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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 24 mai 1913
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1913-05-24, Collections de BAnQ.

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VOLUME IV—Wo.119 MONTREAL, SAMEDI 24 MAI, 19U UN SCU LE NUMERO ABONNEMENTS: 1U «* Aànimflmtiaai EditioiTouotidienne : 1 1 -1 i B i a8 B I fi 11 i 1 ^ 7'* ^ SA,NT-JACQUES CANADA ET ETATS-UNIS .93.00 WÈ SI HR «B» B ^8 Bl SÈJbS?{ MOHTWBAU UNION POSTALE.$6.00 ggg » |§|| WM - Edition Hebdomadaire : Pi B WÈ « ^ WÈ a WkM WB WÈ |H «¦ TELEPHONES: s;i£^::*.v *î5S H J m_Æ H Jr m J WË B m M m Bl administration: m«.7m union postais Mfm + m m • • * $2.oo MbSTiIIIÉm wSBkidF' BHhB hR3b REDACTION: Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS / \ M.BORDEN ET LES MAITRES DE L’EMPIRE Nous avons souvent cité la réponse hautaine et péremptoire Que le premier ministre de l’Empire, M.Asquith, opposa à une demande analo-que à celle de M.Borden, formulée par le premier ministre de la Nouvelle-Zélande, à la Conférence Impériale de 1911.Sir Joseph Ward avait longuement exposé les détails d’un projet dont le but était de constituer un conseil ou parlement composé de délégués élus par le peuple des divers pays soi-disant “autonomes” de l’Empire.A ce conseil serait confiée la direction des forces impériales de terre et de mer, de la politique étrangère eî des iprincipales questions d’intérêt commun à tout l’Em-p.'re.M.Asquith disposa lestement de ce projet et des arguments de son collègue de la “nation-soeur”; “It would impair if not altogether destroy the authority of the Government of the United Kingdom in such grave matters as the conduct of foreign policy, the conclusion of treaties, the declaration and maintenance of peace or the declaration of war and, indeed, all those relations with Foreign Powers, necessarily of the most delicate character, which are now in the hands of the Imperial government, subject to its respon-slbllily to the Imperial Parliament.THAT AUTHORITY CANNOT BE SHARED.(1) "Cette autorité ne peut être partagée.’’ Durant son dernier séjour en Angleterre, M.Horden, en quête de “l’urgence”, en profita pour affirmer au peuple et aux gouvernants du Royaume que le Canada n’entendait nullement être un adjunct de l’Empire.M.Asquith lui répondit, fort diplomatiquement, à la Chambre anglaise, que si les colons réclamaient le droit de représentation, le gouvernement impérial “entendrait” leurs raisons.En soumettant à la Chambre canadienne, le 5 décembre 1912, sa prétendue mesure de contribution d’urgence, non pérmanente, M.Borden rappela les paroles de M.Asquith, que je viens de citer; il réitéra les déclarations qu’il avait lui-même faites à Londres et il ajouta: De toutes les déclarations que j’ai faites [en Angleterre] aucune n’a été accueillie avec plus de cordialité et d’enthousiasme.Il est satisfaisant de savoir que non seulement les ministres de Sa Majesté, mais aussi les chefs du parti d’opposition en Angleterre ont explicitement admis le principe [de la représentation] et affirmé leur conviction que le moyen par lequel ce principe peut être appliqué légalement doit être recherché, trouvé et mis en pratique sans délai.(2) * * * Dès le 20 décembre, le Devoir invitait le premier ministre à fournir la preuve des “convictions” nouvelles des gouvernants de l’Empire et de leur détermination d’accorder au Canada le droit de représentation.La seule preuve que M.Borden eût donnée jusque là était l’ouverture du Comité de la Défense impériale à un délégué canadien.Ce “privilège”, le Canada en jouissait depuis 1903.Nous affirmions qu’il ne comportait d’autre avantage que celui de recevoir les instructions des autorités impériales et ne donnait au Canada aucune “voix délibérante dans les conseils de l’Empire.” En quoi, du reste, la Gazette partageait notre avis.Le gouvernement britannique se chargea de nous donner pleine raison.Le 17 janvier, le premier ministre communiqua à la Chambre une dépêche officielle de M.Harcourt, ministre des colonies.J’en extrais ce passage significatif: Nous avons fait observer à M.Borden que le Comité de la Défense Impériale est un corps purement consultatif.Il n’est pas et ne peut, en aucune circonstance, devenir un corps délibérant qui détermine la politique à suivre.Ceci est et doit demeurer la prérogative exclusive du cabinet [britannique], sujette à l’approbation de la Chambre des Communes [anglaises].Ceci représente fidèlement les vues et les intentions du gouvernement de Sa Majesté.(3) Notez que cette dépêche est datée du 11 décembre 1912, juste six jours après que M.Boirden eût affirmé au parlement que “les ministres de Sa Majesté.ont explicitement admis le principe “de la représentation effective et “affirmé leur conviction que le moyen d’appliquer ce principe doit être recherché, trouvé et mis en pratique sans délai.” Le démenti ne saurait être plus sanglant ni plus "explicite”.La déclaration de M.Borden, à Toronto, est évidemment la riposte à ce démenti.Personne ne reprochera au premier ministre de l’avoir faite à bout portant ni trop violente.* * # Cette circonspection me remet en mémoire une anecdote que raconte l’auteur d’un Manuel de bonne compagnie.11 la cite comme exemple de la possession de soi-même.Le héros, célibataire et philosophe, pratiquait à la lettre la sage maxime “qu’il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler”, surtout quand on ressent quelque émotion.Un jour, sa bonne, en préparant son bain, lui verse sur les jambes une pleine marmite d’eau bouillante.Le bonhomme ne dit mot, fait venir le médecin qui panse de son mieux ses chairs tuméfiées, dont les morceaux lui restent dans les mains.Deux jours après, le malade, qui souffrait le martyre, fait venir la bonn"; et après avoir bien tourné sa langue et avalé sa salive, il lui dit posément, sans l’ombre d’une violence: “Ma-rie, .si., tu., re-com-mences,.je., prends., mon., fu-sil,.et.je.te.tue.” Marie, également calme, se borna à dire à son maître que si elle recommençait, elle verserait sur la tète.Je doute fort que M.Asquith et M.Harcourt soient plus émus pie Marie.Quel reproche M.Borden saurait-il leur adresser?Quelle récia-îiation pourra-t-il faire valoir à l’avenir auprès des autorités impériales?Il commence par poser en principe que la contribution à la défense Impériale comporte nécessairement une voix délibérante dans les conseils de l’Empire.Avant qu’il n’ait fait voter cette contribution, les you-Ternants de l’Empire le préviennent loyalement et très explicitement qu’ils ne peuvent accorder au Canada aucune voix délibérante, qu’ils n’ont aucune intention d’y songer, qu’ils sont au contraire fermement résolus à garder jalousement leur autorité entière et exclusive.M.Borden passe outre.Il affirme le devoir du Canada de contribuer quand même au soutien des “forces navales effectives de l’Empire”.Il impose la mesure par la contrainle à la Chambre; il menace le sénat de mutilation, s’il refuse de voter la contribution sans la représentation.Et il croit qu’il aura bonne grâce à se retourner du côté des autorités impériales et du peuple anglais pour leur dire: “La contribution et [a représentation sont inséparables.Je vous ai donné Tune sans exiger l’autre.Maintenant, tirez-moi du pétrin où je me suis fourré par dévouement pour l’Empire!” Dans ces conditions, tout ce qu’il peut attendre du “bon sens du peuple anglais” et de la sagacité des hommes d’Elat impériaux, c’est qu’ils lui rient au nez; et c’est ce qu’ils ne manqueront pas de faire.* * * Du reste, M.Borden n’est ni le premier ni le dernier chef de tribu i qui ces maîtres politiques font la barbe.En 1877, le gouvernement anglais fit envahir le Transvaal pour “protéger” un roi zoulou du nom de Sekukuni, qui se plaignait des exigences des Boers.Une fois la besogne faite, sir Theophilus Shepstone, au nom de Sa Majesté Britannique, imposa à Sekukuni, -comme prix de sa “libération”, un tribut plus élevé que celui qu’il refusait de payer aux Boers.Aux yeux des maîtres de l’Empire, les droits des coloniaux, noirs, jaunes ou blancs, en matière de politique impériale, sont également nuis.La seule différence qu’ils font entre eux, c’est dans la manière de leur faire accepter “leurs obligations” envers l’Empire et la nation souveraine*.Ils prennent un peu plus de précautions avec M.Laurier ou M.Borden qu’avec Sekukuni ou le sultan de Gaïkowar.Mais l’objet et le résultat de leurs efforts sont les mêmes: amener toutes les possessions britafmiques à contribuer à l’unité, à la grandeur et à la force de l’Empire, pour la plus grande gloire et le plus clair profit de la Grande-Bretagne, seule maîtresse de cet Empire, de son gouvernement, de sa diplomatie, de ses flottes et de son commerce.Certes, cette conception anglaise de l’Empire est grandiose.Il faut remonter aux jours les plus glorieux de Rome pour trouver son égale.Refuser son admiration aux hommes d’Etat anglais qui Tont eue et à ceux qui en poursuivent l’application, c’est faire preuve d’étroitesse d’esprit.Mais du point de vue, canadien, il faut être triplement cuirassé de loyalisme, ou singulièrement jobard, ou asservi dans Tftme, pour se prêter bénévolement à cette emprise formidable.A chacun de décider à quelle catégorie de dupes ou de dupeurs appartiennent les têtes dirigeantes des deux “grands partis” canadiens.Henri BOURASSA.(1) "Imperial Conference, 1911”, page 71 (édition anglaise).(2) Traduit des “Unrevised Debates’’, page 698.(3) Id Id pages 1702-0».BILLET DV SOIIt FLEURISSEZ.Mai ramène chaque année à Paris une gracieuse fête connue sous le nom du Jardin de Jenny.Jenny, depuis la romance célèbre, personnifie l’ouvrière parisienne, Et, tous les printemps, l’Oeuvre du Jardin de Jenny distribue aux Mimi Pinsons de Paris des plantes et des fleurs.Une revue illustrée n,ous apporte deux jolis instantanés de la distribution.Du haut d’une vaste voiture, entourée par une foule énorme, des messieurs et des dames ensevelis jusqu’à la ceinture sous des fleurs, offrent, à bout de bras, des pots et des urnes.Et les mains des midinettes — maints délicates, habiles à manier les laines et à trousser les rubans; pauvres mains qu’un travail pénible a épaissies — toutes se tendent pour saisir les fleurs, qui sont les bijoux du pauvre monde.L’ouvrière canadienne aimerait peut-être en avoir aussi.Pourquoi v,'imiterions-nous pas cette coutume, nous qui imitons tant de choses?Nos administrateurs, qui aiment le peuple, du moins en période électorale, ne pourraienl-ils pas donner quelques fleurs à celles qui ne villégiatureront point et qui n’onj pas de jardin?Un jardin, elles pourraient s’en faire un tout petit — comme celui de Jenny —, dans leur chambre ou sur le rebord de la fenêtre.Puisqu’elles ne peuvent aller où le printemps sourit, qu’elles aient au moins chez elles quelque chose du printemps.Et, quand elles auront fleuri leur fenêtre, elles verront moins le mur lézarde de leur maison.Léon LORRAIN.Le mépris de tous Le Herald se félicite de ce que les petits écoliers américains sauront enfin la vérité sur les confflits anglo-américains.Us seront plus heureux que les lecteurs du Herald qui, eux, ont chance de ne jamais connaître la vérilé sur ce qui se passe dans la province de Québec.Car, le Herald est évidemment décidé à continuer de faire le mort.Mis en demeure de prouver son assertion que le dernier recensement fédéral accuse, au discrédit de la province de Québec ,un total de cent cinquante mille enfants de cinq à seize ans qui n’ont jamais mis les pieds à l’école, il n’a le courage ni d’essayer de prouver l’assertion, ni de la retirer.C’est une conduite honteuse et dont nous l’aurions cru incapable.Elle lui vaudra le mépris do tous.Orner HER0UX.Comptoir coopératif de Montréal Je passais l’autre jour dans un quartier ouvrier de la ville de Montréal, dans une rie ces rues où les rentiers ne sont peut-être pas très nombreux, mais où les enfants sont dams, Dieu merci! J’accostai une brave femme qui sortait de chez l’épicier du coin, portant au bras un panier bien rempli.Eh bien! madame, vous ne devez pas dépenser gros, par la temps qui court?Tout est bon marché maintenant; les producteurs ne font pas même leurs frais.Les cultivateurs laissent leurs terres parce qu’ils ne peuvent pas vendre Leurs produits assez cher; ils disent que ça ne paie plus de cultiver.—Vous vous moquez du monde, monsieur.Jamais je n’ai dépensé davantage.La viande, le beurre, le lait, les légumes, tout est hors de prix! Si ça continue, de îa sorte, il n’y aura plus bientôt moyen de vivre.Voilà qui est curieux, n’est-ce pas?D’un côté des producteurs qui crient misère parce qu’ils vendent toujours à bas prix, toujours trop bon marché; de l’autre côté, des consommateurs qui crient misère parce qu’ils paient trop cher, ton-jours plus cher! Alors, tout l’argent qui sort de la poche des acheteurs, s’il ne va pas dans la poche des producteurs, où passe-t-il donc?Nous en reparlerons.COOPERATEUR.ERRATUM Nos lecteurs voudront lire la dernière phrase de l’allocution de M.Bourassa, prononcée jeudi soir à bord de la Touraine.Une erreur typographique l’avait rendue inintelligible dans notre numéro d’hier : Et quand nous accueillons le drapeau français, et quand nous le mettons nu même rang que le drapeau anglais, cela veut dire que nous nous réclamons de la civilisation française, de l’idée française qui ont fait dans toutes les civilisations du monde Toeuvre qu’ont accomplie autrefois, pour d’autres, la langue et la civilisation grecques.Cette dette de reconnaissance contractée par tous les pays envers la France, je ne puis pas la layer, mais je la reconnais, et mes compatriotes de langue anglaise la reconnaissent comme moi.DANS LES BALKANS Difficultés nouvelles La paix balkanique, depuis longtemps désirée, menace de se faire attendre quelque temps encore.Les problèmes qu’elle soulève ne sont pas de ceux dont la solution se présente d’elle-même, et les travaux de la Conférence de Londres restent •suspendus devant les objections soulevées par la Grèce et la Serbie au sujet de la délimitation de leurs nouvelles frontières.A l’heure actuelle, la situation n’est guère plus rassurante du point de vue international que du point de vue balkanique.S’il faut en croire les dépêches, la Serbie et la Grèce ont exclu la Bulgarie d’une convention territoriale par laquelle elles s’attribuent toute la région située à l’ouest du Vardar.Mais les Bulgares n’entendent pas qu’on fasse ainsi le partage des dépouilles sans tenir compte de leurs prétentions, et on rapporte qu’ils ont livré à Tannée grecque, cantonnée dans la province de Sakmique, une bataille dont on ne connaît pas encore le résultat.D’autre part, la délimitation de la frontière gréco-albanaise sera grosse aussi de dangers redoutables, La Grèce, ayant entrepris avec les alliés une guerre de libération, prétend n’avoir aucune arrière-pensée de conquêtes.Deux idées directrices la guident, cependant, dans ses revendications: lo.permettre la constitution d’unités territoriales d’un dévoloppement économique pratiquement possible; 2o.soustraire à la domination étrangère pour les réunir à la mère-pairie des régions de population et de civilisation helléniques.Elle a donc soumis à la Conférence de Londres, comme tracé de la frontière gréco-albanaise, une ligne qui, partant de la baie de Gramala, atteint, au confluent du Drinos, la Voïoussa qu’elle remonte jusqu’à Klisura pour longer ensuite la chaîne des monts Dangli jusqu’au sommet de Bunar, où elle rejoint la frontier: .nalprene de la Mac é d o i n e occ i d en taie.“La justification économique de ce tracé est évidente, dit à ce propos Eugène Ucciani, dans le Petit Journal, de Paris.La possession de Janina implique, en effet, celle de Santi-Quaranta, son port naturel, — Prévéza ne pouvant recevoir de navires de fort tonnage.D’un autre côté, Argyrocastro, coupé de Valo-na par la distance et par des montagnes difficilement accessibles, ne saurait être séparé de Santi-Qua-ranta, ce port et ce port seul lui donnant accès à la mer.Des rai-soqs analogues interdisent de laisser Koritza à l’Albanie, ce centre ayant eu de tout temps, de par la configuration du sol, ses relations économiques orientées vers l’Est et le Sud, dont on ne peut l’isoler sans le vouer à la ruine.Quant à la région de Chimara, séparée de l’intérieur par un infranchissable massif montagneux, et maritimement de Valona par l’éloignement, elle est presque exclusivement tributaire de Corfou pour son commerce et doit donc rester grecque.“Mais ces raisons économiques si importantes ne sont rien cependant à côté de celles d’un autre ordre qui militent en faveur de l’adoption du tracé indiqué.“Sur la proposition de notre plénipotentiaire, M.Waddington, et du comte Corti, délégué italien, la Conférence de Berlin avait déjà reconnu, en 1880, les droits de la Grèce sur la région de Janina ju-sou’au Kalamas.Aussi tpein> et surtout après l’occupation de la ville par les armées grecques, cette attribution ne saurait être regardée comme une concession.Quant à Chimara, Argyrocastro, Koritza, c’est vainement qu’on chercherait une objection à l’annexion de ces régions par la Grèce.A Chimara, les habitants ont toujours, en effet, défendu si farouchement leur qualité d’Hellènes que tous les sultans ottomans, plutôt que de tenter de les réduire, ont préféré leur laisser le privilège — que ne possédait aucune autre race chrétienne de TEm-pire, — de porter les armes et de ne payer qu’un impôt collectif ; dans le caza d’Argyrocastro, sur 42,000 habitants, plus de la moitié sont nettement Hellènes et 50 écoles enseignant à 1,910 élèves y répandent la culture grecque; et Koritza est après Janina le foyer le plus important de l’hellénisme dans toutes ces régions, à preuve que nar legs et souscriotions, 250,000 francs y sont recueillis annuellement pour les écoles, ce qui donne une idée de la vitalité de Télément grec.“D’ailleurs, et d’après la statistique dressée en 1908 par le gouvernement ottoman, c’est-à-dire dans un_ esprit anti-hellénique, sur les ! 177,000 habitants que comportent les territoires revendiqués, 316,651, soit les 2-3 de la population totale, sont purement Grecs, et les éléments musulmans qui composent le reste sont disséminés un peu partout et de façon telle qu’ils ne possèdent dans aucun centre important la supériorité numérique.Notons, du reste, que si le tracé indiqué englobe 150,000 musulmans, il laisse à l’Albanie des régions ne comportant rien moins que 45,000 Grecs, avec deux métropoles: Du-razzo et Bérat, près de 200 églises ou monastères et 78 écoles fréquentées par 3,000 élèves, et qu’à tout prendre, le sort de ces musulmans appelés à vivre sous la domination libérale de la Grèce est moins à plaindre qu’à envier, contrairement a celui des Grecs abandonnés au jdur joug albanais.“De plus, si la nécessité de fixer la frontière, d’accord avec la nature et avec les besoins du pays im-po-se une telle solution, la différence dans la balance des chiffres s’affaiblit quand, après l’aspect ethnographique de la question, on envisage le côté civilisateur et humanitaire: 733 écoles avec, 927 maîtres et 28,850 élèves, soit 9,2% de la population, tel est le résultat actuel de Toeuvre hellénique, dont la supériorité par comparaison avec les éléments rivaux est écrasante.” Outre ces considérations, la Grèce invoque en sa faveur et par-dessus tout le voeu des populations, qui est de rester grecques.Ce voeu s’est manifesté dans d’émouvants télégrammes aux grandes puissances et dans de nombreuses assemblées populaires auxquelles ont participé des multitudes de musulmans.La Grèce craint, cependant, que par une inexacte appréciation de la situation, la diplomatie européenne ne se laisse entraîner dans une nouvelle impasse, nu’elle ne se prépare un autre affaire de Scutari en plus grand.L’Autriche travaillant de la manière que Ton sait à fortifier son influence dans l’Albanie septentrionale, ITtalie voudrait pousser la sienne parallèlement dans l’Albanie du Sud: de là son intention de reculer au détriment de la Grèce les frontières mériodionales de l’Albanie pour agrandir sa sphère d’influence.La volonté formelle de la Grèce est de ne reculer que contrainte par la force.Si donc la Tripliee prend décidément fait et cause pour l’Autriche et ITtalie, elle trouvera probablement pour lui résister les puissances de la Triple-Entente, l’Angleterre, la France et la Russie, qui ne sauraient consentir à une action collective contre la Grèce.L’Europe n’est donc pas au Eout des inquiétudes et des périls que lui ménage encore l’épineux problème balkanique.Uldéric TREMBLAY.Sur le Font d’Avignon.Windermere, encore tout ému,— on dirait une nouvelle édition du brave M.D.-O.Lespérance, — câble au Star que le roi Georges V et le kaiser d’Allemagne se .sont juré amitié éternelle, sur la dépouille d’Edouard VII.Mais laissons parler Windermere: “Là, les deux monarques unirent leurs mains et se vouèrent une amitié éternelle, en des termes exprimés par l’empereur d’Allemagne, promettant de faire tout en leur pouvoir, non seulement pour maintenir la paix européenne, mais aussi pour empêcher la guerre de se déclarer entre leurs deux pays.” C’est sans doule pour cela mte nos ministres parlent aujourd’hui du péril allemand et que le Star traite de lâches ceux qui ne veulent pas s’associer au don de trente-cinq millions, ostensiblement dirigé contre l’Allemagne?* * • La presse conservatrice continue à menacer le s (ont de tous les malheurs possibles, s’il s’obstine à contrecarrer la politique navale Borden.Il y a peu de probabililé que le sénat se laisser alarmer par ce.s vaincs menaces.Car il faudrait son assentiment pour qu’on le réformât: et il lui faudrait être bien nigaud pour sc mettre le cou sous le couperet.* * * Un pompier courageux et un h mm me inconnu ont réussi à sauver cinq personnes, dans un incendie, â Montréal, hier matin.L’exploit fait, Tinccnmi a disparu sans laisser d’indices qui permettent de Ti-dentifier.C’est égal, en voilà un .qui.pour etre resté inconnu, aura moins de remords que ies six lâches qui tuaient une femme, dans un accident d’automobile, mardi dernier, avenue du Parc, et se sauvaient ensuite à grande vitesse.* * » U y a à peine huit mois, les Ja-ponais perdaient leur souverain.Les dépêches d’aujourd’hui affirment que son successeur, l’empereur Yoshihito, souffre d’une violente pneumonie.Cette maladie, à «ne époque où le Japon et les Etats-Unis sont à la veiille d’une crise, influera peut-être sur la politique internationale, surtout si la pneumonie a un dénouement fatal.• * • Le premier ministre laissait entrevoir, hier, au cours d’une séance des Communes, que le bill de M.Pelletier, relatif au service de colis-postaux, pourrait bien être remis à la prochaine session, vu Tap-proche de la fin de celle-ci.C’est cela: cinq mois pour la contribution de 35 millions, dans le but d’augmenter les forces navales effectives de l’Empire, et pas de temps pour étudier une mesure d’intérêt important pour le public canadien.* • • Un grand propriétaire de mines de charbon, dans l'Australie, disait à un journaliste, il y a quelques heures, que “toute industrie qui ne peut être exploitée de manière à rapporter à ceux qui sont à son emploi des gages raisonnables, qui lui permettent de bien faire vivre sa famille et de lui* donner du con-fod, ne mérite pas de survivre, et devrait être abolie.” Il a largement raison.Mais, â ee propos, combien d’industries qui font des millionnaires de leurs chefs, devraient disparaître, même au Canada! Le Veilleur.—-vr :-• ^ .-\ n .% ' ******##**## .A Le musée national des Beaux-Arts à Ottawa NOTES D'ART IV I ?* * « t « *vÿ*v«*ÿ***« ««99 «««« «««#«««««««» «* L’ECOLE IMPRESSIONNISTE \ » ?« « » î* S- i » « » » « Arrêtons-nous un instant devant le groupe des peintres impressionnistes.On nomme généralement “im-pressioniste” toute peinture claire; ceci est une erreur.Les Côté, les Gagnon, et même le Cullen de ce groupe ne sont pas impressionnistes dans le sens appliqué à ce mot.Cette appellation vient d’un tableau, — que Claude Monet exposa, au Salon des refusés, en 1863, — représentant un coucher de soleil peint par petites taches de couleurs vives dont l’effet d’ensemble se voyait à distance, et que le peintre intitula ‘‘Impression’’.Ce procédé nouveau eut tout de suite beaucoup d’imitateurs qui furent, dès lors, appelés impressionnistes.Cctle école s’e.st surtout attachée à rendre Tat-mosphère, ies relations des tonalités, et ies subtilités outrancières de la perspective des couleurs, si chères à Ruskin, cet apôtre du préraphaélisme.Les impressionnistes français éliminèrent ies détails minutieux pour ne s’attacher qu’aux masses vigoureuses de l’ensemble.Plusieurs peintres de talent ont fait honneur à cette école dont les oeuvres sont encore cependant fort discutées; tels sont Renoir, Monet, Sisley, Rissana, Berthe Morizot, Mary Cossatte, etc.Le grand défaut des impressionnistes est de peindre souvent des choses insignifiantes et de leur donner une importance qu’elles n’ont pas dans la nature, et, comme dit Brunetière, des sujets que nous sommes loin d’admirer en réalité.Mais, ce qui pis est, c’est que le plus souvent, les impressionnistes manquent de dessin.Que de rapins, hélasl pour ne pas avoir à apprendre le dessin, se sont fait “impressionnistes”.(De nos jours, les ratés ne veulent plus rien apprendre du tout et se font futuristes).Qetle école vit Ip .iqj:r é - .Paris, presque en même temps que ïe naturalisme dans les lettres.Bientôt About, les Concourt, Huysmans, Zola, Mirbeau et Clémenceau qui, avant de tomber des ministères, tombait des peintres, allaient prendre la défense de ces manifestations d’un nouvel art révolutionnaire.A ce tournant de Tart, Flaubert, Zola, Guy de Maupassant publiaient des romans réalistes; Courbet et Manet peignaient en réalistes, et le statuaire de Carpeaux était dans la même note; des hommes nouveaux orientaient l’art vers de nouveaux horizons.La lutte s’engagea avec les membres de l’Institut dont Tun d’eux, Gérôme, n'hésita pas à taxer de “cochonneries” la plupart des productions pictoriaies de l’époque.Mais les hommes de lettres prirent la défense des artistes devant le public et daubèrent sur les académiciens qui se vengèrent en recalant aux expositions les novateurs de la palette.Gustave Courbet (1817-1877) fut le premier anarchiste dans Tart, par la recherche du sujet.Il se moquait de toute théorie; cependant, il savait dessiner et connaissait à fond son métier.Et c’est précisément quand il appliqua toute sa science de peintre qu’il fit ses meilleurs tableaux; mais il fut particulièrement mal inspiré lorsqu’il peignit “Le retour de la conférence” et “L’Enterrement à Ornons”, de même qu’eu renversant la colonne Vendôme.Edouard Manet (1832-1883) est tout autre et ses oeuvres ne sont pas entachées de misanthropie comme celles de Courbet.Certaines de ses toiles firent cependant scandale, telles “Le déjeuner sur l’herbe" et “L’Olympia”, dont la vulgarité est indigne du Louvre.Après ceux-ci vinrent Claude Monet et Auguste Renoir qui restèrent indifférents à Ja réclame malsaine si chère à leurs prédécesseurs.Créateurs de l’impressionnisme proprement dit, ils ont été jusqu’ici, avec Degas, les seuls à donner une notoriété de bon aloi â cette nouvelle manière.Ils eurent des disciples et beaucoup d’imitateurs.Mais aucun grand chef-d'ocuvre n’est sorti de cette école.Supposez un instant un Cézanne, un Manet, à côté du Charles I de Mytens dont nous avons parlé; vous verrez dans quel abîme la peinture moderne est tombée.On vient de vendre aux enchères, à Paris, un tableau de Degas, “Les danseuses à la barre”, de la collection Rouart, pour $99,000.Si on jugeait le prix du portrait de Charles I proportionnellement à celui de ce Degas, le premier vaudrait un million; un Cullen, un Côté, un Dyonnet vaudraient $50,000.Mais cette hausse soudaine est un truc de marchands de tableaux ; car en l-’rance, les Israélites ont mis la main sur les oeuvres qui prêtent à la spéculation; ils font passer ces tableaux par une vente publique et les rachètent à des prix fabuleux, puis créent une hausse sur toutes les oeuvres d’un même auteur.La presse, rétribuée, annonce alors que telle oeuvre s’e.st vendue à un prix jusque-là inespéré.Cette réclame, relativement bon marché, mais toujours efficace, sert à attraper les bons gogos; ajoutons que c’est de ce côté de l’Atlantique qu’ils en trouvent le plus.11 y a ainsi, à Paris, des spéculations organisées pour soutenir, partout et contre tout, les idées les plus baroques: il s’en est trouvé pour admirer Tex-position du mobilier munichois et | des futuristes; et l’entrée au Louvre de “L’Olympia” n’est que le résultat des menées de la bande à Clemenceau, dont le règne fut, en France, aussi néfaste, à l’art que celui de son acolyte Pclletan le fut à la marine.Le dernier truc du marchand, c’est de faire cadeau d’une toile impressionniste aux musées.C’est ainsi que beaucoup de snobs diront: “Tel artiste a un tableau au Musée National du Canada!” Vraiment, M, Durand-Ruel, ie Barnum des peintres impressionnistes, pointillistes, tachistes, cubistes, futuristes ou fumistes, a tort de prendre notre Musée National pour le dépotoir des oeuvres avortées de cette école.Et la Commission aurait dû refuser ce plat d’épinards pimenté que L’Oiseau appelle les “Rives de l’Eure”, Une autre médiocrité du même genre est le sous-Renoir de Despas gnat appelé “Femme et enfants’\ Tout près de ceux-ci, on voit uni nature niorle d’Albert André d’une couleur criarde et d’un dessin sommaire.Il y avait à Ja dernière exposition du Square jéhillips une nature morte, par un débutant, qui était bien mieux traitée.Ce n’est assurément pas la peine d’encombrer notre musée d'artistes étrangers, si on peut mieux choisir.Pourvu qu’on ne nous impose pas un Cézanne, un Van Gogh ou un Gauguin, et que M.Durand-Ruel ne nous fasse pas cadeau d’un cubiste ou d’un futuristeI Il y a un Manfra trop sec et un Henri Moret trop flou; par contre, un Dagnac-Rivière, merveilleux de couleur, complète la série des impressionnistes français.FABIEN.Le Congrès Pédagogique Acadien Le prochain Congrès Pédagogique français des Acadiens se tiendra à Fox Creek, près Moncton, les 16 et 17 juillet prochain.Nos lecteurs connaissent toute Tim-portance de ces réunions qui relèvent exclusivement de l’initiative privée et qui ont pour objet le perfectionnement du personnel et de l’enseignement des écoles acadiennes.Tout indique que le Congrès do cette année offrira un intérêt égal à celui des années dernières.Le Nationaliste Lire ce soir dans lo XalioiwUstet La crainte de T électeur, Léon Lorrain.Pichenette, Caliban.Echoj de Québec, Grégoire.M.Pelletier à Toronto.Nos alliances — Opéra bouffe, Jehan Verchères.Ombres chinoises, Charles Dufresne.La Patrie est un journal indépendant.Les servantes, les soeurs et un projet.Tribunaux comiques, P.-M.B.LES SPORTS.Comptes rendus détaillés des joutes de crosse à Maisonneuve et a Toronto.Rapport complet de la rencontre Zbysko-Constaut, à TArena.Tous les rapports de la crosse, du base-bail, des courses, etc.Le personne] du bureau de censure des établissements cinématographiques regrette, dit la Gazette, qu’il n’y ait pas plus de scènes canadiennes, sur les pellicules, et qua la plupart des exploits reconstitués par Tunage, dans ces spectacles, soient d’origine américaine.C’est là une vieille constatation, cent fois' faite par le Devoir.Mais peut-êtraj la formation d’un bureau de cersu-j re aura-t-elle pour effet de diminuer, le nombre de ce.s scènes, surtout si les censeurs en mettaient un certain nombre au rancart.Ce serait là d’excellent nationalisme, comme le di-l sait l’autre jour un chroniqueur da; notre journal.* * • Ce n’e.st certes pas M.Bruno Nan-tel qui a besoin d'un règlement de clôture.On dit même que Topposi-tion demandera, à son intention, à lui, une règle d’ouverture.LUNDI : Le Nationalisme et les Partis, V.— La loi navale.—L’assemblée de Saint-Eustache, par M.Henri Bourassa.! I LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI.24 MAI 1913 vfOL.IV.—No.119 AUX SOURCES DE L’HISTOIRE QUEBECQUOISE Dernière réponse de M.Montarville B.de La Bruère à M.l'Abbé Couillard Després -—- UNE LETTRE DE M.BENJAMIN SULTE 7 _______ .'r ;çp'.vrS£;7V' 29eme Année M.l’abbA DêsprAs nous a fait une réplique,— noyétt dans six ou sept colonnes de texte—, (1) à notre réponse du trois mai.—Nous ne croyions pas lui avoir donné tant de tablature.Composée de nombreuses citations et de contre-citations, cette réplique semble avoir été conçue pour éblouir.Nous en plaignons les lectfurs de la “Presse." Ce serait la dernière contribution de natre honorable contradicteur dans le débat Hébert vs Gif fard.I.a porte est fermée à toute preuve additionnelle de nos assertions nécessitant une réponse.Dans ces conditions, mal venu serions-nous de lancer de nouveaux projectiles à un adversaire qui n’est plus en face pour les’ voir venir et les parer.Coin de nous la pensée de croire que M.l’abbé Desprès se dérobe.Nous savons mieux, et Hi’est en toute sincérité que nous lui rendons le témoignage d’une vaillante défense.Contentons-nous de résumer le débat et de relever quelques points de sa dernière réplique.* * * Que dit-il en somme ?Que n’ayaiit pas compris toute la portée de notre premier article, il sous avait, posé cette question : “Prétendez-vous soutenir que Robert : Giffard fût le premier Seigneur Ca- j nadien ?” Nous avions répondu : "Oui, dans les limites du terrain oil nous nous sommes placé.” A cet homme, — qui avoue aujour-1 d'hul n’avoir pas compris, — nous | nous en doutions — notre devoir n’é- j tait-il pas d’indiquer nettement ces limites, et de le rassurer sur notre ; forme intention de n’en pas sortir.Mais ce terrain, si indéfini pour M.I Desprès, le 10 mai, il arrive ceci ; d’étrange que notre adversaire l’avait nettement situé lui-même.Quand et oh ?— Le 26 avril dans' la “Presse”, aux premières lignes de! son premier article.C’est M.Desprès qui parle : “Dans un récent article du “De- j “voir”, édition du 16 avril, M.Mon- ' “tarville de LaBru-ère a écrit les li-! “gnes suivantes qui méritent d’Stre ll" “relevées : “Le régime seigneurial, tel qu’il a existé au Canada jusqu’à son aboli-1 tion en 1854, fut établi au pays avec 1 la concession de la Seigneurie de Beauport, faite à Robert Giffard, le 15 janvier 1634, par la Compagnie de la Nouvelle-France, c’est-à-dire sept ans après la mort de Louis Hébert.” “M.de LaBruère veut-il par là prétendre que Robert Giffard fut le “premier seigneur canadien?Tl se-“rait «lors en contradiction flagrante avec les données de nos meilleurs J*his!toriens et même les documents “qui nous ont été conservés.” Le terrain ainèti défini, la question posée, nous avons accepté l’un, ré pondu affirmativement à l’autre.Nous avions à prouver quoi ?Premièrement: Que le régime féo-lal, celui aboli en 1854, — non pas in autre—, fut introduit au .Canada >vec la Charte de la Compagnie de la Nouvelle-France (1627-1628) .Deuxièmement : Que la première tous inféodation faite en toute justi-:e, propriété et seigneurie (sous le régime aboli-en 1854) , a été celle de (a seigneurie de Beauport, le 15 janvier 1634; que l’acte de foy et hommage de Robert Giffard, le 31 décembre 1635, six jours après la mort de Champlain, fut le premier de cette nature au pays, Sur ces deux points Lafontaine, Suite et Douglas ne peuvent être contredits.M.l’abbé Desprès le sait, et il sait aussi que notre régime féodal canadien a été tout autre que celui de France, reposant sur un “Jeu de Fief” absolument spécial.Inutile d’en faire la démonstration.Ceux que la question intéresserait en trouveront le détail au volume A, déjà cité, “Questions Signeuriales” (18561 nu titre des “Observations de Sir Louis-H.Lafontaine.” Mis en présence de cette démonstration péremptoire, M.Després en est tout scandalisé.Il aurait “désiré “avoir connu avant ce jour, et d’une “manière plus claire, les limites du “terrain sur lequel M.de LaBruère, “s’est placé, de même que les refran “chements derrière lesquels il s’est “protégé.” C’est impayable.Le 26 avril, il enclôt le terrain du débat, le 3 mai nous acceptons ses bornes, et les 10 et 17 mai, nous le surprenons encore à faire des armes à côté, — ce qui nous vaut de sa part, une seconde fois, une oelle dissertation historique qui ne nous déplaît pas.Il est loyal, cependant, M.l’abbé Després, lorsqu’il affirme n’avoir pas compris la portée de notre premier ar-1 ’•.icle.Les nouvelles citations qu’il en lire mal à propos le prouvent, de ,nême que ses longs commentaires narchant péniblement à la suite.«i * * Les Banlieues Très Progressives DANS LE DISTRICT DU LAC ST-LOUIS Dorval, Strathmore, Valois, Lakeside, Pointe-Claire Les banlieues qui offrent un développement rapide aux résidents et des profits considérables ceux qui veulent placer de l’argent.Termes de 10 ans 29eme Année Prix Populaires respectives qui leur furent faites.Puis nous donnions le texte des let très patentes de Sa Majesté Louis XIV, (1658), document que l’on croyait perdu à jamais et qu’un heureux hasard nous avait fait découvrir.Et ce ne fut qu’accidenteJlement ou incidemment que nous qualifiâmes, — une seule fois et sans plus y insister, — Robert Giffard, premier sei gneur canadien.N’est-ce pas là un fidèle résumé?Avions-nous LAISSE DANS L’OMBRE—pour nous servir de l’expression de M.Després,—ou avions-nous caché aux lecteurs du “Devoir” que Louis Hébert avait eu des concessions de fiefs antérieurement à la concession d’une seigneurie à Robert Giffard?Evidemment non.L’aurions-nous fait davantage dans notre second article, (3 mai), où nous avions à rencontrer un adversaire sur un terrain qu’il venait lui-même de définir ?Certainement pas avec Suite et Douglas que nous invoquions pour établir que Robert Giffard fut le premier seigneur canadien.Donnons encore la citation Suite que M.Després nous accuse si lestement d’avoir tronquée.“Le nom de Robert Giffard ouvre “la liste des seigneurs du Canada qui “ont été les fondateurs de ce pays.“En vertu de sa charte (1627), les “Cent Associés avaient le pouvoir de créer des fiefs ou seigneuries dont les “concessionnaires étaient soumis à “l’obligation d’établir des habitants.“Le 15 janvier 1634, la Cie des “Cent Associés lui concéda la terre si “tuée à la rivière appelée Notre-Dame “de Beauport.DE CE JOUR DATE “LA PREMIERE SEIGNEURIE DU “CANADA VERITABLEMENT 1)1-“GNE DE CE NOM.Giffard invita des fermiers, des artisans et des “laboureurs à le suivre, etc.” Ces lignes soulignées n’indiquent elleh pas que M.Suite reconnaît l’existence de concessions antérieures qui ne sont pas dignes du nom de seigneuries?Il faut savoir lire les lignes et entre les lignes.Si réellement nous avions voulu tron-r la citation de M.Suite, pour laisser dans l’ombre la concession Hébert, le premier paragraphe nous aurait suffi pour démontrer la vérité de ce qi*‘ nous étions à prouver.La citation Douglas ?File est encore plus précise : “ Grants were, therefore, given of small tracts to actual settlers, like Hébert, en FIEF NOBLE, and of large one to HEIGNEUR3.” Enfin, serait ce dans la citation La fontaine ?Pas davantage.Ft les dates sont si bien signalées que AI.l’abbé Desprès, à leur occasion, s’empresse de nous décocher celte toute petite amabilité : “ Par cette citation, M.de la Bruère entend prouvai- que Robert Giffard fut le premier seigneur canadien ; il l’a dit.(2) 11 fait donc croire que la ( Imite accordée à la Compagnie de la Nouvelle France aurait annulé le titre de concession de la seigneurie do Louis Hébert.” Ce* n’était pas là notre intention, mais l'aurait-elle été que nous serions encore dans le vrai.Le fief T.epinay à Hébert, la seigneurie Notre Dame des Anges aux Jésuites, furent concédés la même année.du pied et plus 29eme Année Nous vendons à bon marché parce que nous avons acheté de bonne heu-re.Votre chance de faire des profits, c'est d’acheter là où la propriété a de l’avenir.De nombreuses améUonntioiJs et travaux permanents très considérables maintenant en voie de construction par la compagnie et les municipalités.10 p.c.comptant, $5 par mois pour n’importe quel terrain non vendu.- lustré< fournis gratuitement sur demande.6 POUR CENT TRIMES- _ TBIELEEMENT Pour revenj stable et £{>arfcn« *ysrèmatiquA, achetez les Debentures Hypo îhécaires Or du Marctl Trust.rapportant fi pour cent Pan, payable tous les trois mois.Dénominations de $100 et multiples.Ü9ième année.Etablie 1885.Incorporée 1913.Capital payé $1,000,000.00 Réserve : $1,500,000.00 Actif total: $3,000,000.00 Il ne faut qu’un faible déboursé de capital pour vous assurer le contrôle d'une propriété résidentielle de haute qualité.Demeures construites pour clients à conditions faciles.Service commode et rapide par chemins de fer du C.P.R.et du G.T.R.Les deux gares sur chaque propriété.(Adultes, 7c.; 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