Le devoir, 3 mars 1915, mercredi 3 mars 1915
VOLUME VI—No 51 ABONNEMENTS î Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.«3.00 UNION POSTALE.«6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS.$1.50 UNION POSTALE .$2.00 Directeur : HENRI BOURASSA MONTREAL, MERCREDI 3 MARS, 1915 DEUX SOUS LE NUMER Rédadion et Administration: 43 RUE SAINT-VIN CENT MO N T R K A.i.TELEPHONES : ADMINISTRATION: Main 7461 Main 7460 REDACTION ; FAIS CE QUE DOIS I LA RÜSSIE A (i) Dans loute guerre, le gros publie n'aperçoit que l’aspect dramatique et sanglant.C’est naturel: la pitié sincère et la curiosité morbide s’attachent aux récits émouvants, aux actes d’héroïsme et de cruauté, aux spoliations violentes, aux victoires et aux défaites.Fort peu de gens s’attardent à observer le facteur politique et le facteur économique, «fui sont pourtant, et de nos jours plus que jamais, les éléments essentiels de la guerre.C’est la force de résistance économique qui donnera la victoire finale aux Alliés, plus que tous leurs faits d’armes; c’est l’influence politique la plus forte qui réglera les conditions de la paix et détournera ou activera les causes de conflits futurs.Dans ce double ordre d’idées, la guerre actuelle vient d’entrer dans une phase particulièrement intéressante.Un député anglais, évidemment inspiré par le ministère, a demandé au ministre des Affaires étrangères ce qu’il pensait de ces paroles q ; M.Sazonoff aurait prononcées à la Douma: “La Russie a l’intention d'occuper Constantinople permanemment.” La réponse de sir Edward est caractéristique.“Je n’ai pas été informé de cette déclaration, dit-il; mais j’ai lu que M.Sazonoff a déclaré que les événements rapprochent la Russie de la réalisation du problème économique lié à l’accès de la Russie à la mer.” “Avec ces aspirations”, ajoute le ministre, “la Grande-Bretagne est en sympathie.Sous quelle forme se réaliseront-elles?C’est sans doute ce que les conditions de la paix détermineront.” Cette courte phrase, si pleine de réserve, est grosse d’orages pour l’avenir.•K* La Russie à Constantinople, c’est le rêve séculaire des Romanoff; c’est la pensée maîtresse de Catherine et de Nicolas.C’est la revanche de la guerre de Crimée; c’est la reprise de l’échec diplomatique du traité de Berlin.Ce dessein est d’autant plus impérieux qu’il répond à la fois à un besoin économique grandissant et à une soif de domination politique et morale jamais assouvie.La Russie est déjà un pays de grande exportation agricole.Abon-damment pourvue de toutes les ressources naturelles imaginables, elle est appelée à devenir l’une îles nations industrielles les plus productives du monde.Elle a donc un besoin urgent d’accès facile à la mer, en toutes saisons.C’est précisément ce qui lui manque.Quand la Baltique et les Dardanelles sont fermées à son commerce, elle est virtuellement prisonnière dans son immense empire.Ses rares ports du Raci-fique, situés à l’extrémité de ses domaines et fermés la moitié de l’année, ne lui sont actuellement d’aucune utilité commerciale.C’est à peu près comme si le Canada n’avait d’autre port que Prince Rupert pour exporter ses produits en Europe! Même lorsque la Baltique est libre de vaisseaux de guerre et de sous-marins ennemis, elle est d’une médiocre utilité pour le commerce russe, à cause de l’hiver qui bloque ses ports de la mer Blanche plus sûrement que toutes les flottes de combat.Il ne reste donc que l’accès à l’Océan indien par la Perse et à la Méditerranée, par la mer Noire, j La Russie est virtuellement maîtresse de la mer Noire et de la mer d’Azof; mais tant qu’elle ne commandera pas les rives du Bosphore et le passage des Dardanelles, cette première prise de possession maritime, qui lui a coûté des siècles d’effort inlassable, ne lui est d’aucune utilité, dans toute guerre où la Turquie est contre elle.Et la Turquie a toujours été et sera toujours contre la Russie.La marche sur Constantinople répond donc à un intérêt vital de la Russie.Elle satisfait également l’ambition la plus ardente du peuple russe et de ses souverains.La Russie à Constantinople, c’est le rétablissement, au profit des Tsars, de l’Empire byzantin écroulé depuis quatre siècles et demi.C’est le parachèvement de l’hégémonie morale et politique de tous les peuples schismatiques, dont l’Empereur de Moscou et de Byzance deviendrait le chef suprême, spirituel et temporel.C’est cette coalition formidable que l’archiduc François-Ferdinand avait entrepris de rompre en unissant les Slaves catholiques autour du trône chancelant de l’Autriche.Le crime de Serajevo a supprimé l’obstacle et, en ruant les uns contre les autres les peuples de l’Europe cccidentale, laissé le champ libre à la Russie dans l’exécution du plus constant et du plus impérieux de ses désirs.On se rappelle avec quelle joie fut accueillie à Petrograd la nouvelle de l’entrée de la Turquie dans la mêlée.Depuis ce moment, le mot d’ordre n’a plus été: à Berlin! mais: à Constantinople! Si ce rêve se réalise, l’avenir dira si l’Europe et le monde s’en trouveront mieux.En dépit des enthousiasmes sincères ou factices de l’heure actuelle, il est permis de conserver quelques doutes sur les bienfaits de la civilisation russe.On a dénoncé avec raison les cruautés abominables des Allemands en Belgique.On s’est ému des entraves apportées à la liberté de Son Eminence le Cardinal Mercier, primat de Belgique.Personne n’a parlé des horreurs de la conquête russe de la Galicie; aucun journal cana-dien-français — sauf le Devoir, — n’a signalé la disparition du prince-archevêque de Léopold, brutalement saisi et enlevé par les Russes.* * * Mais ce qu’il importe de signaler, ce n’est ni la poussée des Russes vers Constantinople, ni le danger dont cette expansion menace la paix et la liberté future de l’Europe: tout cela était facile à prévoir, pour les gens qui connaissent l’a-b-c de l’histoire.Le fait nouveau et capital, c’est l’acquiescement possible de l’Angleterre à l’exécution des desseins de la Russie.L’ennemi traditionnel et naturel de l’Angleterre, depuis un siècle, ce n’est plus la France; ce n’est pas même l’Allemagne: c’est la Russie.Depuis la rupture de la Sainte Alliance, — ce pacte éphémère des nations les plus disparates, unies momentanément par la haine commun » du tyran de l’Europe, — l’Angleterre redoute la Russie et contrecarre tous ses desseins.Pour mater la puissance russe, l’Angleterre chrétienne a fraternisé, un siècle durant, avec le Turc — Yunspeakable Turk.En 1854, elle a fait alliance avec la France, son ennemie de cinq siècles, pour arrêter la marche des Russes vers Constantinople.En 1879, elle s’est unie à l’Allemagne et à l’Autriche, ses ennemies d’aujourd’hui, pour empêcher la Russie de recueillir les fruits de ses victoires.Elle a conquis l’Afghanistan pour empêcher la Russie d’y pénétrer.Pour fermer aux Russes l’accès des mers de Chine, elle a armé et soutenu le Japon, nu risque d’en faire son rival le plus redoutable dans le Pacifique et sans égard à la sécurité du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.La lutic des deux nations a été également vive et constante dans le domaine de la diplomatie.A Berlin, à Vienne, à Paris, à Washington, à Pékin, à Tokio, partout, l’influence russe et l’influence anglaise se sont pourchassées.Elles ne sont tombées d’accord qu’en de rares circonstances, comme, par exemple, pour favoriser la spoliation des Etats de l’Eglise.Ici, la haine commune du papisme fut plus forte que les rivalités impériales et économiques.* * * Celte rivalité des deux empires les plus puissants du monde s’explique de soi-méme.L’Angleterre voit avec raison dans la Russie la seule puissance européenne qui puisse menacer sa domination dans l’Inde et sa possession du Canal de Suez et de la mer Rouge.Le jour où la Russie deviendra une nation maritime, le glas de l’Empire bri-timnique aura commencé de sonner.Cette vérité est tellement évidente qu’on a peine à croire à l’acquiescement du gouvernement britannique aux desseins de la Russie.Aussi, en dépit des apparences, cet acquiescement n’est pas encore | donné.La plupart des journaux canadiens ont souligné bruyamment la déclaration du Secrétaire d’Etat comme une nouvelle preuve de l’entente des Alliés.Le rédacteur du seul journal anglais sérieux de Montréal (2) s’y est lui-même laissé prendre.Mais qu’on relise avec attention les paroles de sir Fldward Grey; et l’on constatera qu’il n’a nullement dit ce que la jiresse canadienne lui fait dire.Voyez avec quel soin il ignore la déclaration prêtée à M.Sazonoff: “La Russie va s’établir permanemment à Constantinople.” Il n’a entendu parler que du “désir de la Russie d’avoir accès à la mer”.C.e désir, cela va de soi, lui inspire de la “sympathie”.Mais c’est fort platonique, la sympathie; cela n’oblige à rien, moins encore que les “engagements d’honneur” dont lord Derby parlait si lestement, en 18(i7, à propos du Luxembourg, l.es libéraux anglais “sympathisaient” avec la France, en 1870; mais ils ont tout de même laissé la Prusse lui passer sur le corps.Du reste, avec la loyale prudence qui le caractérise, sir Edward Grey s’est empressé d’ajouter: “Comment ce désir se réalisera-t-il?C’est ce que les conditions de la paix détermineront.” Ce n’est pas la “sympathie” qui compte dans cette déclaration “mémorable”; c’est la réserve qui la qualifie et la restreint.Evidemment, si l’année russe pénètre à Constantinople, si le Tsar de toutes les Russies se fait couronner Pape orthodoxe dans l’antique sanctuaire de Sainte-Sophie, il ne sera pas facile de l’en déloger au profit de Y unspeakable Turk ou de toute autre puissance; mais l’on peut être assuré qu’au Congrès de la Paix, c’est à cette tâche ardue que les plénipotentiaires britanniques s’appliqueront de toutes leurs forces — beaucoup plus qu’à l’anéantissement du militarisme germanique.S’ils n’y parviennent pas, la prédiction de cet écrivain anglais dont j’analysais naguère la lumineuse étude se réalisera à la lettre: “Our Imperialists will be calling out for a strong Germany to balance a threatening Russia.” (3) Et tout sera à recommencer.Le monde ne connaîtra un peu de paix et de repos que le jour où la miséricorde de Dieu l’aura délivre du fléau des grands empires et de leur soif insatiable de conquêtes, de domination et de richesses mal acquises.Henri BOURASSA.(3) “The Empire of the East" par H.N.Brailsford est reproduit en entier dans The Foreign Policy of Grca, Cet article •at Britain.LETTRE DE QUÉBEC CESIO MILLIONS (1) Avant d’analyser le discours de M.Asquith, il m’a paru intéressant de souligner ce qui, dans les déclarations récentes de sir Edward Grey, semble avoir échappé à l’attention générale.(2) Voir la Gazette de lundi: “Memorable words", .Québec, 2.— Le ministre de l’agriculture aura probablement plus de difficulté que d’habitude à obtenir ses crédits.M.Sauvé, entre autres, a quelque chose à régler avec le ministre.On lui avait vaguement promis une subvention po.r l’enseignement ménager au couve* t de Saint-Benoit et il a donc annoncé la bonne nouvelle aux directrices de cette institution.CeJ-les-ci ont fail quelques frais préliminaires, mais elles paraissent attendre encore après la subvention du gouvernement.Y a-t-il mai valse volonté ou simplement malentendu?11 est assez difficile de le dire même après avoir suivi les explications données de pari et d’autre.M.Caron a une si curieuse façon de discuter.11 ne dit jamais «a même chose deux fois et il se réserve tant d’issues pour échapper au besoin.Ainsi, sa défense ici repose sur le fait évident, semble-t-it, que le couvent de Saint-Benoit, tout en se préparant à donner l’enseignement ménager ne ’’a pas donné.Mais il ne pouvait pas le donner, lui répond M.Sauvé, parce que le département lui déclarait par écrit qu’il n’avait pas de programme à lui fournir.Qu’esl-ce que ce programme?Il faut qu’U soit calqué sur l’école ménagère de Saint-Pascal.Pourquoi Saint-Pascal plutô* que Roberval?Roberval a une réputation peut-être moins “fanfreluchée” mais certes : ussi sérieuse que Saint-Pascal.Le ministfc se reprend el di‘ que le programme peut être calqué sur celui de Saint-Pascal ou de Roberval.A une heure, le ministre de 1 agriculture n’csl pas très avancé.LES 10 MILLIONS Cet après-midi, l’opposition s’attelle de nouveau à la tâche d’extraire du gouvernement les renseignements qu’elle veut avoir avant de voter l’emprunt de dix millions.Si le gouvernement les fournit de bonne grâce, il faut du moins le croire très dur d’entendement, car les pièces telles que les demande la gauche, sont d’une extraction extrêmement difficile.L’étendue du préambule du projet ministériel permet de parler à peu près de toutes sortes de choses.C’est ainsi que l’on apprend mfin que la prison de Bordeaux qui a déjà coulé 3 millions et demi n’est pas complète.’ L’intérieur de deux ailes es! encore à faire.Combien cela coùtera-t-il?demande M.Cousineau.Je ne le sais pas, répond M.Taschereau.Le chef de l’opposition insiste.M.Taschereau s’en aigrit et parle au chef de l’opposition de “l’intérêt qu’il porte à la prison de Bordeaux”.— Intérêt platonique.tandis que le vôtre est pratique, riposte M.Cousineau.Quand un expert indépendant pourra pénétrer dans la prison, l’on découvrira qu’elle a coûté au moins un million de trop.—Vous ne me ferez pas peur, réplique M.Taschereau.—Non, mais je vais vous faire du bien, reprend M.Cousineau.El l’on se calme.L’emprunt devra servir aussi à payer les frais d’administration de la commission des eaux courantes, M, Cousineau trouve cela extraordinaire.On n’a pas 1c droit de faire payer à une seule entreprise comme le barrage des eaux du Saint-Maurice, les frais d'administration d’une commission qui existe pour loule la province.Au moment où le chef de l’onnn-silion touche ce point, le Soleil arrive avec le portrait du Premier ministre donl c’est aujourd'hui l’.nni-versaire du coup dans le dos de M.Parent, —-Tiens, oui.e’est vrai, remaroue M, Cousineau, il y a aujourd’hui dix CHRONIQUE ETRANGERE GUERRE ET DIPLOMATIE.Les Allemands se préparent, assure-t-on, à tenter un nouvel effort pour rompre les lignes de l’extrême gauche française.Malgré la vio-lience des combats qui se livrent en Pologne et en Galicie,ils amènent des renforts considérables en Belgique et on s’attend à une ruée prochaine vers Calais.Les alliés continuent à observer cette ligne de conduite qui consiste à n’engager que des affaires de détail, à profiter de toutes les occasions favorables pour détruire les ouvrages ennemis et pour gagner du terrain, tontôt sur un point, tantôt sur un autre.Les derniers communiqués officiels de Paris ne contiennent rien qui mérite d’être relevé.En Pologne, les Allemands cèdent lentement devant l’armée russe renforcée, tout en continuant de bombarder la forteresse d’Ossowetz avec des canons à longue portée.L’action est également engagée en Galicie et dans les Carpathes et se poursuit a-vec violence sur toute l’étendue du front.La déclaration de Londres LETTRE D’OTTAWA ans que le Premier ininislre prit un peu cavalièrement la place de son prédécesseur.C’est le temps d’évoquer le spectre de Banque).Un bon sourire s’épanouit sur la figure des anciens parentistes.La discussion continue.Et l’on apprend encore, de M.Taschereau, que le pâté de maisons borné imites rues Notre-P iine et S,-Gabriel tout près du Palais de Justice de Montréal a été payé $19,8,000.Etait-ce si nécessaire, demande le chef de l’opposition?Nous en aurons besoin un peu pour dégorger le Palais de Jusiice et nous avons fait un bon placement.Dans le cours de l’an dernier, le gouvernement a fait un emprunt de un million de louis sterling.L’arrêté du conseil autorisant cet emprunt déclare accepter l’offre de ta Banque de Montréal de faire souscrire cet emprunt à,4% du cent.Or par la suite, tous les versements de cet emprunt n’ont pas été versés et la correspondance montre que la Banque de Montréal n’a pas eu de peine à faire consentir le gouvernement à renoncer à ces versements.Le chef de l’opposition s’étonne un peu de la facilité avec laquelle le gouverne-incil semble avoir accédé aux désirs de la Banque de Montréal.Le trésorier répond que l’offre de la Banque de Montréal ne l'engageait pas formellement.La Banque ne Montréal disait seulement qu’elle se croyait capable de faire souscrire cel , eniprunl.Elle l’a fait souscrire, mais la declaration de guerre a tellement bouleversé le marché qu’insister n’eut pas été avantageux pour l’avenir.M.COUSINEAU Finalement, ou adopte les résolutions en première et deuxième lecture.Lorsque le concours est proposé, M.Cousineau résume son opinion.S’il s'agissait, dit-il, d’aider la grande cause qui se débat actuellement en Europe, pour sa part i! n’hé-sderail pas à engager ses électeurs et ceux de la province afin de hâter le triomphe de la liberté sur la barbarie.Il en est autrement ici.11 est vrai qu'au invoque pour justifier cet emprunt le cadeau de fromage fait par la province mais c’cst une humiliation: quand on fait des cadeaux on les fait à ses dépens.Un million et ilemi de cel emprunt ira pour rembourser une partie du coûl de la prison de Montréal, qui ne devait lias coûter la moitié de celle somme lorsqu’on en a décidé la construction.Le gouvernement ne devrait pus fa.re payer cette dette à toute la province.Si les députés de la région do Montréal n’ont pas su prévoir ce qui arrive, tant pis pour eux ! Il y a la construction des chemins pour laquelle le gouvernement paraît avoir dépensé 8 millions, mais le gouvernement est déjà autorisé à emprunter dix millions pour celte lin.De plus, l’on demande une augmentation de pouvoir d’emprunt de cinq millions pour les bons chemins.QuVt-il donc besoin d’un emprunt additionne] de dix .millions.Pour payer une parti,, du prix d’achat des propriétés avoisinant le Palais de Jusiice ?L'achat de celte propriété en un moment où le gouvernement éprouvait déjà de la difficulté à emprunter esl un scandale, dit M.Cousineau.Le chef de l'opposition rappelle ce mouvement créé à Montréal par des amis politiques du premier minisire, qui avaient acheté une grande propriété, rue Sninte-Cathertnc, dans le but d’y amener la construction d’un Palais de Justice.Sir Lomer Cumin déclare que personne ne lui a jamais parlé de cela.M.Cousineau.—Je n’ai pas dit (Suite à la troisième page) Dans sa réponse aux suggestions non-officielles que le gouvernement de Washington a présentées, à Londres et à Berlin, le gouvernement allemand exprime le regret que les stipulations de la Déclaration de Londres ne soient pas observées.Comme cet instrument diplomatique est souvent mentionné au sujet des complications qu’engendre îa guerre maritime, il n'est pas inutile d’en indiquer brièvement le caractère et la portée.En 1907, fi, Convention XII de la Conférence de La Haye avait décidé l’organisation d’une.Cour d’Appel internationale en matière de prises touchant aux intérêts des puissances neutres.Le gouvernement britannique déclara qu’il différait son adhésion, estimant désirable qu'avant l'organisation de cette Cour, les Puissances se missent d'accord pour fixer les principes du Droit international sur la matière.Il invita eu conséquence l’Allemagne, les Etats-Unis, l’Autriphe l’Espagne, la France,, l’Italie, le '.lapon,'la Russie el la Hollande à si réunir à Londres aux représentants de la Grande-Bretagne, dans une conférence où seraient (posées d'une façon definitive les oases de cette législation.Les travaux de cette conférence aboutirent à un instrument qui porte le nom de Déclaration de Londres et fut signé lu» 2(> février 1909.Cette Déclaration comporte 71 articles et vise tous les cas intéressant les neutres, la contrebande, tes prises, etc.Si elle avait été en vigueur.et si, en vigueur, elle avait été respectée, elle eût incontestablement rendu, dans les circonstances présentes, de grands services et évité toutes les protestations.Malheureusement, ni la Déclaration ni la Convention sur les Cours de Prises n’avaient encore été ratifiées par le gouvernement britannique lorsque la guerre a éclaté.Il fallait en effet un Acte du Parlement pour permettre de porter devant une Cour d’Ap-pel internationale les jugements rendus par les e.ours de Prises britanniques, et, pour des raisons qu’il est inutile d’exposer ici, l'Acte n’a pas encore été adopté.Reprise des affaires en France ILS PARLENT, MAIS NE DISENT RIEN Les journaux financiers de Pans notent que depuis plusieurs semaines un mouvement sensible vers la reprise des affaires s'opère en France .Sans doute, ce n’est pas encore le retour à la situation économique antérieure à la guerre; mais les capitaux ne sont plus prisonniers, les rapports des banques et du publie tendent à redevenir normaux.Sur Je terrain économique, comme sur le terrain militaire, les circonstances imposent la circonspection et la patience.Ce n’est que pus à pas qu’on peut progresser.Il ne faut pas oublier que neuf départements français, parmi lesquels trois des plus florissants au point de vue industriel, sont en partie, et ces trois derniers pour la plus grande partie, occupés par l’ennemi; que deux des six réseaux de voies ferrées du pays ont un trafic encore suspendu sur une partie notable de leurs lignes, qu’enfin deux millions et demi ou trois millions des hommes dans l’âge de la plus grande activité, se trouvent sous les drapeaux.11 faut ajouter que i’on est à peine libéré de la mainmise sur les capitaux en circulation et de leur arrêt quasi complet dans les banques et en Bourse au lendemain de la declaration de guerre.Il est clair que, dans ces conditions, les affaires ne peuvent se dégager que lentement du désarroi où elles étaient plongées et qui les paralysait presque complètement.Néanmoins, l’industrie parisienne de la couture, en particulier, fait de grands efforts pour maintenir la situation de premier rang qu’elle s’est acquise au regard même des pays étrangers.Dans l’un des derniers buWetins de la Chambre de Commerce de Paris, le président de la Chambre syndicale de la Couture informe les clients de cette industrie que toutes les maisons de couture dp Paris ont maintenu leurs ateliers ouverts; que les industries de la soierie, du ruban, des lainages, des dentelles, des broderies, des passementeries, des articles de modes, ont établi leurs collections de nouveautés pour les saisons du printemps et de l’été et qu’elles sont prêtes à donner leur concours habituel aux modistes et aux couturiers étrangers, _______________ Ottawa, 2 mars.— Il y a des jours où le bilan de l’intérêt des séances s’exprimerait avec une grande précision par le mot zéro.Zéro aussi en ce qui concerne la nouveauté des arguments apportés aujourd’hui dans le débat, même par M.Pugsley, qui ne manque pourtant pas de talent, et par M.Armstrong, athlétique et banal orateur.La Chambre présente ce soir, à huit heures passées, un spectacle qui n’est pas loin d’être décourageant, pour quiconque se voit obligé d’y passer la soirée.M.Armstrong parle, et personne ne l’écoute; l’enceinte est vide, autant que les règlements le permettent : une demi-douzaine de libéraux, peut-être, sont disséminés sur les bancs de la gauche, où sir Wilfrid, qui vient rarement le soir, est cependant présent.et combien patient! A droite, guère plus de monde.Personne aux galeries, à peu près, de même que dans celle des journalistes, critérium infaillible de l’intérêt des séances; en effet, lorsque les confrères restent, en bas à leurs machines à écrire, on peut être assuré qu’il ne se passe pas grand’chose en Chambre.Du reste, un coup d’oeil jeté à celle-ci en fournit des preuves nombreuses.L’après-midi qui émet un chèque de deux dollars paie la même taxe que le grand financier qui négocie un effet de cent mille dollars.Quant aux chemins de fer, le voyageur qui ne va, par exemple, que d’Ottawa à Montréal, paie aussi cher de taxe sur son fit de char-dortoir, que celui qui traverse le continent pour s’en aller à Vancouver.“Ensuite, dit-il, pourquoi n’imposez-vous aucune taxe à ceux qui obtiennent des “passes” permanentes des compagnies de chemins de fer?Les députes de cette Chambre, par exemple, qui possèdent tous, de par ta loi, le droit de voyager gratuitement sur les chemins de fer du pays, ne devraient-ils pas contribuer comme les autres à augmenter le budget national en ces temps de gêne financière?Et à plus forte raison, ajoute-t-il, les magnats qui ont l’avantage de se servir de wagons particuliers dans lesquels ils promènent leurs familles; pourquoi tout ce monde est-il exempté de la taxe que vous imposez au modeste citoyen qui prend un lit pour dormir entre Québec ou Montréal, ou Ottawa et Toronto?” Les engrais chimiques Après les ordinaires échanges de questions et de réponses, au cours desquelles on apprend du ministre de la Milice que les volontaires canadiens, uni» fois rendus en Angleterre, passent entièrement sous le contrôle du War Office et échappent par conséquent à l’influence du gouvernement canadien, on voit se lever M.Fugsley, gros et fort et ventripotent, portant sur de vastes épaules un visage entouré de frisures: cheveux gris et frisottants.barbe soignée, courte et frisée.11 parle avec une douceur qui cache une grande assurance et une profonde maîtrise des questions donl il s’agit.A plusieurs reprises, M.Hazen ou M.Meighen essaieront, par des questions insidieuses, de le mettre en mauvaise posture, mais ils se retireront toujours de la bagarre avec quelques plumes en moins.Il y avait aussi beaucoup de dames, aujourd’hui, dans les galeries, et c’est peut-être ce qui a incité M.Fugsley à reprocher au gouvernement de taxer tout ce qui sert à la toilette des femmes à moyens limités, tandis qu’il laisse aller sans surcharge les étoffes précieuses.comme la soie et te velours, don! ces dames plus fortunées sont recouvertes.Inutile de dire à quel point cette allusion directe a intéressé les élégantes de la galerie.Peu d’arguments nouveaux, cependant, dans la trame oratoire de l’ancien ministre des Travaux Publics.Sa thèse est celle de son parti: au lieu de taxer, dit-il au gouvernement, diminuez les dépenses.Il trouve, du reste, que les taxes spéciales de M.White sont injustes dans leur nature, en ce qu’elles retombent toujours sur les masses.Il fait remarquer qu’en ce qui concerne l’impôt du timbre de deux sous sur les transactions bancaires, le pauvre homme M.Pugsley vient à parler d'une classe de produits fort utiles et qu'il voudrait voir entrer en franchise an pays, au lieu d’etre frappés d’un surcroît de taxe: il s’agit des engrais chimiques, dont M.Pugsflcy souligne l'importance au point de vue de notre production agricole.Le Canmfi est le seul pays au monde, prétendit en s’appuyant sur une autoriti en la matière, où les engrais chiini ques soient frappés d’une taxe quelconque, tellement on les reconnâîl indispensables ^ la prospérité du cul ti valeur; même dans la Non yelle-Zélande, non seulement or les laisse entrer en franchise mais encore, le gouvernement leui a assuré le transport gratuit sur le* chemins de fer.Et l’on reste for étonné; devant ces faits, de voir fi ministre des finances du Canad; agir en sens absolument contraire il faut croire que les intérêts de l’a griculture ne l’empêchent pas di dormir.Et comment se faif-iJ, ujoufi M.Pugsley.que le ministre de J’Â griculture soit absent de son bureau en des temps aussi importants?Est ce qu’il ne ferait pas mieux de sur veiller les intérêts agricoles que di se promener à San Francisco?Passant ensuite à l’impôt sur le* vins, M.Pugsley se demande si fi nouvelle réglementation ne compor te pas un manquement regrettabfi aux engagements que nous avom pris envers la France en signant li traité-franco-canadien; il espère qu< le gouvernement ne mettra pas fi France économique sous l’impres sion qu’on aura recours à des sub titités de tangage pour manquer : 1 esprit de loyauté qui doit caracté riser notre attitude en ce qui cou cerne les clauses de cette ententi commerciale, et que M.White oit en argent ou en actions acquittée# oy obligations de la présente compagnie; Vendre et aliéner en tout ou en partie ! les biens de la compagnie, mobiliers et im-¦ mobiliers, l*entreprlse de la compagnie ou *’ lies Lo.idres, 22.— (Correspondance).— Le nouveau plan d ¦ pension anglaise coûtera au gouvernement près de $1,725,000,000 avant que mort du dernier pensionné ne soi: arrivée, d’après le calcul des actuaires.La dépensé maxima d • la première année sera de $28.000,000 et e coût pendant la première année après sera de $65,000,000.Ces chiffres sont basés sur un e armée d ¦ trois millions d’hommes, pour une guerre d ‘ deux ans, avec douze pour cent (U morts et douze pour cent d’impotenis.Le rédacteur financier du “Dailv Telegraph” fait remarquer l.S.Da-i vies and Sons Ltd.vs Kong Mon Yen et ar.Le 12ème jour de mars 1915, à dix heures de l’avant-midi, à la place d’affaires du dil défendeur, au No 271 rue Sainle-Eatlierinc Est, en la cite de Montréal, seront vendus par autorité de justice les biens et effets du dit défendeur saisis en cette cause, consistant en tables, etc.Conditions : argent comptant.Ed.Desroehcs, IL C.S.Montréal, 2 mars 1915.! PROVINCE DE QUEBEC, District de Montréal.Cour de Circuit, No 4393, K.Hilton vs De R.Rafferty.Le I2ème jour de mars 1915, à dix heures de l’avant-midi, au domicile tin dit défendeur, au No 75 rue Papineau, en lit cite de Montréal, seront vendus par autorité de justice les biens et effets du dit défendeur saisis en cette eatise, consistant en meubles tic ménage, etc.Conditions ; urgent comptant.Ed.Desroches, II.C.s.Montréal, 3 mars 1915.I PROVINCE 1)1.QUEBEC, district de Montreal.Cour de Circuit, No 11037.Hiskin Bros., demandeurs, vs .lus.Guy.défendeur.Le 12t me jour de mars 1915, à dix heures de l’avant-midi, au domicile «lu dit dé fend eu r, au No 803 rue Frontenac, en Iti cité
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.