Le devoir, 9 août 1913, samedi 9 août 1913
VOLUME IV—No.185 UN SOU LE NUMERO MONTREAL, SAMEDI 9 AOUT, 1913 - - ABONNEMENTS : Édition Quotidienne t CANADA ET ETATS-UNIS .«« *3.00 UNION POSTALE.v * » *«.•• Édition Hebdomadaire : CANADA.*1.00 ETATS-UNIS.*1.50 UNION POSTALE.*2.00 LE DEVOIR Réda•«« un, .TJ*r.pp"Su s: peme, à raster deuout.gereux.Comme dit le proverbe : Quand la fumée fut dissipée, ma, êtait nullement par oppo-jusqu a la fin de cette bataille, laissez- gîtion vis-à-vis de moi, mais pour moi ici comme poste glorieux et mortel ; alors, pour la première fois, je pourrai être parmi les fils chéris du Très-Haut, Et il resta là sans rien écouter.Je ne pouvais supporter de voir tomber goutte à goutte le sang de son bras, et je le conseillais doucement : —Je te laisserai faire ce que tu voudras, mais, si tm restes longtemps avec ta blessure dans cet état, il se pourrait bien que tu en meures.Oe que tu as de mieux à faire, c’est d’aller d’abord au poste des blessés faire arrêter le sang, puis tu reviendras combattre.Mais lui continuait à refuiser : —Maintenant, au moment où se décide le sort de l’empire, à un instant critique pour le bateau, puis-je cesser mon service, ne serait-ce qu’uni1 minute î Puis-je abandonner mon poste ?Quand le Très-Haut me dit : fais ceci, y a-t-il une chose sur la terre ou dans le ciel qui puisse influencer ma décision ?Voyez, la cinquième pièce qui était, ma vie, elle est déjà brisée et Inutile, et non seulement je n’ai plus d’arme pour me battre, mais j’ai encore perdu un bras ; le sabre est brisé, les flèches épuisées, alors, quo puis-je demander ?Qu’est-ce qui me ferait hésiter ?-Te n’ai plus qu’un désir : c’est d’être enlevé à votre place.Et, solide comme un roc, bien appuyé sur le pont, les jambes écartées, il resta longtemps à protéger ma menue personne, immobile et fixant l'ennemi.Ah ! cette volonté de mourir, ce n’était pas une pierre, je ne pouvais la faire rouler ; ce n’étais pas une natte de paille, je ne pouvais la plier ; je savais que je ne pourrais pas le faire changer d’avis ; finalement, je le laissai faire en uli’il voulait ; je déchirai le morceau de crépon auquel mi} sœur avait donné tous ses soins, et je lui bandai solidement le bras droit et lui dis à voix basse : —Pardonne-moi les vexations que j’ai faites à tes croyances ; le Très-Haut mo pardonnera-t-il cette grande faute ?Le marin se tourna alors vers moi, l'air joyeux, et me répondit : —Ah ! je remercie Dieu, en passant par moi, il a sauvé un de mes frères ! surveiller attentivement les attaques qui auraient pu se produire à l’extérieur) .Quoi que je lui dise, quoi que je fasse, quelles que soient les punitions, il étaic aosolument impossible de l’amender, et cela devait venir de quelque idée fausse née de ses superstitions chrétiennes.J’avais compris que boute ma force ne parviendrait pas à en venir à bout, aussi je ne m’en occupais plus du tout, et le matin même du combat, je lui avais donné l’ordre formel de ne pas paraître.Ma stupidité fut extrême, mais tous mes regrets ne pourront la réparer.Si je veux me rêpentir en me prosternant à sqs pieds, il n’y a plus que la froideur d’une tombe; ma faute valait mille morts, et je déplore de ne pouvoir demander pardon qu’à son âme.qui est au- ciel.ïehigawa KEYI.Traduction de Armand KERGANT.(1) Le Shachihoko est un ornement en forme de dauphin la queue en l’air que l’on met aux extrémités de cer-j tains toits;' ici, on peut interpréter cette expression : l’officier qui bondit rageusement.La nuit commençait à tomber,couvrant l’horizon et bleuissant la mer ; dans ce dur combat de plusieurs heu-ves, l'ennemi avait été considérablement affaibli, les projectiles ennemis, qui étaient tombés comme la pluie, ne se voyaient plus ; parfois, deux ou trois colonnes d’eau montaient encore au loin, de son côté.Un ordre descendit : Fin du combat, cessez le feu ! Dès qu'il l’eut entendu, mon brave tomba à la renverse en me heurtant Violemment ; effrayé, je le Soutenais »ur mes genoux et l’appelais par son nom, mais en vain ; les brancardiers qui étaient, accourus à l’appel de mon toup de sifflet le descendirent rapide ment, par une échelle, et je l'accompagnai des yeux en pleurant, larmes de civifu-don, larmes de reconnaissance I Cet homme s’appelait Hlgnshl 8hu- 10 ; 11 était de Toyooks ; 11 fut soigné à l’hôpital de Kuré, et comme |e partis aussitôt pour les opération tontre Bakballne, je n’eus pas de ses louvelles pendant la guerre ; après ie triomphe, je sus qu'il était resté trois moi» en traitement, puis on l’avait envoyé chez lui en convalescences 11 traîna quelques mois, puis mourut brusquement d'une attaque de tétanos.L’Ange-Gardien de Rouville (Service particulier) L’Ange-Gardien, comté de Rouville, 8.— Notre petite paroisse marche de progrès en progrès depuis quelques années.Après avoir réparé l’inférieur et l'extérieur do notre église, elle a entrepris le macadamisage de nos grandes routes et construit une salle d’assemblée très dispendieuse.Mais eo qui nous fait le plus grand plaisir de signaler est : lo.le triomphe de la cause de la tempérance.Depuis mai dernier, notre conseil municipal a refusé trois foie de donner un permis de vente d'alcool.2o.L’établissement d’une “Caisse” populaire.Notre zélé curé, M.l’abbé J.H.Baltbasard, caressait depuis longtemps ce projet, et fuit, comme nous, très heureux de le voir se réaliser dimanche dernier.M.Alphonse Desjardins, l’apétrn bien connu des Caisses Populaires, répondant à une invitation de M.le curé, venait donner des conférences à ce sujet.Toutes les personnes présentes comprenant l’immense avantage qu’elles pourraient retirer d’une telle association, se sont toutes inscrites comme sociétaires, et ont élu les officiers dont 1ns noms suivent.Patron d’honneur : Sa Grandeur Mgr A.-X.Bernard.Vice-patron : Le Rév.M.J, A.Bal-thasard.Président d’honneur : M.Alphonse Desjardins.Bureau d'administration : Président, Augustin Mercure ; vice-président, Edmond Bérard j gérant-sec., .1.B.Roy, sacristain ; conseillers : MM.E.Forest.N.P., Pierre Roy ; commission de crédit, MM.François Ménard, prés., Maxime Bernard, Louis Mercure* conseil de surveillance, MM.Henri Dumas, Emia9-’jBéraTd*ot-r3incnt endommagés, haut de la jambe et pn d -f*n Valeurs de 50c H ' !¦.^ "k dOc l* paire, OQ/% r
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