Le devoir, 8 avril 1914, mercredi 8 avril 1914
VOLUME V—N°.82 MONTRBAL, MERCREDI 8 AVRIL, 1914 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS Édition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.UNION POSTALE.Édition Hebdomadaire : CANADA.ETATS-UNIS.UNION POSTALE.* .$3.00 $6.00 A 1.00 $1.60 $2.00 LE DEVOIR Rédadion et Administration ; 71» RUE SAINT-JACQUES MON T RU A L, TÉLÉPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461 RÉDACTION » - Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! jLE CANADIAN NORTHERN — UNE ENQUETE S’IMPOSE F.t la décision du caibinct fédéral à propos de la requête du Canadian Northern ?Mystère.Le parlement ajourne ce soir pour une huitaine et le public continue de se poser ia question : quel oeuf de Pâques offrira-t-on à Mackenzie et Mann et sous quelle forme le leur présentera-t-on ?lout ce que nous savons c’est que le premier ministre se propose de faire ce que ses collègues et lui jugeront nécessaire pour résoudre le problème sans nuire aux intérêts du pays et du transport.Cela peut vouloir dire toutes sortes de choses.On ne peut cependant lui reprocher d’étudier le problème trop minutieusement et de bien mûrir sa décision, car la question est sérieuse ; et l’arrêt que vient de prononcer la commission des chemins de fer la complique peut-être davantage.En décrétant la réduction des taux de fret dans l’ouest, l’on touche en effet aux sources de revenu des compagnies de transport et l’on affecte par conséquent celles qui se prétendent déjà fort embarrassées.MU.ET DU SOI H.LE PRIX DE LA MATERNITE.Etes-vous dans une bienheureuse iftnorance de l’oeuvre de Bernard Show?Je dis bienheureuse, car après avoir entendu faire beaucoup d'éloges de cet écrivain, une dépêche des agences vient de nie passer brusquement l’envie de le connaître.Bernard Sham me semble avoir le souci de l'originalité poussé à des distances jusqu’ici inexplorées.Autrefois, des gens désireux de se signaler par leur démarche prenaient des leçons d’un maître à danser qui leur enseignait la grâce; au moral, M.Sham semblerait plus disposé à prendre des leçons d’un clown qui lui enseignerait g marcher sur les mains.* * * Donc, Je pays a pratiquement sur les bras un troisième transcontinental de construction fort avancée, mais que ses deux promoteurs ne peuvent terminer, déclarent-ils, à moins que le trésor public duquel ils ont déjà obtenu des sommes considérables et des endossements éner-mes, ne vienne de nouveau à leur secours.Faut-il endosser de nouveau Cependant, la théorie qu’il vient de découvrir, qui pourrait sembler originale à première vue, découle naturellement de • la maxime de rien pour rien qui règle la conduite du plus grand nombre des hom- ou bien courir le risque à peu pré scertain de payer les endossements déjà donnés, avec toutes les conséquences qui peuvent s’en suivre pour les nombreux endosseurs, — en l’espèce, les provinces et le gouvernement fédéral ?Où le Manitoba, la Colombie Anglaise et la Nouvelle Ecosse, par exemple, prendraient-elles le million, le million et quart et le fluart de million que représenterait respectivement pour elles l’intérêt seul de leurs endossements.Et quel serait l’effet de cette faillite sur le crédit général ?C’est ici que l’on voit, comme le fait remarquer ia Tribune, de 'Winnipeg, ce qui signifie ce cliché des politiciens que?1 l’endossement de l’Etat ne coûte rien au contribuable.Avec cette manie de procéder sans souci de l’avenir, par esprit de parti ou par intérêt local, nous en sommes rendus à l’obligation d’endosser de nouveau pour éviter de payer nos endossements passés.Si la crise actuelle avait au moins pour effet de réveiller sérieusement l’opinion publique et d’assagir les partis! * * * Naturellement, c’çst à qui des deux partis rejettera sur l’autre la responsabilité de ia crise actuelle.On se renvoyait la balle de Toronto à Québec à ce sujet la semaine dernière, et l’on peut être sûr que le même jeu recommencera en chambre lorsque le igouvernment soumettra ses projets.La Tribune de Winnipeg, organe libéral indépendant, tient le cabinet Laurier principalement responsable de ce quj arrive tout en admettant qu’il a été bien secondé par les premiers ministres provinciaux comme MM.Robilin, McBride et Sifton.“Et maintenant, dit-elle mes.M.Sham croit, tout uniment, que les femmes ne.devraient pas consentir à devenir mères, à moins qu'on les paged dix mille dollars.Les statistiques de natalité en souffriraient singulièrement, car il est ù noter que les enfants ne sont guère un luxe que les millionnaires aiment se pager.Les enfants sont plutôt une raison que les parents pauvres, dégoûtés de la vie, se donnent d’g tenir encore un peu, et sans eux il est probable qu’ils briseraient quelquefois leurs liens non sans avoir intimé poliment aux aristocrates de l’espèce de M.Shaw, de passer devant.Dix mille dollars! Mais il pourrait se faire, malgré le haut prix, que la demande dépassât encore l'offre.Car dès tors que Ton commercialise les sublimes fonctions ] dans son édition du 21 mars, M.Borden qui non seulement n’est pas : responsable de cette situation mais qui au contraire a tâché de la pré-.venir autant qu’il était en son pouvoir, est obligé de faire face aux difficultés qui en découlent.Le voici obligé de tirer un peu d’ordre de re cahos.A cause de la folie colossale et des pertes que comporte tout ce galimatias, le crédit du Dominion est sérieusement menacé; en fait il est douteux que le pays s’en remette avant quelques décades ; et tout cela à cause de l’incompétence, ou de quelque chose de pire, de sir Wil-îrid Laurier, et de quelques-uns de ses “remarquable” collègues.” On verra peut-être dans cette sévère condamnation de l’ancien gouvernement la rancoeur personnelle du directeur de ia Tribune à l’endroit de M.Sifton qu’il faut reconnaître sous le qualificatif “remarquables” employé par M.Richardson.La Free Press, organe reconnu du parti libéral dans l’ouest, moins violente pour le cabinet Laurier, n’est pourtant pas moins explicite dans son partage des responsabilités.Commentant une lettre de M.Bennett, député de Calgary, elle dit dans ion édition du 13 mars; Le gouvernement libéral était justifiable d’en-Jreprendre le Transcontinental; mais il a pris une grande responsabilité quand il a cédé aux.sollicitations du Canadian Northern et qu’il a obtenu du Parlement l’endossement de 35 millions d’obligations, pour aider le Canadian Northern à construire une ligne de Port Arthur à Sudbury, C’était une entreprise qui aurait bien pu attendre quelques années.” La vérité, c’est que toutes, les manoeuvres du Canadian Northern n’ont jamais rencontré beaucoup de difficultés d’aucun parti ni de l’électorat.Et la Tribune dit très sensément que “rien de semblable n'aurait pu arriver si le pays n’était point rongé par la partisannerie depuis si longtemps.Le peuple a toujours été prêt à voter pour un parti ou l’autre sans s’occuper des principes et des politiques.” * * * Pour l’instant, toutefois, la question qui devrait dominer l’esprit des politiciens n’est pas tant celle des responsabilités que celle de l’emploi de l’argent.Qu’a-t-on fait de tout l’argent voté par le pays ou obtenu par l’entremise du pays, pour le Canadian Northern?De toute évidence Mackenzie et Mann ont multiplié les alias de façon à fractioner l’opinion publique.Là-bas c’est le Canadian Northern Pacific, en deçà, le Canadian Northern Alberta, plus près, le Canadian Northern Ontario, ici le Canadian Northern Quebec, dans les provinces maritimes, le Halifax .and Southwestern Bailway, et plusieurs antres encore, sans compter une vingtaine de compagnies accessoires pour la construction de termini, la spéculation sur l'immeuble.L’exécutif de cette colossale fédération privée a reçu des différents pouvoirs publics, en terres et argent, $58,306,980, en endossements fédéral et provincial, cent quarante sept millions, soit en tout deux cent cinq millions.C’est une somme, on l’admettra, presque les deux-tiers de la dette nette du gouvernement fédéral.A-t-elle été toute employée à la construction ou à l’outillage de la voie ?Le public a droit de le savoir et il nous semble que le gouvernement devrait tenir à lui donner cette satisfaction.Puisque le contribuable n’a jamais marchandé son concours au Canadian Northern, puisque non seulement il a endossé ses valeurs mais qu’il lui a encore donné des millions en bel argent sonnant, n’est-il pas raisonnable qu’avant d’endosser ou de payer de nouveau il exige une reddition impartiale et complète.Or cette reddition ne peut être faite d'une façon satisfaisante qpe par une commission munie des plus amples pouovirs et composée des hommes les plus compétents.Répondra-t-on que cette enquête se fait déjà par les officiers du gouvernement?Cette enquête restera toujours un sujet de discussion auquel ic public ne comprendra pas grnnd’chose.Croit-on, par exemple, que si les officiers chargés de scruter les livres de Mackenzie et Mann tcwmbent .sur quelques paiements louches on les laissera fouiller bien longtemps et bien à fond?Ne serait-il pas trop facile à la compagnie, par une simple menace de révélations ennuyeuses pour un parti ou pour l’autre, de cacher un détournement au profit de quelques-uns des siens.Non, il n’y a que deux moyens de faire la lumière sur les opérations financières du Canadian Northern, l’enquête par une commission parlementaire qui laissera bien des coins dans l’ombre et la commission royale qui si elle est composée comme clic doit l’être d’hommes intègres .indépendants et compétents, ne laissera rien d’inexpliqué, donnera au contribuable actuel la satisfaction de savoir ce qu'on fait de son argent et à celui de l’avenir l’inappréciable avantage des enseignements qui s’en dégageront.Jean DUMONT.LE R.P.VAN OOST v On trouvera ailleurs la seconde communication qu'a bien voulu nous adresser le R.P.Van Oost, missionnaire en Mongolie, et l’on nous permettra d’inscrire ici quelques notes sur ce missionnaire qui doit passer plusieurs semaines parmi ‘nous.Le R.P.Van Oost n'a pas encore quarante ans, bien qu’il ait déjà fait chez les Mongols un séjour de treize années.Il appartient à la Congrégation du Coeur Immaculé de Mario, (les missionnaires de Scheut, près Bruxelles), qui évangélise la Mongolie, le Congo, les Philippines et qui, dans la seule iMongolie, compte trois cents membres.Le R.P.Van Oost est, en niême temps qu’un* missionnaire très dévoue, grand amateur de musique et très curieux de recherches ethnographiques.Ancien élève du Conservatoire de Bruges il a écrit sur la musique des Mongols des études très goûtées en Europe.Il a été en même temps appelé à faire devant la Société de Géographie de Bruxelles et maints auditoires français et belges des conférences sur le peuple au milieu duquel il vit depuis plus de dix ans.Les journaux de France et de Belgique louent à la fois sa science, la bonhomie et l’élégance de sa parole.de la maternité, M.Shaw pourrail constater que les sacrifices que.Ton consent par amour, on pourrait bien les refuser pour 2,000 louis.Sans compter que la marchandise ne pouvant être garantie en aucune façon, certain philantrophe arriéré qui hériterait d’un fils à l’image de M.Shaw, pourrait croire qu’il a été refait.Et de quels tribunaux seraient justiciables les marchandes malhonnêtes?Louis BRETON.MONGOLS ET CHINOIS NOUVELLE CONVERSATION AVEC LE R.P.OOST.QUELQUES MOTS SUR LA FEMME MONGOLE.Le R.P.Van Oost vient de donner une conférence aux dames du Sacré-Coeur de notre ville.Cette causerie très émaillée de faits vécus retraçait la vie d’une femme chinoise aux Ortos.Prenant la fillette depuis sa naissance, le missionnaire nous ia montrait dans toutes les phases de sa vie.La description des cérémonies du mariage a particulièrement étonné les auditrices.C’est une toute autre mentalité qui nous est révélée, c’est un monde nouveau qui se dévoile à nous.La conférence a été très goûtée; le missionnaire a beaucoup vu, il a pénétré la vie de ce peuple au milieu duquel il a passé de longues années, et il nous ia retrace avec une foule de détails inédits et savoureux.Quelques mélodies no-pulaires chantées par le conférencier ont encore relevé le charme de cette intéressante causerie.•*¦ * * Nous avons demandé air missionnaire queloues nouveaux détails au sujet des peuples qu’il évangélise, et nous sommes heureux de r>ou-voir les communiquer à nos lecteurs: Je vous disais, il y a queloues jours, que la Mongolie intérieure où je suis missionnaire est d’année en année englobée par les Chinois.Les terres aux Ortos appartiennent au roi; il n’y a pas ou guère de propriétés privées.Vous vous rappelez que si tes rois mongols sont nommés et stipendiés par Peking, ils sont d’autre part obligés d’aller de temps en temps à la ca-"itale pour y faire acte d’obédience.Or ce voyage est extrêmement onéreux.Le roi vassal doil faire des cadeaux, doit faire bonne mine en ville., il est entouré de parasites qui le grugent en le flattant, et les hauts fonctionnaires mand-choux s’entendaient merveilleusement à lui faire rendre gorge sous un prétexte ou un autre.Ces voyages grèvent donc très lourdement le budget royal.Mais il n’y a nas qu’à Peking que le roitelet mongol et ses minisires dépensent de l’argent.Us sont friands de luxe, ne se refusent rien, font des folies parfois.et malgré les contributions qu’on prélève le trésor royal est presque toujours vide.Je ne crois pas qu’un seul des sept rois des Ortos puisse se vanter de ne pas avoir des dettes criardes dans les grandes firmes marchandes rhinoi- Ajoutons que le Père Van Oost pourrait ajouter à ses études de moeurs des récits personnels assez émouvants, car il a été l’un des témoins—et il a bien failli être une des victimes—des troubles qui ont désolé la Mongolie ces années dernières.Il est très probable que le P.Van Oost donnera, d’ici quelque temps, dans diverses villes de la province, des conférences sur le pays qu’il a fait sien et sur les oeuvres auxquelles il s’intéresse particulièrement.ses.Ces dettes royales sont nommées “dettes du royaume” et on tâche de s’en tirer en mettant les terres du royaume à l’encan.C’est ainsi qu’au royaume de Tjasak, les Mongols Autochtones n’ont plus de terres cultivables; le tout a été vendu aux Chinois.Le royaume de Pjoungor est à peu près dans le même cas.Depuis dix ans les Chinois se sont avancés partout d’une façon inquiétante pour les Mongols.Ceux-ci ont bien essayé de s’opposer à cet envahissement, mais leurs efforts ont été d’autant plus infructueux qu’il n’y a pas de solidarité, non seulement entre les diverses tribus mais entre les familles d’un même royaume.La méthode employée par le peuple était le “togwilang”.Ce substantif dérive du mot “togwi” qui veut dire: tourner, et qui est inspiré par la manière dont les membres de la société signaient les décrets ou les réclamations émanant de leur collectivité.Le “togwilang” est une espèce de république sans président, sans dignitaires; l’autorité appartient aux plus violents.Lorsque le nombre des adeo-tes est assez grand, il force les autres Mongols A entrer dans la conjuration, et malheur à celui rrui ne voudrait pas céder aux menaces.On va le cueillir chez lui, on le traîne devant l’assemblée et on le condamne séance tenante au supplice nommé “narin k’ere ono-lag’o”.On prend une grosse branche noueuse d’épine vinette munie de ses piquants.Quatre hommes la maintiennent aux deux bouts, le mongol récalcitrant est placé à califourchon et on lui fait chevaucher sur ce coursier atroce pendant une demi-heure.Les heurts qu’on_ imprime à la branche ont bientôt mis le malheureux en sang.Cette “chevauchée sur le petit cheval brun” est un supplice affreux.Pour qu’on ne puisse rendre un seul homme responsable, les ordres émahànt du “togwilang” sont signés par tous ies-membres, et pour qu’il n’y ait aucun nom en vedette on signe en rond.Au royaume de W-ousjen, le togwilang a réussi pendant quelque temps à s’o^noser à l’envahissement des Chinois, mais ils ont également dû céder, et les célestiaux deviennent de plus en plus nombreux au-delà de la grande muraille.Une fois que le Chinois est installé, il n’y a plus moyen de le déloger.S’il a une difficulté il s'adresse non aux autorités mongoles mais aux autorités chinoises, et celles-ci tâchent autant que possible de favoriser leurs congénères.Et voilà comment la conquête de la Mongolie pa, les Chinois s’est faite d’une manière pacifique.Le Mongol est trahi par ses chefs, n’a pas la solidarité ni le courage nécessaires pour faire une opposition sérieuse, et lç Chinois flatte les grands, blâmé les autres, et grâce à son astuce et à son incroyable témérité, aboutit où un autre échouerait.Nous assistons, aux Ortos, à cette grande règle de l’histoire de l’humanité qu’une race inférieure se voit évincée ou englobée par une race supérieure.La civilisation chinoise est beaucoup supérieure à la civilisation actuelle des Mongols.Ceux-ci sont réfractaires non seulement au progrès mais à l’évangi-iisation, mais à la régénération morale.Plus sûrement que l’envahissement chinois, c’est l’immoralité oui tue ia race mongole aux Ortos.Si ^cirent donum Dei! S’ils connaissaient le don de Dieu! Comme je vous le disais l’autre jour, si nous avons des résultats admirables avec la population chinoise des Ortos, nous progressons non ou pas avec les indigènes mongols.-— i ii- MEFIEZ-VOUS ! • Si M.Médérie Martin a quelque peu le sens de l’humour, il doit s’amuser énormément des éloges et des courbettes que lui prodiguent aujourd’hui des gens qui ont tout fait pour l’empêcher d’arriver à la mairie.Mais rien ne vaut l’attitude doucereuse et pateline du Star qui avait entrepris de faire de M.Martin une sorte de eroquemitaine.Il n'est plus question des “23” ni de l'ancien régime abhorré.Le Star paraît même à la veille de découvrir en M.Martin un grand homme.Le nouveau maire ferait tout de même bien de se méfier.A la longue, il aura probablement plus à se louer de ceux qui continuent de se tenir debout devant lui que de ces nouveau thuriféraires, dont l’enthousiasme paraît plutôt louche.?.H.“FRENCH AND ENGLISH” LE DERNIER TIRAGE.Le résultat de l’élection à la mairie donne une actualité nouvelle au problème des races et aux commentaires qu’a faits à ce propos notre directeur.Ainsi cpie nous l’annoncions hier, le troisième et dernier tirage de cette brochure “French and English" est mis en vente aujourd’hui même, aux bureaux du Devoir.Cette nouvelle édition de 2,000 exemplaires est déjà fortement entamée par les commandes qu’on avait dû ajourner.Aussi ceux qui désireraient se procurer cette brochure pour la propagande feront bien de retenir, le plus tôt possible, leurs exemplaires.Il n’g aura pas d'autre tirage.Cinq sous l’exemplaire, cinquante sous la douzaine, une piastre les vingt-cinq exemplaires—plus deux sous l’exemplaire pour frais de port.S’adresser aux bureau du Devoir, 71a, rue Saint-Jacques, Montréal.LE VOTE DES FEMMES EN FRANCE Paris, 8.— La cour de Cassation a décrété que les femmes n’ont pas droit de voter aux prochaines élections générales en France.La Ligue des droits de la femme avait demandé le droit de suffrage au tribunal suprême de l’Etat.LETTRE D’OTTAWA ^ ’r-'* ¦ " -¦ ¦' ¦ ' - - —————— Le débat sur le budget.— L’attention se porte sur un arrêté de la commission fédérale des chemins de fer.— Elle ordonne une diminution du taux de transport des marchandises dans les provinces de l’Ouest Ottawa, 7.—Journée ennuyeuse, au point de vue de la forme des discours, sur le budget et les changements au tarif; mais journée intéressante, pour ceux qui portent attention â la question des taux de chemins de fer.Car, cet après-midi, à quatre heures, la commission d’Etat des chemins de fer a décidé que ceux-ci devaient réduire leurs taux de transport, dans les provinces de l’Ouest.11 est vrai que cette diminution n’affecte que le transport dans l’Ouest même, non pas entre l’Ouest et l’Est; mais ce sera une excellente affaire nour ie développement du commerce interprovincial, du Pacifique à Port-Arthur et à Fort-William.Cette décision de ia commission des chemins de fer a jeté dans l’ombre le discours de M.Maclean et le débat sur le budget.Il est vrai que celui-ci se fait devant des fauteuils presque tous vides, car les sepl-huitiemes des députés ont déjà déserté l’édifice parlementaire.LA CRITIQUE DE M.MacLEAN sM.Maclean, le collègue de M.Borden comme député d’Halifax, est, depuis la disparition de M.Fielding de la Chambre des Communes, l’expert financier du parti libéral.11 a la tâche de surveiller et de critiquer le ministre des finances, et.il le fait de son mieux.La critique financière est en soi chose assez ennuyeuse, car elle se complaît dans les énumérations de chiffres et de statistiques auxquels le commun de la députation n’entend goutte, pas plus que la masse du public.Les complications du tarif, de la dette nationale, des surplus, des déficits, des emprunts, de leur échéance, de leurs remboursements, les conditions du marché financier, tout ceci n’absorbe guère l’intérêt des neuf-dixièmes des députés.Il est vrai que le maniement de ce sujet n’est pas folichon, et qu’il faut être doué de façon remarquable pour faire un discours lisible do trois ou quatre heures sur les finances canadiennes et leurs aspects.Aussi, ce soir, les rares députés au poste ont-ils interrompu pendant quelques secondes le discours de M.Maclean pour applaudir le nouveau maire de Montréal, arrivé à la séance vers les huit heures quart.Le député d’Halifax été long.M.White, lundi, a parle plus de trois heures et demie de nos finances et de notre tarif, il a fallu que M.Maclean l’accompagnât dans ce dédale; et l’on sait que l’esprit anglais excelle à s’appesantir sur les chiffres, à les suivre dans leurs différentes évolutions.car les statistiques financières prêtent, comme tout autre sujet, à double interprétation.C’est ainsi (pie, lundi, M.White se déclarait satisfait des résultats obtenus pendant l’exercice 1913-1914, et que, aujourd’hui, M.Maclean s’en déclare mécontent et pousse presque un cri d’alarme, devant la situation financière du pays, tout en exposant (pie les coupures et modifications faites au tarif ne lui offrent aucun avantage.Le surplus de 36 millions et de-j mi dont se targue M.White n’a pas i ébloui M.Maclean; ear le pays s’est | endetté de 19 millions, pendant cet exercice 1913-1914, c’est-à-dire qu’il a dépensé 19 millions de plus que son surplus, à supposer que celui-ci fût réel.Les emprunts canadiens du dernier exercice font dire à M.Maclean que jamais le pays n’a autant emprunté, en une seule année, et que son crédit en souffrira, qu’il en souffre déjà.Pendant ce terme, le Canada a ’emprunté.de manière générale, près de 328 millions .dont 277 millions en Grande-Bretagne.C’est trop.Nos dépenses nationales sont trop considérables, eu égard à nos revenus et à la crise financière; elles devraient être moindres.Et cependant le ministère Borden ne les limite pas, témoin, la liste que le ministre des finances dresse des prévisions budgétaires pour 1914-1915: elles dépassent déjà les 190 millions, et cependant M.White dit que nos revenus devront être d’un peu plus que 165 millions .pendant le même exercice.En 1909, M.Fielding, au lendemain d’une crise, réduisit les dépenses de 22 millions; M.White, dans des circonstances analogues, ne suit pas cet exemple d’économie.Au point de vue de notre commerce, il n’y a guère lieu de nous vanter de son accroissement .comme le fait M.White, surtout de l’augmentation de nos exportations; car ce sont des animaux vivants que nous exportons, depuis octobre 1913, à la suite îlu tarif Underwood, et ceci, à notre détriment, puisque nous appauvrissons noire marché.Une réduction des droits sur l’avoine,_ réduction de 6 sous le boisseau,— est aussi cause d’une exportation de 24 millions de boisseaux de cette céréale aux Etats-Unis; dans ces deux cas, on ne sHiirait dire que c’est un développement normal de notre eommerce d’exportation; et il n’y a pas lieu d’en féliciter le ministère canadien, si toutefois il en faut féliciter quelqu’un.Il y a la question des dépenses publiques.M.Maclean y revient.Nous dépensons trop, dit-il.Nous dépensons à tort et à travers, pour toutes sortes de projets qui ne rapportent rien au pays.Il faut dépenser pour que cela rapporte, autrement, c’est du gaspillage.Ainsi, gaspillage que le remboursement proposé des actionnaires de la Farmers Bank, remboursement fait à la demande de plusieurs députés conservateurs ontariens, et qui équivaut.affirme M.Maclean, à de la corruption politique déguisée.Nous dépensons de plus en plus, sans cause appréciable.En 1913.nous dépensons 14 pour cent de plus que pendant l’exercice antérieur ; en 1914, nous dépensons 30 pour cent de plus qu’en 1912.Le ministère des travaux publies dépense de manière blâmable.En 1911, il avait un budget de 11 millions et demi ; le voici maintenant rendu à 18 millions ; et, pour l’exercice 1914-1915, ce budget touchera la somme de 28 millions.Ceci, tandis que les revenus fléchissent.De même, le budget de la milice est anonmal.En 1912, la milice dépensait 7 millions et demi ; en 1913- 1914, les dépenses, de ce chef, sont de 10 millions et quart ; en 1914- 1915, elles seront de près de 11 millions.Et ce n’est pas tout, le flot monte sans cesse.La question du tarif.M.Maclean trouve que les amendements proposés à l’acte des douanes sont contins.M.White parle des beautés de la protection, et aussi de ses abus, et, quand il annonce des diminutions, ses partisans protectionnistes les applaudissent plus vigoureusement que s’il parle de relèvement de certains droits sur maints articles, dit M.Maclean.Mais, à propos de la diminution des droits sur lest machines aratoires, M.Maclean parle avec prudence de ce changement.“M.White estime que cette diminution est justifiable,” dit-il.“Il doit certes y avoir des circonstances qui justifieraient une diminution de droits plus considérable, et même une détaxe complète.” La diminution de 5 pour cent faite par le ministère sur les moissonneuses-lieuses et les faucheuses n’a été faite que dans un but politique, affirme M.Maclean, et afin de tirer d’embarras les conservateurs de l’ouest.Ce n’est qu’un expédient politique, une demi-mesure dont le cultivateur canadien ne sera pas satisfait, il y a aussi l’affaire de la détaxe sur le blé, refusée par le ministère.M.Maclean blâme le ministère ne n’avoir pas cédé à la demande des producteurs des céréale» de l’Ouest.La prospérité du commerce des céréales est de grande importance pour le Canada.En 1912-1913, l’exportation de produits agricoles canadiens s’est totalisée à 150 millions, dont les trois-quarts furent de la farine et du blé.Les exportations de blé, cette année-là, formaient 30 pour cent de nos exportations totales.A l’heure présente, la culture du blé dans l’Ouest ne gagne pas de terrain.Dans les trois dernières années.ia superficie totale des terres à blé exploitées ne s’est pas accrue, ou presque pas.Il y a eu en 1913 10,000 demandes de homesteads de moins qu’en 1911 ; il s’est vendu 10 millions d’acres de terre de moins en 1913 qu’en 1911, soit 9 millions en tout.Et la commission des' céréales de la Saskatchewan rapporte que, aujourd’hui, c’est à peine si la culture du blé paie un tant soit peu.T.a situation est grave.Le Canada manque de marchés pour son blé.Nous ne fournissons au Royaume-Uni qu’un cinquième de ses'achats totaux de blé, et qu’un onzième de ses achats de farine.Le marchand et le meunier anglais achètent des blés de tous les pays ; il ne faut pas s’illusionner au point de croire que nous lui vendrons tout notre surcroit de production.Et il fabrique aujourd’hui la farine la moins chère de l’univers, de sorte que, bientôt, au train où vont les choses, nous ne vendrons de farine au minotier et au meunier anglais que ce dont il aura besoin pour mélanger avec les farines fabriquées nar lui de blé étranger.Nous ne pourrons espérer nous emparer du marché anglais, en ec qui a trait au blé et à ia farine.Donc, il nous faut aviser à disposer le mieux possible de notre blé et de notre excédent de production de farine.Le marché américain, s’il nous était ouvert, serait fort accessible à notre ,surcroit de production et fort avantageux au producteur de l’ouest canadien.M.Maclean conclut cette partie de son discours en réaffirmant la volonté du parti libéral de s’en tenir, sur ce point, à son programme de détaxe complète de tous les produits nécessaires à l’alimentation (“foodstuffs’’).Puis il s’étonne de la discrétion du ministre des finances quant au cofit de la vio, dont i] ne dit mot dans le discours du budget.M.Maclean persiste à dire que le tarif devrait être modifié, puis-que les droits d’entrée imposés sur les articles nécessaires à l’alimentation sont une des principales causes, — peut-être la seule, — de l’accroissement du coût de la vie.CE QUE PENSE M.AMES De son côté, le député de Saint-Antoine estime que ia situation financière du pays est assez prospère, eu égard aux conditions actuelles.Tandis que les libéraux, en 15 ans, ont augmenté ia dette nationale de 81 millions, les conservateurs, en trois ans, l’ont réduite de près de 6 millions trois-quarts, tout en imputant au compte du revenu 125 millions de dépenses d’habitude imputées au compte du capital, par les libéraux.Au chapitre des surplus.M.Ames dit que, tandis que M.Fielding a prétendu en avoir en tout et partout pour un somme de 167 millions, pendant son administration, il a accru la dette de 81 millions.Les conservateurs, eux, ont eu en trois ans un surplus net de 130 millions et diminué la dette totale de 6 millions trois-quarts.La comparaison est à l’avantage des conservateurs, sur toute la ligne.En ce qui a trait aux marchés, les conservateurs ont entrepris de lier commercialement les différentes colonies britanniques, et c’est là une oeuvre qu’il ne faut pas méconnaître.M.Ames est protectionniste.Il approuve le tarif actuel.Les changements que le ministre des finances propose d’r faire lui agréent.La diminution des droits sur les instruments aratoires lui va, car cette industrie est suffisamment protégée, dit-il.Quant au refus de la détaxe du blé, M.Ames dit que cette dé- taxe n’eût été qu’une forme déguisée de libre-échange, ie premier versement de la réciprocité complète à échéance.Les Américains, en offrant une détaxe du blé, eussent voulu obtenir l’accès libre du marché canadien et monopoliser le commerce de la farine dans toute l’Amérique du Nord.M.Ames félicite le ministère d'avoir déjoué les manoeuvres de Washington.M.Turriff lui répond et demande d’abord l’ajournement.Il sort de l’hôpital depuis quelques jours, il est dix heures, il ne se sent pas des plus viogu-reux.Mais des députés de la droite insistent pour qu'il parle ce soir, afin de lui répondre mercredi, avant le départ pour les vacances de Pâques.Il doit donc s’exécuter.Il affirme que la diminution des droits sur les instruments aratoires dont parlent les conservateurs, n’est qu’un attrape-nigaud, car elle ne couvre en réalité que les moissonneuses - lieuses, quand le pacte réciprociluire donnait une diminution de droits sur tous les instruments aratoires.M.Turriff continuera son discours mercredi.LA QUESTION DES TAUX DE TRANSPORT Au moment même où M.White disait, lundi après-midi, que le ministère n’est pas favorable à la détaxe du blé, il ajoutait que le gouvernement s’emploierait à faire diminuer les taux de transport des marchandises, par voies ferrées et par voie maritime.Il est évident que, dès cette heure-là, M.White pensait à la, décision que ia commission fédérale des chemins de fer devait rendre aujourd’hui, et qu’elle a de fait rendue publique à quatre heures, cet après-midi.Si l’on en croit les différents commentaires qui se font dans les couloirs, ce soir, cette décision ne donnera pas entière satisfaction aux gens de l'Ouest, en ce qu’elle ne leur accorde, pas des taux de transport de.marchandises uniformes avec ceux de l’Est, et qu’elle n’améliorera guère la situation des producteurs de bié de l’Ouest ; mais, par ailleurs, en ce qui a trait à la distribution et au transport locaux des marchandises, dans l’Ouest même, la décision de la commission est fort bien accueillie, même par les députés opposition nistes, car elle crée un nouveau tarif, plus bas que ie tarif actuel.La question des taux de transport de marchandises dans l’ouest, par voie ferrée, n’est pas neuve.Elle s’est présentée dès 1904, de manière officielle, peut-on dire; car c’est alors que la première protestation à ce propos fut portée à la connaissance de la commission des chemins de fer, par la ’Chambre de Commerce de Vancouver.Le même problème revenait devant la commission en 1909; puis, en 1911, la Chambre de Cojnnieree de Winnipeg, en novembre, saisissait le ministre des chemins de fer, M.Cochrane, d’un mémoire à ce sujet, mémoire qui, eu janvier 1912, détermina l’intervention de la commission des chemins de fer.Ceile-c! a donné, depuis lors, cent jours de son travail à l’instruction de cette affaire et voyagé à travers le pays afin de se documenter; elle a aussi entendu nombre d’experts, et recueilli au-delà de six .mille pages de dénnsitions de toutes sortes, toujours à ce nropos.Elle rendait aujourd’hui sa décision, qui forme un énorme document, de 200 pages au dactylographe.Dès le début de ce rapport, la commission, composée en l'espèce de MM.Drayton, Maclean, Scott, Good eve et Mills, commence par disposer de cette assertion que l'Est est favorisé par les chemins de fer au détriment de l’Ouest et que l’Est aurait fait d’énormes sacrifices pour la construction des chemins de fer dans l’Ouest.“Il n’y a que les chemins de fer qui bénéficient des taux de transnort trop élevés”, dit le rapport de la commission.Et si l’Est a dépensé de l’argent pour construire des chemins de fer dans l’ouest, ses industries en ont largement bénéficié et ont trouvé de nouveaux débouchés.Après un examen altcmtif de la question, la commission en vient à la conclusion que la différence établie nar les chemins de fer quant aux taux de transport dans l’est et dans l’ouest, — avec Port-Arthur comme point de démarcation entre les deux parties du pays, — a sa raison d’être et qu’elle n’est pas injuste non plus qu'illégale.Si les taux sont plus élevés dans l’Ouest, c’est qu’il y faut construire ulus de voies nouvelles, que celles-ci rapportent guère, et que.de ulus.les chemins de fer ont droit d’obtenir du capital pour construire ces voies de nouveaux termini, et le reste, et qu’ils ne peuvent l’obtenir que si les taux de transport sont tels qu'ils impressionnent favorablement les prêteurs.FAUT-IL REDUIRE LES TA UX ?Une fois ce principe admis par la commission, qu’il faut des taux plus élevés, pour le transport des marchandises sur des voies nouvelles que sur un réseau déjà établi depuis longtemps, la commission examine les taux actuels dans l’Ouest.Sont-ils trop élevés, même si l’on admet qu’ils doivent être plus élevés que dans l’Est?Des experts ont affirmé devant la commission que les profits des chemins de fer, dans l’Ouest, devraient être limités, soit à 50, soit à 66 pour cent du coût de transport réel, au chemin de fer lul-mèine.Si l’on adopte le chiffre de 66 pour cent, il n'y aurait pas lieu de modifier les taux du Pacifique-Canadien, par exemple.Un expert.M.Muller, a voulu fixer la (Suite à la 2iètnc page) LE DEVOIR, MCTNTKKAL, MERCREDI, 8 AVRIL m4 VOL.V.— No.82 limite des profits ù 50 pour rent du coût réel du truusport, nu eho-niin a permis qu’une commission rogatoire présidée par le juge Lent aille à New-Yoi* prendre le témoignage ries détectives de l’agence Burns à propos des diffê?-entes actions pour libelles intentées contre le Becks’ Weekly.LA CANADIAN CONS.RUBBER A l'assemblée annuelle des actionnaires de la Canadian Consolidated Rubber Company tenue hier, l’ancion bureau des directeurs a été réélu en entier à l’exception de MM.W.R.Allan et Shirly Ogilvie.Les nouveaux directeurs sont M.Walter Binmore, trésorier de la compagnie et M.R.C.Jamieson, gérant vénérai des ventes, r"'i tous les deux «nt une longue expérience dans la fabrication et la venie des dérivés du caoutchouc, au Canada.Messieurs Binmore et Jamieson qui sont quotidiennement en contact avec les problèmes auxquels la compagnie a à faire face, seront des aides appréciables pour les directeurs dans ce sens.Un euinzième directeur a été élu dans la personne de M.R.B.Price de New-York.A l’assemblée du bureau des directeurs qui a fait suite à 1 assemblée ÇA ET LA Londres, 8.— Le bilan du Board of Trade pour le mois de mars accuse une augmentation de $27,963,500 sur les importations et de $14,243,500 sur lea exportations'.New-York, 8.— Bix cent quarante huit têtes de bétail de Jersey et de Guernsey, évaluées à $700,000 sont arrivées à New-York aujourd’hui,par le paquebot Mlnnewaska, des lies Britanniques.The Bank of British North America ETABLIE EN 1830 Constituée en Corporation par Charte Royale en 1840.Londres, 8.— Un arrangement a été conclu hier entre la James Nelson Sons, Limited, et la River Plate Meat Co., deux des plus vieilles maisons anglaises faisant le commerce des viandes, pour la fusion de ces deux compagnies.Au lieu de former une nouvelle compagnie, la Nelson Sons, Limited, a augmenté son capital do $10,000,000 afin de pouvoir acheter l’actif de la River Plate.LA BANQUE “BRITISH NORTH AMERICA ” C>n trouvera dans une page intérieure le bilan et les opérations de l’année de la banque “British North America’’.On y verra que le capital de cette banque est actuellement de $4,866,666.66 et le fonds de réserve de $3,017,333.33, La banque accuse pour sa dernière année, déduction faite des frais courant»! et prévision faite pour les dettes mauvaises et douteuses, un profit net de $689,746.10.LE GRAIN L'approvisionnement de blé et d'a-d'avoine du Canada pour la semaine furissant le 4 avril 1914, comparé à l’année, dernière, était : semaine se terminant le 4 avril, 1914, blé, 21,364,101 boisseaux; avoine, 15,-326.119 boisseaux.Semaine finissant le 28 mars.1914, blé, 20,643,164 boisseaux; avoine 14,663,631 boisseaux.Semaine finissant le 15 avril 1913.blé 26,005.649 boisseaux; avoine 10,256,116 boisseaux.LE CONGE DE PAQUES La Bourse de Montréal sera fermée de 3 heures p.m.le jeudi saint, le 9 avril, jusqu'à 10 heures a.m.le mardi de Pâques, 14 avril.VENTES D’HIER APRES-MIDI.Brazilian — 50 à 81, 25 à 80 7-8, 45 à 81.Can.Pacific — 25 à 206 3-4-Detroit — 60 à 70.Power — 40 à 224 3-4, 33 à 225.Quebec Ry.— 25 à 14 1-4, 25 à 14.Rich.& Ont.— 50 à 101 3-4.Shawinigan—50 à 134 1-2, 1 à 135.Shawinigan Rights — 52 à 1 3-4, 1 à 1 11-16, 65 à 1 3-4.B.C.Packers — 50 à 140.Canada Cernent — 10 à 31 1-4, 25 à 31 1-2, 75 à 31 3-4, 25 à 31 1-2.Dom.Canners — 3 à 53 1-2.Dom.Textile — 25 à 80 3-4.Penman’s — 10 à 62 1-4, 10 à 52.Steel Corp.— 375 à 32 3-4, 175 à 32 1-2, 100 à 32 1-4, 10 à 32 1-2.ACTIONS A PRIORITE ET OBLIGATIONS.Canada Cement — 10 à 91 1-2.Scotia — 31 à 120.Steel Co.of Can.— 10 à 82.BANQUES.British Nor.Am.— 1 à 150.Merchants — 7 à 188.Montréal — 3 à 240.Royal — 2 à 224, 23 à 224, 6 à 224.SOIXANTE DIX-HUITIEME RAPPORT ANNUEL ET OIUN Rapport des Directeurs de la Bank of British North America, présenté aux actionnaires à leur 78ème assemblée générale annuelle, mardi, le 3 mars 1914 En soumettant le rapport et le bilan jusqu’au 29 novembre, 1913, le Bureau des Directeurs désire signaler aux actionnaires que le changement opéré dans la forme du bilan a été rendu nécessaire par les dispositions do la loi des Banques du Canada, 1913, On constatera que les profits pour l’année, comprenant $93,446.79, rapportés du 30 novembre, 1912, s’élèvent à $783,191.89, dont $194,666.60 affectés à un dividende payé au mois d’octobre dernier, laissant une balance de $588,526.23 que les Directeurs se proposent de distribuer comme suit : Paiement d’un dividende de 40s.par action.$194,666.66 Payable, moins la taxe de revenu, le 4 avril prochain.A transporter au fonds de réserve.'.97,333.33 A transférer au compte des propriétés de la banque.97,333.33 Et au paiement d’un bonus de 5 p.c., au personnel, environ.36,500.00 Laissant une balance à reporter de.108,437.58 Le dividende ci-dessus représentera une distribution de 8 p.c.pour l’année.Les mandats de dividende seront remis nnx actionnaires le 3 avril prochain.Depuis le dernier rapport des succursales onf été ouvertes à 150 Mile House, C.A., rue McGregor et avenue Selkirk, Winnipeg, Man.; St.Catharines, Ont., et dessous-succursales à James Bay, Victoria, C.A., Kandahar, Snsk., et rue Queen et avenue Beech, Toronto, Ont.On a fermé une.succursale à Forward, Sask., et une sous-succursale au Union Stock Yards, Toronto Ouest.Les appropriations suivantes, du compte des profits et pertes, ont etc faites au benefice du personnel : — Au fonds des veuves et orphelins des fonctionnaires.$ 7,440.72 Au fonds de pension des fonctionnaires.44,866.95 Au fonds d’assurance des fonctionnaires.1,946.66 Ces montants sont pour toute l’année et comprennent ceux déjà exposés dans l’état du 31 mai, 1913.•* — - Londres, 17 février, 1914.BILAN, 29 novembre 1913 PASSIF Capital.$ 4,86ft.66fi.66 20,000 actions de £50 chacune entièrement payées.Fonds de réserve.3,017,333.33 Dividendes déclarés et non payés.5,359.53 COMPTK DES PROFITS ET PERTES :~~ Balance reportée du 30 novembre, 1912$288,113.45 Dividende payé, avril 1913 .194,660.00 8 93,440.79 Profit net pour l’année expirant h cette date, après déduction de toutes charges courantes, et pourvoyant pour dettes mauvaises et douteuses.689,745.10 Dividende payé, octobre, 1913 8783,191.89 .194,606.66 8588,525.23 Ottawa, 8.— Sir Thomas Shaugh-nessy, président du Pacifique Canadien, était à Ottawa, hier soir.On lui a demandé s'il avait des commentaires à faire sur le jugement rendu par la Commission des chemins de far sur les taux de transport dans l’Ouest Canadien.Il a déclaré qu’il a suivi toutes les j phases de cette enquête,, et que le i jugement va au-delà de tout ce que : prouvent les faits tels q,ue présentés, j La preuve, dit-il, a montré que les | plaintes n’étaient pas fondées et que les taux, dans les circonstances actuelles, étaient raisonnables,— @t les représentations faites jusqu’ici n'ont pas prouvé le contraire.Les commissaires n’ont pas hésité devant ce qu’ils considéraient appa- , remment comme le plus grand intérêt rlu pays ; ils ont donc ordonné une diminution qui pourra être justifiée pour quelques années, mais qui, étudiée au point de vue des conditions ; actuelles du commerce et du transport, dr.it être regardée comme ni nécessaire ni justifiable.“Le Pacifique Canadien, dit Sir Sir Thomas, peut supporter cette diminution des taux et ceci semble être In seule excuse que l’on puisse inco- ! quer en faveur des décisions des com- j missaires.Quant aux autres compagnies, qui | ont encore à faire face aux dépenses I de la construction et qui devront en- I core emprunter, il leur appartient de donner leur appréciation.” M.E.J.Chamberlin, président du Grand Tronc et du Grand Tronc Pa-ciiiauc, n’a pas voulu faire de commentaire avant d’avoir lu le jugement avec attention et l’avoir médité.Sir William MacKenzie est dans le même cas.Pour guérir la surdité et les bourdonnements dans la tête Les personnes qui souffrent de surdité catarrhale et de bourdonnements dans la tête seront heureuses d’apprendre qu'on peut soigner cette funeste maladie chez soi, par un remède interne qui, dans bien des cas.a effectué une suérison complète quand tous les autres avaient échoué.Des malades qui pouvaient à peine entendre les battements d’une montre ont recouvré l’ouïe à tel point qu’elles ont pu percevoir les battements de la montre fi sept ou huit pouces de choque oreille.Si donc vous connaissez quelqu'un qui souffre de bourdonnements de tête, de catarrhe ou de surdité catarrhale, découper cette formule et passez-la leur et vous aurez peut-être contribué à sauver quelque infortuné de la surdité complète.On peut préparer la prescription chez soi : elle se compose comme suit : Procurez-vous chez votre pharmnrcien, 1 once de Parmint (Double Force), valant environ 75 sous.Apportez cela il la maison et ajoutez-y 1-4 de pinte d’eau chaude et 4 onces de sucre raffiné ou granulé; brassez jusqu'à ce que la tout soit dissous.Prenez une cuillerée à table quatre fois par jour.La première dose met fin rapidement aux pires bourdonnements dans la tête, à la langueur, aux pensées sombres, etc., et l’ouïe revient rapidement à mesure que le système est fortifié par l’action tonique du traitement.La perte de l’odorat et l’écoulement de mucus dans le fond de In gorge sont d’autres symptômes qui dénotent la présence de.poison catarrhal et qui sont promptement chassés par ce traitement efficace.Près de quatre-vingt-dix pour cent de tous des maux d’oreilles sont causés directement par le catarrhe; il y a donc peu de gens dont l’ouïe ne puisse être améliorée par ce simple traitement à domicile.Toute personne qui souffre de bourdonnements dans la tête, de surdité catarrhale ou du catarrhe sous quelque forme que ee soit devrait essayer cette prescription.Il n’y n rien de meilleur.IMPORTANT.— Kn demandant de la Parmint, insistez pour avoir double force; votre pharmacien l’a où il peut vous la procurer; sinon, envoyez 75 sous aux Internationa] Laboratories, 74 rue Saint-Antoine, Montréal, P.Q., qui en font une spécialité.A DEDUIRE :— Transféré nu .uls de réserve .Ç97.333.33 Transféré an compte des biens de la banque .97,333.33 Transféré au fonds des veuves et orphelins des officiers .7,449.72 Transféré au fonds de l’assurance des officiers .1,940.90 Transféré au fonds de pension des officiers.44,869.95 Bonus au personnel.36,509.90 —-$285,420.99 Balance disponible pour le dividende de Avril .Billets de la banque en circulation.Dépôts ne portant pas intérêt.Dépôts portant intérêt, y compris intérêt accumulé jusqu’à date .Balance duc à d’autres banques en Canada .Balances dues à des banques et agents de banque dans le Royaume-Uni et les pays étrangers .Billets payables.Acceptances sous lettres de crédit.Dettes et comptes non inclus ici.I Dettes par endossements.8213.047.38 ACTIF Or et argent en mains.$1,142,584.43 Billets du Dominion.4,236,891.40 —- $ 5.Billets d’autres banques .Chèques sur d’autres banques'.2 Balances dues par d’autres banques en Canada Balances ducs par hampics ci correspondants de banques ailleurs qu’en Canada.Garanties municipales canadiennes et garanties anglaises, étrangères et coloniales, autres que en-diennes—bons de l’échiquier, £310,300 .Obligations de chemin de fer et autres .Prêts à demande et à courte échéance en Canada sur obligations, debentures et stocks .Prêts à demande et à courte échéance ailleurs qu’en Canada.Autres prêts courants et escomptes ailleurs qu’en Canada (moins remise d’intérêt).Autres prêts courants et escomptes ailleurs qu’en Canada (moins remise d’intérêt).7 Dettes de clients sur lettres de crédit.J Immeubles en dehors des propriétés de la banque Dettes échues (depuis longtemps prévenues) .Propriétés de la banque à pas plus que le coût, montants moindres.Dépôt au ministère des finances en x’ue du fonds de circulations.Dominion du Canada : 3% p.c.Obligations £250,000 à 98 $1,192,333.38 Comptant.232,248.06 379,475.94 314,863.2.1 ,206.599.6,’ 21.622.91 1,411,389.91 505,165.23 193,411.71 28 ,957,343.51 ,665,799.93 ,696,964.74 ,718,835.00 ,793,312.74 208.18 238,631.18 1,694,736.73 393, 4.876, 13,437.1,104.24 ,309.74 ,952.86 Dépôt dans les Réserves Centrales d’or .Autres biens et comptes non compris ici 1 ,424,581.35 250,099.9(1 562,1 (8.16 24,792 1 448 1,516 ,977.77 ,923.05 1,793 1,585, ,694.47 ,519.90 ,312.74 ,645.78 Dette par garantie en rapport avec la Sovereign Bank of Canada.300,090.09 $62,644,899.12 B.A.HO A BE, F.LUBBOCK, Directeurs.H.B.MacKENZIE, Gérant-Général, MREStAx $62.644,890.12 ¦10 8TE-0ATHEItINE EST Coin St-Danii.Montréal.Téléphona» : Eat 6608-883-2770 CONTRE LES MITES Voici le temps de protéger les FOURRURES CT LES LAINAGES.Nous recommandons: Le CAMPHRE à 85-crétaire particulier, qu’il a l’intention d’engager à ses frais.La crue des eaux, de plus en plus grande à Verdun, au commencement de la semaine, a cessé tout à coup au cours de la journée d’hier.Ce matin, le niveau a baissé do six pouces.La traverse de Longuouil est brisée depuis plusieurs jours; mais celle de la Longue-Pointe à Boucherville est MM.EMARD ET MONAHAN.| Cette remarque soulève l’hilarité générale.^ _____ i “U n’y a qu’un moyen d’attaquer Encore"solide.jle jugement de la commission, coati-j qu no connaît Pas l’état du fleuve MM.Monahan et Emard ne per- nue M.Prévost, c’est par des affida- ! pn amont des rapides de Lachiue; dent pas leur dépôt contrairement à que nous voulons prouver mai8 on croit communément que les ce qu’annonçaient les journaux de ce c’est que la procédure n’a pas été sui- gjaceg n>cmt pas picore bougé.T .— J2 __ 1______ J _ _ »*J _ aA **««« -ai .-vit O *1, A /V T iV/1 _ ( — .LE FEU DANS JJN GARAGE A midi, le sous-chef Dagenais était appelé au garage d’automobiles situé à côté du manège militaire du 65ème Régiment, avenue des Pins, pour combattre un Incendie allumé au Sème étage par une explosion de gazoline.Le propriétaire, M.Massé, n’avait pas d’assurance et a remercié les pompiers de leur beau travail.Ces derniers, après avoir essayé en vain d’éteindre les flammes à l’aide d’appareils chimiques, les étouffè-Tant, en se servant de nombreuses couvertures.La cause de l’incendie serait un fil électrique qui en se brisant est tombé dans un vaste baquet rempli du dan gereux liquide qui servait au nettoyage de pièces de machineries.-0- NOUVEAU SERVICE Sur la proposition de l’ingénieur en chef, les commissaires ont opéré, avant de s’en aller, une réorganisation importante.Par une résolution du 1er avril, M.J.H.Dubuc, ingénieur civil, a été mis en charge des affaires de voirie de ponts et de tunnels, et en attendant qu’une nouvelle branche soit créée il est aussi chargé des affaires d’égout, d’a-queduc, d’usines et d’ateliers municipaux, sous la direction de l’ingénieur en chef.Cette nomination n’est que le premier pas fait vers l’organisation d’un bureau technique tel que projeté par M.Geo.Ja nin, l’ingénieur en chef.-è- RESULTAT DES ELECTIONS Lire en page 3.— M.McDonald élu.— Les chiffres officiels pour le maire, le bureau des commissaires et l’échevinage, etc.matin.Les candidats au bureau des vie et cVst ce qui nous permet de pre commissaires ne perdent leur dépôt ænter des affidavits et de faire enten-qu'au cas où ils n^btiennent pas la dre des témoins’’.moitié des votes de celui des candi- j Los plaidoiries terminées, le juge dats élus qui en obtient le moins.j Oharbonneau permet la preuve, mais bous réserve, comme nous l'avons dé-ADIEU DE M.LAVALLEE i jâ dit antérieurement.Après quoi, Mo ___¦__i,,., .Léon G&rneau donne lecture des deux mnbn Lnfc n 8 r.é“nl ,Ce affidavits dans lesquels il est dit matin dans son bureau les chefs des , , ^ « divers services de l’hôtel de ville qu!?u« “T T Me ” T pour leur faire ses adieux.Cette cé- I,rftnlt à P™ced*;r.on lui eommvmi-rémonie a été touchante.Le maire
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