouvernement et aux actionnaires, laisse le gérant libre de faire presque toutes ces irrégularités, sans encourir de responsabilité pénale.Des événements postérieurs à ces articles m’ont donné raison.Une année ne s’était pas écoulée que la faillite de la Banque “Farmers” fournissait une nouvelle preuve de la nécessité d’amender la loi.On a fait beaucoup de reproches à l’ancien gouvernement d’avoir iccordé le cerliflcat autorisant la “Farmers Bank” à commencer ses opérations, quand son capital n’était pas régulièrement souscrit; mais on iemble ignorer que c’est surtout aux lacunes de notre loi des banques et des rapports mensuels au gouvernement qu’il faut attribuer les pertes occasionnées par les faillites de nos banques, y compris celle de la ’'Farmers.” En étudianl le chapitre des compensations et des créances privilégiées, j’avais suggéré des moyens faciles—auxquels il me semble"’que personne ne pouvait s’objecter,—pour réduire d’une manière très appréciable les pertes que font les-déposants d’une banque en faillile.Comment se l'ail-il que malgré cela, et en dépit de l’expérience des vingt dernières années, le ministère des Finances n’ait pas compris qu’il fallait de toute nécessité remédier à ces lacunes, mieux asseoir le crédit de nos banques et assurer au public et aux déposants la protection ri la sécurité qu’ils sont en droit de demander?v Je trouve dans les dispositifs du projet de loi actuel, aux chapitres relatifs au capital des banques et à la vérification de la solvabilité des actionnaires, plusieurs des suggestions que je faisais en février 1910; mais il s’en faut de beaucoup que l’on ail fait tous les amendements cpii s’imposent.Ce projet fait cependant disparaître quelques-une*; des anomalies ou dispositions contradictoires de la loi actuelle, et il applique à la Banque “British North America” certaines dispositions dont l’cx-rmpte la loi, exemption qui l’a placée jusqu’ici dans une position plus avantageuse que celle qui est faite aux banques canadiennes.Néanmoins, comme par le passé, la Banque British North America ne donnera pas, pour la circulation de ses billets—qui est fixée à 75% ’ de son capital—autant de garantie qu’on en exige des autres banques; et dans le cas de faillite, sa circulation ne sera pas privilégiée, comme, l’est celle des banques canadiennes, —l’article 131 ne s'appliquant pas' à celte banque.Je me demande dans quelle position se trouveraient les déposants d’une banque en faillite ayant une charte impériale et son bureau principal à Londres?J’inviterais les banques canadiennes à examiner si, dans ce cas, elles ne seraient pas tenues de pourvoir elles-mêmeu au paiement de cette circulation, c’est-à-dire, à même le fonds des banques.Il y a bien aussi quelques clauses qui, à première vue, peuvent paraître favoriser ou sauvegarder le public; mais il n’est pas nécessaire d’y regarder de treu près pour s’apercevoir que ces clauses sont mises dans le bill surtout parce qu’elles sont propices aux banques.Ainsi la clause 36, section 4, exige que dans le livre de souscription des actions de banque, l’article 125 de la loi soit imprime, afin que le souscripteur sache bien qu’il est sujet à la “double responsabilité.” N’est-il pas étrange que la loi n’exige pas que le même article 125 soit aussi imprimé dans le livre de transfert et sur les certificats - ’actions qu’émettent les banques?Est-ce que, parmi les personnes qui possèdent ou qui achètent des actions des banques existantes, il n’y en a p-as qui ignorent également cette clause de la double responsabilité?Ces personnes n’ont-elles pas droit à autant de protection que les souscripteurs au capital de nouvelles banques?C’est donc -moins parce qu’elle protège le souscripteur que parce qu’elle est en même temps de nature à empêcher le public de souscrire pour l’organisation de nouvelles banques, que l’association des banquier» a consenti à laisser mettre cette clause dans la loi; elle comprend que c’esl un moyen de diminuer, sinon d'empêcher la concurrence que pourraient leur faire ces nouvelles insti-tutions.Les clauses 60 et 61—sections 3, 4, 5 et 14,—ont pour objeFde per-mettre aux banques d’augmenter leur circulation, même de la doubler en cerlains ras; cependant on ne met dans le statut aucune disposition pour protéger les déposants ou diminuer leur responsabilité qui, naturellement, augmente dans la même proportion.A la clause 56, on fait semblant de laisser aux actionnaires le choix d’un vérificateur, mais dans les sectio-ns de cette clause, on s’empresse d’entourer la procédure de tant de chinoiseries que, pratiquement, il est impossible pour les actionnaires de faire celle nomination.Toutes ces clauses sont des Irompe-l’oeil qui ne devraient certainement pas être insérés dans nos statuts.Combien d’autres exemples je pourrais citer! Devons-nous blâmer les banques de chercher à promouvoir leurs intérêts?N’est-ce pas au gouvernement et au parlement qu’incombe l’obligation de protéger le public?On ne doit pas s’attendre que les banques vont demander des lois qui ne les intéressent pas ou qui ne leur soûl' pas favorables; et le département se trompe en s’adressant à l’association des banquiers pour savoir quels sont les amendements qu’il doit proposer.Ceci ne veut pas dire que nous devons faire la guerre aux banques.Ces institutions rendenl des services au pays, contribuent à son développement en procurant aux hommes d'affaires énergiques et entreprenants des moyens d’action que, sans elles, ils n’auraient pas, Il s’agit seulement d’apporter à notre loi les amendements qui s’imposent, et cela -avant que les banques ne soient devenues, si elles ne le sont déjà, tellement influentes qu’elles soient en état d’imposer leur volonté au gouvernement et d’abuser de leur puissance.J’ai souvent entendu dire que notre système des banques est bien supérieur à celui des Etats-Unis et que nous ne devrions pas y toucher, J’en ni dit assez, je crois, pour démontrer qu'il est loin d’êlre parfait; et, fût-il supérieur à celui des Etats-Unis, cela n’empêcherait pas que nous devrions le perfectionner -chaque fois que l’expérience nous montre quelques points faibles.Je me propose de discuter celte loi plus longuement.Dans un prochain article, j’étudierai quelques-uns des chapitres se rapportant au empilai des banques.fM.LET DU SOIR La plu$ pitoyable victime Quand on voit en ménage un frêle tnonsieur avec une dame forte, on se dit: ‘‘Quel couple mal assorti!’’ C’est là juger sur les apparences.Car deux époux ne se conviennent pas parce que leur poids réuni est réparti équitablement sur chacun d'eux.La femme, c’est connu, doit être le complément de l’homme.Aussi l’adolescent qui songe à convoler, et qui a l’heureux: embarras du choix, doit se préoccuper avant tout de trouver une moitié possédant ce qui lui manque et chez qui fait défaut ce qui abonde en lui.Par exemple, celui qui a beaucoup d’esprit se gardera d’épouser une jeune fille qui en a aillant, de crainte d’une déplorable émulation.Et s’il a une indomptable énergie, il élira une fiancée plutôt docile, afin de prévenir les conflits.Il y a, en peinture, des couleurs complémentaires qui, en se fondant, rendent des nuances heureuses.Contrariez-les, vous obtiendrez des tons criards.Il en va de même dans le mariage.Combien regrettent de n’avoir pas compris ça plus tôt!.John Frisbie, lui, a compris ça tout de suite.U est vrai que c’est un homme d'expérience: il est veuf.John Frisbie, riche paysan de Me-chanicsville (Connecticut), se rendit l’autre soir au théâtre, à Daniel-son.Mlle Anna Howard Shaiv, présidente de la National Suffrage Association, y portait la parole.Ce fut pour Frisbie une révélation, un chemin de Damas.Il interrompu la suffragette: “Une minute.Mademoiselle Shraw, supplia-t-il, je suis veuf depuis dix-huit ans.Voulez-vous m’épouser et me rendre heureux?J’ai en abondance pour nous deux.” Il y eut un silence émouvant.Profitons-en pour insérer un essai de psychologie.John Frisbie, durant dix-huit années de veuvage, avait dû se demander souvent: “Me remarierai-je?Ve me remarierai-je pas?” C’est un indécis.Le soir même où il allait prendre une décision foudroyante, il s'était questionné longuement.Resterait-il à la maison?Sortirait-il?Où aller?Pourquoi Ici et non pas ailleurs?Et pourquoi ailleurs plutôt que là?Enfin, H avait décidé: “Sortons toujours; nous verrons après.” Et il était sorti.La foule entrait au théâtre.Faible, il avait suivi le courant.Mlle Anna Homard Sham parlait.File tenait d’une voix ferme des propos énergiques, et elle les appuyait de gestes précis.Grâce à la tendance qu’on a d'admirer chez autrui ce que l’on ne possède pas, Frisbie s'extasia devant une femme si décidée.Et il ne tarda pas à faire réflexion qu’elle était son complément.Or, chacun prend son complément où il le trouve.Il s’offrit donc tout rondement, avec son avoir.Mais la cruelle lui fit cette fière réponse: — Je ne veux pas me marier, mais voter! M.Asquith — si ces lignes tombent, respectueuses, sous ses yeux— se rendra compte qu’il n’est pas ta plus pitoyable victime du féminisme.Léon LORRAIN.M.Rogers et Félection cTAntigonish Nous avons la réponse officielle de M.Rogers, ministre des Travaux publics, à l’interpellation concernant son intervention dans l’élection provinciale d’Antigonish, N.-E.L’on accusait le ministre d’avoir, en une communication officielle, fait miroiter aux yeux des électeurs d’Antigonish l’appât du patronage de son département.M.Rogers répond qu’il n’a eu rien à faire avec cela.Tout de même, il est indéniable qu’on s’est servi d’une lettre officielle annonçant que les crédits à voter pour l'année prochaine contenaient quelque chose comme deux cent quinze mille piastres pour travaux publics dans Antigonish.Comment cela se fait-il?C’est bien simple: le secrétaire du ministre a fait le coup, et M.Rogers s’en lave les mains.Fin Chambre où la parole des chefs est toujours reçue avec enthousiasme, cette déclaration a dû produire l’effet coutumier.L’on a dû applaudir bruyammment le ministre qui démontrait si facilement son innocence.Seulement il y a un petit détail qui fait tache sur l'innocence de M.Rogers.La lettre du sénateur Giroir demandant un mémoire des demandes qu’il avait faites au ministre était adressée au ministre lui-mê-mce.Le secrétaire du ministre a-t-il pris sur lui de répondre au nom do son chef sans consulter celui-ci?Dans ce cas, il en a un culot, ce monsieur; car ce n’est pâs un simple mémoire mais une déclaration qu’il envoie à M.Giroir.“En réponse à votre demande, dit-il, je vous transmets une liste des crédits qui ont été mis dans les estimés pour le comté d'Antigonish pour 1913-14.” G.-N.DUCHARME.L’explication du ministre est en LA QUESTION DU JOUR Les loyers.— L’offre et la demande.— Les petites annonces du “ Devoir ” La question dvi.jour pour des .milliers et des milliers de Montrés- j lais, c’est celle clu loyer.Ees uns j cherchent où se loger pour l’année prochaine, les autres se deman- ' dent quels seront leurs prochains j locataires.Que de démardaes inutiles seraient épargnées s.i le propriétaire j et le locataire pouvaient tout de ; suite être mis en relations! Ee j journal, et part i cul i ère ment un | grand journal du type du Devoir, est aujourd’hui le meilleur intermédiaire qu’ils puissent avoir.Que ceux qui se cherchent un nouveau domicile, que ceux qui ont cl es maisons à louer, utilisent les ^petites annonces du Devoir, ils ne tarderont pas à s’en féliciter.Nous publierons côte à côte les offres et les demandes, afin que les intéressés puissent d’un coup d’oeil voir ce qui leur convient.outre fort amusante.M.Giroir, dit-il, demandait une liste des demandes qu’il avait f ni tes.Est-il vraisemblable qu’un lïomme de l’intelligence de M.Ginoir oublie si vite les choses auxciuelles il prend tant d’intérêt.Les réponses atxx interpellations ne se discutent i>as en chambre ; mais M.Rogers t>eut s’attendre à un interrogatoire p>lus serré lorsque viendra le vote de ces crédits, non pas de la pax-t des députés ministériels dont l'indignation contre l’abus du patron £*ge au point de vue électoral a cessé avec leur arri- ! vée au pouvoir, mais des députés ; oppositionnistes cjui ont retrouvé 1 leur vertu ou leciï' hypocrisie dans l’opposition.Jean DUMONT.Langue universelle C’est la langue l'rançaise et elle est reconnue comme telle par une agence télégraptiicine aussi importante que la Gie Great North Wes— tern.Dans sa cireul teire du 1er janvier annonçant une réduction dans le prix de tran sütiission, la Cie Great North Western indique en quelle langue elle p>eut transmettre les messages qu’on lui confie.Us peuvent être éc rits, dans n’importe quelle lan gu o» dit-elle, puis elle ajoute: ils doivent être écrits dans la langue du ;pays d’origine ou de destination “on dans la langue française, langue universelle.” Sans doute cette circulaire ne nous apprend rieur de neuf.Pour Demandes de compensation LTle du Prince-Edouard, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse demandent un supplément de subvention au trésor fédéral.Chaque fois que les subventions aux provinces ont été rajustées les provinces maritimes ont eu leur part comme les autres.Mais un fait nouveau s’est produit depuis.Ottawa a taillé de nouveau dans les territoires nord et nord-ouest, en donnant une partie au Manitoba, une autre à Ontario et une autre encore à Québec.Et c’est sur cette x’épartition de territoire que les provinces maritimes basent leur prétention à une compensation.Elles disent: Nous avons payé comme les autres pour l’acquisition de ces territoires; les autres en bénéficient aujourd’hui par la part que vous leur en faites; géographiquement nous n’avons peut-être pas intérêt à réclamer une terre si éloignée de la nôtre; mais ayant payé pour leur acquisition et leur développement, donnez-nous au moins vine compensation en argent.Nous aimerions à entendre les objections que Ton peut faire à ce plaidoyer.J.D.-ml* -*¦ - Sur le Pont d’Avignon.tous ceux qui sont le moindrement familiers avec le status das différentes langues, il ne fait aucun j doute que le fraivçais est reconnu I comme langue universelle.Il est ! bon cependant vit; remarquer que ! même ceux qui et3 ntestent^cette vé- ! cité au Canada, sont obligés de l’admettre lorsqu’ils en viennent à trai-i ter d’intérêts internationaux.M.Lamarche, député de Nicolet, et Sir R.For-get M.le député c/e Nicolet nous a remis la lettre et le document qui suivent: Au directeur* du Devoir, Monsieur, Auriez-vous l’o t»ligeance de publier la déclaration légale que voici et dont j’envoie une copie à M.Jules Fournier.J’aurais pu dédaigner cette calomnie.Mais entré depuis peu dans la vie publique, je crois avoir droit à l’estime des honnêtes gens et j’ai 1 intention de la conserver.Vous savez le chemin « j vi ’une accusation fausse peut faire, d’où qu’elle parte.Je crois devoi r couper les ailes à celle-ci - si l’on peut dire qu’elle ait des ailes., P- EE LAMARCHE.Montréal, 3 février 1913.PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE MO 2S7TREAL Je soussigné, Ea-ul-Emile Lamarche, avocat de la Cité de Montréal, dans la Province de Quéheo, et député aux Communes du Causa da pour la division électorale de Nicolet, étant dûment assermenté sur les Saints Evangiles, dépose et dis: J’ai pris connaissance d’un article publié dans T“Action” en date du premier février 1913 sous la signature de Monsieur Jules Fournier, dans lequel je relève les mots suivants, à savoir : (s’adressant à Sir Rodolphe Forget).“A Lamarche, vous avez, paraît-il, fait gagner quelques cents piastres à la Bourse”.Cette insinuation est tout à fait fausse et mensonpcère et inventée de toute pièce.Je n’ai jamais g-a^né quelques cents piastres, ni même «quelques piastres, à la Bourse ou ailleu.rs, directement ou indirectement, par l’entremise ou sur l’information de Si*' Rodolphé Forget.Je n’ai jamais bénéficié directement ou indirectement d’aucune favfeur, d’aucun privilège, d’aucune information, en ce qui reprarde la Bourse, le marché ou toute autre chose, de la part de Sir RodolpEie Forget ou de sa maison.Sir Rodolphe Forjaret ne me doit rien, et je ne lui dois rien, et mes paroles à la Chambre des Communes, au cours du débat sur la Bar»«que Internationale du Canada, ont été celles d’un homme libre, et n’étaient e?r» aucune façon la considération de faveurs rendues ou à rendre.Et j’ai signé, PAUL-EMILE LAMARCHE.Assermenté devant moi, ce troisième jour de février 1013.BRNARD ME LANÇON, C.S.C.Commissaire de la Cour Supérieure, pour ie District de Montréal.“Le Dr Morrisset, député du comté à la législature avait été chargé de lire l’adresse de bienvenue; comme loujours.il fut Thom-rnc de la situation”, dit un compte rendu.Le Dr Morrisset est donc un homme de toutes les situations.Pourquoi donc persister à prétendre qu’il y a ys-eu d’hommes capables parmi les Canadiens-français?* » * “Le gouvernement n’a pu définir sa politique navale depuis le commencement du débat sur celte question”, écrit le Soleil.Alors, sur quoi le Soleil se base i-il pour condamner cette politique?CW Le Soleil publie ce qu’il appelle un troisième démenti à M.Forget C’est une déclaration à l'effet qu’ après avoir été choisi candidat contre M.Forget dans Charlevoix, il n'a jamais été question pour M.Cannon de se retirer.Est-ce que M.Forget a accusé M Canon d’avoir voulu retirer sa can clidature?Nous ne le croyons pas Alors qu’est-ce que M.Gannon vient faire dans cette galère?* * # Un chroniqueur politique de Londres prétend qu’on se dégoûte du gouvernement Asquith parce qu’il s’inspire beaucoup plus de la diplomatie que de l’honnêteté.Si l’opinion anglaise était habituée à nos moeurs politiques, elle n’aurait pas l’écoeurenient si facile.* Le fameux Dr Nesbitt est mort.Il eut une carrière des plus mouve raentées, variant du fanatisme le plus étroit aux entreprises financières les plus osées.11 était même sous le coup d’accusations très graves que le tribunal a déclarées non fondées une heure avant sa mort.# * * Enfin Castro est libre de fouler ie sol américain durant huit jours nu moins.Sa première pensée a été de se choisir le plus luxueux appariement de Tun des meilleurs hôtels de New-York.Si Ton a confisqué tous les biens qu’il avait au vénézuéla, Castro a eu la précaution de s’en sauver assez pour continuer sa vie de grand pacha.• mm Le sénat américain discute et votera probablement la prolongation «lu ternie d’office du président des Etats-Unis, mais il veut en même temps qu’aucun ancien président ne puisse être candidat à une s~éélection.La peur de Roosevelt n’est évidemment pas éteinte.• « «r Notre sénat vient de s’ajourner pour trois semaines faute d’ouvra-«c.Prions pour que les Allemands n’en profitent pas pour nous tomber dessus.• • • Le revenu des douanes augmentera probablement de trente millions ccttc année.Quand les libéraux n’en profitaient pas, ils appelaient cela un vol.Quand les conservateurs cessèrent d’en bénéficier, ils le dénon- LETTRE D’OTTAWA ENCORE LA QUESTION NAVALE Ottawa, 3.—Le débat sur la marine, recommencé paisiblement samedi, menace de ne pus faire grand progrès, celle semaine encore.Il y avail quinze jours qu’on n’en avait parlé.Il s’en passerait encore une demi-douzaine avant que Ton en reparle, que cela n’étonnerait personne.Car,: aujourd’hui, jour des députés, il n’en sera pas du tout question.Demain, le ministère, vu le prochain départ de M.Foster pour l’Australie,—il s’embarque le dix,—devra déposer les prévisions budgétaires pour 1913-1914, puis adopter en troisième lecture les conventions commerciales avec les Antilles, et peut-être commencer à voter le budget du ministère du Commerce, vu l’absence projetée de M.Foster.Mercredi, fête légale, la Chambre chômera.Jeudi, peut-être reparlera-t-on de la question navale.Mais il n’y a encore rien de bien certain, puisque le budget du Commerce ne sera peut-être pas encore tout voté.Reste vendredi.Ce jour-là, certainement, peut-on dire.Ton reparlera marine.Mais, à une séance ou deux par semaine, le bill Borden ne pourra faire grand progrès, en dépit de Turgence dont on parle tant, peut-être parce que Ton n’y croit plus beaucoup, même dans les cercles ministériels.Fût même les oppositionnistes qui parlent, eux, de construire deux escadres canadiennes citent des chiffres qui prouvent clair comme le jour que cette marine n’aura aucune utilité, puisque le Canada n’en a pas besoin pour lui, et que la suprématie navale de la Grande-Bretagne est écrasante, d’après les statistiques mêmes qu’ils donnent dans leurs discours.* ?# C’est ainsi que M.Béland, naguère ministre,—si peu longtemps qu’il n'eût même pas le temps, avant la défaite du ministère Laurier, de paraître à son ministère, à l’édifice Langevin et qu’il se contenta de l’aller visiter en amateur, après le 21 septembre, chose qu’il fit, du reste, avec beaucoup de bonne humeur,—c’est ainsi, écrivions-nous, que M.Béland.dans son discours de vendredi soir, donnait un ensemble de statistiques compilées aux sources officielles, et qui prouvent nettement comme quoi nous n’avons nul besoin, ni de verser 35 millions à la Grande-Bretagne, ni de lancer deux escadres canadiennes.En 1913, dit-il, la Grande-Bretagne, aura 20 dreadnoughts et superdreadnoughts, contre 23 à la France et à l’Allemagne combinées.F.t Ton sait qu’une telle combinaison est: impossible, aujourd’hui.En 1914, la Grande-Bretagne aura 33 cuirassés el croiseurs dernier modèle, contre 21 à l’Allemagne et 8 à la France, soit 33 à 29.Le double étalon est encore maintenu.En 1915, la Grande-Bretagne en au 37, T Allemagne, 23, la France 10, soit 37 à 3J.Le double étalon est encore maintenu.Mais, prénoms l’Allemagne et les Etats-Unis et voyons leur force navale combinée, contre celle de la Grande-Bretagne.En 1913, Grande-Bretagne, 20, contre 25 à l’Allemagne et aux Etats-Unis.En 1914, Grande-Bretagne, 33, contre 31 à l’Allemagne et aux Etats-Unis.En 1915, 37 contre 35.La marine anglaise garde donc, même en regard de ces deux fortes puissances navales, le double étalon dont on parle tant.Mais il y a la Triple-Entente et la Triple-Alliance.Le premier groupe,—Angleterre-France-Russie,—-aura, en 1915, 56 gros navires de dernier modèle, contre les 33 de la Triple-Alliance,—Allemagne-Italie-Au triche.De telles statistiques apparaissent concluantes à celui qui u’est pas mordu de la tlirentule navale.Mais nos députés en sont pour la plupart presque tous victimes, et tout laisse prévoir qu’ils vont pérorer encore assez longtemps à ce propos.C’est ainsi que, à la gauche, il y a, paraît-il, encore trente-cinq ou quarante députés désireux de répéter ce que tous les orateurs ont dit jusqu’ici.On s’imagine ce que cette perspective d’une quarantaine de discours sur un sujet rebattu a d’attrait pour cetix qui devront les écouter ou faire mine de s’y intéresser.Par ailleurs, la droite sera pour la plupart silencieuse, à ce sujet.Mais il faut s'attendre à un discours de M.Nantel, puis à celui de M.White .puis aussi aux explications subtiles de M.Doherty, peut-être à celles de M.Coderre, et certainement à quatre ou cinq autres discours, de la part du petit groupe conservateur français récalcitrant.En substance, si l’on compile tous ces chiffres, Ton verra qu’une cinquantaine au moins présente le comté de Duke Lake à la | législature provinciale, et il est le: seul Canadien-français parmi les cin-i quante-quatre dépurés.Son seul collègue de langue française au Parle- j ment provincial est H.J -O.Nolin, un métis,député d’Athabaska.M.Tur-1 geon n’a que 34 ans mais il habite | l’Ouest depuis plusieurs années et il| nous a parlé longuement, hier, des ! progrès extraordinaires accomplis i dans certains centres, tels que Oalga | ry, Edmonton, Régina et Saskatoon ; Les Canadiens-français, dit M.Turgeon, ne composent que dix pour cent j de la population de la Sar/katchewan, | mais la qualité supplée au nombre et j la venue des nôtres dans l’Ouest aug ! mente graduellement.Interrogé sur la qualité de j’immi-i gration européenne, M.Turgeon a dé-| claré que les Belges, les Français, i ceux-ci presque tous originaire de! Bretagne, constituaient l'une des parties les plus utiles au développement de l'agriculture.Les Ruthènes, lesj Galiciens et les Allemands coutrl-; huent également ;Y la prospérité gé nérale et l’arrivée récente dans le: pays d’un évêque catholique du rite: ruthène aidera considérablement au' groupement de ces immigrants et àj la fondation de nouvelles paroisses.M.Turgeon est très optimiste I quand il l'avenir des provinces de \ l’Ouest mais constante en même! temps que l’Est, particulièrement! Montréal, suit aussi la marche du | progrès.Notre distingué compatriote est venu très rarement à Montréal.Il j gardera un souvenir tout particulier f de sa visite, car samedi, il a eu le i bonheur de revoir son père, M.Oné- ! siphore Turgeon, député de douces | ter, N.-B., au parlement fédéral.M.Turgeon est reparti pour l’Ouest! hier soir.Dans son discours, le procureur-gê néral de la Saskatchewan a répondu aux déclarations faites par M.Rogers, ministre, des travaux publics,au banquet de M.Borden, le 21 septembre dernier.Il a également attaqué la politique des bonnes routes telle que formulée par le gouvernement Bordcn disant que cette politique tendait à détruire l’autonomie provinciale, jM.Turgeon à déclaré en rnê n - temps qu’en subissant une d'iai te sur la question de réciprocité, le parti libéral était tombé pour l’Ouest.Mais, a-t-il fait remarquer, la défaite n’est que temporaire, la iréation de nouveau marchée demeu rc une nécessité pour le fermier de l’Ouest.Faisant allusk.n aux dernières élections provinciales dans la Saskatchewan, et A la part prise dans eut-; te campagne par le gouvernement fé déral, représenté par M, Rogers et le Dr Roche, l’orateur qualifia cette at titude du gouvernement fédéral comme anticonstitutionnelle."Au banquet Borden à Montréal, M.Rogers avait déclaré que le cabi net Scott devait sa réélection principalement aux votes des étrangers ins-croits sur les listes, grâce à une clause spéciale insérée au dernier moment.A la suite de ces allégations, dit M.Turgeon, j’ouvris une enquête et j'invitai par télégraphie sans fil, MM.Rogers o* Roche A produire lies documents et des témoins.Les deux accusateurs se renfermèrent dans un mutisme plutôt étrange car jamais je ne reçus de réponse.M.Turgeon étudia ensuite le projet de subside pour l’amélioration de voirie dans le- provinces, du gouvernement, et dit que c'était lâ un nouvel empiètement sur l’autonomie pro-vimciale.En s’autori: dit l'ora- teur, fl faire la construction des routes publique dans les provinces et en exigeant des provinces leur approbation officielle, le gouvernement fédéral crée tout simplement une nouvelle "machine électorale’’.M.Turgeon roit dans cela un autre symtôme de l’esprit anticonstitutionnel qui anime te cabinet Borden."C’est, dit-il en terminant, la mi-lion du parti libéral de réveiller le sentiment canadien au principe de l’automne provinciale qu’il a tou lours respecté.M, Turgeon fut souvent interrompu >ar des applaudissements.M.T.W.C ROTH ERS, MINISTRE DU TRAVAIL, FAIT UN NOUVEL APPEL POUR Q’UIL SOIT DIMINUE DANS LES FABRIQUES.Ottawa, 3.— Le ministre du Travail, M- F.W.Crothers, a résolu de nommer dans les plus grandes villes du Canada des correspondants de la “Gazette du Travail”, dont la mission sera de suivye de près les conditions de travail des femmes et des enfants non seulement dans les usines, mais aussi dans les emplois domestiques.Les quatre premières inspectrices seront nommées à Montréal, Toronto, Winnipeg et Vancouver.Si l’exécution de ce plan réussit, comme on le croit, des représentants féminins du ministère seront nommés dans toutes les autres villes du Dominion.La nomination d'un cinquième inspecteur à London est à l’étude maintenant.Ces correspondantes spéciales n’auront pas de pouvoirs aussi étendus que les inspecteurs provinciaux; mais leurs fonctions seront de même nature.Le ministre, est d’avis que le ministère du Travail a, jusqu’à présent, prêté trop peu d’attention aux milliers de femmes et d’enfants qui peinent dans les différentes industries et les services domestiques.M.Crothers espère que l’inauguration de ce nouveau service public contribuera à l’amélioration de la condi-tior.de cette claque de travailleurs non seulement par la publicité mais aussi par l’apport de matériaux pouvant servir à la législation pratique reconnue nécessaire.Les correspondantes de la “Gazette du Travail” seront tenues de fournir un rapport mensuel sur les conditions du travail des femmes et des enfants.Elles seront aussi appelées à faire des enquêtes spéciales pour le ministère.LE CHANCELIER DE L’ECHI-QLTER CREE UNE SENSATION.Londres, 3.— Le discours prononcé sam
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