Le devoir, 25 mars 1914, mercredi 25 mars 1914
VOLUME V—No.70 MONTREAL, MERCREDI 23 MARS.1914 L N SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.» «3.00 UNION POSTALE.«6.00 Édition Hebdomadaire : CANADA.«1.00 ETATS-UNIS .«1.50 UNION POSTALE.sü.uo LE DEVOIR Rédaction et Administration 7 U RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TÉLÉPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461 RÉDACTION : - Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! r E iETRATION NECESSAIRE EN MARGE DE “ FRENCH AND ENGLISH ” Les deux lettres de MM.Caban et \\ alsh qui précèdent, dans la brochure de M.Hourassa, les articles de notre directeur, offriront à beaucoup de Canadiens-français un intérêt analogue à celui que présentent, pour les Canadiens-anglais, ces articles mêmes.Elles ne sont point, sans doute, du même ton et n’ont pas les allures de réquisitoire que prend parfois la prose de M.Bourassa, mais elle nous apportent sur 1 état d esprit des An'lo-C.anadiens des indications extrêmement intéressantes.L en lésuite que la besogne la plus pressante peut-être qui nous incombe, c’est la pénétration dans les milieux anglais.Assez rarement nous nous heurtons à l’hostilité consciente et voulue; nous avons, la plupart du temps, affaire à une Ignorance entretenue par l’absence quasi-générale de culture française, et à une indolence née de l’égoïsme qui fait le fond de la plupart des tempéraments.Il faut donc dissiper cette ignorance et secouer cette indolence, en révélant aux intéressés le vrai fond des choses et l’intérêt qu’ils ont à assurer le respect du droit.* * * L'expérience montre que ce travail porte toujours des fruits et que les auditoires anglais écoutent volontiers tes plus dures vérités.C’e»t un fait certain qu’aucun orateur canadien-français n’a dit aux Anglais de plus rudes choses que le directeur du Devoir; et pourtant, comme le fait remarquer M.Walsh, il n’a qu'à parler en anglais pour que l'on se presse à ses conférences.Tous ses auditeurs ne sont pas convertis du coup, mais tous écoutent avec attention et rapportent des notions nouvelles.Certains confessent que jamais ils n’avaient soupçonné l’existence de certains faits, •d’autres s’écrient; Mais ce n’est que cela qu’il réclame! Qu’on me permette un souvenir personnel.J’étais à Ottawa le jour où M.Bourassa parla d’impérialisme au Canadian Club.C’était le soir* et, dans l’après-midi, M.Foster avait prononcé son grand discours sur j la* contribution Borden.Le directeur du Devoir mit une sorte de co-; quetterie à présenter sous la forme la plus coupante, pourrait-on dire, ; ses arguments et ses revendications.Il les étaya d’un examen de la po-I litique étrangère de l’Angleterre qu’à ma connaissance, il n’a jamais 1 fait, dans la province de Québec, aussi complet et aussi sévère.Il n’y eut pas un murmure.Comme nous sortions, un député de l’Ontario disait à l’un de ses amis français: After all, he urns quite moderate.— Après lout, il a été très modéré.i * * -* L’expérience prouve également qu’en y mettant un peu de bonne volonté, nous pourrions provoquer de nombreuses interventions anglaises ou irlandaises en notre faveur.Jusqu’ici nous avons surtout compté sur l’intervention spontanée des gens.Or, c’est toujours le petit nombre qui agit ainsi.Beaucoup de personnes, même fort bien disposées, sont retenues par leurs affaires, par la crainte de s’afficher, par une sorte de répugnance à se mêler d’affaires qui ne les regardent point directement.D’autres ne savent pas.II faut donc aller à elles, briser leur timidité, les mettre au courant, leur montrer de quelle façon elles peuvent logiquement intervenir.On éprouve parfois d’agréables surprises.On cherche à provoquer une simple expression d’opinion favorable et l’on tombe sur un homme comme M; Caban qui, depuis huit jours, compulse documents et statuts et vous fournit une consultation juridique de première valeur.La première chose en tout cas, c’est de s’aider, c’est de montrer qu’on tient à son droit.Comment voulez-vous que les gens du dehors vous défendent, si vous ne paraissez pas avoir l’énergie de vous défendre vous-même?* * *• La brochure que \e Devoir vient de publier est, comme les discours de M.Lavergne et de notre directeur, un instrument de pénétration fort utile; mais il en est beaucoup d’autres.Sachons les utiliser.Ne laissons passer aucune occasion de dissipe)' — par la parole ou par la plume - - les préjugés dangereux; n’en laissons passer aucune de conquérir à notre cause de nouvelles sympathies.Orner HEROUX.BILLET DU SOIR.DEFINITION LETTRE D’OTTAWA AUTOUR DU HOME RULE Au fond, la situation reste à peu près la même en Irlande.Si le conflit éclatait il ne pourrait durer longtemps.Et il y a probablement beaucoup de vrai dans cette opining de M.Redmond que l’Ulster a peu envie de se battre.Seulement, l’étendue des préparatifs, l’énergie de Carson et l’appui donné à l’attitude de IT'lster par l’opposition, ont fini par produire leur effet.Certains officiers de l’année exaspérés par leurs propres sentiments, ont tellement manifesté ecux-ri que la Couronne semble avoir pris peur.Quel sera le résultat pratique au point de vue du home rule ?Si les esprits ne se calment pas promp.lenient, il est fort possible que l'autonomie de l’Irlande soit ajournée momentanément.Tous les éléments du parti ministériel semblent en effet d’accord à considérer que la question d'autonomie se perd dans celle de la suprématie du pouvoir civil menacé par l’attitude de cer-lains officiers.Et il est vraisemblable aussi que tout en votant le projet du home rule une troisième fois de façon à passer outre l’opposition de la Chambre des lords, on lésite à demander la sanction de ta "Ouronrie avant l'appel au peuple qu’on ferait non pas tant sur le home rule que sur la souveraineté du parlement.La situation générale s’aggrave cependant, En pleine Chambre des Communes, nationalises, ouvriers et même de nombreux libéraux, ont acclamé et longuement une attaque directe contre le Roi.On n'a rien entendu ni vu de pareil depuis longtemps au parlement anglais.P.L.un ou- pri- des LA BROCHURE DE M.BOURASSA AVIS A NOS AMIS Un certain nombre de nos amis de la campagne n'ont pas fait accompagner leurs commandes du prix de port : 2 sous l’exemplaire.Nous les prions de réparer celle omission.D'autres ont simplement donné leurs commnndes.rn disant : Nous paierons sur réception, Nous les prions d’envoyer le prix avec la commande.LE FRANÇAIS PARTOUT Le Droit remarque que les enseignes françaises se multiplient à Ottawa.Jusqu’aux banques anglaises qui se mettent à donner du français et des employés canadiens-français, dit-il.C’est un peu la même chose par tout.Ht cela prouve, n’ast-ce pas, qu’il suffit d’insister pour faire res peeter scs droits.Et comme le respect du français se généraliserait davantage si nous n’avions pas tant des nôtres qui par irréflexion ou snobisme, mélange des deux peut-être, blient de parler leur langue et vent ainsi un certain nombre leurs de bonnes positions.Exemple.Au buffet de la gare Bonaventure, le fiançais était prohibé il y a un an.Le Devoir signala, puis dénonça cet état de choses.Quelques semaines après, on trouvait au comptoir une jeu.ne Cana-diennc-françaisc parlant les deux langues.Elle fut remplacée cruel-ques mois plus tard par une jeune Anglaise ou Irlandaise sourde au français, très probablement parce la plupart des Canadiens-français qui se présentaient là ne demandaient jamais de pain, de beurre, de café, de lait ou de cigares mais toujours du bread, butler, coffee, milk and cigars.Nous l’avons très souvent remarqué nous-même.____ J.D.LE REFERENDUM Plusieurs candidats ont déjà souscrit des engagements formels en faveur du referendum; mais ce n’est pas suffisant.Il faut que les électeurs exigent do tous les candidats «vel engagement clair et catégorique.Aujourd’hui, ils sont les maîtres; domain, il sera trop tard.Quand quelqu'un touche un mot de notre littérature, il se rencontre d'ordinaire un joyeux contradic leur pour lui répondre: “Chut! ne parlons pas des absents.” Car la littérature canadienne trouve des négateurs qui, dans le moment même qu'ils nient avec esprit son existence, la prouvent.Xous en sommes encore à la définition de ce qu’est, ou plutôt de ce que devrait être une littérature canadienne.Créma-zie a compliqué le problème en.le posant — déjà! -— ainsi: Xotre littérature, étant de langue française, ne peut être que française.Et ses partisans ajoutent aujourd’hui : Si notre littérature est canadienne par le fait qu’elle met en scène des gens du pays, il est aussi juste d’affirmer que la Madame Chrysanthème de Loti appartient à la littérature japonaise.Cela vous asseoit, comme on dit vulgairement, et vous concluez que l’absence d'une langue propre rend impossible l’existence d’une littérature canadienne-fran-çaise.Les Anglo-Canadiens, qui n’ont pas plus que nous une langue à eux, se trouvent en face de la même situation.Et, à propos de la décision que vient de prendre le Canadian Club d’encourager la littérature canadienne-anglaise, le Herald pose la question de la même façon qu’aiitrefois Crêmazie: Il faudrait d’abord savoir ce que c’est que la littérature canadienne.Si Ton prétend que c’est celle qui utilise le décor canadien, il faut donc compter au nombre de nos écrivains Mrs Humphrey Ward et le journaliste anglais qui publie un livre où il raconte son voyage à travers notre continent.Si Ton.tient au contraire que la littérature canadienne, c’est celle qui est écrite par des Canadiens, il faut donc considérer comme nôtres sir Gilbert Parker, parti d'ici quand il était encore enfant, et qui niait l’autre jour être Canadien, et exclure de.notre anthologie nationale les oeuvres de Miss Marjorie Pickthall qui, encore que née en Angleterre, professe le régionalisme au point de dédier une ode ù la Ville de Toronto, où elle s’est fixée.Ce n’est pas simple.Mais, au lien de perdre son temps à chercher une solution ù une question insoluble, ne vandrait-il pas mieux écrire un beau livre, sans se soucier comment, après l'avoir admiré, le lecteur le classera?C’est peut-être moins difficile, et ce serait à coup sûr plus utile.Léon LORRAIN.M.TESSIER A QUEBEC LE NOUVEAU MINISTRE DE LA VOIRIE EST L’OBJET DUNE MANIFESTATION A SON AR-RIVEE DANS LA VIEILLE CA- LE SUR LE RAPPORT RUTELIUS-STAUNTON M.Graham attaque à fond la commission d’enquête.— Les saires et leur rapport.— Le débat se poursuit commis- ottawa, 25 — A minuit, mardi soir, M.Graham demandait l'ajournement du débat commencé dans le cours de l’après-midi sur le rapport Gutelius-Sîaunton à propos de-l’administration de la commission du Trancontinental National, de 19Ü5 à 1911.Il a parlé cinq heures, répondu à plusieurs des allégations de ce rapport, attaqué les commissaires et les conclusions auxquelles ils en sont arrivés, à la suite de leur enquête.La Chambre l’a écouté avec attention.La gauche a multiplié ses applaudissements et ses manifestations approbatives, et la droite a pris une attitude incrédule et railleuse.Séance d’un grand intérêt, discours remarquable, nulle scène disgracieuse.ASPECT GENERAL DU PI TA LE.LES DISCOURS.• *-4mm LA LETTRE DE M.CABANA ; “'"r * Notre ami M.J.-N.Cabana publiait dans la Gazette d’hlor une lettre fortement argumentée sur ta question de race.Il est à souhaiter que son exemple soi! suivi par nombre de C.nna-(îieus-frnnçnis.Ota servira à dissiper tes préjugés nés de l’ignorance ou de l’inattention.Québec, 25 — Sous les auspices des clubs libéraux de Québec a été célébrée hier soir, par une manifestation à la salle Saint-Pierre, la victoire de M.J.A.Tessier à Trois-Rivières.Le nouveau ministre est arrivé à Québec à 5 heures, par convoi spécial compose de 14 wagons portant cinq cents partisans du nouvel élu.Une foule ifombreu-se attendait l’arrivée du convoi à la gare, où sir Lomer Gouin, MM.L.A.Taschereau, J.C.Raine et plusieurs députés provinciaux reçurent M.Tessier., Une procession s'organisa qui traversa les mes de lu ville aux accords de plusieurs fanfares, dont deux venues de Trois-Hivières, jusqu’à la salle Saint-Pierre où eut lieu une assemblée.Dette assemblée était présidée par M.Langlois, député «le Saint-Sauveur.On remarquait sur l’estrade sir Lomer Gouin.MM.L.A.Taschereau, L.A.Tessier, M.Bureau, Lé-tourneau, Trahan, Lucien Cannon, Francoeur et plusieurs autres députés provinciaux.L’assemblée a été ouverte par M.Langlois auquel succéda M.Laetare Boy.Sir Lomer Gouin parla ensuite, rappelant les attaques dont la législature de Québcr a été l’objet an cours de l’affaire Mousseau.11 dit que le gouvernement n’a pas eu peur d'une enquête et qu’il est même allé au devant, nu Heu de faire comme les ministres conservateurs d’Ottawa et M.Ferguson à Toronto.Le gouvernement n’a pas eu peur, dit le premier ministre, et d’accorder une empiète ol d’accéder à la demande des conservateurs de donner un sauf-conduit aux témoins, privilège qui n’a jamais été accordé ailleurs.Malgré toute la latitude donnée à l’enquête, ajoute-t-il, trois membres de la législature seulement ont été compromis.Sir Lomer dit «pie cette affaire a «•té montée par les conservateurs, par McGibbon, «pii voulait racneter la promesse faite aux conservateurs d Ottawa «le renverser le gouvernement de Québec.N’ayant pu le renverser.Il a cherché à le salir.M.Tessier, après avoir remercié les lutteurs «pii sont allés raider, dil que la victoire de Trois-Rivières est la victoire «le» principes libéraux.«Ri gouvernement d'économie, de progrès et d'avancement de sir Loiner Gouin, et la condamnation de la calomnie que l’on a voulu ex-ploilor contre îo tfntivrnK’mcnt.MM, Bureau, U.La joie, Lucien n.timon.Francoeur cl Taschereau adressant la parole pour chanter Victoire et s attaquer aux adversaires du parti libéral, répétant: les DEBAT Dès le début de la journée parlementaire, la Chambre s’amuse de voir, aux banquettes de gauche, en un conciliabule amical, MM.Pùgsley et Rogers, l’ancien et le nouveau ministre des Travaux publics.Ils causent, tête penchée, à mi-voix, et plus d’un assistant note l’expression de finesse rusée des deux politiciens de tempérament si semblable, sur maints points.M.Laurier est encore indisposé, et, partant, il n’assiste pas aux discours.On ne croit pas qu’il vienne à la Chambre avant jeudi après-midi.M.Borden est là, qui salue, par-dessus la tablewdes secrétaires.M.Pugsley, empressé à lui rendre son signe de tète amical.Sur le parquet, assistante moyenne, d’abord.puis qui se fait plus nombreuse, quand M.Graham commence son discours.De part et d’autre, manifestations, applaudissements, cris qui soulignent la portée «le quelque argument, rires moqueurs ou railleurs, exclamations de scepticisme amusé, exagération d’enthousiasme, interruptions plus ou moins au point, dont les unes veulent être spirituelles et tombent dans l’inattention générale, et dont les autres suscitent des ripostes assez mordantes, mais perdues dans le tumulte général.Aux tribunes publiques, assistance des grands jours, nombreuse, attentive, penchée vers le parquet, tour à tour amusée ou sceptique, jamais lassée, et dont les rangs ne s’éclaircissent que vers les onze heures du soir.Chez les journalistes, les notes s’entassent, c’est la fièvre des séances importantes, où les feuillets s’amoncellent et se distribuent entre des télégraphistes affairés dans l’escalier étroit jeté entre ie parquet et la tribune exigüe.M.Reid, le ministre intérimaire des chemins de fer, ouvre la séance.Son discours n’est, pour la plus grande partie, qu’une compilation de chiffres et «le statistiques, puis un résumé du rapport Gutelius-Staunton, sujet de la discussion.A son dire, ce rapport est un modèle de rédaction juste et impartiale, et J il démontre au net que le régime | Laurier a fait perdre une quatre-vingtaine de millions au Canada, dans l’affaire du Trancontinental National.M.Graham, de son côté, prononce un discours plein «le feu et d’ardeur, un plaidoyer pro domo en même temps qu’un vif réquisitoire contre la commission d’enquête Gu-telius-Staunton.Il est nerveux, éloquent.renseigné, il groupe ses faits et ses arguments avec méthode, il défend son administration, —car il est responsable de la commission du Trancontinental, de 1907 à 1911, — il attaque, l’ennemi avec énergie, cl s'emploie à démolir le rapport qui fait tant plaisir aux conservateurs.Son discours d’aujourd’hui est.de l’avis «le ceux qui l’ont entendu.l'un des meilleurs et des plus forts qu’il ait prononcés au parlement.si ce n’ost le meilleur et le plus fort qu'il ait jamais fait.A noter que, jusqu’à l'ajournement, il a surtout critiqué le rapport, sans expliquer longuement pourquoi le Transcontinental National, section Winnipeg-Moncton, coûte trois fois le montant que prévoyait M.P'iel-ding en 1905, quand il estimait à 61 millions le coût total de cette entreprise.Le bureau de M.Graham est encombré de notes, de do- j tant à ceci les intérêts a cuments, de volumes de statuts, des sur ce montant, pendant cartes géographiques s’appuient aux fauteuils voisins, des feuillets s’éparpillent sur le pupitre de M.Laurier, voisin de celui de M.Graham.Et, tandis que celui-ci parle, il fourrage dans cet amas de documents, en extrait un texte, le cite à la Chambre, ie commente, souligne de la voix tel mot, telle phrase qu’il veut mettre en évidence, s'interrompt pour répondre à une question, ou pour se rafraîchir le gosier d’un verre d’eau bu lentement.Prodigue de gestes, il brandit son lorgnon, frappe du poing son pupitre qui gémit, tend les bras vers le ministère, comme pour le repousser, lui et le rapport Gutelius-Staunton, qu’il qualifie d’“enfant illégitime et abandonné”.MM.Carvell, Guthrie, Emmerson, ses voisins immédiats, lui passent des volumes, et c’est, une partie de l’après-midi et toute la soirée, une mitraille de laits, de citations, de chiffres, de statistiques et de textes dirigés contre le ministère.L’ancien ministre dépense beaucoup d’énergie physique et mentale, il déroule savamment le fil conducteur d’une logique et d’une science des chemins de fer qui guident l’auditeur dans ce dédale de détails techniques et, tout le temps, il retient l’attention générale.Tl prouve qu’il est de belle force.j LE DICOURS DE M.REID viêres sont retournés dans leur ville à 11 heures 30.M.DEMERS MINISTRE (?) (De notre rotTCBpnndnnt) Québec, 25 — La rumeur que M.Joseph Demers, député fédéral «le Saint-Jean, pourrait bien succéder à M.Devlin, comme ministre de la colonisation, a causé une surprise «jans les cercles politiques iri, où l’opinion semble prévaloir que le choix «lu nouveau ministre ne sera tais fail en hors «le la législature.On croit toutefois que la chose n’est pas impossible et «pie pour éviter un conflit entre les députés à la législature qui se disputent ardemment le portefeuille de la colonisation.on Ira peut-être cherclier cn-cot'e dans la députation libérale à Ottawa le nouveau titulaire.Le premier ministre et lotis les ministres étant absents, il a été Itn-possible de faire nier ou confirmer la nouvelle.vieux cliché» de TroissRIvlérrs.Les libéraux venus de Trois-Bl- M.Reid, le ministre intérimaire des chemins de fer, en l’absence de M.Cochrane, commence le débal en disant quelles sommes les chemins de fer de l’Etat ont dépensées pendant l’exercice financier courant, et quels progrès ils ont faits.11 parle aussi des canaux canadiens.A propos du canal Welland et de sa réfection, -— entreprise commencée sans étude préalable des avantages du projet de la route Géorgienne, — M.Reid note que ces travaux de réfection font du progrès, que quatre contrats au montant total de $20,150,000 ont «'tédonnés différents .entrepreneurs, et que ta balance de l’entreprise sera adju gée sous lieu.Le coût approximatif de cette réfection sera d’une cin-Iquantaine de millions.Chemin fai-| saut, M.Reid ajoute que, pendant j la dernière saison, il a passé I millions de tonnes de marchandises dans les canaux canadiens, dont 42,-699,000 dans le canal du Sault Sainte-Marie, 3,570,000 dans le canal Welland, et 4,302,000 dans les canaux du Saint-Laurent.Au chapitre des chemins de fer, M.Reid «lit que l’administration Laurier avait décidé, en 1911.d’augmenter le taux «le transport «les marchandises sur ie chemin de fer Intercolonial et que les raisons qui ont induit le ministère Borden à sanctionner ce relèvement des barèmes, c’est que ITntercolonial paie $350,000 de plus pour son charbon, et $325,000 de plus, en salaires, chaque année, qu’il ne le faisait auparavant.Il évalue à $300,000 le surplus de ce chemin de fer, pendant 1913-1914; les recettes seront de $12,632,000 et les dépenses, de $12,-328,000.Le nombre «les voyageurs et la quantité de marchandises transportées ont augmenté considérablement, l’an dernier.Il a fallu dépenser 1 million pour nouveau matériel roulant, à même le capital.De son côté, le chemin de for de la Raie d'Hudson, au train où vont les travaux, devra être terminé en 1916.11 y a 90 milles de rails posés, et 130 milles additionnels de remblais prêts pour la pose' «les rails.On compte que, au printemps, le ministère des chemins «le fer pourra expédier au terminus «le Dori-Nelson 20,000 tonnes de différents matériaux requis pour la construction des quai», entrepôts, et le resle, et que les conditions de la navigation dans le détroit et la Baie d’Hudson vont s’améliorer, à cause «le l’établissement «le sla-lions «le télégraphie sans fil.A PROPOS DU TRANSCON-TINENTAL NATIONAL cembre 1913, computes à 3 p.c., étaient de plus de 15 millions, et les intérêts probables sur la balance à dépenser, jusqu’au 31 décembre 1914, seront de 5 millions et quart; au 1 janvier 1915, cela portera le coût total de la section Moncton-Winnipeg à $181,737,000.En ujou- 3 1-2 p.c.les 7 ans «jue le Grand-Tronc-Pacifique exploitera ce chemin sans payer aucun intérêt au Canada, — soit $41,-776,000, -—on verra que, au 1 janvier 1923, la section Winnipeg-Moncton aura coûté au Canada la somme énorme «le $223,514,000, et «lue, partant, le loyer de cette section à la compagnie du Grand-Tronc-Pacifique, aux termes de l’entente préalable, sera «le $6,705,-000 par an.En 1926, le coût total de cette section au pays sera approxi-mativemenl de $244,000,000, ce qui porterait le loyer annuel payable par le Grand-Tronc-Pacifique à $7,327,000.Mais comme le Canada paie 3 et demi pour cent d’intérêt sur les sommes dépensées pour la construction de cette section, et que le Grand-Tronc-Pacifique ne paiera qu’un loyer équivalent à 3 pour cent par an du coût de cette Section, le pays perdra de ce chef, en cinquante ans, la somme de $45,-000,000.11 y aussi le pont de Québec, qui coûtera, une fois terminé.17 millions au Canada, à part les 6 millions el demi engloutis «laps la catastrophe de 1907, lors de l’écroulement des premiers travaux, et dont le coût devrait entier en ligne de compte dans le montant total dépensé pour le Transcontinen-, tal.11 y a aussi la section de Win-nipeg-Prince-Rupert du Transcontinental National, dont 1,579 milles des 1,736 milles totaux sont construits et déjà exploités.Le coût de celte section était, en décembre 1913, de $71.449,000, et il faudra encore au moins $13,700,000 pour terminer cette partie du Grand-Tronc-'Pacifiaue.A ce point de son discours, M.Reid en vient à parler de l’administration de l’ancienne commission et «lu rapport Gutelius-Staunton.M.Laurier disait, en 1903, que le pays ne débourserait pas plus que 43 millions pour les intérêts sur le coût de ce chemin, et M.Fielding portait le coût total de cette voie ferrée à 61 millions.M.Borden prédit alors que le Transcontinental National coûterait au pays bien au delà de 100 millions, et les faits lui donnent raison.Si le pays, dit M.Reid, perd au delà de 40 millions, dans le coulage, au cours de cete entreprise, c'est qu'il eu a confié l’exécution à une commission composée d'abord de M.Wade, un avocat, de M.Reid, un fabricant de boîtes de carton, de M.Brunet, un financier, de M.Young, un commerçant en grains, et ensuite de M.Parent, «pii remplaça M.Wade, et était aussi un avocat, de M.Mc Isaac, qui remplaça M.Brunet, et «le M.Calvert, un marchand, qui remplaça iM.Reid.Aucun d’eux n’avait la moindre expérience, en fait de chemins de fer; ils procédèrent à l’aveuglette.et le pays y perd 40 millions, par la faute du régime Laurier-Parent.M.Reid, une fois lancé sur cc terrain, rappelle les grandes lignes du rapport Gutelius-Staunton, condamne la manière d’aceorder les soumissions, réparties entre 11 soumissionnaires, pour la construction de 1,800 milles de voie ferrée, blâme la mauvaise classification des matériaux excavés, l’excédent de déblai, la construction de pentes trop faciles, les courbes à rayon *rop grand, l’emploi de pont métalliques, la construction dispendieuse de gares inutiles et des usines de Transeona, et la construction des 460 milles, de Lévis à Moncton, qui, d'après st.La droite, applaudit le de Its et les fails qu’il rappelle b; e.à maintes reprises, ministre, et souligne ses manifestations approbatives arguments auxquels il a recours à la Gham- M.GRAHAM PROTESTE C’est M.Graham, ministre des chemins de 1er de 1907 à 1911 dans le cabinet Laurier, «pii se porte le premier à l’attaque du rapport Gu-telius-Stâunton.Dès qu’il se lève, la gauche l'applaudit à tout rompre, et l’attention redouble, aux tribunes publiques encombrées.Tout d'abord, i) note l’absence de M.Cochrane, ministre des chemins de fer, la regrette, et exprime l’avis que, si ce ministre eût été présent aujourd’hui, le discours du ministre des.chemins de fer eût été bien plus bref.Rires généraux, à cette allusion au mutisme de M.Cochrane.M.Graham dit, aux applaudissements redoublés de la gauche, «pie c’est mal de prétendre que seul un expert en chemins de fer aurait dû avoir sous sa charge la construction du Trancontinental National.“Est-ce un ingénieur «pii dirige aujourd’hui le Pacifique Canadien ?” demande-t-il.“Est-ce un ingénieur qui est à la tête du Grand Tronc ?Est-ce un ingénieur qui préside aux affaires du Nord Canadien ?Non pas.Ce sont des hommes intelligents, capables de diriger de vastes entreprises et de s’entourer d’hommes experts, dont ils prennent ravis.«pii président aux destinées de nos grandes compagnies de chemins de fer.Ce qu'il faut, à la tète (l’une grande voie ferrée, c’est un meneur d’hommes.Le président actuel d’un transcontinental canadien elait surintendant de la section dos achats pour ce chemin de fer, il n’avait jamais construit un mille de voie ferrée, et cependant les actionnaires «le cette voie l’ont élu président et son administration est excellente.Qu’est-ce à dire ?Cela signifie «pie M.Reid emploie un argument démagogique, une argutie, quand il crie «pie la commission du Trancontinental National, de 1905 à 1911, n’a pas été formée d’experts en voies ferrées, et que c’est là la cause du coulage qu’il imagine avoir existé, au cours de la construction de la section Moneton-Winnipeg.” Cris, vives manifestations, à gauche, rires moqueurs à droite, où des députés interpellent et interrompent vainement l’orateur.LA QUESTION DU COUT.M.Reid nhorilc ensuite la «pies-toin «lu Transcontincntal-NaUanal et «lu rapport Gutelius-Staunton.La section Moncton-Wlunipeg, à l'heure présente, a déjà coûté 140 millions et demi; il faudra encore 20 millions el Irnis-quarts pour compléter res travaux, ee qui, les intérêts de eel argent non computes, porte à $161,307,000 le coût total «le cette entreprise.Les Intérêts sur la somme dépensée, au 31 «lé- Lévis lui fait inutile.11 estime que le Transcontinental National n’eût dû être construit que «lu Pacifique à North-Bay, Ontario, point où il aurait alors dû se relier aux chemins de fer déjà existants, Dans ce cas, le pays aurait réalisé iiik* économie de 100 millions.Et le ministre conclut en «lisant; “Je suis heureux que l’administration nrtuelle ait nommé une remission «l’enquête «ur ces faits.Elle u démontré le bon sens de ceux qui, lors «le la proposition de cette grande entreprise au pays, préconisaient une grande prudence.Je suis heureux de voir «pie cette commission a démontré aussi l’énorme coulage qui a eu lieu.H faut regretter ce coulage et ce coût énorme, car ce transcontinental derail être construit pour amener la réduelion des frais «le transport, but que ce chemin de fer o’attelndra pas.vu le montant considérable des frais de construction et «les intérêts à payer sur cette somme fabuleu- TOTAL M.Graham entre alors sur le terrain des chiffres.C’est une erreur, affirme-t-il, de prétendre «pie le Transcontinental National coûtera 223 millions, comme le dit M.Reid, après MM.Gutelius et Staunton.Ois, à gauche, vives approbations.L’erreur est de 41 millions, continue-t-il, le vrai coût sera de 181 millions.Et M.Graham défie qui que ee soit de le contredire.AL Mid-dlebro veut lui répondre, à droite, ou «lu moins il se lève pour dire quelque chose, mais la gauche noie ses remarques dans un tumulte grandissant.M.Graham réaffirme que M.Reid commet une erreur de 41 millions, et que, non plus, il ne faut pas faire entrer en ligne de compte, dans le coût total de la section Winnipeg-Moncton, le pont «le Québec, construit pour l’usage de tous les chemins de fer qui auront accès à la ville de Québec.— “Alors, pourquoi M.Fielding en a-t-il parlé en 1904 ?" demande M.Borden, au milieu des rires et des cris approbatifs de la droite.M.Graham qualifie de bévue monumentale les calculs de M.Reid et s’en amuse avec brio.U y a bien les calculs manifestement erronés de MM.Laurier et ¦¦ l i« Id in g.en 1903 et en 190 I.à pro- el les commissaires, est ton! à p„s du coût total «le l’entreprise.M Graham admet leur fausseté, disant ; “Sans doute, l’entreprise coûte bien plus cher qu’on ne le prévoyait.Mais, dès 1908.je l’ai dit moi-même nu peuple canadien, nu cours des élections, je lui ai montré, chiffres à l’appui, que nos prévisions étaient incomplètes, et que le coût total de l'entreprise dépasserai! les cent millions.Le peuple nous a écoutés, il a voté pour nous, il nous a donné mandat pour terminer notre oeuvre.Et nous l'avons fait avec économie.” Signes approbatifs de la gauche, rires railleurs el interruptions malicieuses, à droite.M.Borden rM de tout coeur.L'ATTAQUE CONTRE LE RAPPORT GUTELIUS- STA UNTON Voici mninlennnt qiiç M.Graham aborde le fond de la queslion el s’emploie à démolir le rapport (îu-{Sullc d la deuxième page) LE DEVOIR, MONTREAL, MERCREDI.25 MARS 1914 VOL.V.— No.79 4 LETTRE D’OTTAWA {Suite de la 1ère page) tclius-Staunton.“Ce ii'esi |>;is un rapport, c’est une compilation d'opinions entachées de parti-pris, préparée par des politiciens aveuglés par leur parti-pris, dans un but manifeste de faire du capital politique au bénéfice du parti conservateur”, dit-il.“Ce rapport commence par une dénonciation du régime Laurier, il se termine par une attaque à fond de train contre le parlement, contre le ministère Laurier, contre le Grand-Tronc-Pacifi-que, contre tous ceux qui, de 11103 à 1911, participèrent à l’exécution de celle grande entreprise nationale.Il n'y a pas une ligne de ce rapport qui ait !c poids d'un rapport impartial, rédigé par un juge éclairé et sans parti-pris.Les commissaires qui l'ont écrit ont usé de toutes les manoeuvres petites et louches dont sc servent parfois tes avocats qui pratiquent en cour de police.Ils ne tiennent aucun compte de la loi, ni des fails, ni de la pratique des chemins de fer, ni de la coutume autorisée dans les cercles d’affaires.On voit aisément que les commissaires avaient, dès avant l’ouverture de leurs travaux, formulé une conclusion vers laquelle ils sc sonl dirigés tout le temps de leur lâche." Longues acclamations, à gauche, quelqu’un crie : “C’est à cause de cela qu’ils ont obtenu leur poste’’ M.Graham poursuit: “M.Lvnrh-Staunton avait déjà une opinion préconçue, en 1008, quand il fi! l i campagne pour le parti conservateur, dans l'Ontario, car c’est un conservateur à lotis crins, un tory fanatique, qui voit tout au point de vue étroit de son parti.Devenu commissaire, il s'es! appliqué, 110:1 à la recherche de la vérité, mais à la découverte de fails qui justifiassent l’opinion qu’iî enfrelenait d>-, 1908, (pit' lout ce que faisait le ministère Laurier était mal fait.De sou côté, M.Gutelius, est un expert en fait de chemins de fer, soit, mais un expert emprunté, pour un délai illimité, à la compagnie du Pacifique-Canadien; il appartient à une école qui voit d'un mauvais oeil la construction de tout autre transcontinental, cl qui juge mauvaise toute autre méthode de construction cpie celle nraliquée par le Pacifique-Canadien.Dès te début de ;son travail, il était pénétré de celle idée que le projet du Trcmsconli-ncnt(d National était mauvais.Il a sabolé le projet de ce transcontinental: ci ni lui ni M.Staunton n’eussent, dans un tribunal ordinaire, été acceptés comme jurés, à cause de leurs opinions nettement arrêtées sur le point à établir.L’un était contre la politique du ministère Laurier, l’autre, contre toutes les méthodes de construction qui ne sont pas celles du Pacifique-Canadien.Quoi d’étonnnnt que leur rapport le trahisse à chaque ligneV” Derechef, la gauche multiplie ses applaudissements et interrompt !’o-rateur de salves approbatrices.Kites se font plus nombreuses et plus tapageuses, quand M.Graham s’écrie: “Le gouvernement Borden les a choisis tous'deux, à cause de leurs dispositions hostiles à l’endroit du ministère Laurier et du Grand-Tronc-Pacifique, quand il eût dû choisir comme commissaires-enquêteurs des gens libres de tout parti-pris.Et, pour démontrer la passion politique de M.Staunton, je rappellerai que, en plein pendant la préparation de son rapport, de la plume (pie l’on sait, il interrompait ses travaux pour aller faire la campagne conservatrice dans Bruce-Sud.Et, l'amertume de ta défaite au coeur, il ressaisit sa plume pour 'continuer d’écrire ses conclusions.On s’imagine de quelle main indépendante il les a consignées dans le rapport que nous discutons aujourd'hui! Ce rapport, mais il est te! que le gouvernement n’y a aucune foi.et qu’il ne veut même pas y donner suite, au point que te ministre actuel des chemins de fer en viole l’esprit et la lettre, à l’heure meme, dans les travaux qu'il fait faire sur le parcours du Transconti-nanlal, et notamment aux usines de Québec !” La droite continue de rire et d’approuver railleusement, cependant (pie !n gauche, enthousiaste, manifeste avec chaleur son assentiment aux paroles de M.Graham.D’une attaque contre la commission, il passe à une attaque contre le ministère, et il n’y met pas moins de vivacité.LE MINISTERE EST et crie au gaspillage de 4 millions et demi des deniers publics.Qui croire, de lui ou de tous les autres?Tous les autres.Il n’a aucune excuse raisonnable de conclure au gaspillage de ces 4 millions et demi, .> -, , * , à l'illégalité de cette dépense, car, nique ed savamment cuisinée ! A (Ju nifrne u €onda|^ne c’e que peine la commission a-t-elle corn- |e ministère f^it auJourd>hui à Qué-inenee ses travaux que des rumeurs 1 b „ «ei-dien cette fois encore j circulent ^hadanslapresseminis- ^,ut f^e?ro J e’ ,.t ar^nenter! teiR-.leet les cercles financiers ru-lmais M Qrahum lui notifie qu’il, meurs a ! effet que les conimissai-| SQn , d , sa^.!u., I iss irsL,?„éK“„,r.K .« r.PPbu- j i rammission du Trancçntinrntai ‘ ., ! National, de 1904 à 1911.Des dépé-l 11 > :i ,a question de 1 entree du| ches tendancieuses font leur travail sournois, des indiscrétions grossissent la niasse des gens soupçonneux.Quelques mois se passent, et les Gc-pérhes se font plus tendancieuses.les cercles financiers s’émeuvent, I portun des négociations pour le crédit lu Grand Tronc Pacifique [tenir une entrée a Winnipeg,' Trancontincnlal a .Vio ni peg.“On aurait pu épargner des sommes con-, sidératiies si l’on avait suivi les 1 méthodes des hommes d’affaires ei si l’on avait entamé en temps op- ob-1 dit! en souffre, sur les marchés anglais j et étrangers, on y accueille avec suspicien les demandes d’emprunts de cette roninagnie.La rumeur fait son oeuvre.D’où viennent les dë-uêches déjà commentées par la presse ?Il n’y a que deux sources j possibles, quant à leur provenance, E ministère ou les.commissaires.Oui a trop parlé, parlé Iron vite ?” Gette question de M.Graham fait bondir M.Borden, tandis que la gauche ta souligne violemment de toutes sortes de commentaires à haute voix.“M.Graham prétendit oiie le ministère a fait des indiscrétions à ce sujet ?” interroge le premier ministre.- “Pas du tout.Te dis qu’il n’y a one 'feux sources possibles à ces indiscrétions, le ministère et la commission ; j’ignore quelle de ees sources la presse a exploitée,” répond M.Graham.LE RETARD DU RAPPOR T Le critique de MM.Gutelius et Staunton affirme ensuite que les commissaires eussent pu déposer leur rapport bien auparavant, et que, quand il fut enfin prêt, le ministère, au lieu de laisser une copie de ce do-|cunient à la disposition des journa-: listes, en fit préparer par la com-! mission elle-mènie un résumé des plus incomplets et des plus ten-; dancieux, délibérément mensonger, j en deux circonstances, et fait dans | le but de soulever les préjugés du ^ j public et d’intensifier, si possible, | j la campagne mensongère menée j contre l’oeuvre de la commission Parent.- “La preuve!” s’écrie M.; Meighen, qui doit répondre à M.i Graham.— “Je vais la produire, au cours de mes remarques”, dit M.’Graham.It affirme de phis que les ! commissaires, tant ils étaient déoi-j dés de faire le plus de tort possi-Ible à l’administration Laurier, ont écarté en maintes circonstances des dépositions et des témoignages de nature à les éclairer et à éclairer le public, et que, maintes fois, ils ont néglige d’interroger, pour sc renseigner, des gens prêts à parier, comme l’était M.Young, l'ancien commissaire.M.Parent avait obte-I nu d’eux la promesse que, s'il fai sait su déposition en anglais, au ’lieu de la faire en français, comme i! le voulait d'abord, il aurait pleine et entière liberté de revoir les notes sténographiées de son témoignage, et de les reviser.Il demanda, sa déposition faite, qu’on lui en adressât le rapport.Ht il.conclut à un gaspillage de 2 millions et demi, de ce chef.M.Graham dit que si les commissaires eussent entendu la déposition assermentée de M.Young, qui a négocié l’entrée du Tranconllnen-tal National à Winnipeg, ils auraient vu clair.M.Graham affirme que c’est lui-même qui, en sa qualité de ministre des chemins de fer, s’est opposé à ce que le Transcontinental National entrât dans la ville] de Winnipeg sur la voie du Nord\ Canadien, et qu’il choisit lui-même j le tracé de cette entrée dans Winnipeg.De fortes pressions s’exercèrent sur lui, à ce sujet, mais il ne céda point.Il déclara même à M.Laurier qu’il démissionnerait, si te ministère intervenait dans t'affaire et décidait à l’encontre de ce que lui-même avait déjà décidé.Bien ne fut changé.“L'entrée obtenue dans Winnipeg est parfaite, ai: point de vue des voies ferrées.” dit M.Graham, “des experts américains, consultés, l’ont tous appron-vée.Quand ta commission a condamné cette entrée, exprimait-elle le désappointement d’un personnage qui se faisait l’interprète d'une compagnie rivale déçue ?Peut-être.On m’a reproché d’avoir fait é'over la voie rhi Trancontinental.dans la ville de Winnipeg, et à Saint-Honiface.Mais pouvais-je faire autrement, quand la commission des chemins de fer fait disparaître dans les villes les traverses à niveau et que te ministère lui-même supprime ?" Il y a la question des voies doubles.Le rapport porte que la construction de voies douilles a entraîné une dépense illégale de $(579,000.M.Graham proteste.La loi du I Trancontincnlal ne décrète pas one' la voie sera simple.Le rapport Gu-telius-Sfaunton est donc mensonger.Le ministère devrait le désavouer.A supposer nue le statut dirait (pie la voie doit être simple il faudrait I toujours qu’elle fût double, quand il v en a besoin, ainsi aux approches d’usines de réparations, comme à Transconn, sans quoi, pour traîner des voitures aux usines, il faudrait interrompre la circulation sur la vol" uni une.au coût de plusieurs miniers de piastres chaque mois.I,’adjudication d’un contrat d'entreprise à M.P.et .1.T.Davis, qui l’ont revendu à O’Brien, O’Gorman et McDougall, cl ont fait un bénéfice uct (le $740,000 de ce chef, sans avoir accompli un pouce d’ouvra- ; une copie avant de la verser an dos- j gc, a été l'objet d’une attaque, de sier.Kl jamais il n’en a entendu parler, depuis, (iris de “Honte! hon-i te!” redoublés, à gauche.“Keci fut] fait de propos délibéré, dit M.(Ira-; ham.Ce fui un traitement injuste.) Et ce n’est là qu’un incident entre : cent, qui démontre de quelle manière partiale s’csl comportée la: commission, pendant la durée de ses travaux.Le rapport eommuni-' qué aux journaux était truqué, i! .n'avait pas.de véritable fondement,: : il 11 été fait (Lins le seul but de discréditer l'administration Parent.! Au surplus, les commissaires oui iind rempli leur mandat et mal dé-] chargé leurs fonctions.Ils auraient dû aussi faire porter leur enquête] sur l’administration de la commis-1 sion du Transcontinental.de 1911] à In date où Ps signaient leur ran-' port, comme le veut l’arrêté minis-Itériel qui formait celle-ci.tls ont itout ignoré, du régime Borden.Et ceci prouve bien leur parti-pris t1p-) litique.Ils ont terminé leurs re-; cherches au jour où M.Parent et ! ses collègues donnaient leur démis-i sion.Pourquoi cela?L'administra-; iton de la commission, depuis lors,! est-elle narfaite?A upposer qu’ePej le serai!, ils auraient au moins dû le dire!” La gauche souligne eha-l cime de ees nhrases de vifs applaudissements.M.Meighen prétend,] dans une brève interrupliou, one les! travaux de la commission, d’r.nrès) les termes mêmes de l'arvêté minis-j tériel.se limitaient à rechercher coj qui s’était fait sous le régime Lun-1 ricr.Mais M.Graham affirme le con- \ ('•aire.Et.deux ou trois minutes durant, i! y a duel verbal à ce propos.LFS CONCLUSION DU RAPPORT Point par point, M.Graham entreprend ensuite la critique détaillée de chaque allégation du rapport.Celui-ci affirme (pie "on a engagé le pays dans un.dépense de I millions et demi pour la construction et le matériel des usines à Trans-cona, à Winnipeg, A notre avis ces usines ne sont pas autorisées par la loi et, en tout cas.elles sont deux fois plus considérables qu’il n’est nécessaire oour les besoins de h; di- INJUSTE “Ee parti libéral," poursuit M.uraham, qui consulte de temps à autre ses notes, et parle ensuite d'n-bondnncr.avec une énergie et une éloquence familière remarquables, “le parti libéral n’a pas besoin d'être défendu contre les attaques de MM.Gutelius et Staunton.Mais le ministère conservateur, en vulgarisant.comme il l'a fait de tontes manières, et à des milliers cl des milliers d'exemplaires, ce rapport tendancieux et partial, fait un tort considérable au Canada et à l’entreprise nationale du Trnncnn/incn-tal, sur les marchés financiers de l'uni vers.Il fait plus que de commettre un déni de justice, il commet presque un crime !" Mouvement prolongé, aux banquettes de l’opposition, cris, tumulte.‘‘Et le ministère choisit précisément, pour l'aire ces révélations Iniitastiques et fantaisistes, ajoute M.Graham, l'heure où il y a crise financière dans le pays, où les banques ne veulent pas se départir de leur argent, où les industries sont dans le marasme, où l'argent est rare, le crédit, difficile à obtenir, le nin-nieut même nù un autre transcontinental sollicite du secours de l'Etat, où un incident de peu d'importance en soi peut provoquer une panique dangereuse pour ta sécurt-lé matérielle du nays A supposer (tue ce rapport soit vrai, je prétends rtue c'est dommageable au mivs que de le livrer au publie à rette heure-ci 1 Et voyez comme l’opinion pu- vision de l’Est.” M.Graham riposte à ceci que le ministère lui-même ne croit pas tes conclusions de ce rapport, sur ce point, puisqu'il est en train de faire construire, d'après Ile pré-édent posé lors de la mise à exécution du projet des usines de Transconn, une immense usine pour i ce même chemin de fer.ù Québec.I "Si le ministère croit le rapport' iGlilelius-Staunton, il devrait anêter! des travaux en cours, à Québec”, dilî !M.Graham.“Ils ne le font pas, mais! i’s les poussent avec activité, c’est 1 donc qu’ils se moquent de M Slaun- j Ion et de son collègue, ou une ceux- i A i ont tort de conclure à l’iùégii'ité ides travaux de Transconn.En fait,! MM.Aytesvortli.ancien ministre d d la Justice, Xeweonibc, sous-ministre I de la Justice, Atkinson, fonction-] nuire de ce ministère, Biggar nvn-cut, de Toronto, Brown, avocat, de j Montréal, et.au dire de M, Atkinson hiMuênie M.Dohertv, minis-! jtre de la Justire dans le cabinet] oetiie', ont tous convenu, au cours d’avis donnés en différenlrs eir-1 eonstanres, que la commission a] ;pnrfinternent le droit de construire1 )des usines de rénnrntiou pour les! ; besoins de la division de l’Est et joue les voies ferrées ont besoin d’n-! sines de réparations, au cours Heur exploitation.Sir William While, de Winnipeu, une autorité en fait de chemins de fer, pris nnr le gouvernem uit comme arhiti» en ire tu Gninmissinn et le Granit Tronc Pacifique, à ce propos, a nettement conclu qnp la commission devint faire construire any port des enquêteurs.M.Graham, .¦.tir ce point, ne donne pas d’explication particulière, mais il dit que, en définitive, le pays n’a rien perdu, que les travaux ont été bien faits, et (pie, de l’aveu même de plusieurs avocats importants, il est douteux que Je ministère eut pu enlever ce contrat aux Davis pour te remettre en adjudication.Quant à la mauvaise classification, (pii aurait fait perdre 3 millions au pays, MM.Kellü.or, Grant, Schroibcr et plusieurs autres experts, n’ont pu o1 terminer ta nature exacte des maté maux excavés, après qu’ils eussent été exposés aux intempéries des saisons pendant quelques animes, et, donc, MM.Gutelius et Staunton n’ont certes pu faire mieux que ces experts.Un autre ex-j pert, M.J.T.Berry, du Union Pu-\ cific, chemin de fer américain, n’approuve fias l’avis de MM.Gute-!': s et Staunton sur ce sujet, et cependant ;1 a examiné plus de nm-îcriaux de déblai que n’importe quel autre expert de l’AuiTique.A propos des montées à élan et des pentes à inclination alternative, dont l’usage aurait économisé (i millions au pays, disent les comniis-• a ires, M.Graham cite l'avis de M.Mliol Cooper, président du Inst’tu- \ te of Civil Engineers d’Angleterre, qui coneint à l’inutilité de teis] Lus aux, et dit qu’on ne saurait y avoir recours, sur les chemins de fer bien construits.De même aussi, l’avis des experts de tous les pays diDère, quant à l’emploi de telles méthodes de construction ; et l’inclinaison trop grande des pentes est la cause de ta faillite de 75 pour] cent des chemins de fer américains en dcconifiture.L'un des seuls chemins de fer américains qui paie aujourd’hui des dividendes, le fait grâce à ce que scs pentes sont de 3 j dixièmes de un pour cent.Au sur-] plus, ce qui peut sc pratiquer dans > des pays à climat tempéré, sur cer-! laines voies ferrées, no peut pas | l’être profitablement, ici, car cela j accroît le coût de la traction.Et la Maintenance of VV'oy Association des Ftats-Cnis a déjà conclu que les montées à élan et les pentes à in-j clinaison alternative ne doivent nas ] être employées sur les nouvelles voies ferrées, et que les conditions | i (dimatériques de l’Amérique du Vord les rendent davantage douteux.Si la commission Parent, par j ailleurs, a construit des ponts mé-: talliquos au lieu de piliers provi-i so ires en bois, dit M.Graham, c'est i que de telles charpentes Infhtmma-i blés causent bien ries mécomptes ans chemins de fer, nécessitent la ¦ présence continuelle de gardiens, ) oue ta commission des chemins de ] fer oblige aujourd'hui les comoa-| gnies oui en ont sur leurs voies fer-] rées à les remblayer, et que, finalc-; ment, le Grand Tronc Pacifique i n’aurait pas accepté In division Winnipeg-Moncton, sans ponts mê-tn’liques.Au chnnitre des courbes t de l’alignement.M.Graham estime que la commission Parent a fait tout son devoir en faisant construire (les courbes telles qu'elles ne di-mimmssent pas le pouvoir de traction des locomotives, en suivant en cela l’f\"oiulc donné par le chemin AU MAGASIN GOODWINS Robes en soie taffetas Les robes de luffetus font fureur en ce moment, et nous en avons un très beau choix : llobes en taffélus unis, aux teintes riches et délicates.Robes en taffetas libellule, aux reflets chatoyants et variés, changeant de couleur ou d’effet suivant les rayons' da la lumière ou lu direction du regard, mais toujours brillant avec éclat et beauté.Toutes ees robes sont la reproduction de modèles parisiens, ce que les Parisiens eux-mêmes appellent ‘ dernier cri”, et Imites réunissent ce qu’il y a de neuf, de chic et de fashionable dans la mode du printemps 1914.Celle-ci par exemple, en soie bleu saphir, nouveau genre tiare, avec manches et corsage en un seul morceau.(lu cette autre à effets bouffants, auxquels la consistance du taffetas sc prête admirablement.Ou cette autre encore, gris perle, si simple et si élégante ; la jupe est, dans le haut, étagée de trois volants froncés ; le corsage ample et tout d’une pièce est retenu à la taille par une ceinture ii plis ; il s’ouvre devant sur un intérieur de dentelle blanche que coupent trois coquets petits noeuds de soie.En un mol.c'est toute une succession de splendides costumes ; une étonnante promenade aux toilettes, dont la beauté augmente à chaque détour de la route.L’atmosphère est remplie de celte beauté.L’oeil en est charmé.Et, à vrai dire, c’est attrayant.En doutez-vous ?.Venez voir, et vous direz que nous sommes encore au-dessous de la vérité.4 La Vogue des Pâtes Alimentaires MARQUE HIRONDELLE La viande est hors de prix et contient moins de nourriture qu’un plat de, macaroni ou I autres pâtes alimentaires.Et les pâtes coûtent le tiers du prix! La vogue est aux Pâtes 1 on en fait des mets exquis.Essayez cette recette recommandée : iGOÜDRONj B (g •* 5 3 D’HUtI* CX IfOtE DE MORUE | fa.; MATHIEU 8 'mathieits f [ Symp of Tar| ÉcoDUviRoal;! ïrtœas."1 la J.L.MATHtrtr, (w I ttAtltOaa.MBU.U.l.SXjrWoVo.• Ou*b«c.HWiri COQUILLES AU JUS Jetez 1/2 livre de coquilles, marque Hirondelle, dans 2 pintes d’eau bouillante, laites cuire de 20 à 25 minutes, égouttez, et mettez dans une casserole avec une tasse de jus dé viande, en ayant soin de dégraisser votre jus; ajoutez du fromage râpé et un peu de tomates, si désiré, et servez bien chaud.GRATIS sur demande, nous cous enverrons notre petit Livre de Recettes : Pour Votre Cuisine.LA CIE C.H.CATELLI, LIMITÉE, MONTRÉAL.contrats à de petites sociétés d’entreprise.Elles laissent cependant les entrepreneurs céder leurs contrats à d'autres sociétés, dont ils restent responsables.C’est de même que se font les travaux du canal de Trent, à l’heure actuelle, c’est de même aussi que se font aujourd’hui les travaux de construction du chemin de fer de la Baie d'Hudson, que la maison McArthur, soumissionnaire favorisée, a partagés entre differentes sociétés de petits entrepreneurs.Cela sc pratique sur tous les chemins de fer, dit M.Graham.LE DEBAT AJOURNE frai»- d" l'Etat d" t d es usines.C’est les cl (’Pc In coutume Motorisée mtr mills de fer d’aivinuH’hob Seul.M Staouton.un avorai si l’on vent, mais dont l';'ntoHté isolée 110 vaut '¦ertes uns celle de MM s vies worth, Doherty, Newr' » ?» » ?» ?» * *• » S ?S | ! » » > i * i I * » ?» « # * « >» » » i COMMISSION SCOLAIRE LE RAPPORT BU JUGE MERCIER Après avoir entendu l'opinion de Vaviseur légal de la Commission, M.Lamothe, les commissaires décident de se réunir en séance spéciale pour prendre connaissance de ce document.Monde Ouvrier .-""I 12 - LE CHOMAGE.>3 nombreux ouvriers métallurgistes, paraissent inquiets de la situation ouvrière, dans leur industrie, à Montréal.Ils avaient espéré, qu’avec le printemps surgirait une activité nouvelle, mais tel n’est pas le cas et le chômage de ces ouvriers semble vouloir se prolonger encore longtemps.UNE AFFILIATION PUISSANTE.A partir du 1er de mai tous les métiers en construction de Montréal seront réunis en une puissante confédération ouvrière.Il en résultera des grèves plus sérieuses en cas de malentendu entre patrons et employés et seuls, les ouvriers unionistes auront de l’emploi dans les chantiers de construction.DIFFEREND REGLE.Les 400 manoeuvres employés aux travaux du canal de Lachine «ont maintenant payés d’après une échelle de salaires raisonnable, telle qu’exigée par les unions ouvrières.Les chefs du Conseil des Métiers en construction ont eux-mêmes réglé ce différend en allant rencontrer les entrepreneurs.NOMINATION D’OFFICIERS.L’union des tailleurs de pierre procédera à la nomination des officiers, cî soir, à la salle Saint-Ongo.-»- LE CONCERT YSAYE- GERARDY-ALDA M.Gauvin, ITmpressario du concert Ysaye-Géraidy-Aida, nous annonçait ce matin, que ce grand événement artistique aurait lieu à l’Arena le mardi scir, 21 avril, au lieu du lundi, 20.Son Altesse Royale le duc de Connaught a manifesté le désir d’assister à ce concert, et c’est ce qui a motivé le changement de date, le gouverneur-général n’étant pas libre le lundi, 20 uviT.-*- TRAIN SPECIAL Un train spécial, composé de wagons modèles et de wagons lits Touristes, de wagons buffets et de pre inière classe, quittera la gare Windsor, à midi, vendredi le 27 mars, pour correspondre avec “l’Alsatian” qui quittera Halifax, samedi le 28 mars.Le train.se rendra jusqu’aux côtés du paquebot.t.La Commission des Ecoles Catholiques au cours de sa séance d’hier soir, s’est de nouveau occupée de la question de l’achat d’un terrain qu'elle a fait en 1912 à la Longue-Pointe, dans le but d’y construire une école.A la suite de cét achat, des accusations de péculat furent portées contre certains commissaires par un journal de cette ville.La presse s’en empara aussitôt et fit une assez violente campagne, qui se termina par la nomination du juge Mercier comme commissaire enquêteur par le Surintendant de l’Instruction Publique.Le juge Mercier conduisit son enquête et fit son rapport au Surintendant, qui, le 11 mars dernier, le faisait parvenir au secrétaire de la Commission Scolaire, M.Ulric Lafontaine, chargé d’en donner communication à cette dernière.On était décidé à en prendre officiellement connaissance hier soir, lorsqu’on en a été empêché par une requête faite tout récemment en cour de Pratique, par M.Julien Therrien, propriétaire des terrains vendus à la Commission des Ecoles, à l’effet d’obtenir un bref /de prohibition récusant les pouvoirs du commissaire enquêteur, partant attaquant ceux du Surintendant de l’Instruction Publique; alléguant que ce dernier n’avait pas le droit de tirer des conclusions de la preuve entendue et défendant par conséquent la lecture de cet important document, dont les conclusions auront, paraît-il, de graves conséquences pour quelques-unes des personnes qui ont pris part à l’achat du terrain de la Longue-Pointe.La requête upe fois lue, Me Gustave Lamothe donne connaissance de la lettre qu’il a adressée à ce sujet aux commissaires et où il dit qu’il a lu la requête de M.Therrien; que c’est une requête préliminaire et que ces sortes de requêtes sont généralement accordées, lorsque les allégations mêmes de la requête ne démontrent pas que la procédure demandée est abso lument oiseuse et illégale; que la requête est tardive cependant .t qu’elle peut faillir pour cette raison, mais qufil1 ne croit pas qu’il y ail lieu, pour sa commission de s’opposer à l’émission de ce bref parce qu’elle n’a aucun Intérêt de ce faire.—“F* le bref de prohibition est émis, continue Me Lamothe, il sera signifié à votre commission.11 faudra alors prendre position devant la Cour.” Puis il avise cette dernière qu’il s’était engagé à ce que rien ne serait fait pour rendre public le rapport du juge avant que la Cour no se soit prononcée sur la requête qu’elie a devant elle.Comme les commissaires ne sc sont pas opposés à l'enquête du juge Mercier, M.le juge Lafontaine est d'avis que l’on ne devrait pas retarder la lecture du rapport en question; car il y va de l’honneur de tous les commissaires.“Il me semble, ajoute-t-il, que ces procédures pour empêcher la lecture de ce rapport ressemblent fort à un truc électoral.” Il manifeste son désir que Ton demanda au procureur de la commission son opinion au sujet de la division du rapport.—“C’est M.Therrien, fait, il remarquer, qui demande l’émission d'un bref.Or, M.Therrien n’a rien à faire avec la commission.Alors on pourrait faire lire le .rapport en omettant tout ce qui intéresse les commissaires’.’ , —“Je serai mis demain, déclare M.L.A.Lapointe, en nomination pour l’élection à une charge publique.Eh bien! Je ne crains rien de la lecture du rapport en question.” Il briguera donc les suffrages fort de son intégrité.—“Les conclusions de ce rapport, ajoute-t-il, sont connues, du reste; un journal, que je ne suis pas autoiisé à lire les a déjà publiées.” UNE SEANCE SPECIALE Il est alors décidé que la commission se réunisse lundi prochain pour prendre connaissance du rapport du juge Mercier.Puis on se propose de s’adresser à la législature, à la prochaine session, pour obtenir l'autorisation d’imposer une taxe aux propriétaires de Ville Emard pour combler le déficit de ce quartier lors de l’annexion de sa commission scolaire.L’ECOLE MATERNELLE.Le contrat pour la construction de l’Ecole Maternelle Sainte-Anne est ensuite accordé à D.G.Loomis and Sons, au prix de $65,000.M.J.McLaughlin donne à la fin de la séance un avis de motion à l’effet de demander au Surintendant de l'Instruction Publique la nomination d’une commission royale pour enquêter sur les affaires scolaires de Ville Emard.Ajournement.UNE AUGMENTATION GENE- RALE DES SALAIRES.< Plusieurs membres du personnel enseignant de la Commission Scolaire se sont présentés hier devant les commissaires au nom de leur collègues du professorat et ont demandé une augmentation générale des salaires pour cette année.Ils allèguent la cherté de la vie, l’augmentation des loyers et dêcla-(rent que l’augmentation de $50.00 n’est plus suffisante.l-a pétition a été présenté par le Professeur Gobcil, de l’Ecole Sars-field.Ont aussi adressé la parole les Professeurs Charbonneau, rie l’Ecole Montcalm et W.J.Brennan, de l’Ecole (Hier.Après une courte discussion, la requête a été renvoyée pour étude au comité des écoles.L’ECH.P.MONAHAN COMME CONTROLEUR A une assemblée des délégués de toutes les paroisses catholiques de langue anglaise, tenue, hier soir, au comité de Péchevin Monahan, on a adopté à l’unanimité une résolution comportant l’appui formel de la candidature de Péchevin Monahan au bureau de Contrôle.A'u cours de la discussion, M.J.C.Walsh, parlant de la question des Tramways, s’est exprimé comme suit : “Quand nous nous sommes rencontrés ici, il y a deux semaines, M.Monahan, dans son discours, a signalé l’importance de la J* franchise des Tramways comme facteur dans cette élection.A cette époque l’Association des Citoyens avait refusé d’engager M.Stephens à soumettre au peuple tout projet d’entente avec la Compagnie des Tramways.Aucun candidat au Bureau de Contrôle ne s’était alors prononcé dans ce sens.M.Monahan a fait de cette question le premier article de son programme, et il a été le premier à agir ainsi.II s’engagea à consulter le peuple, et il avait annoncé la chose dans tous les journaux quatre jours avant que M.Stephens se fût prononcé dans le même sens.Quelques jours plus tard l’Association des Citoyens choisissait ses candidats, tous prenant le même engagement de consulter le peuple.A M.Monahan revient le mérite de ce beau résultat.Comme question de tactique, cependant, on se demande encore si le comité a fait un choix judicieux.Je crois que tous ici nous sommes personnellement bien disposés envers M.McDonald.Pour ma part je le suis.Mais une attaque spéciale faite contre M.McDonald porte à supposer que la compagnie des Tramways, à tort ou à raison, voit dans M.McDonald un rival, un adversaire, plutôt que le serviteur impartial du public.Il ne nous appartient pas de nous prononcer sur la valeur de cette opinion; nous n’en sommes pas les au-leurs.Ce que nous avons raison de croire, c’est que la nomina- ^ tion de M.McDonald a eu pour conséquence directe la mise en nomination de M.St-Georges, et ce que tous ceux qui connaissent la ville peuvent prévoir c’est que, M.St-George étant candidat, beaucoup de ceux qui appuient le reste du “ticket” vont voter pour M.St-George et non pour M.McDonald, bien que l’on compte sur la popularité de M.McDonald auprès d’autres sections de l’électorat pour assurer le succès du reste du “ticket”.Cet état de choses n’a probablement pas été prévu, si on ne le voit pas maintenant, c’est parce qu’on ne veut pas le voir.En face de tout cela, M.Monahan a conservé l’attitude qu’il a prise dès le début; ni pour, ni contre la compagnie des Tramways; sollicité par personne d’agir dans un sens ou dans l’autre; il reste l’homme du peuple, désireux seulement de servir les intérêts du peuple, comptant sur l’appui populaire et rien de plus.11 me semble qu’avec son excellent dossier de quatre années au Conseil, M.Monahan se trouve dans une meilleure position que tout autre des candidats de langue anglaise, et cela nous permet de formuler le désir qu’il ait été laissé seul dans la lutte, ou que la situation puisse encore se dessiner dans ce sens.Tout homme qui envisage la position telle qu’elle est ne peut faire qu’en venir à la conclusion que telle solution serait dans le meilleur intérêt général.***# èéêééê&é*.ê.&ë *««******)! Quartier Saint-Jacques GRANDE ASSEMBLEE JEUDI SOIR 1 1 -burn ont rrèu, hier, des demandes réitérées de plus amples informations.On leur a demandé quelles promesses le gouvernement a faibs aux officiers, sf si res promesses sont verbales ou par écrit.Tous deux ont refusé de ré-prndre avant la production des lettres des officiers.Si ces lettres démontrent que le cou-vemrmrnt n reculé devant les officier» oui refusaient de faire leur devoir en Ulster, M.Asquith aura ô faire fnee fl une rebellion dans les rrn-^s de son parti.Les journaux du matin seront remplis de déclarations des hommes politiques les plus importants.ARISTOCRATIE VS DEMOCRATIE Les membres du parti ouvrier qu’on accusa plusieurs fois de suivre aveuglément la politique dç M.Asquith, sont, en révolte ouverte.Us se plai- domié le commaifdement.Us demandent s’il y a une loi pour la plèbe et une autre pour Es aristocrates.M.John Redmond, chef des nationalistes irlandais, déclare qu’il s'agit d' savoir qui l’emportera : les aristocrates de Londres ou la majorité du peuple.A la Chambre des Communes, les partis alliés s - séparntt peu à peu.Pour conserver sa majorité, M.As-[ quith devra ménager le parti ouvrier et les Irlandais partisans du Home Rule, ear plusieurs libéraux ne veulent Pas se rendre aux officiers de l’armée.On a discuté, aujourd’hui, le bill des appropriations à l’armée.Léopold C.Amery, unioniste, proposa une diminution; il prétend que le gouvernement n’a pas le droit de se servir de l’armée au bé-néfic ¦ d’un parti.Le deput" ouvrier John Ward, qui fut ouvrier et soldat dans l'armée anglaise.seconda la motion, mais, en se nlaçrn’ à un point de vue différent.Il déclare que les conservateurs, en approuvant la rebellion des officiers, ont * commetteé A briser l'armée”.“La Chambre, dit-ii.doit décider s il maintiendra la discipline- de l’ar-mée comme une force neutre, si le Parlement élu par le peuple 'Deut faire les | lo:s sans l’intervention du roi ou de l'armée.” Lorsqu - l’orateur prononça, avec une intonation lo mot “Roi”, la moitié des députés s
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