Le devoir, 19 février 1913, mercredi 19 février 1913
oc LUMh îv—iNo.41 MONTREAL, MERCREDI 19 FEVRIER.1913 clN SCU LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.$3.09 UNION POSTALE.$0.09 Edition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS .UNION POSTALE A * « « m.• » $1.50 $2.00 DEVOIR Rédaction et Administration i 7la RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TELEPHONES : ADMINISTRATION: Mais 7461 REDACTION: Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LETTRE D’OTTA WA La Chambre fait un prisonnier et parle marine — M.Turriff demande la redistribution des sièges — La voix d'un député allemand — L'aventure de M.Miller, le témoin refuse de dire à qui il a payé $40,000 de pots-de-vin V ^ Ottawa, 18 — Les Communes ont condamné aujourd'hui un homme m cachot (?) pour vingt-quatre heures, puis elles ont parlé marine.Mais il ne faut pas croire que nos députés aient été bien cruels à l’égard de leur prisonnier.Un éclat de rire a marqué toutes les procédures d’incarcération et personne ne les a prises au sérieux, M.Miller,— c’est le nom d(u captif, — a passé l'après-midi et la soirée confortablement installé, non dans une geôle aux barreaux d’acier, mais dans la pièce réservée au sergent d’armes, et qui donne sur*la salle de lecture des députés.Demain après-midi, M.Miller comparaîtra derechef devant ses 221 juges et la comédie se renouvellera peut-être.4 , Quant à la marine, ceux qui prévoyaient pour aujourd’hui un grand t> débat sont déçus.Quelques discours, dont un d’un député d’origine allemande, un amandement de M.Turriff, et c’est tout.M.Turriff veut tout simplement que la Chambre suspende sa décision, quant au bill naval, jusqu’à ce qu’il y ait eu remaniement des collèges électoraux, puis consultation populaire au sujet de cette loi.Le débat s’est engagé sur ce point.Il durera plusieurs jours avant que la Chambre en vienne à une nouvelle série de votes, sur la proposition pour seconde lecture du bill.S fV * » Le sort du capitaine Scott et de ses camarades, dans les régions an-tarctiques, a fourni l’occasion à nos parlementaires de faire de brefs discours, cet après-midi.M.Lemieux a proposé l’ajournement de la Chambre, et, après lui, MM.Borden et Laurier ont loué le courage et l’énergie de ces héros morte solitairement, dans des régions lointaines.“L’exploit du Scott et de ses compagnons démontre bien, dit le député de Rouville, que le courage de la race britannique est aujourd’hui aussi noble qu’il le fut au jour où Franklin et ses hommes périrent dans les régions arctiques.La bravoure reste le trait inhérent de la grande race avec laquelle les Canadieïte-fry.nçais vivent ici en harmonie.Nous tous, qui habitons le pays découvert par deux héros français, Cartier et Champlain, nous sommes vivement touché* de la fermeté de caractère et de la grandeur d’âme de Scott.El, à titre de sujets britanniques, quelle que soit notre origine, nous pouvons nous exclamer : “Ce* héros, ils sont nôtres !” Aussi bien le Canada se doit-il de répondre, comme la métropole, à l’appel écrit par Scott d’une main mourante, de montrer sa promptitude à s’inscrire aux listes de souscriptions en faveur des veuve* et des orphclibs de ces héros, en affectant quelques milliers de piastres au soulagement de leur infortune.” M.Borden, solennellement, se joint à l'éloge que M.Lemieux fait de L Scott et de ses malheureux amis perdus dans les régions antarctiques : ^ “J’ai été profondément touché de leur geste, et surtout de celui de ce vaillant soldat Oates, qui, certain de retarder le salut de ses amis, s’en alla mourir à l’écart, afin de leur épargner de* heures précieuses.Et l’appel inscrit aux tablettes de l’infortuné Scoü ne tombera pas dans des oreilles inattentives.Le Canada y répondra.Les veuves et les orphelins des victimes du pôle sud seront désormais *ous la protection, non pas seulement du Royaume-Uni, mais aussi de l’Empire lui-même.” M.Laurier clôt la série des brèves oraisons funèbre* : “Il n’y a pas, dans toutes les annales des gloires navales anglaises, de plus belle figure que celle de Scott, officier de marine lui-même, et qui donne sa vie sans fléchir, quand vient l’heure de l’épreuve dernière.Et ceci nous rend orgueilleux, de constater que, à l’heure actuelle, la Grande-Bretagne a des hommes aussi braves, aussi courageux, aussi nobles que ceux des anciennes lignées de soldats et de marins.Nous honorerons Scott et ses compagnons, dans chaque partie de l’Empire britannique, comme Ton doit honorer des gloires infiniment splendides.” Ceci, pour l’heure, met fin aux remarques à ce propos.Il est certain que, d’ici à quelques semaines, le gouvernement et la gauche, d’un commun accord, souscriront, à même les fond* du pays, quelques milliers de piastres pour les veuves et les orphelins des victimes du Terra-Xova.m m m Vers les quatre heures, M.Béland, un exemplaire des débats de la Chambre devant lui, *e lève et attire l’attention du président, sur une omission faite dans la liste des votes de jeudi dernier, sur la question navale.} “Je remarque, dit-il, dans la liste des voleurs, que le nom du député de l’Islet (M.Paquet), n’apparaît pas quant au vote sur la motion principale.Et cependant M.Paquet a voté pour la proposition Borden, telle que rédigée originairement.Les procès-verbaux de la Chambre l’indiquent, comme les listes officielles des votes.Il y a là, je le comprends bien, une erreur typographique.Et je compte que M.Paquet, content de son vote, sera le premier à faire rectifier cette omission purement involontaire, je le sais bien.” La gauche accueille ces dernières paroles d’un éclat de rire sarcastique.M.Paquet, qui était à son siège, quelques minutes plus tôt, est absent, de sorte que, pour aujourd’hui, il n’y a nulle rectification.Mais, désormais, il y aura, aux débats de la Chambre, une interpellation de M.Béland, à ce sujet, et les procès-verbaux, d’un caractère tout aussi officiel que le journal de la Chambre, confirmeront les paroles de celui-ci, quant au vote du député de l’Islet.Au reste, il n’appert pas que celui-ci songe à renier son geste de jeudi dernier.11 l’aurait fait, disent ses amis, dans un but éminemment patriotique.Ses adversaire*, par contre, lui prêtent un motif d’intérêt personnel.M.Paquet parlera ces jours-ci.Il nous donnera peut-être une version nouvelle des mobiles qui l’ont induit à voter comme il l’a fait jeudi soir, au grand étonnement de ceux qui avaient suivi jusqu’ici sa carrière politique.Mais il aura certes grand’-peine à expliquer raisonnablement *a volte-face subite.« • • Vers les quatre heures et demie, M.Borden propose la seconde lecture du bill naval.A peine le président a-t-il mis la motion aux voix que M.Turriff, un député libéral de la Saskatchewan, est debout et commence un discours de plus d’une heure, qu’il clôt en saisissait la Chambre de cct amendement : Que le dit bill ne soit pas lu maintenant une seconde fois, meus qu’il soit résolu : Que le gouvernement est tenu constitutionnellement, mx termes de l’Acte de l’Amérique Britannique du Nord, de présenter tout de suite une mesure pour te remanieemnt de la représentation des provinces, dans la Chambre des Communes, d'après la population des dites provinces, telle qn’établie, par le recensement de 1911 ; et que cette Chambre pe procède pas pins loin avec ce bill, tant que ce remaniement ne sera pas fait cl que le peuple n\mra pas été dûment consulté au sujet du dit bill." M.Turriff, tout au début, dit : “En vertu d'une entente entre les deux whips principaux, ils ont étranglé le débat, pour en arriver au vote .” Mais il ne va pa* plus loin.Des gens crient, à droite : “A l’ordre ! A l’ordre I Vos expressions ne sont pas parlementaires !” La gauche l’encourage, s’exclamant : “Continuez, continuez !” Le président intervient et décide que l’expression "ctmnglé” est plutôt étrange.Tout de suite, M.Turriff l’écarte, en emploie une autre, disant qu’il n’a pas du tout l’intention de dire des choses désagréables à la Chambre, et poursuit ses remarques, l’ordre une fois rétabli.Il reproche à la droite sa paralysie linguale, se demande quand elle en sera guérie, et voit des symptômes de rétablissement dans les manifestations turbulentes et h* concerts de chant qu’elle donna la semaine dernière, à l’occasion de la première série de votes sur la proposition Borden.Puis il aborde le sujet de front.“La politique de M.Borden consiste à offrir des navires vides d’hommes, à la Grande-Bretagne, pour faire face à l’ennemi, et à dire aux Canadiens : “S’il y a guerre, vos navire* vides sont àja bataille, vous, restez sous le lit 1” La politique Laurier est autrement plus brave, plus efficace, pour les destinées de l’Empire, et elle créera ici un véritable .sentiment national.” Il développe "es arguments, déjà maintes fois employés par les orateurs de la gauche et remarque que si nous nous fussions conduits, au temps de la guerre sud-africaine, comme M.Borden veul que nous nous conduisions aujour-, d'hui, — en envoyant de l’argent à la métropole, et non pas des hommes, — il ne nous en serait échu aucune gloire.Quant à lui, il veut un appel au peuple, sur cette question navale, mais pas de blébiscite.“M.Bord en a exigé l’appel au peuple sur la réciprocité, affaire purement économique, pourquoi ne nous le donnerait-il pas, sur la question navale, autrement plus importante, dans ses conséquences, que le traité Taft-Fielding ?” demande-t-il à la Chambra PALLET DU SOIR RECONSTITUTION.Puis il déclare, tout comme le docteur Clark, M.Martin, de Régina, et deux ou trois autres opposition ni s Les, que personne, ou presque personne, dans POuest, qu’il soit Irlandais, Ecossais, Anglais, Américain ou Canadien-français, ne veut de la marine, — pas plus que Québec, du reste, — et ceci, en réponse à M.Guilbault, de Joliette, qui l’interrompt.11 déclare aussi catégoriquement que seul un appel au peuple, après remaniement des circonscriptions électorales, peut trancher la question.“A l’heure présente, dit-il, et d’après le dernier recensement, l’Ouest, au lieu d’avoir 35 députés, devrait en avoir 59.Qu’on les lui donne d’abord, puis que Ton consulte le peuple.La Colombie a un député par 50,-000 électeurs, l’Alberta, un par 53,000, la Saskatchewan, un par 49,000, le Manitoba, un par 45,000, l’Ontario, un par 29,300, le Québec, un par 30,-,810, le Nouveau-Brunswick, un par 27,000, la Nouvelle-Ecosse, un par 27,352, ITle-du-Prince-Edouard, un par 23,432, dans le parlement actuel.La moyenne de la représentation, pour les provinces de l’Ouest, est d’un député pour 49,739, et pour celles de l’Est, d’un député pour 29,376 électeurs.Un député de l’Ouest représente donc 20,000 électeurs de plus qu’un député de l’Est.Ceci n’est pa* juste.11 faut faire le remaniement au plus tôt.M.Bordan, du reste, a promis, dans sa tournée de l’Ouest, en 1911, qu’il ferait le remaniement dès qu’il arriver ait au pouvoir.Il y est, qu’il tienne sa promesse et s’exécute tout de suite.” M.Borden se lève.“Je ne me rappelle pas avoir fait de telle promesse, pendant cette tournée.Que M.Turriff m’en dise donc la date précise,” demande-t-il du ton d’un homme certain de son affaire.M.Turriff cite Castell Hopkins, — le Canadian Annuel’ Review.1911),— qui dit que M.Borden, à Melville, Saskatchewan, a déclaré que M.Laurier devrait faire le remaniement avant de forcer le parlement à adopter le bill de la réciprocité.Et, comme la droite remarque : “Mais ça n’est pas la question !” il ajoute que plusieurs de ses électeurs, à Estevan et à Wayburn, sc rappellent le* promesses de M.Borden relatives au remaniement.Puis il conclut par ces parole* : “Engager le Canada dans une politique absolument nouvelle, le lancer dans la voie des contributions, sans le consulter, ce ne serait pas juste.Et ce ne serait pas juste non plus de le consulter alors que les député* ne représentent pas exactement le même nombre d’électeurs.Remaniez donc les collèges électoraux, puis soumettez votre projet de la loi au peuple, dans des élections générales, avant de le faire approuver par les députés et les sénateurs !” « 4» • M.German, un libéral aussi, parle dans le même sens que M.Turriff.C’est le second discours qu’il prononce sur la question navale.Il a fait le premier en décembre dernier, le soir où, comme les banquettes ministérielles étaient désertes, M.Graham s’écriait, en un plaisant jeu de mots: “It is a German scare !” M.German insiste sur la nécessité d’un remaniement des comtés et d’un appel au peuple sur la question navale.“A l’heure actuelle, le Manitoba, qui a dix députés, en devrait avoir quinze, la Colombie Anglaise, treize au lieu de *ept, T Alberta, douze au lieu de sept, la Saskatchewan, seize au lieu de dix.Faites disparaître cette anomalie, tâsappelez-en au peuple avant de l’engager dans une politique nouvelle !” Il développe aussi d’autres arguments contre la politique Borden.Mais comme ils ne sont, à tout prendre, que des rééditions, fort bien faites d’ailleurs, de remarques déjà faites à gauche, force nous est de les passer sous silence.Un conservateur, M.Northrop, conseille, lui, entre la gauche et la droite, un compromis d’après quoi le gouvernement s’engagerait à mettre des Canadiens à bord de sc* trois supersdradnoughts, à mesure qu’il en trouverait.Il exprime aussi l’avis que, à Theure actuelle, la guerre existe déjà entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne, guerre diplomatique, conduite par les chancelleries, si l’on veut, mais guerre tout de même, et prélude certain d’un engagement fatal, à brève échéance, entre les deux grandes nations, qui s’affronteront dans la Mer du Nord.Comme M.Northrop fut le premier orateur ministériel à rompre le silence sur la question navale, depuis deux ou trois seamines, à part le premier-ministre ,1a gauche Ta applaudi moqueusement, quand il s’est levé pour parler.M.Cgrvell, un député libéral du Nouveau-Brunswick, et l’un des bons ora-tours oppositionnistes, a commencé son discours vers les onze heures et l’a interrompu lors de l’ajournement, pour le continuer demain, semble-t-il.Nous reviendrons sur son argumentation.* * * Le discours le plus remarqué de la journée, sur la politique Borden, est sans contredit celui de M.Weichel, un industriel, député du comté de Waterloo-Nord, et conservateur.M.Weichel a défait M.Mackenzie King, le ministre du travail du cabinet Laurier, en 1911.M.Weichel a ceci de particulier que, député d’un comté où 90 pour cent des électeurs sont d’origine allemande, il a lui-même du sang allemand dans les .veines; il en est, très-fier.Comme la politique Borden vise,—et les déclarations du ministère ne font aucun mystère à ce sujet,—surtout la marine allemande, M.Weichel était dans une position singulièrement délicate, tant à Tégard de ses électeurs qu’à l’endroit du “Vaderland”.Aussi son discours, bref, a-t-il été écouté avec une attention notable, par la gauche tout comme par la droite.M.Laurier lui-même a tourné son fauteuil vers le député d’origine allemande et n’a pas perdu un mot de ses déclarations.A maintes reprises, la gauche a même applaudi,—et M.Laurier tout le premier,—la harangue de M.Weichel.Pacifiste convaincu, partisan de l’arbitrage universel, il voudrait que sa théorie prédominât.Mais comme il n’y voit, pour Theure, qu’un rêve dont l’accomplissement tardera longtemps, il croit que la Grande-Bretagne doit s’assurer la suprématie navale.Concilier ces deux thèses était passablement difficile.Il n’y a pas (SUITE A LA 2ème PACE) Une vieille demoiselle confiante et proprette se présentait l'autre jour au Rockefeller Institute, à New-York.Introduite dans le cabinet directorial, elle dit au docteur Swift:—Je connais toutes les merveilles que vous accomplissez .Et je voudrais me faire poser une cervelle neuve.Le directeur appela aussitôt des gardes d’une maison de santé voisine, qui vinrent cueillir la vieille demoiselle.Voilà où conduit la foi illimitée en la science.Mais cette aventure pourrait aussi bien être le dénouement d’un conte écrit ‘‘pour faire enrager les gens graves.” Essayons un peu de reconstituer l’histoire de la vieille demoiselle.En somme, ce qui la perd aujourd’hui, c’est un excès de franchise.Beaucoup de gens que vous connaissez, et qui éprouvent le même besoin que la vieille demoiselle, ne l’avouent à personne, ne se l'a vouent même pas; alors, on les laisse bien tranquilles.Du fait qu’ils ne réclament pas une cervelle neuve on infère que la leur est encore bonne.Leur discrétion, ou leur hypocrisie, les sauve.Sa franchise perdit donc la vieille demoiselle.Quand elle était jeune—elle a en vingt ans comme vous et moi.(Air connu) : Nous avons tous eu vingt ans.— Jeune, elle connut sans doute des prétendants ; Sur le Pont d’Avignon.Parce que les sept nationalistes restés fidèles à leur parole ont refusé de voter l’amendement trape-niguads de M.Verviile, le Canada crie qu’ils ne veulent plus de consultation populaire.Il devrait au moins ajouter que c’est son chef.Sir W.Laurier, qui s’est opposé à ce que l’orateur mette aux voix la motion qui comportait la véritable consultation populaire.On parlait récemment d’une découverte qui permettait de photographier la pensée d’un quelqu’un.C’eût été amusant de voir le dedans de la tète de MM.Pelletier, Coderre et Nantel au moment du vote sur la question navale.L'Evénement se scandalisait l’autre jour de la motion Mondou dont le seul effet, disait-il, devait être d’aigrir nos compatriotes anglais.Que pense-t-il de son propre raisonnement dont le Globe se scandalise à son tour et qu’il dénonce à ses lecteurs anglais?# # * D’après la tradition un prisonnier parlementaire a te droit d’inviter douze convives à dîner avec lui chaque jour.Si M.Miller, garde dans la tour parce qu’il refuse de dire à qui il a payé 841,000 pour avoir un contrat de 8117,000, s’avisait d’inviter tous ceux qui ont été obligés de payer la barrière, combien de temps faudrait-il pour épuiser la liste?Sc * * M.Caron, ministre de la voirie provinciale, a-t-il trop d’occupations pour nous dire si la lettre, de menace qu’on lui attribue est authentique ou non?La presse d’Ontario fait campagne contre le déploiement de galons et de costumes de Cour auquel l’ouverture de la législature d’On-! tario a donné lieu.Pourquoi?Un j pays qui sauve l’Empire et assure la paix du monde n’a-t-il pas quelque raison d’afficher sa vanité?Le journal qu’on achète le plus, le journal le plus épais, le journal le mieux renseigné, le grand journal des Canadiens-français, le seul journal d’Amérique qui ait un contrat avec un prince, publiait lund les portraits du président passé e 1 du président actuel de la France, en médaillon sur un vaste édifice que l’on désignait comme la résidence officielle du chef de la République: “le grand Palais des Champs Elysés.’ 5 Or le grand Palais des Champs Elysés, c’est un édifice qui reçoit bien parfois le Président, lorsqu’il va par exemple, présider une exposition de quelque importance, mais ce n’est pas là que loge le chef de l’Etat.L’erreur est cependant excusable, attendu que lorsque le prince de la Presse fit son tour du monde, hv grand Palais des Champs Elysés n’existait pas.Le Veilleur, BRUNO NANTEt CONTRE M.BORbEN L’IMPERIALISME, C’EST L’ENNEMI DU CANADA ET DE L’EMPIRE | “LE GOUVERNEMENT DES COLONIES, AVEC LEURS DREADNOUGHTS, AUTOUR DE L’ANGLETERRE, SERA UN DEFI POUR LES AUTRES NATIONS LA CONSTITUTION NE NOUS PERMET PAS DE “CREER UN SERVICE NAVAL POUR LA DEFENSE DE L’ANGLETERRE” “Et le malheur, c’est que la province de Québec a envoyé ici, à Ottawa., tro» peu de vrai anti-impérialistes de ce côté-ci de la Chambre, pour faire échec aux impérialistes outrés”.—“Nous tenons plus aux principes qu’à l'opportunisme” AINSI PARLE M.NANTEL.LE 2 MARS 191C M.Nantel commençant à justifier la politique ministérielle et sa propre volte-face sur la question navale, on ne lira pas sans intérêt ce qu’il disait (i la Chambre des Communes, le 2 mars 1910.Les chiffres entre crochets indiquent flo page du compte rendu des Débats, (version française,) d’où sont extraites nos citations.La "proposition en amendement” dont partait M.Nantel était celle de M.Borden.Un fait assez piquant, c’est d’entendre sans ct*sc évoquer la mémoire de Cartier.En voilà un, vraiment, qui a gagné beaucoup à mourir pour faire dire du bien de lui.Cartier était un politique à vue longue.Il a doté son pays de grandes choses qui dureront.Mais sous le rapport de la défense, —- je défie les adversaires de me contredire — quand • j’affirme que Cartier n’a jamais eu d’autre chose en vue dans .sa législation militaire, que lu défense du Canada, son pays, ses amours.[4796J Pour moi, la défense nationale, c’est la défense du Canada.Je suis sujet britannique cl j’en suis fier.Je suis Canadien et j’en suis doublement fier.Le Canada fait partie de l’Empire, mais dans l’Empire, chaque partie a son rôle spécialement assigné, et ce rôle, pour le Canada, c’est la 'défense du foyer, la défense de la patrie, pour la patrie et pour l’Empire, et la patrie pour moi, c’est le Canada.[4797J mMS su franchise les indisposa si ,|c voterai contre ie projet de loi, parce qu’il comporte l’admission bien qu'ils abdiquèrent les ans après de Ti m péri ai i sine militaire, parce qu’il tend à en faire inscrire le priâtes antres.Son incompétence à ' c‘Pe dans nos statuts.Je voterai «couIre la proposition en amendement, 7.- , ,, parce qu’elle comporte ie même principe, et que je n’admets pas que la n entu ht rendu tnsupportablel^^.^ soil un cas d’urimee.14Î97] dans ions les salons où l’on cause.| .Personnellement, je crois que la politique à suivre, pour le Canada est, pour longtemps encore, celle qui a été suivie depuis 1863, admise par le* hommes d’Etat anglais et canadiens, teis que MM.Gladstone, Disraeli, Salisbury, SandfieM, Macdonald, Cartier, John A.Macdonald, Blake, Mackenzie, jusqu’aux jours de Chamberlain, et qui se résume à Elle travailla.Son inhabileté ci feindre lui attira la malveillance de ses compagnes de bureau et lui rendit, à la pension, la vie impossible.Elle se claquemura dans une chambre et entreprit des ouvrages de couture.Mais clic avait une façon tellement précise d’apprécier la taille de ses clientes qu’elle n’en revit plus une.Ultime espoir, elle se rabattit sur les fondions de demoiselle de compagnie.Agréée dans une bonne maison, elle sut déplaire, grâce à son insupportable franchise, dès le premier jour.Et, chassée de partout, désabusée, défraîchie, devenue vieille demoiselle, elle fit sur sa vie un clairvoyant retour.Pourquoi échouait-elle partout, où les autres réussissaient?Parce qu’elle avait une façon différente, de voir gens et choses.Son cerveau n’était donc pas fait comme celui des autres.A propos, elle se rappela sans doute que, tout récemment, au Rockefeller Institule, on prétendait avoir installé sous un crâne d’homme une cervelle de chien.Elle y courut, fit allusion à cette remarquable opération, et sc commanda une cervelle, comme un autre eût fait au restaurant.Le docteur Swift, en proie à une inexplicable distraction, ne comprit pas.Et il la fit interner.Dans la maison de santé où elle habitera désormais, son insurmontable francise ne l’empêchera peut-être pas de vivre en repos.Elle pourra même y goûter quelque bonheur si elle sait se rendre compte de son utilité sociale.Les personnes de son espèce sont indispensables au bon renom de la société, parce qu’elles perpétuent les asiles d'aliénés, et que les asiles d’aliénés —assurait Alphonse Karr — ont été crées afin de faire croire que ceux que Ton n’y enferme pas sont des gens d’esprit.Léon LORRAIN.MgrLEGAL La nomination de Monseigneur Légal, évêque de Saint-Albert, à Tarchevêché d’Edmoriton, implique la création d’une nouvelle province ecclésiastique dans l’Ouest.La province de Saint-Boniface comprendra Saint-Boniface, Régina, Prince-Albert et le vicariat apostolique du Keewatin.Le nouvel archevêque d’Edmon-tn aura juridiction sur le nouveau diocèse de Calgary (dont le titulaire n’est pas encore nommé) et sur le vicariat apostolique de Mac-Kenzie.On sait que Saint-Albert est aux portes d’Edmonton : Monseigneur Légal transportera son siège dans cctie dernière ville.Le nouvel archevêque d’Edmonton est dans sa 64ième année, étant né près de Nantes, le 9 octobre 1849.Il habite le Canada depuis 1880.Il a été fait évêque de Pogla et coadjuteur de Monseigneur Grondin ,évêque de Saint-Albert en 1887.A la mort de Monseigneur Gran-din, survenue le 2 juin 1902, il devint évêque en titre de Saint-Albert.Avant de se consacrer aux missions de l’Ouest.Monseigneur Legal s’était livré à l’enseignement dans un collège de France.LE “ DROIT ” On annonce la publication prochaine (dans les premiers jours de mars) d’un nouveau journal quotidien français, le Droit, qui paraîtra à Ottawa sous les auspices du Syndical d'Oeuvres sociales.Le Droit s’intéressera particulièrement au sort et à l’avenir de nos compatriotes de l’Ontario.1! s'affirme indépendant des partis.Nous lui souhaitons de tout coeur prospérité et succès.a défense du territoire, à la défense de l’Empire en territoire canadien, de manière à décharger entièrement de ce trouble et de ce souci la mère patrie.[4798] Tant et aussi longtemps que les colonies n’auront pas voix au chapitre, dans ie conseil de l’Empire, qui décide de la paix et de la guerre, tout système de faire participer lus colonies à la défense générale et aux guerres
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