Le devoir, 6 août 1915, vendredi 6 août 1915
k ¦ m^ÊÊBm •• 1' i'* VOLUME VI~No 183____________________________________________?*fONTREAL, VENDREDI 6 AOUT 1915.DEUX SOU | ^ UMERO ABONNEMENTS, VVW V R(daaho * B " Edition QaotiJienno H H _* ® M B & M § É| ||| ||| l| K 43 RUE S.||| 4CENT CANADA ET ETATS-UNIS .$5.00 HaB «fHfeJa B^i ffiH BfKaJS WÊk SÊ W3 MÊ Mc vmoN postale.$8.00 HH EHni pii @ pr;;| _____ Edition Hebdomadaire m ||8 jB BP WÈ g WmS TELEPHONES: ETATS-UNIS .V.$1.50 JBr J^j Jm |jjj|jjgf ]ÈM lu 1 ADMINISTRATION: Main 7461 BMO».- postale .t3.o.«atSWa lÉfl EOfe REDACTION ; .IkUio 7460 Diredteur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LA RÉPONSE AU PAPE Les chefs d’Etat et les maîtres de l’opinion publique dans la plupart des pays en guerre ont répondu à la noble prière du Souverain Pontife par une sorte de défi.Le césar allemand appelle les bénédictions dé LHuu sur les armes de son pays; les cardinaux français-veulent accaparer les faveurs célestes pour leur patrie; la Douma proclame la détermination de la Russie de ne déposer les armes qu’après une victoire décisive; 1 Angleterre affirme par la bouche de Carson, ex-fauteur de rébellion, que "le mot paix n’entre pas dans son vocabulaire.” Notre pauvre petit Canada, — si grotesque et si touchant à la fois par son ardeur à épuiser sa vitalité dans une guerre où il n’a qu’un interet fort lointain, — le Canada ne pouvait manquer de joindre sa voix grêle à ce chant de guerre sauvage.Et comme la violence des mots est piesque toujours en raison contraire de la force d’action, le jingoïsme canadien devait à son impuissance de crier plus haut que Guillaume de Prusse et Carson d’Orange.Il s’est manifesté sous sa forme la plus naïve dans les déclarations d’un ministre d’Etat et d’un ministre de religion (1).M.White, ministre des finances — d’ordinaire mieux inspiré — a repris l’antienne banale, que les Européens assagis ont pourtant cessé d entonner: “Le but des Alliés est d’écraser le militarisme prussien.Ceci veut dire que l’Allemagne doit être anéantie (worn out)." M.White aurait de la peine à faire ratifier par M.Asquith et sir Edward Grey ce décret d’exécution capitale.Si l’Allemagne est anéanti, par qui et par quoi M.White propose-t-il de la remplacer?C’est M.Gordon, ministre presbytérien de Winni-PeS> qui nous donne la réponse, dans un discours où, selon le reporter de la Gazette, “la dévotion et le patriotisme se confondent”.— “La race anglorsaxonne un jour mènera le monde”, clame ce pasteur belliqueux, “et la nation britannique mènera la race anglo-saxonne, et la liberté et la démocratie universelle régneront suprêmes!” Et les Français, les Italiens, les Espagnols?et les Russes, les Polonais, les Ukraniens?et les Celtes, les Scandinaves, les Wallons, les Flamands?et les Hongrois, les Roumains, les Grecs?et les quelques cent millions d’Américains, du nord et du sud, qui ne sont pas anglo-saxons et qui ont quelques motifs de se méfier des promesses de la liberté britannique et de ne pas croire a l’intangibilité du dogme de la démocratie universelle?et les innombrables multitudes d’Asiatiques et d’Africains?(Ne tenons pas compte des soixante ou quatre-vingt millions d’Allemands: M.White et M.Gordon les suppriment.) Est-ce bien sûr que tous ces peuples, que toutes ces nations, que toutes ces races n ont d’autre destinée, ne doivent aspirer à une autre fin que celle d’être subjugués par la race anglo-saxonne, de jouir des seuls bienfaits de la “liberté” et de la “démocratie”, comprises et pratiquées à l’anglaise?* * * Ce rêve de monstrueux orgueil britannique fût-il réalisable, le révérend Gordon aurait peut-être quelque peine à établir qu’il n’en résulterait que des bienfaits et un progrès réel pour l’humanité.Certes, la race anglo-saxonne possède de solides qualités.La nation anglaise a apporté au patrimoine de l’humanité de remarquables et précieux avantages.Mais ces qualités sont mêlées de défauts saillant:;.Ces avantages sont contrebalancés par de funestes inconvénients.Plus que toute autre race et toute autre nation, les Anglais, les vrais Anglais, ont compris, pratiqué et répandu dans le monde le respect de la liberté individuelle et politique.Moins que toute autre race et toute autre nation ont-ils respecté le droit des autres peuples à leur liberté nationale! / ¦ i» J ^ Peu*'^re l’esprit mal fait — je ne l’ai certainement pas façonné a 1 anglo-saxonne — mais je ne puis réussir à me mettre dans la tête que la liberté” britannique telle que pratiquée en Irlande pendant trois siècles, aux Indes sous le régime de Warren Hastings et des Nababs anglais, en Chine avec l’opium introduit de force à coups de canons anglais, en Afrique-Sud avec Shepstone, Rhodes et Milner, à la Jamaïque avec les potences d’Eyre, en Acadie avec les proscriptions infâmes de Lawrence, au Canada anglais, depuis Craig et Colborne jusqu’à Green-way, Haultain, Whitney et Hearst — non, je ne puis me convaincre que cette liberté offre des chances de bonheur surhumain et l’idéal suprême à tous les peuples et à tous les hommes qui trouvent légitime de penspr, de parler et de sentir autrement qu’en anglais.L Angleterre a violenté plus de droits nationaux que tous les autres pays d’Europe réunis.Par la force ou par la ruse, elle a accaparé un nisme sans dieu et sans poésie, le paganisme animal d’une humanité sans âme.Que les voeux du pasteur Gordon se réalisent ; que la race anglo-saxonne mène le monde ; que la nation anglaise mène la race ; ou, ce qui aurait plus de chances de réussite, que la nation américaine, fille de l’Angleterre, mène la race anglo-saxonne et le monde ; et le monde n’est-il pas voué à cet abaissement moral, à ce triomphe abrutissant du culte de l’or et de la matière, dans lequel Brunelière signalait le crime de l’Angleterre ?* * * Non, non, l’humanité a besoin d’autre chose, elle veut un autre idéal.Les peuples ont le droit, les peuples ont le devoir de résister à la conquête du mercantilisme anglo-saxon autant qu’à la fauchée du sabre allemand, autant qu’à la domination de la bureaucratie mi-prétorienne mi-clérica e de la Russie.Et c’est de la résistance des peuples et des nationalités légitimes à cette abominable emprise des nations mégalomanes qu’il faut attendre la véritable paix, la paix qui durera.“L’équilibre et le progrès du monde”, enseigne Benoît XV, ‘‘la sécurité et la paix des nations reposent sur le bien-être général, sur le respect de chacun pour le droit et la dignité d’autrui.’’ Cette parole lumineuse le Souverain Pontife ne l’adresse pas seulement aux violateurs de la Belgique, aux tyrans de l’Alsacc-Lorraine.Il la fait entendre également aux dominateurs de la Pologne et de la Lithuanie, aux conquérants du Transvaal, aux despotes de l'Irlande, aux persécuteurs des catholiques du Manitoba et des Canadiens-français de l’Ontario.Cette leçon il la donne à tous les chefs d’Etat qui violentent la conscience et la liberté des peuples, à toutes les nations qui ne pratiquent pas envers les autres nations la loi éternelle de justice et de charité : “.Ve faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu’il vous soit fait.” La notion de cette justice mondiale s’est affaiblie, dans les nations chrétiennes, en raison directe de leur éloignement de l’Eglise.Les nations les plus conquérantes, les plus spoliatrices, sont celles qui se sont le plus complètement affranchies du frein modérateur de la papauté.L’Angleterre vient en premier lieu, puis l’Allemagne aux deux-tiers protestante; puis la Russie schismatique.L’Espagne, la France, l’Italie, en dépit de lourdes fautes d’un autre ordre, les deux premières après des crises passagères de conquête et de domination, sont restées ou rentrées dans leur orbite naturelle.Elles ne sont pas ou elles ont tôt cessé d’être une menace pour la paix du monde et la liberté des autres peuples.Elles ont renoncé à imposer par la force des armes ou la puissance de l’or leur domination, leurs lois, leur langue et leur idéal.Par bonheur, quelques symptômes de réaction se dessinent en Angleterre et en Allemagne.Nous les signalerons demain.Henri BOURASSA.(1) La Gazette d’hier donne un bon compte rendu de ces deux discours.sous un même sceptre.* * * * C est pour le bonheur et le bien-être de ces peup’es”, répliquent les impérialistes anglais.C’était l’argument des protagonistes de l’esclavage.La plupart des noirs arrachés des côtes d’Afrique pour servir de bêtes de somme aux planteurs de la Virginie et de la Caroline trouvaient assurément, même sous le fouet des intendants anglo-saxons, plus de bien-être matériel, plus de bonheur animal, qu’ils n’auraient pu en attendre des potentats cannibales de la Côte d’Or ou des rives du Niger.Mais la conscience de l’humanité a jugé qu’aucun homme n’a le droit de priver son semblable de sa liberté, fût-ce pour assurer son bien-être.Et c’est 1 éternel honneur des Anglais d’avoir soulevé l’opinion du monde chrétien contre la pratique de l’esclavage individuel.La conquête et la domination des peuples, de quelques motifs qu elles se réclament, ne sont pas plus légitimes que la traite des noirs.Cet argument du bonheur et du progrès des peuples, les Allemands et les Russes 1 invoquent comme les Anglais.Napoléon l’avait sans cesse a la bouche, lorsqu’il promenait ses légions de Madrid à Moscou, de Naples à Copenhague.C’est pour le plus grand bien des peuples qu ils ont subjugues et de ceux qu’ils veulent conquérir, c’est pour le progrès de 1 humanité, que les pangermanistes et les panslavisles veulent plier sous leur joug toutes les nations de l’Europe et de l’\sie et leur imposer, avec leurs lois, leurs conceptions politiques, sociales et philosophiques.“Mais, répliquent les jingos, les Teutons veulent dominer les peuples; nous, nous voulons les affranchir.Le pangermanisme, c’est la tyrannie et l’autocratie; l’anglo-saxonnisme, c’est la liberté et la démocratie.Le militarisme allemand terrorise et abrulit; notre idéal politique et nos méthodes de gouvernement font le bonheur des peuples ” D’abord, il n’est pas si certain que l’idéal anglo-saxon diffère tant que cela de l’idéal germanique.Il tend même, par la rivalité aiguë des deux peuples, à s’en rapprocher singulièrement.Mais en concédant que cette différence subsiste encore cl qu’elle soit radicale, il resterait à prouver que l’anglo-saxonisme soit tellement .supérieur au pangermanisme et an panslavisme pour assurer le nrnm-ès moral et intellectuel des peuples.• p 8 Dans l’ordre des libertés politiques et individuelles, le régime britannique et les procédés du peuple anglais sont, sans comparaison possible, assurément plus agréables et plus doux que le caporalisme prussien et le prosélytisme moscovite.Mais exl-il clairement démontré que le triomphe du régime britannique et de l’idéal anglo-saxon serait pour l’humanité, un véritable progrès, qu’il ferait monter les peuples dans l’échelle des supériorités morales et intellectuelles, qu’il assurerait le développement d’un état social plus élevé et plus noble ?A quoi tend le régime de la “liberté” et de la “démocratie” britan-niques, tout imbu d’un protestantisme déliquescent qui confine déjà à 1 athéisme, si ce n est à l’affaiblissement de tout principe d’autorité à la laxité du lien familial, à la négation du devoir social, à l’égoïsme individuel, à la haine des classes, au culte effréné du bien-être physique, ù lu soif des richesses, — au paganisme, en un mot ?oui, et un paga- L’ITALIE ET LA TURQUIE Les dépêches de Rome donnent l’impression que la rupture des relations diplomatiques entre l’Italie et la Turquie est imminente.Le gouvernement italien, en effet, n’a point jusqu’ici jugé à propos de déclarer la guerre à l’empire ottoman ; conformément à la lactique déjà adoptée avec l’Autriche, il voulait pouvoir invoquer des griefs de telle nature que le recours aux armes apparût comme la seule alternative possible.Les agissements des Turcs en Lyibie lui fournissent depuis longtemps d’amples motifs de rupture avec le gouvernement de Constantinople, et le traitement infligé aux sujets italiens, internés en Asie-AIineure malgré les énergiques réclamations des autorités romaines, aggrave encore la situation.Voici maintenant que les agents diplomatiques de l’Italie sont molestés à leur tour, au dire des dépêches.L’accumulation de ces faits, qui prend le caractère d’une provocation délibérée, achève de lasser la patience du gouvernement de Rome et lui fournit la preuve de la mauvaise foi de la Porte.On s'attend donc à ce qu’il se décide de cesser toute conversation.L'opération des Dardanelles L’intervention de l’Italie aux Dardanelles, si, comme il est à prévoir, elle se produit sans trop de retard, exercera une grande influen ce sur le;s opérations militaires et navales qu’y poursuivent la France et l’Angleterre.Elle en abrégera d’abord la durée ; elle permettra ensuite à ceux des navires alliés qui sont dans la bataille depuis le début de l’expédition de prendre un repos bien gagné ou d’être utilisés plus efficacement sur d’autres points.Elle hâtera, enfin, la démoralisation des populations et des troupes turques, en même temps qu’elle inspirera de salutaires réflexions à certains Etats balkaniques, dont l'altitude est encore indécise.Au point de vue militaire, l’action des Dardanelles est présentement à peu près stationnaire.Les Alliés consolident les positions acquises, en attendant de recevoir des renforts qui leur sont indispensables pour reprendre l’attaque.Jusqu’à présent, on a souffert de l’insuffisance numérique et de la dissémination des effectifs sur quatre points dont deux étaient inutiles au point de vue de l’avance, et qui auraient dû être abandonnés.Tout de même, en examinant les choses de sang-froid, dit un correspondant, l’entreprise a marché beaucoup mieux qu’on n’aurait pu le supposer, Les Alliés possèdent désormais quatre points do débar- quement efficacement couverts el qui leur permettront de se renforcer suivant leurs besoins et d’une manière extrêmement sûre.La possession de la hauteur de Boulaïr leur donne un point stratégique de premier ordre, qui servira à protéger leurs nouvelles attaques et obligera les troupes ottomanes à rester sur la défensive.Mais il faudra réunir de grandes masses pour découvrir et investir le revers des forts, opération qu’une bataille rangée peut seule leur permettre d’exécuter.L’arrivée d’un fort contingent italien serait donc saluée avec joie par les Alliés et permettrait de porter un coup décisif, dans l’état de paralysie où la disette de charbon a jeté les services de l’armée turque.La crise du charbon Depuis le premier bombardement de Zangoulak, en effet, le charbon turc n’arrive plus que sous la forme de raids andacieux, qui ne réussissent à passer que des quantités minimes du précieux combustible.La flotte russe exerce une surveillance de tous les instants sur les transports de la mer Noire, et les charbonnages de Zangouldak, qui seuls pourraient donner à l’empire ottoman l’autonomie carbonifère, sont constamment bombardés.Aussi le combustible indispensable diminue-t-il tous les jours.Dans sa préparation militaire de l’empire ottoman, le maréchal von der Goltz n’avait pas pensé, comme à une chose essentielle, à relier Zangouldak à Constantinople par une ligne de chemin de fer, ou au moins par une route carrossable.Plus de cinq mille Arméniens et autres chrétiens sont actuellement employés de force à la construction de cette voie, et si les Turcs réussissent à la terminer avant que le charbon fasse défaut, ils pourront respirer librement, parce que, affirme-t-on, sous les autres rapports, l’empire est bien fourni.Les céréales sont abondantes en Anatolie, et si le prix du pain monte à Constantinople, c’est à cause de la difficulté du transport et de l’obligation où se trouve l’administration de supprimer les trains de marchandises qui servaient à ces transports.Le service des vapeurs de la Corne d’Or est réduit à très peu de chose, el bientôt, avec l’évacuation des villages du Bosphore, le service du Bosphore sera, lui aussi, strictement réduit aux besoins militaires.LesJjowrsjiontjcomgtés En ce moment, le gouvernement puise dans ces dépôts de charbon pour rappeler d’Anatolie les meil-leuros troupes dont il dispose et les concentrer autour do la capitale, Mois Constantinople est ù deux conts milles murins des Dardanelles, et seule l’abondance des moyens de transport peut garantir le soutien continu de la défense.La Roumanie se refuse énergiquement à toute contrebande, et les raids de plus en plus rares le la flotte turque n’empêchent pas la Russie d’avoir la maîtrise de la mer Noire, ainsi ^ que le prouvent les bombardements de l'entrée du Bosphore qui, à certains jours, atteignent jusqu’à Derkos, menaçant l'aqueduc qui fournit l’eau potable à la ville.“Donc, écrit à la “Stampa” M.Soar-foglio, à quï nous empruntons quelques-uns des détails qui précèdent, même en écartant l’hypothèse, que I inaction grecque et bulgare rend de plus en plus probable, d’un débarquement russe comme “ultima ratio” des Alliés, décidés à en finir et à ouvrir, avec la prise de Constantinople, la phase résolutive de la guerre, il faut considérer que les jours de la resistance ottomane sont comptés.Son armée s’en tirera avec honneur, pour avoir su organiser autour ¦de Constantinople une défense désespérée qui rappelle celle qui fut la dernière manifestanon de la gloire byzantine.Mais comme alors, il manque aujourd’hui l’organisation intérieure qui permet à un pays de se défendre sans avoir besoin du secours de l’étranger.FR quand bien même une ligne ferrée garantirait les communications avec Zangoulak, et par cela même, l’indépendance dans la question du charbon, il manquerait toujours l'indépendance en matière de munitions, indispensable à un pays -forcé de se défendre avec ses propres ressources.La fabrique de Constantinople ne produit pas de cartouches d’infanterie, et il n’existe pas de fabrique de projectiles, ni aucune industrie analogue,qui puisse réapprovisionner les bouches à feu des Dardanelles.Cette question est, pour le moment, secondaire, attendu que le charbon disparaîtra sûrement avant les munitions; mais 11 existe une autre cause de faiblesse et une seconde preuve que la résistance ne pourra pas durer très long temps.Et bien des preuves morales m’autorisent a croire que cette con viction existe aussi chez les éléments dirigeants qui n’appartiennent pas au groupe ultra germanique et chauvin qui a pour chef Enver Psha.” L'opinion italienne M.Scarfoglio veut parler ici de l’état d’esprit (pii se fait jour, avant même l’épuisement des moyens de défense, chez certains Ottomans, et non des moindres, et qui leur conseillerait une paix honorable aussitôt que ceux qu’ils combattent seraient disposés à y consentir.I^e correspondant dit en terminant: “U est bon que l’Italie sache que la Turquie n’en a plus (pie pour un mois de vie!” C’est une exagération évidente.Aussi longtemps que les troupes alliées n’auront pas percé le front turc, Î1 nous semble difficile que la décision ait chance d’être obtenue.L’écroulement de l’empire turc ne se produira qu’à la suite d’une victoire décisive des armées franco-anglaises, à moins que l’intervention bulgare ne vienne précipiter la catastrophe.C’est à ce résultat que la participation italienne peut collaborer utilement.L’idée en est favorablement accueillie par la n-osse de la péninsule, qui a déjà désigné le duc des Abruzzes comme devant prendre en personne le commandement de la division navale.Il semble toutefois peu vraisemblable que sa haute situation d’amiralSssime de la flotte italienne autorise le prince à quitter, même momentanément, les eaux de l’Adriatique.Quoiqu’il en soit, il semble bien que l’heure fatale de l’Empire agonisant se rapproche sensiblement.Et quand on aura fait brèche dans cette partie du front de bataille de l’ennemi, toute la ligne de résistance s’en ressentira, car c’est une des citadelles — celle qui ferme aux Russes une voie de ravitaillement el qui tient en respect les Balkaniques — qui sera abattue.BILLET nu soin.LA PREMIERE CLASSE que Alphonse Daudet a chanté la dernière classe du vieux professeur alsacien.Qui voudra raconter, sous une forme populaire, la première classe — la première classe de français, faite dans l’Ontario?(.ela ne date pas d'hier, quoi-qu’en puisse penser quelque bon Orangiste, cela dale tout simplement.de trois cents ans.Car il g aura trois cents ans tout à l'heure que les Franciscains pénétrèrent an pags des Grands Lacs et que, fidèles à la tradition (/obscur;! ntisme de l’Eglise de Rome, ils g ouvrirent tout de suite des classes.Les élevés n’étaient pas nombreux, et les grands préféraient souvent regarder les images que d étudier; et les petits, comme ceux d’aujourd’hui, aimaient mieux, sou-ventes fois, courir les boi, d’apprendre leurs lettres.Mais, tout de même, Us étaient bien gentils, dit l’un de leurs professeurs.“Car, outre qu’ils n’ont pas lant de légèretés puériles, comme beaucoup d’enfants par deçà, ils sont doués d'une petite gravité si jolie et d’une modestie naturelle si honnête, nue cela les rend extrêmement agréables et aimables, de sorte que je prenais un singulier plaisir de leur enseigner les lettres et de les instruire en la loi de Dieu, selon qu’ils en étaient capables.” (Sagard, Histoire, du Canada, p.343).Est-ce assez gcnlil, ce missionnaire français, perdu au fond des bois, à mille lieues de son pags, et qui tout de suite se met, dans sa pauvre cabane d’écorce, à enseigner aux petits sauvages les rudiments de la langue de France?Et quel précurseur pour les lutteurs d’aujourd’hui! Allons! quel poète, quel conteur voudra populariser élèves et professeurs d’il y a trois siècles?.Jacques THOMIN.N.R.— Il n'apparaît point que les sauvages d'alors, chefs ou pauvres diables, aient songé à protester contre l'intrusion du français dans la future province d’Ontario.Les pauvres H lirons avaient beaucoup de faiblesses, beaucoup d'ignorances, mais pas celle-là.J.T.AUTRE TEMOIGNAGE Uldéric TREMBLAY.Le programme de la démonstration de S.-Lin en l’honneur de sir Wilfrid Laurier comporte la présentation de fleurs par M.D.A.Lafor-tune.Des fleurs de rhétorique, être.peut- il n’y n pas assez do sans travail dans l'ouest pour suffire aux travaux de la récolte puisque le ministère de la milice autorise les soldats enrôlés à aider les cultivateurs de cette région.C’est encore une preuve que l’organisation ’agricole est fort incomplète, Une profession qui ne peut occuper son monde la plus grande partie de l'année ne peut rapporter tous les bénéfices qu’on est eu droit d’en attendre.La Gazette vient, après M.White, après M.Winston Churchill, de constater la supériorité absolue de la flotte anglaise.‘‘Le début de la seconde année de la guerre, disait-elle ce matin, voit la marine britannique plus forte que jamais.La besogne de la première (innée a été bien faite.ELLE X'AU BAIT PU ETBE MIEUX faite:’ Et notre confrère détaille les résultats de cette besogne vaisseaux de commerce allemands ont dû se réfugier dans les ports étrangers, où ils sont encore.Le commerce ennemi a été complètement chassé des mers.La flotte allemande de haute mer, une arme puissante, a été embouteillée à sa base où elle flotte encore inutile.Ses commandants comprennent que ce serait un suicide que de courir à la bataille.” La Gazette ajoute que l’attaque de Scarborough et l’action des sous-marins sont, en réalité, de peu d'importance et conclut : “Si les vais seaux de ‘commerce allemands ne voguent plus sur les mers, le commerce du Royaume-Uni et de la France est virtuellement ininterrompu.Les vaisseaux de ces deux pays transportent leurs cargaisons à et des ports étrangers, sans ennui, excepté une attaque accidentelle de sous-marin.Les troupes sont librement transportées à travers la Manche et des diverses parties de T Empire, grâce à la protection assurée par la marine.Les navires anglais, d’accord avec les français, appuient l’armée de terre aux Dardanelles.Ils ont également aidé à la campagne sur les côtes de Fran ce et de Belgique.Bref, la marine anglaise a été aussi efficace que la marine ennemie a été inefficace.Ses navires jouent dans la grande guerre un rôle énorme.” Donc, encore une fois, les chefs du gouvernement britannique savaient ce qu’ils faisaient quand ils proclamaient la force de leur flotte.Donc, les coloniaux n’avaient pas tort de prendre leur parole au sérieux.Et, toute question de principes constitutionnels mise à part, à quoi nous aurait servi do prendre dans le trésor du Canada 35 millions pour ajouter à une flotte qui “n’aurait pu mieux faire sa besogne?” 0.H.BLOC - NOTES M.le maire Martin est allé à Québec pour discuter la situation municipale avec sir Iximer Gouin.Est-ce que M.le maire est au fait de tous les dessous de l’affaire Hébert et de l’affaire McDonald?¦* * •» Le Conseil des Métiers et du Travail est d’opinion que tous les garçons de table d'origine autrichienne devraient être congédiés des hôtels où ils sont employés.Qu’en fera-t-on?Les renverra-t-on chez eux?Les laissera-t-on seulement quitter le pays?* ¦» (î Voici maintenant que l’on demande des souscriptions pour fournir des fourneaux aux soldats qui vont au feu.Est-ce que l’on n’abuse pas un peu trop de la générosité du public?Le fourneau fait partie de l’équipement militaire auquel le gou-vernemiit pourvoit.Le Trésorier provincial d'Ontario est parti pour aller assister à la conférence de l’impôt qui se tiendra à l’exposition de San Francisco.Les contribuables feront bien de préparer leur bourse.Le Christian Guardian, journal protestant, raconte dans l’une de scs récentes éditions, comment certains négociants du Manitoba s’y prennent pour voler leurs clients foreigners Polonais et autres.Nous recommandons cet article à l’attention de l’orangiste Sentinel.* * * Le News, de Toronto, s’efforce toujours de convaincre son public que le désir des Canadiens-français de l’Ontario est de chasser l’anglais de l’école.Or, tout ce que les Canadiens-français demandent c’est renseignement à dose égale dos deux langues officielles de ce pays, le français connue l’anglais.Pour prouver sa thèse (pie l'enseignement du français n’est lias gêné, le News affirme que le règlement 17 permet l’enseignement du français durant les deux premières années.Si cela suffit pour le français, pourquoi cela ne suffirait-ii pas pour l’anglais ?Par ce que l’on veut que l’anglais soit parfaitement enseigné, n’est-ce pas ?Eh bien c’est parce que les Canadiens-français veulent que le français .soit également bien bien enseigné qu’ils réclament une égale dose de français.Cela est très simple et peut être compris même au News où l’on qualifie d’impertinente et d’impolie l’expression “ pasteur ” appliquée à un membre du clergé protestant.On le comprend bien aussi mais on refuse de l’admettre parce que l’on veut surtout un enfant sortant de l’école plus maître de l’anglais que du français, par conséquent déjà anglicisé.LE PASSANT.CONTRE REMBOURSEMENT C.0.D.— C.R.^ Le dernier fascicule du Parler Français de Québec contient, à la page 402, les lignes suivantes à propos de l’équivalent français des mots C.O.D.(Cash on Delivery) : “A la page 390, la Ligue des Droits du français a traduit “C.O.D.” par “payable sur livraison”; à : “Le.s\,a P!,#e 313, M.l’abbé Blanchard a Irmnnd* tladllit “expédié C.O.D.” par “expé-.die C.R.” (contre remboursement).La Ligue me paraît avoir, raison, et M.l’abbé Blanchard n’avoir pas tort.“C.O.D.”, c’e;t ou bien “payable sur livraison” ou bien — mieux peut-être — “remise contre remboursement”.J’ignore si l’expression “payable sur livraison” est usitée en France; je ne l’ai entendu dire par personne; je ne l’ai lue nulle part; je ne l’ai trouvée dans aucun catalogue.En revanche, je trouve : 10 Dans le catalogue de “La Belle Jardinière”, Paris : “ CONTRE REMBOURSEMENT”, — Nous prenons également à notre charge, à partir de 25 francs, les frais d’encaissement des envois contre remboursement.” 2o Dans le catalogue de la Société Anonyme Française “Kodak” : “Aucune marchandise ne peut être expédiée en gare, en exécution d’un ordre télégraphique, à moins d’être payée d’avance ou envoyée contre remboursement.” 3o Dans le Tarif-album de la Manufacture française d’Armes et Cycles de Saint-Etienne : a) “Les commandes non accompagnées de leur montant sont toujours, sauf indications spéciales pour le paiement, expédiées d’office contre remboursement”, (p.20).b) “Ces colis s’expédient ordinairement en port dû.Ils peuvent s'expédier contre remboursement moyennant un droit proportionnel,” (p.25).• * » 11 y a deux autres expressions anglaises concernant l’expédition des marchandises dont on trouve l’équivalent français dans le dictionnaire Larousse au tableau des.Abréviations diverses.C’est “collect” et “O.K.” qui «e traduisent, le premier par P.D.(port dû), et le second pnr P.P.(port payé).C.R.(C.O.D.) signifie mie l'ache-teur doit payer sur livraison non-seulement le port, mais Je prix do( la marchandise.P.D.(collect) veut dire que Je port seul est à payer par le destina-' taire.P.P.(O.K.) indique un colis sur lequel il n’y a rien à payer, ni loi port, ni lu marchandise.Abbé Etienne BLANCHARD.> I LE DEVOIR, MONTREAL, VENDREDI 6 AOUT 1915 VOL.VI.— No 183 CHOSES MUNICIPALES UN NOUVEL IMBROGLIO COMMISSAIRES ET SOUMISSIONNAIRES NE S’ENTENDENT PAS AU SUJET DU MACADAM ASPHALTE.— LE MAIRE CHEZ LE PREMIER.— EGOUT DE DEUX MILLIONS.TRIBUNAUX CIVILS UN CONFLIT DE POUVOIR LES AUTORITES MILITAIRES ONT-ELLES LE DROIT DE S U B S T I TU E R, P O U R LES ETRANGERS ENNEMIS, LA LOI MARTIALE A LA LOI CIVILE ?L’imbroglio de l’asphalte n'est pas terminé qu’il en surgit un autre am bureau des commissaires à propos de son proche parent, le macadam asphalté.L’adjudication du contrat donne lieu aux mêmes difficultés.Hier après-midi, soumissionnaires, ingénieur en chef, avocats de la ville et commissaires sont entrés dans d’interminables discussions qui n'ont pas donné de résultat.M.Paul Mercier recommandait au bureau des commissaires d'accorder le contrat au soumissionnaire le plus bas, la compagnie Aztec, qui offre de faire le travail à 35 sous la verge, sans garantie, ou ii la compagnie Simplex qui exige 10 s oui s, mais offre en échange une garantie de deux ans.Dans son rapport, le conseil du bureau déclarait que le cahier des charges ne faisait mention d’aucune garantie et que par conséquent le bureau des commissaires pouvait accouder le contrat à la comnagnie Aztec, pourvu qu’elle offre les deux ans de garantie de sa concurrente.Le commissaire Côté fait une proposition dans ce sens et la discussion s’engage.M.Léo Doyon, l'agent de la Simplex, désire rectifier une impression qui semble se faire jour dans l’esprit des membres du bureau des commissaires.Dans son rapport l’ingénieur en chef dit qu’il y a une différence de $18.000 entre le prix de la compagnie Simplex et celui de la compagnie Aztec, mais ce chiffre n’est pas tout à fait exact.La différence réelle est de $4,000, si l’on tient compte que la compagnie Simplex livrera sa marchandise au gallon impérial lam.lis que i’Aztec livrera le sien au gallon américain.Par sa soumission, la Simplex aura à livrer 111,000 gallons de plus que l’Aztec.Cela vaut bien la différence de $4,000, d'autant plus que la Simplex donne une garantie de deux ans, ce que ne fait pas l’Aztec Me Béique, représentant la compagnie Elder-Ebano, intervient ici pour dire que les compagnies Montezuma et Elder-Ebano ont offert rie confectionner les travaux de macadam asphaltique à des prix va-1 riant de 20 à 28 sous la verge car-1 rée, non pas avec un gallon impérial et demi, mais avec deux gallons impériaux.“Si vous acceptez la soumission île la Simplex, s’écrit-il, vous allez payer $42,000 de plus.Notre soumission a été mise de côté, mais je tiens à exposer ma cause avant qu’elle aille en cour.” Le maire dit que, vu les déclarations de M.Doyon, que contredisent dans une certaine mesure le rapport de M.Mercier, on devrait demander un autre rapport à ce dernier.M.Ainey remarque que les soumissions n’ont été référées qu'à un seul expert, M.Milton Mersey.Il demande pourquoi l’on n’a pas fait comme pour l’asphalte, pourquoi l'on n’a pas référé les soumissions am bureau des analystes, c'est-à-dire à MM.Haynes, French el Crossley, aussi bien qu’à M.Mersey.Il fait une proposition en ce sens.Me Bel- ' que ajoute que M.Milton Mersey ne I plaît pas aux entrepreneurs qui j soumissionnent pour la ville.M.Côté renouvelle sa proposition à l’effet d’octroyer le contrat à la compagnie Azlec, en exigeant d’elle une garantie de deux ans, suivant les rapports de l’avocat en chef et de l’aviseur légal.Mais cette motion n'est pas mise aux voix.Le maire déclare ici que le rapport de M.Mercier est illégal, après les déclarations de M.Doyon, et que la motion de M.Côté csl hors d'ordre.“Le rapport de M.Mercier, ajoute-t-il, doit nous dire exactement quelle est la différence entre les deux soumissions.” M.Côté retire alors sa motion, puis M.Mercier est prié de faire les caulculs que le maire a suggérés.M.Mercier a bientôt terminé.II déclare que la différence entre les deux soumissions est de $4.700 en faveur de l’Aztee.C’est à peu près ce que M.Doyon a prétendu.M.Côté renouvelle ensuite sa motion, mais voilà qiue les divers soumissionnaires entrent dans une vive discussion sur les mérites ou les défauts respectifs des produits qu'ils représentent.Finalement, M.Ainey propose, ce qui est adopté, que toutes les soumissions soient référées aux quatre experts pour analyse et i apport.LES ECONOMIES DE BOUTS DE PNEU Le maire croit avec M.de Tocqueville à moins que ce ne soit avec un autre qu’il n’y a pas de petites économies.Voilà pourquoi, en citant à l’appui un rapport de son chauffeur, M.Godbout, il a fait décider par le bureau des commissaires qu’on ne mettrait pas désormais au rancort les pneus crevés, mais qu’on les ferait réparer, quand la chose peut se faire et qu’autre-ment ils seraient vendus au prix du caoutchouc usagé.M.Martin estime qu’on économisera des sommes considérables à re régime.Il ressort du rapport de M.Godbout que 25 pneus et l(i chambres à air mis de côté peuvent encore être utilisés, moyennant certaines réparations.Le reste, 238 pneus et 23 chambres à air, sont hors de service.o/ PREMIERES HYPOTHEQUES Montants de $500 et plus.Intérêt et principal pleinement garantis par MARCIL TRUST COMPANY ISS 8.-JACQUES.SI* ¦nnt«.Actif, plu» d» K,SOS,000 FAITS-MONTREAL L’EXEMPLE DEJ30NN0T DEUX APACHES, APRES AVOIR VAINEMENT TENTE D’ASSOMMER ET PILLER UN PASSANT, SE SAUVENT EN AUTO ET ECHAPPENT A LA POLICE.Bien que la loi martiale n'ait pas été établie au Canada, les étrangers de nationalités ennemies doivent la subir depuis le commencement de la guerre, puisqu’ils sont détenus dans des camps de concentration.Les autorités militaires ont-elles k* droit d’en agir ainsi et de substituer pour ces gens-là, la loi martiale à la loi civile?(“est ce que les tribunaux auront à décider.Me Brodeur a présenté une requête, hier après midi, en Cour de Pratique demandant l’émission d'un bref d’habéas corpus contre le prévol Date pour savoir de çeiui-ci pourquoi il détient comme prisonnier un Auîrirhien du nom de Moine Gusctié.C’esl un véritable conflit entre les autorités civiles et militaires et la bataille sera vive avant que le Iribunal rende sa décision.On ne sail pas au nom de qui Me Brodeur a présenté cette requête et cela ne sera probablement connu que lors de l'enquête préliminaire, fixée au 11 août.Le prévol Date a retenu 'les services de Me H.Fabre-Surveyer, C.R., pour combattre le bref.M.Surveyor déclare que, dans son opinion, la loi civile ne s’applique pas, en temps de guerre pour l’internement d’un ennemi; en conséquence un bref d’habeas corpus ne pour-rail èlre émis et s’il l’était par hasard, il ne pourrait être mis en vigueur.L’Autrichien en queslion n'est détenu que depuis le 2(i juillet, et il est encore à la maison de détention de la rue Saint-Antoine.CE QUI CONSTITUE UNE HABITUDE Il n'esi pas rare de voir, devant les tribunaux, une bonne femme toute en pleurs, demander l’interdiction de son pochard de mari parce que celui-ci la bat; par contre, il n’est pas banal de voir un mari demander l'interdiction de sa femme parce qu'elle boit autant et plus qu’elle ne devrait et qu’ayant la tête encore toute remplie des vapeurs de Bacchus, elle sent monter en elle îles désirs foux de baltrc son mari, le pauvre! C'est pourtant la scène qui s’est produite, hier après-midi, en Cour de Pratique, où siégeaiI M.1e juge Lane.“Distinguons”, dit celui-ci, avec Imite la sulililiié qui convienl à un juge.“Celle femme, rionl on demande l’interdiriion.a-1 elle l’hn-bilurie de boire?La preuv1 fait ' me semble démontrer le conlraire.En quatre mois, elle s’est enivrée trois ou quatre fois, ce qui n ¦ constitue pas à mes yeux une habitude d’ivresse.D'autant plus qù’nprès chaque scène la dame faisait preuve d'un repentir vraiment exemplaire.Je me vois forcé de refuser l'interdiction." Un des témoins, une moins que jeune fille, qui rendit témoignage à l’appui de la demande du mari, fit une charge à fond de train contre la boisson et les ivrognes.“.line supporterais jamais de vivre avec un ivrogne!" s’écria-t-elle.“Quel âge avez-vous?" demanda (nul à coup l’avocat de la partie adverse.Celle question fort simple mit subitement fin à a loqua-eilé du témoin.UN CONTRAT DE 220,000 CHAUSSURES Ottawa, (i.— Un contrat pour 110,000 paires de bottes militaires destinées au corps expéditionnaire canadien a été riscuté hier avec un certain nombre de compagnies.Il esl compris là-dedans que le premier variera de $3.90 à $4.00.La nouvelle botte aura les innovations que l’expert Wickett, de Toronto, a suggérées au généralissime Hughes.C’est une chaussure en tan avec tes tours en cuir, mais il csl entendu que lorsque nos manufacturiers canadiens auront l’outillage voulu, on leur fera fabriquer une botte en veau, d’une qualité très forte, il en sera de même pour l'habillement des militaires.Diverses compagnies recevront sous peu d’importantes commandes.De bonne heure, hier matin, entre 1 heure 30 et 2 heures, deux voleurs de gra>nd chemin descendirent l'avenue Esplanade, dans une automobile, enfilèrent la rue Marie-Anne et là auraient assommé et volé bel et bien Samuel Fansten, domicilié au No 233, Esplanade, s’il n’avait pas opposé à ses agresseurs une résistance opiniâtre.Arrivés sur lui, ils descendirent d’auto et le pointèrent de leur revolver sur le trottoir.Fansten d’un revers de bras abattit l’arme et s’en empara.Elle n’était pas chargée.Alors, s engagea une lutte à bras le corps où les assaillants eurent le dessus à la longue, mais reçurent une avalanche .on bataillon une mitrailleuse pour laquelle il a fait une collecte parmi les employés de la Canadian Rubber Co.qui a parfaitement réussi.LES VOLONTAIRES AUX CHAMPS Les quartiers généraux de la division canadienne ont reçu une missive du colonel E.W.Wilson, O.C., disant que le gouvernement du Canada allait accorder un privilège exceptionnel aux soldats des différents services actifs, en leur permettant d’aller faire la moisson dans les champs de l’Ouest Canadien.Un règlement a été établi pour le choix à faire de ces hommes.Il a été décidé qu’on n’accepterait que les volontaires d’un bon caractère à qui on octroierait d’un congé d’un mois pour ces fins.Les moissonneurs bona fide obtiendront alors un passe-port qui leur permettront de se rendre jusqu’à 300 milles de leur camp d’entrainement.S’ils peuvent prouver au retour qu’ils ont bien occupé leur temps, ils seront payés comme à l’ordinaire, sur.présentation d’un certificat donné par le propriéiai-re du ranch où ils auront travaillé.Au contraire, tout homme qui abusera pendant ce temps de la confiance qui aura été mise en lui verra son traitement coupé d’un coup.Cette innovation est très heureuse et les 30,000 moissonneurs qui pourront cette saison se livrer au travail des champs préserveront l'Ouest d’une perte considérable.Les soldats, en plus de leur paye de $1.10 ou de $1.50 par jour, auront.en ce faisant, $2.00 cm $3.00 de plus, ce qui leur fera une journée de $4.00.“MONTREAL A FAIT SA PART” “Montréal a fait sa pari pour l’Em-p’ire”.Tellc est la déclaration que faisait hier le colonel Wilson, commandant de la le division de Montréal, à son retour d’une tournée d’inspection dans les bureaux de recrutement.21 bataillons sont formés ou en voie de formation.Il y a d’abord le régiment d’infanterie légère “Princess Patricia”, dû à l’initiative du major Hamilton Gault.Cinq bataillons de langue anglaise sont maintenant sur la ligne de feu, ce sont le 13c sous le commandement du lieutenant-colonel W.W.Burland, le 23e sous le commandement du lieutenant-colonel Frank Fisher; le 24e, sous le commandement du lieulenant-coloncl J.A.Gunn, le 42e sous le commandement du lieutenant-colonel G.S.Cuntlie, un outre, le OOe sous les ordres du lieutenanj-colonei F'.A.Gascoigne, s’entraîne à Valcartier, et enfin Je 73e Royal Highlanders s’organise sous la direction du lieutenant-colonel Peers Davidson.AUX GRANDS MAGASINS GOODWIN 1 iï wm Complets POUR HOMMES ET GARÇONNETS Nous offrons samedi un petit lot de complets pour jeunes gens et hommes d’âge, tailles de 34 à 42, un article qui se recommande par ^ QC son prix.Samedi .* «Ww Et nous avons pour garçonnets dans les tailles de 26 à 35 un achat spécial en Norfolk et modèles croisés, marque Wear-Better, une offre spéciale pour Samedi le coin- /t plet.—Au rez-de-chaussée.Articles pour hommes Sous-vêtements d’hommes, en première qualité de tricot, moelleux, la qualités pour l’été, les chemises, à courtes ou longues manches, les caleçons à jambes courtes ou longues, la pièce ,39 ou le TfC Chaussettes d’hommes, en soie artificielle, les talons et les doigts du pieds sont doublés, ainsi que la semelle, tailles de 9% à OA 11 Vî, la paire ,35 ou trois paires pour.™ • W Chaussettes en cachemire noir pour hommes, nous venons de recevoir une livraison de chaussettes anglaises en cachemire noir marque “Viking’.Pointures de 9% à 11%, que nous mettons au 4 OO prix régulier de .35 et trois paires pour.¦ W —Au rez-de-chaussée.FERME DEMAIN à 12.45 Chaussures d’hommes Chaussures de dehors, en canevas bleu, semelle caoutchouc, de notre série à 1.00 pour: Samedi, ia paire, (souliers) .79 Samedi, là paire, (bottines) —Au rez-de-chaussée.Articles d'ameublement Ronds en paille Japonaise pour s’asseoir, sur le gazon ou sur la galerie.Samedi, l’un .07 Etamines pour rideaux à dessins convenant pour cottage, séries à .15.Samedi, Ijz la verge .¦ V Ê (Pas de C.R.(C.O.D.) ni de commandes par le téléphone).Boîtes en bois pour remplissage de coins, 33 pouces de long 14 pouces de profondeur, ce qu’il faut aux dames pour couvrir en assortissant avec lu tapisserie.La série de 2.50 pour Samedi .1.89 Coffres en cèdre rouge véritable pour la conservation des fourrures, à l’abri des mites, séries de 5.50.Samedi, l’un .2.75 Portières tapissées, en étoffe cardinal, vert foncé, et romaine à rayures, 40 pouces de large, par 3 verges de long.Vendues ii QOl 2.50 et 2.75 et Samedi, la paire.i «Oî# Coupons de bordures en toile cirée pour rayon.La verge OÇ Cordes en passementerie pour travaux de fantaisie, portières, etc., la série à .30 la verge.Samedi, la verge.1 Cl —Au deuxième.¦ i ^ Appareillage électrique Samedi, les spécialités suivantes :— Lumières de vestibule, 3 pièces, appareil, globe vert dé- “F g" poli et ampoule .» * O Appareillage électrique, nombreux modèles pour lumières rapprochées du plafond, complet avec lampes et abat-jour.Samedi, spécial.4.95 Abats-jour à bougies, en étoffes jolies par leurs variétés de couleurs.Pour lampes ou bougie de piano.Samedi, l’un .“J fl ou 3 pour .25 .«Av Abat-jour, forme champignon, vert, pour lampes portatives, Irès bel effet, 10 pouces de diamètre.Samedi, seulement .ÇA * » .« .—Au sous-sol.Bonneterie BAS DE SOIE pour dames, lu soie occupe toute la partie visible du bas.Cette série n été classée par la manufacture comme yo légèrement défectueuse.Samedi, la paire.¦ “-w CHAUSSETTES de fantaisie pour enfants, le haut des chaussettes est une fantaisie.Elle ne comprend que des petites ointures, la paire régu-rexnent.CALEÇONS d’enfants en balbrig-gnn et filet, séries irrégu-
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.