Le devoir, 2 mai 1914, samedi 2 mai 1914
VOLUME V—No.102 MONTREAL, SAMEDI 2 MAI, 1914 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS Edition Quotidienne : ' CANADA ET ETATS-UNIS.$3.00 ‘ UNION POSTALE.$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS.$1.60 UNION POSTALE.$2.00 Directeur : HENRI BOURASSA Rédaction et Administration: 43 RUE SAINT-VINCENT MOXTKKjVL* TELEPHONi C ADMINIS |-5 f si: REDACT «Es .¦«S g • Q *2 Main 7461 Main 7450 FAIS CE QUE DOIS ! £1* r L’IMMIGRA T10N QUELQUES LEÇONS DE CHOSES nasspr.- ' - Si la satisfaction d’avoir prévu juste pouvait nous consoler de ce qui arrive, nous aurions depuis huit jours d’amples raisons de nous ré-» jouir.On nous traitait d’exagérés, d’esprits étroits et presque de fous, lorsque nous osions dénoncer la politique d’immigration poursuivie par le gouvernement fédéral.Or, la leçon des faits est telle qu’elle s’impose maintenant à tous.Avant-hier, M.Médéric Martin, salutairement éclairé par le spectacle des sans-travail qu’il a convoqués à l’hôtel de ville, mettait en cause fettc politique d’immigration qu’il a couverte de son approbation comme député, dont il n’a pas vu ou pas Voulu voir le vice radical.Hier, c’étaient les sans-travail eux-mêmes qui dénonçaient les campagnes de publicité faites par le gouvernement canadien et lui reprochaient de les avoir amenés ici sous de faux prétextes.Il serait curieux du reste de voir pour combien de ces gens le bon peuple du Canada a payé la fameuse prime de $5.00.* * Au fur et à mesure que se développeront les conséquences du régime, on en saisira mieux l’absurdité.On verra mieux aussi le lien qui ^ relie a notre politique d’immigration l’encombrement des villes, l’écart entre la population des villes et celle des campagnes, le renchérissement de la vie qui en est la conséquence nécessaire.Les plus partisans, les plus aveugles finiront par se rendre compte que les misérables nationalistes, que n’éblouissaient point les gros chiffres et qui n’avaient aucun intérêt à favoriser la propagande des grandes compagnies de transport et des spéculateurs sur les terrains, ont vu ajuste, non seulement du pofnt de vue de l’intérêt moral de notre pays, mais du point de vue de son intérêt matériel le plus immédiat.* * Les parades quotidiennes du Champ de Mars offraient déjeà une fameuse leçon de choses.Le spectacle que présentaient hier les réunions socialistes en offre une autre, et tout aussi éloquente.Autour des orateurs français, une poignée d’hommes.Autour des Anglais, un peu plus, mais l’immense majorité de la foule était groupée x autour des orateurs qui, en italien, en polonais, en yeddish, etc., avec des gestes frénétiques, dénonçaient le capitalisme et vantaient la socia-le-démocratie.Ces gens, dont bon nombre ne comprennent ni l’une ni l’autre des langues officielles du pays, qui restent à la merci de quelques meneurs de leur race, sont le produit de notre politique d’immigration à outrance.Et Dieu sait ce que nous réservent pour demain leur complète ignorance des conditions du pays, leur désaccord de pensée et de sentiment avec les vieux Canadiens.^ , Le dernier discours prononcé à Montréal par le ministre de l’Intérieur, M.Roche, montre qu’il est inquiet et que la situation le préoccupe Nous osons espérer qu’en face des leçons de choses qui se multiplieront forcément d’ici quelques années, on finira par modifier radicalement une politique qui, suivant l’expression de M.Monk, dans sa lettre a M.Ceoi ges Pelletier, est aussi surannée qu’elle est menaçante nour i avenir du peuple canadien.” Orner HËROUX.La Chambre déblaye le feuilleton.— Elle se prépare pour Vaffaire du Nord-Canadien.— Et le remaniement ?Ottawa, 1 mai.— La Chambre a Piissé une partie de la journée à débarrasser le feuilleton des Communes de projets de loi d’importance 'secondaire, et qui l’encombrent depuis un ou deux mois, si ’ce n’est davantage.Jeudi soir, elle terminait l’étude des modifications apportée au tarif par M.White.Cet après-midi, elle adoptait une résolution relative au commerce des grains, et un bill réglementant la fabrication et la vente de produits de l’industrie laitière et prohibant Ha fabrication et la vente des beurres artificiels.Dans la soirée, elle a parlé du budget de l’agriculture.Elle se prépare à la bataille qui doit s’engager, paraît-il, autour des 45 millions que l’Etat voudrait garantir au Nord-Canadien.A ce sujet, M.Laurier a, dès cet aurès-midi, demandé maints renseignements au ministère; Et la gauche en demandera d’autres, la semaine prochaine.CEUX QUI FONT ERREUR Au début de la séance, sur une question de privilège, M.Claude Maedonell, un des députés conservateurs de Toronto—qui était absent des Communes jeudi après-midi, - quand sept de ses confrères ministériels ont nié»être défavorables au projet de loi relatif au Nord-Cana-'dicn,—a fait une dénégation semblable à la leur.Le Globe le men-tionnait, dans la liste dont la publication a fait sc lever de leur siège, jeudi après-midi, toute une filée de ministériels mécontents de voir leurs noms figurer parmi ceux d insurgés.“L’affaire du Nord-Ca-'madien est bien réglée, et la solution fuie le ministère en offre me paraît fort acceptable”, dit M.Maedonell.Au tour de M.White, le ministre des finances.M.White, jeudi soir, au cours de l’étude des amende-ments apportés au tarif, à l’article des charpentes métalliques, a pro-'iioncé une phrase asez ambiguë, si ambiguë et si peu claire, même, que presque tous, sinon tous les journalistes parlementaires ont compris qu’elle annonçait discrètement de nouveaux changemenls au tarif à ce chapitre même.M.White tient t corriger cette imoression.“Je n’ai rien laissé entendre de semblable”, dit-il en substance.Echange de mots entre lui et M.Laurier, à •'-•'ms.M.White a dît au’il J uv’t.*011 jours l’esprit ouvert à la! eoiivifiion.— “Peut-être, riposte en.souriant M.Laurier, mais cet esprit î »-’rst pas toujours droit”.» L’ENTENTE MEIGHEN- IM A CKENZIE-MANN La résolution préliminaire au bill Borden et à l’affaire du Nord-Canadien est au feuilleton, depuis deux jours.M Laurier a remarqué que Je texte d aujourd’hui n’est pas le i meme que celui d’hier.“ 11 me semble y avoir des erreurs dans la résolution ”, dit le chef de l’opposition.' Je voudrais bien savoir qui est responsable, par exemple, de ia suppression, dans l’appendice ajoute a la resolution, des noms de quelques compagnies qui y paraissaient mer.M.Borden explique que, par malentendu, ces noms ont été sup-pi unes.Il promet de faire corriger e texte.“ Nous voudrions obtenir le texte tel qu’il sera soumis à la-Chambre , dit M.Laurier.“ Et nous voudrions aussi, tandis que nous y sommes, avoir quelques jours avant que la discussion s’engage sur ce sujet, les actes de fiducie (“trust acts ”) de 1903, de 1910, de 1913 auxquels les résolutions font allusion en maints endroits.” M.Laurier enumere aussi quelques autres documents dont il aurait besoin.M Borden promet de les lui faire tenir au plus tôt, et M.Laurier veut lui en donner une liste.LÉGISLATION MIN/S- TÉRIELLE La Chambre passe ensuite au feuilleton des mesures ministérielles.En un rien de temps, elle adopte une résolution de M.Foster préliminaire à un bill qui autorise l’Etat à avancer une somme de $500,- 000 au ministère du commerce ; cette son:me défrayera les frais de transport et les dirits de pesage et d’inspection du grtdn reçu dans les entrepôts ou expédié des entrepôts de 1 rdat, dans 1 ouest ; il y h entente que le ministère du commerce devra rembourser dans un délai fixé ce demi-million au ministère des Finances.Le bill fondé sur cette résolution subit sa première lecture.Le ministre de l’Agriculture a au feuilleton un projet de loi qui réglemente la fabrication et la vente des produits de l’industrie laitière et prohibe la fabrication et la vente des beurres artificiels.Cette loi décrète entre autres choses que nul ne doit vendre, ou envoyer à une fabrique de produits laitiers, à une station d’expédition, ou d’embouteillage de lait et de crème, ou à un établissement où on vend du lait et de la crème, ou dans une fabrique de beurre ou de fromage, du lait additionné d’eau, ou falsifié, ou écrémé, ou du lait auquel on a ajouté une substance chimique pour le conserver, ou du lait d’une vache malade.LTn autre article de la loi défend de vendre, de fabriquer ou même garder en sa possession, pour fins commerciales, de l’oléomargarine, de la margarine ou des beurres artificiels composés d’autre chose que de lait ou de crème; le beurre ne devra pas contenir plus de 16 pour cent d’eau.Et il ne devra pas être “refait”.Le beurre moulé ou en carreaux devra peser un quart de livre, une demi-livre, une livre ou deux livres, seulement, “au moment où il sera ainsi moulé ou façonné”.D faut admettre que cette clause ne donnera guère satisfaction à l’acheteur, à cause des mots que nous soulignons.Le bill a aussi trait à la fabrication, à la vente et à l’examen du fromage fabriqué au Canada.Il y a toute une discussion à propos de cette mesure.Certains n’en voient pas l’opportunité, et sont favorables à la vente de la margarine et de l’dléomargarine, à condition que ces produits se vendent étiquetés de leurs noms véritables.M.Nesbitt, un député d’Ontario, à la grosse voix et aux interruptions plus ou moins justes, déclare ne pas comprendre Futilité de certaines de ces clauses.“Il y a bien des choses dont l’utilité n’apparaît pas à M.Nesbitt, et qui pourtant sont fort utiles à d’autres”, riposte M.Morphy, de Perth, un homme de bon sens.M.Webster, de Brockviile, un commerçant en produits de la ferme, et qui donnait, il y a quelques semaines, paraît-il, la fessée au ministre de la milice, dans les bureaux même de la milice, à Ottawa, appuie chaudement le bill.“On ne saurait croire, dit-il, comme le consommateur se fait jouer par le producteur de beurre, en maintes circonstances.Pour ma part, j’ai souvent fait cette expérience, de soumettre à une température de 28 degrés une boîte de beurre vendue au poids de 50 livres.Après quelques heures, il ne restait que 47 livres dans la boîte.Ce beurre renfermait 3 livres d’eau pour laquelle le consommateur paie le plein prix du beurre.” De son côté, M.Bradbury se plaint que souvent les marchands détaillent du beurre en carreaux d’une livre, disent-ils, et se le font payer au prix de la livre, quand le carreau ne renferme que 14 ou 15 onces.La Chambre adopte enfin le bill tel quel, sans modifications importantes.En un clin d’oeil, elle expédie ensuite un bill de M.Pelletier établissant un minimum de salaire , de $600 pour certains fonctionnaires des postes, et elle passe à l’étude de certaines parties du budget de l’Agriculture non encore votées.Ce budget se totalise à $3,150,000, dont près de $800,000 pour fermes d’expérimentation, $225,000 pour les industries laitières et la pomiculture, et $400,000 pour l’élevage des bestiaux.La loi autorise au surplus une dépense de $800,000 en subventions aux provinces, pour le développement de l’agriculture.La Chambre passe presque tout le reste de la journée à ce travail.Il ne s’y révèle rien de saillant.LE REMANIEMENT Tandis oue les députés présents aux Communes, dans l’après-midi, parlaient du bill relatif à l’industrie laitière, MM.Pelletier et Perlcy, deux des ministres du Québec, discutaient à voix basse, au pupitre de M.Pelletier, la question du remaniement.M.Pelletier, ayant à la main une liste des comtés de Québec, de leur population, et du groupement des électeurs dans chaque comté, expliquait un point assez compliqué à M.Perley, s’il faut en juger à la physionomie de celui-ci et à l’animation du ministre des postes.Vers les deux heures de Fapres-midi même, la commission du remaniement, après une séance assez prolongée à laquelle MM.Pelletier et Béland, entre autres, avaient soumis leurs opinions, quant aux modifications h faire aux comtés du Québec, se séparait sans en être encore venue à une entente.Il paraîtrait (pie M.Reid, un des délégués ministériels, d’abord fort entêté à maintenir dans son intégrité le projet de remaniement qu’il avait préparé pour l’Ontario, est maintenant plus malléable, et que la commission en arriverait à faire un rapport unanime, si ce n’était du deadlock entre MM.Pelletier et Béland, à propos de la situation dans le Québec.Il y a l’affaire de Brome, qui ne se peut tirer au clair entre eux.Brome n’a que 13,216 âmes: mais M.Baker, qui le représente, à Ottawa, voudrait, paraît-il, qu’au lieu d’adjoindre à ce comté le comté voisin de Missisquoi, qui a 17,466 de population, ce qui ferait des deux un comté de 30,000 âmes, on découpât de Missisquoi pour les adjoindre à Brome des paroisses conservatrices, et qu’on rejetât dans Iberville les paroisses de Missisquoi suspectes de libéralisme.M.Pelletier soutient la demande de M.Baker.M.Béland se refuse à cela et offre au ministre, ou de laisser Brome tel quel, ou de l’annexer à Missisquoi et de faire de ces deux comtés une seule circonscription électorale.M.Pelletier ne goûte pas cette offre.Et les choses en restent là.Il y a aussi l’affaire de West-mount, dant le Devoir a déjà parlé.Il est entendu entre les conservateurs de Québec, M.Ames et M.Pelletier, que Saint-Antoine restera .tel qu’il existe depuis 1903, et que Westmount formera un comté, avec Sainte-Cunégonde et Saint-Henri.Mais ce projet ne sourit pas aux liberaux de Montréal, et il n’en a pas encore été question à la commission.Bref, le deadlock se prolonge, et ni M.Pelletier ni M.Béland ne veulent ceder d’une ligne.Il est question de soumettre le différend a M- Borden et même aux deux chefs, MM.Borden et Laurier.Pour 1 heure, on croit que si K- remaniement doit venir devant la Chambre a cette session-ci.— une rumeur dit que cela n’est jias certain, — la BILLET DU SOIE.LE BOUFFON.“il manquait le repos de la verve endiablée de Tellier, de ses billets bouffons." Louis BRETON.Il était une fois un Bouffon.Il s’appelait.mais qu’importe son nom ! Il était le Bouffon du plus grand des rois : le Public.Un jour il disparut ; on ne s’en serait jamais aperçu si un jour un Scribe de la Cour n’avait dit au souverain : Sire, que fait donc votre Bouffon ?Le monarque l’avait oublié pour d’autres plaisirs ; il dit quand même : — Rappelle-le ! Le soir une proclamation annonçait son retour.—Sire, vous allez rire, votre Bouffon vous “revient avec le printemps dont U a l’exubérant entrain et la gaieté.” Le Bouffon flatté, joyeux, allait revenir devant son Maître.Il allait de nouveau par mille grimaces, par mille tours, tenter de faire fuser des myriades de sourires.Le Scribe l'avait promis ; le Bouffon ne voulait point tromper l’attente.Il allait paraître ?un ennemi inattendu lui barra la route : au foyer du Bouffon un berceau était vide! Il nous fera rire, avait assuré le Scribe! .4 la cour Sa Majesté le Public réclamait ; ce n’était plus l’applaudissement du rappel, mais les trépignements de la déception.Allons, Bouffon, c’est ton métier, fais rire ! D’un coup de main il refait son masque, barbouille ses yeux rougis du plus éclatant carmin, passe le fard sur ses joues pâles, s’arme de son hochet : une plume aiguisée, et s’élance.L’assemblée t’acclame ; elle ne voit pas la tristesse du Bouffon.Et pourtant son rire est figé car son coeur est brisé.Allons, Bouffon., jais rire, c’est ton métier ! Il était une fois un Bouffon.Il s'appelait.niais qu’importe son nom.Nap.TELLIER.COMMENCEZ Pourquoi n’avez-vous pas construit le Canal de la Baie Géorgienne?a-t-on répondu aux libéraux qui demandent qu’on s’y mette sans retard.Pourquoi ne le construisez-vous pas?répliquent ceux-ci.Et l’on peut se renvoyer la question indéfiniment.Ne vaudrait-il pas mieux se mettre à l’oeuvre immédiatement?Du simple point de vue de parti, le fait produit beaucoup plus d’effet que l’espérance.Le parti qui construira le canal convaincra beaucoup plus aisément le public de sa bonne foi que le parti qui dira : les autres n’ont pas fait mieux que nous.LE DISCOURS DE M.LE CHAN.DESGRANGES On trouvera dans une colonne voisine un large extrait du discours prononcé au Monument National par M.le chanoine Desgranges.Le texte même de ce discours, avec la contradiction qui lui fut opposée et la réponse de M.Desgranges, sera prochainement publié en brochure, par les soins de VEcole Sociale Populaire.LE “ CANTIQUE DU DOUX PARLER ” M.Gustave Zidler publiera tout prochainement à Paris un recueil de poésies franco-canadiennes, sous ce titre, le “Cantique du Doux Parler”.Ce livre paraîtra avec une préface de M.Thomas Chapais.commission fera deux rapports, l’un dans lequel les deux partis s’entendront sur presque toute Ja ligne, l’autre dans lequel la minorité libérale exposera sa manière de voir quant au remaniement dans 4 ou 5 comtés du Québec.En 1903, il y eut ainsi un rapport supplémentaire de la gauche conservatrice, à propos de deux ou trois comtés de l’Ontario.M.Laurier donna gain de cause à la gauche, en cette circonstance.Peut-être M.Borden suivra-t-il cet exemple, cette année, d’autant plus, dit-on, que M.Rogers est pour tout de bon favorable ,à ce qur la majorité rende justice à la minorité, dans cette affaire du remaniement.Georges PELLETIER.LA TACHE DES MEDIATEURS On ne connaît encore rien de l’in-tcnlion des médiateurs qui sont intervenus pour ramener la paix entre les Etats-Unis et le Mexique.Us se réunissent tous les jours, discutent et réfléchissent longuement en secret, envisageant le problème sous toutes ses faces.Ils garderont le silence quelque temps encore.Leur tâche est assez difficile aussi, et elle se complique de l’hésitation si non du refus des constitutionnalistes de faire trêve à leurs opérations contre les partisans de Huerta.Les dernières nouvelles de ce côté sont plutôt défavorables.Carranza renforcit ses troupes autour de Tampico, ce qui n’indique pas des intentions conciliatrices.Si les trois médiateurs veulent réellement la solution des difficultés intérieures, et cela semble bien essentiel au rétablissement permanent de la paix entre les deux voisins, l’attitude des Garranzistes doit les désappointer énormément.Amènera-t-on ceux-ci à de meilleurs sentiments?Cela est douteux.Carranza domine une bonne partie du nord, et plus il gagnera de terrain, plus il a de chances de tirer bon parti de la situation et de profiter personnellement des embarras qu’un règlement avec les Etats-Unis pourrait créer à Huerta.L’armistice intérieur au contraire l’expose à perdre le fruit de ses victoires.Car, à distance du moins, il semble que la pacification mexicaine ne puisse se faire que par l’effacement des deux chefs rivaux.Huerta et Carranza.Les succès presque continuels de ce dernier depuis un an indiquent en effet une certaine emprise sur une partie au moins des Mexicains, tandis que l’autre partie reste assez fidèle à Huerta et même assez enthousiaste de ses méthodes de gouvernement.Ni l’un ni l’autre ne consentira donc probablement à disparaître au profit de son adversaire.Seul, l’effacement des deux peut donner l’espoir d’un retour durable à Fore dre, à condition qu’on trouve un homme assez fort pour fondre ce qu’il y a de bon dans les idées rivales qui cherchent à se détruire dans ce pays.Avec Carranza, ce serait apparemment le retour au Maderisme impossible pour le moment parce qu'il promet trop aux masses.Avec Huerta, c’est le capitalisme outré et la grande propriété qui s’enrichissent aux dépens de la foule.L’homme qui ferait entendre raison à la grande propriété et maîtriserait le capital aurait probablement quelque chance de réussir.Est-il possible de le trouver au Mexique?Même si on le trouve il serait préférable en tout eus de l’offrir à des esprits relativement pacifiés qu’à des gens emportés par des combats quotidiens.P.LAUZON.LES REMANIEMENTS FORCES Nous ignorons sur quels points les députés chargés de préparer le remaniement de la carte électorale de Québec ne s’entendent pas.Nous ignorons également qui des deux partis a tort ou raison.Nous savons seulement que les remaniements forcés ne profitent guère généralement à ceux qui espèrent en retirer avantage.On peut citer plusieurs cas de paroisses déplacées de leur groupement habituel qui se vengèrent en votant contre ceux qui leur avaient imposé ce changement.Une bonne politique, une bonne administration et un peu de franchise, valent infiniment mieux que tous les remaniements pour se faire des amis et inspirer confiance.BOIS A PULPE On annonce que la Cie de pulpe de Chicoutimi vient d’acheter 400,-000 acres de terres à bois de la Lie Atlantic, Quebec & Western Railway.Ces terres sont sjtuées le long de la Grande Peribonka.Bien que la Cie de pulpe de Chicoutimi produise 600 tonnes de pulpe par jour, on dit que la moitié de la croissance naturelle des terres qu’elle possède suffira pour l’alimenter indéfiniment.Ça ne doit toujours pas être elle qui demande la mise à l’enchère des milliers d’acres que le gouvernement sc propose d’offrir dans le Lac St-Jean.L'IMPRIMERIE POPULAIRE (LIMITÉE) Con formément conclues entre la tée) et l’Imprimerie Populaire (limitée), cette société a assumé hier aux conventions Publicité (limi-i 1 _______ .er l'administration complète du Devoir et du Nationaliste, et de l’atelier d’imprimerie (pii s’y rattache.Ainsi que nous l’avons expliqué a nos amis, l'an dernier, ce changement dans la partie purement administrative de notre oeuvre n'en modifie en rien le caractère ou la direction.CATHOLICISME ET PROGRÈS SOCIAL par M.le CHANOINE DESGRANGES Je voudrais essayer de développer devant vous ce soir cette vérité (jui se propose à mon âme avec une evidence de plus en plus grande: que pour réaliser le progrès matériel dans nos cités terrestres, l’Eglise Catholique, le Christianisme, avec ses lumières et ses forces, constitue l’énergie la plus puissante et la plus efficace; de telle sorte que ceux qui l'es premiers réaliseront ce progrès, ceux qui entraîneront de la manière la plus magnifique et la plus puissante les peuples vers le progrès social, sont ceux qui ouvriront le plus largement leur intelligence et leur coeur à l’influence du christianisme.(Si j’ai la bonne chance d’avoir ce soir quelques contradicteurs, je leur demande de prendre bien bonne note de cette démonstration que je présente devant vous).Tout d’abord, entendons-nous sur ce qu’est le progrès.Progresser, e est changer pour le mieux.(J’es-pere que nous serons d’accord tout au moins sur la définition).Le progrès social, c’est l’ensemble des ré-tormes, des lois, des oeuvres qui permettront à tous, niais surtout aux plus humbles et aux plus déshérites, d’avoir une vie meilleure, un bien-être mieux assuré, une dignité mieux protégée, d’être garantis plus efficacement contre ces risques redoutables de la maladie et du chômage; enfin, de voir écarter autant que possible de leurs regards attristes la perspective désolante d’une vieillesse misérable et abandonnée, voila ce que nous appelons le progrès.Fout ce qui pourra permettre a 1 ensemble des travailleurs, aux Plus petits surtout et aux plus humbles, de jouir de plus de bien-être, de plus dignité, de plus de sécurité constitue pour nous le vrai progrès social.Ce progrès, comment le réaliser?Les uns l’attendent de l’Etat, les autres de la Révolution.Nous ne sommes ni de ceux qui adressent ?ux,t.vimt®s politiques des prières inefficaces, ni de ceux qui croient a la violence.Nous pensons (pie ce qui peut amener le progrès, c’est » effort généreux d’un nombre de plus en plus considérable de citoyens.l’our me faire bien comprendre, me trouvant en ce moment devant une place où il y a généralement un orchestre qui fait entendre des airs harmonieux, je vous nroposerai cette comparaison : Qu’est-ce qui per-inet a une fanfare ou à un orches-tre de faire de la bonne musique?U taut, sans doute, un bon chef d’orchestre; il faut de bonnes partitions; il faut surtout de lions musiciens, et des musiciens qui ne perdent pas leur temps à se disputer entre eux, à s’égratigner, à se battre.81 la clarinette passe son temps a donner des torgnoles au pisto si ta grosse caisse envoie des coùps aux cymbales, et si le premier violon explique au second violon nue vraiment le chef d’orchestre a une figure peu sympathique, vous n’au-rez pas une bonne harmonie.Ce qui! faut pour qu’une fanfare soit hanmmiemsc, c’est, avec un bon chef d orchestre, et des partitions exactes, que les musiciens soient là et qu ils soufflent dans leurs ins-tiuments ou qu’ils raclent harmonieusement sur leurs violons.Voilà ce qui importe; vous n’aurez de bonne musique qu’à cette condition.Gela parait très clair quand il s’agit d un orchestre ou d’une fanfare; u faut comprendre que c’est exac-teiuent la niênie chose quand il s’a-gît d’une nation, et qu’on ne peut obtenir de bons rséultats que si tous les citoyens soufflent dans leurs instruments, jouent d’une façon harmonieuse, conformément à le_urs aptitudes, conformément au rôle qu ils sont appelés à tenir dans la société; c est de cela seulement que résultera un ensemble qui s’élèvera progressivement et réalisera le progrès.Mais,il y a là une grosse difficulté: Qu est-ce qui nous déterminera à( travailler pour le progrès?Nous n agissons jamais qu’en vertu de ce qui se passe dans notre conscience et dans notre coeur.Quand vous avez un char qui passe dans la rue, s il cesse d’être en communication avec la forée électrique, ou si la force électrique faiblit, le char s’ar-rete ou il ne peut monter une côte.Lh bien, de même, nous ne pouvons accomplir des actions, surtout des actions persévérantes, nous ne pouvons nous dévouer tous les jours de notre vie à de grandes causes, ((u a la condition que nous ayons une force intime; et si cette force n’existe pas, si nous n’avons pas dans la conscience et dans le coeur quelque chose qui nous pousse sans cesse, nous nous arrêterons, nous vivrons lâchement, nous nous endormirons dans l’égoïsme, dans les plaisirs voluptueux, et nous n’accomplirons rien de bon pour nos freres.Voilà la vérité et si dans celte salie — ce que je ne pense pas — il se trouvait des gens qui estiment que ce qu'il y a de mieux pour le progrès, c’est de ne croire à rien, c est d’avoir une âme absolument vide de préoccupations religieuses, ch bien, ceux-là, je serais heureux qu ils viennent le démontrer à cette tribune.Ah! j’en ai connu en Europe de ces hommes qui ne croient à rien, et je vous assure que je n’ai pas eu de peine à me rendre compte que I incroyance devenait pour eux la cause générale de leur infécondité.Quand je discute, quelquefois, en réunions publiques, et que je veux résumer Poeuvre spéciale accom- plie pendant trente ans par ces matérialistes et ces athées qui ont été, malheureusement, à la tète de notre pays, j’ai coutume — car quand je parle de choses tristes j’aune à les exprimer sous des symboles gais — de résumer ces trente années par un apologue qui est devenu célèbre dans les journaux socialistes fran-cais; c’est l’apologue du chameau.J explique à mes auditeurs que s’ils veillent comprendre la politique des matérialistes, des nommes qui ne croient à rien, au point de vue social, et ce (ju’ils ont fait pour le peuple depuis trente ans, ils n’ont qu’à regarder une jolie caricature de Ca-ran-d’Ache, en trois petites parties.Cette caricature est intitulée “Comment peut-on bien décider le chameau àVourir dans le désert par la chaleur qu’il y fait?” Dans le premier tableau on voit un chameau qui n’a pas du tout envie de marcher.En face de lui, un voyageur, botté, harnaché, avec son casque colonial sur la tete, essaie d’expliquer au chameau qu’il serait bien aimable de partir; mais le chameau hoche la tête, et comme on dit en argot parisien, il ne veut rien savoir.Second tableau.Le voyageur a trouvé le bon système.11 sait que le chameau aime beaucoup les bouteilles de soda.Cela, je ne Fai jamais vérifié, niais il paraît que c’est ainsi.Alors, il met une bouteille de soda à l’extrémité d’une baguette, monte sur les épaules de l’animal, et place la bouteille à peu près à cinq pouces des lèvres de ce pauvre chameau, lequel, voyant ce soda et en ayant envie, se met à courir pour 1 attraper.Seulement, comme le voyageur est sur ses épaules, il se trouve que le soda est toujours à ia même distance des lèvres de la bête, et marchant, courant le plus qu’elle peut, elle n’arrive à attraper qu’une chose, c’est le but du voyage.Troisième tableau.Lorsqu’on est arrivé au but du voyage, ie voyageur ramène la bouteille de soda, la verse dans un verre, y ajoute une goutte de kirsh, et la boit à la santé du chameau.Vous applaudissez, mais les vieux travailleurs français n’applaudis-seni lias, parce qu’ils comprennent de suite quelle est la leçon de cet apologue.Quand ils ne la comprennent pas, je la leur explique.Je leur dis: Voyez-vous, le chameau, sauf Je respect que je vous dois, c’est vous; le voyageur, c’est le politicien.Les politiciens ont bien envie de monter sur vos épaules pour arriver a ces pays heureux qui s’appellent une bonne sinécure, une bonne place.Alors, ils vous font voir un soda, qui s’appelle le milliard des congrégations, la suppression du budget des cuites; et le pauvre chameau prolétaire marche tant qu’il peut.On lui avait promis en 1904 que si on expulsait les congrégations il y aurait un milliard pour les vieux travailleurs.Quand je parle de cela a nos auditoires je propos?aux vieux travailleurs qui m’écoutent, et qui auraient touché leur part du milliard, de vouloir bien s’avancer et je leur promets de faire faire gratuitement leur photographie ' en trois épreuves, une pour eux, une pour,leur épouse, et une autre pour moi, car je fais collection de photographies de vieux travailleurs ayant touché leur part du milliard (les congregations.Eh bien, depuis d!x ans que je demande, du nord au midi, de 1 est à l’ouest, qu’on veuille bien me faire ce plaisir, je n’en ai pas trouvé un seul, et mon album est reste vide.Quand j’ai développé ces considérations.et beaucoup d’autres je rencontre souvent des socialistes qui me disent: “Ce n’est pas étonnant, monsieur l’abbé; vous avez raison, tout ce que vous dites est vrai; nous avons été dupés, nous avons etc trompés; mais c’est qu’il y a eu chez nous des hommes qui ont été des traîtres.” Je leur dis: Us ont été des traîtres?je ne trouve pas.” Ils me répondent: “Voyez donc un homme politique comme M.Briand; c’était autrefois un ré-volutionnaire socialiste; et, maintenant, quand nous voulons faire la greve des chemins de fer, c’est lui Hil1 nous boucle.” Je reprends: Vous trouvez qu’il a été un traître, M.Briand; je trouve moi qu'il a été tout a tait logique avec les princi-pes que vous lui avez inculqués.Uuest-ce que vous avez dit à JL Briand?Vous lui avez dit: Vous savez, mon ami, le ciel, nsstlça n’existe pas, ce sont des histoires de cures, il ne faut pas y croire.M.Briand a dit: Puisqu’il n’y a pas de ciel apres la mort, je vais tâcher d entrer au paradis terrestre tout de suite.Et puisque le paradis terres-ire, c est, pour moi, une salle à mange’’ ministérielle, je vais y entrer.FJ comme, malheureusement, il n’y a pas place pour tout le monde, je vais y entrer avec cinq ou six bons anus; on fermera la porte et si les autres crient, on leur enverra quel-ques balles Le bol, comme dans les champs de Dr a veil et de Villeneuvo-sur-Lot.Voila.C’est très logique.Quand vous dites à une homme qu'il n y a rien à espérer après la vie, il (lit: Je veux jouir des à présent.Cela est tout naturel.Et ceux qui ont oie les loups les plus terribles deviennent de très bons chiens de garde; car il n’y a pas de meilleur chien de garde qu’un loup domestiqué.On a dit.toujours aux mêmes nommes: “Vous savez, il n’v a pas de justice, il n’y a pas de Dieu; U (.Suite d la 2iérnc page) / 2 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI, 2 MAI 1914 VOL.V.— No.102 CHRONIQUE RELIGIEUSE ROME ET LE MONDE 1 • ' ¦ ii n’y a que la conscience.” Alors, ijs se sont dit: “La conscience, oh! je m’entendrai toujours bien avec elle.” Quand on n’a affaire qu’à la conscience, elle arrive à devenir bientôt un bon camarade, en attendant qu’elle soit un bon complice.Quand on n’a pas à rendre compte de ses actes à une justice supérieu-i re, on arrive à s’inquiéter fort peu En ce temps-là, Pendant que tout de ceux qui sont broyés par ce que le peuple recevait le baptême, Jésus Ton entreprend et ce que l’on fait.fut aussi baptisé par Jean, et corn- On veut, coûte que coûte, entrer EVANGILE LA PROTECTION DE SAINT JOSEPH Evangile selon S.Luc.—Ch.m, v.21 CA THOLICISME ET PROGRES SOCIAL (Suite de la 1ère page) me il faisait sa prière, le ciel s’ouvrit, et le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, semblable à une colombe, et on entendit cette voix du ciel qui disait: Vous êtes mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.Jésus avait alors environ trente ans, et on le croyait fils de Joseph.dans le paradis terrestre; s’il faut écraser quelques concurrents, tant pis, on les écrase.On n’a de compte a rendre qu’à soi-même; on n’a pas i une divinité qui vous juge, qui vous doit traiter selon vos actes, et qui vous oblige de vous tenir toujours ; en face de votre devoir.(Iui LE SACRE DE MGR GINISTY Paris, 30.— Le sacre de 1 évêque beaucoup de gens qui ne cro élu de \erdun, Mgr Ginisty, est.fixe p|us qU’a ce qU’jis touchent, auj au 1 / mai prochain.La consecration .sera donnée au nouveau prélat dans l’église de Saint-Affrique, par Mgr de Ligonnès, évêque de Rodez; l’évêque de Mende, Mgr Gély, prendra la parole au cours de la cérémonie.L’archevêque de Cambrai, Mgr Chollet, prédécesseur du nouvel évêque au siège de Verdun, assistera au sacre avec plusieurs autres prélats.LA CHAPELLE DE LA REPARATION Demain, 1er dimanche de mai, la Chapelle de la Réparation sera ouverte.11 y aura à 11 tirs p.m.le chemin de la Croix, suivi des exercices du mois de Marie.Comme c’est la fête ce jour-là de l’Invention de la Sainte Croix de Notre-Seigneur, il y a indulgence plénière spéciale attachée à la voie douloureuse en plus des indulgences ordinaires si nombreuses.On fera vénérer la relique de la vraie croix après les exercices prêchés du mois de Marie.Un tramway circulera sur l’embranchement qui conduit à la chapelle à la disposition des pèlerins.uns vêtus en laïques, les autres vêtus en religieux; pour parler de votre histoire proprement canadienne, depuis trois siècles, si ce cortège passait, vous le verriez accompagné de l'escouade secourable et bienfaisante de ces soeurs Grises et de ces soeurs Noires, de ces soeurs de la Providence et de la Miséricorde, de ces religieux et religieuses de tous ordres, et de ces hommes et de ces femmes qui ne portent pas de costume spécial, mais qui ressemblent laux autres par une chose qui per-!met de les classer tous sans exception dans la même catégorie : ils iont sur la poitrine la croix du Christ Jésus et dans le coeur la foi en Celui qui a sauvé le monde fondé la fraternité sur la terre, en donnant son sang.En dehors de ceux ont ainsi la foi en Jésus-Christ, je vous défie de me montrer des hommes qui, d’une façon durable, se soient vraiment donnés, dévoués, jusqu’à la mort, jusqu’au sacrifice de ce qu’ils avaient de plus cher.A côté de cette innombrable légion d’hommes et de femmes qui sont venus au secours de la misère et de l’ignorance humaine à travers les âges, je voudrais vous montrer les gouvernants, les chefs d’Etats, féroce, où ce sont portés naturellement à la tyrannie, i l’emportent sur qui ont été amenés par l’influence ' ’ ’ du christianisme, à se considérer comme les serviteurs de Dieu et comme les serviteurs des peuples qu’ils avaient à régir.Si vous voulez vous rendre compte de ce qu’a été l’influence du christianisme sur les hommes d’Etats, lisez les pages d’histoire où se trouve raconté ce qui s’est passé après la conversion de Constantin.Vous aviez eu pendant trois siècles des empereurs romains, pénétrés de paganisme, représentant le pouvoir le plus tyrannique et le plus cruel.Dès que Constantin a vénéré la croix, dès qu’il s’est donné au Christ Jésus, dès que l’influence de l’Evangile a pénétré son coeur, nous voyons que dans les vieux codes romains toutes les pages infâmes, toutes les pages tachées de sang sont déchirées les unes après les autres; et les articles les plus favorables aux travailleurs, les plus favorables à la dignité humaine, les plus favorables à la fra- Et puis, qu’est-ce qu’on leur a dit encore à ces mêmes hommes?On leur a dit: “Vous savez, moi, je ne crois qu’à ce que je vois et qu’à ce que je touche.” C’est vrai, il y a roient aujourd’hui.Eh bien, qu’est-ce qui arrive quand on ne croit plus qu’à ce que l’on voit et à ce que l’on touche?On arrive à ne plus voir dans la vie que la lutte, une lutte les plus forts qui les plus faibles.Regardez dans ces villes de for qui vous entourent ; vous vous apercevrez, que c’est la lutte pour la vie, la lutte cruelle et farouche, la lutte à la poursuite du dollar, la lutte pour arriver à jouir davantage et à être plus heureux, une concurrence impitoyable, qui écrase les plus faibles pour permettre aux plus forts d’arriver.Et quand vous cessez d’avoir sous les yeux ce spectacle, quand, pour chasser de vos regards cette lutte farouche et terrible, vous voulez essayer de vous perdre dans les grands bois, dans les grandes forêts, vous vous apercevez que la nature vous présente le même spectacle ; que les .insectes, que les oiseaux, que les animaux qui peuplent les forêts, bataillent les uns contre les autres et cherchent à s’entre-détruire; si vous contemplez les arbres eux-mêmes, vous vous apercevez qu’il en est quelques-uns qui ont grossi étendent CHEMINS DE petites annonces FER RUSSES situations vacantes LE GOUVERNEMENT DE SAINT-PETERSBOURG POURSUIT ACTIVEMENT L’EXECUTION DU PROGRAMME DE M.KOKOVT-ZOFF ET REALISE UN GROS EFFORT.APPRENTIS BARBIERS demandés, méthode moderne.Système Moler, établi depuis 22 ans.Quelques semaines suffisent.Outils donnés gratuitement avec le cours.Positions assurées.Cours spécial du soir.S’ad.Molers Barber Coliege, 62D.Boulevard St-Laurent.Montréal.33-26 nr!î!nifnml!^nî’.étentlent ^'U1S 1 tcrnité des homines s’inscrivent peu inagnmques ramures autour deux CONCERT HERALY C’est le jeudi soir, 14 mai prochain, qu’aura lieu dans la grande salle de l'Assistance Publique, angle des rues Lagauchetière Est et Berri, le dixième grand concert annuel de M.François Héraly, notre sympathique artiste.Cette soirée vocale et instrumen-lale, remportera sans nul doute un brillant succès, car M.Méraly s’est assuré le concours d’artistes connus que le public sera heureux d’applaudir.Ce sont, Madame A.Leduc, soprano, Mlles Esthel Giroux, violoniste, et vous engagent a vous asseoir à leur ombre; et vous voyez autour de petits arbustes desséchés, étiolés.Quand vous vous demandez pourquoi les uns ont grossi tandis que les autres dépérissent, la réponse est facile: ceux qui grossissent, ce sont ceux qui ont absorbé la sève qui se trouve autour de leurs racines, tjui ont empêché de vivre ceux qui mourront bientôt sous leur ombre.Et alors, si vous ne croyez que ce que vous voyez, que ce que vous touchez, vous vous dites (pie puisque c’est ainsi la loi de la vie, il faut que, vous aussi, vous tâchiez delre le plus adroit, le plus fort; que puisque sur cette terre il doit y avoir celui qui roule le voisin et Léa Giguère, du conservatoire La- celui qui est roulé, celui qui oppri-salle.| me et celui qui est opprimé, celui MM.Wilfrid Pelletier, pianiste de qui vole et celui qui est volé, il vaut l’opéra de Boston, Paul G.Ouimet, 'uieux être des premiers que des se-baryton, P.Deremouchamps, flùtis- fonds.te, L.Raster, hautboiste, et Albert , ^L'is il y a quelque part un arbre qu‘ Lallemand, du conservatoire Lasalle.Nous aurons par conséquent la bonne fortune d’entendre pour la première fois, à Montréal, le merveilleux quatuor composé d’artistes de premier ordre.Billets en vente chez M.Ed.Archambault, marchand de musique, 312 Sainte-Catherine Est.nous donne un autre exemple et une autre leçon, l’arbre dressé sur le Calvaire, ce grand arbre de la Croix, où nous voyons le Christ qui meurt en étendant ses bras, coimne pour embrasser l’humanité toute entière dans un geste de charité et de fraternité divine ; le Christ (pii meurt après avoir, non bsorbé la sève d’aucun être, (près avoir, au contraire, don- la der- Tcl.Est 1842, où chez le prof.Héraly, 44!) rue l)as : Berri.Tél.Est 3120.‘ .mais I né pour l’humanité jusqu'à nière goutte de son sang.(Communiqué).LA POLICE DU PANAMA Panama, 2.— George A.Helfert, ancien gouverneur du territoire de Zamboanga, aux Philippines, est arrivé à Panama en qualité d’instructeur pour la police de la république.Il y a actuellement dans la république 800 hommes en service.On dit que l'idée du président Porras a été d’avoir Helfert afin de réorganiser à nouveau la force de la police de l’intérieur.LES JUIFS ESPAGNOLS Madrid, 2.— Le gouvernement espagnol préconise une nouvelle politique en faveur de l’immigration jui-A'e afin d’amener au pays les juifs espagnols qui vivent dans l’est de l’Europe.Il y a quelques semaines plusieurs juifs importants de Tanger ont visité Madrid et se sont pré-! imrbarie: èdix Que nos adversaires le veuillent ou qu’ils ne le veuillent pas, pour quiconque sait quelques mots d’histoire, il est incontestable (pie dans cet univers, c’est à partir de la croix (pie nous voyons se développer à travers le monde la fraternité, la justice, le progrès.Allez donc voir les peuples qui vivaient avant le Christ, vous serez frappés de leur barbarie; vous verrez de quelle façon odieuse les femmes, les enfants, les faibles étaient opprimés par les forts; comment les maîtres inhumains courbaient sous le joug impitoyable de leur férocité les misérables esclaves.Etudiez l’histoire de ces deux mille ans, examinez l’univers aujourd’hui connu ; vous apercevrez comme deux versants, l’un qui est éclairé par la lumière oie la civilisation, celui qui plus ou moins reçoit l’influence de l’Evangile.l’autre qui est plongé dans les | ténèbres de la corruption et de la à peu; de telle sorte que vous pouvez trouver en l’an 314 et l’an 340.dans cette période relativement si courte, toute une législation ouvrière admirable, qui s’est insérée entre les lignes de ees vieux codes romains, pourtant si traditionalistes et si figés.Dans ces vieilles formes et dans ces vieilles traditions romaines, tout cela s’introduit sous l’influence de l’Eglise, sous l'influence du christianisme, qui, ayant amolli le coeur farouche de Constantin, fait pénétrer de la justice et de l’amour dans les codes, dans les institutions, dans les coeurs, dans les âmes, dans les moeurs elles-mêmes.L’histoire toute entière, si nous pouvions l’étudier de près, nous montrerait ainsi la civilisation s’établissant et se développant à toutes les époques et sous toutes les latitudes, par cette influence certaine, inlassable, de l’amour du Christ, de l’Eglise, qui donne aux hommes la lumière, leur rappelle les principes et les guide dans les bonnes voies, des sacrements; de l’Eucharistie qui régénère nos coeurs ; de la confession qui les purifie, qui fait que tous ceux qui sont ainsi renouvelés, pensant que le Christ a donné l’exemple de la fraternité et qu’il a passé son temps à faire du bien à son prochain, vont secourir les malheureux, et s’arrachant pour un grand nombre à leurs passions et à leurs richesse n’ont plus qu’une ambition, consacrer tous les jours oui leur restent à vivre au service des misérables et des abandonnés.Voilà re que nous voyons sous l’influence chrétienne; et quand nos adversaires nous demandent: Qu’avez-vous fait depuis vingt siècles ?nous pouvons leur répondre: Oh! Dites-nous plutôt ce que nous n’avons pas fait, et quel est le noint, aussi petit et aussi infinie qu’il soit, dont noire civilisation puisse s'enorgueillir, qui ne porte l’empreinte ineffaçable de l’Evangile et de l’Eglise?Saint-Pétersbourg, 28.—-Le nouveau cabinet russe poursuit, par une méthode un peu différente, mais avec une égale activité, ce développement des chemins de fer auquel M.Kokovtzoff vient, avec le concours financier de la France, de donner une impulsion décisive.Et c’est la vie même de la Russie qui se transforme et s’épanouit avec son réseau ferré.L’empire russe couvre plus de la moitié de l’Europe (exactement 54%) ; en dix ans, sa population s’est accrue d’un quart.Pour assurer la mise en valeur de cet incomparable domaine, la Russie dispose actuellement d’un kilomètre de voie ferrée par cent kilomètres carrés, alors que la France en a neuf, l’Allemagne onze, la Belgique tout près de seize.Il y a donc un gros effort à réaliser.Mais la réalisation est en plein accomplissement.Depuis 1891, la Russie avait augmenté son réseau d’environ 40.000 kilomètres.Or, le programme actuel d’extension prévoit la construction, au cours des cinq années prochaines, de 30.000 kilomètres de voies nouvelles qui porteront le développement des chemins de fer russes à près de 110,000 kilomètres, dont 90,-000 kilomètres environ sur la seule Russie d’Europe, Il faut ajouter que la vitalité du réseau s’accroît plus vite encore que ne s’allonge le rail.Sur les lignes d’Europe, au cours des dix dernières années, le chiffre des recettes augmente des trois quarts, celui des voyageurs et des marcandises de moitié, tandis que les dépenses d’exploitation sont réduites de 10 à 12c^.Sur les lignes d’Asie, le trafe et les recettes doublent tandis que le coefficient d’exploitation s’abaisse d’un tiers.En créant les voies naturelles, la Russie crée de la richesse.Et elle consolide sa sécurité en même temps qu’elle renforce et facilite sa riposte à une éventuelle menace extérieure.Il est inexact de prétendre que la Russie construise des chemins de fer d’un caractère avant tout stratégique : les quelques résultats industriels et financiers résumés plus haut démontrent avec évidence l’intérêt économique du programme d’extension en cours.Mais la liaison multiple et rapide des grands centres, la dilfusion et la spuple articulation du trafic assurent la prompte et totale mise en valeur des inépuisables forces vives de l’empire, à son profit et à celui de ses alliés.ELECTROLIERS Electroliers pour 8 appartements de $10 en montant.Poêles à gaz de $2 en montant.Fixtures électriques et poêles à gaz pour tous les goûts.Charet-te & Frère, 414 Ontario Est.Téf Est 721.EMPLOI DEMANDE.Jeune homme, 24 ans, expérience de huit années dans travail de bureau, demande position, secrétaire ou assistant comptable; prendrait charge de correspondance.Très bonnes références, Boîte 104 “Le Devoir”.INSTITUTRICES.Pour écoles, paroisse de Longueuil.Pour le mois de septembre 1914.Eléments anglais enseignés; chauffage par commissaires; logement dans l’école.Deux maîtresses dans la même école avec logement dans l’école.Salaire $250.00.Apporter ou envoyer certificats ou copies de certificats.Donner les années d’enseignement.Adresser à Monsieur le Curé de Longueuil.SOLLICITEURS.Solliciteurs à domicile demandés pour persuader les gens qui demeurent (Dns de petites cabanes, oü maisons incomplètes, de finir leurs maisons par notre système d’épargne et de construction.Chance exceptionnelle pour un bon solliciteur dans chaque subdivision.Nous annonçons continuellement et chaque agent aura quelques noms d’acheteurs probables, plus ou moins intéressés.Nous vous donnons toute l’assistance possible.Un solliciteur énergique peut se faire un joli revenu.S’adresser le matin entre 9 et 10 hrs à M.Béllew, 304 Edifice du Power, angle des rues Craig et Saint-Urbain, ou écrivez en donnant âge, habileté, expérience, références et gain habituel.(1er de s’intéresser au sort des 25,000 israélites qui demeurent au Maroc.UNE BATAILLE RANGEE ENTRE COLONS ET INDIGENES EN ALGERIE TROIS MORTS,D1X-SEPT BLESSES sentes devant le roi pour lui deman- une loi que je défie de voir démentie, de voir violée sur un point quelconque de l’univers, à une époque quelconque de l’histoire.Partout et toujours, la civilisation monte, s’épure, devient plus juste et plus belle, dans la mesure même où l’esprit de ce Christ qui a fondé la fraternité sur la terre, oui non seulement en a gravé l’idée dans les consciences, mais en a donné des exemples si entraînants qu’il a été impossible de ne pas le suivre ; c’est, dis-je, depuis le Christ, et dans la mesure où son esprit règne sur les peuples, que la civilisation avance et que les peuples arrivent au progrès.J’aimerais à faire défiler, devant vous, depuis Jésus-Christ, l’immense cortège de tous les misérables, paralytiques, vieillards, malades, prisonniers orphelins, lépreux, abandonnés de toutes sortes; il y en a des millions, des milliards; vous verriez autour d’eux, pansant leurs plaies, apaisant leurs désespoirs, chantant à leurs oreilles la chanson ineffable de la douceur et do l’espérance, des hommes et des femmes, nui ont des habits bien différents, des cornettes bien différentes, les Une véritable bataille rangée a eu lieu à Zoralda, à 30 kilomètres d’Alger, entre colons et indigènes.On releva, sur le terrain les cadavres de trois indigènes.Dix-sept autres combattants, tant européens qu’indigènes, ont été sérieusement blessés à coups de fusil, de revolver, de couteau et de matraque.CHANGEMENT D’HORAIRE DU GRAND-TRONC Dimanche le 3 mai, il y aura un changement important dans le .service du chemin de fer Grand Tronc.On peut obtemr des horaires des agents.r.“LA VIE DE LOUIS VEUILLOT” COUPON No 6 2 mai 1914 LE DEVOIR La série de six coupons consécutifs et vingt sous apportés aux bureaux du DEVOIR, 43 rue Saint-Vincent, donnent droit à un exemplaire de “La Vie de Louis Veuillot”.Les personnes qui désireront recevoir ce livre franco, devront envoyer six sous en plus pour frais de poste et d’emballage.COURRIERS PROVINCIAUX PROV.DE QUEBEC PETITES NOUVELLES Saint-Tite, 2.— La prohibition récemment votée par notre Conseil Municipal, sera donc en force le 1er mai prochain.Nos félicitations à nos édiles, qui prennent des moyens aussi énergiques pour nous garantir contre le terrible fléau de l’alcool.On a maintenant raison d’espérer que le progrès matériel se fera bien plus rapide.Et le progrès moral, donc?—o— Lundi matin ont été célébrées en l’église de Saint-Tite, les funérailles de Mme Wm.Jacques, décédée à l’âge de 22 ans.Madame Jacques demeurait à Saint-Jacques des Piles.CHIC MARIAGE Saint-Ubald de Portneuf, 2.— Lundi dernier, à l’église parossial, M.A.Lachance épousait Mlle Amanglis Fortier.L’union fut bénie par le curé Louis Coulombe.Après la cérémonie, les nouveaux époux so rendirent a Montréal, où ils habiteront.CHOSES A LIRE ce “ Le Natiomîliste ” paraîtra soir, vers les Irait b jures.Au sommaire* : A l’autocratie par la démocratie.—En attendant qu’on réorganise, on désorganise, Léon Lorrain.L’extérieur et l’intérieur d’un ministre, Pierre Garneau.Fini, M.Henry Bordeaux ! Fanfan.Projet d’excursion pour nos échevins, l’Ermite du Champ ue Mars.Leurs biographies Politiques, politiciens et politiquail-leurs.La carte forcée ; Procédé légal et facile pour recruter des abonnés, Simon Bréval.Anecdotes et Souvenirs : S.E.le cardinal Bégin Aperçu sur le Mexique contemporain : Petite étude à l’usage de ceux qui veulent comprendre ce qu’ils lisent, ces temps-ci, dans leur journal.Autour de l’incident de Sainte-Scholastique : Quelques réflexions, Honoré Meunier.La maîtrise de soi Pierre Marrotte.L’éternelle faiblesse, Paul llamé.Des vers inédits, un conte par semaine.Ce qui se passe, Chroniques et Echos, etc., etc.LES SPORTS La littérature et l’éducation physique.Les courses de Pâques, 1 rôle éducateur du jeu, Josaphat Ver-ner.Les dernières informations sportives.DERNIERE HEURE On trouvera dans “ Le Natina liste ” les dernières nouvelles de la ville, du Canada et du monde entier, par nos reporters, nos correspondants et les agences.L’ENFANCE CRIMINELLE Berlin, 2.— Les statistiques allemandes pour 1912 accusent, en ce ; qui concerne la criminalité juvénile, une nouvelle augmentation de I près de 8 p.c.sur l’année précédente.Le nombre des jeunes gens âgés de dix-huit ans et au-dessus, condamnés pour crime ou délit contre les lois de l’empire, a été en effet de 54,902 contre 50,080 en 1911.1 Lu majeure partie de ces jeunes gens ont été condamnés pour vol ou escroquerie ou bien encore pour coups et blessures; 1,379 l’ont été pour attentat aux moeurs, 27 pour i pnsnssinnt.COMMISSION DU REMANIEMENT (Du notre corrp«Donaant1 Ottawa, Ont.2.— M.Béland, re présentant des libéraux d'ans la commission du remaniement pour la province de Québec, a eu hier soir une entrevue avec M.Rogers, le pré sident de la commission, à propos du “deadlock” .entre MM.Pelletier et Béland.M.Rogers n’a pu obtenir aucune concession de M.Pelletier, et il en a fait rapport à M.Béland 11 y a eu proposition de soumet tre toute l’affaire à M.Borden.Par ailleurs, M.Béland a proposé de soumettre le différend à MM.Laurier et Borden.1! n’y a pas eu de décision de prise encore à cc sujet.Quoi qu’en (lisent certaines dépêches, il n’y avait nulle entente de faite encore entre li béraux et conservateurs, avant cette réunion, et le différend subsistait toujours, quant aux cantons de l’Est et à certains comtés de l’ile de Mont real.A la dernier heure, la com mission siégeait encore.DISTRIBUTION DE PRIX AUX COURS PUBLICS DE LA SC CIETE SAINT - JEAN-BAPTISTE.* A'** ' » l AVOCATS BOURBONNIERE, F.J., C.R., avocat, 76 rue Saint-Gabriel.Tél.Bell, Main 2679.Tél.Bell Main 1973.—Adresse télégraphique Codes : Western Cn.lîniv.Ed.“ Vrrab” Montréal LEOPOLD BARRY LL.B.Avocat et Procureur Edifice Banque Ottawa, ’224 rue St-Jacques Chambre 44.—Montréal Boite Postale 356.— Adresse télégraphique “Nahac, Montréal”.Tel.Main 1250-1251.Codes : Liebers.West.Un C.H.CAHAN, C.R.AVOCAT ET PROCUREUR Edifice Transportation.*— Bue Saint-Jacques “LAMOTHE, GADBOIS & NANTEL, avocats.Edifice Banque de Québec, 11 Place d’Arjnes, Montréal.Téléphone Main 3215.J.C.Lamothe, L.L.D., C.R., Emiiien Gadbois, L.L.L., J.Maréchal Nantel, B.C.L.Résidence : Est 5973.ANATOLE VANIER,B.A.,L.L.B.AVOCAT Tel.Main 213.—Chambre 53.97 rue Saint-Jacques.Résidence : 180, Jeanne-Mance Tél.Est 5973 GUY VAN1ER, B.A., L.L.L.AVOCAT 97, rue Saint-Jacques.—Chambre 70 Tél.Main 2632 EST 6731 Docteur A.DESJARDINS Ancien Moniteur de PHotcl-Dieu de Paris.J Maladie des YEUX, des OREILLES, du NEZ et de la GORGE.523 Saint-Denis.| (en face du carré Saint-Louis).DENTISTES TEL.EST 41®.— Dr Ernest Charron CHIRURGIEN-DENTISTE 144 rue Saint-Dcnia.Prés de PUniver-Montréal.sité Laval.À LOUE» A LOUER.Rue Mance.— Logement moderne, sept appartements, plancher bois franc, fournaise eau chaude, gaz, électricité.Loyer raisonnable.Armand Couture, 2104 Boulevard Saint-Laurent.CHAMBRES A LOUER.Chambres garnies à louer à Sainte-Catherine Est.1810 LOGEMENT A LOUER Coin Boileau et Montsabré—5 pièces, chambre de bain, $10.00 par mois.S’adresser à J.P.Thériault, 1810 Sainte-Catherine Est.Tél.Lasalle 1312.LOGEMENTS A LOUER.Ave DeLorimier, entre Rachel et Marie-Anne, 8 chambres, électricité, ménage complet, $30 par mois, et avec garage et fournaise, $40 par mois S’adresser au propriétaire, Henry L.Auger, 384 Ontario Est.Tél.Est 4215.98-6 RESIDENua D'ETE.A louer ou à vendre à la Pointe de ja Rivière-du-Loup, beau cottage meublé, garage, écurie et 30,000 pieds de terrain.Confort d’une maison de ville.H.Audette, 50 Notre-Dame Ouest, Montréal.Main 3828 ou Lasalle 678.A VENDRE NOTAIRES GIROUX, LUCIEN, notaire, édifice Saint-Charles, 43 rue Saint-Gabriel.Tél.Main 2785.Résidence, 405 Duluth Est.Tél.Saint-Louis 3585.Argent à prêter.Règlement de succession.BELANGER & BELANGER, (Léan-dre et Adrien), 30 Saint-Jacques.Main 1859.Rs., 240 Visitation.Prêts sur hypothèque, achats de créances.INSTITUT DENTAIRE FRANCO-AMERICAIN No 162 St-Dea|s MONTREAL Nos dents sont très belles.Naturelles.Satisfaction garantie.• INGENIEURS CIVILS ET ARPENTEURS ^ De GASPE BEAUBIEN Ingénieur - Cons(gï.Chambre 28, Edifice Royal Insurance, Place d’Armes, Montréal.Tél.Main 8240.I08TENUES MPTEHEBl En tous pays.Demandez le GUIDE d)2 L’INVENTEUR qui sera envoyé gratis.MARiON & MARION 364 rue Université, Montréal.MEDECINS Dr.M.LEMOYNE 257 SHERBROOKE EST (Près Saint-Denis) Maladies des yeux, oreilles, nez, gorge, larynx.Tél.Est 4550 Diplômé en hygiène Pub." 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PROVINCE DE QUEBEC, district do Mont-r dans la gloire à jamais triomphants Laissez-moi vous donner quelques pleurs, — mes enfants!" Gustave ZIDLER.(Le Cantique du Doux Parler).(1) L’abbé Souart.UN ROI DE PROVENCE par LE GÉNÉRAL CHERFILS O Crau, as touinba flour! “Mireio” Cant.X.Lorsque, dans sa course éperdue vers les Saintes-Maries, dont “elle voyait déjà l’église blonde”, Mireille, frappée d’insolation, roule sur ie sable brûlant, le poète s’écrie: “O Crau, ta fleur, est tombée!” Maintenant que le poète s’est endormi, les veux vers ses Aipilles bleues, son christ dans les mains, maintenant '¦Mue cette bouche est fermée, d’où coulait le miel d’une poésie divine nous pouvons répéter le cri de douleur dont il saluait la mort de Mireille.O Provence, tu as perdu ta tleur! Les cyprès noirs, jetés sur ton ciel pour le faire plus bleu, prennent seulement aujourd’hui la signification funèbre de la douleur.Ton roi est mort ! Avec lui a disparu un homme qui embellissait l’hu-ïnamté!” .11 y a 55 ans qu’un paysan de gé-nie est venu à Lamartine, son raisin de.Grau à la main, et que le visionnaire aux vues prophétiques annonça au monde au’“un grand poêle epique était ne”, La renommée du poète est montée plus haut que les prévisions de Lamartine.Mais ce que son parrain de gloire n’avait pu .mesurer, c’est la prodigieuse moisson d avenir, fécondée par cette poésie.Mistral a mieux fait que de ressusciter une langue morte; il a fait refleurir le respect de la terre, l’amour de la petite patrie, le culte des traditions séculaires qui ont édifié la grande.C’est parce qu’un barde de Provence a chanté dans sa langue méprisée”, parce qu’il a exal-te J a majesté des coutumes ancien-,>nes, laR revivre un passé à moitié mvele.par le rouleau du modernisme et reveillé les gloires locales ; r est parce qu’il a été le mistral purificateur des choses laides et le chantre des épopées de la terre, depuis la conversion de sa Provence jusqu’aux éclats de tonnerre de Mirabeau.jusqu’aux exploits de Suf-fren, jusqu’à l’héroïsme du petit tambour de Cadenet; c’est pour tout cela que des esprits comme Brunc-lière, Jules Lemaître, Charles Maur-ras sont devenus traditionnalistes et revenus vers Dieu et vers le roi: que Maurice Barrés s’est scnli plus Lor-t rain et plus Français; c’est pour cela nue la terre de Metz et l’Alsace, fideles au parler de France, ont senti tressaillir, sous un souille de résurrection, leur Ame toujours saignante.Les Provençaux de ma génération, et de celles qui la suivent, sont pétris de “Mistral”.Le peu que nous pouvons valoir, nous le tenons de sa langue d’harmonie et de beauté, de son esprit d’ordre et de mesure, de son souffle d’éducateur magique : “Sois humble avec les humbles, mais plus fier que les fiers”.“Si.un jour, tu reviens homme et gentilhomme, je te dirai s’il était doux, le miel que tu m’as apporté.” Nous ne voulons que du miel divin ! Aucune poésie n’a fait vibrer mon ame d’une émotion plus profonde, plus religieuse, frappant jusqu’à la source des larmes.Voilà pourquoi, après d’autres de beaucoup plus d’esprit, mais de moins de Provence, je puis encore parler de.Mistral.Je viens Vers son tombeau avec une piété filiale, avec la reconnaissance de l’enchantement de toute une vie, * * * “Ame de mon pays.ftme éternellement reconnaissante, àmc joyeuse et fière et vive, qui hennis dans le bruit du Rhône et de son vent ! âme des bois harmonieux et des calanques ensoleillées, de la patrie âme pieuse, je t’appelle ! incarne-toi dans mes vers provençaux”.Ce paysan de Crau qui n’a voulu chanter que pour les pâtres et les gens des nias, a chanté pour la France, pour l’univers entier.II a mis au front brun de sa Provence le rayonnement d’une gloire immortelle.Il est lui-mème l’incarnation vivante.Pâme harmonieuse de la terre de Provence.Toute, la poésie de son ciel radieux, de ses oliviers gris, de ses routes blanches, de ses pins et de ses cyprès noirs, de ses plaines fertiles, de ses collines pierreuses et parfumées, de sa mer caressante et de ses fleuves impétueux, tout d’elle vibre dans ces vers radieux, où grissonnent aussi la fierté mâle de scs hommes et “la beauté pure de ses filles”.“Mais, ô cité douce et brune, ta merveille suprême, il oublia, l’enfant, de la dire : le ciel, ô féconde terre d’Arles, donne la beauté pure à tes filles, les raisins à l’automne, des senteurs aux montagnes et des ailes à l’ofseau”.On m’a conté que, parmi les chefs-d’oeuvre, qui, tous les sept ans, avec une régularité cosmique, prenaient, du eloebêr de Maillane, leur essor vers l’azur, le poète avait une prédilection pour son Calendal.L oeuvre coulée dans le moule d’une chanson de geste, où la fic- tion se mêle à la réalité, n’a pas la sérénité souriante, ni le charme d’émotion humaine de l’histoire d’amour de Mireille ; mais je crois bien que les sommets de Calendal atteignent une grandeur épique, que 1 aile du poète, nulle part ailleurs, n a dépassée.Je ne sais rien ne plus beau, dans aucune langue, que le chant premier où se rencon-trent, sur la cime de l’Estériel, le pécheur de Cassis et la princesse des Baux, où Esterelle raconte en un langage de soleil l’épopée de sa famille, “race d’aiglons, jamais vas-s^Lî’ ‘*e *a P0'ntc de ses ailes, effleura le .sommet de toutes les hauteurs ’.Aucun chantre n’a exalté l’amour de la nature et la splendeur de ses beautés avec une inspiration plus haute.Voici comment Esterelle apostrophe Calendal après le massacre des mélèzes du Ven-toux, lorsqu’il apporté à ses pieds le rameau de son exploit : “Saintes des Baux ! que l’homme est btêe d aller, cruel, gâter le vêtement qui, superbe, était jeté sur l’ossature des monts.Génération sacrilège dit-elle; dans le vaste univers, ils croient tout à eux ! Vous avez la moisson des plaines, vous avez la châtaigne et l’olivier du coteau.Mais des montagnes, le crêtes sourcilleuses appartiennent à Dieu.“Mais eux, les arbres des sommets, eux oui, sincères, calmes, rigides, malgré les quatre vents, portent hautes leurs têtes, eux sur qui pèsent les ans moins que l’oiseau de passage, eux qu’à l’inverse de vous autres, la vieillesse plantureuse rend plus forts et plus beaux ; eux, solennels pipeaux que la bise à plein larynx fait chanter comme des orgues ; eux,opulents et bons, qui versent la fraîcheur et l’ombre depuis des années innombrables ; eux, chevelure sobre de la terre, et parrains des sources et des fontaines, laissez les vivre ! Car à profusion sourd de leurs troncs la sève, car ils sont les fils aimés, les nourrissons inséparables, la joie, la colossale gloire, de la nourrice universelle ! Laissez-Ies vivre, et de ses ailes vous recouvrant aussi, va glousser d’allégresse la grande couveuse !.” Et cette envolée se poursuit encore à travers douze strophes étincelantes.Lorsque Mireille tombe dans l’église des Saintes-Maries, elle croit dans son hallucination entendre les Saintes lui parler.Elles lui racontent l’épopée de la conversion de la Provence, dans un chant qui a la pure splendeur d’un arc-en-ciel.La Magdeleine, à la Baume, devenue sainte, pleure les larmes de sa pénitence.“Et lorsque sur la pierre tombe en perle un de ses pleurs, en grande hâte les anges vont le recueillir et le mettre en un calice d’or.Assez ! assez ! ô Magdeleine ! le vent qui, daus le bois, respire, t’apporte depuis trente années le pardon du Seigneur.De tes pleurs, la roche elle-même pleurera éternellement ; et tes larmes éternellement sur tout amour de femme comme un vent de neige jetteront la blancheur.” Le,s vers de Mistral ont une vibration musicale qui secoue l’être entier.Mais il y a plus et mieux qu’un effet physique, tel que la musique peut le produire sur les nerfs de ses fidèles il y a une naissance d'émotion intense qui s’adresse à l’â-mie parce qu’elle vient d’une âme et | qu’elle puise son expression aux sources les plus vraies de la nature, de la vie et de la beauté.C’est l’épanouissement magnifique d’une fleur de poésie dont les racines plongent au plus profond des sèves nourricières de la terre.L’émotion du poète, comme une fontaine pure, I jaillit de son recueillement pieux devant la majesté des cieux, Ja parure de la lerre et la.fête des soleils qui se lèvent et qui tombent.Elle est nourrie de passion féconde, d’a-mour»pour toutes les grandeurs, toutes les beautés morales.Elle est profondément humaine, avec, en plus, l’illumination du divin, qui la transfigure.Et c’est à ces causes de simplicité et de vérité que Mistral doit d’être un bienfaiteur, un consolateur, un créateur d’énergie et de bonté.En Mistral tout est mesuré, naturellement simple et humainement vivant.Ce poète épique est aussi un peintre prestigieux, soit qu’il brosse avec la palette magique des grands Vénitiens des scènes qu’il anime d’une vie éclatante, soit qu’en une seule strophe il enferme le paysage où il situe ses personnages.Je ne sais que le final de la Pastorale et peut»être la Fête chez les Capulets cpii soient aussi étincelants que la peinture de la cilé papale au moment où Nerte débouche en Avignon par le souterrain mystérieux.Après l'invocation qui ouvre le poème de Mireille, cette strophe : “Au bord du Rhône entre les peupliers et saulaies de la rive, en une "pauvre maisonnette rongée par l’eau, un vannier demeurait, (pii, avec son fils, passait de ferme en ferme et raccommodait les corbeilles cassées et les paniers troués”.II y a miexix que le cadre où se passa l’existence de Vincent et de son père, il y a la vie morale, saine et laborieuse, de ces deux êtres.A la fin de l’envolée radieuse qui sert de prélude à Calendal, le poète pose son luth et prend un pinceau: “Vers le milieu du jour, sur un plateau rocheux qu’embaume l’odeur des bruyères, une femme et un jeune homme so fit assis ; de la falaise où ils se trouvent, la mer luisante leur présente ses blancs moutons ; du sol pierreur d’àlen-tour, seul, le bruit du pic étonne le repos.” En un seul vers il sait faire tenir tout l’infini de la plaine, de la mer et du ciel.Regardez : “La Crau était tranquille et muette.Dons le lointain, son étendue se perdait dans la mer et la mer dans l’air bleu.” Mais le magfeien des couleurs et de lu vie a vite la nostalgie de la pure lumière céleste.Son tableau fini de la Fête-Dieu dans Aix, où le Calendal est élu Abhé de la jeunesse, le héros chante la fierté ct’Esté- relle et la joie de son pur amour ; et il s’écrie : “Depuis, je trouve le viel plus , vaste ; depuis, des contrastes de la : nature je vois la splendeur et l’harmonie : je sais aujourd’hui pourquoi le vent brame ou soupire et comment il se fait que se retourne la mer ondoyanfe, ,ou bien qu’elle se retire langoureuse et que, plaintive, elle abaisse son orgueil.” Dans Xcrto, il y à un chant : “l’Ange”, dont la pureté séraphique fait penser ensemble à la grâce des plus belles statues du Xllc, à l’émotion naïve des grands primitifs et à la sereine candeur d’un saint François d’Assise.-H- î* En Mistral il y a mieux et plus qu’un peintre, un statuaire, un musicien.un virtuose génial de tous les arts, mieux qu’un poète épique, il y a un apôtre, un rénovateur.Et je ne parle ni de la langue morte qu’il a fait revivre et dont il a écrit l'état-civil dans un dictionnaire impérissable, ni des coutumes dont il a instauré le culte dans le musée arlésien, je veux dire de la vie même de la France, qui a repris ses forces en touchant là terre, sous le souffle d’amour auquel se réveillent ses provinces endormies.Dans la dernière corbeille des Olivades, où il demande à Dieu de pardonner le suprême effort d’orgueil de son tombeau avec ce cri du psalmiste : “Non pas à nous, Seigneur, mais à ton Nom et à notre Provence donne gloire.”, le poète écoute comment on parlera de son tombeau à travers les âges : i , un poète ; puis c’était un roi ; c’était un mage, “il y a son étoile”, il oublie de regarder ce que sera l encore la gloire de son nom, lors-;que les pierres de son tombeau, en-j sevelies sous les chélidoines l'or n auront plus figure vivante.Où est Ne tombeau d’Homère ?Et cependant, son nom, que les crépuscules transmettent fidèlement aux aurores,retentit éternellement dans la mémoire des hommes et dans l'admiration des plus grands.Les crépuscules succéderont aux aurores, les siècles charrieront le limon de l’oubli sur les monuments de la sottise et de la vanité ; un nom restera dans le vent qui incline les foules, debout dans la vénération des âges’ aan01P retentissant comme celui d Homère, un nom de conquérant pacifique, celui d’tm paysan de Ci « 9 357 St-Louis ., .5 H) 333 Boston 2 8 200 LIGUE FEDERALE Pittsburg .000010000—1 5 1 Chicago .20000001 x—3 6 0 Dickson et Berry; Watson et Wilson.Baltimore .010000110—3 8 0 Kansas City.0000001)00—0 3 0 Smith et Jacklitsch ; Cullop et Brown, Easterly.Broooklvn.00000000101—2 11 0 St-Louis .00000000100—1 9 1 Maxwell et Owens ; Willet et Chapman.Buffalo .300112004—11 13 2 Indianapolis .810001000—10 14 2 Purroy.Schlitzer, Moran et Blair, Allen ; Mosel y et Ruriden.POSITION DES CLUBS St-Louis .Baltimore .Brooklyn .Indianapolis Chicago .Buffalo .Kansas City Pittsburg.'.Pc.769 636 545 500 500 444 428 200 HIPPISME A MONTREAL.Tout s'annonce pour que le prochain concours hippique de Montréal, qui commencera mercredi prochain, à i’Arsna, soit le plus beau de ceux qu«| nous avons eu à Montréal.La lista des entrées comprend les représontants des plus irran-des cciries du Canada, ain-sM que de cede de Mlle Loula Long, de Kansas City.Une autre écurie qui n’a pas encore décroché Je rubans à Montréal sera celle de M.Cameroh.de Winnipeg.Sas représentants oni, décroché maints prix depuis le commencement des concours hippiques de l’Ouest.L’écurie Sifton sera encore à l’affiche ainsi que celle de Mlle Viau dont les chevaux viennent d’être retirés du concours de Toronto.Nous publierons lundi le programme complet du concours.A TORONTO.°’ ^ Toronto, 2.— M.Cormier, le gérant de l’écuric da M le Viau, a refusé de nouveau hier de faire continuer ses chevaux dans le concours hippique qui se terminera, demain soir.Il est fort mécontent de la façon dont les couleurs de Mlle Viau ont été trai tées depuis l’ouverture du concours.¦-e-—— Le chauffeur “ gentleman ’’.—Soyez persuadée, madame, de la part que je prends à votre chagrin et agréez l’expression de ma bien profonde sympathie pour la mort de votre chien que j’ai eu le malheur d’écraser I. i> notre rorreenondantl Québec, 2 — Hier, en cour d'Ap-pel.Me Houle, le défenseur de Paul Vincent Morgan, au dernier ternie des assises criminelles, a produit des motions afin d’obtenir, pour son client, un nouveau procès sur I accusation de vol de peaux de fourrures pour laquelle il a été condamné à cinq uns de pénitencier, et la cassation des autres chefs d’accusation portés contre Morgan el pour lesquels les procès ont été ajournés au prochain terme des assises.La cour a pris ces motions en délibéré.CHOSES MUNICIPALES POUR TUER LE FAVORITISME M.MARTIN A TROUVE UN MOYEN: IL INTERROGERA, SOUS SERMENT, LES NOUVEAUX EMPLOYES.— M.LAPOINTE NE DOUTE PAS DE LA LEGALITE DES NOUVELLES COMMISSIONS.M.le maire Martin a trouvé un moyen de mettre fin, prétend-il, au favoritisme et à la corruption dans le choix des fonctionnaires.C’est en faisant assermenter tous les nouveaux employés et leur demandant sous serment, s’ils ont promis ou donné de l’argent pour obtenir leur position.Cette nouvelle procédure sera inaugurée à partir de lundi.En attendant cette innovation, le maire a donné instruction au chef Tremblay d’engager les huit pompiers qu’il a recommandés, sans plus de retard.J “J’ai dit au chef, a déclaré M.Martin, de prendre ces hommes car son service ne peut s’en passer.Je verrai si leur nomination est légitime et s’ils n’ont pas fait jouer, pour obtenir leur position, des influences indues.” Quant au cas des six aspirants policiers recommandés par le chef Campeau, il a été ajourné, car la police, plus que les pqmpiers, peut attendre.Si M.Martin entend avoir l’oeil aux nominations, il s’intéresse également aux destitutions.A cet effet, il a fait adresser hier un avis à tous les chefs de service, leur recommandant de ne faire aucune destitution sans lui soumettre, au préalable, un rapport sur lequel il statuera.M.Martin assure que les nomina-l'ons se feront sans considération de, race; les gens mariés, pourvu qu ils soient compétents, auront cependant la préférence.LES COMMISSIONS ECHEVINALES La légalité mise en doute de la création de commissions échevina-les à l’hôtel de ville continue d’être le principal sujet de conversation chez nos échevins.L’opinion de Me Laurendeau sera connue lundi seulement à l’assemblée du Conseil.Il est généralement admis que le conseil municipal, en vertu de la charte, a le pouvoir de nommer des commis':, us spéciales pour l’étude approfondie d’une question d’intérêt public.Mais les commissions créées récemment sont-elles spéciales ou permanentes ?Voilà ce qu’il s’agit de déterminer.A l’hôtel de ville, tout le monde, si ce n’est un groupe d’échevins, est d’opinion que les onze commissions échevinales sont réellement d’une nature permanente, que ce mot “spécial” leur a été attaché pour jeter de la poudre aux yeux et que le but réel qui a présidé à leur formation est de ramener au sein du conseil municipal la puissance perdue par la faute des “ 23 ”.D’un autre côté, l’échevin L.A.Lapointe persiste dans sa prétention que les commissions échevinales ont leur raison d’être, qu’elles sont légalement crééps parce que spéciales, et que leur but est d’aider efficacement au bureau des commissaires pour l'expédition plus prompte des affaires municipales et partant, la meilleure administration de la ville.Et M.Lapointe ajoute ; “Une chose certaine, c’est que les commissions nouvelles comme anciennes, si elles sont déclarées illégales par M.Laurendeau, devront disparaître entièrement, la commission de reception la première.Pensez à la situation qu’une telle alternative créerait.” M.Lapointe est convaincu que le rapport de M.Laurendeau sera favorable, parce qu’il ne peut pas, dit-il, en être autrement.Dsi Heurs, dit M.Lapointe, il n’y a rien d’illégal dans le fait qu’un comité fasse des recomandations aux Commissaires, pas plus que cela l’est pour un écho vin qui fait des recommandations de son siège.” VISITE A L’AQUEDUC Le Maire et les Commissaires ont visité, hier après midi, l’aqueduc, à la Pointe Saint-Charles, où ils ont fail une inspection générale des travaux.L’ingénieur-chef et l’avocat de ' i ville les accompagnaient.AU MAGASIN GOODWINS Meubles de salle à dîner L’on se plaît depuis quelques années à faire revivre les modes de la période jacobite, {règne des Stuarts), et l’on a grandement raison, car les meubles faits à cette époque sont peut-être les plus beaux que VAngleterre ait jamais produits.Il y entre plus d’architecture, de sculpture, de ciselure que dans ceux du siècle suivant; ce n’est pas encore précisément le style anglais proprement dit, mais une réunion de gothique, d’anglais et de flamand, ainsi qu’en témoigne le riche et magnifique spécimen que nous exposons en ce moment : Table de forme ovale, chaises à dossiers cannés et sièges en tapisserie ; buffet carré de grande dimension, encadré de baguettes tournées et reposant sur des pieds également en spirale ; cabinet pour la vaisselle plate et petit bahut destiné au linge de table, dont les panneaux sont superbement enrichis de fins décors en nervure.Cet ameublement, tout-à-fait artistique, est en chêne cathédrale, communément appelé chêne fumé, de ton bruni et mat.Il est une reproduction exacte et fidèle du style ancien ; si exacte et si fidèle que tous les morceaux semblent porter, pour les parties saillantes surtout, la trace des siècles et celle d’un long usage, particularité qui en augmente considérablement la valeur.Nous le vendons $579.00, mais c’est vraiment à se demander s’il ne vaut pas davantage.i â ê.MONTREAL.UIMITED Pour ges de large.—Prèlarts anglais, 2 ver- 1413 Sainte-Catherine Est COIN IBERVILLE Pour CàC| —PM paires de rideaux en Nottingham, valeur de $1.50.5000 verges de belles broderies ét insertions en lawn et mousseline.Valant 8c E ^ et 10c, pour.•O C 10c 20 pièces de très bon coton, batiste blanc.Valant 14c, pour.7^c 3,000 verges de très belles broderies et insertions, en lawn et mousseline.Valant .10c à 1214c, pour .¦ idc 10 douzaines de beaux dessus d’oreillers et bureaux ajourés avec, appliqué, «fi O /ra Valant 35c, pour .A C 29c 25 douzaines de très jolis kimonos, en chally de coton, belles couleurs.Valant 40c, pour .12^c 150 pièces de belles broderies, 18 pouces de largeur,pour cache-corsets et robes d’enfants.Valant 20c, min.de 8.30 n m., il 4.30 p.m.15 min.de 1.3fi p.m., (i 7.30 p.m.20 min.de 7.30 p.m., (i 8.30 p.m.30 min.de 8.30 p.m., il 11.30 p.m.Tramway de St-VIncent .12.00_ minuit Trnmw ny de Henderson.12.20 n.m.Tramway de St-VIncent.1.10 n.m.CARTIERVILLB.—De Snowdon Jet.—Ser vice de 20 min.de 5.20 n.m., ft 8.20 p.m.10 min de 8.2(1 n.m.il 1'.!.on minuit.TIE CATîTIERYTLLP.—Service de 20 min.de 5.40 a.m., ft 8.40 p.m.40 min.de 8.40 p.m.ft 12.20 a.m.MONTAGNE.- De l’Ave, du Parc et Moût Boy d.Service de :— 20 min.de 5.40 a.m., il 12.20 minuit.DE L'AVE.VICTORIA.—Service de i— 2(1 min.de 5.50 a.m., a 12.30 minuit.De l’Ave.Victoria à Snowdon.—lu min.3.5# n.m.ft 8.50 p.m.BOUT DE L’ILE.—Service de 80 min.de 5.00 a.m., ft 9.00 p.m.60 min.de (1.00 p.m., 6 12.00 minuit TETRAULTVILLE.- Service de i-15 min.de 5.00 a.m., à (1.30 a.m SU min.de C.30 a.m.ft 8.3U D m.FEUILLETON DU DEVOIR LA TRAGEDIE DE LA REINE par Robert-Hugh BENSON TRADUCTION DE H.FRILLEY 13 tSnftc* Les groupes qui se dispersaient dans le clos encore éclairé, parvient Russi de l’attitude de la reine et de son avenir.Deux chanoines en habit fourré marchant cède à côte, discutaient ouvertement les chances pivllc avait d’être mère.—II n’y aura pas d’héritier, con* dut run d’eux.Je suis sûr, monsieur, «pie dans quinze jours Philippe sera reparti pour l’Espagne, (’.’est de Lady Elisabeth «pie nous devons attendre un roi.—Avez-vous vu comme elle a été froids avec l’Evêque?dit l’autre.Elle n’a pas d’amis.—Il y a encore Milord Cardinal.Elle pourrait le prendre pour mari, si Philippr ne veut pas d’elle.11 n'est pas encore prêtre.Lt r’est son cousin.Dick Kearsley et .lark Norris flA- liaient encore dans le hall une demi-heure après le départ de la reine et de la Cour.Ils devaient rester là pour attendre le signal annonçant que les étrangers s'étaient retirés.Kearsley s’appuyait contre l’cs-drade, au fond de la salle.Norris était à califourchon sur un bane, devant lui.Eux aussi bavardaient.—Sa Grâce était dans l'épouvante, jeudi, pendant la tempête, disait Jack; elle pensait à Philippe.Il parait qu'ells n’a ni hu ni mangé jusqu’à trois heures, m'a dit Mistress Donner.Aujourd’hui, rlle ne s'occupe guère du temps qu’il fait: son bien-aimé a débarqué 1 Dirk se mit à grommeler d'un air méchant.—Et les Français lui donnent de l'ennui, reprit l’autre.Je l'ai vue regarder «le Nouilles* à Richmond, comme si elle avait eu la démangeaison de lui dcmfmder compte de la conduite de son maître.—il y a des raisons de craindre les Français, dit Kearsley, ainsi que cette maudite Elisa! Mais, en dépit de son amertume apparente, il exultait intérieurement.Il semblait que certains projets fussent réduits à néant et que Marie triomphât.—Vous avez vu les bijoux qu’il a envoyée le mois dernier,reprit Norris au bout d’un instant.J’étais à Guildford quand ils sont arrivés.Je la voyais tour à tour rougir et pâlir quand le due les a apportés.Elle les garde ici et les mettra le jour du mariage.Dick fil un geste brusque.Il se mordait les ongles d'un air embarrassé.—11 est pourtant arrivé à Southampton, malgré les matelots, pour-vit Jack.Vous savez l'histoire?—Oui, 1rs chiens, fit aigrement Kearsley.Lord Effingham avait dit qu'il était impossible de Compter sur ses hommes pour protéger Philippe pendant son voyage.Et la reine avait insisté énergiquement, pour qu'on les congédiât sur-le-champ.—Nous en verrons bien d'autres, dit Jack Norrls en finissant.On m'a raeonté que Philippe a dégainé en mettant le pied sur le rivage.Dieu fasse que nous nous en tirions paisiblement! Master Manton sera iri quand le prime arrivera.Il est allé à Southampton avec Sir Anthony Browne.G’est un bon garçon, Dick, mais moins tendre que je ne le croyais.—Il n'est pas mal, mais trop universitaire pour la Gour.Nous n’avons pas besoin de Terence ici.—11 n’y restera pas longtemps, reprit l’autre.Il me l’a dit un jour.Il n’est pas enthousiaste de Sa Grâce.Mais j’aimerais mille fois mieux l'avoir iri que ce damné fanatique de Underhill.Dick grommelait.Quelques serviteurs entrèrent et sc mirent à ranger, ce qui força les deux geniiIhommes à se taire.A leavers la porte ouverte sur la cour, Jack apercevait de temps en temps une torche.Le brouhaha avait cessé partout, mais les cris des serviteurs et le bruits des carrosses sc faisaient entendre dans la direction «le Gollege Street.La maison elle-même était tranquille.Jack sc demandait ce que la reine faisait à cette heure.Peut-être récitait-elle ses prières.Peut-être s’è-fait-elle mise au lit.Peut-être aussi regardait-elle, à Ja fenêtre, s’éteindre les dernières lumières de la ville.Pas plus que le reste de ses serviteurs, il ne l’aimait.Il aurait voulu une reine plus enjouée, moins froide, plus spirituelle.Il trouvait pourtant que, dans l’affaire de son mariage, elle se montrait plus humaine, plus femme, que dans aucun des actes de sa vie.Le romanesque qu’elle y met- tait étonnait Jack lui-même, il s’en était aperçu à sa fièvre, ce soir-là; il l’avait deviné d’après ce qui se racontait à la Gour de ses folles inquiétudes, quand la lempête soufflait de.l’ouest, ou qu’une menace voilée lui arrivait de France par les mains d’un courrier.Quelle sottise! pensait Jack, que cette passion pour un homme qu’elle n'a jamais vu! Souvent, depuis trois mois, il en pvnil ri, intérieurement.Il s’était moqué de ses extases devant le portrait de Philippe, de ses craintes à propos d’une lettre égarée, de ses poses et de ses sourires devant l’artiste qui faisait son portrait pour le prince.Bien réjouissante, assurément, ces coquetteries d’une vieille femme de trente-sept ans pour un jeune cavalier «pii, si l'histoire étall vraie, menait ailleurs joyeuse vie.U n’nurail pas ri, si elle avait montré dans celte affaire le calme dont elle témoignait d’habitude, si elle avait accepté avec désintéressement l'époux choisi par le Conseil, si elle s’était préparé à accomplir son devoir et à enfanter un prince, avec aussi peu d'émotion qu'elle se mettait à tabic.Mais res extases et ce mal d'amour lui semblaient ridicules, bons tout au plus pour une Irès jeune femme.Cependant Jack n’nvait pas ri aver Kearsley.Un jour qu’il l'avait essayé, il y avail un an, il s'élait heurté à un tel dédain que le rire avait expiré sur ses lèvres, et il avait qru sage de s’abtenir d’une nouvelle tentative aurpès de Guy Manton.Mais il y avait d’autres camarades mieux faits pour comprendre le cynisme tic la trentième année et apprécier l'expérience d’un homme qui avait passé dans trois Cours et qui connaissait les travers et les faiblesses des hommes et des femmes; et avec ceux-là, on pouvait toujours se taire, pour mieux rire, ensuite, quand certaines personnes, qui conservaient les illusions de leur jeunesse et qui étaient d’humeur chagrine, entraient dans le parloir.Donc, Jack était assis, le chapeau sur la télé, le feu aux joues, balançant sa jambe serrée dans la culotte de soie blanche.Il comparait Magdalene à Marie, tandis que, près de lui, Dick se mordillait les ongles.III Dans son parloir privé, près de la Chambre de Présence, nu palais de Milord.In reine était assise, attendant des nouvelles.Elle s’était à peine montrée en public depuis le samedi soir — il y avait maintenant quarante-huit heures.Trois de ses suivantes se trouvaient avec elle.Mistress Jane Dormer d'abord, comme toujours, irrésistiblement sympathique el douce, s'appuyait nu dos «le son fauteuil.Margaret Clifford# debout près «le la porte entr'ouverte, regardait tantôt du côté de la reine, tantôt dans la chambre voisine, comme si elle at-tendail quelque chose.Une autre du me d’honneur, Mistress Susan Young, attendait aussi patiemment, d'un autre côté, près de la porte de la chambre à coucher.Marie était assise, droite sur son fauteuil, les mains crispées aux sculptures des bras, la bouche serrée, dans une tension de tout l'être.Une fois.Jane se pencha ci sc mit à caresser doucement tes doigts.Mais la tête sous la coiffe eut un mouvement brusque, et Jane se retira en soupirant.Une demi-heure auparavant les dames d’honneur avaient entendu la fracas des pièces de canon, les cloches, les trompettes et les acclamations annonçant l’arrivée du prince à la cathédrale.Marie s’était dressée, les mains crispées pour se précipiter vers la fenêtre.Mais Jane l’avait rteilUe et doucement fait rasseoir.Depuis, elle ne bougeait plus.Dehors, le soir tombait.De lourds nuages sc pourchassaient dans un ciel gris, tout enflammé vers le couchant; de temps en temps, une rafale de vent d'ouest, chargé de pluie, secouait les fenêtres, soulevait les rideaux de tapisserie et ternissait les vitres.Il avait pin fortement tout le Jour.La nuit venait, sombre et inquiétante.M snfpre» n I « LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI, 2 MAI 1914 VOL.V.— No.102 10 PARLEMENTAIRES ALLEMANDS EN ALSACE- LORRAINE Quelques détails supplémentaires.— Comment sont organisés les parlements d’Allemagne Voici la suite de l’intéressante étude sur les Parlementaires allemands que le “Devoir” publiait samedi de la semaine dernière: Berlin, 7 avril.Continuons notre_ revue des parlements de l'empire.Celui de “Bade” a deux Chambres: la première, avec les princes grands-ducaux majeurs, se compose de l’archevêque de Fribourg-Br;sgau, du prélat protestant, de huit députés de la noblesse, trois des universités, six des chambres de commerce, agricole ou ouvrière, des bourgmestres de villes de trois mille âmes, huit députés nommés par le grand-duc (ceux qui sont élus ou appelés le sont pour quatre ans).La deuxième Chambre a soixante-treize représentants élus par le suffrage universel direct et secret pour quatre ans.Tous les membres des deux Chambres ont douze marks d’indemnité par jour de session (9 mk à Carlsruhe).“La Herse” a deux Chambres: la première, d’une vingtaine de membres dont l’évêque de Mayence, un haut pasteur protestant, le chancel er de l’Université, les autres nommés par le duc ou la noblesse foncière.La deuxième Chambre compte cinquante membres, élus par les villes pour six ans, renouvelables par moitié tous les trois ans, payé 9 marks par jour de session.Depuis, longtemps on veut changer le système électoral en Herse, mais la première Chambre s’y oppose toujours.Les deux “Mecklembourg” (“Schwerin et Strelitz”) ont comme Landtag une union de la “Ritterschaft” et de la “Lmdschaft” (chevalerie et citoyens).La première compte sept cent cinquante membres, nobles ou paysans libres ayant trois maréchaux à leur tête; la seconde a quarante-neuf membres, bourgmestres de Rostock et Wismar, quarante de Schwerin et 7 de Strelitz.Le Landtag se réunit alternativement à Sternberg et à Mal-chin, en automne.Particularité remarquable: pas d’ordre du jour et pas de liste d’orateurs.Le grand-duché d’Oldenbourg a un Landtag de quarante-cinq députés élus pour trois ans, recevant dix marks (cinq à Oldenbourg même).La “Saxe-Weimar” a une Chambre de ;18 -députés, élus pour six ans, payés 12 marks par jour, plus frais de voyage.Chose que pourraient méditer nos députés de France: le député trop souvent absent peut être renvoyé.* * * Il n’est point de petit qui ne veuille paraître grand.Aussi, après les royaumes et les grands-dùchés, voici la foule des duchés et des principautés, quelques-uns ou quelques-unes grands comme des mouchoirs de poche, mais jouant au parlement pour narguer la puissante Prusse, en attendant que celle-ci s’annexe ceux d’entre ces petits Etats qui viendraient à manquer de descendance directe mâle pouvant jouer les princes régnants.Le duché de “Brunswig”, maintenant nanti du duc, héritier du royaume éteint du Hanovre, beau-fils de l’empereur Guillaume et père depuis ces derniers jours d’un fils qui assure bres, élus pour six ans, payés six marks.Celle de “Lippe” tout court a vingt et un députés, élus pour quatre ans par le suffrage direct et secret, payés neuf marks; ils ne se réunissent guère que tous les deux ans.Enfin la principauté de “Waldeck-Pyrmont” a un Landtag de quinze membres élus pour trois ans, et, chose curieuse, “de vive voix” par des électeurs divisés en trois sections selon 1 impôt qu’ils payent.Leur indemnité est de 9 marks, et autant pour chaque jour de voyage.Heureux Landtag! “il ne connaît pas de partis politiques”!!! * * • Les trois villes libres de Hambourg, Brême et Lubeck, constituées en républiques et dernier- vestiges de !* ligue hanséatique du moyen âge, ne sont pas les moins intéressantes de la collection.Hambourg”, république démocratique, pas une démocratie, fait-on remarquer dans le “Staatslexikon”, a un “Sénat” de dix-huit membres dont neuf juristes et sept marchands, plus les bourgmesi^es, élus pour six ane et obligés par l’élection d’accepter mandat législatif.Elle compte en outre la “Bürgerschaft” (représentation civique) de cent soixante membres élus: quatre-vingts par tous les citoyens, quarante par les propriétaires de ville, quarante par les notables.Sont électeurs les gens qui payent l’impôt de 1,200 marks de revenu.Les élus le sont pour six ans, renouvelables par moitié tous les trois ans.Les deux bourgmestres sont à la tête du Sénat pour deux ans, ainsi que quatre syndics ayant seulement voix consultative.C’est la même organisation à peu de chose près pour “Brême et Lu beck”.Le “Sénat ’ de Brême a seize membres (dix juristes, trois négociants) élus pour quatre ans; les deux bourgmestres ne sont pas aussitôt rééligibles.Le Sénat est nommé par la représentation civique (Bürgerschaft); celle-ci compte cent cinquante membres (quatorze savants, quarante négociants, vingt industriels, quarante-huit citoyens de Brême, douze ues deux autres villes, seize de la campagne) élus pour six ans, renouvelables par moitié tous les trois ans.“Lubeck” a un Sénat de quatorze membres (dont six juristes, cinq négociants au moins).La “Bürgerschaft” compte 120 membres, dont 105 sont élus par les citoyens payant l’impôt du revenu de 2,100 marks, et les 15 autres, par tous.On paye 8 marks d’indemnité aux représentants des campagnes seulement, qui doivent assister aux séances du soir.Les au très députés des républiques ne touchent aucune indemnité.Le pays annexé d’“Alsace-Lorraine” a deux Chambres: la première compte cinq fonctionnaires, dont les évêques de Metz et de Strasbourg; deux présidents des Consistoires, un président du Tribunal de suprême instance, 18 membres élus par les divers corps, un représentant de l’Université de Strasbourg, un représentant de chacune des quatre villes de Strasbourg, Metz, Colmar et Mulhouse; des qua LA FEMME ALSACIENNE la couronne, Brunswig a un landtag J ^„c.ha^bres de ^ commerce, des six de 48 députés élus pour quatre ans.' .La ville et la campagne en élisent 15 chacune, les classes professionnelles 18, le clergé protestant 2, les propriétaires fonciers 4, les industriels 3, les gros imposés 5, les professions scientifiques 4.Tous touchent 10 marks.Le duché d’“Anhalt” compte 36 députés répartis à peu près comme dans le Brunswig, élus pour six ans, payés 12 mai*ks et frais de voyage.Le landtag siège à Dessau.d’agriculture et deux de la chambre ouvrière.L’empereur peut nommer tout autant de membres que j’en ai mentionnés.La deuxième Chambre compte 60 députés élus au suffrage universel, direct et secret.* * * Telle est la constitution des divers Parlements d’Allemagne.Pour élire un député, il faut, partout, avoir 25 ans; mais, pour être élu, l âge de rai sou est fixé constitutionnellement à 30 ans; ce ji’est point de trop, puis- La “Saxe Meiningen” a un Landtag! qu’après ce$ âge, bien des élus trou-do 24 députés, élus pour six ans au vent encore le moyen d’être des en-suffrage secret et direct.Ils touchent fnnts terribles.Pourtant, en général.9 marks et des frais de déplacement.physionomie parlementaire, est plu-La “Saxe-Altenbourg” a 32 dépu- tôt calme.On connaît celle du Reich-tés élus pour trois ans par le suffrage 1 staf?> même dans les grands jours de à rect e! secret; dans les villes existe colère, il ne fait point peur; on a soûle système électoral des trois classes vent exagéré ces colères dans la pres-• selon 1 impôt.Les députés ont !) se française, c’est tout autre chose marks; ceux résidant à Altenbourg Quand on y assiste, même aux jours ?nême 4 mk.50 seulement.Le prési- des incidents de Saverne.Le Landtag dent a en outre 600 marks par ses de Bavière serait plus mouvementé S!0Î1- ! quelquefois, parce que l’opposition n’y membres, tous élus pour quatre ans les colères tombent vite parce qu’im-par le suffrage universel et indirect, I puissantes.payés 10 marks (ou 6 marks dans la Que Ton ne croie pas, pour les au-ville même où siège la Chambre) et : fres Etats, que, dans ces verres d’eau, ayant indemnité de déplacement.i >’< n’y ait point de tempêtes, ou que y a.six principautés: celle de: l’0»1 n’y aborde point les grandes II “Schwarzbourg-Rudolstadt” a un par- questions.11 y a deux ou trois ans, lement de 10 députés élus pour trois Oldenbourg ayant acquis une majo-ans, payés 9 marks; celle de Schwarz- ^té socialiste, ne voulait-on pas aus-bourg Sondershauaen” a un Langtag sitôt supprimer la liste civile du de 18 députés, Six sont nommés à vie prince et voter le suffrage des fem-par le prince, 6 par les gros imposés, mes?A Saxe Weimar, ces jours-ci, 0 par le suffrage universel.Les ec- n’a-t-on pas essayé de lutter pour et olésiastiques peuvent en faire partie, contre la réintégration des Jésuites, mais peuvent aussi être rappelés à dans ce pays où 97 pour 100 des ci-y tout moment; on est ainsi assuré con- ( toyens sont protestants, essayant ain.tre l’ingérence cléricale (ici protes- s> d’influencer le “Bündesrat’?C’est tante d’ailleurs).L’indemnité parle partout que la grenouille veut se fai-mentaire est de 12 marks (6 pour les r* aussi grosse que le boeuf, députés demeurant à Sondershausen ! Abbé C.»A.MAURIN.meme).I (“L’Univers”).Les deux principautés de “Reuss- —-?- Greiz ’, branche aînée, et de “Reuss- MniUITMFNT .Schleiz-Gera”, branche cadette, ont UITIILla 1 chacune un Landtag.L’un est de 13 membres, élus pour trois ans, au suffrage direct et secret et majorité absolue, payés 12 marks (6 marks à Gé- .______ 1 u unifié l’heure légale française s 21 heures adop- DE L’HEURE Pans.2.— La loi du 9 mars 1911 , , , .-.unifié l’heure 1‘ liment du Landtag, n’est pas ré- avec le système des v» «uuu- eUgihle pendant la session courante, le l>fs questions altruistes.L’Alsacienne se montre alors polie et parle courtoisement à ces collaboratrices do quelques heures.Mais jamais l'idée ne lui viendrait d'inviter l'une au Tautre à lui rendre visite.Le foyer est sacré et fermé aux étrangers.tl en est «te même, d'ailleurs, pour les relations d'affaires dos hommes «au s'arrê.mt au seuil du logis familial.(les dernières années, l'Alsaoien-ne, «luoique pen disposée à s'«>ecu-per de politique, a pris cependant une initiative plus grande.Elle a multiplié «lans les villes tout ce qui pouvait contribuer à couservcr la culture et la langue françaises.A Strasbourg, à Mulhouse, à Colmar, dans quelques petites cités de moindre importance, mais qui possèdent pourtant une suffisante société indigène.on se réunit p«mr entendre des conférences ou «tes edurs «le littérature française, pour faire des lectures en commun ou pour jouer lu comédie d'amateurs.Une Jeune fille do talent, Mlle Célina Chômât, donne ainsi, chaque hiver, un cycle de ^LLETT COMPANY LIMITED -J Toronto ont.POUR FAIRE LE SAVON, Adoucir L’EAU, DESINFECTER I CABINETS D’AISANCE; LES ÉGOUTS' ÉVIERS.•rs >,.ÿj conférences très goûtées sur des sujets littéraires français, dans les principales villes d’Alsace, et réunit ur uicTlonc de dames et «le jeunes filles de plus en plus nombreuses.Efie a parlé cette année, avec un très grand succès, de 1’“ Alsace dans les belles lettres françaises.” Tout cela t, a rien de séditieux ni même de politique.Il est aisé de comprendre pourtant quelle influence exerce cette activité civilisatrice de la femme alsacienne Les jeunes filles dont l’éducation est ainsi comprise, même lorsqu’elle ne s’achève pas dans « es pensionnats français qui offusquent si fort les pangerma-nistes, ont évidemment une mentalité très éloignée de celle de Mlle Knatschké.Elles sont prêtes à devenir à leur tour des femmes et des mères alsa ¦iennes et à perpétuer dans l’esprit des générations nouvelles les traditions de la mère-pa-tric Telles ces vestales qui, dans l’ancienne Rome, entretenaient dans le temple le feu sacré, nos modernes Alsaciennes attisent sans cesse, du souffle de leur enthousiasme et de leur indestructible amour, la flamme du souvenir et celle de l’espérance.Jeanne et Frédéric REGAMEY.LES CENDRES DE VESUVE,IL PENSAIT QUE CELA LE TUERAIT ELLE CONTIENNENT UN EXCELLENT ENGRAIS POUR L’AGRICULTURE.Londres, 2.— Un savant suisse, le docteur Kleiber, a fait, si Ton en croit le correspondant à Rome du “Standard” une découverte «Tune importance considérable.Au cours d’un voyage en Italie, le | docteur Kleiber a découvert que les | cendres qui recouvrent encore en ; grande partie les ruines d Hercula- j num et de Pompéi, contiennent une très forte quantité d’un excellent en-] grais pour l’agriculture, fait de potasse et d’argile; toute la région «pii environne le Vésuve serait donc très riche en potasse.Le gouvernement italien a envoyé un expert à Zurich, pour conférer avec le docteur Kleiber à ce sujet, et Ton pense que les “mines” du Vésuve seront bientôt exploitées par! l’Etat.Les cendres qui ont autrefois détruit deux villes vont donc devenir une source de grands bénéfices.Terribles tortures causées par Tindigestion chronique.-Un court traitement au “ Fruit-a-tives ” a complètement guéri le mal.APRES 500 ANS DE TRAVAIL ON VA BIENTOT INAUGURER EN ITALIE UNE CATHEDRALE DONT LA CONSTRUCTION A DURE 500 ANS.LES PROCHAINES ELECTIONS BELGES QUELQUES CHIFFRES Florence, Italie, 2.— La pittoresque petite ville d’Arezzo, sur le chemin de Florence à Pérouse, est sur le point de célébrer l’inauguration de sa cathédrale, dont la construction, commencée il y a plus de 500 ans, vient d’être terminée.Contrairement à ce qui se passe en Amérique, il y a nombre d’édifices en Italie dont la construction n’est pas encore terminée et ne le sera probablement jamais; on craint de briser l’harmonie de leur ensemble.Les façades des vieilles cathédrales de Florence et de Milan sont depuis longtemps la risée des Italiens, parce qu’on les conshlère de mauvais goût: plusieurs loustics disent que leurs décorations ressem-blent fort à celles des gâteaux de noces.Les architectes ont été plus heureux à Arezzo, où se trouve Tun des plus beaux spécimens d’architecture gothique italienne.C’est celui de la cathédrale dont les fondations ont été posées en 1277.La célébration qui marquera son achèvement aura lieu vers la mi-mai.On s’attend à ce qu’il y ait un grand nombre des fervents de l’art qui visitent alors la petite ville italienne.On sait que Arezzo est la ville natale de Cilnius Mécène, le protecteur d’Horace et de Virgile.C.-T.HILL, Ecr.CHATHAM, ONT., 3 avril 1913.“U y a environ deux nus, je souffrais beaucoup d’indigestion.Te me fis soigner par , un eminent médecin durant quelque temps, mais mon état ne.s’améliorant pas, j’allai lo ! voir un jour et lui dis : “Docteur, combien vous dois-je f Mon état ne s’améliore aucun-nement et je vais vous abandonner.” Je lui payai son compte et il me dit : “Charlie, tu as un cas d’indigestion chronique qui sera difficile à guérir.” Je quittai son bureau, et comme je descendais dans la rue.mes regards se portèrent sur une affiche annonçant ' ‘Fruit a-t'ves’ ’ -—¦ cet ‘‘Homme gras et cet Autre maigre”, et je me dis à moi-même : ‘‘Si ‘‘Fruit-a-tives'’ me reconstitue autant que cela, il sera assc.bon pour moi”.Te me rendis directement au Park’s Drng Store, et j’achetai une boîte de “Fruit-a-tives”.Après avoir pris de ces merveilleuses pastilles durant seulement trois semâmes, je me trouvai bien mieux, de continuai à en prendre durant quelque temps et me guéris complètement.Mon cas n'était pourtant pas sans gravité, car souvent, quand j’étais dans la rue, j’étais contraint d’entrer dans quelque magasin ou place d’affaires jusqu’à ce que les spasmes aigus fussent passés.Il se formait souvent des gaz dans mon estomac et je craignais toujours que le mai atteignît le coeur et me tuât.Aujourd’hui je n’ai plus de cee craintes.‘‘Fruit-a-tives” est le seul remède contre, l'indigestion là dyspepsie et les maux d'estomac.” C.T.HILL.Votre cas est peut-être exactement comme celui de M.Hill.S'il en est ainsi, faites comme lui : prenez “Fruit-a-tives” et guérissez-vous.“Fruit-a-tives” empêchera la formation de gaz dans votre estomac en rendant la digestion complète.Il accélérera la d'gestion des aliments en fournissant en abondance, le suc gastrique à l’estomac.Il garde l’estomac sain et propre, non seulement en facilitant la digestion, mais aussi en réglant les rognons et les intestins et en tonifiant le système.Si vous souffrez d’indigestion, de dyspepsie, d’ac’dité de l'estomac, de vents, de gaz de l’estomac, de douleurs au coeur, après les repas, prenez “Fruét-a-tives”.50c.la boîte, 6 pour $2.50, boîte d’essai, 25e, chez tous les marchands ou de Fruit-a-tives Limited Ottawa.Nous extrayons, d’une correspondance à la Croix de Paris ces quelques indications sur les élections qui auront lieu en Belgique à la mi-mai : Voyons donc d’un peu près ce que sera ce scrutin de mai.Ce scrutin embrasse les provinces du Hainaut, de la Flandre orientale, de Liège et du Limbourg.Sur 186 députés que compte la Chambre, 88 seront soumis à l’élection: 43 catholiques et 45 opposants (25 socialistes, 19 libéraux et 1 daen-siste).Avant le 2 juin 1912, l’infériorité des catholiques dans ces quatre provinces était de sept sièges; depuis cette date mémorable, elle n’est plus que de deux sièges.Accentuerons-nous cette progression ou reculerons-nous ?Dans la Flandre orientale, à G and et à Alost, une surprise pourrait se produce: à Gand.les catholiques ont obtenu, en 1912, le chiffre formidable de 87,786 voix et les socialistes 22,399 seulement.Si, en mai, les socialistes piétinent et si les catholiques passent à 91,600 voix, accomplissant la moitié de l’avance qu’ils ont atteint en 1912, nous prendrons un siège aux révolutionnaires.D’autre part, à Alost, si les socialistes maintiennent leur décision de rompre leur cartel avec les libéraux, il paraît probable «me les libéraux perdront, au profit des catholiques, le seul siège qu’ils détiennent dans cet arrondissement.Dans la province de Liège, à Verviers, il dépendra «ie quelques centaines de voix que les catholi-cuics enlèvent aux socialistes leur deuxième siège.Nos amis «le cet arrondissement caressent cet espoir.car, tandis oue les pari is d’on-position n’ont fait aucun* progrès pendant les vingl dernières années, les catholiques mil par contre, passé de 18.000 à 30.650 suffrages.Dans le Hainaut, à Soignics, où les catholiques ont perdu un siège en 1912, ils ont le vif espoir de le reconquérir de haute lutte.L’issue du combat dépendra de qucUpics centaines «le voix.Dans le Limbourg, où-—fait inouï en régime de R.F.— toute la dé-putation est catholique homogène depuis 1912, nos amis bataillent vi-smireusement sous la conduite de M.lo ministre lïeilenuttc, pour maintenir leurs positions.Sans pousser les choses nu noir, on peut cependant appréhender oue l’opposition ne reconquière dans relie province un siège, sinon deux.F.n résumé, les catholiques «'spè-rent gagner quatre sièges et l’opno-silion se flatte de leur en prendre 'INous pouvons en conclure «mil nv aura eertes pas recul des catholiques el que le sintti nna «•» meme quelque gain nour la majorité sont dans les prévisions logiques.Nos lecteurs sont pries d’accorder de préférence leur clientèle aux fournisseurs qui annoncent dans le “Devoir”.LA VALEUR D’UN COUP DE TONNERRE Berlin, 2.— La foudre en tombant développe, comme on sait, une grande quantité d’énergie électrique.Sî cette énergie était transformée en force motrice, combien de-vrait-on là payer suivant le tarif de nos usines?Telle est la question qu’un électricien, qui évidemment a des loisirs, s’est posée et qu’il a essayé de résoudre.L’unité avec laquelle on mesure la force électrique, c’est l’heure kilowatt.Elle s’obtient en multipliant la tension et le courant par le nombre d’heures et en divisant le tout par mille.Un kilowatt se paie 10 sous.Un coup de foudre déploie une tension de 50 millions de volts, un courant de 1,000 ampères, mais la durée du coup n’est que d’un cinq millième de seconde.Donc le coup de foudre ne déploie qu’une force motrice de 3 kilowatts et ne vaudrait commercialement «iuc 30 sous.à-S3*.w ' PRATIQUE FRAUDULEUSE (Service de la Presse Associée) Ounedin, N.-Z., 2.— La Nouvelle-Zélande vient d’entreprendre une vigoureuse campagne contre la pra-tique «le certains explorateurs anglais «pii envoient en ce pays, sous l’étiquette de produits anglais, des marchandises de pays étrangers.Le ministre des douanes, M.risher, a déclaré récemment dans un discours qu’on importait en Angleterre des produits de troisième ordre (|iii étaient ensuite emballés et envoyés en Nouvelle-Zélande.Cette contrebande se pratique surtout riiez les marchands de tissus.MAINTENANT QUE VOUS ETES DEMENAGES il vous faut compléter la Toilette de votre Demeure Venez choisir dans notre IMMENSE ASSORTIMENT de MEUBLES, TAPIS, PRELARTS, RIDEAUX, GLACIERES, GO-CARTS, et TOUS AUTRES ARTICLES D’AMEUBLEMENT.Vous trouverez tout ce dont vous avez besoin et ce AUX PRIX LES PLUS MODERES.Satisfaction assuréa- Nous accorderons un ESCOMPTE SPECIAL DE 10% à quiconque apportera cette annonce.FLEURY FURNITURE C0., 518 RUE RACHEL EST Tél.Saint-Louis 555 Prm9 du Parc Lafontaine en face de la rue Boyer» ¦C I hê il AIL bü AflUNUE DEPEitO DE SA DIGESTION Du chef 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Canadiens-français d’Ontario “Voici ce quo je sais bien : il ne belliqueuse devant Bismarck, ra-“faut jamais refuser à un peuple la geur ou plein d’égards selon les be-“satisfaction de la conscience, 11 soins : “ Comment faire autrement ?“n’y a qu’un cinquième de l’Empire disait plaisamment le chancelier aux ‘qui soit catholique, mais parce | nationaux-libéraux qui s’en éton- que '‘qu’il n’a pas la satisfaction de la “conscience, ce cinquième m’a don-“né plus d’ennuis et de soucis que “toutes les affaires de l’Europe.“Aussi je veux la paix.” Ainsi commençait à reculer le colosse Bismarck devant l’infatigable résistance du parti catholique, dans une querelle parlementaire qui dura vingt années et qui vit le triomphe du droit sur la force persécutrice.Cette émouvante histoire religieuse de l’Allemagne au siècle dernier; présentée au monde, aux persécutés surtout, par M.Goyau sous le titre “Bismarck et l’Eglise” (4 vols.) sera pour notre peuple une leçon d’énergie et pour nos frères d’Ontario une prophétie d'espérance.Les catholiques ne.formaient qu’un cinquième de l’Empire allemand, nous formons plus du quart de la population canadienne; ils résistaient à Bismarck, vainqueur de la France et de l’Autriche, nos adversaires sont nos égaux, ils ne sont forls que de notre faiblesse; tous .les assauts et les articles 17 de nos pei’-sécuteurs sont des bontés auprès des atroces Loin de Mai par lesquelles l’Etat prussien voulait régenter l’Eglise, limiter son pouvoir disciplinaire, exclure l’autorité du Pape, fixer le programme d’études du clergé, nommer aux charges ecclésiastiques, saisir les biens d’Eglise, etc., accablant de pénalités sans nombre les prêtres et dignitaires insoumis.Naturellement, le clergé résista : les délits affluèrent, délits de messe, délits de sépultures, d’Extrème-Onc-tion, de prédication, tous crimes passibles d’amendes, de prison ou de bannissement, car Bismarck n’y allait pas de main morte.L’ère toujours glorieuse et vivifiante des persécutions était ouverte: le clergé fut héroïque, la route des prisons et de l’exil apparut toute naturelle et presque banale.En 1879, “dans 601 paroisses, peuplées de 646,000 âmes, il n’y a-vait plus aucun prêtre; dans 584 paroisses, peuplées de plus de 1,-500,000 âmes, le nombre des prêtres depuis 1873, avait diminué de moitié.Sur cette terre de Prusse où depuis sept ans les jeunes clercs n’avaient plus la possibilité légale d’exercer le sacerdoce, les vocations diminuaient; et d’autres statistiques établissaient que 296 couvent asiles de prière, d’enseignement ou de charité — avaient été renversés, puis balayés par la tourmente, et que 1,181 religieux, 2,778 religieuses avaient dû se séculariser ou s’exiler, et déserter ainsi, soit leur vocation, soit leur patrie.” (III, p, 90).De la ferre d’exil, les Evêques n’en continuaient pas moins à gou verner leurs diocèses, malgré l’acharnement de l’Etat, qui, multipliant les délits et les condamnations, s’obstinait à frapper sur des cadavres.A ce métier-là, c’est toujours le bourreau qui se fatigue.Sentant bien l’odieux de pareilles manoeu vres, Bismarck songea à faire machine en arrière, à entrer en communication avec le Pape, tout en usant de cachotteries pour n’avoir pas l’air d'aller à Can os sa.D’autant que les catholiques sont organisés pour la lutte ; le Centre, le fameux Centre allemand, fondé par Mallinckrodt, fait l’éducation des voteurs, multiplie les journaux et les tracts populaires, et mène si cavalièrement les élections que bien tôt, nar des combinées.LES UNIONS OUVRIERES ET LEURS RESULTATS EN FRANCE par M.LE CHANOINE DESGRANGES.naient.Songez au grand corps ce petit homme a derrière lui.” En effet, le Centre, faisant taire les divergences qui auraient pu, qui auraient dû diviser les conservateurs des particularistes, les aristocrates de haute lignée de plébéiens fiers de leur roture, le Centre étalait avec un éclat voulu la cohésion des catholiques et semblait braver toute fissure.“ Etre désunis, ce se-“ rait trahir l’armée au moment où, “ drapeau en main, elle fait irrup-“ lion dans le camp ennemi.” Et le bloc frappait en bélier, comme un sourd, jusqu’à bi’èche faite.Quels agacements pour les ministres de se voir harceler sur tous les tons avec une finesse et une ténacité sans vergogne, parce qu’ils ne reculent pas assez vite, parce qu’on fait bon marché des “ concessions goutte à goutte ”, Windthorst fatigue l’Etat de ses infatigables réclamations, tient les catholiques en éveil, il multiple les escarmouches pour crier gare, il pique, il menace : “ Le ton du ministre est tel, dit-il “ un jour, que nous voilà, je le “ crains, au “ début ” d’une ère de “ combats ”.Ce “ début ” est tout un poème : on se battait depuis douze ans.“ Qu’on ne se laisse pas fourvoyer à Rome ; moi et mes amis, nous souffrirons et lutterons encore s’il le faut douze autres années.” Pas de demi-mesures ; on accepte des adoucissements, de magnifiques concessions, mais il est bien entendu que ce n’est pas tout : “ J’aime mieux parler d’un traité prélimi naire, avec suspension d’armes et ligne de démarcation ”, en attendant justice parfaite ; car derrière le bataillon des vieux militants se lève toute une nouvelle génération de lutteurs, “ les jeunes hommes d’élite du Centre qui, après nous, “ vieux, montent sur la brèche.Le “ Centre ne meurt pas et ne se rend “ pas : c’est notre supériorité sur la “ Vieille Garde ! ” Dans une revue d’ensemble des forces catholiques, à Aix-la-Chapelle, Windthorst fait appel aux femmes il semble les mobiliser, tout comme les hommes : “ Il y a “ pour vos enfants des “ inspecteurs “ scolaires ” que l’Etat ne peut pas “ révoquer, “ c’est vous ” ! Le cri ne se répercute-t-il pas jusqu’à nos vaillantes mères canadiennes d’Ontario ?Est-il surprenant que de tels convaincus aient mené à bien la glorieuse entreprise de restaurer le Christ dans leur patrie ?Ce Centre qui ne meurt pas est encore aujourd’hui aussi actif que jamais ; les or-gaisations sociales des catholiques allemands fait l’admiration du monde : le Volksverein compte 750.000 membres ; les groupements de jeunesse des deux sexes, 505,000 membres ; les unions ouvrières ca thoiiques, 515,000, sans compter ter associations de commerçants, d’ins tituteurs, d’étudiants, de charité, d( presse et de librairie.Associations typiques souvent : pour “ la Culture et l’Education d; Peuple ”, pour “ le Développemen' de la Science ”, j^oiir “ Promouvoir l'Art chrétien ” et aider les artistes, pour la “ Défense de l’Ecole ” pour protéger des catholiques “ talentueux ” durant leurs études à l’Université (En 1912, on y consacrait 94.000 marks, $23,500).Par toutes ces organisations ingé- alliances adroitement ! nieuses et effectives et par les oeu-le parti catholique de-! vres de presse, les journaux et les vient nécessaire à Bismarck pour; tracts, très répandus en Allemagne, obtenir de la Chambre la réforme ' on s’efforce de remédier au “ déficit des douanes et de la loi militaire.I île culture ” des catholiques, retar-C’est alors que le petit Windt- dés dans leur marche intellectuele horst marchande ses suffrages, qu’il par 20 années de tracasseries, car, joue au plus fin avec le colosse,1 dit M.Goyau, “ les persécutions sont qu’il le voit tour à tour supplier,.rugir, menacer, se radoucir.“Passer du grave au doux, du plaisant au sévère.” En 1878, commencent les premiers pourparlers de l'Allemagne avec Rome; puis, peu à peu, malgré les criaillerics des protestants, ses amis, malgré son orgueil qui n’a jamais ployé, bien lentement, criant victoire pour cacher sa retraite, le chancelier de fer accorde, ou mieux subit une première loi d'apaisement (1880), puis une deuxième (1882), une troisième (1886), et enfin deux révisions complètes des fameuses Lois de Mai (1886 et 1890) : c’est la fin du CuHurkampf.Bismarck tombe en disgrâce à l'avènement de Guillaume 11, il s'en va tempêter loin de la cour, et “ses propos rageurs font savoir au monde qu’il n'es! plus maître de rien, ni de lui-même.” Windthorst vainqueur reçoit à sa mort, en 1891, des funérailles prin-cières, sur l’ordre même de l’empereur, cl les malins se plaisent à répéter: “Windthorst est mort ol i! vit.Bismarck vit et il est mort.” C’est le triomphe du droit sur la brutalité.e’est la gloire qui attend nos vaillants d’Ontario.* # * Mais quelles lutles de héros pour arriver a si lion terme I Quelles ré* clanintions sans peur et sans compromis! Et quelle hauteur de vues pour soutenir ces Ames profondément chrétiennes dans la poursuite de la liberté de conscience : "Les "idées que nous soutenons dans le “Culturkanipf sont si élevées au-des-“sus de tout ce qui est terrestre, que “nous ne les confondons pas avec ec “qui est terrestre.” Le n’est pas par goût ni par convoitise qu'on fait de la oo'lliquc.Le vieux Windlhorst, âgé de 78 ans.presmte aveugle, flanqué de deux secrétaires accablés de travail, condamné par son médecin au renos ou i la mort, appelle le Parlement “sa 'hainbre de tortures”, it y meurt mr la roue.Sun urine de ennflnn-e, comme celle d’O’Gnnnel! et del larcin Moreno, était 1a prière: Priez pour moi.ouc voire éVêqi b.'.jours nuisibles par quelque en droit.” “ Mais, s’empresse-t-il d’ajouter en épilogue, elles ont aussi des vertus étranges, elles tiennent en haleine ceux qu’elles frappent, elles les purilient : et par cela même, visant à les affaiblir, il se trouve, finalement, qu’à certains égards elles les ont fortifiés.’’ L’Eglise d’Allemagne est sortie de Passant plus compacte, plus unie à Rome, plus libre des empiètements de l’Etat.Le parti du Centre, jadis riuietté, o ! Bismarck notait “ toutes ** « VErijPj m R JÊÊÊiÈÊiïËnUÊÈitk.q SMOKING a» *¦*>V JiËÇ'AhSi Jauneet Blanc K v' oc/rnez de tlonnaie" chez tous les marchands THE F.F.DaUXY CO.LTD.BUFFALO.N.Y- HAMILTON.ONT.Maladies de saison à « § Les temps humides et froids, les brusques changements de température sont une cause générale de Maux de Gorge, Rhumes, Toux, Bronchites, Pneumonies qui nécessitent l’action prompte et décisive du GOUDRON d« MATmru aasr* MATKItU CODLIYtROll Sirop au Goudron, ; l'Huile de Foie de Morue, ci lutres Extraits Médicinaux.Il combat l’Irritation des Voiers .vcspiratoires, supprime les quin-csac toux, guérit l’inflammation, out en soutenant les forces du naïade, grâce aux propriété» econstituantes de l’Huile de Foie de Ionie.j C'est le plus précieux des re-.îèdes.in Vente Partout : 35c.la bouteille.ntre its Mnm
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