Le devoir, 30 mai 1913, vendredi 30 mai 1913
VOLUME IV—No.124 MONTREAL, VENDREDI 30 MAI, 191a UN SLU LE NUMERÜ ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : C AIT AD A ET ETATS UNM .$3.00 ONION POSTALE .c .$0.00 Edition Hebdomadaire : CANADA.«.$1.00 ETATS-UNIS .$1.50 ONION POSTALS» .$3.00 Diredteur : HENRI BOURASSA Rédaction et Administration i 71a RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TE." RL.% FAIS CE QUE DOIS.HONES î A 'V '(STRATION: Ma» 74M 'ION: Main 7460 NATIONALISME ET LES PARTIS les Elections de 1911 LE PARTI “ AUTONOMISTE ” L’approche des élections générales nous apporta la preuve que les ihefs du parti conservafl|jr acceptaient la situation que la campagne aationaliste leur avait faité dans la province de Québec.Le groupe Monk s’organisa, sous le «om de “parti autonomiste'’, avec des quartiers généraux, des comités et tout un mécanisme entièrement distinct du parti conservateur.Le comité conse’rvaleur abandonna au comité “autonomiste” la plupart des circonscriptions électorales de la province, ne réservant aux candidats orthodoxes que les comtés anglais des Cantons de l’Iist, les comtés de Pontiac et d’Argenteuil et trois quartiers de Montréal: Saint-Antoine, Sainte-Anne et Saint-Laurent.Il fut nettement entendu que, dans tout lp reste de la province, M.Monk aurait la direction exclusive de la lutte, qu’il accepterait ou refuserait toute candidature d’opposition; que ses candidats combattraient à leur gré la loi navale et la “politique non moins néfaste” de M.Borden, qu’ils prendraient sur la réciprocité la position qui leur conviendrait, et qu’ils n’en recevraient pas moins tout l’appui que le parti conservateur pourrait leur donner.Ces concessions ne comportaient aucun engagement réciproque: ni les nationalistes ni même les “autonomistes” les plus nuancés de bleu ne s’engageaient à soutenir les candidats conservateurs contre les ministériels.En dépit de ces conditions avantageuses, je ne me faisais pas d’illusion sur la sincérité d’un certain nombre de gens qui entouraient le député de Jacques-Cartier.Sans prévoir des trahisons aussi cyniques que celles de Coderre, de Blondin, de Scvigny, de Paquet, de Rainville, je voyais déjà se préparer les transactions et les compromis.Le “parti mtonomiste” se remplissait de bleus qui naguère maudissaient M.Monk ;t les nationalistes.Leur zèle subit ne me disait rien qui vaille.Et puis, je prévoyais que M.Monk, malade, cruellement frappé dans ses affections les plus intimes, dégoûté depuis longtemps de la politique et des partis, ne tarderait pas à prendre sa retraite.Or, lui seul offrait les garanties d’honorabilité, de constance, de désintéressement et d’autorité nécessaires pour garder le “parti autonomiste” dans la voie où il l’avait' orienté et pour empêcher les intrigants, aidés des faibles, de livrer l’armée et ses drapeaux au parti tory.Le seul choix de cette appellation lourde et savante, — le parti “autonomiste”, — sentait déjà l’amalgôme et le vieux bleu à plein nez.Je n'insistait nullement pour que les candidats qui se réclamaient de M.Monk et de moi prissent le titre de nationalistes.Ma conviction bien arrêtée, que le nationalisme ne devait pas dégénérer en faction, restait intacte.Elle l’est encore.Et puis, je voulais voir nos champions à l’oeuvre, après la victoire, avant de leur demander de mettre notre cocarde à leur chapeau.* * * s Dès la reprise de la campagne, à l’assemblée du patinoir Ontario, le 31 mai 1911, deux mois avant la dissolution, je marquai de nouveau la distinction nette à établir entre la politique conservatrice et la nôtre.Je développai longuement et à fond la thèse que j’avais soutenue en présence des délégués de M.Borden.Je résumai ainsi mon attitude et celle du Devoir: “Je donnerai un appui loyal et le meilleur de mes efforts à tout homme qui sc présentera.LIBERAL OU CONSERVATEUR, ANGLAIS OU FRANÇAIS, CATHOLIQUE OU PROTESTANT, RECIPROCIS-TE OU ANTI-RCIPROCISTE, qui sera déterminé, loyalement et honnêtement, à donner à M.Monk l’appui qu’il mérite pour faire triompher les idées qu’il a soutenues en Chambre depuis quelques années.“Le DEVOIR et son directeur sont libres, libres des conservateurs et libres des libéraux, libres des réciprocistes et libres des anti-récipro-cistes.Le DEVOIR a été fondé comme organe indépendant, et organe indépendant il restera.Et parce que le DEVOIR est indépendant et que son directeur est libre, ils appuieront aux prochaines élections M.Monk et tous les candidats, libéraux, conservateurs ou nationalistes, réciprocistes ou antr réciprocistes, qui ne se laisseront aveugler ni par les promesses trompeuses du gouvernement Laurier, NI PAR L’OR DE M.SIFTON ET DE SIR HUGH GRAHAM, mais qui seront des candidats du peuple, pour la défense des droits du Canada tout entier contre les entreprises de tous ceux qui veulent nous faire sacrifier notre autonomie, soit à l’or des Américains, soit aux titres que le gouvernement britannique peut offrir à nos hommes publics.Ce langage était, je croi.s, assez explicite.Ces déclarations furent acclamées par la foule et fort bien accueillies par M.Monk et ses partisans les plus .sincères.Toutefois, je ne sentais plus la même unanimité et la même chaleur qu’avant l’élection de Drummond-Arthabaska.Les “revenants” du bleuismc, réveillés par l’espérance de la victoire et l’odeur de la curée prochaine, cachaient à peine leur mécontentement.Les nouveaux comparses laissaient percer leur embarras sous la couche toute fraîche de fard “autonomiste” dont ils s’étaient badigeonné la figure.* * * Comme pierre de touche, je laissai entendre, en terminant mon discours, que mon action personnelle, dans la campagne électorale, se réduirait probablement à des articles dans le journal.On crut d’abord à une feinte pour tromper l’ennemi.Mais lorsque arriva la dissolution, je réitérai mon intention de rester au journal.Grand fut l’émoi dans le Landerneau conservateur.Je vois et j’entends encore D.-O.Lespérance accourant “tout ému” de Québec et me suppliant de me lancer dans la lutte afin d’assurer l’élection du plus grand nombre possible de candidats nationalisses, comme lui, et d’empêcher les impérialisses de dominer le parti conservateur! M.Monk me demanda de revenir sur ma décision.Inutile de dire que sa démarche et ses arguments eurent plus de poids à mes yeux que les émotions de M.Lespérance.Il me représenta l’importance de poursuivre jusqu’au bout la lutte entamée l’année précédente et couronnée d’un si brillant succès à Drummond-Arthabaska.11 voulut bien m’assurer que sans mon concours, il se sentait incapable de diriger la lutte dan-la province.Il ajouta des motifs d’ordre tout intime.Si l’on se rappelle qu’à quelque temps de là, madame Monk expirait, après une longue cl cruelle maladie, on comprendra facilement que je ne pus résister a l’appel du député de Jacques-Cartier.Il m’eût élé d’autant plus difficile de le faire, que M.Monk ne me laissa aucun doute sur son inébranlable détermination de pounsuivfe la lutte sur le même terrain qu’en 1910.' , * x- » A la suite de cette entrevue, je publiai dans le Devoir du 2 août 1911 une sorte d’article programme — "Le vrai terrain de la lutte” — dans lequel j’insistais sur la nécessité de tenir la question impérialiste au BILLET DU SOm UN NÈGRE.A’ous venions de passer le pont Victoria.Moire long convoi Montréal-New-York traversait Saint-Lambert dans un nuage d’escarbilles, de fumée et de poussière ardetnte, avec ses bruits accoutumés de sifflets, de roues, de ferraille, de craquements de boiseries.La plaine de Charnbly, en toilette de printemps, toute habillée de ses avoines et de ses blés verts, respirait dans la fraîcheur de la nuit tombante.\ —Garçon, mon lit, s’il vous plaît, No 5, en haut.—Yes, Sâa, répondit te nègre, — un nègre colosse, obséquieux et luisant, dont la crinière, l’accent, la démarche, Vodeur, la main tendue pour le pourboire, réunissaient tous les caractères de l’espèce.Deux lèvres énormes, arrondies en bobine, fermaient sa bouche fleurie comme une rose, — une american beauty poussée en terre noire.Avec ça, deux yeux clairs et fins, répandant dans sa figure servile des rayons d’intelligence.Il tire une clef de sa poche, fait manoeuvrer la targette, du lit No 5 Le lit s’abaisse jusqu’à mi-hauteur; puis, là, crac! il s'arrête', s’areboute comme un cheval rétif.Quel clou s’est glissé dans la charnière et pourquoi reste-t-elle ankylosée, c’est ce que je ne puis comprendre, ni le nègre non plus.U secoue le chevet entêté, pousse, retire, repousse, se reprend encore, maugrée et nasille.Rien ne descend.Il grimpe sur une banquette, passe sa tète de bélier dans l’entrebâillement du lit, fourgonne dans le fond, sc cogne la tête au plafond, perd pied, se cramponne à un oreiller et tombe en bas.—Cheer up, porter, fis-je, avec une sympathie douteuse et riante.Il pâlit, si on peut dire, roule vers moi deux gros yeux qui paraissent très blancs dans ce visage de contraste, et se relance à l’assaut.Cette /ois, il commence par refer mer le lit; puis il le rouvre leMc-ment, comme pour le prendre par la douceur.Le lit s’obstine, et la douceur, avec la charnière, échoue au même point.-—Have patience, porter» repris-je, voyant que la colère lui montait à la tele et mie ce nègre deviendrait tout rouge s’il n’était pas nègre.Hélas! c’était trop lard.De ses deux larges mains noires il avait empoigné son ennemi par la tête et les pieds, genre catch-as catch-can, et tout avait croulé dans une même avanlanche de chaînes de planches, de matelas, d'oreillers et de poussière.En présence des ruines accumulées, il reprit, avec un calme de philosophe et du haut de sa voix perchée dans le nez: —Yes, Sâa, yes: la patiêncc, .la patience, c’est un bel outil.mais c’est juste au moment où l’on en a le plus besoin qu’on l’échappe.Et je dormis, en rêvant de cette patience qu'on laisse aller juste quand on en a besoin, dans le No G, en bas.Fr.LEMARC.Félix Poutre La livraison de la Revue Franco-Américaine, qui paraît ce matin, nous apporte un article de M.Gustave Lanctôt, qui ruine définitivement la légende de Félix Poutre.M.Lanctôt établit, par des documents dont l’existence était connue d’un certain nombre et dont les originaux sont aux archives d’Ottawa, que Poutre fut au service de la police secrète et que les assertions maîtresses de ses “souvenirs” sont démenties par des pièces officielles.Il annonce, en même temps, que Fré.chette, mis au courant, avait interdit la représentation de son drame, et que la maison Beauchemin a fait briser les clichés des deux livres sc rapportant à Poutre.MM.Edwards et Legris Le Devoir consacre aujourd’hui une large partie de son espace à la publication du discours prononcé, hier, par M.le Sénateur Legris.C’est une pièce considérable et qui résume tout un aspect de la question navale, en même temps qu’elle expose le point de vue de ceux, très nombreux, qui ne veulent ni de la contribution Borden, ni de la politique Laurier.On y trouvera aussi de nombreuses pièces justificatives, —entre autres, les déclarations des cultivateurs du Manitoba, de l’Alberta et de la Saskatchewan, et des corps ouvriers.A côté de ce discours de M.Legris, il en faut signaler un autre: celui de M.Edwards, sénateur ontarien, et l’un des maîtres de l’industrie canadienne.M.Edwards est l’un des Canadiens qui ont le plus à faire avec les financiers anglais, mais il ne se lais, se point prendre à l’argumentation de ceux qui prétendent que notre refus dc participer à la défense impériale empêchera les banquiers anglais de placer chez nous leur argent.Il connaît trop sa race pour couper dans de pareils ponts.Si les Anglais font affaire chez nous, c’est qu’ils y trouvent des bénéfices, dit-il crûment.Ils nous donnent leur argent; mais nous leur payons un bon intérêt et je ne vois pas que nous leur devions pour cela la moindre reconnaissance.Très nettement, du reste, M.Edwards ajoute que le Canada ne doit rien à l’Angleterre.On s’est scandalisé quand Armand Lavergne a osé affirmer la même chose.Vous verrez que la déclaration de M.Edwards n’indignera personne.Si bref qu’ait été le débat au Sénat, il semble donc s’y être dit beaucoup de choses qu’on n’avait pas osé dire aux Communes.C’est un service dont il faudra re.mercier le Sénat et qui complète celui qu’il vient de rendre au pays en tuant tout net l’odieux projet de contribution.limer HEROUX, La situation au Mexique Sur le Pont d’Avignon.Le bill naval est mort.M.Joseph Rainville en e»st plus chagrin que •] ministère.Hélas! Les députés impérialistes des Commune,s ne pourront donc plus chanter le Rule Britannia cet.te session-ci.Pauvre bill naval teur Paquet! » ne Et pauvre doc- L emotion étouffera sans doute aujouxd hui M.D.-O.Despérance le premier de.s nationalisses! * premier plan et de ne paS tomber dans le piège que le ministère avait tendu à se.s adversaires en jetant la réciprocité en travers de la route.Cet article se terminait ainsi: , Dans ees conditions, la ligne de conduite à suivre est toute tracée: faire surgir des candidatures indépendantes, — nationalistes, libé-raux ou conservateurs, réciprocistes on anti-réciproeistes, — hommes d’honneur et de parole, qui se rallient autour dc M.Monk, afin d’affirmer au parlement, EN FACE DE N’IMPORTE QUEL GOUVERNE-MENT, les principes d’autonomie que le député de Jacques-Cartier a poses depuis un an — des hommes dont les idées soient saines et la determination ferme lorsqu’il leur fandra résoudre les problèmes vitaux de la nation: autonomie canadienne, préservation de l’unité nationale, droits des minorités.Tel fut le thème des nombreux discours que je prononçai dans toute la province, depuis Hull jusqu’à Sainte-Flavie.A la demande des conservateurs et de.s “autonomistes” de Québec, Armand Lavergne prit la direction de la lutte dans toute la région québécoise et la conduisit autant d éclat que de fermeté.On sait les magnifiques résultats obtint.M.Paul de Cazes Une lettre de Paris annonce la mort de M.Paul de Cazes, l’ancien secrétaire du département de l'Instruction Publique.M.de Cazes était un esprit très cultivé, et laisse à tous ceux qui l’ont connu le meilleur souvenir.avec qu'il Henri BOURASSA.DEMAIN : Honneur au Sénat, par Henri Bourassa.Une lettre de M.Saint-Pierre L’abondance des matières, nous contraint d’ajourner la publication d’une lettre de M.Arthur Saint-Pierre, sur la question scolaire.Le Congrès de la Jeunesse Le Congrès de l’Association ea-I ho h que de la Jeunesse aura lieu aux Trois-Rivières les 28, 29, 30 juin et 1er juillet.11 coïncidera avec l'inauguration de la Maison des Ouvriers.11 y aura séances publiques, scunce.s d etude el banquet fraternel, On y discutera la question de ITiik-tmetion publique.Le congrès se tiendra sous la présidence d’honneur de Mgr Cloutier.Pas de bill Borden! Pas dc marine Laurier! L’appel au peuple! L aile conservatrice du Sénat a demande 1 appel au peuple en 1910 celle des Communes, en 1910 et en 1911.Les ministériels d’alors votaient contre cette proposition.Au-jourd hui, les positions sont renversées, ceux qui ont voté pour votent cocitre, et ceux qui ont voté contre volent pour, règle générale.La sin-cerite des partis! M.Nantel assistait, seul des ministres, a la mort du bill naval au Sénat.Au moins, voilà un fidèle, le dernier! Au fond, le ministère est-il bien malheureux, ce matin, de l’échec d’hier soir?On demande de.s nouvelles de M Albert Sévigny.jadis auteur d’un grand discours autonomiste à Sain-te-F la vie, en juillet 1911, el devenu presque muet, depuis Te 22 sen-tembre 1911.1 * * * Un comité anglais chargé de recueillir deux millions pour ériger un monument à Shakespeare, à Lon-Ires, fait rapport que les listes de souscriptions ne vont guère.Elles iront peut-être mieux, quand 1 on aura découvert au juste qui fut Shakespeare, et si l’acteur de ce nom ne servit pas d’écran à Bacon ou au comte de Rutland.Un projet de loi soumis au Reichstag allemand veut interdire ta circulation de journaux .imprimés en français, dans l’Alsace-Lorraine, d où qu’ils viennent.Cette loi n’affectera aucunement la liste de.s abonnés de la Presse, a Metz et à Strasbourg: ils continueront de recevoir leur quotidien comme à l’habitude.Les nouvelles intermittentes qui nous arrivent du Mexique tendent à créer l’impression que toute la population de ce pays est absorbée par les soucis de la politique et de la guerre civile.Il n’en est pas tout à fait ainsi, pourtant.En fait, le régime actuel est tout aussi troublé que le régime précédent.Madero avait été victime de la politique de conciliation du gouvernement constitutionnel qu’il avait instauré.Huerta s’est empressé de recourir à la manière forte des plus beaux jours du régime Diaz; mais jusqu’à présent il n’a guère obtenu de succès.Le nombre des rebelles s’accroît sans cesse.Les guérillas infestent tous les Etats et opèrent jusque dans le district fédéral, aux portes de Mexico, où elles infligent même des défaites aux troupes du gouvernement.Dans les Etats du nord, les partisans de Carranza sont à peu près maîtres du terrain, et ils ont réussi à faire échouer l’emprunt de $100,-000,000 que le président Huerta avait lancé en France.En dépit du fait que le roi d’Angleterre a reconnu officiellement le nouveau gouvernement de Mexico, les Etats-Unis continuent à maintenir des navires de guerre dans les eaux mexicaines, témoignant ainsi qu’ils n’espèrent pas voir la paix se rétablir bientôt.Huerta, cependant, comme son prédécesseur Madero, respecte les droits des nombreux étrangers qui ont placé des capitaux dans le pays.En thèse générale, le désordre économique n’est pas aussi grand qu’on est porté à le croire.Sur les quinze millions d’habitants du Mexique, au moins quatorze millions vaquent à leurs occupations quotidiennes sans s’occuper si Huerta conserve ses positions ou si les partisans de la Constitution gagnent du terrain.La constatation de ce fait se troxi-ve dans un récent article de la British Export Gazette, reproduit dans le Bulletin du ministère du Commerce d’Ottawa.“En dépit du malaise politique et des variations de fortune des présidents et des généraux rivaux, dil l’article, mou seulement le commerce et l’industrie du pays échappent presque à toute entrave, mais ils continuent à s’étendre dans des proportions qui ne pourraient être dépassées dans des conditions normales.Il ne s’est guère écoulé plus d’une année depuis que les présidents Madero et Huerta ont été élevés au premier poste, succédant au président Diaz; la ville de Mexico et les autres parties de la république ont été le théâtre de luttes sauvages entre les forces révolutionnaires et es troupes du gouvernement de l’heure; mais le monde des affaires continue à ignorer autant que possible le désordre politique et à maintenir son activité même dans les districts bouleversés, comme si ien n’était.” Cette nouvelle est au moins rassurante pour les capitalistes qui ont fait des placements au Mexique — tout extraordinaire qu’elle paraisse.Uldéric TREMBLAY.LETTRE D’OTTAWA LES DERNIERS MOMENTS DD BILL NAVAL tes, en 1911, oourraient peut-être se faire enlever aussi prestement leur mandat, aux prochaines élections, mais par de plus honnêtes gens qu’eux.« * * M.le sénateur Gordon a- nié, ivant-hier, avoir signé une déclaration favorable au plébiscite sur la question navale.II a la mémoire courte.M.Legris lui a mis des textes sous le nez, hier soir.Il s’est tu.Pour avoir voulu faire son petit Pelletier, le voilà tout penaud.M.D.-A.Lafortunc ne perd pas d’occasion de se faire valoir, aux Communes.Il a parlé, hier.Il faut bien égayer les dernières heures de la session, que diable! Un officier haut gradé de l’armée aylrichiemve s’est suicidé, ces jours-ci, pour échapper à une accusation de trahison.Si tous les traîtres se suicidaient, ici, dans certains cercles politiques, quelle décimation! Le Veilleur.Mort dé l'abbé Louis Vézina L’ANCIEN CURE DE SALEM S’ETEINT A SAINT-FRANCOIS DE SALES.L’avocat du ministère public, à Chicago, faisait hier, devant le tribunal, une charge à fond de train contre les tire-laine et 1rs filous.Au sortir du tribunal, il chercha sa bourse et ne la trouva point.U rentra, et la vil «ur son pupitre, mais vide.Un filou la lui avait subtilisée, pour lui donner une leçon, en pleine audience.Los pseudo-nationalistes qui ont dénoncé la marinç et les lauricris- Nous avons le regret d’annoncer la mort de M.l’abbé Louis Vézina, ancien curé de Salem, Mass., qui vivait, depuis sa retraite, chez son frère, à Saint-François-de-Sales.L’abbé Vézina naquit le 13 septembre 1837 et fit ses études partie au collège Sainte-Thérèse, et partie au collège de l’Assomption.Il fut ordonné prêtre en 1861.Successivement vicaire à Chateauguay, à Beauharnois, à Sainte-Martine, à Saint-Stanislas, il fonda la paroisse Sainte-Justine, vers 1875, et passa aux Etats-Unis où il devint bientôt curé rie Salem, où il construisit l’église Saint-Joseph.Il se retira du ministère en 1887.Il habitait depuis lors chez son frère.Ottawa, 30.— Séance de nuit, clôture, menaces, etc., rien n’a pu sauver le bill naval.11 vient de mourir au Sénat sous le coup d’une majorité de 24 voix.Le vote a été de ül à 27.Un public assez nombreux assistait à ses derniers moments que l’éloquence des sénateurs a prolongés jusqu’à une heure ce matin.Un moment, l’on a même cru qu’il vivrai! une journée de plus, tant certains sénateurs qui avaient préparé des discours tenaient à les débiter.Mais la majorité voulait en finir et c’est à peine si elle a écouté M.Cos-tigan dont l’élucubration chancelante n’a ajouté au débat qu’une lourde diatribe à l’adresse des nationalistes.Les partis ont perdu chacun un homme: les conservateurs, M.Mont plaisir; les libéraux, M.Ellls.Leur vote n’a surpris personne, il était prévu.Tout de même l’inscription du vote a été suivie avec d’autant plus d’intérêt que les membres de la Chambre haute ne se rangent pas par bloc comme ceux des Communes.Chacun se place à son goût el quand le vote sc prend, on se lève du milieu de la gauche pour voter avec la droite ou du milieu de la droite pour voter avec la gauche.M.De Boucherville siège entre deux libéraux, M.Smith de même et MM.tiodbout et Larivière au milieu dc libéraux aussi tandis que M.Béique siège au deuxième rang et M.Ellis au premier rang des conservateurs, bien que libéraux tous deux.Un seul ministre conservateur, M.Nantel, assistait au vote.Aucune manifestation n’a suivie et personne n’a paru en peine du salut de l’Empire.On paraissait plutôt content que ce long débat soit enfin clos.Maintenant, que fera le gouvernement?S’il est aussi convaincu de l’urgence qu’il l’a tant de fois affirmé, et si le salut de l’Empire dépend de trois dreadnoughts, se laissera-t-il arrêter par le vote du Sénat?Fera-t-il des élections?D'aucuns se basant sur l’enquête de certains ministres auprès de leurs par-tisants, quant aux chances de succès d’un nnoel au peuple, sont portés à le croire, mais l’opinion générale n’en est pas convaincue.D’autres persistent à espérer un plébiscite en se disant que M.Borden pourrait très bien le donner sans se déjuger puisqu’il a déclaré qu’en cas de refus d’une contribution d’urgence par le parlement, il consulterait le peuple et obéirait à sa décision.L’opposition ne manquera pas de taquiner le gouvernement sur ces intentions futures.Pourvu que la guerre civile ne soit pas te dénouement final.C’était la crainte de M.Pelletier, qui triompha de sa parole.Ah! la peur! * «c $ Le sénateur Legris n’admet pas que le gouvernement a reçu un mandat du peuple sur la question navale.Ni M.Laurier ni M.Borden n’en ont dit un mot dans leur manifeste.MM.Bourassa, Pelletier, Nantel, Coderre, Blondin, Sévigny en ont beaucoup parlé dans la province dc Québec, mais le verdict de celle-ci lui a été contraire.Il n'y a pas d’urgence: MM.Asquith, Grey, Churchill, et tous les hommes politiques importants anglais l’ont dé duré.11 est ridicule de prétendre que les ministres canadiens, tout habiles qu’ils soient, ont découvert une urgence que les hommes d’Etat anglais ne veulent pas admettre.Les Canadiens-français sont aussi loyaux, beaucoup plus loyaux que les jiugos et personne n’a le droit de les accuser de déloyauté parce qu’ils refusent de consentir une contribution.Ils ne sont pas les seuls de cette opinion.Les Grangers d’Ontario, les cultivateurs de l’Ouest sont également opposés à ce principe et les députés de la province (te Québec, élus en opposition au bill naval Laurier ne sont pas les seuls dans ce cas.M.Gordon, aujourd’hui sénateur, a signe le document suivant: “Mattawa, Ont., 8 septembre 1911.— Charles McCrea, Sudbury, — Je suis certainement opposé à la réciprocité et à la politique navale du gouvernement et j’appuierai une requête à l’effet de rappeler celte loi et de demander un referendum quel que soit le premier ministre.— George Gordon.” M.Smyth, député d’Algoma, a signé un engagement semblable.Ce qui prouve que le sentiment en faveur du plébiscite est générll et non provincial.On dit que le Canada .doit beaucoup à l’Angleterre.Il serait aussi juste de dire que l’Ouest doit beaucoup à l’Est du Canada.La possession du Canada a été d’un grand avantage pour l’Angleterre qui en tire une partie de son pain aujourd’hui et qui y trouve un champ de placements avantageux.Le Canada a trot) besoin de travaux publics nécessaires à son développement pour envoyer son argent à un pays qui n'en a aucun besoin.La politique navale actuelle mettrait le Canada à la merci des barons d’armements qui dominent la mère-patrie et l’Europe continentale.Aucun gouvernement ne devrait être laissé libre dc livrer ainsi les droits du peuple canadien.Le sénateur Cloran dit que si ceux qui veulent imposer ce bill au pays étaient au courant du senti- ment publie, ils comprendraient que cette mesure e.sl un objet de dérision au Canada, de mépris en Angleterre et fait rire du Canada dans le monde entier.Elle est le résultat de l’alliance des tories avec les Nantel, les Pelletier, les Blondin.Le Canada n’a pas plus besoin de marine que le soleil n’a besoin d’une étoile pour lui fournir la lumière.Le sénateur McKeen approuve le bill.Il sait que le Sénat vale rejeter mais ce .sera une calamité qui retardera le progrès de l’Empire.On ne sait jamais quand le danger devient urgent; la diplomatie seule sait combien il est difficile d’éviter la guerre.Le sénateur Choquette entreprend de montrer l’inconséquence du gouvernement et de ses partisans tories-nationalistes sur la question navale.Le bill Laurier basé sur une résolution adoptée unanimement par la Chambre des Communes fut approuvé par sir Chartes Tupper et ne fut aucunement discuté jusqu’à ce que les nationalistes de Québec conduits par M.Monk protestèrent.M.Borden proposa alors son amendement énonçant l’urgence et acceptant la consultation populaire et M.Monk ajouta un sous-amendement pour satisfaire les nationalistes.M.Monk ne voulut pas suivre M.Borden, de sorfe que M.Borden suivit M.Monk et vota pour son amendement.Suivit l’élection de Drum-mond-Arthabaska qui réunit les tories et les nationalistes, et le premier à les féliciter de leur victoire gagnée par les appels aux préjugés de race fut M.Tayflor, premier whip conservateur.Le bill Laurier fut adopté aux Communes et quand il arriva au Sénat, M.Lougheed proposa, appuyé par M.de Boucherville, le même amendement que M.Ross a proposé au bill actuel.Rien qu’ayant voté pour cet amendement, M.Choquette admet que ceux qui votèrent autrement avaient une certaine excuse parce que le bill Laurier était le résultat logique d’una résolution unanime de la Chambre des Communes.Le Sénat a parfaitement le droit d’amender les bills der Communes; il en a amendé 1,253 depuis douze ans et généralement les Communes ont accepté «es amendements.Les menaces de M.Borden sontindignes.Après 1896,1e Sénat a plusieurs fois amendé les mesure du gouvernement Laurier et celui-ci na l’a jamais menacé.Après que la Chambre les Communes eût voté la bill naval Laurier, le premier journal qui demanda au Sénat de le tuer fut l'Evénement, de Québec, qui comptait alors comme directeurs Thon.M.Landry, l’hon.T.C.Ca.s-grain, M.D.-O.Lespérance, député de Tvlontmagny, et l’hon.L.-P.Pelletier.Comment ces hommes peuvent-ils menacer le Sénat qui ne veut qu’amender le bill après avoir demandé au même Sénat de iuer un bill à peu près semblable?Si M.Bor-d’en refuse de tenir sa promesse de consulter le peuple, le temps viendra où le peuple punira rigoureusement sa mauvaise foi.Le sénateur Curry est d’opinion que la majorité du peuple désire que le Canada fasse quelque chose pour l’Empire, que ce soit sous forme de marine ou de contribution et que le parti libéral admettant qu’une dépense de 35 millions n’est pas exagérée, Je Sénat n’a aucune bonne raison de rejeter ce bill.Le sénateur Edwards prétend au contraire que le bill n’est que le résultat dc la campagne impérialiste menée en Angleterre et au Canada et que rien ne doit être fait, sans l’approbation expresse du peuple.11 se dit aussi opposé à la loi Laurier qu’au bill Bprden parce que l’un et l’autre mettent également en danger les relations du Canada avec la mère-patrie.L’Angleterre a acquis le Canada et ses autres colonies dans le but d’étendre son commerce.Elle U a pas toujours désiré conserver le Canada niais le Canada ayant montré quel grand pays il peut devenir, le sentiment a changé en Angleterre.L’Angleterre n’a pas construit .sa marine pour la protection du Canada mais pour la protection de son commerce.L’opinion qui prévaut en Angleterre est erronée.L’on croit que le Canada n’a que deux voies ouvertes devant lui, l'annexion ou l’impérialisme.Le Canada désire rester un royaume dans le Royaume-Uni mais il n’a aucune intention du retourner au but qu’il a cessé de poursuivre il y a un siècle.Quel besoin le Canada a-t-il d’une marine lorsqu’il se prépare à célébrer un siècle de paix avec son voisin?De plus, si le temps est arrivé pour l’Angleterre de concentrer sa force maritime dans la mer du Nord, quelle protection pourra-t-elle donner au Canada?Sur l’Atlantique, peut-être; mais sur le Pacifique, aucune.Le sénateur Edwards ne craint pus de déclarer que l’Angleterre doit plus au Canada que celui-ci ne lui doit.Le Canada n’a jamais été la cause du moindre conflit pour l’Angleterre tandsi que celle-ci a été la cause de deux guerres auxquelles le Canada a dû prendre part et d'une troisième qui a presque entraîné le Canada dans la mêlée.Tout {Suite dc la 1ère page) é s LE DEVOIH.-MONTREAL, VENLWKDI, -TO MAI 1913 VOL.IV.No.112f LETTRE D’OTTAWA {Suite ù la 2e page) en admirant et respectant l’A«igle-terre il n’est pas prêt à dire qu’elle n’a jamais fait de guerre injuste.11 n'a jamais compris pourquoi l’Angleterre a fait la guerre Sud-Africaine.Quant à l’argent anglais prêté au Canada, e’e.st une question d’affaire et non de faveur.L'Anglais prête où ça le paye et aux Ktats-l'nis encore plus qu'au Canada.Ce que le Canada peut faire de mieux pour l’Angleterre, c’est d’entretenir de bonnes relations avec les Etats-Unis et de préparer une alliance de l’Angleterre avec les Etats-Unis pi les colonies britanniques.Il déclare qu’i! a voté pour la loi Laurier avec répugnance et qu’il préfère encore dépenser de l’argent pour une marine canadienne que de la donner à l’Angleterre.Enfin, c’est au peuple à décider.S’il veut être mal administré, c’est son affaire.Dans un cas comme celui-ci tout dépend de l'unité d’action, ajoute le sénateur David, et cette unité d’action obtenue en 1909.mais rompue depuis, ne peut être retrouvée que par une consultation populaire.Le sénateur Dandurand pense à peu près la même chose et le dit longue-ment et vigoureusement.Sir Mac-Kcnzie Bowel 1 tient à prouver que ses 92 ans ne l’accablent pas.Une oyrîire durant il définit la politique 'jj gotm-raemnl et dénonce celle V M.Laurier tysi nonduit à l'indépendance.Enfin IV; lève péniblement M.Costigan.fVëla.s! Et le vote est pris avec le résultat suivant: Pour l'amendement: Les sénateurs sir George Ross, Brique, Mitchell, David.McHugh, Domville, Fiset, Ross (Moose .law), Frost, l.egris, McSweeneÿ, Thibau-deau, Goclbout, Kerr, Edwards, Gas-grain, Dandurand, Power, Bostock, Coffey, Gibson, Tessier, Derbyshire, Roche, Farrell, Prowsc, Mack ay (Montréal), Costigan, Deveber, Young, Watson, King, Thompson, Yco, Riley, Douglass, Davis ,Beith, Mcintplaisir, Dessaullcs, Talbot, Bel-court, Choquette ,Cloran, Gillmor, Ratz, Prince, Lavergne, Wilson, Forget.—âl.Contre l’amendement: Les sénateurs bon.M.Lougheed, Kirehhoffer, Gordon, Murphy.Ross (Middleton), Taylor, Smith, Daniels, Larivière, Mason, sir Mackenzie Rowell, Bolduc, McKeen, McMillan, Pope, Girroir, Curry, De Boucherville.Kllis, Poirier, Dennis, Baird, Madare», Corby, McKay (Cap Breton), Donnelly, McCall.— 27.* % * Aux Communes, à peu près vides, l'on a repris et discuté une partie de la journée le crédit de 19 millions demandé pour la construction | du Traitscontinmtal.Le montant est de six millions de moins que Pan dernier mais il est encore assez considérable pour justifier une critique assez longue.Seulement, ce n’e.st pas tant la dépense à venir que la dépense passée que Ton examine en commission des credit's.Et M.Car-veil, infatigable de vigilance et de violence, s’en est donné à coeur joie.A son avis les changements apportés dans tes méthodes de construction n’onl eu d’autre molif que de mettre, par comparaison, le gouvernement précédent en mauvaise posture.M.Cochrane soutient au contraire que le seul motif était l’in-îérèt public.Il l'affirme et le répète une fois ou deux, puis il laisse dire pt faire l’opposition.MM.Nantel et Coderre exceptés, il n’y a pas de ministre moins “parlant” que le mi-listre des chemins de fer.“Oui, non, peut-être.Je ne .sais pas.Je suis ou ne suis pas disposé à faire telle ou telle chose.Je prends note de vos remarques”, et c’est à peu près tout ce que M.Cochrane consent à dire.Après cela, il se contente de hocher de la tête, de sourire ou de froncer le sourcil, suivant que c’est un compliment ou un reproche qu’on lui adresse.D’une façon générale, cependant.le ministre des chemins de fer est assez bien vu de la gauche.L’opposition parait lui concéder de bonnes intentions et un dévouement assez sincère à l’intérêt public.Du côté ministériel on ne dit pas le contraire mais Ton parai! craindre que ces bonnes intentions soient peu appréciées des partisans.Sir Wilfrid Laurier n’est pas très content, lui non plus, des modifications apportées aux plans originaux et il dit qu’elles ne servent d’excuses au Grand Tronc Pacifique pour refuser d’accepter la section est comme partie de son réseau.On pourrait croire que la parole du chef suffit, mais M.David Lafortu-ne est évidemment d’opinion contraire, et pendant une demi-heure il entretient la Chambre de sa manière de voir qui est loin d’être aussi originale que son langage.M.Lafor-tune a toujours ce mérite de captiver, par son emphase, l’attention des députés qui ne comprennent pas un mot de l’idiome qu’il parle.Le député de Montcalm en vient au point qui l’intéresse, savoir, la continuation du Canadien Nord de Rawdon au Transcontinental.Puis la discussion s’oriente sur Québec.Il y a si longtemps qu’un parle, discute, négocie et promet à propos des facilités du Transcontinental dans cette ville qu’on ne sait plus au juste à quoi s’en tenir.Où sera la gare centrale?Que fera-t-on du marché Champlain?Où seront les usines?Donnera-t-on quelque chose au Can Rouge?Et quand se fera le tunnel qui doit découvrir le coeur de Québec?A toutes ces questions ,M.Cochrane répond que la gare centrale sera au Palais et qu’elle coûtera un million; qu’une autre gare sera érigée sur le marché Champlain; que les usines seront à Saint-Malo et coûteront un million et demi; que la construction en commencera bientôt; qu’on donnera “un round house”, nue remise à locomotives au Cap Rouge cl que la Commission du Havre se chargera de relier la voie du marché Cham-j plain à celle de la rue Saint-Pierre.Plus lard, si le volume des affaires j l’exige, on percera le tunnel qui doil toucher le coeur de Québec.Sir Wil-| frid Laurier n’est pas bien sûr que 1 l’affaire soit aussi certaine que cela, lirais M.Pelletier lui affirme que Québec est satisfait et que son maire n’est pas seulement content mais enchanté! Et M.Pelletier parait lui-mème si heureux que le maire de Québec soit content, que l’opposition, lion prince cet après-midi, n’insiste pas.On demande ensuite trois millions pour le pont de Québec, et l’on apprend que les travaux des piliers seront terminés cette année et ke pont fini en 1910; mais on l'apprend parce qu’on le demande.De lui-même, M.Cochrane ne l’aurait probablement jamais dit.Un million, — on ne compte plus que par millions — demandé pour le canal! de Trent nous vaut un court historique de cette entreprise, proovqué par M.Wilson, député de Laval.Le creusage de ce canal est commencé depuis trente ans et coûtera seize millions une fois terminé.Pourquoi n’est-il pas fini depuis vingt ans au moins?Parce que la politique s’en est mêlée, répond M, Burnham.Et que les deux partis n’ont rien fait, admet M.Cochrane aussi brièvement que possible.Le soir, on discute quelques crédits pour le service postal.L’opposition en profite pour revenir sur les destitutions de maîtres de poste.Quelques députés se plaignent que certains nouveaux maîtres de poste sont aussi partisans que ceux qai'ils ont remplacés et invitent M.Pelletier à déclarer qu'il traitera ceux-là avec la même rigueur que ceux-ci, mais le ministre se garde bien de se compromettre.A minuit trente, les Communes ajournent et ce qui reste de députés oppositionnistes s’en va au Sénat assister aux derniers moments du hill naval.Jean DUMONT.LETTRE DE FRANCE LE SERVICE DE TROIS ANS L'IMMEUBLE Il y a quelque temps M.Hubert Villeneuve achetait à Ahuntsic un lot vacant qu'il payait $35,943.La ville de Montréal a décidé d’ouvrir un Parc dans cet endroit et M.Villeneuve a cédé la propriété pour la somme de $67,434 réalisant ainsi, en peu de temps, un profit de plus de $31.000.I,gs lots vendus portent les Nos 702 à 718, paroisse du Sault au ReCûllet.Pour $67,000 un syndicat, présidé par M.Max Singer a acheté de M.Mark Workman, la propriété portant les Nos 740 à 744 de la rue Sainte-Catherine Est.Pour $20,000 M.P.Lachance a acheté de M.J.G.Lambert les propriétés portant les Nos 1036 et 1038 rie la rue Papineau et 363 à 365 de la rue Gilford.On a inscrit hier 60 transferts de propriétés dont les principaux sont les suivants : Pour $19619.Mme A.Gauthier a vendu à MM.P.et A.Desforges la propriété située A l’angle des avenues Joseph et Guy, paroisse de Lachine.Pour $220.500 M.George Allison, de la société Johnston, McConnell et Allison, a acheté la ferme Nesbitt, située à la Côte St Michel.Les ac quêreurs diviseront la propriété en lots A b&tir.UN DOLLAR OUVRE UN COMPTE DE "DEBENTURES - HYPOTHECAIRES" (pur postf eu personnel-lenient), rapport»!!! U p.o.d’INTERET COM POKE trimestriellement sur tout montant.Garanti par actif de $3.000,000.et Première Hypothèque dûment enregistrée sur immeubles de Montréal "Payes quand, et comme vous roules".Pour $10,000 Mme I.Blumenthal a vendu à Mme E.Ethier une partie du lot 7-11 de la paroisse Pointe Claire et un autre lot portant le No 7-187.Pour $17,250 M H J.Hand a vendu à M.J.A.Nich tison, la pro Priêté portant le No 36 de l’avenue Churchill.Pour $14,000 M.W Bramley a vendu à M.J.L.Clément le lot 255-4 de la paroisse de Montréal.Pour $16,500 M.J.Whlsele a vfn du à M.A.Beaudoin la pronriété Portant le No 2233 de la rue Mance.-f- Un mandat de comparution contre un premier-ministre (Servie* p»rticul!er) New-Castlc, N.B., 30.M.,1.K.Flemming, premier ministre du Nouveau-Brunswick, a été assigné comme témoin dans uni procès, hier, mais il ne s’est- pas présenté parce qu’il était ù Montréal pour affamit d’intérêts public, pour de là se rendre à rassemblée presbytérienne de Toronto, M.Twcodie, l’un des avtocats dans la cause, a demandé un mandat du tribunal forçant le premier ministre à comparaître.M.le juge McKeown a fait des commentaires sur le manque de respect à la cour dont le premier ministre s’est rendu coupable, mais il a dit qu’il | n'accorderait pas un mandat immé-I diatement.Il a renvoyé la cause au ! 21 juin.MARCH TRUST CO Limited, Montrés! Malles livret gratis è NOM ADRESSE * » .« « ,, ,, , , v, ,, ,, ,, (g) Mort subite d’un chef de police (Service particulier) Newark, \.J., 30.— Le chef de police Michael Corbitt, est mort subitement au moment où il dirigeait l'or ganisation de la parade du Memorial Day.Il a succombé à une syncope.L'attaque l'a foudroyé et il est tombé à bas de son cheval, 1 Paris, 16 mai 1913.La chambre a accompli le premier geste en faveur de la prolongation à 3 années de la durée du service militaire, elle a par 322 voix contre 163 (chiffres rectifiés) adopté l'ordre du jour ratifiant la décision prise par le gouvernement de maintenir sou.s les drapeaux, la classe libérable au 1er octobre prochain.Plus significatif encore a été le vote émis ultérieurement par elle à la majorité de 319 voix contre 241 sur une proposition de M.J.L.Breton qui acceptait le maintien de la classe mais en formulant des réserves sur la durée du service militaire.Ce n’est PDS.évidemment, une majorité très forte, mais elle est suffisante pour marquer la volonté du Parlement d’aboutir sans retard en ce qui concerne la question intéressant la défense nationale.Le débat sur la loi commencera le 22 mai ; il sera probablement assez, long, et l’on ne prévoit pas que l'adoption définitive du texte de la coirtnission puisse être un fait accompli avant les derniers jours de juin ; mais les pronostics sont en faveur de i’adoptiem.La question, malheureusement, a été transportée sur le terrain de la politique pure ; et nous n’assistons ni n'assisterons à la collahoratiai loyale et désintéressée de toutes les bonnes volontés dans la recherche du régime le plus propre à assurer la défense de nos frontières, mais au heurt des partisans de l’ancien bloc des gauches contre ceux qui sont affranchis de la tutelle de M.Combes et des grandes puissances maçonniques.Dès hier, la coupure s’est faite, très nette entre les deux camps ; les radicaux socialistes exclus du ministère (car ils refusent de tenir compte de ce que quatre des leurs en font partie) recherchent en abandonnant les intérêts de la défense nationale, le concours des socialistes et celui de toutes le» lâchetés et de tous les égoïsmes pour parvenir à précipiter la chute du ministère et à le remplacer par un gouvernement "de gauche”.Peu importe la France ! pour ces messieurs, le parti passe avant tour.Déjà, ils ont trouvé un chef, M.Gaillaux.L'ancien président du conseil, qui préside aujourd’hui et la gauche radicale et la délégation permanente des groupes de gauche, a pris nettement position contre la loi de trois ans.Il est résolu à faire de plus en plus la politique de surenchère démagogique à laquelle il a,dès maintenant, attaché son nom.Il oublie toutes ses origines— il est le fils d'un ancien ministre royaliste (au 16 mai 1877) et fut élu comme républicain libérai) .Il ne songe plus qu’à assouvir une ambition maladive —ambition h’honneurs, de pouvoirs et aussi d'argent : n’est-il pas président de plusieurs grandes sociétés de crédit, françaises et étrangères ?Le terrain de bataille choisi par M.Caillaux est le contre-projet— déposé par un ancien ministre du travail, M.Paul Boncour, qui substitua à la loi de trois ans réclamée par le gouvernement un service de 28 ou 30 mois, il prétend ainsi obvier à la grave imperfection de la loi de 2 ans qui, pendant la période allant d’octobre à février ne maintient sous les drapeaux “qu'une classe’’ instrui te, à côté des recrues dont la formation absorbe la plus grande part de l'activité des chefs.Ce contre-projet peut séduire quelques députés soucieux d'augmenter nos forces militaires mais aussi de ne pas diminuer leurs forces électorales.Il sera, je crois, repoussé, mais il effleurera le succès, et la majorité du gouvernement sera plus faible encore qu’elle ne fut hier.Or la^faBd68»* de cette majorité comporte une conséquence qui est.grave dans notre pays, étant donné la singulière pratique, que nous avons — et que je vous ai signalée — de compter comme inhabiles à assurer la survie ministérielle les suffrages donnés par les partis dits "d'opposition1 —royalistes et bonapartistes, d’abord, républicains libéraux et, progressistes ensuite.Déjà hier le gouvernement n’a obtenu la majorité que grâce à ces voix, considérées par lui-même comme suspectes, C'est l'opposition qui, courageusement, assume la tâche de sauver la France et de la soustraire aux mortelles surenchères des démagogues.Ce pourrait avoir des conséquences incalculables avec un gouvernement qui saurait s'émanciper de la tyrannie des formules et des traditions biocardes, mais nous avons toutes raisons de douter que M.Barthou fasse jamais preuve de semblable audace.Tout au contraire, voici quelques jours, comme il prononçait à Cae.i un grand discours politique, il insista lourdement sur sa ferme résolution de ne jamais tendre la main aux progressistes et aux libéraux.Il affirma ne point admettre quelque innovation que ce fût dans la répartition des forces sur l’échiquier politique, et il se dit irréductible sur les questions de défense laïque”, non moins que sur celles qui intéressent la défense nationale.Il a fait appel aux radicaux socialistes pour lutter contre nous et ruiner les libertés qui nous restent.En sorte qu'il se condamne à former deux majorités diverses et ennemies.La première est sa majorité "nationale”, dans laquelle les radicaux socialistes et les socialistes refusent de prendre place et dont nos amis sont un élément indisoMnsable.La seconde est sa majorité “politique” oil il entend nous substituer les radicaux socialistes.Toutefois cette difficulté se présente que Ifs ra-dienttx socialistes n'acceptent pas de.n’être pas en tout et toujours le parti dominant et qu’ils refusent leur concours intermittent.C'est la condamnation du ministère s’il s’obstine dans la ligne qu'il s'est imprudem- ment tracés,car il ne peut, dans certains cas, quelle que soit l’abnégation de nos amis, compter sur eux pour certains votes, en soi abominables, sous le seul prétexte de sauver le ministère malgré ses amis politiques.Cela, je l'ai écrit dans la “Libre Parole” au lendemain du discours de Caen ; M.Barthou qui, comme tous les ministres a envie de rester au pouvoir le plus longtemps possible, a compris, qu'il avait tout de même été un peu loin, et dans un discours prononcé le jour même à l’Association des Jeunesses Républicaines, il a déclaré que j’exagérais et que dans sa pensée, nulle agression ne devait être commise contre les catholiques.Dois-je vous dire que j’attends les actes et que je ne suis pas rassuré ?Ce qui est navrant, c’est que le pays, dont l’élan persiste, ne trouve pas une correspondance plus exacte chez ceux qui ont mission de le représenter.Nul ne saurait mettre en doute que la grande majorité des Français accepte volontiers l’augmentation des charges militaires, puisqu’elles sont indispensables à sa sécurité.Ceux qui en s'opposant à l’adoption des projets du gouvernement, recherchent une popularité de mauvais aloi sont renseignés pourtant et reconnaissent que, la loi des trois ans étant votée, nulle réclamation ne s'élèverait contre elle.Mais ils n’en commettent pas moins l’acte criminel de lutter contre les projets déposés parce qu’ils espèrent fût-ce en désarmant le pays, améliorer leur situation électorale et empêcher la coalition redoutée des proportionna-listes de tous les partis, socialistes compris, aux élections générales de 1914.Certes nul en France n’est belliqueux nui ne souhaite la guerre, nul n’est disposé à accomplir le moindre geste pour la rendre probable et surtout pour la provoquer.Mais il est des renoncements auxquels notre pays ne consentira jamais parce que ce serait une humiliation inutile autant que douloureuse.Quarante-deux ans ont passé depuis la signature du traité de Francfort mais l'Alsace et la Lorraine n’en resteut pas moins pour nous les provinces séparées que nous gardons l’espoir de retrouver un jour.Aussi la stupeur, plus encore que l’indignation a-t-elle accueilli les rê-rêsultat de la conférence interparlementaire de Berne, parce qu’en sa déclaration finale, cette conférence parmi des protestations générales et vagues en faveur de la paix universelle a voté une phrase qui implique une renonciation définitive à notre espoir permanent de faire un jour rentrer l’Alsace et la Lorraine dans l’unité française.Les parlementaires français qui sont allés à Berne ne représentent Pas plus notre opinion publique que l’opinion de l'Alsace et de la Lorraine n’y était précisément recommandée par les quatre immigras et les deux ‘‘ralliés” qui s’y trouvaient en son nom.Socialistes ou radicaux socialistes constituaient l’immense majorité de la délégation et les quelques radicaux modérés qui s’y étaient fourvoyés ont formulé une protestation indignée.Cette protestation traduit le sentiment de l'immense majorité de la nation française qui continue de valoir infiniment mieux que ceux qui, gouvernants, parlementaires ou même littérateurs, s’arrogent le droit de parler en son nom.Joseph DEN AIS.Député de Paris.Comptoir coopératif de Montréal En vous promenant dans les rues de Montréal, vous êtes-vous amusé à compter, comme je l'ai fait quelquefois, le nombre de magasins faisant ie même commerce et qui se trouvent dans une même rue ?Ils sont là souvent 5, 6, 7i marchands à la file, attendant patiemment, comme les araignées qui attendent une mouche, un client qui ne vient pas souvent.Si j'en ai le temps quelque jour, je relèverai dans l’Almanach des adresses de Montréal le nombre des marchands de toutes les catégories : bouchers, boulangers, charcutiers, épiciers, marchands de bois et de charbon, etc., etc.En attendant, dites-moi donc où tous ces gens-là prennent l’argent pour vivre ?Car enfin, il faut bien que chacun paie son loyer, se® taxes, l’intérêt des marchandises qu’il a en magasin, son mobilier.Il faut qu’il paie le salaire des employés, l’entretien des chevaux, ries voitures, etc.Tous ces frais payés, ü faut par-des-stts le marché que chacun gagne assez pour vivre, lui et les siens.—Qui paie tout cela ?—Qui paie tout cela?Les producteurs et les consommateurs tous en-een^bie, moi comme les autres, hélas! —Si on pouvait supprimer tous les intermédiaires non producteurs, qui y gagnerait?—•Les producteurs et les consommateurs tous ensemble, vous et moi avec les autres.—N'y a-t-il pas moyen de les supprimer tous, ces intermédiaires non producteurs?—Non, pas tous.Leur disparition ne ferait que déplacer le mal et l’aggraver.Il ne faut pas perdre de vue que le défaut d'intermédiaires ne serait autre chose que l’abolition même du commerce.Or, le commerce, qui n’est lui-même qu’une forme de travail, a son râle essentiel et nécessaire dans notre organisation économique.—Ne peut-on pas, du moins, en supprimer un certain nombre ?—Oh! oui, certainement — très certainement oui; et cela se fait en Belgique et ailleurs.au moyen de la COOPERATION.Nous y arriverons, nous aussi, par l’emploi du même moyen.Formons des sociétés coopératives et affilions-les au COMPTOIR COOPERATIF DE MONTREAL: car réduire le plus possible la marge entre le prix payé par l’acheteur et celui encaissé par le producteur, c’est un des buts principaux du Comptoir.Nous en reparlerons.COOPERATEUR.La baronne de la Roche victime d’un accident d’aviation Paris, 30 — La baronne de la Roche, aviatrice française bien connue, qui a.vu la mort de très près, nombre de fois, a subi un autre accident aujourd’hui.Le car automobile qu’elle conduisait s’est frappé contre un camion de déménageurs.La baronne a été projetée en dehors de sa voiture et s’est infligé des blessures aux jambes et à la figure.La série des malheurs qu’elle a subis à commencé au mois d’octobre, 1909; elle fit alors une chute d’aéroplane; au mois de janvier de l’année suivante elle fit une seconde chûte sérieuse.En juillet, 1910, elle reçut des blessures très graves, dans un accident aérien, au meeting d’aviation de Rhemis.Depuis lors elle a eu deux accidents d’automobile, mais n’a aucunement l’intention, dit-elle, d’abandonner ce soort.“A BOUT PORTANT” de Nap.Tellier Lq vol.franco.27cts LE NATIONALISTE, journal hebdomadaire paraissant depuis dix ans le samedi soir, est absolument indépendant.Et cela lui permet de juger sans parti pris hommes et choses et fie présenter sous leur vrai jour les faits et les idées.LE NATIONALISTE publie dos articles et des chroniques sur les événements de la semaine.Il dégage de l’actualité les épisodes qui offrent l’intérêt le plus vivant et il en traite à un point de vue essenticllemeat canadien.LE NATIONALISTE touche à toutes les questions susceptibles d’intéresser le public canadien et il les expose sous la forme la plus concise possible en même temps qnc dans l'esprit le plus impartial.Rédaction et Administration: 71a RUE SAINT-JACQUES MONTRÉAL Téléphones : Main 7460 et 7461 ABONNEMENT : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS ET UNION POSTALE .$150 LE NUMERO : 8 SOUS lWi, w PETITES ANNONCES SITUATIONS VACANTES APPRENTIS DEMANDES APPRENEZ â devenir un 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demandeur vs Dame Alexina Lafleur, épouse séparée de hiens de Euclide Racette et le dit Euclide Racette tous deux de Montréal, défendeurs.Le 9e jour de juin 1913, à dix heures de l’avant-midi, aux domicile et place d’affaires des dits défendeurs, au No 1220 ave Mont-Royal Est, en la cité de Montréal, seront vendus par autorité de justice les biens et cette cause, consistant, en meubles de ménage, ameublement de barre, 11-effets des dits dêlendeurs saisis en queurs, cigares, etc.Conditions: argent comptant.M.J.A.DECELLES, H.C.S.Montréal, 30 mai 1913.L’Alsace-Lorraine Strasbourg, Allemagne, 30 — La Chambre haute a voté aujourd’hui, à une forte majorité, une résolution demandant au gouvernement d'abandonner les lois d'exceptions projetées à l’endroit de l’Alsace-Lorraine.Celles-ci accorderaient le pouvoir au vice-roi de supprimer les sociétés capables de troubler la tranquillité publique dans cette province et d’interdire la publication des journaux rédigés en français.Un orateur a fait remarquer que même certains des membres de la Chambre nommés par l’empereur sont opposés à ce projet de loi.La Chambre basse a adopté une résolution condamnant fortement les efforts faits en ce sens par le gouvernement impérial.Mariage On annonce pour le lundi 2 juin le mariage de Mlle Jeanne Lussier, fille de M.Louis Lussier, avocat A Saint-Hyacinthe, avec M.Francis Flynn, avocat de Québec, fils de l'ancien premier ministre de la province.Ce journal est imprimé au No 71a, rue Saint-Jacques, à Montréal, par “La Publicité” (a responsabilité Limitée).Henri Bourassa, directeutr-gé- rant» Cartes Professionnelles AVOCATS BOURBONNIKKE, F.-J., C.R., avo.cat, 76 rue Saint-Gabriel.Tél.Bell, Main 2679.LEOPOLD BARRY, L.L.B.Avocat-Procureur Edifice Banque Ottawa, 224 rue SU Jacques, Chambre 44.Tél.Bell, Main 1973.Boite Postale 330.— Adresse télégraphique “Xahac, Montréal".Tél.Main l'J5t> 1251.Codes ; Lieber*.West.Un C.H.CAHAN, C.R AVOCAT ET PROCUBEUR Edifice Transportation.— Bue Saint-Jacquet ARTHUR GIBEAULT, B.A., L.L.L.Avocat 54 Not:e-Dame-Est, Chambres 37 et 38.Tél.Bell Main 6420.Bureau du soir: 34 rue Déséry, Hochelaga.Tél Bell, LaSalle 987, Montréal.LAMOTHE & TESSIER, Avocats, Edifice Banque de Québec, 11 Plac» d’Armes, Montréal.Tél.Main 3555.’ J.C.Lamothe, L.L.D., C.R., CamilU Tessier, L.L.B.PA TTERSON & L AVERY AVOCATS-PROCUKEURS SUITE 111.180 ST-JACQUES Tél.Bell Main 3960 Cable W/lpoa ^ • Patterson, C.R., .Salluste Lavery, B.C.L.M.Lavery a son bureau du ^oir, 1 Saint-Thomas, Longueuil.Résidence : Est 5973.ANATOLE VANIER, B.A., L.L.B.AVOCAT Tél.Main 213.Chambre 53.97, rue Saint-Jacques.Résidence : 180, Jeanne-Mance.Tél.Est 5973 GUY VANIER, B.A., L.L.L AVOCAT 97, rue Saint-Jacques, Chambre 76, Tél.Main 2632 NOTAIRES BELANGER & BELANGER, (Lé-andr« et Adrien), 30 Saint-Jacques.Main 1869.Rs.240 Visitation.Prêts sur hypoJhèque, achats de créances.GIROUX, LUCIEN,notaire, Edifies Saint-Charles, 43 rue Saint-Gabriel, Tél.Main 2785 .Résidence, 405 Du-luth-Est.Tél.Saint-Louis 3585.Argent à prêter.Règlement de succession.A.E.Grandbois, L.L.B.— Notaire — 62 RUE SAINT-JACQUES.MONTREAL _____ Tél.Bell Main 7675 RESIDENCE - - .1604 rue Saint-Denis Tél.Saint-Louis 4755 G.ALBERT NORMANDIN, L.L.L, Notaire.Argent a prêter.Succession.52 rue Saint-Jacques.Tél.Main 2615, Bureau du soir.363 Laurier-Est.Tél Paint-Louis 5194 Dr M.LEMOYNE 257 SHERBROOKE EST (Près Saint-Denis) Maladies des yeux, oreilles, nez, gorgf larynx.Tél.Est 4550.ASSURANCE" Pour tous genres d'assurances, JOSEPH COURTOIS, 263 Visitation, Tél.Est 985, Montréal.Achète aussi les balances de prix de vente.DENTISTES Dr ARTHUR BEAUCHAMP, ChV rurgien-Dentiste.Tel.Bell, Est 3549 165 rue Saint-Denis, 4 portes de l’U niversité.INGENIEURS CIVILS ET ARPENTEURS De GASPE BEAUBIEN Ingénieurs-Conseil, Chambre 28j Edifice Royal Insurance, Place d’Ar mes, Montréal.Tél.Main 8240.HURTÜBISS & HURTUBISE, In« génieurs civils, arpenteurs-géomètrea Edifice Banque Nationale, 99 Saint Jacques, Montréal.Tél.M.7618.ARCHITECTES RENE 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télégraphie sans fil a de nouveau démontré son efficacité.Sans elle, un simple accident aurait été converti en désastre.Quelques minutes après le choc, le paquebot était en communication avec Queenstown et des secours étaient immédiatement envoyés.Avant la nuit, tous les passagers avaient été transportés ici dans des remorqueurs.Lorsque le dernier passager fut recueilli, il y avait quin- pas être renfloué.Le poste de l'Amirauté fut celui qui reçut le premier message de détresse, qui fut immédiatement transmis à la compagnie.Au même moment, les gros remorqueurs “Hillespont" et “Storm Cock” partirent au secours du paquebot.Peu de temps après, les agents de la compagnie, à Queenstown, envoyèrent trois remorqueurs appartenant à la Clyde Shipping Company.De sorte qu’en peu de temps, le navire en détresse fut entouré d’une véritable flotte.Il n’y eut pas de panique à bord lors de l’accident.Néanmoins, les of ficiers ne perdirent pas de temps et mirent à l’eau toutes les chaloupes de sauvetage.Le transport des passagers se fit dans un ordre parfait.Les passagers de cabine sont logés dans les hôtels de la ville et ceux ze pieds d’eau dans la cale du navi- d entrepont, dans les hôtelleries et re.On croit que le navire ne pourra | maisons de pension.CONSEIL MUNICIPAL DE LACHINE Le pavage des rues.— La destitution de M.Dubreuil Le pavage des rues.—La destitution de M.Dubreuil Tronc et les lumières.— Démission de M.Dalbé Viau, inspecteur des édifices Faits - Montréal TUE PAR UN CONVOI Un inconnu a été écrasé à mort par un train du Grand-Tronc, hier après-midi, vers 3 heures 30, au passage à niveau de la rue Decourcelles à Saint-Henri.Le cadavre a été transporté à la morgue.EN BAS D’UN TRAMWAY Un Italien, du nom de Pietro Affi-lifi, demeurant 441 Avenue de l’Hôtel de Ville, est tombé en bas d’un tramway du circuit Ontario, allant vers l’Ouest, se fracturant le crâne; le malheureux a été transporté à l’hôpital Général.^ACCIDENT DU MEME GENRE Un Italien du nom de Zenamos, âgé de 30 ans, est tombé en bas d’un tramway en mouvement hier soir vers 7.heures, au coin de Delorimier et Ontario.Le blessé a été transporté à l’hôpital Notre-Dame dans un état critique.ET TOUJOURS LE TRAM.Au coin des rues Ontario et Cartier, un nommé Georges Massiçotte, âgé de 61 ans, a été frappé par un tramway de la ligne Ontario, vers une heure hier après-midi.Le malheureux a été transporté à l’hôpital Notre-Dame.CONDAMNE A L’AMENDE Le pharmacien Achille Roy a été L’industrie du vol TROIS INDIVIDUS DE CETTE VIL LE LA PRATIQUAIENT SUR UNE LARGE ECHFILLE DEPUIS PLUSIEURS MOIS QUAND HIER, LEUR REPAIRE, DANS LEQUEL ON DECOUVRIT LE PRODUIT DE TOUTE UNE SERIE DE CAM BRIOLAGES, FUT VISITE PAR LA POLICE.La question des pavages a soulevé beaucoup de discussion hier soir au conseil municipal de Lachine.Une requête signée par les principaux propriétaires du quartier Ouest demandant au conseil un meilleur service de police, un système d’égoût, un système d’éclairage plus complet, enfin le pavement de rues a été lu à Fas-semblée.par le greffier de la ville.L’échevin Smith, représentant de ce quartier a fait alors connaître aux propriétaires de l’Ouest que les trois premières demandes leur sont déjà accordées, et quant à la quatrième, elle le sera sous peu.L’échevin Léger a seconde la motion de l’échevin Smith en disant que le pavement des rues ne coûterait que $52,000.L’échevin Cari-gnan s’oppose fortement à cette motion.“Les travaux, dit-il, ne pourront pas être commencés avant deux ou trois mois et pendant ce temps les citoyens souffriront du mauvais état des routes; ne voudrait-il pas mieux faire des réparations temporaires, et attendre à l’an prochain pour commencer le pavement?” Après une longue discussion, l'on décide de rapporter la question au comité général.Plusieurs plaintes ont déjà été portées à la connaissance du conseil sur le mauvais état du terrain, coin de la 25ème avenue et de la rue Notre-Dame.La ville y a déjà fait accumuler certains instruments et plusieurs personnes prenant ce lieu comme un dépotoir public, y vidèrent leurs vidanges.Le docteur C.Descaries a envoyé une lettre au conseil dans laquelle il est dit que ce£ état de choses constitue un réel danger pour les citoyens qui habitent les environs.L’échevin Carignan propose alors que dès le 30 au matin, le chef de police aidé de quelques hommes, aille y déposer du chlorure de chaux, puis de la terre, Cette motion est adoptée à l’unani mité.Le conseil a décidé hier soir d’en voyer une lettre à la compagnie du Grand-Tronc lui demandant de construire une barrière à la traverse du chemin de fer, coin des rues Saint-Joseph et 32ème avenue.A cet endroit très fréquenté d’ailleurs, il n’y a barrière ni gardien.M.Dalbé Viau, architecte et inspecteur des édifices de Lachine, a envoyé sa démission qui a été immédiatement acceptée.M.Raoul Brunette a fait application pour ce poste laissé vacant par le départ de M.Viau.La question sera tranchée à la prochaine séance, La ville est forcée d’après le juge ment du juge Demers, de payer des dommages et intérêts à M.Dubreuil, ancien gardien du marché, démis dé son poste sous prétexte que le marché n était pas tenu dans l’ordre de pro prêté voulue.L’échevin Carignan pro pose alors qu’une Copie du jugement soit donnée à M.Dubreuil afin que plus tard^ il puisse faire preuve de son honnêteté.Ce renvoi, qui n’était motivé que par la haine particulière d un certain échevin, a été vertement critiqué par le juge Demers.Le conseil a accordé les contrats pour les travaux de canalisation ; Messieurs Laplante et Bélanger, en trepreneurs, qui étaient les plus has soumissionnaires.Le coût total des travaux est estimé à $69,975.La ville a aussi accordé nombre de contrats pour le charbon et la pierre concassée.Les rapports des différents comités ont été acceptés et approuvés par tout le conseil.Îiier condamné à $200 d’amende par e magistrat Leet pour avoir vendu de ]a cocaïne sans ordonnance de médecin.Le transport des colis-postaux ÏÆ NOUVEAU PROJET DE LOI SERA PEUT-ETRE RATIFIE AVANT LA FIN DE LA SESSION.(Service particulier) Ottawa, 30.— M.L.P.Pelletier, ministre des postes, a déclaré que le bill des colis postaux serait passé à cette session-ci, si l’opposition veut y mettre de la bonne volonté.Le projet de loi n’a que six clauses et a subi sa première lecture, il y a dix lours.Il comporte que la Poste aux colis entreprendra le transport de colis de toutes les façons comprenant les produits fabriqués et les produits de la fermé, excepté les articles indiqués comme prohibés par les reglements du directeur-général des Postes.Cependant aucun colis ne devra excéder le poids de 11 livres, ni avoir plus de 72 pouces en largeur ou en longueur combinées.Le port devra être affranchi par des timbres payés d’avance.L’importante question du tarif sera exposée par le ministre des postes.C'est elle qui peut donner ma tière à discussion.On a déjà voté les appointements de deux officiers chargés de cette nouvelle administration.SI le bill est adopté il deviendra en vigueur immédiatement après la proclamation au gouver-oeur général en conseil.Trois jeunes gens, jouant depuis quelques mois au petit Cartouche, ont ete arrêtés hier par les détectives Ga gnon et Lebeuf.Les escrocs, qui ont nom Albert et Raoul Laporte et Orner Marcil, avaient établi leurs pénates au No 26, rue Couture.Lorsque les détectives pénétrèrent dans le dépotoir, où les trois malan-drams s étaient barricadés, ils les trouvèrent armés jusqu’aux dents.Sur la menace des intempestifs visiteurs, ils crurent bon de laisser tomber leur audace et de se rendre au moindre mot d’ordre des détectives.Une fois aux quartiers généraux de la police, les petits Cartouches avouèrent qu’il y avait quatre mois qu ils entassaient marchandises sur marchandises dans leur caverne nouveau genre.II a fallu huit wagons pour transporter les richesses mal acquises aux quartiers généraux de la police.-*- Une fête au 65ième Changement d’horaire du C.P.R.A partir du 1er de Juin, il y „ura thangement dont les détails les plus importants seront les suivants : L'Impérial Limited, pour Vancouver,qui part actuellement à 10.30 p.m partira à 9.45 p.m.L’express de Winnipeg, qui part actuellement à.10.10 a.m., partira à 9.4.ri a.m.L’express de Saint-Paul qui part ictuellcment A 9.50 p.m.partira à 10.30 p.m.L’Express de Toronto Nord qui part actuellement à 11.15 p.m., partira à 11.00 p.m.LE O.P.R.A ST ANDREW A partir du 15 de juin, le Pacifique Canadien fera circuler t*us les jours un wagon-lit qui se rendra à St-An-àrew, N,B., partant de la gare de la rue Windsor A 7.25 p.m.r Mercredi soir dans les salons du 65e Régiment C.M.R.eut lieu le banquet annuel pour commémorer la victoire de la Butte aux Français où notre régiment canadien-français livra bataille A l’indien Gros Ours.Le lieutenant-colonel J.T.Ostell commandant du bataillon présidait ayant à ses côtés, le lieut.-col.honoraire Sir Rodolphe Forget, M.P.et le lieut.-colonel Labelle.Avaient aus-8l,PrJ,8 Place à la table d’honneur, le col.Fages, les lieut.-colonels Wilson, Mackay Burland, les majors Dodds et Mack.Les “pékins” étaient représentés par MM.Tom Chase Cas-grain, D.O.L’Espérance, M.P., et Armand Chaput.Après la santé du Roi, le col.Os- ï» ™™errCia M‘ T- C‘ Cas&rain de la magnifique coupe donnée par celui- ci afin de stimuler 1© zèle des diverses compagnies.M.Casgrain répondit en quelques mots et ajouta A ses compliments un chèque de cent piastres, pour le fonds du régiment.M.L'Espérance, M.P., surenchérit et offrit au régiment la somme de cent piastre et un SOU.Sir Rodolphe Forget annonça qu’il offrait un Voyage A Saint-Irénée et au Saguenay aux officiers et à leurs amis, ainsi qu à tout le régiment.Le_ lieutenant-colonel Mackay remercia sir Rodolphe Forget au nom de tous.Le voyage se fera dès que messieurs les officiers le désireront.On remarquait aux différentes tables les majors Pelletier, Barré, de Tonnancour, les capitaines Barré, de Clerq, Ranger, Archambault, Tardif, Loranger, les lieutenants Dandurand, Bonneau, Dubrule, Bastien, tous du Berne et 1 attaché au 65ème, le lient.Maekay-Papineau du 83ème de Joliet-te.M.Armand Chaput, H.Duverger, le major Beauchamp, de l’ambulance de campagne, le major Panet, du dé-le capitaine abbe Deschamps* aumônier et nombre d autres personnalités du monde mi Maire.Des discours furent prononcés par les heut.-colonels Ostell, Mackay, Burland,^ Labelle, les majors Doods, et Barré et plusieurs autres.-4- Avis aux voyageurs de commerce POLITIQUE ETRANGERE FRANCE Le ministère Barthou est maintenu INUTILE TENTATIVE FAITE PAR L’ANCIEN PREMIER MINISTRE CAILLAUX DANS LE BUT DE RENVERSER LE GOUVERNEMENT.Paris, 29.¦— Une tentative pour renverser le cabinet français a été faite à la Chambre des Députés, cet après-midi, sous forme d’une interpellation sur la politique financière du gouvernement.L’ancien président du conseil, M.Caillaux, avait la direction des forces adverses au ministère.Le vote fut pris au milieu d’une grande excitation, après que le président du conseil, M.Barthou, et le ministre des finances, M.Dumont, eurent défendu la politique .du gouvernement.Le résultat du vote fut de 312 à 240, soit une majorité de 72 pour le ministère.Unionistes ont remporté, hier, une vie-toire remarquable quand M.G.C.Ha mil ton a défait le candidat libéral, J hon L.Roy-Shuttleworth, par 1,262 voix.M.J.R.Ketty-Fletcher, l’ancien dé pute unioniste, a donné sa démission à cause de sa mauvaise santé.Il était devenu en vue à la suite du défi lance à Lloyd-George d’expliquer ses transactions dans l’affaire Marconi.Le candidat unioniste s’était déclare, dans son manifeste, opposé au Welsah Establishment et au Home Rule.Election municipale Paris, 29.— M.Chassaigne Goyon, conseiller municipal du 8e arrondissement libéral, a été élu président du conseil municipal.M.Le Corbellier, conseiller municipal du 4e et M.Mi-niot, conseiller du lie ont été élus vice-présidents.M.Gay a été élu syndic.ETATS-UNIS La date de l’élection prési dentielle (Service particulier) Mexico, 30.Le sénat a approuvé mer.soir le bill autorisant l’exécutif de fixer au 28 octobre l’élection présidentielle.Le bill a été récemment pas sé à la Chambre des députés.ANGLETERRE Nouvelle victoire unionniste ITALIE Un ancien ministre italien condamné à la prison Atkinshman, Angleterre, 30.(Servie, particulier) Rome, 30.—- La Chambre des députés vient d’annuler la récente élection de Nunzio Nasi, ancien ministre de 1 instruction publique, qui, en 1908, fut accusé du détournement de fonds du trésor de l’Etat.Le sénat a condamné signor Nasi à 11 mois d’emprisonnement et l’a ex-I clu de toute chârge publique pen-ues | dant quatre ans.^- .i&Srn lÜU ;V=Î sr* m I :.p WÊ& •?s discours tnononcé hier soir par M.Lsgns, éontre la contribution Burden : La question qui nous occupe présentement est tellement grave et grosse de conséquences que d’un bout à i’au-tre du pays le public s’en préoccupe ‘et la peuple canadien qui sera appelé ïi porter le poids de la politique que Bos gouvernants veulent lui imposer iiors son assentiment et sans avoir de inandat pour l’asservir et le rendre tributaire de l'Angleterre, ni le charger d’un fardeau qui sera aussi lourd il porter que celui d’une marine de guerre, le peuple canadien, dis-je, doit ffester étonne de la liberté que ses représentants prennent de lancer le pays dans cette direction nouvelle, que l’cx-premier-iministre sir Wilfrid Laurier qualifiait, avec beaucoup de iustesse et de bon sens, il n’y a pas bien des années: "la folie du militarisme”, et cela sans que la question ait été soumise à l’électorat, ni par la presse du pays ni par les politiciens en temps opportun pour lui permettre d’exprimer une opinion.Lorsque le gouvernement Laurier, en 1909, prépara, aidé du chef de l’opposition, la voie pour faire passer Tannée suivante, sa loi établissant une marine de guerre, cela a été toute une surprise dans le public, car d’après les déclarations antérieures, du premier ministre lui-même et de plusieurs des hommes les plus marquants qui le supportaient et les journaux qui lui étaient dévoués, il semblait impossible qu’une chose pareille arrivât.LES ELECTIONS DE 1911 Sir Wilfrid et son gouvernement pressentant le mauvais accueil que les Électeurs feraient à sa loi de marine décidèrent de dissoudre le parlement sur une question toute autre que celle-là, espérant de remporter les élections Bvee la question de réciprocité avec les Etats-Unis.S’ils avaient réussi, le truc aurait été joué; on aurait affir mé que le peuple aurait approuvé la marine de sir Wilfrid Laurier.Pourtant, il n’en était rien, car l’expremier ministre et le premier-ministre actuel (drôle de coïncidence) se sont parfaitement accordés pour ne rien dire aux électeurs de la ques tion de la marine, dans les divers ma îlifestes qu’ils leur ont adressés pendant la campagne électorale.Il est donc bien vrai de dire que la question d’une marine de guerre, pas plus que celle d’une contribution d’urgence ou de tout autre mode de participation à la défense navale de TBm-pire, n’a pas été soumise à Télectorat durant les dernières élections.Cependant, si on peut déduire une expression d’opinion du résultat de ces élections, elle est contre la loi de marine de 1910 puisque le gouvernement qui l’a fait adopter a été défait.Mais si, d’un côté, le peuple canadien est inquiet au sujet de ce qui va Être fait de la question actuellement devant nous, les ministres du gouvernement et les politiciens le sont en-tore davantage, car on les voit constamment chercher par tous les moyens que leur imagination féconde peut mettre à leur disposition, celui de la faire accepter par le peuple en l’accompagnant de divers subterfuges, qui, dans leur opinion, pourraient avoir Teffet d’une dorure sur la pilule amère que le médecin veut faire avaler à son patient.Pour réussir dans ce projet en 1909 et 1910^4.es intéressés ont imaginé de toute piece le "Péril allemand”, que les jingoes et leur presse ont exploité sur tous les tons et qui comme on le sait n’a jamais existé ailleurs que dans leur imagination.Cependant, si ces extra-loyaux qui s’en sont servis avaient été capables de créer une panique avec leur “Ger man Scare” ou tout autre chose qui aurait pu servir leurs desseins et gonfler leur faux loyalisme, ils ne se seraient guère occupés du mal qu’ils auraient fait au Canada.“SAUVONS L’EMPIRE!” Aujourd’hui, ce n’est plus le "Péril allemand” dont on se sert, mais c’est 3’un autre épouvantail avec lequel on iroit faire une forte impression sur le peuple canadien paisible et loyal.On lui parle sans cesse depuis un ou deux de loyauté à la Mère-Pairie et des dangers que court TEmpi fe d’être dévoré, d’être-mis en pièces du anéanti.Par qui ?.On ne sait pas.Mais à tout événement, vite, il y prépondérance absolue doit s’arrêter”.“Si vous hâtez l’exécution du programme dans la plus grande mesure possible vous perdez le bénéfice des progrès continus dans les plans et presque certainement dans la construction des armements.” “Il y a autre chose, si vous arrivez avec un grand déploiement de programme vous arrivez à obtenir la réalisation de cela même que vous voulez éviter.” Le 10 juillet, sir Edward Grey disait: “Nos relations avec le gouvernement allemand à Theure actuelle sont excellentes.” Le 24 juillet, M.Churchill, premier lord de l’amirauté, disait: “Lord Sel-bome demandait hier la construction de huit nouveaux dreadnoughts.Je ne sais pas si huit dreadnoughts devant être construits, au coût de $20,-000,000 il serait possible de les équiper et de les armer pour le temps où ils seraient prêts.” Et plus loin il ajoutait: “Avec toute la fierté du grand ministère que j’ai l’honneur de représenter dans cette chambre, je n’éprouverais pas le plus léger plaisir à me charger du devoir d’ajouter encore huit dreadnoughts à notre construction navale dans le moment.” Et plus loin encore : “Nous sommes bien maîtres de la situation.Il n'y a pas lieu du tout de s’alarmer.” Le 22 juillet le premier ministre M.Asquith disait : ”11 n'y a pas e.u un marnent et ce n’est pas le cas maintenant où nous n’avons pas eu une supériorité absolue en force navale contre toute combinaison à laquelle on pourrait raisonnablement s’attendre.Je condamne tout ce qui res semble à la panique et à ia peur.Je ne crois pas qu’il y ait la moindre raison de s’en préoccuper.” bit le 25 il ajoutait : “Nos relations avec l’empire allemand sont, je suis heureux de le dire en ce moment, et je suis sûr qu elles resteront des relations d’amitié et de bonne entente.” Le colonel Seely, ministre de lu guerre, sir William White, directeur des constructions navales britanniques se sont aussi prononcés dans le même sens.Le très honorable Walter Runci-man, président du conseil d’agricul ture et membre du cabinet Asquith dit d’où vient l'agitation : ‘‘La rivalité existant entré la Grande Bretagne et l’Allemagne est plus commerciale que militaire et que les seules personnes qui veulent en faire une rivalité militaire sent quelques jonirnalistes, quelques soldats et quelques fabricants d’armes, et une très petite partie du peuple croyant que la dignité de la nation s’augmente en autant que Ton irrite ses voisins.” Or ces hommes d’Etat, ces ministres du gouvernement britannique et ces experts ont-ils menti délibéré ment et au peuple de la Grande-Bretagne ?.Il n’est pas possible de supposer cela.Alors il faut donc croire que les brouillards de Londres les empêchent de voir la situation telle qu’elle est.Car nos ministres canadiens avec une perspicacité toute particulière ont découvert que le danger existe ej.«:iTil est grand, imminent! ! ! .et qu’il faut l’intervention immédiate du Canada pour ‘‘sauver TEm- ni meilleurs citoyens que les autres.LES CAN A DI ENS-FRANÇAIS ET L’EMPIRE Les Canadiens-français de la province de Québec, s'ils font moins parade de leur loyauté qu’un certain nombre d’Anglo-canadiens, n’en sont peut-être que plus attachés aux institutions et au drapeau britannique, et je suis parfaitement convaincu que si jamais le devoir les appelle, l’avenir pour eux ne démentira pas le passé de leurs pères.Mais, tout en étant moi-même dans ces dispositions, comme Je sont mes compatriotes, je n’hésite pas à déclarer que notre parfaite loyauté à l’Angleterre ne peut nous ôter le droit de discuter librement la question importante qui se pose devant nous présentement et qui peut avoir pour effet de changer considérablement l'orientation du pays.De même aussi, je nie à qui que ce soit le droit d’accuser de déloyauté ceux qui ne sont pas prêts à accepter les yeux fermés la politique de contribution qu’on nous offre aujourd’hui.J’ajouterai que depuis que cette question est agitée dans le pays, nous avons vu assez de reniements et de contradictions dans les deux partis politiques pour nous justifier de croire que ceux qui font le plus de bruit et de démonstration sont poussés par autre chose que le vrai patriotisme.Le gouvernement, les politiciens qui le supportent et leurs organes dans la presse, affirment constam-inent que le peuple est unanime en faveur de leur politique de contribution.Je crois qu’il n’y a rien de plus erroné.Je connais assez le sentiment populaire d'ailleurs pour savoir qu’il a plus de bon sens que cela.Malgré la campagne de presse formidable qui a été faite sur cette question, n’avons nous pas entendu des voix des plus autorisées sortir du peuple,venant des diverses parties du pays protester contre la proposition de contribution de M.Borden aussi bien que contre la marine Laurier.Je vais le démontrer en citant devant ce Sénat les protestations des grandes associations agricoles et ouvrières du pays.LA VOIX POPULAIRE — ‘‘GRAIN GROWERS’ LES pire ! L’URGENCE Debout les Canadiens, de B urgence! il ne s’agit de rien moins que "Sauver l’Empire”.Les hommes d'Etat éminents qui ont la charge de la gouverne du Roy-lume ne s’aperçoivent donc pas des danger*! qui les menacent?Nos quatre ministres canadiens pendant leur séjour à Londres, Tété dernier, ont donc jugé la situation mieux que les ministres anglais eux-mêmes?Car roiei les paroles de queKiues-uns d’entre eux, paroles qui démontrent à Té-vidence qu’il n’y a ni urgence, ni danger, ni besoin de nos trente-cinq millions.DES OPINIONS ANGLAISES Le 2 juillet, Lord Brassey qui est Men renseigné sur les questions nava*-es a protesté contre la limitation de a comparaison aux navires de guerre disant: “Les croiseurs ne devraient pas Etre omis.Dans tous les types et particulièrement dans les types les plus puissants nous avons une prépondérance absolue.” Le même jour Lord Crew disait au nom du gouvernement: “En autant qu’il s’agit de notre position actuelle dans une partie du monde quelconque, nous n’avons pas Îieur do déclarer que nous considérons a sécurité du pays comme assurée.” Le 24 juillet le même Lord (Crewe) passait en revue la situation et combattait l’idée qu’un plus grand nombre do dreadnoughts sont nécessaires maintenant.Il disait: “Il est permis do demander oiv cotté'domandè-'de- la Il y a urgence.Le Premier Ministre a fait cette découverte-là il y a trois ans.Cependant dans son discours dans la Chambre des Communes le 5 décembre dernier, il a négligé ou oublié d’en parler.C’est peut-être parce qu’il avait dans les mains le document de l’Amirauté qui ne lui permettait pas d’invoquer l’urgence.Il a préféré laisser cette tâche à d’autres.Mais ces collègues qui ont parlé après lui ont cherché à nous convaincre que l’urgence existe encore.Et maintenant, ils semblent dire aux ministres anglais que dans quelques semaines, ils ont mieux compris et connu la situation européenne que ceux qui l’étudient constamment depuis de longues années et qui ont toute la responsabilité de la gouverne de l’Empire.Voici ce qu’ils leur disent : “Vous êtes en péril! Le besoin est ur-"gent!!.Ce sont nos 35 millions qui “vont vous sauver.Avec cet argent, “faites construire trois Dreadnoughts.“Nous savons bien que l’argent abon-“de dans votre pays, mais nous con-“tinuerons à eller emprunter chez “vous, puis quand l’Europe saura que “ces trois Dreadnoughts sont en construction avec l’argent des Cana-“diens, l’Empire sera en sûreté.”.Ce langage, tout absurde qu’il soit, résume pourtant bien sur cette question les discours des ministériels et la proposition du gouvernement.Depuis longtemps les journaux qui avaient pour mission de préparer To-pinion publique à l’acceptation de la proposition qui est devant nous, ont beaucoup invoqué l’urgence de Tinter, vention du Canada pour “sauver l’Empire”.Le Premier Ministre attendait l’ouverture de la session pour mettre devant la Chambre un document qui ne laisserait pas de doute possible sur la position précaire de l’Empire et la puissance magique de l’intervention du Canada pour le sauver! Et chose bien extraordinaire, ce fameux document tant annoncé et si vivement attendu prouve tout le contraire de ce qu’on mous avait dit.Il prouve qu’il n’y a pas d’urgence; que l’Angleterre n’a pas perdu son incontestable suprématie navale et, de plus, qu’elle’ne nous a lien demandé.Alors, ce sont donc nos ministres qui ont été fairp les généreux à Londres aux dépens du peuple qui ne leur a pas donné de mandat pour cette mission Un autre moyen qui a servi d’instrument à ces mêmes journaux qui croient avoir pour mission de “Sauver l’Empire” c’est l’appel outré à la loyauté ne tous les sujets canadiens.Ces appels ont quelquefois été hystériques, forcenés.Pour ma part, je ne crois.-pas ceux qui font un si grand Le 27 novembre dernier le ‘‘Weekly Sun” de Toronto, publiait ce qui suit : “A une assemblée des directeurs des United Farmers d’Alberta, la résolution suivante, proposée par M.Bevington et secondée par M.Sorensen, fut adoptée ù l’unanimité : ‘‘Que nous approuvons la résolution adoptée par le Dominion Grange of Canada à une assemblée tenue le 4 septembre, 1912, demandant que la question de l’assistance ou de la défense navale fût soumise à un referendum avant que le gouvernement n’en ait décidé.” - Le ‘‘Guide des Grain Growers”, organe officiel de toutes les associations des “Grain Growers” des provinces de Touest dît à ce sujet : “Le parlement du Canada n’a obtenu du peuple aucun mandat de dépenser l'argent du pays pour la marine, C’est le peuple qui" doit payer la facture et il doit être consulté.Le referendum est la vraie méthode par laquelle on doit se procurer l’opinion dépenses quelles qu’elles soient de l’argent du pays pour la construction d’armements maritimes mais qu’elle soit consacrée au progrès du Canada pour encourager le plus qu'il est possible le mouvement vers la paix et le désarmement internationaux et le règlement par arbitrage des difficultés internationales, “Qu’il soit de plus résolu que cette convention est fermement d’opinion que le parlement n’est pas justifiable de prendre aucune autre action sur la question navale jusqu’à ce que cette question soit soumise au referendum populaire.” “Cette motion a été secondée par T.W.Knowles, d’Emmerson, et plusieurs autres; mise aux voix elle a été adoptée avec seulement cinq voix dissidentes sur les cinq cents délégués présents.“Il a été décidé d’envoyer des copies de cette résolution à tous les membres et anciens membres du cabinet fédéral et aux députés qui représentent les trois provinces des prairies au parlement.LA DOMINION GRANGE Il y a quelques mois, des journaux ont publié une autre résolution adoptée par la Dominion Grange, “affirmant son opposition à la politique navale des deux partis”.Une dépêche spéciale au “Citizen” rapporte ce qui suit: “Après une discussion animée, la Dominion Grange, à sa 38ième réunion annuelle tenue ici cet après-midi, par assis et levés, a adopté à l’unanimité une résolution demandant pour le peuple canadien le referendum sur la question de la contribution à la défense impériale, et condamnant virtuellement les politiques des deux partis à Ottawa sur cette question.Par assis et levés, les 60 membres présents ont exprimé leur opposition à une contribution en argent et à une marine canadienne; mais ils se sont déclarés fortement favorables au maintien du “statu quo” en matière de défense navale.La résolution nie que des dépenses additionnelles pour la marine impériale soient excusables et qu’il existe un péril allemand, et elle affirme que les propos de marine sont inspirés par ceux qui sont intéressés dans la fabrication des munitions de guerre.M.E.C.Drury, président, parlant de la résolution, dit entre autres choses: “Nous devons demander un referendum et laisser le peuple décider.” J’ai déjà cité une résolution adoptée par les directeurs des United Farmers de TAlberta, en novembre 1912, mais l’Association a tenu une assemblée de ses membres représentant 14,000 cultivateurs de Touest.Six cents (600) délégués étaient réunis et ils ont adopté une résolution condamnant la politique des deux partis.Sur les six cents délégués présents, douze seulement ont voté contre la résolution.LES “UNITED-FARMERS’ Voici une dépêche publiée par le "Star” de Montréal ,1e 23 janvier,affirmant le fait : Les United Farmers de l’Alberta sont en faveur de la paix universelle ; ils sont opposés à la guerre ainsi qu’â la politique de» deux grands partis canadiens.Us voudraient que le Canada fût à la tête du monde, dans an grand mouvement de désarmement.dats qui se sont engagés formelle- ment et solennellement devant leurs électeurs et devant 1* pays à voter aussi bien contre la contribution Borcien que contre la manne Laurier.Ces comtés sont les suivants 1.La(belle 2.Berthier 3.Maskinongé 4.Champlain 5.Rimouski 6.Compton 7.Charlevoix 8.Gaspé 9.Joliette 10.Nicolet 11.Bellechasse 1 12.Montmagny a 13.Yamaska f 14.Jacques Cartier t 15.Terrebonne 16.LTslet 17.Québec Comté 18.Chambly - Verchères 19.Dorchester 20.Montmorency 21.Hochelaga.Cec prouve parfaitement que le TROIS PETITS LIVRES QU’IL FAUT LIRE r À bout portant Billets du soir (deuxième série) d’Albert LOZEAU de Nap.TELLIER \ Chroniques de Léon LORRAIN J En vente au Devoir et dans toutes les librairies CHAQUE VOLUME 25c ; FRANCO 27c du peuple.Le gouvernement devrait ( c’est ce qu'ils ont déclaré dans une mettre ses propositions sous la for- | résolution contre la marine adaptée me d’un bulletin de niêbiscite et lais- à une grande majorité immêdiate-ser au peuple qui paie la facture de | ment avant l’ajournement.Sur les décider la question.Le peuple du Oa- | six cents délégués, douze seulement nada est fatigué de la domination d’une poignée de politiciens d’une couleur ou de l’autre.Il faut le referendum et la question est une une bonne questiop pour le commencer.” Le même journal ajoute : “Le guide des “Grain Growers”, imprimé à Winnipag, a, dans son édition du 15 janvier, publié un rapport* de la convention tenue à Brandon la semaine précédente.Ce rapport disait : “Une des déclarations les plus importantes de la convention des Grain Growers du Manitoba tenue la semaine dernière était renfermée dans une résolution qui condamne les propositions navales des deux partis politiques et qui déclare que le parlement ne serait pas justifié de prendre action sur la question navale sans d'abord tenir un referendum.U y avait à Tordre du jour une résolution en faveur du referendum qui fut proposée par F.Simpson, de Shoal Lake, et secondée par Josiah Bennett, d’Austin.M.Bennett dit qu'il est anglais et que, quoique vieux, il est prêt ft partir pour se battre pour l’Angleterre si c’est nécessaire, mais qu’il ne veut pas que M.Borden ni M.Asquith ni personne vienne mettre la main dans sa poche et y prenne cinq piastres sans sa permission.(Applaudissements).Il est opposé aux deux politiques navales.” “M.J.F.Chipman, rédacteur du Guide des Grain Growers, a présenté la proposition suivante: “Attendu que, chez les nations chrétiennes de la terre, il existe un désir croissant de la part du peuple que la guerre et la préparation à la guerre, qui amènent une si terrible moisson de vies humaines et qui chargent les contribuables d’un fardeau financier écrasant, soient abolies et que l’énergie aujourd’hui tournée vers un but de destruction et de mort soit utilisée à la culture des arts de la paix, et, au lieu de promouvoir la défiance et la haine entre les nations, qu’elle encourage la confiance et la fraternité, ’“Et attendu que le parti conservateur et le parti libéral ont tous les deux proposé au parlement que $36,-000,000 ou plus soient consacrés à la construction d’armements maritimes, sans avoir pour cela un mandat du peuple, “Qu’il soit résolu que cette convention de délégués représentant dix mille fermiers du.Manitoba s’affirme ont voté contre la résolution.LE TRAVAIL sentiment public dans cette province, en autant qu'il a pu se manifester, est opposé à l'établissement d’une marine de guerre sans que le peuple ait eu l’opportunité de se prononcer.L’OPINION D’ONTARIO On prétend que la province d’Ontario est unanime en faveur des 35 millions ou de tout autre mode de contribution à la marine impériale.J’ai mentionné la résolution adoptée par l’importante Dominion Grange Association.Il y a quelque chose de plus à ajouter pour montrer que To-pinion publique dans cette province n’est pas différente de cette des autres provinces.Le “Globe” de Toronto, dans son édition du 5 avril dernier, dit : “U est fou et trompeur de prétendre que l’opinion canadienne est unanime sur cette question tant débattue de la défense navale.Il serait plus près de la vérité de dire que sur aucune autre grande question l’opinion du Canada n’est aussi confuse ou aussi également divisée.Les opinions se partagent entre Top-position directe aux dépenses navales de toutes sortes et, le jingoïsme le plus excessif et le plus belliqueux.“ Il existe une opinion beaucoup plus forte que plusieurs politiciens ne veulent l’admettre, qui regarde toute cette discussion et toutes ces propositions comme irréelles, stimulée d’un côté par les inventeurs do périls en Angleterre et en Allemagne, d’autre part par les politiciens qui se font un jeu même de la confiance la plus sacrée de leur intérêt, et même par les sinistres intérêts particuliers, les syndicats de la guerre, les magnats de l’aller, les corporations d’armateurs et les milliers d’industries secondaires dont la barque serait en danger et les dividendes supprimés si le programme de paix internationale, même entre l’Angleterre et l’Allemagne, était réalisé.Ces Canadiens hostiles à la marine ne sont aucunement des idéalistes de la paix à tout prix.Us sont nombreux dans toutes les provinces.Us appartiennent à toutes les races, à toutes les classes et à toutes les écoles politiques.“ Négliger cette opinion comme faible ou inconstante serait faire preuve d'ignorance ou de mauvaise foi.Un grand nombre d’observateurs capables et non-préjugés de l’opinion publique dans Ontario hors de Toronto, affirment énergiquement qu'un plébiscite sur cette question rejetterait les propositions actuelles du gouvernement et de l’opposition.Fermer les yeux sur ce fait, c’est faire le naïf.” Et l’article continue sur ce ton.Je puis dire ici qu’il est regrettable que ce journal n'ait pas jugé ft propos de èe faire l’écho du senti ment public quand son parti était au pouvoir, comme il Ta fait il y a quelques semaines.Peut-être que son conseil donné au nom du pays aurait été mieux écouté qu’il ne Test aujourd’hui.CEUX QUI VEULENT UNE MARINE dé(ploiem«nD de loyauté'plus' psft*4ot*3i comme* absolument'¦opposée à toute® “Le Citizen” d’Ottawa, dans sou édition du 28 janvier, a publié un article de tête intitulé : “Les Ouvriers du Canada et la guerre”.J’en citerai quelques passages : L’opinion exprimée par M.J.O.Watters, président du Congrès des Métiers et du Travail du Canada, dans une lettre récente à M.Arthur Anderson, M.P., de Londres, Angleterre, est d’un grand intérêt et d’une grande valeur.Après avoir déclaré que le travail organisé s’est toujours lié à la cause de la paix internationale et parlant des propositions navales actuelles, il s’est déclaré opposé à toute action sans un referendum populaire.Tl ré sume comme suit l’opinion des travailleurs syndiqués: Le point de vue des ouvriers syndiqués du Canada, en autant qu’il est possible d’en juger par les ssntiments exprimés dans leurs conventions, est que, proportionnellement à la diffu sion de l’éducation et à la solidarité des classes laborieuses, les possibili tés de guerre seront éloignées de plus en plus jusqu’il ce que la race humaine ait avancée si loin vers une humanité plus élevée que la pos sibilitê d’une boucherie humaine dé Corée du nom de guerre ne puisse ja mais plus surprendre la famille humaine.En arrière de cette déclaration de M.Watters se trouvent 70,000 ouvriers canadiens syndiqués, directement affiliés au Congrès, et probablement 50,000 qui s’y intéressent plus indirectement.La déclaration devient alors significative, non seulement pour la raison exprimé par le nom bre de ceux qui l’appuient.Son impor tance est plus évidente encore si on y ajoute les opinions semblables ex primées dernièrement par les Domi nions Granger et les Grain Growers J’ai fait remarquer, honorables mes sieurs, que la Grain Growers Associa tion du Manitoba, à son assemblée te nue à Brandon, a condamné à la fois la plltique navale de M.Borden et celle de M.Laurier, et a demandé un referendum sur toute la question.La United Farmers de TAlberta, à leur convention annuelle tenue à Cal-garry, et la Dominion Grange réunie à Toronto, ont suivi cet exemple il y a quelques semaines.Trois organisations de cultivateurs représentant trois provinces se sont ainsi pronon- irs qu’il était chef de l’opposition, suivi la même tactique, en votant, la Chambre des Communes le 22 ovembre 1910, la résolution suivan-e proposée par M.Monk: "La Chambre regrette que le discute du Trône n’indique nullement île, de la contribution du Canada ux armements impériaux.” Le premier ministre allait plus loin encore le 3 février, en proposant la résolution suivante : "Que le parlement ne devrait entrer dans aucune politique nouvelle, comportant une dépense considérable, de ce genre, sans T avoir ment soumise au peuple.” Auquel amendement Thon.M.Monk proposa le sous-amendement suivant: “Qu’elle soit soumise immédiatement au peuple pour obtenir immédiatement Topinion du peuple, par le moyen d’un plébiscite.” Ef M.Borden vota pour ce sous-amendement.C’était signifier clairement que si lui-même, M.Borden, devenait premier ministre, il en agirait de même.Si Thon.Premier Ministre a oublié ces engagements solennels qu’il a pris dans la Chambre des Communes en face du pays, il est bon que ce Sénat le lui rappelle.D’un autre côté, s’il croit éluder ses engagements grâce à des distinctions subtiles ou en jouant sur les mots, je lui dirai que le pays a été de bonno foi mis sous la conviction que s’il arrivait à la tête du gouvernement, rien ne se ferait sans que la question soit soumise au peuple.Je répète que le très bon.Premier Ministre n’a pas le droit d’oublier ain-ses engagements, surtout quand il sait que les quatre ministers canadiens français de la province de Québec, qu’il s’est choisis comme collègues, ont fait dans la Chambre des Communes et devant les électeurs de leur province les promesses les plus solennelles, s’engageant et promettant, s’ils étaient élus, que pas plus la contribution Borden que la marine Laurier serait adoptée sans être soumise au petfple par un plébiscite.LA TRAHISON Il sait qu’au moins 20 à 25 deputies qui siègent derrière lui dans la Chambre des Communes se sont engagés non moins solennellement à exiger la même référence au peuple.La conduite que ces Messieurs ont tenue depuis quelques mois constitue utne trahison et un scandale sans précédent dans les annales politiques du Canada et aussi 'de la Grande-Bretagne.LE DEVOIR DU SENAT Mais il y a plus encore, les unions ouvrières, lés ministres des différentes dénominations religieuses, les professeurs d’universités, et, en un mot toutes les gens de bon sens sont opposés â la folie des armements Qui donc reste-t-il en faveur de cette •calamité des marines de guerre que les gouvernants de nos jours ambitionnent tant de mettre sur Je» épaules du peuple ?.Qui?.Qui sont-ils ?.les constructeurs de navires, les fabricants d’armes et d’engins de destruction de toutes sortes, avec ceux qui entrevoient 1» moyen de fai're de.l’argent découlant de ces entreprises fantastiques.A ceux là viennent sé joindre un certain nombre d’exaltés qui eux, s’ils ne sont pas intéressés, croient avoir pour mission de sauver l’Empire que personne ne menace, qui n’est pas ei> danger et qui n’a pas besoin de nous.D’après tous ces faits il me parait évident que le gouvernement s’il' est appuyé par la majorité des députés dans la Chambre des Communes ne possédé pas la majorité des électeurs du pays sur cette question.Et le triste spectacle que nous avons vu dernièrement, non seulement de la part de députés mais aussi de plusieurs ministres, oublier leurs promesses, renier leurs engagements et trahir leurs électeurs, devait être des raisops suffisantes pour justifier ce Sénat de ne pas permettre que ce bill deviennent loi.Il ne peut y avoir de doute ntjp plus que la grande majorité de ceux sur qui retombera le fardeau de la création et du maintien de ces nouveaux armements sont opposés ft Tune et ft l’autre des deux marines proposées par les deux partis politiques dans la CJiambre des Communes.Les ministres ne peuvent Ignorer tous ces faits.Alors je ne crains pas de dire que le gouvernement, s’il eût voulu être fidèle au peuple canadien, n'aurait pas hésité ft soumettre la question aux électeurs, par le moyen d'un plébiscite, tel que de-demandé par des centaines et des milUeirB de citoyens et tel que, comme je Tai déjà dit, plusieurs ministre* actuel* et un grand nombre de députés dan* la Chambre des Communes ont promis de faire pour obtenir le vote de leurs électeurs.LE PASSE DE M.BORDEN Puisque le gouvernement n’a tenu aucun compte de la volonté populaire énergiquement exprimée comme je Tai démontré, ni des.engagements pris par un grand nombre de ministres et de députés, je crois que ce Sénat ferait peuit-être le plus bel acte de son existence et prouverait sa raison d’être en ne permettant pas que ce bill devienne loi maintenant dans des circonstances semblables.On allègue souvent l’obligation pour le Canada de venir au secours de la Mère-Patrie, afin de lui prouver notre reconnaissance et la compenser de nous avoir tenus abrites sous son drapeau, etc.Je crois que ces choses no peuvent pas et no doivent pas se payer en argent comme on veut le faire aujourd'hui.Il vaudrait autant dire que les nouvelles provinces rie l’Ouest Canadien seraient obligées de rembourser aux vieilles provinces de l’Est les millions qu’elles ont déboursés pour l'achat des droits de la Compagnie do la Baie d’Hudson, des octrois payés à la compagnie du Pacifique Canadien, ainsi qur, les sommes considérables dépensées pour la construction d’une partie de ce chemin et de plusieurs autres aussi pour l’ouverture de ces territoires.Cette prétention serait absurde.C’est la même chose du Canada vis-à-vis de l'Angleterre.Les prétendues obligations du Canada à l’Angleterre sont mal fondées.Personne n’osera dire qtVil y a obligation légale, ni constitutionnelle.Mais les partisans de la contribution, par excès de zèle et par raison politique, invoquent l’obligation morale qui nous fait un devoir d’aller au secours de ce à l’Angleterre pour le lâche abandon d'une partie du territoire canadien à la fin de ia guerre de l’indépendance ?“Devons-nous lui être reconnaissants parce que le territoire qui forme actuellement les Etats de TOhio, de T Indiana, de l’Illinois, du Wisconsin, du Michigan et d’une partie du Minnesota fut enlevé à une partie de la loyale colonie du Canada (alors Québec) et abandonné aux Etats-Unis afin de les amadouer et d’obtenir leur coopération commerciale ?“Les United Empire Loyalists voulaient émigrer vers Touest plutôt que vers le nord du Canada.Doivent-ils avoir de la reconnaissance de ce que Lord Selbourne a aban-prêalable- donné cette partie de notre territoire ?“Devons-nous être reconnaissants de ce que les colonies rebelles obtinrent le droit de pêcher sur les côtes des colonies loyales et de ce que les pêcheurs de la colonie loyale furent exclus des pêcheries des colonies rebelles ?Les Américains ont encore le droit de pêcher dans les eaux canadiennes et nous causent une foule d’ennuis.Devons-nous être recom-naissants de cela ?“Devons-nous être reconnaissants de ce que grâce au traité de 1783 et de 1808 tout le territoire des états de Dakota et de Minnesota, arrosé i par la rivière Rouge fut enlevé au * Canada et cédé aux Etats-Unis ?Devons-nous être reconnaissants de ce que en vertu des traités de 1783 et de 1842, une partie de l’état du Maine comprise entre les provinces du Nouveau-Brunswick et de Québec est devenue possession américaine ?“Devons-nous être reconnaissants de la concession aux Etats-Unis de la presque totalité de i'état de Washington ?“Devons-nous être reconnaissants de ce que toutes nos controverses avec les Etats-Unis furent dominées par la préoccupation britannique (comme sir Charles Tupper nous Ta dit) d'éviter la moindre menace d’un conflit avec les Etats-Unis ?“Devons-nous être reconnaissants des provocations gubernatorial es qui provoquèrent la révolution de 1837-387 “Devons-nous être reconnaissant» des maladresses des Gosford, des Frances Head, des Metcalfe et des autres ?Le colonel George T.Dennison a dit : “La maladministration et l’ignorance des affaires cana< diennes de la part du Bureau dei .Colonies amenèrent le malaise qui provoqua la prétendue rébellion de 1837.“Devons-nous être reconnaissants des stupidités qui amenèrent la guerre de 1812 ?“ Devons-nous être reconnaissants de la politique commerciale grâce ?laquelle jusqu'à 1840, nous restâmes impuissants qt immobilisés par des lois nous empêchant de faire nos achats ailleurs que dans le Royaume Uni et nos ventes ailleurs que dans le Royaume Uni également, et interdisant aux navires étrangers d’entrer dans nos port® ?” U est très heureux que ces grande! vérités historiques n’aient pas été dites par un Canadien-français de ; i province de Québec, car ces remarques auraient provoqué un orage d’indignations et auraient soulevé h i préjugés des ultra-loyalistes qui pensent avoir le monopole du patriotisme et la mission de sauver l’Empire.cées contre-la politique-de contribu- L« premier - miniitro lui-même,, a* cela ?DoiLon de la-reconnaissan- LES DEPENSES DE L’ANGLETERRE POUR LE CANADA Le premier ministre, dans son dis-cours à la Chambre des Communes, le 5 décembre dernier, a déclaré, et quelques journaux ont répété la même affirmation, que l’Angleterre a dépensé quatre cent millions de dollars pour protéger et sauvegarder le Canada.Il serait intéressant de voir cette note.A tout événement, partant de ce principe, on peut bien répondre que le' Canada lui-même a dû venir en aide à l’Angleterre dans ses nombreuses guerres, sans en être responsable ni les avoir demandée®.En jetant un coup d’œil sur notre histoire, vous verrez facilement que les guerre® qui ont eu lieu sur le territoire canadien en 1760, quand l’Angleterre s’est emparée du Canada, en 1774, 1812, 1837 et 1870, -ont coûté aux Canadiens de grands sacrifices en territoires, en argent et en sang, fU'ftcc à la diplomatie britannique.T Angleterre.Cet “rderMèm obligation y, aS exagérer que de dire que 1 Angleterre est endettée envers le Canada, car il n’est pas responsable des guerres déjà men- n’existe pas plus que les deux autres.NOS PRETENDUES OBLIGATIONS UN TEXTE DE M.EWART tionnéee; et l’Angleterre n’a-t-elle pas cédé aux Etats-Unis pour le règlement de ses propres affaires et aux dépens du Canada les Etats du AI.Ewart, aux pages 323 à 328 de ses “ Kingdom Papers ” répond péremptoirement à ce dernier argument, j Maine, de l’Orégon, le vieux territoi Ces pages devraient être lues eomplè- [ re français de TOhio et les ports de tement, mais pour no pas retenir Cette l'Alaska?Je n’ai pas l’intention do chambre trop longtemps, je n’en citerai que.quelques extraits.“Le gouvernement britannique a admis en diverses occasions que les colonies n’étaient pas forcées de participer dans les guerres britanniques.“Gratitude.— Si nous n’avons aucune obligation légale de participer aux guerres britanniques, devrions-nous les faire par gratitude ?Devons-nous être reconnaissant® à l’Angleterre de la sottise qui a provoqué la guerre d’indépendance des Etats-Uni* et l’invasion résultante du Canada ?“Est-ce que les United Empire Loyalists en particulier devraient lui être reconnaissants de la guerre qu leur a coûté leur domaine ?Le colonel George T.Dennison a dit : “Lord Beresford a appelé de l'Ignorance, de la négligence et des malentendus, la résistance des treize colonies, mais cela signifiait beaucoup plus pour les sujets anglais loyaux à la Couronne, cela signifiait pour environ cent mille d’entre eux l'exil et la perte de leurs biens.Cela sigai fiait les épreuves, les souffrances, les privations et, le besoin."Doit-on de la reconnaissance pour faire un inventaire complet dp tout ce que le Canada pourrait réclamer â son crédit en établissant la balance de ses prétendues dettes et de ses obligations envers l’Angleterre.J’ai mentionné quelques faits seulement, qui d’après moi suffisent ft montrer aux ultra-loyalistes et à leur rappeler que leur enthousiasme les porte ft penser ft l'Angleterre seulement quand ils devraient se rappeler que le Canada est avant tout leur pays, leur patrie.ENCORE LES KINGDOM PAPERS Pour appuyer ma prétention, je dois attirer l’attention de la Chambre sur le 12e des KINGDOM PAPERS de M.Kwart, où l’auteur traite de façon magistrale la question de la protection et des obligations du Canada envers l'Angleterre.J’en cite les quelques ligne® qui suivent.Part-55, M.Ewart dit : "Permettez-mot de résumer les raisons qui appuient l'assertion que 1* Canada ne doit rien au Royaume-Uni : (SuUe~à~-ia~ ôe page) VOL.IV.— No.124 LK DEYUIH, MOVmiiAL, \ ENDREDI, 30 MAI 1913 8 COKTRE La Navigation (Suite de la 4e page) lo.Parce que jusqu'en 1846-49, filous avons été traités comme des (teutruches en cages, pour nous proté-,ger dans le seul but de battre monnaie de nos plumes.2o.Parce uu’aprés la suppression 6des RESTRICTIONS SEVERES im-' posées au commerce colonial, l’argent qu’on dit avoir été dépensé pour no-I tre défense a été déboursé en réalité pour les raisons suivantes : ( a | Afin do flattf r l'orgueil de pro-ipriéiaire du peuple anglais ; (b) Afin de lui procurer les multi-ifiles avantages résultant de la continuation du contrôle — avantages sen- 'timentaux et réels.(c) Parce .que pour ce qui est des (dépenses de la milice la plupart furent ; folles et presque exclusivement impe-J'iaüstes.* ( d ) Parce que non seulement les dépenses navales furent faites aux intentions de l’Empire, mais elles auraient été accrues et non diminuées si le Canada avait été un pays indépendant.( e 1 Parce que le corollaire avoué du contrôle de la politique, étrangère est jla protection contre les conséquences «de r'tte politique.I ( i ) Parce que le Canada n’a ja-iïnais eu la protection à laquelle il pavait droit.Conclusion : Puis-je suggérer en ma-[Jiière de conclusion aux chefs des par-Ftis politiques qu’ils devraient s’efforcer fid’arriver à une certaine évaluation de f-ce que le Royaume-Uni doit au Cana-i
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