Le devoir, 2 septembre 1933, samedi 2 septembre 1933
Montréal, samedi 2 sept.1933 Rédaction et administration 430 EST.NOTRE-DAME MONTH KAi TELEPHONE: .HArbour 1241* SERVICE DE NUIT : Administration : .HArbcjr 1243 Rédaction : .HArbour 3679 Gérant :.HArbour 4897 TROIS Vol.XXIV — No 203 SOUS LE NUMERO Directeur-gérant: GEORGES PELLETIER FAIS CE QUE DOIS! Rédacteur en chef : OMER HEROUX Abonnements par la poste Edition quotidienne CANADA.$ 6.00 (Sauf Montréal et banlieue) E -Unis et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE.10.00 Edition hebdomadaire CANADA .2.00 E-UNIS et UNION POSTALE .3.00 La révolution en Irlande?Nous restons sceptique et nous disons pourquoi L’Irlande — ou plutôt TEtat libre, c’est-à-dire les vingt-six comtés qui relèvent du gouvernement de Dublin sera-t-elle bientôt Je théâtre d’une révolution?A lire certaines dépêches, certaines déclarations et.surtout, certains titres de journaux, on serait tenté, de le croire.Nous confessons que nous restons là-dessus très sceptique, et nous allons dire pourquoi.^ Af* ^ L'expérience, d'abord, doit nous avoir appris à nous méfier des titres trop hauts en couleur.Pour les journaux surtout qui visent d’abord au gros tirage, c’est l’extraordinaire, c’est le tapageur et le flamboyant qui comptent.On ne ferait pas lire un journal, on n’ineiterait pas le lecteur à tirer de sa poche deux ou trois sous, en inscrivant sur sept ou huit colonnes, en tête d’une feuille: Tout rat ratine, tout promet d'être calme en Irlande.Règle générale donc, il faut se méfier des titres trop éclatants.Rappelez-vous plutôt combien de cos tragiques prophéties ont été démenties par l’événement.Puis, l’expérience encore doit nous avoir singulièrement appris à ne prendre qu’avec beaucoup de sel, en ce qui concerne îritat libre d’Irlande, les nouvelles de source anglaise.Quelle qu’en soit la cause, il reste que la plupart des nouvellistes anglais paraissent incapables d’établir sur les choses de ce pays un diagnostic raisonnable.Que ceux qui suivent avec quelque attention la presse anglaise rafraîchissent leurs souvenirs! Où est le journal anglais — du Canada ou de l’autre côté — dont l’information ou les commentaires leur auraient permis de deviner les progrès réalisés par les républicains du type de Valera, dans les trois dernières élections?Prenons les trois dernières semaines seulement.Une bonne fiartie des dépêches de source anglaise ne donnaient-elles pas ’impression qu’il allait se passer en Irlande, avec les Chemises bleues du général O’Duffy, des choses extraordinaires, et peut-être tragiques?Que s'est-il passé?¥ * * Et pourquoi se serait-il passé quelque chose de si extraordinaire?Les Chemises bleues, la Garde nationale iki général O’Duffy,«c’est, sous une forme et une étiquette nouvelles, I'Tssg-ciation des Anciens camarades de combat (l’A.('.A.), fondée par le Dr O’Higgjns, frère de l’ancien ministre O’Higgins, et qui faisait passablement figure d’annexe du groupe Cosgrave, auquel appartient le Dr O’Higgins.On espérait sans doute que l’accession au commandement du général O'Duffy infuserait à l’organisation ancienne une nouvelle vigueur.Le général O’Duffy, autrefois chef de la police d’Etat sous le régime Cosgrave et déplacé par de Valera, paraissait jouir d’une popularité considérable dans le monde de l’athlétisme.Il a joué un rôle remarquable" dans la lutte conlrr l’Angleterre; puis, au moment de la guerre civile qui a mis aux prises les deux principaux groupes irlandais, du côté Cosgrave.A l'heure actuelle, et bien qu’il soit fort difficile de porter de loin un jugement sur des choses aussi complexes, il semble que le général ait un peu déçu ses gens.11 s’est heurté au gouvernement.Celui-ci, prétendant que la parade de la Garde nationale (dont il soutient qu’elle possède.comme l’autre association dite Armée républicaine irlandaise, des armes et des munitions) risquerait de provoquer des désordres, des heurts qui pourraient devenir sanglante entre les deux groupes ennemis, a interdit la parade projetée pour l'un de ces derniers dimanches.Le général O’Duffy, dont certains espéraient qu"i] braverait tout, s’est incliné devant l'interdiction.Mais il a annoncé pour le dimanche suivant des parades d'église à travers tout le pays.Au milieu de la semaine, il les décommandait, disant qu'il avait appris qu’elles seraient contraires à la discipline ecclésiastique.Il les remplaçait par des réunions privées, où Ton devait lire un discours de iui.Le gouvernement ripostait que, s’il se produisait des parades en uniforme, il déclarerait l’association illégale.Ce qui fut fait, certaines parades ayant eu lieu le dimanche suivant.Depuis, on a annoncé que le général O’Duffy avait réussi à tenir une réunion dans le voisinage de Cork, en éludant la police, et qu’on Tavait empêché de parler dans une autre ville.Depuis, rien si ce n’est la rumeur que Ton essaierait de grouper sous une direction unique le groupe Cosgrave.le parti dit du Centre, que dirigent M.Frank MacDermott et M.Dillon, fils (te l'ancien chef parlementaire irlandais aux Communes britanniques.On retomberait ainsi dans la manoeuvre proprement politique qui pourrait peut-être avoir raison du gouvernement de Valera, mais qui n’implique point de révolution.* * * Reste YArinêe républicaine irlandaise, VI.R.A., dont on disait récemment qu'elle vient de dénoncer M.de Valera, qu’elle ne trouve point assez pressé d’agir.L7.R.1.d’aujourd’hui porte le même nom que Tun dos groupes qui ont mené contre l'Angleterre la lutte à main armée; mais les cadres et le personnel ne sont pas ce qu'ils étaient hier, encore qu’il doive y avoir dans 17.R.A.actuelle un certain nombre de membres de l’ancienne /.R.A.Quelle est la force de ce groupe, c’est ce qu’il est bien diffinlc de savoir de loin, tout autant que pour la Garde nationale du général O’Duffy.Y a-t-il, de ce côté, perspective de soulèvement armé?Nous serions enclin, là encore, à un scepticisme très marqué.D’abord, le gouvernement dispose, avec la police et l’armée régulières, d’un formidable arsenal légal forgé par son prédécesseur et qui lui permet de montrer à ceux qui voudraient troubler la paix des dents fort longues et très menaçantes.Puis, aux républicains qui lui reprochent de ne pas aller assez vile, M.de Valera répond: Nous avons supprimé le serment d’allégeance.Rien ne vous empêche aujourd’hui de faire toute la propagande que vous voudrez, de vous emparer par le bulletin de vote du gouvernement de l’Etat libre.Si vous y réussissez, vous aurez alors à votre service pour mener la campagne sur le ton qui vous plaira toutes les ressources du pouvoir: l'argent.Tannée, etc.Pourquoi tenteriez-vous un mouvement à main armée qui ne.pourrait aboutir qu'à In guerre civile ?.De loin, on a l’impression que le gouvernement redoute surtout un choc entre la Garde nationale et VArmée républicaine et que c’est là ce qu'il veut d'abord empêcher.Une.échauffouréc reste toujours possible, mais on a l’impression aussi que le gouvernement est capable de maintenir l'ordre.Et Tnn est tenté de penser qu’à l'heure actuelle, il applique, rt avec succès, la maxime de Lyautey: Montrer la forer pour ne nas être obligé de s'en servir.* * * Nous parions donc corllrc Thypothèse révolution.Resterait à examiner l’état actuel des difficultés anglo-irlandaises et la tactique de M.de Valera.Mais cela prendrait de nombreuses pages encore, et cei article, tout incomplet qu’il soit, est déjà long.Nous y reviendrons peut-être.Orner HERO'JX L’actualité C’est donc triste! i journalistes?D'après /'Edmonton Journal du 20 juin, plus de 30,000 personnes {de l'Alberta seulement?) auraient signé une requête à la Réqie de ta Radiophonie demandant que ses émissions soient exclusivement en anglais.Si nos souvenirs sont bons, le président.M.Charlesworth.aurait nié avoir reçu cette requête.La Survivance rapporte qu'elle contenait le paragraphe suivant: “Attendu qu’une très grande proportion desdits programmes sont j Qui n'est journaliste?Tout le irradiés en français, quoique la po- | monde peut prétendre l’avoir été.pulation de langue française ne re- ; Qui n’a écrit aux journaux une présente qu’un pourcentage plutôt | fois?Une seule lois?Et des.restreint de ta population du Cfl-jgens, à cause de cela, se disent nada, et que le plus grand nombre I journalistes.Il en passe dans les des Canadiens français rompren-| rédactions, qui demandent de Tem-nent la tangue anglaise, nous r/r-loloi.Us ont, à les en croire, fait mandons respectueusement que j Su journalisme: celui-ci, par exem-dans la préparation des program-\p\c, a écrit à l’Echo de Paris mes futurs, considération soit don- el c’est vrai, rigoureusement, puis-née au fait que le Canada est un qu’un jour il a même adressé une pags de langue anglaise Ha langue |lettre à ce journal; celui-là col L*art de l’Allemagne nouvelle devra être tout a fait nordique et aryen/ dit Hitler_____________________ Bloc-notes Un dossier Une substantielle “leçon de choses” (Voir page J) française n’rst légale qu’au Parle ment fédéral, à l’Assemblée léqis-laiive de Québec, à la Cour suprême du Canada et dans les cours de la province de Quebec) rt que de tels programmes soient donnés en anglais; et de plus, que, lorsqu'il j sera nécessaire d annoncer en ! français, les annonces soient faites \ d'abord en anglais.’’ | On en prend â son aise avec le pourcentage si l’on considère que 30'f environ en est un “plutôt restreint’’! On ne se gêne pas non plus pour restreindre le champ lé- ; sieur” gai de notre langue.Peut-on.entre j n’a-t-elle labora jadis au Matin, à moins que ce n’ait été à l'Indépendance Belg\ ou au Currier d'Anvers ou au Courrier de Genève; cet autre a donné des échos et des filets au Temps de Paris, à la Dépêche de Toulouse, au Nouvelliste de Lyon et le reste.Entendez par là que le bonhomme a cru que c’était arrivé, ou pense que vous le croirez.Et puis à l’étranger, n’est-ce pas, que ne peut-on dire, qui puisse être corroboré?Et aussi, votre journal, “le mieux rédigé du pays, mon-depuis quand la flatterie plus cours?— se doit nous, tes en blâmer quand ta ma- j d’avoir un spécialiste, etc, etc.L’on jorité des nôtres, avec une perséve-j rance digne d'une meilleure, cause, leur apporte une coopération idéale pour la restreindre dans te plus de domaines imaginable?Et voilà ce que c'est de tous avoir voulu savoir l’anglais! que Ton invoque aujourd'hui notre bilinguisme pour tenter de supprimer le plus de français possible.Et, en cela, ceux qui ne nous aiment pas et qui n’aiment pas notre langue n’ont pas besoin de faire efforts d’imagination: ils n’ont qu’a copier ce oui se fait chez nous, ici, dans la province de Québec: ici, à Montréal même.Et la preuve?La preuve! nous la prenons dans un "Vade Mrrnm 1933-4” pour automobilistes, publié à Montréal, dont certaines parties sont bVin gués.Le prix en est de 35 rents, mais il est "gratuit aux membres’’.Comme ta plupart le reçoivent gracieusement, Vépargne de 35 sons leur fait accepter le texte suivant: AUX CANADIENS FRANÇAIS POURQUOI! “Vous trouverez sans doute étrange que la nomenclature des villes et villages de la province de \ Québec ne soit publiée qu’en an-! g lai s.Nous nous somme,?fait la | même réflexion et nous regrettons | plus que nous ne saurions l’exprimer de ne pouvoir publier cet intéressant travail dans les deux tangues.“Le prix prohibitif d’une édition bilingue nous a forcés à escompter l’indulgence et la largeur d'esprit de nos membres canadiens-\ français pour nous servir de Tan-\ glais.j “Nos membres canadiens-fran-{Vissent j çais sont fort cultivés et nous con-|l)epms | naissons peu de Canadiens fran-cais qui ne pourraient lire aussi î bien l’anglais que le français, \ “.Vous rendons hommage à la \ culture des Canadiens français, et nous sommes convaincu que celle {explication de noire part sera re-! çue par eux dans le meilleur s-| prit.” | Voilà qui est exprimé d'une ma-| nière plus courtoise, mais le résul-! tut est le même.Eh oui, comme ! nous sommes indulgents, comme j nous en avons de ta largeur i d'esprit Eh oui, un petit compli-j ment et le tour est joué! Nous sommes fort cultivés (?), cl le résultat | de notre culture c’est de nous faire | servir les antres, cepx qui le sont | moins, et de faire une place de pa-I rente pauvre à notre langue! Ce J n'est pas là une fierté dont nous {devons être fiers.Mais, en revan-| c/ie, nous avons si bon coeur! Nous avons rencontré /Ym/rr i P)l,s di'Ç {jour un naif feune homme qui, sans jvlc te savoir, a extériorisé ce bon coeur de sa race.Le cas avait la valeur d'un sqmbolc.S'adressant à | des compagnons, il leur dit : “E/i j San$ bien, mes vieux, aujourd'hui, j'ai ' vu ce que je n’avais encore jamais jvous exhibera même des coupures |de journaux, — un articulet écrit !par un autre, une étude signée d’un ; pseudonyme qu’on prétend avoir 'été le sien.Et si vous êtes naif, vous n’irez pas plus loin, vous croi-jrez.Le mal, c’est que le secrétaire de la rédaction est d’ordinaire ; homme plutôt sceptique, peu sou-Ivent enclin à croire n’importe qui.j comme cela.Car il est étonnant j comme ce métier dispose à l’incrédulité envers les collaborateurs 'd’occasion étrangers.Si monsieur j wmi/ que [était si bon journaliste là-bas, que j n’y est-il resté?Car enfin, le jour-jualisme ne doit pas payer son homme outre-mer plus mal qu’ici, toutes i proportions gardées, si l’homme ! vaut quelque chose.Tous journalistes, ou à peu prés tous.Et com- M.est de ceux-là que voici le bien qui ne le sont qu’à peu près?C’est bien cela Le directeur du Droit.M.Charles Gautier, écrit avec justesse dans un ! récent premier-Ottawa: “Les gros i intérêts ont substitué dans notre [pays à une politique de principes [une politique d’affaires; et ils ont commercialisé à leur profit les parlements, les législatures, les oon-! soils municipaux.Us se moquent des principes et de l'idéal tjpliti-Ique; ils les ravalent à des questions jd’argent.L’or est leur seul guide, leur seul maître, lis n'en connaissent [pas d’autre.Aussi en politique, la j grande question qui les intéresse lest de savoir quel est le parti po-jlitique qui protégera le plus sûre-jinent et le plus aveuglément leurs intérêts.Corruption, chantage, 'tons les moyens sont bons; ils a viles fonctions politiques.1879 les intérêts financiers jont toujours appuyé le parti minis jtériel, tout en conservant des relations très amicales avec l'opposition.Les journaux libéraux qui lavaient été les adversaires acharnés | du protectionnisme défendirent [avec ensemble la politique fiscale libérale qui était la continuation du protectionnisme.On vole le public, on le pressure, on le cor |rompt, on esl de plus impérialiste j |à outrance et l'on vient ensuite ex-j ! plotter un des plus beaux .sentiments qui existent: celui du patriotisme, celui de l’amour de son pays.C'est Tégoïsme et la cupidité qui sc cachent sous le manteau du patriotisme pour mieux arriver à leurs lins.Devant de tels faits, ne seraibil pas temps que l’opinion jnil^iqUe s’éveille a la réalité et donne son appui aux groupes politiques dont le but est de mettre fin à un système qui a tout autre corrompu notre publique et fait de la politique June pure affaire d argent ?Disons j plutôt une impure affaire d’argent.Celui de M.le député Cobeil, de Compton — Texte de quelques lettres (Par Emile BENOIST} Il est des gens qui écrivent trop, le député Gobeil.de Compton, La correspondance démontre surabondamment.Le député de Compton, adressait, il y a quelques semaines.la lettre suivante à la l^ibiinr, de Sherbrooke : Il nie catégoriquement “D'après les comptes rendus des journaux sur l’assemblée liberate d’Armagh.M.O.Roulanger, député ae Ile Ile chasse, aurait de-ctaré qu'il m'avait fait demander pax M.Armand Lavergne, député de Montmagng, de proposer sa motion sur la monnaie bilingue, ce que je nie cajegoriquenicnt.font en déclarant aussi catégoriquement que j'aurais en effet refuse, si elle m'avait été faite, de me prêter au ridicule d'une telle proposition.“Cette déclaration, toutefois, appelle des précisions, si M.Boulanger rent être pris au sérieux.lo Pourquoi M.Roulanger mirail-il eu besoin d’un intermédiaire pour me faire cette proposition, quand nous nous rencontrions tons les jours en Chambre?2o Quand M.Roulanger mirait-il chargé M.l/wergne d'être son commissionnaire: est-ce lors de sa première motion en 1931-32 ou à la dernière session?3o Si c’est sur sa dernière motion, aurait-il fait cette proposition sa motion fût inscrite au feuilleton de ta Chambre.ou i après ertte inscription, rt à quelle 1 date?Si M.Boulanger donne ces prè-\ cisions.le publie intelligent sera: en mesure de se rendre compte de sa sincérité, et s’il désire que nous discutions celte question en assemblée publique, je suis prêt à aller le rencontrer élans la ville de Sherbrooke, nu à Québec s’il le préfère.(Signé) S.GOBEIL L’électricité et ce qu'on en peut tirer - Les diverses sources d'énergie électrique: usines thermiques, usines hydro-électriques - Le prix de l’électricité chez nous et dans le reste du pays - L'électrification des campagnes: ce qu'elle aurait pu, ce qu’elle pourrait donner (Par le R.P.E.Cambron, S.|.) M.Lavergne se souvient et affirme La semaine dernière, M.Armand Lavergne, député conservateur de Mnntmagny et vice-president de la Chambre des Communes, écrivait ce qui suif à M.Oscar Boulanger, député libéral de Rellechasse à Ottawa : Québec, ce 23 août 1933.M.1.-0.Boulanger,, C.R., M.P., 72, Côte de la Montagne Québec, P.Q.Mdn cher collègue, Du fond de mon hôpital, je un peu ce qui se passe, et je vous dire que je me souviens Avant de partir pour une année de retraite (il s'en va faire ce que Ton appelle chez les Jésuites son j troisième an), notre distingué collaborateur, le R.P.E- Gam-bron, S.a bien voulu nous eidrcsser l'article suivant qui s intitulait modestement Leçon de choses sur l'électricité.Nous nous sommes permis, tout en conservant l’essentiel itu titre primitif, d'y ajouter quelques sous-Wres.Histoire brève de l’électricité Le mot électricité vient du grec électron qui veut dire ambre.Les Grecs trouvèrent, dans leurs laboratoires de recherche sans doute, que les résines durcies, l’ambre en parti) ulier, acquièrent par frottement la propriété d’attirer les corps légers comme le duvet, une paille, etc.Par géncralisatioii, on en est venu à parler d'“aml»rification”, en français, d'électrisation.Pendant deux mille ans.ta science électrique n’a guère progressé.Ce n’est qu’au début du 19e siècle, avec la découverte du courant électrique par Alessandro Volta, que commence l’essor.Les quantités d’électricité produites t*n laboratoire par électrisation sont toujours très petites; le courant électrique, lui, peut être produit en quantités aussi grandes que Ton veut.Depuis cent ans, les progrès dans les méthodes de.production et d’emploi de l’électricité ont dépassé ce que l’Imagination des romanciers les plus audacieux avait inventé.Jules Verne est bien en deçà de la réalité.Non pas pourtant que l'on sache beaucoup mieux aujourd’hui ce qu’est au juste l’électricité.On soupçonne seulement, après les recherches des plus grands savants de tous les pays, qu'en elle doit se résoudre l’énigme du monde phy deux millions.La puissance totale développée dans toutes les usines du Canada, en 1931, était de (1,669,-967 rh.-v.Les prix de l’électricité Le prix de vente d’une marchandise doit avoir un certain rapport avec les dépenses de production.Les dépenses d'une usine hydroélectrique comprennent la construction du barrage, de l’usine elle-même avec ses générateurs et ses transformateurs, enfin l’entretien.Les dépenses de construction peuvent être considérables; l'entretien et la surveillance durant le fonctionnement constituent toujours une dépense tfès réduite.Mais de toutes façons, l’unité de puissance, le cheval-vapeur, coûte toujours moins cher de production dans une usine hydro-électrique, que dans l'usine thermique; de plus, les frais moyens sont d’autant plus faibles que ^’installation est plus considérable.On le comprendra facilement: l’installation d’un générateur de cinquante mille ch.-v., et, si la largeur du barrage le permet, de dix générateurs de cinquante mille ch.-v., ne coûte pas énormément plus que l’installation de dix générateurs de dix mille ch.-v.Quant à l’entretien, ce sera sensiblement la même dépense.Cependant, la première usine, va rappor-ter cinq fois plus que la seconde.•d ‘'’la presque indéfiniment.La transmission du courant à distance est susceptible d’augmenter les prix, surtout si le transport est à longue distance.Alors, en effet, il faut élever la tension électrique, afin d’éviter, le long de la ligne, les pertes dues aux effets calorifiques.On élève la tension au moyen de transformateurs.Enfin, les frais de construction d’une ligne de transmission sont aussi considérables.Mais ces inconvénients affectent peu la province de Québec où les _ pouvoirs hydrauliques ont été, sique.si jamais cette énigme (!oit| imm'rnit-on dire, semés à profu- Pfir T'1 Providence, dans toutes (Suite A la page 2) vu.Je n’aurais jamais pensé que cela existait!” - Quoi ça, donc?Vous ne le croirez peut-être pas.mais ai rencontré un Anglais qui bégayait.'’ Pendant que tes autres riaient on souriaient ite cctlr ré-ponse, et qu'un antre ajoutait: “Cela arrive ", lui de continuer avec un air et un ton de profonde commisération : “Mon Dieu, que c'est triste; c'est triste un Anglais qui bégaie.c'esl triste, vous n'avez pas d'idée.’’ N'est-ce.pas que cela est typique de nous autres?C'est commun le malheur des nôtres, et il nous laisse indifférents; mais pour celui des autres, combien nous avons de sumpathfe.LE CYNIQUE Erratum: Un guillemet mal placé dans notre chronique de samedi dernier sur 1rs “Fiches'' a dénaturé ta citation du premier paragraphe.Ce guillemet aurait dû se trouver à la fin de Tavant-det-virrr phrase, f.a citation, du mois de mai.ne pouvait être confirmée alors par la manifestation à M, Sai'vr.laquelle rut lieu à ta fin de juillet.— L.C.s , typo Jonquière (sans s, typo) a fait parler de soi, ces semaines-ci.Or la plupart des quotidiens ainsi que des hebdomadaires ont écrit Jonquière avec un s final, - - Jonquie-,-es.Or il n’v a pas de lettre s à Jonquière.M.l’abbé Degagné nous le fait remarquer, dans un récent numéro du Progrès de Chicoutimi, en ces termes plaisants: "Ils sont têtus, à Québec et à Montréal; ils tiennent a mettre un s à Jonquière, qui n’en a point.On leur a pourtant dit que, par ici, on écrit toujours Jonquière sans s.Us doivent pourtant savoir, d’ailleurs, que le gouverneur français dont la ville de Jonquière tire son nom s’appelait le marquis de la Jonquière.Jonquière a d'autres chats à fouetter, par le temps qui court, que de biffer Us dont nn l’affuble.Mais on peut le faire pour elle”.Nous le ferons volontiers et tout de suite, M.l'abbé.Typo.écrivez Jonquière sans s final.Et le typo rie répondre; "Ça va, ça va.Tirez les premiers, messieurs les rédacteurs! I.'on sait que le typQ, comme les femmes, a toujours le dernier mot, et même la dernière lettre inclusivement.C.P.sms dois qu’à votre demande j’ai offert à Gobeil.en notre nom, de proposer ta motion en faveur des monnaies bilingues, et que ce dernier a refusé la proposition, refus dont je vous ai fait rapport le soir même.Il est bien regrettable que des rrreures de partisannerie politique interviennent dans des questions de cette envergure.Je me souviens que T honorable Duranleau disait an .Monument National, devant Lapointe et moi-même, que sur ces questions, il ne devrait pas y avoir de parti, mais je constate que, de l’expression d’un principe à sa réalisation, il y a quelquefois, bien souvent pins que de la marge.Sincèrcnicnt à vous.(Signé) A.LAVERGNE “Une faculté qui oublie” Le journal la Ratrie publiait, jeudi, une autre lettre du député de Compton : La Patrie, 29 août.1933 M.le rédacteur, Certains journaux ont publié récemment une lettre de M.Armand Lavergne.adressée à M.Boulanger, rr motion .sur ta monnaie bilingue.Puis-je espérer que vous m’accorderez T hospitalité de vos colonnes, et publierez la déclaration suivante, pour laquelle je vous serai bien obligé.Dans une récente lettre rendue publique, mon distingué collègue, M.Armand Lavergne, vice-prési-denl de, la Chambre, affirme qu’il m’offrit l'occasion de proposer la motion en faveur de la monnaie bilingue.Rien ne me rappelle ce fait.Entre ma mémoire qui me fait rarement defaut et l'assertion de mon distingue collègue, je ne saurais prendre parti, d'autant plus que ta définition paradoxale suivante m'a vivement frappé; la mémoire est une faculté qui oublie.Toutefois, j'aurais fermement refusé de proposer celte mesure, tri que je Toi mentionné dans une dé-duration précédente, vu sa rédaction d'abord, rt qu elle était déjà au feuilleton de ta Chambre, avec M.Boulanger comme parrain, rt qu'il rut été ridicule et incompréhensible que mot, député conservateur je me substitue à M.Boit- 2) (Suite, à,la pape un jour être résolue.Comme il fallait s'y attendre, la science de l’électricité est passée du laboratoire et de la salle de rouis, dans le domaine industriel.Les applications pratiques déjà si nombreuses, si merveilleuses, sc multiplient chaque jour.C’est que l'électricité est une forme d’énergie d'un ordre supérieur se prêtant avec souplesse à tous les besoins.L'éclairage, le chauffage, la force motrice, les transformation chimiques, la fabrication du papier, le téléphone, les horloges, la radio, la télévision: voilà quelques applications de l'énergie électrique.Enfin cette énergie extraordinaire se prête à la transmission à distance par simples fils métalliques.Hélas! Malgré son adaptation parfaite aux besoins domestiques et à l'industrie, l'électricité est peu employée.Nos campagnes, par exemple, ne sont encore que très peu électrifiées, ou bien le courant s’y vend à des prix inabordables; nos chemins de fer dans les \illes ne sont pas électrifiés: les locomotives à vapeur vont encore, à toutes heures du jour et de la nuit, semant la fumée et le bruit.Vraiment, c’est a croire que notre province est pauvre eu pouvoirs hydrauliques et ne peut produire que de petites quantités d’électricité.Les forces hydrauliques Les usines électriques produisent , b* courant en transformant l’éner-j gio mécanique en énergie électrique.I.'énergie mécanique provient soit du charbon: l’usine s’appelle alors thermique; soit de la force de gravité de l’eau des rivières ou des fleuves: usines hydro-électriques.Le coût de l’électricité est toujours plus élevé dans les usines thermiques: il faut payer le charbon.L’eau, elle, est fournie aux usines hydro-électriques par la nature elle-même.Notre pays avec scs innombrables eours d’eau est extrêmement riche en pouvoirs hydrauliques; aussi, les usines thermiques n'existent pas ou à peu près, surtout dans notre province.En 1930.il y avait deux cent cinquante-deux usines hydro-électriques et huit usines thermiques.Celles-ci tendent à disparaître.Notre province de Queher est la plus riche du Canada en ressources hydrauliques susceptibles do pro-1 duire le courant électrique.La Providence lui a ménagé une puissance de dix-sept millions de ehe-1 vaux-vapeur, soit plus du tiers de j la puissance totale du Canada.La [ province d’Ontario vient au second rang: scs ressources hydrauliques s’élèvent à neuf millions et demi de rh.-v.Les usines hydro-électriques Ins (allées dans notre province développent environ trois millions d» ch.-v.; celles d'Ontario, environ ion Carnet d’un grincheux Tel lièvre folâtrait hier et tremble aujourd'hui.* * * Montmartre est vide, câble Pans-Preuve que les étrangers qui vont outremer reprennent leur assiette.* Ÿ * Il y a un gibier qu’on a beau tuer, il ne meurt ïamais: le chasseur.* * * S’il n'y avait lundi à chômer que les gens travailleurs, la ville serait presque toute à l’ouvrage.q.Sf.y.• On a découvert cet été dans le bas Saint-Laurent des bancs de mollusques ignorés jusqu'ici au pays.Quelque politicien pratique s’emp.essera , de les inscrire sur les listes électorales.^ hs efi Cuba, qui vient de perdre Machado, subit ces heures-ci un violent cyclone, causé sans doute par la trop grande rupture d’équilibre.Ÿ M.Bennett était de si belle humeur, jeudi soir, qu'il a presque provoqué des journalistes à lui prendre une entrevue.Le vrai peut quelquefois .•F H- A Saint-Louis, Missouri, sept personnes viennent de mourir oc la maladie du sommeil.Combien qui en mourront à notre hôtel de ville, d’ici la prochaine élection?* Ÿ * Un sous-ministre québécois met les chasseurs en garde contre leur imprudence.Il n’y a rien de plus dangereux que les armes chargées, — sauf les fous à fusils.* * * Le “petit taxi” qui voiture une grosse affaire, s’il allait verser et qu’elle sortit.PAMPHILE Pas de "Devoir” lundi Lundi, fête du Travail, le "Devoir” ne paraîtra pas.Bureaux et ateliers seront fermes toute la journée.Avis à ceux qui voyagent Tous billets, fcurooe et partout, émis au tarif des «ompagme* — Hêtels.assurances bagages «t accidents, chèques de voyage), passeports, etc.— Service complet — Le DCVOIR-VOYACtS.430 Notre-Dame Est.Téléphones NArbaui U4I\ ? Le rideau se lève LE DEVOIR.MONTREAL.SAMEDI 2 SEPTEMBRE 1933 VOLLME XXIV No 203 Un dossier ^âison artistique 1933-34 Le ririt'tan se lèvj- sur la saison nrfiMicjiK1.Avec seplembre.^Tart re-1 rient hobflfr nos théâtresret nos! salles vdesiooncert.Si Ionien jufie i)ar pe «le VAcadémie Nationale de Comédie donnera IWiyton, d’Edtiiond Hostand.^avec Mlle Antoinette (ii-roux.La Montreal Theatre Leaf no' a inscrit à'.son répertoire The Mer-ri/ Wires of Windsor, ainsi «jue | plu sieurs* oeuvre s classiques qui ailes ttchos lusi
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