Le devoir, 29 avril 1914, mercredi 29 avril 1914
VOLUME V—No.99 MONTREAL.MERCREDI 29 AVRIL.1914 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS Edition Quotidienne : • CANADA ET ETATS-UNIS.$3.00 UNION POSTALE.$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS.$1.50 UNION POSTALE.$2.00 DEVOIR Rédadtion et Administration: 43 RUE SAINT-VINCENT MONTREAL, TELEPHONES : ADMINISTRAI! -5 RÉDACTION : k |g Iain 7461 Iain 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! t -C E £ "S Th g-j§ ¦* ?.û &• SS A BATONS ROMPUS LES ÉLECTIONS FRANÇAISES Le télégraphe nous apporte de nouveaux chiffres et de nouveaux résultats.Ils ne modifient point l’impression première.La Chambre nouvelle ressemblera de tout point à la Chambre ancienne.C’est dire que d’elle l’on pourra s’attendre à tout ou à peu près.4 Au lendemain des élections de 1910, on criait à la victoire des éléments modérés et l’on prédisait un sensible relèvement du niveau général de la députation.Or, c’est la même Chambre qui, après avoir assuré l’élection de M.Poincaré, a maintenu au pouvoir, malgré tous les scandales, le cabinet , Doumergue-Caillaux.“Ici, nous touchons au dernier degré de la pourriture”, disait à ses collègues, à la fin du débat sur l’affaire Caillaux-Mo-nis-Fabre, M.Maurice Barrés.Cela ne paraît pas avoir sensiblement affecté le pays.M.Caillaux lui-même ne semble pas avoir eu beaucoup plus de difficultés que d’habitude à se faire réélire.Pourquoi?Notre correspondant français nous l’expliquait en prédisant, dix jours avant le scrutin, le résultat que nous apporte le télégraphe.Le scrutin d’arrondissement, qui est actuellement en usage, est presque imperméable aux grands courants d’opinion.Le «/sort des candidats dépend de considérations locales et personnelles.Les députés actuels ont du reste un intérêt essentiel au maintien de ce régime, et c’est ce qui explique l’insuccès final de toutes les campagnes en faveur du scrutin de liste doublé de la représentation proportionnelle.Mais l’on peut se demander si le scrutin de liste lui-même — c’est-à-dire l’élection de plusieurs députés par de vastes circonscriptions — donnerait des résultats beaucoup plus satisfaisants.Nous n’avons pas d’idée chez nous de l’influence dont dispose en tFrance le pouvoir central; et les Français eux-mêmes, à moins d’avoir pratiqué les fonctions administratives, ne le savent pas, nous disait un jour Henry Dard, l’ancien député du Pas-de-Calais.Nous nous plaignons du “patronage”, mais il arrive qu’avec notre système de décentralisation la distribution du “patronage” soit entre les mains de groupes qui se combattent et peuvent ainsi, dans une cer- > taine mesure, se neutraliser.Les “rouges” pourront être maîtres du “patronage” fédéral, tandis que les “bleus” disposeront du provincial, ainsi de suite.En France, tout ou presque tout relève du pouvoir central.Les administrations municipales mêmes sont obligées, dans certains cas, de faire approuver leur budget par le représentant du gouvernement et le chiffre des fonctionnaires est énorme.Le nombre de points où peut s’exercer la pression officielle est presque infini.Ajoutez à cela que le peuple français n’a ni le tempéramnt ni la for-^mation parlementaires, et vous comprendrez qu’à chaque élection un plus grand nombre de gens se disent: Il n’y a rien à faire avec le bul-' letin de vote.Le mal réside dans lest institutions mêmes.L’intéressant, pendant les années prochaines, ce sera beaucoup moins de suivre les débats du parlement que d’étudier l’action des groupes qui, en dehors du parlement, s’attaquent à la base même des institutions républicaines.' > L’AUDACE DE DE M.ÉVANTUREL .L’audace de M.Evanturel dépasse tout ce que l’on pouvait attendre.Rejeté par ses co-partisans à la Chambre, dénoncé par l’Association libérale de son comté, il annonce qu’il se pprtera candidat quand même.Ses amis comptent, paraît-il, sur la pitié qu’inspirerait son peu de fortune personnelle et disent: Après tout, il y a à la Chambre des gens qui ne valent pas mieux que lui! C’est possible, mais deux noirs, et même dix noirs, ne font pas un blanc et les électeurs de Prescott ne sont pas obligés de fournir à M.> Evanturel un gagne-pain.Le fait brutal, c’est que cet homme s’est conduit d’une façon telle qu’elle ne peut s’expliquer que par une inconscience totale.Il a offert, moyennant une somme de., de mettre son mandat de député au service de l’Association des hôteliers de l’Ontario.Son acte est tel que personne n’a sérieusement songé à l’excuser.Nous nous refusons à croire qu’il se trouve une fraction quelque peu considérable des électeurs de Prescott qui se laisse aveugler par la , pitié, et l’amitié personnelle au point de vouloir renvoyer à Toronto un s homme qui en est parti dans des conditions pareilles.Ce serait l’un des pires coups portés à l’influence canadienne-fran-çaise.Parce que nous sommes une minorité — et une minorité qui lutte présentement pour le respect de ses droits essentiels — nous avons le devoir d’être plus sévères, plus rigoureux que qui que ce soit dans le choix de nos^représentants.Du reste, il ne devrait plus y avoir de place dans la vie publique pour un homme comme M.Evanturel.' LE REMÈDE Certains de nos amis se sont fort indignes des procédés employés contre nous dans une récente polémique.Us se demandent pourquoi pn a inventé des remontrances qui n’ont jamais existé, pourquoi on a fabrique un texte, pourquoi on a fait le silence complet sur tel discours d’un homme éminent, etc.Pourquoi?nous l’ignorons; mais nous savons parfaitement que ces > procédés n’ont chance de réussir qu’auprès du lecteur exclusif de la feuille qui ose les employer.Le meilleur moyen de les combattre, le seul remède à l’état de choses dont on s’indigne, c’est donc de propager le journal afin qu’il oppose partout la vérité au mensonge, les textes vrais aux textes faux.Le cynisme avec lequel on vient d’opérer démontre qu’on peut s’attendre à n’importe quoi pour l’avenir.DE QUOI SE PLAIGNENT-ILS ?L’attitude des députés ministériels de Québec qui se plaignent du > choix de M.Kelly nous parait plutôt étrange.De quoi se plaignent-ils ¦ en somme?Il est parfaitement vrai que M.Kelly reste sous le coup d’accusations qu’on n’a pas encore tirées au clair et que c’est le dernier homme qu’on eût dû appeler dans un corps qui a plutôt besoin de replâtrage-mais, enfin, quand les députés récalcitrants ont-ils songé à protester contre l’interruption de l’enquête?N’ont-ils pas, en refusant d’ordonner un supplément d’enquête dans ' l’affaire Mousseau, donné au gouvernement une sorte de blanc-seing?LEÇON DE CHOSES Ceux qui veulent être renseignés sur les résultats de notre système d’immigration n’ont qu’à aller faire un tour sur le Champ de Mars et à s étudier un peu les réunions quotidiennes de sans-travail.C’est une bonne leçon de choses.Orner HEROUX.LA LOI DES LICENCES Les amendents à la loi permettant la vente des liqueurs spiritueuses entrent en vigueur après demain, 1er mai.Un certain nombre regardent surtout les commissaires chargés de 1 administration de la loi et ne peuvent être appliqués qu’à l’occasion du renouvellement de permis.D’autres s’appliquent dès vendre di et ce sont ceux-ci qu’ils est important de rappeler.D’abord, toute liqueur contenant pour cent d’alcool de preuve décrétée alcoolique.est Puis le débit des liqueurs dans les buvettes et magasins “ licenciés” est prohibé entre onze heures du soir et sept heures et demie du matin suivant.La vente des liqueurs spiritueuses dans des récipients étiquetés de façon à tromper comporte des pénalités variant de $50 à la prison et, si c’est un fabricant, du double de ces pénalités.Il est également interdit de prendre des commandes de liqueurs spiritueuses dans tous les endroits où la vente de celles-ci est prohibée par règlement, ou non autorisée, de même qu’il est défendu à tout agent de percevoir le prix total ou partiel de ces liqueurs.L’envoi des liqueurs dans ces mêmes endroits doit être adressé directement à l’acheteur de bonne foi.Tout envoi adressé à un intermédiaire est illégal.Interdite aussi, la livraison de liqueurs spiritueuses, même gratuitement, à une personne âgée de moins de 18 ans, ou à toute autre personne, si l’on sait que cette liqueur est destinée à un mineur.L’infraction de cette disposition entraîne pénalité contre l’acheteur aussi bien que le vendeur.Passible de condamnation aussi le mineur qui ne justifie pas sa présence dans une buvette.Aucun mineur ne peut être employé au débit des liqueurs ou même dans la salle de ce débit.On nous demande si la loi exige la séparation du commerce des liqueurs du commerce des épiceries, cette année.La loi ajourne ce changement au 1er mai 1915 et encore est-elle plutôt accommodante si elle n’est pas intentionnellement trompeuse sur ce point.Les articles de la loi qui reglé-mentent ce cas, tels qu’amendés, se lisent comme suit : " 1029.Aucune personne, faisant “ commerce quelconque et n’étant “ pas autorisée à vendre des li-“ queurs enivrantes, ne peut garder (Sans sa place d’affaires ou les dé-“ pendances d’icelles, dans le but “ d’en opérer la vente, aucune quan-“ tité de liqueurs enivrantes, sous “ peine de confiscation de ces li-“ queurs en sus des pénalités édic-“ tées par l’article 1009, et aucun “ épicier ou marchand de victuailles “ ne doit vendre ou garder*pour les “ vendre, dans le bâtiment où ses ar-“ tides d’épicerie ou produits ali-“ mentaires sont gardés, des li-“ queurs enivrantes, sous peine de la “ même confiscation, en sus desdites “ pénalités, à moins que cet épicier “ ou marchand de produits alimen-“ taires ne soit, le premier jour de “ mai 1915, porteur d’une licence de “ magasin de liqueurs et à moins “ que cette licence ne soit ci-après “ renouvelée en faveur de la même “ personne, ou à moins qu’il n’y ait “ aucune communication intérieure “ entre cette partie des lieux ou de “ leurs dépendances, dans laquelle “ se vendent des liqueurs enivran-“ tes et la partie desdits lieux ou dé-“ pendances dans laquelle se fait le “ commerce d’épicerie ou de pro-“ duits alimentaires, ” “ Article 10(55.Pendant la durée “ d’une licence pour la vente de li-“ queurs enivrantes, nul commerce “ d’épiceries, provisions, sucreries “ ou fruits ne doit être fait dans “ l’intérêt et pour le bénéfice direct “ ou indirect de la personne munie “ d’une licence dans les lieux où “ s’exerce cette licence, sauf que le “ présent article ne s'applique à au-“ cun épicier ou marchand de pro-“ duits alimentaires possédant une “ licence de magasin de liqueurs le “ premier jour de mai 1915, laquelle “ licence peut être par la suite re-“ nouvelée en faveur de la même “ personne, mais pourvu que cette “ exception ne s’applique pas dans “ le cas de tout transfert de la li-“ cence ou du commerce, soit par “ contrat, succession ou par l’effet “ de la loi.” C’est-à-dire qu’on exempte de l’obligation de séparer les deux commerces, tous ceux qui ont actuellement un permis de vendre des liqueurs alcooliques ; et peut-être l’exemption va-t-elle encore plus loin : sauf ceux (Ah “posséderont” un permis le lef mai 1915”, dit-elle.Or, les permis se donnent avant le 1er mai de chaque année.Donc, la loi ne touchera certainement que ceux qui.obtiendront un permis après le 1er mai 1915 et ceux qui en achèteront un.On dit que les épiciers seront plus francs que la loi parce qu’ils y trouveront leur avantage.C’est à souhaiter.Car si l’on compte sur la loi pour atteindre le but qu’on se proposait, on s’apercevra encore une fois qu’on a été habilement roulé.Jean DUMONT.DEUIL Notre excellent camarade, M.Napoléon Lafortune< vient d’avoir la douleur de perdre un jeune bébé.Nous le prions, ainsi que Mme Lafortune, d’agréer l'expression de notre profonde et cordiale sympathie.BILLET DU SOIR.LE PROGRES Je connais la loi et je sais que je suis passible d’un emprisonnement variant entre quatre jours et cinq ans, comme un vulgaire bigame, mais je ne puis résister au plaisir de publier cette lettre qui j’ai trouvée ouverte et que j’ai lue.parce qu'elle bouche un coin à M.Godfrey Lcmglois qui nous reproche toujours nos moeurs rétrogrades.C’est un libre penseur du Canada qui écrit à un ami de France pour le féliciter de l’élection de M.Caillaux.Je cite le passage te phis intéressant : “J'ai lu avec plaisir dans les journaux l’annonce de la victoire de M.Caillaux.Cela nous prouve encore, cher ami, que les idées nées des immortels principes de 89 sont en marche.Autrefois un poète de mérite, car il ne fut pas toujours calo-tin, écrivait : “Suivant que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cours vous rendront blanc ou noir.” Le brave homme comptait sans le suffrage universel qui n’est autre chose que l’opinion publique, le tribunal en dernière instance devant lequel peut en appeler tout homme attaqué dans sa réputation, comme c’était le cas de M.Caillaux.Un tribunal composé de quelques hommes faillibles est bien souvent sujet à erreur, mais il n’en est pas de même du tribunal qui se compose de tous les électeurs d’un arrondissement aussi éclairé que celui où M.Caillaux briguait les suffrages.“Mon cher ami, il y a quelques années je vous aurais écrit : “Je vous félicite et vous envie”, aujourd’hui, grâce à la Science, je puis vous dire que nous n'avons presque plus rien à vous envier.Nous marchons sur vos traces sans hâte, car la France est notre ai née de tant de siècles, mais nous y marchons tout de m\ême.“Les événements qui viennent de se dérouler cher nous prouvent aussi, mon cher ami, qtie nous pouvons juger par nous-mêmes.Ainsi à Québec récemment, à la suite d’une enquête, il se trouva que quelques-uns des membres du parlement fussent impliqués dans une affaire de scandale.On découvrit même trois coupables.Le premier ministre réussit, fort habilement, à restreindre Venquête.Quelques semaines plus tard un remaniement ministériel amena imc élection partielle.Il y a quelques années, le gouvernement aurait peut-être été battu dans la personne de son candidat, mais que de chemin accompli en peu de temps! le peuple lui a accordé une solide, majorité, prouvant bien clairement qu’il entend être volé comme il lui plaira mais qu’il veut être juge dans sa propre cause.“Et je pourrais vous citer d’autres exemples analogues.“Ne voyez-vous pas là vos idées en marche ?Le peuple comprend enfin la puissance de l’arme qu’il a entre les mains et prouve qu’il veut s'en servir comnle il l’entend.“De beaux jours vont luire pour les esprits libres, même au Canada où l'aurore, pour avoir été lente, n’en sera que plus éclatante."Croyez, etc.” P.C.C.Louis BRETON.LETTRE D’OTTAWA Le Nord-Canadien et ce que VEtat fera pour lui aider.— 45 millions.— Un chemin de fer du Nouveau-Brunswick et quelques politiciens.Ottawa, 28.— Il n’a été question aujourd’hui, dans les milieux politiques d’ici, que des chemins de fer.Ce matin, les ministériels tenaient une grande assemblée secrète au sujet de l’assistance que le ministère va donner au Nord-Canadien.Cet après-midi, des politiciens du Nouveau-Brunswick se disaient des choses plus ou moins agréables à propos d’un chemin de fer de leur province, la Saint-John Valley Railway Company.Et, ce soir, à l’issue de la séance, le ministère rendait publics les termes auxquels il est prêt à donner de l’assistance financière au Nord-Canadien.La journée a donc été assez employée.Et l’intérêt ne s’est pas porté que sur la séance de la Chambre, quoique, à certains intervalles, elle fût assez importante.L’affaire du Nord-Canadien a surtout monopolisé l’attention générale.Et cela se comprend: l’Etat y va de 45 millions au crédit national.L’ASSISTANCE A TERRE-NEUVE Hier après-midi, un député interpellait le ministère afin de savoir s’il se contenterait de voter un don de dix mille piastres pour les familles des sinistrés de Terreneuve.M.Borden a donné sa réponse cet après-midi.Le don de fEtat aux parents des naufragés sera de vingt-cinq mille piastres.“Le désastre est encore plus grand que ne le laissaient prévoir les dépêches, à l’heure où nous décidions de verser $10,000 au fonds de secours, dit M.Borden.Aussi avons-nous résolu de porter notre souscription à $25,-000.” Sur ce, M.Laurier, fort bref, donne son assentiment, disant : “Je crois que, vu les circopstances, l’accroissement de ce don est parfaitement raisonnable.” La somme fera partie des prévisions budgétaires additionnelles dont le ministre des finances saisira bientôt la'Chambre des Communes.Quelques minutes plus tard, tandis que maints députés s’amusent à suivre les «coups-d’aites effrayés d’un oiseau qui s’est introduit sous les vaisseaux de la grande salle et se frappe aux verres dépolis de la voûte, M.Laurier s’informe à propos du prétendu scandale découvert aux bureaux de l’agence du ministère de la navigation, à Québec.“Le ministère a reçu des informations assez vagues à ce propos et il a chargé un de ses fonctionnaires, M.Doutre, de faire enquête, assisté d’un fonctionnaire du ministère de la Justice”, dit M.Hazen.Les irrégularités remonteraient à 1908 et à 1909, il y aurait eu des noms fictifs d’ajoutés à la liste des fonctionnaires, et quelqu’un aurait retiré les salaires portés en regard de ces noms d’employés, et les aurait fait servir au paiement de notes dont les comptables du ministère de la navigation, à Ottawa, refusaient d’autoriser le paiement.Le directeur de l’agence, M.Béland, proteste de son innocence et dit n’avoir pas connu ces irrégularités.D’autre nart, les fonctionnaires incriminés.' à part lui, persistent à dire qu’il était au courant de l’affaire et qu’il v a même donné son assentiment.Quoi qu’il en soit, le ministère informe et il aura sous peu un rapport à ce sujet.” UN CHEMIN DE FER DU PLANTONS DES ARBRES On fixera bientôt un jour officiel pour la plantation des arbres.Cette coutume qui date de plusieurs années n’est malheureusement pas assez suivie.4 L’arbre est pourtant un protecteur contre les grands vents, contre le soleil, contre les inondations.Et quel enjolivement il est aussi ! Autour de la maison, le long du chemin, au bord d’un cours d’eau, l’arbre est un ornement qui donne un charme particulier au tableau.Pourquoi n’a-t-on pas le goût de l’arbre ?On aime pourtant un joli foyer.Combien la maison mi-cachée d’arbres est plus jolie.Quel beau village, se dit-on parfois d’un groupe de maisons pourtant de lignes très simples.On ne pense pas que ce sont les arbres qui lui donnent ce cachet qui impressionne.Nous avons une belle province, mais combien elle serait plus belle encore si chacun se donnait la peine de planter une dizaine d’arbres chaque année.Et combien nous l’enrichirions aussi en plantant des arbres fruitiers dont la culture n’est pas si difficile avec un peu d'attention.Vers les quatre heures, comme la Chambre va passer à l’étude des modifications que M.White propose de faire au tarif,-—ces modifications de détail se font devant la commission des Voies et Moyens, — M.Cnr-vell.député du Nouveau-Brunswick, et l’un des orateurs les plus combatifs de l’opposition, aiguille la séance vers un débat sur les affaires du chemin de fer de la vallée de la rivière Saint-Jean.M.Hazen lui répond, M.Michaud, d’Edrnundston, s’en mêle, ainsi que M.McLeod, de York, (N.B.), et M.Emmerson intervient, puis M.Turgeon, après quoi tout le inonde en a assez de cette affaire d’intérêt plutôt limité pour la masse des gens; car il s’agit d’un chemin de fer du Nouvcau-Brunswick avec, leouel le ministère Borden n’a guère de relations—du moins M.Carvell admet lui-même que le ministère fédéral des chemins de fer s’est comporté fort bien, en tout cela,—si les politiodens du Nouveau-Brunswick v trouvent amplement matière à discussion.11 y a peu de gens aussi querelleurs.aux Communes, et aussi vindicatifs.de manière générale, que les députés du Nouveau-Brunswick.La plupart sont arrivés à Ottawa après un stage assez long dans la L’invitation officielle à planter des arbres n’est guère écoutée de nos gens.Pourquoi nos curés ne la supplémentcrnient-ellc pas d’un appel qui serait mieux entendu ?Et pourquoi ne donneraient-ils pas l’exemple ?Les terrains des fabriques sont ordinairement assez vastes à la campagne.Un bon choix d’arbres plantés avec goût leur ferait un encadrement magnifique.G.DALLAIRE.politique provinciale, où ils se sont fait des enemis.Et ils transportent ici leurs animosités, leurs rivalités, leurs haines et leurs petitesses d’esprit, en certains cas.Ainsi, aujourd’hui, M.Carvell lançait cette affaire du chemin de fer de la vallée du fleuve Saint-Jean afin d'embarrasser M.Hazen, premier ministre du Nouveau-Brunswick, avant d’entrer dans le ministère Borden.Et, de son côté, le ministère de la Navigation et de la Marine imputait à M.Carvell des motifs plus ou moins louables, de même que le faisait aussi M.McLeod.Il y a eu des passes d’armes assez vives, des échanges de mots mordants; mais le débat n’a pas prouvé qu’il valait la peine de saisir la Chambre des Communes de ees rivalités provinciales, du moins tant qu’une commission d’enquête n’aura pas établi, au Nouveau-Brunswick, la véracité des faits allégués par M.Carvell et niés par M.Hazen.L’affaire peut se résumer ainsi, quant à la version de la gauche: en 1911, il était question, dans le Nouveau-Brunswick, de construire, de Grand-Falls à Saint-Jean, à travers une région dépourvue de communications par voies ferrées, un chemin de fer qui aurait joint le Transcontinental-National au port de Saint-Jean.Les libéraux, à Ottawa, auraient négocié alors un projet avec le ministère Hazen, conservateur, qui gouvernait le Nouveau-Brunswick.Mais l’entente ne fut jamais signée.D’après les termes de cet accord, le chemin de fer de la Vallée du Saint-Jean devait être du même type que le Transcontinental-National; l’Etat l’aurait exploité eu le rattachant au réseau de ITntercolonial, moyennant paiement de 40 pour cent des recettes brutes de cette voie à la province du Nouveau-Brunswick par le ministère fédéral des chemins de fer qui, de son côté, aurait gardé 60 pour cent de ces recettes brutes pour les verser au trésor canadien.Le ministère Hazen retarda l’adoption de cette convention jusqu’après les élections générales.Alors, M.Hazen entra dans le ministère Borden et l’entente se fit enfin, mais après changements importants dans les termes.Le chemin de fer de la Vallée ne devait pas se rendre a Grand-Falls, mais seulement à Andover; il ne se rattachait pas au Transcontinental-National, il n’était pas du même type de voie, et il a clé mal construit.Il coûtera au plus $21,500 du mille.Le ministère du Nouveau-Brunswick confia ce chemin à une compagnie composée d’abord de gens du Nouveau-Bruns-mick, et bien connus, puis ensuite devenue le paravent “d’un groupe de finauds Yankees qui ont exploité à leur aise la province du Nouveau-Brunswick, avec l’assentiment de l’administration conservatrice de cette province, et qui ont exporté aux Etats-Unis $2,700,000 de bon argent canadien”, dit M.Carvell.Ce groupe d’Américains obtint, pour ce chemin de fer d’une valeur réelle de $21,500 du mille, une garantie totale, tant provinciale que fédé-k3*®’ de $35,000 pour chaque mille.Ln 1913, la partie construite de ce chemin avait 10.7 milles de long, et elle avait coûté $125,070.Entièrement parachevée, cette partie de la voie coûtera $22,000 le mille.Les gens qui la construisent feront en tout un profit de $18,000 du mille, Îa> 1 7 ?^ milles à construire.D après les calculs de M.Carvell et de ses amis, les entrepreneurs au-ront fait un bénéfice net de $800,-000, la voie construite d’un bout à I autre.11 y a là un scandale, et le ministère fédéral devrait intervenir.\oyons maintenant la version de a droite.Elle diffère du tout au tout.M.Carvell et ses amis n’au-raumt soulevé cette question que dans le but de vilipender et de calomnier leurs collègues du Nouveau-Brunswick qui ont le malheur u etre conservateurs ; et ils se seraient hâtés de le faire avant que la commission royale d’enquête nommée par le lieutenant-gouverneur de cette province ait commencé son travail à ce sujet.Il fallait indisposer le publie et donner cours à des insinuations.Ce chemin de la Vallée du Saint-Jean est indispensable à la région du Nouveau-Brunswick qu’il traverse.Et cependant les ministères libéraux du Nouveau-Brunswick n’ont jamais trouvé le moyen de le construire.Les conservateurs ont entrepris de le faire, et ils y réussissent.M.Pugsley, quand il était premier ministre du Nouveau-Brunswick, offrait une subvention de $l5,000 du mille, pour la construe-tion de cette voie, il ne trouva pas preneur.Le ministère Hazen offrit une subvention de $25,()()(), et l’affaire s’engagea.L’enquête faite par la commission royale démontrera, disent MM.Hazen et McLeod, que tout l’argent négocié pour cette entreprise y a été engagé, qu’il n’y a pas eu de pots-de-vin ni de coulage, que le chemin de fer est mieux construit que n’importe quelle voie ferrée dans les Provinces Maritimes, le Pacifique-Canadien et 17n-tcrcolonial y compris.Enfin, disent les conservateurs qui parlent de cette affaire aujourd’hui, si MM.Carvell et Emmerson font tant de bruit, c’est que les administrations libérales de leur province n’ont pas réussi A lui donner ce que lui don- ne un ministère conservateur, et qu’ils voudraient empêcher le parti conservateur de tirer du crédit de cette entreprise menée à bonne fin.Il y a, chemin faisant, de petites scènes, entre MM.Carvell et Hazen et McLeod, un peu de langage qui n’est pas parlementaire, un peu de bruit, de grands éclats de voix, des invitations à la contradiction, des défis tapageurs, pendant lesquels on entend des interruptions et des exclamations de l’excitable M.Gau-vrcau, de Témiscouata, qui ne se peut plus contenir, quand le président de la Chambre, M.Sproule, intervient pour rétablir le calme.Les démentis abondent, M.Carvell est agressif, M.McLeod aussi, et la Chambre passe des minutes assez animées.Le débat en reste là, après un discours final de M.Turgeon, de Gloucester.Puis la Chambre entreprend d’étudier les modifications de détail au tarif.L’AFFAIRE DU NORD-CANADIEN ~ Assez tard dans la soirée, M.Borden rend publiques, au cours d’un communiqué officiel aux journalistes, les conditions principales auxquelles l’Etat garantira 45 millions des obligations du Nord-Canadien.Le Devoir donne ailleurs la substance de la déclaration du premier ministre.Il en résulte que, en retour de cette garantie, l’Etat prend sur lui de réduire de 145 millions a 100 millions la capitalisation totale du Nord-Canadien et de ses compagnies filiales.De ce capital-actions d’où l’Etat exprime le plus d’eau possible, il s’emparî de 40 millions, en laissant 60 millions à Mackenzie et Mann.L’Etat n’aura donc pas, quoi que la rumeur ait dit jusqu’à ce jour, la maîtrise absolue du Nord-Canadien.Mais, d’autre part, l’Etat, outre les garanties importantes qu’il se fait consentir par Mackenzie et Mann, — elles comprennent le réseau du Nord-Canadien dans les trois provinces des prairies, ainsi que vingt millions du capital-actions des compagnies d’emplacements de villes organisées par Mackenzie et Mann, — décrète aussi que, si le Nord-Canadien ne paie pas à l’Etat, à échéance, le capital ou les intérêts échus, l’Etat pourra confisquer au bénéfice du peuple tout l’actif du Nord-Canadien.Et, dans ce cas, Mackenzie et Mann perdront du coup tous leurs intérêts dans la compagnie, sans nulle compensation.Le projet de loi du ministère sera fort compliqué et assez volumineux.Il a été préparé par M.Mci-ghen.et il a reçu l’approbatur du premier-ministre.Ce soir même, sir William Mackenzie, président du Nord-Canadien, était dans les couloirs.il s’est déclaré satisfait des termes de l’entente à laquelle il en est arrivé avec le ministère.Tl reste à savoir si l’opposition et surtout le pays le seront autant.Il est certain que ni M.H.B.Bennett ni M.Nickle n’appuieront le ministère sur ce point.Et la gauche fera quelque bruit.L’affaire est assez touffue pour donner lieu à maintes interprétations.Et la Chambre emploiera bien une dizaine de jours à tirer l’affaire au net.Mais il ne fait doute pour personne que la mesure ministérielle à l’effet de garantir 45 millions des obligations du Nord-Canadien recevra finalement l’assentiment du parlement, quelque opinion mie l’on entretienne miant à l’opportunité de cette législation.Georges PELLETIER.LES SOUPERS DES AMIS DU “ DEVOIR ” Le onzième souper bi-mensuel des amis du “Devoir” aura lieu au “St.Lawrence Hall”, le jeudi, 30 avril à 7 heures.On peut se procurer des billets dès maintenant aux bureaux du “Devoir”, 43 rue Saint-Vincent, et aux adresses suivantes : M.le docteur Chouinard, 1675 Est rue Sainte-Catherine ; M.J.A.Payette, 1882 ouest rue Notre-Dame ; M.E.Boursier, 57 rue Laprairie, coin Châteauguay ; Pharmacie Emery, 1001 ouest avenue Laurier ; M.Anatole Renaud, 301 boulevard Saint-Laurent ; M.Paul Rolland, 165 rue Hadley ; M.J.H.Langevin, 365 Marie-Anne, coin Berd.M.Alfred Goyette, 124, est avenue Mont-Royal.Les billets sont retirés des dépôts le mercredi soir.Si alors il en reste encore quelques-uns à la disposition des amis, on ne peut se les procurer qu’aux bureaux du “Devoir”.Aucun billet n’est mis en vente plus tard que jeudi midi.Le prix est toujours de 75 sous.LE COMITE.UN ROMAN PAR MOIS NOTRE FRONTIERE La distribution de notre troisième roman mensuel, NOTRE FRONTIERE, par M.Paulin Comtat, se continuera jusqu’à nouvel ordre.Rappelons qu’on peut se procurer un exemplaire du roman en présentant à nos bureaux, avec 3 sous, les six ou même cinq (celui du lundi 13 n’étant pas exigé) coupons qui ont paru dans le Devoir, du lundi 13 au samedi 18 avril, ou bien en nous expédiant les coupons par la poste, en y joignant 6 sous, pour le prix du roman, plus les frais de port et d’emballage. Q LE DEVOIR, MONTREAL, MERCREDI, 29 AVRIL 1914 VOL.V.—No.99 7 > CHRONIQUE RELIGIEUSE ROME ET LE MONDE RETRAITEFERMEE POUR JEUNES FILLES, AU PENSIONNAT ST-LOUIS-DE-GON-ZAGUE Les exercices de la retraite commenceront à cinq heures du soir, le 2!) juin, et se termineront le 3 juillet, à huit heures du matin.Aucune rétribution n’est exigée pour les frais du séjour ; seulement, chaque retraitante est priée de laisser une offrande selon ses moyens pour couvrir les dépenses de la re- I traité.Toutes celles qui désirent prendre part à la retraite peuvent s’inscrire dès maintenant, en s’adressant à Madame la Supérieure, Pensionnat St-Louis-de-Gonzague, 241, rue Sherbrooke Est, Montréal.45 MILLIONS POUR LE NORD-CANADIEN LE CAPITAL-ACTIONS DE LA COMPAGNIE DU NORD-CANADIEN EST REDUIT DE 145 MILLIONS A 100 MILLIONS.— L’ETAT SERA DETENTEUR DE 40 MILLIONS DE CE CAPITAL-ACTIONS.— MACKENZIE ET MANN EN AURONT 60 MILLIONS ET GARDERONT LA DIRECTION DE LA COMPAGNIE.— SI LE NORD-CANADIEN NE REMPLIT PAS TOUTES SES OBLIGATIONS ENVERS L’ETAT, LE GOUVERNEMENT POURRA CONFISQUER LA VOIE AU BENEFICE DU PAYS.— LES GARANTIES OFFER-“ TES A L’ETAT, EN RETOUR DES ENGAGEMENTS QU’IL PREND.LES GRANDES LIGNES DU PROJET DE LOI TRIDUUM A L’EGLISE _____ DU GESU Demain, 30 courant, commencera le triduum annuel des Associés de la Bonne Mort.Tous les soirs, à 7 heures 30, sermon suivi du salut.Clôture dimanche,fête du patronage de Saint-Joseph.LES JEUDIS DE LAVAL tie soir, à huit heures un quart, dans la salle des Promotions de l’Université Laval, M.René Gauthe-ron fera sa dixième et dernière conférence.Sujet traité: “Les moeurs de a province, de Paris, et de la Cour à la fin du 17e siècle d’après les Mémoires du temps”.HOPITAUX ET SANATORIUMS AU SOUPER ANNUEL DE L’ASSOCIATION DES ASSUREURS, UN SENATEUR DE NEW - YORK FAIT D’INTERESSANTES SUGGESTIONS.Le souper annuel de l’Association des Assureurs a eu lieu hier soir, au restaurant Cooper.Un hôte distingué, le sénateur \V.J.TuJly, de l’Etat de New-York, a porté la parole aux convives.Dans son discours, M.Tully a préconisé la fondation de vastes et spacieux hôpitaux et sanatoriums dans lesquels les compagnies d’assurances sur la vie feraient soigner elles-mêmes leurs patients.Le sénateur voudrait aussi voir sc fonder un grand nombre d’associations pour construire des immeubles sanitaires afin de combattre par le moyen des habitations hygiéniques la maladie chez les bénéficiaires de polices.En terminant, M.Tully a recommandé aux assureurs de s’unir dans une idée commune de propagande pour le plus grand bien de la société.LA DEMANDE DE L’ “ EVENING NEWS ” Toronto, 2!).— La seconde demande d’une franchise pour l’obtention du service des nouvelles de la Canadien Press, présentée par “The Evening News” qui doit paraître à Montréal, a été ajournée hier, à une réunion des actionnaires de cette agence.La résolution suivante, après un assez vif débat, a été votée:— “Les actionnaires (de la Canadian Press) sont d’avis que la situation chez les journaux anglais du soir, à Montréal, ne doit pas rester indéfiniment dans l’état actuel; il est recommandé au bureau des directeurs d’examiner de nouveau la situation le ou avant la réunion des actionnaires qui sera tenue le 24 juin”.-— ECOLE D’ELOCUTION ___COLUMBIAN C’est ce soir, à S heures 15, qu’a heu au Monument National, la soirée littéraire avec le concours des élèves de Mlle Idola Saint-Jean.Cette soirée sera sous la présidence du consul de France M.L.Raynaud.CHEMIN DE FER DU CANADIEN-NORD Service de train-extra pour l’embranchement de Montfort, en vigueur le 2 mai 1914., Le chemin de fer du Canadien-Nord a fait les arrangements nécessaires pour faire circuler un extra qui partira de la Jonction de Mont-fort à 3.30 p.m., le samedi seulement, à partir du 2 mai et jusqu’à avis du contraire, pour faire raccordement avec le train No 453, du Pacifique-Cjmadien, qui part de la gare Place Viger à 1.45 p.m., arrêtant à foutes les gares, et arrivant à Huberdcau à 6.05 p.m.Aussi un train extra partant d’îîn-berdeau à 6.30 n.m., le lundi seulement a partir du 4 mai, et jusqu’à avis contraire arrivant à la Jonction de Montfort à 9.30 a.m., faisant raccordement avec le train No 442 du Pacifique-Canadien, qui arrive a la gare de la Place Vigor à Montreal, à 11.00 a.m.Gela, en plus du service actuel de trains.r.Ottawa, 28 — A onze heures et demie, ce soir, M.Borden communiquait aux journalistes une déclaration résumant et exposant les grandes lignes du projet de loi relatif au Nord-Canadien dont le ministère saisira la Chambre ces jours-ci.Il résulte de cette déclaration que l’Etat va garantir au montant de 45 millions les obligations du Nord-Canadien.Celte somme de 45 millions, jointe aux sommes que le Nard-Canadien pourra réaliser sur son actif actuel, sera suffisante pour compléter le réseau transcontinental de cette compagnie.Ce réseau, une fois terminé, comprendra dix mille milles de voies ferrées.LE CAPITAL-ACTIONS DU NORD-CANADIEN La compagnie du Nord-aCana-dien a à l’heure présente un capital, actions total et en cours d’une valeur nominale de 145 millions, Mackenzie et Mann en détiennent 138 millions, et l’Etat, 7 millions.Ces 145 millions se composent de 77 millions dans le Nord-Canadien et de 68 millions de capital-actions dans des compagnies filiales.Le capital de 145 millions est réduit à, 100 millions.L’Etat en recevra 33 millions ; ceci ajouté aux 7 millions dont il est déjà détenteur, formera la somme de 40 millions.D’autre part, la compagnie Mackenzie et Mann qui, à l’heure actuelle, détient 138 millions de capital-actions, n’en détiendra plus que 60 millions, elle subit donc une réduction de 78 millions.Mackenzie et Mann donnent une quittance complète et finale au Nord-Canadien et à toutes ses compagnies filiales, pour les créances qu’ils peuvent avoir contre elles, à cause des services qu’il lui ont donnés depuis 18 ans.LES GARANTIES OFFERTES A L’ETAT L’Etat reçoit, à titre de garantie, une hypothèque sur 5,000 milles de voies ferrées du Nord .Canadien dans les trois provinces de l’Ouest.C’est la partie qui fait le plus d’affaires et de recettes, la partie la plus rémunérative du réseau.Si le Nord-Canadien emploie une partie quelconque des 45 millions qu’il obtiendra au moyen de la garantie de l’Etat à compléter ou à améliorer des voies filiales, il devra donner une hypothèque additionnelle à l’Etat, jusqu’à concurrence de l’argent dépensé pour ces fins.LA REDUCTION DU CATUTAL-ACTIONS Le ministère est arrivé à réduire la capitalisation du Nord-Canadien, de 145 millions à 100 millions en faisant transporter au Nord-Canadien lui-même le capital-actions de toutes les compagnies de chemins de fer filiales .du Nord-Canadien, des compagnies de termini, des compagnies de messageries, de télégraphe et d’entrepôts ainsi que de navigation qui se rattachaient de différentes manières à cette entreprise.Le transport s’est fait au capital de cent millions.L’Etat détient une partie de ces 100 millions, soit 40 millions, et, de ce fait, il est intéressé dans toutes les compagnies liliales jusqu’à concurrence de cette somme.Le ministère a aussi fait donner à l’Etat une garantie sur les sites de villes ("town-sites”) appartenant à Mackenzie et Mann, dans l'Ouest, et qui ont une valeur considérable.La compagnie filiale des emplacements de villes a cédé à l’Etat des obligations pour une somme de dix millions et du capital-actions ordinaire pour une; autre somme de dix millions.Afin ' de s’assurer que les 45 millions obtenus au moyen de la garantie de l’Etat ne seront employés qu’au parachèvement du réseau transcontinental du Nord-Canadien, le ministère a pris les dispositions les plus sévères qui soient.LES DETTES DU C.N.R.A l’heure actuelle, la compagnie du Nord-Canadien, outre les sommes dont elle débitrice envers ses entrepreheurs, — sommes assez considérables, — doit aussi 14 millions, emprunts temporaires, obtenus au moyen de mise en dépôts de capital-actions non vendu et qui n’a pas pu se vendre, jusqu’ici, pour une somme raisonnable ; et elle doit aussi de dix à onze millions : le gouvernement Borden a stipulé que la compagnie Mackenzie et Mann Limitée devra donner des garanties satisfaisantes à l’Etat qu’elle n’emploiera pas un sou des 45 millions obtenus grâce au crédit du Canada, au paiement de ses dettes, et que tous les 45 millions devront servir au parachèvement du transcontinental, non pas à payer des anciennes créances.LE TRANSPORT CANADIEN Toutes les marchandises expédiées par le Nord-Canadien devront être transportées sur lo territoire COUPON No 3 i.a aerie de six coupons consecutifs et vingt sous apportes aux bureaux du DEVOIR, 43 rue Saint-Vincent, donnent droit, à un exemplaire de “La Vie de Louis Veuillot”.Les personnes qui désireront recevoir ce livre franco, devront envoyer six sous en plus pour frais de poste et d'emballage.LA VIE DE LOUIS VEUILLOT LE DEVOIR canadien, par des compagnies de transport canadiennes.Et si ces marchandises sont destinées A l’exportation, elles devront être expédiées de ports canadiens, il n’y aura nulle exception à cette condition, elle est absolue.Le Nord-Canadien devra s’engager à faire l’échange de transport avec ITntercolonial ; mais les conventions que le chemin de fer de l’Etat a sur ce point avec d’autres compagnies ne devront pas en souffrir.Des fonctionnaires de l’Etat pourront en tout temps avoir accès, pour inspection, aux livres, aux rapports et aux autres documents du Nord-Canadien et de ses compagnies filiales.L’Etat aura droit d’avoir un représentant dans le bureau de direction du Nord-Canadien et dans celui de chacune de ses compagnies filiales.L’Etat aura aussi juridiction législative sur tout le réseau du Nord-Canadien et ce chemin de fer sera en tout et partout soumis à la juridiction de la commission des chemins de fer.SI LE NORD-CANADIEN.Si la compagnie du Nord-Canadien ne remplit pas ses obligations, soit qu’elle ne paie pas les intérêts dûs à l’Etat, soit qu’elle ne lui rembourse pas le capital à échéance, l’Etat aura le droit, par simple arrêté ministériel, de congédier les directeurs du Nord-Canadien ou de chacune des compagnies filiales qui n’aura pas observé les termes de ce contrat, et d’en nommer d’autres à son choix.Ce nouveau bureau de direction aura des pouvoirs extraordinaires, et il pourra confisquer le chemin de fer du Nord-Canadien au bénéfice du peuple, en nommant le gouvernement fiduciaire pour le peuple canadien.Ou encore, le nouveau bureau de direction aura le pouvoir, avec l’assentiment du ministère, de céder le chemin de fer à toute compagnie constituée dans ce but.Dans ce cas, Mackenzie et Mann perdront tout leur capital-actions et tous leurs intérêts dans l’entreprise, et l’Etat serait fidéi-commissaire, pour le peuple, de ce chemin de fer, ou la nouvelle compagnie constituée pour l’exploiter le détiendrait au bénéfice de la nation.LES INTERETS L’Etat s’engage, s’il en est requis par la compagnie d’aujourd’hui, jusqu’à trois ans après le parachèvement et la mise en exploitation du réseau entre Montréal et la côte du Pacifique, à payer les intérêts sur la somme garantie de 45 millions/ Màis le Nord-Canadien devra rembourser, dans ce cas, à l’Etat, de temps en temps, les intérêts ainsi payes par le Canada, et devra payer l’intérêt sur l’intérêt.En d’autres termes, si l’Etat paie l’intérêt sur les 45 millions, ces sommes ainsi payées s’ajouteront au capital originaire et l’Etat aura une garantie additionnelle, au moyen d’hypothèque.LA VERIFICATION DES LIVRES M.Borden ajoute que le ministère a fait vérifier de la manière la plus complète et la plus méticuleuse possible, par des comptables experts du ministère des chemins de fer et de celui des finances, les livres, la comptabilité et la situation financière du Nord-Canadien et de ses compagnies filiales.Il appert de cette inspection que Mackenzie et Mann ont employé à la construction de leurs voies ferrées, filiales du Nord-Canadien, tout l’argent obtenu au moyen de vente de capital-actions, et qu'ils n’en ont pas employé un sou pour d’autres fins.Il apparaîtrait aussi, dit M.Borden, que, depuis plusieurs années, Mackenzie et Mann ont agi comme agents du Nord-Canadien et ont avise à la construction ainsi qu’aux affaires de cette compagnie.Leurs services, à ces titres, seraient considérables, et M.Borden estime qu’on peut les évaluer, commercialement parlant, à une somme de 15 à 2U millions.Mais ils ont donné quittance complète de cette créance, au Nord-Canadien, sur les instances du premier ministre, non sans avoir longtemps résisté à cette demande.I our établir le status du chemin de fer, au point de vue physique, et pour assister le gouvernement à évaluer quelle somme il faudrait employer pour parachever le transcontinental entrepris par le Nord-Canadien, le ministère a établi un bureau d’ingénieurs experts en voies ferrées, dont il a recruté le personnel dans le service de Vlnter-colonial, au ministère des chemins de fer de l’Etat et parmi les fonctionnaires du Transcontinental-National.Et cette commission ft fait son travail le mieux possible, vu les renseignements qu’elle a pu recueillir quant au Nord-Canadien, (.cci clôt, pour le moment, les renseignements donnés pur le ministère sur l’affaire du Nord-Canadien.La résolution préliminaire au projet de loi devra paraître aux proces-verbaux de la Chambré, mercredi midi.Mais la déclaration de M.Borden résume pratiquement toute 1 affaire.La résolution, dit-on, est fort longue, et couvre trente fenil-Jets, gr*nd format, écrits au dactylographe., G.P.FEU M.ALBERIC FIUATRAULT M.Albéric Filiatrault, audiencic de la Cour du Banc du Roi pendai trente-cinq ans, est décédé hier soi à son domicile, 216, rue Maisoi neuve, à l’àgc de 60 ans.Le défini malade demiis plusieurs mois, éla né Sainte-Rose.Sa femme, Sara Falardeau, lui survit.Les funérailles auront lieu vet dredi matin à huit heures, à Régi isc Sainte-Brigitte.RENDU INFIRME r RHUMATISME IL ENDURA DES TORTURES DURANT QUATRE ANS, JUSQU’A CE QU’IL EUT ESSAYE “FRUIT-A-TIVES” RI DG ET O WN, Ont., 21 Mai 1913.“Vos "Fruit-a-tives” m’ont guéri du rhumatisme.C’est le seul remède qui eut quelque effet sur moi.J’ai terriblement souffert du rhumati%pie.J’ai été cloué au lit pendant quatre hivers par la sciatique et le rhumatisme musculaire et j’étais complètement infirme, ne pouvant rien faire.J’eus recours à quatre différents médecins, mais ils ne me soulagèrent pas.D’autres remèdes annoncés, ne donnèrent pas plus satisfaction, et j’ei ai pris plusieurs.Un voisin me dit que “Fruit-a-tives” lui avaient fait du bien; j’en pris fidèlement tous les jours et le résultat fut merveilleux.Depuis plus de deux ans maintenant je suis débarrassé de toute douleur de rhumatisme, et je donne à “Fruit-a-tives” tout le mérite d’avoir lait une grande guérison.W.T.RACHElt.Si vous êtes sujet aux attaques de rhumatisme, sciatique, lumbago, ou névralgie,prenez tout de suite “Fruit-a-tives” et commencez ia guérison permanente que “Fruit-a-tives” accompliront si prises régulièrement, 50c la boîte ou (i boites pour $2.00; grandeur d’essai, 2ac.Chez tous les vendeurs ou, sur reçu du prix, de Fruit-a-tives Limited, Ottawa.200 MINEURS ENSEVELIS DES EXPLOSIONS SE PRODUI -SENT DANS DES MINES DE LA VIRGINIE ET CAUSENT UN DESASTRE IRREPARABLE.— DESOLATION GENERALK Charleston, Virginie Ouest, 29.— Des explosions successives se sont produites hier, dans les mines 5 et 6, de la New-River Collier Company, propriété des Guggenheims, à Eccles, dans le comté de Raleigh, à 80 milles d’ici, ensevelissant deux cents mineurs sans espoir de secours.Il y avait, dans la mine 5, 190 hommes; on en a retiré un cadavre mais les autres sont emmurés sous terre.Dans la mine 6, des 74 hommes qui s’y trouvaient, 60 ont pu fuir et on a recueilli quatre cadavres.Les victimes connues sont Carl Warden, A.-W.Gaughman et M.-J.Lingerton, de la mine 6, et Mick Jones, un Hongrois, de la mine 5.Le désastre a été provoqué par un coup de grisou terrible à 600 pieds sous tcn c.qui fit crouler les couloirs et aüjUlha le feu à toutes les poutres des puits; la plupart des mineurs furent sans doute écraser avant de pouvoir faire un pas et l’on ne croit .pas qu’il en soit resté un vivant.On n’en a pas moins travaillé toute la nuit à combattre l’incendie par l’unique puits de la mine 5, resté praticable; le gaz et la fumée ont empêçhé un travail plus rapide et tout espoir de ramener un seul être vivant est maintenant perdu.La pire explosion se produisit dans la mine 5 et s’étendit à la mine 6 par deux autres explosions qui embrasèrent et démolirent tout ce qui se trouvait dans les puits.Des débris furent projetés à 40 pieds dans les airs.Une seule explosion se produisit dans ia mine 6 laissant intacts deux puits par où les 60 mineurs qui se sont échappés ont pu revenir à la sifrface.On croit que l’explosion a été allumée par une lampe de mineur.Immédiatement après que la nouvelle fut connue, un train de secours fut dépêché de Beckley mais les sauveteurs, à peine arrivés, durent retraiter devant la fumée.Plus tard ils réussirent à retirer non sans difficulté deux cadavres et quarante hommes dont plusieurs blessés.Eccles est une petite ville de 1,-500 personnes.Un affolement général s’empara des gens dès la première détonation : femmes, enfants et mineurs restés à la surface se précipitèrent tous vers la mine en poussant des cris de désespoir, comprenant l’affreux malheur qui s’abattait sur eux.Les directeurs de la mine eurent toutes les peines du monde à empêcher de nouveaux malheurs.Pour guérir la surdité et les bourdonnements dans la tête T,es personnes qui souffrent LE “TEUTONIC”.Le “Teutonic”, arrêté à Halifax, viendra décharger sa cargaison à Montréal et est attendu ici jeudi prochain.LE “MEGANTIC", Le paquebot “Mégantic” de la ligne White Star Dominion est parti de Liverpool le 25 courant et sera à Montréal le 2 mai.Il a 1,300 passagers de première classe.UN DEMENTI.M.F.Orr Lewis, de Kingston, a déclaré que la compagnie Canalian Vickers, Limited, n’avait aucunement la prétention de vouloir contrôler les compagnies de construction de navire Collingwood et Kingston.La nouvelle est un pur canard.TRES BEAU CONCERT Les élèves des Cours de solfège du Conseil des Arts et Manufactures sous la direction de M.J.J.Goulet, ont remportté hier soir, un succès éclatant, dans l’interprétation des “Saintes Maries de la mer” de Paladilhe.La grande salle du Monument National était remplie d’un auditoire distingué et enthousiaste.L’oeuvre de Paladilhe est très jolie et elle a été admirablement interprétée par les élèves de M.Goulet.L’ouverture du quatrième acte, de même que la “Ronde provençale” et le “Sacrifice à Pan” du même acte dûrent être répétés.L’orchestre composé d’excellents musiciens, a largement contribué à la belle exécution de l’oeuvre.Mais il convient de féliciter surtout M.Goulet, qui a certainement la plus grosse part du succès.Voici les noms des solistes: La partie de Marie-Madeleine a été chantée par Mlle Marthe Vennat ; Marie-Salomé par Mlle Eugénie Fisher Marie-Jacobé par Mlle Eva God-bout- Marthe, par Mlle Jeanne Bertrand; l’Ange, par Mlle Cédia Braut.Mlle Laetitia Violet Gagner, soprano, mérite aussi une mention spéciale.Parmi les messieurs solistes, signalons M.L.G.Dupuis, ancien élève du Cours de Solfège, qui a prêté son concours pour chanter le rôle j important de Pierre, ainsi que MM.E.Deslauriers, Albert Garand et V.O.Reed.M.Wilfrid pelletier était au piano.Tous méritent des éloges pour la façon intelligente avec laquelle ils sc sont acquittes de leur tâche.—-1- NOUVEAUX DETAILS SUR LES PAQUEBOTS DE L'ATLANTIQUE PUBLIES PAR LE CANADIEN-NORD.Trois publications d’un attrait extraordinaire — une pour chaque classe d’accommodation— viennent d’être lancées par la Compagnie de Paquebots du Canadien-Nord, Limitée.Croyant que l’installation du Royal Edward et du Royal George peut soutenir avec avantage 1a comparaison avec n’importe quel autre paquebot faisant le service de l’Atlantique, on a laissé aux illustrations, qui sont ’nombreuses, la plus grande pari démonstrative.Ces brochures sont l’incarnation des dernières idées pour l’annonce des paquebots et les futurs voyageurs y trouveront toute information nécessaire et ce d’une manière très utile.Des copies de chacune de ces brochures seront données avec plaisir sur demande nu Bureau de la Compagnie, 226, rue Saint-Jacques.r.—-— ?- Ce Jmirnnl est imprimé nu No.ta rue Snlnt-Vlneent, fc Montréal, par "La PuMIrt-té" (ft responsabilité Limitée).Henri bini-rassa, directeur-gérant.POUR L’HOPITAL NOTRE-DAME UNE BEI J,K SEANCE A T, AV AL II y a eu hier soir, à Laval, une très jolie séance.M.Edouard Montpetit, avec son art et son habituelle aisance, a évoqué les origines de l’Académie française, la réception et la mort des académiciens, doublé de souvenirs personnels ses notes historiques.M.le chanoine Desgranges a spirituellement commente la jolie conférence de M.Montpetit, exprimé l’espoir que l’Académie réserve un jour l’un de ses fauteuils à un écrivain canadien-français et fort aimablement indiqué que M.Montpetit, quand l’âge aura donné à son abondante chevelure le gris académique, n’y serait pas déplacé.M.l’abbé Bouillie! a remercié les organisatrices, les artistes et le conférencier.La partie musicale, confiée à Mme K.Dulicux, à Mlle Alice Raymond, à M.Taranto et à l’orchestre universitaire, a obtenu un grand succès.-?- Nos lecteurs sont priés d’accorder de préférence leur clientèle aux fournisseurs qui annoncent dans le “Devoir”.TRIBUNAUX CIVILS Par suite d’un arrangement entre les deux parties, le juge Guerin a rendu hier jugement dans la cause du Prudential Trust vs.Sir Rodolphe Forget, déclarant les parties hors de cour.Comme on le sait, le demandeur poursuivait Sir Rodolphe Forget pour le recouvrement de billets qu’il avait endossés.Ces billets, au nombre de deux, et payables à l’ordre de 1 International Construction, représentaient la jolie somme de $35,-600.Dans sa defense, Sir Rodolphe alléguait qu’il n’avait reçu en échange de sa signature aucune garanlie et qu’il n’avait accepté que comme pis aller.Le défendeur ayant fait défaut lors de l’appel de la cause, la Cour rendit jugement en faveur du demandeur.Cependant les par-lies en étant venues à une entente, le juge Guerin déclara les parties hors de cour.—Sous prétexte qu'elle avait soigné M.Martel pendant un an, et qu’elle l’avait veillé jour el nuit quatre mois avant sa mort, une garde-malade, Mme A.Brunellc, réclamait des héritiers du défunt la somme de $880 pour services professionnels.Les defendeurs répondirent en alléguant que ht demanderesse n’avait été engagée que comme ménagère et non garde-malade.Le Juge Guerin vient d’accorder $350 à la demanderesse.LE DIVORCE EN ANGLETERRE Londres, 29 — La Chambre basse de la Convocation de Canterbury, malgré l’opposition du chanoine Wood, a adopté la résolution de Fé-vèque de Southampton, demandant qu’il n’y ait, lorsqu’il s'agit du di vorce, qu’une seule règle morale permettant de traiter sur un pied d’égalité l’homme et la femme.-» - .- UN BAL A LA HAVANE La Havane 29.— Le consul amé-ricuin Gonzales a donné hier une réception, la plus considérable depuis son entrée en fonction.On a trouvé inopportun, en certains quartiers, de donner un bal quand le Mexique et les Etats-Unis menacent de se prendre à la gorge, mais les invitations avaient été faites avant la crise actuelle.NOUVELLE TRIBU DEJAUVAGES Rio de Janeiro, 29.— Le capitaine Magalhacs, un fonctionnaire qui aç,-compagnn Roosevelt dans les jungles, rapporte que le colonel vient ne faire la découverte d'une nouvelle tribu de sauvages.Ils sont nui et portent le nom de Paupates.V LE DEVOIR, MONTREAL, MERCREDI, 29 AVRIL 1914 VOL.V.—No.99 ft » POLITIQUE ETRANGERE LES ELECTIONS EN FRANCE Au premier tour de scrutin 340 députés sont élus.— Il en reste encore 262 à élire et on devra attendre au 1 0 mai pour savoir si le gouvernement actuel est oui ou non majorité.— Bouleversement dans le groupe en ministériel.Le nombre des dépu-nbre paris, 29» tés élus hier est de 34Ü et le nom de ceux qui restent à élire de 262.11 faudra donc attendre jusqu au 10 mai pour savoir si le gouvernement actuel aura ou non une majorité.Les résultats connus n’indiquent aucun changement remarquable dans la composition des partis, mais il semble que les groupes dont MM.Aristide Briand et Barthou sont les chefs, et dont l’ensemble constitue la fédération des gauches, sont plus favorisés que ceux qui constituaient la majorité du gouvernement actuel.La situation pourra d’ailleurs se modifier au deuxième scrutin du 10 mai.Le Temps, faisant une analyse approfondie des résultats des élections d’hier, trouve que les ministériels ont perdu dix sièges et en ont gagné quatre, ce qui fait que la composition de la Chambre ne serait pas profondément modifiée.Le Figaro de ce matin attaque violemment M.Caillaux et dit que sa réélection est un avilissement et une honte.Dans onze circonscriptions, les résultats de l’élection n’ont pas encore été proclamés.Le ministère de l’Intérieur communique la statistique suivante: Sont élus: 06 réactionnaires, 47 progressistes, 20 candidats de la Fédération des gauches, .38 républicains de gauche, 118 radicaux et radicaux-socialistes, 11 républicains socialistes, 40 socialistes unifiés.Les réactionnaires gagnent quatre sièges, les radicaux socialistes trois, les socialistes unifiés quatre; ' les progressistes en perdent trois', la Fédération des gauches un, les républicains de gauche deux, les républicains socialistes deux.Voici les nouveaux résultats connus aujourd’hui: Ain.— M.Goujon est réélu à Bourg.Aisne.— M.Ganault est réélu à Laon, (1ère cire.); M.Binguier à Saint-Quentin (1ère cire.), et M.Hanet à Vervins (2e cire.).Algérie.— Tous les députés sortants sont réélus.Ardèche.— M.Bourély est réélu à Privas.M.Duclaux-Monteil est réélu à Larbentière; M.de Gailhard-Bancel à Tournon (1ère cire.), et M.Roche à Tournon (2e cire.).Alpes-Maritimes.— M.Poullan est réélu à Nice (3e cire.)., Ariège.— M.Delcassé est réélu sans concurrent à Foix.Ardennes.— Le docteur Doizy est réélu à Mézières (1ère cire.).Aude.— M.Albert Sarrault est réélu à Narbonne (2e cire.), sans concurrent.Aude.— M.Malavialle est réélu à Carcassonne et M.J.Durand à Cas-telnaudary.Basses-Alpes.— M.Angles, radical, bat M.Joly, socialiste, à Siste-ron.Belfort.— M.Louis Vieillard, li- Loire-Inférieure.— Sont réélus: M.Ginoux-Defermont à Chateaubriand et M.Roch à Nantes.Lot.— M.Bécays, socialiste unifié, est réélu à l'igeac, et M.Malvym ministre de ITnterieur, à Gourdon, sans concurrent.Lot-et-Garonne.— M.Jules Cels, radical socialiste, est réélu à Agen; M.Georges Leygues, à Villeneuve-sur-Lot.I.ozère.— M.Monestier, ancien ministre des travaux publics, est réélu à Florae; M.de Chambrun, républicain progressiste, à Marvejols; M.Pion, à Mende.M arne.-— M.Camille Lenoir, socialiste indépendant, est réélu dans la 2e circonscription de Reims.Morbihan.— Sont réélus: M.Lamy, dans la 2e circonscription de Lorient; M.Le Rouzie, dans la 3e circonscription de Lorient.— Le duc de Rohan, candidat à la succession de son père, décédé, est élu sans concurrent à Ploërmel.— M.Robic, libéral, bat M.Brard, député sortant à Pontivy.— Le marquis de l’Estourbeillon est réélu à Vannes.Maine-et-Loire.— M.L.Dumes-nil, de l’union des droites, est élu dans la 1ère circonscription d’Angers; le député sortant, M.Monprofit, ne se représentant pas; M.Ferdinand Bougère est réélu dans la 2e circonscription; le duc de Blacas, royaliste, est réélu sans concurrent dans la 2e circonscription de Gimlet.Meurthe-et-Moselle.— M.Albert Lebrun, ministre des colonies, est réélu à Briey ; M.Méquillet est réélu à Lunéville, sans concurrent, et M.Louis Martin, à Nancy.Mayenne.— M.de Monti, candi-| dat de droite, bat M.Boissel, républicain, député sortant, dans la 1ère ! circonscription de Laval ; M.Jean Chaulin-Servinière est réélu dans la 2e circonscription de Mayenne; M.Duboys-Fresney est élu à Château-Gontier.i Nord.— Sont réélus : M.Daniel IVincent, à Avesnes; M.Dumont, à Dunkerque ; M.Plichon, à Haze-brouck.Oise.— M.Faisant, de l’Alliance républicaine démocratique, bat le député sortant Chopinet, radical socialiste.Orne.— M.de Maekau, doyen d’âge de la chambre, est réélu à Argentan, sans concurrent; M.Dariac est réélu h Alençon.Puy-de-Dôme.— M.Marron est réélu sans concurrent dans la 1ère circonscription de Clermont-Ferrand; M.Claussat est réélu h Thiers; M.Clémente] à Riom (1ère circonscription).Basses-Pyrénées.ANGLETERRE LA QUESTION BU HOME RULE M.CHURCHILL PROPOSE A SIR EDWARD CARSON DE LA REGLER EN ETABLISSANT LE SYSTEME FEDERAL.— A la Chambre c.des Londree, 29.Communes, ce soir, Winston Spencer Churchill, a offert à Sir Edward Car-son, de régler la question du Home Rule en ayamt recours au système de gouvernement fédéral.M.Churchill, dit-on, a parlé en son propre nom, et n’a pas été autorisé par le cabinet.Plusieurs libéraux sont mécontents, et soutiennent que les paroles de M.Churchill peuvent être interprétées comme un signe de faiblesse de la part du gouvernement.M.John Redmond a déclaré, dans une interview, que la proposition de M Churchill n’avait rien de nouveau.Le chef nationaliste s’est déclaré prêt à considérer toute proposition de règlement de la question du Home Rule.Les chefs unionistes croient que l’offre faite par M.Churchill a été discutée à une réunion du cabinet.Ils sont d'opinion que cette offre change complètement la situation et qu’elle est le premier pas vers l’entente finale.LA REVOLUTION EST IMMINENTE C’EST CE QUE PREDIT UN VIEUX PARLEMENTAIRE.— LES NATIONALISTES SOUS LES AR-MES.Londres, 29.— “Nous sommes à la veille d’une révolution”, disait hier un vieux parlementaire.“Nous y approchons et peu se rendent compte de son imminence.” Cette opinion reçoit d’autant plus de crédit qu’un rapport de Londonderry dit que les Nationalistes ont monté l’esprit des volontaires Unionistes en faisant eux aussi des exercises sous les armes hier.On dit aussi qu’une cargaison de fusil d’Amérique a été mise à terre sur les côtes du Donegal.Tout le monde est à se demander quelle sera l'attitude du gouvernement devant ce jeu belliqueux des deux partis irlandais.L’appui ouvert envers certains violateurs de la loi, venant de milieux ministériels, est le plus grave obstacle qui empêche le gouvernement de faire respecter la loi.Ainsi1, le correspondant du Times, à Belfast, dit que les Ulsteriens sont optimistes car ils savent que le gou vernement n’a pas l’approbation pu blique pour entreprendre des mesures de la gravité que la situation actuelle commande.la 2e circonscrip- béral, est élu dans lion.Bouches-du-Rhône.— MM.Che-villon et Bouge sont réélus dans les 4e et 5e circonscriptions de Marseille.Calvadas.— Le baron Gérard est réélu à Bayeux, sans concurrent.M.Engerand est réélu à Caen (2e cire.), M.Le Cherpy à Falaise, M.Laniel à Lisieux; M.Flandin à Pont-L’Evêque.Charente.— M.James Henncssy est réélu à Cognac.Charente-Inférieure.— M.André Messe est réélu à La Rochelle; M.vrard, à Saint-Jean-d’Angélv.Cher.— M.Mauger est réélu à cint-Amand.erse.— M.Landry est réélu à 'ci.Creuse.— Sont réélus: M.Viviani Curganeuf et M.Judet à Bous- L.Gruet, radi-Muteau, député orrèze.— Le docteur Lachaud réélu à Brive.C ite d’Or.— M.P ai mi fié, bat M.» liant, à Dijon.Deux-Sèvres.—- M.Fleuret, radical, est élu à Melle et M.Demeillicr à Parthenay.Eure.—M.de Boury est réélu à Louviers et M.Deschunel à Nogent-le-Rotrou.Finistère.— M.Paul Simon est réélu à Brest (2ac_ | exiger de la ville du travail ou du ! pain.Il leur a conseillé de nommer Que- !une délégation pour aller trouver le maire et avoir- une conférence avec lui.Cette délégation a été formée séance tenante; elle se composait1 comme suit: A.Saint-Martin, Zotique Marcelin, L.Laroque, M.Buhey, C.Cielli, G.Belshner et quelques autres.Ces messieurs ont été reçus dans le cabinet du maire qui a appelé à la rescousse ses collègues du bureau des commissaires.Après avoir entendu les réclamations des ouvriers, le maire a répondu que ses collègues et lui font tout leur possible pour trouver du travail à autant d’employés qu’ils le peuvent.Il blâme le gouvernement fédéral qui a attiré ici une immigration mal dirigée qui encombre les villes, alors que les ministres se contentent de prodiguer des belles paroles pour faire croire à la prospérité du Canada et ne font rien pour y contribuer.M.Ainey a endossé les paroles du maire.M.Martin a alors demandé à la délégation de retourner vers les sans-travail et de leur dire de se rendre dans les chantiers où on tâchera d’en prendre autant que l’on pourra en occuper.M.Saint-Martin et ses suivants déclarent alors que les ouvriers demandent du travail, mais que si on n’en a pas à leur donner, on prenne ley moyen de leur procurer du pain.Ils ne veulent pas cependant de soupes publiques.La délégation retourne ensuite vers l’assemblée du Champ-de-Mars et transmet le message du maire, mais M.Saint-Martin ajoute, et ses paroles sont ensuite traduites en trois langues différentes, car dans cette foule il y a de tout excepté des Canadiens-français, que le maire leur a demandé de dire aux manifestants de se débander et de ne plus revenir.Mais ils ne peuvent leur conseiller ça.Il demande | donc à ceux qui sont là de revenir DU RAPPORT LE MAIRE DEMANDE QUE DES PROCEDURES SOIENT PRISES POUR OBLIGER M.ROBERT A REMBOURSER A LA VILLE LA COMMISSION QU’IL A REÇU.(Enregistré conformément à la loi du Parlement du Canada, au Ministère de l’Agriculture; par L.-P.Deslongchamps, NOUVEL INGENIEUR.FOUDROYE PAR L’ELECTRICITE (De notre correspondant} Québec, 29.— Un jeune homme du nom de Turgco» a été électrocuté hier après-midi à Saint-Malo, sur le pont de la rivière Saint-Charles.La victime était montée sur la charpente de fer et dans un moment d’oubli voulut se tenir aux fils électriques.Le choc fut si terrible que le jeune garçon fut foudroyé à l’instant.GRAVEMENT MALADE (Srrvlce do la Presse Associée) Londres, 29.— Jean Douglass Sutherland Campbell, duc d’Argyll, souffre de pneumonie et son état est précaire.Voici une semaine, on le transporta malade au rhâtenu de Kent, à East Cowes.Le duc fut gouverneur du Canada «le 1878 à 1883.Depuis 1892, il est gouverneur du château de Windsor.Il épousa en 1871, la princesse Louise, nuolriètne fille de la reine Victoria.11 écrivit plusieurs livres et naquit en 1845.IL GARDERA ~ SON POSTE (Service de la Presse Associée) Paris, 29.— Une dépêche envoyée de Mexico au “Matin” dit que Huerta n’a nullement l'intention d’abandonner la présidence ni de s'aboucher avec le contre-amiral Fletcher.Zapata, avec ses 18,000 hommes, s’est offert à se Joindre aux Fédéraux pour repousser les Américains.Tout
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