Le devoir, 24 décembre 1931, jeudi 24 décembre 1931
Vol.XXII — No 297 Abonnements par la poste: Edition quotidienne CANADA.$ 6.00 E.-UNIS et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE.10.00 Edition hebdomadaire CANADA.2.00 E.-UNIS et UNION POSTALE .3.00 LE DEVOIR FAIS CE QUE DOIS Directeur: HENRI BOURASSA Montréal, jeudi 24 décembre IVdl | TROIS SOUS LE NUMERO Rédaction et administration 430 EST NOTRE-DAME MONTREAL TELEPHONE: .HArbour 1241* SERVICE DE NUIT : Administration : .HArbour 1243 Rédaction : .HArbour 3679 Gérant :.HArbour 4897 Ncël La fête de Noël est pour nous un concert de joie et d aniour.L’apparition de l’Emmanuel est un gage de vie éternelle de bonheur sans fin.C’est te vainqueur de 1 ennemi séculaire qui pour captti o*™.-, , _ .gent.Il contemple, de scs propres yeux, a la fois les bieniaits tic son Dieu et ses obligations à la reconnaissance.La faiblesse apparente du Rédempteur doit-elle nous déconcerter?Sous l’enveloppe d’un corps petit et frété, sachons découvrir toute la grandeur du ,nouveau-né acclame par le ciei en cette nuit de Noël! ., , Jamais nous ne pourrons l'apprecier a sa juste valeur.n’est pas un ange d’une hiérarchie supérieure que nous avons reçu, mais le propre Fils de Dieu.L’archange Gabriel s est incliné profondément devant Marie; en présence de Jesus, il est tombé à genoux.11 a reconnu en Lui le Verbe, la deuxieme Personne de la-Trinité Sainte.r ., Ce cadeau fait à la terre.Dieu Lui-même ne voudrait l'échanger pour mille mondes.Cet enfant de prédilection pom -ra, seul, aimer le Seigneur plus que toutes les créatures de 1 univers réunies.La moindre de ses prières est infime en mente.Inestimables sont les richesses de.son âme! Par le.sacrifice de sa propre vie, Samson a tire une vengeance complète de ses ennemis, les Philistins.Que penser, maintenant, de la victoire de Dieu sur te démon par l’immolation de son Fils?Immolation mille fois répétée, tous les jours, sur les autels.Elle inonde la terre d’abondantes grâces, procure à la divinité une gloire ineffable.D’un prix sans égal pour Dieu, la venue du Sauveur ouvre pour l’homme une ère de délices et de félicité.La loi de la crainte de l’ancien testament a fait place a la toi de l’amour.La marque caractéristique des vrais disciples de Jésus est leur mutuelle prévenance.“Voyez ces gens, comme ils s’aiment !” s’exclamaient les païens dans leur admiration pour les premiers chrétiens., Propagateur de la charité, le Christ en est l’exemplaire parfait.Il nous a tout donné.Il a pris notre nature pour nous communiquer sa divinité, nos péchés pour nous donner la paix, nos misères pour nous communiquer son bonheur.A cette fin, pauvre, il est venu parmi nous.L’échelle qui conduit l’humanité à Dieu est formée des diverses hiérarchies célestes.A t’opposé des personnes humaines partageant la même nature, les esprits angéliques ajoutent, en perfection, degré sur degré, nature sur nature.Chacun d’eux augmente, pour sa part, l’infériorité de l’homme, le dernier des êtres spirituels.Avec nous.Dieu aurait pu se contenter des relations d une amitié purement naturelle.C’était Irop peu pour son coeur de père.D’un bond, il nous éleva au-dessus de l’état naturel de toute créature.La grâce est un don inappréciable, divinisant l’ange le plus parfait comme le dernier des enfants d’Adam.Participation à la divinité accidentelle, il est vrai; mais combien précieuse! La vision béatifique ne diftère de 1 état de grâce que par l’emprisonnement momentané de l’âme dans le corps.Les désunir, c’est enlever l’obstacle, faire tomber le voile, ouvrir le ciel.Dès maintenant, par la vertu de chanté, nous entrons en possession de l’éternelle vie.Bientait inestimable, source de paix! .Par anticipation, les justes de l’ancien testament avaient, déjà exploité à leur profit les effets de l’Incarnation.David, proclamé saint par Notre-Seigneur Lui-même, avait etc justilie de son péché par les mérites du Rédempteur à venir.Toutefois, le ciel demeurait hermétiquement ferme.Dans les limbes, les justes attendaient avec avidité la prise de possession.par le libérateur prophétisé, de la citadelle celeste qui recelait le plus apprécié des trésors: l’essence divine.Les larmes, les gémissements, les souffrances de ce nouveau-né, si faible en apparence, auront l’inaliénable pouvoir d’arracher à Fenfer les pauvres humains, d’annihiler les consequences de leur péché d’origine: l’ensevelissement de tous dans l’abîme de perdition.Dès le premier souffle du Dieu Sauveur, le demon a vu son empire s’ébranler.Est-ce la défaite qui s’annonce pour lui?Sera-t-il, enfin, forcé de desserrer l’étreinte qui tenait captives les âmes des justes elles-mêmes.Tl ne le sait encore, mais ü s'en doute.Les soixante-dix- semaines d’années de Daniel sont écoulées.Le sceptre royal a été ravi à la descendance de David.Qu’il le sachei C’est un fait accompli.Le pacte de réconci- vainement le sacristain d épargner scs enfants.L'homme avait pris les fils et avait laissé le père, avec la promesse qu'il viendrait le chercher l’année suivante.Et depuis ce temps, depuis que les jeunes étaient partis, le vieux regardait sans cesse ta route avec angoisse.f.a neige est revenue et voilà que, de nouveau, c’est la veille de Noël.I.es heures passent, et personne ne monte ehcore l'étroit sentier de la montagne.Soudain, le vieil arbre qui scrute l’horizon, tressaille jusque dans ses racines.Il a vu là-bu s.au tournant du chemin, un homme en traîneau.Pendant que l’homme approche, le sapin ridé redresse la tète.I ne dernière fuis il regarde les squelettes de ses frères, les montagrles dénudées, le petit ruisseau gelé qui, seul, l’a consolé aux lourdes heures de solitude, les bouleaux et les trembles qui ne rient plus mais regardent approcher te nouveau venu over inquiétude, l.e vieil arbre n'a pus reconnu le sacristain qui lui a arraché ses fils; il attend quand même avec confiance le coup de cognée libérateur.Tout est fini.Le sapin a été frappé à mort et sa sève s'échappe goutte à goutte, mais il veut vivre jusqu’à l’église où on le portera sans doute, vivre assez longtemps pour protéger l'abri misérable du Fils de Dieu.La neige qui tombe ralentit la marche du traineau, et le froid engourdit peu à peu t'ar-bre qui va mourir.* * * IjC vieux sapin n'a pas vu l'église, oit ses fils ont vécu leurs dernières heures.U n’a pas protégé la crèche du Sauveur: son parfum ne s’est pas mêlé à l'encens du thuriféraire.L’arbre coupé a été installé au milieu d’une bruyante salle de danse, non loin de l’église, et pendant une partie de la nuit sainte des couples enlacés ont tourné autour du tronc vénérable.Sur tes branches qui avaient rêve de porter cette nuit-là les anges de la Nativité et VEtoile des ’ Mages, étaient attachés des masques, des bhnnets de clowns, des chandelles multicolores.* I.c vieil arbre ne pouvait plus souffrir de sa déchéance.Mais une petite flamme que les danseurs avaient oublié d’éteindre et qui vacillait encore dans ta salle déserte, avait vu la profanation.Quand, te matin, tes vieilles du village s’acheminèrent vers Vègtisè pour ta Messe, du Jour, elles ne virent plus que des ruines fumantes à l'endroit où ta veille encore, la salle de danse conviait au plaisir.La petite flamme avait vengé le vieux sapin.Lucien DESBIENS Verbe s’est fait Üation entre Dieu et l'homme est scellé.“Le chair et II a habite parmi nous.’’ A l’exemple du vieillard Siméon, tenant dans ses bras I hn-fant-Dieu, ’l’humanité tout entière, prenant conscience de sa haute dignité, exalte le Seigneur.Les membres de la chrétienté sentent affluer en eux de la tôle, du chef, une vie riche et débordante.Des sanctifiés, un tout compact et complet s’élabore.Le corps mystique du Christ apparaît au grand jour.En cette si touchante fête de Noël, contemplant son Dieu, son Sauveur et son Chef, le spectateur se sent pris d’une indicible émotion.L’enfant charmant, aujourd’hui glorifié par les anges, est la racine même de l’arbre vigoureux, si riche en fruits de sainteté que sera l’Eglise de Jésus-Christ.A la méditation de toutes ces grandeurs, le coeur débordant de joie, rempli de reconnaissance pour Dieu, d’amour pour scs frères et de respect pour lui-même, le chrétien se retire dans la paix et la consolation.1 Alfred BETOURNAY, O.M.I.Bloc'notes dustries où il esl intéressé à titre de membre du conseil d’adminis ration ou de directeur-gérant; iiuos qu’il n'en connaisse pas même les rapports annuels, cela est difficile à imaginer, même si ce financier le déclare sous serment.Comme le note un chroniqueur financier, les maisons d’affaires iraient beaucoup mieux si de tels hommes ne tentaient pas de mettre et de garder au feu tant de fers à là fois.On en connaît, ici.dont le nom figtr'.’ sur une cinquantaine ou une soixantaine de conseils financiers ou industriels et qui ont, en res derniers mois, amassé de rudes bûches, — dans l'industrie forestière ou ailleurs.Cartes de Noël Malgré la crise économique, il en pleut.Quel fut l'inventeur de la carte de Noël illustrée ou enluminée?Un artisle de Londres, Joseph Cundali, lança la coutume de l’envoi des cartes de Noël vers 184(i.Une quarantaine d'années plus tard, dans une lettre au Times de Londres.Cundali écrivit que l'idée lui vint de sir Henry Cole.La première carte de Noël reproduisait un dessin d’un membre de l'Académie royale de peinture, en Angleterre.Lithographiée, puis peinte à la main, rette première carie eut un tirage de cent mille.Vers 1862, la carte de Noël devint tout à fait populaire; et depuis 1868, il s'en imprime et s’en vend des millions, dans tous les pays civilisés, au bénéfice certain des auteurs, des libraires et surtout du ministère des postes, si les facteurs estiment avec raison que cela grossit leurs ballots au temps des fêtes, sans leur rapporter grand' chose.Rien qu'un dixième Dans une déclaration qu’il vient de faire devant les membres d’un comité sénatorial, à ’Washington, le président d’une grande compagnie d’assurances-vie américaine, M.F.-H.Ecker, dit que la crise économique en est rendue à celte période où le patient s’en va droit à la mort ou bien doit entrer en convalescence.L’an prochain, dit-il en parlant de 1932, un total de $243,000,-000 en emprunts de chemins de fer seront échus et payables aux Etats-Unis; or, rien que deux de ces chemins de fer, — l'un et l’autre redevables au public d'une somme globale de 24 millions, —• ont des fonds disponibles pour honorer leurs engagements.Les autres?Ils cherchent et n’ont pas encore trouvé.S’il est exact que des 243 mil lions dus au public en titres de chemins de fer, en 1932, 24 millions seulement sont en réserve et disponibles cela indique que la crise ferroviaire n'existe pas seulement dans notre pays.Mais ce qui complique la situation, chez nous, manger modestement au restaurant; niiiis vous avez mangé archi-modes-temeiit et vous vous félicitez de votre sobriété si vous vous en tirez pour cinquante sous.Cependant vous avez dépensé ce qu'il faut à la Maison Ignace Bourget pour hospitaliser deux miséreux pendant toute une journée.Vous ayez dépensé une journée de miséreux quand vous avez seulement acheté quatre billets de tramway, un paquet de cigarettes ou un cigare de Havane."Voilà les prodiges que la charité fait faire à l’argent! N’est-ce pas pour nous un devoir que «le nous y associer?Pourquoi chacun ne paie-t-il pas selon ses ressour- ^ ces un, deux, dix jours de pension j aux sans-asile, aux sans-asile de la catégorie la plus pitoyable?11 est facile «le recueillir autour de soi parmi ses amis, ses connaissances, ses confrères, professionnels, ses clients, «les dizaines de jours de pension de miséreux, si on veut s’en donner la peine.Il nVst ensuite que de faire parvenir au trésorier du refuge Ignace Bourget, à l’adresse du Devoir si l'on veut, les sommes souscrites.Essayez de présenter votre demande de cette façon et soyez sûr que peu «le gens vous refuseront vingt-cinq sous pour nourrir un affamé pendant une journée.’’ J’ai tenu à rééditer au moins partiellement cet article de Louis Dupire parce que, dès l’an dernier, il avait valu un bon nombre de souscriptions à la Maison Ignace Bourget.Un avocat d’en dehors de Montréal, en nous faisant tenir son chèque pour dix dollars, écrivait: "L'article que M.Louis Dupire écrivait l’autre jour m’a profondément touché et c’est pourquoi je vous adresse ma souscription.” Ln fonctionnaire du Parlement de Québec écrivait de son côté: “Je viens de lire l'article «le M.Louis Dupire.Inclus un chèque pour nourrir un affamé pendant vingt jours,” Au lendemain de la publication de l’article que j’avais demandé à Louis Dupire, un citoyen «le La-chine, un professionnel, qui avait déjà souscrit au fonds de secours de la Maison Ignace Bourget, nous envoyait une nouvelle offrande de dix dollars avec la mention suivante: "Quarante' jours d’alimentation pour un réfugié, selon M.Dupire.” L’idée de la souscription par trente sous est excellente.Il ne faut après tout que quatre trente sous pour faire un dollar.Comme l’a si bien dit Louis Dupire, qu’est-ce que vingt-cinq cenfs représentent pour la plupart d’entre nous?Presque rien.C’est le prix d’un paquet de eigarelfes que l’on achète négligemment ou encore de quaire billets de tramwav.Vingt-cinq cents, c’est si facilement que l’on dépense cela.Vingt- M.C.-H.Cahan leader au Sénat Il prendrait le siège de feu le sénateur Foster — Une reorganisation du ministère — M.Rhodes, ministre des Finances, et- M, Onésime Gagnon, secrétaire d'Etat l'état de santé de M.Cahan, secrétaire d’Etat, n'est pas parfaitement satisfaisant et il est fortement question de le soulager d’une partie de son fardeau en le nommant “leader" du parti conservateur au Sénat, à la place de M.Willoughby, mort récemment.M, Cahan prendrait le siège de M.le sénateur George G.Foster, de la région de Montréal, décédé au cours de l’année.Dans la réorganisation ministérielle subséquente, M.Rhodes prendrait le portefeuille des finances qui devait aller d’abord à M.Ryckman; mais l'état de santé de celui-ci laisse à désirer.Si la réorganisation s’etait effectuée telle que décidée d’abord, M.Cahan aurait pris le ministère du revenu national.Mais ses forces ne lui permettent pas d'accroître ses activités et l’obligent, au contraire, à les restreindre.M.Onésime Gagnon, député de Dorchester, doit remplacer, selon toutes les prévisions, M.Cahan au secrétariat d’Etat, dès le passage de M.Cahan à la chambre haute.A Québec Fantaisie de Noël Le vieux lapin Son âne?Nul n’aurait su le dire, dans sùn entourage.Son nom.Mime mystère: il vivait seul, ne parlait jamais à ses voisins, regardait sans risse ta route comme s II attendait quelqu’un.Chaque soir, il s’endormait avec la mime déception.Personne encore n’était vena.Les Jeunes bouleaux nerveux et les trembles délicats te chuchotaient mille choses folles sur le compte du vieux sapin: Ils se moquaient de son teint défraîchi, se montraient avec horreur ses blessures mal cicatrisées.Le vieux sapin les laissait dire et rire: que tut importaient les moqueries de jeunes écervelés?U n’avait pas voulu, Il est vrai, imiter ses frères nobles des villes; mal nourris, leur vie durant, dans des parcs aristocrat!-tntets et qui cachaient leurs rides fard trop ronge ntt une pommade trop verte.Non.Lui n’avait pas honte de sa vieillesse, U se parait de ses blessures, orgueilleusement, comme un vétéran de ses médailles.La solitude commençait de lai peser.Tour à tour il avait vu disparaître ses frères, fxs uns, morts de leur belle mort, dressaient encore leurs squelettes tout près de lui; les autres, mutilés par des gamins, avaient ru l’agonie lente et douloureuse.Ceux-ci étaient tombés tout d’un coup, sans une plainte.comme des soldats an champ d’honneur; reiiT-tà, très nombreux, avaient été transportés sur les rivières pour s’en aller ensuite vers les rivages Inconnus, Un bon nombre.enfin, avaient été sacrifiés, «i la Noël précédente, pour faire le bonheur des petits d'alentour.Quatre de ces derniers privilégies ceux-là avaient été choisis par le sacristain de l’église voisine pour couvrir de leur protection l'ètnhlr de Bethléem.Tous les quatre étaient les fils bien-aimes dû vieux sanln et relni-ri avait supplié En marge du bill Dillon Les quotidiens de l’extérieur commentent le bill Dillon.Il est en voie dt?devenir célèbre.Le Mail Jt Empire de Toronto, assez souvent prodigue «le compliments au ministère Taschereau, trouve que cette fois-ci la louange ne vaut plus et voit dans cette loi une habileté condamnable.A Winnipeg, la Free Press, journal d’un libéralisme avancé, estime que le bill Dillon sort «le l’ordinaire et de la légalité."Procédure étrange”, dit-il."Au Manitoba, l’on considérerait de façon générale que rien ne l’excuse.Quand il y a chez nous des causes inscrites de façon régulière devant les tribunaux elles vont jusqu’au bout.Les tribunaux interprètent la loi telle qu’elle existe.et selon le sens raisonnable des mots employés pour la libeller, ils ne jugent pas sur ce que le législateur aurait voulu dire et n'a pas dit.De ce qu’il a pu se glisser dans une déclaration des accusations plus ou moins fondées, cela n’autorise pas à se servir arbitrairement du pouvoir pour empêcher la cause d’être entendue.Empêcher dans le cas présent le procès sur la valeur des allégations faites à propos de manoeuvres électorales frauduleuses, c’est prendre une grave responsabilité, ('.’est rendre nulle la loi des élections contestées.faire table rase de la protection accordée aux électeurs contre dos vols d’élections”.La Free Press n’v est pas.Elle parle du Manitoba.province arriérée, où nul gouvernement ne change les lois tandis qu’il y a devant les tribunaux des causes pendantes.Chez nous, qui avons un gouvernement honnête et progressif, tout lui çsl permis—et il peut se permettre n’importe quoi, même de faire juger leur propre cause par les députés d’une majorité exposée aux invalidations d’élections.C’est être bien mal avisé, singulièrement obtus que de trouver pareille tactique ré* préhqnsibie et de la condamner, ("est démontrer que l’on n’est pas indépendant.du bon sens et de l'esprit de justice.Un homme occupé Un banquier de Wall Street qui a des intérêts financiers considérables au Canada vient de déclarer dans un procès retentissant à Heston «pic jamais, depuis treize ans qu’il est président du conseil d’aii-ministration d’une grande industrie dont les actionnaires se quereMent, il n’a lu le rapport annuel des vérificateurs «le la maison.Et cet homme d'affaires est directeur de plus de trente-six autres compagnies canadiennes nu américaines.L'on ne saurait exiger de lui qu'il connaisse par le menu détail ce oui sp nasse Hans chacune des lu- S* ¦ , _ ¦ • • ^ ^ • v j.v-11 s.V- IS w v v I • ¦ • s III M1 c est que nous n avons ni la popu-, cjnq cents, ça n’est même pas un lation ni les ressources pécuniaires dont disposent nos voisins, et qu’au cours du dollar canadien à New-York, il paraît bien que nous devrons tenter de résoudre seuls cette épineuse question de nos deux grandes voies ferrées.‘‘Competition.ever! Amalgamation, never!" disait M.Bennett en 1930.Que dira-t-il, en 1932?G.f.La Maiton Ignace Bourget Les cent jours d'un réfugié de la rue de Montigny Quelques réflexions en marge d’un article ancien mais toujours d'actualité, de M.Louis Dupire et de la souscription d'un notaire qui veut garder l’anonymat — L’idée des souscriptions par "trente sous” La Chambre des députés la session au 11 ; Le bill du vote pour les femmes - Les achats d’essence - M.Duplessis proteste contre certaines clauses du bill des fonctionnaires municipaux SOUHAITS DE NOEL DE MM.TASCHEREAU ET CAULT En février dernier, je demandais , a mon camarade Jx>uis Dupire un ! f.;.',,;.article sur la Maison Ignace Hour- 1 gel.J’étais d’autant plus à l’aisc pour c«« faire que Dupire, sans qu’il en fût de sa faute, se trouvait être, comme il l’est encore, l’un des membres du comité de la Maison Ignace Bourget.Pour demander cet article, je dois confesser que somme.Il suffit pourtant de vingt-cinq cents par jour pour payer les frais quotidiens d’un protégé de la Maison Ignace Bourget.L’idée de la souscription par trente sous, qui est celle de Louis Dupire, continue de faire son chemin.(’.’est en se rappelant que les frais d’hospitalisation d’un réfugié diurne sont de vingt-cinq cents par jour que par exemple la maison O.i Champagne & Fils s’est engagée à | verser hebdomadairement $3.âfl pendant vingt semaines consécutives nu fonds de la Maison Ignace Bourget; qu’un anonyme west-mountois a entrepris de verser 1 mensuellement sept «lollars et d«'-mi au même fonds, ('.v bienfaiteur, qui n’est pas dénué du sens mathématique et pratique, s’est souvenu qu’un mois n’est pas composé d’ox-i aclement quatre semaines, c’est-à-] dire vingt-huit jours, mais de tren | te jours.Trente fois vingt-cinq ‘ cents font exactement $7.50.Il est | vrai que décembre cl janvier comptent trente et un jours mais par contre février prochain, tout bis-sextil qu’il est, n’en comptera que vingt-neuf L’équilibre sera rétabli, la Maison Ignace Bourget v trouvera son rompte.("est encore l’idée de la sous->n par trente sons qui nous vaut la lettre suivante, signée par un notaire «pii tient à garder l’anonymat : "Sous pli, deux chèques pour le total de dix «lollars en faveur «le votre oeuvre.“S’il en coûte vingt-cinq cents par jour pour nourrir un miséreux, en voici un qui ne yera pas obligé - „— j'avais choisi , mon jour, un jour que Louis Dupire faire, comme Notre .Seigneur, mi devait écrire le premier-Montréal, carême de quarante jours.Je tenais à ce «pie l'article fût en ; “Ceci n’est pas tout car je me évidence.; propose de lui faire faire scs C’est ainsi que par Dupire les lec-! "Cent jours", un nouveau Napo-teurs du Devoir, parmi lesquels sc ! Jéon quoi! (Par Alexis GAGNON) Québec.24.Après une courte séance «{ui s'est terminée à 4 heures et 23 minutes, la Chambre des députés s'est ajournée au 11 janvier.à 8 heures et demie du soir.La discussion a été assez paisible cl d’ailleurs les députés avaient plutôt hâte «l’en finir pour retourner vers leurs foyers.Le hill Imposant une nouvelle taxe sur la gazuline a été adopté en troisième lecture, ainsi que le bill pour proléger les fonctionnaires municipaux.La séance terminée, les députés se sont séparés en se souhaitant joyeux Noël.Le vote des femmes A l’ouverture de la Chambre, le premier ministre appelle le numéro dû bill relatif à l’éligibilité de la femme et à son droit de vote.Tout surpris, le Dr Plante, qui est parrain du bill, fait observer: "Je comprends qu'à la veille de Noël, le premier ministre est désireux de faire un cadeau aux femmes de rette province; je lui «le-mànderais tout de même d'attendre à janvier pour aborder l’étude de cette importante question”.Le bill de la gasoline Et l'on passe à l’étude du bill de la gazolinc, dont M.1.E.Perrault demande l’adoption en deuxième lecture.La gauche réclame le vote niais comme les députés conservateurs ne sont que quatre, le Dr Plante se lève avec la gauche.Les membres sont appelés et le bill est adopté par un vote de 28 à 4.La Chambre se forme alors en comité des subsides et le hill est étudié clause par clause.L’article 7 provoque une discussion.Ln voici le texte.“Toute personne qui, dans la province, achète de la ga; zoline sans payer le droit impose sur son achat en vertu «le l’article 4.commet une infraction a la présente loi «'I est passible dune recrutent les amis de la Maison Ignace Bourget, ont appris, l’hiver dernier, que le coût quotidien d’hospitalisation d'un réfugié diurne de la rue de Montigny était de vingt-cinq cents."\Lcs pensionnaires de la Maison Ignace Bourget, écrivait-il.sont comrpe le surchoix de la gueusr-rir et de la détresse, puisqu’ils sont triés parmi les réfugiés de Meurling romme les plus nécessiteux des nécessiteux." On ne saurait mieux définir les réfugiés diurnes de 1» Maison Ignace Bourget: "les plus nécessiteux des nécessiteux”.Ce sont des sans-asile, mais d’une catégorie particulière: des vieillards, des infirmes, des éclopés, dc.s convalescents, des invalides de toutes catégories.Pour une fois qu'il me remplaçait comme frère quêteur, Ixniis Dupire concluait ainsi Particle que j’avais sollicité: “Or, savez-vous ce que coûte pour chacun (des réfugiés de la Maison Ignace BourgetI l’hospitalisation de toute une journée?Vingt-cinq sous, y compris les frais généraux Tl vous arrive .fcjnnotte, président.L.-Eugène CouHoit, gérant général i Hards de ; tiers a été biles.“Quand la crise fut venue, cct excédent des dépenses se traduisit par un déficit proportionnellement elevé.Au sujet de cette situn-I lien, le comité tient â attirer l'attention sur le système qui permet qu'une partie substantielle des impôts perçus par le Heich soit auto-; niatiquement répartie entre les i Etats et les Communes un systè-j me qui sépare le contrôle des dè-; penses de la responsabilité fie percevoir les recettes nécessaires à les I défrayer.Le comité estime qu'une - réforme en cette matière aurait ; d’heureux résultats.Après chaque crise "Le comité termine le présent ehnpitrc en observant que chaque i crise antérieure avait été suivie d’une période de stabilité et de prospérité et qu’il serait injustifiable d’établir ses perspectives d'après une période exceptionnelle de dépression.Four le présent, les budgets de tous les pays et de Les décrets d’urgence “L’impôt sur le revenu a été augmenté deux fois, les taxes sur ia bière el le tabac ont augmenté, el la taxe sur le chiffre d affaires a augmenté de .25 à 2 pour cent et les traitements des fonctionnaires ont été réduits de 2U pour cent.Les autorités locales ont de même imposé diverses taxes.“Les contributions au fonds d'assurance-chômage ont été portées à (i 1-2 pour cent, les prix et les taux doivent être réduits de 10 pour cent, et les salaires sont revenus au niveau de 1927.L'intérêt sur les prêts à long terme est réduit d’environ 25 pour cent.“On a établi un système de contrôle bancaire, et de nouvelles lois ont été édictées pour les banques d’épargne.Des mesures énergiques ont été prises contre la fuite du capital.(Les auteurs du sommaire déclarent ici que l’Allemagne serait justifiable de déclarer que pendant l’exercice qui commencera en juillet prochain, elle sera incapable de transférer la partie conditionnelle de son annuité (de réparation).Ils attirent ensuite l’attention des gouvernements sur la gravité de la crise mondiale présente, puis ils continuent : "Depuis l’entrée en vigueur du plan \oung, n-on seulement le commerce mondial a diminué en valeur, mais la baisse exceptionnelle des prix-or qui s’est produite au cours des deux dernières années a beaucoup ajouté au fardeau réel, non uniquement des annuités allemandes, mais de tous les paiements exigibles en or.“Dans les circonstances, le problème allemand, qui est une des causes de la paralysie financière mondiale, exige une action concertée, que seuls les gouvernements peuvent faire.“H n'y a pas de parallèle dans l’histoire du inonde, en temps de paix d’une telle crise, et elle pourrait bien occasionner un profond changement dans les relations économiques internationales.L’intervention s’impose dans un domaine qui dépasse la seule Allemagne.“L’interdépendance économique des divers pays du monde n’a pas besoin d’être davantage prouvée.Les années récentes l’ont suffisamment démontrée.“Depuis juillet dernier, il est évident que si l’on ne met pas fin à la crise allemande, le reste de l'Europe s’en ressentira, et le système de crédit en sera affecté, ce fini amènera des répercussions mondiales.Le comité rappelle que le comité des banquiers a donné l’alarme en août dernier, mais les événements n’ont pas attendu.L'année 1931 n'est pas encore finie, et déjà la crise atteint des dimensions formidables.“L'activité économique continue difficilement par suite de la restriction du crédit, du contrôle rigide des échanges et des restrictions prohibitives du .commerce international.“Cet état de choses se complique d’une réaction des affaires économiques et des problèmes politiques et vice-versa.Trois considérations “En tenant compte de la situation, le comité suggère que les gouvernements prennent note de ce qui suit: “lo Que les transferts d'un pays à un autre sur une échelle propre à renverser la balance ne peut qu’accentuer le marasme actuel; “2o La remise à un pays débiteur des dettes qu’il ne peut payer peut n’avoir pour effet que de faire porter au pays créancier un fardeau que celui-ci, aussi débiteur, pourrait bien ne pas pouvoir subir; “3o Le rajustement ties réparations de toutes les dettes de guerre au niveau tie la situation mondiale — rajustement qui s’impose d'urgence pour éviter de nouveaux désastres,—est la seule mesure durable qui puisse redonner confiance.“('.'est la seule condition tie la stabilité économique.“Finalement, bien que le gouvernement allemand fasse d’énergiques efforts pour stabiliser sa monnaie, il faut prendre ties moyens pour que ces mesures aient un effet permanent.La destruction du travail entrepris ces dernières années par les gouvernements européens pour stabiliser leur monnaie, aboutirait à un retour déplorable à un En Vente partouf Exiger EN BOITES J portant le nom VALDA Atent Géniral pour le Canada ¦ J.Alfred OUIMET 84, St.Paul St.Eaat.MontkAAL» Docteurs, Consultez ! ! ! 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CARDINAUX, D.S.''PRECISION FRANÇAISE" 3458.St-Denis - HA.2357 MONTREAL Regards sur les lettres par Mgr Camille Roy Vient de paraitre.Une suite importante des travaux de Mgr Roy sur nos lettres canadiennes.Beau cadeau pour Noel et le jour de l’An.En vente chez les libraires.Prix: 0.80 cents.à une bonne alimentation et à d’excellentes habitudes d’hygiène.La vie à la campagne a toujours été considérée la plus salubre.C’est à ele qu’on a eu recours pour assurer la prophylaxie de la tuberculose chez l’enfant.iL’oeuvre du Placement Familial n’est pas un organisme propre à l’Institiit Bruchési.L’Assistance publique en a assumé la création, l’organisation, le main-lien et les dépenses.Mais elle est intimement liée à notre dispensaire, puisque ce sont les enfants de nos tuberculeux que nous lui confions.Une préparation méticuleuse précède l’envoi des pupilles à la campagne.Xos médecins leur font des examens minutieux, avec radiographies.et analyses de laboratoire; quand il y a lieu, ils sont traités et opérés pour amygdales hypertrophiées et végétations adénoïdes.Quand les dents sont défectueuses, le service social les recommande à des cliniques dentaires.Bref, c’est au dispensaire que les enfants sont mis en état d’être confiés au Placement Familial.I.’Institut Bruchési est heureux d'apporter à l’Assistance Publique sa collaboration la plus entière.Nous comprenons l’utilité, les avantages de cette oeuvre et nous félicitons le gouvernement de la province d'avoir entrepris cette tâche nécessaire.Grâce à un plus puissant dépistage, il serait possible de trouver un plus grand nombre d’enfants que l’on pourrait confier au Placement Familial.Les fonds mie nous demandons ! au Timbre de Noël seront en définitive affectés à ce travail.N’hésitons pas à v apporter notre contribution.(Comm.) *r La Chambre des députés.Nüël i Nous offrons a tous nos clients et amis nos meilleurs souhaits de Noël » et de Nouvel An.i La Banque Royale £^£^%v du Canada .jiK'jKji/k '’:v JiliWÉfflii* Cavité Ne se bouche pas.Ne râle pas.Fume à la perfection.Chez fes marchands ou par la poste.No 1, fl.00 — No 2, 50c.La Cavité — Pas de Tube E.-N.Cusson, 7062, St-Denis, Montréal.ALBUMS D’ETRENNES conséquences.“Le rapport se termine par un appel aux gouvernements de ne tolérer aucun délai dans le règlement de cette grande crise qui pèse lourdement sur tous également.’’ La prophylaxie tuberculeuse LE PLACEMENT FAMILIAL L’idée qui poussa Gcnncher à fonder, en France, la Ligue de Pré serval ion, fut l:t remarque dp Pas leur au sujet des nia indies du ver à soie, que.“pour sauver la race qui était menacée par une maladie infectieuse.le meilleur plan était 3 pages, format C x 8.beau papier.En vente au Service de Librairie du Devoir, au prix de $1.00 franco.Université en partie incendiée Johannesburg.Transvaal.24 (S.P.A.).Le feu a détruit le pavillon principal de l’Université y compris une bibliothèque de 30,000 volumes et des documents précieux.Elle paraîtra samedi LA RiROOHUiRE DE M.L’ABBE GROULX Lu brochure de M.l’abbé Groutx xur la Déchéance des classes moyen nés paraîtra samedi.On peut tout de suite la demander c une inquiétude jalouse Télé-nt féminin autour du général, et nparilion Inattendue de Mme Imarre.dans une circonstance aussi propre à exciter la reconnaissance du père de Jacques, lui parut un véritable danger.Elle descendit le boulevard Carnot, suivit le port Rauba Uapcu, el gagna In promenade des Anglais où elle était toujours fort remarquée, mais ceux qui l'admiraient ne se doutaient point de l’agitation de ses pensées el de l’inutilité de ses craintes, Ÿ Ÿ Ÿ Qu’aurait été sa joie, si rite avàit pu savoir que Mme Delmarre.rentrée chez elle, se demandait, au contraire, anxieusement, que! pré- texte découvrir pour éviter de se trouver auprès du blessé à l’arrivée de “Bernard”.et qu’elle espérait pour cela être remplacée au chevet de Jacques, dès le lendemain, par Mlle de Morsac, qui sernblail être une amie intime de la famille de Vernely.répondant, une fois encore.la jeune femme voulut se dc-prendre de l’appréhension qui la hantait et, bientôt, elle retourna voir le malade.Il donnait toujours, peut-être trop profondément, se dit-elle, devant un affaissement qui toucha à une sorte de coma.Cependant, elle ne fit point part de cette constatation à son fils, confortablement installé près du lit et travaillant, fort paisible, ni t Marguerite assise à quelques nas, et dont le joli visage pâle témoignait d'une vive angoisse.— André, dit-elle toul bas, tu peux rentrer; cet enfant me parait très calme.Je vais le surveiller.Si c’est nécessaire, je te ferai appeler.Ne sors pas.Rien, mère, répondit de même le jeune homme, qui se leva sans bruit, replia ses notes, ran- gea son stylo, salua la jeune fille et se retira à pas légers, nullement ému.Marguerite le suivit de l’oeil, lan-dis que Mme Delmarre se rapprochait d’elle et lui disait avec bon-lé: Vous pourriez peut-être, mademoiselle.profiler du loisir que nous laisse notre blessé pour aller vous reposer un instant ou vaquer à vos occupations de maîtresse de maison, voir votre jeûné frère.Merci, madame, je n’y songeais plus, en effet! Suis-je troublée! Heureusement, monsieur votre fils s’en esl occupé aussitôt avec tant d’amabilité.d’adresse.Elle conta vivement l'intervention d'André auprès d’Henri, et conclut : Comme.il est énergique et dévoué! Mais la mère, le coeur serré, songeait que là.n’élnil poini la vérité.André avail agi, comme d'habitude, par intelligence, raisonnement, sang-froid, mais non avec la sensibilité spontanée à laquelle croyait Marguerite de Vernely.Mme Delmarre resta seule dans la chambre et, tandis que le lourd sommeil de Jacques se continuait, elle voyait de plus en plus l’invraisemblance d’une telle situation.Elle! chez Hernard!.qu’allait-il croire?qu’allait-il faire?.Et, bien que sa pitié hit très sincère pour le pauvre petit qui dormait sous son regard, elle souhaita ardemment d’être au jour suivant afin de se retirer devant Mlle de Morsac ou d’autres amis du général.Mais, un peu plus tard, sa responsabilité lui devint d’autant plus difficile à accepter que l'étal du malade sembla s'aggraver.Sans faire appel à la soeur aînée, elle fit téléphoner en secret au docteur qui vînt bientôt sc pencher avec elle au-dessus de l’enfant.Marguerite accourut, re-mercinnt le major de son empressement.- Vous êtes donc inquiet, docteur?s’enquit-elle.très inquiète elle-même.Mais non.mais non.dit-il seulement.Gomme la jeune fille courait chercher un domestique à envoyer à la pharmacie, pendant qu'elle lui faisait des recommandations, il confia en bâte à Mme Delmarre: Nous allons, je le crains, nous trouver en face de complications qui pourraient être graves.Méningite?murmura la jeune femme, les veux fixés vers lui.Peut-être.Mais alors, il faut prévenir le père.,.Ee major lira sa montre et continua de h» meme voix étouffée: Il esl sept heures.Lu télégramme, adressé maintenant dans un village, ne parviendra plus ce soir.Le bureau est fermé.Il ne serait pas reçu.N4ous ne pouvons rien contre re concours de circonstances malheureuses.Attendons.Nous verrons ce que la nuit va donner el demain matin, si une amélioration ne s’est pas produite, je télégraphierai au général.Oui de toutes façons, cela me paraît urgent, docteur.Marguerite renlrail.toute conversation cessa, mais le malade se réveillait et la même scène désolante de luttes pénibles se renouvela sous les tentatives du docteur pour administrer les remèdes.La jeune fille, affolée, parla vite d’André et courut elle-même le chercher, tandis que Mme Delmarre mettait rapidement le major au courant de l’autorité que son fils avait eue sur le jeune homme.('.’est une chance! Voyons.Marguerite, essoufflée, les yeux pleins de larmes, rentrait, suivie d'André, fort calme, qui salua le docteur et se courba sur le lit.Jacques, hein?me voilà! Et ce fut l’apaisement obtenu quelques heures plus tôt.Le pauvre enfant sourit faiblement au jeune homme, alors qu’il sc débattait avec sa soeur, le major, les domestiques.qu’il ne reconnaissait point.Dites donc, il faut se laisser faire.pour guérir.tout de suite, .- Oui.oui.je veux bien! dit, en souffle, la voix éteinte, pour.pour.Pour travailler!., tôus les deux.On Je tirera ce bac! et au trot ! (A suivre) Ce jeurnaT «t imprimé au N* 410, ru4 Not "•-Dim* 1st, è Montréal, p»?I“'tmpr!in«ri« Populaire” (i responsabilité limit#*) ééitrle*-propriétaire: CoorfM Ptllttio.-, administrateur ut secrétaire .1 LE DEVOIR.MONTREAL.|EUDI 24 DECEMBRE 1931 VOLUME XXII — No 297
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