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Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
vendredi 27 juin 1913
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1913-06-27, Collections de BAnQ.

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VOLUME IV—No.148 UN SOU LE NUMERO MONTREAL, VENDREDI 11 JUIN, IVli r ABONNEMENTS : Édition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS $3.00 UNION POSTALE.$6.00 Édition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS .$1.50 UNION POSTALE.$a.uo Directeur : HENRI BOURASSA Rédadtion et Administration 2 7 U RUE SAINT-JACQUES MONTREAL._____ téléphl ADMIN ^ MION : Main 746! REDACT , a - Main 7460 FAIS CE QUE DOIS ! ° LA REACTION FATALE Il est impossible de ne point noter l’ardeur avec laquelle les journaux libéraux font sonner le vieil appel: Le Canada d’abord, le Canada toujours.Chez quelques-uns, c’est évidemment le cri du coeur, chez I d’autres une .simple tactique.Mais, dans les deux cas, c’est la preuve de la grande réaction nationaliste qui s’avance et que rien ne saurait entraver.Et le témoignage !des opportunistes est peut-être, sur ce point, plus probant encore que celui des sincères.Si les arrivistes, toujours prêts à clamer avec la même ardeur Vive le Foi, Vive la Ligue! se mettent aujourd’hui à crier Le Canada avant tout! c’est qu’ils croient le cri populaire et capable de les porter au pouvoir.Il suffit de réfléchir un instant pour comprendre que l’instinct canadien devra finalement l’emporter.Il est impossible que des gens qui vivent sur le même sol, qui disposent de la moitié d’un continent ne finissent par considérer que les intérêts du pays où vivent, où vivront leurs enfants, passent avant tous les autres.Il est naturel qu’en arrivant de l’autre côté, certains jugent encore les choses avec leurs yeux d’Européens, mais s’ils ne vivent point assez longtemps pour modifier leurs points de vue, les fils le feront.L’histoire, la géographie, toutes Tes forces économiques travaillent I>our le sentiment canadien.* * W Une .propagande fort habilement menée, qui faisait appel à tous les sentiments de race, qui exploitait toutes les faiblesses et toutes les naïvetés, a pu un moment donner l’illusion d’un puissant mouvement impérialiste.Les propagandistes du nouveau culte avaient réussi à mettre la main sur un bon nombre de ceux qui crient fort, et cela trompait les observateurs peu attentifs.Mais la poussée impérialiste a eu cet effet nécessaire de susciter, dans le monde des intellectuels et dans celui des politiciens, une riposte dont la violence ira s’accentuant.Ce sont d’abord des théoriciens comme M.Ewart, qui ont opposé méthodiquement les faits, les chiffres et les documents aux faits, aux chiffres et aux documents produits par les impérialistes.Ce sont ensuite des politiciens qui ne juraient hier que par l’Empire et qui, ayant été heurtés dans leure intérêts de clan ou de parti, se mettent à tenir des discours^cnt la virulence scandalise ceux qu’on appelait hier des démagogues.La poussée impérialiste menaçant de s’accentuer, nous voyons des théoriciens comme M.Ewart sortir de leur cabinet d’étude et déclarer qu’il est temps d’opposer club à club, organisation à organisation.Des projets de résistance pratique s’élaborent en d’autres quartiers.Quant à la foule, à qui fera-t-on croire que les millions de Canadiens-français, de Canadiens-anglais, écossais ou irlandais qui, pendant cinquante ans ont jugé que leur pays devait d’abord s’occuper de ses affaires et n’avait point à s’immiscer dans les querelles européennes ou asiatiques de la métropole, se sont subitement réveillés férus de l’idée qu’ils devaient tout sacrifier dans des guerres sur l’origine, la direction et le règlement desquelles Us n’auront rien à dire?A qui fera-t-on croire que les Américains, les Allemands, les Ruthè-nes, les Italiens, les Juifs qui nous arrivent par milliers, soient subitement pris de la fièvre impérialiste en mettant le pied sur le sol canadien?Cette masse peut être trompée, elle peut être — et elle a été trahie — par ceux qui se prétendent ses chefs; mais elle est d’instinct canadienne et anti-impérialiste, au sens ordinaire du mot.Elle ne demande que l’occasion et une direction intelligente pour s’affirmer.Sans doute, la campagne menée par la presse d’opposition est d’un Caractère très mêlé, et certains, de ceux qui crient le plus haut Le Canada d’abord clamaient hier, et seront prêts à clamer demain, que nous ayons le devoir de participer à la défense générale de l’Empire.Mais il ne dépend ni des orateurs ni des écrivains de limiter à ce qu’ils disent ou écrivent les réflexions de ceux à qui ils s’adressent.L’intelligence une fois mise en mouvement tire des conclusions aux-5uelles ne s’attendaient guère souvent ceux qui l’ont d’abord excitée.Pour ruiner l’idée de la Contribution, les oppositionnistes ont du prouver que le plaidoyer de pauvreté enregistré par certains impéria-] is Les portait à faux, que l’Angleterre est encore le pays le plus riche du monde et que nos impôts sont plus lourds que les siens.Pense-t on que le peuple né s’en rappellera point lorsqu’on lui demandera de construire deux flottes pour aider, le cas échéant, à la défense impériale?Pour combattre M.Borden, l’opposition a dû dénoncer l’influence néfaste du trust des armements.Pense-t-on qu’on empêchera un certain nombre d’esprits logiques de conclure que cette influence serait aussi dangereuse chez nous qu’en Angleterre?Et cette devise: Le Canada avant tout, si on la répète assez de fois, couîment empêchera-t-on le peuple d’en conclure qu’il faut régler toute notre politique sur les intérêts supérieurs du Canada et, donc, qu’il vaut mieux employer notre argent à développer les ressources de notre pays qu’à construire des flottes dont nous n’avons pas besoin?* *¦ * La réaction n’offrira aucun danger au point de vue impérial, si la campagne impérialiste ne prend point des proportions excessives.Le développement normal des colonies est au contraire la meilleure garantie des intérêts impériaux.La politique du Canada first est, à tout point, la meilleure.Mais si l’action impérialiste s’accentue trop vivement, nous ne tarderons pas être obligés de faire office de modérateurs.C’est la destinée que nous avions prévue et que nous sentions nôtre, dès le début du mouvement nationaliste.Omef HEROUX.Le budget fédéral Un confrère cite des chiffres officiels pour démontrer combien l’impôt indirect augmente graduelle, aient au Canada.A l’époque de la Confédération, la dette et le revenu annuel représentaient u'ne taxe de $27.08 par lête.Vingt ans après celle-ci atteignait f>54.88, et en 1011 elle dépassait 161.69 pour chaque homme, femme et enfant.Ce confrère, qui est le Globe, en conclut naturellement que le gouvernement actuel dépense beaucoup trop.fl ne faut cependant pas ajouter trop de foi à la sincérité de ces critiques; les deux partis nous ont appris depuis longtemps qu’ils ne s’en rappellent que dans l’opposition.De même que M.Laurier promit de réduire la dépense et la dette et les augmenta ensuite d’année en année, de même M.Borden se scandalisa, parfois tellement de cette augmentation qu’on pouvait espérer gu’au pouvoir il s’efforcerait des l’arrêter.Pour être juste, il faut reconnaître qu’il a diminué la dette de quelques millions, mais la dépense continue de monter si rapidement que le mouvement de la dette devra forcément t'en ressentir.Il faut finir le Grand-Tronc-Paei-üque, continuer le 'chemin de fer ie la Baie d’Hudson, creuser le calai Welland, encourager davantage l’agriculture, améliorer les porls, pousser le développement général lu pays, etc.Avant de quitter le pouvoir en 1896, Sir Ilibbert Tuppcr disait à la Chambre des Communes que les Sommes publics qui s’engageaient à déduire le chiffre des dépenses man-juaient de sincérité ou de connais-lanccs de» besoins du pays.On sait combien il avait raison.Les budgets supplémentaires d’aujourd’hui égalent presque les budgets principaux d’il y a vingt ans.Deux cents vingt-cinq millions de piastres ont été votés à la dernière session et ce chiffre énorme n’a pas soulevé beaucoup d’opposition.Tant d’intérêts particuliers dépendent de l’emploi de ces crédits qu’aucun parti n’oserait en proposer le rejet.Le Globe fait mieux de se résigner à l’inévitable pour le moment et de revenir à l’opinion qu’il exprimait voilà un an à propos de la démission de M.Monk.Il disait alors que beaucoup de gens croyaient avec Tex-ministre des Travaux publics qu’il valait infiniment mieux garder nos millions pour nos travaux publics que de les gaspiller à bâtir des dreadnoughts.Marine ou contribution, en effet, augmenteraient encore ce budget déjà si lourd.La marine surtout coûterait un prix énorme, l’expérience de l’Australie nous le dit assez, et elle ne nous exempterait d’aucune obligation envers notre pays.Parce que nous aurions donné deux ou trois cuirassés à l’Angleterre ou que nous aurions une vingtaine de vaisseaux sur l’Atlantique et le Pacifique, l’Angleterre ne viendrait certainement pas construire nos chemins de fer, creuser nos canaux, refaire nos routes et perfectionner no.tre agriculture.Nous resterions avec toutes les charges dont l’accomplissement commandait à M, Laurier de refuser le concours du Canada au militarisme impérial avant que l'influence jingoe ne l’eut amené à offrir l’argent et le sang des Canadiens.Et la taxe fédérale, représentée par la dette et la dépense,atteindrait vite le cent piastres par tête.Le Globe a raison de recommander la prudence, mais s’il est sincère, qu’il cesse de sympathiser avec l'impérialisme qui ajouterait encore au fardeau des contribuables.Jean DUMONT.FILLET DV SOIR.LE TOCSIN.üong!.Dong!__Hong!.C’est le gong d’alarme qui de minute en minute tinte lugubrement il sonne les glas.Il ij a quelques heures à peine, il carillonnait vigoureusement appelant de sa voix d’airain, des braves au combat.Sans réplique, toujours prêts, on obéit à son commandement et courageusement, sans regarder derrière soi, on entre dans la lutte.Hier, le tocsin a lancé son cri de détresse; les hommes se sont élancés sans murmure et quatre d'entre eux ont succombé dans la fournaise, broyés sous l'avalanche d’une pluie de pierres qui en les ensevelissant se sont érigées en monument funéraire au milieu des ruines embrasées.Dong!.dong!.dong!.Ce n’est plus le mâle accent de l’appel au danger; c’est la plainte d’un sanglot étouffé.Entre les deux haies de la foule recueillie, le cortège s’avance.Les fhevaux aux chariots attelés, vont le pas.Aux bruits des cloches, les nobles bêtes fougueuses, piaffant et bondissant, allaient, il y a un instant, emportant leur lourde voiture comme une tempête en furie, là-bas au loin, où le ciel s’empourprait des lueurs d’incendie.Mais, maintenant, l’écho leur a apporté les pleurs du tocsin et c’est sans hâte qu’ils conduisent quatre cercueils au champ du dernier sommeil.Dong!.dong!.dong!.Quelques pelletées de terre et tout est fini* Le gong sonne un dernier adieu, puis fait silence pour, demain, faire retentir un ordre impérieux devant un nouveau péril, et exiger de nouveaux sacrifices.Max SOREL.Le ‘^Herald ” Le Herald vient de changer de mains.La chose était prévue depuis plusieurs semaines, on l’a officiellement annoncée hier l’après-midi.Le président et le vice-président de la compagnie qui publie le journal {The Herald Company), MM.James S.Brlerley et Ere-, derick Abraham ont cédé leurs intérêts dans l’entreprise à un nouveau groupe de capitalistes et M.Brierley, qui exerçait en même temps la direction politique du journal, ne sera plus qu’un collaborateur occasionnel.C’est donc une modification complète non seulement dans la propriété, mais dans la direction du journal.Quel en sera l’effet précis sur la ligne de conduite du Herald, seul l’avenir le pourra dire.Les nouveaux propriétaires affirment que le journal maintiendra sa ligne de conduite ancienne en matière de politique municipale.Us déclarent qu’en politique provinciale, on a trop négligé le développement des ressources naturelles de la province et son progrès commercial, industriel et scolaire.“Dans les affaires publiques, disent-ils encore, le Herald gardera cette attitude d’indépendance et de liberté à l’endroit des partis qui a récemment (in the recent past) caractérisé sa rédaction.La forte position prise par le journal, sous la direction de M.Brierley, pour le renfor-cissement de nos relations impériales, sera énergiquement maintenue, comme favorable aux intérêts supérieurs du Canada et de la race britannique.” D’où Ton peut conclure que le Herald jettera très probablement du côté impérialiste tout le poids de son influence.C’est du reste la rumeur courante — confirmée par les publications subséquentes de M.Walsh — que la position prise par M.Brierley ne convenait qu’à une partie de ses anciens collaborateurs.M.Edward Beck, autrefois “managing éditor” du Herald et tout récemment du Star, devient rédacteur en chef du Herald.C’est le seul nom qu’on nous donne, et nous ne serons probablement pas les seuls à regretter que le Herald n’ait pas annoncé qui remplaçait comme propriétaire MM.Abraham et Brierley.La rumeur désigne des hommes très en vue dans le monde de la finance.0.H.Et les autres comtés ?En même temps qu’on assermenté M.Meighen on fixe la date de l’élection de Portage la Prairie.Le scrutin aura lieu le 26 juillet.Et les autres comtés, Châteauguay, Lanark.Middlesex?Les libéraux n’ont pas eu le temps de décider s’ils feront de l’opposition nu nouveau sollieiteur-généraL Pour l’Europe Le père Joecph-Papin Archambault, b.J.s’embarque lundi soir, a bord du Royal George, pour un voyage d’un an en Europe.Il visitera les principales maisons de retraites fermées et plusieurs centres d'action religieuse et sociale en France et en Belgique, puis passera le reste de Tannée, à Cantorbéry, en Angleterre, dena une maison française de son ordre.M.Poincaré à Londres M.Raymond Poincaré, président de la république française, vient de terminer sa visite à Londres, où il a été l’objet d’un accueil vraiment royal.L’enthousiasme qu’a soulevé sa visite peut être interprété comme l’expression des chaudes sympathies des Anglais à l’égard de la France, et aussi comme l’expression du sentiment contraire envers l’Allemagne.Qu’on ne s’y laisse pas prendre, cependant.L’Angleterre peut fort bien accueillir à bras ouverts ie chef de la république française sans nourir aucune animosité contre Tombra-geuse voisine de cette dernière.Sans doute, l’entente cordiale qui existe actuellement entre le gouvernement de Londres et celui de Paris a imprimé aux manifestations dont M.Poincaré a été l’objet un caractère de cordialité parfaite.Mais le chef héréditaire de n’importe quelle autre grande puissance aurait été accueilli de la même façon—et Guillaume III tout le premier.De fait, le Kaiser est le grand favori du peuple anglais.Il est sûr d’être acclamé à chacune de ses visites, et il sc isent parfaitement chez lui uu pays que sa grand’mère, la reine Victoria, son oncle Edouard VII et son cousin Georges V ont successivement gouverné depuis que lui-même occupe le trône impérial d’Allemagne.D’autre part, il serait inutile de nier que les relations entre l’Allemagne et l’Angleterre se sont améliorées an point de rendre possible un accord général prochain.Durant toute la crise balkanique, la coopération des deux puissances a été visible.La présence du roi et de la reine d’Angleterre au mariage du duc de Cumberland, et certains petits faits qui se sont produits durant les fêtes-, montrent l’intimité des deux familles royales et plus encore.Sir Edward Grey a passé les fêtes de la Pentecôte à la compagne, chez lord Glenconner, où se trouvait en même temps, le prince Lich-nowsky, Pambasadeur d’Allemagne en Grande-Bretagne.Lord Mor-ley était à Berlin vers le même temps, pour les mêj^es motifs, apparemment, qui y avaient amené en 1911 lord Haldane, alors secrétaire pour la guerre.“C’est, disait, le 18 mai, le Hey nold’s Newspaper, qui représente l’opinion du parti radical anglais, le développement d’une politique qui, depuis plus d’un an, a été couvée lentement, mais sûrement.La crise de 1911 a amené, parmi les hommes d’Etat anglais, la résolution formelle qqlune collision aussi grave, disons le mot, aussi scandaleuse, entre les diplomates de deux nations amies, ne devait plus jamais se reproduire”.Le règlement définitif de la question du chemin de fer de Bagdad, en discussion depuis deux ans, a supprimé entre l’Angleterre et l’Allemagne la source la plus importante peut-être de leurs divergences passées.Et précisément à ce propos, M.Herbert Vivian, un des écrivains les plus appréciés pour leur compétence dans les questions d’O-rient, écrivait dans la Fortnightley Review d’avril dernier: “L’entente avec la France est trop contre nature pour demeurer cordiale bien longtemps.En tout cas, la fidélité est incompatible avec la frivolité française, et les questions syriennes peuvent prochainement suf.fire à reproduire cette sorte d’hystérie qui jaillit des marécages de Fashoda.Une fois éliminées les aspirations allemandes,—et combien cela est une tâce pitoyable et aisée, les Allemands désillusionnés commencent à l’apprendre par eux-mêmes,—et les vieilles et saines rivalités entre la bonne Albion et la perfide Gaule, pourront être reprises d’une manière satisfaisante.Je dis satisfaisante parce que Thistoire n’a jamais hésité dans les résultats des différends coloniaux entre l’Angleterre et la France.Pondichéry, les hauteurs d’Abraham, le double contrôle de l’Egypte indiquent les résultats de toutes rivalités possibles en Turquie d’Asie”.Ce passage indique assez que l'amitié franco-anglaise c»it peut-être une chose bien fragile, car il traduit à peu près fidèlement les sentiments qui se manifestent dans des milieux dont l’influence pèse plus lourd qu’on ne croit sur la direction de la politique britannique.S’il y a en Angleterre de nombreux partisans de l’Enetente cordiale, Il y a au moins autant de partisans d’un accord avec l’Allemagne.Il serait donc dangereux pour la France de se bercer d’illusions à ce sujet, et c’est sans doute parce qu’il s’en est rendu compte que M.Poincaré a voulu provoquer une nouvelle expression des sympathies qu’il désire voir se fortifier entre les deux pays.Uldéric TREMBLAY.• - Nominations (Service pnrticulier) Washington, 27 — Thomas E.Hayden et le juge M.P.Doollng ont été nommés par te président Wilson, le premier, procureur de district et l’autre juge de circuit pour le district nord de la Californie.M.Bourassa dans l’Ontario FORT WILLILAM ET PORT ARTHUR Port Arthur, Ont., 26 juin (Service particulier).— M.Henri Bourassa a prononcé aujourd’hui deux discours: ce midi sous les auspices du “Canadian Club” de Fort William, ce soir sous ceux du “(Canadian Club” de Port Arthur.L’assemblée du “Canadian Club” de Fort William était la plus nombreuse, nous affirme-t-on, qu’il y ait jamais eue au Club.L’orateur a exposé en détail le programme éco-nomique des nationalistes, et traité avec son habituelle clarté la question de l’enseignement du français et des écoles catholiques.On Ta fortement applaudi.Le soir, au “Canadian Club” de Port Arthur, il a surtout traité de la politique nationaliste quant à nos relations avec la métropole .11 a été également applaudi et félicité par les représentants du “Canadian Club”.L’auditoire était deux fois plus nombreux qu’il ne Ta encore été.M.Bourassa part vendredi midi par le bateau “Keewatin” pour le Sault Sainte-Marie, où il arrivera samedi midi.Il parlera samedi devant le “Canadian Club” du Sault Sainte-Marie, et dimanche devant les Canadiens-français de Steelton.Lundi soir il parlera devant les Anglais de Sudbury, et mardi devant une assemblée française dans la même ville.Il sera de retour à Montréal le 3 juillet.Sur le Pont d’Avignon.A quand la nomination de sous-ministres canadiens-français à Ottawa?* * * M.L’Espérance est tout particulièrement heureux el M.Sèvignÿ tout particulièrement malheureux du choix de M.Meighen.* * * La guerre continue'au Mexique.On dit même que les fédéraux perdent beaucoup de terrain.L’heure de Huerta sonnera peut-être bientôt.* * * Non seulement le ridicule ne tue pas mais il revit constamment.Autrefois, c’était le Soleil qui faisait de M.S.N.Parent le fondateur de Québec; maintenant, c’est VEvé-nement qui décerne le même titre à M.L.P.Pelletier, A quand le tour de M.D.0.L’Espérance?* * Plus les Canadiens-français parleront et épureront leur langue, plies ils défendront leurs droits, plus ils perdront de terrain, dit en somme l’Avenir National de Manchester complaisamment reproduit par la Patrie dans son édition d’hier.C’est une jolie théorie çue celle-là.Heureusement qu’elle hâtera plutôt qu’elle ne retardera la réaction dont nous avons tant besoin.«¦ * * Le Soleil parle de préjugés de race à propos de la question de défense.C’est dans l’organe libéral en effet, qui s’appelait alors l’Electeur, que parut cette dénonciation violente des achats de fusite pour la défense du territoire canadien.Le Veilleur.-—s > —- Concerts en plein air ON N’A ENGAGE POUR CETTE ANNEE QUE CINQ MUSIQUES QUI JOUERONT PENDANT JUILLET ET AOUT DANS LES PARCS DE LA VILLE.Les musiques militaires engagées par la ville pour donner des concerts dans les parcs, cèt été, sont L’Harmonie, l’Alliance Musicale (musique du 65e Régiment), l’Harmonie Concordia, la musique du 5e Royal Ecossais, la musique des Victoria Rifles.Le surintendant des parcs fixera le nombre des concerts et les endroits où ils seront donnés.Pour éviter les nombreuses critiques faites au sujet de certains engagements des années dernières, le commissaire Ainey, chargé de cette question par ses collègues, a cru qu’il ne saurait faire mieux que de consulter l’Union des Musiciens et c’est sur le conseil de celle-ci que ces cinq musiques ont été engagées.M.Ainey dit que des critiques très vives ont été envoyées au bureau, concernant le choix de certaines musiques incapables de donner satisfaction à leurs auditeurs et que ceux-ci ont manifesté leur mécontentement par des envois de fruits pourris et de cailloux.C’est pour éviter que cela se répète qu’on n’a engagé cette année qu’un petit nombre de musiques et qu’on a d’abord consulté l’Union.-?- Dans les Balkans Sofia, 27.— Une dépêche semi-officielle annonce que la bataille entre Serbes et Bulgares à Sletovo, hier, a été un engagement insignifiant entre quelques emit aines d’hommes.LA POLITIQUE D’ARBITRAGE Belgrade, 27.— Le Shupshtina s’est réunie en séance secrète, hier.Le premier ministre annoncera le résultat des délibérations à une assemblée publique, demain.Il est compris quo le premier ministre a fait approuver sa politique d’arbitrage et partira bientôt pour Sftint-PêtersboUrg, nfin d’assister è la conférence des premiers ministres des quatre Etats dos Balkans.A TRAVERS L’OUEST ‘ Une réunion de Canadiens-français.— A Saint-Norbert Winnipeg, 23.— M.Bourassa, m medi et dimanche, a pris contr i j avec les Canadiens-français du Manitoba.Samedi soir, un groupe de jeunes gens de Saiut-Boniface, de Winnipeg et de quelques autres endroits de la province, lui offrait un dîner intime au Red Deer Lodge; et, dimanche, accompagné du consul français à Winnipeg, de M.Bourgoin, représentant au Manitoba du Crédit Foncier Franco-Canadien, et de sir Joseph Dubuc, qui fut pendant de nombreuses années premier magistrat du Manitoba, M.Bourassa était Thôte de M.Tabbé Cloutier, curé de.la paroisse française de Saint-Norbert, à quelque dix milles de Winnipeg.* * * Un grand nombre de jeunes gens canadiens-français habitent Saint-Boniface et Winnipeg.Les nôtres sont en majorité, à Saint-Bonifare même.A Winnipeg, ils ne sont pas encore nombreux; mais, depuis quelques années, remarquait Un Français avec lequel nous nous en- tretenions hier, on parle plus souvent français, dans les rues, les magasins et les tramways de Winnipeg, qu’on ne le faisait auparavant.Et si, comme le disait M.le juge Prendergast, à une réunion de quelques personnes, à la suite du dîner de samedi soir, depuis vingt-cinq ans, il ne s’est pratiquement rien fait pour accroître Télément canadien-français au Manitoba, aujourd’hui, les esprits s’éveillent; cl le congrès de cette semaine travaillera à organiser tout un projet de colonisation française dans les centres français manitobains, selon que Ta établi M.L.-A.Delorme, un jeune avocat de Winnipeg, présider! tactuel de la Société Saint-Jean-Baptiste, projet déjà exposé par M.Delorme lui-même aux lecteurs du Devoir, dans une série d’articles parus il y a deux ou trois mois dans ce journal.Samedi soif, donc, uhe cèntaine de Canadiens-français, hommes d’affaires, industriels, médecins, avocats, courtiers en immeubles, se réunissaient dans la grande salle du Red Deer Lodge pour recevoir M.Henri Bourassa, leur compatriote.Il y avait là des libéraux, des conservateurs et des nationalistes.Ce n’était pas une réunion politique, mais une assemblée de compatriotes, une causerie en famille.M.le juge Prendergast, autrefois député libéral du Manitoba à Ottawa, présidait cette fête intime.Et tous les orateurs insistèrent sur le caractère uniquement français et familial de celle j-ctite réunion.M.Prendcr-gast.un des Canadiens-français du Manitoba les plus remarquables et les mieux doués, fit une fort jolie allocution, au dessert, et fit ressortir de quelle utilité la venue de M.Bourassa dans les centres anglais de T Ou est, et ses franches revendications des droits des habitants de langue française, dans les réunions anglaises auxquelles il a adressé la parole, seraient pour la cause française dans cette région.M.Bourassa, en une causerie de trois quarts d’heure, exposa à son auditoire, où tous les groupes politiques se confondaient, qu’il «’est donné la tâche de créer une opinion publique saine, qui régénère la politique canadienne, et que peu lui importe quel parti entreprendra cette réforme, pourvu qu’elle ait lieu.Il a expliqué aussi, en des phrases applaudies de tous, le profond désir qu’il a de faire disparaître les préjugés à l’endroit des Franco-Canadiens, dans les provinces anglaises, et de faire comprendre aux Anglo-Canadiens l’intérêt qu’ils ont de se ménager l’alliance des Canadiens-français, dans le but de faire du Canada un pays qui cultive les traditions des deux plus grandes civilisations modernes, la française et l’anglaise.Après quelques paroles du docteur Lachance, de Saint-Bo-niface, la réunion a pris fin, aux chants du "O Canada” et du "Dieu sauve le Roi”, version française, bien entendu.Les Canadiens-français et les! Français qui assistèrent à ce dîner de famille en garderont un excellent souvenir; d’autant plus que, pendant cette soirée, les dissensions politiques s’abolirent pour quelques heures; plût à Dieu qu'elles disparussent pour toujours de chez nos frères manitobains, auxquels, de leur propre aveu, elles sont une source de désunion dangereuse pour l’avenir de leur groupe ethnique! # * * Saint-Norbert, un des vieux établissements de langue française, au Manitoba, eut autrefois pour curé un des missionnaires canadiens-français qui connurent le mieux l’Ouest, et qui après avoir suivi les Indiens et les Métis à la chasse du buffle, dans les prairies, groupa autour de lui, à Saint-Norbert, une colonie considérable de Métis de langue française.Monseigneur Rit-chot, enseveli dans la crypte de son église, a pour successeur un prêtre venu de Québec, Tabbé Cloutier, qui exerce son ministère dans cotte paroisse dont la moitié des ha- bitants sont encore des Métis.C’est là que, dimanche, M.Bou-rassa entendait la grand’messe, et, dans l’après-midi, faisait un bref discours à la population réunie, afin d’entendre parler de la fierté de rester Français, par un Canadiens-français venu du vieux Québec.Sir Joseph Dubuc, qui vit au Manitoba depuis quarante-trois ans, fut confrère de classe de Louis Riel, et connut intimement celui-ci, ainsi que tous les Métis de cette époque, dont il reste encore quelques survivants, accompagnait M.Bourassa.A la messe, dans l’église proprette où M.Cloutier célébrait l’office, il y avait plusieurs de ces Métis, la plupart, de la jeune génération, et quelques-uns, de l’ancienne, entre autres celui même qui, alors que les troupes anglaises cherchaient Louis Riel, afin de le faire prisonnier, ie cacha sous un amas de foin, pendant plusieurs heures.Vêtus à l’européenne, mêlés à la population ca-nadienne-française de la paroisse, vivant avec elle en harmonie, les Métis sont une race qui va disparaissant.Une à une, les familles s’éloignent de la civilisation, s’enfoncent dans les plaines du Nord-Ouest, retournent dans les régions parcourues jadis par leurs ancêtres, trappeurs canadiens-français à la solde de la Baie d’Hudson, Indiennes patientes, soumises et dévouées, et qui, tous, campèrent tantôt sur 1er bords de la Saskatchewan, tantôt, sur les berges de la Rivière Rouge, avant l’époque où les chemins de fer vinrent ouvrir au moniîe 11 plaine étendue des Rocheuses aux grands lacs.Quel atavisme obscur reprend ces êtres, et les rejette sur les sentiers qui conduisent loin de! villes et des campagnes, pour les livrer derechef à cette vie d’aventures, à cette existence au jour le jour, chère aux hardis compagnon?qui, venus d’Ecosse ou du Bas-Ca.uada, abandonnèrent pour toujours leur pay's d’origine afin de mener ici la vie de l’aborigène?Peut-être la nature leur dit-elle qu’ils ne sont pas faits pour l’horizon étroit des villes et la vie sédentaire des agriculteurs.* A Tissue de la messe, sir Joseph Dubuc, assis à l’ombre hospitalière du presbytère, évoquait, au vif intérêt de Ses compagnons, les incidents de la rébellion de 1870, la carrière de Riel, et parsemait ses souvenirs d’anecdotes au sujet des Métis, de leurs coutumes, de leurs traditions, de leur langage, de leur honnêteté, de leur fierté, et aussi de leur insouciance du lendemain.Le vent courbait les bosquets dont s’entoure l’église de Saint-Norbert, bmissait à travers les croix du modeste cimetière, jouait sur les rives de la Rivière Rouge traversée par un bac d’allures lentes; et les paroles du narrateur, dans ce cadre champêtre, ressuscitaient cette race qui s’éteint, faisaient revivre les Riel, les Dumont, les Macdougall, les facteurs de la compagnie de la Baie d’Hudjson, les hommes mêlés aux événements d’il y a quarante ans, sur cette terre manitobaine, et toute l’histoire des missionnaires dévoués à leurs Métis aux âmes naïves et simplistes.Dans l’après-midi, en plein air, M.Bourassa entretenait la population de langue française de ses droits au parler de ses pères et l’exhortait à rester toujours fidèle à la cause française.Et, dans Tau ditoire aligné sur des bancs de bois blanchi, et au-dessus duquel le venl agitait, dans un murmure de grau de marée qui monte, la ramure des arbres verts, tous les visages, ceux des jeunes comme ceux des vieux, ceux des Métis comme ceux des blancs, sc tournaient vers ce messager de la vieille province, qui leur disait la fierté des ancêtres, et les beautés de la langue parlée dan*; lo Bas Saint-Laurent, dans la Beauce, dans les campagnes canadiennes-françaises d’où viennent la plupart des colons de Saint-Norbert.Et l’orgue aérien des trembles, des merisiers et des bouleaux jouait en sourdine un accompagnement à cette voix magnifiquement canadienne exaltant l'orgueil de la race et do la langue françaises.Georges PELLETIER.Etude ethnographique des Esquimaux Ottawa, 27.— Christian Ledcn, Tox-pl orateur norvégien, est à Ottawa, aujourd'hui, faisant ses derniers préparatifs pour l’expédition de deux ans qu’il doit entreprendre dan# la région de la Baie d’Hudson.11 se livrera à une étude ethnographique des Esquimaux et tâchera de découvrir les traces de l’explorateur suédois Andrée, dont l’expédition infortunée en ballon se termina quelque part dans lo nord du Canada.Loden est i\ se procurer auprès du gouvernement canadien toutes les informations et documents nécessaire» A son expédition. X.K OKVOIR, MONTREAL, VENDREDI, 27 JUIN EU3 VOL.rv.— No.14$ POLITIQUE ETRANGERE POINCARE A LONDRES — Il est Thote d’honneur d’un bal officiel au Palais de Buckingham hier soir.— Réception du corps diplomatique^ — L’entente cordiale.• DANS LE Monde Ouvrier (Service particulier) Londres, 27.—Le bal officiel que le roi et la reine ont donné au palais de Buckingham en l’honneur de M.le president Poincaré, hier soir, a été l’une des fêtes mondaines les plus brillantes de la saison.Les invités étaient au nombre de plus de deux mille.La richesse des uniformes et la splendeur des toilettes des daines, dont les bijoux étincelaient sous la lumière éblouissante des lustres, formaient le plus magnifi-qiie tableau.LA RECEPTION AU YORK HOUSE Le président Poincaré a reçu les membres du corps diplomatique à York House, la résidence royale mise à sa disposition pendant son séjour en Angleterre.A midi, hier, M.Poincaré a été l’hôte du lord-maire et du conseil municipal de la Cité.Le président a été conduit du York House au Guildhall en voiture, escorté par lus troupes.Sur tout le parcours, des milliers de visiteurs acclamèrent le président.Des musiques placées sur divers points du parcours jouèrent la ‘‘Marseillaise” sur le passage du cortège présidentiel.Conformément m protocole, le roi n’accompagnait pas le président, de sorte que les ïcclamations formidable?de la foule s’adressèrent personnellement à M.Poincaré.Le lord-maire, sir David Burnett, les conseillers municipaux et les shérifs attendaient le président a Hobborn et l’accompagnèrent jusqu’au Guildhall., .Pendant le dîner, la scène était splendide.Le hall était plein de membres de la famille royale, de ministre?, d’officiers d marine et de l’armée de terre, de hauts personnages officiels, tous en uniformes brillants et resplendissants de décorations.Le prince de Galles, le duc de Connaught, le duc et prince Alexandre de Teck étaient présents.Dans la vaste bibliothèque, ?ir Forrest Fulton lut une adresse de bienvenue qui fut ensuite déposée dans une cassette d’or et offerte au président.L’adresse parlait de l’entente cordiale existant entre la France et l’Angleterre et disait la satisfaction du peuple anglai?en général et du peuple de Londres en particulier de recevoir le président de la république française.Le toast du président fut porte au roi et au lord-maire et c’est le prince de Galles qui y répondit.M.Asquith.premier ministre, sir Edward Grey et M.Cambon prononcèrent aussi des discours.VERS LE LIBRE - ECHANGE C’est ce à quoi tend de plus en plus le projet de loi Underwood pour la révision du tarif.Washington, 27.— Aprè?le caucus des démocrates du Sénat, qui s’est prononcé en faveur de l’entrée libre, du suexe et de la laine, il est certain que le parti démocrate, pour la première fois dans son histoire, va appliquer ses théories libre - échangistes.Sur tous les point?, le parti démocrate a appuyé les réductions du bill du tarif, qui sont beaucoup plus accentuées que quand le bill a quitté la Chambre.D’après les républicains qui ont suivi le caucus démocrate avec beaucoup d’intérêt, les chefs démocrates ne refusent pu.s seulement de reconnaître que l’immense majorité du pays est en faveur de la protection, mais il?refusent continuellement de tenir leurs propres promesses, formelles ou implicites.Les changements apportés au bill du tarif par le Sénat en inscrivant sur la liste de franchise des marchandises imposables enlraînent une perte annuelle de revenu?estimée à ,$1,000,000.Cette réduction du revenu établie par le bill de Ta Chambre est opérée uniquement par l’adoption de nouveaux articles li-jre - échangistes et ne tient pas dompte des diminutions de droits, JAPON Le premier ministre est optimiste qui seront proposées par ailleurs.Ajoutés aux $25,000,000 de pertes décrites par la Chambre, ce million et demi porte à $26,500,000 la réduction totale du revenu prévu par le bill tel qu’il est actuellement.Au nombre des articles que le sous-comité du Sénpt a ajoutes à la liste de franchise sont: le fer en gueuse, $120,000; le ferro-manganèse, $126,-500; le chanvre, $78,400; le bétail, $583,000; le blé, $200,000; films photographiques, $216,000; bois de cèdre, $10,000, et les teintures au goudron, $90,000, faisant un total de $1,417,900.L’élimination de la clause qui comporte l’imposition de droits additionnels vendu?en ce pays à meilleur marché, que le prix des marchés étrangers, a été recommandée par le sous-comité chargé de l’aspect administratif du bill.Cette clause aurait pu sauver quelques industries qui vont être ruinées.Il s’agit de savoir maintenant si les décision?du caucus auront pour effet de réaliser l’union du parti.Au moins six membres sont opposés à cela, car ils veulent voter pour certains endements augmentant les droit -la laine et le sucre.La bataille finale sera rude.I ELECTION D’OFFICIERS L’union des peintres a fait, mercre-' di soir, l’élection de ses officiers pour i le terme prochain.On été élus, MM.Jos.Renaud, président; A.Parent, vice-président; L.Saint-Laurent, conducteur Jos.Brochu, gardien.Les syndics sont: MM.C.Guilbault, 1er syndic; A.Vézina, 2e syndic; Ch.Loi-selle ,3e syndic.Les délégués au comité exécutif conjoint des peintres : MM.Jos.Renaud, A.Vézina, W.Ferras, L.Saint-Laurent, Jos.Larette.Délégués au conseil des métiers de la construction: MM.C.Guilbault, Jos.Renaud, J.E.Saint-Laurent, N.T.Fontaine.La nomination est ouverte pour la nomination des délégués à la convention annuelles de la Fraternité de peintres qui aura lieu à Rochester, N.Y.Les membres suivants sont mis en nomination: A.Vézina, N.T.Fontaine, ex-organisateur et secrétaire de l’union; Jos.Renaud, J.E.Saint-Laurent, E.Desjardins, trésorier, Emile | Pelletier, S.Lachapelle, J.Stockwall.La nomination restera ouverte jusqu’à la prochaine assemblée, qui aura lieu le 7 juillet prochain, à la salle Saint-Joseph, où l’on procédera à l’élection.NOMMES AGENTS D’AFFAIRES Par suite du vote referendum qui vient d’être pris dans les unions des charpentiers-menuisiers, les membres suivants ont été élus agents d’affaires des charpentiers menuisiers de Montréal, pour la prochaine année: Ls.Guertin, ancien agent d’affaires, réélu; J.E.Vigeant, ancien agent d’affaires, réélu; O.Miron, ancien agent d’affaires, réélu; R.Lord, élu.Au même scrutin, M.J.A.La-flamme, secrétaire du Conseil de district, a été réélu à cette charge importante, sans opposition.Par suite de nouvelles dispositions insérées dans la consttiution des unions, tous ses officiers sont élus pour un terme d’an an.Ils seront solennellement installés à la première assemblée de juillet.L'IMMEUBLE Pour la somme de $81,229 la Residential Sites Limited, a acquis plusieurs propriétés situées sur les rues Fort, Chomedy, Closse et Comte.Le nombre des transfert inscrits hier a atteint 60 dont les principaux sont les suivants: Pour $41,000, M.A.Rechback a acheté de M.A.Giguèrc, des maisons situées rue Maguire et Saint-Dominique.Pour $22,000, M.David Labelle a vendu deux propriétés portant les Nos 2628 à 2634a de la rue Saint-Urbain.L’acquéreur est M.D.Rabord.Pour $17,500, la Crown Shoe and Leather Co.a vendu à M.J.R.Claude les lots 80-181, 182 et 183 du quartier Hochelaga.Pour $18,000, M.T.B.Moineau a vendu à Mme R.Roy la propriété portant les Nos 2626 de l’Avenue du Pare.Pour $12,750, Mme J.A.Deniger a veiidu à M.A.Gaudry la propriété portant les Nos 1260 à 1264 de la rue Saint-Hubert.Pour $10,250, W.Rutherford & Sons ont vendu à M.C.F.Ritchie, la propriété portant le No 36 de l’avenue Holton.-+- Tokio, 27.— Adressant la parole à une assemblée d’hommes d’affaires et de financiers hier soir, le premier ministre du Japon, le comte Gombei Yo-mamoto, a déclaré qu’il appréciait Deaucoup la manière dont on avait îonduit les négociations relativement i l’affaire des aubains en Californie.“Les difficultés, a-t-il dit, se limitent A un Etat et ne représentent pas le sentiment américain.La justice et l’humanité qui ont toujours prévalu lux Etats-Unis et les liens d’amitié qui unissent notre pays aux Etats-Unis amèneront une solution satis-.’aisante.“Quelques agitateurs continuent .eurs tentatives pour soulever le sentiment anti-américain.Us ont posté en plusieurs endroits des déclarations violentes, lesquelles ont été immédiatement arrachées et déchirées par la police.” MEXIQUE Les fédéraux essuient un nouveau revers Douglas, Ariz., 27.— Une dépêche du gouverneur Pesquira de Sonora dit que les troupes fédérales mexicaines ont été complètement défaites, à San-ta-Rosa, et qu’elles fuient dans toutes les directions.La dépêche ajoute: "Les troupes commandées par les généraux Ojida, Bairon et Garcia furent attaquées par Alvarado et Hill et mises complètement en déroute.Elles laissèrent trente canons sur le champ de bataille, de même que des fusils et des munitions en grande quantité.Leurs blessés et leurs prisonniers tombèrent entre nos mains.Les généraux Alvarado et Ocheva poursuivent l’ennemi afin de l’empêcher d’entrer dans Guaymas.ESPAGNE Au Maroc Madrid, 27.— En raison de la gravité de la situation dans les régions de Ceuta et de Tétouan, où les Riffains se concentrent en force, le gouvernement espagnol a décidé d’envoyer 10,000 hoirumes de renforts au Maroc.Faits - Montréal ETATS-UNIS Le problème californien VIOLENTE MANIFESTATION ANTI-JAPONAISE DANS UN VILLAGE DE L’ETAT.Riverside, Cal, 27.— Le sentiment mti-japonais s’est manifesté hier dans le petit village de Helmet, situé près d’ici, quand les citoyens chassèrent tous les Japonais de ce village.Les Asiatiques furent escortés jusqu’à la fare et dans un train à destination de îette ville.Les Japonais avaient été engagés par des planteurs d’Helmet.’Ceux-ci,
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