Le devoir, 12 août 1933, samedi 12 août 1933
Montréal, samedi 12 août’ 1933 Redaction et administration 430 EST, NOTRE-DAME MONTHKAL TELEPHONE : .HAitour 124i« SERVICE DE NUIT : Administration : .HArbour 1243 Rédaction : .HArbour 3679 Gérant: .HArbour 4897 LE DEVOIR Directeur-gérant: GEORGES PELLETIER FAIS CE QUE DOIS ! Rédacteur en chef: OMER HEROUX Vol.XXIV —No 185 TROIS SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste Edition quotidienne CANADA .$ 6.00 (Sauf Montréal et banlieue) E.-Unis et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE.10.00 Edition hebdomadaire CANADA.2.00 E.-UNIS et UNION POSTALE .3.00 // Vie trop exdusivement politique Au lendemain d’une nomination fédérale bien accueillie par tous les groupes, — le nouveau titulaire est éntinomnif n qualifié à occuper le poste auquel le ministère l’a désigne, - un journal de parti, le Soleil (1er août courant),'écrivait avec .justesse, car il lui arrive parfois tie rencontrer le bon sens: “Jusqu’ici on a fait monter sur te bane, presque exclusivement, des hommes qui avaient fait de la politique active, l.eux-ci avaient toute la compétence voulue, nous l'avouons; mais v ne faudrait pas laisser les jeunes avocats sous l impression%que les hauts honneurs du tribunal leur seront fermes s ils ne se mêlent pas aux tourbillons électoraux.Iai politique n est pas nécessairement un élément de culture et de science légale.A ou.s dirions même qu’il peut fort bien arriver, pour quelques-uns, que.la politique soit la ruine de leur tâtent d’avocats.N’oublions pas que la vie canadienne-française tend à devenir trop exclusivement politique.” (Les soulignés sont de nous.) Notons cette phrase: .“la vie canadienne-française tend à devenir trop exclusivement politique”.Pareille constatation, dans une feuille de parti pour laquelle peu d’hommes publics ont une réelle valeur s’ils ne sont de son groupe, vaut d être signalée.Ainsi la vérité, cette fois, s’impose à un organe qui trop souvent la dissimule, la farde, ou même l’attaque et la supprime, si elle ne fait l’affaire de ceux qu’il sert aveuglement.* * * La politique, nous en avons mis, nous en mettons partout, depuis un demi-siècle et davantage.A dose la politique, certes, a sa place dans la vie d’un peuple, tout comme les partis politiques ont leur utilité, à la condition d1' ne réduire personne à l’esclavage.Or nous avons mis partout de la politique et de l’esprit de parti à doses massives.Cela nous a fait perdre de vue la nécessité de la culture générale, de l’indépendance d’esprit, de la vigueur intellectuelle, de la probité morale chez les nôtres.Et si nous ne sommes pas ce que nous devrions être, si nous n’avons pas, dans le domaine économique et ailleurs, tout ce qui aurait dû nous appartenir, n’est-ce pas en partie parce que nous nous sommes exclusivement bornés à faire de la politique, —r et de la politique de parti?Ainsi, dans les affaires.Tels conseils, qui devraient renfermer les gens les plus au fait de l'économique, chez nous, sans souci de la politique, ne «e forment que d’amis de tel ou tel partis au pouvoir.“Est-il bleu?Ne serait-il pas rouge^' L’actualité Régionalisme trop et dose modérée.se vrons les talents là où ils se cachent et faisons-les fructifier, fondons des cercles dramatiques, des sociétés musicales, des musées consacrés à la région.Régionalisme paroissial: sachons garder « chaque paroisse ses pansages, ses vieilles tlemeares, ses souvenirs, ses traditions gui lui donnent son caractère propre, sa personnalité.Mettons-nous tous à la tâche, témérité s'il le faut — nous ne serons jamais trop téméraires — pour rendre nos régions plus bettes, plus dignes de notre pays.Si nous faisons ainsi, chacun notre part, nous assisterons à ce phénomène que nous constatons à la surface d’une eau tranquille lorsqu'un caillou vient la rider: nous verrous le petit cercle que nous avons tracé s’élargir démesurément et couvrir tout le Canada, pour la pins grande gloire de celui-ci, Lucien DESBIENS demande-t-on chaque fois qu’il s’agit d’y élire quelqu’un.De la réponse dépend souvent le choix.On entend dire: “Untèl devrait en être.Il a tout ce qu’il faut pour cela; mais ce n’est pas un ami du pouvoir.Il n’est pas bien avec ce ministre, avec cet autre.Et puisqu’il n’est pas bien vu du pouvoir.” Cela dispose tout net d’un homme compétent par ailleurs et qui a ia confiance du public.Ce n’est pas un bleu; ou cê n’est pas un rouge.Portes closes.Même abus, dans les affaires municipales.Un tel serait un maire sortable, dans sa ville ou son village.Il ne le sera pas.Les bleus ne veulent pas d’un rouge, ni les rouges, d'un bleu.La faction la plus forte éliminera le meilleur candidat à cause de ses amitiés politiques.Est-il d’esprit indépendant?C’est pire.Les camps adverses s’accorderont pour l’éliminer.Il ne ferait l’affaire nî des uns ni des autres, s’il peut faire celle du public.C’est un homme dangereux: il ose penser par lui-même.Ecartons-le.Parfois des villes et des villages se donnent des maires ou des conseillers dont les sympathie* .politiques ne sont pas d’accord avec celles de la masse électorale.Cas exceptionnels et que l’on cite d’un bout à l’autre de toute une région.Jusque dans les élections de marguilliers et de commissaires d’écoles, la politique et l’esprit de parti ont leur poids, leur influence décisive.Assurément, la campagne ne se pose pas toujours, en apparence, .sur ce terrain.Mais, au fond, combien de contribuables, de francs tenanciers, dans les campagnes surtout, voteront avec regret, ne voudront même pas voter pour tel ou tel homme dont le mérite l’imposerait?Il n’est pas " du parti dont les chefs, dans la coulisse, voudraient qu’il fût.Ne serait-il pas prudent de l’écarter?Il tombe.Le sentiment étroit de parti va plus loin, en maintes villes et non des moindres.Si Montréal ne souffre guère de ce mal, Québec, par exemple, en est-il exempt?Ceux qui prétendent à représenter le pouvoir et s’en font les mouches du coche exercent une sorte de censure jusque sur les relations des familles.Untel ne doit pas être un ami sûr du parti: ne le voit-on pas fréquemment avec Untel.adversaire du régime?Untel n est pas du groupe dévoué au ministère, c’est un tiède, il veut avoir dos amis dans les deux camps.On l’inscrit aux tablettes des noms suspects.Qu’il demande, que l’un des siens, plus tard, demande quoi que ce soit, — non pas une faveur, mais la justice la plus élémentaire dans l’attribution des places, même celles auxquelles il pourrait être le plus apte.Il verra.Untel?Allons donc! N’est-il pas lié d’amitié avec Untel?Sa femme ne fréquente-t-elle pas chez madame Unetelle, femme d’Untel, hostile au parti, ou qui n’a ])as la souplesse qu’on voudrait qu’il eût?Rien pour lui, rien pour les siensi, rien du tout! * * # Pareils abus de la politique et de l’esprit de parti durent, se prolongent depuis des années, — depuis au delà de soixante ans.Nous n’avions pas sitôt touché à l’unité nationale, fait le bloc canadien-français que les politiciens travaillaient à l’entamer, à le disjoindre, à leur profit, à faire la république des camarade’s.Le développement forcené de l’esprit de parti a éloigné, il tient loin des affaires publiques, depuis des années et des années, d’excellents esprits, bien doués pour participer au gouvernement de la province, du pays, pour administrer la justice, pour servir la chose publique dans tel ou tel domaine, du haut en bas de la communauté, mais qui ne sont pas des politiciens d’abord.Nous avons eu des jugés de peu de valeur, — le cas, heureusement, est rare, — nous en avons eu de médiocres, de tout à fait quelconques, — ce cas est moins rare, — parce que.trop souvent, la politique et l’esprit de parti ont imposé leurs hommes.Nous dvons eu, parmi les fonctionnaires de rang élevé, des hommes peu qualifiés à tenir leur emploi; ils avaient été.ils sont restés partisans politiques d’esprit fermé à tout ce qui n’est pas de leur parti.Dans telle ou telle commission, par le passé, — là-dessus le régime Bennett a rompu dans certains cas.et de belle façon, avec une piètre tradition, — nous avons eu des représentants que rien ne désignait à cet emploi de confiance, sauf leurs états de services politiques.Et lesquels, parfois! Qu'est-il résulté de tout cela?Que nombre d’esprits, chez les meilleurs, ont tourné le dos à la politique, s'abstiennent de toute participation à la vie politique du peuple, l’abandonnant aux demagogues et aux arrivistes; qu’ils se sont tenus à l’écart d’une vie publique où il n’y a place que pour les partisans étroits; que des jeunes gens presses de se faire une carrière, d’arriver, ont cru que la route la plus courte, la plus rapide.è’esL si l'on peut dire, celle de la prostitution politique.“La doctrine des partis?Quelle doctrine?Lequel en a, désormais?Les idées des partis?Chacun n’en a qu'une seule: arriver, s’il est dans l’opposition; rester en place, s'il est au pouvoir”, se sont dit ees jeunes gens.La politique est devenue école de cynisme et non de gouvernement de la chose publique.I.es politiciens n’ont pas donné tort à ces jeunes gens qui les ont vus La radio a cela d’avantageux que si, parfois, elle nous abrutit ou tente de nous abrutir par des annonces de marathons ou de savon, elle nous apporte aussi de bien belles choses.Xous avions le plaisir d'entendre, g la dernière Heure provin- , cia le, une causerie sur le règiona- j audace, avec lisme, par l’abbé Albert Tessier, du Séminaire des Trois-Rivières.M.Tessier n’a pas besoin de présentation.“Pivot'’ de la vie intellectuelle trifluvienne, comme l’appelait un jeune enthousiaste, il est sorti, malgré lui, de l’ombre de son collège et son nom est dé-venu sgnongme de patriotisme et de régionalisme.Nul ne pouvait donc être mieux désigné que lut pour nous parler de régionalisme.Notre intention n’est pas de commenter la causerie de l’abbé Tessier: cette causerie parle par elle-même.Mais, on nous permettra de nous faire l'écho de la parole juste et opportune de VapAtre de la Mauricie.Nous avons de la surproduction dans presque tous les domaines, sauf dans le patriotisme, qui mériterait pourtant son domaine à lui, un domaine sans limites, un domaine cultivé avec amour.Nous avons, il est vrai, une cer-ta!ne dose de patriotisme qui remonte à la surface, certains jours de fête, mais cela ne nous mène à rien; ce n’est pas par des formules vides — la-t-on assez répété! — que nous arriverons à quelques chose.Le régionalisme est un champ d’acticn tout troitvé, et encore trop peu exploité, pour mettre en action \ ba?on?les notions élémentaires de patriotisme que noils nous vantons de posséder.Le régionalisme est en quelque sorte Vapprentissage le plus parfait du patriotisme qui, lui, embrasse toute la patrie.Comme un arbre ne connaîtra le plein épanouissement que si ses rameaux se développent nonnale- Carnet d’un grincheux Il y avait la Lachine Inn.Il y aurait la Yamachiche Inn.Sus aux Inns.Tiens, la cacophonie est contagieuse.# Ÿ * On évalue à 2 milliards et demi de dollars la fortune globale de la famille Mellon dont un membre fut trésorier des Etats-Unis sous Hoover.Deux milliards et demi?Pour un melon.¥ * * Calcul d’été: A 50 sous de hausse par tonne d'anthracite, combien faudra-t-il que le trust en vende de tonnes pour î payer une nouvelle croisière d’hiver à son ÿ ¥ ?La “Patrie” ne veut pas du chauffage au bois, Sans doute pour qu’on ne découvre pas de quel bois elle se chauffe.if, Aeoulon ne marche plus avec Anaclet, — même à reculons.Ÿ Ÿ ¥ Une station de " ' irradiera des pro grammes français pour les Acadiens (Voir page 3) Bloc'notes Entrevue Une lectrice prétend avoir vu cette ment, ainsi notre pays n’atteindra enseigne: ses destinées qu’en autant que cha- Auberge cun des petits “pays intimes’’ qui le composent atteindront les leurs.Frédéric Mistral, çitî fut peut-être le plus grand régionaliste de son époque, a consacré sa vie à sa Provence: son oeuvre entière n’a été que la glorification de son petit pays.Aussi fanl-ii entendre le barde provençal défendre avec chaleur son amour régional: “Si vous respectez en moi, dit-il, mon instinct filial pour ma région; si vous maintenez la solidarité pieuse qui m’unit à tous les miens, aux vivants par la sympathie, aux ascendants par l’hérédité; si ‘vous me faites sentir que je suis une personnalité et qu’en cette personnalité est résumée toute la vie collective d’un groupe, je m'attacherai à ma cité, et, en m’y attachant, je comprendrai que les antres aiment la leur comme j’aime la mienne.Je serai prêt à les aider autant qu’ils seront prêts à m'aider eux-mêmes’.Nous avons dans ces paroles de Mistral ta plus belle définition du régionalisme.C’est ce régionalisme que nous devons pratiquer ici, régionalisme libre de toute étroitesse et qui, s'il cultive avec plus d’amour le champ où veille, son clocher, sait voir quand même plus loin gué ce clocher.Inn Deux mots, à l'oeil; un seul à l'oreille.Un jeu de mots en plus.Ça fait riche.¥ ¥ ¥ Un fameux Nemrod aurait entendu un Sauvage répondre qu’il ne gelait pas des jambes plus que les blancs, des Joues, parce que les Sauvages sont fout visage.¥ ¥ ¥ Un grand Acadien La mort du vénéré curé do ta Grand’Digue, M^r Philippe Bclli-vcau, n’a point surpris ceux uni vivaient près de lui.Dès la fin de juin, les délégués acadiens au congrès de ta Jeunesse nous faisaient part des très graves inquiétudes qu’inspirait la santé du vieux prêtre.Autour de lui, on n’osait nlus guère e.sjtérer.Nous reproduisons intégralement aujourd’hui l’article oue vient de consacrer à Mgr Belliveau.dans VEvangélinc, notre confrère Alfred Roy.On devinera parla quelle douloureuse perte fait l’Acadie, quel prêtre zélé, dévoué, quel patriote clairvoyant el courageux fut Mgr Belliveau.Un discours, vieux de près de vingt ans déjà, d’un autre prêtre acadien, M.l'abbé Francois Bourgeois, soulignait des traits de caractère que la suite n’a point démentis.“Votre pasteur, disait, è l’occasion des noces d’argent sacerdotales de Mgr Belliveau.M.l’abbé Bourgeois, a reçu du ciel ce don précieux entre tous pour le prêtre, le don de convaincre les esprits, de persuader les volontés et d’émouvoir les coeurs.Ce don reçu du ciel et perfectionné par le travail, il l’a employé à exposer la doctrine chrétienne, soit dans l’humble chaire paroissiale, soit dans do plus grandes manifestations religieuses.Durant trente longues années, il a engendré, nourri, défendu et fortifié la foi.Durant le même nombre d’années, sa voix a retenti, forte et puissante, dans les grandes assises religieuses et nationales, exposant la vraie doctrine sur les relations entre l’Eglise et les nationalités, à savoir que i l’Eglise ne détruit nas les nations, qu’elle n’en fait pas abstraction, ne subordonne pas l'une à l’autre, mais qu’elle se sert de toutes, utilise et, au besoin, corrige les dons La chasse aux criminels M.Eugène Laflamme dit comment on les identifie - Anthropométrie et empreintes digitales (Par Alvare* VAILLANCOURT) La théorie du docteur Bertillon Tout jeune j’entendis parler d’un se fondait sur la fixité approxtma-homme qui aidait la police à retra- tive des dimensions du squelette cer et à capturer les criminels en humain, à compter de vingt ans.relevant leurs empreintes digitales Elle consistait à mesurer le plus ri-n l’endroit où le crime avait été goureusement la longueur de la tè-cornmis.Cela m'intéressa fort et je s te, le diamètre céphalique maxime suis souvent surpris à désirer i mum transverse classique, le dia-faire la connaissance de ce magi- mètre bizygomatique, la longueur cien, pour l’entendre m’expliquer de quelle façon 11 s’y prenait.Les années ont jiassé.Cet homme je l'ai rencontré aux Assises où j'ai pu suivre attentivement les explica du médius de la main gauche, du pied gauche, de la coudée gauche, de l'auriculaire, la hauteur de la taille totale, la longueur de l'oreille droite, la hauteur du buste, la lions qu'il donnait à la Cour quant grande envergure, premières don-à la méthode employée pour étn-j nées mathématiques, à être complétées par des indications auxiliaires relatives à la couleur de l’iris gauche, des cheveux, de la barbe, au Le cours classique est très mal porté de ce temps-ci; mais ceux qui l’ont fait j naturels de chacune uour les em-savent que cette drôlerie apparaît déjà j ployer ù augmenter sa vigueur et sa fécondité, puisque toujours la grâce ne détruit pas la nature, mais la suppose, la corrige et la perfectionne.” ., , Un autre trait que rappelait alors M.l’abbé Bourgeois, c’est ee grand souci de l’instruction qui tenait si profondément au coeur de Mgr Belliveau.Trait de famille, puisque le célèbre Père Lefebvre pouvait dire de son père qu’il fut.dans sa paroisse de Memramcook, le meilleur ami du Collège Saint-Joseph.Tous les Canadiens français voudront s'associer au deuil de leurs frères d’Acadie et donner avec eux un pieux souvenir au bon serviteur des grandes Causes qui leur sont chères à tous, au vénéré prêtre, au grand patriote, qui n’est plus.dans l’anthologie grecque.¥ ¥ 4» Mussolini ressuscite la Rome antique, Aujourd'hui, l’Arc de Triomphe.Demain.peut-être la Roche Tarpéienne?Aujourd’hui, César.Demain, peut-être Brutus?¥ ¥ ¥ Tous les conseillers de Buenos-Ayres (ils sont trente) sont accusés de fraude.Ils se versaient chacun $210 par mois pour leurs services, supposés gratuits.Plus d’un conseiller serait en peine de faire payer ses services, chez nous.Il leur faudrait commencer par en rendre.¥ ¥ ¥ Depuis cent ans que nous avons des échevins, aucun n'a jamais rien rendu.¥ ¥ ¥ Un ancien maire de Montréal racontait qu’un confesseur un peu sourd ne cessait de lui répéter: “Il faut restituer, mon fils, il faut restituer”.Le pénitent ayant réussi à se faire reconnaitre, le Ah ! vous êtes mai - Suivons le bel exemple que nous contesseur corrigea “ donnent les 1 rois-Riviercs et quel- rep Alors, n’est-ce pas, mon fils, non qnes villages de^ la province, seulement vous devez restituer, mais en-ct implantons le régionalisme, par- core faire restituer vos collègues tout, sous toutes ses formes.Régionalisme religieux: congrès I eucharistiques régionaux, pèlerina-j ges, journées diocésaines.Régionalisme social: semaines agricoles ou semaines industrielles.selon la région intéressée.Régionalisme intellectuel: causeries sur la région, fêtes historiques, réunions d écrivains, publication d'ouvrages régionaux.Régionalisme artistique: décou- d'un peu près, lèsent observés allant ot ramassant, à la faveur de l’esprit de parti, le plus qu’ils peuvent, dans la finance, les conseils d'administration, les grandes affaires si souvent, au fond, petites eit mesquines.De vigoureuses intelligences ont réagi contre cette tendance au proxénétisme de la vie publique.Elles se sont éloignées ou détachées d’elle.D’autres esprits, loyaux et droits eux aussi, n’ont pas voulu verser, pour arriver, dans une complaisance sordide, non plus que tendre le col au joug de l'esprit de parti.A combien de jeunes hommes bien doués, au temps présent, n’entend-on pas dire dans l’intimité: “En politique, je n’ai pas la fol.Je ne me reconnais nas de chef, je ne crois plus à rien.Montroz-moi dans la vie publique des hommes à la fois intelligents, cultivés et désintéressés.En connaissez-vous?Quelques-uns peut-être, copeaux semés et perdus sur l’océan.Alors à quoi bon?” ¥ ¥ ¥ Voila où l’abus de la politique, de l'esprit de parti chez les gouvernants et les gouvernés a conduit tout un élément de chez nous, parmi les classes supérieures, ou moyennes: à l’égoïsme et à l’arrivisme le plus féroce; ou au scepticisme le plus désabusé, le plus dangereux même.Car un peuple dont les éléments supérieurs se refusent à toute participation large à la vie publique, ou n’y prennent part qu à la condition oue cela les paie matériellement, les enrichisse, ou du moins leur ouvre la voie vert» la fortune el les places bien rémunérées, pareil peuple est entamé, il est malade.Ne dédaignons pas la politique, certes.Ne la mettons pas non plus au tout premier rang et qu’elle ne soit pas notre unique préoccupation.N’allons pas.4 cause d’elle, perdre l’indépendance d esprit, le sens de tout ce qu’il y a hors de la politique et au-dessus, et qui est de la plu* vitale importance.Gardons-nous de ne voir, de ne mettre partout que la politique de parti.Ce n’est pas un journal libre de toute attache politique qui le crie: cette vérité échappe à une feuille de parti: “fxt uir canadienne-française terni à devenir trop exclusivement politique”.Réagissons.tandis qu'il en est encore temps et que la politique n’a pas tout à fait fini de nous anémier.G«org«« PELLETIER En effet’.H y aura, le 22 octobre prochain, une élection fédérale dans Besli-gouche-Madawaska, au Non voau-¥ ¥ ¥ ' Brunswick.On sait que le siege L.“Patrie" veut le grand tax, pour est devenu vacant par suite de la les gens riches et le petit taxi pour les mort de M.Mnx-D.O” f • , gens pauvres.Ceux-ci ont de grandes l.’Evarigéhne fait justeiu familles, ceux-là de petites familles.server, h ce propos, que, quel U»'' ¥ * ¥ soit par ailleurs leur gout, libéraux Nos lois comme nos construction# sort et conservateurs ne devraient pas néo-malthusiennes et anticonception- oublier que Mestigouche-Madavvas-nelles; il fallait appliquer le même esprit ka “est une circonscription à gros-aux autos de louage.Le "Presse" nu-isp, à très grosse majorité aradicn-méro 2 a trouvé cela toute seule j Uf" Madawaska est presque cx- PAMPHILE I rlusivement français.Restigouche i l'est aux trois quarts.En somme, on calcule que, sur une population blir sa preuve contre ceux sur les quels pesait une grave accusation.Ces séances étaient tout à fait captivantes.Cet homme était très avare de ses explications; il ne les fournissait à la Cour que lorsque celle-ci l'obligeait à le faire.11 n'en fallut pas plus pour me faire aimer la besogne de chroniqueur auprès des tribunaux criminels ces jours-là.Aux Assises, dès que cet homme avait témoigné, il s’en allait, laissant les avocats et le jury tirer les conclusions de la cause en confrontant son témoignage avec les autres entendus nu cours du procès.Nous l'avons rejoint la semai* ne dernière.C’est M.Eugène Laflamme, directeur du bureau d’identification à la Sûreté municipale de Montréal.Et nous l’avons interrogé.11 répondit nettement, nous recommandant expressément de ne rien relater qui soit de nature à nuire aux autorités dans leurs recherches.L’anthropométrie La dactyloscopie, ou, si vous aimez mieux, le système des empreintes digitales, dit en substances M.Laflamme, n’a pas toujours été en usage dans les bureaux d’identification judiciaire.Avant la dactyloscopie existait le bertillonnage, du du nom du docteur Alphonse Bertillon, statisticien français, né à l’aris le 22 avril 1853 et mort à Paris même le 13 février 1914.Bertillon a découvert le système anthropométrique et a consacré toute sa vie à le perfectionner.Le système du docteur Bertillon, l’anthropométrie, n rendu, dans le passé, d’appréciables services à la justice de tous les pays en permet-tant l’identification des récidivistes.Cependant, quoique très intelligemment élaboré, surtout dans la partie descriptive, il était assez compliqué et pas très pratique, offrant aussi quelques graves inconvénients.de quelque 54.000 Ames, les Acadiens sont plus de 41.000.Dans ces conditions, on ne voit vraiment pas pourquoi, soit à droite, soit a gauche, on songerait à choisir un candidat autre que de langue fron çaise.D’autant plus que les circonscnp lions ne sont pas nombreuses où l’on soit assuré, si on le veut, de j faire élire un Acadien.les dizaines de millions qu'ils nous ont coûtés, qu’ils nous coûteront peut-être encore, condamnent à jamais le principe même de l'immigration intensive.Partout de ?o forêt à l’usine, l’étranger a pris la place des nôtres.On te paie moins; il se con-lente de peu.Et nos hommes de chantier buttent la semelle, nos mineurs aussi, souvent nos ouvriers, et grand nombre de Canadiens authentiques partout, i.es immigrés sont souvent des propagandistes des idées subversives.Gagnant leur pain chez nous et à notre détriment.Us n’ont meme pas la gêatitude du ventre; ils veulent nous soviéliser et parlent en maîtres.Qu’on Use seulement les comptes rendus des assemblées socialistes de la salle l’rince-Arthur, à Montréal, et lu nomenclature des orateurs suffira à édifier.Ces gens-là n’ont que .| l'injure à la bouche et parlent ouvertement de démolir nos institu-\ tions, qu’ils jugent rétrogrades.Quels que soient les intérêts qui poussent d l’immigration, il est bon assurés souvent à Témoignage Les ballons d’essai que nom signalions l’autre jour n’ont pas eu grand succès -.ce qui ne veut pas dire, cependant, qu’il faut croire enterrée la question de l’immigration.Trop d’intérêts, de calculs et de sentiments y sont attachés pour que nous ne soyons pas qu’elle reviendra tôt et la surface.En attendant cependant, H est bon d’enregistrer un texte comme celui-ci, que nous extrayons du Journal, l’une des rares feuilles conservatrices de la province, (numéro du 10 août): On reparle d’immigration.De divers côtés sc lancent de petits ballons d’essai, qui ne s'élèvent pas très haut et se dégonflent vite.L'accueil nettement et universel-' lement antipathique qu'a fait la presse de tout le pays à l'idée de nous amener de nouveaux contingents doit être suffisant pour convaincre 1rs intéressés de l’extrême défaveur que rencontre leur projet.Personne ne veut d’immigrants.Tout le monde sait que Vacuité du _ , , - j chômage au Canada est attribuable, refaire une place dans le qionde», jmiir une trèsJmge part, aux étran- j L’exemple pourrait servir gers qui uteombrenl les villes, tfj 0.H.de leur faire savoir que le pays ne les approuve pas.Mais il faudra le répéter souvent! Persévérance Au Congrès eucharistique international, face aux représentants de toutes les nations, le chef du gouvernement de l’Etat libre doit prendre la parole: il parle d’abord en irlandais.Le même homme préside rassemblée générale de la Société des Nations: il y parle irlandais.Le même homme assiste à la réunion des conférences Saint-Vincent de Paul de l’univers: il parle irlandais.Le même homme encore saluait, ces jours derniers, les représentants de vingt-six nations, réunis en un congrès pédagogique; il leur parlait d’abord en irlandais.Toujours il devait ensuite s'exprimer dans une autre langue, soit en latin, soit en anglais, mais il avait d'abord employé l'antique idiome gaélique.Pourquoi?Pour affirmer la survie de sa I vieille langue et sa volonté de lui] i sexe, etc.Ce premier travail accompli, il fallait un système de fiches pon-j vaut permettre de retrouver et d'identifier ce signalement anthropométrique.Aussi Bertillon se mit-il à la tâche et dès 1882 son système de deseription était-il complété par son système de classement.Si le premier semblait compliqué, le second le paraissait davantage» Bertillon conçut son système do classement anthropométrique suivant un plan chotomique, c’est-à-dire en divisant ees classements en trois groupes, d’après la longueur de la tête, puis chaque groupe en trois sous-groupes, d’après la largeur de la tête, chaque sous-groupe en trois sections, d’après la longueur du médius gauche, chaque section en trois paquets, d’après la longueur de l’auriculaire gauche, et ainsi de suite.Foute de mieux, la théorie de Bertillon ci son système furent reconnus par tous les pays civilises qui l’introduisirent dans leurs bureaux d'identification judiciaire.Tous sentaient l’insuffisance de ces méthodes; et Bertillon le premier éprouvait le besoin de compléter ses méthodes quand on découvrit la dactyloscopie.Quoique n’étant pas l’inventeur de ce système d'identification nu moyen des empreintes digitales.Bertillon n’en découvrit pas moins un procédé très commode pour reconnaître les dactytogrammes, en tes saupoudrant de mine de plomb.La dactyloscopie C’est en Angleterre, en 1892.que le dactyloscopie détrôna l’anthropométrie.La dactyloscopie, syslè-mc plus pratique, moins compliqué aussi, est fondée simplement sur cette constatation que les empreintes des doigts ainsi que les dessins épidermiques de In paume de la main sont d’une fixité remarquable.Des observations ont permis de constater que cette fixité des empreintes et des dessins est immuable depuis la naissance jusqu’à la vieillesse, même après la mort, quand le cadavre n’est pas en état de décomposition avancée.H est facile de se rendre compte, souligne en souriant M.Lafiam-mc, qu’un procédé d’une telle simplicité relative comparativement à l’ancienne méthode devait recevoir l’approbation générale et être accepté partout.Car* songez qu’à la place de tous les procédés d’autrefois pour parvenir à établir l’identité d’une façon plutôt quelconque, il ne s’agit plus maintenant que de retracer l’empreinte du doigt, le dactylogrammé, sur certaines surfaces pour déceler avec une certitude absolue l’identité de la personne qui l’y a laissée.La dactyloscopie, connue des souverains orientaux, a été redécouverte à notre époque par un imprimeur dont le nom s’est perdu; on l’ignore aujourd’hui.Elle fut perfectionnée par Hershall, Purkende.Francis (laiton et reconnue officiellement à Scotland Yard d’abord, l>uis aux Indes, et enfin, dans tous les pays qui ont discerné dans cette méthode le plus sûr moyen d’identification pour fins judiciaires, en tant qu’il s’agit «te récidivistes, bien entendu.Organisation internationale Ce système, on l’a inauguré aux Etats-Unis vers 190-1 et un peu plus lard, en 1910, au Canada.Montréal fut la première ville canadienne dans laquelle on fonda un bureau d’identification; l’organisation en fut confiée à M.Laflamme qui on porte encore la responsabilité, partagée avec MAI.Henri Thibodeau et Giacinto Nasson.Vers le même temps, Ottawa établit un bureau national d’identification qwi devint peu après un centre important (Suite à la page 2) Si vous voyagez.*4rtttas-vous StRVïCE DES VOYA» CES.kl DEVOIR.Billet* émit peur tous te* pays au tarif des compagnies: paquebot», chemin» do for.autobus.Aussi ] hAtefs.asiuraneoa bagages ot accide.V-.i chèques dt voyages, passeport*, etc.I félépIwiMS HArbour 1241*, 1646 LI DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 12 AOUT 1933 VOLUME XXIV — No 185 Un grand Acadien Mgr Philippe Belliveau, curé de Crand'Digue -L'hommage de no tre confrère Roy, de I “Evangeline’’ C ost une belle carrière de prêtre jue celle de ce vénérable curé de «irand’Disue dont la santé, il y a quelques mots à peine, nous parais-va t r»*i>re si robuste en dépit de - s 72 ans et que la maladie vient de comcher dans la tombe.Belle et longue carrière toute v;.-ree *u service de l’Eglise et de l'Aradw.Ijf- fotur Belliveau V: coHeiM Sail! irre Vgr Belliveau liait à iîage.U va à l’école go.suit les cours du [-Joseph qui est alors ’.ne institution, va faine -au grand séminaire et.une fois ordonné nt au Nouveau-Bruns-isnt quelques années.> fonctions de sieaire.rrme cure dans la pa-se ou scs grandes qua-fa.il de lui attirer l'ai sûtes ses ouailles, lie sarôisse.celle de u Bacachots, où il es.Puis son éyè-!a direction de la dation de tirand’-i conservera pe«-ans.jusqu’à sa ces ?sser île, s, min ns de s«?efvViS.qii'un prêtre ; ^«aaéllrSj.le a» fsTiSs auxquels tes 4u ciel, tes s fermes, les nouveaux *u\ pieds des autels, j-ordonnes au nom de Dieu, le pain des an ces donné en nourriture aux enfant* des hommes, et tout cela prndaifl plus rte trente ans avec la même fidélité, la même constance, la même persévérance”.
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