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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
vendredi 16 mai 1913
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1913-05-16, Collections de BAnQ.

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VOLUME IV—No.112 MONTREAL, VENDREDI 16 MAI, 191J UN SCU LE NUMERO' ABONNEMENTS: Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.$3.00 ÜNION POSTALE.$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS .$1.50 ttKlO» POSTALE .$^.00 LE DEVOIR Rédaction et Adminiftrationi 71a RUE SAINT-JACQUES MONTREA' ^ .^ REDACTION: Main 7460 \ Diredteur : * HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS I LE ET LES PARTIS! C’élait la justificalion éclatanle de ropposition que j’avais cetle expédiüon.Enfin la loi passa.# * * faite il LA LIGUE NATIONALISTE Notez qu’à la même session, le ministère fit retrancher des statuts le dispositif qui obligeait le gouvernement canadien à confier le commandement des milices canadiennes à un officier britannique.C’était l’exécution d’un autre article du programme nationaliste.Son programme, son action, l'accueil des politiciens Eu mars 1903, la Ligue nationaliste s’organisa «sous la présidence d’Asselin, qui en fut l’âme et souvent le corps.Elle adopta un programme, basé sur les principes essentiels que je soutenais depuis près de quatre ans et que nous avons continué de défendre depuis.L’une des premières manifestations de la Ligue fut d’organiser un meeting de protestation contre un voeu adopté par le Congrès des Chambres de Commerce de l’Empire, réuni à Montréal, en août 1903.Ce voeu se formulait ainsi: "Ce congrès affirme en principe que c’est le devoir des colonies autonomes de contribuer au coût de la défense de l’Empire." A la réunion de la Ligue, Asselin avait invité, entre autres orateurs, M.Rodolphe Lemieux, député libéral de Gaspé, et M.Chauvin, député conservateur de Terrebonne.Lemieux, empêché de s’y rendre, me pria de lire à rassemblée une longue lettre, dans laquelle il approuvait sans réserve l’objet de la manifestation.S’appuyant sur Tattitude et les déclarations du premier ministre, à la conférence de 1902, il dénonçait, comme "un principe absolument faux, l’obligation pour les colonies de participer à la défense de l’Empire”.Il se joignait à nous pour protester contre la “résolution intempestive adoptée par le Congrès’’.Inutile d’ajouter que M.Laurier eut pleine connaissance de cette lettre et qu’elle ne nuisit en aucune façon à l’avancement du député de Gaspé, futur solliciteur-général, ministre des postes et ministre de la marine.* * * Les membres de la.Ligue m’avaient demandé de faire connaître leur programme dans deux ou trois assemblées publiques, dont la première devait avoir lieu à Québec.Sur les entrefaites, je fus invité à parler à l’inauguration d’un club impérialiste, à Toronto.Je saisis l’occasion aux cheveux.C’est donc à Toronto, le jour de la fêle du roi, 9 novembre 1903, et dans un milieu archi-impérialiste, que je développai, pour la première fois, les grandes lignes du programme nationaliste.Le club en creva du coup! Un mois plus tard, le 8 décembre, nous inaugurions la campagne à Québec, dans une immense assemblée convoquée à la salle des manoeuvres.Asselin avait fait imprimer — au Soleil, si je ne me trompe — et distribuer d’avance le programme complet de la Ligue, qui contenait, entre autres, les articles suivants: 3.Autonomie militaire : (a) Abstention de toute participation du Canada aux guerres impériales en dehors du territoire canadien.(b) Résistance à toute tentative de recrutement que ferait l'Angleterre au Canada.(c) Opposition à l’établissement d'une école navale au Canada avec le concours et pour le bénéfice de l’autorité impériale.(d) Direction de notre milice et de nos écoles militaires, en temps de paix comme en temps de guerre, au point de vue exclusif de la défense du territoire canadien.—Refus absolu de tcjt congé demandé par un officier de milice en vue de prendre part à une guerre impériale.(e) Commandement de la milice canadienne par un officier canadien nommé par le gouvernement canadien.« Voilà qui ressemble fort aux principes que nous avons opposés à la loi navale de 1910.Or, en 1903, ee programme “démagogique” et “déloyal” scandalisait si peu M.Laurier et ses collègues, qu’ils nous prêtèrent gratuitement le manège militaire pour l’exposer au peuple de Québec.L'un des ministres nous obtint l’annonce de rassemblée sur tous les tramways de Québec.Le Soleil nous fit une réclame superbe avant.et nous couvrit de fleurs après.La réunion fut présidée par M.Ernest Roy, député de Montmagny à la Législature, plus tard député de Dorchester au parlement fédéral.Toute la prépotence libérale “ornait” l’estrade.Les frais d’organisation furent couverts par une lisfe de souscription sur laquelle s’inscrivirent avec empressement la plupart des sénateurs et des députés libéraux.demeurant à Québec.Il n’est que juste d’ajouter que plusieurs conservateurs importants noms manifestèrent quelque sympathie.Ils y mirent plus de discrétion à cause de notre “tare d’origine”.C’était chose grave que de se compromettre avec un rouge! Et puis, en ce temps-là comme aujourd’hui, le courage et l’audace n’étaient pas les vices d’habitude des bleus orthodoxes.Ai-je besoin d’ajouter que M.Landry fit toujours remarquablement exception?Mais il y a beau 'temps que le sénateur n’est plus compté au nombre des orthodoxes! L’Evénement parla avec beaucoup d’éloges de la Ligue, de son pro-granime et de ’’orateur qui l’avait expliqué — comme je le prouvai à la Chambre des Communes, à la session suivante, le jour où mon excellent ami, T.C.Casgrain, voulut faire au gouvernement un crime de ses complaisances à l’endroit des nationalistes.* -K * Une élection se préparait alors à Montmagny, à cause de la disparition de M.Choquette, nommé juge de la Coiir Supérieure par le ministère libéral, en dépit de sa campagne anti-britannique de 1896.Armand Lavergne, déjà membre du comité directeur de la Ligue nationaliste, posa sa candidature libérale et réclama mon appui, afin de marquer nettement ses affiliations nationalistes.J’aurais préféré, je l’avoue, qu’il ne passât pas sous les fourches caudines d’une convention libérale.Toutefois, pour sauver l’essentiel, je trouvai plus loyal de prévenir M.Laurier et M.Fitzpatrick que si Lavergne était choisi, le gouvernement devait s’attendre à ce qu’il soutînt à la Chambre les principes nationalistes.Le premier ministre y acquiesça avec une certaine répugnance.Il commençait à trouver que le mouvement prenait pas mal d’extension et menaçait d’échapper à son contrôle.Une fois Lavergne choisi par la convention libérale, les chefs cherchèrent à l’acculer dans un coin, en lui demandant de signer une formule écrite par laquelle il se serait engagé à appuyer toutes les mesures du gouvernement.Il s’y refusa crânement flt se fit élire comme libéral-nationaliste, avec l’appui de toutes les forces libérales, ministres en tète.Sa première manifestation publique fut d’adhérer sans réserve au programme nationaliste, que j’exposai à Montréal, le 21 février 1904, dans une réunion monstre convoquée au théâtre National par la Ligue, sous la présidence d’Asselin.*• * * A cette assemblée, nous protestâmes contre la nomination de sir Frederick Borden au comité de la défense impériale.Sir Wilfrid Laurier s’empressa de me faire tenir que nous avions grand toi't de nous inquiéter des Agissements du ministre de la milice, attendu, disait-!!, que sir Frederick était un vrai nationaliste et qu’il avait soutenu, à Londres, les mêmes principes que nous affirmions à Montréal.J'cs.««a bientôt la preuve.Le ministère préparait une refonte des loi* de la milice.Avant de soumettre son projet à la Chambre, sir Frederick me le communiqua.Nous eûmes plusieurs conférences; il accepta certaines modifications que je lui suggérai.Il daigna même me remercier avec effusion des services que je lui avais rendus.C’est en préparant celte révision que le ministère libéral fit rétablir un dispositif important des lois antérieures à la Confédération et éliminé de la Loi de 1872: celui qui déclare que la milice du Canada ne peut être appelée aux armes “que pour la défense du Canada.” Tl n’est (juc juste de répéter ici ce que je déclarai à la Chambre: ce texte, le ministre l’avait introduit de lui-même avant de me communiquer son projet de loi.Inutile d’ajouter que je l’en félicitai chaleureusement.Cette reconnaissance de la doctrine nationaliste en matière de défense militaire souleva Vire des jingos, à commencer par le pétulant Sam Hughes, dont 1rs relations intimes avec le ministre — cl les carabines Ross — no résistèrent pas au besoin de jouer son rôle de gendarme de ’Empire.Le ministre fil bravement face à l'orage, fl soutint avec raison que 'ctte limitaion, bien que disparue du texte des lois, était restée dans l’es-aril de la constitution, et qu’il convenait de la rétablir afin de prévenir mit malentendu.Tl affirma que les fonctions de toute milice territoriale tont, de leur nature même, limitées à la défense du Territoire.C’est au cours de ce débat que sir Frederick Rorden fit l’aveu, remarquable dans sa bouche, que pour expédier des troupes en Afrique, le gouvernement avait dû violer la constitution et agir en dehors de toute loi- C'est aussi vers le même temps, si je ne me trompe, que le ministère congédia brusquement lord Dundonald., Effrayés par les cris de putois des torys et des jingos, quelques bons grits d’Ontario, atteints de colique chronique, voulaient forcer les ministres à revenir sur leur action.Grâce à la fermeté de M.Fisher, toujours prêt au devoir, lui, M.Laurier tint bon.Il ne méprisait pas encore les “applaudissements des nationalistes”.Tout ce qu’il demandait, c’est que nos applaudissements, en cette occurrence, fussent discrets, afin de ne pas augmenter Tire des jingos.Je me souviens encore de l’air de triomphe avec lequel M.Fielding me disait: “Nous allons montrer à ces Anglais insolents qpe nous pouvons nous passer d’eux et les mettre à leur place! Bref, les relations du groupe nationaliste avec le ministère libéral étaient alors excellentes.Notre succès était si marqué, nos idées avaient fait un tel progrès que je songeai sérieusement à une retraite momentanée afin de réparer les brèches que cinq années de lutte intense et sans trêve avaient faites à ma santé et à mon modeste patrimoine.La Providence et son self constituted représentant, sir Wilfrid Laurier, en avaient décidé autrement.Henri BOURASSA.La fin du débat UNE ATMOSPHERE FUNEBRE.— LE TOUR DU SENAT.La Chambre vient d’adopter le projet de loi Borden.C’est une victoire qui ressemble à un enterrement et autour de laquelle tout le monde sent qu’il flotte quelque chose de funèbre.La Gazette elle-même, si ardente depuis quelques mois à célébrer les succès gouvernementaux, n’ose plus hisser ses pa.villons.Ses titres soulignent au contraire le désarroi de la Chambre: Parig Ranks are Broken on Third Reading.Cette réserve et l’évidûntç tristesse des chefs se comprennent.Prétendre sauver l’Empire et lui apporter le témoignage de l’affection spontanée du peuple canadien —et ne pouvoir garder autour du drapeau la majorité toujours fidèle; Prétendre traduire les aspirations et les passions de la foule — et ne pouvoir faire adopter la loi que par la force et grâce à l’appui de gens «pii, trahissant leur parole, o’osent même pas fournir au peuple une explication quelconque, Cela n’est vraiment pas très gai, et nous comprenons que cette tragi-comédie se soit terminée dans une sorte de demi-silence, où le dégoût le disputait à la lassitude.M.Borden songeait aussi, j’imagine, au fameux “effet moral” qu’aurait en Angleterre et en Allemagne cette manifestation de “l’enthousiasme” du peuple canadien.Et cela ne devait point ajouter à sa fierté! * * * C’est maintenant au tour du Sénat d’entrer en scène.Il a toutes les raisons du monde de tuer ce bill malvenu, — qui excède les pouvoirs constitutionnels du Parlement canadien, qui renverse les bases de notre politique tradi-tiooelle et pour lequel le gouvernement n’a reçu du peuple aucun mandat défini.Le Sénat a rarement eu plus belle occasion de prouver son utilité et de rendre service au pays.Orner HEROUX.Les Gouttes de Lait La clôture officielle du premier congrès des Gouttes de Lait aura lieu dimanche soir au Monument National, sous la présidence conjointe de Sa Grandeur Monseigneur l’archevêque et de M.le maire de Montréal.Comme on le verra dans l’annonce que nous publions ailleurs, le comité espère que la population de Montréal se rendra compte de l’importance qu’ont eue ces réunions et qu’elle se rendra au Monument National, dimanche soir, pour entendre la lecture du rapport que fera des travaux du congrès M.le docteur Edmond R.Dufresne, Nous sommes nous-mêmes trop convaincus que les «nseignements qui se dégagent des travaux faits au congrès devraient être connus dans toutes les familles, pour ne pas joindre nos instances à celles du comité.Comme l’ont fait remarquer tous les médecins, la lutte contre la mortalité infantile se fera d’abord par l’einseignement maternel et c’est pour cela que toutes les mères devraient se faire un devoir de lire les comptes rendus qui ont été faits des travaux, quelque arides qu’ils semblent être, d’entendre le résumé qu'en donnera le secrétaire, dussent-elles pour cela s’imposer un dérangement.Si la paroisse de l'Enfant-Jêsus a vu diminuer non seulement sa mortalité infantile, mais aussi, par répercussion, sa mortalité générale, c'est aux conférences maternelles qu’elle le doit et c’est parce que les mères ont suivi attentivement ces conférences, et qu’elles ont religieusement obéi aux conseils qu’on leur donnait A la consultation de nourrisson*.F.P.Les Etats-Unis et le Guatemala Il y a une vingtaine d’années, des sujjets britanniques consentaient, dans un but de lucre, des prêts généreux au gouvernement du Guatemala ou à différentes organisations nationales de cette république.Les prêteurs anglais savaient vaguement que le Guatemala était un pays de troubles et de perpétuelles révolutions, mais ils croyaient l’occasion bonne pour y faire de bons placements.Le Guatemala, de son côté, tablait sur sa foi en l’avenir et sur la protection que la doctrine Monroe lui assurait contre les importunités de ses créanciers européens.Mais il se trouve aujourd’hui que les faits n’ont pas répondu aux espérances de son gouvernement en matière de revenus, et que la doctrine Monroe est allée rejoindre les vieilles lunes, comme tant d’autres doctrines populaires de la même époque.Les créanciers anglais ont obtenu de leur gouvex ement.l’envoi d’un navire de guerre pour appuyer auprès du gouvernement du Guatemala le règlement de leurs comptes en souffrance.Sous la menace des canons, le Guatemala s’est exécuté, non, toutefois, sans avoir adressé un appel à Washington — sans grand succès.M.Bryan, secrétaire d’Etat dans l'administration Wilson, a bien demandé au gouvernement britannique de surseoir à l’exécution de ses menaces, mais le croiseur Aeolus n’en a pas moins continué sa route vers les côtes du Guatemala.Cet incident est significatif.1! indique que les Etats-Unis n’entendent plus prendre sous leur protection les républiques latines qui se font un paravent de la doctrine Monroe pour refuser dé payer leurs justes dettes.La doctrine Monroe est un peu désuète aujourd’hui.A l’époque où elle fut proclamée, les finances internationales étaient moins compliquées et les financiers internationaux moins influents.Surtout, les New-Yorkais étaient peu nombreux qui avaient intérêt, comme l’Angleterre, la France ou l’Allemagne, à forcer la main aux petites républiques besogneuses.Ils voyaient d’un mauvais oeil les créanciers européens venir exiger des règlements de comptes de ce côte-ci de l’Atlantique, parce que les intérêts américains s’en trouvaient contrecarrés.Aujourd’hui, le créancier britannique, dans l’intérêt de qui un navire de guerre anglais est envoyé dans l’Amérique Centrale, peut aussi bien être un Y’ankee de la Nouvelle-Angleterre transplanté à New-York qu’un Juif russe ou allemand transplanté à Londres.Le président Monroe, père de lu doctrine qui porte son nom, n’uvart probablement pas prévu cela.Uldéric TREMBLAY.M.Paul-Emile Lamarche Une carte de M.Psjul-Emile Lamarche, datée de Mayence, et adressée à notre directeur, nous apprend que la santé du jeune député de Nicolet se rétablit, trop lentement sans doute, mais sûrement.Tous ses amis apprendront avec plaisir cette nouvelle.M.Lamarche, à qui sont parvenus certains journaux du Canada, nous remercie particulièrement devoir constaté qu’il n'avait pas voulu être “paire” et qu’it avait, avant son départ, tenu à marquer nettement son attitude sur la question navale.Malade ou en santé, dans l’opposition ou au pouvoir, celui-ci tient également sa parole.Demain Nous donnerons demain la suite des Notes d’Art de M.Fabien, une Causerie littéraire de M, Alphonse Beauregard, une lettre de France jle M.Joseph Denais et, dans la Page littéraire, des vers de Péguy, un discours rie Maurice Barres, une étude sur Mallarmé professeur.BILLET DU SOIR Au bord de la mer Il g a des gens qui ont eu la curiosité d’acheter mon livre.Quelques-uns ont eu le courage de le lire.Plusieurs me l'ont payé.J’ai donc de l’argent; — rien de plus léger à varier! Et me croyant riche, j'ai filé à Atlantic City.Le matin, je me promène au bord de l’eau; le soir, je me promène sur l’eau; vers midi, je me promène dans l’eau.Bientôt tout mon argent sera à l’eau.Cette eau, on le comprend, me retrempe.La mer est une.grande “retrem-peuse".Qui donc a dit qu’elle est perfide comme la femme?Que son manteau vert enveloppe des tricheries féminines?"Perfide comme l’onde!” Allons, qu’est-ce qu'elle Ipur a donc fait, à ces chercheurs de mots, pour qu’ils ne puissent prendre l’une sans calomnier l’autre?La mer ne m’a jamais caché son amertume; elle est sincère.Quand elle rit au soleil, je la vois jusqu’au fond.Quand la brise la chicane et la gifle, elle ne médite pas avec rage des intrigues; elle gémit et plus souvent elle chante.J’accorde qu’elle aussi est changeante, elle monte et elle baisse; mais on le sait, elle en avertit, on peut dire quand ça va venir rien qu’à voir le cadran; elle rentre à l’heure.Au reste, elle fait bon ménage avec le ciel, ne divorce jamais.S'il est triste, elle est triste avec lui.Même couvert de nuages, il peut encore s’y mirer, comme un mari au fond des yeux fidèles de sa compagne.Elle lui fournit, il est vrai, des larmes; mais quand il les verse dans son sein, elle pleure avec lui.Reconnaissons-lui un trait féminin: elle ne se garde pas d'être coquette.Elle jase avec le premier vent qui passe, le laisse jouer dans les franges de sa robe bien satin, le suit jusqu’à la rive, et ne va pas plus loin.Elle le quitte à regret, en dénouant sa belle chevelure chargée de perles; — mais ions ses cheveux sont à elle.Elle est claire, elle est vierge, tant qu’elle ne s’approche pas des villes, ou plutôt que les villes ne s'approchent pas d’elle.Modeste, elle possède des merveilles qu'elle cache, comme d’autres se tourmentent pour montrer des vertus qu’elles devraient posséder.Depuis si longtemps, elle est la mère nourricière des pauvres! elle berce et câline leurs frêles barques et leurs bateaux lourds, et jamais elle n’a demandé de suffrage! Ce n’est pas elle qui voudrait changer de sexe, même si Dieu y consentait! Qu’est-ce donc que la mer leur a fait ,à mes camarades faiseurs de comparaisons, pour leur permettre d’écrire: "La femme est plus perfide que Tonde?” Frank LEMARC -:- — i — - Sur le Pont d’Avignon.Us ont héroïquement continué de se taire?Est-ce un reste de pudeur ou l'impossibilité de tenter une justification?* * * M.Sévigny, pourtant, est grand parieur et M.Rainville n’a pas dû perdre la voix, depuis les campagnes d’antan.m m m De M.Nantel, il restera, aux archives de la Chambre, un puissant plaidoyer contre l’impérialisme — et un vote, non expliqué, en faveur de ce même impérialisme.Le contraste sera instructif.» * • Quant à M.Coderre, il songe à l’assemblée de Saint-Henri et à sa main dressée contre la politique de M.Laurier et celle, “non moins néfaste”, de M.Borden.* * * Tout de même, si ces gens-là aavient eu le respect de leur parole, le projet était à l’eau! • * « M.Gouin ouvre deux comtés et fixe les élections à dix jours: il a toujours aimé donner à l’opposition le temps de se retourner! * * * Les bébés de Winston Churchill ne peuvent se promené» que sous la protection de la police, par crainte «les suffragettes.Do.s femmes tyrannisant jusqu’aux bébés, c’est un .spectacle peu banal.* * * Un député américain propose de nous concéder quelque cinq cents milles de territoire pour faciliter notre accès à la mer.On ne sait pas encore quel quid pro quo exigeront nos voisins, mais il serait étonnant qu’ils n’en exigent pas un.* * * Voici le Dr Montague qui vient de réapparaître dans la politique du Manitoba.Combien de gens te croyaient encore de ce monde?La vie passe si vite.Le Veilleur.M.L'Espérance M.L’Espérance, député de Motnt-magny, n’a pas jugé à propros d’expliquer son attitude à la Chambre, mais il aura dimanche l’avantage de la discuter contradictoirement avec Armand Lavergne.C’est une compensation! Elle sera peijtrçUc offerte à quelques autres.LETTRE D’OTTAWA La troisième lecture du bill naval.— Le gouvernement a 33 voix de majorité.— Séance calme Ottawa, 15.— M.Borden vient de remporter sur la gauche un succès temporaire.A onze heures quarante-cinq, ce soir, la Chambre votait la troisième lecture du bill naval, à une majorité de trente-trois voix.La séance fut d’un calme ennuyeux.Pas de scène violente, pas de grands cris; de maigres hourras, à droite, de rares exclamations, à gauche.Des discours ternes et une série de votes closent le débat naval commencé le cinq dé-cembre dernier.Le bill Borden disparaît du feuilleton de la Chambre, pour n’y être inscrit derechef que quand il reviendra du Sénat.Car U en .reviendra, cela ne fait pas de doute, mais amendé, par la majorité libérale, de manière à n’être pas acceptable au ministère.Et c’est ainsi que, après un débat d’une longueur et d’une violence remarquables, l’étude du bill naval Borden se clôt dans une dernière scène, sans éclat aucun, celle-là, devant des tribunes à demi-vides, et une députation lasse de l’effort déployé depuis cinq mois.Pas d’application de la clôture: et, de tout le monde, les députés pseudo-nationalistes rivés aux banquettes de droite par le patronage, en dépit de leurs belles promesses de jadis, ont l’air le plus piteux.car ils songent au lendemain.Le reste de la Chambre semble content d’avoir enfin expédié pour un temps le bill Borden.Une page d’histoire se ferme temporairement, où les deux partis apparaissent comme des contempteurs des droits du peuple.I MM.Laurier et Borden ont, au cours de la soirée, fait les deux seuls discours un tant soit peu importants de la journée.Non pas qu’ils aient, l’un et l’autre, exprimé un argument un tant soit peu neuf, découvert quelque nouveau point oublié au cours du débat interminable.Tous deux se cantonnent sur le terrain déjà mille fois parcouru par eux, leurs lieutenants et leurs soldats.Ils résument leurs thèses du cinq et du douze décembre, y prodiguent, niais d’une voix comme fatiguée de répéter encore ce qui s’est tant de fois dit, les mêmes arguments et les mêmes sophismes.A peine s’ils prennent le soin de mettre à jour leurs raisons à l’appui de leur programme.Citations déjà maintes fois reprises, coups de pointes émoussées à toujours frapper les mêmes plastrons d’escrimeurs, aux mêmes endroits, c’est le même duel qui recommence.Us résument leurs feintes et c’est à peine si leurs partisans font mine de suivre d’un peu près le jeu des fleurets boutonnés.Quant aux autres orateurs, rien ne ressort de leurs discours, sinon qu’ils en sont rendus à la corde.Pas un argument ne tient debout.Et cependant c’est à travers des riens que les députés se promènent, Pair assommé d’ennui, pendant toute la journée.M.Pugsley, ce champion do la loquacité, ce Don Quichotte des règles parlementaires, auxquelles il a néanmoins fait maints accrocs, est descendu de sa haridelle et, mélancolique, muet, l’air penaud, a rompu sur son genou la lance de l’obstruction.M.Carvcll souffle à peine mot de la séance et c’est comme .si fous les bruyants personnages de la gauche avaient été chloroformés, tant la paix règne partout.Rarement événement aussi important que celui de ce soir s’est passé de manière aussi terne.On eût dit que, tout au fond, les deux partis avaient honte de leur attitude, II Dès l’avant-midi, M.Borden propose la troisième lecture du bill.Elle n’aura lieu que douze heures plus lard, quand la Chambre a écarté, à des majorités qui varient de 45 à 33, cinq amendements de la gauche, dont un, — le renvoi du bill à six mois, — reçoit l’adhésion de MM.Achini, Barrette, Bellemare, Guilbault et Boulay.M.German est le premier à saisir les Communes d’un amendement.Il offre de voter le cadeau de trois dreadnoughts à la Grande-Bretagne, à la condition expresse que le parlement vote cette somme au fur et à mesure, au Heu de la voter en bloc.M.Borden repousse celle offre de compromis, qu’il ne trouve pas sincère.Et, dès midi et demi, par un vote de 85 à 46, le ministère, à une majorité de 39 voix, fait écarter ce premier projet d’amendement.M.Lemieux entre alors en scène.Il voudrait que tout sc fît sous l’empire de la loi navale Laurier de.1910.A ce propos, il fait un assez bref discours, où, comme tous les oppositionnistes qui parlent aujourd’hui, il parle de l’alliance tory-nationaliste.C’est le refrain obligato de la gauche, surtout depuis que M.Laurier a entonné cet air à Toronto, Dès trois heures quart, après de brèves paroles de M.Borden, la motion de M.Lemieux mise aux voix recrute 49 oppositionnistes contre 94 ministériels.Le gouvernement a 45 voix «le majorité, la plus considérable de la journée.M.Carvcll, à son tour, demande que nul navire de guerre construit avec l’argent canadien ne le soit sans demande publique préalable de soumissions.La Chambre a déjà discuté* ce sujet.M.Borden, en deux mots, l’air lassé, répète qu’il n’a que faire de ce texte.A une majorité de 41 voix, la Chambre le jette donc au panier, vers les quatre heures.Voici maintenant Y!.Carroll, du Cap Breton, avec son amendement de vendredi dernier.M.Carroll, cette fois-ei, a tout le champ qu’il lui faut.Il propose que nos navires soient construits, autant que faire se peut, avec des matériaux canadiens.Peine inutile, il en est pour son discours.MM.Borden et Burrell tentent d’en établir la fallacité.Et la Chambre, à cinq heures cinquante du soir, fait mine de croire les arguments de ces ministres, et écarte à une majorité de 44 voix, — 102 à 58, — l’amendement Carroll.M.Guilbault ,1e député de Joliette, se lève alors.Mais comme M.Laurier veut aussi parler et se dispose à le faire, M.Guilbault remet ses remarques à plus tard.Et M.Laurier, dès huit heures, commence son dernier discours sur la question navale, avant la troisième lecture du bill Borden.Ill A huit heures, peu de monde dans les tribunes.M.Laurier débute en disan.411e la discussion libre du bill naval a cessé vendredi soir dernier, alors que le ministère, grâce à la clôture, fermait la bouche à la gauche.“Mais nous avons fait notre devoir, tout notre devoir, et nous n’avons rien à nous reprocher”, dit le chef de l’opposition."Et nous serions prêts à recommencer, dans les mêmes circonstances”, ajoute-t-il.M.Laurier reprend ensuite quelques-uns des arguments de la droite, les dit fallacieux, et répète pour la centième fois, peut-être, la légende incroyable de l’alliance tory-nationaliste.“Le groupe de Québec, dit-il, a forcé la main à M.Borden et l’a contraint à dire que la loi navale de 1910 n’est pas la loi navale canadienne par excellence.” Peu de députés trouvent la tirade neuve, comme peu de députés goûtent la saveur d’une plaisanterie facile au cours de laquelle M.Laurier propose «pie nos trois dreadnoughts vides d’hommes s’appellent symboliquement “Pelletier”, "Coderre” et "Naiitel”.Un peu plus loin, il reprend une citation faite par M.Ames d’un discours de M.Churchill et il en profite pour réaffirmer sa foi en une organisation navale canadienne.Le discours de M.Borden, le 29 mars 1909, lui sert encore d’argument pour confondre M.Ames, qui veut, dit-il, d’une contribution directe et permanente.L’Amirauté, veut ensuite établir M.Laurier, trouvait la politique navale de 1910 aussi acceptable que celle de M.Borden.“Nous sommes prêts à porter notre part du fardeau impérial et à faire honneur à 1.0s obligations de sujets britanniques, de la manière acceptée de toute la Chambre en 1909, quand M.Borden, avec nous, et M.Foster aussi, votait en faveur de l’établissement d’une marine canadienne autonome”, dit le chef de l’opposition.M, Laurier entre alors dans la partie la moins contestable de son discours.II fait table rase de l'argument ministériel que, parce que la Grande-Bretagne a prêté de l’argent à un haut taux d’intérêt, au Canada, celui-ci doit absolument lui offrir 35 millions, — trois navires de guerre.“A ce compte, dit M.Laurier, tous les pays qui ont emprunté de l’argent anglais, nu chez lesquels la Grande-Bretagne a fait des placements, devraient lui offrir des dreadnoughts! Où cela mènerait-il l’univers?11 contribuerait tout entier à la marine britannique.C’est le comble de l’absurde.Et il est aussi enfantin de dire que nous devons de l’argent à {SUITE A LA 2ème PAGE) DEMAIN : La contribution et le devoir du Sénat, par M.Henri Bourassa, 2^6366 LE DEVOIR.MONTREAL.VENDREDI.16 MAI iwir VOL.IV.— No.IT2 LETTRE D’OTTAWA ( SVITE DE LA 1ère PAGE) ia Grande-Bretagne parce qu'elle a défendu le Canada dans le pa.ssé.Si la métropole a des colonies et veut les garder, ne doit-elle pas d’abord les défendre?” M.Laurier admet que le Canada doit témoigner sa gratitude à la Grande-Bretagne, parce qu’elle nous a donné la liberté et un gouvernement responsable.Québec surtout devrait être reconnaissant.Mais est-ce payer une dette de gratitude que de prêter trois navires à la Grande-Bretagne à la condition expresse que nous les retirerons de ses escadres quand nous le désirerons?Trompe-l’oeil pour les impérialistes, attrape-mouches pour les nationalistes que cette politique, dit M.Laurier.Il entonne derechef la scie de l'attaque tory-nationaliste concentrée sur lui, entreprend de réfuter l’article de M.Bourassa sur le nationalisme ct|comjtg général, surtout la quatrième Au sénat Sénat, 15 mai 1913.La mesure ministérielle concernant le service de la télégraphie sans fil a été référée au comité sur la recommandation du sénateur Casgrain pour permettre à la compagnie de navigation Richelieu et Ontario de faire certaines observations sur l’opportunité de rétablissement de tel service sur les bateaux qui ne font que le service de bateaux-passeurs, comme entre Toronto et Niagara.I notre correspondant) Fraserville, IB.— La maison du jardinier de sir Hugh Allan, à Cacou-na, a été incendié dimanche.—M.l'abbé Albert Labrecque, vicaire à Saint-Patrice de Fraserville, s’enrfbarquera pour l’Europe à bord de la "Touraine”, de ur objet la remise de la queue de En Cour Suprême LA ONTARIO ASPHALT BLOCK CONDAMNEE AUX FRAIS DANS L’APPEL CONTRE MONTREAL.nion Saint-Pierre, à son assemblée du 11 mai courant, a passé la résolution suivante : Attendu qu’un comité d’oeuvres sociales catholiques a été organisé à Sherbrooke, à la demande expresse de Sa Grandeur Monseigneur l’Evêque du diocèse, Attendu que le but de ce comité est poêle du l’Alaska au gouvernement britannique, afin d’éviter toute cause de* froissements dans l’avenir.La queue de poêle est ce lambeau de cotes qui prolongent l’Alaska au sud-est et qui s’étend sur une distance de 536 milles lu long de l’océan Pacifique.L’idée n’est pas de M.Stephens, mais elle lui a été suggérée par l’Union de s’occuper des oeuvres suivantes, sa- ,l:li.vefseI,.e de ’ft Pajx* de Phi'mMphie.— - - - A la demande de cette organisa- voîr: Réalisation des voeux du congrès de la Langue française, formation de bibliothèque, fondation de caisses populaires, lutte contre l’alcooli-me, bonne presse, étude des questions ouvrières, etc.Attendu que dans sa lettre de convocation, Sa Grandeur Mgr l’Evêque de Sherbrooke disait: “Il faut d’abord travailler à conserver ou à rendre à notre belle langue la place qui lui revient de droit à nos foyers, dans nos _ __ ____________________ ________ „„ églises, dans nos écoles, dans le mon- tannique et de la suppression d’une de de la magistrature, du commerce, cause possible de disputes dans l’ave-de l’industrie et de la politique; nir.Attendu que l’un des buts de notre i L^ résolution est précédée d’un long société l’Union Saint-Pierre est: |préambule dont les considérants oxpo- “(4) Travailler à la conservation dei-"Gli' I‘'s motifs des auteurs de In pro-l’amour et de l’usage de la langue position.En voici le résumé, tion, M.Stephens a proposé, hier, une résolution invitant le président Wilson à se mettre en communication avec la Grande Bretagne en vue de la formation d’une commission internationale chargée de trouver un plan de rectification de la frontière de l’Alaska à l’avantage des deux nations.La résolution no dit rien d’une compensation en retour de la cession de ce territoire de la queue de poêle, en dehors de la bonne bolonté de la nation bri française et à propager le progrès de la foi et des institutions catholiques”; Attendu que l’un des buts du comité de Sherbrooke est absolument identique à celui de PU.S.P.plus haut cité et que les deux organisations ont un caractère de fj-aternité.Il est en conséquence proposé par T.Proulx, appuyé par A.Bédard, et adopté à l’unanimité que le cercle Saint-Louis No 27 de Magog de l’U.S.P., exprime sa gratitude à Sa Grandeur Mgr de Sherbrooke pour avoir pris l’initiative d’un mouvement dont l’un des buts est identique à l’un de ceux de notre société, et le prie de vouloir bien compter sur le concours le plus absolu de notre cercle à son oeuvre, notre cercle, en retour, comptant sur l’aide du comité à l’occasion.Que le Cercle Saint-Louis No 27 de l’U.S.P.offre ses félicitations aux hommes qui ont bien voulu répondre à l’appel de leur Evêque et se charger de l’exécution d’un projet d’action sociale dont le besoin se faisait sentir depuis quelque temps déjà, et leur exprime son admiration.” Un comité de finance impériale Londres, 15 — M.Watt, premier ministre de Victoria, a suggéré hier que le gouvernement impérial devrait créer un organisme chargé de s’occuper des finances des possessions d’outre-mer et d’aviser les ministres qui viennent à Londres chercher l’aide financière de la métropole.M.Watt fait remarquer que les finances des colonies sont d’une grande importance pour tout l’empire, presque aussi importantes que l’échiquier impérial.Cependant un homme comme lui, chargé d’une mission publique de haute confiance, se trouve dans la ville de Londres absolument dans la même position qu’un promoteur de compagnie particulière.M.Watt espère que le temps viendra ou cet “organisme” sera créé dans le gouvernement impérial, non pour négocier les emprunts des colonies, mais pour les aider dans leurs négociations et leurs projets en général.Le territoire du Yukon, la partie septentrionale de la Colombie-Anglaise et presque tout le bassin du Mackenzie, formant une superficie égale à la partie des Etats-Unis située à l’est du Mississipi, aves un climat semblable à celui de l’Ecosse, de la Scandinave et de la Russie septentrionale jusqu’à Moscou, sont exclus du libre accès à la route conduisant le plus directement au Pacifique, par la langue de côtes du sud-est de l’Alaska, longue de 536 milles et en quelques endroits large de 8 ou 10 milles seulement.Cette frontière contre-nature, créée pour répondre à des conditions qui ont depuis longtemps cessé d’exister, retarde le développement économique de ces terres des deux côtés, et provoque une irritation qui s’aiguisera de plus en plus à mesure qu’augmentera la demande de ces terres.“Cette situation offre aux Etats-Unis une occasion unique de doüner un exemple de la politique de conces-sioris mutuelles, pour rompre cette inertie des faits accomplis, cette superstition de l’immutabilité des frontières politiques, cette adhésion au “statu quo” qui sont les seuls obstacles aux concessions mutuelles que la raison réclame.“La célébration du centenaire de la paix qui a existé entre les deux rameaux des peuples de langue anglaise ne devrait pas se borner aux discours et aux cérémonies, mais devrait, si possible, être accompagnée d’un contrat dont la nature prouvera la sin' cêritê et le caractèse sérieux des participants.“Rien ne pourrait réaliser cet objet plus heureusement et avec plus d’efficacité que la suppression d’une cause d’irritation constance entre les Etats-Unis et le Canada, suppression qui serait en même temps le premier pas dans la politique des concessions mutuelles indispensables à la paix universelle.Ottawa, 16 — Une motion a été présentée par voie d’appel, en Cour Suprême, dans la cause de la Ontario Asphalt Block Company va.Montréal, sur un ordre du Réglstraire en Chambre, refusant de confirmer la juridiction de la Cour pour entendre l’appel de la compagnie.Cette poursuite fut intentée par la ville de Montréal pour des dommages évalués à $3,000, en conséquence de certains ennuis publics causés par la fumée et dont la compagnie était l’instigatrice.Une injonction fut demandée au cours du procès.Le juge président rendit un ordre pour une injonction perpétuelle à l’effet d’empêcher la compagnie de créer de nouveaux ennuis par la fumée, dans l’accomplissement de ses travaux.Le jugement porté en appel et qui fut rendu par la Cour d’Appel le 20 mars dernier, confirma l’ordre décrétant l’injonction perpétuelle.M.W.S.Scott, supporta la motion alléguant que c’était un ordre équitable qui ne pouvait être porté en appel, en vertu de la A.S.38 dea statuts de la Cour Suprême.M.J.A.Ritchie s’opposa à la motion, alléguant que l'action en était une de la loi commune de sa nature, que l’ordre pour l’injonction n’était pas un jugement final et que les dispositions du statut 38 de la Cour Suprême étaient gouvernées et restreintes par les dispositions du statut 48 de la même loi.M.Scott changea sa motion en une demande de privilège spécial, laquelle fut accordée à condition que l’appelant paierait les frais de la motion au défendeur.On entendit ensuite les plaidoyers dans la cause en appel de Montgomery vs Lumbers.Le jugement fut réservé.-t ü PACIFIOUI CANADIEN AUTOUR DU MONDE $639.10 EMPBESS OF ASIA de Liverpool, le 14 Juia PORT D’ESCALE Madeira, Cape Town, Durban, Colomba» Singapore, Hong Kong, Shanghai, Nagasaki» Kobe eU Yokohama.HÔTEL CALEDONIA SPRINGS MAINTENANT OUVERT ( BILLETS DE FIN DE SEMAINE MAINTENANT EN VENTE CHANGEMENT D’HORAIRE 18 MAI, GARE DE LA PLACE VIGER HORAIRES SUR DEMANDE TORONTO *9,05 a.m., et *10.00 p.nu A la gare Union Wagons-salon sur le train de jour *11,15 p.m., à la gare de la rue Yonge WAGONS A COMPARTIMENTS ET WA* GONS-LITS ECLAIRES A L’ELECTRICITE SERVICE DES GRANDS LACS Maintenant en vigueur Les navires partent de Port MoNicoll, tout les jours, excepté le vendredi et lo dimanche Un train part la veille au soir de Montréal pour faire raccordement.EXCURSIONS DE COLONS Billets d’aller et retour en vente pour Winnipeg, Edmonton et gares intermédiaire!.Tous lea mardi jusqu'au 28 octobre.Limite de retour 2 mois.GREVE EN PERSPECTIVE A HALIFAX Halifax, N.-E., 15.— Les employés de la Halifax Electric Tramway Com-, pany doivent se réunir à une heure demain matin, afin de décider s’ils se mettront en grève pour une augmentation de salaires.Ce soir, la compagnie a publié un avis notofiant les hommes que, s’ils ne répudiaient pas Sydney Mosher, l’organisateur, ils ne seraient pas plus longtemps considérés comme employés de la compagnie.Elle allègue pour raison qu’une entente touchant les salaires a été conclue il y a huit mois, et que cette entente a été abrogée par les conseils de Mosher.REUNIONS POUR CE SOIR.3e vendredi du mois: Les princes en auto Des princes européens de sang royal cantinuent d’accorder leur préférence à l’automobile à moteur Knight.Le dernier qui vient de s’ajouter à la liste des personnages royaux qui ont fait l’acquisition d’une Knight est le roi Haakon VII, de Suède.Il ne s’est pas contenté d’une seule, il a fait l’acquisition de deux : une voiture de tourisme et une limousine.Les autres ventes faites à des personnages royaux que l’on a rapportées cette Bftma’ine sont : cinq Minerva-Knights à l’hon.Maharaja de Pala-tia, Inde, et une à S.A.I.et R.l’archiduc Joseph Ferdinand d’Autriche.r NOUVEAU RESEAU Demain samedi, aura lieu l’ouverture du nouveau réseau du Montreal and Southern Counties Railway, iau village Richelieu.Le train après avoir laissé Saint-Lambert passe par le parc Greenfield, Saint-Hubert, Brookline, Chambly Bassin, Chambly Canton.L’on se propose de mener la ligne à Saint-Césaire et plus tard à Rougemont et Granby.Une blague d’étudiants Le “Cri de Paris” raconte une assez plaisante anecdote sur M.Dumont, du temps que ce ministre des Finances n’était encore que normalien.Quelques camarades vinrent le trouver un jour dans sa “tume” et lui dirent: —Mon vieux, il paraît que tu viens de remettre une copie de philosophie de tout premier ordre.On l’a montrée à M.Boutroux qui l’a lue et en dit merveille.C’est une page qui restera et qui fera date.M.Boutroux tient, d’ailleurs, à te parler immédiatement.Le normalien Dumont fit une pirouette de plaisir, arrangea soigneusement le noeud de sa cravate, se donna trois coups de brosse, six coups de peigne, et s’en alla frapper à la porte du cabinet où, comme vous l’avez deviné, un faux M.Boutroux l’attendait.Le faux M.Boutroux regarda l’élève Dumont avec un regard plein d’admiration: —Monsieur, lui dit-il, vous serez, vous êtes le premier philosophe de ce temps.Votre travail est tout à fait extraordinaire.Vous avez plus que du talent, Monsieur, vous avez du génie.Je ne peux appeler d’un autre nom le formidable esprit métaphysique dont vous êtes doué.Il est vraiment regrettable qu’un cerveau de la hauteur du vôtre ait si peu d’ambition que de.vouloir se consacrer au professorat.Quelle misérable carrière, Monsieur! .Ainsi, regardez, moi, je suis un homme arrivé.J’ai fait une belle carrière.Eh! bien, regardez, Monsieur.Ce disant, M.Boutroux monta prestement sur son fauteuil et, soulevant les pans de sa rédingote, dévoila au candide élève un fond de culotte dont le centre était scandaleusement troué.M.Dumont s’enfuit, épouvanté.BUREAUX DES BILLETS: 141 143 rue Saint Jacques.Tél.Main 8125 ou à T Hôtel Windsor, et avx gares Placs Viger et Windsor.LA SEULE ROUTE A DOUBLE VOIE Equipement de première clasae MONTREAL ET 9 a.m.,9.40 a.m.,7.30 p.m.,10.30 p.m Wagons-salon, restaurant et bibliothèque sur les trains do jour; wagons-lits Pullman éclairés h l’électricité, aur les trains de nuit.L’ “INTERNATIONAL LIMITED” LE TRAIN PAR EXCELLENCE AU CANADA Quitte Montréal pour Toronto et Ghica-(o à 9.00 a.m., tous lea jour».TAUX REDUITS POUR EXCURSIONS DE FIN DE SEMAINE, MAINTENANT EN VIGUEUR EXCURSIONS DE COLONS Billets aller et retour pour l’Ouest du Canada via Chicago, en vente chaque mardi, jusqu’au 28 octobre, è prix très réduits.Billets bons pour deux mois.BUREAUX EN VILLE 122 rue St-Jacques.Tél.Main 6905, Hôtel Windsor ou gare Bonaventura Les méfaits des suffragettes ELLES S’ATTAQUENT AUX EGLISES, PLACENT UNE BOMBE PRES DE LA GALERIE NATIONALE ET MENACENT D’ENLEVER LES ENFANTS.Londres, 16.— Les six suffragettes militantes qui ont été arrêtées pour conspiration lors de la descente de la police à leurs quartiers généraux, ont été condamnés à subir leur procès par le magistrat de la cour de police de Baw Street.Le chimiste Clayton devra aussi subir son procès; son cautionnement est fixé à $15,000.Les suffragettes ont détérioré hier une peinture dans un temple à East bourne.On a découvert hier une bombe près de la Galerie Nationale, un incendie dans un temple, des pelures de bananes placées pour écrire la devise “Votes for Women” sur un terrain de golf, une attaque sur les fenêtres des magasins, dans une ville de province, et plusieurs bombes.M.et Mme Winston Churchill ayant reçu des lettres dans lesquelles on les menace d’enlever leurs enfants, un détective de Scotland Yard se rend tous les matins à la maison du premier lord de l’Amirauté et accompagne la bonne et les enfants, où qu’elle aille pendant toute la journée.Départ pour l'Ouest du R.P.Duchaussois Ottawa, 16 — Nous apprenons le départ du Rév.Père P.Duchaussois, O.M.I., appelé à un important ministère dans la province de l’Alberta.Durant les dix années de son séjour à Ottawa le Révérend Père n’a cessé de semer le bien sur son passage.Sa franchis# et son affabilité l’avaient tout désigné pour être l’ami des humbles qui ont toujours trouvé en lui l’appui solide et sûr dont ils ont eu besoin.Son éducation lui avait aussi valu l’estime et le respect de gens plus haut placés, lesquels il a su intéresser à ses entreprises religieuses, et c’est surtout au Révérend Père Duchaussois que nous devons les nombreuses donations faites à l’église du Sacré-Cœur.Parmi les oeuvres qu’il a créées, citons l’Apostolat de la Prière, le cercle des zélatrices du Sacré-Cœur et n’oublions pas qu’avant tout il fut le propagateur infatigable de la Communion fréquente et de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, le premier vendredi de chaque mois.Ne semble-t-il pas que Dieu l’ait choisi pour cette œuvre le jour où il sauva le Très Saint-Sacrement de l’incendie de juin 1907, œuvre à laquelle le Rév.Père Duchaussois apporta, comme en tout ce qu’il entreprenait, toute son Sme, toute son énergie.Mieux que tout autre, le Rév.Père a su infiltrer, par la chaleur et l’éloquence EXPOSITION — du — KODAK A L’ARENA Tous les Jours de deux à dix p.m., avec lectures illustrées et vues animées, à trois et huit p.m.Amenez les garçonnets et les fillettes samedi après-midi.Lecture spéciale pour Jeunes gens.BILLETS DE FAVEUR CHEZ N’IMPORTE QUEL MARCHAND DE KODAKS convaincante de ses instructions et la foi personnelle qu’il y affirmait, l’amour du Cœur Divin dans celui de chacun de ses paroissiens.Nos félicitations à nos frères de l’Alberta pour l’acquisition d'un Père si dévoué; et, au Révérend Père Duchaussois, nos très sincères remerciements et nos plus amères regrets.Mariage et politique D’IMPORTANTS E V E N E M E NTS POLITIQUES RESULTERAIENT DE LA RENCONTRE DE GEORGE Y, NICOLAS III ET GUILLAUME II.(Service particulier) Londres, 16.— Le roi George partira lundi pour Berlin, où il assistera au mariage de la fille du Kaiser, samedi prochain.Le Czar de Russie sera aussi présent.Officiellement il n’y a rien de plus qu’une réunion de famille, mais on prévoit que de la rencontre des trois souverains résultera d’importants faits politiques.FEUILLETON DU DEVOIR VIEILLES GENS VIEUX PAYS par JEAN DE LA BRETE (Suite) Le temps était doux et beau, et j’avais décidé que nous irions à pied; autrement j’aurais demandé Vestel, le voiturier, qui attelle ses chevaux à ma berline quand je veux sortir en voiture.Je mis mon capot, et, ainsi en-capotée, je n’avais rien à craindre, même par un coup de vent.D'ailleurs, une centaine de toises, seulement, séparait mon hôtel de celui du maire, le comte Bréhal.La cous d'honneur était bien éclairée, et, près des grilles, se tenaient des Granvillaises qui voulaient voir le beau monde; elles échangeaient à demi-voix leurs impressions, et, comme je m’arrêtai un instnnU afin de renvoyer Alain, oui nous accom- pagnait, et lui donner mes instructions pour le retour, j’entendis les réflexions de ces bonnes pièces.“C’est le fieu qui craint de se salir les mains avec les soles.—Son uniforme le rend joliment gaillard! —Quel beau plumet, mes filles! —11 va voir la rose dii roc; est-elle passée?—Elle était en voiture.—Avez-vous vu comme cela brille sous le capot de Mlle de La Go-querie?Nous fîmes sensation en entrant dans le salon.On me voyait bien rarement (iniis le monde, et, quand je me dérangeais, chacun savait reconnaître ma condescendance.Aussi les Bréhal me firent-ils un accueil tout à fait honnête et galant.] Quant à mon neveu, il attirait tous les regards.Manuel Des Prclics vint me saluer et accueillit chaudement Bertrand.“Emmée?elle ne vient pas?demandai-je non sans inquiétude.—Elle est montée dans une eham.bre pour réparer un petit accident arrivé à sa toilette.Dans un instant, elle entrera.—Je suis allé pour te voir hier, lui dit Bertrand.—Oui, j’ai su et regretté.Je suis arrivé de Goutanees le soir, assez lard.—Sapristi, mon cher, quelle jolie servante tu as!” Manuel se mit à rire.“Une jolie servante! Les nôtres sont ridées comme pommes en avril.” Avant qu’il eût pu s’expliquer, Mlle Des Prélies était auprès de moi, et Manuel lui présentait mon neveu.En la reconnaissant Bertrand rougit comme une jeune fille, et le visage d’Hébé, qui m’avait paru un peu triste, devint éclatant de fraîcheur, pendant qu'elle haïssait les yeux, avec un ris malin au coin de sa jolie bouche.Sa robe fourreau était en mousse, line de l'Inde; deux petits volants brftdsè la terminaient.Une ceinture en tissu d’or, une rose au corsage et trois boutons dans les cheveux a paraient mieux que tous les sbi-¦joux de la terre.“Emmée, dit Manuel en riant, M.de Closraeneuc me complimentait sur la servante qui lui a ouvert la porte hier.—Inutile#dc faire allusion à cet incident, déclara Des Prélies, que Bertrand venait de saluer.Ma fille est une étourdie.” La jolie Hébé, assise près de moi, remuait impatiemment son petit pied et me dit tout bas: “Depuis hier, on me reproche mon étourderie; en entendant sonner si fort, je croyais que c’était Pascaline qui avait oublié sa clef.—Il n’y a aucun mal, répondis-je, et au moins les présentations trop •cérémonieuses deviennent inutiles.” Bertrand, pendant ses campagnes, s’était certainement vu dans des embarras plus cruels, mais je doute qu’il ait jamais ressenti la confusion que son visage exprimait.Il rompit enfin la glace par une invitation pour la première contredanse, invilation qu’il renouvela souvent.“Ce Breton n de l’aplomb, me dit M.Des Prélies.—Ce Breton est mon neveu, voisin, répondis-je sèchement, et votre cousin, qui plus est! —Je n’en dis pas de mal, répliqua-t-il un peu pincé et vous prenez bien vite la mouche 1 —Que la mouche ne se mêle pas de piquer, elle n’aura pas à se plaindre de moi.” J’aurais bien voulu voir que, sans rimes et sans raisons, mon neveu fût attaque par un Granvillais! Son père, passe encore! mais lui.“Vous savez que cette vieille Don-ville s'est fait coiffer hier pour avoir l’air plus jeune.Regardez-la un peu.—Elle n’est pas si mal! répondis-je, car, selon l’habitude, j'avais envie de le contredire.—Quelle idée saugrenue que de vouloir dissimuler la date de sa naissance que tout Granville connaît 1 Savez-vous que les Granvillaises lui ont lancé, il y a deux jours, son âge à la tête, pour se venger parce qu’elle marchandait un bar?.Elle était furieuse! —Les Granvillaises ont la langue bien pendue sur tout le monde, cousin! —Oui, je saisi.Ah! Mme de la Soucquetièrel II parait qu’elle a été d'une humeur massacrante aujourd’hui.Son pauvre mari ne savait où se fourrer.Voyez maintenant quels aimables sourires.—Mauvaise langue! -—Voici Mme Bcllegrange: aujourd'hui le bal, demain l’enterrement.” Il faisait allusion à un fait particulier de la vie de Mme Bellegran-ge, la doyenne de notre société.Très aimée, elle était, depuis «jaw- rante ans, invitée à conduire le deuil des dames aux enterrements dé distinction, qu’elle fût parente ou non des familles.Et si, par hasard, elle ne pouvait accepter l'invitation, on sentait bien que quelque chose manquait au convoi.“Une marque d’estime est toujours appréciable, repondis-je.—Oh! san doute!.Ah! voici Mme de Haute-Houle, digne comme une prêtresse.” Je m’empressai de lui présenter mon neveu, qui sut si bien lui plaire qu’elle en parut lout ensorcelée et l’invita, séance tenante, à la venir voir.Le bal se prolongea tard, et Doson ne cessa de gémir.“J’ai horreur de ces invasions, me dit-il, de ces visages qu'on ne connaît pas.—On ne peut les éviter dans une réunion comme celle-ci.—.Encore si on pouvait causer à loisir avec vous! Mais vous êtes entourée comme une jeune et jolie f emme.—Il ne manquerait plus qu'une La Coquerie fût délaissée! répondis-je.—Comment trouvez-vous le préfet?—Fort bien.—Il lui manque le je ne sais quoi du Granvillais.Je suis certain qu’il esl incapable de distinguer une péniche d’une corvette.Et tous ce» muscadins de sous-pré/ets sont accourus!.C’est amusant quand on a une fille.—Surtout une fille si entourée, m’empressai-je de répondre pour l’ennuyer.Demain vous recevrez des demandes en mariage.” Il secoua ses épaules pointues el s'en alla de mauvaise humeur, après m’avoir demandé pourquoi j’avais mis une robe dont la mode datait de 1790.D’abord je n’admettais pas les robes fourreaux et les robes courtes pour une femme de mon âge ; et puis je lui conseillais bien de parler, avec son habit olive et sa culotte amarante! Quant à ses mollets, dont il était très fier, tout Granville savait qu’ils étaient postiches.Sans la nature, qui lui avait donné cet air dont j’ai parlé, à quoi eût-il ressemblé au milieu des autorités cl des officiers en uniformes flambants, au milieu des étrangers, ses ennemis, habillés à la dernière mode?A suivre)! t
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