Le devoir, 17 février 1915, mercredi 17 février 1915
t t VOLUME VI—No 39 ABONNEMENTS : Edition Quotidienne t CANADA ET ETATS-UNIS.$3.00 UNION POSTALE.$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS.$1.50 UNION POSTALE .$2.00 MONTREAL, MERCREDI 17 FEVRIER 1915.LE DEVOIR DEUX SOUS LE NUMERO Rédadion et Administration : 43 RUE SAINT-VINCENT MONTRKA.I* TELEPHONES : ADMINISTRATION: Main 7461 RÉDACTION ; • Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LE “TITAN FATIGUE” La “ pauvre ” Angleterre S'il reste encore au Canada quelques bonnes âmes, prêtes à s'apitoyer sur les misères de la mère-patrie, à frémir à la pensée des dangers qui menacent l’Empire britannique, elles doivent commencer à se rassurer.Le discours du Chancelier de l’Echiquier sur les ressources financières de l’Angleterre et celui du premier Lord de l’Amirauté sur l’écrasante supériorité de la flotte anglaise dépassent les affirmations les plus hardies que nous avons faites.M.Churchill répète en les accentuant ses déclarations précédentes.La supériorité de la flotte anglaise sur la flotte allemande est plus grande encore qu’au début des hostilités; et cette supériorité va continuer d’augmenter jusqu’à la fin de la guerre.Jusqu’ici les deux flottes ont perdu un nombre à peu près égal de marins — environ six mille chacune — et de vaisseaux.Mais étant donnée la supériorité considérable de la flotte anglaise, en vaisseaux et en équipages, la perte est beaucoup plus lourde pour l’Allemagne.Les Anglais ont pris 82 officiers et 934 marins allemands; les Allemands n’ont pas fait un seul prisonnier.Les unités nouvelles ajoutées à la marine britannique sont plus nombreuses et plus puissantes que celles de la flotte allemande.Sur un seul point, l’Amirauté avait douté de la supériorité de ses forces navales: la puissance des canons et la sûreté du tir.Ce doute est dissipé.Le tir des marins anglais est plus exact que celui des Allemands; les canons anglais de 13.5 sont supérieurs aux canons Krupp, et l’Amirauté se prépare à faire usage de canons de 15, dont la force destructive dépasse tout ce que l’Allemagne peut mettre en jeu.* * * Le jeune ministre a fait de nouveau le tableau graphique des résultats obtenus grâce à la suprématie absolue des forces navales de la Grande-iBretagne.Sur toutes les mers du globe, il ne traîne plus que quatre vaisseaux de guerre allemands, de fort médiocre valeur.Deux de ces vaisseaux sont de simples navires de commerce plus ou moins armés pour Ja guerre.Tous sont réfugiés quelque part et n’osent plus se montrer.Le commerce maritime allemand a cessé de vivre.Par « contre, huit mille navires anglais sillonnent les mers, ravitaillent l’Angleterre et la France .transportent leurs troupes et alimentent le commerce britannique dans le monde entier, tout en continuant à faire une forte partie du commerce des nations neutres.Sur ces huit mille navires, soixante-trois seulement ont disparu depuis que la guerre est commencée; la flotte allemande n’en a coulé que dix-neuf.Durant les guerres contre la France, de 1793 à 1914, l’Angleterre avait perdu 10,871 navires de commerce.Même après l’anéantissement des flottes françaises et espagnoles à Trafalgar, cette perte était encore de 500 navires par année.Notons en passant cette disposition particulière de M.Churchill à toujours rappeler les défaites infligées par l’Angleterre à la France.11 y manque rarement.C'est d’un goût douteux, à l’heure présente; mais les .Français pardonneront sans doute ces écarts de langage à l’arrière-petit-fils de Marlborough.L’entente cordiale n’a pas supprimé l'histoire.* *• * La péroraison de ce discours remarquable semble avoir été d'une puissante inspiration.Le ministre de la marine a exalté avec un juste orgueil le rôle de la flotte anglaise.11 Ta montrée comme la force suprême qui domine l’ensemble de la situation.“Même à défaut d’autres circonstances favorables” — c’est-à-dire, advenant la victoire de l’Allemagne sur les champs de bataille —, la flotte britannique “pourrait à elle seule décider du sort de la guerre.” ^ Cette prétention est probablement justifiée et les paroles de M.Churchill ne semblent pas exagérées.Autant nos colonials vantards sont ridicules lorsqu’ils cherchent à faire croire à leurs naïfs lecteurs que la petite armée anglaise couvre l’Europe, autant les vrais Anglais sont véritablement grands et irffposent le respect lorsqu’ils exaltent la puissance maritime de l’Angleterre.Nous aurions mauvaise grâce à marchander l’éloge au premier Lord de l’Amirauté: son discours et ses affirmations si précises sont la justification complète, éclatante, de l’opposition constante que nous avons faite aux projets insensés de marine et de contribution, heureusement avortés grâce à notre lutte “déloyale”.Voit-on quelle figure grotesque ferait le Canada, à Theure actuelle, avec trente-cinq millions ajoutés à sa dette pour faire cadeau de trois vaisseaux de guerre à une nation dont les chefs peuvent se glorifier d’une telle supériorité?* * * J.e discours de M, Lloyd George constitue pour nous un témoignage d’une égale valeur.Les ressources financières de l’Angleterre sont telles, affirme le Chancelier de TEchiquier, qu’auec le seul revenu de ses placements à l’étranger, elle peut payer pendant cinq ans les frais de la guerre qu’elle fait en Europe, en Asie et en Afrique et prêter de l’argent ^ à la Russie, à* la Belgique, à la Serbie et même à d’autres nations qu’elle cherche à entraîner dans le conflit — la Roumanie et l’Italie, évidemment.Vraiment, comme M.Ewart l’écrivait, Tan dernier, si le “Titan fatigué” plie les jarrets, c’est à cause du poids formidable de ses richesses.Et c’est à cette “pauvre” nation que nos badauds, nos quêteux à cheval, nous adjurent de faire l’aumône! La jobarderie colônialc a des profondeurs insondables.L’étalage de ces richesses fabuleuses, au moment où le Canada, pauvre, endetté, privé des capitaux anglais, sauf pour fournir des troupes et des armes à l'Angleterre, s’apprête à “sauver l’Empire” en taxant le pain de son peuple, y compris celui de ses trois cent mille sans-travail, est d’un effet à la fois saisissant et grotesque.Comme pendant au bilan de banqueroute déposé par le ministre des Finances du Canada, l’inventaire opulent du Chancelier de l’Echiquier arrive fort à propos.Ce double tableau rappelle ces illustrations destinées à faire ressortir les iniquités sociales.D’un côté la masure d’une famille de miséreux grelottants, sans pain ni feu; de l’autre, le palais resplendissant d’un riche dont la moindre babiole apporterait l’aisance dans vingt foyers pauvres.Il est fort douteux que le contraste entre la situation des deux “naît tions-soeurs” augmente sensiblement la “joie” des pauvres diables de Canadiens à la pensée qu’ils vont payer Timpôt pour “sauver” une nation dont le salut et les affaires paraissent en si bonnes conditions à ceux qui ont charge de la sécurité de son territoire et de son trésor.Nos ministres devront sc hâter de trouver d’autres aliments au “bonheur” qu’ils anticipaient, sinon les bons Canadiens vont commencer à trouver que tout ce branle-bas de “solidarité impériale”, de “salut de l’Empire”, est une formidable fumisterie.Henri BOURASSA.LE CANADA PENDANT LA GUERRE Nos soldats sont au front.Et, * tandis qu’ils se préparent à affronter les Allemands, nos parlementaires, eux, parlent quelque peu du scandale des bottes.11 est impossible de dire jusqu’où ils éclairciront cette affaire.La gauche, de son côté, prépare ses arguments au sujet des # nouvelles taxes de guerre, lît pendant tout ce temps, le prix du b»é monte sans cesse.En France M.Borden a lu hier aux députés un câblogramme de M.Harcourt annonçant que nos soldats sont maintenant en France.11 y a à peu près une semaine qu’ils y sont rendus et postés à quelques milles de la ligne de feu.Us y forment un corps d'armée, ijui verra le feu prochainement.Hier, M.Lemieux donnait avis aux Communes qu’il proposerait que la correspondance adressée aux soldats canadiens au front fût expédiée franc de port.On ne sait quelle décision le ministère prendra sur ce suieL Les bottes La Chambre a formé hier une commission spéciale, composée de MM.Aikins, McCurdy, Middtebro et Rainville, conservateurs, et de MM.Lemieux, MacDonald et Nesbitt, libéraux, pour étudier le rapport des experts soumis au ministère des finances, quant à l’affaire des bottes, et recommander aux Communes la ligne de conduile qu’il lui faudra tenir à ce propos.C’est une commission parlementaire, où le ministère a ia majorité et dont tous les membres sont d’ardents partisans politiques.Les délibérations en aboutiront-elles à autre chose qu’à un verdict appuyé par tous les conservateurs et rejeté par tous les libéraux, ou réciproque-ment?C’esl à craindre.Les taxes de guerre La taxe du timbre sur les chèques, les lettres, les billets de voyage, etc., prendra effet dès le 15 mars, disent les dépêches d’Ottawa.Pour Theure, les libéraux semblent avoir décidé d’envisager l’imposition de nouvelles taxes comme un subterfuge, de la part du ministère, pour combler les déficits dans les revenus ordinaires de TEtat et non comme une taxe de guerre, puisque toutes les sommes affectées à notre participation à la guerre son! empruntées à Londres.Le prix du blé La haussa des blés se poursuit.Hier, à la halle des Ués, à Chicago, le blé américain de première quaii-ié s’est vendu jusqu’à $1.64 et demi le boisseau, tandis qu’à Winnipeg les cours du blé canadien se fermaient à $1.56.3 sous plus cher que la veille.Les cours de la farine se ressentent de ces hausses.Toutes les prévisions indiquent qu’elles s’accentueront jusqu’aux mois d’automne, d’autant que «es Etats-Unis et le Canada sont à l’heure présente à peu près les deux seuls pays qui exportent leur blé outremer.Georoes PELLETIER.CHRONIQUE ETRANGERE GUERRE ET DIPLOMATIE 1 Les Teutons annoncent qu’ils veulent à tout prix s’ouvrir pour la fin de la semaine la route de Calais.Les Anglais établis au sud d’Ypres, sur le canal de La Bassée, ont subi depuis deux jours leurs assauts furieux pendant qu’en Champagne les Français s’emparaient de trois kilomètres de tranchées ennemies.Les aviateurs alliés ont opéré avec succès sur les positions allemandes du littoral belge.Sur le théâtre oriental de la guerre, les Russes paraissent être partout sur la défensive, mais la situation ne s’est guère modifiée depuis quelques jours.LE BLOCUS ALLEMAND Par Tintermédiaire de M.Page, l’ambassadeur américain à Londres, le gouvernement de Berlin offre au gouvernement britannique de renoncer au blocus sous-marin des côtés anglaises, si l’Angleterre veut permettre l’importation de denrées pour le ravitaillement de la population civile de l’Allemagne.Au moment où M.Churchill vient d’annoncer que l’Angleterre est en mesure de répondre à la menace, allemande par un accroissement de rigueur et une surveillance plus étroite du commerce des neutres, une proposition de ce genre n’a pas la moindre chance d’impressionner le gouvernement britannique.Il ne faut pas oublier que Tun des principaux atouts — sinon le principal — des alliés dans cette lutte gigantesque consiste à prendre l’Allemagne par la famine en lui coupant les vivres.En dépit de la supériorité numérique des forces de la Triple-Entente sur terre et sur mer, on ne sait pas jusqu'où pourrait aller la résistance germanique si l’Allemagne et l’Autriche pouvaient se ravitailler.Grâce à leur organisation supérieure et à la préparation minutieuse de leur campagne, où tout trahit une longue préméc «talion, il est probable qu’elles pourraient tenir indéfiniment.Mais elles seront bien forcées de se rendre devant la famine.On a pu se convaincre, à la lecture des documents trouvés en la ! possession des combattants alle-piands, que le gouvernement de Berlin avait tout prévu ; il avait prévu même dans les détails les conséquences *'e la victoire.Il avait précisé les jours où devait être prise telle ou telle ville française, et l’on avait pris le soin de commissionner à l’avance les fonctionnaires qui devaient remplir les fonctions de vice-gouverneur de Paris, de gouverneur de Dijon et même d’Ajaccio.La seule chose à laquelle on ne parait i pas avoir pensé, c’est la durée de la guerre et le blocus des ports aile- ! mands, qui est le fait particulier de j l’intervention anglaise dans le con-1 flit.Ce n’est pas au moment où l’Allemagne fait des signaux de détresse et où l’épuisement de ses ressources alimentaires apparaît clairement, que l’Angleterre consentira à relâcher l’étreinte qui enserre son ennr^nic de toutes parts en facilitant le ravitaillement de la population civile.(> serait faire la partie trop belle à l'intendance nour le ravitaillement des armées en campagne et laisser échapper une superbe occasion d’amener rapidement la fin de cette terrible guerre.Uldéric TREMBLAY.LETTRE D'OTTAWA LES “ VRAIS PRINCIPES ” DE M.LAURIER Les changements ministériels.— Escarmouches.— Une souscription en faveur de M.L.-P.Pelletier.Le service civil.— Les subventions.Ottawa, 16 février.— La séance de cet après-midi a commencé par d’assez vives escarmouches, provoquées tout d’abord par les explications données par Le premier ministre sur les changements sérieux dans le ministère depuis la dernière session.M.Borden, en se levant, rappelle qu’il s’était engagé à donner des explications à la Chambre sur les changements survenus au ministère el il commenoe par faire l’éloge de lan-cien ministre des Postes, M.Pelletier et exprimer le regret que ses forces physiques, “physical strength”, selon le mot du premier ministre, ne lui aient pas permis de continuer à remplir ses importantes fonctions; M.Borden ajoute que la correspondance échangée à ce sujet entre M.Pelletier et lui sera déposée sur la table de la Chambre, de même que pour le cas de M.Nantel, auquel le premier ministre adresse également quelques compliments rétrospectifs.Les deux vacances ainsi créées ont été remplies par M.Casgrain, qui s’est distingué dans la vie publique, et par M.Blondin, qui s’est fait remarquer ien Chambre par son tact et son jugement sûr.M.Borden se déclare assuré que les deux nouveaux ministres ne manqueront pas de faire honneur au postl élevé qu’ils occupent .respectivement.M.Laurier railleur M.Laurier en se levant à la suite du premier ministre, dit qu’il ne peut s’empêcher de remarquer comme les explications officielles sont plutôt brèves et peuvent se résumer à la déclaration que deux ministres ont démissionné ef, qu’ils ont été remplacés.” Je partage l’opinion du premier ministre sur la vigueur de M.Pelletier, déclare le chef de l’opposition; il en a donné'des preuves évidentes lorsqu’il s’est agi pour lui de destituer des employés des Postes.Sa vigueur, ajoute M.Laurier, est de celles qu’on peut caractériser par la formule énergique: “What we have, we hold.” Aussi avons-nous été surpris en même temps que peinés, d’apprendre le mauvais état de sa santé; mais nous avons été promptement rassurés en apprenant que son état s’est améliore au point de lui permettre d’accepter la position de juge de la Cour Supérieure, à Québec.” M.Laurier rappelle ensuite certaines promesses que M.Pelletier aurait faites à Québec au sujet de la gare du Transcontinental, et se demande si le fait que l’ancien ministre n’a pu faire remplir ces promesses par ses collègues du gouvernement n’aurait pas été pour quelque chose dans sa démission.Mais de toutes façons, continue M.Laurier, nous avons un bel exemple de la logique remarquablement flexible du parti conservateur, dans cette rare coïncidence d’un homme public devenant juge parce que sa santé ne lui permet pas de rester ministre, tandis qu’un autre est devenu ministre parce que sa santé ne lui permet pas de rester juge.” Ces paroles de M.L:Virier mettent la Chambre en bonne humeur et le rire est général: seul, à peu près, M: Doherty enrage visiblement sous l’allusion directe qui vient d’être faite à soir cas.Mais M.Laurier continue.“Quant à M.Blondin, dit-il, je ne puis cacher à la Chambre avec quel amusement j’ai vu cel ultra-na-tionaVste présenté l’autre jour à la Chambre par M.Foster, cet ultra-’«mpérialist®.“A voir la façon accablée avec laquelle le ministre du commerce accompagnait le député de Champlain, on s’apercevait facilement de quel poids pesait cette démarche sur ses sentiments impérialistes”.Ce brocard cause à la Chambre un nouvel accès d’hilarité, dont MM.Borden et Foster eux-mêmes ne se cachent pas.“Mais ne soyons pas cruels envers le député' de Champlain, dit M.Laurier, et rappelons-nous qu’il faut toujours se réjouir de la conversion d’un pécheur.Espérons seulement que M.Blondin n’aura pas été oblige de boucher les trous du drapeau pour respirer librement au ministère, et que l’air du pouvoir, qu’il respire maintenant à pleins poumons, n’aura aucun mauvais effet sur sa santé.Mon honorable ami, continue M.Laurier s'apercevra qu’il vaut, toujours mieux s’en tenir aux vrais principes, “stand up by true principles”.M.Doherty réplique M.Doherty se lève là-dessus.Il rongeait son frein depuis quelques minutes, et Ton sent que ces railleries mordantes l’ont touché au vif.Aussi commence-t-il sa réponse en martelant les syllabes.11 exprime l'étonnement avec lequel il a entendu un homme de la valeur du chef de l’opposition faire une déclaration absolument fausse.Ce démenti dénué de courtoisie soulève comme bien Ton pense, les protestations de la gauche.“A Tordre”, crie-t-on de toutes parts, "take it back !” crie M.Cl A.Gauvreau de Témlscouata, tant et si bien que M, Doherty ne peut continuer; du res- te, le président, M.Sproule se lève et déclare que l’expression employée par le ministre n’est pas parlementaire.Et M.Doherty peut de nouveau se faire entendre* Il est de plus en plus de mauvaise humeur."Si l’on ne m’avait coupé la parole, dit-il, j’aurais ajouté tout de suite que pour avoir fait cette déclaration, il faut que le chef de l’opposition ait été mal informé, car je le répète, elle n’est pas exacte: lorsque j’ai, démissionné de mon poste de juge, je n’ai nullement invoqué le prétexte de mauvaise santé.Dieu merci, ma santé était aussi bonne alors qu’elle Test aujourd’hui.La vérité, c’est que lorsque j’ai accepté un jour une position de juge, une loi qui date d’avant ma naissance établissait qu’a-près avoir servi mon pays sur le banc judiciaire pendant quinze années, il me serait loisible de prendre ma retraite.C’est ce que j’ai fait, Je moment venu, et la chose est telle ment vraie que le gouvernement d’alors, dont le chef était M.Laurier, la reconnut implicitement en acceptant ma démission.Les archives du ministère de la justice en font foi, et je ne puis comprendre que le chef de l’opposition se fasse aujour-d hui l’écho d’une insinuation dont il aurait pu constater lui-même la fausseté.—Alors, demande, M.Laurier, mon honorable ami déclare qu’il n’avait aucune raison impérieuse de démissionner lorsqu’il Ta fait?—Aucune autre que ma volonté et la loi de mon pays, rétorque à peu près M.Doherty.Et l’incident se clôt d’en par là.Dans la confusion relative qui s’est dégagée de ce vif débat, on a pu saisir que le pbirit dé vue’de M, Laurier est qu’un juge peut prendre sa retraite après quinze années de service, s’il se sent incapable de continuer, “if he feels unequal to the task”.Aux juristes de décider.Le cas de M.Pelletier Une seconde allusion à M.L.-P.Pelletier devait être faite un peu plus tard par M.Lemieux; il attire l’attention de la Chambre sur une circulaire envoyée à tous les employés du ministère des Postes dans tout le pays, à l’effet de leur demander une souscription dans le but d’offrir un souvenir à l’ancien ministre, M.L.-P.Pelletier.M.Lemieux s'indigne contre l’idée de demander à de pauvres fonctionnaires un don en faveur d’un homme qui possède une grosse fortune.—Un demi-millionnaire! crie M.C.A.Gauvreau, avec indignation.M.Lemieux assure que M.Pelletier serait le premie,r à “mettre le pied” sur un mouvement de ce genre, et il demande au gouvernement d’intervenir en ce sens auprès des trois employés des Postes qui forment le comité en question.M.Borden déclare qu’il en entend parler pour la première fois, mais qu’il étudiera la chose.Les remplaçants M.Pugsley demande si le gouvernement a pris connaissance d’une récente déclaration du professeur Adam Short, président des examinateurs du service civil, qui a dit ces jours-ci, au cours d'une conférence que lorsque deux mille employés civils sont renvoyés, ils sont remplacés par dix mille.M.Meighen se montre surpris de la hardiesse de langage de M.Short: mais son argumentation ne peut tenir devant l’enquête tenue quelques minutes plus tard et qui révèle que 2.115 employés révoqués dans les divers ministères ont été remplacés par 10,576.En avant, la réduction des dépenses ! Af.Sévigny La Chambre se forme en commission du budget à la fin de Ta près-midi.Tour à tour M.Foster, M.Boche et M.Crothers combattent pour faire adopter leur budget.Le premier s’en lire promptement, par sa bonne humeur, des embarras qu’on lui causait.M.Roche a été clair et précis.Pendant ce tentps-Ià, M.Sévigny préside, au bout, de la grande table du greffier.Il a endossé Tuniforme spécial de la fonction, qui consiste en un veston noir de coupe correcte, ornementé dans le dos d’une sorte de longue boucle perpendiculaire en soie de la même couleur que l’étoffe.Ces hochets sont sans (toute symboliques et doivent avoir quelque çrave signification ; mais je ne crois pas qu’aucun vice-président canatlien-français ait jamais osé les exhiber à scs électeurs, nés moqueurs.Il y aurait une intéressante étude à faire sur “la psychologie d’un vice-président de la Chambre”, la nervosité rougissante avec laquelle il prend, pour la première fois, son siège prestigieux, les efforts qu'il fait pour avoir "l’air accoutumé”, le mouvement instinctif qui lui fait tourner la tète chaque fois que, à droite ou à gauche, un député sc lève et prononce les deux mots : LETTRE DE QUÉBEC M.TELUER A DEMISSIONNE Québec, 16.— C’est fait.La direction de l’opposition est passée en de nouvelles mains qui se proposent de la tenir entre “de fortes lignes de parti”, de parti conservateur dans l’acception la plus large du mot.Et celui qui annonce cette ferme intention est M.P.Cousineau, député de Jacques-Cartier, qui s’inspire, nous a-t-il dit, des principes de Son Eminence le Cardinal Gibbons.M.Cousineau nous a cité tout ce passage d’un traité de patriotisme et de politique, où le Cardinal américain affirme "que les partis sont nécessaires à l’honnêteté politique, parce que se surveillant Tun l’autre, ils indiquent au peuple qui est le dernier juge, leurs défauts et leurs vices réciproques”.C’est une théorie qui, de nos jours surtout, est souvent contredite par la pratique.M.Cousineau a immédiatement fait acte de chef en se levant le premier du côté de la gauche pour voter contre la taxe sur les buanderies.On Ta cordialement applaudi des deux côtés.La scène Gouin-Parent exceptée, en 1905, il n'y a pas, croyons-nous, de précédent à l’événement officiellement annoncé aujourd’hui.Quand M.Joly se retira en 1883, le choix de M.Mercier se fit avant la session et le rapport des débats du temps ne mentionne d’autre chose que les compliments d’usage en pareille circonstance.L’attente de la déclaration de M.Tellier avait pressé les députés plus que d’habitude; ils étaient presque tous à leur siège, lorsque le chef démissionnaire se leva.M.Tellier a lu (l’une voix ferme mais un instant véritablement émue.Il a lu de la façon la plus simple du monde avec cette modestie et ce naturel dont il ne peut se départir.Le regret général était visible sur toutes les figures.Pour le grand nombre des députés actuels, le député de Joliette est une connaissance relativement nouvelle, mais si vite admirée et si profondément estimée et respectée que la perspective de la perdre prochainement les impressionnait vivement.Quant aux plus anciens, que M.Tellier, par son tact et son habileté, tira souvent d'une position difficile, leurs sentiments, on le comprend, n’est pas moins vif.Présenté par M.Tellier.M.Cousineau lui aussi, a lu sa déclaration, très modestement.Elle ne contient rien de reprehensible en soi.Seulement, était-il à propos d’insister sur les lignes de parti, même en s’ap-puyant sur un Cardinal?Puis le Premier Ministre a salué Tun et l’autre de voeux que la Chambre a applaudis.M.TELLIER Avec la permission de cette Chambre, a dit M.Tellier, je voudrais donner un mot d’explication sur une matière qui me concerne personnellement.“ Plusieurs journaux se sont occupés de moi, ces jours-ci.Ils ont annoncé, les uns que j’ai démissionné eoimne chef de l’Opposition, d’autres, que je nie retire de la vie publique, d’autres encore, que je vais monter au Sénat ou prendre place dans la magistrature.“ Voici tout ce qu’il y a de vrai et de réel à ce sujet.“ J’ai donné à mes amis de la gauche, il y a environ trois semaines, ma démission comme chef de l’Opposition ; et je les ai priés de me choisir un remplaçant.“ J’ai fait cela parce que je n’ai pas l’intention de demander à mes “!Mr.Chairman”, qui sonnent comme une musique à l’oreille d’un débutant.Mais n’ayons point de malice, et contemplons avec orgueil la belle rosette noire qui s’accroche au dos, naguère si démocratique, de notre jeune vice-président.M.Boulay attire l’attention du ministre de l'Intérieur sur le fait que certains agents d’immigration dans la province de Québec ne comprennent pas le français.M.Roche a promis de s’enquérir des faits et d’y remédier s’il y a lieu.Son Altesse le gouverneur-général a reçu avis, par dépêche de M.Harcourt, secrétaire des colonies, que tout le contingent canadien est maintenant rendu en France.‘ Your ministers will be glad to learn”, ainsi commence cette dépêche officielle.Les mères canadiennes seront peut-être moins “glad”.# * * Dix heures et demie.Devant une chambre composée d’environ vingt députés, M.Sinclair lit des extraits amusants d’une brochure sur les différentes façons de faire cuire le poisson, broenure publiée par le “Département des Affaires navales”.—Voilà, dit M.Sinclair, tout ce qu'a produit ce ministère, pendant que nous sommes en guerre avec Tune des plus grandes puissances navales du monde.Comment se fait-il que Tétude des poissons ne soit pas faite par le ministère des Pêcheries?, —C’est pour répartir également le travail, répond M.Hazen.Puis il prie M.Sévigny de quitter son siège, et le sergent d’armes remet la masse en place.Le comité a disparu et la Chambre est en session régulière.Mais M.Rogers propose l’ajournement.Le Dr Sproule en répète la formule, et ça y est.nous sommes ajournés à jeudi après-midi.Pas de séance le Mercredi des Cendres, fête légale.Ernest BILODEAU.bons et fidèles électeurs de Joliette le renouvellement du mandat quMIs m’ont confié, il y q déjà vingt-trois ans, _ et qu’ils ont bien voulu me continuer, depuis, sans interruption.11 n’eût pas été loyal, ni juste pour mes amis de l'Opposition, de rester à leur tête jusqu’à la prochaine élection et de me retirer alors dès avant le combat.On m’eût appelé déserteur ; et cela, je ne lé veux pas, ni pour eux, ni pour moi.Depuis ma démission, je n'ai agi comme chef qu’en attendant la nomination et l’installation de mon successeur.Ce successeur est maintenant choisi.Je vous ie présente, M.l'Orateur.C’est mou ami le député le Jacques-Cartier.“ Je lui passe le commandement et je le salue comme mon chef.11 est dig'ie, à tous égards, de l’honneur qui lui échoit.Quant à moi, jç rentre dans les ¦ angs comme simple soldat.Je continuerai à servir dans la tranchée les causes qui me sont chères, celles qui ont poa> objet le bien de ia province et le bonheur du peuple pour qui nous sommes ici.“ J’ai dit ailleurs à mes amis de 1 Opposition c: ;.le la reconnaissau o que je leur conserve à cause de la confiance et de l’estime — je devrais dire de l’amitié — dont ils m’ont entouré jusqu’ici.Permettez, M.l’Orateur, que j’adresse un, mot de remerciement à vous d’abord, puis aux membres du cabinet ainsi qu’à tous mes collègues du côté ministériel pour les bons procédés et les égards dont j’ai été l’objet comme chef de la loyale Opposition de Sa Majesté en celte Goambre.” Chambre.” M.Cousineau parle ensuite.LE NOUVEAU CHEF DE L’OPPOSITION “L'honorable député de Joliette vient de communiquer à ia Chambre les raisons qui Tout décidé à donner sa démission comme chef de la loyale Opposition de Sa Majesté.Tous ceux qui dans ODtte enceinte r et dans la province ont connu la parole franche, loyale cl sincère de l'honorable député accepteront dans leur plénitude et sans arrière-pensée les motifs qui lui ont inspiré celte conduite.Nul plus que nous, ses fidèles et dévoués collègues, ne regrette cette détermination et nul plus que nous qui siégeons à votre gauche, Monsieur, ne ressent plus vi-vement la perte que nous faisons d’un chef y|igc et estimé, d’un conseiller ferme et prudent.Depuis la session de 1999 l’honorable député a donné, comme chef de l’opposition, à toutes les questions qui ont été débattues dans la politique, une attention scrupuleuse; et il ne s’est présenté aucun projet de loi sans qu’il affectât à son étude toute la science juridique et toute la prévision politique que son expérience comme jurisconsulte d’au-delà de trente années et comme député de cette chambre de plus de vingt-trois ans lui ont acquises.Toujours sur la brèche, il a combattu, souvent avec succès, les mesures qui ne lui paraissaient pas conformes à la saine administration et aux véritables intérêts de la Province.Connaissant le droit public, le droit administratif, constitutionnel et lie (Iroit civil dans tous leurs principes comme dans tous leurs détails, son opinion faisait la loi, et nos statuts portent l’empreinte indiscutable de sa compétence en ces matières.Il sVst érigé dans nos lois un monument plus durable que Tai-rain et les générations présentes comme celles qui suivront trouveront dans Tétude de ces lois des a-vantages importants, dont elles devront donnej crédit à Thonorable député.“Et il a fait toutes ces choses dans tin esprit de modestie et de désintéressement qui lui ont mérité, outre Tcstime de ses collègues, leur plus haute admiration.“Il se retire maintenant du poste de leader de la loyale Opposition de Sa Majesté : c’est une grande perte pour liions; elle serait irréparable si nous ne nous sentions réconfortés par le fait qu'il reste encore au milieu die nous et si nous n’avions la forte conviction que nous pourrons bénéficier longtemps encore de ses conseils et de sa direction.“Appelé par le choix unanime de mes collègues de l’opposition non pas à le remplacer, mais à lui succéder comme leader, je me sentirais défaillir à la tâche si je ne me savais soutenu d’avance par la main vigoureuse de Thonorable député.Et avec cet appui, il me semble que nous pouvons continuer avec vigueur les combats que nous livrons depuis longtemps.Car, Monsieur l’Orateur, le rôle d’une forte opposition dans une assemblée délibérante est indispensable à la bonne administration de la chose publique.Et cette opposition doit reposer non pas sur le caprice des individus qui la composent.mais sur de fortes lignes de partis.“Le Cardinal Gibbons dans un traité “Patriotism and Politics”, publié dans “The Moaning of Modem Life”, déclare : "The maintenance of party lines is an indispensable means for preserving political purity.One party watches the other, takes notes of its short-comings, its blunders and defects: and it has at its disposal the means for rebuking any abuse of power on the part of the dominant side, by apr “aling to the country at the tribun >i of the (Suite à la 2ème pt -•) s LE DEVOIR, MONTREAL, MERCREDI 17 FEVRIER 1915 VOL.VL — No 39 LETTRE DE QUEBEC (Suite de la \*re page) jSjallot box.The heaVhiest periods of rthe Roman Empire were periods of I fierce political strife.The citizens of Athens were not allowed to re-(niain neutral.They were compelled I to take side on all questions of great I public interest.Not only was every (citizen obliged to vote, but the successful candidate was bound to accept the office to which he was called and to subordinate his taste for private life to the public interests.England owes much of her greatness and liberty to the active •nd aggressive vigilance of opposing political camps.Political parties are the outcome of political freedom.1 Parties are not to be confounded with factions.The former contend for a principle, the latter struggle for a master”.‘‘Avec une autorité comme celle-là, 1 Monsieur l’Orateur ,et avec l’expé-| rience que nous avons acquise nous-' mêmes en ce pays, je n’ai aucune hésitation à déclarer qu’en prenant les rênes de l’opposition, j’entends lui conserver son cachet de parti, de parti conservateur dans l’accqn-tion la plus large du mot ; c’est-à-dire que, nous inspirant des tradi- j lions de ce parti dans cette Chambre, nous voulons néanmoins lui donner une ampleur telle que tous ceux qui sont animés par un désir sincère de voir progresser notre j politique provinciale pourront y i trouver un champ assez vaste pour y développer toute idée saine et augmenter par là le bien-être de la nation.“Je n’en dirai pas davantage sur ce point, me réservant pour plus tard le privilège d’exposer d’une façon plus concrète les idées que mes collègues et moi aurons eu le temps de mûrir davantage.“Un homme seul dans le monde est bien faible et ne peut faire grand’chose pour ses concitoyens.Mais un groupe d’hommes comme celui qui compose la loyale opposition.formé de représentants du peuple pris un peu partout dans la province, d’âges divers, de professions variées, de langue et de religion différentes, mais unis tous ensemble non pas dans un sentiment d’intérêt personnel, mais dans la poursuite d’un idéal politique commun, est digne de la confiance populaire et a le droit d’espérer qu’un jour viendra où cette confiance se manifestera d’une façon, tellement forte que les moyens nécessaires de gouvernement lui seront donnés pour mettre à exécution le programme, qu’il aura formulé.“Monsieur l’Orateur, en prenant possession de ce siège que je n’ai ni cherché ni ambitionné, laissez-moi vous dire qu’en autant qu’il dépend de moi, je n’épargnerai ni effort ni sacrifice personnel pour faire atteindre à la loyale opposition le but qu’elle poursuit dans cette Chambre et rlans la province.Je compte sur l’opinion saine et éclairée de cette province pour discuter et peser nos idées politiques.Nous ne ferons point de querelle inutile.Dieu me garde, dans les temps extraordinairement difficiles que nous traversons.de chercher à baser la fortune politique de notre parti sur la dissension.sur la critique injuste ou sur le dénigrement de nos adversaires.Nous ferons une lutte loyale, mettant toujours au-dessus de nos divergences d’opinion, l’intérêt supérieur de la province.Notre ambition, c’est que la province de Québec soit la première do la Confédération par son éducation, par son agriculture, par ses industries.Noire ambition, c’est que la province de Québec donne 1 exemple de la tolérance et par cet exemple surtout soit comme un guide éclairé pour les autres provinces.De cette façon, elle remplira le rôle glorieux qui lui appartient dans le Dominion ; elle sera plus heureuse et plus prospère et nous qui, eu ce moment, aidons à diriger ses destinées.aurons rempli notre devoir.” SIR LOMER GOUIN ! Le premier ministre parle en ces: tenues : Il s’agit plutôt, dit-il, d'une pro- j ordure intime pour l’opposition.Je n’ai pas l’avantage d’avoir été aver-li de ce qui se préparait.Je ne l’ai su que quelques minutes avant la séance.Le député de Jodiette nous fait ce que je puis bien appeler ses adieux.Il le fait sur le Ion qui a été celui de toute sa carrière, sur un ton mesuré, convenable, sympathique.11 a eu des paroles agréables poulies députés ministériels et les membres du gouvernement.Sans préparation, je puis bien dire l'estime que j'ai, que j’ai toujours eue, que je n’ai jamais cachée pour sa personne.Je partage sans restriction tout ce que son successeur a dit de son rôle en cette chambre.Le député de Joliette a passé ici comme un législateur cxcmpJaire et un citoyen modèle.Je regrette de le voir partir, tout en comprenant sa décision.Après 23 ans de services fidèles et loyaux à la rhose publique, on peut sc dire cm’on a fait son lot pour la cause publique.M.Tellier ne nous a lias dit ee que le sort lui réservait.Si nos souhaits peuvent lui être agréables, qu’il soit bien convaincu de leur sincérité.Je mets la même sincérité dans mes salutations au député de Jacques-Cartier.Il arrive à une belle position.Jeune, fort, vigoureux, talentueux.I.e meilleur souhait une je puisse lui faire, c’est qu’il demeure aussi longtemps et même plus longtemps chef de l’opposition que le député de Joliette trires).T! nous a tracé les grandes lignes de son programme.En l'écoutant, te me disais qu’il nous empruntait beaucoup et que nous serons peut-être eucore mieux avec lui qu’avec le député de Joliette.* * * On se met aux affaires du jour, les affaires du f/ouvernement le mar H.On vote l’imnôt projeté sur les buanderies publiques.M.Tellier, qui était absent lorsqu’on l’a discuté l’autre jour, se prononce, lui aussi, contre la taxe.11 n’y a pas de raison pour taxer ceux qui exercent ce métier plus que les autres.On a dit que c’était une taxe sur les Chinois; cela ne la rend pas meilleure Mais, en fuit, elle frappera bien des Canadiens : deux des trois buanderies de la ville de Joliette sont tenues par des Canadiens.L’impôt est voté par 47 à 14.Est-ce parce que ce vote est le premier provoqué par la nouvelle direction ?On remarque que le Premier ministre tient à avoir le plus grand nombre possible de partisans.On vote aussi une loi permettant aux tenanciers des lies de la Madeleine de racheter leur terre par an payement de 4 versements au lieu d’un seul ; le bill concernant l’organisation des sociétés de coopératives agricoles ; le bill autorisant l’authentication de certains registres irrégulièrement authentiques, dans le district de Montréal ; le bill ronccrnant la circulaton des véhicules moteurs et un bill autorisant la commission des eaux courantes à emmagasiner les eaux de la rivière Saint-François.Ce projet est la corn elusion du dernier rapport de cette commission.Cet emmagasinage augmentera la force motrice ue GOOD chevaux vapeur annuellement.On ne demande pas grands détails et l’affaire passe vite.M.Lavergne profite de l’occasion pour demander si la nouvelle concernant la concession du Lac Saint-Jean est fondée.M.Allard lui ré pond qu’il y a des pourparlers verbaux mais qu i n’y a pas de documents ni d’arrêté du conseil.La chose en reste là pour le moment.L’opposition se désintéresse-t-elle de cette affaire ?Les négociations sont pour le moins entamées et irtine avancées, la législature siège, il s'agit d’une immense affaire, la concession de l’un des plus grands, lacs de la province, et le public n'aura pas l’occasion de savoir ce qui se passe ! Si l’affaire n’a pas de suite en Chambre, rela sera, pour le moins, fort étrange.I.a théorie du cardinal Gibbons en souffrira peut-être.de plus, vu l’effet des “fortes lignes de parti”.Bien que M.Tellier ait si bien montré que M.Tessier venait de tromper la Chambre à propos de l’autorisation d’emprunter sans consulter les contribuables, contrairement à la loi générale, autorisation demandée par le conseil de ville de Trois-Rivières, dont M.Tessier est le chef, parce que M.Tessier est intéressé, le parti ministériel a voté en bloc pour refuser aux contribuables le droit de se prononcer.Quelques-uns se sont leves bien à regret, c’était évident, mais le courage leur a finalement manqué pour rompre les “fortes lignes de parti”.La même démarcation s’est faite un instant après, lorsque M.Labissonnière a fait la même proposition en amendement à la motion pour troisième lecture.Tous les bleus ayant voté en faveur de la motion, les rouges se sont fait un devoir de voter contre les uns à la suite des autres, au milieu d’un fou rire mal étouffé, La Chambre ne s’est jamais si bien jugée.* * # On en vient enfin nu bill de Montréal.M.Turcot ne réussit pas à obtenir que les frais d’expropriation pour le prolongement de l’avenue Connaught, de sa partie nord jus qu’au nord de l’avenue Townseiv' soient payés moitié par les proprié taires des terrains.M.Letourneau fait insérer un paragraphe obli-geant la cité à payer la moitié des frais d'expropriation de certains lots de Côte Visitation.M.Séguin réussit à faire revivre le paragraphe imposant une taxe de ,$25 aux ouvriers non résidents de Montréal.Le gouvernement fait disparaître le paragraphe exemptant de taxes les autos camions employés à la construction des rues.En amendement à la motion pour troisième lecture, M.Turcot est revenu à la charge avec sa proposition de faire payer moitié des terrains pour le prolongement de l’avenue Connaught par les propriétaires.Le vote a été une véritable comédie.MM.Gouin et Taschereau ayant voté pour la motion Turcot, la moitié des ministériels ne savaient que faire, regardaient tout effarés leurs chefs, se levaient à demi, se rasseyaient, se relevaient indécis.Finalement la motion fut rejetée par 29 à 15.Quant à l’autonomie et à la proposition de retirer le bill, il n’en a pas été le moindrement question.Jean DUMONT.BATISSEZ MAINTENANT — DURANT LA GUERRE, ni ors que le travail coûte bon marché.Lot» è bâtir, 10 p.c.comptant, fS par mois.Prêts garantis pour bâtir.Agisses ! Hâtes-vou» f MARCIL TRUST Sle année.Actif IS,640,000.TRIBUNAUX civils PRENEZ GARDE! Jacob Rothschild réclamait $25, 000 de la Compagnie des Tramways a la suite d’un acicdent au cours duquel sa femme perdit la vie le 1er novembre dernier.Les témoins ayant déclaré au procès que le tramway était en mouvement lorsque le demandeur voulut en descendre, le jury a réduit la réclamation hier à $320.Mes Thibaudeau, Rinfret et Gc-nest représentaient la compagnie.* * * Le 4 août 1913, M.McTasney tomba dans une ouverture pratiquée sur le trottoir pour recevoir le charbon.Il intcnla sur-le-champ une action de $705 à la ville de Montréal.Or voici ce que la cour a décidé hier : Considérant que les dommages réclamés par le plaignant sont le résultat d’une chute imputée à la négligence de la défenderesse; Considérant que l’espace de temps durant lequel l’ouverture est, restée ouverte n est pas de nature à permettre de conclure que la ville puisse être tenue comme “en faute” pour ne s’en être pas aperçu à temps; Considérant que la ville n’est pas garante à l’égard du public contre la négligence de tierces parties ; Considérant que la défenderesse ne peut être tenue pour coupable de négligence dans le cas actuel; La cour renvoie l’action avec dépens.CHOSES MUMCIPALES DIX ANS POUR^ PAYER LES PROPRIETAIRES DE LA RUE SAINTE - CATHERINE OUEST AURONT CE DELAI POUR ACQUITTER LE COUT DES EXPROPRIATIONS.— DIVERS.Le bureau des Commissaires a décidé, hier après-midi, à la suggestion du commissaire McDonald, de répartir sur une période de dix ans, avec intérêts à cinq pour cent, la taxe spéciale sur les expropriations.L’article 452 de la charte sera amendé en ce sens.C’est à la demande d’une delegation de propriétaires de la rtr1 Sainte-Catherine Ouest que ce changement se fera.MM.Hutchins, C.R., G.Birks et M.A.Nixon, représentant la succession Morgan, sont en effet venus devant le bureau des Commissaires pour protester contre le prix élevé des expropriations projetées, rue Sainte-Catherine, qui.-e-tombera sur quelques propriétaires seulement quand toute la ville profite de l’élargissement de ces rues.LA RUE ROBIN Les membres du bureau des Commissaires visiteront au préalable le terrain de la rue Robin, près Saint-André, avant de se prononcer sur l’expropriation de ce terrain en vue du prolongement de la rue Robin.Le terrain en question est la propriété de la Commission Scolaire Catholique qui se propose d’y construire une école.La commission a donné à la ville jusqu’au 22 février pour décider de l’expropriation ou non.M.l’échevin Dubeau a soutenu devant les Commissaires, hier après-midi, la nécessité de prolonger la rue Robin pour offrir un débouché entre les rues Ontario et Sainte-Catherine à cet endroit.SUBVENTION AUGMENTEE Les commissaires municipaux ont décidé hier de porter de $5,000 à $7,500 la subvention annuelle (pie la ville accorde au “Montreal Technical Institue” rue Sherbrooke Ouest.M.le sénateur Béique et M.Alexander McFee sont venus à cette fin devant les commissaires à la tète d’une délégation de l’institution.Vu le déficit du dernier exercice le bureau des commissaires a accédé à la demande qui lui a été faite.Les directeurs de l’institution demanderont aussi du gouvernement de Québec de porter à $7,500 l’allocation annuelle qui est actuellement de $5,000.L’ACHAT DE LA PIERRE Vu l’allégation faite dernièrement que la ville se faisait voler des sommes considérables par le contrôle peu soigneux de la pierre qu’elle a-chetait, le commissaire Côté a déclaré hier que la ville épargnerait de 25 à 30 soûs par tonne en achetant la pierre en grande quantité.La ville, dit-il, devrait demander des soumissions pour la pierre en quantité de 20,000 tonnes et plus.Cette pierre serait pesée avec, soin sous la surveillance des contremaîtres et ingénieurs municipaux.DE LA ^SiEncoftjniM^ REFUSEZ LES SUBSTITUTS Les “blessés’' ae l’Ontario ON SE FAIT UN POINT D’HONNEUR DE PROTESTER ET DE SOUSCRIRE LANORAIE, SAINT - CAMILLE DE WOLFE, MANIWAKI, SAINT-HILAIRE DE ROUVILLE, SAINT-ALPHONSE D’YOUVILLE.— LE SENTIMENT UNANIME DE LA PROVINCE DE QUEBEC.— y NE REPONSE DE BOSTON.INSPECTION A SAINT-JEAN LE MAJOR-GENERAL LESSARD PASSE EN REVUE LE 22ième REGIMENT.S.-Jean, 17.— Le major-général Lessard, inspecteur général de l’infanterie pour l’F.st du Canada, a fait l’inspection du 22e régiment cana-dien-français, hier après-midi à S.-Jean.Lundi, la parade avait été remise à cause de la pluie; hier, le froid a va ft converti le terrain d’inspection en patinoire et il est extraordinaire que les manoeuvres aient été exécutées sans qu’un seul accident fie soi! produit.Dans de telles conditions il a été impossible de faire exécuter tous les mouvements; à chaque ordre donné des douzaines de soldats perdaient pied et tombaient.Malgré toutes ces difficultés cependant la tenue du régiment a été très bonne et le major-général Lessard s’est déclaré très satisfait.Il a complimenté le colonel Gaudet et ses officiers des résultats obtenus, et il a fait remarquer que les soldats du régiment n’avaient pas seulement été dressés à faire les exercices mais qu’ils é-taienl aussi soumis à la discipline.Après la parade, le général Lessard a fait l'inspection des baraques et des autres dépendances du bataillon, qu’il a trouvées, a-t-il dit, lui-même, dans les meilleures conditions possible.Le major-général Lessard était accompagné à S.-Jean par le colonel .1.P.LamhN, commandant de la Brigade d’infanterie, et des majors W.B.Anderson et Louis Leduc, de l’état-major des quartiers-généraux de la division de l’Est.“J’ai trouvé le 22ième bataillon dans d’excellentes conditions” a déclaré le major-général, à son retour à Montréal, hier soir.“Tout l’équipement est en parfait ordre, la discipline est bonne et les soldats paraissent être d’excellente classe; il est aussi évident que les officiers connaissent leur travail et l'accomplissent scrupuleusement.” Ge matin, le major-général Lessard est parti pour Québec, où il inspectera le 23rd Westmounts, qui est sous les ordres du lieut-colonel F.W.Fisher.Le maj lr-gènéral retournera ensuite à Toronto pour continuer l’inspection des bataillons d’Ontario.LA CHAMBRE DE_C0MMERCE Le Mercredi des Cendres étant un jour non juridique, l'assemblée du conseil de la Chambre qui a coutume d’avoir lieu le mercredi, a été remise, cette semaine, au lendemain, jeudi, 18 courant, à 4 heures 30, au siège de la Chambre, 7(i rue Saint-Gabriel.Les adhésions continuent d’affluer tous les jours ; chacune apporte sa parole d’encouragement et sa généreuse ofbole pour les “blessés” de chez nous.Au début de sa campagne de secours, LA.C.J.C.a convoqué un peu partout, pour eclairer l’opinion, de solennelles reunions patriotiques où nos plus distingués compatriotes du monde ecclésiastique et civil ont fait appel à la justice et prononcé des paroles d’émouvante protestation.Qui ne se rappelle Ja réunion du Monument National de Montréal, la solennelle assemblée de l’Université Lu-val de Québec, les manifestations de Sherbrooke et d’Ottawa.Ces ralliements patriotiques ont été immédiatement suivis d’une fête patriotique à Lévis, d’une magnifique assemblée à Chicoutimi, d’une séance publique donnée à Saint-Henri de Montréal par les Amis du Devoir ; partout enfin, sur la côte de Beaupré comme à Rimouski, à Saint-Hyacinthe comme k Tfois-TUvièrcs, les conférences et les collectes se sont multipliées.Nos bonnex-pardisses rurales ont vite fail d’emboîter le pas et •de proclamer à leur tour que la province de Québec doute entière protestera, souscrira, réclamera aussi longtemps que lè'gouvernement d’Ontario, abusant'do tWce, violentera de.S 'CiUvyéfis-Hé ce pays en les privant injustement de leur liberté scolaire.: “ Merci à la- vaillante paroisse de Lanoraie qui souscrit $43.00 pour les écoles bilingues d’Ontario ; “j’aurai peut-être quelques piastres à vous reméU.'é plus tard”, ajoute son dévoué curé, Mi l’abbé G.-A.Pi-j cotte.Saint-Camille de Wolfe envoie ; $10.00, c’est l’olbole “du curé, de | quelques institutrices et d’un bon ! nombre d'enfants de nos écoles ; ils ont été heüfeux de donner pour leurs petits frères d’Ontario persecutes pardes‘Prtiissiens du Canada”, nous assure-t-on.Saint-Alphonse d’Youville envoie $15.00 ; Saînt-Hilaire de Rouville, $32.00 ; un médecin de Maniwaki accompagne sa souscription de cette réflexion encourageante : “Qu’il me fait plaisir de pouvoir contribuer à Cette belle oeuvre pour nos frères d’Ontario.” — “Je tiens a vous féliciter ainsi que vos camarades d’avoir su organiser cette collecte et d’en faire un succès,” nous dit un autre souscripteur.Voilà bien le sentiment des nôtres, et il est universel puisqu’un compatriote de Boston, M.N.Lavergne, nous transmet du Massachusetts sa précieuse souscription avec une parole de touchante sympathie “pour nos frères d’Ontario”.La liste quLsuit est d’ailleurs assez éloquente par elle-même.Merci à tous les généreux donateurs : Kd.-J.Buron, Paris, France, 25 francs.Ont souscrit chacun $5 : Sr.Marie des Saints-Anges, directrice, Granby ; paroisse Saint-François d’Assise, Québec ; Rév.J.-A.Lavoie, Le Bic ¦ M.le curé A.-M.Vaillan-court, Plessisville ; Dr G.Tassé ; M.J.-B.Frégeau, Lachine : M.le sénateur Bolduc, Saint-Victor de Tring ; Dr Fantôme, Maniwaki ; Artisans Canadiens-Français, Val Brillant ; M.Z.Saint-Pierre, West-mount ; M.N.Lavergne, Boston, Mass.; de .Montréal : M.L.-O.David.T.SenécaJ, L.Wisintaine#, Dr F.-X.Plouffe, Dr Adrien Plouiffe, L.-J.Loranger, J.-A.Prud’homme, une octogénaire patriote, W.Lamarre.Rév.T.Gravel, Trois-Rivières, $4; S.Talbot, Montréal, $3 ; P.Turcotte, Montréal, $2.50 ; J.-T.Drolet, Montréal, $2.25.Ont souscrit $2 chacun : Rév.G.Cloutier, Saint-Fabien de Panel ; Rév.1).Thériault, Le Bic ; Rév.J.-A.-H.Désy, Joliette ; A.Gendron, Sherbrooke ; Rév.J.-A.Pauzé, Saint- i Gabriel de Brandon ; un ami, Saint-Eugène de Grantham ; de Montréal: Marguerite-M.Turcotte, L.Vaillan-; court, L.-O.d’Argencourt, J.Pro-i vençal, Arsenault et Plamondon, i Romuald Roy, H.-H.Mudeau, J.Tougas, A.L’Archevêque, J.-B.Vi-! net, E.Lavergne, R.-L.de Martlgny, L.-S.Pariseau.J.-P.Brosseau, Sorel, $1.50 ; Mlles Roy, Québec, $1.25 ; Mlle M.-L.Vail-lancourt et ses élèves, Saint-Eloi de | Témiscouata, $1.10.M.Jean Beucaut, Dr Lacoursièrc, Saint-Victor de Tring ; Patri-ote, Petjt Cascapédiac ; Rév.S.Plourde, Petite Madeleine, comté Gaspé ; enfants des écoles, Notre-Dame d’Hé-j bertvillc, ont souscrit chacun $1.00.On est prié d’efi vbyer les souscriptions à l’ordre de : M.Emile Girard.trésorier général de l’A.C.J.C., 160, Saint-Jacques, Montréal.-^| —- LA TYPHOÏDE DANS LES BALKANS (Spi'dnl «U “Revoir") Paris, 17.— Une épidémie de fièvre typhoïde fait actuellement des ravages aux alentours de Sofia, Plevna et Pilippopolis.' SOUS-MARIN A L/OEUVRE UN CHARBONNIER ANGLAIS EST COULE DANS LA MANCHE PAR LES ALLEMANDS — DEUX HOMMES PERISSENT.Havre, via Paris, 17.— Le charbonnier anglais Dulwich, parti de Hull pour Rouen, a été coulé par un sous-marin allemand, 20 milles au nord-ouest du Cap de la Hêve, vers 6 heures, hier soir.La torpille lancée par le sous-uiarin a frappé le charbonnier à tribord.Le sous-marin s’est enfui aussitôt son coup accompli.Le Dulwich a coulé en vingt minutes.Son équipage était composé de 31 hommes; vingt-deux ont été recueillis par le destroyer français “Arquebuse” et ont etc amenés au Hâvre.Sept autres ont ramé jusqu’à Fécamp et on ne sait pas ce qu’il est advenu des deux autres.* * * Havre, via Paris, 17.— Le temps était clair 'mais la mer était grosse lorsque le Dulwich fut coulé.La torpille toucha le charbonnier au-dessous de sa ligne d’eau et l’explosion qui suivit fut terrible.Le vaisseau pencha immédiatement et un examen rapide prouva au capitaine Hunter que son vaisseau ne pouvait plus flotter que quelques minutes, il s’occupa d’abord de sauver l’équipage.Les canots furent mis à la mer aussi vite que possible et les matelots reçurent Tordre de s’embarquer sans rien prendre de leurs effets.En se dirigeant vers la côte française, cherchant un navire qui pourrait les secourir, les membres de l'équipage du Dulwich virent le sous-marin revenir plusieurs fois à la surface, puis il disparut.UN CHINOIS EN VOLE UN AUTRE Il est plutôt rare qu’un fils de la Céleste République ait à comparaître devant nos tribunaux pour répondre à une accusation de vol.C’est pourtant le sort réservé à Nig Sai Wai si la police réussit à lui mettre la main dessus.Ce Céleste serait entré hier soir vers six heures dans le magasin chinois de “Nue Sam Kong Company”, rue Lagauchetière ouest, et profitant du moment où le commis était descendu dans la cave, il sc serait enfui après avoir pris le contenu du tiroir-caisse, $70 environ.Le propriétaire du magasin a averti la Sûreté et les détectives, munis du signalement de l’exotique voleur, ont commencé des recherches.Quand Vous Toussez C’est un signe que vos bronches sont attaquées et que vos poumons sont menacés.Ne tardez pas un instant, combattez vo-tre rhume avec un remède énergique et sûr comme le SIROP MATHIEU an Goudron, à l’Huiie de Foie de Morue et autres Extraits Médicinaux Quelques doses calmeront l'irritation des Muqueuses, guériront le Rhume, préviendront la Consomption.À1 En vente partout GOUDRON D’HUU.C DF.rOiEDEISOMÜ MATïirerrs Syrup of Tar C00 JJ VER OIL Si vous êtes fiévreux, vous activerez votre guétiion en asiociant au “SIROP MATHIEU” 1«« POUDRES NERVINES MATHIEU touversines contre l’Etat Fiévreux, les Maux de tête, la Migraine, 1a Névralgie.En Vente Partout : 25c la Boite de 18 Poudres CIE.J.L.MATHIEU, Propriétaire, SHERBROOKE, Qui.L.CHAPUT, FILS ù CIE., LIMITÉE.Distributeur».MONTREAL.CARTES D’AFFAIRES RODOLPHE BEDARD Expert-Comptable et Auditeur Systématiste consultant, Administrateur de successions.Téléphone Bell.Main 3869.Suite 45-46-47.55 Saint-Francois-Xavier, Montréal.Résidence : St-Loals 4S9S.CHARLES HURTUBISE FINANCIER Argent 0 prêter ; 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Rome, 17.— Un éboulis, enlisé par des pluies torrentielles, n enseveli ce matin une maison habitée par huit personnes à Varcosabina.Dr HONORE THIBAULT L.D.S., D.D.S.CHIRURGIEN-DENTISTE BUREAU : 321a RUE RACHEL (Près Saint-Denis) ____ TEL.ST-LOUIS 6098 INGENIEURS CIVILS HURTUBISE & HURTUBISE INGENIEURS CIVILS ARPENTEURS-GEOMETRES EDIFICE BAN’üUE NATIONALE 99 rue Saint-Jacquea.TELEPHONES : : Bureau: Main 7618.Rénidencc: St-Lonia 2141 HOTELS Hôtel Riendeau Limitée WILF.GERVAIS, Pria.Tréa.P.A.SAMSON.Vlce-Pr*a.-8ec.L* R.ndea-Tou» de» Canadlena-Françai».88-60 Place Jaequea-Cartier.Montréal.Ce journnl est Imprimé au No 43 rue » Saint-Vincent, A Montreal, par ITMPIHMK-BIK POPULAIRE (ô rrannuRnblllté Limitée k.J.N.Chevrier, gérant-général. VOL.VI.— No 39 LE DEVOIR, MONTREAL, MERCREDI 17 FEVRIER 1915 S Un nouveau dirigeable de fabrication française survole les faubourgs de Paris.—Aucune ville de France ne célèbre publiquement le Mardi Gras.—Des espions allemands cherchent en vain de créer des mécontentements parmi la population parisienne sur la façon dont on dirige les opérations militaires.—Les chirurgiens allemands accusés de pillage et traduits devant les cours martiales sont acquittés faute de preuves contre eux.—Le roi de Belgique fait des re fi connaissances en avion.—Le “ Temps ” suggère d'envoyer le dernier livre de M.Roosevelt : “ America and the War ”, à toutes les nations neutres.—On signale les noms de plusieurs artistes français servant actuellement sous les drapeaux.—Les succès que les Allemands disent avoir obtenus à Sudelle sont niés.—La presse parisienne est peu satisfaite des résolutions adoptées au congrès socialiste qui vient d’avoir lieu à Lourdes.—Le sergent Paul Marchand est blessé par 197 éclats d’obus.—Les Allemands détruisent les usines d’aéroplanes “ Aviatik ”, près de Mulhouse.—Les combats se poursuivent avec acharnement en Haute-Alsace.L’Allemagne et la Russie continuent leurs relations commerciales malgré la guerre.—Przemysl continue à délier ses [ assiégeants.—On permet aux invalides allemands de quitter le territoire russe.* ALLEMAGNE On trouve .une bouée de sauvetage, portant l’inscription V12, sur le rivage à Luydcotc, près Dunkerque.—Le capitaine Erdmann, du croiseur allemand Blucher, meurt à E-din burgh.—Un correspondant du Daily Telegraph dit que le Kaiser “vieillit terriblement”.—Maximilian Harden écrit dans le Zukunft que T opinion des Etats-Unis est le cadet des soucis de l’Allemagne.—La noie américaine protestant oentre les récentes menaces de Berlin à l’égard des vaisîpaux neutres est reçue avec dédain dans les cercles diplomatiques allemands.—On convoque les dernières ré-U serves prussiennes.AUTRICHE Des émeutes se produisent en Bohême (OÙ nombre de familles demandent aux autorités de leur donner du pain.—Un ordre du cabinet défend de faire usage de l’orge après le 19 courant; on substituera cette céréale au blé.—Un decret impérial somme tous les médecins au-dessous de 50 ans de s’enrôler immédiatement sous les drapeaux.ANGLETERRE —M.T.A.Creswell, citoyen anglais demeurant à New-York vient de s’enrôler dans le second contingent canadien.Il pionne pour ses raisons que les soldats du Kaiser lui ayant tué trois frères depuis le commencement de la guerre, il a une dette à régler avec les Teutons.—Des officiers du gouvernement anglais ont commencé l’inventaire de ^la cargaison du “Wilhelmina” retenu.comme, prise de guerre par l'Amirauté.—L’Angleterre vient de placer sur la liste des marchandises de contrebande le fourrage.—Une dépêche de Suez annonce que le régiment East Lancashire a fait preuve d’une grande bravoure dans les batailles aux environs du canal, les 3 et 4 février.—M.Walter Hines Page, ambassadeur américain en Angleterre vient d’avoir une conférence avec Sir Edward Grey.L’Allemagne serait prête à cesser sa guerre sous-marine contre l’Angleterre si ce dernier pays lui permettait d’importer les produits destinés à l’alimentation de ses peuples.—Les journaux anglais ne s’inquiètent guère de la menace allemande de détruire tous les navires-marchands dans la mer du Nord à partir de demain le 18.Ils consi-Jfdèrent cette menacé comme plus ou moins sérieuse.—M.le vicomte Bryce ex-ambassadeur anglais aux Etats-Unis a déclaré hier à Londres, que la leçon de la guerre actuelle serait suffisante pour tuer à jamais le militarisme dans tous les pays civilisés.—Les Allemands sont des plus gentils pour les Irlandais domiciliés à Bruxelles.Le rédacteur du journal “Pan-Celtic Quarterly” qui relate plusieurs incidents, croit que les Teutons espèrent encore soulever l’Irlande contre l’Angleterre.—M.William Le Queux vient d’éditer son nouveau livre “Les Espions en Angleterre".L’écrivain prouve que le Kaiser voulait la guerre actuelle depuis 1908.L’auteur donne dans son livre le résultat d’une conférence secrète tenue à Postdam en 1908 au cours de laquelle Guillaume II aurait déclaré à ses ministres zmc Dieu lui avait donné l’ordre de Conquérir la France et l’Angleterre.—Le correspondant du “Times” en Australie écrit à son journal que Sir Henry Galway, gouverneur de l’Australie du Sud vient de commettre une grosse indiscrétion en déclarant que l’Australie devait être peuplée seulement par les populations blanches.PAYS NEUTRES —Tous les navires norvégiens doivent être flanqués du mot “Norge” et porter les couleurs nationales.—La War Insurance Company avertit les propriétaires de navires danois qu’elle ne changera pas ses primes jusqu’à nouvel ordre.—Les gouvernements Scandinaves décident de faire entendre des protestations auprès des gouvernements anglais et allemand, au sujet de l’emploi des pavillons neutres par les navires anglais et îles dangers qui fiena^pfci leur commerce dans les lones ‘de guerre.MALGRE LEUR VAILLANCE, LES RUSSES FURENT REFOULES SUR UN FRONT DE 100 MILLES DANS UNE LUTTE DESESPEREE.— PERTES EFFROYABLES DE L’ENNEMI.Novo Selitza, Russie, à la frontière de ia Bukovine, là.— M.Donohue^ écrit: ‘ Des troupes composées de Teutons èt d Autricüiens ont continué à se jeter sur les fortifications des Russes qui proiegent Czernowilz.Kites se portèrent à l’attaque à deux endroits séparés par un intervalle de 15 milles, dans le but de traverser le Pruth.La colonne du sud composée d Autrichiens et de Bavarois, marchant parallèlement à la frontière roumaine, déboucha des forêts de Crauztal, et fut arrêtée au nord du village de Michalecze.La colonne de Test, entièrement allemande, s’empara de Storazynetz et de Kuczucmar, et établit le contact avec la colonne de l’ouest.Les Teutons subirent des pertes effroyables en tentant de franchir ie Se-reth.Ou apprit que ta troisième armée avait fait irruption en Galicie, et descendait la vallée du Pruth.Manifestement l’ennemi, pour s’assurer la possession de l’extrémité orientale de la Bukovine, tentait d’exécuter un vaste mouvement tournant.Les deux colonnes qui avaient traversé la rivière Sereth menaçaient de couper la retraite des Russes à Czernowilz.La bataille devint désespérée.Eke continue.Nos alliés se battaient d’une façon magnifique, mais on les refoulait de toutes parts le long de la ligne longue d’environ 100 milles.Les Moscovites en face de Czerno-witz établirent leurs positions sur le sommet d’un plateau couvert de neige, séparé des positions autrichiennes et allemandes par une vallée profonde.On supposa que les ennemis lançaient contre nous au moins trois corps d’armée, munis de pièces d’artillerie lourd .De bonne heure aujourd’hui, les masses ennemies se ruèrent à trois points contre nous sans avoir égard aux pertes subies.Elles commencèrent à escalader la pente opposée.Les canons russes mis au point balayaient simplement les assaillants à mesure qu’ils se présenhdent.Des fugilifs de Czernowilz craignant la vengeance des Autrichiens ont traversé la froniière roumaine par centaines, mais les troupes austro-allemandes ont barré le chemin, menant de Czernowilz en Roumanie.et les Russes expédient des renforts.” NOUVEAUX CHEMINS DE FER Petrograd, 17.— Les Russes construisent actuellement de nombreuses lignes de chemin de fer autour de Varsovie, lesquels se dirigent vers les frontières autrichiennes et dans Test et l’ouest de la Galicie.L’état-major russe croit pouvoir avec ces nouveaux moyens de transport.rivaliser avec ses ennemis allemands et autrichiens nui changent de ph.ce avec une rapidité extra-ordinaire.Des milliers de terrassiers travaillent nuit et jour et la ligne dans les environs de San sera terminée pour la fin de février.ALLEMAGNE PROPOSITIONS AUX ETATS-UNIS SI DES NAVIRES DE GUERRE AMERICAINS ACCOMPAGNENT LES NAVIRES MARCHANDS, CEUX-CI SERONT RESPECTES.Berlin, via Sayville, 17.— L’amiral Behncke, du ministère de la marine a fait une déclaration au lieutenant Gherardi, l’attaché naval de l’ambassade américain à Berlin.On la considère comme le meilleur exposé de la situation fait depuis la proclamation allemande.L’amiral rappelle que l’Allemagne s’est conformée jusqu’ici à la déclaration de Londres et aux stipulation du traité de Paris.Mais depuis que l’Angleterre a entrepris de subjuguer l’Allemagne en l’affamant, celle-ci doit recourir à la force et compter sur ses sous-marins.Elle doit le faire et elle le fera.L’Allemagne proteste énergiquement contre l’attitude de l’Angleterre qui fait battre pavillon neutre à ses navires et veut faire entrer l’Allemagne en guerre avec les autres pays.L’amirauté pense que les submersibles amèneront la fin rapide de la guerre.Mais elle ne désire pas les faire entrer en jeu au détriment du commerce des neutres.Elle consentirait même à abandonner son projet de blocus, si l’Angleterre s’engageaii à s’en tenir à la déclaration de Londres et aux stipulations du traité de Paris, qui permettent à la population civile de recevoir des denrées des pays neutres.Au dire de l’amiral, son pays est disposé à suggérer aux Etats-Unis des mesures qui assureraient aux navires américains se rendant aux ports anglais une traversée plus sûre.Il s’agirait de les faire escorter par des vaisseaux de guerre américains à travers la mer d’Irlande.Ils seraient respectés la nuit comme le jour, de même que les vaisseaux qu’ils escorteraient.Cette mesure diffère de la méthode adoptée par la Grande-Bretagne en ce que le gouvernement impérial allemand se fiera à la parole d’honneur des Etats-Unis, s’engageant à ne pas transporter de contrebande, et en ce que les vaisseaux ne seront pas visités.-».— Le NATIONALISTE est le meilleur des journaux du dimanche, à Montréal.Le lisez-vous?QUARANTE AEROPLANES ET HYDROPLANES FRANÇAIS ET ANGLAIS LANCENT 240 BOMBES SUR LES POSITIONS ALLEMANDES DU LITTORAL, CAUSANT DE GRANDS DEGATS.PRÉCIS DES DÉPÊCHÉS DE LA NUIT RUSSIE BELGIQUE ANGLETERRE LA RETRAITE RAID AERIEN RAPPORT DU BULLETINS OFFICIELS DE LA NUIT FRANCE DE BUKOVINE SUR LA COTE GENE.FRENCH PARIS EXPLICATION DE LA LENTEUR DE LA MARCHE EN AVANT.— LES ANGLAIS FORMENT MAINTENANT UNE LIGUE INDEPENDANTE.— ELOGE DES PATRICIAS.Londres, 17.— Le “Daily Mail” a reçu ta dépêche suivante de son correspondant à Dunkerque : “Cet après-midi (mardi), entre quatre et six heures plusieurs aéroplanes et hydroplanes français et anglais se sont dirigés vers ta côte beige pour faire de concert des opérations.Ils ont lancé 240 bombes sur l’aérodrome de Ghistelle, sur Zeebrugge et sur Ostende.Les bombes anglaises pesaient chacune 85 livres.Au dire du correspondant du ‘T)aily Mail” dans les Flandres, les Allemands, à ia suite de iette incursion aérienne, ont envoyé 5,0ÜÜ hommes de renforts à la garnison de Knocke et ont aussi renforcé celle de Heyst.Ils établissent des appareils de télégraphie sans fil sur les dunes pour pouvoir communiquer avec leurs sous-marins qui se trouvent dans la mer du Nord.Le rapport officiel donne les détails suivants sur ce raid: “Les opérations aériennes contre Bruges, Ostende et Zeebrugge ont continué cet après-midi.“Des bombes ont été jetées sur les lourdes batteries situées à l’est et à l’ouest d’Ostende, sur des canons pjacés à Middlekerke, sur des wagons du commissariat, sur le chemin entre Ostende et Ghistelles et sur la jetée de Zeebrugge où les a-viateurs ont essayé de détruire les écluses.“Huit aéroplanes français ont aidé les hydroplanes en faisant de vigoureuses attaques contre l’aérodrome de Ghistelles, empêchant ainsi les machines allemandes de diviser notre flottille.On dit que les résultats obtenus ont été excellents.“Des instructions sévères sont toujours données de ne diriger les attaques que contre les points militaires et les aviateurs français et anglais font lout leur possible pour ne pas jeter de bombes sur les quartiers résidentiels des villes.LES TEUTONS DANS LES TRANCHEES ANGLAISES France du Nord, 17.— Les Allemands se sont lancés à l’assaut des tranchées anglaises avec plus de fureur que jamais dans les régions de Y près el de La Bassée, pendant la journée d’hier.On apprend que les Teutons purent pénétrer dans les lignes de Sir John French après une bataille des plus sanguinaires.Les combats à la baïonnette et corps-à-corps furent terribles.Les pertes sont considérables des deux côtés et l’état-major allemand a déclaré que cette bataille n’était que le prélude d’un grand mouvement offensif qui Jui ouvrira avant une semaine,, et en dépit des nouveaux renforts, envoyés par Kitchener, la route de Calais.CANADA LES CANADIENS SONT AU FEU ON CONFIRME QUE LE PREMIER CONTINGENT EST RENDU AU FRONT.— CERTAINES DIVISIONS REMPLACENT LES PATRICIAS DANS LES TRANCHEES Du nord de la France, 17.— Le contingent canadien, débarqué sain et sauf en France voici une Semaine, se trouve à proximité de la ligue de feu et s’alignera probablement d’ici à quelques jours.Les Canadiens relèvent la division dont faisait partie le “Princess Patricia”.Les “Highlanders” ont pris les devants.Le “Princess Patricia’ a pris part à un engagement sans importance avant de quitter les tranchées.Ses pertes totales s’élèvent maintenant à 30 morts et 50 blessés.LES PERTES CANADIENNES Ottawa, 17.— Les fonctionnaires du département de la Milicéont publié hier soir la liste suivante (les pertes du corps expédimmnaire canadien : MORTS — Le 23 janvier, le soldat Basil Lees Inderwick, du 17ème bataillon; a succombé à une maladie du cerveau à l’infirmerie de Salisbury Plain.Son plus j>roche parent, Mme Inderwick, Perth, Ontario.Le 15 février, le soldat Thomas E.Trull,
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