Le devoir, 23 octobre 1931, vendredi 23 octobre 1931
VoL XXII — No 245 Abonnements par la poste: Edition quotidienne CANADA.$ 6.00 E.-UNIS et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE.10.00 Edition hebdomadaire CANADA.2.00 E.-UNIS et UNION POSTALE .3.00 LE DEVOIR Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! Montréal, vendredi 23 oct.(931 TROIS SOUS LE NUMERO Rédaction et administration 430 EST NOTRE-DAME MONTREAL TELEPHONE: .HArbour ’ SERVICE DE NUIT : Administration : .HArbour 1243 Rédaction : .HArbour 3679 Gérant :.HArbour 4897 Devoirs de l'Etat U Encore l’opinion du Pape - Nécessaire collaboration des individus Résumons ce chapilre très incomplel des devoirs de ITJat en disant qu’aujourd’hui plus que jamais, les pouvoirs publics doivent s’appliquer à répartir plus équitablement, entre toutes les classes de la société, les sources de la prospérité et de l’aisance.Ils doivent également faciliter la distribution à bon marché des produits naturels ou ouvrés.Ainsi que le faisait observer si justement, avant et après tant d’autres, M.l’abbé Coughlin’: le monde a traversé au cours des âges de nombreuses crises économiques; la famine a souvent ravagé, tantôt un pays, tantôt un autre; mais jamais (sauf peut-être aux derniers jours de l’Empire romain) le inonde n’a offert un spectacle comme celui qu’il présente aujourd’hui: pléthore de richesses concentrée dans quelques coffres-forts, tandis que des millions d’êtres humains ont à peine de quoi vivre; surabondance de produits de toutes sortes, que les uns ne peuvent ou ne veulent pas vendre, tandis que les autres ne peuvent pas les acheter.L’an dernier ou le précédent, alors que les oeufs se vendaient quatre-vingts sous la douzaine à Montréal, un groupe d’accapareurs en faisait détruire des milliers, afin d’empêcher la baisse des prix.On a fait de même cette année pour le coton aux Etats-Unis, pour le café au Brésil, pour le caoutchouc ailleurs.Peut-on concevoir quelque chose de plus insensé et de plus odieux?L’Etat, en tous pays, n’a-t-il pas le devoir d’intervenir pour empêcher de tels abus de la part des “dictateurs économiques” qui dominent à leur gré la vente et la distribution des vivres?Que ne s’applique-t-on, par un régime de distribution rationelle, à mettre à la portée des consommateurs indigents les produits qui s’amoncellent ici ou là?* * * Contrôle du crédit, répartition et distribution plus équitable des nécessités de la vie, voilà ce que Garland, Woodsworth, moi et quelques autres réclamions, l’an dernier, de l’Etat fédéral, au grand scandale de la plupart des parlementaires, des Canadiens français surtout.Voyons ce qu’en dit le Pape.Après avoiç parlé des “prétentions injustifiées” des capitalistes et des travailleurs socialistes ou socialisants, qui réclament, les uns et les autres, le contrôle et le profit exclusifs de la production, Pie XI ajoute: Pour empêcher que ces fausses doctrines ne fermassent à jamais les voies de la justice et de la paix, des deux côtés on avait besoin des très sautes avertissements de Notre prédécesseur: “Quo-ique divisée en propriétés privées, la terre ne laisse pas de servir à la commune utilité de tous.” Nous venons Nous-même de rappeler ce principe: c’est pour que les choses créées puissent procurer cette utilité aux hommes d'une manière sûre et bien ordonnée que la nature a elle-même institué le partage des biens par le moyen de la propriété privée.Tl importe de ne jamais perdre de vue ce principe, sous peine de s’égarer.Or, ce.n’est pas n’importe quel partage des biens et des richesses qui réalisera, aussi parfaitement du moins que le permettent les conditions humaines, l’exécution du plan divin.Les ressources que ne cessent d'accumuler les progrès de Véconomie sociale doivent donc être reparties de telle manière entre les individus et les diverses classes de la société que soit procurée celle utilité commune dont parle Léon XIII.ou, pour exprimer autrement la même pensée, que soit respecté le bien commun de la société tout entière.Iai justice sociale ne tolère pas qu'une classe empêche l’autre de participer à ces aixintages.(Document, no 3, PP- .Il importe donc d’attribuer à chacun ce qui lut revtent et de ramener aux exigences du bien commun ou aux normes de la justice sociale la distribution des ressources de ce morule, dont le flagrant contraste entre une poignée de riches et une multitude d'indigents atteste de nos jours, aux yeux de l’homme de coeur, les graves dérèglements*.Ud.p.17) ?* * Ce devoir de répartition et de distribution relève au pre-miT chef des pouvoirs publics.Est-il besoin d’ajouter qu’à lui seii- ’’Etat n’en viendrait jamais à bout?En ceci, plus peut-être.qu'en toute autre fonction, l’Etat a besoin de la coopération de toutes les activités, de toutes les bonnes volontés collectives et individuelles.Et c’est tant mieux.En pays démocratique et parlementaire surtout, il n’est pas bon, il n’est pas juste, il n’est même pas possible que l’Etat accomplisse à lui seul une telle tâche.Il a, lui aussi, besoin d’être “surveillé, stimulé, contenu, selon que le comportent les circonstances”.Au reste, les meilleures lois, la réglementation la plus rigoureuse^ sont inopérantes si l’opinion publique et les moeurs ne les soutiennent et n'en assurent l’exécution.Le “contrôle du crédit” par l’Etat ne sera efficace que si les plus intelligents et les plus consciencieux — iks s’en trouvent -parmi les hommes qui dirigent les institutions de crédit comprennent la nécessité de cette surveillance, qu’ils s’y prêtent de bonne grâce et de bonne foi, qu’au besoin ils résistent aux abus qui pourraient résulter des empiétements de l’Etat sur les initiatives individuelles et la juste liberté des collectivités particulières.Il faudrait aussi que des témoins compétents et avertis suivent de près le mouvement des affaires et renséignenj l’Etat et le public, sans violence, sans exagération, mais aussi sans réticence, sans complaisance pour les accapareurs, les faiseurs et les fraudeurs, grands ou petits.Cette équitable répartition des richesses, cette distribution plus rapide et moins dispendieuse des nécessités de la vie, l’Etat ne peut les opérer sans l’active coopération de tous: banquiers, industriels, commerçants, agriculteurs, patrons, ouvriers, producteurs, transporteurs, consommateurs.Il faut que tout le monde y mette du sien, au propre et au figuré; et que chacun commence, sans attendre Vautre, le voisin, le rival; autrement personne ne commencera.Cette “cordiale collaboration”, que le Pape appelle de tous ses voeux, no peut se produire et aboutir à des résultats tangibles et durables si elle n’est, elle aussi, “dirigée, surveillée, stimulée et” — au besoin — “contenue”.Mais comment?par qui?La difficulté n’est pas mince, dans un pays relativement neuf, immense, dont l’infime population, disparate, clairsemée, n'a pasencove compris la nécessité ni même acquis la vraie notion du devoir social, au sens large et complet du mot.Tout de même, cette difficulté n’est pas insurmontable: il faut chercher à la vaincre et chacun doit s’y appliquer de son mieux, dans la sphère où son influence peut s’exercer.C’est ce que nous tenterons de faire pour conclure cette étude à bâtons trop rompus.Henri BOURASSA i Dans ses remarquables sermons réunis et publiés sous le titre: Ru the sweat of thy brow (Détroit, 1931).Il faut lire res vigoureuses dénonciations de riniquité contemporaine à la lumière des enseignements de Rome.Billet du soir Un nouveau métier national On parle beaucoup aux Etats-Unis de rétablir la fabrication de poor cent de teneur alcoolique pour aider les agrir lenrt, soulager le chômage et r dre au fisc des revenus importai Comme, à la suite du krach 1929, bon nombre de riches s> devenus besogneux, et ne peint plus payer des prix astrrmnmia èi leur bootlegger, il est possible i I la proposition rencontre de ne I hr en se» adhésion*.Malt an har nste fait observer qu’elle n’a pas que des côtés avantageux.Depuis la prohibition, dit-il.des milliers d’Américains sc livrent à lu fabrication du home brev.Us ont placé des milliards en achats de barriques, de bouteilles, de bouchons métalliques ou autres, de houblon, de levain et de centaines d’autres accessoires nécessaires à la fabrication et ci l’embouteillage de la bière.Comment les compensera-t-on?Et si on le fait, il est difficile d’apercevoir où l’Etat trouvera du profit à légaliser la fabrication et la vente de In bière.Voilà un point.U y en- a d’autres.Des milliers d’Américains sont devenus des brasseurs et des chi-tnistes consommés.Cela a ru le bon effet de les tenir occupés.Ils sont des troglodytes dont on ne soupçonne même pas l'existence.Dès qu its jouissent d’une heure de loisir ils descendent près de leurs tonneaux et se livrent à la passion de la chimie.La crise du chômage ne les a pas affectés.Ils ne s’en sont même pas rendu compte, puisqu’ils avaienf une occupation à domicile.Le chômeur est an oisif, comme ceux-là ne sont pas oisifs, ils ne sonf pas chômeurs.Dès la modification de la loi, des milliers et des centaines de milliers de gens remonteraient des caves et apparai-Iralent dans la rue.Leur présence allongerait interminablement la liste officielle des chômeurs et mettrait en danger la structure sociale, la paix du pays et la sécurité de l'Etal.Il vaut donc mieux ne pas légaliser la fabrication de la bière et laisser à leur marotte des gens fort occupés qui ne se doutent même pas de la crise on qui ne songent qu’à s'en réjouir parce qu’elle leur fournil le loisir et la joie de se perfectionner dans iart difficile du brasseur.Paul ANGER •- mmjp i» «gpi - Bloc'notes Ils se contredisent Mercredi dernier, le Chronicle-Telegraph a fait dire à M.Taschereau, dès après le discours de M.King à London, où ce chef libéral demande une enquête sur la provenance des fonds électoraux: "Il va de soi que les partis politiques reçoit vent des souscriptions pour leurs caisses électorales.Tout le monde le sait et l’admet.Je ne crois puts cependant que les personnes ou tes comiiagnies qui versent ces souscriptions goûteraient la publicité qu’on leur ferait à ce sujet." -Ce qui voulait dire: “Ne parlons pas de cela, personne n’aimerait cela.” Le Soleil passe outre aux paroles de M.Taschereau, qu’il n’a pas lues dans le Chronicle-Telegraph, ou qu’il feint d’ignorer.Et il publie sur le sujet un article où il parle d’une affaire qu’il faut vider — c’est le titre même de l’article.Le Soleil est, avec M.King, favorable à une enquête sur la provenance des souscriptions versées aux dernières élections.Et si M.Bennett n’en veut pas, il fait mal, dit le Soleil.qui écrit: “Cette demande (de M.Kingi faite en gentilhomme par un ancien premier ministre, encore chef d’un grand parti, doit être entendue.Nous comprenons toutefois que le gouvernement Bennett soil gêné en face d’une enquête comme celle-là.Que fera M.Bennett?S’il a du counigr, il acceptera franchement et sincèrement, an risque de voir étaler au grand jour les mobiles particuliers de certaines mesures antipopulaires.Mais s’il refuse, il enlèvera par là.à lui-même et à tous ses, partisans, le droit de parler jamais de l’affaire de la Beauharnois.Tout recul de sa part sera interprète, par le pays entier, comme un aveu incriminant son propre parti.’’ Les italiques sont du Soleil.Celui-ci fait mal de ne pas lire le Chronicle-Telegraph, enenre plus d’ignorer la laconique, mais significative entrevue de M.Taschereau.Notre premier ministre québécois n’est guère plus pressé que le premier ministre fédéral, à ce que Ton sait, d’avoir l’enquête dont parle M.King.Et si le Soleil en tient ferme pour la proposition de celui-ci, il devra commencer par tenter de rallier au projet de M.King IM.Taschereau lui-même, car il ne voit pas futilité dp pareilles recherches.Elles seraient pourtant intéressantes si elles portaient sur les fonds d’élections reçus par les deux partis, de M.Swcezey et de la Beauharnois, à Québec.30,000 mots Un monsieur qui a des loisirs calcule que dans les 99 pages grand format, au dactylographe, du texte du discours prononcé à London par M.King sur cette affaire de la Beauharnois dont quantité «le ses amis eussent préféré qu’il ne parlât plus, il y avait trente mille mots, que l’orateur a mis trois heures a lire à son auditoire.Trente mille mots, r’esl la matière de tout un gros volume; et pour lire trente mille mots à un auditoire en trois heures, il faut aller â raison de 3 mots à In seconde, soit 180 mots à la minute.M.King a fait évidemment un grand effort de rédaction et de lecture à haute voix.Mais il ne semble pas avoir réussi à convaincre M.Taschereau non plus que M.Bennett de futilité de revenir sur ce scandale, ses tenants n parti, des quelques sénateurs mis en cause lors de l’enquête aurait satisfait plu* de curiosité que ces 3ft,.La Maison Ignace Bourget Une lettre d’avocat rapporte six dollars pour les pauvres Epilogue d’une partie de campagne qui avait été organisée à l oocasion de la fête d’action de grâces - Une triple souscription faite en deux versements - L’addition de $2.30 et de $2.65 donne la somme de six dollars Une lettre d’avocat est supposée coûter quelque chose - au minimum ça doit bien être cinq dollars — à celui à qui elle est adressée.Ce n’est cependant pas une règle immuable que celle qui fixe cela.Je viens en effet de recevoir une lettre d’avocat, qui non seulement ne me coûte rien, mais qui rapporte à la Maison Ignace Bourget, en bel et bon argent, une -souscription de six dollars.Il vaudrait mieux dire deux souscriptions, même trois, et pas précisément en argent sonnant, puisaye les six dollars ont été remis a la Maison Ignace Bourget sous les espèces de six billets d’un dollar du Dominion.Bien qu’il y ait réellement trois souscriptions distinctes, que ces trois souscriptions aient donné lieu à deux versements de trois dollars chacun par deux personnes différentes.il n’y « cependant qu’une seule et même entrée dams la liste des souscriptions au fonds de secours de la Maison Ignace Bemrget: Monsieur Anonyme, ffi.Voilà qui est.sinon mystérieux, du moins compliqué.Des éclaircissements s’imposent.far contre les éclaircissements que je veux donner à ce sujet n’en seraient guère si je ne reproduisais d’abord, dans ses parties essentielles, la fameuse lettre d’avocat qui ne me coûte rien et qui rapporte quelque chose à l’oeuvre de la Matepn Ignace Bourget.Monsieur Anonyme, qui est avocat, m’écrit donc: “Vous trouverez ci-inclus un état des dépenses du voyage à X.“Afin de vous éviter des frais de timbre, de lettre et de chèque, je vous serais obligé si vous vouliez verser cette somme de $2,30 à la Maison Ignace, Bourget dont vous nous parlez parfois dans le Devoir.“Je vous demanderais tout simplement de bien vouloir inscrire cette offrande au nom de Monsieur Anonyme.“J’écris aujourd’hui même à mo tre ami Z pour qu’il vous remette une somme de $2.6ô que vous voudrez bien inscrire au meme nom en faveur de la Maison Ignace Bourget." ¥ * * Le lecteur trouve -sans doute que c’est de moins en moins clair, il n’a pas tout à fait tort, mais qu’il patiente un brin.J’admets qu’on ne voit pas tout de suite comment $2.30 plus $2.fi5 peuvent produire une souscription de six dollars.L’explication de ce problème de hautes mathématiques financières ne tardera pas.Disons maintenant de quel voyage il s'agit.A l’occasion de la fête d’action de grâces, qui était un lundi, le 12 octobre, quelques amis organisèrent une petite excursion à la campagne.Ils pouvaient partir tôt le samedi matin pour ne rentrer à Montréal que tard dans la soirée du lundi.L’expédition se faisait à frais communs, autrement dit “à la Bisaillon’’.Comme la plupart des choses improvisées, cette excursion fut organisée à la diable.Autant dire tout de suite qu’il n'y avait pas d'organisateur du tout.S’il y avait eu un organisateur compétent, eût-il plu toute la journée du dimanche?Le reste a marché à l’avenant.L’expédition s’était bien désigné un trésorier, de même qu’un commissaire des vivres, mais l'un et l’autre s’en remettaient, le plus souvent possible, — on achetait en cours de route — aux bons offices d’un tiers.Si bien que.rendus à destination, les excursionnistes ne savaient plus si le trésorier leur devait quelque chose ou si, au contraire, ils ne devaient pas quelque chose au trésorier.Ce fut tout de même une agréable partie de campagne.En tant «rue comptable, tout de même, le trésorier avait bien sa valeur.Il tinf un compte fidèle de la dépense générale et de là dépense de chacun, «te façon à faire ensuite une répartition honnête.C’est ainsi que l’état qui m'a été adressé en même temps que la lettre d’avocat reproduite ci-dessus, démontre qu’au retour à Montréal, e devais une somme de 82.30 au dnds consolidé de l’excursion.Notre ami Z, était endetté de $2.05 envers le même fonds.Notre trésorier, Monsieur Anonyme, a fait traite sur notre ami Z ainsi que sur moi-même, en faveur du fonds de secours de la Maison Ignace Bourget.Les deux traites ont été acceptées et payées à vue.Elles ont meme été payées avec intérêt.Notre ami Z, donnant trois billets d’un dollar, n’a pas voulu accepter la monnaie.L’autre ne pouvait guère faire autrement.C’est ainsi que la Maison Ignace Bourget bénéficie d’une souscription qui est triple en même temps qu’elle est faite de deux versements de trois dollars chacun.Le lecteur admettra que c’est une souscription d’un genre imprévu.S’il fallait que chaque souscription de six dollars et plus exigeât autant d’explication, le trésorier et le secrétaire de la Maison Ignace Bourget ne pourraient plus suffire â la tâche.Cela démontre tout de même, une fois de plus, «jue les souscriptions au fonds, de secours de la Maison Ignace Bourget sont susceptibles de prendre les formes les plus diverses.Le mode de souscription dont il vient d’être question .serait éminemment recommandable pour des sommes d’argent plus considérables.Ÿ Ÿ ¥ Le fonds de secours de la Maison Ignace Bourget, — sans tenir compte du crédit de 8209 qui a été ouvert à celle-ci, dans un grand magasin de Montréal, par un bienfaiteur anonyme — dépasse maintenant les trois cents dollars.Parmi les personnes qui ont adressé leurs offrandes récemment, il en est plusieurs qui expriment leur intention de récidiver le plus souvent possible.Nous ne pouvons que les encourager à tenir de ai bonnes résolutions., Un souscripteur qui tient à garder l’anonymat nous adresse une offrande de cinq dollars.Il ne peut faire un voyage qu'il .sc proposait â New-York.En allant là-bas, il eût été obligé de changer, en y perdant.des dollars canadiens pour des (Ireen Packs.Î1 tient à ce que la Maison Ignace Bourget profite d'une partie de l’économie qu’il a été obligé de réaliser.Emile BENOIST M.Laval est Niôte de M.Hoover WASHINGTON, 23.(S.P.A.) — Le premier ministre de France, M.Laval, est aujourd’hui l’hôte du premier ministre Hoover » la Maison blanche: c’est la deuxième fois que le président actuel de la république américaine reçoit un premier ministre européen puisque M.Ramsay MacDonald est venu discuter avec lui la question des armements navals il y a deux ans.Les deux hommes se sont déjà rencontrés hier: M.Laval a d’abord été l’objet d'une réception officielle à son arrivée de New-York, puis H a dîné aux côtés de M.Hoover (un interprète était assis en arrière de leurs chaises).Au cours de la première entrevue qu’il a donnée aux journalistes américains, M.Laval a déclaré que les conversations couvriraient tous les sujets qui intéressent les deux pays sans oublier la question de la stabilité économique du monde.Le premier ministre de France a aussi déclaré en prononçant son premier discours à New-York que son premier souci serait d’assurer la sécurité de la France.S.E.le Délégué Apostolique à l’Académie SMhomaS'd’Aquin ¦.1 ^T——¦l'i'i II »| ¦¦imiiii inm ^.|M Saint Thomas et la science sacrée - Hommage à S.E.le cardinal Rouleau, à Mgr Paquet, à l’Université Laval - L’oeuvre du P.Archambault 000 mots jetés à l’auditoiro dr London.Le Globe de Toronto, à sympathies libérales, écrit là-riessus: “L'on s’étonnera de ce que M.King s’attende à ce que le public considère satisfaisante sa défense à fond de l’affaire de la Beauharnois.alors qu’il évite toute allusion à l’extraordinaire situation du sénateur McDougald, non seulement avant que le scandale éclatât, mais subséquemment et encore aujourd'hui .U est ridicule d’espérer que le publie ^ classera toute cette affaire tant qu’on n’aura pas disposé du cas de ceux qui ont abusé de leur situation et trahi la confiance mise en eux”.Vingt-neuf mille mots de moins, et mille mots catégoriques.définitifs, tranchants comme des couperets de guillotine eussent davantage plu à tou! le monde.sauf à ceux que M.King eût mis au ban de son parti.Communisme?Dans une brève notule qu'il veut malicieuse et qui atteint à la stupidité.(’Evénement parle d’“un journal catholique canadien qui s’emploie à fausser la pensée du Pape de façon à donner à croire aux sectaires qu’on ne peut être catholique sans être communiste”.Si l’on allait raisonner de même façon, il serait facile de parier des feuilles qui estiment qu'on ne peut être catholique sans être à fond pour les monopoles particuliers, le protectionnisme, la mainmise de quelques capitalistes sur toutes les ressources naturelles de la province, l’agio-tage.lu spéculation en bourse, etc.Mais ii faut laisser à l’Evénement son raisonneuient qui témoigne de “existence dans «ton entourage im-lédiat d’une extrême disette de ms commun- G.F.L Index” vient de paraître I P^UB LA PROPAGAXDF, UNE OFFRE SPECIALE POUR LES VENTES PAR QUANTITES L’Imprimerie du Devoir nous avait promis pour samedi /'index du journal.Elle nous Ta donné dès hier soir.Nous avons donc tout de suite commencé la livraison de la nouvelle brochure, nous la poursuivrons suivant Tordre des commandes.Nous sommes assurés que celles-ci se multiplieront des qu’on aura pris connaissance de notre brocharette, dès que Ton aura vu quels services elle peut rendre.Par elle on peut en effet, en un Instant, retracer n’importe quel texte important publié dans le journal, pendant la période janvier-juin 1931.fixer la date des principaux événement qui se sont produits dans la même période, etc.Prix: 25 sous l’exemplaire, franco; $2.50 la douzaine (plus 15 sous pour le port).Pour faciliter la propagande, nous vendons In brochure $9.75 pour 50 exemplaires, 818 le rent * port en plus), Adresser toutes les commandes au .'service de Librairie du Devoir.430.nie Notre-Dame-est, Montréal.(Têt.HArbour 1241), Voici le texte de l’émouvante allocution prononcée à la clôture de.la première séance de l’Académie canadienne de Saint-Thomas d’Aquin, Vautre soir, à Québec, par Son Excellence le Délégué apostolique, Mgr Andrea Cassulo: •le suis vivement reconnaissant à Mgr PAquet d’avoir bien voulu inviter le Délégué Apostolique à accepter la présidenc»: d’honneur dans cette séance où l’Académie canadienne Saint-Thomas d’Aquin inaugure sa seconde manifestation de vie publique.Et ie suis heureux en même temps d’exprimer ma reconnaissance à Monseigneur le Vicaire Capitulaire, à Son Excellence Mgr Planti\ et à Mgr le Recteur de l’Université Laval, cette institution qui occupe une si large place et joue un rôle si important dans le domaine des études au Canada.A vrai dire, ce poste d’honneur eût convenu, beaucoup mieux qu’à mon humble personne, à l’Eminen-tissime et très vénéré Cardinal-Archevêque sur la présence de qui l’on comptait et qui imprima à l’Académie son premier essor.Pèlerin d’un jour sur cette terre où les vies les plus illustres sc succèdent si rapidement, ce cher archevêque n’es! apparu sur le siège de Québec pendant quelques années que pour disparaître bientôt, pareil à un astre «jui, après avoir brillé trop peu de temps à notre gré, s’enfonce dans la profondeur des cicux.Des hauteurs où ses vertus et ses mérites font porté, il nous voit, il s’intéresse particulièrement à nos oeuvres; inclinons-nous, Messieurs, «levant cette âme si belle et si noble, et demandons-lui, du sein «le la lumière où elle est, de guider nos pas, d’obtenir que sur notre raison défaillante ne cessent de rayonner les clartés merveilleuses de la foi.Vous voici donc.Messieurs, après une année d’étude et de fécond labeur, vous voici inaugurant avec éclat la seconde session solennelle de l’Académie qui emprunte si heureusement à l’Ange de l’Ecole son nom et sa boussole.Ce fut certes, de votre part, une pensée très sage et très lumineuse, que de mettre vos études sous le patronage de saint Thomas d’Aquin, de ce génie dont tes regards d’aigle ont rapporté de la contemplation de Dieu, source de toute vé-rilé, de si prodigieux enseigne-menfs.Et r’est pour nous un bienfait immense, en même temps qu’une satisfaction profonde, de pouvoir bénéficier de telles leçons: in fp-sius rlaritntr deleclamur.Personne, après les Apôtres et les premiers Docteurs de l’Eglise, personne n’a contribué plus que saint Thomas à répandre la lumière dans les âmes chrétiennes et dans les écoles catholiques.Grâce à lui, le doute a fait place A la certitude, la confusion à l’ordre: les ténèbres de l’erreur se sont dissipées sous le rayonnement de sa parole si claire, si forte et si pure.On petil, en toute vérité, redire de lui re jugement des saints livres: Lu-cerna ardens et Inrens.Comment ne pas admirer sa méthode incomparable d'enseigne* ment, et l’importance exceptionnelle prise par sa doctrine dans le mouvement intellectuel du monde et dans l’Eglise entière! On dirait que c’est une doctrine céleste faite pour émerveiller tous ceux oui Té-Imlient.Elle a pu triompher de toutes les théories fallacieuses du passé; elle opposera un front vainqueur aux attaques et aux aberrations de l’avenir.Défenseur intrépide de la foi.le Docteur Angélique a su associer à sa science si éminente les vertus des plus grands saints; et par un véritable prodige de la grâce, autant il est savant, autant il nous apparaît humble et simple dans toute sa vie.On a dit de l’admirable église de Sainte-Marie des Fleurs à Florenee qu’elle est dans fart architectural ce qu'est la Divine Comédie dans la littérature; nous pourrions ajouter avec plus de raison encore: et ce qu’est la Somme de saint Thomas dans l’ordre théologique.D’autant plus (rue.si le génial Alighieri a pu s’élever sur les ailes «le la poésie jusqu'aux d«'meiires célestes et en décrire si bien les infinies beautés, il !«• «ioil en grande parlie mi Maître des mail res, 1 Docteur «l’Aquin.fnvais un jour l'honneur dr fai re visiter A un illustre cardinal cette merveille de Florence, le rhef-d’oeuvre d’Arnolfo |1i Cambio ci de Brimellesco.Ce dignitaire avait une âme d’une exquise sensibilité, capable de percevoir et, de goûter les plus profondes harmonies de fart.En face du spectacle qui se déroulait sous ses yeux, «le res colonnes si légères et si parfaites, de res lignes escaladant, pour ainsi dire, la si prodigieuse coupole, le distingué visiteur, tout ravi, ne put retenir cetle exclamation qui m’est restée gravée «Ions la mémoire: “Ici c’est Dieu même qui s'csl fait géomètre.” Messieurs, lorsque l’on médite l.*s ouvrages du grand Docteur qui est le patron dé l’Académie canadienne, l’on peut dire avec un même sentiment d'admiration: "Ici il semble que ce soit Dieu, en quelque sorte, qui raisonne, qui discute, qui découvre à nos yeux les magnifiques harmonies de la foi et de la science, du divin et de l’humain.” En effet, avec quelle force d’argumentation, quelle clarté de langage, quelle évidence dans les conclusions, saint.Thomas sait rendre nos croyances raisonnables, entourer d’une lumière accessible A tous 1rs regards le fait de la rév«-lation «livine et la crédibilité des mystères les plus élevés.Ce sont là des considérations qui vous sont sans doute familières, mais qui montrent bien à quel juste titre l’Eglise par la voix des Pontifes Romains a proclamé l’Ange de l’école Studlorum durent.L’étude de la Somme a travers»: des phases diverses, et il faut avouer que par suite de certaines circonstances, il y eut des temps où cette étude si importante se trouva trop réduite et restreinte à un lmp petit nombre d’écoles et d’institutions scolastiques.L’immortel législateur de l’époque moderne.Leon NIH, a compris les besoins du jour, et reprenant la tradition de scs plus glorieux prédécesseurs, il a fondé l’oeuvre grandiose de restauraiifin intellectuelle que nous lui devons, sur la philosophie et la lhéologi
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