Le devoir, 16 novembre 1985, Supplément 1
LE DEVOIR Vol.LXXVI — No 266 Montréal, samedi 16 novembre 1985 Salon du T^ivre de cTWontiékl TEXTES: Gilles Archambault, Ivanohé Beaulieu, Louise Blouin, René Bonenfant, Marie Cardinal, Hélène Chassé, Carole David, Antoine Del Busso, Dominique Demers, Edgar Fruitier, Pauline Harvey, Suzanne Jacob, Micheline La France, Jacques Lanctôt, Stéphane Lépine, Lisette Morin, Gilles Pellerin, Marie-Madeleine Raoult, Jean Royer, Clément Saint-Germain, Mireille Simard, Jean-Yves Soucy COORDINATION: Paul Cauchon MISE EN PAGE: Jean-Guy Duguay PUBLICITÉ: Jacqueline Avril littérature telle qu’on la rêve A chaque automne,'le milieu littéraire est saisi d’une étrange frénésie.Angoissés par leur dernière parution les éditeurs couchent chez l’imprimeur.Les écrivains sortent leurs beaux habits et leurs belles robes pour affronter timidement un public qui court entre des allées encombrées.Les représentants se nourrissent de vitamines, les badauds se pressent dans les cocktails pour bouffer à l’oeil : le Salon du uvre de Montréal devient le centre de l’activité littéraire! En pensant à tous les petits et grands débats qui agitent la république des lettres.Le DEVOIR a voulu savoir cette année :$i l’oinstitution littéraire idéale» existait.Et, au-delà, de quelle littérature était-il possible de rêver.Nous avons alors demandé à un auteur de nous parler de son lecteur idéal, à une lectrice de nous parler de sa librairie idéale, à un éditeur de son critique idéal, et ainsi de suite, en entiêcroisant en de multiples fils tous les intervenants possibles du milieu de l’édition.Un tel procédé, sorte de jeu de miroirs aux reflets changeants, laissait place à la plus grande imagination.On s’interpelle, on se répond, on s’ignore, on parle pour soi, on parle pour les autres, certains tracent le portrait d’une situation impossible, d’autres s’amusent, parodient, polémiquent.Le style est tantôt grave, tantôt léger.Et nous aurions pu continuer le jeu, en multipliant les croisements.Mais on remarquera qu’il transparaît toujours une meme passion, celle de la littérature «véritable».qui existe envers (et contre! ) les débats institutionnels, qui n’existe que pour soi et qu’on veut faire pai^ger aux autres, cette voix solitaire qui loge au coeur de tous les lecteurs et lectrices.Et vous, de quelle littérature rêvez-vous?— Paul Cauchon Responsable du cahier BORÉ^h EXPRES®' Stands Venez rencontrer Micheline de Sève, Lysiane Gagnon, François Gravel, Jean-Paul Lefebvre, Fernand Ouellette, Ginette Paris, Hélène Pelletier-Baülargeon, François Ricard, Gordon Sheppard et Andrée Yanacopoulo.Pierre Vadeboncoeur. 2 • ¦ Le Devoir,' samedi' Vô novembre 1985 Salon du ^ivre de cTWontiéal Lettre au lecteur possible : « Si tu n’as pas fait ta rhétorique chez Satan » PAULINE HARVEY Écrivain Lorsque le livre s’écrit, au fond de l’appartement, dans la passion, il n’y a pas de lecteur possible au moment de dire la vérité.Il ne saurait y en avoir.Le lecteur vient plus tard s’immiscer dans le texte et se battre avec lui.Le lecteur idéal serait le diable : pas parce qu’il est plus méchant ou plus rusé mais parce que lui seul sait lire les nuances dans la moindre virgule.On écrit toujours pour le démon ou le dieu qui s’agite au fond de nous et qui se tord de rire, pour la bête en nous qui veut vivre et pour, par-delà les succès, les échecs, la colère et la peur, la vanité, les idéologies, pour ce petit morceau de puissance qu’on veut voir neutre.Cher lecteur idéal, bientôt tu seras obligé de m’étudier dans les écoles.Cette Madame aura écrit des livres très sérieux, très fous, très bien écrits, avec des réponses à toutes sortes de questions qu’on ne se pose pas.La vraie question qu’on devrait poser ce n’est pas « où s’en va la littérature ?» mais « où vont les écrivains ?».Sont-ils condamnés à fabriquer et à vendre des produits de consommation à grand renfort de publicité, style : « Prends mon livre, mets du lion dans ton moteur »?« Nous allons cet après-midi étudier Hubert Aquin pour apprendre à nous mettre du plomb dans la cervelle », farce plate qu’on m’excusera si l’on songe que c’est, en somme, cette formule à peine travestie qu’on propose aux étudiants.Cher lecteur idéal, j’écris dans le silence et je me fiche que tu existes Venez rencontrer au Salon du Livre de Montréal Jacques Godbout Prix David 1985 le vendredi 22 novembre de 19h.à 20h.f.J René Lapierre l'auteur de L'été Rebecca le vendredi 22 novembre, de 20h.à 21h.le samedi 23 novembre, de 14h.à 15h.le dimanche 24 novembre, de 16h.à 17h.L’INVITÉ SPÉCIAL DU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Claude Duneton auteur de Petit Louis, dit XIV le samedi 23 novembre, de 16h.à 17h.le dimanche 24 novembre, de 13h.à 14h.L’INVITE D’HONNEUR DU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Alain Robbe-Grillet qui a publié récemment Le Miroir qui revient aux Éditions de Minuit le vendredi 22 novembre, de 18h.à 19h.le samedi 23 novembre, de 15h.à 16h.Stand 24H ou non.Entre toi et moi qu’y a-t-il d’autre qu’un long combat ?Dans le coin à votre droite, pesant 124 livres, votre écrivain de la soirée, dans le coin à gauche, pesant., vous-mêmes, etes-vous sûr que vous faites le poids, que vous arriverez à vous défendre, que vous avez déjà tout lu ce qu’il fallait pour ça, que je ne vais pas vous rugir et vous mordre au visage avec mon tigre nouveau style ultra-per-fectioimé ?C’est trop facile de parler d’amour, les longues histoires d’amour avec le public lecteur, peut-être, peut-être.Engloutissez ça avec le dernier gâteau du repas, le digestif, quelques pages pour vous endormir avant de vous coucher, sommeil assuré, tout va pour le mieux.Nous aurons ainsi l’impression de vendre des somnifères, excellent placement, secteur rentable et sur, silence, discrétion, qualité.Le lecteur idéal serait agressif et sincère, passionné, batailleur, ou ne serait pas, c’est la seule façon de tomber en amour avec les livres.Qu’on les haïsse pourvu qu’on ne les craigne pas.L’écrivain n’existe pas pour bavarder autour de quelques vérités obscures et faire taire les autres mais pour qu’ils crient.À quoi servirait de perpétuer un long silence, vendre de la musique de supermarché et se tranformer soi-meme en statue de sel ?J’ai commencé mes romans au milieu des cris de rage des femmes, dans les hurlements rock de ma génération, je connais la fragilité des êtres et les défaites, les matins vides où la vie ne va plus nulle part, l’angoisse dans les yeux de ceux qui n’ont plus le temps, et la faim, l’affreuse faim d’amour, je voudrais que le lecteur ait le goût d’en parler.« Lecteur paisible et bucolique .si tu n’as pas fait ta rhétorique chez Satan.jette ce livre .tu n’y comprendrais rien.(1) Ba.ba.ba.le premier mot vrai surgit d’un intime bafouil-lement de la langue, le premier bredouillement enfantin d’un horrible scribouillement qui est le cri de plainte et d’amour, la voix innocente des affamés, la seule rhétorique possible, l’éloquence de la tendresse.Et toute la langue suit, carnavalesque, démoniaque, démente, possédée de vertige, pour aller chercher en nous ce qui est notre puissance et notre réalité.« Mais si.ton oeil s’est plongé dans les gouffres.lis-moi pour apprendre à m’aimer ».( 1 ) Baudelaire, Les fleurs du mal «Le lecteur idéal serait agressif et sincère, tailleur».passionné, DÊACNOsne UNE NOUVELLE COLLECTION DES PETITS LIVRES QUI EM DISENT LONG.Vient de paraître: 4 Laurent Laplante Journaliste Animateur de radio et de télévision 128 pages En vente dans toutes les librairies ou à Institut québécois de recherche sur la culture 93.rue Saint-Pierre, Québec C1K 4A3 , , , (418) 643-4695 ppv,çir,,s,gniedi,,1,Ç paveiribc© 1985;;l Salon du ^ivre de çTVlontiéal La librairie du temps présent De «Shakespeare & Co.» au créneau-télé de Pivot NOUVEAUTÉS SEUIL LISETTE MORIN Collaboratrice au DEVOIR J’AI longtemps rêvé de cette librairie idéale qui pourrait être, au Québec, ce que fut, dans le quartier de l’Odéon à Paris, l’illustrissime Shakespeare & Company, de Sylvia Beach.Celle-là même qui, en février 1922, devait lancer Ulysse, de James Joyce.Comme bien des amoureux des livres, j’ai, aux années cinquante, « pèleriné » en ces lieux que hantent encore, en tout cas pour les fervents de la littérature anglo-saxonne, les fantômes de Ezra Pound, de Ernest Hemingway et de Scott Fitzgerald .C’est donc, bizarrement, aux librairies dévouées aux auteurs anglais et américains que s’accrochent, pour cette époque de l’entre-deux-guerres, mes rêveries de lectrice, alors que, dans le même temps, des librairies, devenues légendaires, existaient chez nous : Beauchemin, Tranquille, Déom, à Montréal; Carneau, à Québec.Il est vrai que, pour les provinciaux que nous étions, ces librairies étaient des.adresses postales ! Avec les limites que comportent, aujourd’hui encore plus qu’hier, les délais inévitables du courrier.Si, comme l’affirme le proverbe, « abondance de biens peut nuire », on en arrive — en ces années où le livre s’offre partout, de la plus petite boutique de « dépanneur » jusqu’à la grande surface du marché d’alimentation — à regretter, encore et toujours, que fort peu de vrais libraires subsistent, ces doux maniaques qui connaissent tout, qui ont tout lu, et surtout qui gardent d’énormes réserves de patience pour écouter et informer leurs clients.Notre ère est celle de la rapidité, de l’efficacité, de la productivité .au rayon de la vente des bouquins comme ailleurs.Et pourtant.Et pourtant, l’un des classiques du roman québécois s’appelle bien : Le libraire, et, de relire le roman de Gérard Bessette, vieux de 25 ans, m’a procuré cette semaine un plaisir doux-amer.On y décrit si bien, à la page du 24 mars, dans le journal de l’apprenti-li-braire de Saint-Joachim, « la librairie Léon — livres, papeterie, articles religieux, jouets — (qui) se compose d’un pièce toute en longueur aux murs couverts de rayonnages, et d’une arrière-boutique poussiéreuse qui sert de bureau au patron.À gauche de ce bureau, une porte toujours cadenassée et que J’avais cru d’abord condamnée ouvre sur un énorme placard.M.Léon l’appelle son capharnaüm, peut-être en souvenir d’Homais.» Ce capharnaüm pouvait s’appeler ailleurs, dans d’autres librairies bien-pensantes autant que dans certaines bibliothèques publiques, l’enfer, qui ne s’ouvrait guère au tout venant, à la clientèle ordinaire.Que tout cela parait loin, à des années-lumière du commerce actuel du livre, aux vitrines affriolantes grâce aux jaquettes-couleurs dont tous les éditeurs recouvrent désor- Photo R.Pleard Bernard Pivot, ce «superman» derrière sa «super-vitrine».puni » dont parlait Valéry Larbaud, en ajoutant que « c’est, aussi, un vice qui nous donne l’illusion qu’il nous mène à la vertu, à une haute sagesse qu’il nous fait entrevoir.».La librairie idéale n’existera sans doute jamais que dans.les rêves du lecteur idéal.Ces vues de l’esprit s’accommodent cependant fort bien du réel, d’une librairie et d’un libraire qui offrent, outre le livre, « le mode d’emploi », quelques précieuses indications sur l’auteur, quelques réflexions intelligentes sur la difficulté de ce commerce, entre tous exigeant, qu’est la vente du livre.Une librairie et un libraire qui ajouteraient, aux inévitables rayonnages, aux guéridons surchargés, aux présentoirs séduisants, un véritable « cbinet de lecture », comme au temps de Dickens, sorte d’antichambre du cénacle qu’est la chambre du vrai lecteur, où il pourrait, pendant quelques minutes, se livrer à cette passion de dilettante que Paul Valéry traduisait par cet aphorisme : « Plus élire que lire ».On peut toujours rêver.Les librairies, idéales ou irréelles, sont aussi le lieu des rêveries du lecteur.LES NOUVEAUTÉS VLB mais « leurs produits » ! Très dépassé à l’heure de la super-vitrine que constitue APOSTROPHES pour les lecteurs francophones (et même les autres puisqu’on va montrer Bernard Pivot à nos voisins d’outre 45o sur la chaîne PBS, très prochainement.).Pivot, ce superman, cet as de la vente du livre ! Ce n’est certes pas le hasard mais bien plutôt la nécessité qui nous l’a montré, à la 500e d’APOSTROPHES, en garçon-libraire, rue Marbeuf, « vendant » des livres pour arrondir ses fins de mois ou payer ses impôts.Que les profits du magazine LIRE doivent encore alourchr ! Une librairie audiovisuelle, cela correspond sans aucun doute aux usages de cette fin du XXe siècle, les lecteurs et lectrices étant d’abord et avant tout des téléspectateurs et des téléspectatrices.APOSTROPHES, c’est la grande « annexe » de toutes les librairies, pénétrant dans les chaumières mieux que n’importe quelle publicité.Mais rien ne remplacera, pour un certain nombre de clients, plus exigeants, moins séduits par l’image de l’écrivain que par le contenu de son oeuvre, le libraire du quartier, le conseiller, l’ami très se-courable, qui ne craint même pas de déboulonner certaines statues, érigées sur le socle du plateau de Bernard Pivot.Et, lectrice incorrigible, je reste fidèle à la librairie, et plus encore à Hélène, ma libraire.Qui suggère, sans imposer, qui renseigne.sans enseigner (vertu méritoire pour une libraire qui est AUSSI professeur de lettres)', tref.xiiâ encourage avec chaleur « ce vice im- Aline CbAmberland La flBSure roman Sttsaam Ltagr _»a canT iion récit m vu édiaanr U eaahar aaVnl LES TROIS COLOMBES de Dorval Brunelle Qui sont-elles et d’où viennent-elles ces « trois colombes »?Un ouvrage captivant, qui se lit comme un grand roman.305 pages — 16,95$ LA FISSURE d’Aline Chamberland À la suite d’une grande dépression, une mère tue son enfant.Est-elle coupable?Un roman bouleversant et actuel.160 pages — 12,95$ LA CONVENTION de Suzanne Lamy Un récit d’apparence classique où les forces de l’amour et de la mort s’affrontent.Un univers lourd de violence et de passion.86 pages — 8,95$ COMMENT FAIRE L’AMOUR AVEC UN NÈGRE SANS SE FATIGUER de Dany Laferrière Le roman le plus baroque et le plus drôle de l’année.Avec cyeune auteur haïtien.l’humour est beau, l’humour est noir! 156 pages — 12,95$ À paraître pour le Salon du livre de Montréal UN HOMME FORT FRAGILE de Mario Bolduc Un portrait tendre et attachant de la mère par un adolescent qui fait très tôt l’apprentissage de la vie d’adulte.LA MORT AUX YEUX BLEUS de Maurice Gagnon Le premier roman de la collection « cahier noir ».Par un vieiu genre.De l’action, et beaucoup d’intelligence! 174 pages — 6,95$ LES LETTRES AUX JOURNAUX de Jacques Perron Un ouvrage colossal: plus de deux cents lettres et textes, qui s’échelonnent sur quelque 30 ans d’histoire.Ironie -t- intelligence! 5% pages — 24,95$ ¦VLB ÉDITEUR .'iM.t.' la,petite maison de la grande littérature stands 473-474-475 I vieux routier du Seuil, l’a"* ' 3UX Edition* du 1 Roland Barthes L’aventure sémiologique Roland Barthes a été aussi l’un de ceux qui, après Saussure et Grei-nuLS ont fondé la sémiologie.Autant de textes proprement fondateurs et auxquels toute recherche doit désormais s'adosser, 368 p.22,95 %j Bronislaw Malinowski Journal d’ethnographe Toute la vie quotidienne d'un Européen aux Tropiques, tourmenté par la maladie, par l’exU, par la sexualité, fasciné aussi par ces paysages qui l'éblouissent et par ces hommes qui le déroutent.,., c'est sans aucun doute le plus beau livre qu'il soit donné de lire en ce moment Didier Eriboa/ Le nouvel Observateur \ 480 p.27,95 Sj Ï0H« Hellmut Diwald Luther H, Diwald montre la place et le rôle détermirumt dans Phistoire du christianisme et dans l'histoire de rAllemagne de ce vivant révohi-thmnaire, passionné, contradictoire, désemparé parfois, juste, souvent convaincant et toujours extrêmement attachant 372 p.29,95 Sj Le Devoir, samedi 16 novembre 1985 Salon du ^ivre de cTVIontiéal EN BREF.¦ Littérature et ordinateurs Conçu et animé par Hervé Fischer, qui a coordonné la participation canadienne au roman télématique francophone MARCO POLO ou LE NOUVEAU LIVRE DES MERVEILLES en juillet 1985, cet atelier d’écriture collective proposera aux visiteurs et visiteuses pendant la durée du Salon un ^and jeu littéraire: quatre textes «informatisés» dans quatre genres particuliers : aventure, policier, science-fiction, amour.Quatre ordinateurs avec traitement de texte branchés en ré- seau sur une imprimante seront donc à la disposition du public.Le 1er jour, les visiteurs sont invités à inventer un personnage de leur choix.Un jury choisira chaque soir le meilleur texte dans chaque catégorie, texte qui sera inséré dans les quatre livres ouverts et continué le lendemain par les visiteurs-écrivains.Chaque participant et participante emporte un exemplaire de sa création, la 2e impression étant conservée pour affichage immédiat.Le lendemain matin, les visiteurs sont invités à écrire une suite co-Aérente.Chaque livre aura donc autant de pages que le nombre de jours du Salon.Ont accepté de participer au jury : Noël Audet, François Bar-celo, Louise Blanchard, Louis Caron, Anne Dandurand, Pierre Deschamps, Roger Desroches, Ber- nard de Fréminville, Georges Khal, MicheUne Lafrance, Jean-Paul Le Bourhis, Yves Leclerc, Robert Lévesque, Line Mc Murray, Jean Royer, Jacques Savoie.POUR OBTENIR DES CAND1DAT(E)S DE QUALITÉ UTILISEZ LES CARRIÈRES ET PROFESSIONS DU DEVOIR 844-3361 "'''4 A" .J''., .o'-;, .V, Curde d lnfomation pour les femmes Guide d’information pour les fe^, ce euide s’adresse a toutes les ® femmes.H traite de tout, ou presque le travail.I orientation (^^ation professionnelles, la ruixiv _ *°nécoloeie, le contrôle des ïfFMMFvSr canres la vie à deux, la « pv .-iHii» femmes, etc GUIDE OWFORHATIOI^ POUR LES, mtr 0ÛO ^ .a fici ®t la Quebec « reniiu'-'' Ministère des Communications I98S.508 5,95$ Ozias Leduc et la décoratif , de l’église de Saint-Hllafre ‘"‘^deure Saint-Hilaire, 1896 Ozias voit confier b responsabiK dV® I ensemble du plan décoratîf ^ eglise paroissiale L’auteurnous vivre ICI la genèse et l’ahrMVr “ de cet oeuvre gigantesque exigeant i et Ministère des Allaires culturelles 1985.279 pages 9,95$ vV' |n)ï5-.La crise des langues Par-delà les frontières, tous les discours consacrés a la crise de la langue se ressemblent étrangement à commencer par la vision anxiogeL aJ vraiment crise de la langue?Conseil de la langue française 1,85 490 pages 23,95 5 ÎJrthlteçtyr» Art, architecture, environnement Cette publication présenta éventail de 12 proietc qui ont été réalisés danfr du Règlement sur l'inteerac arts à l’architecture des l'environnement (la loi du .i» , Des photos couleurs illusbenP’’' chacune des oeuvres Ministère des Allaires culturelles 1985 42 pages 14$ IjCnfâCRr-ihvenîâiît Le macro-inventaire du patrimoine québécois L’outil de connaissance le plus souple et le plus polyvalent qui concernant les biens culturels et le traits patrimoniaux de differentes ^ régions du Québec Plus de loo illustrations noir et blanc Minislere des Affaires culturelles 1985 150 pages 11.95$ Agenda d’art 1986 Pour l’édition 1986 de son Aarnda dart, le Musee du Québec a pris l’initiative d’en faire porter le theme sur la creation artistique teminine au Quebec au cours du vingtième siècle Cinquante oeuvres de femmes artistes sont ici reproduites en couleurs et accompagnées de quelques notes biographiques 16.95$ 1»; .IjCS.Québec ïïMta an PUBLICATIONS DUQUËBEC Nos publications sont en vente dans nos librairies.' chez nos concessionnaires et par commande postale Les Publications du Québec CP, 100$ Québec (Québec) GIK 7B5 Paiement par chèque ou mandat-poste à I'ordte de Le» PabnêatioiHi d« Onétiec '"tï ^ » .A 1 ' .X r'-'î Lé Devoir, samedi 16 rîovembre IgBS Salon du‘^ivre de cyMontiëàl La confession d’un bibliomane GILLES PELLERIN Chroniqueur et écrivain Ce n’est pas que je mette en doute le bien-fondé de mon internement.Je sais, j’ai eu du mal à m’y résoudre et cela m’a valu une assez triste réputation ici.Il faut me comprendre : on me convoque à un examen médical de routine et là on m’apprend que je souffre d’une maladie grave qui nécessite la mise en quarantaine immédiate.Je demande : Le cancer ?— Non, la bibliomanie.Je pense avoir fait amende honorable depuis ce jour.Les portes de la connaissance se sont entrouvertes devant moi et j’en suis très reconnaissant.Mais, ce jour-là, c’était plus fort que moi, j’ai protesté, j’ai dû crier, je n’en croyais pas mes oreilles ! Jamais je n’aurais soupçonné que la — comment dire ?— fréquentation des livres pût être considérée d’un point de vue pathologique.C’est vrai qu’à mesure que la science progresse, U se déclare plein de nouvelles maladies, mais la bibliomanie, ça alors ! J’étais hors de moi : Kafka, Orwell, Bradbury et tout le bataclan ! Le professeur Bigle a assisté à la crise sans broncher, de sorte que j’ai bien dû me calmer.— Mon cher Pellerin, vous voudrez bien considérer dans un premier temps— dieu que je déteste cette locution — que toute votre argumentation tient de la paranoïa la plus classique et la plus éculée, une paranoïa apprise dans les livres, soit dit en passant.Il ne vous arrive donc jamais de penser par vous- même ?Vous préférez voir partout les marques du totalitarisme mécanisé et nourrir votre aigreur des récits farfelus de quelques.— excusez ma franchise — malades.Entre nous, le bulletin de santé Kafka, quelle belle référence ! Je me suis lancé dans une confuse explication de la paranoïa justifiée.Le four ! Le cul-de-sac ! Le docteur m’a alors décrit les symptômes et propriétés de la bibliomanie.J’ai dû reconnaître que j’étais sérieusement atteint.Il a commencé par me tracer l’histoire précise de ma myopie.J’étais atterré autant qu’on peut l’être chez une voyante, tout tombait en place sans hésitation, sans erreur : aucune prédisposition héréditaire, les samedis de beau temps passés seul dans ma chambre, à lire.J’avais dix, douze, quinze, dix-huit ans et je mettais des noms sur chaque stade de la progression du mal : une Histoire du Canada dont j’ai tout oublié, Llle mystérieuse, Fantômas, Werther, Le Horla.Je devais avoir vingt-cinq ans quand l’appartement a commencé à rapetisser.Le bureau d’abord, au point de ne laisser qu’un corridor entre la table de travail et la fenêtre.Puis le salon, mur ouest, mur sud.Et la chambre à coucher.Je l’avoue maintenant : par moments, j’étais affolé, je songeais à déménager mais quelque chose d’indicible finissait par me retenir dans mon petit quatre-et-demi.Il a fallu remplir la fiche d’inscription.— Derniers emplois ?Je travaillais alors à Nuit Blanche.J’ai bien vu qu’il ne connaissait pas la revue.Il n’y a rien de mal à ça.J’ai vu pire, quelqu’un qui n’avait pas lu Si par une nuit d’hiver un voyageur.Cent ans de solitude et Malpertuis et qui pourtant les avait dans sa bibliothèque : moi.Le docteur a cru à une bravade de ma part.— Sincèrement, vous ne trouvez pas ça pathologique, vous, un nom comme ça.Nuit Blanche ?Je n’avais jamais considéré les choses sous cet angle.J’ai préféré ne pas mentionner qu’au bureau nous étions cernés par les bibliothèques .— Et auparavant ?Ce n’est pas plus brillant.J’étais libraire.— j’ai hésité — .chez Pantoute.— De mieux en mieux.Pan toute.toujours cet esprit foncièrement positif et le goût un peu tape-à-l’oeil pour les noms gratinés.Je ne vous cache pas, Pellerin, que la côte sera longue à remonter.Par bouts, vous aurez envie de tout lâcher et de retourner à vos funestes habitudes.Il vous faudra du courage ! Le jour même, j’étais admis au Centre de Désintoxication.Ils nous ont réunis dans la grande salle et là il fallait se tenir par la main, pour réapprendre le contact charnel avec nos frères et nos soeurs.Puis le yoga, l’aérobique et le hockey (optionnel).Au début, j’avais mal partout mais mon corps a bien réagi : je suis en forme comme jamais et je me suis surpris à descendre spontanément au terrain de badminton dans une heure creuse alors qu’auparavant j’aurais ouvert un livre.La suite du traitement a été difficile.Déjà que chaque soir, dans ma chambre, je dois écrire tout ce qui me passe par la tête au sujet de la cure.Mais là il a fallu que chacun d’entre nous passe aux aveux devant tout le groupe.Je ne cherchais pas à me disculper quand j’ai dit que je croyais bénéficier de circonstances atténuantes : Capitale de la douleur, Octaèdre, Les grandes marées, L’emploi du temps, La survie.Les chroniques martiennes.Visions d’Anna.J’étais lancé, j’en perdais le souffle.Les autres se sont mis à hurler.Vite un livre ! Tout le monde en voulait.Une vieille dame en est morte.J’ai été envoyé au trou.Jamais je ne me pardonnerai la mort de cette femme.Par la suite, j’ai accepté de raconter sans détour toute ma déchéance.Je le leur ai tout dit : comme libraire et comme chrohi-queur littéraire, j’étais devenu un agent de contagion.Les autres ont pleuré, ils m’ont dit à quel point ils était fiers de moi, de ma profonde volonté de réhabilitation, ils m’ont pris dans leurs bras.— Tu verras, le plus dur est passé.Je le répète : je ne voudrais pas passer pour la grosse tête, mais le prochain traitement m’effraie.J’ai vu Orange mécanique (tiens, je ne Tai pas lu ! ) et j’ai peur de savoir ce qui m’attend.Si je suis guéri, je vais être pris de nausées et de convulsions et, merde, je n’en ai pas le courage.Si je ne suis pas guéri, peut-ftre que je vais claquer, comme la vieille dame.Est-ce qu’il viendrait à l’idée d’un thérapeute d’exiger d’un A.A.l’éloge du Bloody Mary ou du Dry Martini ?Alors pourquoi me demander de parler devant tout le monde de la bibliothèque idéale ?Pliolo «ré* d* LIVRAISONS No.2 Aucun doute, il est sérieusement atteint.NOUVEAUTÉS COURAGE OU RESIGNATION ET VIOLENCE UN RETOUR AUX SOURCES DE LElTUQUE par Félidat Rousseau Collection Recherches, nouvelles série S 311 pages, 1S$ L'actualité du courage moral provient de ce qu'il est la ressource la plus fondamentale, la plus essentielle, la plus radicale dont l’humanité dispose encore pour éduquer une agressivité devenue folle.LE MAL CHEZ GABRIEL MARCEL COMMENT AFFRONTER LA SOUFFRANCE ET LA MORT?par René Davignon Collection Recherches, nouvelle série 4 174 pages, 12$ L’auteur cherche des réponses aux questions qui se posent sans cesse: mort et souffrance des êtres clmrs, comment leur faire face?Il étudie les solutions de Gabriel Marcel.LA VIE RIXIGIEUSE CHRETIENNE ESQUISSE THEOLOGIQUE 3.LE CHARISME DE LA VIE CONSACREE i»r Amfeé Parenteau, F.l.C.Collectirai Hier Aujourd’hui 24 287 p ¦'I ( 'lairc'dc'la'lunc j et Babarou EDITIONS PAULINES LE DERNIER ALBUM DE MIA ET KLAUS.UN CADEAU TOUJOURS APPRÉCIÉ CLAIRE-DE-U-LUNE ET BABAROU par Mia et Klaus Format; 23,5 x 33,5 cm * 48 pages en couleurs * 15,955 Un conte d’enchantement, un album de Vie, où la Beauté nous frappe en plein coeur.Une oeuvre d’art présentée aux enfants par Mia et Klaus.En vente chez votre libraire habituel 3965, boul.Henri-Bourassa est, Montréal, Qué., HIH ICI (514) 322-7341 LTNTBtVatTION COMMUNAUTAIRE L'INTERVENTION FEMINISTE DE L'ASILE ALASANTD MENTALE Hatoirtet Instituliont raiMwr ^ Etapes de vie au travail DES LIVRES POUR VOUS KIOSQUl «tM EDITIONS SAINT-MARTIN 4073, rue Saint-Hubert, suite 201 Montréal, Québec H2L 4A7 (514) 52M346 te Devotr,.samedi 16- novembre ;t 985 Salon du “^ivre de cTVIontiSil William Gaddis m’a fait rêver.ANTOINE DEL BUSSO Éditeur du Boréal-Express y-^ONNAISSEZ-VOUS WilUam ¦ Gaddis ?C’est un écrivain new yorkais qui vient de faire paraître son troisième roman à l'âge de 62 ans.Il avait publié son premier il y a 30 ans et avait attendu 20 ans avant d’en publier un autre.Trois grands livres, paraît-il.Je ne les ai pas encore lus.Je n’ai découvert leur existence et celle de M.Gaddis qu’au mois de juillet, pendant mes vacances an- nuelles, que j’ai passées en famille, à Cape Cod.Le beau temps et le désoeuvrement aidant, j’avais été très intrigué par cet écrivain singulier qui, malgré sa maigre production, faisait la une du supplément littéraire du New York Times.Et c’est tout de suite à lui que j’ai pensé lorsqu’on m’a demandé de dire ce qu’était pour moi au auteur idéal.Oui, M.Gaddis m’avait fait un peu rêver.Trois livres en 30 ans !.Ce n’est pas lui qui me har- •rvudvvti • • • • • bUC!S7bUSE A-T-IL TROUVÉ L’AMOUR?valëruuT LE CATACLYSME AURA-T-IL LIEU?ACHILLE ~ TALON L’ARGENT EST-T-IL IMPORTANT?Lues?Lose cio llieiKV llllK(] DESSINS DE MORRIS : ùy.V.VX.A.> .v.O -Y.Y.’ .¦ .07.Y.YX^ SCENARIO DE vidal > iv— .•.v.v.v*.DISTRIBUTION EXCLUSIVE LE CANADA POUR JU MAHA WW |.e OevoîKt samedi 4 6 novembre .1.986.Salon du “î^ivre derJMontiéàl La critique ?Queiie critique ?JEAN-YVES Écrivain SOUCY COMME on change ! Il y a un an,je vous aurais dit que nous n’avons que de mauvais critiques, et je ne me suis pas gêné pour le faire au colloque de l’Académie canadienne-française.Aujourd’hui, j’affirme, avec des regrets dans le ton et un trémolo d’émotion dans la voix, que la critique littéraire n’existe pas au Québec.À quelques exceptions près.Qui, faute de mieux, sommes-nous réduits à baptiser du beau nom de « critique » ?D’une part, des entomologistes universitaires qui produisent des anthologies comme on monte une collection d’insectes, répondant par là au besoin humain atavique d’organiser systématiquement le monde.D’autre part, des chroniqueurs littéraires, dérisoires bourreaux qui séparent à la hache l’ivraie du bon grain, décapitent à tort et à travers ou gracient à l’occasion, donnant alors dans le panégyrique (démesuré, cela va de soi), criant au génie comme on crie au loup.Les recensions ou « critiques » dans les médias imprimés (cela vaut aussi pour les électroniques) donnent une fausse impression qui n’est pas tant le fait d’une volonté de leur auteur que d’une lecture incapable de faire la part des choses : à lire ces paragraphes consacrés à un titre, on croit entendre une voix parlant du haut d’une chaire, parée de l’autorité d’un « magister » et qui prétend à l’impartialité.Sans doute cela tient-il au médium autant qu’au langage : le texte publicitaire annonçant une parution produit souvent le même effet.La faute en incombe peut-être aux lecteurs, surtout auteurs, qui attendent cette impartialité, appellent un dieu justicier, une figure paternelle qui les rassureraient sur leurs propres oeuvres et eux-mêmes.Chose certaine, c’est ce désir frustré d’autorité juste qui explique l’agressivité de nombre d’auteurs à l'égard des « recensionnis-tes », syndiqués ou pigistes, qui sévissent un peu partout.Vraies, toutes ces méchancetés colportées sur eux (et elles ! ), ces accusations de jalousies, de règlements de comptes, de protections de copains et de complaisances de chapelle.Tout cela est éminemment humain, inévitable, souhaitable peut-être car cela relativise tout jugement.Le problème vient de ce qu’on ne sait pas d’où écrivent ces gens, de ce qu’ils n’annoncent pas leurs couleurs.Comment un lecteur pouvait-il autrefois décoder une critique de François Hébert lorsqu’il ne connaissait pas ses conceptions de la littérature, son écriture, ses rela- tions littéraires ou universitaires, son caractère et même son sens de l’humour ?Ce qui rend la chronique de Jacques Folch-Ribas si agréable, c’est qu’il ne parle pas au nom de la vérité mais de son émotion et de ses impressions du moment.On sait qu’il ne nous entretiendra que de livres qu’il a aimés; un peu plus et il deviendrait un véritable critique ! En effet, ce qu’on attend d’un critique littéraire, c’est une lecture biaisée, tendancieuse, « à grille », partiale mais qui s’affiche comme telle.On oublie trop souvent que la critique est un genre littéraire et que celui qui prétend à ce titre doit produire une oeuvre, une écriture.C’est Barthes qui dit : « Passer de la lecture à la critique, c’est changer de désir, c’est désirer non plus l’oeuvre, mais son propre langage ».En ce sens, les critiques manquent amèrement au Québec où les auteurs auraient grand besoin de ces «lectures in-]ustes».Il y a bien quelques exceptions, qui ne font que rendre plus flagrant le manque.J’en veux pour preuve.deux ouvrages récents : « Littérature/L’imposture », d’André Beaudet, et « La littérature contre elle-même », de François Ricard.Tous deux produisent une oeuvTe qui existe en marge des livres dont elle traite, et les auteurs « lus » pourraient être des personnages fictifs sans que cela diminue la force de ces essais.Dès le départ, Beaudei et Ricard annoncent leurs couleurs, précisent d’où ils parlent, réclament la partialité.On ne peut que souhaiter multiplication chez nous de ces lectures personnalisées qui sont autant de réflexions sur l’écriture, d’éclairages différents.Ce souhait de « lectures in-justes » va jusqu’à inclure des charges aussi extrémistes que le « Poètes ou impos-Voir page 27: La critique ?LA LECTURE UN ACTIF CULTUREL ¦m 'Ar ' V % ' y’I Ji.%s f ¦ Le Salon ouvre ses portes le 21 C’EST le nouveau ministre des Affaires culturelles du Québec, monsieur Gérald Godin, qui procédera à l’ouverture du Salon du livre de Montréal à la Place Bonaventure, le jeudi 21 novembre à 17 heures.À 19 heures, sur la scène centrale, LA PETITE FANFARE continuera la fête avec un spectacle haut en couleurs et en musique.Composé de six cuivres et deux percussions, ce groupe d’amuseurs publics se transformeront tantôt en musiciens, tantôt en jongleurs, tantôt en monocyclistes pour la plus grande joie de toute la famille.À 20 heures, toujours sur la scène centrale, le public est convié à une manifestation toute spéciale de nos écrivains et écrivaines québécois-ses; un pastiche de téléthon, le premier de l’histoire à ne pas être té- lévisé ! Après avoir connu un succès sans précédent l’an dernier avec son « petit gala des fous du livre », les auteurs récidivent avec le « TÉ-LÉTllON DE LA MALADIE DU LIVRE » dont l’enjeu sera de recueillir des lecteurs.Les animateurs Louis Caron et Jean-Yves Soucy lanceront des appels déchirants à la générosité du public.« Le livre est malade » clameront-ils.Qu’à cela ne tienne, pour leur venir en aide, Anne Dan-durand, Robert Blondin, Pauline Harvey, Jean-Claude Germain, Raymond Leblanc, Janou St-Denis et quelques autres, délaissant la plume, se convertiront en artistes de la scène pour tenter de convaincre le public à la « cause » du livre.Le texte est de Jean-Yves Soucy et la mise en scène de Sylvie Prégent Québec La lecture met le savoir et la culture à notre portée.Par ses programmes d’aide aux maisons d’edition.aux librairies et aux bibliothèques, le ministère des Affaires culturelles contribue à la promotion de la lecture comme activité enrichissante.Gouvernement du Québec Ministère des Affaires culturelles CENT POÈMES POUR LA LIBERTÉ Amnistie Internationale sera présent au Salon du livre, kisoque 338.PUBLICATIONS RAPPORTS, AFFICHES, CARTES DE VOEUX SERONT VENDUS SUR PLACE.CONTRIBUEZ, C’EST UN ESPOIR POUR LES PRISONNIERS D’OPINIONI H'*'* 4 tc*i r 'v.L k «O .« k « Le E^evotr, sameeH 16 novembre 1966 ¦ ¦•43' Salon du “l-ivre derTWontiSd La vie est un roman MIREILLE SIMARD L'auteure est responsable du DEVOIR À LOISIRS Autant ravouer sans am-bage, les classiques et moi, on n’a jamais fait bon ménage.Question de culture, de mentalité, voire de paresse intellectuelle, la seule pensée de lire Shakespeare en langue originale me fout la trouille.Quant aux poètes classiques, portés par leur spleen légendaire, leur lecture obligatoire dans le chic collège privé de mon adoles cence ne m’a permis que de me cultiver un peu.Tout juste la note de passage pour évoluer dans le monde des intellos.Ces confessions faites, je suis par contre la candidate idéale pour le roman contemporain.Une candidate de choix, devrais-je même préciser.À chaque arrivage de livres au DEVOIR, je fourrage avec frénésie dans les boîtes, a la recherche d’auteurs que j’aime ou encore de couvertures attrayantes.La permission du chef de section obtenue, je subtilise certains romans qui enrichiront ma bibliothèque; au pire, je les emprunte le temps d’un week-end, avant de les rendre aux collaborateurs qui doivent les recenser.Une vraie maniaque, je vous dis! Quand la récolte est bonne, c’est le coeur fébrile que j’embarque dans l’autobus 80, mes quatre ou cinq romans en équilibre.Parfois, quand j’ai sous la main le dernier roman d’un auteur que j’aime, je commence à lire sur le champ.Avez-vous déjà pensé à publier un livre?VOTRE ÉDITEUR vous propose de vous soumettre des prix: • pour une analyse critique de votre manuscrit.* pour l'édition, l'impression et la distribution de votre livre.• pour une consultation professionnelle: veuillez exposer par écrit vos projets littéraires ou scientifiques à: VOTRE ÉDITEUR 4103, rue Sherbrooke ouest Westmount, Québec H3Z 1A7 dans le tumulte des passagers qui n’en finissent plus de s’entasser et de me cogner les genoux.(« L’enfer, c’est la 80», me dis-je parfois .) Autrement, quand les auteurs me sont inconnus, je commence à tous les lire de front, me laissant séduire par un début plus ensorcellant que les autres.(Avis aux éditeurs: c’est souvent à cause de sa jaquette quiun livre attire l’attention.Le marketing d’un ouvrage passe d’abord par son extérieur.Et parfois, grâce rarissime, par l’engouement de la critique.Mais ceci est une autre histoire.) Bien au chaud au 12e étage de mon gratte-ciel, je poursuis ma lecture, le coeur en chamade.Et quand, bonheur suprême, l’auteur réussit à m’intriguer et à capter mon attention, je ne me tiens plus de ioie, à l’instar du corbeau de la célèbre fable.La magie s’installe et je bascule dans un autre monde.C’est alors que l’auteur a réussi son pari: me transposer dans un autre univers.Et m’émouvoir.Parfois, la réussite est telle que j’ai l’impression de faire partie de cet univers romanesque.Il m’arrive alors de « sentir », la chaleur putride d’un été montréalais au carré St-Louis, (comme dans Comment faire l’amour à un Nègre sans se fatiguer ûe Dany Laferrière, VLB éditeur), de « voir » la cabane délabrée qu’un professeur a loué pour l’été près de Boston (comme dans L'Été Rebecca de René La-pierre au Seuil) ou encore d’« imaginer » un appartement de la rue i les années 401 Fabre dans 1 I (comme dans Les Chroniques du Plateau Mont-Royal de Michel 'Tremblay).Quand je pense à certains romans qui m’ont éblouie, me reviennent en mémoire non pas le synopsis de l’histoire, mais plutôt la représentation physique des lieux que je m’en étais faite au moment de ma lecture.Quand ces mondes imaginaires perdurent avec les années, je sais que l’auteur a réussi son travail.La trilogie des Enfants de la violence de Doris Lessing appartient à cette catégorie.Cinq ans après sa lecture, les péripéties de ces femmes tantôt en Afrique du Sud, tantôt en Angleterre, continuent d’habiter mon imaginaire et d’influencer ma perception des choses.Dans ces moments de grâce, les personnages me deviennent aussi chers que de proches parents: quand je dois quitter mon livre pour vaquer à d’autres occupations, je m’inquiète de leur sort.Je ressens alors un irrésistible besoin de poursuivre ma lecture; il me faut savoir.La qualité première pour réussir ce tour de force, c’est l’écriture: une écriture forte, avec du style, des images et un rythme soutenu, capable d’évoquer des atmosphères et de suggérer des images mentales.Et aussi, à quelque part, de me livrer un certain enseignement.Les romans d’Erica Jong sont de cette école.Résolument contemporains, ils plongent avec humour dans les tourments de la femme moderne, coincée entre son indépendance et sa soif d’amour.Même phénomène avec les livres de Ma- rilyn French, Toilettes pour femmes et Les Bons Sentiments, qui dépeignent avec justesse l’univers des femmes contemporaines.L’oeuvre romanesque de Simone de Beauvoir a fait les beaux jours de mon adolescence.J’y retrouvais un univers d’intellectuels et d’individus forts qui affichaient, néanmoins, des comportements où la douleur et le déchirement n’étaient pas exclus.On l’aura compris, je vais à Té-cole de la vie avec le roman.J’y vais à la recherche de l’essence de la vie, à une époque dépourvue de toute moralité et de tout sens des valeurs.Je scrute les choix des personnages et je me délecte de les voir s’esquinter sur leurs propres contradictions.Je suppute les hypothèses et je réfléchis avec mten-sité.Dans le labyrinthe de l’existence moderne, la vie des autres apparaît comme un havre pour se retrouver.À regarder les personnages vivre, je retrouve un brin de ma folie, beaucoup de mon indécision et surtout, une profonde certitude que la vie est désespérément légère.Que les choix que l’on fait sont à la fois lourds de conséquence et dans l’absolu, profondément superficiels.Et quand, au détour d’un chapitre, je surprends le héros ou l’héroïne aux prises avec un défi semblable au mien, il m’arrive de sourire, heureuse de cette fraternité romanesque.Et de me dire, l’épine dorsale parcourée de frissons: « La vie est un roman ».Et quel roman! lnl»ni1loii«l Portf«H 0«IIwy «Les péripéties de Doris Lessing continuent d’habiter mon imaginaire.» FULVIO CACCIA SOUS I.F, SIGNF.DU PHENIX NOUVEAUTES UNE PLONGÉE DANS MON ESSENTIEL Claude Péloquin Autobiographie ^ ^ 119 pages Ç/95$ «Toute ma vie j'ai préféré passer pour fou à passer tout droit.» Péloquin LA FRESQUE DE MUSSOLINI Filippo Salvatore Thtôtre Pourquoi a-t-on peint le Duce dons ur>e église?85 pages 6/95$ lA FRHSQCE de ¦ Mussolini sous LE SIGNE DU PHENIX Fulvio Caccia Entretiens avec 15 créateurs italo-québécois 305 pages 14/95$ LES TRAQUENARDS DE LA GRAMMAIRE ANGLAISE Daniel Stoate et Denis G.Gauvin Guide à l’intention des francophones 196 pages 14/95$ VOIX-OFF Dix poètes onglopKones du Québec Présentés par Antonio D'Atfonso 160 poges 14/95$ GUERNICA C.P.633 suce.Notre-Dame-de-Grâce Montréal H4A 3R1 Le développement international des banques canadiennes croissvince cotKGrtîrdtïon VIENT DE PARAÎTRE Le développement international des banques canadiennes croissance — expansion — concentration François Moreau Ce livre passe en revue les causes du développement international des banques canadiennes et analyse en détail le processus de leur internationalisation, dans un langage accessible qui mène à une meilleure compréhension du système bancaire canadien.15,95$ Kiosque #117 ISEOmONS SAINT-MARTIN 4073, rue Saint-Hubert, suite 201 Montréal, Québec H2L 4A7 (S14) 525-4346 14 Le Devoir, samedi 16 novembre 1985 Salon du ^ivre de cy^ontiéal Le Devoir, samedi 16 novembre 1985 15 WHAT’S ON?Ire secondaire Manuel 13,95$ ISBN-2-7601-1356-6(191 pages) Cahier d’activités 6,95$ ISBN-2-7601-1357-4(144 pages) WtlArSON?^ WScHtl Le matériel tient compte^ du vécu de l’élève à travers ' les thèmes exploités et des différents styles d’apprentissage à travers les habiletés langagières exploitées au niveau de chaque «show».Il considère la langue comme moyen de communication, utilise des documents à caractère authentique et suggère à l’enseignant d’employer des documents authentiques.Il intègre plusieurs objectifs à l’intérieur d’une même situation ou d’un même thème.Le guide du maître contient la mise en situation pour chaque «émission», les objectifs à préciser pour les élèves et des suggestions d’utilisation du ma->éiiel authentique.ÉDUCATION ÉCONOMIQUE Luc Bois / Paul Beaudry / Gilles Tanguay PAR LE M.É.Q.Manuel de l'élève ISBN-2-7601-1142-3 (429 pages) 19,95$ Cahier d'activités ISBN-2-7601-1260-8 (86 pages) 4,95$ Cartes murales (3) ISBN-2-7601-1605-0 25,00$ Guide méthodologique ISBN-2-T601-I26I-6 (125 pages) 24,95$ La littérature et le jeune Québécois Mvtfl Btmvrrt littérature et le jeune Québécois iruérin Cette recherche, sur le récit lit* téraire, est la première d*une série que nous voulons entreprendre pour tenter d*examiner les connaissances qu^ont les élèves du secondaire à leur arrivée au cé^.Nous ne touchons qu'à la disa* pline du français.Dans la première partie de ce livre.le lecteur trouvera, présenté de façon sommaire, un résumé de la méthodologie de notre enquête auprès de cégépiens.Après avoir pris connaissance du profil social des répondants, le lecteur verra les résultats^obaux de l'enquête sur le récit, hnfin il connaîtra le rapport qui a été établi entre les résultats et le profil social des étudiants.Un nref «portrait littéraire» du cégépien qui a répondu au questionnaire sera tiré de l'ensemble des données qui ont été recueillies.ISBN-2-7601-1433-3 (112 pages) 9,95$ PETIT GUÉRIN EXPRESS de Gérard Langlois ISBN-2-760I-0903-8 (762 pages) 19,95$ ' .—.' FRANÇAIS 3e secondaire GD ' ’'ÿxprmi APPROUVÉ PAR LE M.É.0 Ce dictionnaire est destiné surtout à l'étudiant et à toute personne qui dési rent n'avoir qu'un seul outil de recherche et de travail pour accéda rapidement au vocabulaire usuel le plus étendu nécessaire à l'écriture et au langage de tous les jours.U PETIT GUÉRIN EXPRESS regroupe assez souvent, sous sept chefs, des catégories de mots et des diffkidtés de langue qu'on de 150 pages qu’on recevait il y a quinze ans ! Présentation soignée.Le style a de l’élégance.Pas banale cette histoire.Il me semble pourtant qu’il y a ’S faiblesses de construction a la till du premier tiers du manuscrit.Le dénouement, lui, n’est pas vraiment plausible.Faudra revoir le texte en profondeur avec l’auteur.Je lui téléphoné au début de la semaine.Si le travail d’édition va bien, je pourrai publier le roman de B.vers le milieu du printemps.12 octobre Critique vitriolique dans LE DE- VIENT DE PARAÎTRE PETER DRUCKER LES ENMPRE» ' 1 [ \ptinvion 11 Les entrepreneurs Peter Drucker Traduit de l'américdin.Peter Drucker est le pape du management aux États-Unis.Sa recette réside dans l'entreprise privée pour remettre l'économie sur pied, Hoohette-Lattès.n GOULD C .orarC}x,nm àîaliîîpe Contrepoint à la ligne Glenn Gould Voici Io suite du livre «Le dernier puritain».Ce volume est consacré d Bach, à Schoenberg, aux essais critiques et aux oeuvres personnelles de Glenn Gould.Queenie Michael Korda Best-seller améncdin, ce roman est l'histoire d'une femme attachante et belle qui devient une grande star et qui devra lutter toute sa vie pour préserver son image.Québec Livres.« Je ne raterai pas le prochain Bilt Granger François Nourissier d« rAc»IF ISBN: 0-660-91489-1 Prix: jeu de 3 volumes 45,008 (Canada) Venez visiter le stand 143 au Salon du Livre de Montréal.POUR COMMANDER Disponible par l'entremise des agents libraires agréés, de votre librairie, ou par courrier du: Centre d'édition du gouvernement du Canada Ottawa.Canada KIA 0S9 Veuille/ inclure chèque/mandai payable à l'ordre du Receveur général du Canada.canes * Mastercard et Visa sont acceptées TéL (819) 997-2560 Télex; 053-42% ¦ Approvisionnements et Services Supply and Services ¦ Canada Canada • Canada «On aime cette pensée qui ne craint pas la fragilité, l’audace, l’humour.» Gérald Gaudet, Le Devoir «Nous ne pouvons pas ne pas être sensibles à cette VOIX ‘d’une autre’ qui jette aux orties les anciens carcans, qui témoigne d’un futur peut-être déjà là.» Andrée Yanacopoulo, Spirale «Le panorama le plus complet et le plus complexe de son ‘pays impossible'.» Jean-Pierre Saïgas, Lire 125 pages — 9,95 $ L’Hexagone 900, rue Ontario est, Montréal H2L 1P4 / Tél.: 525-2811 20 ¦ Le Devoir, samedi 16 novembre 1985 Salon du ^ivre de c^VIontréal 4 L’éditeur, le critique et la diffusion LE SYNDROME DU PASSAGE JACQUES LANCTOT Éditeur IL m’avait donné rendez-vous dans un faux restaurant français-italien de la rue Duluth.Voilà plusieurs semaines que je remettais à plus tard ce rendez-vous avec ce journaliste, qui désirait faire le point sur la petite maison d’édition que je dirigeais depuis plus d’un an.Il avait dû lire ici et là les critiques que je formulais à l’endroit des politiques gouvernementales d’aide chaque fois que j’en avais l’occasion, et il s’était sans doute dit qu’il y aurait là matière à faire un bon petit papier pour le cahier littéraire du samedi.Était-il grand ou petit ?Parlait-il jouai, pointu ?Bref, autant d’incertitudes qui assombrissaient ce rendez-vous.Je fus le premier à arriver au restaurant.Je commandai, en attendant, une bière et en profitai pour me rappeler tout ce que je désirais faire savoir à mon interlocuteur.Il faut dire que j’étais passablement aigri et en avais long à dire sur le travail du critique littéraire.Pour moi, le Québec était devenu (ou l’avait toujours été) un interminable lieu de passage où il se trouvait toujours un « Important Écrivain Français de Passage » (lÉF de P.) qu’il fallait à tout prix interviewer, l’urgence étant justifiée par le fait que celui-ci repartait normalement dans quelques jours.une fois son travail de promotion terminé.Mes auteurs n’étant jamais de passage, puisque demeurant sur place, c’est-à-(üre au Québec, ils ne bénéficiaient donc pas de ce caractère d’urgence et ne passaient que fort peu souvent à la radio, à la télévision ou dans les journaux.Il y avait même à Montréal une librairie qui se spécialisait dans les séances de signature avec des lÉF de P.Le même traitement spécial était, en général, accordé aux auteurs québécois publiés par les Grands Éditeurs Français (GÉF), même si eux n’étaient pas de passage.Je me souvenais très bien de la tête de cette intervieweuse de la très culturelle émission de Radio-Canada, se pourfendant en sourires complices auprès de ses invités québécois : « Mais vous avez publié chez un Grand Éditeur Français », disait-elle à ce jeune auteur très « propre ».Je ne voulais surtout pas crier bêtement au complot, ni paraître, aux yeux de mon interlocuteur, trop entiché de québécoiseries ou tout simplement chauvin.Celui-ci pourrait toujours me répondre que lorsqu’un écrivain québécois était de passage à Paris, U devait bien se trouver un journaliste français pour l’interviewer.Ce qui était loin d’être certain.Mais quoi qu’il en était, s’il fallait établir des statistiques et des proportions, il sautait aux yeux que la règle du plus grand nombre favorisait à l’évidence les VENEZ RENCONTRER |»eii8je"iT ISABELLE DELISLE Les grands tournants de ta vie 192 pages 11,95$ O ''“tre portée O f.O O an MADELEINE TURGEON Energie et réfiexoiogie 240 pages 14,95$ MARCELYNE CLAUDAIS J’espère au moins qu’y va faire beau! 526 pages 15,95$ GTANDS 448 et 449 ©m Edjlkxv’demoftogne -X Y ' iX Ûn l'i Et mes auteurs alors, on ne les invite jamais?son extrême largeur (d’esprit.Photo Jacques Grenier auteurs français et leur culture forte, impérialiste, exportatrice, et, pourrais-je ajouter), risquait bien qu’à ce rythme, le passage, malgré d’être, un jour ou l’autre, encombré par un trop nombreux va-et-vient.Restait à établir le rapport qualitatif.Notre littérature était-elle écrits du Canada français Poursuivant la publication de ses volumes à un rythme régulier, les Écrits ont repris une place de choix dans notre vie Intellectuelle.Soucieux d’être présents aux grandes options de la littérature québécoise.Ils ont publié dans leur dernier volume (55) tes Actes du deuxième colloque des écrivains québécois.Sur un thème d’actualité: Pourquoi écrira aujourd’hui?, poètes, romanciers, essayistes, représentant diverses tendances littéraires, ont participé à cet échange.Rappelons que les Actes du premier colloque: Écrire au Québec furent publiés dans le volume 52.Des textes à lire pour suivre l’évolution de la création littéraire d’ici.Le volume 56 paraîtra au début de décembre.Au sommaire: José Auguste de Macedo-Soares nous entretient de son ami Stefan Zweig; Paul Beaulieu nous Invite à un «retour» au célèbre écrivain européen; contes de Négovan Rajic, Daniel Gagnon; étude d’André Berthiaume sur trois écrivains français contemporains; pqèmes de Jean Chapdelalne Gagnon; Instantanés de vie montréalaise dessinés par André-Guy Robert; chroniques artistiques: Jean Mouton évoque la personnalité chaleureuse de Marie-Alain Couturier, ami des peintres modernes, Jean-Pierre Duquette nous entraîne dans une visite guidée de l’exposition Renoir à Paris.Deuxième volet de ce numéro: l’Hiver canadien vu par des membres de l’Académie canadienne-françalse.Poèmes: Rina Las-nler, Simone Routier; conte de Noël de Louise Maheux-Forcler; essais: Jean-Pierre Duquette, Jean-Charles Falardeau, Marcel Trudel.En préparation: un Hommage à Robert Charbontreau.Abonnements: quatre volumes: Canada: 25,00$; Institutions: 35,00$; Étranger: 35,00$.adresser toute correspondance à: écrits 5754, du Canada français varvu» Déom, Montreal, Qu*.H3S 2N4 Tél.: 738-9296 d’égale qualité, supérieure, ou tout nédic à fait médiocre ?J’avais toujours été partisan de la ligne dure : pas de quartiers, pas de complaisance.Lorsqu’un livre était mauvais, le critique devait le dire, et non pas chercher à le défendre sous prétexte qu’il s’agissait d’un auteur québécois.Mais mes auteurs, ou ceux des autres maisons d’édition, pouvaient-ils être à ce point mauvais qu’on ne les invitait jamais ou presque dans les différents médias ou à la librairie spécialisée dans les séances de signature avec les lÉF de P ?Et encore ! Lorsqu’il arri- vait qu’un des miens paraisse à ‘ ! émi • - telle émission, on prenait bien soin de nous prévenir que ce devait être exclusif, que mon auteur ne devait pas avoir été interviewé par une émission concurrente.Alors qu’avec les lÉF de P, c’était autre chose ! Je n’y croyais pas à cette mau-lité(’ vaise qualité des ouvrages que je publiais, même si trop souvent (ici comme ailleurs, j’en suis sûr) la médiocrité semblait vouloir triom- pher.Pour moi, nous n’étions pas .encore sortis de cette phase c.mentaire où nos principaux modèles ne pouvaient être que français, comme nous l’avaient enseigné nos élites traditionnelles, et l’auto-flagellation devait être le meilleur moyen pour prévenir toute velléité d’affranchissement et d’indépendance.Et il était maintenant de bon ton d’entendre les Français qualifier une certaine littérature québécoise « exportable » de « littérature américaine directement écrite en français».Le re.ste n’était plus que chinoiseries î Voir page 27: Le syndrôme Le Devoir, samedi 16 novembre 1985 i I Salon du/T-/ivre de cTVlontréal Les subventions, c’est pas un cadeau ! RENÉ BONENFANT Éditeur J’AI bien failli jouer un vilain tour au DEVOIR et remettre quelques pages blanches en lieu et place de cet article.De « subven-tionneur » idéal, il n’en est point.et j’aurais donc fort bien pu justifier mon « carré blanc ».Les subventions sont des béquilles : y aurait-il donc, d’icelles, un fournisseur idéal ?Tout le monde (y compris les éditeurs et les auteurs) aimerait se passer de béquilles.Qu’elles soient baptisées subventions ou bourses n’y change rien.Les béquilles, qu’on le veuille ou non, sont bel et bien associées à la notion de « handicap », et handicap il y a ! Nous manquons de lecteurs ! Et ces lecteurs, aucun « sub-ventionneur » ne nous les fournira; et s’il y arrivait, ce serait suicidaire pour lui car nous n’aurions plus besoin de béquilles ! Combien de fonctionnaires seraient du jour au lendemain mis en disponibilité ?Il faut dire que ce « handicap » n’est pas incurable.Pas besoin de faire un pèlerinage à.Québec ou Ottawa.Il suffirait de se lancer tous dans les champs les plus rentables .et on les connaît.On a déjà le Noroît bibliophile; on pourrait créer le Noroît gastronome ou bricoleur.Le seul risque serait peut-être qu’on prenne trop goût à la bonne chère.Les éditeurs malades de la peste « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.» Eh oui, monsieur de La Fontaine, tous étaient frappés.et le sont encore ! Et pas seulement au Québec, mais aussi en France (les lecteurs y sont pourtant dix fois plus nombreux ! ) où le Centre national des lettres subventionne les secteurs « mous » de l’édition.Avant de créer le système des subventions, il aurait bien fallu identifier « ce pelé, ce galeux, d’où venait tout le mal.» „-¦.-*.j Photo Lo DEVOIR On traite les éditeurs de «quêteux».mais on ne s’étonne pas de subventionner Bombardier A U SALON DU LIVRE.r»-: ies l’art et les fonds d’édition DELAGRAVE ÉPIGONES FLEURUS HAZAN MARDAGA NORD-SUD EDITIONS ÉTUDES VIVANTES STANDS 228-229 .LE STAND DES BEA UX LIVRES CAROLE MASSÉ / NOBODY Ce troisième roman de Carole Massé raconte l'histoire d'amour d'un couple à Trois^Ritières en 1939.Ce couple est traqué par une enfant qui endosse diflérentes identités et se meut dans un temps éclaté.1|)ai:t*s — 11 à propos de l'Autre: L'exigence presque panique de ces pages a quelque chose de mystique, elle peut parfois faire scmger à Rilke ou à Clarice Lispector, elle laisse en tout cas loin derrière nombre d'écritures qui.aujourd'hui.\ont leur bonhomme ou leur bonnefemme de chemin à l'écart de tout danger réel, avec des points de rejiére assurés.I^ierre Nepveu.Spirale 900.rue Ontario est.Mtl.H2L 1P4 / Tél.: 525-2811 éditions UiS HERBES ROCHES n.M .té t>eyotr; samedi: 16 noyembre i Ô85 Salon du ^ivre de o^Vlontréal Èi Photo Louito Ltmloux Des éditeurs distraits .mais une énorme machine bureaucratique! ANIMER LA LECTURE Yves Beauchesne UN GUIDE PRATIQUE • pour tous les intervenants: enseignants, bibliothécaires, parents.• pour comprendre la lecture et .son animation.• pour trouver des suggestions pratiques, des exemples d'activités.Publié p«r r\Mociation pour rivaucrmpnl der rrirnceH rl dett techniqura dr la docummUUion En vente: Asted 7243 St-Denis Mtl.H2R 2E3 (25S + 2S frais) ou dans certaines librairies LAUBRAIRIEDESÉDmONS ARTS, LETTRES ET TECHNIQUES INC.vous invite (stands 460-461) au Salon du livre de Montréal.Vous y trouverez un vaste choix de livres techniques, ouvrages spécialisés, droit, médecine ainsi que les plus récents dictionnaires.Votre librairie spécialisée vous invite I venir nous rencontrer au 901 boul.Ste-Croix, St-Laurent, 747-4784 (station métro du Collège et bientôt Côte Vertu) stationnement gratuit.Excellente remise à tout acheteur.Le déplacement en vaut la peine! qu’on se le dise.Le fonctionnaire et i’éditeur L’autre côté du comptoir CLÉMENT SAiNT-GERMAiN Retraité de la fonction publique Ayant quitté le ministère des Affaires culturelles 11 y a deux ans, 11 se peut que certaines de mes observations relèvent au-jourd’hui de l’histoire, rtiais les hommes étant ce qu’ils sont, les situation évoquées peuvent fort bien refaire surface.Il y a des éditeurs qui portent très bien leurs reponsabilités.sur le dos des fonctionnaires.Lorsque le MAC subventionnait la publication sur présentation des manuscrits, certains éditeurs excusaient leur retard à faire connaître leur intention à l’auteur en expliquant que le MAC n’avait pas encore dit si oui ou non il allait accorder une subvention.Souventes fois ce même éditeur n’avait pas encore soumis le manuscrit.Et s’il y avait lieu de rendre un texte à son auteur c’était toujours parce que le MAC avait répondu défavorablement.Le jour venait où, comme dans les pays de TEst l’édition passait sous le contrôle de l’État.Il m’est arrivé de me faire enguirlander de verte façon lors d’un colloque, et sur le plateau s’il-vous-plaît, par un universitaire qui reprochait au MAC son incurie et son arrogance à refuser, après des mois de délai, une subvention à son éditeur disposé à publier son travail.C’était la première fois que j’entendais parler de ce manuscrit.J’eus beau mentionner qu’aucune demande à son sujet ne nous était parvenue, rien n’y fit.Nous étions prévenus contre lui et son éditeur, etc, etc.De retour au bureau, j’allai aux renseignements.Effectivement, nos dossiers ne contenaient aucune demande relative à ce manuscrit.Je conseillai, par écrit, à cet universitaire d’obtenir de son éditeur des explications.De ce jour, les relations avec notre homme redevinrent, non pas bonnes mais excellentes.Il y a aussi les metteurs en scène.Un des onze ministres du MAC sous lesquels j’ai eu l’avantage d’oeuvrer me demande un jour d’aller rencontrer dans sa ville telle personne, auteur d’un manuscrit très précieux à évaluer.Quel pouvait bien être ce trésor ! Rien moins qu’une sorte de « scrap book » que la personne espérait céder au MAC contre la jolie somme de quelque quinze mille dollars ! Une surprise m’attendait à l’épilogue du cahier : mon nom écrit en lettres dorées sous un encadrement où devait prendre place ma photo.J’avais remarqué que le bonhomme avait à portée de la main tout un arsenal photographique.Les deux bras me sont tombés ! En une autre circonstance, je suis invité à visiter l’organisation d’un soi-disant éditeur qui sollicitait l’aide du MAC pour un projet de taille.L’adresse indiquait une rue dans le voisinage du port de Montréal.Je pénètre dans un vaste édifice, délabré, inoccupé sauf pour la demi-douzaine de pièces, réparties sur deux étages, dans lesquelles notre imposteur avait réparti pour la circonstance, là un « comptable », ici un dessinateur, là un maquettiste ( ?), ici une dactylo, là un «correcteur d’épreuves».Dans chaque pièce une table vétuste et une chaise en bois.Du papier, des journaux, quelques livres.Après avoir fait la tournée des locaux, arrivé près du bureau — un peu mieux meublé — de mon cicerone, qui entre ?Nairn Kattan du Conseil des Arts du Canada.Mon homme s’empresse auprès de monsieur Kattan et s’interpose entre nous deux le temps d’introduire le nouveau venu dans son office.Puis il revient vers moi et me dit : « Je sais que vos relations avec monsieur Kattan sont au pire; je n’ai pas voulu vous obliger à le croiser».Par la suite, rencontrant Nairn Kattan, j’appris que ce dernier s’était fait servir les mêmes propos insensés.Quel avantage avait ce triste sire à inventer pareille stupidité ! Chose certaine il nous avait convoqués tous les deux le même jour pour n’avoir pas à répéter deux fois sa mise en scène.La naïveté n’a pas de limites ! Enfin il y a les éternels retardataires, ceux qui lisent vos lettres en diagonale, et puis ceux qui n’ont jamais reçu vos communiqués, fussent-ils envoyés par courrier recommandé.N’essayez surtout pas d’obtenir de ces esprits perdus les renseignements exigés pour l’oc- Par LoMIR l.i1TtRAIRC Dl’ QntREC Pr^em f DE Jeanne Mam f T)i !• morché d* r«Cfttvr« l I I L- ÉCRIRE À LOISIR, guide d'animation littéraire préparé par le Loisir littéraire du Québec, préface de Jeanne-Mance Dubé.Éditions Le Marché de l’écriture, Montréal.1985, 105 pages, 9.95$.ÉCRIRE À LOISIR, guide d'animation littéraire à l'usage des enseignants, bibliothécaires, animateurs des centres communautaires, des garderies et des bases de plein air, s’adresse également à tous ceux qui entendent partager le plaisir de la lecture et de l’écriture.SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL kiosques 433 et 434 Pour information: Le Marché de récriture (514) 727-5983 troi de subventions et de la façon et dans les délais indiqués.On se préoccupe fort peu de réponses ad hoc, laissant au fonctionnaire le soin de décortiquer le paquet.Ah ! ces incurables ! Il faut harceler,é-voquer le risque du guichet fermé.Les mêmes remarques valent pour la cueillette des données au moment d’établir une politique, de formuler un règlement, de dresser des statistiques.On ne répond pas.Oubli ?Mauvaise volonté?Pas nécessairement.On peut être débordé, manquer de personnel.Ou encore on craint les fuites de renseignements confidentiels.Il s’agit toujours de cas d’exceptions ?Bien sûr, mais ces exceptions sont causes d’ennuis pour le fonctionnaire, dont celui d’entraver son travail et de susciter des tiraillements dans son unité de service.Mais l’équité nous oblige à mentionner que la collaboration de éditeurs est généralement acquise, empressée même.Personnellement, j’ai bénéficié, au cours de mes vingt-deux ans d’emploi au MAC, d’une coopération remarquable des professionnels de l’édition.Certains, entre autres deux directeurs d’une très importante maison, m’ont apporté à la préparation de quelques dossiers une contribution qui m’a grandement facilité la tâche.La reconnaissance que je leur dois est inestimable.Mais si déficiences il y a, elles ne sont pas toutes de l’autre côté du comptoir, j’entends le fait des éditeurs.L’administration gouvernementale est une énorme machine qu’il n’est généralement pas facile de mettre en branle.L’enquête sur le commerce du livre a eu lieu en 1963.Or ce n’est qu’en 1981 que la loi et les règlements auxquels elle a donné lieu ont répondu de façon à peu près satisfaisante au soutien de l’édition québécoise.Politique du compte-goutte.Faut dire que de puissant « lobbies » d’opposants y ont contribué à l’occasion.Méfiance aussi au sein de l’administration, d’où ce déplorable procédé de recourir sans cesse à des « études » — combien d’études inlassablement reprises ! — parfois en mettant à contribution des « tablettés » à qui on donnait ainsi de quoi s’occuper, gens qui n’avaient aucune expo-ience du secteur et qui venaient puiser dans nos dossiers de quoi étoffer leur rapport.Procédés dilatoires aux conséquences regrettables pour le milieu concerné ! Une des causes — sinon la cause majeure — des ennuis suscités aux éditeurs et de nature à envenimer leurs relations avec les fonctionnaires réside dans le cheminement long et ardu des demandes d’émission de chèques de subventions.Il fut un temps où une demande devait reçevoir l’approbation de 13 — oui, rien que cela ! — personnes, y - - compris le sceau du conseil du Tré sor si le montant excédait quelques milliers de dollars.Imaginez que le document repose seulement trois jours sur le bureau de chacune de ces personnes.Heureusement, à l’approche de la présente décennie, » réduit on a beaucoup réduit le temps d’attente pour les demandes qui doivent gravir la cime du Conseil du Trésor.Depuis, les services comptables locaux sont habilité à donner suite aux demandes.Voir page 27: L’autre coté Ue.Oeyuir, sam
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