Le devoir, 18 juin 1915, vendredi 18 juin 1915
VOLUT.ir VI— Jo 141 MONTREAL, VENDREDI 18 JUIN 1915 DEUX SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.«5.00 UNION POSTALE.«8.00 Edition Hebdomadaire CANADA.91.00 ETATS-UNIS.«1.50 UNION POSTALE .«2.00 Rédaction et Adminiâratioii : 43 RUE SAINT-VINCENT MONTREAL TELEPHONES: ADMINISTRATION : Main 7461 REDACTION ; • Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS l LE PROJET HEBERT Questions et réflexions M.Hébert, dans la longue dissertation dont il a enguirlandé son projet de règlement de la question du tramway, protestait hier de la pureté de, ses intentions et de son absolu dévouement au bien public.Nous ne voulons douter ni de l’une ni de l’autre, mais nous serions curieux de savoir quelle raison d’intérêt public exige que le bureau des commissaires se mette, dès demain matin, à l’étude de ce projet, au lieu d’afîendre à la semaine prochaine, comme le proposaient MM.Ainey et McDonald.Pour être intelligente et utile, la discussion suppose une étude préalable; et l’élude exige quelque temps.Or, quel temps les collègues de M.Hébert pourront-ils d’ici demain consacrer à l’examen de son projet?Il leur faudra, aujourd’hui comme d’habitude, veiller à l’expédition des affaires courantes, tenir dans l’avant-midi une de leurs réunions régulières et, cet après-midi, se tenir à la disposition des échcvins qui ont le droit de les interpeller sur l’administration municipale.Quel temps leur restera-t-il pour scruter le projet Hébert et se préparer intelligemment au débat de demain?Quel intérêt public aurait été compromis par la remise à huitaine?tt * a Autre question, qui ne manque pas d’importance.M, Hébert déclare, dans le préambule de son projet: “Dans toute la question de franchise publique, ii y a deux parties en présence: (a) la municipalité qui octroie la franchise; (b) la compagnie gui désire l’exploiter.C’est donc une véritable association dans laquelle la Cité fail l’apport de ses rues et de sa population, et la compagnie l'apport de son matériel roulant; et de suite se pose naturellement la question: “Que ne vaut l’apport de nos rues?Que vaut le matériel roulant de la compagnie?’’ “Afin de pouvoir traiter sur une base équitable, tl faut donc que la compagnie nous dise une fois pour toutes, avec preuves à l’appui, ce que vaut son matériel roulant; ou encore: quel est son actif réel et physique, la valeur de son matériel d’opération dans la cité de Montréal, indépendamment de la valeur qu’elle peut attacher aux différents privilèges qu’elle détient.” Ces données sur “l’actif réel et physique” de la compagnie, que M.Hébert estime nécessaire de connaître “afin de pouvoir traiter sur une base équitable”, il ne les connaît point, il n’est pas vraisemblable que ses collègues les connaissent demain.Car, on ne les a pas demandées à la Compagnie, et les eût-on de# mandées qu’il faudrait à celle-ci du temps pour les preparer, sans compter le temps que le bureau des commissaires devrait prendre à les étudier.Comment M.Hébert a-t-il pu faire le partage entre les obligations des deux associés — la ville et la Compagnie, — comment peut-il demander à ses collègues de ratifier ce partage quand, de son propre aveu, ils ignorent, tous ensemble, l’un des éléments essentiels à l’appréciation “équi-tr-ble” de la question?• Et la situation ne joindrait-elle pas le grotesque à l’odieux si, comme certains le supposent, on s’avisait de faire adopter ce projet à la course, en apposant le bâillon aux lèvres de MM.Ainey et McDonald?* * * Du projet lui-même nous n’avons le temps que de noter deux pu trois observations faites sur une lecture rapide.I! a sur les projets Côté et Martin l’avantage de maintenir le pourcentage actuel.Nous espérons que cette disposition sera rédigée en termes assez explicites pour qu’il soit bien entendu qu’elle s’étendra automatiquement à tout le réseau couvert et à couvrir par l’entente.Le règlement 210 a réservé à la ville une mésaventure qu’il ne faudrait pas laisser se répéter.Autre avantage sur les deux projets précédents: il réserve le droit de la ville d’exiger la construction de voies nouvelles, sans passer, comme le voulaient MM.Côté et Martin, par la décision de la Commission des utilités publiques.La clause du referendum écarte aussi le vote des morts et des absents.Mais, comme ses deux prédécesseurs, le projet Hébert ne prévoit aucune révision périodique des tarifs.Il nous lie, pour trente ans, quelles que puissent être les modifications profondes du régime des transports, au tarif actuei.Cela est d’autant plus étrange qu’il stipule que la compagnie devra apporter à ses voitures les améliorations que pourront permettre les progrès de la science.Pourquoi ne pas escompter les différences de prix que pourront permettre les mêmes progrès?Le projet laisse de,côté la question autobus, mais il prévoit la construction de souterrains.Il stipule même que “les prix de passage dans les tramways seront de cinq sous”.Pourquoi ne prévoit-il pas un système de correspondances entre tramways souterrains et tramways de surface?L’une des nouveautés du projet Hébert, c’est l’article qui décrète que “la ville aura le droit de déléguer deux personnes choisies par les Commissaires pour la rerpésenter auprès du bureau de direction de la compagnie, et prendre part aux délibérations tant de ce bureau, qu’à celles des actionnaires réunis en assemblée générale ou spéciale.” Que vaudra cette représentation?Les délégués auront-ils autre chose à faire qu’à parler?Il semble bien que non.M.Hébert, dans son préambule, a le soin “d’insister sur un fait, d savoir: qu’il ne faut pas exagérer la valeur des franchises extérieures concédées à la compagnie des tramways, parce qu’il est bien évident qu’aucune de ces franchises n’ont de valeur réelle qu’en autant que la compagnie qui les détient peut exploiter le réseau actuellement opéré dans la cité de Montréal; en effet, quelle compagnie ou particulier songerait à faire un service de transport des voyageurs, exclusivement dans Outremont ou dans West mount, ou dans Maisonneuve?” C'est dire qu’il n’attache qu’une importance relative à l’abandon que ferait la compagnie de ses franchises extérieures et qu’il convient de peser avec un soin particulier les avantages que nous lui concédé-rions en échange.Les deux plus grands sont la prolongation de sa franchise principale — d’où, au témoignage de M.Hébert, dépend surtout la valeur des autres — et le privilège absolument nouveau de transporter du fret toute la journée, "excepté de 7 heures d 9 h.30 du matin, et de 4 heures 30 d 7 heures du soir, sauf permission à ce contraire obtenue des autorités compétentes.” Cet article devra être examiné avec une attention particulière, car il risque de transformer notre service de transport des voyageurs et il constitue pour la compagnie un avantage nouveau, et de premier ordre.* * » Il y aurait encore beaucoup à dire sur le sujet, mais tout le monde admettra, je pense, qu’il serait absurde de vouloir bâcler en quelques heures un projet pareil, alors surtout qu’au témoignage même de son auteur, les autorités municipales n’ont pas les données qui leur sont nécessaires pour “traiter sur une base équitable”, la seule qui soit digne de Montréal.Orner HEROUX.UN BILL IMPORTANT M.Lloyd-George, ministre des munitions dans le cabinet anglais, est, au dire des journaux, à la veille de saisir les Communes d’un projet de loi d’importance extrême.Ce projet décrète l’illégalité absolue des grèves en temps de guerre, dans le monde du travail, et pose ce principe encore non reconnu en Grande-Bretagne, que les conflits entre patrons et ouvriers devront se régler par arbitrage et sans interruption de travail.Il établit des tribunaux spéciaux pour régler les différends ouvriers et, enfin, il déclare illégales toutes les unions (trades unions) de nature à limiter ou restreindre la production.Cette loi n'est censée s’appliquer que pendant la durée de la guerre.Mais il n’est pas impossible que, celle-ci close, le gouvernement, s’il est satisfait de cette législation, ne la prolonge indéfiniment, gardant pour la défense de l’Etat une arme effective contre les conflits ouvriers qui, à maintes époques, ont compromis, depuis une vingtaine d’années surtout, la paix économique du Royaume-Uni.L’artisan anglais, jusqu’ici, dans différents domaines, a toujours tenu tète à l’Etat.Il y a eu des grèves d’employés de chemins de fer, de manoeuvres dans les docks, qui ont affecté, en partie, pour un temps assez long, le trafic par chemins de fer et par bateaux.Depuis lê commencement de la guerre, plusieurs ouvriers ont profité de la situation extraordinaire pour causer des embarras dans les fabriques de munitions et ils ont employé différentes manoeuvres pour y parvenir.Mis en face de cette situation, qui contribuait à empêcher le War Office d’obtenir des usines anglaises le rendement qu’il en attendait, le nouveau ministre des Munitions n’a pas hésité.Il a rencontré patrons et ouvriers et il a, en les mettant au courant de l’extrême gravité de la situation, obtenu qu'ils consentissent, de part et d’autre, à un arrangement équitable pour l’Etat.“ Si vous persistez dans vos grèves ”, a-t-il dit aux ouvriers, “ nous allons v°us imposer la conscription, tant pour le travail dans les ateliers que pour l’enrégimentation ”.Aux patrons, il a dit : “ Consentez à une limitation de vos profits ou l’Etal s’empare de vos fabriques pour la durée de la guerre Ouvriers et patrons paraissent avoir compris qu’il n’y avait d'autre issue possible que dans un compromis.Dorénavant, aux termes du#bill de Lloyd-George, les patrons ne pourront retirer de leurs commandes pour le compte de l'Etat qu’un bénéfice équivalent à la moyene de leurs profits pendant les trois années précédant la guere, plus un cinquième de ce taux de profit et une légère allocation pour la dépréciation de leiy outillage.L'ouvrier, lui n’aura plus le droit à la grève complète, il ne devrn pas interrompre son travail et devra travailler n’importe où i’Etat, qui paiera ses frais de transports, jugera bon de l’envoyer.Tout artisan ou tout patron qui cherchera à échapper à ces conventions pourra être sévèrement puni et mis a l’amende.Des tribunaux spéciaux formés en partie d’ouvriers et en partie de patrons, présidés par un représentant du ministre, adjugeront oes différends du travail et de tout ce qui touchera au fonctionnement de ce nouveau bill.L’Etat a la direction absolue des fabriques de munitions, de fournitures et a armes requises pour la guerre.Cette nouvelle législation , ainsi que le font remarquer les dépêches, prend moûele sur les règlements des anciens corps de métier du Moyen-Age, en ce qui a trait à la conduite des artisans.Par ailleurs, elle est, insistons-y, d’une extrême importance, en ce qu’elle met aux mains du gouvernement une arme dont, le ea échéant, il ne se départira peut-etre pas, Ia guerre finie, et dont il se servira pour avoir raison des trade Unions d’une trop grande exigence.Lloyd-George, qui, il y a quelques anées, attachait son nom à la loi de l’impôt sur le revenu et à celle des pensions pour le vieil âge, semble en train, cette fois-ci, d’innover dans le domaine ouvrier anglais.Les capitalistes, après avoir protesté contre ses premières lois, qu’ils qualifiaient de radicales, ont enfin changé d’avis à l’égard de ce ministre.C’est maintenant au tour des ouvriers et des artisans anglais à traiter avec lui.Il faut espérer que son nouveau bill donnera satisfaction à tout le Royaume-Uni et qu’il aura enfin raison de Tinertie et de l’inconscience des patrons et des artisans qui limitaient jusqu’ici la production Je leurs fabriques ou profitaient des circonstances difficiles que traverse leur pays pour améliorer outre mesure leur sort matériel.Georges PELLETIER -1 LES PETITS RUISSEAUX Les petits ruisseaux font les grandes rivières, et c’est avec tes souscriptions de tous, si modestes soient-elles, que les directrices de l'Hôpital Sainte-Justine comptent parfaire les $15,000 dont elles ont besoin pour le 1er juillet.Envoyer sa souscription à la trésorière, Mlle E.Rolland, 1879, rue Saint-Denis.-.i BILLET DU SOIR.IMPRIME 1 Quoi ! mais c’est mon nom ?et je rougis, et je ixilis, et mon coeur s’émeut, s’arrête ou bat plus vite : Le “billet du soir” porte mon nom en Coda imprimé en grosses lettres.’ Papa cesse de fumer, maman essuie ses lunettes pour lire mon nom imprimé, frères et soeurs s'arrachent le journal, toute la maison est en émoi ; la nouvelle fait en une minute, le tour du village : M.le curé fronce le sourcil, l’étudiant du coin fait la moue, mademoiselle l’institutrice s’extasie, les vieilles disent que je suis un savant, les gamins nie prennent pour un personnage, et moi ?Eh! bien, moi, je rêve que je suis propriétaire, directeur, rédacteur du plus grand journal de Montréal, que la Presse m’excommunie, que la Patrie tire de son dictionnaire une salade d’épithètes dont elle me sert un plat tous les soirs, que les italiens m’élèvent des monuments, que les Allemands font le sac de mon hôtel, que les boches d’Ontario mettent le feu à ma demeure et • •¦•«••••• * • ••••#••••*» • je m’éveille, le nez dans mon encrier! Je m’étais endormi en faisant mon second “Billet du soir.” Gilles de SAINT-LAUR.L’EVEQUE PATRIOTE Le Comité de la Ligue des Droits du Français était en séance régulière, mardi matin, quand la triste nouvelle lui vint de la mort de Mgr Langevin.Il s’empressa d’adopter une résolution de vive sympathie que te Devoir a publiée le soir même.' Mais la Ligue se croit obligée de faire d’avantage.Il lui semble qu’elle doit à l’illustre défunt qui, -un des premiers, vit en elle un vigoureux organe de défense nationale, comprit parfaitement son action, et lui témoigna sa haute confiance, un hommage plus digne de sa mémoire.Les grands hoimnes se louent par eux-mêmes.Ceux-là le sont vraiment dont une parole tombée de leurs lèvres ou un acte jailli de leur coeur constitue le plus bel éloge De Mgr Langevin, les fières paroles et les actes magnanimes abondent.Au service de la langue française, il les multiplia.On en ferait un recueil élevant.Les uns sont connus de tous, d’autres n’ont pas franchi les bornes d’un groupe restreint.Mais ceux-ci vont peu à peu sortir de l’ombre.Us feront resplendir, plus vivement encore, la grande figure du prélat patriote; ils nimberont son front d’une gloire nouvelle.Je voudrais aujourd'hui, sur la tombe à peine fermée de l’archevêque de l’ouest, ouvrir, sans plus tarder, le trésor de ses gestes ignorés.J’en exhumerai une fière déclaration.C’est la 'lettre que Mgr Langevin écrivait, il y a un an, au secrétaire de la Ligue des Droits du Français.Elle nous apporta alors, au début de notre oeuvre, aide et réconfort.Elle tourne maintenant à la gloire de son auteur.C'est justice.J’ajouterai une remarque.Monseigneur a bien voulu écrire sur mon humble personne des paroles trop élogieuses.Il faut, m’a-t-on dit, respecter le texte de la lettre et la publier dans son intégrité.J’obéis.'Mais si un faible soldat de la grande cause mérite d’être appelé “un énergique excitateur des endormis”, quel nom vous donner, à vous, ô chef héroïque, qui pendant tant d’années avez dirigé, sans défaillir, le bon combat, arrêtant par l’énergique revendication de nos droits, l’injustice envahissante, et relevant, par la fierté de votre altitude, les courages abattus.Les Romains vous auraient appelé sauveur de la patrie.L’histoire dira que vous avez été un des plus fermes mainteneurs de la nationalité canadlenne-françaisc.Pierre HOMIER.LETTRE DE MGR LANGEVIN A Monsieur le docteur Joseph Gau- vreau, secrétaire de la Ligue des Droits du Français.Mon cher docteur, “Je réponds enfin à votre appel du vingt-deux décembre dernier, je n’ose dire à votre lettre, pourtant si importante.Les articles du brave patriote et énergique excitateur des endormis, qu'est Pierre Homier, m’ont convaincu que votre “Ligue” est plus nécessaire que jamais.“J’avoue que j'ai craint d'abord, que votre corps de voltigeurs infatigables et intrépides ne fut isolé du "Ralliement catholique et français en Amérique” ; mais, je vois que vous vous y rattachez étroitement en adoptant pour organe “Le Bulletin du Parler français”, et vous vous bornez au Canada, et, en Canada.à la sphère du commerce et de l’industrie.“ Je crois que l'oeuvre des collèges, des couvents et des écoles primaires elles-mêmes demeurerait très imparfaite sans votre travad actif dans un ordre de choses où nous vivons tous, chaque jour, et où l’infiltration anglaise est devenue une calamité publique pour les nôtres.Rien ne nous fait du tort, même aux yeux des Anglais, comme cette détesiable pratique d'émuiller notre conversation de mots anglais ; or, je dois dire, pour ma part que j’ai grand besoin de me surveiller et d’étudier, chaque jour, afin de me garantir de l'épidémie.“ Il s’agit d’ouvrir les yeux aux nôtres et aussi de leur faire comprendre que ce serait une lâcheté doublée d’une sottise de notre part, si nous donnions notre argent à ceux qui refusent de respecter notre langue.L’ignorance de la situation sociale et politique porte quelques-uns à taxer cette conduite de fanatisme ; mais pour les gens éclairés, c’est simplement la revendication d'un droit sacré.“ J’admire votre zèle même pour les calendriers, et j'espère que, pour mu part, je n’aurai pas, comme les années dernières, à refuser plusieurs calendriers publiés en anglais par les nôtres.“ L’étude du français et le bon parler français sont plus importants que jamais, parce que notre classe dirigeante ne peut conserver son influence que grâce à sa connaissance parfaite de la langue ; et ce ne sera nullement un obstacle à la connaissance de l’anglais, puisque l’on a souvent constate, au parlement du Canada à Ottawa, que les meilleurs discours en anglais ont été fait- par des Canadiens-français.“ Il faut savoir parler et le bon français et le bon anglais.“ J’espère donc que tous nos compatriotes, que toutes nos maisons d’éducation, aussi bien que nos maisons de commerce, sauront comprendre l’importance capitale de votre “ Ligue ” qui a déjà rendu de grands services, et y adhérer, “ Pour vous prouver toute ma sympathie, je vous envoie ci-inclus un chèque de ($25) vingt-cinq piastres, à titre de membre fondateur.“ Veuillez croire, mon cher docteur, à tout mon dévouement et à mes meilleurs voeux pour te succès croissant de votre grande oeuvre.” t ADELARD.O.M.!.Arch, de Saint-Boniface.IÆCENTENAIRE DE WATERLOO Un siècle s’est écoulé depuis la grande bataille qu'i a marqué, dans les plaines de Belgique, la fin de l’épopée napoléonienne.Le 18 juin 1815, dans le vallon qui sépare le plateau de Mont-Saint-Jean-\Vaterloo, occupé par les Anglais de Wellington, de la butte de Ressomme ou de Belle-Alliance, où campait l’armé française, cette dernière, forte de 72.000 hommes, a combattu contre 150,000 ennemis.Que sont ces effectifs comparés à ceux qui sont aux prises aujourd'hui dans un coin du territoire belge et dans le nord de la France?Que sont-ils surtout à côté îles légions slaves et germaines engagées sur le front oriental, en Pologne et en Galicie, dans la plus gigantesque mêlée que l’histoire ait eu à enregistrer?Cette seule comparaison suffit à mesurer le chemin parcouru depuis que le sort de l’Europe fut fixé par la victoire des nations coalisées contre la France, liée- à la fortune d’un homme prodigieux, dont la carrière '¦« cupe encore les veilles laborieuses des historiens.Des volumes et des volumes ont été écrits sur cette seule bataille de Waterloo, et on n’est pas encore parvenu à fixer d'une façon définitive les responsabilités quant à la déroute de l’année française, ou à déterminer qui fut te véritable vainqueur dans celte mémorable journée.* * * A l’heure où nous écrivons ces lignes, le démon des batailles est de nouveau déchaîné sur l’Europe.Trois millions d’Anglais, de Français et de Belges, au lieu de s’entre-déchirer comme en 1815, sont engagés dans une lutte sans merci contre trois millions de Germains.Et pendant qu’en France et en Angleterre, l’armée alliée réclame des obus et des canons, sur le front oriental on s’applique à calculer quelle sera la quantité de projectiles nécessaires aux huit millions d’hommes aux prises sur une ligne de bataille de 692 milles d’étendue.La bataille engagée depuis hier entre l’armée russe et les armées austro-allemandes peut avoir des conséquences décisives au point de vue du résultat de cette campagne.I-a dépense des munitions est phénoménale, si on en juge par ce qui s’est passé au cours de la bataille précédente sur la ligne Gorlice-rivière Dounaietz, où les Allemands ont fait tonner contre les deux corps d’armées russes environ 1,500 canons, dont un nombre considérable de pièces moyennes, lourdes et de 42 centimètres.Rien que pendant vingt-quatre heures de bombardement, quand l’artillerie fut particulièrement violente pendant l’assaut, l'ennemi jeta contre les Russes environ 700,000 projectiles, représentant une masse dont le transport demanderait plus de mille wagons, Gcttc quantité d’en gins dépasse deux fois celle qui se rait néeessaire pour le siège de six mois d’une grande forteresse bien approvisionnée.En présence d’une semblable et aussi folle violence de bombardement, sans parler des pertes importantes, tous ceux qui sont dans la sphère de son action sont plus ou moins atteints ou abasourdis.11 est bien évident que même un très grand nombre d’usines pour la fabrication des projectiles ne pourront suffire bien longtemps à fournir à de nombreuses armée* leurs munitions, alors que ces dernières sont dépensées à raison de 200,000 par heure.Aussi rapporte-t-on que les Allemands ont épuisé les provisions qu'ils avaient à Gracovie et dans plusieurs autres forteresses, et leur infanterie, gâtée jusqu’ici par l’appui de l’artillerie, et habituée à attaquer exclusivement un ennemi abasourdi ou empoisonné, devra très prochainement combattre dans oes conditions autrement difficiles.Quoiqu’il en soit, l’approvisionnement de projectiles joue un rôle décisif dans les batailles d’aujourd’hui et la victoire est assurée à ceh’’ qui a la supériorité sous ce rapport.* * * Les grognards de l’empire n’ont pa» connu de vacarme comparable à celui de nos modernes champs de carnage, et il y a bien d’autres choses qui les surprendraient s’ils surgissaient tout a coup de* cimetières où poilus et tommies se battent sur leurs tombes.Non, mais se figure-toi) l’ahurissement de l’un d’eux, contemporain de la poudre noire, des boulets ronds et des fusils à pierre, voyant tout à coup fonctionner mitrailleuses, canons à tir rapide, fusils à répétition, pendant que les esca-driltes d’avions évolueraient dans l'air violemment ébranlé par l’explosion des obus de tous calibres ?Uldéric TREMBLAY.BLOC - NOTES Tous les jours, les Français prétendent refouler les Allemands et tous les jours aussi Jes Allemands affirment qu’ils conservent leurs positions.Comme cela la guerre peut durer indéfiniment.* * * Il semble que quelques fabriques de conserves aient décidé de provoquer une baisse des prix en jetant une quantité considérable de leurs produits sur le marché.La Dominion Canners Co.le regrette, ilit-on.Esl-ce que la Dominion Canners serait un monopole.?* * * L’un des projets du gouvernement fédéral pour diminuer le nombre des sans-travail dans l’Ouest est de les employer à défricher les terres des colons qui ne sont pas encore prêtes pour l’agriculture.Le gouvernement paierait les défricheurs et se rembourserait des colons.L’idée est bonne pourvu que les colons consentent et leur consentement dépendra probablement du prix que les défricheurs exigeront.Les sans-travail ne sont pas toujours accommodants sur ce point.* * # Toutes les nouvelles de la récolte de l’Ouest sont bonnes jusqu’à present.Si la température continue d’être favoraoie, le rendement sera énorme.Les perspectives ne sont pas mauvaises non plijs dans l’Est.Il faut en remercier le ciel.Une excellente récolte ne suffira pas pour ramener complètement la prospérité, mais elle atténuera beaucoup la crise et elle encouragera les Alliés.LE PASSANT.A LAVAL DE QUEBEC LA COLLATION DES DIPLOMES UNIVERSITAIRES A EU LIEU, HIER SOIR, AVEC LE CEREMONIAL HABITUEL.— LES LAUREATS.(De notre corresDondant) Québec, 18.— La cérémonie solennelle de la collation des diplômes a eu lieu hier soir, à l’Université Laval, en présence d’une assistance choisie et avec tout le cérémonial habituel.On remarquait au premier rang de l’assistance, S.E.le cardinal Bégin, S.G.Mgr P.-E.Roy, M.P.-E.Leblanc et Madame Leblanc, le major Victor Pelletier, AjD.C., Mgr Marois, et plusieurs membres du chapitre, M.Cyrille'De-lage et plusieurs autres personnages distingués.Suivant la coutume, Mgr le chanoine Amédée Gosselin, Recteur de l’Université, a fait dans un intéressant discours, la revue de l’année universitaire et des principaux événements qui Pont marquée.Il a rappelé brièvement la mort de Sa Sainteté Pie X et Pavènement de Benoit XV, la tenue du congrès pédagogique de juin 1914, la mort de sir François Langelier, le doctorat en droit de M.Eugène Desrivières, député-recorder de la cité, qui vient d’être nommé professeur aggrégé de l’Université, le‘titre de docteur en droit décerné à M.Louis S.-Lau-rent, avocat, l’affiliation à l’Université de plusieurs institutions enseignantes et du collège classique de S.-Alexandre de la Gatineau, ainsi que de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales dont il a exprimé au nom de l’Université ta plus grande salisfaction.' les ouvrages des pro-fe: senrs publiés pendant l’année, la grande manifestation de sympathie pour les Canadiens-français de l’Ontario, auxquels l’Université souhaite bientôt justice et, enfin, les noces d’or sacerdotales de S.E.le cardinal Bégin.Le chanoine Giganc, professeur à la faculté de Théolagie, a prononcé ensuite Péloge funèbre de Sa Sainteté Pie X.et M.te juge Flynn, celui de sir François Langelier.On a procédé ensuite à la collation des diplômes et à la distribution des prix.Voici les noms de ceux dont les travaux ont été couronnés: Docteurs en théologie : abbés Adolphe Laberge.Fabius Danjou, Alphonse Gagnon, Charles Dargie, Albert Erny, Philippe Normand.Docteur en droit: M.Eugène De«-rivières.Docteurs en médecine: MM.Alfred Desrosiers, avec grande distinction; Raymond Beaudry, #vec grande distinction ; Jean-Baptiste Lacroix, avec distinction; Hervey McCarthy, avec distinction; Albert Couture, avec distinction; Jean-Marie Beaulieu, avec distinction; Ed-mour Perron, avec distinction; Lucien Lizotte, Albert Tousignant, Robert Neilson, Joseph-Alphonse La-fleur.Licenciés en théologie: les abbés Livin Chiasson, avec grande distinction ; Orner Beaudoin, avec grande distinction; Joseph Lavoie, avec grande distinction ; Joseph McDonald, avec grande distinction; Godfroi dément, avec grande distinction; Joseph Constant, avec distinction.Licenciés en droit Canon : les abbés Florido Gagné, avec grande distinction; Rosaire Benoit, avec grande distinction ; Talbot Rousseau, avec distinction; Vernon McDonald, avec distinction.Licenciés en droit : MM.Oscar Drouin, avec distinction; Aimé Pla-mondon, avec distinction; Lucien Pinard, avec distinction; Fanning Gosselin, Albert Godin, Paul Robi-Iaille, Silfrid Couture, Gustave Jo-bidon.Roméo Caron.Licenciés en philosophie; les abbés Edmond Dallaire, avec grande distinction; Charles McGuigan.avec-grande distinction ; Alfred Cham-berland, avec grande distinction ; Hervey Morin, C.S.C., avec grande distinction ; Christie Foy, avec grande distinction; Laurent Lapal-me.C.S.C., avec grande distinction; Aimé Labrie, avec distinction ; Louis Montambault, avec distinction; Antoine Lévesque, avec distinction; Alphonse Arsenault, avec distinction; Honoré Lapointe, avec distinction ; Léon Lessard, avec distinction.Bachelier en droit : M.Victor Mathieu.Bacheliers en médecine: MM.Antonio Paradis, Rosaire Rainville, Léon Roy, Arthur Poliquin, Victor Lavoie, Alexandre Sirois.Arthur Barrette, Ernest Poulin, Joseph Sa-vary, Alphonse Cloutier, Zacharie Leblanc, Bruno Lahaye, Alvarez S.-Laurent, Walter Laramée, Alfred Destrempe, Eugène Bissonnet, Joseph Dugal.Arpenteurs stagiaires: MM.Georges Côté, Jules Tremblay.Ingénieurs forestiers: MM.Lauréat Lavoie, avec distinction ; René Richard, avec distinction : Avila Coderre, avec distinction; Francois Ouellet, Cyrice Godbout, Thomas Barry.FACULTE DE THEOLOGIE Droit paroissial ; M.Ovida Guay, du diocèse de Québec.Droit canonique : M.Alfred Chamberland et M.Christie Foy, du diocèse de Québec.Théologie morale (cours inférieur) : M.James McGuigan, du diocèse de Charlottetown.Lieux Ihéologiques: M.Antoine Lévesque, du diocèse de Québec Ecriture Sainte; M.Domicile Moreau, du diocèse de Québec.Histoire de l’Eglise : M.L#o Keats, du diocèse d’Antigonish, et M.Domicile Moreau, du diocèse de Québec.Langue hébraïque : M.Christie Foy.du diocèse de Québec.Théologie morale (cours supérieur); M Henri Gauthier.D.P.B.Théologie dogmatique tDe Grea-tione) : M.Euphemius Chabot, du diocèse de Springfield.Théologie dogmatique (De In-carnatione) : M.Euphemius Chabot.Prix extraordinaire donné par un bienfaiteur anonyme : cours inférieur, M.Christie Foy, du diocèse de Québec; cours supérieur: M.Euphemius Chabot, du diocèse de Springfield.FACULTE DE DROIT Médaille d’or donnée par S.A.R.le duc de Connaught, Gouverneur Général du Canada : M.Fanning Gosselin.Prix Tessier: 1er prix, M.Oscar Drouin: 2ème prix.MM.Aimé Pla-mondon et Silfrid Couture.Prix Sirois: M.Albert Godin.FACULTE DE MEDECINE Prix Leblanc: 1er prix.Alfred Desrosiers ; 2ème prix.M.Jean-Baptiste Lacroix.Prix Morin : 4ème année, 1er prix.MM.Lucien Turgeon et Raoul Brochu; Sème année, 1er prix, Rosaire Potvin; 2ème prix, Camille Lavoie; 2ème année.2ème prix, M.Ernest Poulin; 1ère année, 1er prix, M.Eusèbe Chabot; 2ème prix, M.Henri Laliberté.Prix Mathieu; 1er prix.Rosaire Rainville ; 2ème prix, M.Arthur Barrette.Prix Grondin: 1er prix.M.Camille Roy; 2ème prix, MM.Paul Marceau et Rosaire Potvin.Prix Simard; 1er prix.Jean-Baptiste Lacroix; 2ème prix, MM.Raymond Beaudry et Marins Savoie.FACULTE DES ARTS Médaille du duc de Connaught : M.Henri Duchesnay.Prix de philosophie: M.Armand Paradis.Prix de mathématiques: 1er prix, M.Henri Duchesnay ; 2ème prix, Dolor Lambert.Prix Garneau (chimie) : 1er prix, Joseph Labrecque; 2ème prix, Joseph Bolduc.Prix de sciences naturelles: M.Orner Caron.Prix à l’école de préparation : M.Lucien I>esrochers.Médailles du Lieutenant-Gouverneur: médaille d'argent, M.Narcisse Furois; médaille de bronze : M.Albert Xaud. LE DEVOIR, MONTREAL, VENDREDI 18 JUIN 1915 VOL.VL — No 141 CHOSES MUNICIPALES M.HEBERT EXPOSE SON PROJET DE TRAMWAY MM.Martin et Côté s’y déclarent nettement favorables et MM.Ainey et McDonald opposés, non moins nettement.— Peu de variantes avec les autres propositions de règlements.M.Hébert « soumis son projet 'le règlement avec la Cie des Tramways à ses collègues du bureau des commissaires.On siégeait dans la salle du conseil en prévision de la foule et des cartes appelées à illustrer le projet trop vastes pour qu’on les puisse déployer dans le comité de législation, lieu habituel des séances du bureau.MM.le maire et Thomas Côté se sont déclarés nettement favorables à la propositon de contrat de M.Hébert, tandis que MM.Ainey et McDonald, après avoir oscillé quelque temps, s’y sont opposés énergiquement quand ils l’ont vu défendu par icurs deux autres collègues.M.le commissaire Hébert a etc quelque peu déçu, puisqu’en donnant lecture de sa résolution proposant l’adoption de son projet d’entente, il avait dit “ appuyé à l’unanimité ”, comptant, évidemment, sur l’appui de tous ses collègues.Ce projet ressemble, sur plusieurs points, à celui de M.Côté et de M.le maire.Cependant, il en diffère sur le taux du pourcentage que la ville devra percevoir sur les recettes (le la Cie.Il sera le même que pour le régiment 210, avec cette différence qu’il sera perçu sur toutes les recettes de la compagnie de quelque source qu’elles proviennent.M.Hébert stipule le minimum de ces recettes qui sera ¥500,000 pour les deux années à venir, puis $750,000 pour les deux autres années, et entin $1,000,-000 pour le reste de la durée du contrat.Comme dans les projets Côté et Martin, ce dernier sera octroyé pour un terme de trente ans.Enfin, M Hébert pourvoit h la Construction de souterrains par la compagnie, de même que certaines autres améliorations qui restent è l’état de projet et qu; ne concernent pas le tramway.Les souterrains seronl propriétés de la ville, mais pourront être exploités par la compagnie qui partagerait ses recettes avec la ville par moitié.Le prix des billets serait de cinq sous et il n’y aurait pas de correspondance avec les lignes de surface.M.Hébert propose encore que la ville soit représentée par deux membres au bureau de direction de la compagnie de meme qu’aux assemblées des actionnaires, ces membres ayant le droit de prendre pari à la discussion.Enfin, M.Hébert corrige le mode de referendum proposé pur M.Côté en y substituant l’usuel ; il pourvoit à des changements dans le système de la compagnie au cas d’inventions pratiques qui le révolutionneraient, et il supprime les clauses ridicules et populacières de l’entretien de ITlc Sainte-Hélène par la compagnie, de l’expropriation de la rue Vitré et au-Ires auxquelles le maire tient “ mordicus ”, prétendant qu’elles sont la preuve qu’il n’est pas vendu à lu compagnie, comme M, McDonald l’aurait dit.M.Ainey a soumis une proposition qui sera discutée à la prochaine réunion et qui pourvoit à la nomination d’une commission composée d’éche-vins, de commissaires et de journalistes pour aller étudier dans diverses villes du Canada el des Etats-Unis, les services de tramway en usage et les résulats qui en ont été obtenus.La discussion, hier, a été courtoise et vive.Le projet de M.Hébert aurait été adopté par la majorité du bureau, composée de M.le maire, M.Hébert el M.Côté, si M.McDonald n’avait usé de son droit de “ next meeting ” pour remettre cette motion à la prochaine assemblée.M.McDonald et son collègue de gauche ont émis un manifeste, hier, prévenant la population de Montréal qu'on est à essayer de passer à la vapeur un projet qui lui sera défavorable et lui suggérant de prendre les mesures nécessaires pour empè-rher cette tactique.La discussion a rte remise à samedi, à 11 hrs, et rien alors avec la question préalable qui peut bâillonner MM.McDonald el Ainey ne saurait l’empêcher d’être adopté, de sorte que le rapport sera rendu au conseil lundi.“ li faut en finir ”, disent à Tenvi, M.te maire, M.Côté, M.Hébert et les échevins.Ainsi que M.McDonald l’a fait remarquer, hier, il aurait été insensé d’adopter le projet Hébert séance tenante, puisqu’il contient certaines demandes de renseignements qui ne pourront être obtenus d’ici quelques semaines et même quelques mois, assure l’ancien gérant de la Compagnie des Tramways, qui s’y connaît.Ive préambule du projet Hébert qui comporte les améliorations à ac-?omplir pour faire de Montréal une rilie entièrement renouvelée, moderne, hygiénique et aux rues larges et symétriques, a été écouté avec très vif intérêt.LE PROJET DE M.HEBERT Attendu qu’il semble être devenu lécessaire de modifier les disposi-ions du règlement No 210 et ses imendements, ainsi que les clauses lu contrat entre la Compagnie des ramways et Montréal, en date du ! mars 1893, je dois d’abord déela-er que dans la préparation du >rojet de contrat la bataille de sa vie.Si nous comprenons bien les intentions de Callahan, il viendra à Montréal avec l’intention bien arrêtée de descendre si possible ce pugiliste canadien qui _ nuit tant aux projets d’avenir d’un grand nombre d'Américains qui ne peuvent supporter qu’un Canadien de la province de Québec ambitionne de devenir champion mondial des poids-plume.M.Callahan peut se proposer bien des choses, mais il ne doit pas oublier qu’il devra tout d’abord disposer de Fleming avant de songer à se hisser au pinacle.Fleming qui se bal en homme sérieux, et qui s’esl déjà amassé une petite fortune à faire du “manly art”, s’entraîne à Laprairie pour cette grande rencontre.Toute la population de sa ville résidentielle sera au Jubilé, jeudi prochain, pour le voir à l'oeuvre, et s’il faut en juger pas l’intérêt que les amateurs locaux portent à cette rencontre, le Jubile ne sera pas assez grand le soir de la S.-Jean-Baptiste pour contenir la foule des amateurs qui s'y rendront.Frankie a insisté pour avoir une séance d’étoiles ce soir-là, et le Club Hochelaga n’a cru pouvoir faire mieux pour le satisfaire que de mettre Sammy Taylor, l’orgueil de la ville de Détroit, en semi-finale avec un boxeur de grande réputation qui doit donner une réponse aujourd’hui par dépêche Deux préliminaires entre des pugilistes locaux seront au programme de la fête nationale des Canadiens-français.La réduction des prix d’admission a été bien reçue chez les amateurs, aussi le club Ho-e.helaga est-il pressé de demandes pour des billets de sièges réservés qui seront mis en vente au commencement de la semaine prochaine.Les prix d’admission seront de 50 sous, 75 sous, $1.00 et $1.50, LA REUNION D’OTTAWA terme et que Montréal connaîtra sous peu les obligations des parties contractantes.En dehors de cela, il s’est opéré de rares transactions en Scotia, 66, Laurentide, 162, et en Bell Telephone, 147.Le Steel of Canada a fait 15 5-8 et le Crown Reserve 77.RAILWAY SYSTEM LA BOUTE A VOIE DOUBLE Chicago ET RETOUR $31.00, Départ, 17, 18, 13 Juin ; retour, 28 Juin.j INTERNATIONAL LIMITED Le meilleur eereice au Canada.Quitte Montréal à 10.15 a.m.toue lee ioura.Wagons-lits et observatoires Pullman, aussi wagons-pulais.bibliothèque et buffet CHICAGO LIMITED Quitte Montréal, 11.00 p.m.tous les Jours.Wagons-lits-compartiments et wagons-palais et buffet.MONTREAL-NEW-VORK 9.01 a.m.et 8.10 p.m.tous les jours.MONTREAL—BOSTON 8.31 a.m.et 8.30 p.m.tous le» Jours.MONTREAl___OTTAWA 8.15 a.m., 8.05 p.m.tous les jours, 4 p.m.excepté le dimanche MONTREAL—SHERBROOKE 8.00 a.m.8.15 p.m.tous le» jours, 4.18 p.m.les jours de semaine.POUR L’OUEST DU CANADA Via Sarnia et les Grands Lacs.De Montréal les dimanches, mardis et vendredis.PARC' ALGONQUIN Faites venir la brochurette.CHANGEMENTS D’HORAIRE En vigneur le 25 juin Rt renseignements maintenant entre les mu ins des agents.122, ru* St-Jacquu, angle St-Fn* çois-Xsvitr—Tél.Main 5908 Hot*l Windsor “ Uptown 1 UT Gar* Bonav*ntur> M*ln UM I Buïtaux •n Ville Wall Street, IR.—Les cours des principales valeurs n’ont révélé aucune modification notable à l’ouverture des opérations, ce matin, mais une réaction générale s’est produite avant la fin de la première demi-heure.LTJ.S.Steel a été le seul chef de file à témoigner de quelque activité dès le début, les transferts initiaux comportant des masses de 1,000, 1,400 et 2,000 parts avec des gains de % et % de points.Leç spécialités de guerre ont été calmes et progrès d’un point, da.is —.- ,m „„„ certains cas.Les cuprifères ont ré; j 9 P CANADIAN PACIFIC CHANGEMENT D’HORAIRE CORNWALL En vigueur jusqu'au 26 juin seulement DECLARATIONS DE DIVIDENDES Grown Reserve -— Dividende trimestriel régulier de 3 pour cent, payable le 15 juillet aux actionnaires inscrits le 30 juin.West Kootenay — Dividende trimestriel régulier de 1% pour cent, aux actions de priorité, encaissable le 1er juillet par les porteurs enregistrés le 25 juin.Halifax Electre — Dividende trimestriel régulier de 2 pour cent, exigible le 2 juillet par les actionnaires inscrits le 18 juin.Penmans — Dividende trimes triel régulier de 1 pour cent, aux actions ordinaires, et de 1V2 pour cent, aux actions de priorité, échéant respectivement le 2 et le 15 août.Canadian Cottons — Dividende trimestriel régulier de 1 Mi pour cent, aux actions privilégiées, payable le 5 juillet aux actionnaires inscrits le 24 juin.flété la réduction des prix du métal! rapportée durant la nuit et les spécialités de second ordre onl été irrégulières.Des mouvements divers ont alterné durant tout le cours de la matinée.Les cours se sont affermis à t’annonce de demande d’acier, mais ont fléchi à nouveau par suite de la nouvelle d’un cyclone dans l’Ouest.Le recul local du cuivre, qui comprend aussi un autre déclin des prix du plomb, a concouru à une nouvelle chute à Londres, où le prix du cuivre a baissé de 3 livres 10 par tonne en 2 jours.LES COMPENSATIONS Nous avons donné ici même, hier, les compensations des banques locales.Celles de«; autres principales villes du pays n’offrent rien de bien marquant.Ottawa est la seule place à révéler une plus-value sur la pc riode correspondante de l'année dernière.Le tableau qui suit indique les ré- En vigueur a dater du 28 juin : 7 20 a.m.exc.le dimanche.S.-Anne — Vaudreuil — Pointe Fortuit* Service supplémentaire Ls.gare Windsor, 7.30 p.m.exc.le dimanche.Ls.Pointe Fortune, 9.30 p.m.tous les jours.Ar.gare Windsor, 11.15 p.m.tous les jours.Arrête aux stations Intermediaire».ADVERTISING CLUB OF THE WORLD Montréal à COI flQ * CHICAGO ET RETOUR WW I sUM » Départ, 18 et 19 juin.W Limite de retour, 28 juin 1915.“ CANADIAN ” ’’ DOMINION * 8.45 a.m 10.00 p.m.Equipement moderne.SERVICES DES GRANDS LACS Maintenant en vigueur.Brochurette descriptive envoyée par 1* poste sur demande.WINNIPEG-VANCOUVER-CALIFORNIE 19.30 a.m.10.15 p.m.Wagons-lits ordinaires et touristes.Wagons - observatoire-bibliothèque-compartiment.H*tel Wlnéfor, «aIX* Fia** Vlmmr mt ém ls Vu* Winéaat* Attrayantes excursions de pê* che de fin de semaine au LAC EDOUARD, P.Q, suitàti parvenus et la différence dé- ! «^\*u nord^e^vuxe de TRUITE EN AMERIQUE.SPLENHÉpiB ACCOMMODATION D’HOTEL." 24 JUIN 1915.huitaine passé .correspondante de l’an PARTISANS DU NATIONAL ET DE LA CASQUETTE, A DIMANCHE! LES AMATEURS DE NOS ASSOCIATIONS CANADIENNES FRANÇAISES IRONT LES AP-PLAUDIR, Al PARC DELORIMIER.Les amateu - attendent avec une grande impatience les deux parties de dimanche après-midi, au parc Delorimier, et nous comprenons fort bien leur anxiété.L’annonce que la ligue de la Cité aliaii leur faire passer un après-midi sensationnel au point de vue du jeu et des émotions, n’a pas peu contribué à piquer leur curiosité.Quatre clubs formidables vont se rencontrer, après-demain après-midi, et de ces deux rencontres nous ne saurions dire que ceci, c’est qu’elles seront les meilleures qu’aucune ligue semi’professionnelle ou amateur nous ait encore offertes depuis bien des années.Il n’y a pas à s’arrêter longtemps sur la valeur d’un programme aussi captivant pour en saisir de suite l’intérêt ci la valeur.Dans la première partie, les Stars LES RECETTES DU C.P.R.Differ, sur 1914 Montréal .$49,245,073—$6,019,644 Toronto.39.022,880 2,306,919 Winnipeg.18,634,795+ 228.01‘> Halilfax .2,008,206 London.1,685,494- S.-Jean.1.424.822— 274,486 üénurt à 4.45 p.m.via Jonction Ri\ " ’ ~ ’ ivtère à Uivrrc.Retour par la même route.Départ à (.45 p.m.via Jonction Rivière à Pierre.Retour via Québec.• 110,874 j Départ 11.30 p.m.via Québec, crw’-ni ! Retour par la même' route.LIMITE DE RETOUR, 28 JUIN 1915.$4*50 $5.25 $6.00 VIANDE SUR PIED A CHICAGO Les recettes du Pacifique-Canadien.pour la deuxième semaine de juin, accusent une amélioration, se présentant à 1 million $623,000, soit $38,000 de plus que nour ta semaine antérieure.La moins-vaiue de $535,-000, soit 24.8 pour cent, peut être rapprochée de $586,000, soit 27 pour cent, pour la première huitaine.Chicago.18.— Gros bétail: arrivages, 1,000 têtes; marché fort ; boeufs indigènes, $6.80 à $9.50 ; bouvillons de l’Ouest.$7.00 à $8.25; vaches et génisses, ê
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.