Le devoir, 13 mars 1913, jeudi 13 mars 1913
VOLUME IV—No.60 MONTREAL, JEUDI 13 MARS, 1913 UN SCU LE NUMERO ABONNEMENTS: Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UMIS .„•«.*3.00 ÜNION POSTALE .*6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA .«*«»« .• » .$1.00 ETATS-UNIS .» « » * « , *1.50 0 N ION POSTALE .i*« .*2.00 DEVOIR Rédaction et Admini^rationi 71 • RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TELEPHONES : ADMINISTRATION: Mais 7464 REDACTION: Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! Le plat de l'Amirauté Les deux derniers mémoires de l’Amirauté ont produit, dans la parlote d’Ottawa, l’effet de la classique poignée de noix jetée à la troupe de singes dressés.Les ouistiStis bleus dansent de joie.Par contre, les chimpanzés rouges hurlent et trépignent de colère: ils trouvent les noix piquantes et l’amaode d’autiant piu*, coriace que le plat leur est servi par ces mêmes politiciens anglais dont ils se firent les valets avec une si constante servilité, pendant, les dernières années de leur règne.Dès que MM.Laurier et IBorden eurent pondu et couvé d’un commun accord la proposition d'îasservissement du 29 mars 1909, le ministère libéral se mit en mesure de la mettre à exécution.On dépêcha à Londres l’ex-nationaliste sir Frederick Borden et l’ancien anarchiste Brodeur, pour prendre les ordres de l’Amirauté.Ces deux néophytes de l’impérialisme, comme tous les transfuges, rivalisèrent de zèle impérial.Us expliquèrent aux ministres anglais “en quoi ils désiraient l’avis de l’Amirauté relativement aux mesures de défense naVale que l’on pourrait considérer compatibles avec la résolution adoptée par le parlement Canadien le 29 mars 1909 (1)-” Us reconnurent “qu’en temps de guerre, les forces navales locales devraient être sous la direction générale de l’Amirauté (2).” Us revinrent à Ottawa, aussi glorieux que l’âne chargé de reliques, portant sur leurs épaules le projet de loi navale préparé à Londres par les experts de l'Amirauté.Ce projet, les ministres libéraux voulaient l’imposer sans discussion à tout le monde.Aux torys et aux impérialistes qui réclamaient davantage, ils répondaient: “Taisez-vous! l’AMIRAUTE a parlé! Nous exécutons les ordres de l’Amirauté; nous nous rendons aux désirs de l’Amirauté.” Aux nationalistes qui protestaient, ils ripostaient avec indignation: “Silence, fauteurs de discordes! La mère-patrie réclame notre secours, le peuple canadien est unanime à reconnaître que c’est notre devoir de l’aider; et pour accomplir ce devoir nous suivons les conseils de la seule autorité compétente, l’AMIRAUTE anglaise.” Après leur dégringolade, ils ne cessèrent de se lamenter sur les dangers de la prétendue alliance tory-nationaliste — “allianc*e initie” qui empêchait le ministère de se rendre aux désirs de l’Amirauté.“A quoi bon, s’écriaient-ils, consulter de nouveau l’Amirauté?Elle nous a parlé, à nous; elle nous a dit ce que le Canada doit faire; notre politique est la seule qu’elle approuve.” En proposant sa motion à l’encontre de la proposition ministérielle, le 12 décembre dernier, M.Laurier prit grand soin de la baser sur le même mémoire de l’Amirauté invoqué par M.Borden.Il approuva le vote des trente-cinq millions; il se déclara prêt à en donner “deux, trois, quatre fois autant.” Tout ce qu’il reprocha au ministère, ce fut de ne pas adopter immédiatement une politique permanente pour remédier à ! la situation décrite dans le mémoire de l’Amirauté.Enfin, le trois mars, le leader de l’opposition faisait proposer par l’un de ses sous-ordres une motion réitérant la volonté du parti libéral de voter les trente-cinq millions et de les dépenser “de la manière suggérée par l’Amirauté britannique aux conférences impériales de 1907 et de 190'» ” Notez biep qu’en 1907, M.Laurier avait repoussé carrément les suggestions de l’Amirauté et s’en était fait un titre à la confiance des antiimpérialistes, axix élections de 1908.* • • En résumé, depuis quatre ans, les deux partis ont passé leur temps à rivaliser de zèle pour obéir à l’Amirauté.Agenouillés au pied du dieu de l’Empire, c’était à qui des deux groupes d’adorateurs ferait les plongeons les plus révérencieux et adresserait à l’idole les oraisons jaculatoires les plus ferventes.La situation ne manquait pas que d’être embarrassante pour les gouvernants impériaux.Us ont cherché à se tirer d’affaire suivant leur méthode traditionnelle.Tant que les libéraux ont eu le dessus, les ministres britanniques ont joué dans leurs mains.Aujourd’hui que les torys semblent les plus forts, les dieux de l’Olympe tournent leur face auguste de leur côté; et à leurs adorateurs d’hier, ils montrent____l’autre face.C’est mortifiant pour les libéraux, c’est sûr; mais de quoi se plaignent-ils?Voici quatre ans qu’ils se tiennent aux pieds de l’Amirauté dans la posture d’Alberoni devant la chaise percée du duc de Vendôme.Us attrapent ce qu’ils ont cherché.D’autre part, en dépit du coup de matraque qu’ils viennent de porter à leurs adversaires, les ministériels ne sont pas en très bonne posture.Depuis un an et demi qu’ils parlent de Sauver l’Empire, ils n’ont guère accompli de progrès.Et il se pourrait fort bien qu’en appelant à leur aide les ministres britanniques, ils jouent à leurs alliés un très mauvais tour.En somme, M.Borden rend les autorités impériales solidaires d’une mesure de parti, violemment controversée.Il fait d’un membre du cabinet britannique l’arbitre d’un problème canadien, qui relève exclusivement du parlement et du peuple du Canada.Pense-t-il que le prestige du gouvernement impérial et l'unité de l’Empire vont sortir fortifiés et grandis de cette bataille de chiens?Notez bien que je ne fais nul reproche à M.Borden d'avoir appelé des autorités impériales à son aide, ni à M.Churchill d’avoir répondu à l’appel.Cet incident justifie trop complètement la thèse nationaliste et les arguments dont nous l’avons appuyée, pour ne pas nous en réjouir.Nous n’avons cessé de prédire que toute cette politique de faux dévouement à la métropole entraînerait des conflits graves et aboutirait éventuellement à la dissolution de l’Empire.Il y a quelques semaines, je disais à Boston qu’au fond, et en dépit de la différence des procédés et des circonstances, le problème qui se pose aujourd’hui au Canada, est le même que celui qui entraîna la révolte des colonies américaines.Les gazettes libérales firent chorus avec les feuilles jingoes pour me vouer aux gémonies.L’un des scribes masqués qui font l’article rouge dans le Soleil ou le Canada affirma sans rire que ces paroles séditieuses n’avaient d’autre objet que de consommer la ruine de sir Wilfrid Laurier, à qui les jingos font porter le poids des dévergondages nationalistes.Or, voici que la députation libérale furieuse reprend ma thèse en l’accentuant.M.Emmerson après M.Neely, M.Neely après M.Turriff, lâchent l’Empire, la “loyauté” et tout le bataclan impérialiste ; ils en-g.lent proprement le premier lord de l’Amirauté et lui prédisent le sort de lord North et de Grenville.C’est la séparation, c’eut la révolte, c’est l’indépendance! # * * Sans doute, il faut faire la part du dépit et de la colère.C’est un lourd pavé que le ministre britannique, membre d’un cabinet libéral, vient de lancer à la tête de ses anciens alliés.Mais il n’en reste pas moins vrai que cette fameuse question navale, sur laquelle devait sc faire ’u-nion de tous les partis sauf, évidemment, ces maudits nationalistes, éternels fauteurs de discorde — est non seulement devenue l’objet dé la plus violente dispute qui ait divisé depuis longtemps le parlement canadien: elle met tout un parti aux prises avec les autorités impériales ; elle suscite de la part de gens qui nous taxaient tout récemment de sédition, les paroles les plus menaçantes que les autorités britanniques aient entendues au Canada depuis un demi-siècle.Or, cette situation est la conséquence inévitable du principe faux posé par les deux partis lors de la guerre d’Afrique, en 1899, et affirmé de nouveau dans le voeu du 29 mars 1909.Et cette •situation se répétera chaque fois que le parlement canadien, sortant de la voie que lui ont tracée la Constitution canadienne et la sage tradition britannique, s’aventurera sur le terrain de la politique impériale et voudra prendre part aux armements impériaux.Sur ce terrain, les ministres britanniques exercent une autorité absolue.Cette autorité, ils n’entendent nullement la partager: M.Asquith l’a «signifié sans ambages à M.Laurier, en 1911, M.Harcourt l’a répété non moins clairement à M.Borden, cet hiver même.Tant que le Canada acceptera cotte tutelle et chaque fois que, sortant de sa sphère coloniale, 11 voudra s’immiscer dans le domaine de la politique impériale, il devra, en fin de compte, recourir aux lumières des maîtres de l’Empire, seuls responsables de son gouvernement et de ses relations intérieure* et extérieures.Prétendre vouloir Sauver l’Empire malgré ceux qui le gouvernent ou l’aider autrement qu’ils ne le veulent, c’est ridicule et fort intempestif.Chftqui fois que les partis canadiens se diviseront sur la Solution à donner aux problème* impériaux qui ne les regardent nullement, —: ou encore lorsqu’un parti voudra faire de la politique impériale et que l’autre s’y opposera — ils mettront le gouvernement britannique dans l’obligation fort ennuyeuse de se constituer l’arbitre suprême des partis canadiens et de déclarer laquelle des mesures proposée* ils préfèrent ou jugent meilleure pour l’Empire.Si les ministres anglais veulent rester neutres ou rendre des jugements de Salomon, ils mécontenteront tout le monde et se verront accuser d’indifférence et de dédain à l’endroit de la “loyale” colonie.Si, comme M.Churchill aujourd’hui, il* donnent nettement raison à un parti, ce parti portera le poids odieux du patronage impérial et l’autre faction fera rage contre le gouvernement britannique.Il ne faudrait pas un grand nombre d’expériences de ce genre pour porter à l’unité de l’Empire des coups autrement redoutables que les torpilles allemandes ou la “guerre civile” suscitée par les nationalistes.Henri BOURASSA.LA FREQUENTATION SCOLAIRE Comment a été faite l’enquête du Cercle Pie X.— Une lettre d cisive de M.Arthur Saint-Pierre.BILLET DV SOIR Montréal, 11 mars 1913.M.Orner Héroux, Le Devoir, Montréal.Cher monsieur, Une feuille hebdomadaire de Montréal s’est occupée dimanche dernier de l’enquête scolaire entreprise par l’Association Catholique de la Jeunesse Canadienne-françai-se dans toute la province de Québec, et de celle, plus modeste, menée à bonne fin par le groupe Pie X, de la même association, dans la paroisse de l’Immaculéc Conception.Ces deux enquêtes, évidemment,enjiuientbeaucoup les personnages qui travaillent si laborieusement depuis quelques années, à créer autour de la situation scolaire dans notre province, l’odieuse légende que l’on sait.Aussi s’efforcent-ils d’en affaiblir d’avance, à coups d’insinuations et de mensonges, la valeur et la portée.On commence d’abord par donner à entendre que les personnes à qui le questionnaire a été adressé, seront trop malhonnêtes ou trop lâches pour dire toute la vérité; à moins qu’elles ne, soient pas assez intelligentes pour la voir.Puis.mais il faut citer: “Il est évident, écrit-on, que l'on découvre exactement ce que l’on veut découvrir avec des enquêtes ue ce genre.On décidé de visiter les écoles à trois dates fixées d’avance et comme évidemment les autorités de l’école sont au courant du fait et qu'elles tiennent à avoir la meilleure note possible, la veille et durant toute la semaine précédente on avertit les enfants qu’il faudra venir sans faute pour tel jour.Ce jour venu, les cadres sont presque au complet et c’est là-dessus qu’on établit une présence moyenne."Je n’irai certes pas jusqu’à dire que c’est ce qui a été fait dans le cas de l’enquête du Cercle Pie X, mais je dois dire que les chiffres seraient plus convaincants si c’étaient les chiffres officiels extraits des livres de ces écoles.” L’insinuation est d’autant plus malhonnête que son auteur affecte ailleurs un ton plus bienveillant à l’égard de l’Association Catholique de la Jeunesse Canadienne-françai-se, et promet son entier concours à l’enquête qu’elle a commencée, J’affirme sur l’honneur que les statistiques de l’enquête du groupe Pie X, sont extraites des livres des écoles de la paroisse de l’Immaeu-lée Conception, et que ni les maîtres, ni les élèves n’ont été prévenus que nous allions faire une enquête sur la fréquentation dans leurs écoles.Nous avons fait notre enquête en décembre, et nous l’avons fait porter sur trois dates, prises au hasard, dans les mois de septembre, octobre et novembre.L’A.C.J.C.procède de la même façon : son enquête dont l’annonce et les questionnaires n’ont été dislfibués qu’en mars, porte sur les mois de septembre, octobre, novembre, décembre, janvier et février.Voilà pour les institutions.Voici maintenant un mensonge bien caractérisé.Vous aviez écrit dans voire excellent article sur notre enquête: “Si l’on fait le total des inscriptions et des absences injustifiées, pour les trois écoles et pendant les trois jouis d’enquête, on constate que le total des inscriptions est de 4.725, et celui des absences 81.— C’est-à-dire dans la proportion d.e 58 à 1.” On vous fait dire et par conséquent on nous fait dire à nous aussi, puisque vos chiffres sont les nôtres, que le nombre des absences ne s’élève qu’à deux pour cent, tandis que ce chiffre de deux pour cent que vous aviez donné d’après notre enquête, ne se rapporte qu’aux absences non-motivees.Pour essayer de donner le coup de grâce à l’enquête* du groupe Pie X, la feuille.dominicale compare, à sa manière, nos chiffres avec les chiffres officiels de la fréquentation dans les écoles de la Commission scolaire de Montréal.Refaisons cette comparaison honnêtement.J’ai sous les yeux le rapport de la Commission des Ecoles Catholiques de Montréal pour 1910-1911.A la page 34, je constate que les enfants inscrits cette année-là, étaient au nombre de 22,590, et les enfants ayant fréquenté l’école, au nombre de 19,380; soit une fréquentation par rapport à l’inscription, de 85.-79 p.c.Seulement, dans les dix mois qui constituant l’année scolaire, il arrive qu’un certain nombre d’élèves quittent l’école; les uns parce que leurs parents déménagent, les autres, parce qu’ils sont malades, ou pour d’autres raisons de force majeure.Ces élèves restent inscrits, mais il est bien évident que pour avoir Une idée juste de la présence moyenne à l’école, il ne faut plus en tenir compte, dès qu’ils ont quitté définitivement la classe.C’est pourquoi les rapports de la Commission des Ecoles Catholiques donnent une autre statistique, celle de la présence moyenne par rapport à la fréquentation.Dans le rapport que je viens de citer on voit, toujours à la page 34, qu’en 1910-1911, la présence moyenne dans les écoles de la Commission, a été de 92.71 p.c.Ces chiffres sont à peu près les mêmes que dans la paroisse de l’immaculée Conception et, loin de contredire le résultat de notre enquête, ils ne font qu’en démontrer la vraisemblance parfaite.Quant au journal qui nous a attaqués, je ne l’ai pas encore nommé, mais tout le monde l’a reconnu à ses procédés, c’est le Pays.U y aurait encore bien des choses à relever dans les deux articles que cette feuille nous consacrait dimanche dernier, car ses rédacteurs, comme ce personnage des contes de fées qui ne pouvait ouvrir la bouche pour parler sans qu’il en sorte des crapauds, ne peuvent écrire une ligne sans qu’il s’y glisse quelque malhonnêteté.Mais je me ferais scrupule d’abuser plus longuement de l’hospitalité du Devoir.Avec mes vifs remerciements, veuillez agréer l’assurance de mon entier dévouement.Arthur SAINT-PIERRE, Président du groupe Pie X de l’A.C.J.C.L’utilisation des astrei.Avertissement: Ceci n’est ni du Jules Verne, ni de l’Alphonse Allais.C’est véridique; inattaquable; c’était dans les journaux.M.Frank- Shuman, un inventeur américain, portait l’autre jour la parole à Londres, à une réunion de la Sun Power Company.Pour l'information de qui Tignorerail, la Sun Power Company a été organisée il y a quelque temps, avec un capital autorisé de trois cent mille livres, afin d’exploiter l'énergie solaire.Et M.Shuman assurait que les rayons du soleil remplaceront un jour ou l’autre le charbon comme source d’énergie mécanique.Puis il a affirmé que le.coût d’exploitation d’une usine d’énergie solaire est à peu près négligeable.Je vous vois venir.Il est des saisons où le soleil n’est pas bien fort.Alors, il y aura inévitablement, dans cette industrie, du chômage ; l’hiver sera une morte-saison.Shuman a prévu ça.L’énergie solaire, a-t-il assuré, peut s’emmagasiner Et cela vous permet d'utiliser, durant les époques de relâchement, le surplus accumulé pendant les périodes de grande activité.Et voilà.M.C.V.Boys, doué d’un louable esprit d'émulation, ajouta négligemment qu’il avait pu tirer de l’énergie des rayons lunaires.Telle est la loi du progrès.L’homme, roi de la création, se doit d’asservir tout ce qui pousse, vole, rampe, marche, nage, gît et même rayonne sur la terre.A quoi bon un soleil et une lune s’ils ne travaillent ni ne produisent?En vérité, ce ne sera pas la moindre gloire de notre siècle d’avoir industrialisé le firmament.Les esprits simples observeront que le soleil s’acquitte assez bien de sa tâche, qui consiste à mûrir les moissons.Peut-être, mais c'est là une besogne de fainéant: il n'a qu’à paraître, et elle se fait toute seule.C’est vraiment trop facile, s’est dit M.Shuman.Et désormais le soleil actionnera des machines et, nouveau Samson, fera tourner des meules.Et la lune, aussi travaillerâ.Voyez-vous cette paresseuse qui pe se lève jamais avant te soir et qui ne produit même pas sort propre éclairage! La Lune?Penh! Savez-vous à quoi ça sert, la lune?C’est tout juste bon, avec ses satanés rayons, d projeter une lumière trouble dans la cervelle des poètes et des inventeurs américains! Léon LORRAIN.LETTRE D’OTTAWA TOUJOURS ! Sur le Pont d’Avignon.(1) “Conférence Impériale, 1909”, — page 84.(2) Ibid.Ibid.DEMAIN : Le mémoire Churchill.—La seconde étape du programme, par M.Hfinri Bourassa La situation dans le Levant Les alliés balkaniques m’ont pas encore répondu à la note des puissances européennes offrant, à la requête de la Turquie, leur médiation pour le règlement du conflit oriental.Ils entendent, sans doute, poser clairement les conditions auxquelles ils consentiront à la paix et fixer la limite extrême des concessions qu'ils pourraient accorder soit à la Turquie vaincue, soit aux exigences de la politique euro’écn-ne.Ces précautions ne sont pas superflues.Le remaniement de la carte de la péninsule balkanique met en mouvement tant d’intérêts divers! Et le spectacle de l’activité déployée par les intére*sés dans les couloirs des chancelleries est tel qu’il invite à la prudence — à la méfiance, pour être plus exact.L’Autriche se montre bien1 déterminée à frustrer le Monténégro de la ville et de la province de Scutari.Elle voudrait faire de Scutari thème la capitale de l'Albanie indépendante, et In Rus-' sie paraît être entrée dans scs vues.! C'est là 1c terrain d'entente que les deux puissances ont trouvé pour; atténuer l'acuité de leurs diverged-1 ceS.Le problème albanais serait ainsi résolu de façon plutôt violente: les Monténégrins paieront Itft frais et les Serbes n’auront pas entière satisfaction.Quant aux prétentions de la Turquie, elles se trouvent formulées dans les paroles suivantes de Hak-ki pacha, délégué officieux à Londres, en vue de* négociations de paix: “Tous les Turcs patriotes, a-t-il ail, Veulent une paix honorable et durable, et il nous faut pour cela, en J brace, un territôire assurant la sécurité de Constantinople, de la mer de Marmara et des Dardanelles.“Aucune des frontières proposées jusqui’ci ne répond à ce* desiderata.Comme il semble impossible de • traiter directement avec nos adversaires, nous nous adressons aux puissances , à la réunion des ambassadeurs présidée par sir Edward Grey, persuadés que les ambassadeurs trouveront une formule pouvant servir de base à des négociations de paix, formule telle que toute discussion ultérieure se borne à une question de rédaction.“Et aloCs, connaissant d’avance toute la portée du traité préparé et défini par l'Europe, nous pourrons négocier.11 faut, notamment, que cette formule garantisse aux musulmans leurs droits religieux et autres.en un mqt.le droit de vivre, car les chrétiens ont massacré, ces derniers mois, plus de musulmans que les musulmans n’ont iamais massacré de chrétiens.“Nous n’avons pas d’intérêt à continuer la guerre; il nous est impossible de recouvrer les territoires perdus et nous voulons une oaix durable qui nous permette de devenir les amis de nos anciens ennemis.“Si les ambassadeurs trouvent une formule qui nq mette nas en danger rAsic-Mlneure et qui gantu-tlsse in sécurité de Constantinople, de la me*: 4c Marmara et des Dar- “Les libéraux gagnent une esc#r mouche à propos du bill naval”, écrit le Daily Telegraph, organe liberal anglais de Québec, à propos de là production du mémorandum Churchill.Et les libéraUx de la Chambre sont furieux de la production du même document.Evidemment, ces messieurs ne se comprennent plus, et ils feraient mieux d’aller se coucher comme disait M.Parent, le précurseur de M.Gouin! * * * Le gouvernement anglais soumettra, dit-on, un projet de loi pour abolir le principe héréditaire de la Chambre des lords.Ces messieurs d’Angleterre paraissent beaucoup plus préoccupés de leur politique intérieure que du prétendu péril allemand.* * * L orangisme d’Ontario a tenu son congrès annuel à Windsor hier.Tous ceux qui ont parlé ont, comme d’habitude, daubé les catholiques et la province de Québec, mais le plus violent comme le plus stupide a été le maire Hocken de 1 oronto._ C’est le même monsieur que la cité de Montréal recevait si généreusement il y a deux ou trois mois.La seule excuse qu’il ait, c’est d’ignorer le français et de Se hôurir de l’Oronge Sentinel.* T- 9 On remarque que l’Evénement n’a pas encore publié le compte rendu de la dernière enfrevue de M.Monk.Pour arriver au pouvoir, VEvé-nement se réclamait pourtant des principes de M.Monk.Mais il s'agit bien de principes, maintenant.danelles, non* signerons la aix.“Les dernières ’impositions que ¦nous avons faites partent de cette idée qu’Andrinople étant la porte de Constantinople, il convenait que la possession d’Andrinople ne fût une menace ni pour la Bulgarie, ni pour la Turquie; la Rnlgarie doit avoir une clef de cette porte, land is que la Turquie aüra l’autre.” On volt qde les négociations nou-vèï)e*3 sur le point d’être entamées seront encore assez épineuses.Les difficultés à résoudre pour établir l’entente entre les belligérants ne manqueront lias.En attendant, in guerre continue.Le siège d’Andrinople paraît cependant sur le point de prendre fin.L’héroïque forteresse a épuisé son effort de resistance et on s’attend à ce qu’elle tombe au pouvoir des Bulgares ces Jours-ci, Cet événement simplifierait singulièrement la tArhe des négociateurs de la paix.Uldéric TREMBLAY.Ottawa, 12.— Les rouages de l’usine parlementaire fonctionnent toujours.Les mots succèdent aux mots, et c’est une série intecmimable de discours, tous coulés dans le même moule, en ce qu’ils ont tous trait, de près ou de loin, à la question navale, et n’ont d’autre but que d’empêcher l’adoption de la clause deux.Voilà deux cents heures au moins que l’on pérore à ce propos, et personne ne peut dire quand la machine s’arrêtera.Pour sa part, M.Lafortune l’a alimentée pendant trois pauvres heures et demie; et jamais elle n’a marché dans un vide aussi parfait.« • * El tout d’abord, quelques lafortuniaiscries: c’est ce qui s’est dit de plus original, depuis lundi; aussi valent-elles d’être brièvement notées.Comme M.Lafortune, installé au pupitre de M.Laurier, ce matin, commence son discours, d’un grand geste il désigne les ministériels qui l'accueillaient en imitant les cris de toute une basse-cour, et dit: “J’ai l’honneur d’être procureur du Roi, M.le président, et je vou* dis que j’en ai rencontré, dans ma vie, des criminels, et des assassins, et je n’ai pas peur de ceux-là!” Un peu plus tard, dans un mouvement entraînant, M.Lafortune s’écrie: “Pourquoi ne pas avoir une estrade sur le Pacifique et une autre estrade sur l’Atlantique?” — “Escadre,” rectifie M.Lemieux.Et M.Lafortune, Imperturbable, recommence sa tirade, mais en remplaçant l’estrade par l’escadre.Comme il n’y a pratiquement là que des Anglais, le mot passe comme une lettre à la poste.Vers la fin de *on discours, M.Lafortune insiste pour que le gouvernement accroisse l’indemnité de* députés: “J’ai devant moi,”—désignant d’un geste le ministre de la Justice, — “un ancien juge, l’honorable ministre de la Justice, un homme capable, un homme qui a donné sa vie pour la chose judicieuse, pour le banc.Est-il assez payé?Je ne parle pas pour moi, je suis un peu à l’abri de la misère, j’ai du pain sur la planche, pour les mauvais jours.Mais je réclame à titre de justice.” Et, plus loin, comme M.Lafortune rappelle les promesses des conservateurs en 1911, quant à la loi navale Laurier, il s’exclame: “Us devaient déchirer la page de la loi navale Laurier; aussitôt entrés, ça devait se faire, ils devaient entrer à l’épouvante.” “—Hear! Hear! Good!” interrompt un ministériel.Et M.Lafortune, tourné d’un bloc vers lui, le bras tendu, dans un geste de sollicitude, déclame: “Mais, qu’est ce donc qu’il a, celui-là, est-il malade?Vou* devez avoir des médecins, parmi vous, soignez-Ie!” Et il continue: “Les députés ministériels savent bien qu'ils sont en faute.Us sont comme un homme à confesse, les mains sur la conscience, les oreille* fermées, la langue attachée.” Puis il ajoute: “Ils ont usé, pour battre Laurier, de tous les tries, les trucs, le* tracs et les trocs imaginés.” Quelques minutes avant de reprendre son fauteuil, il puise, dans une ample boite de pastilles Rowntree qu’il a *ur son bureau, quelques jujubes rafraîchissants et laisse tomber de sa bouche cette phrase lapidaire, relative au sort d’un candidat battu: “On est bien mieux chez soi, près du poêle, près d’une femme chérie et adorée, avec ses enfants propres, dans un bon lit bien fait, dans une oreiller molle.” M.Lafortune est décidément le poète du foyer! • * • MM.Béland, Borden, Pugsley, Northrup, Law, Murphy, Macdonald et Graham ont succédé, cet après-midi et ce soir, à MM.Lafortune, Clark et Turgeon, qui avaient parlé depuis le matin.Le docteur Clark a pr noncé, comme d’habitude, avec fougue, un vigoureux réquisitoire contre M.Winston Churchill; et sa qualité de British-born ne l’a pas empêché de traiter aveê, la dernière sévérité les autorités anglaises, pour leur immixtion intempestive dans les affaires du Canada.A.maintes reprise*, le Devoir a prédit quels contrecoups dangereux pour la paix de l’Empire pourrait avoir l’intrusion des autorités anglaises dans la politique canadienne.A ce point de vue, les discour* de MM.Emmerson, Neely, Clark, tout comme il y a quelque temps, l’un de ceux de M.MacLean, da Halifax, sont significatifs, et justifient les pronostics des nationalistes.Le mémoire Churchill donne Heu à un regain de protestations, et justement chez de* Anglo-catiadiens dont on ne saurait mettre le loyalisme en suspicion.Toute la journée, aujourd’hui, les orateurs libéraux ont critiqué vertement M.Churchill et l’Amirauté anglaise, M.Clark l’a fait sans y mettre de formes; M.Réland, pour sa part, s’est efforcéé de prouver, par des faits, comme le mémoire Churchill est loin de la vérité, M.Pugsley, éternellement courtois et doucereux, dit que “ce document prouve, à n’y pa* contredire, l’ignorance de relui qui Ta rédigé,” et que “n’importe quel subalterne de l’Amirauté eût pu faire mieux que cela.” M.Law, — célèbre depuis que le Niobé est allé s’évenlrer sur un rocher, au large de Yarmouth, ville sise dans la circonscription de ce député, — va plus loin, et affirme tout net que “ce mémoire est l’oeuvre d’un gratte-papier de Üowning-Street qui prend le Canada pour un pays de sauvages, et ne connaît même pas sa géographie.” M.Murphy, naturellement, ne veut pas être en reste de politesse envers M.Churchill, et lui décoche maints traits ironiques, do même que MM.Macdonald et Graham.Seuls, MM.Borden et Northrup s'avisent de prendre la défense du premier lord de l’Amirauté.A quatre heures de l’après-midi, M.Borden succède à M.Béland, et donne une brève explication à la gauche.“Je croyai* que les lettres échangées entre M.Churchill et moi devaient compléter les renseignements demandés par l’opposition, dit-il.Je croyais aussi qu’il était de mon devoir de m’informer, auprès de l'Amirauté anglaise, celte organisation splendide, qui n’a pas de supérieure au monde, comme corps d’experts, de la possibilité de construire une marine canadienne.Je l’ai fait en toute conscience, et de la meilleure foi du monde.J’ai obtenu ces renseignements, je les ai donnés de bonne foi, sans nulle tendance ni sans aucun but politique, à la simple fin de jeter du jour sur la situation.Et M, Churchill n’a fait, lui aus*i, que son devoir, en me donnant des renseignements impartiaux et complets.Il ne pouvait agir autrement, et je n’ai qu’à signaler la manière juste, impartiale et sincèfé dont il s’est rendu à ma demande d’information.” A quoi M.Pugsley riposte, avec calme: “M.Churchill ignore tout des conditions et du sentiment Canadiens, Il a profondément irrité et blessé celui-ci.Son mémoire ne prouve que Tignorattce du rédacteur; et le premier venu, dans les bureaux de l’Amirauté, eût pu écrire ce que nous écrit M.Churchill.II prête manifestement son concours à M.Borden pour combattre le projet d’iule marine canadienne.Et son mémoire démontre Sans équivoque que l'Amirauté est de mèche avec M.Borden pour faire payer tribut au Canada.” M, Northrup, d’habitude fort compassé, et qui se remue tout d’une pièce, a quelque peu perdu la tramontane, depuis la lecture théâtrale du mémoire Churchill, avant-hier soir.En cette occurrence, il devenait Soudain bruyant et d’un érterVement tel que le président du comité dût lui conseiller un peu de calme.Aujourd’hui, il affirme que le Canada n’a pas de riveurs capables de river les plaques de blindage et les tôles des navires de guerre.A quoi l'un des orateurs oppositionnistes, au Courant des travaux de construction marilime, lui explique que le rivetage se fait aujourd’hui à l’aide de machines à air comprimé.Ceci, pour employer une expression populaire, rive son clou à M.Northrup, et proprement.On ne l'entend plus du reste de la journée.M.Laurier n’a pas encore paru à la Chambre, aujourd’hui.Il y a plus de quarante-huit heures qu’il n’y est venu.Un peu de bronchite le retient chez lui, disent ses lieutenants.La droite persiste à croire, elle, que le chef de l’opposition étudie quelque moyen de discréditer le mémoire Churchill, et de remettre la gauche en meilleure situation.Peut-être, tout simplement, sc remet-il de son indisposition passagère, sans toutefois s’interdire de méditer un peu sur la portée véritable de ce Communiqué de PAmirautê.Il n’est pas impossible, du reste, qu’il nous en donne son impression, au cours des prochaines vingt-quatre heures, et, à coup sûr, d’hui ô la fin de la séance.Demain après-rtlidi, à trois heures, l’affaire d’ÎIochelaga interrompra pour un temps le débat sur la question navale.On ne prévoit pas que eéci doive prendre plus d’une heure.M.Coderre est de retour, et déterminé, disent ses amis, à faire face à la musique, que les ministériels traitent de tentative de chantage politique.Il y a soixante heures que la seconde séance d’une ‘semaine de durée probable cotttmehçait.Aux six cents colonnes des débats de la semaine dernière, trois cents «titres se sont ajoutées, depui* hindi.Demain malin, la millième colonne s’alignera, dans l’atelier d’imprimerie du Ifavsdtd.Et ce n'est pas fini.Que ne Se trouve-t-il un bienfaiteur de l’humanité souffrante pour injecter savamment le bneille du tétanos à nos parlementaire*?Ils ne pourraient plus ensuite ouvrir les mâchoires; et, de la sorte, la crise politique prendrait fin.Aux grands maux les grand* remèdes, fussent-ils du dernier énergique! Georges PELLETIER. ft LE OEVOIk, MONTREAL, JECl)I, 13 MARS IflKl, VOL.IV.— No.GO.LA TUBERCULOSE UN RIVAL POUR LE ^ DOCTEUR FRIEDMANN Le Dr Richer, du Sanatorium de Sainte-Agathe, dit que les découvertes du médecin allemand ne sont pas nouvelles et qu’il connaît ûn médecin dont le remède donne des résultats plus encourageants Ottawa, 13 — Le docteur P.P.Friedmann a un rival.Le docteur A.J.Richer, du sanatorium de Sainte-Agathe, dans un discours prononcé devant l’Association pour la prévention de la Tuberculose, a déclaré qu’un médecin, dont il ne peut, pour l’heure, dire le nom, a découvert un sérum dont les résultats sur les animaux et les réactions sur l’homme sont beaucoup plus marqués que ceux qu’a obtenus le docteur Friedmann.Le traitement du médecin allemand n’est pas une nouveauté.Dca conférences ont été données l’an dernier qui touchent à toutes les prétentions du docteur Friedmann.Le docteur Richer a montré deux cochons d’Inde traités par la méthode de son ami anonyme.Le premier, autrefois tuberculeux, a été guéri par une injection ; le second a reçu une injection quatre cents fois plus forte que la dose ordinaire pour montrer que le traitement est inoffensif.En réponse aux interviews, le docteur Richer déclare que ce médecin n’est pas un Canadien.D’autres travaux ont été lus.Le docteur C.J.Hastings, de Toronto, recommande la pasteurisation de tout le lait donné aux enfants.Il a déclaré que 23 à 50 pour cent des vaches canadiennes sont tuberculeu-letises.FRIEDMANN A OTTAWA Ottawa, 13 — Devant un grand nombre de médecins et d’infirmières, le docteur Friedmann a donné une démonstration de son traitement à l’Hôpital Général de la rue Water, hier.Tout n’a pas marché à la perfection pour commencer.Le docteur Friedmann avait besoin d’un stérilisateur électrique et d’un forceps ordinaire.L’hôpital n’en avait pas et il fallut envoyer chercher ces instruments.Pendant ses préparatifs, le médecin semblait nerveux et interrompait continuellement ses aides.Avant la clinique, Friedmann avait assisté à la séance d'ouverture de la convention de l’Association pour la prévention de la tuberculose.Il y fut reçu par M.Adam Beck et présenté au gouverneur-général.Il a donné les explications suivantes : "Depuis la découverte de la tuberculine, c'est un fait reconnu qu'on doit chercher dans le bacille lui-mê- i me la substance qui contient ou pro-! rluit les corps curatifs.C’est pourquoi, durant ces vingt-trois dernières années, tous les efforts de la science ont été dirigés vers l’extraction et l’isolement des éléments effectiis.Toutes les méthodes antérieures,pour I la préparation de remèdes anti-tuber-culeux, étaient fondées sur la modili-cation des bacilles toxiques virulents de la tuberculose humaine ou bovine.I En dépit de tous les efforts, personne i n’est parvenu ¦ à détruire la toxicité ! virulente de ces cultures.“Conséquemment, il est souvent ar-j rivé que les diverses tuberculines ont ! eu un effet dommageable sur le patient.De sorte qu’il fallait trouver une substance qui fût absolument in-I nocente et qui contînt toutes les pro-| prieiés spécifiques du bacille, excepté sa toxicité et sa virulence.Ce de-I vait donc être un bacille avirulent et | atoxique.Mais il restait une autre ; chose il accomplir.Il fallait trouver un bacille d’avirulence naturelle qui demeurât avirulent et atoxique dans ; les individus tuberculeux et non-tu-I berculeux.Il ressort qu’on ne pouvait | se servir que d'un bacille vivant, libre de tontes matières additionnelles, | d’une avirulence comme d’une atoxi-cité naturelle et complète."Pendant plusieurs années, j’employai des bacilles humains, rendus avirulents par une opération artificielle.Mais j’abandonnai complètement cette méthode, parce qu’elle était trop dangereuse et que les ré sultats donnaient trop peu d’encouragement.J’obtins immédiatement les résultats voulus lorsque je parvins A trouver un bacille venant d’un animal à sang froid, la tortue."Alors je m’injectai plusieurs fois.Ensuite je donnai des injections à des adultes souffrant de la tuberculose, puis à deux enfants tnbrrculeux et finalement, lorsque je m’aperçus que les effets curatifs étalent invariablement les mêmes, à des enfants pleins de santé, comme vaccin.“Car, pour enrayer, la tuberculose, il n’est pas seulement nécessaire de guérir les tuberculeux actuels, mais il faut aussi protéger les générations futures contre toute infection, en suivant la méthode vaccinale de Jenner.Jusqu’ici j’ai vacciné 350 enfants.La plupart demeuraient dans des quartiers propices à la tuberculose.Tous ces enfants sont bien aujourd’hui, tons sont, libres de symptômes scrofuleux ou tuberculeux’’.La valeur des colis postaux LA CHAMBRE DE COMMERCE DEMANDENT AU MINISTRE DES POSTES DE NE PAS LA LIMITER.CHOSES MUNICIPALES Les directeurs et les officiers de la Chambre de Commerce de Montréal se sont réunis hier après-midi en assemblée régulière.Après l’expédition des affaires de routine, on décida de former un nouveau comité, dit comité des voyageurs, dans le but de recruter des nouveaux membres parmi les hommes d’affaires de Montréal qui sont tenus de voyager presque continuellement et pour lesquels il est impossible d’assister aux assemblées régulières.Ce comité s’occupera de tenir des assemblées.spéciales pour ces membres, à des jours qui leur conviendront le mieux.M.le secrétaire communique une lettre de M.Hector Authier, agent des terres de TAbittibi.M.Authier accepte de venir donner prochainement une conférence devant les membres de la chambre.M.J.Filiatrault propose d’édicter un nouveau règlement relatif à l’assiduité des membres aux assemblées.Il propose aussi qu’on fasse des démarches auprès du ministre des postes afin d’obtenir l’abolition de la limite de §20.00 et la permission d’envoyer par îa poste des colis de n’importe quelle valeur.Ces projets sont référés à des comités spéciaux qui les étudieront sérieusement.Vers la fin de l’assemblée arriva M.Armand Chaput, retour d’un assez long voyage en Europe.M.Chaput fut l’objet d'une amicale ovation, et M.le colonel Labelle, après lui avoir souhaité la bienvenue, l’invita à donner à une date ultérieure, une conférence sur son voyage.M.Chaput accepta et on leva la séance.Les cimetières j CONFERENCE DES AUTORITES MUNICIPALES AVEC MGR L’ARCHEVEQUE DE MONTREAL.Le maire Lavallée el les commissaires accompagnés de Me Laurendeau, avocat en chef de la cité, se sont rendus hier après-midi, au palais archiépiscopal, où ils ont eu une jongue entrevue avec Monseigneur Bruchési au sujet de Téta-I blissenumt de nouveaux cimetières ' dans la cité de Montréal.Celte question a été tout d’abord ! soulevée par une demande des au-| torités religieuses du quartier Longue Pointe de construire un nouveau cimetière dans les limites de la cité.Les commissaires n’ont par conséquent pu accéder à la demande du quartier Longue Pointe.L’état de choses qui existe dans ce quartier existe également dans d’f.u-tres.La population de Montréal augmentant d’une façon si rapide, ; les cimetières seront bientôt trop i IbjJ^ts pour répondre aux besoins.! I JS®art les petits cimetières de pa-H -sse, Montréal n’a que deux grands ciiTvlièrcs, ceux de la Côte des Neiges et du Mont-Royal, tous les deux situés dans l’ouest.11 est très incommode et très dispendieux pour les gens de l’est d’avoir à traverser toute la Ville pour enterrer leurs morts.Au cours de l’entrevue d’hier, on a donc envisagé le besoin d’établir de nouveaux cimetières et comme les autorités religieuses sont principalement intéressées en cette question, les commissaires ont demandé à Monseigneur l’archevêque de vouloir bien l’étudier et de leur communiquer les suggestions qu’il jugerait bon de faire en l’occurrence.Congrès Internationaux de Gand en 1913 Le 10c Congrès International (l'Agriculture se tiendra, à Grand, Belgique, au cours de l’Exposition Universelle de cette année, du 8 au 13 juin 1013.Les agronomes, les spécialistes du monde entier s’y rencontreront pour échanger leurs vues sur les questions les plus actuelles et les plus importantes.Le Congrès de Gand aura un attrait particulier à cause de l’exposition agricole très originale, très instructive qui aura lieu dans le cadre d’un "Village Moderne” et à cause d’un nouveau •système d’excursions qui sera inauguré à ce Congrès.Les Congressistes seront aussi admis à visiter individuellement sur présentation de leur carte de membre, de nombreuses fermes, laiteries, écoles d’agri-rulture, écoles ménagères, agricoles, rtc.Un indicateur spécial sera publié dans ce but à l’usage des congressistes.A leur entrée en Belgique ils pourront se munir à celte fin d’un billet de circulation de 15 jours sur les chemins de fer belges (61 francs en première classe, 11 franc* en 2e classe, 23 francs en 3e classe).Les comptes rendus de ce Congrès seront publiés en une encyclopédie qui comprendra 6 volumes et que les souscripteurs recevront gratuitement.Le prix de la souscription est de 20 francs (environ 4 dollars), montant à payer sans délai à M.Van-dervaeren.0 LES ASSOCIATIONS DE FERMIERES Les Congrès internationaux des ASSOCIATIONS DE FERMIERES et de l’ENSEIGNEMENT MENAGER qui auront ’lieu immédiatement, après le Congrès d’Agricultu-re présenteront un intérêt tout particulier.Dans ces derniers temps Ton a rèconnu toute l’importance du rôle de la femme comme collaboratrice du fermier et comme ménagère.I! en résulte qu’il est indispensable de développer sa formation professionnelle, de cette manière Ton pieut contrbuer efficacement à enrayer l’exode rural.Au poinl de vue des réceptions, excursions, etc., les adhérents fies deux derniers Congrès jouiront des mêmes avantages que les membr.cs du Congrès international d’agriculture.On est prié d’envoyer les adhésions au Congrès des Cercles des Fermières (10 francs) à Mlle Van Aarschot, 38, rue du Pépin, Bruxelles, et les adhésions au Congrès de l’Enseignement Ménager (10 francs) à Madame Le Jeune d’Alle-geerschecke, 16 rue du Palais, Bruxelles.Des renseignements détaillés au sujet des rapports des Congrès, de l’horaire des séances et des excursions seront envoyés ultérieurement en temps opportun à tous ceux qui auront fait parvenir leur souscription.COURTES DÉPÊCHES UNE BOMBE ECLATE Rochester, N.Y., 12 — Une bombe qui a explosé au seuil d’une banque italienne a fait sauter le devant de l’édifice, ce matin, et a cassé les carreaux d’un grand nombre de maisons du voisinage.Un agent de police qui se trouvait à quelques pieds de l’endroit a été blessé.Charles Capellino, le banquier, avait reçu des lettres de la Main Noire.LA SOIF DE L’OR Skagway, Alaska, 12.— Le Dr Young, secrétaire provincial de la Colombie Anglaise, est arrivé ici aujourd’hui afin de procéder à une enquête sur la découverte de gisements aurifères à Teslin Lake.Tous les navires qui sont arrivés ici sont remplis de prospecteurs.On ne sait rien de défini concernant la valeur des nouveaux placers.La nouvelle a été ébruitée par un Indien nommé Skookum Jim.SAUVAGERIE Winnipeg, 12.— Victor Pople, âgé ! ne 23 ans, et Eva Wilüs, sa femme, ¦ âgée de 24 ans, sont accusés d’avoir assassiné je jeune enfant de Mme Willis.Le 21 décembre dernier, le corps du bébé fut trouvé dans une chaloupe allant à la dérive sur la rivière.Le cou portait des marques de strangulation.Le couple fut arrêté kqus soupçon, il y a quelques jours.Pressée par le chef de police la femme finit par faire une confession complète et se reconnut coupable d’avoir commis l’acte en question, de concert avec Pople.UNE INVENTION POUR LES NAVIRES.Londres, 13.— Une dépêche de Belfast à l’“Evening News” dit : “L’on vient de terminer sur le navire “Olympic” de la ligne White Star, l’une des plus belles inventions connues jusqu’aujourd’hui.Les architectes Harland et W’olfe ont fait construire à l’intérieur une énorme coque d’acier s’étendant de la coque à îa proue.Si le navire vient en collision, et que sa coque est éventrée, il ne coulera pas, ayant une seconde coque à l’intérieur.Les architectes de marine Harland et Wolfe croient avoir ainsi trouvé la solution des naufrages.A quand prochaine saison d’Opéra à Montréal ?LE LIEUTENANT- COLONEL MEIGHEN DONNE LES MOTIFS POUR LESQUELS IL N’Y AURA PAS DOPERA A L’AUTOMNE.therine, sont définitivement approuvé par la commission des Services d’Utilité Publique.La Ville devrait donc pouvoir demanderdes soumissions dans une couple de semaines.Les conduits seront placés sous les trottoirs des deux côtés de la rue Sainte-Catherine, de la rue Guy à la rue Papineau.Les tranchées seront profondes de 6 pieds 1-2 et larges de 3 pieds 1-2.Elles auront un revèlement de ciment, avec un fond de béton.Dans la tranchée seront déposés les tuyaux en grès par lesquels passeront les fils.Les conduits inférieurs renfermeront les fils électriques.Le réseau de la rue Sainte-Catherine comprendra les grands distributeurs.Les câbles-maîtres seront posés rue Dorchester et rue Sherbrooke.Les fils d’alimentation passeront par les rues transversales.Les conduits son! faits de manière à y admettre plus tard les fils des nouvelles compagnies qui pourront se créer.Tous les poteaux disparaîtront, il ne restera que ceux qui supportent les fils du trolley.Les lampes électriques seront supportées par des lampadaires ornés.Après la rue Sainte-Catherine viendront les rues Dorchester et Bleury, puis ce sera le tour des rues Craig, Saint-Jacques et Notre-Dame.A VENDRE OU A ECHANGER PROPRIETES à nger pour du terrain et du comptant.15 AA TERRAINS I V- l***iux grand ¦ jury et déclaré qu'après le meurtre de j Rosenthal, il payait de $50 à $150 par j mois à trois officiers de police qui protégeaient sa maison en tant qu’il ét iit fidèle à ses paiements, “ Ils ont pris tout mon urgent, a-t-il dit,et je n’ai pas l’intention de me parjurer pour les sauver ”, M.Whitman a déclaré qu’il tenait maintenant comme certain qua la po-, Hee recevait $250,000 par année do propriétaires des maisons de jeux.A VENDRE Bibliothèque à sections, 6 sections, doubla base et double sommet.Egalement grand pupitre “roll top”.Le tout $60.00.Tél.Est 1222.PROPRIETES A ECHANGER PAR D.RAYMOND 97 Saint-Jacquoa, Main 2950.£?5.Ûnn ILifcchiscm, 6 logements, finis des plus modrines.Ri» venu LO pour cent.Accepterait $5,000 comptant et des terrains bien situés.—Rue Sherbrooke, 7 logc-HPKnfcayMW ments, terrain 54 x 100 pieds coin fie rues.Prendrait terrains et 92.00O comptant.^"7 SOO Rue Esplanade, 3 logements, f près Bernard.Comptant $2000 et des terrains.p'cds de tprrain * Bencons-wWsWUw field, près , .uivT»y 19 16533028 LL DLVOIH, MONTREAL, JEUDI, 13 MARS 1913.VOL.IV.— No.60.TEMPERATURE Bulletin d’après le thermomètre de Hear & Harrison, 10-12 rue Notre-Dame-Est.R.de Mesle, gérant.Aujourd’hui maximum .43 Même date l’an dernier .34 Aujourd’hui minimum .27 Même date l’an dernier .18 BAROMETRE 8 h.matin: 30.27; 11 h.matin: 30.23; midi: 30.20.DEMAIN DOUX, PLUIE PROBABLE (Serrtea partleullar) Toronto, 13.— Le temps se maintient assez froid dans les provinces de l’Ouest.Dans l’Ontario et à l’Est il fait très doux.LE CIRQUE A OTTAWAJOHN HAGGART LES SOUMISSIONNAIRES Les députés de la gauche s’évertuent à prolonger le débat naval, et la droite les bombarde à coups de coussins et de boulettes de papier ÉPHÉMÉR1DES 13 MARS —L’abattoir de l’Ouest est détruit par le feu, avec cent cinquante bêtes à cornes.—Sir Thomas Shaugnessy quitte New-York pour une croisière de six semaines dans la Méditerranée.—Sir Wilfrid veut faire abroger la préférence avec treize nations si la réciprocité est acceptée.—La direction de l’Exposition n’est pas encore parvenue à s’entendre sur le choix d'un terrain.Mgr Bégin serait fait cardinal (Service particulier) Québec, 13.Le bruit court ici, et paraît assez sérieusement fondé, que Mgr Bégin, archevêque de Québec et actuellement en Europe, serait prochainement fait cardinal.UNE LOI DE CLOTURE Oltawa, 13.— Il csl rumeur que M.Aikens, député conservateur de Brandon, saisira la Chambre, cet après-midi, d’un projet de loi de clôture, que le ministère ferait sien.Mais on ajoute peu de foi à cette nouvelle, dans les cercles opposi-tionnistes.L’initiative de ce projet j appartiendrait plutôt au ministère I lui-même.Chambre des Communes, Ottawa, 13.—- MM.Graham, Legris, Proplx, Fortier (Lotbinière), White, (Victoria), Papineau, Hughes, (Isle Prince Edouard), Thompson, (Qu’Appelle), Cardin, Wilson, (Laval), ont parlé, de minuit, la nuit dernière, à midi, aujourd’hui.La nuit est paisible.M.Graham cite longuement les “Mocassin prints”, de M.J.C.Walsh.Il parle de dix heures et demio à deux heures quarante-cinq, et, à maintes reprises, pendant son discours, il est interrompu niaisement par le jeune F.Foster, de la Nouvelle-Ecosse, qui battit sir Frederick Borden, aux dernières élections.M.Graham finit par le mettre à sa place.Vers le milieu du discours de M.Gra ham, une nouvelle équipe de la droite entre, flute en tête, et remplace les gens fatigués qui sont là depuis quatre heures de l’après-midi.Pendant le discours de M.Loggie, salué d’applaudissements ironiques, à droite, des députés S’amusent à se bombarder à coups de coussins et de houlettes de papier, tandis que MM.Nantel et White donnent paisiblement à leurs sièges.Lorsque M.Proulx remplace M.Loggie, vers les cinq heures du matin, seul de toute ia droite, M.Nantel est éveillé.L’affaire d’Hochelaga NOUVEL AJOURNEMENT.— M.CODERRE EST TOUJOURS MALADE.(De notre correspondant) Chambre des Communes, Ottawa, —; Il est certain que l’affaire d Hochelaga ne viendra pas encore aujourd’hui à l’attention de la Chambre, car M.Coderre est encore retenu chez lui par la maladie.Il Semble que l’affaire ira à la semaine prochaine au train où on l’ajourne de jour en jour.Un roman canadien par M.René Bazin Un ami séjournant à Paris nous écrit que M.René Bazin, de l’Académie française, l’un des roman
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