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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 8 février 1913
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1913-02-08, Collections de BAnQ.

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VOLUME IV—No.32 MONTREAL, SAMEDI 8 FEVRIER, 1915 UN SC U LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS UNIS.$3.00 UNION POSTAiE.$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA .$1.00 ETATS-UNIS ., .$1.50 UNION POSTALE $3.00 Rédaction et Administration i 71a RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TELEPHONES : ADMINISTRATION: Main 7461 REDACTION : Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LES PROFITS DU MARCHE BILLET OU SOin Histoire et Légende LA QUESTION DU JOUR * LA PART DE L’OPPOSITION Quelle sera, dans le marché qui se brasse à Ottawa pour assurer “le salul de l’Empire” et le profit des constructeurs de navires, la part de l’opposition libérale?A la rigueur, le trust pourrait se borner à acheter le ministère, ce qui lui assurerait la majorité absolue des “libres mandataires du peuple.” Pour avoir le ministère et la députation ministérielle, il n’est pas même nécessaire de “contrôler” un grand nombre de ministres.Les béliers pris, les moutons suivent.Mais les hommes remarquables qui dirigent ces vastes entreprises voient plus loin que l’intérêt immédiat.Laisser l’opposition en liberté, c’est s’exposer à des mécomptes futurs.Il ne s’agit pas seulement d’encaisser les profits qui résulteront de la construction immédiate de trois vaisseaux; il faut créer et entretenir une opinion publique et un état de choses qui permettent au trust de perpétuer et d’accroître la source de ses profits.11 faut non seulement que le peuple canadien fasse au trust anglo-allemand un cadeau de dix millions, mais qu’il continue à lui payfer un tribut sans cesse croissant.Il faut aussi qu’au nom de la “solidarité et de l’unité de l’Empire”, le “loyal” peuple du Canada aide le trust à entretenir la rivalité des armements entre l’Allemagne et l’Angleterre.Laisser le parti libéral libre de combattre en principe toute contribution, c’est permettre la concentration de toutes les volontés, de toutes les énergies qui s’opposent à cette politique désastreuse pour le pays, mais fort profitable au trust et à ses multiples agents; c’est préparer la réaction de demain et la brusque interruption d’une source de profits, trop abondante pour qu’on la laisse tarir sitôt.En d’autres termes, les affiliés au trust ne veulent pas qu’un gouvernement libéral, succédant au ministère conservateur, étrangle la poule aux oeufs d’or dont ils se promettent de tirer plus d’une omelette opulente.' Il faut donc “contrôler” l’opposition comme le ministère.D’où le mouvement lancé l’été dernier par un groupe de financiers de Toronto, sous le haut patronage de sir Wiliam Mackenzie et de sir Edmund Walker, pour “soustraire la question navale à là rivalité des partis.” De là également l’interruption brusque de la campagne inaugurée bruyamment, l’été dernier, par sir Wilfrid Laurier; de là, le désarmement dans Hochelaga, ordonné de Toronto à M.Laurier, deux jours après qu’il eut choisi son candidat, M.Geo.W.Stephens; de là, le relancement de la proposition de M.Laurier, suggérant de construire deux escadres complètes, dont le coût atteindrait facilement quatre-vingt millions; de là, enfin, la proposition d’arrangement de M.Gutbrie, offrant de prendre les deux tiers du programme ministériel, les trois-quarts du programme de l’opposition—et de les combiner pour la plus grande gloire de l’Empire et le plus clair bénéfice de Krupp et de Vickers-Maxim.Tout ce que le trust permet aux politiciens, c’est de se disputer sur la manière de dépenser l’argent et l’endroit où les vaisseaux seront stationnés.Que cette dispute se poursuive à grand renfort de discours et d’éclats de voix, tant mieux.Le bon public y verra d’autant moins clair dans leur jeu.Puis, au fond, qu’est-ce que ces détails peuvent bien faire aux constructeurs?Que les dreadnoughts aillent se promener dans la mer du Nord, ou qu’ils stationnent dans le golfe Saint-Laurent ou le détroit de San Juan, le trust aura toujours empoché ses trois millions de bénéfice sur chaque navire.* ‘¦t m Les gens crédules objecteront peut-être que le parti libéral veut faire construire ses navires au Canada au lieu d’en faire profiter les usines il’Angleterre.A ceux-là, il est facile de répondre, d’abord, qu’il ne f*ut pas prendre à la lettre les déclarations des politiciens; deuxièmement, M.Laurier a prudemment ajouté à cette partie de sa proposition ces mots élastiques: “aussitôt qu’il sera possible” de construire au Canada; troisièmement, la proposition d’arrangement de M.Guthrie est venue juste à point pour faire comprendre aux constructeurs anglais que la vertu libérale n’est pas si f :rouche; quatrièmement, enfin, même quand la cons-tmetion pourra se faire au Canada, on peut être certain que les usines canadiennes ne seront que des filiales des établissements d’Angleterre et partageront, comme les maisons-mères, les bénéfices des brevets Krupp.De toute façon, le trust n’y perdra rien.Tout ce qui importe au trust, c’est que les deux “grands” partis s’entendent pour persuader au peuple canadien qu’il faut “faire quelque chose”, que le salut de l’Angleterre est en péril, que l’honneur du Canada est en jeu.Cela, le trust Ta obtenu sans peine.Connaitra-t-on/jamais le prix ou’il y a mis ou qu’il y mettra?Quant aux rares hommes publics et journalistes qui ne sont ni à vendre ni à bâillonner, il suffit de les faire passer pour des “excentriques”, des “trouble-fêtes”, des “brandons de discorde et de préjugés”, des fauteurs de “guerre civile”.Avec les seules raclures de leurs dividendes, ies agents du trust n’auront aucune peine à s’assurer les services d’un tas de scribes et de sbires qui ne demandent pas mieux que de les vilipender et les couvrir d’ordures à tant le pouce carré, “pour la gloire de l’Empire et le salut de la France, notre autre mère-patrie.” De tout temps, il a été facile de faire hurler la canaille au nom du patriotisme.* * * Les gens qui ne connaissent pas les dessous de la politique vont sans doute crier à l’exagération et mettre ce que j’écris ce soir au compte des ‘lubies nationalistes”, de la manie de voir partout des conspirateurs et des voleurs.Et pourtant, le procédé que je viens de décrire est celui qu’emploient constamment les grandes compagnies de chemin de fer.Elles font ta part du ministère et celle de l’opposition, et leurs affaires mar-rhent comme sur des roulettes.On n’a pas oublié l’accusation portée contre M.Oliver, à la session de 1010-11.On se rappelle l’indignation des conservateurs devant les procédés despotiques de M.Laurier et de ses collègues pour restreindre et étouffer la preuve.Comment ‘.se fait-il que, depuis leur arrivée au pouvoir, les conserva-’eurs n’aient pas réouvert l’enquête et qu’ils laissent M.Oliver leur tomber dessus à bras raccourcis, et même profaner la majesté du parlement en restant assis pendant que la “loyale” députation hurle^ie God save the King?C’est que, maintenant, c’est dans la caisse bleue que tomberont les grosses faveurs du Canadian Northern.A la fin de la session de 1911, au moment de la dissolution des Chambres, le ministère libéral proposa une mesure fort avantageuse pour cette compagnie—une nouvelle garantie de débentiircu, si je me rappelle bien.L’opposition ne souffla mot.Seul, M.Monk exprima quelque surprise de cette mesure, à la fois si tardive et si hâtive.Ses paroles furent accueillies par un silence de glace qui frappa un député assez averti.A un moment de là, ce député rencontra un chef conservateur.“C’est comme d’habitude, je suppose,” demanda indiscrètement le député; “quatre-vingt-dix pour cent du “bonus” pour Ta caisse du gouvernement et dix pour cent à celle de l’opposition?” Le chef se borna à lever les épaules on riant.On peut êlrc sûr que les proportions sont maintenant renversées.m 9 9 Voici un autre épisode plus ancien.Lorsqu’en 1901, le Canadian Northern dut faire ratifier par le parlement l'arrangement qu’il avait conclu avec le gouvernement du Manitoba, toute la députation fédérale était soulevée d’indignation.Le Globe, le Free Press, la Pairie avaient dénoncé le traité dans les termes les plus violents.Le parti conservateur était plus réserv\ à cause de ses amis de Winnipeg.N’empêche que la quasi totalité des députés conservateurs d’Ontario se préparaient, sous la direction de leurs chefs, à voter contre la mesure.Le ministère dépêcha M.Sifton à Winnipeg.Il en revint avec des “explications”.A vingt-quatre heures d’avis, toute la députation, des deux partis, passait au service du Canadian Northern.Nous restâmes une dizaine ou une quinzaine de députés à voter contre le projet.A quelque temps de là, M.Watson, sénateur, ancien collègue de M.Siftoq dans le cabinet ¦Groenway, ne se gênait pas pour accuser le Napoléon de l’Ouest d’avoir livré une partie des fonds secrets du parti libéral aux conservateurs du Manitoba, pour les aider à remporter les élections provinciales.Un homme qu' occupe une situation fort importante dans le parti libéral et dans la vie publique déclarait, en ma présence, il y a quelques semaines, que le désarmement du parti libéral dans l’élection d’Hochela-ga avit été négocié en sous-main par les représentants d’une très grose compagnie devant laquelle les politiciens libéraux sont forcés de s’incliner.Ces marchandages, ces arangements, ces “pairages” ces baisers-la-mourette, se pratiquent continuellement entre les deux partis pour des affaires qui ne laissent tomber que quelques milliers de dollars dans leurs escarcelles.Et Ton pourrait croire que la vertu de ces poitîkdens devient tout à coup intangible et farouche lorsqu'il s’agit de millions, et que le drapeau de l’Empire est là pour couvrir la marchandise?Allons donc! Henri BOUrtASSA.Le Légende est Venluminure ornant la marge de l’Histoire; le lierre grimpant autour des colon-n»s au temple de la Vérité dont l’Histoire est la base.Il faut à celle-ci des assises fortes celle-là, nourrie de la sève de l’imagination populaire, accroche ses robustes racines au moindre fait.L’Histoire déconcerte parfois le savant, il est des choses qu’elle refuse de lui expliquer, la Légende a réponse à toutes les questions comme la mère qu’un bébé interroge La Légende est la véritable bibliothèque populaire dont les poètes sont les conservateurs naturels.Les peuples anciens y croyaient et elle leur tenait lieu de genèse.Les gens simples et les enfants sont sont seuls à y croire maintenant, mais elle n’a rien perdu de son charme ni de son intérêt et nous la lisons avec cette fierté qu’on éprouve à descendre, grand dans la cave pleine de mystère, qui nous effrayait jeune.Elle est necessaire à T écolier pour lui donner le goût de l’Histoire comme Tétaient les images de son abécédaire pour lui donner le goût de la lecture.La curiosité de connaître l’Histoire de France m’est restée d’avoir la Paul Féval.Je crois qu’une foule de gens pourraient dire de même.H n'y a pas eu hélas de Fée des Grèves oour me conduire dans les sentiers de l'Histoire du Canada, aussi avouc-je m’y être souvent perdu.Nos poètes réussissent à pasticher Joseph Prud’homme, en essayant d’imiter Sully.Nous sommes une nation au biberon, et au heu du lait des légendes, ils nous servent les “coctails” des poèmes philosophiques.Nos poètes sont sourds et presbytes, ils cherchent de l’harmonie à l’infini des mondes et ils n’entendent pas la musique de nos ruisseaux, ils ne recueillent pas dans les bruissements des feuilles de la forêt les voix de, nos morts qui •• parlent peut-être.Que de fois en passant le long d’une vielle maison, qui penche ses deux siècles sur la route et à l’air, coiffée de travers par son toit, d’une aïeule en bonnet qui rumine ses souvenirs, je me suis dit qu’elle aurait sans doute beaucoup de choses à raconter.Mais les vieilles maisons ne parlent qu’aux poètes.Louis BRETON.Le recrutement pour la marine La question posée au cabinet Asquith par M.Jos.Martin fournit au Canada l’occasion de revenir sur le sujet du recrutement des équipages pour la marine de guerre.L’ancien adversaire de la “chair à canon” s’édifie une théorie à son goût.Si le*s Canadiens s’enrôlent dans la marine américaine, dit-il, ils ne sont donc pas si opposés qu’on le prétend au service dans la marine militaire, et s’ils sont si peu nombreux dans la marine canadienne, c’est parce que l’organisation du recrutement a été mal faite, et qu’on n’a pas mis le service canadien sur le même pied que le ‘service américain.D’abord personne n'a jamais soutenu que les Canadiens sont en principe opposés au service militaire dans la marine.Mais ils sont libres de leurs actes et tant qu’ils ne verront pas la nécessité de ce service, du point de vue national, il est peu probable qu’ils y entrent pour le simple plaisir de voir un peu de pays.Le fait indéniable, en tout cas, c’est que la majorité des marins à bord du Niobi et du Rainbow sont des Anglais d’Angleterre.Est-ce la faute du recrutement comme le prétend le Canada?Non.L’on a fait l’impossible pour avoir des sujets canadiens, toutes les places publiques ont été couvertes d'affiches, les primes les plus alléchantes ont été offertes.Les proclamations dont parle le Canada n'ont pas été affichées dans l’intérieur du pays seulement; on les a surtout répandues dans les villes -et les localités maritimes, et sans plus de succès.La Colombie Anglaise, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse n’ont pas fourni plus de deux cents sujets à la marine canadienne.Et le renouvellement des équipages s’est fait dans les mêmes conditions.Bien que tous les journaux aient parlé de la disette de marins canadiens, très peu de nouveaux sujets sc sont offerts; l’équipage du Niobé et du Rainbow se composent encore en majorité d’Anglais.Cet état de choses n’est d’ailleurs pas particulier à notre pays.Les vaisseaux australiens dont la presse jingoe parle tant, ne sont pas manoeuvres uniquement par des Australiens.Pour les utiliser, l’Australie a été comme le Canada, obligée de faire appel à l’Angleterre.Le Star, de Toronto, offre une meilleure explication.C’est la terre qui fait concurrence à l’océan.“Il fut un temps, dit-il, où la population de la Grande-Bretagne cherchait sur mer l’occupation qu’elle Les loyers.— L’offre et la demande.— Les petites annonces du “ Devoir ” La question du jour pour des milliers et des milliers de Montréalais, c’est celle du loyer.Les uns cherchent où se loger pour Tannée prochaine, les autres se demandent quels seront leurs prochains locataires.Que de démarches inutiles seraient épargnées si le propriétaire et le locataire pouvaient tout de suite être mis en relations! Le journal, et particulièrement un grand journal du type du Devoir, est aujourd’hui le meilleur intermédiaire qu’ils puissent avoir.Que ceux qui se cherchent un nouveau domicile, que ceux qui ont des maisons à louer, utilisent les petites annonces du Devoir, ils ne tarderont pas à s’en féliciter.Nous publierons côte à côte les offres et les demandes, afin que les intéressés puissent d’un coup d’oeil voir ce qui leur convient.ne pouvait trouver sur terre.Maintenant la jeunesse aventureuse n’a plus besoin de courir à la mer, et le surplus de la population mâle n’est plus obligé de s’engager dans la marine.Il lui suffit de traverser en Australie, au Canada, en Afrique du Sud, pour satisfaire son amour du changement et des aventures, et pour trouver de l’ouvrage avec une perspective satisfaisante de succès pour l’avenir.La rivalité de la prairie centre l’océan se manifeste dans toutes les parties de l’Empire.” Voilà ce qui, à notre sens, explique beaucoup mieux que l’argument du Canada, la difficulté de recruter pour la marine.Et c’est ce qui fait dire aux gens qui réfléchissent, que le nombre des vaisseaux ne solutionne pas parfaitement le problème de la défense navale.Que Ton donne trois cuirassés à l’Angleterre comme le suggère M.Borden, ou que T^n crée fies escadres prétendues canadiennes comme le voudrait M.Laurier, quel avantage réel y trouvera la défense de l’Empire si dans l’un comme dans l’autre cas, les hommes manquent?Jean DUMONT.Sur le Pont cT Avignon.Les manifestations en faveur des suffragettes gagnent la galerie de la Chambre des Communes anglaises.Les Anglais sont lents à décider, mais, une fois lancés, ils ne s’arrêtent pas à mi-chemin.& i'fi $ Le bruit de négociations entre le Merger de Québec et le Canadian Northern est contredit de tous côtés C’est peut-être une bonne raison d’y croire davantage.S! » « Dans un mois et demi le trésor fédéral sera à sec.Le gouvernement en sera-t-il réduit à demander ses crédits sou par sou à l’opposition?Tout dépend de ce que Ton décidera sur la question de la marine.* * * 11 paraît que MM.Graham et Belaud ont dit aux braves gens de Brockville que M.Borden offre trois dreadnoughts à M.Asquith pour faire plaisir aux nationalistes.M.Béland rectifiera cuand il parlera dans Québec.Il dira alors qu’en offrant trois cuirassés, le premier ministre montre bien qu’il se moque des nationalistes.¦!> * * Au pouvoir l’augmentation de la dépense s’appelle progrès; dans l’opposition, cela s’appelle gaspillage.C’est pourquoi le public blasé s’inquiète de moins en moins de ce que disent les partisans.* # S: Le zèle de M.Allen, ministre de la Nouvelle-Zélande, pour l’Empire est mal récompense.M.Allen offrait de laisser en Europe le oui rassé que son pays a fait construire en Angleterre pour participer à la défense de l’Empire.L’Amirau té lui répond tranquillement que la situation .actuelle ne la justifierait pas d’accepter.Ce pauvre sir Hugh Graham qui nous chante depuis des mois que le danger pour l’Empire existe surtout dans la mer du Nord doit être bien désappointé.$ * * “C’est un principe libéral de laisser aux municipalités, la liberté de sc gouverner comme elles le veulent,” a dit M.Jérémie Décarie, au cours de sa conférence sur l’instruction publique.A en juger par le cynisme avec lequel le gouvernement provincial s’en moque, l’autonomie municipale doit être, en effet, un “principe” libéral.* « v M.Lavergne ferait mieux de se laver des accusations portées con- tre lui.disait l'Evénement.Le dit journal ne ferait-il pas mieux do commencer par faire face à la musique?* * * Le Soleil s’étonne que les députés bleus de Québec, jadis si verbeux sur la question navale, soient devenus si discrets.Eb! mon Dieu, ils ressemblent aux anciens députés rouges dont les virulentes dénonciations de l’impérialisme furent suivie»?d’une période de muet ébahissement lorsque sir Wilfrid Laurier tourna si brusquement sur lui-même en 1909.Ils réfléchissent probablement.* * * , M.MrNab demande $40,000 de plus à Sam Hughes parce que la langue de roJui-oi s’en est trop donné depuis la première demande de dommages.M.McNab veut-il faire mentir le proverbe: le silence est d’or?* * * La lutte enlre les partis provinciaux d’Ontario paraît devoir se faire autour de la buvette.Tandis que le chef libéral propose d’abolir les buvettes.M.Whitney voudrait prohiber l’usage de la traite.L’usage de la traite disparu, quel prétexte resterait-il à l’existence de la buvette?* V * Deux journaux Canadiens-français viennent d’hériter d’un compatriote favorisé par la fortune.C’est un événement extraordinaire, dans notre pays du moin»s.* * « A en croire les prétentions émises devant la commission parlementaire américaine qui est chargée de préparer la revision du tarif, le Canada est en train d’annexer les Etats-Unis sans que ceux-ci s’en aperçoivent.Quel jiie.soin avons-nous donc d’une marine puisque nous voilà bientôt maîtres de tout le nord de l’Amérique?Nous appliquons la doctrine Munroe à notre profit et le tour est joué.* * * Le constable qui a porté plainte contre les propriétaires de théâtres de vues animées ne fait partie du service de police que depuis un mois.Avant cela, il vendait du pain et l’avocat des accusés semble croire que cela ne lui a pas appris 'à discerner convenablement entre ce qui est décent et ce qui ne Test pas.A ce compte-là, quelle compétence posséderaient M.le shérif Lemieux et M.Walsh?Du côté ministériel, c’est M.L.P.Pelletier qui, paraît-il, est le moins chaud pour les élections, à brève échéance.Les travaux publics ne seraient pas encore commencés et, dans ces conditions, Lévis ou Tè-miscouata ne seraient pas beaucoup plus sûrs que le comté de Québec.9 9 9 Le Canada dit que M.Marcil a fait un beau discours sur la marine.Qu’est-ce qu’il a donc dit, M.Marcil?Le Canada ne se don ne pas la peine de l’apprendre à son public.Est-ce que le débat l’ennuie?Pour un journal qui conseille l'obstruction, il n’est pas encourageant.* * * Pour être admis au service de traduction des rapports des ministères il faudra pouvoir traduire l’anglais en français, ce qui est bien raisonnable, puisque c’est en anglais que les dits rapports sont rédigés; mais pourquoi exiger la compétence à traduire le français en anglais puisqu’il n’y a pas un rapport de département qui est d’abord rédigé en français?* * IC Si la suggestion Guthrie ne suffit pas pour mettre fin aux divergences entre les deux partis sur la question navale, nous en offrons une autre.Les flottes aériennes joueront peut-être le rôle décjsif dans les prochaines guerres.Donc, que l’on remplace les cuirassés par les ballons et que chaque parti fournisse le sien; les bleus, Sam Hughes, les rouges, Bodolphe Lemieux.Ce sera peut-être le meilleur moyen anssi de rallier tout le monde à la participation à la défense de TEm-pire.Le Veilleur.-» - Les origines françaises de TOntario La persécution scolaire a suscité dans TOntario tout,un mouvement d’étude qui offre un extrême intérêt.Nous recommandons particuliérement à nos lecteurs l’étude que publie aujourd’hui dans nos pages intérieures M.Waldo Guertin.Ils y trouveront les plus curieux détails sur les origines françaises de Toronto.La question albanaise La question albanaise est l’un des gros problèmes soulevés par la guerre turco-barkanique.On trouvera à l’intérieur du journal le résumé d’une importante étude de M.Gabriel-Louis Jaray sur ce sujet.LUNDI : - Le Devoir publiera le second article de M.G.- N.Ducharme: ‘Le tru^l de Tarffent’ CAUSERIE SPIRITUALISTE Par EDMOND LEO De tout temps il a été vrai de dire que peu de science éloigne de Dieu et que beaucoup de science ramène impérieusement à Dieu.Zola et ses disciples, ces observateurs si myopes et si aveugles, “niaient Tâme, nous dit Adolphe Retté, bafouaient tout spiritualisme, définissaient Thomme: une fédération de cellules agglomérées par le hasard, mue exclusivement par ses instincts et ses appétits, secouée par des névroses, courbée sc.us les lois implacables d’un déterminisme sans commencement ni fin.” Et voilà qu’aujourd’hui, les savants véritables: philosophes et médecins, tous tes observateurs minutieux et pénétrants abandonnent les retranchements effrités et ruinés du matérialisme déprimant, remontent vers la lumière cl s’acheminent vers tes hauteurs où la philosophie catholique, reine et maîtresse trône resplendissante d’un éclat divin et humain.Je dis humain aussi, car au cours des siècles elle s’est assimilé toute la substance solide de Platon et (TA-rislote.Brunelière, dans une magistrale conférence, nous expliqua jadis l’évolution de Taine.Taine positiviste au début avait déclaré que la vertu cl le vice sont des produits comme le sucre et le vitriol, mais éclairé par l’observation et la critique historique, il en vint à brûler ce qu’il avait adoré cl à rétablir dans tous leurs droits, la liberté, l’esprit, l’obligation morale et Dieu.Législateur, car si la vertu est affaire de tempérament, si la liberté est une illusion, s’il n’y a pas de loi morale ni de Législateur Suprême, poumuoi Thistorien flélri-rait-il les assassins de la Révolution et s’indignerait-il contre la nécessité inéluctable forçant les hommes aux forfaits?Darwin ne pensait pas que, sa doctrine éliminât la nécessité de l’intervention divine dans la nature.Ses disciples allant au-delà, onl nié la nécessité d’une intelligence directrice dans la création.C’était là une affirmation répugnant aux données les plus scieniifiques.Le docteur Maupin, un savan! versé dans les sciences biologiques nous a donné une démonstration écrasante de la nécessité (te l’intelligence directrice de Dieu dans les oeuvres de la création.Ecoulez cette description du corps humain: “L’usine de régénération vitale par oxygénation en haut (poumons) ; l’usine de produits alimentaires raffinés par la digestion et assimilables au dessous (estomac et intestin) ; l’usine de calorification et de force motrice, la dynamo et l’officine pharmaceutique à droite (foie) ; l’usine de formation des globules rouges et d’élaboration du fer.à gauche (rate) ; les usines de filtration et d’épuration (reins); la machine éléva-toire des eaux, la double pompe aspirante et foulante (coeur), à laquelle se relie le système général de tuyautage dans toutes les directions du corps et dans les deux sens(artères et veines) ; l’usine électrique au sommet (cerveau) d’où rayonne ou converge le réseau innombrable et compliqué des fils conducteurs (système nerveux à multiples courants électrolytiques) ; les appareils mécaniques des mouvements, leviers, ressorts, engrenages, mortaises, etc., (os, muscles, aponévroses, ligaments, articulations) répartis et disséminés dans l’organisme; les appareils de locomotion en bas (jambes et pieds) ; les instruments d’optique à lentilles, réflecteur, obturateur, diaphragme et pellicule photographique, loupes ou jumelles d’approche; les instruments enregistreurs des sons: cornet acoustique, violon, résonateur ou microphone et boîte à musique en haut et latéralement (oreille) avec véritable téléphone électrique otocérébral (nerf auditif); le phonographe et le hautbois musical (larynx), etc.Est-il besoin d’aller plus loin pour erier: le doigt de Dieu est là comme il est partout, dans le brin d’herbe comme dans l’évolution harmonieuse des cieux, L’intelligence créatrice et directrice ne peut être niée que par des aveugles ignorants.Musset a dit cette belle parole: De la plus noble intelligence La plus sublime ambition Est de prouver ton existence Et de faire épeler ton nom.(L’espoir en Dieu.) Le 29 juin 1912 M.Armand Gauthier qui occupait depuis ISfil la chaire de chimie biologique où il avait succédé à M.J.B.Dumas et à Wurtz, exposait dans sa leçon d’adieu les résultats de recherches scientifiques commencées on 1859 et poursuivies constamment depuis et il les résume ainsi: "Les nhénotnènes essentiels de la vie supérieure, savoir: a) Xfétat de conscience des sensations qui constitue notre moi et nous avertit du monde extérieur; b) L’aptitude à comparer les sensations une fois reçues, d’où résulte la pensée; c) Les faits de volition qui nous déterminent au repos ou au sens de l’action; d) La raison, qui nous fait juger du juste et du faux, du bien et du mal, et nous impose la responsabilité de nos actes; tout cela est immatériel, car, s’il est bien évident que l’énergie est utilisée à nous transmettre nos sensations, il n’y a pas d’énergiç dépensée pour comparer des sensations, (une fois l’impression reçue) parce que la vue, le souvenir, la comparaison ne sont pas des actes de transformation matérielle, ainsi que le démontrent, d’ailleurs, les expériences les plus précises.“Si donc il est incontestable que nos organes n’utilisent pour leur fonctionnement que l’énergie matérielle, et toujours suivant les lois des transformations physico-mécaniques de cette énergie, les phénomènes de conscience, de pensée, de volonté qui constituent la vie supérieure étant des Jugements, des vues ou concepts, des comparaisons (Triais intérieurs et non des actes de transformation" ne répondent à aucune dépense d’énergie matérielle.” Ainsi donc l’expérience la plus précise démontre qu’il y a en nous des actes qui n’exigent aucune énergie materielle.Ces actes qu’atteste la conscience, comment expliquer leur existence puisqu’ils ne sont pas des produits physico-chimiques, si on ne les reconnaît pas immatériels.Le matérialisme reste muet, interdit comme un menteur pris en flagrant délit de mensonge devant les pourquoi de la raison.M.Bergson qui se pique de ne conclure qu’après de longues et minutieuses experiences est bien convaincu lui aussi de l’insuffisance du matérialisme.Voici l’extrait d’une lettre qu’L écrivait naguère au B.de Tonque-dcc, savant philosophe Jésuite.“Les considérations exposées “dans mon essai sur les données “immédiates aboutissent à mettre “en lumière le fait de la liberté : ‘celles de matière et mémoire font “toucher du doigt, je l’espère, la “réalité de l’esprit; celles de Vé-“volution créatrice présentent la “création comme un fait; de tout ‘cela se dégage nettement l’idée “d’un Dieu créateur et libre, génè “rateur à la fois de la matière e( “de la vie.De tout cela se déga “ge, par conséquent, la réfutation “du monisme et du panthéisme en “général.” Et M.Bergson prétend bien quo ces conclusions sont scientifiques car il ajoute: “Laphilosophie étant “à mes yeux quelque chose qui se “constitue selon une méthode bien “déterminée et qui peut, grâce à “cette méthode, prétendre à une ob-“jectivité aussi grande que celle “des sciences positives quoique “d’une autre nature.” Le matérialisme est débusqué de toutes ses positions par les observateurs des phénomènes internes et des actes psychologiques.Les assertions de la science actuelle corroborent les preuves inattaquables de la philosophie spiritualiste et chrétienne.Ces preuves il serait trop long de les exposer dans toute leur ampleur; elles peuvent se résumer ainsi; Toute idée matérielle est une image matérielle étendue.Or nous avons des idées, comme l’idée de Dieu,,de Tâme, etc., qu’aucune image nialérielle et étendue ne peut nous donner.Ces idées par conséquent ne viennent pas de la matière.La matière et ses forces sont soumises aux lois de la nécessité.Quand les forces de la matière ont tout ce qu’il faut pour agir, rien ne les arrête, elles agissent nécessairement, mais la conscience nous est témoin qu’il en va bien autrement de nous.Quand notre volonté a toute la puissance d’agir: elle choisit, elle pose son acte ou ne le pose pas.Elle est libre.Elle échappe à toutes les conditions de la matière.De plus nous pouvons par un acte réflexe, revenir sur nos actes et les examiner de manière à nous replier complètement sur lui.Or un objet étendu ne peut jamais se replier sur lui-même, de manière que toutes les parties reviennent au même point.Un esprit immatériel seul peut jouir de la faculté de se teplier *ur soi-même complètement.A ces preuves on peut ajouter celle-ci.La science actuelle nous dit que notre corps subit tous les jours des déperditions et transformations, de telle sorte que les éléments qui le constituaient se renouvellent tous les cinq, six ou sept ans au plus.Si les images qui constituent le trésor de la mémoire intellectuelle, n’étaient pas immatérielles, elles subiraient les conditions du corps.Mais alors comment se fait-il qu’a-près 20, 30, 40 ans et plus, nous tirions de notre mémoire intellec-tuelle des images que nous y avions emmagasinées?Après avoir été se perdre dans les déserts de la sottise, des affirmations prématurées et gratuites, toutes les fausses philosophies ont fait banqueroute, et les transfuges du matérialisme abject reviennent clopin-clopant vers les hauteurs (i'où ne sont jamais descendus nos collèges catholiques que certains calomniateurs dénigrent avec une impudence égale à leur inebmpé* tence.Edmond LEO. LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI, 8 FEVRIER 1913 VOL.IV.— No.32.2 LA QUESTION ALBANAISE 'e qu’est le peuple dont les dépêches nous entretiennent actuellement.— Catholiques et musulmans.— L’autorité civile et l’autorité religieuse UNE INTERESSANTE ETUDE BE M.GABRIEL LOUIS JARAY Cette question est, aujourd’hui plus '¦ sont mis en guerre ce printemps à îause de cela ; nous n’avons pas vou-!i les suivre, parce qu’on ne nous ivait rien demandé, et que nous pennons que rien ne serait changé ; nous royons aujourd’hui notre erreur,mais nous avons toujours été Hiers et roulons le rester." Depuis des décades et sans doute des siècles, le pouvoir central n’exis te pas pour les tribus musulmanes du nord.Elles ne reconnaissent pas le gouvernement turc, mais seulement l’autorité religieuse du sultan en matière de foi musulmane.Hors cela, ces tribus sont entièrement indépendantes ; elles sont groupées traditio-nellement en confédérations : Liuma, Mirditia, Hasi, Malaisia, etc., sont les noms que l’on donne A ces groupements d’occasion que ne cimente ¦aucun lien de sang ou de race ; c’est i'intérét du moment qui règle les rapports entre les tribus.Dans les montagnes du nord, cha-[ que confédération ne reconnaît pas une autorité souveraine ; c’est une agglomération de tribus dont le ter-j ritoire est depuis longtemps détermi-né et qui, chacune, se gouverne elle- ' même librement ; dans les cas de! dangers graves, les chefs de chaque tribu se réunissent et prennent des i décisions en commun ; ce sont gêné-1 râlement des expéditions guerrières! qui sont ainsi décidées, soit contre j l’autorité turque, soit contre le chrétien, soit pour répondre il un appel «in guerre sainte adressé par le sultan, soit mémo contre d’autres tribus Dans leurs rapports, toutefois, les tribus obéissent à une loi commune ; t’est une sorte de code traditionnel, tomme la loi des Francs-Saliens ou ïelle des Wisigoths dans l’ancienne llauie, ajoute M.Louis-Jaray ; c'est la loi dite de.Ducajin.Et en parlant de ce Ducajin.dont l’existence et le rôle paraissent appartenir à la légende plutôt qu’A l’histoire, nous tombons en plôin pays catholique, la Mirditie.LES CATHOLIQUES ALBANAIS “Le costume' des hommes, la pré- j «enCe des femmes décèlent immédiatement la tribu Mirdite, dit le voya ! gcur français.Tous catholiques et xrdents catholiques, les Minutes ne ie distinguent des Albanais musulmans des montagnes du Nord ni par ; le caractère, ni par le type physique, ni par le courage, Vadresse et le roût des armes, ni par l’esprit (Vjn-lépendanee et la lutte opiniâtre iour défendre leur autonomie contre e turc.Mais, parce que catholiques, ]ls reconnaissent à leurs femmes une lituation toute différente de celle jue leur accordent les musulmans.Plus do haremlik distinct du selam-dk, plus de vie séparée entre houilles et fi-mmes, plus de visages voi fs et de costumes .cachant dans leurs replis noirs ou blancs le corps léminin.Je vois ici cinq ou six femmes en vêtements de paysannes ; leur mise diffère assez peu de celle do los femmes de la campagne." L’hospitalité n’est pas moins large li moins généreuse en Mirditie qu’en lays musulman.Elle est un peu ooins primitive, cependant.“Dès l’aube, dit le voyageur, en initiant le premier hameau Mirdite, tous repartons pour gagner la cure iathoiique assez éloignée, (celle de Bissae) .“Le curé est pris d’un extrême étonnement en voyant déboucher devant son presbytère notre petite ca-ravanne ; c’est un homme de quarante A quarante-cinq ans et il nous ex plique qu’il est seul à la tête de cette paroisse depuis une quinzaine d’an nées ; depuis ce temps, il n’a pas une seule fois quitté son pays et n’a vu ni un étranger, ni un Turc, ni un gendarme régulier, aussi est-il curieux de savoir qui je suis, d’où je viens, comment je m’y suis pris pour conduire jusqu ici mes souvarys (gendarmes à cheval) ; il me dit en riant ; “ Eh! s’ils n’étaient pas avec vous, on ne les aurait pas laissés passer jusqu’à Bissae.Son accueil devient tout à fait chaleureux, quand il , connaît ma nationalité, “franque’* et ma religion “chrétienne’’ et il me reproche vivement de n’être pas venu jusqu’à sa cure lui demander l’hospitalité." Suivent une foule de détails sur les procédés hospitaliers de l’excellent curé de Brissac ; mais le voyageur est bientôt parti pour Orosch, un des principaux centres de la grande tribu des Albanais mirdites.Le capitaine d’Orosch, le vicaire et de nombreux serviteurs albanais guettent son arrivée et le reçoivent avec une solennité rare.Markr.Djoni, qu’on nomme communément ie capitaine d’Orosch, est le chef du village ; c’est un des membres de la grande famille des Djanak, dont est issu le prince des mirdites.Ses riches domaines couvrent une partie du pays ; mais l’intérieur de son habitation est ans si simple que les autres maisons albanaises ; “il se distingue toutefois de tous, dit M.Louis-Jaray, par son costume, car il a adopté le vêtement européen, sauf le chapeau ; n’était le fez qu’il porte, un le pourrait prendre pour un paysan occidental visiblement riche, commandant A un monde de cultivateurs.C’est un homme d’une quarantaine d’années, de belle prestance, qui, seul de tous les Albanais d’ici, circule avec une simple canne, qu’il utilise comme signe de commandement.“En parcourant ie pays, ajoute le voyageur français, on se rend compte que ces tribus sont dans un état d'organisation plus avancé que les autres tribus du nord : la civilisa lion toute proche se fait sentir à plus d'un signe.“Sur le territoire de la Mirdite, l’ordre est assuré et partout sont reconnues deux autorités, qui, dans les autres tribus de l’Albanie du nord, n’existent pas.Ces deux autorités sont l’une civile, représentée par le prince et les chefs de famille héréditaires placés sous ses ordres, l’autre religieuse, qui repose dans les mains rie l'abbé mitré d’Orosch et des» curés ries paroissi s.Le prince est le chef de.l’illustre famille des Jenak.dont le berceau est à, Orosch et dont les origines, d’après la tradition, remontent jusqu'au chef Lcca Bucajin, qui, au quinzième siècle, commandait le nord de l'Albanie et légua son nom à la loi coutumière, que les tribus continuent A reconnaître comme leur règle commune.Prenk-Pacha a vécu longtemps en exil à l'étranger et en Asie Mineure, où Abdul-Hamid le relégua par crainte de s(*r> influence.Durant ses heures de solitude forcées il cultiva son esprit et c’est aujourd’nui un connaisseur accompli de la langue et de la littérature françaises ; de son contact avec les choses d’Europe, il a conservé une largeur d’esprit que d’aucuns qualifieraient de scepticisme, mais qu ü concilie parfaitement avec une Piété expressive, qui J’a jeté aux genoux du Pape, quand il fut à Rome.” UN CHEF ALBANAIS Nous ne faisons pas grâce au 1er leur du portrait du personnage : “de haute taille, un peu fort, mais alerte, ayant dépassé la quarantaine, mais portant beau, la figure ovale et grasse, la moustache brune et les cheveux bruns, la peau fine et claire les yeux foncés très mobiles et brillants, il est d’un aspect où domine la prestance ; son accueil est cor dial et presque familier ; causeur plein de verve, il saute d’un sujet à l’autre, fertile en anecdotes et infa tigable interlocuteur ; ce n’est que mouvement et vie, expression d’une nature forte et riche en sensations ; je le vois encore après le repas, ac.coudé sur le bras d'un canapé, les jambes a longées, fumant et buvant avec un évident plaisir, intarissable en prepos et en récits qu'il anime d’un geste toujours en action ; c’est le plus charmant des hôtes et le plus vivant des conteurs de souvenirs." “C’est peut-être un homme d’affaires avisé et un adroit diplomate, mais il donne bien plutôt l’impres sion d’un homme bout-en-train dans le privé : dans la vie publique, plein d’autorité, de véhémence et de prestige."Son palais de Scutari, très simple du dehors, continue l’auteur, est garni de.riches tentures d’Orient, de tapis d’Asie-Mineure, de meubles incrustés et d'armes rares.C’est là qu’il demeure presque toujours ; les jeunes turcs t’ont rappelé d’exil,sous la pression de la population, mais ne sont pas disposés à le laisser par courir à sa guise le pays et devenir le véritable gouverneur.C’est cependant ce que réclament sans trêve les Mirdites ; quand la révolution éclata et que la.Constitution fut proclamée, les tribus du vilayet de Scu tari crurent que c’était leur autonomie assurée et vinrent remercier le vnli ; les Mirdites s’abstinrent seuls et dirent au gouverneur général : "Notre prince n’est pas de retour quand il sera parmi nous, nous viendrons vous apporter nas remercie monts.Ce n’est qu’à l’arrivée de Prenk-Pacha que toutes les tribus mirdites envoyèrent leurs délégués à une réunion considérable tenue à Spali ou Spach (Saint-Paul) .On y fêta le prince plus que la Constitution et celui ci y fit entendre une parole de pacification : ü demanda l’union de toutes les tribus et la cessation du brigandage.Sn parole fut entendue : la paix et ’’ordre régnent en Mirditie ; la population est satisfaite, mais demande qu’il gouverne effectivement et officiellement le pays ; le sultan suzerain et Prenk-Pacha, chef des Mirdites, telles e«?t ses exigences.Mais le pouvoir, plein de méfiance, laisse du même tait Intervenir le prince, quand ü croit y avoir intérêt.” L’AUTORITE RE1JGIEUSE Voyons maintenant l'autre autorité ; " A côté de l'autorité civile, les Mirdites reconnaissent une autorité religieuse, dont la hiérarchie leur est spéciale : 1 abbé mitré d'O'-ach a pouvoir d a nue 'êque et n'est plus suffragant au siège de Scutari ; Il dépend directeme it de Rome et a sous scs ordres toutes les paroisses des Mirdites .Mgr Primo-Docki, abbé ce Sa.nt-Alexandre des Mirlites, comme le portent ses cartes, •lemeure le plus souvent dans sa maison d'hiver Je Bcutari.Plein d’action et ae sa voir faire, il est très réservé sur la situation actuelle et reste sur l’ex pectative.La critique principale qu’il adresse à la politique Jeune Turque, est de tendre à “ Potman Usa tion” de l’Albanie.Celle-ci est, d’après lui, comme une Suisse composée de quatre ou cinq cantons fédérés ; “ Au nord, l’un d’eux a pour centre Diakovo, et se compose surtout de musulmans, vivant en bonne intelligence avec les catholiques.Au nord-ouest, un autre can ton comprend la Mirditie, Scutari et ses environs : on peut le délimiter par le fleuve Mat ou Mati au sud ; à l’est, par les montagnes de Sélita et de Luria, et, après un coude brusque, par celles de Fani et celles de Berisca ; au-delà du coude du Brin, par le pays de Ne-Kat ou Nikay et celui de Ohala ou Sala ; au nord, enfin, par la frontière monténégrine ; cette région ne compte aucun orthodoxe, et les catholiques sont très nombreux ; la Mirditie même est habitée exclusivement par eux.Le centre de l’Albanie pourrait comsti-tuer un ou deux cantons avec Dibra, Monastir, El-Basan, Kirvia, Duraz-zo, Berat et Valdona : les musulmans y sont en majorité, mais les orthodoxes y sont très nombreux.Mgr.Docki évalue à 200,000 ie nombre des Albanais catholiques, à 600,-000 celui des orthodoxes et à 1,200,-000 celui des musulmans ; la nation albanaise pourrait être évaluée, d’après lui, à 2 millions d’àmes environ.” * * * Pour ceux qui s’intéressent aux af faires d’Orient, ce résumé d’une étude très attachante pourra servir d’indication générale dans la suite des événements résultant de la guerre balkanique et où la question alba-banaise jouera un rôle considérable.Il est inutile d’ajouter que les observations rapportées par M.Gabriel I.wiis-Jaray sont d’avant la guerre.Elles sont, du reste, présentées comme telles.La Musique à Montréal Faveur spéciale aux lecteurs du “ Devoir '’ Le " Passe-Temps ’’ vient d’entier dans sa di\ neuvième année.Il nous est agréable, de constater qu’un journal presqu’exclusivement consacré à Ja musique ait pu surmonter les obstacles où tant d’autres ont succombé et atteindre enfin une ère de prospérité.Afin de permet ire ii nos lecteurs de se rendre compte des dernières améliorations que vient de subir ie " Passe-Temps et qui en font le rival des meilleures revues étrangères, nous leur offrons un abonnement de faveur de six mois pour ia somme, minime de 50 centins (la moitié du prix régulier), pourvu qu’on ajoute le présent entrefilet au prix de l’abonnement.De plus, iis recevront un joli cadeau valant à lui seul le prix de l’abonnement.Pour Montréal et les I’.tats-l nis.70 ets au lieu de 50 ets.Adresse : Le “ Passe-Temps ", Hi Craig-Kst, Montréal, r.TROIS BEAUX CONCF.RTS LE PLUS PARFAIT ARTISTE AU MONDE.Leurs Altesses Royales le Duc et la Duchesse de Connaught viennent de donner une marque évidente de leur appréciation du grand art de M.Edmond Clément, en accordant, avec empressement leur patronage très distingué a tous les concerts que cet éminent ténor doit prochainement donner dans les principales villes canadiennes.On sait que l’apparition à Montréal de M.Clément, aura lieu le 3 mars, au théâtre Princess, le seul endroit jugé convenable, à cause de ses vastes dimensions et de son excellent acoustique.— pour un événement de cette importance.M.Clément, nous sommes heureux d’en convenir, est extrêmement populaire à Montréal, comme à Boston et New-York, d’ailleurs, et il ne peut y avoir le moindre doute que le Princess soit archi-eomble, le 3 mars prochain.Tout le monde veut entendre cet artiste incomparable.M, Clément viendra à Alontréal accompagné d’artistes de renom qui le seconderont bien, et notre public peut être sûr que le concert sera le plus beau régal artistique qu’il nous soit possible de désirer.Une soirée, en somme, comme il nous en est trop rarement offert.ATu la grande réputation de l’artiste, et sa popularité ici, il n’y aura pas de liste de souscription d’ouverte pour le concert du 3 mars.Les billets ne seront mis en vente que lundi matin le 21 courant, chez Willis & Co., dans l’ouest, et chez Hurteau & 'Williams, dans l’est.Mgr Entache Dugas • lolicttc.7.— M.le rhanoini1 Kusta- chn Dugas, chancelier du diocèse, vient d’etre nommé vicaire général, par Mgr Alfred Archambault, en remplacement de Mgr Beaudry, que l’âge et la maladie ont forcé de se retirer du ministère actif.M.Dugas portera le titre de Monseigneur.Mgr Joseph-Oamille-Eus-tache Dugas est no à Saint-Jacques de I’Achigan, le d mars 1876.11 fit ses études à F Assompt ion et fut ordonné à Montréal, par Mgr Bruchési, le lei; avril HiOO, Il fut vicaire à Varonnos et à i’I'piphanie, secrétaire privé de Algr Arehambeault, aumônier des Sœurs do la Providence, à Joliet,te, chanoine titulaire de la cathédealc de cette ville, et chancelier du diocèse, jusqu’à sa récente nomination comme* vicaire - général.Témoignages enthousiastes en faveur du moteur Knight A la récente exposition d'aufomo-bilea à New-York, une des attractions les plus originales fut la brochure publiée et distribuée privê-ment par M.C.Y.Knight.Il n’a probablement jamais été publié d’autre livre contenant des renseignements aussi remarquable sur le mode d’adoption d’un moteur spécial dans toutes les parties du monde.Venant des propriétaires eux-mêmes, ces témoignages en faveur de l’excellente qualité des moteurs Knight sont la meilleur justification possible de l’invention qui a été accueillie avec tant d’enthousiasme dans 1 emonde de l’automobile.On voit dans ces brochures, à côté de marques d’appréciations de souverains d’Europe, des lettres venant de clients canadiens satisfaits.Tous ont trouvé que le moteur Knight justifiait et dépassait même le bien qu'on en avait dit.L’enthousiasme est la note caractéristique de chacune rie ces lettres.Chaque client y manifeste le plaisir de la promenade avec une voiture pourvue do ce moteur et la satisfaction absolue qu’il éprouve à s'en servir en toutes circonstances.r.LE CELEBRE FR1EDHE1M Tout s’annonce excessivement bien et même au-dessus de toute espérance pour la venue du grand et célèbre pianiste, M.Friedheim à la salle Windsor, le 17 février.Les billets s’enlèvent avec rapidité et tout fait prévoir un grand succès.M.Friedheim est certainement un des pianistes des plds re-cheschés, il possède une technique admirable, un son des plus purs et charmeurs, et même sa personnalité est excessivement intéressante.Les billels sont en vente à la maison Archambault.LES MODERNES AU CONCERT PLAMONDON AI1CHOT.La Maison Durand publie sur les jeunes compositeurs qu’elle édite, des notices biographiques auxquelles nous sommes heureux d’etnprunW les détails suivants sur Louis Aubert, Tun des modernes qui, avec Debussy et Rh.Bâton, dont nous avons précédemment parlé, partage l'honneur de figurer au programme que doivent interpréter devant le plus sélect auditoire, M.et Mme Plamondon Miehot.à leur prochain concert au Ritz-èicesse se releva d’un bond.C^te fois, elle avait compris et, la voix troublée, d’aulant plu*: énergique qu’elle luttait contre clic-même, conlrc une idée qui lui venait: — Monsieur, dit-elle, Bourre est un honnête homme, le plus honnête homme du monde.Depuis quinze ans qu'il est chez moi, je n’ai jamais eu qu’à me louer de son dévouement.et ce n’est pas pour un léger retard, pour une petite bizarrerie dont il nous donnera bientôt la clé,_que je songerai jamais à con- cevoir un soupçon aussi invraisemblable.Non, jamais! Elle s’arrêta, faisant provision de résistance, s’attendant à ce que Me Caprani précisât et soutint Son idée.Il n’en eut garde.11 ne s’intéressait pas assez à elle pour se donner la peine de combattre ses illusions.Sa propre responsabilité à couvert, peu lui importaient les affaires de ta princesse Saliakoff.Seulement, il la trouvait absurde.Son sourire discret s’imprégnait de pitié.Du haut de sa jeune intelligence, il regardait avec dédain cette vieille femme crédule; et le mépris convaincu et désintéressé de cet indifférent fit plus d’effet à la princesse que tous les raisonnement*: de ses amis, toutes les diatribes de ses adversaires.Me Caprani reprenait cependant sa mine affable cl, sc souvenant qu’il était le notaire de l’aristocra-lie, lenu d’allier les délicatesses mondaines à la prudence professionnelle, il résuma lout en cet avis judicieux : — Pour conclure, madame, afin que vous puissiez toucher sans retard la somme dont vous avez besoin, le pli.*; simple ne serait-il pas de téléphoner à Marseille et de demander à M.Bourre oit sont vos fon ds?C’était le plus simple, en effet; cela n’impliquait rien.— Désirez-vous que je me charge de la commission?ajouta complaisamment Me Caprani, qui, ne vou-lanl pas avancer trois mille francs, voulait au moins avoir un bon procédé.— Si ce n’esi pas abuser de votre obligeance.Bourre est à l’hôtel de Noailles.Merci, monsieur, Me Caprani était sorti.La princesse sc rassit sur sa chaise, resta là, n’ayant même pas l’idée d’aller ailleurs.Dans la cheminée, dettx tisons noircis achevaient de s’éteindre.Par le*: fenêtres sans rideaux, le mistral entrait; c’était un vrai jour d’hiver, lerne et froid.Au dehors, les palmiers et les mimosas semblaient grelotter, les roses pâlir.Les oliviers, là-haut, se tordaient sous le vent.Le jardin apparaissait presque aussi triste (pie la maison.Toutes ces choses qu’elle allait quitter disaient à la princesse le même adieu mélancolique, ci c’est sous leur aspect actuel qu’elle les emporterait dans sa mémoire, qu'elle les y reverrait.Avec une rapidité inouïe, ie passé avait disparu.Le soleil, les fleurs ouvertes, les visages jeunes | et aimés, la charité si douce à faire, | l’affection si douce à recueillir, ! tout ce qui avait rempli les jours j anciens, ces jours eux-mêmes, s’effaçaient.Bien de tout cela ne subsistait plus.C’était à douter quel rien de tout cela eût existé.Il ne | restait que le vide et la tristesse de i l’heure présente.La prineesse sc sentit vieille; elle se Sentit seule.Un domestique traversait la pièce.— Où est M.Crossbach?demanda-t-elle.Crossbach n’était pas encore revenu de chez les Roqucscize, où il avait été surveiller la mise en place de son orgue.La princesse ne demanda plus rien.Elle ne bougea plus.Le notaire allait revenir avec la réponse de Bourre.Oh! ce n’était pas cette réponse qui l’inquiétait! Elle s’en voulait même d’avoir cédé, si peu que ce fût, aux insinuations ridicules de cet homme qu’elle voyait pour 'a première fois de sa vie.Bourre, lui, elle le connaissait.Depuis quinze ans, elle l’avait eu sous les yeux tous les jouis; elle évoquait .chacune des circonstances où elle avait pu le juger; elle évoquait jusqu’à sa figure, celle figure modeste et insignifiante de paperassier inoffensif.Et voilà que, par une singulière aberration, elle ne le retrouvait pas sous cet aspect habituel.Elle le revoyait à Monaco, devant la table de jeu, fixant à travers ses lunettes les pièces d’or qui éniaillaient le tapis.Sur le moment, elle avait vu, sans remarquer.C’est à présent qu’elle se rappelait le regard eonvoiteux de Bourre, comme, après coup, elle s’était rappelé le regard menaçant de Spanden et le regard fou de Li-via.Elle tressaillit en voyant la porte se rouvrir; elle n’avait pas senti pas ser le temps.C’était Me Caprani qui revenait.il avait repris l’air grave, décidément de mise.Comme elle ne l’interrogeait pas, ce fut lui qui parla : — Elait-il bien convenu, madame, que M.Bourre descendrait à l’hôte] de Noailles?Et, sur cette affirmation que c’était parfaitement convenu: j —- Eh bien! j’ai le regret de vous le dire, madame, le gérant de l’hô-itel affirme qu’il n’y est pas et qu'il n’y a pas paru.Le notaire fit une pause, laissant ! digérer ce premier avertissement.I Puis il ajouta: — Après avoir reçu celle répon-ise, j’ai cru devoir passer à la Socié- té Générale.U attendit alors une question.La question ne venant pas, il acheva: — Et j’y ai acquis la certitude que M.Bourre, qui y avait déposé les fonds du Valibonnet et autres, les en a retirés jeudi à quatre heures, immédiatement avant de venir toucher les soixante-dix-huit mille francs restés chez moi.La princesse n’eut pas un mot, pas un geste.Autour d’elle, tout devenait un peu vague.Elle entendit encore Me Caprani, qui disait de son ton poli et tranquille: — Peut-être feriez-vous bien, madame, de consulter M.le procureur de la République.— A quoi bon?Elle avait répondu cela machinalement, songeant à Spanden, à Li-via; et le notaire, qui n’était pas initié, dut la croire un peu folle.Elle se reprit: — Demain.Oui.Nous verrons demain.Il lui fallait le temps de se remettre de l’émotion qui la suffoquait.On s’occuperait de l’argent plus tard.Cette façon d'agir confirma le notaire dans son diagnostic.N’é-tait-ce pas d’ailleurs une preuve d’insanité suffisante que d’avoir été, sans précautions, sans garanties, mettre une fortune entre les mains d’un pauvre diable! Mais, c’était le tenter! c'était aller nu-de- vant de ce qui arrivait!.Sous une forme exquise Me P ra ni riMima ces observath Buis, se jugeant quitte, il s’em { Dans son cabinet, des clients tendaient, des clients riches.Même ce faible appui, même conseil indifférent se dérobai Il n’y avait plus rien.Il n’y a plus personne.La princesse se leva.Elle é encore un peu étourdie.Les n lui semblaient fuir autour d’elle plancher onduler sous ses pas.Elle pensa : — Comment! Bourre aussi!.Et cette autre idée ne sc préi ta qu’ensuite: “Mais, je suis ruinée tout à 1 alors!” Elle ne s’y arrêta pas; eRe re à ccn mots qu’elle sc répétait c me un refrain: — Bourre aussi! Bourre aussi Ce n’était pas le coup le plus qu’elle eût reçu, ni le plus sensi mais c’était 'e dernier, celui achève, ’(A «uivr*V 1.3 88 9 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI.S FEVRIER 1913 VOL.IV.— No.32.éph£mérides! EXPLOIT D'UN AVIATEUR 8 FEVRIER 1911.« —Le gouvernement propose ) la création d'une commission | pour les grains.—On annonce que le prince J régent de Chine a été assas- J siné.—Un incendie détruit de fond } en comble l’Académie de Ste- t Anne, au Boulevard Saint-Jo- * seph.9 FEVRIER 1911.—M.Jean Prévost lit devant ! la chambre provinciale quel- J ques-unes des lettres produites t à l’enquête Prévost-Kelly.GREC Accompagné d’un capitaine de l’armée, un aviateur vole au-dessus des Dardanelles et lance des bombes sur l’arsenal turc Les hostilités entre les alliés et les Turcs continuent, mais on manque de détails —Le fléau du choléra prend des proportions de plus en plus alarmantes dans toute la Russie.—Le présif’.it Taft menace de convoquer une session extraordinaire si on ne passe pas au vote du projet de réciprocité avant la clôture du sénat.} AVIS MX.Lefebvre a remplacé M.J.A.Deniger comme chef de circulation au “ De- • % 9 voir .Tous nos dépositaires voudront bien en prendre note.LE NATIONALISTE Lire demain dans le Nationaliste: SPORT: Comptes rendus du hockey: Joutes Canadien-Toronto, à Toronto, Tecumseh-Wandierer, Montréal, Québec-Ottawa, à Ottawa.Pourquoi les loyers montent, Léon Lorrain.Pichenette: Trois hommes du jour, Caliban.Des faits intéressants, Bienville.Echos de Québec, Grégoire.L'oeuvre du you-vernement anglais, par un député aux Communes anglaises.Banquet triste, Louis Breton.A quand les terrains de jeu?Paul-G.Ouimet.Nous seuls sommes loyaux, Flûte.Souvenirs d’un reporter, P.-M.B Films: Essayez.Musique: Notes sur la saison d’Opéra, Charles Baudoin.La Vie musicale, Fréd.Pelletier.Notre Al -•¦buni: Quand le bien-aimé reviendra, romance de Dalayrae.Cela nous rappelle.Conte, Des vers nouveaux, etc., etc.Les dernières nouvelles.Grand ralliement canadien-français dans l’Ontario (Service particulier) Ottawa, 9.— L’une des conventions les plus considérables organisées au pays, aura lieu ici du 21 au 24 juin alors que pas moins de dix mille délégués canadiens-français et franco-américains participeront aux fêtes du soixantième anniversaire de la fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste, et à la convention des gardes indépendantes du Canada et de la Nouvelle-Angleterre.Il y aura messe pontificale, banquet, procession, etc.M.Lavergne et T “ Événement ” (De notre correspondant) Québec, 8.— Mtre Paul Leduc, procureur de M.Armand Lavergne dans sa poursuite pour libelle contre la Cie de “L’Evénement”, a pris, hier, une inscription en droit contre certains allégués du plaidoyer de la dé-fenderese.L’inscription sera plaidée mercredi dernier.Jeudi, en Cour de Pratique, le juge Dorion a mis à la charge de la défenderesse les frais encourus par suite de son abstention à plaider dans le délai légal qui est expiré ce jour-là.Le docteur Béland à Québec (De notre correspondant) Québec, 8.— Le Dr Béland, ancien ministre fédéral, viendra à Québec, au commencement de la semaine prochaine pour prendre part à quelques réunions politiques.Lundi, il fera une conférence devant l’Association de la Jeunesse Libérale, et mardi il sera l’orateur principal à une grande assemblée qui aura lieu à la salle Saint-Pierre sous les auspices des clubs libéraux de Québec.Rome, 8.— Une dépêche spéciale de l’île de Samos, dans la mer Egée, dit que l’aviateur grec Matusis, accompagné du capitaine grec Marait-mis, a fait un vol périlleux au-dessus du détroit des Dardanelles, dans un hydroplane, hier soir.11 a couvert une distance de 180 kilomètres.La dépêche ajoute qu’une reconnaissance complète de lu flotte turque a été faite.L’aviateur s’est ensuite dirigé sur Maidos, dans la péninsule de Gallipoli, et il a laissé tomber trois bombes sur l’arsenal.Le capitaine Maraitmis dit qu’il a pu faire des observations qui seront très précieuses.ON CONTINUE A SE BATTRE Londres, 8.— Les Turcs et les Alliés continuent à se battre, mais l’absence de rapports non-censurés ne permet pas de porter un jugement sur ce qui s’est passé.La plus intéressante nouvelle reçue hier, concerne le vol d’un hydroplane au-dessus des Dardanelles.Les rumeurs de prochaines négociations de paix continuent à circuler.Cependant, on ne sait rien de défini, à ce sujet.La Bulgarie et la Roumanie doivent bientôt reprendre, à Sofia, leurs pourparlers au sujet de la question des frontières.Il est compris qu’à la dernière réunion de lai conférence ambassadoriale on a discuté la question albanaise et le projet d’envoyer une’commission internationale, qui délimiterait les frontières du nouvel état de l’Albanie.Constantinople, 8.— Une dépêche officielle publiée ce soir, dit: “L’ennemi continue ses mouvements le long des lignes de Tchatalja.Plusieurs escarmouches ont eu .lieu, qui se sont terminées par la retraite de l’ennemi.Un engagement très sérieux s’est produit à Palaia.Le cuirassé Id-jlabes a bombardé l’ennemi de Biyuk Chekmedo, dans la mer de Marmara.“Le bombardement d’Andrinople continue nuit et jour, mais les dommages ne sont pas importants.Le courage et la vigueur des troupes turques sont admirables.“Les retranchements de l’ennemi, sur les hauteurs de Hamilo.dans le voisinage de Gallipoli, ont été bombardés par l’artillerie de l’armée et de la flotte turques.LA GUERRE SERA DE COURTE DUREE Salonique, 8.— Le premier ministre grec, M.Venizélos, est arrivé ici hier, et a été l’objet d’une ovation extraordinaire de la part du peuple.Trent mille personnes étaient à la gare pour le recevoir.Répondant à des discours de bienvenue, M.Venizélos a déclaré que la guerre avec la Turquie serait de courte durée.LA PANIQUE A GALLIPOLI Londres, 8.— Une dépêche de Constantinople dit que la population de Gallipoli, saisie de panique, s’enfuit devant les troupes bulgares.Plusieurs centaines de personnes ont cherché refuge à bord des transports militaires.Quelques-uns, qui étaient trop chargés, ont coulé et un grand nombre de personnes se sont noyées.La dépêche ajoute que 15,000 soldats turcs ont atterri à Midia.Us étaient bien armés, mais n’avaient pas de provision.Par bandes de 400, ils se sont dispersés par toute la Thrace et se font nourrir par la population.VAINCRE OU MOURIR Londres, 8.— Une dépêche de Constantinople au “Times”, datée du G février, dit que tous les soldats turcs en garnison à Ismid, Mudiania, et autres points sur la côte asiatique de la mer de Marmara, se sont embarqués pour une destination inconnue.On croit que Hurshid Pacha a pris le commandement de ces troupes, avec Enver Bey comme chef de son état-major.Le correspondant ajoute que c’est un fait connu de tous qu’Enver Bey a résolu de vaincre ou de mourir.LE MAJOR McFARLANI) EN TURQUIE New-York, 8.— Le major Munroe McFarland, du 29e d’infanterie, est arrivé à New-York, hier, à bord du pa- Enquête sur les échouements LE COMMISSAIRE DES NAUFRAGES BLAME L’EQUIPAGE DE L’“URAMUM” POUR LA NEGLIGENCE DONT IL A FAIT PREUVE EN NAVIGUANT DANS LE BROUILLARD.Corrompue de la LETTRE D’OTTAWA' tête aux pieds quebot “Oceanic”.Il avait ôté envoyé en mission spéciale sur le théâtre de la guerre des Balkans.Son absence a duré trois mois.Il fera sous peu un rapport à Washington.Le major McFarland dit que, malgré ses lettres de créance, l’armée bulgare ne lui a pas permis d’aller où bon lui semblait.Il a dû se contenter de traverser la Macédoine, à dos de cheval, jusqu’à Salonique.Il a visité les scènes des batailles de Kunaseso et de Monastir.Il a étudié l’organisation, la tactique et les méthodes de retranchement des armées serbes et bulgares.Le major est sous l’impression que la guerre sera bientôt terminée.Sa position, cependant, ne lui permet pas d’exprimer une opinion sur les vainqueurs possibles.L’armée américaine pourra beaucoup apprendre du travail qui a été fait par les armées des alliés.SITUATION DESESPEREE Londres, 8.— Le “Daily Telegraph” publie une longue dépêche échappée à ia censure, de son correspondant Ellis Ashmead Bartlett, à Constantinople, dans laquelle il dit que la population turque est dans un tel état de misère et de dénûment à la suite de la guerre qu’elle est complètement indifférente au sort d’Andrinople.Le correspondant dit: “Le cabinet est dans l’incertitude.Il sait qu’il sera forcé d’abandonner Andrinople et il cherche seulement quelque moyen de s’épargner une humiliation.On dit que le coup d’Etat avait été arrangé pour se produire après que Kiamil pacha aurait cédé Andrinople mais qu’il fut précipité à la suite de quelque malentendu.De là la situation difficile où se trouve maintenant le ministère.“Il n’y a pas un sou dans le trésor et il n’y a aucun moyen de se procurer de l’argent avant la conclusion de la paix; en attendant le pays marche à la ruine et à la banqueroute.“Une grande manifestation contre la guerre a eu lieu dimanche devant les bureaux du ministère de la guerre au cours de laquelle les Jeunes Turcs ont été publiquement traités d’assassins et de voleurs.Mahmoud Shefket pacha a paru au balcon et a essayé de haranguer la foule, mais il a été accueilli par des épithètes insultantes.“La misère dans les camps turcs est indescriptible.Il a fait excessivement froid et la neige est tombée en abondance; les soldats sont mal nourris et mal abrités.La petite vérole, l’enthé-rite, la dysenterie et la pneumonie ont remplacé le choléra asiatique.“On croit savoir que les forces à Tchatalja ont été réduites à 120,000 hommes, chiffre que l’on considère suffisant pour la défense.De grands renforts ont été envoyés à Gallipoli où il y a maintenant 70,000 hommes.On parle de débarquer un corps de troupes dans le voisinage de Rodosto pour prendre en flanc les Bulgai-es mais un pareil projet est impraticable.Dans l’état actuel de l’organisation turque l’armée périrait de faim dès l’instant cil elle essaierait de quitter la côte.“Au point de vue militaire et économique la position de la Turquie est désespérée.Rien ne saurait prévenir de pires malheur encore, sauf la soumission immédiate à l’inévitable”.BULGARIE ET ROUMANIE Sofia, 8.— Les négociations entre la Bulgarie et la Roumanie à propos de la question de frontière seront reprises ici.Le Dr.Daneff, chef de la délégation bulgare à Londres, et M.Sara-foff, ancien ministre en Turquie, ont été chargés par le gouvernement bulgare de diriger les négociations.Il est probable que M.Shike, ministre de.Roumanie en Bulgarie, représentera son pays.Le “Mir”, journal officieux, nie que de nouvelles troupes serbes soient envoyées en Thrace.Il dit que les Bulgares peuvent se passer de leur secours.A SCUTARI Cettigné, 8.— Les Monténégrins et les Serbes réunis autour de Scutari sont au nombre de 60,000.Les importantes positions de Bushati, et de Bar-j denjolt ont déjà été prises par les alliés.LE CAPITAINE LINDSAY CRITIQUE EGALEMENT LA CONDUITE DES OFFICIERS DE L’“EVE-LYN”, DU “DARMOUTH” ET DU “HALIFAX”, MAIS IL NE LES PUNIT PAS.LES DECISIONS Ottawa, 7.—Le capitaine Henry Lindsay, commissaire des naufrages pour le Dominion en est venu aujourd’hui à la conclusion que les précautions nécessaires n’avaient pas été prise’s dans le cas du paquebot anglais Uranium, qui s’échoua, le 12 janvier dernier, à ia pointe de Chebucto, avec neuf cents passagers à son bord.En conséquence, le capitaine Ralph Eustache a été suspendu pour trois mois, à partir d’aujourd'hni.Le rapport a été lu en cour, ce matin.Le comité d’enquête, composé du capitaine Lindsay, du capitaine Hall et de J.Fleming, a trouvé qu’il n’y avait rien à reprocher à l’équi-pa«e de l’Uranium et que la navigation, jusqu’au matin de l’accident avait été parfaite.Mai*.» il considère qu’à G heures 40 du matin, l’éaui-page négligea de prendre les précautions qui doivent être observées lorsque, le brouillard est épais.L’Uranium, qui venait de Rotterdam, était en route pour New-York, par voie d’Halifax.Tous les passagers furent sauvés.L’accident se produisit alors que le paquebot essayait d’afleindre Halifax par un brouillard très épais.En sus de cette décision, les commissaires ont rendu quatre autres verdicts.Au sujet de la perte du vaisseau anglais Evelyn, au large du Cap Breton, le 9 janvier, le commandant est critiqué pour être demeuré à l’ancre trou longtemps.Néanmoins, son certificat ne lui est pas enlevé.La collision entre les vaisseaux Darmouth et Chebucto, le 22 octobre 1912, était partiellement due à une erreur de jugement de la part du capitaine Charles Azon, du Chebucto.James Allan, maître du Dartmouth, est aussi accusé de négligence.Personne n’est blâmé pour la collision qui se produisit dans le por! d’Halifax, le 6 juin dernier, entre le paquebot Dufferin et la goélette Lévangro.Charles Ozon es! critiqué pour sa conduite dans la collision du vaisseau Halifax avec la barge Glen-ville, oui se porduisit dans le port de Halifax, le 6 janvier.L’ENQUETE FAITE SUR UNE ACCUSATION DE RECULAT PORTEE CONTRE QUELQUES MEMBRES DE LA POLICE NEW-YORKAISE AMENE DES REVELATIONS.Un libéral qui veut des dreadnoughts Ottawa, 7.— Le colonel S.Hugh j marine canadienne.Somme toute, tout McLean, député de Sudbury et Queens, le monde en a pris et en a laissé.Dès UN 'TEMOIN A CHARGE JURE QU’EN DIX-SEPT ANS IL A DISTRIBUE 850,000 A PLUSIEURS HAUTS FONCTIONNAIRES DE LA POLICE, Y COMPRIS BECKER.LE TEMOIN PURCELL L’aventure d’une jeune Montréalaise à New-York (Servies particulier) New-York, 8.— Mlle Marie Madore, j do Montréal, a éprouvé une vive émo-; tion, hier matin, à bord de la “ Tou-|raine”.Elle était venue accompagner \ son frère qni partait pour la France et Jetait montée à bord avec lui.j Se trouvant dans les étages inférieurs du navire quand retentit la clo-rho annonçant le départ prochain, Mlle Madore ne l’entendit pas.Elle ne i remarqua pas davantage, un peu plus hard, que le navire quittait lentement J son dock.Quand elle remonta sur le pont su-pêrieur, la “Touraine” descendait | déjà rapidement l’Hudson, Mlle Madore se précipita vers le capitaine Vesco, commandant du bord, demandant (i descendre sur un remorqueur.Le commandant ne jugea pas prudent de laisser une jeune fille descendre par une échelle de corde, nu beau milieu du fleuve tandis que le vent soufflait en tempête.Il laissa le navire ; poursuivre son chemin jusqu’à la Qua-I rantaine où il donna l’ordre de stop-; per.t Un cotre du service de santé vint ! alors prendre Mlle Madore qui avait ! craint, un moment, d’être obligée de traverser l’océan.L New-York, 7.— James Purcell, ancien associé de Herman Rosenthal, a comparu devant le comité des éehevins, aujourd’hui, et a raconté une histoire qui éclipse celle de Jack Roue, le collecteur de Becker.Il a il qu’il avait tenu une maison de jeu pendant dix-sept ans, et qu’il avait dû verser 850,000 à la police, durant cette période, afin d’obtenir la protection de cele^ci.A diverses reprises, l’argent avait été recueilli par le shérif Harvey, l’inspecteur de police McLoughlin et une dizaine de capitaines de police, y compris le beau-frère de Charles F.Murphy, le “boss” de Tammany Hall.Fin retour de cet argent, la police laissait, généralement Purcell tranquille.Lorsqu’elle recevait des plaintes à son sujet, elle l’avertissait d’aller s’établir ailleurss.Une fois, il voulut défier la police.Il ouvrit un tripot dans le East Side et négligea de faire ses paiements hebdomadaires.Deux constables furent alors placés à l’entrée de l’édifice en question avec ordre de ne laisser franchir le seuil à personne.Mais Purcell ne se tint pas nour battu.Il acheta les deux constables et continua de faire des affaires.Lorsqu’il tenait maison de jeu dans le “Tenderloin” les commissaires, inspecteurs et capitaines de police avaient coutume de venir voir chaque semainp.Deux hommes de la police, seulement, étaient innorruntibles: le lieutenant Costi-gan et l’inspecteur Richard Walsh, communément appelé “ Smiling Dick.” Le lieutenant de police Becker fit une descente dans le tripot de Purcell, en 1911.Cinq hommes furent arrêtés.Purcell demanda à Becker de l’aider.” “C’est bien”, répondit celui-ci, je le ferai volontiers, Mais je veux 8500,’.Purcell refusa.Finalement, il offrit 8350 au lieutenant de police, qui acenta.Le lendemain les hommes furent acquittés.-4- M.Poincaré an régiment était assidu et gai L’UN DES ANCIENS CAMARADES DU NOUVEAU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE RACONTE D’AGREABLES INCIDENTS SUR LA VIE MILITAIRE DU MEUSIEN POINCARE.Les écoles de l’Ontario M.EVAUTUREL INTERPELLE LE GOUVERNEMENT WHITNEY AU SUJET DE LA QUESTION BILINGUE.Toronto, 8.— M.Gustave Eventu-(ol, député libéral de Prescott, a inscrit une interpellation au sujet des écoles bilingues sur le feuilleton de la législature, hier après-midi.M.Evan-turcl demande la production de toute la correspondance échangée entre Mgr Fallon, évêque do London, et le secrétaire Provincial, le ministre des Travaux Publics et tout autre membre du cabinet d’Ontario, au sujet des écoles bilingues, depuis le 1er niai 1910, Dix personnes se noient à Liverpool Liverpool, 8.— Hier soir, un bateau appartenant à la commission du port a été chaviré par une saute de vent et dix personnes qui étaient à bord ont été noyées.Adoration Nocturne Les membres de l’Adoration Nocturne sont priés de se rendre dimanche soir, à 8 heures %, à l’église de Notre-Dame de Lourdes, pour la célébration des Quarante Heures.L’enquête du du juge Mercier LE TEMOIGNAGE DE M.LAURIN A ETE CONTREDIT DU TOUT AU TOUT HIER APRES-MIDI PAR CELUI DE M.VIN ET, COMPTABLE DE M.THERIEN.Le juge Mercier a continué l’enquête qu’il poursuit sur l’ordre du Surintendant de l’Instruction Publique au sujet de l’achat d'un terrain à la Longue-Pointe par les commissaires des Ecoles Catholiques de Montréal.M.Achille Laurin qui est celui dont les révélations provoquèrent les articles du “Pays”, est le premier témoin entendu.Interrogé par Mtre Bisaillon, qni veut savoir comment il en était arrivé à se former l’opinion qu’un pot-de-vin avait été payé à l’un des commissaires, il dépose que frappé d’abord parle prix payé par la commission pour les terrains achetés, il avait demandé 1 à M.Gustave Vinet comment il se faisait qu’il n’avait pas consenti à vendre directement ces mêmes terrains à la commission, et celui-ci de répondre qu’il n’avaR pu le faire parce qu’il y avait des sommes trop élevées à payer en commission.M.Vinet a confirmé cette déclaratioh.• M.Laurin dit encore qu’il a demandé à M.Thérien la part qui lui revenait dans les profits de la vente du terrain, comme il en avait été convenu entre eux, mais il ajoute quo M.Thérien refusa, prétextant qu’il n’avait pas pu faire de profits, car ça lui avait coûté trop cher pour “grais-ser ., Ensuite, après avoir déclaré que rien ne justifiait la hausse formidable des terrains en quelques jours seulement, il ajoute qu’il a entendu dire à maintes reprises et devant témoin qu’une commission de $5,000 avait été payée par M.Thérien à l’un des commissaires, mais qu’il ignorait toute- fois ce que serait advenu les $3,000 formant la différence du chèque de $8,000 fait par M.Thérien, chèque qui, dfaprès les explications dd*comp-table de M.Thérien, dit le témoin, aurait été fait dans le but de payer une Commission à un commissaire et pour payer d’autres dépenses.A la séance d’hier après-midi, M.Vinet, comptable chez M.Thérien, est venu démentir, sous serment, tout l’échafaudage de M.Laurin.Avant de terminer cette 4ème séance de l’enquête, remise au 12 février prochain, M.le juge Mercier demande à M.Vinet d’apporter devant la cour à la prochaine séance tous les documents concernant cette fameuse affaire des $8,000 puis la séance s’ajourne.La ville dépensera quatre millions en travaux Rockefeller n’est qu’une ombre de lui - même Jekly Island, Géorgie, 7.— L’interrogatoire de Wm.Rockefeller s’est t -miné aujourd’hui.Quatre questions lui ont été posées.Pris d’un violent mal de gorge, M.Rockefeller dut être porté gur un sofa.Son médecin le déclare épuisé.Le résultat de l’interrogatoire, en ce qui concerne le Trust de l’Argent, n’a rien ajouté de particulier à ce que l’on connaissait.Il a démontré, à la satisfaction de M.Untermyer et de M.Pujo, que M.Rockefeller n’était pas physiquement capable de supporter un examen sur les détails de sa carrière financière.Contrairement à ce que l'on pensait le club de Jekly Island ne s’est pas opposé à l’invasion de son domaine privé par les enquêteurs du Congrès.Le.bateau du club a transporté ce comité à l’appartement de M.Rockefeller, qui se trouve dans le même édifice que ceux de James J.Hil! et J.P.Morgan.Ce comité était accompagné de John A.Garver et A.J.Cravat, avocat de M.Rockefeller et du médecin de ce dernier, le docteur Chappelle.Les commissaires ont définitivement adopté le rapport de M.Geo.Tanin, ingénieur en chef de la cité, , indiquant les travaux qui devront exécutés dans les différentes parties de la ville, cette année.Recommandation on sera faite au Conseil, lundi prochain Les détails du plan ne sont pas encore réglés, mais nous pouvons dire que le total se monte à près de 4 millions.^ Les commissaires feront quatre rapports au Conseil l’un pour les pavages permanents à exécuter dans un rayon de 2 milles de l’hôtel de ville, dont U- coût est estimé.A $1,700,000 ; un autre pour les trottoirs permanents dans le même rayon, dont le coût sera de $600,000 t un troisième pour les trottoirs permanents à exécuter dans la sphère non comprise dans le rayon de 2 mil*es, dont, le coût sera de $700,000 ; un quatrième pour les égoûts et tuyaux d’eau, dont le coût doit s’élever à environ $1,000,000.Aussitôt que ces rapports seront adoptés, les soumissions seront demandées, les commissaires désirant que les travaux commencent de bonne heure cette année.(Service particulier) Paris, 8.— La “ Prolonge Blandan”, association amicale des anciens soldats du 26l“ de ligne, à Nancy, qui compte parmi ses membres, M.Raymond Poincaré, et qui a comme président d’honneur M.Alfred Mézières, communique au “ Temps ” des souvenirs de son président actif, M.Marcel Knocht, dont nous détachons ce feuillet : Le 2Ge est alors commandé par le populaire colonel* Quénot, assisté du lieutenant-colonel Lucas.Le commandant Passérieu, devenu plus tard général, était major ; les conditionnels formaient une unité spéciale, commandée par le capitaine adjudant-major Pel-tier, les lieutenants Brochin et Xardel, et deux sous-officiers.Notre camarade Cron, actuellement président des “ Engagés volontaires de 1870-1871 ”, était sergent-major à une autre compagnie.Le conditionnel Raymond Poincaré, dont quelques compatriotes meusiens, Paillot, actuellement conseiller à la cour de cassation ; Gauchotto de Courcelles-aux-IIois ; Robineau et Mar-mode, de Bar-le-Duc, servaient aussi sous les ordres du capitaine Peltier, occupait la chambrée No 54.Il appartenait à la 3e compagnie du 4.Caporal au bout de six mois, puis sergent à la libération, le bi-lieenciê R.Poincaré fut un excellent soldat et un parfait gradé, très assidu aux études du soir, n’abandonnant le quartier que pour aller préparer en ville ses examens do doctorat en droit, qu’il passa du reste très brillamment.Le conditionnel Poincaré avait l’autorisation de sortir le matin, après la soupe, pour aller aux bibliothèques ; il prenait ses repas, on compagnie de quelques amis, au restaurant Ladu-relle, rue Héré, oil fréquentait la jeunesse universitaire.Ses officiers, sous-officiers et camarades conditionnels aimaient beaucoup le jeune Mou sien et étaient déjà infiniment.séduits par son ardeur au travail, son talent oratoire et la solidité de ses connaissances.Pendant les marches, le caporal Poincaré, très gai, remontait le moral de ses hommes par son entrain, et certains soirs do prises do galons les conditionnels envahissaient joyeusement la célèbre cantine Fleury, du 69e.Un accident au célèbre baryton Vanni Marcoux Boston, 7, — Vanni Marcoux, lo cé-; lèbre baryton de l’opéra do Boston, a été grièvement blessé, ce soir, par la ! chute du rideau.En réponse aux ap-j plaudissenients réitérées do la foule.Marcoux s’avança sur le devant de la scène, juste nu dessous du rideau.Ce-lui-ci tomba avec une grande vitesse et l'artiste ne put s’écarter à temps.A une heure avancée de la nuit, il était encore sans connaissance.Les médecins craignent une commotion cérébrale.Nouvelles Cies incorporées Nouveau-Brunswick, est un loyaliste encore plus fervent qu’il n’est libéral.Aussi est-il le premier député opposi-tionniste à se déclarer satisfait des recommandations politiques de M.Borden, à prendre la parole de celui-ci quant aux trois dreadnoughts à donner à la Métropole, et à se dire prêt à voter l’argent pour ces trois navires.Mais, il lui faut en plus une marine canadienne.C’est ce qu’il a affirmé, à la Chambre, ce soir dans un discours loyaliste, applaudi tantôt par la droite, et tantôt par la gauche, mais qui ne satisfait pleinement ni l’un ni l’autre parti.Le reste de la séance, nous avons eu des discours plutôt ternes, sans rien dire de neuf, sauf, de la part de M.Martin, de Régina, une déclaration en faveur d’un plébiscite.M.McLean, de goûts aussi militaires que le Colonel Sam Hughes, est colonel d’un régiment de fusiliers, a commandé jadis une brigade canadienne et fut le premier commandant du contingent de soldats canadiens envoyés au service de George V il y a à peine quelques mois.D’après lui les partis devraient s’entendre pour régler à l’amiable toutes les questions de défense territoriale.Il veut trois dreadnoughts, pour la Grande-Bretagne, à condition qu’ils soient montés par des marins canadiens et que le Canada solde la note de leur entretien.Ces navires demeureraient la propriété canadienne, mais seraient à la disposition perpétuelle de la Grande-Bretagne.De plus, le colonel ne s’arrête pas à mi-chemin, il le commencement de l’après-midi, le colonel McLean avait manifesté son intention de poser la question navale sur le terrain où il la plaçait vers les six heures du soir.M.Pardee, le whip oppsitionniste, a eu avec lui une longue conversation, afin sans doute de le dissuader de prononcer son discours aujourd’hui.Mais le colonel McLean tenait à son idée.Et, vers les six heures, comme M.Michaud, un député libéral acadien, terminait un bref discours, M.McLean se levait et profitant de l’absence momentanée du whip, c< i-mençait son discours sans longues phrases préliminaires.La premiere partie de son discours finie, celle dans laquelle il demande aux deux partis de s’entendre,—il s'est lancé dans des considérations d’ordre techniques peu intéressante pour l’auditoire, qui s’est désintéressé alors de sa harangue.Le reste de la séance, MM.Martin, (Régina), Michaud, Lanctôt et une couple d’autres orateurs ont discouru, sans dire rien de bien neuf.M.Martin veut un plébiscite, où des élections générales, mais en tout cas, un appel au peuple avant l’exécution du programme Borden.Il loue M.Monk de son attitude courageuse, regrette que ses collègues, jadis autonomistes, ne se soient pas rangés de son côté, mais suivent le ministère dans une politique dont l’adoption, croit-il, serait désastreuse pour le pays, et, à certains moments, il parle comme un vrai nationaliste quoique à d’autres il ne le soit aucunement.Il ne veut pas de representations dans les conseils impé- Ottawa, 8.— Une des plus grandes compagnies qui aient obtenu leur charte du département de l'Etat sous l’Acte des Compagnies a été incorporée cette semaine, sous la raison sociale : “O.S.Hyman Co., of Lon- don’ Ont.”, avec un capital de $3,-000,000.La nouvelle compagnie prendra en main les affaires de l’bon.C.S.Hyman, ancien ministre des travaux publics dans le cabinet Laurier.Ont aussi été incorporées les compagnies su'ivantes : Metropolitan Building Company, capital $50,000, Montréal ; Laporte-Martin, Limitée, capital $1,000,000, Montréal.The Commerce Publishing Company capital $40,000 Montréal.The General Realty & Investments, capital $50,000, Montréal.The Eastern Hay & Feed Company capital, $150,000, Sackville, N.B.ÎV.R.Webster A Company, capital $250,000, Sherbrooke, Qué.voudrait une conférence des deux par- J riaux, et se déclare bien convainc# tis, et il propose que ceux-ci s’enten- qu’un plébiscite dans ce cas prouverait dent pour mettre la question navale que les Ontariens eux-mêmes, sauf hors du domaine politique, consultent quelques jingoes de Toronto, ne veu-ensemble l’Amirauté, et, d’accord, éla- lent ni marine ni contributions.Cela borent un programme naval relatif à ne l’empêche pas d’être favorable au l’organisation d’une marine canadien- programme Laurier, ne.Puis ils soumettraient toute cette Tous les orateurs de la journée, partie de son programme, mais non sauf M McLean naturellement, ridicu-pas le aon des dreadnoughts, au peuple lisent l’idée de donner 35 millions à un canadien par voie de plebiscite.pays mille fois plus riche que le Cana- Selon lui, il n est pas trop tard pour ; protestent contre ceux qui disent recommencer la solution du prob.eme que ]e Canada est incapable de cons-naval, qui nous occupe.Il veut une | tnjjre des navires de guerre avant une entente entre MM.Laurier et Borden, j d’années, s’indignent de afin d effacer tout ce qui s est dit et j l’hypocrisie des faux nationalistes, se tait jusqu ici.j dégustant des déclarations passées de Puis la Chambre, une fois cette en- ; MM, Pelletier, Nantel, Coderre, Blon-tente faire, choisirait une commission! din, Sévigny et tutti quanti et récla-parlementaire spéciale composée de ; menj.]’appej ai, peuple, sous quelque deputes des deux partis, qui aurait! forme que ce soit.La droite, elle ne droit de sieger hors session pour redi- j desserre pas les dents, sauf pour bail-ger nn programme unique sur lequel, }sr ^ pleines mâchoires.les chefs s entendraient sans distinc- T i-, i .j- r.• La débat reprendra, mardi prochain, pour durer on ne sait quel temps encore.Il est rumeur que le ministre tion de partis politiques._ “Soyons des hommes d’Etat impériaux, non des quérelleurs, dit-il.Il est du devoir de cette Chambre, il est du devoir de tous les députés qu’ils soient de gauche ou de la droite, d’accepter, quant à la situation -britannique à l'heure présente, la parole de M.Borden, premier ministre responsable au pays.Ce qu’il a dit, nous devrions le croire, et ne pas lui imputer tel ou tel motif.En 1910, lors du débat naval, je voulus que l’on offrît deux navires de guerre à la Grande-Bretagne.Cette année, nous dit M.Borden, la situation est plus grave, d’après les renseignements confidentiels que l’Amirauté lui a donnés.Alors donnons trois navires armés et équipés par nous, puis entendons-nous pour rédiger un programme nàval en dehors de toute considération de partis politiques, et soumettons ce programme à nos électeurs”.Ces remarques, comme bien on pense, ont fait sensation, et tout le ministère, dispersé jusque là dans les coulisses ou dans les bureaux, était au poste pour entendre le colonel McLean soutenir un programme qui, comme le dit M.McLean, tend à concilier les deux groupes politiques.Les ministres désireux d’arriver à faire adopter la résolution Borden, prolongera les séances et ne consentirait même à aucune ajournement, de mardi après-fiiidi, le onze, à minuit le samedi soir, quinze février, afin d’amener la gauche à résipiscence.La Chambre siégerait dans ce cas, en permanence, et sans arrêt.Mais ce n’est pas encore tout t(L fait certain.Peut-être n’est-ce là que* du bluff.A tout événement les députés oppositionnistes partis ce soir pour aller passer le dimanche chez eux se promettent de bien dormir d’ici à mardi, afin d’être frais et dispos pour la grande épreuve d’endurance physique.Des équipes de relal se constituent déjà.La droite, qui a 1< nombre, est toutefois nerveuse.L’or parle plus que jamais des élections La crise est imminente.Comment s< dénouera-t-elle?Puis, en dépit dr plaidoyer de M.McLean, il ne paraît pas que ni M.Laurier ni M.Borden couchent ensemble dans le même lit, en forme de superdreadnought dès ce soir même.Peut-être les souffleurs dr M.McLean, les financiers de Toronto, de Winnipeg et de Saint-Jean, Nouveau-Brunswick trouveront-ils le tour rayonnaient, tandis^ qu’à gauche, les : drmetoTtôXleTonde Facco'rd aux an™ Tn t1' H ^ Communes, sur le dos du contribuable ment le discours du depute de Queens ; ____ ,___.et Shelbourne et en applaudissaient les ; caru ‘ e ’ e ‘ ’ parties relatives à l’organisation d’une Georges PELLLETIER.Le revers de la médaille M.BONAR LAW REPOND A CERTAINES REMARQUES DE M.ASQUITH RELATIVEMENT A LA QUESTION DE PREFERENCE IMPERIALE.Les lois provinciales LE BARREAU DE L’ONTARIO RE> CLAME LEUR UNIFORMITE.Londres, 8.— On se rappelle que la semaine dernière, le premier ministre, M.Asquith, fit des remarques au sujet de la préférence impériale.Hier soir, M.Bonar Law y a répondu.Il a réitéré le fait que le parti unioniste entendait accorder aux Dominions la préférence sur les droits déjà existants, c’est-à-dire, ce que les Dominions demandèrent à la dernière conférence impériale.“Je désire attirer l’attention particulièrement sur un -point du discours du premier ministre.“Il a cité une partie de la résolution adoptée par la Grain Growers Association, mais il a omis un paragraphe que je vais voua lire; “D-,oJic, qu’il) soit résolu que cette convention, composée de délégués représentant 10,000 fermiers du Manitoba, se déclare fermement opposée à toute dépense,quelle qu'elle soit du trésor public pour la construction d’armements navals.” Rappelez-vous cela.Cette résolution dont le premier ministre de l’Angleterre a fait l’éloge et qu’il a considérée comme si elle représentait l’opinion du peuple canadien, est une résolution hostile au gouvernement actuel du Canada; elle est dirigée directement contre cette même politique de cont*bution à notre dépense navale, qui a été suggérée et qui sera, je crois, menée à bonne fin par le gouvernement de M.Borden.Rappelez-vous aussi que cette politique fut entreprise par M.Borden et ses collègues non sans de grands risques politiques, non sans avoir consulté le gouvernement anglais, et avoir obtenu sa pleine et entière approbation.“Je demande s’il est juste à l’égard du ministre canadien de considérer favorablement comme si elle représentait l’idée du peuple du Canada, une résolution directejnent opposée au ministère canadien.” Toronto, 8 — A la réunion du comité exécutif de l’Association du Barreau, qui sera tenue la semaine prochaine, on adoptera une résolution demandant l’uniformité des lois provinciales.Le président Ludwig sera l’hôte d’honneur au York Club, après cette réunion.L’Association du Barreau demande cette réforme parce que les lois concernant les assurances sont différentes dans toutes les provinces et cela au grand ennui des compagnies d’assurance.La suggestion faite de consulter la profession légale pour nommer les juges sera discutée ainsi que celle de la loi des faillites M.James Bicknell, C.R., donnera un travail intéressant sur ce sujet.Le comité soumettra aussi son rapport sur la question du décorum de la profession et sur l’opportunité de former une association du Barreau Canadien.Chute de 200 pieds New-York, 8.— Harry Schweitzer, comptable d’une, compagnie d’assurance, se disposait à sortir d’un ascenseur, nn sixième étage d’un édifice, quand la semelle de sa chaussure fut prise au bord de l'ascenseur, qui remonta.Il essaya désespérément de sauver sa vie, en faisant tous ses efforts pour maintenir au moyen de son pied tordu le poids de son corps.I! resta suspendu un moment, puis il faiblit et tomba dans le puits de l’ascenseur (V 200 pieds.Alphonse XIII fait de Tavion Madrid, 8.— Le roi Alphonse XIII a fait une randonnée aérienne, hier, autour de la capitale dans le ballon dirigeable Espana.DECES HOUDE.— A Montréal, le 7 février 1913, à l’âge de 40 ans, est décédée l’épouse du professeur Chs.E.A.Houde, organiste à l’église 8t-Jean de la Crotx Les funérailles auront lieu lundi 1s 10 courant.Le convoi funèbre partira de la demeure de son époux au No 556 rue Saint André à 7 h.45 pour se rendre à l'église Saint-Jacques où ) le service sera célébré et de là au Cimetière de la Côte des Neiges, lieu de la sépulture.Parents et amis sont priés -d’y assister sans autre invitation.EMPLOI DEMANDE Un jeune homme de 23 ans demande emploi comme assistant comptable, secrétaire, ou autre emploi du même genre; possède très bien son français et passablemenl* l’anglais, bonnes références.S’adresser; G0 Laurier Ouest.Tél.Saint-Louis 4851.EMPLOI DEMANDE Jeune homme, étudiant en médeci-| ne, demande emploi dans pharmacie, / [ parle P.nglais et le français.Bonne; ** I références.S’adresser: 60 Laurier-Ouest.Tél.St-L., 4851.CHAMBRE A LOUER Une grande chambre 25 x 15, bien éclairée, 2 fenêtres sur le devant, bien chauffée, $12.00 par mois.S’adresse.-au No 70 Saint-Jacques, 3ème étage, sur les lieux à Madame Desrochea.i
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