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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
jeudi 6 mai 1915
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1915-05-06, Collections de BAnQ.

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VOLUME VI—Mo 105 MONTREAL, JEUDI 6 MAI, 1915.DEUX SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.$5.00 UNION POSTALE.$8.00 Edition Hebdomadaire CANADA.$1.00 ETATS-UNIS.$1.50 UNION POSTALE .$2.00 Rédaction et Administration: 43 RUE SAINT-VINCENT MONTREAL :fi TELEPHONES: ADMINISTRATION : REDACTION ; - Main 7461 Main 746C Diredeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! ELECTIONS 00 SALUT Les expressions d’opinion contraires à la dissolution du parlement se multiplient dans les milieux les moins susceptibles d'obéir à un motif d intérêt de parti.Le Devoir résumait, hier, Ip lettre ouverte de M.Ewart au premier-ministre, parue dans le Citizen, d’Ottawa.Cette lettre exprime fidèlement la pensée de tous les Canadiens à qui le sort des paitis est, en soi, indifférent.Puissent ces avis désintéressés fortifier 1 influence de ceux des ministres qui ont assez de bon sens et de patriotisme pour vouloir épargner au pays la hideur d’une bataille électorale, faite dans la boue et le sang.Le ministère a autre chose à faire qu’à démuseler la meute des aboyeurs d’élection el des affamés de provende électorale.11 n’a que trop négligé les intérêts vitaux de la nation.M.Héroux signalait, mardi, quelques-uns des problèmes urgents dont le gouvernement n’a pas même tenté d’aborder la solution.S’ils sont tellement pris de la lubricité du pouvoir qu’il leur faut à tout prix s assurer un nouveau terme d’office, les ministres ont le strict devoir de faire connaître au peuple qui paie l’impôt, la manière dont ils entendent traiter ces questions de première importance.Ils ont le devoir plus rigoureux encore d’apporter un remède énergique et immédiat à la situation périlleuse du pays — situation aggravée par leur impéritie, la toile imprévoyance de plusieurs d’entre eux et la'vénalité sordide de leurs agents.Que se proposent-ils de faire — on ne saurait trop répéter la question -— pour activer la production agricole et industrielle, désengorger les villes encombrées de sans-travail, assurer la vente et l’écoulement de nos produits, en un mot, pour conjurer le désastre économique qui menace le pays?La gêne est grande cette année; si les gouvernants n’y portent remède, elle va être effroyable à l’automne.Une foule de gens vivent à même le vieux-gagné.Les dernières épargnes disparues, ce sera la misère noire.Jusqu’ici le gouvernement n’a parlé que d’augmenter les charges Ju pays et d envoyer plus de troupes au feu.Le tonitruant fantoche qui 1 emplit chez nous les fonctions de chef de l’armée s’écriait, mardi, dans un temple méthodiste de Montréal, qu’il allait expédier cinq, dix, vingt armées! .La Gazette du 1er mai, dans l’un des communiqués officieux qui lui viennent tous les jours d’Ottawa, de ce temps-ci, expliquait qu’au train où vont les choses, il faudrait expédier 8,(100 hommes par mois, en sorte qu’a la fin de l'année, 155,000 hommes auraient franchi l’Atlantique, tandis que 50,000 seraient maintenus sous les armes au pays.Pour équiper, expédier et maintenir une force de cinquante mille hommes, le ministère s’est fait voter un budget de guerre de 8150,000,000.S il persiste dans le dessein dévoilé par le correspondant de la Gazette, il faudra doubler ce budget d’ici un an.Il faudra aussi doubler et même tripler les impôts.Or, ce redoublement d’effort, le ministère se prépare à l’imposer au Canada au moment même où le Chancelier de l’Echiquier annonce virtuellement que la Grande-Bretagne va cesser d’enrôler des troupes.Ce discours de M.Lloyd George est l’événement le plus considéra-ble aui se soit produit en Angleterre depuis le commencement de la guerre.Les feuilles à la solde des impérialistes se sont bornées à mettre en relief les chiffres énormes des dépenses faites par la Grande-Bretagne pour soutenir sa flotte et ses armées.Elles négligent de faire ressortir l’importante déclaration du chancelier, que les revenus des derniers mois ont dépassé ses prévisions et qu’il n’a besoin d’aucun impôt additionnel pour faire face aux exigences du moment.Ce seul contraste avec la situation désastreuse du Canada met à nu le sophisme des comparaisons faites entre les dépenses de l’Angleterre et celles du Canada, soutenues à coups d’emprunts et de taxes de guerre.Mais le trait caractéristique du discours de M.Lloyd George, c’est l’ultimatum qu’il signifie à la France et à la Russie.La Grande-Bretagne, selon le chancelier, peut jouer sa partie de trois manières: garder la suprématie maritime; organiser et maintenir une grande armée sur le continent; et, comme au temps des guerres napoléonniennes, aider ses alliés de ses inépuisables ressources financières.“Le premier et le troisième modes d’intervention”, ajoute le ministre, "la Grande-Bretagne peut les poursuivre sans difficulté; mais pour le second, il y a des bornes à son effort.Elle a levé une armée considérable; mais le temps est.arrivé de restreindre le recrutement à un chiffre déterminé (for discriminating in recruiting within suggested limits).” Il avait fait précéder cette déclaration remarquable de ces paroles plus extraordinaires encore: “The Allies ought to determine the part Great-Britain should plug in the combination and the best service she could render." — “Les alliés devraient déterminer le rôle que la Grande-Bretagne doit jouer dans la combinaison et l’aide la plus efficace qu’elle peut donner.” Inutile d’ajouter que le génial chancelier sait fort bien que ni le Czar de Russie ni le Président de la République Française ne dicteront à la Grande-Bretagne la ligne de conduite qu’elle doit tenir.Et il prend soin d’indiquer tout de suite et fort clairement ce que l’Angleterre peut et veut faire: garder l’empire des mers et prêter de l’argent à ses associés; et ce qu’elle ne peut ni ne veut faire: maintenir une armée équivalente à celle de la France ou de la Russie.Cette attitude est absolument conforme à la tradition séculaire et aux intérêts supérieurs de la Grande-Bretagne.L’empire des mers, c’est son élément propre, c’est la garantie de son existence et de sa domination impériale.' “Financer" le monde, c’est encore une besogne où elle excelle: elle y a gagné de dominer le monde par son or.organiser et maintenir une armée comme’ celle des puissances continentales est, au contraire, une tâche fort onéreuse, sans profit pour elle, étrangère à son génie et à son tempérament.Elle ne pourrait y parvenir qu’en imposant la conscription à son peuple — à ces millions d’ouvriers anglais dont la fibre patriotique ne vibre pas encore au point de leur faire sacrifier leur gin et leur bière au salut de ceux de leurs compatriotes qui meurent dans les tranchées.Les hommes d’Etat britanniques, c’est clair, hésitent à trop demander au peuple anglais.Us savent à merveille — Burke le disait, il y a plus d’un siècle — qu’il y a deux choses sur lesquelles les Anglo-Saxons se sont toujours montrés intraitables: leur argent et leur liberté individuelle.Les alliés de la Grande-Bretagne seront peut-être tentés de la taxer d’égoïsme.Qu’ils fassent comme cet écrivain français, paraphrasant un mot de l’homme d’Etat italien, Salandra: qu’ils se rappellent “que l’égoïsme, appliqué à des millions et des millions d’hommes nés et à paître, est une obligation sacrée pour les conducteurs de peuples.” Loin de jeter la pierre aux hommes d’Etat anglais, je voudrais, pour ma part, voir les gouvernants du Canada s’inspirer davantage de leur exemple et pratiquer, pour le bénéfice des millions de Canadiens “nés et à naître”, un peu de cet “égoïsme sacré” dont les chefs de la nation anglaise ne cessent de s’inspirer.Le moment est mal choisi, — alors que le gouvernement britannique parle de “restreindre le recrutement” des troupes anglaises, quand les ouvriers anglais font “Irop d’argent” — le mot est encore de M.Lloyd George — el boivent trop copieusement, quand des armées en-lièrcs de travailleurs anglais se mettent en grève pour augmenter leur gain, au risque de mettre en péril les armées anglaises et canadiennes, quand les revenus de la Grande-Bretagne dépassent les prévisions budgétaires, quand le peuple anglais porte allègrement le poids de ses armements sans augmenter ses taxes — oui, le moment est mal venu de tripler nos effectifs et de saigner le peuple canadien aux quatre membres.Et puis, le gouvernement pourrait peut-être se préoccuper un peu du sort des malheureux jeunes gens que les embusqués de la presse jingoe et les épilés de l’héroïsme par procuration poussent aux tranchées.Tout semble indiquer qu’à la bataille d’Ypres, les soldats canadiens ont été conduits à la boucherie.S’il est vrai, comme l’affirme l’expert militaire du Times, que “les mouvements du général French ont été paralysés par le manque de munitions” et que cette pénurie de moyens de défense provient du mauvais vouloir des ouvriers anglais qui “font trop d’argent” et boivent trop de gin, il serait à propos de le savoir et de le dire avant de livrer au minotaure de la guerre des milliers de jeunes Canadiens attirés à l’armée par les tirades enflammées de nos héros en chambre.Voilà autant de devoirs patriotiques qui s’imposent à nos gouvernants avec une autre rigueur que la “nécessité” de permettre à l'honorable Bob Rogers de déployer son génie électoral, au général Sam Hughes de se battre, avec sa g.le, sur tous les hustings et jusque dans les églises, aux vendeurs de drogues, de lunettes, de chevaux fourbus et de bottes fendues de placer en souscriptions électorales une partie de l’argent qq’ils ont volé au pays.Que sir Robert Borden et ses collègues y prennent garde: le peuple est naïf et crédule; chauffé à blanc, il peut endurer beaucoup et longtemps; le drapeau britannique est assez large el glorieux pour cacher de hideuses exploitations.Mais le jour où le peuple y verra clair, il aura d’étranges sursauts.II pourrait,dans sa colère, faire au drapeau britannique des déchirures autrement graves que celles que M.Blondin voulait y pratiquer, il y a cinq ans à peine.N’abusez pas du patriotisme.des autres, messieurs les ministres.Henri BOURASSA.P.S.— Cet article était écrit lorsque j’ai lu le nouveau communiqué à la Gazette.La pression exercée par les honnêtes gens et les esprits indépendants porte ses fruits.Encore quelques efforts, et Bob Rogers serrera ses appareils à succion.Nouvelle preuve de la force que les indépendants pourraient avoir, s’il y avait une opinion active et vigilante au Canada.Il y a partout des affiches de l’Etat au sujet du timbre de guerre.Elles sont BILINGUES,—en français et en anglais.C'est excellent.Mais pourquoi les timbres ne sont-ils pas aussi BILINGUES?“Payez la taxe”, nous dit-on en français et en anglais.Mais si nous payons la taxe,-^on nous donne des timbres en une seule langue, l’anglaise.Il nous faut des timbres BILINGUES.Holà, MM.les ministres, nous les donnerez-vous?rémédiablemenl une si belle si-tuation.La violation de la neutralité belge a été un premier froissement particulièrement vif chez un peuple qui se pique de donner an monde le type du futur ordre fédéral qui assurera la paix en Europe el dans le monde.Les publications du directeur de TUniversité d’Harvard sont extrêmement caractéristiques à cet égard.Les cruautés allemandes ont commencé par rencontrer beaucoup de scepticisme.Mais les Américains se rendent maintenant compte de la vérité, et sur ce chapitre encore ils seront des censeurs sévères.Un moment on a pu croire que les intérêts commerciaux allaient rétablir l’équilibre en faveur de ”Allemagne.Désireux de manger à tous les râteliers, les Américains se plaignaient des entraves mises par les maîtres de la mer au commerce maritime.L’affaire prenait une tournure délicate, quand les Allemands ont apporté aux Alliés le renfort de la guerre de course sous-marine et des attentats contre les navires neutres.Du coup, il est devenu impossible d’invoquer en leur faveur les tolérances du droit des gens.11 restait une faute à commettre, c était de froisser par des critiques injurieuses un peuple dont l’épi derme est particulièrement sensible.Le Dr Dernberg, à la suite de 1 ambassadeur d’Allemagne, vient de s’yr jeter à corps perdu, sous prétexte que les Etats-Unis, tout en permettant l’exportation du matériel de guerre dans les pays de l’Entente, n’ont pas pu imposer aux maîtres de la mer l’étrange théorie d’un ravitaillement de la population civile^ allemande.On peut être rassuré, maintenant: les Allemands se sont privés d’un concours qui, aux heures de la paix, aurait pu jouer un grand rôle.Uidérlc TREMBLAY.AUTOUR D UNE EXPOSITION UNE NOUVELLE LEÇON LES ETATS-UNIS ET LALLEMAGNE L’affaire du Gulflight, le navire américain coulé par un sous-marin allemand, samedi dernier, au large des îles Scilly, est certainement l’incident le plus sérieux qui ait encore menacé les relations des Etats-Unis avec d’Allemagne.Le gouvernement de Washington a ordonné immédiatement une enquête sur les circonstances de la perte du navire pétrolier, et il n’est pas douteux que le rapport de l’ambassadeur Gérard ne soit suivi d’énergiques représentations à Berlin.Le président Wilson a pris sur les questions de cette nature une attitude qu’il doit maintenir à tout prix, il a informé le gouvernement allemand qu’il ne -pouvait pas re-connaître le blocus évidemment in effectif des Iles Britanniques.Et en réponse à la menace des dangers éventuels auxquels s’exposent les navires américains qui pénètrent dans la zone déclarée militaire, sur le papier, le Président a affirmé avec raisdn qu'une attaque dans ces conditions serait une violation flagrante du droit international et que son gouvernement serait forcé de tenir le gouvernement impérial d’Allemagne strictement comptable des actes de ses autorités navales.“Il est certain, dit le Posl, de New-York, que le Président, s’appuyant sur cet avertissement, protestera avec énergie dès que les faits auront été dûment vérifiés'.Il demandera d’abord, probablement, des explications -complètes ; puis il mettra le gouvernement allemand en mesure de donner les satisfactions nécessaires el de désavouer l’acte du sous-marin.On s’attend avec raison que l’affaire sera réglée à l’amiable.Pour la destruction du Frge dans le Pacifique, l’Allemagne s’est empressée de faire des excuses.Cependant, le dernier incident est plus grave, car il affecte le fond de la prétention émise par l’Allemagne d’exclure toute navigation neutre des eaux britanniques.Si le Gulflight avait été torpillé ailleurs, il n'est pas douteux que le gouvernement allemand n’eût traité la chose comme un regrettable accident, qu’il n’eût fait des excuses et payé les dommages.Comme l’affaire se présente, la difficulté réside dans le fait que la légitimité du prétendu blocus sous-marin se trouve mise en question.Sur ce point, l’Allemagne devrait savoir -que, quelle que puisse être sa fermeté, celle des Etats-Unis ne sera pas moindre.De fait, l’acte du sous-marin allemand est essentiellement un acte d’hostilité, d’agression armée à l’égard des Etats-Unis.Si c’est une erreur, elle ne saurait être désavouée trop tôt, quels que soient les excuses ou les détours de logique auxquels l’ingéniosité allemande puissse avoir recours.Si c’est l’ap-plication d’une politique délibéré-ment adoptée et à laquelle on tient, l’événement est -de sinistre augure et dépasse complètement tout ce qui est venu déjà troubler les relations des deux pays.” www Le jour même de la destruction du Gulflight, le Dr Deruberg, ancien ministre des colonies en Allemagne et missionnaire du germanisme aux Etats-Unis, parlait à Philadelphie de l’attitude du gouvernement américain à l’égard de l’Angleterre et de l’Allemagne.Il affirmait pour la centième fois qu’il y a, de la part des Etats-Unis, déloyauté à empêcher les produits alimentaires d’arriver en Allemagne, pendant que les expéditions d’armes aux Alliés se pratiquent sans entrave.Il ajoutait que les Etats-Unis ont deux poids et deux mesures.“Si ce sont là deux questions différentes, elles doivent, en effet, être traitées différemment, dit le Post.Or les deux questions diffèrent totalement.Dans Je cas du commerce avec l’Allemagne, les Etats-Unis ont dû se soumettre à l’interdiction de faire parvenir quoique ce soit dans les ports allemands.Jusque-là, ils avaient insisté avec énergie et dignité sur le respect des droits de la navigation neutre.Mais un blocus effectif ayant été établi, ces droits se trouvaient périmés.La loi de la guerre maritime est dure, sans doute, mais c’est la loi des nations.La même loi des nations permet le commerce du matériel de guerre entre neutres et belligérants.” Le Dr Dernberg l’admet lui même, du reste.II essaye, cependant, de créer une fauss - impression à ce sujet, de représenter le gouvernement américain en mauvaise posture.C’est ce qui fait dire au Post que la situation du Dr Dernberg aux Etats-Unis devient équivoque, que même les amis de l’Allemagne mettent en doute son utilité.Les représentants attitrés de la diplomatie allemande s’offusquent d’être relégués au second plan par un homme qui n’a pas de statut officiel.D’qutre part, les Américains deviennent perplexes au sujet de l’autorité réelle du personnage.Us inclinent à penser, comme le comte Ernest Reventlow, “qu’il est impossible que le Dr Dernberg puis.se, sans instructions directes du chancelier impérial, annoncer publiquement aux Etats-Unis les visées allemandes dans la guerre.” * # Quoi qu’il en soit, une bonne partie de l’opinion américaine paraît excédée des propos et des agissements du Dr Dernberg.C’est au point qu’une transformation sensible s’opère chez elle, en réaction contre la propagande germanique.Si jamais pays fut prédestiné à subir l’attraction allemande, ce fui bien, de prime abord, la grande confédération des Etats-Unis.Une population qui compte de dix-huit à vingt millions de Germains et peut-être autant d’Irlandais anglophobes; une nation habituée à Considérer l’Allemagne comme le modèle des nations modernes; des liens d’affaires et un savant travail de préparation morale: les Allemands avaient tous les atouts.Ajoutons qu’aucun pays n’était plus disposé à endosser les théories allemandes de la la guerre navale.Américains et Allemands s’étaient trouvés d’accord à la Conférence de La Haye (11)07) e( à la Commission navale de Londres (1008-1909) pour lutter contre lu suprématie navale britannique.Et n’oublions pas toutes les suspicions que les ambitions japonaises pouvaient éveiller.Jamais, donc, terrain ne fut plus favorable.Les Allemands achèvent de gâter BILLET DU SOIR ¦ C’EST EMBETANT ! La légende belge a plusieurs chapitres.Il y a le glorieux, le navrant, le noble, l'endeuillé, vingt autres, dont la Belgique peut être fière, emit ne s’y trouve rien qui ne soit di-gne et mémorable.Et, comme “l’esprit ne perd jamais ses droits”, il y a aussi les incidents gais et spirituels de l’occupation allemande en Belgique, où In lourde arrogance teutonne se mesure avec désavantage à l’esprit belge, mi-français, mi-flamand, joignant le bon sens des Flandres à là finesse ailée des Gantes.Les journaux, à ce sujet, ont cité des centaines de mots, de répliques et d’actions des Belges, depuis le mot de ce gamin qui, payé par un oberieutnant bavarois pour crier : “Nous sommes Allemands!” ajoutait.'.“Mais pas pour longtemps", jusqu'à la fantastique marche à reculons que les gamins bruxellois pratiquaient chaque jour en face de la Kommandatur, sous les yeux des officiers ennemis, à T un desquels un gavroche, questionné à ce propos, rêpondil : “Ce que nous faisons là?Mais nous marchons sur Paris!” L’autre jour, à Bruxelles, dit la chronique, un riche banquier, obligé de garder et de loger chez soi un officier supérieur de Guillaume II, entendait, sans broncher, cet homme d’un tact infini lui vanter la gloire d'être Allemand el conclure en ces termes: “Oui, monsieur, vous n’êtes plus Belge, il n’y a plus de Belges, il n’y a plus de Belgique.Vous êtes, depuis août dernier, Allemand.” —“Ah, comme c'est embêtant”, commença le banquier bruxellois, “comme c’est embêtant.” —“Hein?Quoi?Que dites-vous?” s’exclama l’officier teuton, déjà froissé dans son orgueil, et qui repoussait du pied son fauteuil de la table où il venait de prendre un excellent dîner.—“Je dis que c’est embêtant.—“C’est trop fort! Et si je ne me retenais, monsieur, je vous ferais loger tout de suite au poste.• ;—“Pardonnez-moi, mon général”, riposta le banquier belge, avec une grande urbanité, "pardonnez-moi, je n ai pas eu le temps de finir ma remarque.Vous vous méprenez.Je disais tout simplement comme c’est embêtant, la gifle que nous venons de recevoir aux bords de TYser nous autres, Allemands." Cela pourrait débuter comme un conte, et c’est presque aussi extraordinaire.Donc, il y avait une fois un Clerc de Saint-Viateur, bon frère enseignant, qui s’intéressait énormément à l’avenir de ses enfants, un vicaire qui n’avait pas peur de la besogne et un curé prêt à aider les généreuses initiatives.Us habitaient une paroisse du nord de la ville qui n’a encore qu’un soubassement d’église, ils avaient des amis et fort peu d’argent.Ils entreprirent de monter une exposition antialcoolique.Résultat net : depuis huit jours, élèves ides écoles, groupes de femmes et de jeunes filles, membres des commissions scolaires, jeunes gens et hommes faits, par centaines, défilent dans la grande salle de l’école Saint-Jean de la Croix, lisent, analysent, commentent les tableaux et légendes qui tapissent les murs, écoutent les conférenciers qui supplémentent le texte des tableaux.Mgr l’Archevêque de Montréal exprime publiquement le désir qu’un musée analogue soit établi dans toutes les écoles de sa ville, et qu’à tout le moins on fasse profiter du travail réalisé à Saint-Jean de la Croix les autres écoles, en y exposant les pièces déjà réunies.L’évêque de Mont-Laurier, Mgr Brunet, réclame l’exposition pour le congrès de tempérance qu’il esl à organiser dans son lointain diocèse et les chefs de la Ligue antialcoolique proclament que la manifestation de Saint-Jean de la Croix a fait progresser leur cause de dix années.L’inspecteur général des écoles primaires catholiques, M.Magnan, déclare qu’il se fera l’avocat des musées scolaires antialcooliques et que, dans sa revue (’Enseignement Primaire, il commentera mensuellement les textes et les faits réunis par les organisateurs de l'exposition.La revue atteignant tous les maîtres et toutes les écoles de la province, c’est il’effet de l’exposition indéfiniment prolongé el porté dans tonies nos paroisses.L’oeuvre des musées scolaires antialcooliques est virtuellement fondée.11 ne restera qu’à en assurer le développement et le progrès.Les modestes travailleurs de Saint-Jean de la Croix en ont prouvé la possibilité, l’intérêt et la valeur à la façon dont l’ancien prouvait le mouvement : par des actes.Avouons cependant qu’ils paraissent un peu surpris, presque confus, du résultat de leur travail: ils n’avaient jamais compté produire un tel effet.Féliciions-les de ce magnifique succès dans le domaine particulier où s’est appliqué leur effort et retenons de cet effort une leçon applicable à toutes les oeuvres de relèvement national.Ces modestes et eés humbles ont démontré qu’il suffit à une poignée d’hommes d’avoir de l’énergie, de la décision et de la persévérance pour obtenir des résultats qui semblaient d’abord invraisemblables.C’est une bonne et salutaire leçon qu’il convient d’épingler à côté de tonies celles (pie contient l’exposition.Omar HEROUX.obtenir de ses colonies toute l’aide qu’elle en attend, il serait bon que sa population ouvrière commençât par avoir conscience de ses devoirs, abandonnât l’alcool et activât son travail dans les fabriques de munitions et clans les chantiers maritimes.Les colonies ne sont certes pas pour donner indéfiniment l’or qu’elles empruntent et le sang dont elles ont besoin, tandis que l’artisan anglais joue le rôle du frelon dans la ruche laborieuse.G.P.PLANTONS DES ARBRES Voici le temps de planter des arbres.Que ce soit le jour fixé par le gouvernement ou la veille ou le lendemain, neu importe, l’essentiel est d’en planter.A la campagne, le jour officiel n’est pas toujours libre: ici le labour presse, là c’est un autre travail qu’on ne peut remettre, ailleurs, c’est, un voyage qu’il est impossible d’ajourner.Mais dans les huit à dix jours durant lesquels la plantation peut se faire sans risque d’insuccès, il n’y a pas de cultivateur ou de propriétaire qui ne puisse trouver une journée ou deux à donner à l'embellissement de sa propriété.Pourquoi ne transplante-t-on pas plus d’arbres?Voici vingt ans que Je gouvernement invite le public à •cette amélioration et comme on est lent à en comprendre l’importance.Espère-t-on une contribution du gouvernement?On est si habitué à compter sur le pouvoir public.Gela ne serait pas raisonnable cependant.Tout cultivateur a sur sa terre de quoi transformer l’aspect de sa propriété sans qu’il lui en coûte un sou.On parle beaucoup de l’embellissement des villes.L’embellissement des campagnes n'est pas moins important de bien des points de vue: aspect général de la province, physionomie de la paroisse, attachement au sol, etc.Quelle différence entre une propriété nue et une propriété boisée 1 Deux à trois arbres changent complètement l’aspect extérieur d’une maison.Tout 'le monde le sait, tout le monde admire le bosquet qui encadre le foyer.Gomment se fait-il que l’on imite si peu ce que l’on trouve si beau?G.D.Paul POIRIER.“LE JARDIN SCOLAIRE” M.J.-G.Magnan, agronome du comte de Portneuf, nous fait tenir une brochure qu’il vient de pubier sur les “Jardins scolaires”.M.Magnan, un des plus distingues anciens élèves de l’Ecole d'Oka, est un de ceux qui défendent la cause de l’agriculture avec le plus de talent, de dévouement et de succès.Avec M.Dallaire, il est l’apôtre de l’oeuvre si éminemment éducatrice et opportune des jardins scolaires.Il expose, dans cette étude, la mise en oeuvre de ce mode d’enseignement agricole reconnu un des plus populaires et des plus effectifs.Un des chapitres porte en exergue cette situation si juste du regretté M.Gigault : “En rendant l’agriculture prospère, nous enrayons l’exode rurale ; nous développons également le commerce et l’industrie, et ce travail contribue au bien-être de toute la population.” Nous souhaitons voir ce bulletin entre les mains de MM.les curés, commissaires d’écoles, instituteurs et institutrices à oui il s’adresse tout spécialement.Armand LETOURNEAU, UN NOUVEAU TEMOIGNAGE L’artisan anglais boit et chôme plus que de raison, pendant la guerre; son ivrognerie nuit beaucoup à l’efficacité de l’effort britannique dans la lutte actuelle, disions-nous ces jours derniers.Le témoignage de sir John Jelli-coe, celui du contre-amiral Tudor, ceux de plusieurs autres officiers de marine anglais justifient cette affirmation.Du reste, elle n’est pas de nous.Le chancelier impérial; IJoydGeorge, l’a maintes et maintes fois répétée aux Communes et dans maintes autres assemblées politiques de Grande-Bretagne.Versons au dossier une nouvelle déposition à ce propos, celle d’un officier canadien, le major Swaddling, de Coburg, Ontario, de retour de Grande-Bretagne ces jours-ci.(Voir Gazette, (i mai, page 3) : "Mon sang n’a fait qu’un tour, quand, de retour à Londres des tranchées où j’avais vu nos jeunes gens risquer leur vie pour l'Empire, j)ui constaté comment agissait Vartisan anglais”, dit le major Swaddling."Mieux payé que jamais, il est, dans une foule de circonstances, plus lâche que jamais.Il profile de la situation pour faire le moins d’ouvrage et se faire payer le plus possible.Son ouvrage est tout aussi important que celui des soldats nu front, mais il n’y risque pas sa vie et le moins qu’il devrait faire pour l’Empire, ce serait de faire de son mieux, tant que la guerre dure.” Le major Swaddling raconte qu’il a visité une fabrique où travaillent 30,000 hommes.“Je crains qu’il n’en faille venir à la conscription, si Ton ne peut induire ces hommes à travailler,” dit-il.Il ajoute: “Je ne suis pus un toqué, au chapitre de la tempérance, niais la seule alternative à la conscription, c’est d’activer la production des industries (nécessaires à la guerre) et d’abolir Tusage des boissons enivrantes, comme Vont déjà fait chez eux les chefs de la nation.Les Russes, que nous prenions pour une race ignorante et barbare, nous indiquent la voie, de ce côté., et ils ont obtenu entre autres résultats une plus grande somme de travail de leurs artisans.” On ne saurait trop insister sur ce point.Si la Graude-Brctague veut AU PUBLIC VOYAGEUR La commission fédérale des chemins de fer vient de donner une décision qui intéresse tout le public voyageur Cette décision oblige les compagnies de chemins de fer à rembourser au porteur tout billet de transport non utilisé, dans les 30 jours après que le porteur en a fait la demande si le billet permettait de voyager seulement par la voie de la Cie qui l’a émise, et dans les 60 jours de la demande si le billet permettait de voyager par plusieurs voies.Ainsi vous prenez un billet pour aller à Ottawa et en revenir ou simplement pour aller et vous ne l’utilisez pas ou vous n’en utilisez qu’une partie: vous avez droit au remboursement de la partie non utilisée.Mais U faut le demander.Et vous avez le droit de le demander en français.La formule habituelle que les compagnies vous présenteront est en anglais.Exigez une formule française.Récemment, l’un de nos amis demandait le remboursement d’un billet non utilisé.La Compagnie intéressée lui présenta une formule anglaise.Il exigea une formule française et il l’obtint quelques jours après.Faites de même.La loi Lavcrgne oblige les compagnies de transport à fournir des formules de contrat bilingues.Montrez que vous connaissez et appréciez la loi.J.D.LA LANGUE FRANÇAISE AU CANADA Le Comité régional de Montréal, de l’A.G.J.G., a organisé une soirée au bénéfice des Canadiens-français d’Ontario, pour le mercredi 19 mai.11 a voulu qu’à cette réunion, qui sera tenue au Monument National, nous puissions tous recevoir des connaissances précises et pratiques sur les droits du français au Canada.et il a demandé à M.Henri Bourassa une étude sur ce sujet.M.Bourassa a accepté et a choisi pour sujet: ’'La langue française au Canada, ses droits, sa nécessité, ses avantages.” Nous espérons que tous ceux qui pourront assister à cette soirée se feront un devoir de venir entendre le conférencier et de participer en même temps à alimenter le fonds de secours des écoles bilingues d’Ontario.On se réserve des sièges à 76, 50, 35 et 25 sous.I-es billets sont déposés chez MiM.Granger Frères, 43 est.NotreiDamc; Ed.Archambault, 312 est, Sainte-Catherine, et J,angevin et Larehevêque, 8, rue Saint-Jacques.Le Comité Régional de Montréal, 8070 LE DEVOIR, MONTREAL, JEUDI 6 MAI 191î ______________ - VOL.VI.— No 105 UNE AVANCE DE J)IX ANS C’EST CE QU’AURAIT FAIT POUR LE PROGRES DE LA LIGUE DE ; TEMPERANCE, L’EXPOSITION | ANTIALCOOLIQUE QUI S’EST 'r CLOTUREE HIER SOIR.i; Comme le disait l'un des orateurs de la Soirée de clôture, fêtée hier soir sous les auspices de la "Ligue Antialcoolique de Montréal”, dans tes salles de l’école S.-Jean de la Croix : "Le congrès tenu dans ce üiilieu très simple depuis dix jours a suffi pour avancer de dix ans les progrès de la ligue”.— Tout faisait croire d’ailleurs au succès des efforts .hier soir, à voir les neuf cents pères de famille et jeunes gens, réunis là, pleurer avec les mères et épouses dont un fils ou un mari dévoyé, rivé au vice de l’ivrognerie, brise le bonheur, s’indigner devant le dégoût que montraient les orateurs pour ces lâches fêtards, "hros-seurs abrutis”, responsables du rachitisme de toute une postérité.Ix dévoué Frère Beausoleil, C S.V., avait convié les membres les plus actifs de la "Ligue" et de distingués orateurs qui, quoique ne faisant peut-être pas corps avec les "quinze mille”, n’en montrèrent pas moins, hier soir, beaucoup d’admi-faiiom pour les lutteurs de tempérance.Le président M.i’abbé À.J.Pré-fontaine.M.le docteur Gativreau, M.Magnan, directeur dé T’VHnseigne-ment Primaire” de Québec, M.le juge Eugène Lafonlainé,;: et enfin M.Henri Bourassa, prirent tour à tçur la parole.^ LE DR GAUVREAU .Le discours dû docteur Gauvreau, richement documenté, basé sur des statistiques, des données scientifiques irrécusables, fut d’un grand biéTïfèttr Ta 'cause, et côtiTihé Pinsi-nuait qirelqiPun, suffit presque à établir, que chez nous, où l’on aime les choses à rebours, les médecins supplantaient les avocats dans le domàino 'de la parole.Le docteur remercie les journaux qui connaissent leur devoir social et en instruisent le populaire, les citoyens que les succès de la ligue touchent et réconfortent.Il ne veut que réunir succinctement tes enseignements qui se dégagent de l’abus de l’alcool.“Les lâches, les hommes-gué nil le, dit-il, se créent toujours une opinion avantageuse sur ce qui flatte leurs vils penchants.Ainsi, que de gens considèrent l’alcool comme un bienfait des dieux, fait pour tremper l’homme d’une énergie qui lui manque, lorsqu’il n’est qu’un présent grec, cause de tous les abus et de tous les débordements.Les partisans des deux côtés prétendent démontrer leurs dires grâce à des constatations expérimentales, assises sur des principes scientifiques.Très bien.Mais qui a raison?Voyons Voir.” A ce moment, M.Gauvreau, très drôlement, mais avec justesse, compare l’organisme humain à une fournaise qu’on anime et entretient grâce à des combustibles.Si l’on voulait remplacer le charbon ou le bois par le papier pour servir à eet usage, ce serait ridicule, car la fournaise aurait peine à vivre.La comparaison est classique.Qu’ori s’impatiente à gorger l’homme de combustibles au lieu d’un comestible, d’un cordial, pour des aliments nécessaires, et il crèvera.‘‘Alors, continue-t-il, qu’est-ce que l’alcool ?” — Là-dessus, M.Gau-yreau a narré une petite anecdote, déroulée sous ses yeux.Un Canadien bien portant,, bonasse, et rose de santé, était en béate contempla tion devant une série de bouteilles que le frère Beausoleil avait couché aq pinceau sur les toiles de la salle, quand il vit au-dessus, écrits en noir, ces mots : “Nos ennemis.” — "Mais dites donc, s’érrie-t-il en un coup, l’alcool c’est tout ce qui saoule 1” De là, M.Gauvreau en passe à une esquisse légère mais pleine, de l’èlat d’un, alcoolique, des nies de ce malaise, de la d essentielle à établir entre ràe et ne les deux, des conséquences terribles qui en découlent et qui sont l’atavisme et l'appétence pour les enfants.En terminant, au nom de la Ligue \ntialrqolkiue.le docteur demandé à rassemblée de bien vouloir soutenir et appuyer les voeux émis par la Ligue anti-alcoolique de Montréal : to le vote des femmes dans les élections pour les permis de vente de liqueurs spiritiieuses ; 2ô la fondation du musée antialcoolique dans chaque école des villes et villages pour la sauvegarde de notre pleine valeur morale, intellectuelle et physique.CHOSES MUMCIPALES MONTREAL IMPUISSANT M.COTE DECLARE QUE SON PROPRE PROJET DE MUNICIPALISATION EST IRREALISABLE.*-LA DISCUSSION REMISE A VENDREDI.— LE BOULEVARD DE L’AQUEDUC.Hier, M.le commissaire Côté a soumis à ses collègues un projet de municipalisation des tramways.Il s’est assuré en cette affaire la collaboration de M.McLeod, l’ingénieur des chemins-de-fer de la Ville.L’expert croit que la construction d’un tramway municipal coûterait $49,-000,000 d-e dollars sans compter les millions qu’il faudrait dépenser pour acheter le réseau de la compagnie des Tramways de Montréal.M.Côté, après avoir terminé la lecture de son projet, dit qn’on a parlé à plusieurs reprises de municipalisation.Il a voulu savoir, une fois pour toutes, ce que cela coûterait.Si la Ville avait $00,000,000 à sa disposition, il n’hésiterait pas à la recommander et on pourrait attendre jusqu’en 1923» époque où expire le contrat de la compagnie pour acheter à meilleur marché ses diverses franchises, M.Côté ne voulant pas prendre ses collègues par surprise consent à ajourner jusqu’à vendredi.Si à cette date lis n’ont pu prendre connaissante de son projet, il remettra volontiers la discussion à plus tard.Nous donnons ci-dessous les grandes lignes du projet McLeod, sur municipalisation rédigé à la la municipalisation rédigé à la demande de M.le commissaire Côté:— Le coût total de ce système de municipalisation, complet et prêt à l’opération est estimé d’une manière approximative à $49,000,000.Un estimé de ce genre n’e.T qu’approximatif.Si la Compagnie des Tramways de Montréal, avec plus de 2,000 milles de voies et au-delà de 1,000 chars, ne peut satisfaire entièrement le public, il est évident qu’un système municipal, avec moins que la moitié de voies et de voitures, donnerait un résultat moins satisfaisant.Les profits net., que rapporterait un tel système municipal ne paieraient probablement pas l'intérêt d’un tel placement pour des années à venir, car la cité devrait concourir avec la compagnie et ne pourrait pas ainsi percevoir le revenu qu’elle est en droit d’attendre régulièrement.Afin de faire disparaître cette con- currence, la cité, pour une seconde fois, devrait débourser un gros capital pour acquérir les propriétés de la compagnie.Pour en arriver là, il y a deux alternatives à considérer: lo.—Acheter d'un coup toutes les j lignes de la compagnie, en payant | non seulement la valeur de toutes | les voies, et de tout l’équipement, mais encore la valeur des 20 franchises (ou plus) non expirées, qui prendront fin à l’expiration de termes variant de 8 à 47 ans.2o.—Acheter le matériel de la compagnie, pièce à pièce, à la date de l’expiration de chaque franchise.Le PROJET No i nécessiterait la dépense d’un capital considérable, mais coûterait en fin de compte au public beaucoup moins que la mise à exécution du projet No 2, vu que ce dernier comporte rétablissement de voies de surface et de lignes souterraines sur un parcours de plusieurs milles (avec les usines de force mo-j trice nécessaires, les remises pour) wagons, etc.), voies et lignes dont la plupart seraient superflues une fois que la cité se mettrait à acheter les lignes rouvertes par des franchises expirées, et dans l'intervalle le public ne pourrait pas obtenir de correspondances entre les lignes nrr nicipales et les lignes de la compa-l gnie.Comme je l’ai déjà dit, cela i obligerait le public de Montréal Lj dépenser à peu près $59 009,000 au cours des quatre ou cinq années a venir, pour l’établissement d’un système de tramways municipal et de commencer, quatre ou cinq ans j après, à dépenser des millions de) plus pour l’expropriation des tramways qui auraient fait l’affaire de ’a j cité en premier lieu, sans établir de lignes en concurrence.(Durant le long espace de temps où se feraient ces expropriations, le service serait très peu satisfaisant dans plusieurs sections de la ville.Ce n’est pas là un item de “ dépense ” sur le compte du capital, mais il est important de ne jamais perdre cela de vue, car l’amélioration du sendee est ou devrait être l’objet principal de la dépense à faire).Il’ parait évident, par conséquent, (lue si la cité désire entreprendre le ! projet de municipaliser le service de tramways, le meilleur moyen est d’acquérir le matériel d’exploitation et les franchises de la compagnie actuelle.11 serait non seulement futile, mais encore impolitique de dire ici combien cela coûterait.11 suffira de savoir que cela coûterait plusieurs millions, et la cité aurait à dépenser en outre environ $30,000,000 pour la construction de tunnels et l’extension des lignes de surface afin de donner les facilités qui sont nécessaires par suite du développement de la ville.COUTELLERIE ¦ - K O O E H S QUALITE AA “SILVER PLAÏE” POUR UNE SEMAINE SEULEMENT D’ESCOMPTE Cette vente finira le 8 mai Ctiiilèr# à café]'iioki-$.f>0 (BJ4 La .dùùzttln^, net.w I I Cuillère à Üié, #2.50 flC1! R7 douzaine, net.^ I «W I Cuillère à orange, H.50 la îîfl douzaine, net.Cuillère à dessert, $4„">0 Itr jftfl douzaine, net.MÏVaUW Cuillère à soupe, #5.00 lu A douzaine nef.Cuillère à sucre, 50c, net.lilSTE DES PRIX Couteau à beurre, 5Oc, net.Cuillère à sauce, #1.00, net.34c 67c Fourchettes aux huîtres, J#445() Jâ douzaine, net.Fourchettes à dessert, là douzaine, net.Fourchettes à table, #5.00 '‘la douzaine, net.Couteanv.^uiaiiche ivoire Dessert, la douzaine, 'net.ï .j.[! .' .A table’, ¦ #5.75 la douzai-; ., , .Couteaux à depecer, #5.50 V.ta pQire.riet.33c $3.00 $3.00 $3.34 $3.00 $3.83 $2.16 PETITES ANNONCES SITUATIONS VACANTES APPRENTIS BARBIERS demandés, méthode moderne.Système Moler, établi depuis 22 ans Quelques semaines suffisent.Outils donnés gratuitement avec le cours.Positions assurées.Cours spécial du soir.S’ad.Molers Barber College, 62D Boulevard St-Laurent.Montréal.DIVERS ARGENT A PRETER Avons en mains à prêter sur 1ère hypothèque $1,000, $1.100, $2,000 et $2,500.S’adresser à Prime J.Marsan.notaire, 320a, rue Amhersl.E.1301.À LOUER SI 2.67 CES MARCHANDISES SONT GARANTIES DE PREMIERE QUALITE CAISSES DE COUTELLERIE ' Nous avons la même coutellerie dans de* caisses spéciales Caisse double, fini aca- Ç/[ ÎQ II ' èh "chêne, 51 jou, 26 morceaux #6.50 p |i morceaux', #19 pour.Autres caisses plus considérables également vendues à 33% d’escompte.Autres modèles de coutellerie vendus séparément et en caisse aux mêmes réduc- 533 STE-CATHERINE EST Si vous ne trouvez pas ce qu’il vous faut à lîïôtrè magasin' de détail, venez five iiaOiN XL, ja^uo» u MAI XJXO ** 3) t PRÉCIS DES DÉPÊCHES DE LA NUI! TURQUIE —Le bulletin officiel de Constan-tinopl; d’hier annonce , V* P m BOUT DE l/ILE.—Serriee de : - «ST.*.'?1 4.,J Oft miutt.TBTREAULTVILLE.- Service de i— 15 ni n.de 5.00 am.fc 9.00 a.m.JJ min.de 9 00 a.m.k 3.30 p.m.15 min.de 3J0 p.m.fc 7.00 p.m.80 min.de 7.00 p.m.k 8.80 p.m.-TRSmBLKS.—RervK* de | ¦nderson à Saint-lieni», 12.21 h Saint-Dents, 8.40 p.m.12.00 minuit, - Service de t-» 9.00 p.m.12.20 a m.i 1 Ave.du Parc et Monl- pointe-aujU_________ 18 min.de 5.00 a.m.k 9.00 a.m' J* “ 4* 9.00 a.m.( 8 80 p.m 15 min de a «e - — x - — * 80 min.de K.u.« 00 min.de 11.00 n.m.k H# r m.ft 7.00 p.iri.T.nn p.m.k 11.00 p.m.-j 1.00 a.m » .Ç*.Journal «st imprime au No 43 rue v bar l’IMPRlMR- POPL't.ArRF.ik responaaxiiitt timitSe).*.N.Chevrier.gfrant-gentmL T Notre Page Féminine Lettre de Fadette • • " U^mc Fayette écrivait un jour à Madame de Sévi g né : “La joie es l ctat véritable de votre, âme.” Et c’est bien ainsi que nous appa encore Madame de Sévit;ne, après deux siècles écoulés, joyeuse, A la mémoire d Albert de Mun Tu disais - “Le péril est là, c’est pour demain.” Tu dénombrais leur force, et leur ruse, et leur haine, TÙ mon, ¦ ^ " tous semblait lointaine, n tais sa menace à l'horizon prochain.rait I n jour fut où l’appel ne ¦Vos fils, meilleurs no‘l d' fa j°ie frivole qui ne cannait pas les tristesses de la con-i ion umaine, mais de cette joie sereine qui marque la force de l’esprit et la santé de l’âme.¦ j°'C ^al,^e' subsistant à travers les épreuves, la maladie, la viti esse, et rayonnant sans cesse, pour éclairer le chemin des autres, es une force dimne possédée, par certaines âmes privilégiées, et il me sem t qn elle doit être.le résultat d'un plein épanouissement physique et moral, et par conséquent d’une éducation supérieure.Ces femmes peuvent manquer de force dans la décision et dans les x e.es, mais elles possèdent cette force spéciale de la douceur toute s de la joie dans Voubli d’elles-mêmes, ennuis quotidiens.Lu face du monde elles gardent la simplicité et la sonna plus en vain: • „„„„ • .
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