Le devoir, 4 juin 1914, jeudi 4 juin 1914
.VOLUME V—No 129 MONTREAL, JEUDI 4 JUIN, 1914 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : • CANADA ET ETATS-UNIS.$3.00 UNION POSTALE.$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS.$1.50 UNION POSTALE.$2.00 Diredleur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE Rédaction et Administration: 43 RUE SAINT-VINCENT MONTREAL.TEL ES: U 1 rlVh VI ^ DOIS Y' 'RATION : N; - Main 7461 Main 7460 - M.SAM HUGHES, LE 65e ET LA PROCESSION DU SAINT-SACREMENT La nouvelle que, pour la première fois depuis plus de trente ans, le 65e n’accompagnerait point le Saint-Sacrement à travers les rues de la ville a causé une émotion considérable.On se demande le pourquoi de cette rupture avec une tradition vénérable et chère à tous les catholiques du Canada.Le fait que le ministre de la Milice, sous l’autorité du-" quel l’incident,se produit, est un orangiste connu, qu’il est même l’un des chefs de cette société dont les tendances générales sont profondément anticatholiques, n’est pas de nature à diminuer l’émotion publique.La rupture — c’est une chose que l’on paraît oublier — s’est faite en deux temps.Jusqu’en 1913, les soldats accompagnaient le Saint-Sacrement fusil au poing.En 1913, obéissant à un ordre du ministère de la Milice, les soldats sortirent sans fusil, la bayonnette au côté, et les officiers les remplacèrent comme garde d’honneur.Us entouraient le dais le sabre au clair.Cette année, on aijnonce qu’il n’y aura rien du tout.Pourquoi?Que s’est-il passé qui puisse empêcher la forme d’hommage rendu l’an dernier, tout au moins?1 L’ordre sur lequel le colonel Ostell se croit obligé de baser son refus interdit le port des fusils dans les manifestations religieuses et décrète que les “armes de côté” {side arms), seules permises dans ces circonstances, ne devront jamais être tirées du fourreau.Ceci empêcherait les officiers de mettre sabre au clair et de rendre l’hommage de l’an dernier.De l’avis d’un certain nombre cependant, cette restriction ne viserait que les soldats et les sous-officiers, et c’est en ce sens que l’on aurait interprété l’an dernier un ordre analogue.Si l’interprétation aujourd’hui suivie par le colonel du 65e est maintenue, il s’ensuivrait que tous les corps de cadets qui se servent , d’armes fournies par le gouvernement seraient pareillement dans l’impossibilité de rendre les honneurs au Saint-Sacren^nt.On voit où cela peut mener.* ri * ?Nous ne voulons point passionner inutilement un débat qui porte en lui-même assez d’éléments propres à irriter les esprits.Nous espérons que le ministre de la Milice trouvera le moyen de revenir sur une décision qui est de nature à blesser inutilement des centaines de milliers de citoyens et qui n’est justifiée par aucune considération d’ordre général.On permet, on encourage même les manifestations religieuses de la milice.(L’an dernier, à Saint-Irénée, M.Sam Hughes et le général Hamilton assistaient à une messe célébrée pour le 65e).Pourquoi, facilitant les parades d’église, rendrait-on impossible une forme d’hommage ^particulièrement chère à notre peuple et consacrée par une tradition vénérable?Nous comprendrions qu’on voulût prendre le moyen de dispenser d’un pareil service les volontaires non-catholiques, mais la question ne se pose point de cette façon.Tous les soldats du 65e sont catholiques et se font un honneur de participer à la procession.M.Sam Hughes et ses collègues du cabinet — qui auront sans doute ’eur mot à dire en cette affaire - ont une excellente occasion de faire un geste d’homme intelligent et un acte de large et généreuse politique.EN NOUVELLE- _____ ECOSSE L’opposition conservatrice de la Nouvelle-Ecosse vient de déposer une motion par laquelle elle demande la démission du procureur général de la province, M.Daniels.C’est la conclusion qui se dégage pour elle du débat qu’elle vient de soutenir à propos d’une transaction à laquelle M.Daniels a été mêlé.Voici, brièvement, les faits.Dans ,1e cours de l’été de 1912, le gouvernement Murray donna main levée d’un lien qu’il possédait sur une certaine étendue de terres connues sous le nom de terres du Central Railway.II semble avoir accepté en retour des obligations du chemin de fer Halifax et South Western.L’intention était de favorispr une transaction commerciale d’intérêt gé-çéral, prétend-il.La transaction n’a pas réussi et il s’en est suivi des difficultés entre les parties qui ont mis au jour le fait qu’au moment -m le gouvernement consentait cette substitution d’hypothèques, l’un de ses membres, M.Daniels, avait en poche un billet de $75,000, payable aussitôt la transaction faite.Le gouvernement plaide que l’hypothèque substituée valait autant pour la province, parce que garantie par le Canadian Northern, et que la province n’a rien perdu.A quoi l’opposition répond que le Canadian Northern n’a garanti les obligations du Halifax & South Western qu’un ( an après la date de la quittance, que cele-ci n’a été demandée par le Halifax & South Western qu’après que le commissaire des Travaux publics l’eut recommandée et que même si la province n’a rien perdu, le fait de l’intérêt du procureur-général dans la transaction constitue un scandale.Le gouvernement reconnaît que les ^ faits révélés sont assez graves pour justifier une enquête par commission royale, et il promet d’en nommer une.En fait, il a déjà promis, voici quinze jours nu moins, et la commission n’est pas encore constituée.Et l’opposition invoque ce retard pour réclamer la démission du procureur-général.Elle crie qu’un ministre de la couronne impliqué de telle façon De pourrait rester ministre vingt-quatre heures en Angleterre.Mais nous ne sommes pas en Angleterre! Au Canada, la grande préoccupation des politiciens n’est pas tant de maintenir intact l’honneur des conseillers de la Couronne ou des députés que de sauver à tout prix les uns et les autres.________ Jean DUMONT.Orner HEROUX.LE FRANÇAIS AU TELEPHONE Comme il est difficile d’obtenir du français au téléphone.M.le notaire J.-M.Savignac nous écrit qu’ayant appelé le bureau des plaintes à 4 heures hier après-midi, on lui répondit en si mauvais français qu’il ne comprenait pas; et comme il insistait pour savoir ce qu’on lui disait, on mit tout simplement fin à la communication.Voilà, ajoute-t-il, la courtoisie de cette compagnie et de plusieurs autres faisant fortune avec les Canadiens-français, M.Savignac a évidemment raison de se plaindre et d’insister pour avoir du français.Si son exemple pouvait contribuer à faire prendre des bonnes résolutions à tous nos compatriotes, il serait plus facile d’obtenir justice.Pour les droits de notre langue surtout, l’union fait la force.- — i m - L’IMMIGRATION AGRICOLE La superficie ensemencée des terres de l’ouest est de 1,715.300 acres de plus cette année que l’an dernier.S imposant que toute cette augmentation représente de nouveaux établissements, combien cela donne-t-il de nouveaux colons?Dans l’Ouest, chaque colon prend en moyenne 2,000 acres, quelques-uns se contentent de moins, mais plusieurs prennent trois,, quatre et cinq mille âcres.Une moyenne de 2,000 Acres représente 8,000 colons nouveaux.On avouera que c’est peu comparé au total de l’immigration, qui a été, l’an dernier, de 300,000 au moins.L’immigration agricole est pourtant celle qui est la plus avantageuse pour le pays.-IM > 1 - CALENDRIER BILINGUE On nous signale l’existence d’un nouveau calendrier bilingue, d’autant plus remarquable qu’il est public par un Américain: M.Carroll S.Page, de Hyde Park, Vt.M.Page fait affaires avec les Canadiens-français, et il comprend qu’il n’est que juste qu’il témoigne à leur langue certains égards.LA PACeVe FADETTE Par suite d’un retard du service J)ostal, nous sommes contraints d’a-ourner la Page de Fadette.Ce sera pour samedi.BILLET t)U SOIR.SCEPTICISME GUERI En dépouillant, l’autre jour, un colis de la chemise quelconque qui le revêtait, j’ai mis à jour une bro-churette coquette révélant à ce je ne sais quoi, qui est peut-être la belle ordonnance typographique, peut-être la netteté des caractères ou le brillant de l’encre, ‘‘l’article de Paris”.C’était, en effet, un recueil de Confèrences prononcées en Sorbonne par l’un des nôtres qui a réussi ce tour de force de faire entendre beaucoup dé bien de notre pays à des oreilles sceptiques de Parisiens sans que cela parût outré.Il est vrai que cela se passait avant l’affaire Mousseau-Bérard-Bergevin et avant la nomination à Bruxelles de Godfrey Brouillon.Le conférencier obtint le succès qu’il méritait et cela vaut la peine d’être signalé, car aujourd’hui les orateurs n’ont pas d’auditeurs quand ils en mériteraient, ou ils en ont des foules, quand ils n’en mériteraient pas du tout.Quand l’annonce de la séance parut dans les quotidiens, les quelques Canadiens de passage à Parias tinrent à y assister.Parmi ceux-ci se trouvait une dame qui a des lettres et même beaucoup, {je raconte cette anecdote car elle est probablement ignorée de celui-là même qui en fut le héros).Or cette dame ne connaissait le conférencier que par ouï-dire.Elle ne pénétra pas sans appréhension dans la salle.Elle savait hélas ce que valent les réputations chez nous.Comment le jeune conférencier, écrasé entre un académicien d’immense talent et un homme de lettres à succès, qui parlaient, l’un avant et l’autre après lui, allait-il s’en tirer ?La tribune était bien haute, si le vertige allait le prendre ?‘‘Je ne sais pourquoi, disait la dame, par cette sympathie spontanée qui vous prend pour un compatriote à l’étranger, sans doute, je n’aurais pas été plus inquiète s’il se fût agi de mon fils au lieu de ce jeune homme, qui m’était absolument inconnu.” La causerie commence.A chacune des phrases, bientôt à chacun des mots, le coeur de l’auditrice inquiète se dilate.Elle n’en croyait pas ses oreilles.Il parlait très bien, vraiment il parlait mieux que l’académicien qui l’avait présenté.Et cette dame s’en alla bien contente.Depuis lors, elle est moins sceptique ; elle admet qu’on peut quelquefois avoir, même au Canada, excellente réputation, sans que celle-ci soit surfaite.Louis BRETON.—- m i » - AU SENAT LE SENATEUR CHOQUETTE DEMANDE AU SENATEUR POWER DE RETIRER SA MOTION.Sénat, 3 juin 1914.Le sénateur Cloran se plaint du fait que le ministre de la milice refuse de permettre au Oôième régiment de parader dans la procession du Saint-Sacrement, dimanche prochain.Il dit qu’il présentera un vote de censure sur cette question.Le sénateur Smith continue le débat sur la résolution du sénateur Power concernant le tarif.Le sénateur Dandurand dit que les deux partis ont changé sur la question du tarif.Quand les libéraux prônaient la réciprocité illimitée, les conservateurs prônaient le libre-échange des produits naturels.Et quand les libéraux ont voulu donner le libre-échange des produits naturels, les conservateurs s’y sont opposés.Quant à lui, il est en faveur de la réciprocité.Sénat, 3 juin (Après-midi) Le sénateur "hoquette confesse que le tarif a toujours été un attrap-pe-votes pour les deux partis.Si les droits disparaissaient de tous les produits alimentaires, le revenu en souffrirait et il faudrait le comoen-ser d’une autre manière.Ce débat ne oeut avoir de résultat pratique et il suggère an sénateur Power de retirer sa motion.— i m - UN ROMAN PAR MOIS Notre dernier roman mensuel, “ Les Ames fortes ”, par G.Saint-Germain, est à la disposition de nos lecteurs et abonnés.Il faut pour avoir droit à un exemplaire des “ AMES FORTES ” pré-senter à nrs bureaux, les bons qui ont paru dans le “Devoir”, du 18 ou 23 mai, plus trois sous h nos bureaux, ou bien nous les adresser pra la poste plus fi sous pour rouvrir le prix du roman et 1rs frais d’emballage et d’expédition.Dans ce dbrnier cas, on recevra le roman franc de port.Rappelons que le “ Devoir ” n’ayant pas paru le jeudi 21, jour de 1 Ascension, cinq bons seulement, et non pas six comme d'habitude, seront exigibles.LE R.P.ARNAUD, 0.M.I.C’est une relique qui disparait en la personne du R- P- Arnaud, des Oblats de Marie-Impiaculéc, décédé, hier, le trois juin, a la résidence du Lac Saint-Jean, dans la 88ème année de son âge.Le P.Chs.-André Arnaud naquit en février 1826, à Visan, village du département de Vaucluse el du diocèse d’Avignon.Toute jeune, il entra au Juniorat que la famille religieuse de l’illustre abbé Charles-Eugène de Mazenod avait ouvert à Lumières.Ses études classiques terminéesv il est accepté au Noviciat que la meme société, la Congrégation des Oblats de Marie-Immaculée entretenait à Notre-Dame de l’Osier, département de JTsère.Là il devient le fils spirituel du R.P.Santoni, celui-là même qui serait plus tard — 1851 — le premier provincial des Oblats du Canada.11 y prononce, à 20 ans, pendant son cours de théologie, ses voeux perpétuels de religion.Envoyé au Canada, diacre, c’est à Bytown (Ottawa) qu’il reçoit le sacerdoce, en 1849, des mains de l’un de ses aînés, Mgr Guigues.Celui-ci assigne immédiatement au nouveau prêtre, son sujet, le poste pénible du Saguenay.Les Oblats s’étaient établis à la Grande Baie, aujourd'hui Saint-Alexis, en 1844, pour y desservir les colons et les bûcherons des chantiers Price, surtout pour rayonner de là jusqu’aux sauvages du Lac Saint-Jean et du golfe Saint-Laurent, et pour relever ou étayer les chapelles de la Mélabetchouanne, de Chicoutimi, de Tadoussac et des Ilets de Jérémie oû les Pères Jésuites groupaient jadis leurs néophytes et leurs chrétiens.Le P.Arnaud suivit cette mission qui eut successivement son siège à Saint-Alexis, aux Escoumins et,finalement, en 1862, à Bethsiamits.Le P.Arnaud trahissait en son regard intelligent et chaud sa finesse d’esprit et sa tendresse de coeur comme la rare maîtrise qu’il exerçait sur sa pensée et ses intentions montrait un caractère en pleine possession de soi.Sa distinction native ne s’était pas altérée au contact du peuple inculte à qui il consacra 62 ans de sa vie apostolique.Au début de son ministère, les missions du golfe se rattachaient au diocèse de Québec; plus tard, elles firent partie de Rimouski; quelques années, elles devinrent préfecture apostolique avec Mgr Bossé comme chef ; puis Chicoutimi les administra jusqu’en 1905, date do fdhi1 érection en Vicariat apostolique.confié aux soins des Eudistes.C’est un diocèse, on peut dire que le P.Arnaud a commencé el organisé en partie avec les compagnons que la Congrégation des Oblats lui accorda pour le seconder dans l’oeuvre de l’évangélisation des Monta-gnais, des Mascapis et des Esquimaux.Grâce à l’initiative du P.Arnaud, une réserve de terrain fut octroyée aux Montagnais à Bethsiamits, qui devint alors le centre de toutes les missions du golfe Saint-Laurent.Si les sauvages ne contractèrent guère des habitudes agricoles, du moins s’abandonnèrent-ils à l’action bienfaisante du christianisme et comprirent-ils assez le zèle de leur missionnaire pour subvenir eux-mêmes à son entretien.Le roi de la Côte Nord, tel était le surnom du P.Arnaud.Ce titre glorieux, il l’avait conquis par sa bonté, son ascendant, le prestige dont l’Eglise revêt ses ministres, et surtout par la charité divine.Aussi régnait-il à la façon du Maître souverain qu’il représentait : sur les coeurs.Quand il lui fallut quitter son royaume en 1911, ses sujets élevèrent de fortes protestations avant de laisser leurs larmes témoigner seules de leurs regrets.Il repose maintenant dans un cimetière modeste, au pied du tertre où s’assemblent pour prier les Montagnais du Lac Saint-Jean, ses enfants de prédilection.Plutôt, il s’est éveillé au grand jour du bon Dieu.Soixante-neuf ans de vie religieuse, soixante-cinq ans de sacerdoce, soixante-deux ans d’apostolat, une carrière toute de pauvreté, de pureté, d’obéissance, d’abnégation entière et de sacrifices constants nous le garantissent.En lui, la Congrégation des Oblats perd l’un des rares survivants qui connurent intimement son vénéré fondateur et un apôtre qui l’aima et l’honora.AMICUS.lespourpÂrlers DE MEDIATION Niagara, 4.— Les négociations entre les médiateurs et les délégués américains et mexicains sont dans un état stationnaire, depuis qu’est survenue la difficulté touchant la participation des constitutionnalistes aux conférences diplomatiques.Les médiateurs, résolus de ne pas faire plus de concessions aux rebelles qu’au Gouvernement des Etats-Unis, considèrent un armistice au Mexique comme la condition "sine qua non” de l'admission des délégués de Carranza aux pourparlers de mediation.De la réponse du chef des constitutionnalistes et de l'attitude que M.Wilson prendra, à présent qu’il connaît les décisions des délégués de Huerta, dépendra la solution du diffirile problème soulevé par l’imbroglio mexicain.PARTISAN DU HOME RULE Londres, 4.—Lord Provost Stevenson.d' Glasgow, sera le prochain candidat libéral, pour la division de Leithhurg.C’est un partisan- arde it du Home Rule, et d’un projet de fédération, et un libéral avancé.Les Unionistes remportèrent la victoire dans Leithburgh, lors de lu dernière élection partielle.LETTRE D'OTTAWA Le double scandale de la Farmers Bank.Ottawa, 3.— Il y aura eu double scandale, dans l’affaire de la banque Farmers: la malhonnêteté du gérant Travers, aujourd’hui au pénitencier de Kingston, parce qu’il a ruiné la banque, et, en second lieu, le vote de ce matin, approuvant, aux Commune^, le remboursement des déposeurs de la banque Farmers.Il était trois heures quart du matin, quand les sonneries ont appelé les députés au vote, sur ce projet de loi.La plupart des députés étaient absents.Le vote a donné 55 voix pour la seconde lecture du bill et 17 voix pour son renvoi à six mois.Le ministère a donc autorisé, à 38 voix de majorité, le remboursement des déposeurs, après avoir admis que ce projet de loi de la banque Farmers est d’une nature exceptionnelle.Quatre députés se sont séparés de leurs partes.M.Lamarche s’est déclaré contre le remboursement, tandis que, à gauche, MM.Nesbitt, Ross (Middlesex) et McMillan sont pour l’adoption de la mesure ministerielle.Le scandale semble bien consommé, car le vote, en troisième lecture, s’il y en a un, donnera à peu près la même majorité au ministère.Le Sénat décidera si, pour sa part, il doit se faire complice de la législation absurde et franchement corrompue que les Communes ont ratifiée ce matin, tandis que les deux-tiers de leurs membres donnaient à poings fermés, dans leurs appartements particuliers, en ville.LA FARMERS BANK La Chambre a passé tout le jour à discuter le bill du ministère relatif, au remboursement de la somme de $1,200,000,000 aux déposeurs de la Banque Farmers, en déconfiture depuis 1910.Dès mardi soir, MM.White et McLean, les deux experts financiers, le premier, du ministère, et le second, de la gauche, avaient dressé le plan de la discussion entre les deux partis, sur ce point.Le ministère, pour donner une apparence de raison à son projet de remboursement, prétend que M.Fielding et le bureau du trésor, au temps de l’octroi d’une charte et d’un permis d’opérations à la Banne Farmers, ont agi avec impru-ence et négligence et que, partant, le ministère doit aux deposeurs le remboursement des sommes que cette négligence du ministère libéral leur a fait perdre.Par ailleurs, la gauche affirme qu’il n’y a rien de tout cela, que, en réalité, aux termes mêmes du rapport fait par sir William Meredith, pour le compte de l’Etat, sur la faillite de la Banque Farmers, s’il y a eu déconfiture de cette institution, elle est due au fait qu’il y a eu mauvaise administration.Bien administrée, cette banque aurait survécu, dit en toutes lettres ce rapport officiel.Et donc, s’il peut y avoir eu erreur de jugement de la part du conseil du trésor, au temps de M.Fielding, il n’y a certes pas eu négligence coupable, et, par conséquent, l’Etat ne saurait porter la responsabilité de ce krach, et être tenu au remboursement des sommes perdues par les déposeurs, à la suite de la faillite de cette institution.La discussion porte sur ces deux points, celui de la négligence, et celui de la responsabilité ultime de l’Etat.Il ne manque pas d’opposi-tionnistes pour dire tout net que, si le ministère a soumis ce projet de remboursement à la Chambre, c’est pour racheter la parole de certains de ses candidats, en 1911, dans les comtés d’Ontario où il y avait des épargnistes affectés par le krach de la Banque Farmers.Et c’est pourquoi l’opposition dit que ce projet de loi est immoral, en autant qu’il a pour motif réel de tenir les engagements pris par les candidats conservateurs, en 1911, et qui équivalent à des actes de corruption électorale.C’est la thèse soutenue par presque tous les oppositionnistes.Et M.Lemieux rappelle que, si l’Etat se croit tenu de rembourser les déposeurs de la Banque Farmers, il devrait aussi rembourser ceux de la Banque de Saint-Jean et de la Banque Ville-Marie, institutions qui faisaient des affaires illégales, au vu et au su de l’Etat.M.Deniers surtout insiste sur le cas de la Banque de Saint-Jean.Et cela sc comprend, car il ne manque pas, dans son district, de gens qui ont perdu de fortes sommes, lors de la faillite de cette institution.Par ailleurs, M.Lemieux déclare que.s’il y a eu négligence de M.Fielding, dans le cas de lu .Banque Fanners, — et il ne l’admet pas, il le suppose seulement, pour les besoins de l’argument, —• il y a eu négligence encore plus grande, dans le cas de la Banque Internationale, quand le ministère conservateur a donné un permis d’opérer à une banque qui, peu de mois après, liquidait ses affaires et faisait perdre près de 50 pour cent de la mise de ses actionnaires.“Si vous remboursez les déposeurs de la Banque Farmers, parce qu’il y aurait eu négligence de l’Etat”, dit-il en substance, “que ferez-vous pour les actionnaires de la Banque internationale, à laquelle vous avez donné permis d’opérer sans vous informer d’avance de la bonne foi de ses promoteurs, bonne foi douteuse, ainsi que l’a prouvé la suite des événements?” LA DÉFENSE DU MINISTÈRE Le ministère affirme que le cas de la Banque Farmers et celui de la Banque de Saint-Jean, et même de la Banque Ville-Marie, ne sont pas les mêmes.Dans le premier cas, il y a eu vice originel, la charte et le permis d’opérer ont été obtenus au moyen de fausses représentations, faites par Travers.Dans les deux autres, les banques mises en cause ont reçu leurs permis quand elles avaient droit de les recevoir, toutes les représentations faites étaient vraies, et, ce qui permet de l’établir, c est que ces deux institutions ont fait des affaires pendant de nombreuses années avant d’en venir à la ruine finale.La mauvaise administration seule de ces deux institutions, la malversation de certains de ieurs directeurs les ont acculées a.faillite, l’Etat n’y a été pour nen.Quant à la Banque Internationale, le bureau du trésor n'a donné un permis d’opérer qu’après enquê-ff a foïid, et, cette fois-ci encore, l ttat n a rien à voir aux pertes Q11 ont pu faire les actionnaires.M.Pelletier, le ministre des postes, et I un des plus forts avocats du ministère, surtout quand il s’agit d’argumenteir un point difficile a tirer au net, a prononcé, de la part du ministère, le discours de la journée.De légers incidents, survenus au début de son discours, le mettent aux prises avec la gauche, et il s’échange des remarques désagréables, de part et d’autre.M.Tobin, auquel M.Pelletier reproche de ne pouvoir faire rien de mieux, en fait d’argumentation, que d’applaudir ses collègues libéraux, dit n’avoir aucune leçon à recevoir du ministre des postes.M.Lapointe (Kamouraska) crie d’une voix sarcastique : “C’est le successeur de Cartier !” Et M.Gauvreau (Témis-couata) s’échauffe et vocifère que M.Pelletier n’a pas le droit d’insulter les députés de gauche.En toute autre circonstance, il y aurait peut-être eu scène tumultueuse.Mais la Chambre est lasse de la session, les neuf-dixièmes des députés sont absents, l’échange des remarques désagréables se fait en français, et les quelque vingt-cinq députés présents sont plutôt somnolents.Aussi l’affaire, provoquée par un démenti de M.Pelletier à M.Demers, et par un contre-démenti de celui-ci au ministre des postes, tombe-4-elIe bientôt à plat.La gauche, — et surtout M.Deniers, — parle du remboursement des déposeurs de la Banque Saint-Jean, tout en déclarant immoral le bill du ministère, quant au remboursement des déposeurs de la Banque Farmers.“Si ce projet de loi est immoral,” dit en substance M.Pelletier, “pourquoi M.Deniers demande-t-il le remboursement des déposeurs de la Banque Saint-Jean ?Et si ce orojet est bon, pourquoi M.Deniers, qui veut tenir l’Etat responsable du remboursement des déposeurs de la Banque Saint-Jean, vote-t-il contre celui des déposeurs de la Banque Farmers ?Ou le principe de notre bill est bon, ou il est mauvais.S’il est mauvais, pourquoi vouloir l’appliquer aux gens qui ont perdu de l’argent avec la Banque Saint-Jean ?Et s’il est bon, comment M.Demers et ses amis s’expliqueront-ils devant leurs électeurs intéressés dans la Banque Saint-Jean, après avoir voté contre notre bill ?Vous voulez qu’on rembourse vos gens ?Mais alors, pourquoi ne pas vouloir que nous remboursions les déposeurs de la Banque Farmers ?” L’argument est capiteux.M.Deniers explique que, ce qu’il trouve immoral, ce n’est pas le remboursement, mais c’est le fait que le bill n’est que le rachat d’une promesse faite en temps d’élections, et qui équivaut à une manoeuvre corruptive.M.Pelletier écarte cette explication, et il insiste sur ce dilemme : ou le principe du bill est bon, ou il est mauvais.S’il est bon, pourquoi la gauche veut-elle voter à l’encontre du bill ?Et s’il est mauvais, lourquoi demande-t-elle le rem-loursement des déposeurs et des actionnaires d’autres banques, en vertu de ce principe même ?Il serait aisé de réfuter ce dilemme en posant cet autre, qui en fait ressortir tout le fallacieux : “Si le principe du remboursement est bon, pourquoi ne pas l’appliquer aux cas de la Banque Ville-Marie et de la Banque Saint-Jean en même temps qu’à celui de la Farmers ?Et s’il est mauvais, pourquoi le ministère tient-il tant au remboursement des déposeurs de la Banque Farmers ?” M.Pelletier excelle à manier l’argument subtil.Mais il ne peut justifier le ministère, en cette circonstance.Et cela se comprend, car la législation autour de laquelle il y a bataille, tout le jour, est la plus vicieuse qui soit.Un journal tory, la Gazelle de Mont-réal, l’écrivait en toutes lettres, il n’y n pas plusieurs jours encore.Et, dans leur particulier, plusieurs des députés conservateurs favorables à celle loi, en public, l’admettent sans équivoque."Mais il faut racheter la parole du ministère, disent-ils.ou du moins, il faut faire mine de le faire.Le sénat, nous l’espérons, donnera le coup de grâce à cette mesure ; et le ministère lui-même en sera content.” LES DISSIDENTS Il y a des dissidents, des deux côtés de la Chambre.Ainsi, à gauche, MM.Nesbitt et Ross approuvent le bill, et votent contre leur parti, qui demande le renvoi de cette mesure à six mois.Leurs électeurs sont intéressés dans l’affaire, ils ont perdu de l’argent dans la Former»’ Bank, et ces députés savent que ces gens leur en voudraient de ne pas avoir voté le remboursement de leurs pertes pécuniaires.Ces op-positionnistes parlent avec franchise et même cynisme.Il s’agit, de smver leur peau; a demain les principes du parti, s’il en a.A droite, M.Lamarche se prononce contre le principe du bül.“Si vous faites de cette affaire une question de droit, dit-il, alors ce n’est pas à la Chambre, mais à un.tribunal compétent, à interpréter la mesure et l’étendue de ce droit.Soumettez donc la question à la Cour d’Echiquier.Si vous en faites au contraire une question de faveur, ne soyez pas injustes, étendez à tous ceux qui ont perdu de l’argent dans nos banques cette mesure de remboursement.Ne dites pas: “Mais les pertes, dans les autres banques, remontent à trop loin.” M.White parlait tantôt de l’obligation morale du ministère de rembourser aux déposeurs de la Banque Farmers l’argent qu’ils ont perdu.Une obligation morale ne se prescrit pas, pas plus dans le cas de la Banque Saint-Jean que dans celui de la Banque Farmers.Au surplus, s’il y a eu irrégularité dans le cas dir permis d’opérations de la Banque Farmers, il y a eu irrégularité analogue dans le cas de la Banque Saint-Jean.Alors?indemnisez les déposeurs des deux banques, ou n’en indemnisez aucun.Et si vous voulez créer un principe nouveau, celui-ci, que l’Etat est responsable des pertes que les déposeurs font dans les banques, j’en suis : mais soyez justes, indemnisez tous les déposeurs.Vous direz: Mais il faut une enquête préalable; c’est juste.Toutefois, si deux ou trois experts ont pu._ à la satisfaction du ministère, faire une enquête satisfaisante sur les affaires du Nord-Canadien, en moins de 15 jours, il leur prendrait une demi-journée, dans le cas de chacune de ces banques, la Banque du Peuple, la Banane Ville-MOa rie et la Banque Saint-Jean/ pour établir quelles sommes il faudrait rembourser aux déposeurs.” Le débat se prolonge jusqu’au matin, presque, dans l’inattention générale.M.Mackenzie, du Cap Breton, parle une heure et demie, tandis que les dépntés bombardent les journalistes avec des livres-bleus, des coussins, et que, là-haut, au café, d’autres députés chantent, et s’amusent à vider de nombreux verres.Personne n’écoute plus les orateurs, aux Communes; des plaisants éveillent avec des boulettes de papier des ministres nu des députés harassés de fatigue et qui dorment à leurs pupitres.On grommelle toutes sortes d’interruptions et de commentaires, des rires bruyants couvrent la voix des orateurs.M.Borden est le dernier orateur.Il nie que son parti ait l’espoir que le sénat rejettera cette mesure dont il admet le caractère exceptionnel.“Que l’on nous prouve que les déposeurs d’autres banques ont perdu leur argent dans des circonstances semblables à celles de la Banque Farmers, et nous les indemniserons,” dit-il.Il nie également que son parti veuille favoriser les déposeurs d’une province au détriment de ceux d’une autre province.A trois heures quart, sonneries pour le vote sur le renvoi du bill à six mois.Ils sont 72 députés, sur 219, à leurs sièges.Vu l’heure avancée de la nuit, la plupart ont paire et s’en sont allés se mettre au lit, car les Communes recommencent leur travail à onze heures, ce matin même.Tandis que les whips rabattent leur gibier, dans les couloirs, les députés qui s’éveillent d’un somme se font bruyants, aux banquettes.Les livres bleus pleuvent sur les têtes.M.Nantel en reçoit un sur le crâne.Il se retourne et cherche son agresseur.Rien.Il reprend son attitude ordinaire, bing! un autre livre bleu lui fait sauter son lorgnon.Il maugrée contre le méchant plaisant qu! tente de l’assommer, sous couleur de lui faire une bonne farce, mais il ne le trouve nas.Alors, il s’en1 va se réfugier derrière le fauteuil du président.Rires généraux.La motion pour le renvoi à six mois est mise aux voix.17 opposition-•nistes l’apmiient.52 ministériels et trois dissidents de gauche la rejettent.M.Lamarche a pairé.contre l’adontion du bill.Majorité ministérielle.38.La seconde lecture du bill a lieu tout de suite, sans vote, sur division.> Les déposeurs de la Banque Farmers ont fait veiller tard ministres et députés.A trois heures et demie du matin, séance close Au dehors, il pleut sur les pelouses frais tondues de la colline parlementaire et sur la ville endormie dans le calme d’un matin de juin.Les députés regagnent à pas fatigués leur résidence, pestant contre Travers, la Banque Farmers et le mauvais vote que la majorité a donné en faveur d’une législation cynique, sans précédent.dans les statuts du parlement fédéral.Georaes PELLETIER.——- i — - ¦ — POUR LES VACANCES ABONNEMENTS TEMPORA 1RES ET CHANGEMENTS D’ADRESSE.Bon nombre de nos amis passent à la campagne an letups plus ou moins long.Nous leur ferons volontiers le service du journal, pendant ce temps, au prix régulier d’un sou par jour.Nous sommes cependant obligés, à cause des frais de bureau, de fixer à un minimum de quinze sons cet abonnement spècial.Ceux qui reçoivent actuellement le journal par la poste, n’auront qu’à nous en avertir pour qu’il leur soit régulièrement envoyé à leur adresse de vacances* VOL.V.— No.129 V- LE DEVOIR MONTREAL, JEUDI, 4 JUIN 1914 POLITIQUE ETRANGERE FRANCE LE CABINET FRANÇAIS M RENE VIVIANI A ETE INVITE PAR LE PRESIDENT POINCARE A FORMER UN NOUVEAU MINISTERE.avaient été déposées au bas de la côte, de sorte que notre automobile venant à toute vitesse aurait nécessairement passé dessus.” Paris, 4, — Le président Poincaré a demandé, hier, à M.René Vi-viani, ministre de l’Instruction Publique, de former un nouveau ministère, appelé à remplacer le cabinet Doumergue.Suivant l’usage, M.Viviani a demandé un délai, afin de pouvoir consulter ses amis, et a promis une réponse définitive ce matin.Il est presque certain qu’il acceptera.On croit aussi qu’il soumettra, aujourd’hui, au président, une liste des noms de ceux qu’il désire comme collègues.Trois députes ont déjà promis d’accepter un portefeuille: ce sont: Louis .1.Malvy, à l’Intérieur, Joseph J.B.E.Noulens, aux Finances, et Adolphe Messimy, à la Guerre.Il est probable que Léon Bourgeois, ou Jean Dupuy, prendra la direction du ministère des Affaires Etrangères.M.Viviani n’a pas encore démissionné comme ministre de l’Instruction publique.Le programme du nouveau ministère n’a pas encore été complète-men rédigé; mais, on sait qu’il soutiendra le service de trois ans.Cependant, le nouveau premier ministre, afin de se concilier l’opposition, proposerait un système compréhensif d’instruction militaire préparatoire, de sorte que les recrues, avant de faire du service, auraient déjà subi un certain entrainement.Cette méthode permettrait d’abréger la durée du service lorsque la situation internationale le permettra.Le nouveau cabinet serait aussi en faveur d’un emprunt immédiat à trois et demi pour cent, mais ne comportant aucune garantie d’une exemption indéfinie de la taxe sur le revenu.Il chercherait aussi un compromis avec le Sénat sur la représentation proportionnelle.COMMENTAIRES DE LA PRESSE Paris, 4.— Les journaux parisiens commentent comme suit la démission du ministère: “L’Humanité” dit que la réaction interprète la démission du cabinet comme un aveu d’impuissance parce que les raisons de cette démission n’apparaissent pas clairement.“L’Aurore” dit que si M.Viviani est chargé de former le nouveau ministère, il aura la confiance des républicains ; cependant, son rôle sera difficile, en raison du déficit budgétaire, et du grand nombre de députés hostiles à la loi de trois ans.“L’Action” estime qu'en présence des contradictions politiques, le rôle de M.Poincarré sera très, délicat.> La “France” dit que le nouveau cabinet devra maintenir la loi de trois ans, sinon il tombera.Dans “l’Homme Libre”, M.Clemenceau approuve la démission du cabinet en raison des désaccords qui ont surgi entre certains ministres.M.Messimy, élu hier vice-président de la chambre des députés, a donné sa démission en disant qu’il ne se croyait pas le droit d’accepter de faire partie du bureau de la chambre sans avoir été désigné par son parti.On assure que la Fédération des gauches sera très prochainement dissoute.LE FILS DU RW MENACE LE “DAILY MAIL” ANNONCE QUE LES SUFFRAGETTES ONT OURDI UN COMPLOT CONTRE LE] PRINCE HENRI.CHOSES MUNICIPALES UN PLAN DE MONTREAL.— LA VIEILLE MAISON LACROIX.— LA MORTALITE INFANTILE.DANEMARK LA LOI ELECTORALE AU DANEMARK L’OPPOSITION CONSERVATRICE REUSSIT A BLOQUER CETTE IMPORTANTE MESURE.Londres, 4.— Mme Sylvia Pank-1 hurst, à une assemblée des militantes, ce soir, a déclare qu’elle irait se placer aux portes de la chambre des Communes sans boire ni manger jusqu’à ce que M.Asquith lui accorde une audience.Les suffragettes iront, le 10 juin J prochain, auprès de M.Asquith, et si celui-ci ne veut pas les recevoir, Mme Pankurst mettra à exécution son projet énoncé, ce soir.Londres, 4.— Le problème soulevé par l’agitation et les méfaits des j suffragettes embarrasse non seulement le gouvernement mais tout le peuple de Londres.Jusqu’ici les partisans du suffrage féminin ont en vain déclaré aux militantes que leur brutalité retarde leur cause, au lieu de la servir.Elles sont convaincues que seule la force peut les faire triompher, et elles se préparent à de nouvelles attaques.Hier, elles ont attaqué à coups de cravache l’assistant-gouverneur et le médecin de la prison de Holloway; elles ont détruit deux tableaux de prix, commis deux assauts sur deux journalistes et mis le feu à une maison à Belfast.Outre ces actes importants de destruction, il y eut des vitres cassées, interruption d’une assemblée politique, scènes dans les églises et les théâtres.On prendra pour les courses d’As-cot les mêmes précautions que pour le dernier Derby.On a éleve de fortes clôtures et organisé un service particulier contre les incendies.La police a aussi adopté une ligne de conduite spéciale.Depuis que les suffragettes ont adopté la grève de la faim, on n’a pu les retenir en prison, et les procédures sons devenues de simples comédies.Après quelques jours de prison, les militantes recouvrent leur liberté avec un désir nouveau de vengeance.Mme Emmeline Pankhurst occupe en ce moment, une maison en face du palais de Buckingham.On a doublé le nombre des constables autour du palais.Le roi a interrompu ses promenades matinales à Hyde Park, par crainte des suffragettes.Les avocats de la Couronne prendront peut-être des procédures contre les souscripteurs au fonds de l’union politique et sociale des femmes.On soutient que ces souscripteurs peuvent être accusés de conspiration criminelle et que toute personne qui a subi dès dommages peut intenter une action civile contre ces mêmes souscripteurs.Le “Daily Mail” annonce, ce matin, que les suffragettes ont ourdi un complot contre la vie du prince Henri, troisième fils du roi.Des détectives spéciaux ont été chargés de veiller sur la vie du prince.JOURNALISTE ASSAILLI Belfast.Irlande, 4.—Des suffragettes militantes ont assailli, hier, les secrétaires de la rédaction de deux des principaux journaux de ïa ville, qui avaient dénoncé la campagne des suffragettes.Deux femmes bien mises se rendirent aux bureaux du “Belfast Telegraph”.L’une, une géante, d’un coup de poing lit tomber «le sa chaise le secrétaire de la rédaction, M.Stewart, tandis que sa compagne lui lançait à la tète un pot à mucilage.Les deux femmes se rendirent ensuite aux bureaux du “ News Letter ”, et répétèrent leur exploit.M.Anderson, le secrétaire de la rédaction du “ News ”, leur victime, garde le lit et est sous les soins d’un médecin.Les suffragettes ont tenté de mettre le feu à une maison privée, mais on s’en aperçut à temps et les dommages causés sont peu considérables.Copenhague, 4.— Les conservateurs ont réussi, hier, à empêcher le passage de la loi électorale à la Chambre Haute.Ce bill demande l’abolition de la qualification foncière et le droit de vote pour les femmes.Des amendements au bill, supportés par une majorité de coalition, comprenant les radicaux et les modérés.Tous ceux qui ont voté contre le bill sont des conservateurs, et le chef conservateur a, alors, annoncé qu’il n’assumait aucune responsabilité si le bill est adopté, et que lui et ses partisans se retireront dès que la mesure sera soumise de nouveau à la chambre.Le vote fut pris lorsque les conservateurs se furent retirés, et le bill amendé fut adopté par 33 voix; il manquait 32 membres.Le président informa la chambre qu’aucun vote n’était valide, à moins que plus de la moitié des fifi membres do la chambre Haute n’y ait participé.ANGLETERRE UN ATTENTAT CONTRE O’BRIEN ON PLACE DES TESSONS DE BOUTEILLES SUR LA VOIE SUIVIE PAR SON AUTOMOBILE.M.Paul Mercier, sous-ingénieur en chef de la ville, est en train de préparer un rapport sur le coût d’un plan général de Montréal indiquant la location des égouts, des tuyaux d’eau et de gaz, les rues et le niveau des rues.M.Mercier recommandera l’exécution de ce plan, bien qu’il en estime le coût à deux cent mille dollars et que le travail ne puisse être termine avant «juatre ans, mais il assure que la ville en retirerait des avantages incalculables et que la nécessité s’en impose.L’exécution de ce plan demandera un examen complet du sol et du sous-sol de la ville de Montréal; on conçoit la somme de travail qu’il imposera; mais on connaîtra ensuite l’endroit où gisent les tuyaux d’é- out, les tuyaux d’eau et les tuyaux e gaz, et leur profondeur exacte.VIEILLE MAISON La vieille maison Lacroix trouve grâce pour un an.On avait demandé aux commissaires de faire l’expropriation de la rue Leroyer jusqu’à la rue Saint-Jean-Baptiste et cela amenait la disparition de l’antique demeure; mais les commissaires ont décidé de remettre à Tannée prochaine l’ouverture de cette rue étant donné que les propriétaires demandent des prix exorbitants et que les finances municipales sont suffisamment obérées.La société des antiquaires fera tout en son possible, par ailleurs, pour assurer la conservation de la vieille demeure et ils auront probablement avec eux les commissaires dont la majorité déclarent qu’il serait pénible de voir disparaître une des rares reliques du passé qui soit encore debout.LA MORTALITE INFANTILE Le docteur Boucher, directeur du service municipal d’hygiène, a bon espoir que la saison qui commence marquera une diminution sensible dans les chiffres de la mortalité infantile.On organise des causeries sur la puériculture qui seront données prochainement dans toutes les parties de la ville.On distribuera aux divers endroits où auront lieu ces conférences des brochurettes exposant les soins à donner aux nourrissons.Les conférenciers parleront dans les principales Lingues en usage à Montréal, soit le français, l’anglais, 1 allemand et le yeddish.La proportion des décès d’enfants, cette semaine, accuse une diminution de 4 1-2 pour cent sur celle de la semaine précédente.Ventes de_ juin chez Goodwins Cent Blouses à 49c Chacune Blouses en linon blanc, de différents genres ; cols bas ou montants, manches trois-quarts.Vendredi., , .49 Blouses tailleur, en linonette ou en tissu mercerisé ; presque toutes à encolure basse et manches courtes ; quelques-i^nes aussi en percale rayée.Vendredi.49 Blouses Peter Pan, en indienne rayée, avec col fichu et manches courtes ; elles valent .79 et .98.Vendredi.49 Blouses en linon noir ; devant à plis lingerie ; cols bas ou montants ; valant .98.Vendredi.49 MONTREAL^t-IM ITED LE MONUMENT A SIR G.E.CARTIER Mlle CARTIER ANNONCE QU’ELLE S’EMBARQUERA POUR LE CANADA AU COMMENCEMENT D’AOUT.Londres, 4.—M.William O’Brien, député de la ville de Cork, qui diffère d’opinion sur plusieurs points avec ses collègues nationalistes, raconte l’attentat dont il a été la victime, dimanche, à Bantccr.“Nous descendions une côte, dit-il, quand nous vîmes trois jeunes gens Jeter quelque chose dans le chemin.En passant nous entendîmes un heurt de bouteilles sans trop bien comprendre ce dont il s’agissait, le chauffeur regarda en arrière et aperçut des fragments de bouteilles de chaque côté du chemin.Nos soupçons étaient confirmés, qous venions d’échapper à un attentat tramé en vue «le faire crever nos pneus et de blesser ou tuer cinq personnes.Ce sont des jeunes gens «lui nous précédaient en bicyclettes qui aperçurent les bouteilles et les ecartcrent à temps.Les bouteilles i>ul ETATS-UNIS GEORGE V_AW.WILSON Washington, 4.— Le président Wilson a reçu le télégramme suivant du roi Georges en réponse à son message de condoléances, “Au Président des Etats-Unis, “Washi ngton.“Je vous remercie sincèrement de votre marque de sympathie au sujet de la terrible catastrophe de T"Em-press of Ireland” et de vos condoléances pour les familles de ceux qui ont péri.“GEORGES, R.l.” •-» .—- SPECIAUX POUR EMPRESS Raccordant avec le S.M.R.Alsatian, qui part dé Québec jeudi, le 4 juin, composé de wagons de première clase et de wagons-lits modèles, partira de la gare de la rue Windsor à 8.30 p.m.mercredi, le 3 juin.Un train spécial pour passagers et pour malle, comprenant wagons de première classe, wagons-buffets et wagons-salons, partira de la gare de la rue Windsor à 10 a.m., jeudi, le 4 juin.Les deux trains se rendront directement aux abords du paquebot, r.LES DANGERS DE L’ALPINISME Chamonix, 4.—La saison des ascensions dangereuses va bientôt recommencer dans les Alpes, suivies probablement comme par le passé de pertes de vie de plus en plus considérables.Malgré les a ris du Club Alpin Suisse, affichés partout, on verra encore d’audacieux alpinistes tenter de gravir les massifs du Mont Blanc sans guide et trouver leur tombeau dans les neiges éternelles.On veut pouvoir dire, lorsqu’on reviendra dans la plaine : “ Et je suis monté là seul, tout à fail seul.” Et les abîmes du Mont, pendant ce temps, rient de la témérité de ces orgueilleux en allongeant chaque nouvelle année la liste de ses mul-henreuses victimes.UN NAVIRE DISPARU UN MAUVAIS CHIFFON DE PAPIER JETTE QUELQUE LUMIERE SUR LA PERTE DU “ HENRY B.SMITH ”, QUI A SOMBRE DANS LA TEMPETE, L’AUTOMNE DERNIER.Sault Sainte-Marie, 4.— Sur un morceau de papier froissé et souil-le de taches de graisse, on a appris le sort du navire “Henry B.Smith” qui quitta Marquette, lors de la terrible tempête du mois de novembre dernier.Le malheureux navire était parti, 1 automne dernier, il fut assailli en pleine mer par une tempête suinte.Malgré toutes les recherches, on na’vait pu, jusqu’ici, recueillir aucun renseignement sur son sort.Enfin, le mystère vient de s’éclaircir, un vulgaire morceau de papier, enfermé dans une bouteille, et jeté à l’eau par quelque matelot, désireux de faire parvenir aux siens les derniers renseignements sur sa carrière, est venu jeter un peu de lumière sur cette mystérieuse disparition.Le papier contient ces mots : “Dimanche matin, — à la Compagnie Hangwood — “Celui qui trouvera cet écrit voudrait bien l’envoyer à Cleveland.Le “Henry B.Smith” a cassé en deux, au-dessous de la cinquième écoutille, à douze milles à Test de Marquette.Nous vivons de terribles moments”.(Signé) Oliver.Aucun passager ne fut sauvé, on n’a retrouvé qu’un cadavre ; celui du mécanicien.Il fut retrouvé par des sauvages, ce printemps, près de Michipocoton, sur Te côté canadien.Les autres dorment leur dernier sommeil au fond des eaux, et ont dû périr après de terribles souffrances.Ils ont en vain lutté contre la tempête, elle les a pris tous en un même instant.Lu mer, soulevée par la bourrasque d’automne, a pris sa terrible et lugubre moisson.Seul, le chiffon de papier sali, est venu apporter aux vivants un écho lointain de la scène horrible qui se déroula en cette nuit glacée d’automne.HOTELS IHStel de» Voy»*eur» LE ROYAL GEORGE 9 et 11 rue De»j»rdin».(en face d« THStel de Ville), Québec, Chambre» $1.00 à $2.00.Plan» européen» et amé* ricatna.J.O.OCTEAU.Prop.FELICITATIONS DE HUERTA Londres, 4.— Le président Huerta a envoyé hier, nu roi Georges, un télégramme de félicitations à l’occasion de son anniversaire de naissance, en son nom, et au nom du gouvernement et du peuple mexicains.LES HINDOUS MECONTENTS Vancouver, C.A., 4.— C.G.Johnson, agent de lu compagnie à qui appartient le Komogata Maru, s’est rendu à bord et a demandé au chef des Hindous de payer le prix du loyer du navire.Celui-ci a refusé, prétendant que la compagnie n’avait pas rempli ses obligations, puisque les Hindous n’on pu débarquer à Vancouver.M.Johnson a Informé les propritéaires du navire, «pii décideront du retour do leur vaisseau à Yokohama.M.E.W.Villeneuve, président du comité du Centenaire Cartier, vient de recevoir une lettre de Mlle Hor-tense Cartier, dernière fille survivante de sir Georges, qui habite Cannes, en France, dans laquelle elle annonce qu’elle s’embarquera pour le Canada, au commencement du mois d’août, afin de venir assister aux grandes fêtes organisées en l’honneur de la mémoire de son illustre père.Mlle Cartier habite les vieux pays depuis 42 ans et n’est jamais reve-n ; dans son pays natal.Elle présidera au dévoilement du monument érigé à Saint-Antoine-sur-Ri-cheiieu, le 10 septembre.Ce monument est érigé grâce aux souscriptions prélevées dans le comté de Chambly-Verchères, que Cartier représenta au parlement sous l’Union.Le comité a aussi reçu une lettre de l’honorable Philippe Roy, commissaire canadien à Paris, qui a accepté de recevoir l’oeuvre du sculpteur, au nom du comité.Voici cette lettre : “ Je suis allé à Bruxelles et j’ai fait une visite à l’ntelier de M.Hill.J’ai été très favorablement impressionné par Toeuvrc du sculpteur.Le geste de Cartier est très imposant et rend bien la pensée dont l’homme d’Etat canadien a dû être pénétré, lorsqu’il disait à ses compatriotes : Avant tout, soyons Canadiens.“ Je crois que le monument Cartier, tel qu’il a été conçu et exécuté par le sculpteur Hill, donnera satis-fasetion au peuple canadien.” Son Altesse Royale le duc de Connaught sera présent aux grandes fêtes de septembre, pour le dévoilement du monument Cartier.Il vient d’écrire au comité des fêtes, lui annonçant officiellement son acceptation de l’invitation.La Chambre de Commerce et le Board of Trade de cette ville ont assuré le comité de leur entier concours au comité pour l’organisation des fêtes et ont exprimé leur désir de coopérer au succès de la célébration.Le comité nous informe que les travaux de construction au Parc Mance, où sera érigé le monument Cartier, comenceront très certainement lundi prochain, le 8 juin.Tout le granit «jui servira à la construction de la base, est taillé quoiqu’il ne soit pas encore rendu sur les lieux.De son côté, le sculpteur Hill va commencer bientôt à expédier à Montréal, une par une, les différentes statues dont sera composé le monument, ainsi que les bas-reliefs, qui sont maintenant à ses ateliers de Bruxelles.Comme on voit, le comité pousse activement les préparatifs des grandes »Hes de septembre.Il reçoit chaque jour de précieuses adhésions et des aides utiles.Il reste maintenant à la population de Montréal de faire son possible pour aider le comité à assurer le succès de la célébration.Les citoyens de cette ville sauront répondre aux désirs du comité, car il s’agit d’honorcr la mémoire de Tune des ligures les plus connues, les plus illustres et les plus justement aimées de notre histoire politique et nationale.Hotel Riendeau Limitée WILF.GERVAIS.Prés.Tréa.P.A.SAMSON, Vice.-Pré».-8ee.Le Hendez-vous de» Canadien».Français SS-RO P!»ee Jaensof-CïrHer.Montrfal TRAVAIL DEMANDE.Jeune fille désire avoir du travail de bureau (copie à la machine ou autre) pour faire le soir chez elle.S’a dresser à Casier 15, “Le Devoir”.À LOUER A LOUER.Rue Notre-Dame de Grâce, un appartement contenant six p.èces avec gaz, électricité; près de la station des tramways.S’adresser à L.J.A.Sur-veyer, 52 Saint-Laurent.Tel.Main 1914.A LOUER.Magasin, atelier ou entrepôt situé au centre des affaires, au No 42 rue Saint-Vincent, 4ième porte de la rue Notre-Dame.S’adresser à L.J.A.Surveyer, 52 Saint-Laurent.Tél.Main 1914.A LOUER.Bureaux et ateliers, très bien éclairer, chauffés, situé au No 50 Saint-Laurent, coin Craig.S’adresser à L.J.A.Surveyer, 52 Saint Laurent.Tél.Main 1914.CHAMBRE A LOUER.Rue Saint-Laurent, un peu plus haut que la gare du Mile-End, pièce bien éclairée, ayant châssis qui donne sur la rue.Maison privée.Ecrire à Casier 5 “Le Devoir”.CHAMBRE ET PENSION.427 Notre Dame, Maisonneuve.— Bonnes chambres, simples et doubles, garnies ou non, avec pension de table.6-40 CHAMBRES A LOUER.Notre-Dame de Grâce, 446 avenue Girouard, près Chemin Saint-Antoine.Meublées si désiré.Tel.Westmount 1121.PPOOE^SIOI v- r 4 i 'i'i\ R 5 510 NN E ILt 5 AVOCATS BOURBONNIERE.F.J., C.R., avocat, 76 rue Saint-Gabriel.Tél.Bell, Main 2679.Tél.Bell Main 1973.—Adresse tAléRraph!«iue Codes : Western Fn.Univ.Ed.“Yrrab” Montréal LEOPOLD BARRY LL.B.Avocat et Procureur Edifice Banque Ottawa, 224 rue St-Jacques Chambre 44.—Montréal Botte Postale 35C._ Adresse télégraphique m,, „ , “Nahac.Montréal”.Tél.Main 1230-1231.Codes : Liebers.West.Tn C.H.CAHAN, C.R.AVOCAT ET PROCUREUR Edifice Transportation.— Rue Baint-Jacqne^, "LAMOTHE, GADBOIS & NANTEL, avocats.Edifice Banque de Québec, .11 Place d’Armes, Montréal.Téléphone Main 3215.J C.Lamothe, L.L.D., C.R., Emilien Gadbois, L.L.L., J.Maréchal Nantel, B.C.L.CAMILLE TESSIER AVOCAT (Autrefois de I, quitte le quai Victoria à 9.00 a.m., pour Re-pentigny, Saint-Sulpice, Lavaltrie, Lanoraie, Sorel et Rerthier, revenant h Montréal à 8.30 p.m.Les bateaux de Québec partent quotidiennement ù 7 p.m.— Bureau des billets 9-11 Square Victoria Quebec Ry.: 35 à 14.Rich.& Ont.: 1 à 96 3-4.Toronto Ry.: 25 à 131 1-8.Canada Cement : 25 à 29 1-8, 53 à 29.Dom.Bridge : 4 à 112, 25 à 111 .1-4, 25 b 112.Dom.Canners : 52 à 32, 55 5 31, 5 à 32.Ogilvie : 5 ù 117.Scotia : 68 b 55 1-2.Spanish Hiver : 11 à 9 1-2, 20 t\ 10.Steel Corp.: 25 à 21 3-4, 75 à 21 1-2, Tuckets : 100 à 30.PRIVILEGIEES Canada Cement : 17 à Cai
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