Le devoir, 24 juillet 1934, mardi 24 juillet 1934
Montréal, mardi 24 juillet 1934 Rédaction et administration 430 EST, NOTRE-DAME MONTR1AL TELEPHONE: .HArbour 1241» SERVICE DE NUIT î Administration : .HArbour 1243 Rédaction : .HArbour 3679 Gérant :.HArbour 4897 LE DEVOIR Directeur-gérant: GEORGES PELLETIER FAIS CE QUE DOISI Rédacteur en chef : OMER HEROUX Vol.XXV — N 168 TROIS SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste Edition quotidienne CANADA.$ 6.00 (Sauf Montréal et banlieue) E.-Unls et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE.10.00 Edition hebdomadaire CANADA.2 00 E.-UNIS et UNION POSTALE .3.00 La Compasnie des Tramways mettra-t-elle de Teau dans son vin?Les statistiques officielles - Pas de sensation -La fable de la belette - Pas de confiscation, mais restitution L’un de nos lecteurs nous téléphone pour nous signaler un accident bénin: un solotram (circuit 29 Outrement) a tamponné une auto, avenue du Parc, angle Prince-Arthur, hier après-midi.Interruption de circulation: un quart dTieure.Il ne paraît pas y avoir eu d’accident de personnes.Presque tous les jours et parfois plusieurs fois le jour, nous recevons des téléphones de ce genre.Règle générale, si l’accident n’offre pas de particularités sortant de l’ordinaire, nous l’ignorons.Nous ne voulons pas, en effet, placer le public sous une fausse impression.L’un de nos amis nous demandait ces jours-ci s’il pouvait compter comme complète la liste des accidents publiée dans le Devoir.Nous venons d’indiquer l’une des raisons des déficiences de cette liste.Il y en a une autre: nos lecteurs ne sont pas toujours témoins des accidents ou ils peuvent les voir sans songer à nous les rapporter.Voilà pourquoi l’un des officiers supérieurs des syndicats avait bien raison de réclamer, comme nous l’avions fait précédemment ici même, la levée de l’ordre du comité exécutif qui interdit au service de la statistique policière de communiquer au public en général et particulièrement aux journaux la compilation officielle des accidents de la circulation.Il n’est peut-être pas hors de propos de rappeler l’origine de cet ordre.Il a été donné non par le comité exécutif actuel, mais par celui que présidait M.Gabias, au moment où la Compagnie s’apprêtait à généraliser l’emploi des trams à employé unique.Nous avons déduit de cette coïncidence que l’esprit de prévision de la Compagnie lui avait suggéré de prendre ses précautions afin que les faits n’infirment pas sa prétention que les accidents imputables au one man car sont de 71 % moins fréquents que ceux imputables aux trams à deux employés.La Compagnie a pris des attitudes de vierge outragée et nous a fait savoir par ministère d’avocat que jamais d’aussi machiavéliques desseins ne sauraient ternir l’immarcescible pureté de sa conscience.Dont acte.Seulement, M.Smith et ses amis prouveraient encore bien plus leur innocence que par ces remontrances en se joignant aux Syndicats catholiques et à nous pour demander au comité executif actuel de rapporter l’ordre donné à la police par son prédécesseur.Si les prétentions de la Compagnie sont fondées, s’il est vrai, comme elle le soutient, que non seulement deux hommes ne sont pas plus habiles à faire la besogne qu’un seul, mais qu’ils causent 71 accidents contre cet employé unique 29, elle a tout intérêt à étayer sa thèse avec des statistiques officielles et impartiales.En attendant, il y a assurément au conseil quelques éche-vins n’ayant pas cédé leurs droits et leur cerveau au brain trust qui voudront faire écho à cette demande désormais appuyée par un groupe important de syndiqués intéressés.^ Il s’est produit il y a huit jours un accident terrible qui a causé la mort de six personnes.Dans cette collision figure un solotram.A l’heure où nous écrivons, les responsabilités né sont pas établies.Nous nous sommes abstenu d’anticiper sur le résultat de l’enquête et de commenter l’accident parce que nous n’avons pas ici le goût de la sensation.Quoi qu'il en soit, on peut compter que la Compagnie, qui est habilement servie par ses conseillers juridiques, saura tirer parti du fait que le camion-autobus violait les règlements provinciaux de la circulation.En nous plaçant tout simplement au point de vue de l'intérêt général, souhaitons que des sanctions sévères atteignent ceux qui ont laissé violer les règlements; car il est évident que les camions qui circulent sur les grandes routes bondées de voyageurs devraient attirer, au moins au même degré que celles des simples badauds, l’attention et la curiosité de ceux qui sont préposés à la sécurité de la route.Le Syndicat catholique des employés de tramways a entre-piis, au sujet des tramways à employé unique, une campagne d’éducation que le public doit suivre avec intérêt et sympathie.Dans une lettre qu; leur e§J adressée et que nous publierons ces jours-ci, le présiden une société nationale leur dit entre autres choses ceci: “D’après les statistiques publiées par la compagnie elle-même, les recettes depuis 1929 ont diminué de 21%, Les sacrifices consentis librement par les employés ont comprimé les dépenses de 17.3%.Il reste donc une différence de 4.2% dans les opération de cette compagnie d’utilité publique.” Ces chiffres nous paraissent exacts.Il en découle que c’esl pour éviter une compression de recettes de moins de 5% que la Compagnie veut imposer la généralisation d’un type de tramway dénué de confort, dangereux et, au surplus, ruineux pour la santé comme pour la bourse de ses employés.¥ ¥ ¥ Puisqu’il doit y avoir ung session du parlement de Québec au mois d’octobre, n’est-il pas opportun de remettre sur le métier le concordat de la compagnie avec la ville?D’elle-même la Compagnie ne le proposera jamais.Mais il y a des gens au nombre de 35 — 39 avec le maire — au conseil municipal qui sont payés, quelques-uns très grassement, pour faire cette besogne, pour défendre les intérêts de l’ensemble des administrés et conséquemment des usagers comme des employés de tramways.Au moment où M.E.-A.Robert a fait sanctionner son concordat ou son contrat par le parlement de Québec, il y comptait des amis puissants et sans scrupule et il a mis les bouchées doubles.Aujourd’hui la Compagnie est comme la liête de la fable qui, parce qu’elle a trop engraissé, ne peut sortir par le trou où elle était entrée.Cette compagnie, qui vit des pauvres gens, qui tire ses énormes revenus des gros sous des travailleurs, ose-t-elle caresser l'ambition de traverser toute la crise sans subir une com- firession substantielle de dividende, quand tant d’autres, comme e C.P./?., dont le crédit était réputé tout or, ont supprimé totalement, et depuis longtemps, leur dividende sur les actions ordinaires.M.Smith et ses amis eux-mêmes ne doivent-ils pas croire que c’est trop.beau pour durer?Mieux vaut saigner la belette gloutonne que de la laisser prisonnière dans le grenier concordataire où elle peut être mise à mal.Le parlement sera peut-être disposé — l’histoire constate de ces retours, et parfois, brusques — à aocep- L’actualité Ce qu'il veut “Sous donnons au public ce qu'il veut.Tel est le secret de la réussite d'un grand journal: savoir ce que le public veut, le lui apporter tout chaud, tous les jours.C’est notre devoir." Ainsi s'exprimait il y a peu d'années, dans une réunion d'hommes d’affaires, un monsieur qui, de sa vie, n'a tenu la plume dans un journal, mais qui y tient la barre.Le devoir, pour lui, c'était de donner au public ce qu’il désire.Le public, puisqu'il paie, impose ses vues.Le journal, on ne le publie pas pour renseigner, instruire le public, mais pour le satisfaire, l’amuser, le corrompre, et monnayer tout cela.Cette thèse est facile, qui excuse les pires abus du journal jaune.Un misérable étrangle une femme, dans un quartier populeux de grande ville.Il s’agit d'un crime aux dessous crapuleux.Vous croyez que le quotidien expédiera cette nouvelle en cinquante lignes, dans les faits-divers?Erreur.Que penserait le public du quartier où le meurtre a eu lieu?Que penseraient les commères, mâles ei femelles, de toute la grande ville?Ainsi raisonne le journal populaire: “Ces gens veulent tous les détails, avec photos, description de l'endroit du meurtre, photos du voisinage, des parents des deux acteurs et le reste; donnons-les-leur.Ce qui manque, inventons-le".Et, des conséquences de cette publication, des imaginations salies, des familles innocentes et exposées à la honte, au mépris, le journal ne tient aucun compte.Ce qui se monnaie, ça n'est pas cela: c’est l’image, la description, les sous-entendus, les détails, vrais ou imaginaires.“Le public l’exige, nous le lui donnons”, dit le directeur.Voire.Le lui i donnez-vous parce qu’il le veut, ou parce que cela paie?Si cela ne payait pas, si le tirage du journal fléchissait, le jour où vous publiez pareil récit, si le nombre des invendus grossissait ce soir-là, dans les kiosques et les dépôts de journaux, est-ce que vous continueriez longtemps d’accomplir ce qae vous appelez voire devoir?.Vo/r pas: à preuve, le peu d'importance que donnent vos feuilles à des récits de faits ou d’événements qui, croyez-vous.n’intéressent guère le lecteur populaire.Cela ne paie pas; donc cela doit occuper le moins d’espace possible.“On me dira: la faute est au public, que ce défaut de pudeur attire et qui l’exige.Du tout.La faute n’est jamais au public, qui va où ses guides le conduisent.La presse est un de ces guides.Qu’elle se corrige.Quelle discipline sa profession.Que les grands journaux forment entre eux des ligues", écrit dans un hebdomadaire français Louis Dimier.Homme naïf entre tous.Ne connaît-il pas ce qu’on appelle les exigences de la concurrence, les nécessités de grossir tout le temps les revenus, ne sait-il pas qu’en Europe comme en Amérique la presse ne doit jamais être un guide, quelle est un âne solide marchant où il sent que les chardons seront le plus abondants et les prés où se rouler, le plus moelleux?Tant pis pour qui le monte, si le baudet le conduit jusque dans les fondrières et les marécages, à la recherche de ce qu’il préfère.Aussi pourquoi s’est-on fié à lui?Il n’est qu'un âne.Si Von a droit de reprocher à certains types de quotidiens de se constituer en écoles de scandales afin de s’enrichir, on ne peut néanmoins s’empêcher de réfléchir que le remède au mal, le public le détient et ne s’en sert pas comme il le devrait.Un quotidien dèplatt-il à ses lecteurs?Ils se désabonnent.S'il se bat pour ce qv'tl estime être une juste cause, il passera outre nu désabonnement, il ira jusqu'au bout, même au risque de tomber le long de la roule.Un directeur de journal new-yorkais, au temps déjà éloigné où la presse américaine ne vivait pas que pour l’argent, disait à un de ses rédacteurs lut signalant que le nombre des abonnés baissait, à la suite d’une campagne contre des politiciens véreux, mais encore influents: "N’im- j porte^ mon garçon; allons de l’a- \ vant, nous finirons par avoir rai- i son.Ce jour-là, les lecteurs nous j reviendront".Iis revinrent, en ef- j fet, car le journaliste triompha, \ cette fois, de Tammany Hall, dont les chefs durent prendre In route 1 du bagne, pour avoir pillé le trésor municipal.Heureux temps, >où les voleurs publics allaient au bagne nu lieu de devenir des “honorables’’.i A l’époque où nous sommes, le public aurai! la presse qu’il voudrait, s’il savait réagir contre les journaux qui l’empoisonnent; mais l'intoxication est déjà si avancée que ia 'victime tient ri sa drogue quotidienne, comme le morphinomane, ri sa piaûre de plus en plus fréquente.Et Fon s’étonne ensuite, jusque dans les journaux, de la criminalité croissante, de la malhonnêteté dont la vanne monte, du déchet de la moralité.On dénonce les effets: ruais qui s'arrête à signaler, ri dénoncer, à entreprendre de guérir la cause du mal?Un grand nombre de ceux-là même qui le constatent, le déplorent, veulent avec sincérité qu’il disparaisse, ne s’avisent pas d’en rechercher hi cause où elle est vraiment; ils se sont tellement familiarisés avec celle-ci qu'ils ne la voient même plus, ils cherchent au loin, un peu partout.Que ne s’avisent-ils rni’ils Vont sous les yeux, la tiennent dans leurs mains, chaque soir, et que, de la main et des yeux de milliers, le poison insidieux monte au cerveau, contamine les moeurs et la vie même?Pierre KIR0UL L’INrCRMATICN DE DECNIEBE HEUPE Douze cents socialistes ont été arrêtés à Vienne A la suite d’une conjuration contre le gouvernement Dollfuss — Socialistes alliés aux nazis et aux communistes pour combattre le gouvernement par un terrorisme intensif — Capitaux et explosifs des conjurés venus de l’Allemagne Bloc-notes Une riposte de M.Lavergne Un M.Charles Pouliot, que M.Lavergne déclare ne point connaître.avait écrit au Courrier-Sentinelle de Montmagny: Je ne veux pas mettre en doute la maladie de M.Lavergne, malgré qu'il en fait trop souvent parade à mon goût.Mais je sais qu'il a quitté son siège quelques minutes avant le vole sur la monnaie bilingue.Je crois qu’il s'est dirigé à ce moment vers la salle de lecture, et il est revenu après que le vote a été pris.Pourquoi M.Ixtvergne ne pouvait-il pas être, présent au moment du vote?On m’a dit à Ottawa que, lors du caucus qui a précédé le débat sur la monnaie bilingue, M.Hen-net a averti M.iMVergne d'avoir à s’abstenir de voter au lieu de se prononcer eonîre le gouvernement.S’il votait contre son jmrti, M.Lavergne devait perdre son titre de vice-président des Communes.M.Lavergne a riposté, dans le même journal: Le mal dont je souffre n'a pas l’air de plaire à Monsieur Pouliot,— et je partage absolument son opinion, au risque de lui déplaire une fois de plus.Pendant deux semaines, chaque jour, je me suis fait sortir du lit et transporter en chaise roulante à la Chambre, pour ne pas manquer te débat.Je me suis lenu à mon siège ce soir-là tout le temps de la discussion, sachant qu’il y a des Charles Pouliot dans le moitié qui m'accuseraient de m’être dérobé ri mes responsabilités sous un prétexte fallacieux.A onze heures moins deux minutes (la Chambre ajourne automatiquement à onzie heures), Monsieur Bourassa partait.J’étais informé qu’un de mes collègues conservateurs devait lui répondre, j'ai cru que le dèba' serait ajourné à onze heures et pouvoir m’absenter à ce moment, car j’étais réellement à bout de forces.Mais il y a plus : la Chambre élait en comité, et comme vous te savez, je suis te Président de tous les comités de.la Chambre; j’avais quitté le fauteuil pour pouvoir prendre part au débat et répondre à ce député conservateur, qui est de la province de Québec.Je suis sorti de la Chambre et ny suis pas revenu, mais me suis fail transporter à mon bureau et c’est pendant ces deux minutes que le voie s'est pris.Mais même si j’avais été en Chambre, ce que le nommé Charles Pouliot devrait savoir, c’est que je n’aurais jxrs pu voter.Comme [’residml des comités, j'aurais été obligé d’être au fauteuil, car le Présiilenl des comités de la Chambre n’a droit de vote qu’en cas d’égalité des voix.Monsieur Charles Poaliol m’aurait probablement reproché d’avoir pris le fauteuil pour éviter de voter.Un peu d'histoire Ceci est déjà fort intéressant; mais, devant l'attaque, le député^ de Montmagny a fourni d’autres précisions.Après avoir rappelé que ses opinions sur cette question de la monnaie bilingue sont bien connues, puisqu’il les répète depuis trente ans, M.LnVergne a relevé l’allusion que faisait au caucus conservateur le correspondant du Courrier-Sentinelle.Or, il se trouve, dit-il, que je n’assiste jamais aux caucus conservateurs, sauf une fois seulement depuis trois ans, soit l’an dernier, lorsque lu motion Boulanger a élé discutée.Pur conséquent les menaces que Monsieur Pouliot prête à Monsieur Bennett né>nt pas pu m’être faites cette année, et Van dernier ne Vont pas été non plus, alors que je soutenais la théorie reconnue par tout le monde cette année, de l’obligation d'imprimer la monnaie dans les deux tangues, I suivant l’article 133 de la Constitution.Je n’ai pas mission de défendre Monsieur Bennett.La position de vice-président ne relève pas de lui, mais de la Chambre.D’ailleurs, il a ma démission entre ses malais depuis longtemps, si mon indépendance avait l’heur de ne pas lui plaire.Mais je crois que Monsieur Ben- nett, même s’il avait le pouvoir qu’il n’a pas, de me demander ma résignation comme vice-président, u trop d’honneur et de respect pour le jdus humble citoyen, pour ne jamais songer à faire, surtout publiquement, un chantage aussi ignoble.Il fallait l'âme de voyou de votre correspondant pour imaginer une tactique comme celle-là.Les faits Les Canadiens français qui désirent savoir l’exacte histoire de cette question de la monnaie bilingue feront bien de se méfier de certains journaux de parti.Ainsi, ce matin, sous la signature R.G., et dans un juste hommage à M.Lavergne, le Canada disait: M.LaVergne a très bien débrouillé l’argument de doctrine au moyen duquel les fidèles de M.Bennett ont cru devoir expliquer leur trahison.Les casuistes du parti conservateur ont beau jeu d’invoquer les divergences d’interprétation de l'article 133 de la Cons-lilution.En tout cas, leur point de vue, qui va contre nos droits les plus sacrés et les lois élémentaires de la logique, est contraire à toute la tradition politique du parti libéral depuis Laurier.M.Ernest La-pointe l'avait d'ailleurs fort bien démontré lors de la discussion en Chambre et M.LaVergne est aussi libéral que nous sur ce sujet.On en pourrait conclure que l’attitude de M.Lavergne est d’accord avec toute la tradition libérale en cette matière.Or, chacun sait que si.en ces derniers temps, et particulièrement dans ie dernier débat, les libéraux se sont prononcés en faveur de la monnaie bilingue (que Lavergne réclame depuis trente ans), ils ne l’ont point donnée, cette monnaie bilingue, alors qu’ils étaient au pouvoir.En même temps que le Canada parlait ainsi, VIllustration reproduisait une photographie flanquée de cette légende: Cette ' photographie représente les requêtes, conservées aux archives du Parlement fédéral, qui demandaient la monnaie bilingue, au printemps de 1929, requêtes auxquelles le gouvernement King ne s'est pas montré favorable.Le gouvernement Bennett s’est cependant I empressé de se rendre à ce désir ! des nôtres, il y a quelques mois.— Cliché de Vlliustration.Or, chacun sait que, pas plus que les libéraux, les conservateurs ne nous ont donné de monnaie bilingue et que, tout ce que nous avons présentement, c’est la promesse (tue des billets de la future Banque du Canada seront émis, les uns en français, les autres en anglais.0.H.¦ i — —- Elgin, et non Essex Une erreur de transcription nous a fait écrire hier, en premier-Mont-réal: Or,, c’est à Saint-Thomas, au centre de.ce comté (/’ESSEX, dans ce milieu si complètement anglais.Ee paragraphe précédent, avec chiffres et détails à l’appui, marquait qu’il s’agissait bien du comté d’Elgin, et non de celui d’Essex, et nul lecteur n’a vraiment pu s’y méprendre.Mais nous voulons profiter de l’occasion pour rappeler que si, d’après le recensement de 1931, le comté d’E’gln ne compte, sur un total de 43.436 que 598 personnes d’origine française, Essex, sur un total de 159,780, en compte 33,093.VIENNE, 24.(S.P.A.) — Mille deux cents socialistes ont été arrêtés aujourd'hui, par suite, dit la police, de la découverte d’une conjuration contre le cabinet Dollfuss.C’est le plus abondant coup de filet que la police politique ait effectué depuis la guerre civile de février.La conjuration groupait des socialistes, des communistes et des nazis pour un commun dessein: combattre le gouvernement par un terrorisme intensif.Un porte-parole du gouvernement a dit que la plupart des arrestations opérées aujourd’hui sont préventives.Il a ajouté que les divergences entre les socialistes, les communistes et fer nazis disparaissent graduellement.Dans le monde gouvernemental on dit aussi que les conjurés obtiennent leurs capitaux et leurs explosifs en Allemagne.“Nous serons sans pitié” Déclare le premier ministre, au sujet du transport des personnes par camions, au mépris de la loi -Toute permission de transporter des personnes par camions sera refusée - Il s’agit d’épargner des vies humaines La collisslon d’un framwny ef d’un camion, qui a fait six victimes juives la semaine dernière, ne semble pas servir de leçon au public, a déclaré cc matin le premier ministre, M.Taschereau, aux journalistes, car il est survenu plusieurs accidents du même genre depuis cette date.“J’avertis de nouveau le public, dit le premier ministre, que nous serons sans pitié.La police de Montréal, de Québec et des Cantons de l’Est est avertie de surveiller soigneusement les camions et de ne nous rapporter toutes les infractions à la loi, de saisir les camions ef de suspendre les permis.J’ai reçu, continue le premier ministre, des lettres demandant la permission (te transporter des personnes dans des camions.Je ne peux pas accorder de telles per-niissions, cl même si je le pouvais je ne le ferais pas afin d’épargner des vies humaines.Ce mode de Au retour de Tournefeuilles, M.Dou-mergue verra-t-il tourner et tomber les feuilles d’Hernot et de Tardieu?PAMPHILE Carnet d’un grincheux 1er la formule où un chef politique résumait son attitude au sujet d’une autre pompagnie qui s’apparente au tramway: Pas de confiscation, mais restiîution.L’opinion publique est en plein accord avec cette formule.Louis DUPIRE Le ploutocrate trouve toujours les autres trop riches et lui-même trop pauvre.* * * Le plus rare, dans les mines d’or, c’est1 l’argent, ¥ ¥ ¥ Samson n’est plus seul à porter chevelure coupée; il y a Dalila.* * * C’est au sortir d’un cinéma que Dîl-linger s’est fait abattre Moralité: si vous avez la conscience chargée, n’allez pas au cinéma.¥ ¥ ¥ Avec les gaz lacrymogènes, les guerres futures mettront l'arme 11 gauche et larme aux yeux.¥ ¥ ¥ Il y a hausse des prix du porc, cetta année; l’an prochain, période électorale, ce sera la hausse du veau.¥ ¥ ¥ “L'Amérique est un pays où II reste possible d'être i la fois honnête et pauvre" (Cynicus).¥ ¥ ¥ Lisez ceci.Et ce n'est pas le seul qui soit dans ce cas Voici la lettre que nous trouvons ce matin dans notre courrier: il est des sacrifices parfois bien pénibles à accomplir.C’en est un que je fats aujourd’hui en renonçant, bien malgré moi, ri recevoir votre cher journal auquel je suis abonné depuis bien des années.Nous sommes à manger la 6e vache maigre dans notre district, et elle est pins maigre encore que ses devancières, la sécheresse persistante réduit encore la récolte à néant cette année.Il nous faut vivre de ce qui nous est donné en nature par nos paroissiens; de l'argent on n’en connaît presque plus la couleur.C'est ce qui m’oblige, à mon très grand rrgref, de vous demander de cesser l’envoi du cher Devoir, car je ne puis trouver la somme nécessaire pour en renouveler l’abonnement.Nous connaissons de nom le signataire de cette lettre, l’un de ceux qui défendent le plus énergiquement les droits des nôtres dans l’Ouest.Il est notre abonné depuis près de vingt ans.Son cas est celui d’autres qui.eux.ne peuvent non plus, quelque désir qu'ils en nient, se payer un abonnement.Leurs ressources sont réduites nu minimum, ils ont d’immédiates et pressantes obligations.Et, pourtant.comme ils aimeraient avoir un journal qui leur apporterait des nouvelles du dehors, qui les mettrait au courant de la lutte dans les autres provinces.Nous voudrions indéfiniment prolonger ou multiplier ces abonnements; mais nous ne pouvons! compter pour le faire que sur notre Caisse de propagande.I Avons-nous besoin d’ajouter autre chose?— O.H.Avis à ceux qui voyagent Tou* hilUft.Europe •» partout, émit ¦u Urif do* compagnie* — Hfttol* murine** bagage* et «ccidenN, chèque* de voyage*, paaaaport*.etc.— Service complet — Le DEVOIR-VOYAGES, 430 Notre-Dame lit.Téléphonée HArbour 1241*.transport est dangereux et c’est pour le bien publie que le gouvernement a adopté une loi le prohibant”.Conférence interprovinciale Selon M.Taschereau, la conférence du 3(1 juillet prochain, à Ottawa, consistera en une discussion paisible autour d’une table ronde.Le premier ministre s’est défendu de faire connaître les projets ou suggestions que la province de Québec fera par la voix de sas représentants, MM.Taschereau et Francoeur (ministre du Travail).Il a fait observer que M.CamMlien i Houde, maire de Montréal, a'conféré avec lui à son bureau de Québec sur la conférence d’Ottawa, On peut donc conclure quo les gouvernements de Québec et de Montréal présenteront en somme un mémoire commun à Ottawa.Les maires des villes ne sont pgs officiellemenet invités à la ionfé mue interprovinciale, niai* on croit que plusieurs seront à Ottawa, le 30 en observateurs dans la coulisse.Commission métropolitaine Le gouvernement se fera un plaisir d’envoyer des inspecteurs dans les municipalités qui relèvent de la Commission métropolitaine pour y examiner les livres.Le premier ministre, M.Taschereau.a donné cette réponse ce matin à deux délégués de cette commission, M.\V.H.Biggar, président, et M.Albert Hudon, membre.Ces deux derniers ont exposé à M.Taschereau la situation de certaines municipalités de Elle de Montréal et la nécessité qu’il y aurait de faire examiner leurs livres par les inspecteurs du gouvernement.Commission municipale Incidemment, en parlant de la Commission municipale par rapport à la ville de Montréal, le premier ministre, M.Taschereau, a souligné ce matin le travail de cette commission’: — Elle accomplit un excellent travail, Après le passage des commissaires dans plusieurs municipalités en difficultés financières, ces mnlcipalités se sont remi-SiS Pl*d; leurs finances sont rétablies.Quant à Montréal, si toutefois nous avons jaamis des plaintes que la commission nuit au bon crédit de In ville, nous aviserons.Cette dernière remarque du premier ministre fait écho à une nouvelle publiée dons un Journal du matin disant que certains échevins trouvent que cette commission “serre un peu trop la vis”.Un miracle pour M.Duplessis Comme un journaliste faisait observer au premier ministre, M.Taschereau.ce matin, au cours de )’ln-terviou collective qu’il accordait, que le chef do l’opposition provin-cinlo, M.Duplessis, se disposait à aller porter la parole dans son comté de Montmorency, à Sainte-Anne-de-Beaupré, centre de pèlerinage national, le représentant libé-ral de ce comté Qui n’est autre
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