Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
jeudi 21 janvier 1915
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le devoir, 1915-01-21, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
VOLUME VI—No 16 MONTREAL, JEUDI 21 JANVIER 1915 DEUX SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne t CANADA ET ETATS-UNIS.$3.00 UNION POSTALE.$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS.$1.50 UNION POSTALE.$2.00 V Rédadion et Administration • 43 RUE SAINT-VINCENT MOVmEA.Li TELEPHONES : ADMINISTRATION: Main 7461 RÉDACTION ; «• Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LA LETTRE DE M.O’HAGAN Les Prussiens de VOntario.— Le “British Fair Play ” On trouvera tout à côté la première partie de la lettre de M.O’Ha-gan.Nous donnerons le reste demain.C’est une pièce d’importance considérable; ce sera, aux mains de nos amis, un excellent instrument de propagande dans les milieux anglais.M.O’Hagan habite l’Ontario (Windsor) ; il a été principal d’un high school dans cette province (à Rockland).lissait ce dont il parle et il a, sur la plupart de ceux qui traitent la question, l’énorme avantage d’avoir étudié sur place les systèmes scolaires de plusieurs pays.De plus, il est Irlandais catholique et cela a son importance, au moment où certains journaux anglo-protestants de l’Ontario s’efforcent de réduire toute la question à une querelle entre catholiques de langue anglaise et catholiques de langue française.Or, que dit M.O’Hagan?lout simplement ceci: “.J’ai un peu étudié les systèmes scolaires de l’Europe et de.l’Amérique et, NULLE PART, DANS L’HISTOIRE PEDAGOGIQUE D’AUCUN PAYS, je n’ai encore rien rencontré qui fût à la fois si étroit, SI DEPOURVU~DE SAGESSE, DE PEDAGOGIE ET DE BOS SENS, SI BRUTALEMENT INJUSTE que l’ordonnance scolaire de cette province dirigée contre l’étude et l’extension de la langue française.” Et il particularise sa dénonciation: Pas plus que M.Bourassa, il n’hésite à assimiler aux Prussiens d’Europe leurs congénères de l’Ôn-tario, qui ont eu l’art jusqu’ici de se dissimuler sous un pseudonyme anglais.“Quelque draconiens que puissent être, écrit-il en toutes lettres, les règlements scolaires de.l’Alsace, ils portent à leur face même PLUS DE LIBERALITE ET PLUS D’ESPRIT DE JUSTICE que les règlements ontariens relatifs aux écoles bilingues.Ceci ne peut être mis en question, car, au moment où j’écris, j’ai sous les yeux les règlements scolaires de l’Alsace et ceux de l’Ontario.” Il montre en même temps comment, dans les pays civilisés, on résout cette question de langue.En Belgique, par exemple, la langue maternelle est, de par la loi, la langue d’enseignement dans toutes les classes et cela, comme le fait re-marquer en passant M.O’Hagan, ne paraît pas avoir empêché les Belges de faire leur devoir dans les tranchées.En Afrique-Sud, au témoignage du Statesman’s Year Book, la langue du foyer — c’est-à-dire pour les Boers, le hollandais — est régulièrement langue d’enseignement pour les quatre premières classes.De sorte que les Boers jouissent, quelques années à peine après la conquête anglaise, d’un régime infiniment supérieur à celui que les Prussiens de l’Ontario veulent faire à la minorité française.Comme tous les gens intelligents, M.O’Hagan aperçoit très bien les conséquences de ce déni de justice: le fossé qui se creuse entre les races et qui compromet l’avenir de notre pays.Aussi demande-t-il à la majorité de langue anglaise de revenir sur ses pas, de s’arrêter dans la voie de la tyrannie.Mais, en même temps, il crie à ses compatriotes canadiens-français de résister avec une suprême et persévérante énergie.“Quel avis donnerais-je, écrit-il, aux Canadiens-français de TOUTES LES PARTIES du Canada?Celui de s’organiser et de montrer leur force.Portez votre cause jusqu’au Conseil Privé, si la chose est nécessaire, et si là vous échouez—ce qui, à mon avis, est improbable—CONTINUEZ LA BATAILLE.N’ABANDONNEZ PAS A L’ENNEMI UNE SEULE TRANCHEE.” En dépit des défections possibles, ne cédez point “car la justice, l’intégrité de votre race, la conservation de votre entité nationale et la fidélité.à vos plus nobles traditions exigent que vous restiez dans les tranchées jusqu’à ce qu’ait été tiré le dernier coup de fusil.” Ce conseil de persévérance et d’énergie sera suivi, nous en avons ft la confiance.Nous voulons pareillement espérer que la prophétie suprême de M.O’Hagan ne tardera pas à se réaliser.“Croyez-moi, dit-il, des milliers de Canadiens d’origine anglaise, irlandaise ou écossaise applaudiront à voire sagesse, à votre patriotisme et à votre ténacité et, à la fin, apporteront à votre noble et patriotique travail le sceau de leur approbation.” * * * ' Nous aurions voulu traduire en entier la lettre de notre vaillant ami.1 espace nous manque, à notre vif regret.Mais il est un passage encore que nous voulons signaler: c’est celui où M.O’Hagan dénonce .absence totale de loyauté d’un certain nombre de journaux de langue anglaise.Bous parlons, dit-il, de hair play britannique.Cette expression, je l’avoue, a quelque sens en Angleterre, mais avec le régime scolaire qui existe présentement dans l’Ontario, cette expression n’a ici aucun sens.Car une grande partie des journaux canadiens des deux partis refusent absolument à la minorité canadienne-française ou à ses défenseurs le moyen de plaider sa cause dans leurs colonnes.Est-ce là le British Fair Play?Mais ce que feront et ce qu’ont fait plusieurs journaux, c est de dénaturer et de falsifier à leur propre avantage toute déclaration faite en faveur des droits scolaires de la minorité canadicnne-française.” Et M.O’Hagan sait, encore une fois, ce dont il parle, puisque dans sa courageuse campagne pour la justice, il s’est plus d’une fois heurté à cet abominable parti pris.Le Montreal Star même lui a refusé une demi-colonne pour défendre la minorité.Il est vrai que, depuis, le Star s’est fendu d’un article fort sympathique à l’endroit de cette même minorité, et M.O’Hagan ferait peut-être bien, en invoquant cet article, de renouveler sa tentative.11 fournirait au Star une excellente occasion de servir la cause du Droit et de démontrer la profondeur de sa sincérité.Orner HEROUX.LETTRE DE QUEBEC , Premier vote.-Le* contribuables de Ville Émard.Québec, 20.— Le premier vote de la session a été pris aujourd’hui.Ce sont les résolutions préliminaires au projet de loi obligeant les agences privées de policiers à se munir d’un permis du prix de $200 qui l’ont provoqué.Quarante-deux députés, dont MM.Prévost et La-vergne ont voté pour.* * * Ce projet qui deviendra loi, étant d’intérêt puWic, il convient d'en citernes parties essentielles.Une personne ou une corporation ne peut agir comme détective particulier, ni s’annoncer comme 5 tel, ni prendre ce titre ou un titre équivalent dans un document, sur une lettre ou une carte, sans obtenir au préalable un permis à cet effet du trésorier de la province.Toute personne ou corporation demandant l’octroi du permis; doit «s’adresser par écrit, au trésorier de *la province cl fournir un cautionnement jusqu'à concurrence d’une somme de $3,000.00 pour garantir, en toutes circonstances, tant elle-même que pour ses agen eonployés, le parfait, honnête gui accomplissement des de qui lui incombent en qualité d tective particulier.Le trésorier de la province, ; 1 enquête qu’il juge à propos faire sur le caractère, l’habiU la compétence de la personn de la corporation demandant troi du permis, et sur approb du cautionnement et réception droit de $200.00, peut émettre rapport favorable du procumi neral, un permis rédigé suiva formule B ou toute autre au i effet, autorisanl ie requérant à duire ou à tenir un bureau d tectives particuliers pour le t d’une année.“Les personnes qui servent me employées ou agents d une sonne ou d’une corporation po d’un permis émis con for ménu 1 article 3666c, ne sont pas h de se procurer un semblable mis, mais elles doivent, tout de même, sur recommandation de l’employeur, se procurer un permis spécial annuel sur paiement d’un droit de $2.00.“L’employeur qui a recommandé une personne ou un agent qui obtient un permis spécial en verlu du présent article, est responsable de (a conduite de cette personne ou agent dans l’exercice de ses devoirs de détective particulier.“Quiconque commet quelque acte prohibé par la présente section oü ne se conforme pas aux prescriptions qu’elle édicte, encourt une amende de pas moins de §200.-00 et de pas plus de $500.00, pour chaque contravention, et, à défaut du paiement de l’amende et des frais, un emprisonnement n’excédant pas trois mois.“S’il s’agit d une corporation, le président, le gérant, le secrétaire ou le trésorier, selon le degré de cul- Eabilité de ces officiers, sont passives de l’emprisonnement ci-dessus fixé, à défaut du paiement de l’amende et des frais par la corporation.“Une personne, une corporation ou un employé ou agent détenteur d’un permis émis en vertu de la présente section ne peut prêter ou louer ce permis à une autre personne ou corporation ou à un autre employé ou agent, sous peine de 1’amende ou de la pénalité édictée par le paragraphe 1 du présent article.“Tout permis ainsi prêté ou loué est nul, ipso facto.“Les mots “détectives particuliers”, dans la présente section, désignent les personnes ou corporations qui, moyennant rémunération, s'occupent à rechercher les auteurs des infractions prévues par les lois ou à fournir des renseignements sur le caractère moral ou sur la conduite de certaines personnes ou sur le mode de transiger certaines affaires par des corporations ou personnes, mais n’incluent pas les corporations ou personnes qui s’occupent, moyennant rémunération ou autrement, de donner des renseignements sur la situation financière ou commerciale d’autres corporations ou personnes.” * -s M.Tellier trouve dans ce texte deux principes qu’il ne peut admettre: la restriction de la liberté du travail et la création d’un pouvoir arbitraire.Autrefois le travail était libre dans la province; maintenant on le frappe d’un impôt.En quoi l’honoraire de $200 peut-il être une garantie pour le public?De plus, c’est un seul homme, le trésorier provincial, qui décidera si un tel, bien que se conformant au principe général de la loi en payant les $200, peut exercer le métier de policier.M.Mitchell remarque que cette loi est nécessaire à Montréal.A quoi M.Tellier répond que la législation de la province subit trop l’impression que Montréal est toute la province.En dehors de Montréal, cette loi aura l’effet de restreindre les moyens d’action des avocats par exemple qui, pour se renseigner sur la crédibilité d’un témoin ne pourront plus recourir aux services de leur huissier ou des personnes connaissant celui-là, et dans bien des cas, lorsque la partie intéressée n’aura pas les moyens de payer les frais d’une agence, de compromettre leur cause.Cette loi s’inspire trop du désir d’augmenter le revenu ou de la crainte de voir revenir l’agence Burns.MM.Lavergne et Prévost approuvent au contraire le principe de la loi, qui mettra fin à une foule d’agences qui ne sont rien autre chose que des instruments de chantage.M.Prévost voudrait même que toutes les agences de policiers fussent responsables an Procureur-Général.M.Cousineau saisit l’occasion pour suggérer un service de police générale qui agirait pour le public.Actuellement- dit-il, si un vol se commet en dehors d’une grande ville, la police provinciale refuse d’agir et la police municipale aussi.Les victimes n’osent pas s’adresser aux agences privées à cause du coût élcyTé de leurs services.Et c’est ainsi que beaucoup trop de vols restent impunis.Les résolutions préliminaires au projet sont votées tel que dit plus haut avec applaudissement traditionnel pour MM.Mitchell et Bu-geaud, qui votent pour la première fois et le coucou habituel chaque fois que l’assistant-greffier mentionne le nom du député de Laval.* * * Le reste de la séance a été plutôt terne.On a voté un amendement à la loi des coroners, qui les autorise à ordonner l’examen interne ou externe de la victime avant la convocation du jury, et un amendement à la loi d’agriculture portant à cent mille piastres le fonds destiné à subventionner les sociétés d’agriculture.M.Prévost a profité de l’occasion pour demander de l’aide en faveur de !a société d’agriculture No 1 de Terrebonne qui se construit des bâtiments à Saint-Jérôme.On a discuté aussi l’à propos des expositions annuelles et l’amélioration du bétail sans grands résultats pratiques.* * * Le bill de la commission scolaire catholique de Montréal, distribué aujourd’hui, est en partie le re iquat de l’annexion de la municipalité scolaire de Ville Emard dont le passif, affirme le préambule, excédait l’actif de plus de $80,000 et qui n’avait en 1913-14 perçu aucune taxe scolaire.La commission générale demande donc que !es contribuables de Ville Emard soient obligés le combler ce déficit en pavant durant six ans, à partir de 1016-17 une taxe additionnelle rie 20 sous par ce.it piastres, et, cette année, une taxe additionnelle de 60 sous par ce.it piastres pour remplacer la taxe non perçue en 1913-14.La commission demande en outre le pouvoir d’a- BILLET DU SOIR “ OUI OU NON ?” “Oui ou non?" Que de fois cette question nous embarrasse, dans sa brièveté formidable, nous pousse au pied du mur, nous laisse incapables de dissimule!; davantage, nous force à donner lu réponse nette et précise qui ne laisse place à aucun équivoque! Mais ceux qui la posent savent qu’il est parfois impossible d’y répondre tout net, qu’il y faut faire une distinction préalable, déblayer en quelque sorte le terrain avant d’énoncer la réponse définitive.Aussi n'est-il pas toujours à leur avantage d’insister pour l’obtenir, cette réponse.Car maintes personnes, d’esprit vif, savent s’y dérober et prendre avantage du: “Oui ou non?” pour embarrasser à son tour le questionneur.Tel ce politicien canad:en-fran-çais d’une autre époque, d’esprit et d’éloquence brillante, qui ne fit jamais rien, tout en étant l’un des plus intelligents et des plus redoutables orateurs de son temps.Un jour, au cours d’une campagne électorale il s’était proclamé indépendant, bien que notoirement connu comme conservateur.Un de ses adversaires de hustings, rouge enragé, et qui n’était pas de taille à lutter d’esprit avec lui, lui posa cette question, à brûle-pourpoint: — Etes-vous bleu?Etes-vous rouge?Oui ou non, êtes-vous bleu, êtes-vous rouge?” Et, se tournant vers la foule, il ajoutait, fier de son interrogatoire: “Mpnsieur doit être capable de répondre tout de suite à cette question.C’est simple et facile, de répondre oui ou non.Qu’il le fasse!” —-C’est bien facile, au dire de mon contradicteur’’, commenta l’orateur retors, “de répondre à toute question par un oui ou par un non.C est facile, dites-vous?” en se tournant vers le rouge fier de sa trouvaille, et qui fit un signe de tète fortement affirmatif.—Eh bien, messieurs, je vais vous prouver comme ça n’est pas si facile que ça!” El, se tournant encore vers le rouge, il fui dit: “Dites-moi, mon ami, était-cè la première fois que vous battiez votre femme, hier soir?Répondez par un oui ou par un non.C’est si ïaeile!” Le rouge fut tout embarrassé, tandis que la foule rii/it aux éclats.Répondre oui, c’était admettre avoir battu sa femme.Répondre non, c’était avouer l’avoir d\’jà souvent battue.",—Allons, mon ami, répondez! Oui on non?C’est si simple!” Le pauvre diable cherchait une issue et s’apercevait que ce n’était pas si simple qu’il l’avait dit.L’autre, profitant de son embarras manifeste, accentua l'ironie en lui posant cette seconde question: “Voyons, mon ami, dites-moi, etes-vons aussi bête que vous en avez l’air?Répondez, oui ou non.C est si facile!” L’autre n’a pas encore répondu.Paul POIRIER.LA GUERRE Les dépêches de la nuit et du matin apportent de nouveaux détails quant au raid aérien des Allemands audessus de Yarmouth, de Sandringham et des petites villes avoisinantes, et parlent d’une protestation de la Hollande auprès de Berlin, relaÜ-vement à cette incursion teutonne, En France, il se passe peu de neuf, mais on s’attend à de nouvelles tentatives allemandes .dans la région de Soissons et dans l’Alsace et |a Lorraine.Nouvelles rares, de Russie L’Angleterre, à part l’intérêt qu’elle porte à son second bombardement par les Allemands, s’intéresse aussi à la question ou “ Dacia ”, qui risque de soulever de nouvelles difficultés avec les Etats-Unis.Chez nous, il faut surtoat noter un discours fort sensé de M.White, le ministre des Finances, au sujet de l’agriculture canadienne, pendant la guerre.ZEPPELINS?11 est impossible de savoir si ce sont des zeppelins ou des aéroplanes qui ont survolé l’Angleterre, mardi soir, et bomlardé quelques-unes des villes de la côte, sur la mer du Nord et d’autres à l’intérieur des terres.Les domagei matériels sont assez étendus, et il y a eu au plus cinq ou six pertes ds vie.Les témoignages sont fort contradictoires quant à la nature exacte des agresseurs allemands.Etiient-ce des dirigeables ou des aéroplanes ?Le bulletin de Berlin est délibérément discret à ce propos : il parle de “ airships Des journaux anglais prétendent que les Allemands se sont servis de dirigeables seuls, d’autres ne mentionnent que les aéroplanes et un certain groupe parle enfin de dirigeables escortés (ïaéroplanes.Des témoins nombreux appuient toutes ces versions.Il Serbie, d’après la nature de certaines les bombes trou vées intactes, à Yarmouth et dans les environs, qu’elles aient été lancées par des zeppelins, mais cela même n’est pas bieî certain.Cette question offre de lintérêt, puisque, si ce sont simplemînt des aéroplanes qui ont fait un tel raid, il resterait à l’Allemagne à démontrer la praticabilité de ses zeppelins, pour jouter $25 à la retrute de ses instituteurs pour chaque cent piastres que ceux-ci toucheront du fonds de pension des instituteurs et institutrices.Si le trésorier n’a pas changé d’idée, nous l'entendrons parler finances demain.* .Jean DUMONT.un raid audessus de territoires éloignés, tandis qu’autrement la randonnée de mardi soir l’aurait déjà établie.Et c’est là ce qui intéresse surtout les gens au courant de l’aéronautique.Berlin entretient à dessein l’obscurité autour de tout cela.Les journaux anglais admettent que ce n’est là qu’un préliminaire à des attaques aériennes plus grandes.Mais si elles ne donnent pas de meilleurs résultats pratiques que celle de mardi soir, elles mettront en relief l'inutilité relative des dirigeables et des aéroplanes comme instruments de combat dangereux, si tous deux sont de merveilleux observateurs, et des plus utiles en cette qualité.Londres prétend que le gouvernement hollandais aurait rintention de protester contre la violation de la neutralité de son territoire que les aéroplanes ou les zeppelins teutons auraient commise en survolant la Hollande et les Iles de la Frise pour aller jeter leurs bombes sur l’Angleterre.Il y a quelque temps, à la suite d’un raid d’aviateurs anglais qui allèrent jeter des bombes sur Friedrichshafen, l’Allemagne protesta, auprès de Genève, disant que ces aviateurs avaient violé la neutralité du territoire suisse en le survolant, ce qui n'a pas été établi.Le nrotêt de la Hollande serait donc vraisemblable et appuyé sur des précédents.Mais rien n’indique que la Haye le fera; du moins nu«le dépêche officielle ne l’annonce.Il aopert toutefois que de nombreux témoins auraient, au cours de la journée qui précéda et de la nuit oui suivit l’incursion au-dessus de l’Angleterre, entendu, sur les côtes de la Hollande, les moteurs des aéroplanes ou des dirigeables teutons.Certains prétendent même que des ballons, tvpe Parseval.semi-rigide, auraient bombardé Yarmouth, accompagnés de quelques biplans allemands.Le saura-t-on jamais?EN FRANCE De France, on signale le bombardement de Soissons et de la banlieue par les Allemands qui voudraient détruire la vilie, franchir l’Aisne et tenter neut-ètre une nouvelle marche sur Paris.Les experts s’entendent pour dire qu’elle serait impossible à tous les points de vue, puisque les approches de Paris sont maintenant protégés cent fois mieux qu’en septembre dernier et que les armées françaises en activité sont plus fortes, plus aguerries, mieux outillées, mieux commandées qu’elles ne l’étaient alors; car, dans l’intervalle, Joffre a mis en disponibilité plusieurs généraux incapables et les a remplacés par des nouveaux titulaires qui ont maintenant fait leurs preuves.Les dépêches signalent aussi le calme relatif des Allemands, dans cette région, sauf tout près de Soissons; mais ceci peut être trompeur.Car, en dépit du fait que les Français occupent de très fortes positions au sud de l’Aisne et aussi sur le flanc est des Allemands, sur la rive nord, il ne faut pas en conclure que ceux-ci vont renoncer à l’idée d'une nouvelle tentative de trouée.Ils ont habitué le monde, depuis cinq mois, à leurs essais audacieux, presque toujours terminés par des échecs considérables.Et il y a tout lieu de croire qu’ils ne renonceront pas de sitôt à ces méthodes stratégiques, ne serait-ce que dans le but d’affermir la confiance, de la population allemande éloignée des champs de bataille.EN RUSSIE De Petrograd, on télégraphie que l’objectif principal de von Hinden-burg, une marche sur la Vistule et l’établissement de ses troupes sur le bord de ce fleuve, vers le centre du territoire qu’il traverse pour se jeter à la mer, ne réussit aucunement et que les troupes moscovites, par leurs manoeuvres récentes, auraient obligé ce général à changer tout son plan de campagne afin d’éviter une défaite à ses soldats, et à les reformer avec un nouvel objectif, encore inconnu, mais qu’on suppose être le ralliement aux troupes allemandes dans la Prusse do l’Est.Sur les autres front, les succès moscovites continuent.En Gblicie et en Bukovinc, notamment, l’avance des Russes est considérable.LE “DACIA ” Le départ prochain du “Dacia”, navire qui battait pavillon allemand avant la guerre, mais que des armateurs américains ont acheté, inscrit aux régistres de la marine marchande américaine, chargé, de coton et qu’ils envoient maintenant en Europe, vers un port neutre, sous pavillon étoilé, intéresse Washington et Londres.Il pose une grave question, celle de la validité du changement de drapeau et d’inscription maritime pendant la guerre, d’un navire appartenant à l’ennemi avant la déclaration des hostilités.Londres a averti qu’elle saisirait ce navire, sans s’occuper du fait qu’il bat pavillon américain.On prétend, à Londres, que ce changement ne peut se faire pendant la guerre.L’autoriser, dit-on, ce serait créer un précédent à la faveur duquel tous ies navires allemands maintenant aux Etats-Unis pourraient, en changeant de propriétaires, recommencer le commerce maritime allemand, outre que leur achat par des armateurs étrangers donnerait de nouvelles ressources d’or aux Allemands.Et puis, rien n’empêcherait les armateurs américains de revendre ces navires à l’Al* lemagne, une fois qu’ils seraient retournés dans des ports allemands.Et le blocus des mers par les Alliés n’existerait plus, dit Londres.Aussi attend-on avec un vif intérêt le dénouement de l’affaire du “Dacia”.Il partira ces jours-ci, chargé de coton, (Suite à la dernière page).WHAT THE FRENCH CANADIANS ARE FIGHTING FOR by THOMAS O’HAGAN.It seems to me that the racial cleavage between the English and French peaking peoples of Canada, which if justice were meted out all around should not exist at all, is becoming very much accentuated during the past few years.Why is this?Because in my opinion the simplest elementary justice in the matter of education is being denied the French-Canadian minority in the Province of Ontario.This French-Canadian minority have asked for a right with respect to the study of their language in the schools which they support with their own money, that is not only conceded in every civilized country of the world but is primarily a right belonging to the parent and not a concession of the State.We hear judges on the bench declaring that natural rights must sometimes give way to legal rights.Not so unless the parties enjoying this natural right have failed in their obligations or the fulfillment of their duties.Should they fail to'do their duty, then and only then, can the State step in.Speaking in a general way, interference with a natural right may be regarded as tyranny on the part of the State and the judgment of the world registers it as such as witness the judgment of his-tosy on the part that has been played by Germany in its attempt during (he past half century to crush out the French language in Alsace and Lorraine and the Polish language in Prussian Poland.Shall we, I ask, here in Ontario imitate this tyranny which has made the word Prussian a synonym now the world over of arrogance and brutality?It seems indeed from the educational ukases issued at Toronto that wc are in a fair way of doing this.ONTARIO AND ALSACE But I have forgotten.However Draconian may be the educational regulations in Alsace they bear on their face more liberality and justice than do the Bilingual Regiila-tions in Ontario.This cannot be questionel because I have the educational regulations of Ontario and the educational regulations of Alsace before me as I write.By the way it is in this connection interesting to note that our educational wiseacres at Toronto, Hon.Dr.Pyne, Dr.John Seath and their fanatical organs which screech like peacocks whenever the words bilingual school are mentioned, arc fond of referring to our neighboring republic the United States as a coun-Iry where only one language, the English language, is permitted to be taught in the public schools.As a matter of fact this is by no means true.Resides, the conditions and the situation are not at all (he same in Canada and Ihc United States.Suppose for instance that thirty million of the one hundred million today in the United States spoke French, were nurtured with French traditions, hail a body of literature as rich, nay richer, than that produced by a Parkman, a Pfescott, a Longfellow, a Lowell, a Poe, a Hawthorne and an Irving, drew their intellectual strength not from Shakespeare, Milton and Thompson but from Molière, Fénelon, Hugo and Lamartine and had their language recognized as official by solemn pact and treaty, think you that the American people would be so unjust, so absurd as to attempt crush out the study and extension of the French language by such regulations as have been passed recently here in Ontario?Not a bit of it.Besides let it not be forgotten that down in Louisiana a decree in the Constitution of 1879 and confirmed and approved of in the Constitution of 1898 permits the French language to be taught in the public schools of that state and in the High Schools of Louisiana, outside of New Orleans, French is the only modern language including of course English that is taken up for study.But where bigotry and prejudice obsess the mind as is the case here in Ontario precedent and example and citation are of no avail.You cannot reason with the robber who has made up his mind to have your pocketbook, no more than vou can reason with the fanatic who feels that God has handed your soul and your intellect and your rights and your liberty into his judgment and keeping.“THE SCHOOL INSPECTORS.HAVE CONDEMNED THE REGULATIONS.” Let me say here that I know something of the educational systems of both Europe and America and I have not yet met with in the educational history of any country anything at once so narrow, devoid of the wisdom of pedagogy and common sense, so brutally unjust as the school enactment in this Province aimed against the study and extension of the French language.Why, for the French-Ganadians of Ontario to tamely submit to such regulations Ihey would require to be less than men or greater than angels.Even the very School Inspectors of the Education Department — “English revising Inspectors” (God save the mark!) servants of the Government, have condemned the regulations.But you know the Orange threat was too strong and the fact that thirty-five members of tha Ontario Legisniture, uuaisi i yne oc v.o.Delong to thu lodges make it impossible that tha pleadings of justice for the French-Canadian minority should he listened to.Even the late Sir James Whitney in many respects a large minded and fair man had to yield on the eve of the last Ontario election to the fanatical clamor of this Twelfth of July brigade.What is the result of this?It is twofold.A racial bitterness has been engendered between the English and French of this Province —nay more it has extended quite beyond the bounds of Ontario.Fair minded English non-catholics fully realize that this prejudice against the French-Canadians has been fanned during the past few years and many of the most intelligent amongst them privately and publicly condemn this unhallowed and unpatriotic crusade launched against our French-Canadian fellow countrymen here in Ontario.WHAT Mr.WILKIE SAID Here is what Mr.George Wilkie, B.A., a leading Toronto lawyer and a former President of ihe Canadian Club of that City said of the French Canadians at a Canadian Club luncheon in Toronto last April: “ft seems to me if we are to work out our great destiny in this last and best piece of land fit for the habitation of white men we can do so only on great principles, principles of fairness and justice to the East and to Ihe West of fairness and justice to the English-speaking man, and of fairness and justice to the French-speaking man./ want further to present to you a most striking fact which is that we are not always fair, not always just, perhaps not always honest in dealing with those who speak another language, but who are nevertheless just as good Canadians us we notwithstanding that they speak a different longue than we do, who were Canadians indeed before wc were, for their history stretches back to the earliest history of this continent.If 1 were a Frenchman or French were my mother tongue I should glory in that history 'just as they do; and if my native tongue was the French tongue with all its glory of French literature, drama and history, I should glory in that tongue as they do.AND l SYMPA-THivE WITH THEM TO THE FULL WHEN THEY WANT TO PRESERVE.AS MUCH A .S' THEY CAN, ALL THESE THINGS WHICH THEY HAVE INHERETED FROM THEIR GLORIOUS ANCESTRY”, But our educational wiseacres at Toronto, “specialist” makers in French who are wiser than the greatest savants of Europe and who curry around “syntax” exceptions in their hippockets, do not look at things as Mr.Wilkie does.They want to put the little French-Canadian children through a inachino and turn them out Anglo-Saxons.“THEIR HONESTY” Mr.Wilkie says that we English-speaking people are not honest in our treatment of the Frenc.b-Cana-dians.He is quite right.But you see with our educational wiseacres at Toronto honesty is a relative term.Let us for a moment here take a look at their honesty — peep behind the educational curtains at Toronto where Dr.Pyne and Dr.Seath are compounding their pills.You will notice that the inspector, English inspector of these French Schools or rather schools where the majority of the ratepayers are French, no doubt doing this at the suggestion of his master who put his collar on in the Education Department, usually gives instructions to the trustees of such schools to advertize for a second-class teacher, knowing full well that there is no Training School in this Province to give professional training to bilingual teachers seeking a second-class certificate and that the qualified applicants capable of teaching English and French will he few if any and the English applicant must be engaged to fulfill the Regulations of the Education Department.Now I ask here : Is this honest, is this fair, is this just?Three or four little portable bilingual mills hdtye been established at points in the Province but these cannot issue professional second class' certificates and at the head of these in some instances are English-speaking non-Cntholics.Fancy the English minority in Quebec subjected to this kind of treatment.Recently, when the school case in Lancaster township near Cornwall was being tried in appeal before Justice Meredith in Toronto, some interesting things came to pass.Justice Meredith asked Mr.Belcourl who had charge of the case for the French, how he -would decide in what langiinge the child should receive its instruction in school in case the child's mother was French and the father Scotch.I will just here answer Justice Meredith’s question and say that this is a question to be settled not bv the counts nor by the Educational Department but by the parents.Here Justice Meredith strikes the very kernel of the whole question where natural rights or if vou will parental rights rather than legal rights or state rights should pre-1 , (£uite à la 2ème page) 1 LE DEVOIR, MONTREAL, JEUDI 21 JANVIER 1915 VOL.VI.— No 16 ü WHAT THE FRENCH CANADIANS ARE FIGHTING FOR (Suite de la 1ère page) vail.Morever I will cite for Justice Meredith three countries where the question of which language is to be used in instruction is left to the parents and there is little fear where these parents are of different races or tongues but that they can fix upon the most useful and necessary language for their child without any appeal to a suffragette court.BELGIUM, MALTA AND SOUTH AFRICA The world has been ringing for some month with the patriotism of the Belgians.Well they are bilingual speaking French and Flemish arid the fact that they do so does not seem to have interfered wit?*, their fighting in the trenches.The school regulation in Belgium reads : “In all the communal schools the maternal language shall be the vehicle of instruction throughout the different grades of teachftig and this maternal language shall be determined by the head of the family.” Now as the suffragettes are day by day gaining in power.Justice Meredith will, I am sure, with great gallantry concede to this French Canadian mother a say in the matter.Next, I turn to South Africa and I find that the Statesman’s year Book for 1913 tells us with respect to the administration of Education there: “In regard to the question of language the medium of instruction up to and including the Fourth Class is the home language of the pupil but parents may request that the second language be gradually introduced as a medium”.Again the question is referred to the parents.You see, that even in “ Darkest Africa ” they do things better than we do in Ontario.But Orange Lodges have not yet fom.d their way into Africa.The third country which 1 will cite for Justice Meredith is the Island of Malta.In that quaint and historic little island, the State-man’s Year Book for 1913 tells us regarding education : “ Italian continues to be the official language of the courts, but parents have the right to decide whether their children shall learn on-glish or Italian at school.” Again the matter is referred to the parents.I may say that 1 visited the Island of Malta in the spring of 1913 and I could not discover,even with Ihc aid of a microscope, any vestige of an Orange Lodge."ONLY IN ORANGE BEDEVILLED ONTARIO.” Now why do i cite all these cases '! Simply to show that only in Orange bedevilled Ontario does such a narrow vision — such a narrow ,:ew obtain as to the rights of the minority in the matter of education.But in truth, we need not go to these distant countries to contrast their liberality with the tyranny to which the minority French Canadien and Catholic are subjected in iris Province.Down by the sea in Nova Scotia, New-Bruns-wick and Prince Edward Island, even in Manitoba, the fullest opportunity is accorded the French Ca nadian children to acquire a good knowledge of their mother tongue.Here in Ontario, in certain quarters, there is an insane hatred of everything French.You think Ihis is an exaggeration.Not a bit of it.Did you sit for two hours in an Orange meeting as I have listening to the gross misrepresentation of the French Canadians with religious fanaticism emphasizing their tirades yoti would know and understand better the motive behind the whole movement.But you will say perhaps that these Orange fanatics do not represent the public mind of Ontario.Wei] they represent it just so far that they have poisoned the public mind here in Ontario and rendered justice impossible.(To follow and end to-morrow) -«- LES FUNERAILLES DU CHANOINE SLOAN (De notre correfiDoutfantl Ottawa, 21 — Hier avant-midi ont eu lieu les funérailles du chanoine Sloan, curé de la paroisse Sainte-Brigitte, d’Ottawa.Une foule très considérable de paroissiens et de fidèles de la ville assistaient aux funérailles.Les Chevaliers de Colomb en corps assistaient au service religieux et accompagnèrent la dépouille mortelle à la gare.Sa Grandeur Mgr Gauthier, archevêque d'Ottawa, a chanté le service funèbre, avec comme assistants Mgr Routhier, V.G., et les chanoines Campeau et Bouillon.La dépouille mortelle est partie à une heure à bord d’un train spécial, pour Vin-Ion où ont eu lieu les funérailles ce matin.A Sainte-Brigitte l’oraison funèbre a été prêchée par M.l’abbé Fitzgerald, curé de Bayswater.A Vinton, ce matin, le service a été chanté par Mgr Ryan.Sa Grandeur Mgr Brunei, évêque de Mont Laurier, assistait au choeur.-c- FEU GUILLAUME COUTURE A une assemblée d’urgence convoquée le 17 janvier par la “Chorale de l’Enfant Jésus” il a été proposé par M.le Dr Ls.Vcrschelden, secondé H l’unanimité, qu’un vote de condoléances soit envoyé à la famille de M.Guillaume Couture à l’occasion de la mort du distingué musicien et que copie soit transmise aux journaux.“Chorale du Saint-Enfant-Jésus”.Aug.LEGUERRIER, Secrétaire-trésorier.7% PREMIERES 7% HYPOTHEQUES Montant* de 1100 et pin*.Mitre de 50 p.e.Intérêt* trimestriel*.Garantie indiscutable, ches MARC1L TRUST 180 èt-Jacque* L’OPINION DES AUTRES Lettres à la rédadtion du DEVOIR.LA LETTRE D’UN ÉCOSSAIS PROTESTANT Montréal 15 janvier 1915.Monsieur Henri Bourassa, Rédacteur “ Le Devoir Montréal.Monsieur, J’ai lu avec intérêt la lettre de feu l’honorabie P.S.G.MacKenzie, parue dans votre numéro du 9 courant, à propos des écoles d’Ontario.J’ai connu très bien Monsieur MacKenzie,—ayant pratiqué comme notaire à Richmond, de 1902 à 1912.— Pendant ces dix années, nous avons souvent parcouru le comté ensemble ; et je saisis cette occasion de joindre mon opinion à la vôtre en disant quo : “ Son bon sens et sa culture étaient plus étendus qu’on ne l’a généralement cru.” Quant à la lettre en question cependant, qu’il me soit permis de dire que, dans mon opinion, M.MacKenzie aurait mieux fait s’il avait consenti à Sa publication.Quoi qu’il en soit, Monsieur MacKenzie n’est plus.Il a laissé derrière lui un nom qui sera respecté et vénéré— surtout par ceux qui l’ont le mieux connu, et je ne veux pas faire de reproche à sa mémoire.Personnellement, comme protestant d’origine écossaise, je suis forcé d’admettre, et le devoir impose que je l’avoue publiquement, que les Canadiens-Français nous accordent non seulement nos droits,, notre liberté pleine et entière, niais ils manifestent envers nous une générosité que nous ne méritons souvent pas.Comme tout autre peuple, ils ont leurs défauts ; mais, règle générale, on ne peut les accuser d’être injustes ni de .manquer de générosité à notre égard.J’avoue une ignoranqe blâmable des questions scolaires d’Ontario ; mais si mes compatriotes de cette province sont injustes envers la mr norité catholique, la cause principale, j’en suis sûr, est l’attitude des ultra-torys et surtout de la presse orangiste d’Ontario, qui, depuis 1890, date de l’arrivée au pouvoir de Sir Wilfrid Laurier, n’ont pas cessé de calomnier notre province et de susciter toutes les passions de race et de religion.Cette campagne sans relâche, vous le savez bien, a porté ses fruits.Mon grand-père ainsi que mon père étaient ministres protestants.Mon grand-père est mort il y a longtemps ; et, en 1884, mon père a quitté la province d’Ontario pour s’établir dans la porvince de Québec, ici, il a su connaître les Canadiens-français.Il a fait l’expérience de nos liberies, et par conséquent il n’a pas cédé à l’influence de cette campagne fanatique.En 1911 lors des dernières élections générales, il passa quelques semaines dans sa province natale ; et ça lui a fait beaucoup «le peine de constater le nombre de ses vieux amis libéraux qui avaient abandonné leur parti à raison des causes que j’ai mentionnées.Il a eu la bonne fortuné d'entendre parler sir Wilfrid Laurier et ça lui a touché le coeur de l’entendre, les larmes aux yeux presque demander à ses vieux amis pourquoi ils l’abaii-donnaient.Nonobstant ta générosité de vos compatriotes en général envers nous, je suis forcé de vous dire fran-chement que je regrette beaucoup votre attitude sur la guerre actuelle.Personnellement, il me semble que vous avez manqué l’occasion de vous montrer grand.J'espérais que le vieux sang français parlerait en vous, mais j'ai été désappointé.Pourquoi débattre cette question de.langue française et de langue an-1 glaise avant de régler d’une façon définitive la question de la langue allemande ?Parler de:; ccoles, c’est parler de la politique ' Pourquoi ne pas suivre l’exemple de nos chefs politiques nu Canada, l’exemple ne la France, des Anglais, des Ecossais, des Irlandais, et même des Allemands, et mettre de côté nos diffi rends locaux en travitllant ensemble jusqu’au triomphe fin U de nos alliés ?Dans res jours tristes pour la belle France, et pour notm Empire, dans ces jours de soufFtaece pour les .Liges qui, par leur co cage, se som attiré l’admiration du mondé entier, ms assemblées pop Tci'-es, qui tendent seulement à susciter les passions de religion et de race et de divertir l’attention du peuple de la grande cause en jeu, sonl pour le moins peu édifiantes.Quel en sera le résultat ?Est-ce que cette province sera plus respectée et admirée par les autres provinces, par l’Empire eu général, par les Français.par les Américains mêmes ?Je ne le crois pas.On dira que notre premier ministre provincial lui-même a parlé de la question «les écoles ; mais d’après moi il y était forcé.J’aime bien la province de Québec, son histoire, ses vieilles lois, sa “ langue ”, que j’ai hint étudiée et que je fais apprendre à mes enfants avec tant de soin, et je regrette beaucoup qu'on ne puisse pas remettre la discussion de nos questions politiques jusquau jour où no tre danger sera disparu.Quand ce jour viendra, mes compatriotes du cette province seront prêts, à moins que leurs sentiments ne soient point froissés dans l'intervalle, à lutte.' avec vous et pour vous, afin qu’il soit accordé à lu minorité catholique dans la province d'Ontario les mêmes droits qui nous sont accordés dans cette province.Veuillez excuser mon français, et agréer l'expression de mon respect.Bien à vous, Donald M.ROW’AT.* # * U REPONSE DE M.BOURASSA Montréal, 20 janvier 1915, Monsieur Donald M.Rowat, N.P., Standard Building, En ville.Monsieur, Mille remerciements de votre lettre du 15, qui m’a fort intéressé et intéressera également, j’en suis certain, les lecteurs du “ Devoir ”.Permettez-moi de vous féliciter des sentiments équitables et généreux que vous exprimez au sujet de la question des langues et des races.Permettez-moi d’user de la même franchise pour vous dire que je ne partage pas votre opinion au sujet de l’opportunité de discuter ces questions à l’heure actuelle.Si le gouvernement de l’Ontario avait fait preuve dp la moindre velléité de rendre justice à la minorité française et d’appliquer loyalement, dans le fonctionnement de ses lois scolaires, l’esprit qui a présidé à la Confédération canadienne, je serais d'accord avec vous.Mais vous savez qiifili n’en est! rien.On proclame à l’en-vi que la province d’Ontario est une pioviucc exclusivement anglaise ; ce qui est faux, puisque la Confédération canadienne tout entière est la résultante d’un pacte entre les deux races.Le régime scolaire que Ton s’obstine à maintenir dans la province d’Ontario est plus vexatoire pour les Canadiens-français que celui que les Prussiens ont imposé aux Alsaciens-Lorrains de langue française.Tandis que l’on fait appel à tous les Canadiens de s’unir pour faire triompher en Europe les principes de la liberté des peuples et du droit de toutes les nationalités à leur survivance et à leur développement ethnique, le gouvernement de la plus importante des provinces angloch-tones du Canada, au mépris de la constitution, des traditions canadiennes, ue la justice la plus élémentaire et de la saine pédagogie, s’obstine à vouloir dénationaliser les enfants des pionniers du sol.Il est bien bon pour nous, Canadiens-français ou anglais du Québec, qui jouissons de la plus entière liberie, de dire que la discussion du problème de l’Ontario devrait être ajournée après la guerre.Mais savez-vous qu’à l'heure actuelle, pris entre la mauvaise volonté des gouvernants et le fanatisme de magistrats aussi ignorants que sectaires, les Canadiens français de l'Ontario sont dans l’impossibilité de faire fonctionner leurs écoles et de payer leurs instituteurs sans s’imposer les plus grands sacrifices et faire courir à leurs représentants dans les commissions scolaires, les risques les plus graves ?Parler d’union des coeurs, d’entente cordiale, d’alliance anglo-française en Europe, quand une majorité plutôt prussienne que britannique traite ainsi le groupe canadien-français le plus important du pays après celui du Québec, per-mettez-moi de vous dire en toute franchise et sous une forme brutale, c’est une étrange aberration, si ce n'est pure hypocrisie .et cynisme éhonté.Il est très beau d’aller faire croisade en Europe pour faire triompher la justice et l’équité ; mais il est plus urgent et plus véritablement patriotique de combattre l’injustice et la tyrannie chez nous., Veuillez agréer, cher Monsieur, l'assurance de mes meilleurs sentiments.Henri BOURASSA.* * * TRAMWAYS DE MONTREAL Le renouvellement de la franchise.— Bon et mauvais service comparé à d’autres ville en Amérique et en Europe.— Suggestions.U n’y a pas de doute (pic la Compagnie qui désire le renouvellement ou plutôt l’extension de sa franchise, ne peut améliorer le service dans les municipalités annexées depuis cinq ans, sans avoir une franchise plus longue que celle non expirée, car n’oublions pas que dans plusieurs municipalités annexées et où la Compagnie des tramways a un service lent, elle ne paie pas l’intérêt sur le capital investi, avant que la population dans ce quartier soit bien augmentée.Il lui faut trouver du capital soil par debentures ou de nouvelles actions, et elle ne pourra le faire avantageusement sans avoir une longue franchise.U ne faut pas sacrifier les intérêts de la ville et il faut assurer au publie un service rapide et bon marché.Comparons avec d’autres villes — de la popu lation_ di' Montréal — car à part New-York, Boston, Paris et Londres qui ont des voies souterraines, nulle part, dans d’autres villes en Europe et en Amérique, on ne voyage plus rapidement et à meilleur compte.Mais le contraire se rencontre sur le confort et vitesse.Suggestions: Obligations par la Compagnie de faire à ses frais l'enlèvement de la neige et arrosage des rues sur tout son parcours, pavage de ses entre-voies comme le contrat qui est en vigueur; 8 billets pour 25 sous à toutes les heures, c’est-à-dire, de .> a.ni.à 12 p.m.; correspondance gratuite de (5 à 8 a.ni.t:t 5 à 7 p.m., mais les autres correspondances un sou supplémentaire.Par ce moven beaucoup plus de voyageurs qui ont une courte distance à parcourir prendraient le tramway, les voitures seraient remplies à toutes les heures et, afin d'éviter les difficultés, les correspondances gratuites seraient blanches et les autres il’une couleur.La ville ne recevrait plus de pourcentage de ta Compagnie qui eu i c-tour ferait à ses frais ce que j'ai mentionné plus haut.D’ailleurs, ce que je suggère pour Montréal se pratique cl avec satisfaction dans toutes les villes de l’Europe, et là les Compagnies de tramway n’ont pas de neige à enlever de leurs voies et la main d’oeuvre est de 5ü pour cent moindre qu’ici.Je crois, M.le Directeur, que vous admettrez avec moi, ayant tous deux parcouru l’Europe dans le cours de la dernière année, que nulle part le public est mieux servi et à meilleur compte.J.GIRARD, 4ohRr- R*liüe dans ce wui*.Pnronts “ •Ul1*
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.