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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
mercredi 13 octobre 1915
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1915-10-13, Collections de BAnQ.

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VOLUME VI—No 249 MONTREAL, MERCREDI 13 OCTOBRE 1915.DEUX SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.$5.00 UNION POSTALE.$8.00 Edition Hebdomadaire CANADA.;.$1.00 ETATS-UNIS.$1.50 UNION POSTALE .$2.00 f Réda&ion et Admini&rati : 43 RUE SAINT-VINCENT ^ MONTREAL « cr TELEPHONES : ADMINISTRATION: Mail REDACTION : - Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! M.BORDEN REDEVIENT-IL “ NATIONALISTE ” ?Rien n est amusant ccmme l’accueil fait par la presse ministérielle î jingoe au Benjamin du ministère, M.Patenaude.Des qualités person-nfr m nouveau"n^> n’V a P^s à disputer: c’est un bon garçon, doux, affable, onctueux même — encore que la distribution des places a, pa-rait-il, un peu gâté son bon naturel.C’est ce qu’affirment, du moins, les mille candidats évincés pour chaque place dont l’ex-chef du patronage pouvait disposer.Mais ce qui est plaisant, c’est la bienveillance que le nouveau ministre rencontre dans les journaux particulièrement dévoués au salut de l’Empire —• ceux-Sà même qui s’époumonnent périodiquement à dénoncer le “déloyalisme” du Devoir et des nationalistes.Dire qu’il n’y a pas dix ans, qu’il n’y a pas cinq ans — jusqu’à l’arrivée des biens au pouvoir — M.Patenaude était plus nationaliste que tous nous autres: c’était l’un des organisateurs les plus zélés et les plus intelligents de ia campagne de 1910, menée par M.Monk et le Devoir contre la Loi Navale du ministère Laurier et la politique “non moins néfaste” de M.Borden.A rassemblée de Saint-Rémi, organisée par ses soins, il s’écriait, le 4 septembre 1910: “ Nous sommes à l’aise aujourd’hui pour discuter cette politique, “ parce que nous sommes détachés des deux grands partis.Nous pouvons vous parler avec d autant plus de facilité que la seule chose que nous ayons à vous offrir c’est notre franchise et notre sincérité.“ (Appl.).’* C’était avant la constitution du bureau de patronage bleu.Si le peuple n’a pas confiance en notre parole (1), nous devons commencer à désespérer de l’opinion publique dans cette provin-“ ce (II).Mais j’ai encore confiance dans la population canadienne-française, car je crois qu’elle est encore plus loyale au Canada qu'à "l'Angleterre, — ” Prenez note, sir Sam Hughes — “ aux traditions de la province qu’aux désirs d’un gouverneur-général “ou d’un premier ministre.” Enregistrez, Altesse! et vous aussi, sir Robert! H parle ensuite de la presse salariée et vendue: “Défiez-vous d’elle; “elle entre chez vous comme le voleur, ne vous prévenant pas de l’assaut “ qu’elle veut vous donner.Cette presse, c’est la voix du patronage.—” Bondissez, jeunes Tartelets! “ Il existe une autre voix: celle des honneurs et des titres.C’est celle “ gui a perdu Laurier et Borden, — ” M.Patenaude a sans doute retrouvé M.Borden dans son portefeuille.— — qui a perdu le gouvernement canadien et les députés moutons qui “ en sont la grosse majorité — ” Béiez en choeur, fidèles agneaux bleus, égorgés sur l’autel du parti pour le triomphe du nouveau pasteur qui -vous carda si gentiment jadis.“.A côté de ces deux grandes voix, il en est une troisième plus fraî-“ che et plus forte.C’est la grande voix du peuple.Et quand la “ grande voix du peuple se fera entendre, grande et formidable, elle ba-“ laiera tout sur son passage.Nous pourrons espérer alors qu’on ne “ sacrifiera plus les intérêts du pays, de la province et des contribuables1 “ pour les honneurs et les titres, mais qu’aiors nous aurons le gouverne-“ ment du peuple par le peuple.” Les tropes étaient un peu hardis et le langage passablement démagogique.Chose étrange, il ne se trouva aucun théologien intégriste ou impérialiste pour dénoncer ces “tendances dangereuses”.Il est vrai que la “grande voix du peuple” et les coups de M.Patenaude portaient sur un ministère libéral.La fin justifie les moyens.Le^même M.Patenaude organisa, avec infiniment de doigté, l’élection de Drummond-Arthabaska.Pendant que son collègue d’aujourd’hui, M.Blondin, — en plagiant sir Adolphe Chapleau, du reste — “trouait ic drapeau britannique”, le futur percepteur de la War tax sur le tabac recueillait les votes nationalistes qui passaient par-les trous.Us vont sans doute se mettre à deux maintenant, pour rapiécer le “glorieux étendard qui protège nos libertés” — celle des Canadiens-français de l’Ontario, entre autres.L’un tiendra l’aiguille et l’autre la ficelle; car il ne paraît pas que ni l’un ni l’autre tiennent de sitôt “le sabre” et le “baudrier”, pas même pour “sauver l’Empire”.Oui, vraiment, si le peuple a encore “confiance dans la parole” des politiciens de toute couleur, dans leur “franchise” et leur “sincérité”, ¦— “nous devons commencer à désespérer de l’opinion publique dans cette province.” prêter quelque appui aqx puériles manoeuvres de leurs comparses du Canada ; mais cela n’aura qu’un temps.Et M.Borden sera peut-être le premier à tenter de reconstruire les ruines qu’il a amoncelées au pied du dieu de l’Empire.Il prendra alors d’autres ouvriers.Henri BOURASSA.w * Mais il y a une leçon plus intéressante à dégager de cette succession de palinodies: c’est la persistance du premier ministre à choisir ses collègues de la province de Québec dans les rangs de ceux qui firent un jour profession de foi nationaliste.A part M.Casgrain, tous les ministres canadiens-frnnçais nommés par M.Borden ont dénoncé la Loi Navale, qu’il a conservée dans les statuts, et condamné dans les termes les plus sévères la “politique non moins néfaste” du parti conservateur, qui a trouvé son expression dans la contribution de trente-cinq millions à la flotte impériale.Tous, M.Monk, M.Pelletier, M.Nantel, M.Coderre, M.Blondin, M.Patenaude, se sont “détachés des deux grands partis” pour condamner toute participation aux guerres de l’Angleterre.Un seul, M.Monk, mû par un “haut sentiment d’honneur” — le mot est de M.Borden lui-même — a sacrifié “les honneurs et les titres” à ses convictions.Les Autres, mus par je ne sais quoi que j’aime mieux ne pas définir, ont ravalé leurs promesses, leurs professions de foi, leurs retentissantes dénonciations.Au lendemain des élections de 1911, ce choix s’expliquait : M.Borden savait bien qu’il devait son succès à l’agitation contre la Loi Navale, menée par M.Monk, avec l’appui des nationalistes.11 avajt alors résolu de faire abroger la Loi navale.Mais aujourd’hui ?M.Borden songe-t-il à revenir bientôt à la politique nationaliste ?Compte-t-il sur M.Blondin pour faire de nouveaux accrocs au drapeau anglais ?Garde-t-il M.Patenaude en réserve pour une nouvelle élection de Drummond-Arthabaska ?Si c’est cela, pourquoi laisse-t-il toute sa meute glapissante s’acharner après le “déloyalisme” des nationalistes, comme si c'était Topppro-bre de la nation et le fléau de l’Empire ?En quoi le nationalisme actuel du Devoir, de M.Bourassa et de M.La vergue, est-il plus “déloyal” que le nationalisme d’hier de M.Blondin et de M.Patenaude ?Est-ce parce que M.Lavergne, M.Bourassa et le Devoir n’ont jamais suggéré de déchiqueter VUnion Jack ?Ou est-ce simplement que les vrais nationalistes ent le tort de rester fidèles à leur doctrine en tout temps, au lieu de la trahir “à la voix des titres”, des “honneurs” el de la “presse vendue” ?Faut-il croire au contraire que le premier ministre, afin’de mieux étouffer le nationalisme canadien, a entrepris dc^ séduire le plus possible de scs’adhérents d’un jour en les prenant par l’appât des “titres” et des “honneurs” ?Lord Durham a préconisé la méthode.M.Patenaude l’a dénoncée.avant de s’y laisser prendre.Mais que M.Borden se détrompe : Je nationalisme canadien était né bien avant l'adhésion sincère ou feinte des politiciens que la “voix du patronage” a rappelés au bercail “des moutons” ; il survivra à leur défection.Il gagne même en force morale à se dégager de l’étreinte compromettante des politiciens arrivistes qui avaient tenté d’en faire le tremplin de leurs ambitions.Ce n’est pas à l’heure où le nationalisme, le vrai nationalisme, rationnel, légitime, traditionnel, se soulève dans un effort suprême contre la monstrueuse domination de l’impérialisme allemand, russe ou anglais, que la vénalité ou les reniements de quelques politiciens entraveront sa marche au Canada.L’inconscience et l’irresponsabilité coloniales peuvent favoriser quelque temps encore les calculs des impérialistes et SUR LE FRONT ORIENTAL Depuis plus de deux semaines, l’armée russe tient presque complètement en échec l’avance des Allemands au nord de Pinsk et fait reculer les Autrichiens au sud des marais du Pripet.Les dépêches rapportent chaque jour des engagements plus ou moins sérieux sur toute l’étendue du front, mais les résultats enregistrés n’ont qu’une portée locale.Les conditions atmosphériques influent sans doute sur la marche des opérations et contribuent à ce ralentissement d’activité.Mais les techniciens allemands attribuent les succès partiels des Russes à la main du général Rouss-ky, le nouveau commandant du front nord, dont l’habile strategie a eu la plus heureuse influence sur la résistance russe.Dans le Vor-waerts, le colonel Gaedke écrivait récemment.“C’est à l’aile droite, dans la région si importante de Couriande et sur le Niemen, que les Russes ont continuellement fait preuve d'une très aelive résistance accompagnée de succès partiels.La main du général Rouvsky, le nouveau commandant du front nord, s’est apparemment fait sentir visiblement dans ces dix derniers jours.Ni Vil-na ni Riga n’avaient été occupés par nous le (i septembre, et nous élions à soixante kilomètres de Dvinsk.“Par conséquent, ceux qui désirent ne pas se leurrer ne doivent pas considérer la campagne de Russie comme une affaire terminée.L’armée russe a sans doute souffert des pertes hors de toute comparaison, mais sa force de résistance n’est en aucune façon définitivement brisée, pas plus que celle du gouvernement et des classes dirigeantes.Nous ne devons pas nous complaire dans l’illusion que, militairement parlant, la Russie est à bout de ressources.” La stratégie de Roussky D’autre part, M.Stanley Washburn, envoyé spécial du Times auprès des années russes du nord, explique les difficultés auxquelles se heurte l’offensive allemande vers PeL ograd, car c’est bien contre la capitale russe que les opérations ennemies paraissent maintenant dirigées.Mais, déclare M.Washburn, des positions défensives s’étendent entre Pctrograd et les Allemands, et ces positions sont entre les mains du général Roussky.Le général, interviewé par l’envoyé du Times, a exprimé l’avis que Petrograd est imprenable.Les conditions de l’armée russe s’améliorent chaque jour, en ce qui concerne les obus, les fusils et les troupes fraîches.D’autre paid, le terrain situé entre Petrograd et le fropt actuel oppose aux Allemands des obstacles sans nombre.L'humidité du sol restreint leur mobilité, et les forêts rendent impossible le tir d’artillerie.Les deux principaux avantages do l’ennemi se trouvent ainsi considérablement diminués.En outre, l’hiver prochain entravera grandement le creusement des tranchées sur un terrain gelé.Il est possible que les Allemands puissent avancer au-delà des points qu’ils occupent aetuellemest, mais le général Roussky et tous ses officiers sont convaincus que Petrograd n’est pas menacé directement.La Russie peut maintenant respirer ; elle continuera la campagne durant l’hiver et au printemps elle recommencera la guerre avec de nouvelles armes et de nouveaux objectifs.L’envoyé du Times résume ainsi ses impressions : , “ Après avoir passé les deux dernières semaines avec ce groupe d’armées, parcourànt près de 1,306 milles en automobile, je puis donner cette conclusion qu’une avance sérieuse des Allemands vers Petrograd est tout à fait hors de question dans cette saison.“ L’arrivée du général Rousski dans cette zone, avec un plan calme et systématique de défense el un programme d’acl'ion d’arrière-gardes, a produit une situation qui réduit l’avance allemande sur la l'ignfe de la Dvina à une série de pénibles et coûteuses attaques sur des lignes successives de tranchées, ce qui retarde leurs progrès à ce point qu’à peine ils pourront terminer cet automne la campagne du nord sur la ligne de la Dvina.“ Je crois que les Allemands vont à présent concentrer des forces suffisantes pour s’emparer coûte que coûte de ia ligne Riga-Dvinsk.Le pays entre Riga, Dvinsk et Pskoff présente un terrain idéal pour la tactique du général Rousski.“ Je crois même que, si les Allemands réussissent Id'ans leur tentative, ils ne pourront pas atteindre Pskoff avant trois mois.“ Tout indique que l’hiver viendra bientôt et les paysans déclarent qu’il sera long et rigoureux.” La situation des armées Les armées russes, ainsi que les armées austro-allemandes qui leur sont opposées, occupent présentement une longue ligne, sensiblement orientée nord-sud, qui, de Riga à l’embouchure de lu Duna (ou Dvina), au fond khi golfe qui porte le nom de ce p> rt, s’étend jusqu'au sud d& Tar-nopol, en Galicie.Il est difficile d'in- diquer avec une exactitude rigoureuse le tracé de cette double ligne qui, directement et à vol d’oise.m, ne mesure pas moins de 629 milles ; mais les points intéressants en sont Riga, Dunabourg (Dvinsk), Barano-witschi (noeud de voies ferrées à j’c.st de Slonim, sur la ligne Varsovie-Moscou par Minsk), Luminez (noeud de voies ferrées à l’est de Pinsk, sur la voie ferrée Varsovie-Moscou par Pinsk), Rovno et Tarnopol.Riga, qui paraît, pour le moment sinon pour longtemps, hors des atteintes allemandes, est encore reliée, par des voies ferrées à la disposition des Russes, avec Revel sur le golfe de Finlande, avec Petrograd et peut-être aussi avec Moscou et Duna-bourg, par une ligne qui suit la rive droite de la Duna et qui, en face de Jacobstadt, se bifurque pour poursuivre, d’une part, vers l’est, sur Moscou ; d’autre part, vers le sud-est, en continuant à longer la rive droite de la Duna, sur Dunabourg.Les communications de Riga el son ravitaillement sont donc assurés ; de plus, la possession du golfe de Riga en facilitera le ravitaillement par mer aussi longtemps que les glaces ne s’y opposeront pas.A ce moment, elles constitueront, en même temps, un obstacle insurmontable à toute attaque par mer de la part des Allemands.Dunabourg, sur la Duna, toujours entre les mains des Russes, quoique Serré de près par les Allemands, est encore relié, probablement, avec Riga par la ligne dont il vient d’être question, et certainement avec Petrograd par Pokow.et à Moscou par Witebok.Ses communications vers le sud avec Vilna et les autres points du front ont c-ié coupées par la chute de Vilna.La lutte aux abords de Dunabourg est, pour le moment, âpre el sérieuse ; elle se développe aux environs d'Uloutsk, sur ia voie ferrée de Dunabourg à Liban, ainsi que dans la région des lacs qui s’étend au sud-ouest de la ville.“La main-mise récente des Allemands sur Vilna, écrivait Je général Humbel, à la fin du mois dernier, crée une impo; tante lacune dans les communications transversales directes entre les éléments nord et les éléments centre et sud de la ligne russe et oblige, pour les assurer, à un sérieux détour.Vilna est un noeud important de chemins de fer, et ceux-ci, en rayonnent vers Dwinsk.Kovno, Grodno et Varsovie, Rowno, et enfin Minsk et Moscou par Smolensk.“Le noeud de Baranovitschi, d’où s’étoilent des lignes vers Vilna, Biélistok, Brest-Litowsk, Bowno, Minsk, est toujours à ta disposition de nos alliés qui, à une cinquantai-r de kilomètres en avant, vers 1 ouest, occupent Slonim.C’est le centre de la ligne russe.“Le carrefour de Luminez, d'où partent en croix des lignes sur Baranovitschi, Kobrin, Kovno et Bfiansk, est toujours en la possession des Russes, mais menacé par l’occupation par l’ennemi do Pinsk.à quelque 60 kilomètres (45 milles) à ToueSt, du confinent de la Dina avec le Strumen, affluent du Pripet, et presque à l’origine des canaux Dniéper-Bug (est-ouest) et Oginski ou Dniéper-Niémen (sud-nord).“Plus au sud, à Rowno, quatre lignes rayonnent vers Luminez, Ko-wei, Dubno-Lemberg et Kiew.Si, à l’ouest de ce point, l’ennemi a pu occuper, à 70 kilomètres, Lutsk, il est tenu à distance dans les directions du sud-ouest et du sud, vers Dubno et Kremenec.“Enfin, à l'extrême gauche, les Autrichiens, en Galicie, autour de Tarnopol et sur la ligne du Sereth, ont éprouvé de sérieux échecs et paraissent en mauvaise posture.En conservant i avantage da'ns celte région, nos alliés sont prêts à tendre ia main à une entrée en action possible de l’armée roumaine.” Les derniers événements militaires n’ont lias modifié sensiblement la ligne du front russe, sauf à Lutsk, qui a été repris par les troupes du tsar, et sur ia Stripa, affluent du Dniester près de la frontière roumaine, où les Autrichiens viennent de subir un sérieux revers.Uidéric TREMBLAY.LA QUESTION ; BILINGUE , UNE LETTRE DE MLLES DELO-GES.— UNE DECLARATION DU J “ DROIT ”.Mlles Desloges, très vaillantes institutrices d’Ottawa, ont adressé à la “ Patrie ” et à la “ Presse ” des lettres substantiellement identiques, publiées hier, pour protester contre les comptes-rendus qui laissaient enten-! dre qu’elles ne sont pas “ qualifiées ”.Voici la paçtie essentielle de ces lettres : “ Nous regrettons de constater que les renseignements de votre correspondant n’aient pas été puisés à des sources plus justes.Tels qu’ils vous ont été fournis, ils pourraient plutôt induire en erreur vos nombreux lecteurs.Nous ne craignons pas, mon-sier le directeur, de donner un dementi formel à ces insinuations sans fondement parues dans vos colonne».Nous avons toutes les qualifications voulues pour enseigner dans TOnta- l rio et nous invitons votre correspondant à venir à Ottawa en chercher lui-même la preuve ; nous l’avons en main.Tous sans exception ici sa vent que la seule raison pour laquelle une injonction a été prise contre nous, c’est que fidèles à notre conscience et à notre patriotisme, nous avons refusé de signer un engagement hypocrite qui nous obligeait sous des termes habilement dissimulés, à enseigner d’après le tyrannique Règlement XVII.“ D’ailleurs, tous les professeurs que l’on présente au public depuis 2 ou 3 ans comme non qualifiés, possèdent, comme nous, toutes les qualifications voulues, bien que le gouvernement ne veuille plus les reconnaître.Le seul tort de ces professeurs c'est que suivant les dictées de leur conscience ils veulent à tout prix rester fidèles à leur race en refusant de signer l'ignoble Règlement XVII.” Le Droit d’hier, après avoir déclaré qu’on a “fait courir le bruit oue Home va condamner l’attitude des Canadiens-français dans la lutte qu’ils ont entreprise pour conserver leurs écoles bilingues, ajoute, en caractères gras: “Isous sommes en mesure d’affirmer que cette rumeur est entièrement dénuée de fondement.A Borne, non seulement on ne nous condamnera pas, mais on admire et on encourage nos efforts pour conserver dans nos écoles et chez notre peuple notre sainte religion et notre langue.” BILLET DU SOIR.LE CHAPELET DE L’EXILEE Elle a presque cent ans.J’aime o la voir, toujours souriante et toujours bonne ; de beaux cheveux, blanchis par les années ceignent son front ridé, comme un diadème d’argent, et elle parle si bien! Elle sait si bien couler les histoires du vieux temps, alors que, comme elle dit, elle vivait “au pays”.Depuis elle a quitté le pays ei elle n’y est jamais retournée; mais elle a apporté dans son coeur son pays avec scs souvenirs et il y est resté.L’autre soir, je suis allé la voir; elle avait l’air triste ce soir-là ; elle toujours si gaie, elle dont le maternel sourire sécha les larmes de tous, elle était très triste.Lorsque les petits enfants du fils de son fils se furent retirés, après l’avoir embrassée, elle me parla ainsi: “Je suis triste ce soir, c’est vrai.C’est que ce.jour-ci est un bien pénible anniversaire pour moi; je suis vieille, allez! et si j'avais marqué tous les deuils que j'ai rencontrés, j’aurais une croix noire sur tons les jours de Tannée ; mais parmi ces anniversaires, il y en a un qui me tient plus au coeur; écoutez "Tu aimes ton pays, toi! oh, oui, je le sais bien, les Canadiens ont le coeur à la bonne place! Aime-le bien, ton pays.C’est une terre sainte, une terre de martyrs.Je vivais au temps de 37.C’était un soir d’octobre, comme ce soir; U faisait froid et noir.Mon jeune frère rt moi, tons 1rs soirs, nous nous rendions à l'église, pour la prière et le chapelet: nous demeurions à tin bon mille de l’église, mais nous aimions tant cela, aller entendre notre vieux sainl prêtre nous parler de la bonne Vierge ! Depuis plusieurs semaines, des soldats parcouraient nos campagnes, cherchant, disaient-ils.des révoltés, et Us brûlaient les villages.Il en était arrivé lotit un régiment dans notre village, ce jour-là.Cela ne nous fil pas peur, et quand à sei>l heures, la cloche sonna le premier coup de la prière, nous élions sut' la roule.Ah! les méchants! Quand les soldats entcndir"nt la cloche, ils crurent à la révolte: Us entourèrent l’église el défendirent à tous d’avancer.Mon frère et moi étions un peu en retard; un soldat sur la route voulut nous faire rebrousser chemin.Mon frère avait alors vingt ans; jeune, fort el beau, oh! il me semble qu’il est là”.et lu vieille pleure.“il voulut avancer quand même, le soldai le tua.Personne ne le sut.Je portai son corns à la ferme et nous le gardâmes plusieurs jours, n’osant rien dire.Nous le fimes enterrer quand les soldats furent partis.Ce pauvre enfant portait totiiours son chapelet dans la poche de son gilet, c’était plus proche du coeur, rflsait-il.Je l’ai encore”.el elle ouvrit une petite boite en bois peint ; le chapelet rouillé était enveloppé dans un lambeau de soie rouge.“Vois-tu! dit-elle, c’est comme cela que M.le curé enveloppait les saintes reliques.Vois-tu cette rouille,' ici?c’est le sang de son coeur, oui est resté sur son chapelet.” Elle me fil baiser cette relique sainte.Elle pleura encore, et, ensuite, se levant, me dit: “Depuis, nous avons quitté le pays; mais regarde: j’ai ici le portrait de mes enfants et de leur famille; comp-te-les bien, ils sont plus de soixante.Tous les ans, à cette date, je leur fais vénérer cette relique, el avec, cela, demande maintenant pourquoi ils sont restés français." J’étais profondément ému, et pendant que ma vieille et vénérable amie s’essuyait les yeux du coin de son tablier, je sentais quelque chose me brûler les paupières et me gonfler le coeur! Dans toutes nos familles et dans tous les coins de l'Amérique du Nord, il y a de vieilles grand’mè-res parlant comme cela.Ayons foi en l’avenir.Une rdce qui pétrit de tels coeurs est une race qui ne meurt pas.Gilles de SAINT-LAUR.UNE CORRESPONDANCE EFFECTIVE Américains comme Anglais ignorent souvent tout ce qtü concerne notre race.Aussi, un bon nombre tombent-ils de leur haut quand on leur met clairement sous les yeux des preuves constitutionnelles de nos droits ou les témoignages indiscutables de la pureté de notre langue.Plusieurs alors rectifient leur attitude.En voici un nouvel exemple.La Cie “ Victor Talking Machine ” publia, en 1913 ou 1914, un catalogue français de ses disques.La couverture tricolore porte ces mots, comme titre : Disques Victor en Français, Français-Canadien Du français-canadien, qu’est-ce que cela peut bien être ?Un de nos compatriotes de Fall River voulut en avoir le coeur net.Il écrivit à la compagnie qu’il avait remarqué cette inscription étrange sur son catalogue, et il ajoutait : “ Je possède un de vos gramophones.Comme je ne tiens pas à acheter des disques que je ne pourrais pas confprendre, veillez donc être assez bon de me dire ce qu’est la langue canadienne française et en quoi elle diffère de la langue française.” La compagnie répondit aussitôt avec un bel aplomb : “ Le français-canadien est tout simplement le “ dialecte ” français qui est parlé au Canada.Les seuls disques que nous possédons dans ce dialecte sont ceux de M.Le bel.” Elle y allait sans doute de bonne foi.Grande dût être sa surprise de recevoir le surlendemain la lettre suivante : “ C’était précisément pour provoquer cet aveu d’ignorance que je vous demandu'is récemment la différence qui existe entre la langue canadien ne-française et le français français comme vous les diffèren riez sur la couverture de votre catalogue.“ Il n'y a pas de langue canadienne-française.Le français est du français partout où il est parlé, et je me permets d’ajouter pour votre érudition, que le français est parlé avec plus d’uniformité au Canada, qu’il ne l’est en France.Dans la mère patrie, en effet, outre le français, il n’y a pas moins de cinq langues : le flamand, le celtique, le provençal, le basque et l’italien ; ajoutez à cela quatre-vingt-dix dialectes d’usage courant.Au Canada français, aucun dialecte n’est en usage, on ne parle que le français.“ Les registres de Lebel, que vous me dites être en eanadien-français, sont tous en excellent français.Onze d’entre eux sont de vieilles chansons françaises apportées de France par les pionniers qui, au dix-septième et au commencement du dix-huitième siècle, s’établirent au Canada et aux Etats-Unis ; deux sont des hymnes chantées dans les églises, au temps de Noël, en France aussi bien qu’au Canada ; un autre, est une chanson locale et les deux derniers sont des chants patriotiques canadiens.Tous peuvent être parfaitement compris par quiconque con naît le français, qu’il soit de Paris, de Bordeaux, de Lyon, de Bruxelles, de Genève, de Montréal, de la Nouvelle-Orléans on de Fall River.“ En présentant ces disques comme étant en une autre langue qu’en français, vous vous exposez à ne pas les vendre en France : on croira qu’on ne les comprendra pas et, ce qui est plus grave encore, vous contribuez à enraciner un mensonge que tous les Canadiens-Français s’efforcent de détruire.Si vous voulez les classifier sous une rubrique autre que celle de vos disques français, rien de plus simple que de les intituler : “ Frenoh-Cana-dian Folk Lore Songs ” en anglais, et “ Vieilles Chansons du Canada ” en français.Sous ces titres un grand nombre de ces chansons ont été traduites et publiées par William McLennan, en 1886.Je m’étonne que vos messieurs Berliner, de votre compagnie canadienne, en contact intime avec la population canadienne-française, ne vous aient pas averti de la grave erreur que vous commettiez.Elle peut vous coûter cher, puisqu’elle est suffisante pour empêcher la vente de vos disques canadiens aux Français des vieux pays, peu familiers avec les usages canadiens, et aussi capable de froisser les Canadiens-français qui sont aux Etats-Unis 1,500,-000, dont le plus grand nombre dans la Nouvelle Angleterre.” Ce compatriote n’a donc pas hésité à écrire une longue lettre qui lui demanda peut-être d’assez longues recherches, qui prit certainement un peu de son temps.Il en fut récompensé.Quelques jours plus tard, 11 avait le plaisir de recevoir cette rê-ponse : “ Nous vous remercions beaucoup d’avoir attiré notre attention sur Terreur qui s’est glissée dans le titre de notre catalogue.Nous sommes heureux des renseignements que vous nous avez fournis à ce sujet, et nous ferons en sorte que dans la prochaine édition, notre catalogue porte le titre que vous nous suggérez.” Encore un triomphe dû au patriotisme et à la ténacité d’un seul homme.Je suis persuadé que les deux tiers dé ceux qui inondent la partie est de Montréal de leurs affiches anglaises, sur les murs, sur les clôtures ou dans les tramways, annonceraient en français, si quelqu’un leur faisait comprendre un jour la faute qu’ils commettent au point de vue commercial.Les convaincre de leur erreur n’est pas difficile.Mais chacun se fie sur son voisin.Et le voisin ou bien ne remue pas, ou bien, s’il remue, n’a pas le temps de faire une besogne qui demanderait cinquante hommes.Quand bien même nous n’écri- qu un ruimnroeur—une lertre sensée, courtoise, bien raisonnée, _ ou nous ne signalerions qu’un cas à la Ligue des Droits du françaij (Monument National, bureau A), non* aurions fait avancer la cause française en Amérique.C’est pied à pied et par les effort* de chaque soldat que la France reconquiert lentement le sol envahi par l’ennemi.II en sera ainsi au Canada.Pierre HOMIER.BLOC - NOTES La déclaration du Président Wilson en faveur du suffrage des femmes prouve que l’idée fait du rhe-min.En Norvège les femmes exercèrent hier leur droit de suffrage pour la première fois.Cela doit être un joli spectacle de voir les discussions poliüques au foyer.* -S- IV Les libéraux projettent de se réunir en convention fédérale Tan prochain, pour discuter et adopter un nouveau programme.Si les partis montraient aillant de volonté à appliquer leurs programmes que d'empressement à les faire, quel en.sei-gnemenl ce serait pour le publicl ¦* W Tous les libéraux ne sont pat hostiles à l’idée d’une élection générale.A Toronto, ces jours-ci, Tun des membres d’une association libérale déclarait que le parti libéra) ne doit pas en consentant à prolonger le terme du parlement, risquer de laisser les conservateurs résoudre les problèmes qui surgiront de la guerre.# * *¦ Parmi les amendements projetés à la coastitution de l’Etat de New-York il s’en trouve un qui autorise la législature à publier le compte rendu de ses débats.L’on espère ainsi relever le niveau des discussions et attirer aux chambres les jeunes gens doués du talent de la parole .Les promoteurs de cet amendement n’onl pas lu notre Hansard.tr * Le “St.John Times”, de Saint-Jean, N.-B., doute que la population de cette ville réalise bien le danger du conflit actuel.A voir son indifférence pour le recrutement, dit il, on se prend à penser que le sort de Tempire ne l’intéresse aucunement *¦1 que peu lui chaut que l'Angleterre ou l’Allemagne triomphe.Le col.Hibbard est prié de prendre note.•*•*•*¦ Nous félicitons M.L.Semeteys, un manufacturier, rue Montcalm, No 191, qui ayant à servir des clients français a jugé bon de leur fournir des comptes à en-têtes françaises et de marquer sa marchandise d’inscriptions françaises.Si tous nos manufacturiers suivaient son exemple, le français occuperait bien vite dans le commerce la place qu’il mérite et à laquelle il a droit.Encore une fois, bravo! La différence entre le prix du blé à Chicago et à Winnipeg ramène la discussion annuelle à propos de l’échange libre du blé entre le Canada et les Etats-Unis.Les partisans de cette réciprocité soutiennent qu’elle augmenterait considérablement le revenu du producteur canadien.Ses adversaires maintiennent au contraire qu’elle leur nuirait davantage, puisque les Etals-Unis, cette année par exemple, ont plus de blé à exporter que tout l’ouest canadien n’en a produit.«l ¦»{.-y- Laie dépêche de New-Jersey donne à entendre que le projet de suffrage féminin sur lequeî l’électeur de l’Etat se prononcera la semaine prochaine, sera peut-être rejeté par le vote féminin même.A côlé de la ligue des suffragistes s’est organisée eji effet une ligue d’antis qui compte, dit-on, 25,000 femmes toutes en âge de voter et qui, avec l’appui du vote masculin, étouffera, croit-on, la proposilion.Il est au moins consolant de savoir qu’il y a dans le New Jersey 25,000 femmes qui préfèrent leur foyer à Tarène politique.* * * L’“Evénement” se fend d’un long article pour démontrer que M.Blondin a “évolué” sur la question navale.Evolué est un mot bien modéré en l’espèce.La .vérité esl que M.Blondin a tourné bout pour bout.L’“Evénement” admet cependant que durant la campagne de 1911 “M.Blondin, candidat conservateur, et ron pas nationaliste, dans le comté de Champlain, expliqua son attitude parlementaire sur la question de la marine et condamna le refus de M.Borden de se prononcer en faveur d'un appel au peuple sur le princi pe de cette contribution à la défense de Tempire britannique.” Or c’est précisément le refus de M.Blondin de conformer ses actes après 1911 à ses engagements de 1911 qui le condamne.Que T“Evénement” consulte les pages 4411-12-13 et 14 du Hansard de 1912-13 et il verra que M.Blondin a voté coup sur coup contre la proposition Guilbault de mandant la consultation populaire sur le principe de la contribution Borden et contre la proposition Turriff demandant l’appel au peuple sur ce même principe.L’“Evénement” peut toujours jouer du distinguo et soutenir uu’i] ne s’agissait que d’une contribution d’urgence et non pas d’une politique permanente.Malheureusement pour son homme, le projet de contribution Borden après 1911 était le même que celui dénoncé par M.Blondin au cours de Ja campagne de 1911.c LE PASSANT. e LE DEVOIR, MONTREAL, MERCREDI 13 OCTOBRE 1913 VOL.VL — No 240 CHOSES MUNICIPALES LE BAIN DE ' M.DUBEAU LE CONSEIL L’A ACHETE, HIER, AVEC TRES PEU D’OPPOSITION.— Y AURA-T-IL UNE INJONCTION?— LES RAISONS DU LEADER.— PAS DE DELAIS.La séance du conseil achevait.Plusieurs échevins avaient déjà quitté leur place.L’échevin Du-beau, jugeant qu’i! avait sous la ¦ main lu majorité nécessaire à l’a-*chat du “bain de la rue Amherst’’, 'désormais célèbre, propose une mo-“tion en ce sens et la gagne par un vole de 18 à 4.La ville, cependant, ne déboursera que $25,000.L’année dernière, elle avait acheté le même terrain à dix mille dollars de plus avant l’enquête provoquée par M.Rodrigue Langlois.A quel-que chose critique est bonne.M.Langlois a prétendu par ai 1 -'leurs que la même propriété avait dé‘jà été offerte à la ville pour la somme de $17,000 de sorte que même avec la réduclion importante effectuée entre son premier achat et son second, la ville aurait encore payé $8,000 de plus que le propriétaire n’estimait lui-même sa propriété, il y a quelques mois.Y AURA-T-IL UNE INJONCTION ?M.Rodrigue Langlois, ainsi que nous le disons plus haut, fut le père de l’enquête dite du bain de la rue Amherst.Mis au courant de la ratification du rapport des commissaires pur le conseil, hier ¦ oir, il a déclaré qu’il espérait que quelqu'un se déciderait à demander • I o injonction pour empêcher le p ement du prix de vente aux intéressés.LE VOTE Quand Téchevin Dubeau propulsa sa motion, M.Saint-Pierre, le maire suppléant, qui occupait le fauteuil, insista pour que l’on prit le vote.La chose semblait inutile à M.Ménard, car il était évident que la majorité des échevins présent étaient en faveur de l’adoption.Cependant, M.Ward ayant déclaré qu’il ne pouvait voter pour l’achat de cette propriété pour deux motifs: d’abord parce que le terrain est trop cher, et ensuite parce qu’on peut trouver un autre cmpla-cenvnl qui accommoderait- deux quartiers au lieu d’un seul, on ap pelle le vote, et le résultat est le suivant : Pour: — MAL Letourneau, Bas tien.Mayrand, Turcot, Giroux, Houle, Ménard, VamL lac, Loranger, Dubeau, Denis, Clnutrand, Saint-Pierre, Elie, Rochon, Dubois et La-vergne.— 18.Contre: MAL L.A.Lapointe, Ward, O’Connell et Boyd.— 4.LES RAISONS DE M.L.-A.LA-POINTE.Après l'ajournement, le leader du conseil a déclaré qu’il avait voté co-fre la proposition Dubeau parce < 1 il considérait le terrain trop oner i t mal silué.L’enquête a prouvé.en effet, dit M.Lanoirite que ce terrain a déjà été offert en vente pour une somme de $17,000 environ.De plus la ville laisse dormir inutilement par cet achat une somme de $25,000, car elle ne pourra pas dépenser avant plusieurs années les $75,000 que coûte l’érection d’un bain public convenable.NOUVEAUX REGLEMENTS.Le Conseil municipal a adopté deux nouveaux règlements hier après-midi ; le premier se rapporta ni.à la construction des édifices sur certaines parties des rues Christophe-Colomb et Boyer, et le second, pour prohiber l’érection et le maintien de garages publics rue Menta-na,, entre les avenues Mont-Royal cl Duluth.PAS DE DELAIS AUX CREANCIERS.Une compagnie demandait un délai de deux ans à la cité, pour le paiement d’une partie du coût d’un terrain acheté sur le boulevard Saint-Laurent, entre les rues Notre-Dame et des Commissaires.Les commissaires se montrèrent favorables à cette demande et un rapport en conséquence fut envoyé au conseil municipal.Or, hier après-midi, l’échevin L.A.Lapointe prétendit qu'on allait créer un précédent dangereux en adoptant ce rapport, car d’autres compagnies et particuliers se hâteraient de faire de semblables demandes à la cité qui se trouverait en mauvaise posture.C'est pourquoi, il proposa de rejeter le rapport.L’échevin Loranger, par contre, fut d’opinion qu'on pouvait raisonnablement faire droit à la demande de la compagnie en question, considérant combien les temps sont durs, et il proposa, en amendement, l’adoption du rapport.Il y eut une courte discussion, au cours de laquelle quelques échevins de quartiers ouvriers déclarèrent que les gros propriétaires tout comme les petits, devraient être tenus de payer sans délai leur dû à la ville.Finalement, le rapport fut rejeté, par un vote de 20 à 5, sur la division suivante : Contre le rapport — Les échevins L.A.Lapointe, N.Lapointe, Ward, O’Connell, Boyd, Mayrand, Macdonald, Blumentnal, Larivière, Roulé, Rubenstein, Weldon, Dubeau, Denis, Chartrand.St-Pierre, Elie, Rochon, Barbeau et Dubois.Pour — Les échevins Bastien, Turcot, Ménard, Vandelac et Loranger.Les autres rapports du Bureau Jes Commissaires ont été bien repus en général et adoptés.Les crédits suivants ont été votés: $3,185 changé de mains à raison de 32 3-8 sous, et 198 colis de pasteurisé à 32 1-2 sous, tandis que 31 sous ont été trouvés insuffisants pour 216 colis de bon choix.LES PËAUX VERTES Les prix du marché des peaux crues ou vertes s’établissent, aujourd’hui, de la façon suivante : Peaux de boeuf, No 1, la livre.L2s Peaux de boeuf, No 2.la livre .21s Peaux de boeuf.No 3, la livre 20s Peaux de veau, la livre.18s Peaux de mouton et d’agneau, chacune.$1.55 BOURSË~DE MONTREAL Cours fourni» par la maison Fortier, Beauvais et Cie., membres de la Bourse da Montréal, rue S-François-Xavier, 90, Montréal.MELBA ARENA MERCREDI 13 oct.Siège» Réservé» $1.50, $2.00, $2.50.$3.00, $4.00 et $5.00 LES BILLETS SONT EN VENTE chez C.W.Lindsay, Ltd., 512, Sainte-Catherine Ouest.pOMINlOfy COÀLCiMPANY il firntfvi/ Charbon oitu- I ______ mlneu», à »a- ' JSPRINGHILL UüïSflljjBPUpoin et a gaz i BUREAU GENERAL 4., VENTES ' ‘mue Suint-Jacauea.Montréal CITE DELACHINE TAXES ET ESCOMPTE New-York, 13.— Accumulation d’ordres d’achat, durant la journée de congé, telle a été la plus évidente caractéristique qui ait apparu à l’ouverture des opérations d’aujourd’hui; c’est du moins ce à quoi laissaient croire les écarts de la cote de début.La plus saillante exception résidait dans le Reading, qui s’est inscrit à 80.Plusieurs autres actions de chemins de fer ont enregistré des gains appréciables, non dont 266 i t0Uief0is sans témoigner d’irrégula-rhoix ont | rif^.E’U.S.Steel a touché son point culminant de cette année, soit 83%.Par la suite, les actions de munitions et de spécialité ont haussé leur niveau.Sous la conduite du Superior, les cuprifères ont fait un pas en avant, et quelques valeurs du compartiment des valeurs de pro-pultion ont ajouté à leur position.Vers midi, la cote tout entière était plus active et plus ferme.Les obli gâtions ont été plus fortes.* * « DEFI RELEVE René Angrignon, lutteur bien connu dans la partie Nord, accepte le défi qu’il a reçu de Armand Meunier, il y a quelque temps.Pour informations, s’adresser à S.-Louis 5020.LE PARTI LIBERAL S’ABSTIENT Pate- de faire % lutte à l’hon.M naude dans Hochelaga, et les ache-j cmcibie st leurs bien avisés s abstiennent de ! se procurer leurs chaussures ail ’ * leurs que chez Ths Dussault, le bot tier fashionnable, 281 est, rue Sain te-Catherine.réc.ViLBCRS Ouv.Clôt.Valeurs Ouv.Clôt.BellTélC.142 iNor.Ohio.Bra.T.l.Ste 54 N.S S.A Cl.88 97V, Cân.Car.non 109“, “ pfd." pfd.mu 123 Ogilv.Mill.Î38M, Can.Cem 34 S33/, “ pfd.“ pfd.90V, Ott.L.A IL.120 Can -Cot-L.28 Penmans.51% nid.74V, 71 Québec Ry ii r*.ronver 34 R.,
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