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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 2 janvier 1915
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1915-01-02, Collections de BAnQ.

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VOLUME VI—No 1 MONTREAL, SAMEDI 2 JANVIER 1915 DEUX-^OUS LE NUMERO Abonnements par la po&e : Ldition quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS UNiON POS~AI K $3.00 Édition hebdomadaire : ç* m» W CANADA ETATS-UNIS UNICN POSTALE «J»!.S>0 $2.00 WÊtŒ.Directeur : HENRI BOURASSA.DEVOIR FAIS CE QUE Rédaction et Administration a 43 RUE SAINT-VINCENT montrjkaju TÉLÉPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461.RÉDACTION s • • Main 7460b vTO'S / a L’IMMIGRATION LA LEÇON DE L'EXPERIENCE L’Edmonton Journal du 24 décembre nous apporte le compte rendu d’une entrevue des représentants des quatre viles de Calgary, Edmonton, Medicine Hat et Lethbridge, avec MM.Sifton, Gariépy et autres ministres du cabinet albertain.C’est une pièce intéressante.Les délégués fixaient à 13,000 le nombre des sans-travail dans les quatre villes: 6,000 à Calgary, 5,000 à Edmonton, 1,000 à Lethbridge et 1,000 à Medicine Hat, et ils demandaient au gouvernement de leur venir en aide, alléguant que, malgré les sacrifices consentis par chacune de leurs viles, la situation devenait très grave.Leur porte-parole — et c’est en quoi la manifestation devient particulièrement instructive — ajoutait que la crise actuelle est le résultat “partie de la politique d’im-nùÿration poursuivie par le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et par les villes elles-mêmes, et partie de l’action des compagnies de chemin de fer qui ont amené un grand nombre de gens pour exécuter des travaux de construction aujourd’hui abandonnés.” Il y a une dizaine d’années que les “rêveurs” nationalistes ont commencé à dénoncer Jes vices et les dangers de notre système d’immigration.L’échevin Hunt, le porte-parole des délégués albertains, n’est que l’un des nombreux témoins qui viennent, au nom de l’expérience, confirmer leur diagnostic.Et les pires adversaires des nationalistes ont récemment ajouté leur témoignage au sien en montrant le danger que pourrait constituer, au cours d’une campagne électorale, la présence de tant d’étrangers qui viennent à peine d’arriver et qui jouissent déjà de leurs droits d’électeurs.Notre système d’immigration à outrance est aujourd’hui condamné par tous les esprits de bonne foi.Les gouvernants eux-mêmes ont senti qu’il fallait serrer la vis.Chaque jour montre d’une façon ou d’une autre que nous avons agi sans prudence et sans mesure, sans songer aux nécessités de l'avenir, sous le coup d’intérêts particuliers qui voulaient avoir la main-d’oeuvre au meilleur marché possible ou se défaire, le plus tôt et le plus cher possible, des terrains acquis dans une pensée de spéculation.Nos villes ont été encombrées; il s’est produit, entre la population des villes et celle des campagnes, un écart qui a été la grande cause de l’augmentation du coût de la vie.Nous n’avons pas su voir qu’un pays ne peut absorber qu’une proportion donnée d’immigrants et qui cette proportion doit être familiarisée avec les moeurs et les intérêts du pays avant qu’on lui reconnaisse le droit d’exercer sur les affairés nationales une influence égale à celle des anciens habitants.L’exemple des Etats-Unis aurait pourtant dû nous éclairer.La nouvelle loi de naturalisation montre que nous commençons à voir clair, de même que certaines des restrictions administratives de ces derniers temps.Pourquoi ne profiterions-nous pas de l’interruption du courant migratoire déterminée par la guerre pour réformer à fond notre système d’immigration?S’il est vrai que la fin de la guerre doive provoquer une nouvelle ruée des peuples vers l'Amérique, l’oeuvre est deux fois urgente.Orner HER0UX.EN MARGE DE LA GUERRE LE PRETRE-INFIRMIER Apres îe prêtre-aumônier, après ]e prêtre-soldat, voici le prêtre-infirmier.Il est de la même trempe morale, de cette race d’hommes que la grâce surélève et rend capables d'accomplir, comme naturellement, les actes les plus sublimes.Nullement préparé pour la guerre, elle ne l’a pas pris cependant au dépourvu.Comme le prètre-aumô-nier et le prêtre-soldat, il s’acquitte à merveille du rôle, tout nouveau soit-il, qu’on lui assigne.Il déploie sur les divers théâtres où« l’ordre de ses supérieurs l’envoie, et dans les positions les plus variées, d’admirables qualités.Sa patrie, les âmes : c'est tout ce qu’il aime, tout ce qu’il veut sauver, tout ce qu’il sert avec une énergie vaillante et joyeuse.Lui.sa santé, sa vie, il n’y pense pas, il en a fait le sacrihce detJuis long-.temps, il immole de nouveau tout 1?ceL chaque jour aux grandes causes de la France et de l’Eglise, Et cette abnégation lui facilite les actes les plus durs.Elle lui permet aussi de gagner les coeurs des soldats blessés et de les tourner vers Dieu.Veut-on des faits ?J’ai justement sous la main le “ carnet d'un prêtre-infirmier.”.Ce sont des notes prises au jour le jour.L’auteur, hier encore professeur de théologie au scolasti-cat des Jésuites de la province de Lyon, y raconte simplement, pour ses frères et ses amis, sa vie quotidienne.Nous n’aurons qu’à détacher quelques feuillets de ce journal intime.Et d'abord les premières relations avec les blessés : “ Je ne suis plus infirmier sans malades.C’est un réel progrès.Les premiers blessés sont arrivés dimanche, trop tn'd pour que nous leur disions une messe.D’un côté, c’est mieux : dans une .semaine, on aura ]e temps de faire / naître chez plusieurs l’envie d'y assister, s'ils ne l’ont pas déjà.Ce qui frappe tout de suile, c'est la facilité des rapports avec eux.Pas gênés du tout, ces troupiers pour parler à un curé.Il est vrai que le curé a un sarrau et leur rend quelques services assez bas, entre temps.” Le poste d’infirmier, en effet, fut-il rempli par un prêtre, n’est pas une sinécure.Quelques détails : “Le matin est occupé par le travail.Après In visite matinale du médecin, il faut porter les malades au pansement sur un brancard.Puis on balaye les salles.C’est ce que je fais le inoins mal, ayant, grâce à mon noviciat, un commencement dans cet art.Il y a même des offices inoins nobles, Pour faire toutes ces opérations, je revêts • un immense sarrau qui cache à peu près la soutane.On devine tout de même le curé sous le balayeur.Et fêla montre au moins que le curé n'est pas fier et fait volontiers tout te qu’il sait faire pour rendre ser-vice.” Après ces détails d’ordre maté-riel, un mot de l'apostolat : “ Le solia! blessé est littéralement transformé dans l'atmosphère d’un hôpital DÛ les prêtres, infirmiers ou non, mirent et causent en bons amis ; où les soeurs se dévouent le jour et la nuit ; où tous, infirmiers et infirmières, se mettent au service des malades, dans un esprit de foi qui ne peut pas ne pas transparaître et se communiquer.Le résultat, ç’a été, pour notre petite ambulance, dès le premier dimanche 10 ou 11 communions sur 35 soldats présents.Cette semaine, le nombre de communiants a notai/iement augmenté.Presque tous ceux qui avaient communié la première fois ont voulu se confesser et communier de nouveau.Total : 21 communions.Et les chants ont été enlevés, surtout une très pieuse adaptation de “ Les Saints et les Anges ”.Ave Maria ”, intitulée l’Ave Maria du Blessé, et composée par le P.Guillermin : A vous, ô ma Mere, O fleur de Jessé, A vous la prière Du soldat blessé, etc.” Huit jours plus tard, le bon Père a la joie de pouvoir écrire : “ Ce matin, 3ème dimanche, 22 communions de soldats sur 40, parmi lesquels toujours un groupe de nouveaux communiants.Je récite un bon Te Deum.Il en restera peu, s’il en reste, qui échapperont au bon Dieu dans cette maison du Sacré-Coeur.” Mais aussi quel dévouement ce prêtre zélé y met, et quelles industries pour prendre “ les gros poissons .Il va nous raconter sa dernière capture, une fameuse.! mais auparavant, lisons ensemble sur la page précédente de son carnet l’histoire intéressante d’un jeune blessé : “ C’est un tout petit Marseillais, gentil comme un coeur, né près de la Blancarde.On dirait qu’il vient la renouveler sa première communion, ardent et candide connue i.s le so.it tous là-bas.Il a fait pitié aux Allemands.Je voudrais vous refaire son récit, avec l’accent, bien sûr.Sans l’accent, cela perd la moitié, et bien plus de son charme.Blessé au côté, il tombe évanoui.Il a dû perdre alors à peu près tout le sang qu il a dans les veines.Il a encore le visage blanc comme un linge après an mois.Heureusement même quand il n’y a plus de sang dans les veines d'un Marseillais, il y a encore du soleil.Il faut l’entendre raconter alertement ses aventures.Il se réveüle sur le champ de bataille.Les Français ont été repoussés.Ce sont les Allemands qui arrivent.On voit qu'il remue.Un brave homme de Teuton lui fait boire, à sa gourde, un peu de chartreuse.Il lui serre la main, et en repartant, avec un air compatissant: “C’est la guerreI” lui dit-il en bon français.Et l’officier ajoute: “Nous poursuivre ies Français”.Après autre passage d'Allemands.Et plusieurs, ils remplissent une gourde de vin el la lui laissent.On a beaucoup parlé des atrocités allemandes, et il y a, hélas! assez de faits incontestables et accablants qui forcent à y croire.Mais ai faut éviter de généraliser.Plusieurs de nos blessés d’ici ont été quelque temps aux moins des Allemands.Aucun ne se plaint d’avoir été maltraité.Je crois pourtant qu’on n’a pas eu pour tous les tendresses qu’a suscitées ce pur natif de la Blancarde.Mais aussi, qui aurait le courage de faire pleurer ces bons petits yeux tout innocents et pleins d’une bonne malice?Et le récit de mon Marseillais reprend.Après 30 hrs.il est rejoint par deux infirmiers allemands.Dé-îail de costume, qui m’a été attesté par 3 blessés ramenés ensemble.Les brancardiers allemands que les blessés ont vus ont à la fois brassard de la Croix-Rouge et armement de guerre: fusil, petite baïonnetle! Les deux infirmiers lui donnent le bras.Et soutenu par eux, iJ fait un kilomètre environ jusqu’à l’ambulance.Arrivé là.on le couche, on lui donne du café, ,1e dernier qu’il ait bu avec du sucre: “Avec cela, sûr que je pourrai tenir un peu.” Et il se trouve que pour lui, major, infirmiers, tout le inonde a des attentions, sauf un Allemand plus rébarbatif qui queiquefois, la nuit, quand il dort, vient le réveiller, regarde la fiche qu'il porte au cou, et où une raie rouge indique qu’il est transoortable.“Transportable!” lui dit malicieusement le geôlier, pour lui rappeder qu’on l’amènera en Allemagne.Si les autres Allemands sont bons pour lui, ils ne peuvent cependant lui donner ce qu’ils n’ont pas ; 17 jours à peu près, il restera au pain et à l’eau «t au café.Aussi a-t-il appris les deux mots: Wasser et Brod.Mon Mar-seidlais prononce:: Bruck, et il est sûr que les Allemands prononçaient ainsi!.“Pas de fromage, ajoute-t-il.avec un filet de malice; il parai.que les mines de gruyère elles sont épuisées; y restait que les trous!” Ce doit être une plaisanterie très connue au régiment.Mais elle est bonne, el il y ajoulait t’ini-mitable accent.Enfin au bout de 17 jours, on les fait habiller en grande hâte.Les Français ont repris l’avantage.Il faut filer.La fiche dit qu'il est transportable.Mais des infirmiers qui ont sans doule pilié de cet aimable fils du midi, disent en le re-"nrdant: “Non non, pas iranspor-‘abilc”.Peu après il serrais la main les Français victorieux”.Et maintenant la capture.Ce n’était pas, paraît-il, une proie facile à prendre que ce “Parisien”.A son arrivée à l’hôpital, il s’était mis à plaisanter ceux qui faisaient leurs dévotions.Grand émoi chez les bonnes soeurs.Une brebis galeuse dans ce bercail édifiant! Le renvoyer?non, mais plutôt le convertir.Il fut donc traité avec des soins particuliers, et, «e soir, les chapelets s’égrenaient pieusement pour lui.entre les mains qui avaient fatigué toute la journée.Aux prières s’ajoutèrent bientôt les mortifications.Cette campagne, ne fut pas sans donner quelques résultats.L’esprit fort se montrait plus respectueux.Un jour même, il se mit à genoux avec les autres, puis il accepta une médaille.Le prêtre infirmier qui dirigeait les opérations commençait à espérer: “Le moment venait de “l’évacuer”, écrit-il.Il fallait brûler quelques étapes.J’avais grand espoir.Mais j’avoue que j’avais de grandes hésitations à lui proposer plus.Il fallait trouver l’occasion de le voir seul assez longtemps.Les soeurs me ménagèrent une entrevue.Je fus chargé de le mener au bain, et de le frotter avec une brosse en chiendent.Tout en promenant ma brosse sur ses jambes et son dos, après bien des circonlocutions, je lui demandai s’il avait fait sa première communion avant de quitter la province pour Paris.Il me répondit que oui.Je lui dis alors: “Je ne vous ai pas offert un chapelet l’autre jour, parce que je ne connaissais pas vos convictions religieuses.En voulez-vous un?A la guerre, nous avons dit (c’était le sujet de mon sermon du jour du Rosaire), que c’était une bonne arme.La Sainte Vierge peut vous éviter un nouveau mauvais coup.— Oui donnez, et puis cela passe le temps de le réciter.— Décidément, mon prétendu esprit fort n’était pas en-core bien feroce.L’occasion était bonne.Il se dressa dans sa baignoire.La baignade était à peu près finie et nous ne retrouverions pas cet instant de Solitude.Il était après tout dans la tenue où l’on représente les pénitents que plongeait dans ”enu saint Jean-Baptiste, un linge autour du corps.Je proposai la communion pour la messe du lendemain, qu' allait être pour lui la messe du départ.E'ie fut accepte, et le reste.Quand on sut cela à l'hôpital, et c’est lui-même qui le raconta tout joyeux à la bonne soeur, quelqu'un fit cette réflexion : “ C’est un gros poisson !” Ge qu”' y a de sûr, c’est qu’il avait été 4ré de l’eau 1 Je laisse au professeur de morale le droit de tnu ver qu’on aurait pu choisir un lieu plus décent.Mais je cro’s que je re-comcncerais volontiers à mener au bain, ou à la “ piscine probatique ” pour parler un langage plus noble, tous les “ parisiens ” de bonne volonté qui consentiraient, comme celui-là.à être frottés au chiendent, “ in foro externo et interno.” Et sur la dernière page de son carnet, le Père Bouvier écrit en guise de conclusion : “ Il ne faut pas ésespérer du peuple de France.Sous une couche supcrfleiel e d’indifférence on même d’impiété, il y a tout ce que tout le passé de la France chrétienne, toute la grâce du Baptême, toutes les prévenances de Va miséricorde divine pour des âmes plus ignorantes que méchantes ont mis de bon, de chrétien de capable de fleurir pour le ciel ! ” Et cela fleurira, pouvons-nous ron dure à notre tour, cela flenrit déjà avec une intensité remarquable parce que, au moment même où l’épreuve travaillait son âme, ce peuple de France a trouvé près de lui, admirable artisan des éclosions divines, le prêtre de Dieu, Son dévouement, son abnégation, son amour de la pa- A moi Si vous en voulez de la gloire, A plein poitrail, à pleins sillons, Ctieillez-la donc! Sur notre histoire Menait la fleur des bataillons.Si vous en voulez de la gloire, Voici sa palme et ses rayons.Ah! vous vous courbiez vers la terre Afin de demander aux morts Par quelle épreuve salutaire Vous feriez pardonner nos torts; Vous ne vous courbiez vers la terre Que pour ramasser vos efforts.Sans autre appui qu’une grande âme, Celle du passé radieux, Vous avez morcelé l’infâme, Vous avez piétiné ses dieux.Vous sentiez revivre votre âme.Ce sourire de nos aïeux.Lumineux comme des étoiles, De la gueule de vos canons Qui déchiraient les derniers voiles Fous nous avez jeté vos noms.Aussi, fiers, les yeux aux étoiles, .4 vous nous nous abandonnons.En pensant « la bien-aimée Qui souffre mais ne pleure pas.Vous avez pris la Renommée A bras-le-corps.Toute l’armée — En pensant il la bien-aimée — »• Sainte, a défié le trépas.Car elle a prié sous la nue, Le temple de sa loyauté, Et sa prière est parvenue Dans nn cri de force ingénue, Tout droit, au plus haut de la nue, D'où descend l'immortalité.O mon petit soldat de France, Je te rejoindrai, quelque jour, Quand, pour l’élan de délivrance Les cheveux gris auront leur tour; O mon petit soldat de France, Tu peux chanter ton espérance: Ton Dieu t’a rendu son amour.Ludovic LEBLANC, Ligueur d’Action Française.trie et des âmes ont fait revivre les germes de foi ensevelis au fond des coeurs, et maintenant iis éclatent au grand air de la bataille, ils s'épanouissent sous la pluie des obus ou dans la tiède atmosphère des salles d’hôpital, en actes virils, généreux, chrétiens.Dans cette galerie des constructeurs d’une France nouvelle, saluons, à côté du prêtre aumônier et du prêtre soldat, le prêtre infirmier, José! u-Papin ARCHAMBAULT, S.J.BILLET DU SOIR ECHEANCE Mon chef est implacable, comme le Temps lui-même.Pour en boucher un coin du journal, il faut absolument que j’arrache un lambeau de “matière grise”, c’esl le cas de le dire, à ma pauvre cervelle anémiée.En vain ai-je évoqué le moratorium.Il n’existe pas au Canada, et d’ailleurs le Devoir ne saurait commencer l’année avec, en souffrance, un billet si minime : ce serait d’une comptabilité déplorable.Vos fronts se rembrunissent, lecteurs, à ce seul mot de billet.Qui n’a pas que’que part, en ces temps de purée, son petit billet tout ce qu’il y a de moins doux, et qui crie?En cette année 1914 qui vient d’expirer personne, scnible-t-il, n’a pu être heureux.Pour une fois le sort s’est montré égalitaire: il a atteint les riches, comme les pauvres.Jamais, depuis que la terre est terre, on n’a va pareil bouleversement : chacun en a nn peu le coeur, la cervelle et la bourse chavirés.Et voilà pourquoi la nouvelle année sera doublement bienvenue.Il est impossible de ne pas se réconforter à tant de poignées de mains, à tant de souhaits.Si peu s’ncères que soient les uns et les attires, additionnés, ils n’en font pas moins une somme énorme de cordialité.La vie pour personne n’est un roman humoristique.Que la page ail été banale, ennuyeuse douloureuse et tragique on a toujours hâte de la tourner.Car lecteurs éternellement dupes de ce conteur cynique, la Vie, nous croyons qu'enfin l intrigue se compliquera, que la 191 Sème vaudra mieux que la 19l4éme.-.Mais voilà mon hillel acquittai ., NEMO.ILS.—Avis h mes créanciers: ceci ne m’engage pa« pour les autres.RACE SUPERIEURE ?Torn Smith et Baptiste Caron habitaient tous deux la même localité.Les Anglais y étaient en grand nombre, mais Baptiste, jusque-là, les avait toujours considérés comme du bon monde, avec lequel il vivait en harmonie, jusqu’à la visite, dans la place, d'un conférencier anglais qui, semant des journaux fanatiques parmi ses auditeurs, tous Anglais, leur fit croire qu’ils étaient de la race supérieure.Baptiste était pacifique, mais ferme.Tom Smith, d'< sprit moyen, avait toujours traité Baptiste comme son égal.Mais il avait été à la conférence du conférencier oran-giste et il en était sorti pénétré, de.cette fausseté que les Anglo-Canadiens sont de race supérieure aux Canadiens-français.Or donc, les deux voisins se rencontrèrent.Baptiste, de bonne humeur, comme à ihabitude, interpella Torn Smith en anglais pour lui demander des nouvelles de ses travaux des champs.Torn, jusque-là bon voisin, fil la sourde oreille.Baptiste reniarqua sa drôle de tournure et, l’interpellant derechef, lui demanda ce qui n allait pus.—“J’ai que tu ne parles pas anglais chez toi, que ta veux faire apprendre le français ri tes enfants, à l'école, que tu es notre ennemi, à nous autres, Anglais, et que, comme nous sommes la majorité dans le canton, tu vas déguerpir ou bien parler anglais tout le temps.Et puis, tu es de la race inférieure," Baptiste avait du sang-froid, de la bonne humeur, de l'estime pour son voisin, niais il était orgnevlèTtx aussi de parler et d’etre Français.U aurait pu asséner un solide, coup de poing à Torn, mais il ne le fit pas.il ramena chez lui, causa longuement avec lui, et, finalement, comme Torn était honnête et de bonne foi, Baptiste parvint à lui démontrer son erreur et à lui faire comprendre qu’un bon Canadien-français est l'égal d’un bon Anglo-Canadien.Somment il s’y prit?Lisez le Nationaliste, dimanche matin el Pierre Labrosse vous le dira.Et au surplus, vous y lirez des rhrptifrm s d’Ernest Bilodeau de Robert Val, des croquis canadiens, d s tableautins du terroir, une désopilante pièce de u rs de Max Sorcl sur le mal du Kaiser que guérit un aviateur soupçonné d'être Français, un conte de la guerre de 1S70.une.étude sur la question des log ments ouvriers, etc., etc.Tout çn pour deux sons! Le Nationaliste est en venfe partout, tout le monde le lit.le dimanche, nié nie M.D-A.Infortune, conseiller du roi, substitut du yroen-renr-nènérnl sveeessinpment avo-rnt de la reine Victoria, d’Edouard VU el de Georges F el, nu surplus, député de Montcalm et amateur des sports hippiques! LA GUERRE LE “FORMIDABLE” COULE Ce puissant croiseur anglais est envoyé au fond de la Manche, hier matin et sur ses 750 officiers et marins, 150 seulement sont receuillis.—Est-ce l’oeuvre d’un navire ou d’ua sous-marin allemand ?—Des survivants disent que leur navire a été torpillé, aux deux bouts.Le duel d’artillerie continue en Belgique et en France.— Des aviateurs français bombardent Metz et Arnaville.Succès constants en Alsace.(VOIR LES AUTRES NOUVELLES DE LA GUERRE EN DERNIERE PAGE) Londres, 2 — /Le navire de guer-1 re anglais “Formidable” a été coulé hier matin, dans la Manche, soit par une mine, soit par un sous-marin, affirme le bureau des informations officielles.Soixante-onze survivants ont été recueillis par un croiseur ang ais et il est probable que plusieurs autres ont été recueillis par d’autres bateaux.On croit que les pertes de vies sont d’environ 600.Le “Formidable” avait un déplacement de 15,000 tonnes.Sa longueur était (je 430 pieds et son équipage de 750 hommes.Son armement était puissant et consistait en partie de 4 canons de 12 pouces, de 12 de 6 pouces et de 12 pièces de v.ngt-quatre.11 était aussi muni de quatre lance-tortpilles.11 fut lancé en 1898 et était du même type que l’ Trrésistible” et r’Tmp.aca'ble”.Le “Formidable” agissait comme vaisseau-amiral au moment de sa destruction.11 était commandé par le capitaine Arthur N.Loxley et le commandant Charles E.Ballend.Le sauvetage s’opéra dans des circonstances émouvantes.L’équipage du bateau chalutier qui fuyait devant la tempête, fut étonné de voir une embarcation remplie de marins et baîlotés par les Ilots.Après beaucoup d’efforts, on parvint, grâce à un câble, à ranger l'embarcation aux côtés du chalutier.Les marins commencèrent à sauter à bord du navire, mais cela n'allail nas sans danger, car les vagues s’élevaient à une hauteur de 30 pieds.Les survivants passèrent environ douze heures dans leur embarcation, luttant sans espoir contre la tempête.A leur débarquement, les habitants leur fournirent des couvertures, des habits et des chaussures, et les hébergèrent.D’après le correspondant du “Chronicle” à Brixham.le capitaine du bateau chalutier “Providence”, qui a secouru 70 survivants, affirme que d’autres embarcations de pêche se trouvaient dans le voisinage.Le capitaine pen*e que d’autres survivants ont été secourus et transportés à Daemouth.Le correspondant du “Chronicle” à Chatham dit que le “Formidable” a quitté ce port jeudi matin.Le “Chronicle” affirme que des survivants du “Formidable” prétendent une le navire de guerre a été torpillé à l’avant et à l’arrière, de bonne heure vendredi matin, et qu’il a sombré presque immédiatement, sans donner le temps à l’équipage de se sauver.Le chalutier “Providence” a mis à terre soixante-dix surv'vants du navire rie guerre “Formidable”.Ils ont été recuillis ce matin durant une terrible tempête.Le nombre des survivants se chiflfre maintenant à 141.SERIEUSE PERTE Fondre., 2 — L’expert naval du “Daily News” dit : “Il serait oiseux d’affirmer que la perte du “Formidable” n’est pas sérieuse.Bien qu’il ne fût pas de taille à lutter contre les dreadnoughts, il était l’égal d’aucun croiseur cuirassé allemand, car il jaugeait 2,000 tonnes de plus qu’aucun d’entre eux.A tout événement, quelque soit la valeur du navire, elle est de moindre importance que celle ires 600 membres de l’équipage, marins d’une longue expérience.Rien dans le rapport officiel ne révèle l’origine ou le théâtre de la catastrophe.On dit simplement que le “Formidable” coula dans le Pas-de-Calais, soit après avoir frappé une mine, soit après avoir été torpillé par un sous-marin ennemi.Bien que l’Ami-routé ait posé des mines au nord du détroit de Douvres, dans l’espoir d’empêcher les croiseurs teutons de pénétrer dans le Pas-de-Calais, la perte de r“Amiral Ganteau-me” et celle du croiseur “Hermès” at estent que ce but n’a pas été atteint.” D’AUTRES SURVIVANTS Londres, 2 — Au dire du correspondant du “Chronicle”, deux embarcations, outre celle des 150 survivants, quittèrent le “Formidable'*, et les occupants furent peut-être recueillis, car il se trouvait d’autres bateaux chalutiers dans le voisinage.Un marin raconte qu’au moment du départ, ils entonnèrent le chant “Tipperary”.Ils venaient de terminer un couplet, quand une énorme vague roula par-dessus Tembarca-tion et mit fin à leur chanson.L’OPINION DU “TIMES” — EST-CE L’OEUVRE D’UNE MINE ANGLAISE ?Londres, 2 — L’expert naval du “Times” fait les commentaires suivants : “Il y a lieu d’espérer que le nombre des survivants est plus grand qu’on ne l’a affirmé d’abord.De cette façon, nous pourrons peut-être apprendre la vraie cause du désastre, si c’est une mine ou un sous-marin.A en juger par l'expérience passée, les sous-marins peuvent très difficilement atteindre un navire allant à une rapide allKre.Les croiseurs anglais à Heligoland et à Uuxhaven échappèrent à leur atteinte, et pendant trois mois une escadre a constamment fait une croisière au large de la côte belge.Le malheureux croiseur, on le sau-1 ra plus tard, avait peut-être été forcé de stopper, offrant ainsi une cible facile à l’ennemi.L’OEUVRE DES ALLEMANDS, DIT “Si une mine a causé le désas-PARIS.très, c est une de nos mines que la tempête aura détaché de son ancre Paris, 2, 6.15.— On dit ici que ou une mine posée par un navire le “Formidable” a été torpillé par battant pavillon neutre, et qui se se-un sous-main allemand.i ra glissé dans le Pas-de-Calais.” BULLETIN OFFICIEL DE PARIS Paris, 2.—Le bulletin suivant a été publié hier après-midi : “ De la mer au Rhin, il n’y a près que rien eu excepté quelques engage mente d’artillerie.L’ennemi a bon, bardé, sans résultat le village de Saint-Georges.“ Des canonnades acharnées nous ont donné l’avantage entre La Basasse et Carency.Albert et Roye ; dans la région de Vemeetil et dans les environs de Blanc Sablon, près de Craonne.A ce dernier endroit, nous avons preoqu'ontièrement démoli les tranchées allemandes.“ Dans la région de Pertlees et de Beauséjour, nous avons conservé les avantages que nous avions pris te 30 décembre.Le 31 décembre, l’activité de l’artillerie ennemie n’a pas cessé nn seul instant.“ Dans l’Argonne, l’ennemi nous a attaqué violemment sur tout le front, dans la forêt de La Grurio.A certains points, ils réussirent à s’avan- cer d’une cinquantaine de mètres, mais des contre-attaques nous en dé-br.rassèrent aussitôt.“ Dans la région de Verdun, de vio uis engagements d’artillerie se sont produits.“ Entre la Meuse et la Moselle, au nord-ouest de Flirey, au cours de la nuit du 30 au 31 décembre et le matin du 81, les Allemands n’ont pas fait moins de six contre-attaques dans le but de reprendre les tranchées prises par nous le 30 décembre.Chacune de ces attaques a été brillamment repoussée.* Nos aviateurs ont bombardé, durant la nuit, les gares de chemins de fer à Metz et à Artiaville.“ Nous avons continué à faire des progrès lents à Steinbach.Dans ce village l’artillerie de l’ennemi a montré beaucoup d’activité, le matin du 31 décembre, mais l’après midi du même jour, nous avons eu incontestablement l’avantage.” SENTIMENTS HEROÏQUES ; fut capturée, parlant aujourd'hui de .r, lia mort de son fils, a déclaré que Rome, 2.— Ricciotti Garibaldi,fus ; comme plusieurs autres pères, dont du fameux patriote italien et frère ies fns Paient tombés, il doit conte-du lieutenant Bruno Garibaldi, qui n „• „„„ .n.„ été tué dans l’Argonne en condui- j?ir son «Action paternelle et ne ( sant une charge des volontaires ita->',,scr flu aux meilleurs moyens de liens sur une position allemande qui • terminer cette guerre. LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 2 JANVIER 1915 ¦ ¦¦ .¦ — ——-—- VOL.VL — No 1 L’OPINION DES AUTRES Lettres à la rédadtion du DEVOIR."BELGIQUE, FRANCE ET CANADA.Un extrait de la lettre t|iii suit a 'déjà paru dans le “Devoir”.Nous Croyons cependant à propos de la Préimprimer en entier.On s’expli-"quera mieux ensuite la première partie de la réponse qu’elle a provoquée: Montréal, 1Ü décembre 1914.Monsieur Henry Tillman, Secrétaire de la Municipalité d’Ellice, Saint-Lazare, Man.Ther Monsieur, J’ai l’honneur d’accuser réception de votre lettre non datée relative à tiiion article du 28 septembre sur J’“Aide à la Belgique”.Je l’ai lue .avec beaucoup d’intérêt: mais je ne crois lias devoir la publier en ce moment, elle ne ferait que jeter de l’huile sur le feu et nuire au succès du mouvement de souscription en faveur de vos compatriotes rnalheu-Teux, — mouvement que j’ai tant à coeur d’encourager.Du reste, je crois avoir adopté l’attitude la plus propre à corriger la mauvaise impression produite, à tort ou à raison, par le discours de At.Vandervelde.Une lettre que je viens de recevoir de M.Prud’homme, président du Comité de Secours Belge, me prouve, sans loucher à cette question délicate, que nos efforts pour venir en aide à vos compatriotes sont appréciés là même où les résultats se font sentir.Quant à vos observations sur la Belgique, la France ou le Canada, plusieurs sont assurément fort justes.Elles correspondent bien aux efforts que je fais depuis plusieurs années pour inculquer à mes compatriotes un véritable patriotisme national.plus fort que le “sentiment français” et que le “loyalisme anglais”.Mais il est très difficile de créer un véritable patriotisme, au sens européen du mot, dans une simple colonie, dépourvue de responsabilités nationales, et soumise aveuglément, en tout ce qui concerne sa vie mondiale et ses relations extérieures, à la volonté arbitraire d’un mitre pays.Ce sérail une erreur de croire que l’attachement de mes Compatriotes à la France est analogue à celui des Anglo-Canadiens pour l’Angleterre.En temps ordinaire, le “canadianisme” des Franco-Canadiens est beaucoup plus fort que leurs sentiments pro-français; mais dans les temps de crise internationale, quand la majorité anglaise du Canada accepte, les yeux fermés, la direction et l’autorité du gouvernement impérial en tout ce qui touche à la politique étrangère, à la flotte ou à l’année, il est tout naturel, il est “humainement” logique qu’à Tultra-loyalisme anglais des Anglo-Canadiens, les Canadiens-français opposent les survivances de leur “sentimentalité” française.Soit instinct non raisonné ou tactique motivée et légitime, cette opposition du sentiment français au loyalisme anglais, à défaut d’un véritable patriotisme canadien encore embryonnaire, constitue l’obstacle le plus sûr aux entreprises tic l’impérialisme britannique.Cet obstacle, les hommes d’Fltat et les publicistes les plus éclairés de la Grande-Bretagne l’aperçoivent clairement, — les impérialistes pour te maudire ou le déplorer, les anti-impérialistes pour s’en réjouir franchement.— Tous en apprécient l’importance.Ceci, je l’ai constaté de nouveau et plus que jamais, durant le séjour que j’ai fait « Londres cet été.Je ne perds aucune occasion de présenter aux Canadiens de toutes races l’amour du Canada et le souci tic ses intérêts comme le seul objectif commun susceptible d’unir tous Jes Canadiens et de constituer la base d’une nationalité canadienne; mais quand la fièvre jingoe, montée mu paroxisme, menace d’anéantir jusqu'aux derniers vestiges des traditions et du patriotisme "canadiens”, il n’est pas inopportun de laisser monter la vague rafraîchissante du sentimentalisme français, elle sert de douche aux feux des jingos.Du reste, s'il existe jamais une nation “canadienne”.un patriotisme “canadien”, ce sera nécessairement par une combinaison — harmonieuse et intelligente des traditions, des sentiments et des aspirations des deux races; — tout comme chez vous, à mon avis, la caractéristique de la nationalité et du patriotisme belges, c’est t'al-Üianee, sans fusion, des deux races flamande et wallonne avec toutes leurs traditions, leur magnifique héritage intellectuel, moral et matériel, et même leurs rivalités parfois aiguës.“Pour bien comprendre l'irritation que le discours voiles en ciseaux.j avait trop de lumière pour ce qu'el- “Lcs femmes avaient pour eostu- les contenaient de formes ; la part me un jupon de droguet bleu à raies du sensible y fut trop prodiguée par blanches, avec un mantelet d’in- rapport à la part faite à l’esprit.En 'tienne ramngée.Une coiffe ou cd- conséquence, s’il en sortit quelques .line b’aii'ohr qui couvra’t les très- oeuvres remarquables (Manet, Piga-nos de leurs cheveux, terminait leur .ro), cette révolution fit monter sur toilette aux jours de cérémonie.| la scène beaucoup de pygmées, mais “Les préparatifs d’un festin i pas un géant.Elle ne produisit nu- étaient formidables.Ils faisaient ! cun équivalent des chefs-d’oeuvre penser aux noces de (îamache.ou j classiques ou romantiques.Elle VOIL.«w Assurance Couvrant les MAISONS DK COMMERCE, RESIDENCES DE VILLE, RESIDENCES D’ETE t ACCIDENTS, MALADIES, BRIS DE GLACES, AUTOMOBILES.ATTELAGES, RESPONSABILITE DE PATHONS ET PUBLIQUE.PHARMACIENS.MEDECINS.GARANTIE DE CONTRATS.CAUTIONNEMENTS JUDICIAIRES, FIDELITE DES EMPLOYES.A PREVOYANCE Montréal, 160 ST-JACQUES.Tél Main 1626.J.C.GAGNE.G*rant-tin«ral.L’ASTRE DE LA VICTOIRE Le dernier numéro du ‘.Passe-Temps” (516) contient huit morceaux de musique dont voici les titres : lo.—L’Astre de la Victoire, chanson parisienne d’actualité.2o.—(Conducteur et Moterman, chansonnette-duo (inédite).3o.—“1914”, marche militaire pour le piano; 4o.—Heureuse Valse, jolie pièce pour le piano; 5o.—“Adeste F'ideles”, quatuor pour instruments à vent; 6o.—Ma douce Amie, mélodie de ,1.B.Lafrenière; 7o.—Les “Poilus”, chansonnette d’actualité; So.-—La Chanson de Bébé, chanson pour les tout-petits; 9o.—Bonjour! Bon An ! ! chronique.d’actualité par Jean Pic ; lOo.—“Noël de Bataille”, monologue écrit devant l’ennemi.llo.—Souhaits du Jour de l’An, poésie d’Emile Sibert; 12o.—An Nouveau, Nouvel An, poésie inédite de Gustave Comte; ’ Aussi plusieurs articles instructifs et amusants, portraits et bio-graphies d’artistes et la 7me leçon du Nouveau Cours de Solfège.Un numéro, 5 sous, par la poste, 6 sous.Abonnement, un an’, Canada $1.50; Etats-Unis, $2.00.Adresse : Uc Passe-Temps, 16 Craig Est, Montréal.Catalogue de primes envoyé gratis.UNE NOUVELLE EDITION — DE L’Almanach des Adresses du Téléphone pour Montréal, eét présentement sous composition et la copie sera terminée LE 7 JANVIER Les souscripteurs qui désirent faire quelque changement devraient s’en occuper immédiatement.R.F.JONES, Gérant.The Bell Telephone Co.of Canada.CHAUFFAGE et VENTILATION Nous préparons les plans et devis pour systèmes de chauf~ ) .5 6 5 4, 2.14.LE MEETING DE HULL Hull, 2.- Les organisateurs des courses de Hull mènent rondement les choses en vue de leur prochaine réunion.Voici la liste des chevaux inscrits jusqu’à date dans les épreuves: Nellie G., Ovide Coulombe, Toronto, Ont.T.C.S., T.C.Simpson, West-mount.Baron wood, Mme R.T.Cuthbert, Port Arthur, Ont.Anna Hal, K.T.White, Lyndcn L’arm, Ont.Mansfield, Nat Ray, Toronto, Ont.Prince Rupert, T.P.Kelly Co., Fort William, Ont.Handy Jim, 1).H.Erskine, East Aurora, N.-Y.Elisha J., A.B.Marlin, Ticonde-roga, N.Y.Elsworlh R., A.B.Martin, Ticon-deroga, N.-Y.Laclia, A.B.Martin, Ticondcropa, N.Y.K.Homer Mac, J.W.McClain, Monarch, Alla.Cap!, Larabie, Jas.Peacock, Ottawa, Ont.Grand Opera, J.J.Daly, Peterbo-ro, Ont.Fern Hal, W.McPherson, Calgary, Alla.>• r jor Hunier, C.A.Burns, Toron to, Ont.Yedno, Fred Johnston, Cilgaiv, Alla.Hal Chief, Ovide Coulombe, Toronto, Ont.Ali Direct, Jas.Bell, Winnipeg, Man.Daisy C., J.Neville, Ottawa, Ont.Princess Dreamer, I).Stearns, Plattsburg, N.-Y.Torpedo Boy, 1).Stearns, Plattsburg, N.-Y.Ed.Locandu, Nat.Ray, Toronto, Ont.Alpha Dell, Mme S.J.Bartlett, Edmonton, Alla.Maida, S.Dugal, Trois-Rivières, Qué.Colusa, J.Cahill, Syracuse, N.-Y.Frankie Bogasb, .1.Landry, Québec, P.Q.Toneco, \V.Collins, London, Ont.Helen R., McKinnon Drug Co„ Charlottetown, l.P.E.Angus Dillard, McKinnon Drug Co., Charlottetown, l.P.E.Harlem Boy, A.B.Martin, Ticon-deroga, N.-Y.Sweet Heart, A.B.Martin, Ticon-deroga, N.-Y, Joe McGregor, .1.W.McClain, Monarch, Alta.Patrick D’Oro, J.W.McClain, Monarch, Alla.Monplell, Harold Currie, Strathrov.Ont.Progress Bars, Harold Currie, Strathroy, Onl.Craigie Togo, Mile Craig, Slrth-roy, Ont.I).Spring, W.Parks, Belleville.Onl.Maggie C., Harry Lang, Yarmouth Cen Ire.Martha B., .las.Peacock, Ottawa, Ont.Patehcn Wilkes 2nd, Dan McEwen, London, Ont.Allen B., Dan McEwen, London, Onl.Billy Brino, V.Fleming, Dundas.Ont.Doris Hal, V.Fleming, Dundas, Ont.Red Wing, Fripp et Fils, Coball, Ont.Lady Halford, Mme S.J.Bartlett, Edmonton, Alla.Paddy MeCue, P.L.Church, Kingston, Out.Fred L„ Soules et Blanchard, 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Prunes, la manne.$1.50 Raisin Empereur, la manne .$2.50 Canada-ouest( Canada Western) No 3.59 Va à Manitoba, No 2, d'alimentation (feed).57Vi à 58c.Québec, blanche.No 2.53 à 54c ORGES par 48 îbs Canada-ouest (Canada Wes*ern) No 3.73 à 74c Canada-ouest (Canada Western) No 4.70 à 71c MAIS Par 56 livres :— Maïs de l’Argentine (rare) 83 à 84c Maïs de Chicago.79c BLE Pour volailles (bonne qualité), par 100 Ibs.$2.00 FOURRAGES SUR RAILS A MONTREAL Mil No 1, par 2,000 livres.$18.00 à $19.00 Mil No 2, choix .$17 50 à $18.00 Mil No 3, par 2,000 livres.$16.00 à $16.50 Mil et trèfle, par 2,000 livres.$14.50 à $15.00 Le marché est irrégulier.MARCHE CENTRAL AU POISSON la livre Hareng frais, la douzaine.36c Flétan.Hc Merluche (haddock).6C Doré, gelé.Ile Brochet, gelé.gc Barbotte.I0e Perchaude.I0c Saumon, gelé.’ uc Morue fraîche.gc.Anguille, salée.' yc Merluche fumée.! Filet de merluche.|2c Hareng salé, 1-2 baril .$3.50 Morue salée, No 1, 200 Ibs.10.00 LES FINANCES ANGLAISES L’AIDE FOURNIE PAR L’ETAT L’St - SAMEDI 9.00 a.m.—King’s School 10.00 a.m.—High vs.W mount Jr.12.00 a.m.—Lower Canada College.4.00 p.m',—Shamrock.p.m.—C a n a d ie n vs.Wanderer.DEMAIN A VIAUVILLE Les courses de dimanche après-1 midi à l’hippodrome de Viauville réuniront sans aucun doute dans les estrades tout ce que Montréal compte de fervents amateurs de courses.1-æs classes au programme valent sûrement ce déplacement de tous les amateurs, car la qualité des inscrits j et même leur quantité garantissent au public des épreuves de premier ordre.Les courses commenceront a 1 heure 30 p.m.précise afin de pouvoir terminer le programme avant l'arrivée de la brimante.Les fervents du trot et de l’amble recevront ce AU PARC JILLCREST Voici les résultats des courses au trot et à l’amble disputées hier après-midi au parc Hihcrest de Toronto : 2.2ü, amble, bourse $400: Cauda (McDowell) .76111 Fred L.(Lhiburg) .11653 Gen.Locanda (Soules and Ray).3 2 2 7 2 Wilkes Haii (Irvine).4,3 3 2 6 Nellie Lee (McClure) .2 4 4 6 4 Angus Dillard (McKinnon).5 7 7 3 5 Red Ming (Tripp .6 5 5 4 ro Temps: 2.24 i-4, 2.33 1-4, 2.23, 2.27.2.20, amble, bourse 8100.Brown Hal (Ray) .113 5 1 Maggie G.(Langs) .63113 Texas Jim (Roche) .5 2 2 6 2 Clément, Nat'onal.Chamaillard, rational.Darling, Vies.Réchaid, National.Slater.Vies.- .Lavigne National.Dandurand, National, .Mowatt, Vies.Sargent, Vies.Orchard, Vies .Fraser, Vice.Sharp M.AA.A.Read, M.A AA.Beil, M.A.A.A.Sargent, M.A.A.A., a.arneau Lava’.Radeaux, Laval.» .Labrecque Laval.Work, McGill.Marson.McGill.Hill, Shamrock.POSITION DES CLUBS Nat'onal.Victoria.MA.A.A.McGill.Laval.Shamrock.G.P.2 0 0 0 0 99 contre 207 millions $667,008 en Solde $10,764,684 5.561,220 7,807,003 155,2 Si 309,603 LA SUN LIFE OF CANADA CETTE INSTITUTION PRESENTE UN RAPPORT PROVISOIRE TRES SATISFAISANT.Le rapport provisoire de la Sun : Life of Canada, pour l’exercice financier de 1914, indique que les de-j mandes de nouvelles polices reçues (par la Compagnie se chiffrent par lias moins de 39 millions $82,816; les j demandes d’annuités atteignent 2 ! millions $508,000.Une somme «le 18 j millions $843,790 Les fils de George Paccard successeurs FONDEURS DE LA SAV OVARDE, 43,365 LBS.Plus de 700 cloches sont placées au Canada.Garantie de 10 ans Parfaite Harmonie.Sans retouche après la coulée C.EMILE MORRISSETTE,?()l Représentant Général rw ^ /a ivt™ AIT 203 et 208 rue 'tourelle, Québec O» 358 rue Rachel Est, MONTREAL Machine pour carillonner brevetée, Coussinets à secteurs mobiles, Battants Retro-Lancés hrevetéa EXAMEN DES CLOCHES SUR DEMANDE.Aussi cloches d’occasions à très bas prix.DEMANDE/ \n TRE CATALOGUE., Mcssieurs les Membres du Clergé sont spécialement invités à venir visiter nos entrepôts de Québec une pleine! “Le Français.— Tiens, tête d’é-loupe, attrape! “Et, à toute volée, il envoie vers l’Allemand une boîte de sardines, pleine celle-ci, mais soigneusement attachée à une longue ficcHe.La boîte tombe à une dizaine de mètres de la tranchée ennemie.Aussitôt le Boche bondit de son trou et court à quatre pâlies vers la boîte convoitée.Mais, au moment où il va la saisir, la boîte, tirée par le Français, fait un bond de un mètre en arrière.Le Boche la suit en sautant.La séance continue ainsi, et l’on dirait un enfant courant après une grenouille dans un pré.“A ia fin, un fou rire part de tranchée française, et un lou> ciie : Adons, vieux Bochema faut venir les manger chez nous, sardines, ou sans ça.poum! capoutl “Le Boche hésite.Puis.vient manger ses sardines.Ap quoi ou le conduit au commandai Feuilleton du DEVOIR Barti le Victorieux par Henrik Sienkiewicz U (Suite) Un jour qu’il était assis à sa place accoutumée, il entendit la voix de Franck qui revenait de l’école en ¦ criant de toutes ses forces.Bartek Metira sa pipe de sa bouche : —Eh bien, Franck ! qu’est-c ce qu’il y a -—Qu'est-ce que cela te fait, à ' toi ?—Je peux bien me plaindre, j'ai tpçu une gifle sur la figure.—Qui t’a donné cette claque ?Qui veux-tu que ce soit, sinon Pan Boegé ?liPan Boegé remplissait les fonc-Hons d’instituteur à Poguembin.de quel droit t’a-t-il battu ?—Il avait ce droit, puisqu’il l’a fait ! Magda qui travaillait dans le jardin arriva.—Qu’est-ce que tu as ?demanda-t-elle.—Bien t niais i! m’a appelé sale Polonais et il m’a giflé.11 a dit que maintenant que les Allemands avaient battu les Français, ils nous écraseraient parce qu’ils étaient les plus forts.Moi, je ne lui ai rien répondu.Seulement, il m’a demandé qui était le plus grand personnage de la terre.Je lui ai dit que c’était le Saint-Père.Alors il me gifla.Je me suis mis à crier, et il m’appela sale Polonais.et il en a dit.et >1 en a dit.L’enfant allait recommencer la même histoire, mais Magda lui ferma la bouche avec la main, puis, se tournant vers Bartek, elle lui dit : —Entends-tu ?Enteds-tu ?Toi qui as battu les Français, et qui maintenant laisses battre ton fils par les Allemands, comme s’ils frappaient un chien.Va donc à la guerre pour voir aujourd’hui un Prussien battre ton fils ! Maintenant, te trouves-tu récompensé ?Et Magda, qui s’exaltait de ses propres paroles, se mit à pleurer aussi fort que Franck.Bartek, les yeux fixés, la bouche ouverte, restait comme abruti.Il pouvait d autant moins parler qu’il ne comprenait pas ce qui venait d’arriver.Qu’est-ce que cela voulait bien dire ?Alors, et ses victoires ! II réfléchit un instant.Un éclair brilla soudainement dans se yeux, le sang lui monta au visage et il s’élança en disant ; - -Je vais lui parler, moi ! L’école était tout près, derrière l'église, pas bien loin de la maison.Pan Boege se tenait justement devant sa porte, entouré de quelques porcs auxquels il [jetaiI des morceaux de pain.C'était un homme grand, d'environ cinquante ans, et solide comme un chêne.Il avait une grosse fttrnre avec des veux éneralunes et décidés.Bartek s’approcha tout près de lui : —Pourquoi, espèce d’Allemand, as-tu battu mon enfant ?Was ! demanda-t-il.Pau Boege recula de quelques pas, dévisagea Bartek, el, tranquillement, sans la moindre émotion, lui dit flegmatiquement : —Fiche le camp ! —'Pourquoi as-tu frappé mon enfant ?répéta Bartek.—Je te battrai, toi aussi, sale Polonais.Va-t-cn au diable 1 Va te plaindre à la cour et fiche-moi le camp I Bartek empoigna l’instituteur par les épaules, le secoua avec force en criant : —Tu ne sais donc pas qui Je suis ?Tu ne sais donc pas que j'ai vaincu les Français ; que j'ai parlé avec Steinmetz ?Pourquoi bas-tu mon enfant, espèce de Prussien ?Les yeux de Pan Boege lui sortaient de la tète.Il était Solide, mais il résolut de s’échapper des mains | de Bartek et il assena un formidable coup de poing sur la tête du vainqueur de Gravelotte et de Sedan.Autrefois, Bartek eût facilement supporté un pareil choc, mais ses î blessures l’avaient affaibli.Cepen-I dant, il ne perdit pas confiance en I Inl-même.Le fils de Pan Boege, un garçon de douze ans, venu au secours de son père, fut bientôt renversé à terre.Le père se sentit soulevé ; Bartek l’avait empoigné à bout de bras et ne savait plus qu’en faire.Malheureusement pour Pan Boege, un tonneau rempli d’eau de vaisselle pour les cochons se trouvait là.Bartek l’aperçut et plongea l’instituteur dedans.Les jambes de ce dernier gigotaient au-dessus du tonneau.Sa femme accourut en criant : — Au secours ! au se- ^ cours ! Elle renversa le baril et le con- ; lenu s’étala sur le sol.Des Allemands survinrent el se ruèrent sur Bartek.Une véritable bataille s’engagea dans laquelle Bartek disparaissait au milieu des ennemis qui [ l’entouraient.Mais, avec sa force prodigieuse, il put se dégager et il s’enfuit en courant vers la haie.Les j Allemands le poursuivirent, Alorslc ' vainqueur de Sedan, saisissant un des grands pieux de la haie se retourna et fit face à ses ennemis.11 avait la bouche ècumantc et les yeux brillants.La façon dont ses mains de fer brandissaient ce bâton le rendait effrayant.Aussi, j tous s’enfuirent et Bartek les poursuivit.Fort heureusement, personne ne lui tomba sous la main.Il mit se calmer un peu et il se dirigea vers sa maison.S’il avait mis en fuite des Français, leur retraite eût été bien certainement immortalisée par l'histoire.Mais ses ennemis, au nombre de douze, se rallièrent et s’acharnèrent de nouveau sur Bartek.Il rentrait cependant mais il était sur ses gardes, comme un fauve traqué par des chiens.11 se retourna une fois brusquement, alors ses ennemis reculèrent.Le bâton que bran lissait Bartek les tenait en respect.Mais ils lui jetèrent des pierres.L’une l’atteignit au front ; le sang coula sur ses yeux.Il sentit qu’il allait perdre connaissance, lâcha son 1)1 eu, lourna sur lui-même et s'affaissa sur le sol.“Hurrah !’ crièrent les Allemands.Mais avant qu’ils pussent se méfier, Bartek s'était relevé et s’élançait sur eux.Le loup blessé pouvait être dangereux.D’ailleurs, on apercevait une bande de paysans polonais qui accouraient à toute vitesse sur le lieu du combat.Les Allemands se sauvèrent et se cachèrent dans leurs maisons.—-Mais qu’est-il donc arrivé ?demandèrent les paysans.Je dressais les Allemands 1 répondu Bartek, et il s’évanouit.CHAPITRE VIH L’affaire prit une certaine im- portance.Les journaux allemar s’élevèrent contre la brutalité < Polonais, de vrais barbares, po ses par leur fanatisme religie: Pan Boege devint un héros.•' doux et sympathique missionnai chargé de répandre l’instructi dans ce village presque, inconi avait été la victime de la furie < paysans, il sera bien certainemi soutenu par tous les Allemands < ne pouvaient laisser souffrir inj tement un des leurs.etc.et Bartek ne se doutait guère de tempête qui s’amassait sur sa tt S’il était appelé devant la justi tant mieux, car il était dans s droit.On avait battu son enfan on l’avait attaqué, lui, et encore l’insultait ! De plus, les Allemar s’étaient jetés sur lui.Il avait bi été obligé de se défendre.Ils avaient Tancé une pierre à la té Pour qui le prcnait-on ?Lut ( élait l’homme du jour ; lui « avait gagné la bataille de Gravel te, lui qui avait causé avec Se metz et qui était décoré de si no breuses croix ?Comment se faist il que ccs Allemands ne pensassi nas à cela ?Et pourquoi ce P Boege avait-il osé dire qu’on éc serait les Polonais, eux qui avail si bravement battu les Français 1 (A tuivre) 12 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 2 JANVIER 1915 VOL.VI.— No 1 0 Le temps qu’il fera F/>rt* vent* de l’ouest, quelques jri-bt érs de neige locales, généralement beau et plus froid aujourd’hui #t demain, DIMANCHE, LE S JANVIER Le Trè Saint Nom de Jésus.Lever du soleil, 7 h
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