Le devoir, 31 janvier 1914, samedi 31 janvier 1914
VOLUME V—No.25 UN SOU LE NUMERO MONTREAL, SAMEDI 31 JANVIER, 19H ABONNEMENTS : TJ* TBT TT ^HP Rédatflion et Administration Édition ~QumtitlienM t M H«* W M M m® W Ë iË BB SB RUE SAINT-JACQUES CANADA BT ETATS-UNIS .*3.00 HL|| EH lUH p8Lj§ Wjk M S|| H|| Bi KJ JÊÊ MON TREAL.UNION POSTALE.*6.00 Mi SlgP^â j|^ PjM gj ffîii MM - Édition Hebdomadaire : m S ® m B lit ffi * « SH N Hjp| TÉLÉPHONES t HZ JË 1 M I MM II J wi M W M P Itj administration: m.™ 746i union postale- ^ ^ ¦HMH WÊÊêH^ ¦BMH HH ¦Hh uBb RÉDACTION j - Main 746® Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! v L’immunité est accordé aux témoins LE CANAL DE LA BAIE GEORGIENNE AYONS L’OEIL SUR OTTAWA Le scandale de Québec ne doit pas faire oublier toutes les autres questions.C’est l’un des dangers des crises politiques.Pendant que le public surexcité porte toute sop .attention sur un point, il ne s’aperçoit pas qu’on le filoute de l’autre.Les paniques sont les jours glorieux des voleurs à la tire.Avant sa dernière vente, le Herald signalait aux contribuables de Montréal le danger de se laisser hypnotiser par le tuyau crevé de l’aqueduc.“Keep pour eye on Quebec!” criait-il tous les soirs.Grâce au bon tour que les anciens propriétaires du Herald ont joué à leurs acheteurs, tout le monde a les yeux sur Québec.C’est peut-être le temps de dire: Ayez l’oeil sur Ottawa! Nous avons signalé, dans le discours du trône, l’absence de tout indice des intentions du ministère sur le projet du Canal de la Baie Géorgienne.Le ministre des Postes, M.Pelletier, y a fait une sobre allusion dans son discours de mardi.Il a accusé l’opposition de vouloir faire de cette question un atout électoral.Il a annoncé la nomination d’une commission chargée de s’enquérir de la valeur économique du projet et de la possibilité de son exécution.Le coefficient politique de la question ne compte pas aux yeux des gens sérieux.Si le projet est faisable et susceptible de donner les résultats qu’en attendent ceux qui le préconisent, le gouvernemeât doit en assurer l’exécution, sans souci des influences électorales.L’opportunité d’une» commission d’étude ne semble guère évidente.Le projet est à l’étude depuis quarante ans.Les ingénieurs de l’Etat ont fait un examen approfondi et complet des données techniques de la construction.Ainsi que M.Monk l’a démontré, toutes les objections ont été victorieusement réfutées.Quant aux résultats possibles de cette vaste entreprise, pour le commerce, l’agriculture et l’industrie, il semble que les ministres auraient pu facilement se former une opinion depuis longtemps, à l’aide des statistiques générales compilées à Ottawa et des multiples opinions d'experts déjà publiées sur le projet lui-même.Nous voulons croire que l’intention du ministère est de constituer une commission d’experts, dont le champ d’étude sera circonscrit à la seule recherche des rendements possibles du canal projeté, de lui faire faire rapport dans un délai très prochain.Si cette démarche a pour but de fortifier le gouvernement contre les assauts des intérêts coalisés contre l’exécution du projet, fort bien.Autrement, le public aurait raison de soupçonner les ministres de vouloir saisir un prétexte pour différer leur décision.* * * Et pourtant, le temps presse.Nous avons, à maintes reprises, démontré l’urgencé de multiplier et de faciliter les communications entre l’Ouest et l’Est et d’établir des voies de transport, par eau et par terre, qui favorisent le commerce et les ports canadiens.La Gazette publiait, lundi, les grandes lignes d’un projet américain, dont le sénateur Townsend, du Michigan, s’est constitué le protagoniste ardent.Ee projet consisterait à internationaliser définitivement la voie du Saint-Laurent en la faisant canaliser de Duluth à Montréal, à une profondeur suffisante pour les paquebots transatlantiques.Ces travaux seraient exécutés à frais communs par le Canada et les Etats-Unis.La Commission des Eaux internationales serait d’ores et déjà saisie de ce projet.Interrogé à cet égard, le principal représentant du Canada dans cette commission, M.Casgrain, a refusé d’exprimer une opinion quelconque et de donner tout renseignement.Que le projet soit déjà soumis à la Commission ou non, on peut être certain que c’est là l’unique obstacle réel à la construction du Canal de la Baie Géorgienne.En d’autres termes, ce sont les intérêts américains qui s’opposent à ce que le Canada tire tout le parti possible des avantages que la nature lui offre pour le trafic de l’Ouest à l’Est.Nous avons contre nous l’énorme inconvénient de la fermeture de nos voies fluviales, en hiver.Cet inconvénient serait racheté dans une large mesure par l’avantage inappréciable que nous offrirait, pendant sept mois de l’année, la navigation du Saint-Laurent, si le gouvernement impérial ne nous avait fait perdre cet atout en concédant aux Américains, à perpétuité, la libre navigation du fleuve que nos orateurs et nos rhétoriciens appellent si faussement “notre fleuve national”.Cette liberté s’étend à tout le cours du Saint-Laurent, même en pleine terre canadienne.Le bassin de l’Ottawa est, au contraire, bien à nous.En faisant du canal de la Baie Géorgienne la grande voie de navigation intérieure, nous reprendrions une partie notable des avantages que la diplomatie impériale nous a fait perdre.Il nous en coûterait, il est vrai, cent trente à cent cinquante millions.Ce ne serait pas, du reste, le premier ni le dernier sacrifice que nous aurait coûté “l’association impériale”; mais au moins, nous aurions la satisfaction de savoir que, pour une fois, le lacrifice profite au Canada.* * * Ce placement vaudrait assurément mieux que de partager avec les Etats-Unis le coût de l’entreprise que favorise le sénateur Townsend.D’abord, il semble acquis que notre quote-part de la mise de fonds nécessaire à l’exécution du projet américain égalerait, s'il ne le dépassait, le coût total de la canalisation des bassins de l’Ottawa et de la Ri-vière-des-Français.Et puis, l’entreprise terminée, le Canada resterait l’associé, secondaire, le junior partner, d’une entreprise dont les bénéfices se partageraient, qu’on en soit certain, dans la proportion des intérêts, de l’influence et de la force des deux nations associées.Nous n’avons jamais donné dans le travers des jingos canadiens, qui crient au loup chaque fois que les Etats-Unis entrent en scène.Le Canada peut, en -général, compter sur la loyauté des Américains autant que sur celle des Anglais, des Français ou de toute autre nation.Nos voisins respecteront nos droits dans la mesure où leurs intérêts n’en souffriront pas notablement.Mais attendre davantage serait folie pure; et escompter le bon vouloir des autorités impériales pour brider les ambitions yankees serait d’une naïveté non moins ridicule.Dans une interview que nous publions aujourd’hui, M.Frigon signale un fait intéressant: les partisans du projet pro-américain et les adversaires de l’entreprise nationale se recrutent presque tous dans les serres-chaudes du jingoïsme impérialiste — à Toronto et dans les milieux ontariens où Ton criait, il y a trois ans: "No truck and trade with the Yankees!” — “For which flag shall we stand?” Ce n’est pas la première ni ia dernière fois que cette inconséquence m manifeste.Lorsque J.J.Hill opéra sa razzia sur un certain nombre iî chemins de fer de l’Ouest, il trouva ses principaux auxiliaires parmi les plus zélés défenseurs de la Couronne et de l’Empire, à Winnipeg comme à Ottawa.Quel dommage qu’une bonne organisation de dictaphones ne nous ait pas conservé le récit des entretiens intimes échangés entre les agents du magnat américain et leurs complices du parlement fédéral et de la Législature du Manitoba! En tout cas, la publication des visées américaines doit suffire à faire comprendre à tout Canadien soucieux des intérêts supérieurs du pays que la construction du Canal de la Baie Géorgienne est plus qu’une “question d’affaires”: c’est un problème d’ordre national de la plus haute importance et d’une urgence extrême.et véritable.Henri BOURASSA.BILLET DU SOIR.OUI OU NON ?Répondez oui ou non ! a-t-on crié, devant le Conseil législatif, à MM.Nichols et MacNab, et comme les deux journalistes ripostaient qu’ils ne pouvaient répondre ni oui, ni non, certain conseiller a paru fort indigné.Et son indignation s'est immédiatement communiquée à tel journaliste d’esprit extra lucide qui ne s’imagine pas qu’on puisse hésiter à proférer un oui ou un non.Oui ou non, n’est-ce pus assez clair ?Une chose est ou n^est pas : pourquoi ces journalistes hésitaient-ils ?Oui ou non, cela suffit à tout le inonde.—Voire, comme dit Vautre.J’ai souvenir qu’un jour, dans mon pays, Cornellier étant harcelé par un bon Canayen qui lui posait je ne sais plus quelle ennuyeuse question, cherchait à s’expliquer et à distinguer.* —Répondez oui ou non ! criait l’interrupteur, qui croyait avoir le dessus du fer ; répondez oui ou non.C’est facile, ça ; pas besoin d’être avocat pour répondre oui ou non ! —Répondez oui ou non, répétaient, emballés, les amis de l’interrupteur.—-Fous trouvez que.c’est si facile que ça, jeta, un éclair dans les yeux et la crinière au vent, le maître tribun.Eh ! bien, nous allons voir t Et, dans le silence qui soudain s'était fait, les yeux dans les yeux de son interlocuteur qu’il pointait de l’index, à demi penché sur la barre de l'estrade, Cornellier cria : —Dites donc, l’ami, êtes-vous aussi bête que vous en avez Voir ?Répondez oui ou non ! Le malheureux s’effondra, tandis qu’un immense éclat de rire secouait jusqu’aux larmes Vauditoire convulsé.H.BLONVILLE.ELIGIBILITE MUNICIPALE Le cens d’éligibilité des candidats à la maire et à l’échevinage a été aboli par les amendements à la charte du 3 avril 1912, qui édictaient que “nul ne pourra être mis en nomination s’il n’a résidé dans la cité durant le cours de l’année précédant le jour de la mise en nomination”.\ Cet article n’aura jamais été mis en vigueur, puisque les nombreux amendements, adoptés mais non sanctionnés, disent qu’il faut avoir résidé dans la cité “pendant six mois au cours de l’année précédant la mise en nomination”.baut-il entendre par année celle du calendrier, du 1er janvier au 31 décembre, ou les douze mois précédant le 1er lundi d’avril, nouvelle date des élections ?La charte de 1899 était très claire ; elle disait qu’il faut avoir résidé dans la ville durant tout le cours de l’année précédant immédiale-ment le jour de la mise en nomination.Dans l’amendement de 1912, on a omis ou biffé les mots tout et immédiatement, et l’on constate la même omission dans les amendements de cette année.On peut dire que l’emploi du mot durant au lieu du mot pendant règle ia question.Mais ce n’est pas si sûr.agents d’immeubles et des avocats.during qui veut dire tout aussi bien pendant que durant.De sorte qu’on n’est plus du tout certain qu’il ne suffise pas d’avoir eu son domicile en ville pendant un moment quelconque des six mois du commencement de 1913, pour avoir le droit de se présenter à la mairie ou à l’échevinage.Il y a, dans cette rédaction, un beau nid à chicane.On avait proposé un autre amendement pour permettre à des personnes qui auraient été maire ou échevins remarquables de se présenter quoi que dormant et mangeant en dehors des limites de la Ville.On pensait en effet qu’on est plus intéressé aux affaires d’une municipalité où l’on gagne sa vie qu’à celles d’un territoire où l’on a son toit.L’Assemblée législative paiiagea cette manière de voir, mais le Conseil législatif a plus de sagesse et il a biffé les quelques mots qui réglaient le point.Fred.PELLETIER.CAUSERIE LITTERAIRE LES ÉPIS Poésies fugitives et petits poèmes par Pamphile Lemay LE FOND DU CONFLIT M.Beck a déclaré hier que c’est l’affaire du Tramway qui fut la cause initiale de l’enquête qui se poursuit actuellement à Québec.C’est un point que nous avons indiqué dès notre premier extra, mardi soir.Nos lecteurs savaient également depuis longtemps que c’est l’adcieii rédacteur en chef du Herald qui a provoqué l’intervention de l’agence Burns.Pionnier de la poésie canadienne, M.Pamphile Le May, au cours d’une longue carrière, a fait mûrir bien des moissons, il a coupé à la faucille des gerbes odorantes et chargé des chars qui dévalaient des coteaux et sonnaient joyeusement sur les batteries de sa grange.A la fin de sa carrière, il s’attarde encore au milieu de champs familiers, il visite de vieilles meules, il trouve des pailles moins chargées de graines à certaines gerbes, et il les arrache, il trouve encore des coins ensoleilles qui produisent du blé d'automne, et il Je moissonne en bâte.Il nous présente aujourd’hui un choix d’épis cueillis jadis, mais épurés de sa main patiente, et mêlés à des épis nouveaux.M.Pamphile Le May, véritable poète par l’émotion sincère, par l’accent chrétien, par l'amour du terroir, n’a pas eu le temps de consacrer à son art ses journées et ses veilles.Il a été pris par des besognes plus utiles.Il a dû élever ces poèmes vivants que sont los enfants et les aider à faire leur chemin dans la vie.M.Pamphile Le May ne peut donc être un Virgile qui écrivait vingt vers tous les matins et passait le reste du jour à élaguer, à changer, à trouver le mot plus juste, plus ému, plus original.Pour arriver à l’originalité transcendante, pour fuir toute paraphrase traînante, pour se ramasser, pour éviter les rimes en épithètes, pour enfermer 'en chaque mot la quintes-cence de la poésie, il faut du temps, un labeur patient, une longue euh ture qui a manqué à la plupart de nos artistes.Quand M.Pamphile Le May commença à écrire, on attachait encore beaucoup trop d’importance aux phrases et aux alliances de mots tirés des bons auteurs, mais ouvert comme il Test aux choses de son art, notre poète a senti le besoin de se renouveler, et certaines pièces de ce recueil marquent, au point de vue de la souplesse du rythme et même de l'originalité une évolution remarquable.Nous avons affaire à un poète de bonne foi, qui a toujours quelque chose à nous dire, quelque émotion sincère à nous communiquer.Pas de recherche, pas de préciosité, pas d'emphase en ces vers.Ce sont les spectacles de la campagne canadienne qui inspirent le plus heureusement notre poète.11 aime les pins: O vieux pins embaumés qui chantez à la [brise.Debout, sur les coteaux, comme de fiers [géants, J’aime la nudité de votre écorce grise, J’aime vos bras tendus vers les gouffres [béants I Vous étiez avant moi sur la rive où je [pleure, Et quand j’aurai quitté ce monde que [j’effleure Vous chanterez encore avec les océans.Avec l’homme immortel qu’un souffle [pulvérise.Notre trouvère — c’est 1(/ mot qu’affectionne M.Pamphile Le May, comme d’autres affectionnent le mot barde — se sent à l’étroit dans la cité de Champlain: Il me fallait l’odeiir du foin qui se dessèche Sur le sol où passe la faulx, L’odeur du trèfle mûr que flairent dans fia crèche, En hennissant, les fiers chevaux.De la fenaison, il a noté les scènes les plus fraîches et les plus poétiques: Le fermier matinal, portant sur son épaule La faulx d’acier luisant et la fourche de [saule Pour affiler sa lame Que le silex entoure Un faucheur s’est dressé.Il a pris toute humide, Dans le vase limpide, La pierre au rude grain.Et d’une main précill* Sur l’acier qu’il aiguise La promène grand train.Et le long des clôtures Les pesantes voitures Que traînent les boeufs roux Amènent à la grange.Le foin mûr qui s’effrange, Aux épines du houx.M.Le May connaît bien les usages qui passent de mode, il nous a donné des broyeurs et une brai-rue vus et hauts en couleur.Sa débâcle me semble longue et gâtée par des scènes d’amour tragique et des idylles où Ton pourrait souhaiter plus de légèreté de touche.Cette débâcle figurait dans un poème de longue haleine où s’expliquaient sans doute ces intrigues d’amour qui deviennent difficiles à comprendre dans le même morceau détaché de son cadre.Le poète a été particulièrement heureux dans les scènes de la vie sauvage.Il a su attraper la couleur locale, voyez Ireuna la Hnronne: Ounfs est un chasseur.Il voit, dans son [sommeil L’ours brun de la forêt et l’outarde des [grèves.H voit des crânes nus et du sang dans ses [rêves, Car H est un guerrier, un Dis de sagatnos.Je remarque en passant que M.Le May, pour faire vivant, n’a garde d’éviter le mot du terroir, le mot qui seul peint parce que seul il désigne la chose sans à peu près.Les choses et les usages particuliers à notre pays ont le droit de garder leurs vocables et j’espère que nul artiste nç peut appeler iroquoise une langue émaillée de ces rares perles.Je ne parle pas d'anglicismes, ni de fautes de français, je parle de mots propres, qui ne peuvent se remplacer que par des périphrases traînantes.On pourrait souhaiter que ces tableaux du terroir fussent encore plus ressemblants et plus originaux, mais tels qu’ils sont ils valent mieux (pie les élégances vides et les cadres pompeux mais sans toile d’un dessin précis que Ton nous sert parfois.M.Le May aime à dégager d’un récit des leçons morales, mais là où on sent tout son enthousiasme et tout son coeur, c’est dans les élans de sa piété et de sa foi.Le Pater noster, par exemple, est une effusion sincère et belle: que votre règne arrive 1 Les peuples ont besoin de jusUcc et de paix.Vaisseaux désemparés, ils vont à la dérive; L’erreur les a couverts de ses brouillards .[épais, baltes luire sur nous votre vérité sainte.Le Jour des Morts mérite une mention spéciale.Cette pièce est écrite avec un accent ému et se termine par une affirmation victorieuse de l’immortalité: Quand l’astre oii nous vivons sera frappé [de mort, Quand il se brisera comme un verre que » , .[mord La tenaille dacier dans une main grossière; Quand il ne sera plus mon Dieu qu’une .[poussière ht qu’il aura quitté le glorieux chemin Qu’ù l’aurore des temps lui traça votre main, L’homme reparaîtra.Vous voulez qu'il ,T , .[renaisse.Vous le revêtirez d’une chaste jeunesse, Que votre éternité ne saurait point flétrir.Les épis de M.Pamphile Le May sont donc en somme de beaux épis parce qu’ils ont poussé en notre terroir, et qu’ils ont été mûris par le franc soleil du bon Dieu.Edmond LEO.CES ROMANS DEUX MOTS D’EXPLICATION Il y a dans Coffre que fait actuellement à nos lecteurs l'administration du Devoir plus qu’une simple affaire, et Ton nous permettra de donner ici deux mots d’explication sur ce point.Tout le monde lit aujourd’hui.Et Ton a mis à la portée de tous, à des prix extrêmement bas, des romans de toutes catégories : romans policiers, et souvent pires, qui encombrent et parfois souillent les imaginations.Il y a là un danger que voient tous les gens sensés et contre lequel beaucoup s’efforcent de réagir.La maison de la Bonne Presse, dont nos lecteurs connaissent Tad-mirable organisation, a cru que l’un des meilleurs moyens de combattre le mauvais roman était de lui opposer un roman d’inspiration saine et moralisatrice, d’un vif intérêt et du prix le plus modique.Grâce à sa longue expérience et à son outillage, elle a pu mettre sur le marché des romans qui répondent à tous ces desiderata.Elle tire aujourd’hui ces romans à 150,000 exemplaires par mois : c’est la meilleure preuve de leur grande popularité.C’est, dans une très large mesure, pour seconder Toeuvre de la maison de la Bonne Presse que nous avons conclu avec elle des arrangements qui nous permettent de donner à nos lecteurs ces romans au prix de trois sous l’exemplaire.Trois sous pour une brochure grand format de 128 pages, on admettra que ce n’est pas excessif.Nous invitons donc nos amis à nous aider à répandre ces romans pour les opposer aux romans policiers et à tant d’autres qui dépravent l’imagination des jeunes lecteurs.LA CONFERENCE DE M.GAUVREAU On trouvera dans une autre page la dernière partie de l’importante conférence donnée par M.Gauvreau sous les auspices de la Fédération Nationale SainGJean-Baptiste.C’est une pièce extrêmement intéressante et qui mérite d’être lue avec soin.On y verra ce que peuvent faire pour la solution d’un problème aigu le prêtre, le médecin et la mère canadienne.LES AGENTS DE BURNS NE SERONT PAS MOLESTES \ LA CHAMBRE DISCUTE LE BUDGET Québec, 30 — Journée plus calme.A la commission d’enquête de T Assemblée on procède le plus rapidement possible.M.Bernier se fait remplacer par M.Lavergne.On entend M.Beck qui raconte, en se basant sur ses notes, ce qu’il a entendu des propos de quelques législateurs mis en appétit par les méthodes d’affaires - de l’agence Burns, agissant sous le masque d’entrepreneurs américains.M.Perron poussant une pointe dans l’organisation, découvre que c’est M.Beck lui-même qui a eu l’idée de faire surveiller ia Législature et que M.borne McGibbon à qui il s’en est ouvert, s’est chargé des frais.Cela amènera peut-être M.McGibbon devant la commission.On permet d’abord la question ajournée à une heure, touchant la conversation de M.Bérard après le départ de M.Mousseau, à laquelle M.Beck assistait par déteetaphone.mais on en refuse une autre lors d’une troisième entrevue, bien que M.Tellier soutienne qu’elle devrait être permise, parce que cette entrevue est la suite logique de la précédente à laquelle M.Mousseau vint.Vers neuf heures M.Perron assaisonne ses objections d’une solennelle protestation de son désir de tout savoir et d’avoir une enqueue complète, sans quoi il préférera se retirer de la vie publique ! On Té-coute avec une certaine surprise.Puis un peu plus tard, M.Perron soulève indirectement le préjugé de race en interrogeant M, Beck sur les commentaires de M.Mousseau à propos des députés anglais et des autres, ce qui amène une protestation de M.Maréchal et une assez vive passe d’armes entre les deux, à laquelle le président met fin.M, Bcek continue son récit qui contient plusieurs détails amusants, entre autres l’invitation de M.Hyland à M.Mousseau d’admirer un appareil nouveau de téléphone automatique qui n’était rien autre chose que le déteetaphone.Tout à coup la rumeur se répand que les membres de l’agence Burns sont arrivés au Frontenac.Course au téléphone et même au Château pour vérifier, et.point de détectives, naturellement.On arrête à l’entrevue du 8 janvier au Frontenac.C’est l’heure d’ajourner.M.Taschereau annonce que.le comité siégera lundi matin.Quant à moi, déclare sèchement M.Tellier, je ne viendrai pas, parce qu’il n’y a pas de convoi pour me ramener à temps; De plus il a été entedu en dehors du comité qu’on ne siégerait pas lundi matin.Personne n’a envie de venir, remarque M.Perron.Alors qu’est-ce que signifie l’ajournement à lundi matin ?Est-ce une proposition comique ?Et sur cette observation le comité ajourne à lundi soir.* * * A l’Assemblée, séance plutôt calme, bien qu’importante par la décision du gouvernement d’accorder le sauf-conduit demandé pour les témoins dans la mesure où la Législature peut Taccorder, et par la décision de l’orateur déclarant irrégulière, hors d’ordre, la motion de M.Lavergne refusant d’accepter la démission de M.Mousseau jusqu’à ce que la commission d’enquête sur les accusations le concernant, ait fait rapport.On trouvera ces deux pièces plus loin.En proposant d’accorder le sauf-conduit demandé le premier ministre dit simplement qu’il n’a trouvé aucun précédent dans la loi des autres pays, mais qu’il ne veut pâs qu’il soit dit que le gouvernement a mis des entraves aux procédures.M.Tellier approuve la proposition du gouvernement où elle devra s’appliquer.Seulement la Chambre doit se rendre compte que cette itnmu-nuité ne couvre que les lois qui sont de la juridiction de cette Législature.Et il se demande si le gouvernement ne pourrait pas demander à l’autorité fédérale des sauf-conduits d’une portée plus générale.N’ayant pas eu le temps d’étudier la question, il n’a point d’idée déterminée sur la question, mais il est porté à croire que d’autres lois que celles de juridiction provincial» peuvent avoir été enfreintes et il aimerait bien à avoir l’opinion du procureur général sur ce point.Le premier ministre répond d’abord que le gouvernement a accordé tout ce q*Ton a demandé, puis si les directeurs du “Mail” ne sont pas satisfaits, c’cAit à eux de s’adresser ailleurs.Et il ajoute qu’il ne croit pas qu’Ottawa puisse accorder de sauf-conduif en matière criminelle.M.Lavergne félicite Je gouvernement de sa décision.Il croit le sauf-conduit assez large.Seulement Tob-jection soulevée hier par M.Perron, a propos de sa motion concernant la démission de M.Mousseau, à savoir, que la Législature ne peut prendre de décision contraire à la loi, veut peut-être également dans ce cas.Le premier ministre répond que la Législature ne va pas à l’encontre de la loi, qu'elle engage seulement sa parole.La résolution est adoptée.L’orateur, décide ensuite que la motion de M.Lavergne concernant la démission de M.Mousseau, estl hors d’ordre.M.Gault en appelle de cette décision,
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